KEMPELEN — KENTUCKY
parte. On supposa que l'inventeur, qui était toujours présent à la partie et assis près de la table, ou bien qui regardait dans une petite casette posée sur une autre table placée à quelque distance, mais sans rapports visibles avec l’automate, dirigeait lui-même le jeu de sa machine, ou encore qu’elle renfermait quelqu'un de caché; mais on ne put jamais parvenir à le prouver. Kempelen était toujours disposé, quand on le voulait, à démonter son automate et à en laisser examiner les différents compartiments ; mais la partie d'échecs une fois engagée, il s'y refusait.
Il construisit d’ailleurs une autre machine, bien plus merveilleuse encore, une machine parlante, consistant en une caisse carrée, en bois, de 50 centimètres de large sur un mètre de long et pourvue d’un soufflet. Quand on appuyait sur ce soufflet et sur les clés correspondantes, la machine exprimait très-distinctement des syllabes et des mots, et imitait la voix d’un enfant de trois à quatre ans. Dutens prétend s'être assuré de l'impossibilité de cacher dans l'intérieur de cette dernière machine un enfant de cet âge. On a de Kempelen une Dissertation sur le mécanisme de Ja voix humaine, qui prouve tout au moins qu’il avait acquis une connaissance plus approfondie de ce sujet que la plupart des physiologistes modernes.
REMPIS (Taomas a) Voyez Tomas À Kempis.
RENSINGTON , bourg du comté de Middlessex en Angleterre, l’un des faubourgs de la ville de Londres, avec
une population de 120,234 habitants (1871), un très-beau musée d’art, ouvert dans ces dernières années, un château royal (Kensington house), et un magnifique parc d’eniron 3 kilomètres de circuit. Le duc de Sussex est le dernier personnage qui ait habité ce château, construit en briques et d’une extrême simplicité. Auparavant il servait de résidence à la duchesse de Kent et à sa fille la princesse Victoria, aujourd’hui reine d’Angleterre. Dans l’origine il appartenait au lord chancelier Finch, créé plus tard comte de Nottingham. Le parc qui entoure le château est à bon droit célèbre, et fut planté sous la direction de la reine Caroline par Bridgeman, William Kent et Brown. Ouvert toute la journée au public, il devient le dimanche une promenade très-fréquentée par le beau monde.
KRENT, le plus grand et le plus beau des comtés méridionaux de l’Angleterre, situé entre Londres, la Tamise et € détroit du Pas-de-Calais, et formant l'extrémité sud-est de l'île, compte une population de 847,507 âmes (1871), sur une superficie de 4,213 kilomètres carrés: Il est presque partout entrecoupé de monticules, et sur ses côtes, que protègent quelques forts, on rencontre de grandes dunes et des bancs de sable (Godwins), derrière lesquels les navires peuvent trouver un abri sûr. La Tamise, la Darent et la Medway sont les cours d’eau qui l’arrosent. La qualité et l’aspect du sol varient beaucoup. Sur les 996,680 acres que contient le comté, il y en a 980,000 d'employés à la culture des céréales, ou bien comme prairies et pâtis. A l’ouest on rencontre des restes encore assez importants d'anciennes forêts, ainsi que de vastes marais, entremélés de terrains secs et produisant d’excellent froment. Les environs de Maidstone et de Canterbury sontle jardin fruitier de Londres. Le comté de Kent produit en outre d'immenses quantités de houblon, notamment près de Rochester, où l’on n’en récolte pas moins de 6 à 7 millions de kilogrammes par an. Ses autres productions principales sont l'orge, les pois, les haricots, les légumes de tous genres, le bois de chêne, les bêtes à cornes, les moutons, la volaille, les poissons et les huitres, les lapins, les lièvres, les perdrix, les faisans et toute espèce de gibier, qui abonde surtout dans les vastes et magnifiques parcs d'Eastwell, de Knoll et de Cobham. Après le comté de Lincoln, le comté de Kent est celui qui produit les plus belles laines longues, et avec le comté de Sussex il fut le berceau des manufactures de lainages en Angleterre. Par sa situation, si rapprochée du continent, dont il ne se trouve séparé à Douvres que par une distance de 3 myriamètres 1/2, le comté de Kent a de tous
DICT. DE LA CONVERSE, — 1, XI
temps été considéré comme la clef de l'Angleterre, et il joue un rôle important dans ses annales depuis l'invasion du pays de Cantia par Jules César et la fondation du premier royaume anglo-saxon de Kent (Cantia ou Cantware ). Les hommes de Kent furent de tous temps une race trèsbrave, pleine d’ardeur et de loyauté. La tisseranderie, la distillation des eaux-de-vie, la pêche et notamment celle des huitres, enfin la fabrication de toutes espèces d’ustensiles en bois, sont les principales industries de ces populations. Les chemins de fer de Douvres à Londres, à Ramsgate, etc., et le canal de la Medway favorisent les mouvements du commerce, Ce comté a pour chef-lieu Canterbury. Dartford sur la Tamise est une importante ville de fabriques; il en est de même de Faversham. Deptford, Woolwich et Chatam ont des chantiers de construction; Tunbridye fabrique des jouets d'enfants et de la bimbelotterie ; Maidstone et Douvres des papiers. Tunbridge-Wells est renommé pour ses bains. 11 faut encore citer Asford, Sandwich, Hythe, Romney, Deal, Margate, Ramsgate, Sheerness, Gravesend, Rochester, Greenwich , Eltham et Cranbrook , le premier établissement fondé en Angleterre par des ouvriers en draps émigrés de Flandre.
Le comte de Kent, fils du roi Édouard Ie", conspira avec Isabelle, femme de son frère aîné, Édouard II, pour détrôner ce monarque, et il y réussit en1327. La reine étant devenue plus tard odieuse à la nation par la dissolution deses mœurs et par ses cruautés, il entreprit une contre-révolution au profit de ce frère qu’il avait détrôné, mais que déjà cette princesse avait fait assassiner à son insu. Fait prisonnier à cette occasion par Roger Mortimer, l'amant de la reine, ül fut bientôt après exécuté. En 1465 le titre de comte de Kent fut donné à la famille Gre y.
KRENT (Épouarp, duc de), quatrième fils du roi Georges III, entra de bonne heure dans l’armée. Mais il se trouva consfamment dans de grands embarras d'argent, et en 1816 les choses en vinrent à ce point que force lui fut de se réfugier sur le continent, où il vécut de la façon la plus modeste et la plus retirée. En 1918, il épousa Victoria, princesse douairière de Linanges. Celle-ci accoucha le 24 mai 1819, au château de Kensington, d’une princesse qui reçut le nom de baptême de sa mère, et qui n’est autre que la reine d’Angleterre aujourd’hui régnante. Depuis son mariage, le parlement avait augmenté l'apanage du duc de Kent, qui vécut alors, d’abord en Allemagne, à Amorbach, puis à Sidmonth, dans le Devonshire, oùil mourut, le 23 janvier 1820. Dans le parlement, le duc de Kent et son frère cadet, le duc de Sussex, appartenaient au parti de l'opposition.
RENT (Waicziau) , le créateur du genre anglais en fait de jardins, né en 1685, dans le comté d’York, était d’abord peintre en voitures. Des secours lui permirent plus tard d’entreprendre le voyage de Rome, où il se livra à l'étude de la peinture. Mais lord Burlington, remarquant le talent qu’il possédait pour embellir les jardins, le détermina à se consacrer à l'architecture. Chargé de dessiner le plan de divers jardins, il s’éloigna complétement du genre français, jusque alors seul en usage, obtint par cette innovation un succès prodigieux, et fut ainsi le créateur du jardin anglais proprement dit. Parmi ses productions les plus remarquables, nous citerons le Temple de Vénus à Stowe et le château du comte de Leicester à Hotham, dans le Norfolk. Kent mourut à Burlington, le 12 avril 1748.
KENTUCKY, l’un des États-Unis de l'Amérique du Nord, borné à l’est par la Virginie, au nord par l'Ohio sur une étendue de 95 myriamètres, par les États d’Ohio, d’Indiana et d’'Ilinois , et separé du Missouri, à l’ouest , par le Mississipi, au sud par le Tenessee. C’est en 1775 qu’il reçut ses premiers colons blancs, et, après de longues discussions avec la Virginie, dont son territoire avait dépendu jusque alors, il fut admis en 1792 au nombre des États composant l’Union. On y comptait alors environ 75,000 habitants, répartis sur une surface de 37,384 kilom. carrés. En 1850 le chiffre de sa population était de 982,405 âmes. dont 9,600
hommes de couleur libres, et 210,951 esclaves; en 1870, elle comprenait 1,821,011 habitants. C’est une belle contrée, généralement unie, et traversée dans sa partie sud-est par les monts Cumberland, où le Kentucky, rivière navigable, prend sa source, Le K:ntucky, le Cumberland, le Tenessee et le Big-Sandy, le Mississipi et l'Ohio y forment un riche système d'irrigation, utilisé aussi par le commerce comme voie de communication, outre 1,865 kilom. (1872) de chemins de fer. Les rives de l'Ohio forment un pays fertile, mais inondé chaque année et malsain. La partie centrale de l’État, qu’on en appelle à bon droit le jardin , présente une surface onduleuse avec un sol d’une grande richesse et de magnifiques forêts. Au sud-ouest on rencontre les Kentucky-Barrens, contrée qui produit beaucoup de céréales et convient parfaitement à l'élève du batail. Les principaux produits de l’agriculture sont le maïs et le tabac, dont on récolte des quantités plus considérables encore qu’en Virginie, les céréales de tous genres, le chanvre, les chevaux et les porcs. Dans ces derniers temps on s’est mis aussi à y cultiver la vigne et à y élever des moutons. En 1850 on y comptait déjà 74,777 farms, dont 3,471 avaient les vastes proportions de véritables usines agricoles, et rapportaient au delà de 500 dollars chacune. Le sol de la plus grande partie du Kentucky est calcaire; on y trouve presque autant de fer que dans le Missoury, et les houillères y sont inépuisables. On y rencontre aussi d’immenses quantités de salpètre; du sel et des eaux minérales. 11 faut encore mentionner ses remarquables sources bitumineuses dans le cercle et sur la rivière de Cumberland, son banc d’ossements de mammouths découvert dès 1773 près du Big-Bare-Lick, et la célèbre caverne de Mammouth, située dans le cercle d'Edmonton, entre Louisville et Naville, considérée après la cataracte du Niagara comme la curiosité naturelle la plus remarquable de toute l’Union. Elle se compose de nombreuses parties, a déjà été explorée sur une étendue d’environ 15 kilomètres, et n’en comprend pas moins de 50, à ce qu’on dit.
La première constitution qu’ait eue le Kentucky datait de 1790. 11 s’en donna une seconde en 1799. Celle qui y est aujourd'hui en vigueur fut adoptée le 11 juin 1850 et modie fiée en 1867. Un gouverneur exerce le pouvoir exécutif; le pouvoir légisistif se compose d’un sénat de 38 membres, élus comme le gouverneur pour quatre ans, et se renou- «Yelant par moitié tous les deux ans. Tous les citoyens libres âgés de vingt-et-un ans sont électeurs, sans distinction de couleur, En 1860 la dette fondée de l'Etat s'élevait à 29,587,917 fr. L'État est divisé en 83 comtés, et a pour chef-lieu Francfort, avec 4,400 habitants. Les villes les plus importantes sont Louisville et Lexington,
Dans la guerre civile qui a éclaté en 1861, le Kentucky s’efforça de garder d’abord la neutralité entre les parties belligérantes qui se disputaient son territoire; mais fina. lement entraîné dans la lutte, il y prit une longue parten donnant presque autant de soldats aux armées du nord qu’à celles du sud.
KÉPI, casquette légère, en drap, avec une visière de cuir verni, et qui a d'abord été portée par quelques corps de troupes lésères en Algérie; cette coiffure fait aujourd’hui partie de l'uniforme de toute l'infanterie française, et se porte en petite tenue.
KEPLER ou KEPPLER(JEAN), le plus grand astronome que Dieu ait donné au monde, naquit à Magstatt, dans le duché de Wurtemberg, le 27 décembre 1571. Son père, d’une vieille et noble famille qui s'était appauvrie dans le métier des armes, mourut expatrié, et le Jeune Kepler, abandonné des siens, fut recueilli dans le couvent de Maulbrun , d’où ll se rendit à Tubingue pourterminer ses études sous l’astronome-Mostling. En 1594 Kepler fut désigné pour remplacer Stadt dans la chaire de mathématiques à Gratz.
Le premier ouvrage de Kepler futson Prodromus, seu Mysteria Cosmographica : dans ce travail, Kepler paraît avoir été préoccupé de l'idée que le système cosmique est une manifestation figurative et typique du dogme dela Trinité, lune