KAULBACH — KAUNITZ
troisième n’est que la répétition du Sac de Jérusalem par Titus; le quatrième reproduit la Bataille des Huns, qui se trouve dans la galerie Raczynski; le cinquième représente l’Arrivée des croisés à Jérusalem ; le sixième, terminé en 1860, la Réformation. Ces toiles sont séparées par des cartons offrant les figures de l'Égypte, de la Grèce, de l'Italie et de l'Allemagne; dans le bas, Moïse, Solon, Charlemagre et Frédéric Barberousse; et chacune de ces figures est flanquée de mascarons où l'artiste a déposéune série symétrique de compositions tantôt symboliques, tantôt réelles. Kaulbach a envoyé à Paris, en 1855 et en 1867, quelques-uns de ses ouvrages qui lui ont valu, outre la médaille d'honneur, la croix de chevalier puis celle d’officier d: la Légion d'honneur.
De tous les peintres de l'école de Cornélius, Kaulbach est celui qui, outre les sévères principes de style de ce grand artiste, possède la manière la plus vigoureuse et la plus riche. Mais si, comme son maitre, il aime à accumuler les idées dans ses compositions, on peut lui reprocher d'oublier parfois la forme, parce qu'il se laisse trop entraîner dans le vague par ses constantes méditations sur Jes ‘rands faits de l’histoire.
RAUNITZ (WencesLas-ANTOINE, prince de), célèbre homme d’État autrichien, naquit à Vienne, en 1711. Destiné à l'état ecclésiastique, commeile plus jeune de cinq frères, il fut dès l’âge de treize ans pourvu d’un canonicat à Munster. Mais devenu chef de sa famille, par suite de la mort de ses quatre aînés, il rentra dans le monde, fit ses études à Vienne, à Leipzig et à Leyde, voyagea ensuite dans les diverses parties de l’Europe, et en 1735 fut nommé par l’empereur Charles VI conseiller aulique de l'empire, et peu de temps après second commissaire impérial à la diète de Ratisbonne. La mort de ce monarque ayant fait cesser ses fonctions, il se retira dans ses terres situées en Moravie. Au commencement du règne de Marie-Thérèse, un brillant avenir s’ouvrit devant lui. 11 fut envoyé en 1741 à Rome, auprès du pape Benoît XIV, puis à Florence, En 1742 il alla à Turin négocier entre l'Autriche et la Sardaigne le traité d'alliance défensive contre la maison de Bourbon, auquel accéda à la fin l'Angleterre; et en 1744 il fut nommé ministre résident d'Autriche près le duc Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas autrichiens. Mais la duchesse Marie-Anne, femme de ce prince, étant morte peu de temps après, Kaunitz le remplaça provisoirement dans le gouvernement des Pays-Bas autrichiens ; et en février 1745 Marie Thérèse l'y accrédita en qualité de plénipotentiaire Lorsqu'en février 1746 les troupes françaises s’emparèrent de Bruxelles Kaunitz obtint pour les troupes autrichiennes une capitulation en vertu de laquelle elles purent se retirer librement. Il alla alors s'établir à Anvers, puis , cette ville ayant aussi été forcée de se rendre, à Aix-la-Chapelle. L’affaiblissement de sa santé le contraignit à solliciter un congé. Mais à peine de retour à Vienne, on l’envoya au congrès d’Aix-la-Chapelle. C'est de cette mission que date sa réputætion d'habile diplomate.
Après la paix d’Aix-la-Chapelle, Kaunitz fut nommé mi
nistre d'État et de cabinet, Ambassadeur à Paris de 1750 à 1752, il parvint à opérer la réconciliation de l’Autriche et de la France ; et en 1753 il fut appelé au poste de chancelier d'État, ou premier ministre, pour tous les États de la monarchie autrichienne. En 1764 l’empereur François 1°° l’éleva à la dignité de prince du Saint-Empire, . Tant que vécut Marie-Thérèse, Kaunifz jouit auprès d’elle d'une confiance sans bornes; mais lorsque l'empereur Joseph J1 régna seul, son crédit diminua visiblement, surtont à la suite de l'insuccès des négociations ouvertes pour l'échange de la Bavière contre les Pays-Pas ; il fut presque nul sous le règne de Léopold.
Kaunitz mournt le 27 juin 1794. C'était un esprit de premier ordre ; à une profonde connaissance de la position politique de l'Europe, à un zèle infatigable pour le service de ses souverains, il unissait la probité la plus rigoureuse et