KATZBACH +— KAULBACH
Le lendemain, l’armée francaise fut battue à Liegnitz, | lica y composa un beau tableau, représentant Léonard de
et le 28 au Wolfberg, près de Goldsberg et de Lawenberg. La division Puthod, forte de 8,000 hommes, et qui, après avoir vainement tenté d'effectuer à Kirschberg le passage du Bober débordé, avait dù suivre la gauche de cette rivière, y fut attaquée par Langeron et presque anéantie. Puthod ne put rejoindre le corps de Macdonald qu'avec 700 hommes. Celui-ci effectua dans la nuit du 29 au 30, à Bunzlau, le passage du Bober, à la tête de 12,000 hommes au plus, et brüla le pont après lui; ce qui empêcha l’armée alliée de l’inquiéter davantage dans sa retraite. La perte des Français dans ces diverses rencontres s’éleva à 5,000 hommes tués, 18,000 blessés; 103 bouches à feu, 2 aigles, 250 canons et tous les bagages de l'armée. La Silésie se trouva ainsi délivrée. Après nous avoir poursuivis jusqu'au 7 septembre, Blücher s'arrêta à Gœærlitz, sur la rive droite de la Neiss, et y opéra sa jonction avec le corps autrichien de Bubna, Cette manœuvre délivra également la Bohême, que nous menacions ; et Poniatowski, qui avait pénétré jusqu’à Reichenberg , dut, le 17 septembre, se replier jusqu’à la forte position de Stolpen.
RAUFMANN (aAncézca), célèbre par ses brillants succès dans l’art de la peinture, naquit en 1741, à Coire, pays des Grisons. Guidée par les excellentes leçons de son père, peintre lui-même, mais dont les théories valaient mieux que les ouvrages, elle acquit de bonne heure un goût sûr, la science approfondie du coloris et celle du dessin. Elle se livra aussi à l'étude des belles-lettres et de la musique : libéralement dotée par la nature, elle développa aïnsi tous les dons qu’elle en avait reçus. Lorsqu'elle eut atteint sa vingtième année, elle n’était pas moins remarquable par ses talents et par les grâces de son esprit que par les charmes physiques de sa personne. Un instant, la carrière dramatique faillit la ravir à la peinture. Des amis de son père, séduits par la rare prefection de son chant, lui présentaient le théâtre comme le moyen le plus promptet le plus brillant de faire fortune. Angélica hésita : les émotions et les succès éclatants de la scène étaient bien tentants pour cette âme artiste ; à la fin, cependant, la peinture l’emporta. Elle voulut elle-même retracer ses combats et son triomphe : dans un de ses tableaux , on la voit placée entre la Peinture et la Musique, adressant à cette dernière muse de tendres adieux. De ce moment en effet la peinture devint son occupation presque exclusive. Après avoir parcouru l'Italie pour étudier les chefs-d’œuvre des grands maîtres, elle céda aux instances de quelques seigneurs anglais qui la pressaient de venir en Angleterre, etarriva le 22 juin 1766 à Londres, où Reynolds l’accueillit, non comme une rivale, mais comme une glorieuse émule, dont il estimait le talent. Dans ce pays elle déploya une telle fécondité, qu’on porte à 600 le nombre de ses ouvrages que le burin des artistes anglais se chargea de multiplier. Un superbe portrait de la duchesse de Brunswick vint ajouter encore à sa renommée. Recherchée vers ce temps-là par un étranger, qui se disait Suédois et portait le nom de comte Fréderic de Horn, Angélica Kaufmann ne vit point de motif pour repousser une alliance qui devait lui assurer un rang distingué et lui donner pour époux un homme digne en apparence de toute son affection : elle agréa donc ses vœux. A peine le mariage fut-il consommé que le voile se déchira : elle avait épousé un ancien valet attaché au service d’un seigneur du nom de Horn! On peut juger de tout ce que cette âme noble et délicate eut à souffrir en songeant aux liens éternels qui l’unissaient à un tel misérable. Heureusement, elle réussit à faire annuler son mariage peu de temps après l'avoir contracté. Angélica chercha encore dans la peinture une diversion à ses chagrins, et le temps cicatrisa peu à peu sa blessure. Sa réputation grandit, et ses travaux lui acquirent même bientôt de la richesse. En 1781 elle épousa Antoine Zucchi, peintre vénitien, renommé en Angleterre comme
Vinci expirant dans les bras de François Ier. De Venise elle alla à Naples, puis elle revint à Rome, et s’y fixa définitivement. C’est dans cette ville qu’elle peignit, pour l'empereur Joseph II, deux autres tableaux non moins remarquables, l’un représentant le Retour d'Arminius, vaine queur des légions de Varus, l'autre la Pompe funèbre par laquelle Énée honora la mort de Pallas. De nouveaux mälheurs vinrent assaillir Angélica : elle perdit en 1795 son époux, et peu de temps après sa fortune. De ces deux pertes, la première lui fut la plus sensible, « L’indigence ne m’épouvante pas, disait-elle, mais l'isolement me tue. Le temps ne put en effet détruire l’amertume de ses regrets, et le 5 novembre 1807 elle expira, victime d’une maladie
| delangueur, Consultez Gherardo de Rossi, Vila di Angelica
Kaufmann, pittrice (Florence, 1810). Paul Tisy. KRAUFUNGEN (Kuwz p£), condotliere allemand du quinzième siècle, était né au manoir de Kaufungen, près de Penig. Après avoir servi avec distinction dans la guerre des Hussites, il entra à la solde de la ville de Nuremberg dans la guerre qu’elle soutenait contre le margrave Albert de Brandebourg. Il fit ce prince prisonnier, et en tira une grosse rancon, au lieu de le livrer aux Nurembergeoïis. A peu de temps de là il se mit à la solde de l'électeur de Saxe, Frédéric le Pacifique, et fait prisonnier à son tour dans une guerre privée que ce prince soutenait contre son propre frère, il lui fallut aussi pour obtenir sa liberté payer une grosse rançon. L’électeur refusa de lui tenir compte de cette perte, en alléguant qu’il n’était point son vassal, mais bien son mercenaire; qu’à ce titre il n'avait droit qu’à la solde convenue, et qu’il devait subir les chances de sa profession. Frédéric, au rétablissement de la paix, lui enleva même divers domaines qu’il lui avait assignés en Misnie pour l’indemniser des ravages exercés par l’ennemi sur ses terres de Thuringe. De là de vives réclamations de Kaufungen. Enfin, il fut convenu entre lui et l'électeur qu'on s’en rapporterait à des arbitres. Mais le condottiere, sans attendre leur décision, résolut d’enlever les deux fils de l'électeur pour le contraindre de la sorte à en passer parses conditions. En conséquence, après s'être entendu avec quelques gentilshommes de ses amis et avoir suborné un valet inférieur, il mit son projet à exécution, et dans la nuit du 7 au 8 juillet 1455 enleva du château d’Altenburg les deux enfants de l'électeur, avec lesquels il s'enfuit vers la frontière de Bohèrne. Mais là un ck—bennier arrêta le ravisseur, qui, livré aussitôt à l'électeur, es. la tête tranchée, le 14 juillet, à Freiberg La partie romanesque de ce petit drame local est pleine de curieux détails de mœurs. KRAULBACH (WiceL ), pentre de la cour, à Munich, l’un des plus remarquables artistes de notre époque, est né le 15 octobre 1804, à Arolsen, dans la principauté de Waldeck. A l’école de Dusseldorf, où, à l’âge de dix-sept ans, il lui fut donné de pouvoir commencer ses études sous la direction de Cornélius, il s’appropria les principes et la manière de son maître, en même temps qu’il annonçait déjà devoir suivre une direction tout à fait différente. Le hasard lui fournit l’occasion de pouvoir s’y livrer sans contrainte. 11 avait peint pour la chapelle de la maison d’aliénés quelques figures d’anges. Afin de l’en remercier, le médecin de l'établissement lui en fit voir tous les détails ; et cette visite eut pour résultat de profondément graver dans son imagination des physionomies qu’il a reproduites plus tard dans son célèbre tableau La Maison des Fous. Appelé à Munich par Cornélius, il exécuta dans le style sévère et idéal de son maître six figures symboliques, parmi lesquelles nous citerons les Fleuves de la Bavière dans les pendentifs du Hofgarten, ainsi que le plafond de lOdéon, représentant Apollon au milieu des Muses, et en même temps (1828 et 1829) il exécutait dans un style différent et tout à fait réel sa Maison des Fous, toile qui fonda tout aussitôt la réputation de l'artiste. Malgré quelque sécheresse
paysagiste. Les deux époux quittèrent Londres presque aus- | dans les contours, on fut frappé de l'intelligence avec lasitôt après leur mariage, et se rendirent à Venise. Angé i quelle était représentée cette assemblée de malheureux,
ainsi que de la singularité vraie des attitudes, des physionomies et:des traits des personnages. Dans ce tableau comme dans celui du Sac de Jérusalem par les Romains, l'artiste s’est montré réaliste ; mais, soit qu'il ait ensuite obéi à ses propres idées, soit qu'il aitsubi l'influence de l’école à laquelle il appartient, il ne tarda point à se livrer à un genre de compositions symboliques, tenant même parfois de l’énigme. A cet ordre de travaux se rattachent les seize pendentifs empruntés à la fable de l'Amour et Psyché, qu'il exécuta dans le palais du due Max à Munich, tableaux du style antique le plus simple et le plus sévère. Il concilia ces deux directions si opposées dans quelques essais dont les sujets sont empruntés à l’histoire des Allemands (1830 et 1831), ainsi que dans les pendentifs qu'il composa pour le roi Louis, représentant des scènes tirées de Klopstock, de Gæthe et de Wieland, et exécutés tout au moins sur ses dessins. En même temps qu'il se livrait à ces importants travaux, il achevait (1845) sa célèbre Bataille des Huns, composition où il a reproduit la tradition grandiose d’une lutte aux portes de Rome entre les esprits des Huns et des Romains tombés sur’le champ de bataille. On y voit s'élever du champ de bataille, tout couvert de cadavres, des légions de fantômes qui continuent à se combattre dans les espaces éthérés. Le sujet était neuf, extraordinaire, magique et en quelque sorte démoniaque. L’exécution en est pleine de caractère, de vivacité, de feu et de beauté; les détails en sont d’une grande vérité individuelle, et si loin de tout ce qui
. est de pure convention, qu'il ne faut point s'étonner si cette grande et belle page a été tout aussitôt saluée comme un des chefs-d'œuvre de l’art moderne.
Kaulbach, qui s'était délassé de ses graves travaux en se livrant à une étude toute particulière d'Hogarth, en a profité pour exécuter avec une grande originalité une suite de dessins pour Le Criminel de Schiller et pour le Faust de Gæthe. Il s’est également occupé d'illustrer le célèbre roman de Reinecke Fuchs. On a aussi de lui, vers la même époque, un groupe admirable de Bedouins. Dans l'hiver de 1837 à 1838, il créa sa deuxième grande composition historique, Le Sac de Jérusalem par Titus, dont il acheva l'esquisse en (838. Entouré de cadavres parmi les ruines du temple, le grand-prêtre se donne la mort sur l'autel, tandis que le général romain entre avec ses soldats. Partout on découvre le meurtre et le pillage; pendant que-sur le premier plan le Juif errant est poursuivi par des démons, et que les chrétiens s’éloignent accompagnés par des anges, on aperçoit au fond, dans une auréole, les prophètes et les anges exterminateurs. Le roi de Bavière chargea Kaulbach d’exéeuter à l'huile cette grandiose composition sur une toile de 18 pieds sur 20, is peut voir aujourd’hui dans la pinacothèque de Munich.
Chargé en 1845 par le roi de Prusse d'orner de six grands tableanx les murs de l'escalier du musée de Berlin, Kaulbach choisit pour sujet du premier la construction de la tour de Babel, sur les degrés de laquelle trône l’orgueilleux roi Nemrod, tandis qu’à ses pieds s'opère la grande division du genre humain en nations et en peuples. Toujours entraîné par le désir d'exposer non-seulement toutes les parties de son sujet, mais d'en donner une interprétation scientifique et philosophique , l'anteur n’a pas reculé devant la nécessité d'introduire dans son cadre une centaine de figures, dont chacune est au moins la personnification d’une religion, d'une secte, et même des nombreuses extravagances que la superstition a fait inventer aux hommes. Cette multitude de scènes isolées mais complètes, réunies dans un cadre énorme, où l'on ne peut parvenir à saisir l'unité du sujet principal que par un effort très-pénible d'attention, produit sur l'esprit un effet analogue à celui que fait éprouver à notre vue l'horizon continu d'un panorama. Le second tableau représente le monde grec; on y voit Homère arrivant d'Ionie et apportant aux Grecs leurs nouveaux dieux, tandis que sur la côte où la sibylle de Cumes vient de le faire débarquer, toute la Grèce ravie écoute ses poëmes divins. Le