KERTSCH — KHALIFES
Le genre kefmie renferme encore un grand nombre d’espèces cultivées dans nos jardins comme plantes d’orne-
rencontre aux environs de la ville, indiquent peut-être l’en- | ment.
droit où s'élevait jadis le palais de Mithridate, que rappellent encore le tombeau de Mithridate { la colline d'Or, A/tun obo ), le siége de Mithridate, le jardin de Mithridate, etc. On peut dire d’ailleurs qu’il n’y a pas dans toute la Crimée d’endroit
où l’on rencontre autant d’antiquités qu’à Kertsch. Il n’est |
pas rare de trouver dans les murailles des plus modestes chaumières de paysans de précieux débris de bas-reliefs, de <olonnes et d'inscriptions antiques.
La citadelle qui défend le port est célèbre par une antique cathédrale, dont on fait remonter la fondation à l’époque de la domination des Génois. Sur le sommet de la: montagne, non loin de Iénikalé, s'élève un phare. La ville possède aussi un établissement de quarantaine, mais bien inférieur, sous le rapport du grandiose et de la magnificence des constructions, à celui qui existe à Kaffa.
Le 25 mai 1855, la ville de Kertsch tombait sans coup férir aux mains d’une expédition anglo-turco-française , -commandée par le général Brown, qui avait sous ses ordres 7,000 FranÇais, 5,000 Turcs et 3,000 Anglais. Les Russes s'étaient retirés en faisant sauter les fortifications et leurs magasins.
KRESSEL (Jan van) l’atné, célèbre peintre de paysages, -de fleurs et d'animaux, de l’école hollandaise, naquit à Anvers, en 1626, fréquenta l'atelier de Téniers, et à partir de 1680 vécut en Espagne, où il mourut.
KESSEL (Jan van) le jeune, fils ou plus vraisemblablement neveu du précédent, né à Anvers, en 1644, mort à Madrid, en 1708, fut l’un des plus remarquables peintres de portraits de son époque, et s’était si complétement approprié la manière de Van Dyck, qu’on confond souvent ses œuvres avec celles de ce grand peintre, Étant allé s'établir en Es- “pagne, il fut nommé en 1686 par Charles IT peintre de sa <our,et il y exécuta entre autres, à diverses reprises, les
«portraits des deux épouses de ce prince, Marie-Louise d’Orléans et Marie-Anne palatine. La collection du Louvre possède aujourd’hui de lui un remarquable portrait de cette princesse, quand elle fut devenue veuve. A en juger par cette toile, Van Kessel le jeune s’était approprié la morbidesse du coloris espagnol. On a aussi de lui quelques pages historiques ; c'est ainsi qu’il y a de lui à l’Alcazar de Madrid une histoire de Psyché,
RETMIE, genre de plantes de la famille des malvacées, -ayantpour caractères : Périanthe polyphylle; cinq stigmates; capsules soudées, polyspermes. y
La ketmie des jardins (hibiscus Syriacus, L.), arbrisseau originaire de la Syrie, s'élève de 1,50 à 2,50, Ses fleurs, de même forme que celles de la rose trémière, sont selon ‘les variétés, rouge simple, pourpre violet, ou encore blanches avec l’onglet d'un rouge vif, etc.
La ketmie rose de Chine (hibiscus rosa sinensis, L.), -arbrisseau de 1 à 2 mètres de hauteur, est une des plus belles espèces du genre. Ses grandes fleurs, qui se succèdent pendant tout l'été, doublent facilement par la culture. Elles sont d’un rouge vif; on en a des variétés jaunes, blanches, etc.
La kelmie musquée (hibiscus abelmoschus, L.) est un arbrisseau de l’Inde, à fleurs de couleur soufre, à gorge brune. Ce sont ses graines qui sont connues dans le commerce sous le nom d'ambrette.
La kelmie comestible (hibiscus esculentus, L.) vulgairement gombaud ou gombo, offre un fruit mucilagineux, “qui coupé par tranches, et préparé comme les petits pois, se mange en Syrie et anx Antilles, On commence à cultiver cette espèce dans les départements du Var et de la Gironde, Ses fleurs sont d'un jaune pâle soufré, sauf l'onglet des pétales , qui est pourpre, Notre collaborateur Virey trouvait dans leurs graines torréfiées une succédanée du café,
ayant sur celui-ci l'avantage de n’affecter nullement les nerfs.
KREW, village du comté de Surrey, à 6 kilomètres envi-
| ron de Londres, avec un châfeau royal et l’un des plus riches
jardins botaniques du monde. Cet établissement a surtout pour but de recevoir des plantes utiles nouvellement découvertes ou rares, et d’en propager la culture dans les provinces d'Angleterre d’abord, et ensuite dans d’autres con-
| trées. Sa splendeur ne date guère d’ailleurs que de l’année
1842, époque où un botaniste célèbre, sir William Hooker, fut appelé à le diriger. L'emplacement qu’il occupe, qui sous Georges III n’était que de 5 acres de terre, était évalué en 1851 à plus de 200 acres; cette même année, l’herbier comprenait environ 150,000 espèces. On y rencontre les plantes les plus rares et les plus belles de toutes les parties de la terre, notamment de l’Amérique du Nord et du Sud, de l'Inde, du Tibet, de la Chine, du Japon et de l'Australie. Sa grande serre chaude n’a pas moins de 121 mètres de long, et contient presque { acre de verre. On y trouve aussi un grand nombre d’autres serres, telles qu’une serre à palmiers, ete, un arboretum, un museum, un observatoire. La somme portée au budget de l’État pour subvention à ce : bel établissement est d’environ 7,000 liv. st. (175,000 fr. ). L'entrée en est gratuite et publique; en 1861 le nombre des visiteurs avait été de 480,070; en 1841 il n'était encore quede 9,174. Ledirecteur, William Hooker, a publié un trèsutile Guide to the botanic garders at Kew.
KREXHOLM, petite ville du grand-duché de Finlande, bâtie dans une île du Wuoxa , qui s’y jette dans le lac de Ladoga. Elle est pourvue d’un château bien fortifié, et qui, au temps où la Finlande appartenait à la Suède, était considéré comme l’un des boulevards du royaume contre les envahissements de la Russie.
KREYS. Voyez FLORIDE.
REYSER (Nicaise DE), l’un des peintres d'histoire les plus distingués de la Belgique, né en 1813, à Sandvliet, province d'Anvers, élève de l’Académie des Beaux-arts de cette ville, commença par être berger, et fut ensuite placé à l'École des Beaux-Arts d’Anvers par un protecteur généreux qui avait remarqué les grandes dispositions de l’enfant pour les arts du dessin. Son premier ouvrage qui attira l’attention du monde artistique fut un Christ sur la croix, commandé pour l'église catholique de Manchester. Cependant dans cette grande page, De Keyser s'était beaucoup trop attaché à la reproduction presque servile de la manière de ses deux modèles, Rubens et Van Dyck. Il fit preuve de plus d'indépendance et s'éleva jusqu’à une hauteur de talent vraiment prodigieuse pour son âge dans sa Bataille de Courtray, grande page historique qui excita l’admiration universelle à l'exposition qui eut lieu à Bruxelles en 1836. On vit dès lors en lui un redoutable rival de Wappers, autre gloire nationale de la Belgique. Sa réputation devint européenne quand parut sa Bataille de Worringen, terminée en 1839, qui orne aujourd’hui le palais de la Nation, à Bruxelles, et qu’on regarde comme le chef-d'œuvre de l’école belge. Sa production la plus impor= tante est une Sainte Élisabeth distribuant des aumônes, achetée par Léopold Ier, 11 est depuis 1855 directeur de l'école de peinture d'Anvers. Le style de M. de Keyser a surtout pour base l'étude des grands maitres de l'école hollandaïise. On ne saurait non plus y méconnaître l'influence de ja nouvelle école française, bien qu'il ait su se garder des excès dans lesquels elle est tombée.
KHAÏREDDIN. Voyez BARBEROUSSE IT,
KHALIFES, KHALIFAT, Les successeurs de Hahomet pnrent le titre de khalifes comme souverains des vrais croyants en même temps que comme leurs chefs spirituels. Les historiens du moyen âge, qui écrivaient en latin, appelèrent en conséquence #hkalifat l'empire fondé par les Arabes, et qui peu de siècles après surpassait en étendue l'empire romain lui-même. En sa qualité de prophète de Dieu, Ma-
KHALIFES
homet s’était fait le chef spirituel et temporel de son peuple. Comme il ne laissa point d’héritiers mâles et qu’il négligea en mourant de décider quel devait être son successeur, Sa mort amena de longues et sanglantes querelles, jusqu'à ce qu’enfin Abou-Bekr, son beau-père, l’emporta sur Ali, gendre et cousin du Prophète, à qui par conséquent il succéda en l'an 632 de notre ère. En cette qualité il prit le titre de Khalifet Resoul Allah, c’est-à-dire représentant du prophète de Dieu. Après avoir triomphé de ses ennemis intérieurs, il entreprit aussitôt avec l’aide de Kaled, son général, de propager par le glaive les doctrines de Pislamisme chez ses voisins. Une immense armée, appelée à la guerre sainte, pénétra alors en Syrie. Elle remporta d’abord une grande victoire, mais elle fut battue ensuite à diverses reprises par les Byzantins. Puis, ayant réussi à s'établir en Syrie, grâce à la trahison, elle entreprit, sous la direction de Chalid, le siége de Damas; et après avoir successivement battu deux grandes armées envoyées au secours de la place par l’empereur de Byzance, Héraclius,elle s’en empara, en 633.
En vertu du testament d’Abou-Bekr, Omar, autre gendre du Prophète, fut le second khalife (633-643); et à bien dire, c’est lui qui fonda le khalifat. 11 confia le commandement des guerriers de l’islamisme, à Abou-Oubéid, homme beaucoup plus humain que Chalid, et qui acheva, en 638, la soumission de la Syrie. Amrou, autre lieutenant d’Omar, ne fut pas moins heureux en Égypte, qu’il subjugua complétement de 638 à 640. En 636, Jérusalem ayant été obligée de demander à capituler, Omar s’yrendit en personne, et régla lui-même les conditions de la capitulation qui servit de modèle pour tous les traités que les mahométans conclurent ensuite avec les chrétiens qu'ils assujettissaient à leur puissance. C’est Omar qui construisit Bassora (636) et Kufa, qui introduisit la chronologie de l’hégire et qui dota de biens fonds (wakfs) les mosquées et les écoles. IL prit d’abord le titre de Émir al Moumenin, c’est-à-dire princes des croyants, titre dont héritèrent tous les khalifes suivants, ef que les Européens transformèrent en Miramolin.
Après l’assassinat d’'Omar par un esclave, un conseil de six hommes désignés par lui à son lit de mort, élut pour troisième khalife (643-654), encore une fois au détriment d’Ali, Ofhman , autre cousin du Prophète. Sous lui, l'empire des Arabes parvint rapidement à un incroyable degré de grandeur et de prospérité. En 646 ils introduisaient par la force des armes l’islamisme en Perse, et pénétraient également en Afrique, tout le long de la côte septentrionale, jusqu’à Ceuta. Mais Chypre, prise en 647, leur échappa deux ans plus tard. Les Byzantins, aidés par les populations indigènes , réussirent aussi à reconquérir toute l'Égypte; et il fallut les plus grands efforts pour les en expulser de nouveau. Ces échecs étaient le résultat des fautes d’Othman, qui, bien moins habile et prudent qu'Omar, confiait le commandement des provinces non pas aux plus dignes, mais à des favoris. Le mécontentement dont il était l’objet provo- -qua une insurrection, quise termina par son assassinat.
L'élection d’Ali-Ben-Ali-Taleb, qui fut le quatrième khalife (654-660) , eut lieu à Médine, et fut l’œuvre de la popuation de cette ville. Les Chyites le considèrent comme
premier imam ou grand-prêtre légitime, etils vénèrent lui et son fils Hassan presque autant que le Prophète. Ali eut constamment à lutter contre des ennemis intérieurs, de sorte qu’il lui fut impossible de continuer les conquêtes de ses prédécesseurs. Aïscha, la veuve du Prophète, lui fut particulièrement hostile; et son autorité suprême fut contestée par Tellah, par Zobéir et surtout par Moawijah, le puissant gouverneur de Syrie, qui l’accusaient d’avoir été * Pinstigateur secret de l'assassinat d’Othman. Ali réussit à les battre, et dans la mêlée Zobéir et Tellah perdirent même la vie; mais il lui fut impossible d'empêcher Moawijah et son ami Amrou de s'emparer de la Syrie, de l'Égypte et même d’une partie l’Arabie. 11 périt en 660, assassiné par un fanatique. Son fils, le bon Hassan, que les Chyites con-
sidèrent comme le second imam ou grand-prêtre légitime, ne se sentit pas de force à défendre contre Moawijah le khalifat dont il héritait, et abdiqua en 661.
Le nouveau khalife, Moawijah I‘ (661-680), transféra , en 173, le siége au khalifat de Médine, où , à l'exception: d’Ali, avaient résidé tous les autres khalifes, à Damas, cheflieu de son ancien gouvernement. C’est avec lui que commence la dynastie des Oméiades. Après avoir, tout au début de son règne, étouffé une insurrection des Karedjites et une révolte à Bassora, il songea à en finir avec l'empire byzantin. Son fils Jésid traversa l’Asie Mineure sans presque rencontrer de résistance, puis, après avoir franchi l'Hellespont, mit le siége devant Constantinople ; mais en 669 il fut obligé de le lever. Son lieutenant Oubéid fut plus heureux dans le Khorassan contre les Turcs, Après les avoir battus, il pénétra en 673 dans le Turkestan, et fit d'importantes
| conquêtes en Asie Mineure. Si Moawijah I‘° agrandit l’em-
pire des khalifes, il chercha aussi à l’organiser. A cet efet il rendit le khalifat héréditaire , et en 670 il fit reconnaître de son vivant même son fils Jésid en Syrie et dans l'Irak. Mais Jésid (680-683) ne déploya pas l’habileté de son père ; les villes saintes de La Mecque et de Médine, qui, tant que les khalifes avaient résidé dans cette dernière, avaient exercé une influence prépondérante sur leur élection , refu-
| sèrent de le reconnaître. Les mécontents se partagèrent
entre Hassan et Abdallah, fils de Zobéir. Une révolte des habitants de l’Irak en faveur de Hassan, révolte à la tête de laquelle étaient placés Moslem et Hani, fut étouffée, et Hassan fut battu et tué.
Jésid eut pour successeur dans le khalifat son fils Moawijak II (683), qui peu de mois après abdiqua le pouvoir ou mourut. Pendant que l’Arabie, l'Irak et l'Égypte mena: çaient de se constituer en empires indépendants, l’'Oméiade- Merwan Ier se faisait reconnaître à Damas, d’abord comme administrateur de l’empire, puis en qualité de khalife; et il se maintint, en dépit de nombreuses révoltes, jusqu’au moment où il périt, assassiné par Chalid, fils de Jésid, qu’il avait exclu de la succession de son père. D'ailleurs, il ne put empêcher Abdallah-ben-Zobéir, de se poser en antikhalife dans une partie de l'empire, notamment en Arabie et en Perse.
Sous Abdalmelek (685-705), fils de Merwan, Mokthar ,. qui leva l’étendard de la révolte contre les deux khalifes, se posa en prophète, se fit reconnaître à Kufa , etfut vaincu en 686 par Abdallah; mais celui-ci n’en devint que plus re. doutable à Abdalmelek. Pour pouvoir plus librement combattre son adversaire, Abdalmelek conclut avec l’empereur Justinien II un traité de paix, en vertu duquel il s’engagea à lui payer un tribut annuel de 50,000 pièces d’or. Ensuite il marcha contre Abdallah, prit La Mecque, après un assaut dans lequel Abdallah trouva la mort, et réunit ainsi de nouveau tous les mahométans sous l'autorité d’un seul et même souverain. Cependant l’insubordination de: quelques-uns de ses gouverneurs de province fut encore pour lui la cause de nombreux embarras. C’est le premier khalife qui ait fait battre monnaie. Sous Valid Ier, son fils (705-716), qui protégea les sciences et les arts et favorisa plus particulièrement l'architecture , l'empire des khalifes atteignit l’apogée de sa grandeur. C’est pendant son règne que les Arabes conquirent en 707 le Turkestan , en 710 la Galatie, et en 711 l'Espagne. Son frère et successeur, Soliman (715-717), prince fainéant et crapuleux, mais très-vanté par les orthodoxes, fitassiéger Constantinople par son frère Moslema; mais ses deux flottes furent successivement anéanties par l’ennemi à l’aide du feu grégeois. Il fut plus heureux dans ses efforts pour soumettre la Géorgie.
Omar IT, désigné par Soliman comme son successeur (718-721), excita le mécontentement des OQrnéiades par ses sentiments de tolérance à l'égard de Alides, attendu qu’il supprima la formule de malédiction jusque alors en usage contre les partisans d’Ali, et fut assassiné. Jésid EL, qui lui succéda , également en vertu de l'acte de dermère vo-
lonté de Soliman (721-723), adonné aux plaisirs et à tous les excès de la volupté , mourut de douleur d’avoir perdu une deses maîtresses , tandis que des révoltes continuelles affaiblissaient de plus en plus l’empire des khalifes. Son frère Hescham (723-742) prince qui, quoique voluptueux, possédait les qualites nécessaires à un souverain, et qui, pendant que ses g néraux battaient les Grecs en Asie Mineure et les Turcs dans l’Asie centrale, s’occupait activement de l'administration de son empire, eut à défendre son titre de khalfe contre les entreprises de l’Alide Zéid, petit-fils de Hassan. Celui-ci fut, ilest vrai, vaincu et tué; mais Hescham ne tarda pas à avoir à combattre de non moins redoutables ennemis dans les Abassides, descendants d’'Abbas, oncle lu prophète. Sous le règne de Hescham, les progrès des Arabes dans l'Occident furent arrêtés par Charles Martel, quiles battit à Tours, en 732, et anéantit leur armée à Narbonne, en 736. Le voluptueux Vaëid II (742-743) périt assassiné après un règne d’un an, Après les règnes éphémères de Jésid III et d’'Ibrahim (744) , Merwan IT fut proclamé khalife. La dynastie des Oméiades finit avec lui en Asie. Les excès et l’irréligion de ses derniers représentants les avaient rendus si odieux que l'esprit de révolte ne fit qu’aller en croissant. Les Abassides, plus heureux que les Alides, réussirent dès lors sans difficulté à renverser une dynastie de plus en plus dégénérée. Dès l’an 720 environ, Mohammed, arrière-petit-fils d’Abbas, avait élevé des prétentions au khalifat , par ce qu’il était plus proche descendant du Prophète ue les Oméiades. Les populations du Khorassan , qui touiours s'étaient montrées hostiles aux Oméiades, se déclarèrent en sa faveur, et arborèrent l’étendard noir des Abassides en opposition à l’étendard blanc des Oméiades, Son fils Ibrahim fut vigoureusement soutenu par cette province ; mais fait prisonnier et plus tard mis à mort par Merwan II, il légua dans son cachot ses prétentions au khalifat: à son frère Aboul-Abbas, et le nomma son successeur. Celui-ci ayant été proclamé khalife en Mésopotamie par les Hachérnites (752), son oncle Abdallah prit les armes contre Merwan 11, qui avait à ce moment précisément à comprimer une redoutable insurrection en Perse. Battu en deux rencontres, Merwan s'enfuit en Égypte, où il mourut peu après. Abdallah chercha ensuite traîtreusement à se débarrasser de tous les Oméiades dans une conférence qui devait se terminer par le plus horrible des carnages. Deux d’entre eux seulement s’échappèrent : Abderrahman, qui parvint à se refugier en Espagne, où il fonda le khalifat indépendant de Cordoue, et un autre, qui se retiraen Arabie, où il fut reconnu comme khalife et où ses descendants continuèrent de régner jusqu'au seizième siècle.
Le premier khalife de la nouvelle dynastie, Aboul-Abbas (752-753), qui résida à Anbar et plus tard à Haschemiah, dont il fut le fondateur, bien qu’innocent du massacre qui lui assurait le trône, reçut le surnom de Saffah, c’est-à-dire le Sanguinaire. Son frère et successeur Abou-Djafar, surnommé al Mansor, c’est-à-dire le Victorieux (753-775), trouva tout aussitôt des rivaux dans son propre oncle Abdallah, puis dans d’autres parents et amis, et surtout dans les Alides Mohammed et Ibrahim ; mais il eut le bonheur de les vaincre tous. I1 s’attira également par son avarice un grand nombre d’ennemis, dont il eut le bonheur de triompher à force de ruse et d’habileté. Il dut son surnom à ses conquêtes en Arménie, en Cilicie et en Cappadoce. Persécuteur implacable des chrétiens, il se montra en même temps le protecteur des arts et des sciences. En l’année 764 il fonda sur les rives du Tigris la ville de Bagdad, où en 768 il transféra le siége du khalifat; et il mourut pendant un pèlerinage à La Mecque, laissant d'immenses trésors. Son fils et successeur A- Mahdi (715-785), caractère plus noble et plus généreux, eut à lutter contre une révolte des populations du Khorassan ayant à leur tête le prétendu prophète Hakem. Al-Hadi, son petit-fils et successeur (785-786 ), eut à soutenir une lutte redoutable contre les Alides commandés par Hassan, arrière-petit-fils d'Ali, et mourut vraisemblablement de mort
KHALIFES
violente. Conformément aux prescriptions de ja loi d’héré dité et d'après les dispositions arrêtées par Al-Mahdi lui. même, ce ne fut point son fils qui lui succéda, mais son frère Haroun, à qui ses flatteurs décernèrent le surnom de Al-Raschid (c’est-à-dire le Juste), à cause de ses brillantes qualités, et qui est resté si célèbre dans l'histoire par la protection éclairée qu’il accorda aux sciences et aux arts. 4 partagea son empire entre ses trois fils. Mohammed-al-Amin (c’est-à-dire le Fidèle) devait, en qualité de seul khalife, régner sur l'Irak, l’Arabie, la Syrie, l'Égypte et le reste de l'Afrique; sous sa suzeraineté, Al-Mamoun eut la Perse, le Turkestan , le Khorassan et tout l'Orient; Motassem , l'Asie Mineure , l'Arménie et toutes les contrées limitrophes de la mer Noire. Les frères puinés d’Amin devaient lui succéder dans le khalifat.
Mohammed-al-Amin (809-813), adonné à toutes les voluptés, abandonna son autorité à son vizir, qui, en haine dAl-Mamoun , le détermina à désigner son fils comme son successeur et à expulser Motassem de la partie de territoire qui lui appartenait. De là une guerre cruelle entre les deux frères. Mais Taher, général d’Al-Mamoun, battit l’armée du khalife, s’empara de Bagdad, et en 813 fit mettre Amin à mort. Al-Mamoun (813-833) fut reconnu alors comme khalife. Plus noble dans ses goûts qu’Al-Amin, il protésea les arts et les sciences, mais comme lui abandonna à ses serviteurs l'administration de ses Etats et le commandement de ses armées. Le projet de transmettre le khalifataux Alides, qu’il conçut pour complaire à son favori Ali-Riza, excita les puissants Abassides à se révolter contre lui. Isle déclarèrent déchu du trône, et proclamèrent Ibrahim en qualité de khalife. Cependant, Ali-Riza étant venu à mourir, Al-Mamoun ayant renoncé à ses projets, ils reconnurent de nouveau son autorité. Al-Mamoun, qui s’écarta souvent des doctrines orthodoxes de l’islamisme, régna tout
à fait à la façon des despotes de l'Orient. La poésie sous !
son règne dégénéra en panégyrique ; en revanche les sciences et l’érudition firent de grands progrès, grâce à l'appui qu'il leur accorda. Le grand empire de Arabes, divisé en un nombre infini de gouvernements, et qui s'étendait sur deux continents, devenait de plus en plus difficile à être gouverné par un seul homme. Déjà sous le règne d’Haroun-al-Raschid, en 800 , les A glabites avaient fondé un empire in-
dépendant à Tunis; et les Édrissides avaient fait de À
même à Fez. En 821 Taher, gouverneur du Khorassan, se rendit également indépendant, et devint ‘le fondateur de la
dynastie des Tahérides. Son exemple fut bientôt suivi par !
un grand nombre d’autres gouverneurs de provinces. Al- Mamoun ne fut pas plus heureux dans sa lutte contre l’empire byzantin. Deux expéditions qu’il dirigea contre Constantinople échouèrent complétement. Il fit preuve de la plus grande tolérance à l'égard des nombreuses sectes religieuses qui existaient alors dans l’islamisme, sectes engagées continuellement dans de violentes querelles les unes avec les autres. Sous son règne les Arabes d'Afrique opérèrent vers l'an 830 la conquête de la Sicile et de la Sardaigne, où ils se maintinrent pendant près de deux siècles, jusqu'à ce que l'une leur fut enlevée, en 1035, par les Normands, etl'autre, en 1051, par les Pisans.
Motassem, appelé d’abord Billahi, c’est-à-dire par la grâce de Dieu (823-842), troisième fils d'Haroun, construisit, à 8 myriamètres environ de Bagdad, Samira, où il transféra sa résidence. Ce fut lui qui le premier prit à sa solde des mercenaires turcs dans ses expéditions contre les Grecs et contre les Persans révollés. Les querelles religieuses se prolongèrent aussi sous son règne. Son fils et successeur, Alatik-Billah (842-846), prince voluptueux et énervé, protégea les baladins et les poëtes, et se rendit odieux par son despotisme. Une querelle qui s’éleva au sujet de sa succession entre son frère Moutavakil et son fils Mothadi, fut décidée en faveur du moins digne, c'est-à-dire du premier, par l'intervention de la garde turque des khalifes. Sous Moutavakil-Billah (846-861) la coufume s'établit de plus
KHALIFES
en plus de faire toutes les guerres avec des mercenaires turcs. Le seul fait à la louange de ce souverain qu’on puisse citer, c'est que ce fut lui qui fit faire la collection de la Sunn a.Grossier, voluptueux et cruel, il montrait unehaine aveugle pour les Alides. Mountasir, son propre fils, finit par conspirer contre lui avec les mercenaires turcs, et le fit égorger. Mais Mountasir mourut à peu de temps de là, La milice turqueélut alors pour khalife Moustaïn-Billah (862- 866), petit-fils du khalife Motassem. Deux Alides prirent en même temps que lui le titre de khalife. Lun, à Koufa, fut vaincu et mis à mort; mais l’autre, Hassan Ben-Jésid, fonda dans le Tabéristan un empire indépendant, qui dura près d’un demi-siècle et dont les divisions intestines des mercenaires tures amenèrent la destruction. En l’année 866 , l'un des partis éleva sur le trône Moutaz, fils cadet de Moutavakil, et força Mostain à abdiquer. Moutas-Billah {866-869 ) fit mettre à mort Mostaïin, de même que son propre frère Mouviad. Il conçut ensuite le projet de se débarrasser des mercenaires turcs ; mais avant qu'il eût eu le temps d'y réussir, ceux-ci se révoltèrent pour réclamer leur solde arriérée, et le contraignirent à abdiquer. Ils élevèrent sur le trône (869) Mouthadi-Billah, fils du khalife Vathek ; puis ils l’en précipitèrent onze mois après, parce qu’il voulait les soumettre à une plus sévère discipline.
Sous le règne du troisième fils de Moutavakil, le voluptueux Moutamid-Billah (869-892), qui fut ensuite proclamé khalife, son habile frère Mouvaffak réussit enfin à mettre un terme à la prépondérance si pernicieuse des mercenaires tures. En 873, Moutamid transféra de nouveau le siége du khalifat de Samira à Bagdad, où il resta toujours depuis. La même année une révolution dont le Khorassan fut le théâtre eut pour résultat d’y substituer la dynastie des Soffarides à celle des Tahérides; et plus tard cette dynastie no nvelle ajouta à sa domination le Tabéristan et le Sedgistan. Le gouverneur d'Égypte et de Syrie, Achmet-ben-Touloun, se déclara également indépendant dans ces contrées en 877, et y fonda la dynastie des Toulounides. En 881 le brave Mouvaffak détruisit bien l’empire des Zinghis à Kufa et à Bassora, dix années après sa création, mais il ne put point protéger le khalifat contre la décadence vers laquelle il tendait constamment de plus en plus.
A Moutamid succéda le fils de Mouvaffak, Mouthahid-Billah (892-902). Il favorisa les Alides, et eut à lutter énergiquement contre les attaques des Byzantins et aussi contre la secte nouvelle des Karmathes, qui surgit dans l'Irak, et qu'il vainquit en l’an 899. Son fils, Mouktaphi Billah (902- 909) combattit avec succès les Karmathes, et fut encore plus heureux contre les Toulounides, car en 905 il fit rentrer l'Égypte et la Syrie sous son obéissance, Sous le règne de son frère Mouktadir-Billah (909-931), qui lui succéda à l’âge de treize ans, l'empire des khalifes fut troublé par des révoltes et par de sanglantes luttes ayant pour but le pouvoir souverain. Mouktadir, jouet de ses femmes et de ses serviteurs, fut à diverses reprises déposé et restauré, puis finalement assassiné. Ce fut sous son règne qu’apparut en Afrique Mahadi-Obeïdallah, qui en 910 renversa la dynastie des Aglabites à Tunis et fonda celle des Fatimides. En Perse ja dynastie de Bouides parvint à beaucoup de grandeur et de puissance. Le Khorassan restait toujours indépendant, avec cette différence toutefois que les Samanides y remplacèrent la dynastie des Saffarides. Dans une partie de l'Arabie régnaient les Karmathes hérétiques, en Mésopotamie les Hamadamites. En Égypte, tout recemment rentrée sous l’obéissance des khalifes, le gouverneur Akschid se rendit indépendant, et fonda la dynastie des Akschidides.
Kahir-Billah (931-934 ), troisième fils de Mouthadid, déjà plusieurs fois déposé du vivant de son frère, fut définitivement détrôné par les mercenaires turcs à sa solde, et mouruft en 840. Son successeur Rhadi-Billah (934-941 ), fils de Mouktadir, créa le titre d’émir-al-omrah, c’est-à-dire commandant des commandants, dignité à laquelle était joint l'exercice d’une autorité illimitée au nom du khalife, et assez
DICT, DE LA CONVERS, —— T, Xl;
semblable à celle des maires du palais des rois franks, puis disparut de plus en plus du premier plan. Le premier qui fut investi de cette dignité fut le Turc Rhaïk; bientôt après (939) le Turc Jakem la lui enleva par la force des armes, et rendit son autorité illimitée. Il ne laissa au khalife que le nom et l’ombre de sa puissance temporelle, et usurpa même le droit de régler l’ordre de succession au trône. Rhaïk ob: tint à titre d’indemnité Kufa, Bassora et Irak-Arabi, qui formèrent un empire indépendant. Le successeur de Rhadi, Moutaki-Billah (941-944), autre fils de Mouktadir, essaya vainement de recouvrer sa puissance souveraine en faisant assassiner Jakem ; les mercenaires turcs ne tardèrent pas à le contraindre de conférer le titre d’émir à l’un de leurs compatriotes, appelé Tozoun, lequel réussit à rendre cette charge héréditaire et indépendante, et qui en 944 finit par déposer le khalife, auquel il fit crever les yeux.
Tozoun vendit formellement l'empire à un certain Schirzad; mais bientôt il passa entre les mains des princes de la dynastie persane des Bouides, dont le nouveau khalife Mostaksi- Billah (945) avait invoqué le secours contre la tyrannie de Schirzad. Ceux-ci renversèrent, il est vrai, Schirzad, mais ils déposèrent aussi le khalife, et rendirent héréditaire dans leur maison la dignité d’émir-al-omrah. Le premier émir Bouide, Moez-ed-Daulat, le transmit à ses descendants. Alors ce fut l’'émir qui régna à Bagdad, et non le khalife, mais seulement sur une très-minime étendue de territoire ; car toutes les provinces un peu éloignées ne tardèrent pas à avoir leurs princes indépendants.
Peu à peu les khalifes en vinrent à perdre jusqu’à la dernière de ieurs prérogatives, celle d’être compris dans les prières de tous les croyants et d’avoir des monnaies frappées à leur nom. L'Égypte tomba, vers l’an 970, au pouvoir des Fatimides, qui prirent également la qualificatior de khalifes. C’est ainsi qu’il y eut trois khalifes à la fois : l’un à Bagdad,iPautre au Kaire, et le troisième à Cordoue. Mais la puissance des Fatimides, comme celle des Abassides, disparut, éclipsée par la puissance dé leurs vizirs ; et à Cordoue, les Oméiades avaient depuis longtemps perdu toute leur puissance, par suite du partage de l'Espagne en une infinité de petits États, quand les Al.Moravides achevèrent de les renverser. Le souverain du Turkestan, lkan- Khan fit la conquête du Khorassan, et renversa les Samanides ; mais fut à son tour renversé par Mamoud, prince de Ghasna, qui y fonda en 998 la domination des Ghasnévides, laquelle toutefois , dès l’an 1038, fut vaincue à Bagdad par les Seldjoukides, qui prirent le titre d’émir-al-omrah, se divisèrent en plusieurs dynasties, et fondèrent d’une manière durable la domination des Tures sur tous les musulmans. Mais comme les princes turcs qui se rendirent indépendants dans d’autres provinces, ils reconnaissaient encore toujours les khalifes de Bagdad comme les souverains et les chefs spirituels de tous les musulmans, quoique leur autorité temporelle ne s’étendit guère au delà des murs de Bagdad, où ils cultivaient les arts et les sciences en paix, ne jouissant d’ailleurs que d’une autorité excessivement limitée. Quand le khalife Fatimide Adhed invoqua le secours du sultan d'Égypte Nour-ed-din contre la tyrannie de son vizir, celui-ci envoya (1168) dans ce but au Kaïire Saladin, qui y fonda la dynastie des Ayoubites. Elle gouvana l'Égypte jusqu’en 1250, époque où les mamelouks en firent la conquête. Les sultans seldjoukides d’Irak furent renversés en 1194 par les Khovaresmiens, et ceux-ci le furent à leur tour par Djinghiz-Khan et les Mongols. Bagdad aussi, ce dernier débris de la grandeur et de la puissance des khalifes, devint, en 1258, sous le règne de Motazem, 56° khalife, la proie d’une horde de Mongols. Le neveu de Motazem, mort assassiné, s'enfuit en Égypte, où, sous la protection des mamelouks, il continua à prendre le titre de khalife, qu’il transmit à ses descendants en même temps que la suprématie spirituelle sur les musulmans. Sur les ruines de la puissance des Arabes, des Seldjoukides et des Mon-
!,gols le Turcoman Osman, en sa qualité d’émir du sultan
seldjoukide d’Iconium, fonda l’empire des Turcs othomans (voyez Ornoman | Empire]). Quand, en 1517, les Turcs effectuèrent la conquête de l'Égypte, le dernier des Khalifes nominaux de ce pays fut conduit à Constantinople, puis ramené en Égypte, où il mourut, en 1538. Depuis lors les sultans tures prirent le titre de khalife, comme le fait encore aujourd’huxle sultan de Constantinople, avec toutes les prétentions à la suprématie spirituelle sur les musulmans qui s’y rattachent, prétentions qui ne sont guère estimées valoir quelque chose que dans ses propres États, et que les Persans lui contestent positivement.
RHAMSIN ou CHAMSIN. Voyez SAMOUM.
RHAN, titre que prennent les souverains mongols ou fatares. Djinghiz-Khan le transmit d’abord aux princes de sa famille, et tous les chefs de hordes mongoles et turques le prirent ensuite. Plus tard encore, il devint en usage partout où régnaient de semblables dynasties, ou bien où pénétraient des Mongols et des Tatares, C’est ainsi que de la Tatarie il passa en Perse, dans l'Afghanistan, l'Hindoustan et la Turquie, où le sultan l’ajoute encore aujourd’hui à ses nombreux autres titres. Dans un grand nombre de contrées de l’Asie centrale, la qualification du kan se donne aujourd’hui à tout gouverneur, chef militaire ou seigneur puissant. 11 n’y eut que les souverains mongols qui portèrent le titre de &kakhan, c'est-à-dire khan des khans, pris par Oktai, fils de Djinghiz-Khan. Les princes mongols qui régnèrent en Perse prirent celui de khan, c’est-à-dire grand khan.
Khan se dit aussi d’un lieu où les caravanes se reposent.
KRHANAT, mot qui répond à l'idée de principauté et de dignité princière.
RHARISM. Voyez Karisu et KHIwWwA.
KHARKOFF, Voyez CHARKOFF. .
KRHÉDIVE. Le titre porté par Méhémet-Ali, pacha d'Égypte, et ses successeurs immédiats était celui de vali ou vice-roi; mais il a été changé, d’après le firman impérial du 27 mai 1866, en celui de kedervi ou roi, en faveur d’Ismaïl, petit-fils de Méhémet-Ali.
RHERSON, Voyez CHERSON.
KHIWA, khanat situé dans le Turkestan, et qui se compose principalement d’une oasis située dans la plaine de de Tourân, dans la partie inférieure du cours de l'Amour, sur la rive gauche duquel elle s’étend dans une longueur d'environ 35 myriamètres, jusqu’à son embouchure dans le lac d’Aral. Cette oasis est entourée au nord par l’Aral, et de tous les autres côtés par le grand désert de Tourân. Sa superficie dépasse à peine 70 myriamètres carrés; et elle est entrecoupée par une foule de canaux dérivés de l'Amour, qui seuls la fertilisent et la rendent habitable. Indépendamment de cette oasis, quelques antres contrées situées au milieu du désert, qui en est si rapproché, et les hordes nomades qui les habitent dépendent aussi du khanat de Khiwa. Le khan maintient son droit de suzeraineté tout aussi bien sur ces peuplades que sur les districts de Merv et de Scheraks, situés sur la rive méridionale de l'Amour. Le territoire soumis au khan de Khiwa s'étend ainsi depuis la mer Caspienne à l’ouest jusqu’au khanat de Bokhara à l’est, et depuis la steppe des Kirghis au nord jusqu’à la Perse au sud. En y comprenant les déserts qui en composent la plus grande partie, sa superficie peut être évaluée à 4,830 myriamètres carrés. Le sol n’est fertile que là où il a été possible de le soumettre à un système d'irrigation, et produit alors en abondance des grains, de la soie, du coton, du sésame, du chanvre, des fruits et du vin, Les hordes nomades des steppes ne s’adonnent qu’à l'éducation des bestiaux, ou encore à l'élève des chevaux et des chameaux. Les habitants, au nombre de 200,000 environ, se composent, en général de Tadjiks, qu’on appelle là Sarten, et formant la partie soumise et travailleuse de la population, tandis que les Usbecks en constituent l'aristocratie, On trouve en outre dans les villes des juifs soumis à l'oppression la plus abjecte, et dans la stuppe, des Turcomans et des Kirghis, Tous, à l'exception
KHALIFES — KHIWA'
des juifs, professent le mahométisme et sont de zélés sun. nites, par conséquent ennemis déclarés des Persans chyites. Leur industrie est sans importance, et se borne à quelques tissus de soieet de coton. L'agriculture, dans les parties du kbanat susceptibles de culture, et l'élève du bétail, dans les steppes, constituent leur principale occupation. Le brigan.… dage sur le territoire de la Perse, et aussi au détriment des caravanes et des voyageurs qui traversent leur pays, ne forme pas une partie moins importante de l’industrie deg grossiers dominateurs de Khiwa, les Usbecks, ainsi que des hordes turcomanes errant dans le désert. Aussi le commerce des esclaves se fait-il sur une large échelle à Khiwa, où Von trouve toujours une grande quantité d'esclaves originaires des contrées limitrophes : on y considère en effet comme esclaves tous ceux qu’on parvient à faire prisonniers. Le pays est gouverné par un khan héréditaire, de la race des Usbecks. Celui qui règne en ce moment a nom Zabad- Khan ; il a succédé à son frère Rakmann-Kouli-Khan , mort le 28 janvier 1846. La civilisation des habitants de Khiwa de même que tout leur système politique et administratif sont de la plus infime espèce; etles Tadjiks forment encore aujourd’hui la partie la pluséclairéeet la plus avancée de la population. On compte à Khiwa environ 75 villes ou bourgs, dont les plus considérables sont : la capitale Xiwa, avec une population de 22,000 âmes et un château fortifié ; et Ourgendsch , avec 5,000 habitants.
Khiwa est la patrie des anciens Chorasmiens, qui jouent un rôle dans l'histoire de la Perse. Au moyen âge on le désignait sous le nom de Kharism ou de Khowaresmie; et jusqu’au douzième siècle il resta sous la dépendance des Turcs seldjoukides, qui le faisaient gouverner par des lieutenants. L’un d'eux, Itsis, se déclara indépendant et se proclama chah de Kharism. Ses successeurs soutinrent de nombreuses guerres contre leurs voisins, et étendirent leur domination jusqu’à Bokhara et Samarkand. Le plus célèbre d’entre eux fut Djela-ed-din-Mankberni, ami des lettres et des sciences et fondateur d’une nouvelle ère. Avec lui cependant finit la dynastie des chahs de Khariem, car ce fut sous son règne que le torrent dévasteur des Mongols, commandés par Djinghiz-Khan, porta ses ravages même dans le royaume de Kharism. Après une longue résistance, le chah fut vaincu et tué; et ses États, qui passèrent alors sous la domination mongole, furent horriblement dévastés. Ils eurent encore le même sort en 1387, époque où Timour en fit détruire la capitale, dont les habitants furent transférés à Samarkand. Depuis lors cette contrée resta sous la domination mongole; mais à une époque plus rapprochée de nous, elle passa successivement sous celle du khan de Bokhara et sous celle des Kirghis, pour revenir enfin sous l'autorité des Usbecks, qui fondèrent le nouveau khanat de Khiwa.
En 1717 déjà, Pierre le Grand essaya de faire la conquête de Khiwa; mais cette entreprise échoua complétement. Depuis lors les khans de Khiwa furent toujours au nombre des plus implacables ennemis de la Russie, et se livrèrent continuellement à des actes de brigandage contre les voyageurs et les caravanes russes. II se trouvait donc une énorme quantité de prisonniers russes à Khiwa; cette circonstance fournit, en 1839, au gouvernement russe un prétexte pour entreprendre contre Khiwa une expédition, qui partit au mois de novembre, sous le commandement du général Perowsky, et dont le but réel était de faire contre-poids aux conquêtes des Anglais dans l'Afghanistan par la prise de possession de ces contrées. Mais l'expédition, qui suivit la route des steppes des Kirghis, entre la mer Caspienne et le lac Aral, échoua contre les obstacles du terrain et du climat. Malgré les excellentes dispositions prises pour en assurer le succès, les 20,000 hommes et les 10,000 chameaux dont elle se composait n’arrivèrent pas jusqu'à moitié route; et alors l'intensité du froid, les rafales de neige etle manque de nourriture layant fait perdre la plus grande partie des bôtes de somme, force fut à l'expédition de rebrousser che-
min. La Russie renou vela ses tentatives de conquête en
KHIWA — KIACHTA
1865 et surtout en 1873. Mais pour les conséquences politiques qu'elles enfraînèrent, nous devons renvoyer le lecteur à l’article TURKESTAN.
KHOBAD, KOBAD, CABADES ou CAVADES, roi de Perse, fils de Péroès, ayant porté une loi qui autorisait la <ommunauté des femmes, et faisant usage de toutes celles qui lui plaisaient, perdit son trône, et fut enfermé dans une tour. Sa femme l’en délivra, en s’abandonnant à la passion du gouverneur, éperdûment amoureux d'elle. Khobad s’évada sous les habits de sa femme, fit crever les yeux à son frère, et acquit la couronne. Les Huns nephtalites lui fournirent des secours. Il déclara la guerre à l’empereur Anastase L°', ravagea l'Arménie et la Mésopotamie. La paix fut conclue quelque temps après; mais la guerre recommença sous Justin et sous Justinien. Khobad fut moins heureux dans les derniers temps de sa vie. Il mourut en 581.
RHORAN. Voyez Coran.
KRHORASSAN ou KHORAGAN. C’est le nom générique sous lequel on désigne l'isthme susceptible de culture qui s'étend entre les steppes de la vallée de Tourân et les déserts salés de l’intérieur du plateau de l’Irân, depuis l’Afghanistan à l’est jusqu'aux provinces persanes d’Asterabad et de Taberistan à l’ouest. Le climat en est toujours trèschaud en été, et l'élévation du sol le rend assez froid en hiver. Le sol du reste n’en est fertile que là où il peut être arrosé à l’aide de canaux. A en juger par les traces qui en subsistent encore de nos jours, ce système d'irrigation artificielle doit avoir eu d'immenses proportions dans l’antiquité et même encore au moyen âge ;, mais par suite des troubles intérieurs auxquels cette contrée a toujours été en proie, son antique prospérité n’a fait que déchoir de plus en plus, et la culture du pays a constamment été depuis en diminuant. Le Korassan ne forme plus un tout politique. La partie sud-ouest, qui en est aussi la plus petite, constitue, sous le nom de Hérat, un empire particulier. La partie la plus grande, celle du norä-ouest, a encore conservé son nom primitif, sous lequel elle forme la province de Perse située le plus au nord-ouest, et comprenant une superficie d'environ 8,200 myriamètres carrés. Les produits de cette province consistent principalement en grains, fruits délicieux, vins, plantes médicinales, soie, troupeaux considérables de chameaux, de chevaux et d’ânes (qu’on trouve à l’état sauvage dans le nord de la Perse), en sel et en pierres précieuses. On y rencontre aussi quelques mines d’or et d’argent. Les habitants, dont le nombre s’élève à peine à un million d'âmes, se composent en grande partie de Tadjiks, ‘qui sont la partie agricole et industrieuse de la population. On rencontre en outre dans le pays diverses peuplades nomades d’origine arabe, turque, kourde et afghane, qui y sont venues à la suite d’expéditions et de conquêtes, et dont Pélève du bétail et surtout le brigandage constituent les principales ressources. Au total l’industrie des habitants est peu importante; ils ont cependant quelques manufactures d’étoffes assez considérables ; les fabriques les plus renommées sont celles où on se livre à la fabrication des armes, et notamment des sabres. En revanche le commerce de caravanes y est très-florissant, parce que cette contrée est la route naturelle du commerce de l’ouest vers l'Asie intérieure. Les villes les plus importantes de la province sont Mesched, chef-lieu de toute la contrée, avec environ 30,000 habitants, et Rischapour. Celle-ci, située dans une belie contrée, bien cultivée, et l’une des plus anciennes villes de la Perse moderne, jadis résidence des Tahérides et des Samanides, n’est plus aujourd'hui que l'ombre de sa splendeur passée. Plus des deux tiers de ses maisons et de ses édifices publics sont en ruines, et elle compte à peine 5,000 habitants.
Le Khorassan se compose à proprement parler de la Margiane et de l’Aria, deux anciennes provinces perses du pays des Parthes, et forma par conséquent, dès l’époque la plus reculée, une partie de l'empire perse. Au troisième siècle avant l'ère chretienne, sa partie orientale passa sous la souve-
raineté des rois grecs de la Bactriane, à la chute desquels, et aussi à celle des Séleucides, elle redevint partie intégrante de l'empire perse, aussi bien sous le règne des Arsacides que sous celui des Sassanides. Par suite de la conquête de la Perse par les khalifes, elle resta sous leurs lois jusqu’en 821, année où Taher s’y rendit indépendant et fonda la dynastie des Tahérides, renversée dès 873 par celle des Soffarides , laquelle à son tour fut remplacée par la dynastie des Samanides de la Transoxiane. Au commencement du onzième siècle, elle passa sous les lois des Ghaznévides; mais dès l’an 1035 les Seldjoukides s'établirent dans sa partie occidentale jusqu’à ce que, en l’an 1117, Sandjar, le dominateur seldjoukide de toute la Perse, réunit le Khorassan au reste de sa monarchie. Après lui, cette contrée devint alternativement la proie du schah de Khowa: resmie et du sultan de Gour, dans leurs incessantes guerres intestines, jusqu'à ce que Djinghiz-Khan, qui la ravagea par le fer et le feu , la fit passer sous la domination mongole. Sous ses successeurs, elle gagna, vers l’an 1336, une espèce d'indépendance, sous les dynasties des Molouk-Kourts et des Sarbédariens, qui en 1381 se soumirent à Tamerlan. Après la mort de ce dernier, elle devimt le centre de la puissance de son fils, schah-Rokh, pendant le règne long et bienfaisant duquel le Khorassan jouit d’un bien rare bonheur. En 1607, le chef d’Usbecks, Schaibek-Kan, chassa les successeurs de Schah-Rokh; mais après de longues et sanglantes luttes, force lui fut de l’abandonner au schah de Perse Ismael-Sophi. Le Khorassan, redevenu partie intégrante dela Perse, n’en a plus été séparé depuis, à l'exception de lHérat, qui, à partir de 1716, n’a cessé d’être une pomme de discorde entre les Persans et les Afghans, et qui a fini par tomber complétement au pouvoir de ces derniers.
KRHOSROU ou CHOSROËSI:", dit Le Grand, fs et successeur de Khobad, roi de Perse, monta sur le trône en 531. Il remporta de grands avantages sur Bélisaire, et termina enfin, en 553,une guerre qui durait depuis son avénement, par un traité de paix glorieux pour ses armes et bien humiliant pour Justinien, qui lui céda plusieurs provinces et se reconnut son tributaire. Khosrou ne fut pas moins heureux contre les peuples de l’Asie : les Huns et les Turcs furent repoussés et l’Inde fut en partie soumise. Justin, successeur de Justinien, ayant refusé le tribut, le roi de Perse repritles armes, et fondit sur la Mésopotamie etla Cappadoces mais son armée fut entièrement défaite par les troupes de l'empereur Tibère IL, et lui-même contraint de s’enfuir. I] mourut dans celte même année 579.
KHOSROU II devint roi de Perse l’an 590, à la place de son père Hormisdas III, que ses sujets avaient jeté en prison, après lui avoir crevé les yeux. D'abord il fut chassé lui-même, et alla demander asile à l’empereur Maurice, qui l’accueillit avec bonté et lui donna des secours au moyen desquels il put ressaisir sa couronne. Après l'assassinat de Maurice par Phocas, Khosrou, sous prétexte de venger sa mort, pénétra dans l'empire avec une puissante armée en 604, ravagea plusieurs provinces et battit les Romains à plusieurs reprises. Mais entin la victoire favorisa Héraclius, qui le contraignit à prendre la fuite; son fils Syrou se révolta contre lui, s’'empara de sa personne et le fit mourir de faim, en 628.
KRHOSROU MELIR. Voyez GHASNÉVIDES.
RHOTINE. Voyez Cnoczm.
RHOVARESM où KHOVARESMIE. Voyez Karizu ef Kniwa.
RIACHTA , petite ville bien bâtie et défendue par un fort, située sur les bords de la rivière du même nom et près des frontières de la Chine, dans le gouvernement russe d'Irkoutsk, à 780 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans une contrée désolée, stérile et pauvre en bois. Quoiqu’elle ne se compose (en 1865) que d’environ 6.000 hab., étrangers la plunart, Kiachta n’en est pas moins le orand centre du commerce existant entre la Russie et la Chine, et
| qui de tous temps, mais plus particulièrement depuis qu’en
1727 on y a établi une foire tenue chaque année en décembre, y attire un grand nombre de caravanes, de même qu’à Maimatschin, ville chinoise, qui n’en est guère éloignée que d’un tiers de kilomètre. Les fourrures, les cuirs, les feutres, les toiles, les lainages, les bestiaux, l’or et l'argent en barres, les articles de quincaillerie, sont les produits que la Russie y échange contre le thé, la rhubarbe, le muse, la porcelaine, les soieries et les cotonnades de la Chine. Le 14 novembre 1860 un traité e comme:ce a introduit la liberté des échanges entre la Russie et la Chine. En 1863 les exportations chinoïses, envoyées par Kiachta, avaient atteint une valeur de 13,613,668 fr.; elles consistaient, pour la plupart, en ces espèces de thés supérieurs, dits thés de caravane, si recherchés en Europe et surtout chez les hautes classes de la Russie; les importations russes (cotonnades et lainages principalement) étaient estimées à 27,095,000 francs,
KRIAFIR. Voyez Giaour.
KIAJA-BEG, nom que l’on donne quelquefois au kaimakan, ou lieutenant du grand-vizir.
KIBITHKA. C’est le nom qu’on donne en Russie à une espèce de voiture différant du {éléga, dont l'usage est bien autrement répandu, simple charrette sans aucune espèce d’abri, tandis que le kibitka est muni à l'arrière d’un capuchon ou capote en tresse, qui garantit contre l’intempérie des saisons. Les plus hauts fonctionnaires publics, quand ils voyagent, ne se servent guère que de l’un ou de l’autre de ces modes de transport, qu’on appelle aussi éroika, quand à est attelé de trois chevaux.
KIBRIS. Voyez Cuyrre.
KIEF ou KIEW, en polonais Xijof, gouvernement formé en grande partie de débris de l'Ukraine polonaise ; il se compose de douze cercles, et comprend une superficie d’environ 640 myriamètres carrés. Il est borné au nord par le gouvernement de Minsk, à l’est par les gouvernements de Tschernigof et de Poltawa, au midi par ceux de Cherson et de Podolie, et à l’ouest par la Volhynie. Avec les gouvernements de Tschernigof, de Poltawa et de Kharkof, il forme ce qu’on appelle la Petile- Russie, et est remarquable par son délicieux et magnifique climat , également exempt de trop grandes chaleurs et de trop grands froids , par la {ertilité de son sol, qui peut se passer d'engrais, et n’a besoin que de repos, enfin par une richesse de végétation à laquelle la plupart des autres provinces russes n’ont rien à comparer. Le sol est une plaine ondulée, arrosée par le Dniepr et ses affluents, et qui produit en abondance des blés de toute beauté, du chanvre, du lin, du tabac, des fruits et des légumes excellents, de magnifiques bois de construction , et abondant en riches pâturages. Les habitants élèvent aussi beaucoup de chevaux et de porcs. Entre autres oiseaux de passage, on y rencontre surtout le canard sauvage de l’espèce dite musquée, appelée ici golka. Parmi les insectes particuliers à la contrée, il faut citer la cochenille de Pologne. L'éducation des abeilles s’y fait aussi sur une très-large échelle. L'industrie et le commerce, autrefois négligés, ont pris dans ces derniers temps de grands développements. On y trouve en effet d'importantes usines consacrées à la fabrication des draps, des toiles, des savons, de la faïence, et à la teinture des étoffes. La célèbre foire dite des Contrats, qui se tient au chef-lieu du gouvernement et dure du 7 au 31 janvier, facilite les transactions commerciales. La population, forte de 2,144,276 âmes (1867), se compose de Petits Russes (paysans), de Polonais (gentils-
hommes), et de Grands-Russes (habitants des villes et gros
bourgs). Dans les villes, et notamment à Kief, on trouve aussi beaucoup d’Allemands, de Grecs et d'Arméniens; quant aux juifs, dont ce gouvernement ne compte pas moins de 200, 00, on en rencontre partout. On y compte 190,000 catholiques, et seulement un millier de protestants. Tout le reste de la population professe la religion grecque, qui a un métropolitain à Kief.
Kuer, chef-lieu du gouvernement, jadis (de 882 à 1167)
KIACHTA — KIEL
résidence des grands-princes de Russie, et l’une des plus anciennes villes de la Russie, bâtie en amphithéâtre, sur les bords du Dniepr, avec ses magnifiques couvents et églises, avec les nombreuses coupoles dorées et argentées qui les surmontent, présente l’aspect le plus imposant. Sa population s'élève à 70,591 habitants (1867); elle possède un grand nombre d'écoles , d’églises et de convents, mais ne laisse point pourtant d’être bien déchue de ce qu’elle était vers le milieu du onzième siècle. On y comptait alors près de 400 églises , et elle était regardée comme la cité mère de toutes les villes de Russie. Les Tatares et les Polonais la ruinèrent de fond en comble.
La ville actuelle se compose de trois villes ou parties bien distinctes, parmi lesquelles la ville de Petschersk, où se trouve la citadelle, les édifices publics et le célèbre couvent du même nom, est la plus importante. Elle est bâtie sur le plateau escarpé d’une montagne calcaire, haute de 121 mètres au-dessus du Dniepr. La seconde ville, autrefois résidence des grands-princes et aujourd’hui siége du métropolitain, dont le palais est situé tout près de la magnifique église de Sainte-Sophie, s'appelle, d’après cette église, Sophia, ou encore le vieux Kief, et, comme la citadelle proprement dite, est entourée d'un fort rempart et de plusieurs faubourgs. La troisième, appelée Podol, est située dans la plaine du Dniepr, et exposée à ses fréquentes inondations. Un pont de bateaux, long de 1,194 mètres, y met en communication les deux rives du fleuve. Cette ville basse, également entourée de remparts, est la partie la plus considérable et la mieux bâtie de Kief. Les fruits confits et les pains d'épice de Kief sont justement renommés, et se consomment sur tous les points de l'empire. Parmi les établissements d'instruction publique que possède cette ville, nous devons mentionner université de Saint-Wladimir, dont la création ne date que de 1833, le gymnase et une école lancastérienne. Les édifices les plus remarquables sont, outre l'hôtel du gouverneur, la cathédrale, placée sous l’invocation de sainte Sophie, le fameux couvent de Petschersk, avec ses catacombes, et où l’on voit le tombeau de Nestor, le père de l’histoire de Russie, enfin l’église Saint-Georges, où sont déposés les restes mortels du célèbre hospodar de Valachie, Ypsilanti.
RIEL, ville bien bâtie du Holstein (Prusse), sur un golfe dela mer Baltique, qui y forme l’un des ports les plus beaux et les plus sûrs de l'Europe, et où les plus forts vaisseaux de ligne peuvent venir s’amarrer près des quais, compte une population de 32,899 habitants (1872), dont le commerce et la navigation sont les principales ressources. On y trouve aussi que.ques fabriques de tabac, de sucre, et d’articles pour les vaisseaux. Son commerce, jadis peu considérable, a pris une tout autre importance depuis qu'un embranchement du chemin de fer de Rendsbourg la relie à Hambourg. L'établissement de bains de mer qu’on ÿ a créé en 1821 y attire pendant la belle saison un grand nombre de visiteurs. Kiel est surtout célèbre par son université, fondée en 1655, par le duc Christian-Albert de Holstein , et appelée d’abord, en l'honneur de ce prince, Christiana-Albertina. Le nombre de ses étudiants était, en 1872, de 135. Elle possède une bibliothèque de plus de 100,000 volumes, un muséum d'histoire naturelle, un amphithéâtre d’anatomie, un laboratoire de chimie, un jardin botanique etun observatoire, Parmi les professeurs qui l'ont illustrée, il faut citer Feuerbach, Thibaut, Welcker, Falck, Pfaff, Dahlmann et Ritter, Kiel est aussi depuis 1834 lesiège d’une cour d'appel. Elle faisait jadis partie de l'apanage de la maison de Gottorp, appelée au siè cle dernier à monter sur le trône de Ru sie; mais en 1773 elle fut échangée contre le duché d’Oldenbourg et passa alors avec son territoire sous l'autorité du Danemark. Depuis qu'elle est tombée, avec le Holstein, au pouvoir de la Prusse à la suite de M guerre de 1866, cette puissance y a entrepris des travaux considérables pour en faire un des grands ports militaires de l’Allen ane.
KIEL — KILKENNY
Cette ville est célèbre dans les annales modernes par les traités de paix négociés et conclus dans ses murs, le 14 janvier 1814, entre le Danemark et la Grande-Bretagne, traités qui eurent pour corollaires des traités conclus par le Danemark avec la Russie, à Hanovre, le 8 février 1814, et avec la Prusse à Berlin le 25 août suivant, et enfin les actes du congrès de Vienne en date des 4 et 7 juin 1814.
Par la paix de Kiel le Danemark accéda à la coalition de l’Europe contre Napoléon et plus tard à la Confédération germanique , tandis que la Suède renonçait à tous les rapports qu’elle avait eus jusque afors avec PAllemagne. Le Danemark céda à la Suède la Norvège, et ne conserva plus que le Groënland, les îles Faroë et l'Islande; en échange de la Norvège, la Suède lui abandonna sa part de la Poméranie et l'ile de Rugen (cédée un peu plus tard à la Prusse, en échange du duché de Lauenbourg) ; enfin, elle s’engageait à lui payer une indemnité de 600,000 rigsdales de banque (3,000,000 fr.). L’Angleterre restitua au Danemark toutes ses colonies, mais garda cependant sa flotte et l’île d’'Héligoland. Elle s’engaga en outre à lui payer un subside mensuel de 33,333 liv. st. pour le corps de 10,000 hommes qu’il s’engageait à mettre à la disposition de la coalition contre la France. La Suède ayant dû recourir à la force des armes pour se mettre en possession de la Norvège, refusa de payer l'indemnité de 600,000 rigsdales de banque stipulée par le traité du 14 janvier 1814 ; etce fut la Prusse qui, dans l’arrangement conclu pour l’échange de la Poméranie et de Rugen contre le Lauenbourg , la prit à sa charge.
RIEN-LONG ou plutôt KHIAN-LOUNG, empereur de la Chine, mort le 7 février 1799, à l’âge de quatre-vingtsept ans passés. C’est à ce monarque, qui cultivait leslettres, que Voltaire adressa, comme il l'avait fait à Boileau et comme il le Gt depuis à Horace, une de ses plus philosophiques épiîtres.
Quatrième empereur de la dynastie des Tatars-Mandchous, Kien-Long succéda à son père Chi-Soung (plus connu sous le nem de Young-Tching). En 1735 il monta sur le plus grand trône de l'univers, et l’occupa glorieusement. Comme son contemporain Frédéric le Grand, il avait été longtemps tenu loin des affaires; et pour occuper les loisirs prolongés d’un esprit actif , il s'était livré à la culture des lettres. Ce prince ne tarda pas non plus à se montrer digne de la couronne qu’il recevait à vingt-six ans, en signalant son ayénement par des actes de clémence : il rendit la liberté et même leurs dignités aux princes de la famille de Kang-Hi (le Camhi des missionnaires), que Ja politique de Chi-Soung avait cru devoir tenir en prison. Une guerre qu’en 1755 lui suscitèrent les Œlætes, d’abord assez facheuse, puis couronnée par le succès, mit en son pouvoir de vastes contrées, qu’il rendit tributaires de la Chine. En 1768, Kien-Long fit la guerre aux peuples d’Awa. Deux ans après, la gloire et la douceur du règne de ce prince déterminèrent plusieurs populations voisines de ses États à solliciter le bonheur d’en faire partie : cette pacifique conquête lui valut 80,000 familles d'Œlætes, de Pourouts et de Tourgôts, qui vinrent, la plupart lasses de la domination moscovite, solliciter l’avantage de faire partie de l'empire. Ce qui est moins honorable poar la mémoire de Kien-Long, c’est la défaite , terminée par de nombreux supplices, des Miao- Tseu, qui, hommes, femmes et enfants, firent la plus héroïque et la pius malheureuse résistance, obstinés qu’ils étaient à conserver une indépendance que semblaient si bien protéger leurs précipices, leurs montagnes, leur pauvreté et leur énergique résolution. Il fallut céder et périr. C’est une tache nour la vie de Kien-Lonz, qui ne l’effaça pas assurément par le poëme mandchou qu’il composa à cette occasion contre « ces rebelles brigands, que, par un favorable succès , ses armées avaient rapidement exterminés ».
Après un règne de soixante ans, aussi long par conséquent que celui de son aïeul Kang-Hi, ii termina (le 8 février 1796) par l'abdication une carrière publique honorée par de grandes actions, prosque toutes recommandables par des
travaux d'utilité générale, tels que le règlement du cours du fleuve Jaune, si redoutable dans ses ravages , et par la publication de plusieurs ouvrages, tant historiques que littéraires, parmi lesquels le plus connu en Europe est le poeme intitulé : Éloge de La ville de Moukden. De Guignes en fit paraitre, dans le cours de 1770 , une traduction française assez peu fidèle, ouvrage de ce même jésuite Amyot qui a fail passer dans notre langue deux des autres productions du monarque chinois, dont les œuvres ne composent pas moins de 24 volumes, sans compter une foule de vastes compilations, dont il dirigeait l'édition, devant produire 300 tomes environ.
Kien-Long ne survécut à son abdication que trois années, qui ne furent pas sans utilité, ni pour son fils, ni pour l'empire chinois. Il eut pour successeur son fils Kia-Kin, mort en 1820. Louis Du Bois.
RIEW. Voyez Kier.
RILDARE ou KILLDARE, comté de la province de Leinster ( Irlande), d’une superficie d’environ 20 myriamètres carrés, dont un sixième en marais et en terrains non susceptibles de culture. La surface en est tantôt onduleuse et montagneuse, et tantôt complétement plate; son sol, de naïure argileuse, ne laisse pas au {otal que d’être trèsfertile, notamment en céréales. Arrosé par le Barrow, le Liffax et la Boyne, on vante à bon droit l’incomparable fraîcheur de sa verdure et la richesse de ses prairies. En 1841 sa population était de 114,480 habitants; en 18 71 elle n’était plus que de 84,198, et avait par cons équent diminué de 25 pour 100 en trente ans. Elle a p our chef-lieu le bourz d'Athy, sur le Grand-Canal et le Barrow, avec 4,000 habitants et des manufactures de lainaces.
KipaRE, Ville de 2,000 âmes au plus, située sur le chemin de fer de Dublin à Limerick et à Carlow, dans la riche et verdoyante plaine de Curragh considérée comme le plus beau pâturage qu'il y ait en Europe, est le siége d’un évêché catholique et d’un évêché protestant. Il faut citer en outre les bourgs de Naas (3,800 âmes), ancienne résidence des rois de Leinster, et de Maynooth, avec des manufactures d’étoffes de laine et de coton, et un grand collége catholique, fondé en 1796, par le parlement irlandais. Jusqu’en 1845 sa dotation annuelle avait été de 9,000 liv. st. ; mais cette année-là le parlement adopla, après de longues et vives discussions, un bill, dit Maynooth-bill, qui l’augmenta considérablement. On y compte 11 professeurs et 500 élèves, dont plus de la moitié boursiers.
RILKRENNY ou KILLKENNY, comté de la province de Leinster (Irlande), de 27 myriamètres carrés de superficie. Montagneux au nord et à l’est, le sol en est généralement onduleux, et s’abaisse au sud en pente insensible vers la baie de Waterford , qui reçoit les eaux dela Suir, à l’extrémité sud du comté , ainsi que celles du Barrow, fleuve qui en forme à l’est les limites, et dans lequel vient se jeter la Nore, après avoir traversé toute la plaine centrale du comté. Le climat en est tempéré, et le sol fertile, surtout dars les contrées arrosées par la Nore. On y cultive principalement le froment, l'orge, l’avoine et les pommes de terre, L'industrie manufacturière se borne à la fabrication des tapis et de la flanelle : autrefois on y exploitait aussi quelques mines de fer, de cuivre et de plomb, ainsi que les houillères de Castleomer, les plus grandes qu’il y ait en Irlande. Mais voilà longtemps déjà que cette exploitation a été abandonnée et que le commerce se borne à la vente des produits agricoles. La population, qui d’après le recensement de 1841 était de 183,349 habitants, n’était plus en 1871 que de 96,638 et avait par conséquent subi une diminution de 43 pour 100.
Ce comté a pour chef-lieu Aikenny, sur la Nore, qui y est navigable, siége d’un évêché catholique et d'un évéché protestant, l’une des plus belles villes de l'Irlande, Bâtie sur deux collines, elle a conservé la plus grande partie de son antique ceinture de murailles flanquées de tours. Deux ponts en pierre metlent en communication la ville anglaise (En-
glishtown) avec le faubourg, ou la ville irlandaise (Jrishtown); et on y remarque quelques vastes édifices, par exemple sur l’une des deux collines le château de la famille d'Ormond, bâti d’après les plans du château de Windsor, ‘entouré de murs de 13 mètres d’élévation et renfermant la plus riche galerie de tableaux qu'il y ait en Irlande; et sur l’autre colline, la cathédrale protestante, lourd édifice de style gothique, avec le palais épiscopal qui l’avoisine, le collége fondé en 1682 par le duc d’Ormond, et dans lequel furent élevés Swift et d’autres hommes célèbres. La ville est généralement construite avec une pierre calcaire noirâtre (black marble), tirée des carrières du voisinage, et qui sert aussi à paver les rues. On y trouve 12,664 habitants, quelques fabriques de lainages, d’empois, des distilleries d’eaude-vie de grain, desscieries de marbre, et il s’y tient chaque semaine un marche aux bestiaux. Kilkenny fut à diverses reprises le siége du parlement irlandais, de même que les constitutions arrêtées dans cette ville sous le règne d'Édouard III furent longtemps d’une grande importance pour Irlande. Les ducs catholiques d’Ormond y tenaient une cour des plus brillantes, qui éclipsait de beaucoup celle des vice-rois anglais de Dublin ; et de nos jours encore bon nombre des plus grandes familles catholiques d'Irlande viennent passer l’été à Kilkenny.
KRILLARNEY. Voyez Kerry.
RILOGRAMME, KILOLITRE, KILOMÈTRE, KILO- STÈRE (dugrec xs, mille). Voyez Grue, Lire, MÈTRE, BTÈRE, et MÉTRIQUE ( Système).
RIMCHI (Davw), l’un des plus célèbres savants juifs de moyen âge, était né vraisemblablement vers la fin du douzième siècle, à Narbonne, où il passa aussi la plus grande partie de sa vie. Il mourut en Provence, en 1240. Son père, Joseph Kimcat, qui vivait à Narbonne vers 1160, et son frère Moïse Kimcar, jouirent également d’une grande considération auprès de leurs contemporains. Outre quelques ouvrages théologiques, ils avaient écrit des Commentaires sur l’Ancien Testament, et Moïse Kimchi une grammaire hébraïque, qui a souvent été réimprimée sous le titre de Liber viarum sanctæ linguæ (Paris, 1590 ; Bâle, 1531 ; Leyde, 1631 ; etc. ). Mais tous ces travaux furent éclipsés par ceux de David Kimchi. Sa grammaire, intitulée Michlol, et maintes fois réimprimée (par exemple à Venise, en 1545, à Leyde, en 1631), fit oublier toutes celles qui l'avaient précédée, et jusqu’au milieu du dix-septième siècle elle servit de modèle à celles qu'on composa après lui. On en peut dire autant de son livre des racines de la langue hébraïque, le Sepher Schoraschim (Naples, 1490; Venise, 1529, 1552, et plus souvent encore). Les premières grammaires et les premiers dictionnaires hébraïques composés par des chrétiens eurent pour base les travaux de Kimchi. On a aussi de lui des commentaires sur la plupart des livres de l’Ancien Testament; et on estime plus particulièrement son commentaire sur Isaïe.
RIMMERIL Voyez CIMMÉRIENS.
KIMRI. Voyez GAÉLIQUE (Langue).
KRINA, mot que l’on emploie quelquefois pour quinquina.
KRINBURN, place fortifiée, à l'embouchure du Dniéper dans la mer Noire, défendant l'entrée de ce fleuve sur ja rive gauche, vis-à-vis d'Otchakoff. Le 14 octobre 1855, les flottes alliées, commandées par les amiraux Bruat et Lyons, se présentèrent devant cette forteresse, défendue par le général Konowitsch, Quatre mille cinq cents hommes, sous les ordres du général Bazaine, furent débarqués le lendemain. Le 17 au matin les canonnières battaient le port en brèche, Les vaisseaux purent se mettre en position, et le feu des Russes fut éteint, La garnison capitula et se rendit prisonnière. 11 y avait 1,500 hommes et 174 canons. Les Russes avaienf eu une trentaine d'hommes tués et quatre-vingts blessés.
KINCARDINE, Voyez Meanxs.
RING (Les). C'est le nom des cing livres sacrés com-
KILKENNY — KINGSTON
posés par Confucius, et que l’on considère comme le monument le plus reculé de la littérature chinoise. Voyez Cmne (Littérature), (tome Y, page 486.
KRINGS BENCH ou QUEEN'S BENCH (Court of).
Voyez Banc pu Ror ou DE LA REINE (Cour du).
On nomme encore King's Bench la grande prison située dans Southwark, et qui sert principalement aux détenus pour dettes. Les prisonniers du Xing's Bench ont souvent toute leur famille auprès d'eux, donnent des bals et des concerts, et jouissent, entre les quatre murs de cette prison, d’une liberté complète,
KRING@S COUNTY, c’est-à-dire Comté du Roi, comté
dela province de Leinster (Irlande), de 28 myriamètres carrés de superficie, dont 9 à 10 en marais (situés plus particulièrement à l’est) et en montagnes (situées pour la plupart au au sud). Le sol en est d’une grande fertilité sur certains points, mais au total convient cependant mieux à l'élève du bétail qu'à l’agriculture. On y trouve beaucoup de pierre à chaux; la tourbe y remplace le bois, et on a trouvé de l'argent près d'Edenderry. A l’ouest, son cours d’eau le plus important est le Shannon, qui reçoit les eaux de la grande et de la petite Brosna, ainsi que celles du Grand-Canal traversant obliquement tout le comté. Le Barrow prend sa source à l’est, et coule au sud, La population, qui en 1841 . était de 146,857 individus, n’était plus en 1871 que de 75,781, et avait par conséquent subi une diminution d’environ 48 pour 100. Le Kings’ County a pour chef-lieu Philipptown ou Kingstown, localité sans importance , située sur le Grand-Canal, et ainsi appelée en l'honneur de Philippe IL d’Espagne, époux de la reine Marie d'Angleterre, qui, en 1557, érigea ce district en comté.
RINGSLEY (Cuarces), ministre de l'Église anglicane, qui s’est fait un nom honorable dans la littérature anglaise contemporaine par ses écrits, où il traite les questions sociales à l’ordre du jour. Le premier livre de lui qui produisit une vive sensation fut son A{/on Locke, lailor and poet, an autobiography (2 vol., 1850), où, sous la forme d’un récit attachant, il a tracé le tableau le plus énergique des abus et des vices de la société moderne. Son second roman, Yeas{, a problem (1851), a obtenu moins de succès, parce que lecôté pratique s’y perd dans des abstractions mystiques, mais n’en a pas moins des tendances philanthropiques extrêmement honorables. Ilest aussi l’auteur de The Saints Tragedy (1848) et de Phaeton, or loose thoughts on loose thinkers (1852); et sous le titre de Twenty five Village Sermons (1852) il a publié des sermons prononcés devant ses ouailles. On a en outre de lui de remarquables pensées sur l'application du principe d'association aux populations agricoles (Application cf associative principles to agriculture; 1852) ; un cours d’histoire sur les tendances modernes (he Roman and the Teuton ; 1864), professé à l’université de Cambridge; une Histoire d'Angleterre pour la jrunesse (1864); et plusieurs ouvrages d'imagination, tels que Æypatia (1853), We:tward ho 1! (1855), Hereward the wake (1866), etc. Il est aujourd’hui chapelain de la reine. Comme écrivain, toutes ses pensées sont dirigées vers l'amélioration du sort des classes pauvres , qu'il voudrait arracher à leur ignorance et à la misère qui en est la suite; mais il ne ménage pas l’orgueil et l’égoisme des classes élevées.
KINGSTON ou KINGSTO WN, dénomination commune à plusieurs villes et localités situées dans les pays occupés par la race anglo-saxonne, et qu'on rencontre plus particulièrement aux États-Unis de l'Amérique du Nord, où les Kingston abondent dans le Newhampshire, le Vermont, le Massachusetts, le New-York, le Maryland, la Caroline du Nord et le Tennessee,
KINGSTON, ville du Canada, le point le plus florissant et le mieux fortifié, et autrefois le chef-lieu du Canada supérieur , située au nord du lac Ontario, à l'endroit où en sort le Saint-Laurent et où commence le canal du Rideau, à 35 myriamètres de Montréal, possède un bon port, bien
KINGSTON — KINROSS
fortifié, un arsenal et des chantiers pour la marine militaire. C’est le point central d’une active navigation à vapeur, en même temps que d'un cabotage fort actif et d’un grand commerce; et on y compte 15,000 habitants (en 1833 la population n’était encore que de 4,200 âmes). Non loin de là, entre Point-Frederic et Point-Henry, se trouve la Navy-Bay, le principal port de la marine militaire des Anglais sur le lac Ontario.
KING&TON, grande ville commerciale et depuis 1867 chef-lieu de la Jamaïque, sur la côte méridionale et dans la baie de Port-Royal, unie par un chemin de fer à l'ancien chef-lieu, Spanish- Town, s'élève sur le versant d’une montagne. Les rues en sont droites, bordées de belles maisons, bien construites, avec des arcades de chaque côté servant d’abri contre les rayons brûlants du soleil et garnies de riches magasins, où abondent tous les produits de la nature et de l'industrie. La ville possède aussi plusieurs beaux édifices, un grand nombre d’églises et de chapelles à l'usage de toutes les religions, divers établissements de bienfaisance, un théâtre, et 40,000 habitants, hommes de couleur pour la plupart. Le commerce des cafés, des rhums, des sucres et des bois précieux s’y fait sur la plus large échelle, Le port, assez vaste pour contenir mille navires, mais peu sûr, est défendu par deux forts et une foule de batteries, entouré d'immenses magasins et terminé au sud par l’étroit promontoire de Palisadoes, à l'extrémité duquel se trouve Port-Royal, station des vaisseaux de guerre. Kingston fut fondé en 1693, à la suite d’un tremblement de terre qui détruisit Port-Royal ; mais ce n’est qu’en 1802 qu’elle à obtenu le rang de ville. Le séjour n’en est rien moins que salubre ; la fièvre jaune y sévit fréquemment ; et pendant la saison des pluies, elle est exposée aux inondations causées par le débordement des ruisseaux descendant des montagnes. Les environs sont couverts de belles plantations et d’élégantes maisons de campagne à l’ouest le sol est bas et marécageux, à l’ouest s’élèvent les ZLong-Mountains.
KINGSTON, capitale de l’île de Saint-Vincent, l’une des petites Antilles, située sur la côte sud-ouest, possède une bonne rade et 8,000 habitants.
KINGSTON-UPON-HULL. Voyez Huzz. ,
KINGSTON-UPON-THAMES, ville du comté de Surrey (Angleterre), à 7 kilomètres au sud-ouest de Londres, sur la rive droite de la Tamise, qu’on y passe sur un pont. On y compte 15,257 âmes (1871) ; les débris d’antiquités, comme médailles , urnes, etc., qu’on y a trouvés autorisent à penser que c'était autrefois une station romaine, Les rois anglosaxons s’y firent souvent couronner. Sous Édouard II et III elle envoyait des députés au parlement. A l’époque de la révolution elle témoigna d’un vif attachement à la cause de Charles 1°"; et en 1643 le prince palatin Robert y remporta une victoire signalée sur le comte d’Essex.
KINGSTON, en Irlande, dans la baie de Dublin, est le point de départ du chemin de fer atmosphérique.
RINGSTON (Éuisasera CHUDLEIGH, duchesse pe), Anglaise célèbre par ses aventures et ses excentricités, née en 1720, perdit de bonne heure son père, colonel dans l’armée, et fut introduite fort jeune encore dans le grand monde par sa mère, femme qui aimait le plaisir, mais sans fortune. La protection du comte de Bath la fit nommer en 1743 dame d’atours de la princesse de Galles, position dans laquelle par sa beauté et son esprit elle eut bientôt une foule d’adorateurs. Elle donna la préférence au jeune duc d’'Hamilton, et lui promit de l’épouser quand il serait de retour d’un voyage sur le continent ; mais le capitaine Hervey, devenu comte de Bristol, ayant réussi, au moyen de lettres Interceptées, à lui prouver l’infidélité du duc, elle se détermina à l’épouser secrètement, le 1er août 1744. Dès le lendemain de ses noces, Élisabeth éprouva pour son mari une répulsion telle qu’elle se sépara de lui immédiatement, et le fruit de cetteunion malheureuse ne vécut que peu de temps. Pour se soustraire. aux instances de sa mère, de Hamilton, et d’autres adoraleurs, elle passa sur le continent. A Berlin,
sa conversation spirituelle lui valut l'amitié du grand Frédérie, et elle n’eut pas moins de succès à la cour de Dresde. Revenue à Londres, l'attention générale dont elle était l’objet lui rendit encore plus odieux le mariage qui enchaînait désormais sa destinée. En conséquence, pour en faire disparaitre la preuve, elle s’en alla un jour trouver le curé de Lainston, et réussità arracher, sans qu’il s’en aperçôt, le feuillet du registre de la paroisse où se trouvait inscrit sou acte de mariage. Bientôt après elle apprend que son mari, devenu immensément riche, par suite d’un héritage inespéré, est tombé mortellement malade. Elle regrette alors de s'être trop pressée, et ne détermine pas sans peine le curé à réintégrer le feuillet à la place qu’il doit occuper dans le registre. On concoit combien elle dut être vivement désappointée quand, à peu de temps de là, elle vit d’un côté le comte de Bristol revenir en parfaite santé, et de l’autre le richissime duc de Kingston solliciter sa main. Bristol, qui probablement n’était pas non plus fäché d’être débarrassé de sa femme, consentit alors à un divorce amiable, qui fut prononcé par la cour ecclésiastique des Doctors commnons, mais sans qu’on prit soin d'observer toutes les formalités prescrites par la loi.
Élisabeth Chudleigh, libre désormais, ou du moins se croyant telle, épousa donc, avec l'autorisation de l’archevêque de Cantorbéry, le duc de Kingston. Mais ce second mariage ne fut pas plus heureux que le premier. Le duc, homme d’une constilution peu robuste, de mœurs douces et d’un caractère tranquille, mourut, en 1773, des chagrins cuisants que lui causait la légèreté de conduite de sa femme, à laquelle cependant il légua son immense fortune. Plus que jamais Élisabeth se précipita alors dans le tourbillon des plaisirs, et ses prodigalités, ses excentricités firent tant de scandale à Londres qu’elle dut entreprendre un voyage en Italie, où par son luxe et son faste elle produisit une impression des plus vives, et où le pape et ses cardinaux la traitèrent à légal d’une reine. Un aventurier, qui se faisait passer pour le duc d’Albanie, réussit à toucher son cœur et allait l’épouser, quand un procès en bigamie, que les héritiers naturels du duc de Kingston, lui intentèrent devant la chambre des lords à l'effet de lui enlever son riche héritage, vint l’arracher aux illusions de sa vie de dissipations. Quandellerevint à Londres, en 1776, à l'effet de s’y défendre contre l’accusation dont elle était l’objet, elle y trouva Popinion publique déjà prévenue contre elle à un si haut degré, que les petits théâtres jouaient des pièces satiriques dont elle était l'héroïne. Des membres de la famille royale, des ministres suivirent avec la plus vive curiosité les débats de ce procès, qui passionna. toute l'aristocratie. Malgré l’habileté de ses défenseurs, la duchesse de Kingston fut déclarée coupable du crime de bigamie ; mais en vertu d’un privilége inhérent à la pairie, il lui fut fait remise de la peine, qui eût été appliquée à toute autre, et consistant dans l’apposition d’un fer rouge sur la main droite. Par une bizarrerie qu’on a de la peine à s’expliquer, l'arrêt de la cour des pairs n'ayant point cassé le testament en même temps que le mariage, les héritiers du duc de Kingston se trouvèrent sans droits pour lui contester l'héritage de leur auteur; et ce fut bien inutilement qu'ils essayèrent encore d’une voie détournée pour le lui enlever. Les tribunaux repoussèrent l’action qu'ils lui intentèrent afin dela faire déclarer prodigue et dissipatrice.
Redevenue maintenant comtesse de Bristol, Élisabeth Chudleigh s’en alla voyager sur le continent ; et en Russie, où elle s'était rendue à bord d’un vaisseau qu’elle avait fait construire exprès, l’impératrice Catherine lui fit l’accueil le plus brillant. Son retour par la Pologne fut une vraie marche triomphale. Elle acheta ensuite le château de Saint-Assise, près de Fontainebleau, où elle vécut au milieu d’un luxe tout princier. C’est là qu’elle mourut, le 28 aoùt 1738, après une courte maladie. Son testament, empreint de toute la bizarrerie de son caractère , fut cassé au profit des héritiers naturels du duc de Kingston,
RININE. Voyez Quinie,
RINROSS, le plus petit des comtés de l'Écosse, après
cclui de Clackmannan, est situé entre les comtés de Perth et d: File. Sa population , en 1871, était de 7,208 habitauts, et il a pour chef-lieu u ne petite ville du même norn.
KIOSQUE, mot emprunté par notre langue à celle des Turcs, et par notre architecture à celle de l'Orient. Les peuples des pays chauds se livrent aiec délices, durant les chaudes heures du jour, à ce repos qu’on a nommé sieste. Par un raffinement d e mollesse, les Orientaux consacrent à cet usage de petits pavillons ou kiosques. Toutes les maisons de plaisance du Bosphore ont des kiosques placés sur leurs terrasses ou à l'extrémité des jardins.
Depuis que le goût chinois et irrégulier s’est introduit parmi nous, nos jardins sont ornés de pavillons à couvertures recourbées à la chinoise, ayant des portes et des châssis en entrelas, des ornements imités des ornements chinois, et dont tout l’ameublement est destiné à rappeler un goût étranger : ces pavillons forment de petits cabinets ou de petits salons, destinés, comme ceux qui leur ont servi de modèles, au repos et à la méditation; seulement, la rigueur de notre climat, en les rendant inutiles la majeure partie de l’année, a exigé que l’intérieur de ces petits bâtiments de plaisance pût demeurer ouvert ou clos à volonté. C’est là ce que nous appelons des kiosques. Mais comme il est rare que nous conservions aux usages et aux choses que nous importons chez nous leur simplicité et leur destination primitives, le kiosque a déjà commencé à sortir du demi-jour des bosquets, et il s’est élancé dans les jardins publics les plus réguliers : on en trouve au jardin du Luxembourg et au Palais-Royal, badigeonnés d’un grand luxe de dorures, et servant de cabinets littéraires pour les journaux, d’abris à des marchands de joujoux, etc., après avoir eu d’abord une destination toute différente et bien plus prosaïque. Le jardin des Tuileries a sous ses grands bosquets deux kiosques divisés par cases, et dont les promeneurs estiment l'usage.
Depuis 1854 des kiosques, de forme haute, étroite et à toit arrondi, ont été placés en grand nombre dans les jardins publics, les squares, les places et les boulevards de Paris; ils servent d’abri aux marchands de journaux. Ceux des Champs -Élysées sont de véritables boutiques en plein vent.
KRIPTCHARK. Voyez Kaprerak.
KIRCHER (ATHanase), célèbre jésuite allemand, naquit à Geiss, près de Fulda, le 2 mai 1601. Après avoir terminé de brillantes études, il entra dans la société de Jésus, et fut nommé professeur de rhétorique au collége de Wurtzbourg en Franconie. Ce malheureux pays étant devenu le théâtre de la guerre, il se vit forcé de chercher un refuge en France; il y choisit pour asile le collége des jésuites d'Avignon, dans lequel il occupa une chaire pendant deux ans. Il obtint ensuite une place de professeur à Vienne; mais sa réputation s'étant répandue jusqu’à Rome, le pape l'appela dans cétte ville. II visita ensuite Malte, la Sicile, le midi de l'Italie. Au retour de ces divers voyages il se fixa pour toujours dans la capitale du monde chrétien, où il professa les mathématiques pendant huit ans. Il mourut à Rome, le 28 novembre 1680, laissant au collége romain des jésuites un riche cabinet de physique et d’objets rares de toutes espèces, qui faisaient regarder cette collection comme la plus intéressante de ce genre qu’il y eût alors en Europe.
Parmi ses ouvrages, qui sont presque tous écrits en latin, nous citerons : Ars magna lucis el umbræ; Primiliæ Gnomonicæ catoptricæ; Obeliscus ægypliacus ; Œdipus ægypliacus ; Iler exstalicum terrestre; Mundus sublerraneus;Chinaillustrata; Turris Babel; Mundus magnus; Magia catoptrica.
Le père Kircher est le premier qui ait cherché à déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens; il a démontré la possibilité des effets du fameux miroir d’Archimède; il en construisit un qui produisait une chaleur considérable. Kircher s'était beaucoup occupé de catoptrique : on lui attribue l'invention
KINROSS — KIRGHIS
de la lanterne magique. La langue chinoise avait été encore l’objet de ses travaux; il avait eu l’idée d’un traité de pasigraphie, au moyen duqueltous les peuples auraient pu s’entendre. D'un autre côté, les ouvrages du savant jésuite sont trop nombreux pour qu’ils soient bien élaborés ; aussi sont-ils remplis d'erreurs et de choses inutiles. TEYSSÈDRE.
KRIRCHHOLM, ville de Livonie, bâtie sur la Dwina, est célèbre dans l’histoire, par lagrande victoire qu'y remporta, le 27 septembre 1605, une petite armée polonaiseaux ordres du hetman Chodkjewiez sur une armée de 14,000 Suédois commandée par Charles IX, qui dut alors lever le siége de Riga.
KRIRED. Voyez CANDIE.
KIRGHIS ou KIRGHIZ-KAISSAKI, Kosaks des Steppes. Tel est le nom d’une nation disséminée depuis les frontières de la Chine et de la Russie jusque sur le territoire de l’Europe, dont la langue est l’un des dialectes turcs les plus purs, mais dont la physionomie indique cependant l'origine toute mongole. Tandis que les Mongols appartiennent comme idolâtres au bouddhisme, les Kirghis professent l’islamisme, tout en le défigurant par une foule de superstitions, par exemple leur croyance en l’infaillibilité de leurs baksys ou devins, et en n’ayant qu’une idée très-confuse de ses doctrines. Depuis un temps immémorial ils se divisenten grande, moyenne et petite horde, qui toutes étaient autrefois tributaires de la Chine ou du khanat de Khokand, dans le voisinage duquel la grande horde est plus particulièrement fixée. Cette horde, qui est de beaucoup la plus puissante des trois, célèbre par sa bravoure, extrêmement redoutée des Russes, à cause de ses continuelles irruptions sur leur territoire et de l’inaccessibilité des montagnes où elle se réfugie, se détacha presque tout entière en 1819 de la domination chinoise, pour venir se placer sous celle de l’empereur de Russie. C’est aussi la seule qui ait réellement accepté le joug russe. Les deux autres, la moyenne, fixée entre le Sarasou et le Temba , et la petite, entre le Iemba et l’Oural, quoique nominalement soumises à la Russie depuis 1731, sont demeurées à peu près indépendantes, etinquiètent constamment les Russes par eurs brigandages. Aussi les Russes ont-ils essayé de se protéger contre leurs irruptions en élevant une série de forts sur les rives des fleuves servant de limites à leurs territoires respectifs. Il n’y a de réellement soumise à la Russie, comme la grande horde, que la partie de la petite horde qui, sous le nom de horde Zukejewi ou intérieure, habite, entre l’Oural et le Volga, la contrée désignée sous lenom de séeppe des Kalmoucks. On estime que la moyenne et la petite hordes ne forment ensemble que de 30 à 40,000 kibitkes ou tentes; tandis que l’on évalue à plusienrs millions d’âmes le nombre total de la nation kirghise, placée soit sous l'autorité de la Chine, soit sous celle de la Russie, soit encore sous celle du khan de Khokand, ou bien restée indépendante avec ses khans ou sultans particuliers. Tous les Kirghis d’ailleurs sont nomades, et errent dans une immense steppe, dont l'étendue n’est pas moindre de 22,000 myriamètres carrés (voyez l’article ci-après). Les bêtes à cornes, les moutons, les chevaux et les chameaux constituent leur unique richesse. Ils sont naturellement inquiets, dissimulés et enclins au vol. Depuis que les Russes ont conquis la Sibérie, où ils habitaient d’abord les rives de l’Iénisséi supérieur, ils n'ont point cessé de guerroyer contre eux. Ils se partagent en nobles et en vilains (les os blancs et les os noirs). Parmi les nobles on distingue les les khans de hordes, chefs principaux, et les saïissans ou aimaks, chefs de tribus isolées.
KIRGHIS (Steppe des). On appelle ainsi, dans l'acception la plus large, l'immense territoire borné à l'ouest par le Volga, à l’est par l’Irtisch, au nord par le désert d’Obschtschéi, par les versants sud des monts Oural et par le Tobal, et au sud par l'Ala-Tau, le Sir-Daja , la mer d’Arai et la mer Caspienne, attendu qu’alors on considère la steppe des Dsongares, la steppe de l’Irtisch et de l’Isim et la steppe des Kalmoucks comme en faisant partie. On est d'autant plus en droit de grouper ces divers territoires sous une dé-
KIRGHIS — KISSELEFF
nomination commune que le caractère de cette vaste surface de terrain est presque partout le même, qu’il y règne constamment la même monotonie, qu’on n'y rencontre pas plus d’élévation que de dépression quelque peu sensible du sol, qu'aucune grande forêt ne vient y rompre l'uniformité du désert, qu’on n’y rencontre que des herbages atteignant la hauteur de l’homme, avec de larges fleurs , riches en sucs, et offrant aux habitants nomades de.ces contrées une nourriture facile pour les bestiaux. Les débris de constructions qu'on y rencontre çà et là, et qui ont été décrits dans les ouvrages de Pallas, Mülller, de Bronewski et Lewschim, et tout récemment encore dans ceux de Klaproth, de Gœbel et de Chaykoff, appartiennent incontestablement à diverses époques ; etil se peut que les unes proviennent de Mongols, les autres de Dsongares et autres tribus kalmouckes qui habitaient jadis ces contrées. Ces ruines se rencontrent de plus en plus fréquemment à mesure qu’on approche du Volga, où l’on finit même par trouver la trace de rangées entières de maisons au point où l’Achluba se jette dans le Volga. On est autorisé à en conclure qu’à une époque dont on a perdu même le souvenir il exista là une nation civilisée, qui différait complétement par ses mœurs et son intelligence des hordes nomades qu’on y rencontre aujourd’hui. C’est aussi dans ces derniers temps seulement qu’on est parvenu à démontrer que là se trouvait autrefois le siége du puissant empire de Kaptchack ou de la Horde d'Or (voyez KAsaw), qui pendant deux siècles fut l’effroi de la Russie.
La partie de la steppe où on rencontre le plus grand nombre de ces ruines, s'étendant entre l’Oural et le Volga et du désert de l’Obschtschéi jusqu’à la mer Caspienne, autrefois le pays originel de la Horde d'Or, est souvent désignée aussi sous le nom de s{eppe des Kalmoucks, et quelques-uns veulent que les limites s’en étendent à l’est jusqu’à l’Temba. D'un autre côté, on comprend aussi sous cette dénomination le territoire situé en deçà du Volga, et de là se prolongeant jusqu’au Don, qui s’y rattache immédiatement ; de sorte que les versants des hauteurs du Volga au nord, les vallées du Kouban et de la Kuma au sud, la mer d’Azof à l’ouest et la mer Caspienne à l’est, formeraient les limites de
cette steppe, habitée comme l’autre par des Kalmoutks.
RIRKRCALDY, port et ville commerciale d'Écoss», dans le comté ce Fife, possède des fabriques importantes, des tanne:ies, des fonderies de fer, des brasseries, et lat un grand commerce en toiles, houilles, céréales et l'estiaux, Son port, qui se dessèche à marce basse, est commode et sûr, et reçoit des navires d'un fort tonnage. On y comple 12,422 habitants (1871).
RIRKRCUPBBRIGHT ou EAST-GALLOWAY, comté du sud-ouest de l'Écosse, qui avec le comté de Wigton, qui lavoisine à l’ouest, forme le district de Galloway et compte 41,852 âmes (1871) sur une surface de 28 myriam. carrés, dont le quart seulement est susceptible d'être mis en culture, 8on sol est presque en entier couvert de montagnes et de collines. La partie la plus fertile est, au sud, la plaine qui longe la mer; et le climat y est aussi plus doux que dans la montagne. L'agriculture, obligée de lutter contre l'ingratitude du sol, n’en réussit pas mains à prodnirebeaucoup de grains, de betleraves et de pommes de terre, En raison de la vaste étendue des pâturages, l'élève du bétail yest hien autrement favorable. L'ancienne race de chevaux de Galloway, jadis si célèbre, a presque complètement disparu, et est remplacée aujourd’hui par une race de petite taille, mais vigoureuse.
Lech f-lieu de ce comté est Kirkcudbright, ville située au fond d’une baie, à l'embouchure de la Dee, avec un bon port, et 3,328 habitants.
RIRSCH, ou plutôt KIRSCHEN-WASSER, eau de cerises, dénomination empruntée à la langue allemande, et qui sert à désigner l’eau de-vie extraite, par la distillation, des cerises sauvages, qui tiennent le milieu entre Ja cerise aigre et la merise des bois. L'arôme particulier de cette li ue:r e t dû à une faible proportiuns d'acide cyanhy-
DICT. DE LA CONYERS, — T. Xl
ro lré
rique qui s’y trouve renf.rmé, Après avoir rejeté fous les fruits qui ue sont pas assez mûrs ou qui le sont 50p. on les débarrasse de leurs ger mes, ons écrase sur une c'aie d’osier, et l’on en recu eille le jus dans un cuvier; on pèse ensuite les noyaux et on en pile le quart seulement; on les mêle au jus, on abandonne le tout à la ferentation, et lorsqu'elle est terminée au bout de huit à dix jours, on clarifie la liqueur et on la distille par les procédés ordinaires. Il faut à peu près trois heures pour distiller une quantité moyenne de 50 litres de merises qui donneut #4 ou 5 litres de bon kirsch. On croit assez généralement que le kirsch qui est consommé en France se tire de la Forêt-Noire; c’est une erreur; il se fait dans les Vosges, entre Colmar et Belfort, contrée où les cerisiers äbondent, La Forêt-Noire et la Suisse en produisent du grandes quantités, qui sont presque entièrement consoinmées à l’étranger, On obtient de la cerise greffée d'aussi bonne liqueur que de la cerise sauvage, et le render.ent en est beaucoup plus considérable. Le kirsch est l’objet de nombreuses falsifica!ions : les uns pilent la totalité des noyaux au lieu du quart et ajoutent au moût une certaine quantité d’alcool ; les autres distillent avec de l’a’cool des feuilles de pêcher ou de lauricr-cerise; il y a enfin un kirsch de basse qualité, mélange d’a'cool, d’eau et d'huile d’amandes amères.
RISCHINER, chef-lieu de la Bessarabie, est en voie de prospérité croissante et compte 103,998 hab. (1867). Traversée par le Byk, undes affluents du Dniester , qui y forme de nombreux détours , cette ville s’étend sur trois mamelons. On y trouve un beau jardin impérial , trois superbes fontaines jaillissantes entourées de bassins de marbre, un séminaire ecclésiastique grec, un gymnase , huit autresécoles, quatorze églises grecques, une belle synagogue et plus de deux cents fabriques. La population , qui se compose de Russes, de Kosaks, de Polonais et de juifs, sans compter un certain nombre de Moldaves, de Grecs, de Bulgares, d’Armcniens, de Bohémiens et d'étrangers, notamment d’Allemands et d’Ifaliens , fait un commerce qui prend chaque jour des proportions plus importantes; ce à quoi contribuent activement les nombreux juifs domiciliés dans cette ville. Kischinef, qui il ya quarante ans ne ressemblait qu’à un grand villige oriental, s’est tellement embellie qu’on peut aujourd’hui la ranger parmi les villes d'Europe de second ordre.
RISFALUDY (ALEXANDRE DE), poêle hongrois, qui a exercé une grande influence sur le développement ct le perfectionnement de la langue et de la litlérature de ses compatriotes, né en 1777, d’une famille noble, propriétaire dans le sud-ouest de la Hongrie, passa sa jeunesse au service, loin de sa patrie. Plus tard, il vécut dans sa terre de Sumegh, en Hongrie, où il mourut, le 30 octobre 1844. Par ses poésies lyriques et élégiaques, qui font époque dans la littérature hongroise, il enthousiasma dans sa patrie tous les esprits généreux.
Son frère Charles de Kisrazupy, né en 1790, mort à Pesth, le 11 novembre 1830 , n’est pas moins remarquable sous le même rapport. Il emprunta les sujets de ses drames nationaux aux temps primitifs de la Hongrie et à l’époque héroïque de la lutte entre le paganisme et le christianisme, puis entre celui-ci et Pislamisme des Mongols et des Tures, et enfin aux temps des guerres civiles intérieures. [Is ont obtenu en Hongrie un immense succès; cependant, sous le rapport du style, la critique reproche, non sans raison, à cet écrivain Ge trop donner tantôt dans le néologisme, tantôt dans l’archaïsme.
KRISSELEFF (Nicorar pe), ex-ministre plénipotentaire de Russie à Paris, est né vers 1800, et entra de bonne heure dans ja diplomatie, Après avoir rempli pendant plusieurs années les fonctions de secrétaire de légation à Perlin, puis celles de conseiller d’ambassade à Londres en 1838, et à Paris en 1839, il resta dans cette dernière capitale en qualité de chargé d’affaires quand, en 1841, une question d'étiquette amena fe rappel de M. de Pablen, titulære de l’am-
bassade. Ce poste, qui d’abord n'avait d'autre importance que comme simple poste d'observation, en acquit beaucoup vers la fin du règne de Louis-Philippe, époque où s’opéra entre les cabinets de Saint-Pétersbourg et des Tuilleries un rapprochement devenu bien visible lors des affaires de Suisse par l'entente cordiale que les deux puissances manifestèrent sur cette question, et suivi bientôt après d’une acquisition de 50 millions de rente 5 pour 100 français faite pour le compte de l’empereur Nicolas. La révolution de Février changea complétement la situation de M. de Kisseleff, et le força de se borner à un rôle purement passif, en attendant des circonstances meilleures, qui parurent venues quand Louis-Napoléon eut été élu président de la république. En 1851, l’empereur Nicolas, pour témoigner à M. de Kisseleff combien il était satisfait de ses services, le créa ministre d'État, et lui donna le titre de chef de la légation de Paris. On dit que M. de Kisseleff fut de tous les diplomates étrangers accrédités dans cette capitale le premier qui instruisit son maître du coup d'État du 2 décembre 1851. L'année d’après, le rétablissement de l'empire ayant donné lieu à quelques difficultés entre les deux gouvernements, M. de Kisseleff partit pour Saint-Pétersbourg afin d’y aller prendre des instructions nouvelles, et revint à Paris en 1853. La guerre d'Orient mit seule fin à sa mission (1854).
Accrédité à cette époque auprès du gouvernement pontifical, il fit un long séjour à Rome et y épousa la veuve du riche banquier Torlonia, En 1864, il échangea ce poste contre celui de ministre plénipotentiaire près le roi d’ftalie. Nicolas de Kisselef est mort le 8 décembre 1869, à Florence.
KISSELEFF (PauL, comte pe), frère aîné du précédent, général et ministre russe, est né en 1788, d’une ancienne famille de boyards. Aide-de-camp du prince Bagration en 1812 et de l’empereur Alexandre en 1813, colonel en 1814, major général et chef de l'état-major général en 1817, il dirigea en cette qualité les opérations de la campagne contre les Turcs en 1828, et fut nommé lieutenant général en 1829, en même temps que commandant du 4e corps de cavalerie de réserve, à la tête duquel il battit le pacha de Pbilippopoli. Appelé à la fin de la guerre au gouvernement de la Moldavie, il reconstitua l’adminis ration decette province épuisée, et mérita la reconnaissance des populations. En 1833 il reçut le commandement du corps d’armée envoyé au secours du sultan contre l'armée victorieuse du vice-roi d'Égypte. L'année suivante il fut nommé ministre des domaines, et l’exercice de ces hautes fonctions lui valut le titre de comte. Nommé en 1856 ambassadeur à Paris, il ne fut remplacé que sur sa demande, en décembre 1862, et continua de résider dans cette ville, même pendant le siége des Allemands, I! y est mort le 26 novembre
KISSÉTIE ou KISTIE, contrée située au milieu des montagnes du Caucase, ainsi appelée du nom de ses habitants, les Xistes ou Kistinses, peuplade formant l’un des rameaux de la race des Midschezir ou Tschitschenses.
KISSINGEN (Eaux minérales de). Ces eaux, situées
à huit myriamètres au nord de Wurtzbourg ( Bavière), se rapprochent beaucoup des eaux mères des salines. Elles sont très-chargées de sel, comme il convient à des eaux qui ont séjourné dans des mines de sel gemme ou qui ont traversé des mines de cette espèce, Elles sont salées plutôtque minérales salines, ainsi que nous l’avons dit des eaux de Hombourg et de Nauheim. Nos eaux de Balaruc et de Bourbonne, pourtant bien autrement efficaces, sont fades en comparaison de celles-là. Mais nos eaux de France sont fhermales, composées de principes mieux proportionnés, et apparemment plus élaborées dans le sein de la terre, plus agsimilables à nos humeurs et déjà en quelque sorte animalisées. Les eaux de Kissingen ont une température de 8 à 15 degrés, selon la profondeur des conduits d’où elles sourdent; on dit même qu'une des cinq sources marque 19 degrés centigrades, mais le fait a besoin d'être vérifié. On
KISSELEFF — KLAGENFURT
y trouve des muriates ou hydrochlorures de soude et de potasse, de chaux et de magnésie, des bromures et des iodures, principes significatifs et précieux; des carbonates de différentes bases alcalines, des sulfates et phosphates de soude, etc. À s’en rapporter aux tableaux denalyse que nous avons sous les yeux, les eaux de Kissingen contiendraient presque autant de sel que l’eau de mer, et cela n'est pas croyable,.
Les cinq sources portent les noms suivants : 1° Le Rakoczy (ou Raggozzi), eau très-purgative; 2° le Pandur ; 3° le Theresienbrunnen; 4° le Maxbrunnen ; 5° le Soolensprudel, qui est la moins froide des cinq; les deux dernières sources sont les plus gazeuses. Le Raggozzi jouit d’une assez grande réputation : c’est la source de prédilection des hypocondriaques, des gens replets et des goutteux. On y rencontre aussi des hémorrhoïdaires, des rhumatisants, des scrofuleux, des chlorotiques et quelques dartreux, et même des phthisiques, On voit des malades qui en boivent des cruches entières, et qui en font ample provision chez eux pour toute l’année. Le fait est qu’elles s’exportent aisément. Le Pandur a des vertus analogues au Raggozzi: on boit à cette dernière source, on se baigne à l’autre. Le Maxbrunnen sert de boisson, comme le Raggozzi; mais l’eau en est plus agréable. La saveur en est piquante et aigrelette comme celle de l’eau de Seltz. On la conseille dans les affections gastriques, dans quelques maladies de lappareil urinaire, et dans l'asthme humide. Elle a quelquefois réussi contre les vomissements nerveux et dans les affections vermineuses des enfants, qui en boivent sans répugnance. Il en est de même du Theresienbrunnen. Le Soolensprudel s'emploie sous forme de bains, comme le Pandur. C’est la source qui convient le mieux aux femmes nerveuses. Quant à celles qui ont à y recourir pour des maladies plus mystérieuses, il y a dans l'endroit une maison particulière, une sorte d’établissement ad hoc amplement pourvu de douches.
Les frères Bolzano, fermiers des sources minérales royales et des maisons de santé dé Kissingen et de Bocklet, ajoutaient à leurs notices : « Dans notre maison de santé de Kissingen,on trouve, outre la salle à manger et la salle de danse, les chambres de conversation, la roulette, le pharaon, etc., ete. » D: Jsidore Bourpon.
Cette ville compte environ 3,000 habitants. On expédie par an 4 à 500,000 bouteilles de ses eaux minérales. Les jeux de hasard y ont été supprimés en 1848. Dans la guerre de 1866 une rencontre eut lieu, le 10 juillet, dans les environs, entre les Prussiens et un corps d'armée bavarois; celui-ci fut battu.
RISTES ou KISTINZES (Les). Voyez KiSSÉTIE.
RIUPERLI, Voyez KoEPRILI.
RLAGENFUR®, chef-lieu du duché de Carinthie et siége du gouverneur impérial, compte 14,000 hab.; il est situé dans une belle et riche plaine, non loin des pelits
cours d’eau qu’on appelle le Glan et le Glanfurt, ainsi que du lac de Klagenfurt ou de We@ærth, qu’un canal met en communication avec la ville. Klagenfurt est peu animée, et forme un carré à peu près régulier, avec des rues larges et droites. Aujourd'hui encore elle est le siége d’une cour d’appel pour la Carinthie et la Carniole, qui ne peut d’ailleurs tarder. à être réunie à celle de Styrie. On y trouve un gymnase supérieur, avec une bibliothèque publique, un séminaire, une école normale primaire, une école industrielle et un institut de sourds-muets. En fait de sociétés utiles qu'elle possède, il faut citer la Société d'Agriculture et d'Industrie, la Société Historique, qui publie chaque année ses Mémoires et met à la disposition du publie une riche bibliothèque. Parmi les édifices publics, on doit une mention à la tour de l'église de Saint-Égide, haute de 96 mètres ; à l'hôtel de ville, édifice du quatorzième siècle, contenant les armoiries de la noblesse carinthienne, et le palais épiscopal, où se trouve une riche galerie d'œuvres d'art et de minéralogie, La belle place du marché est ornée d'une statue équestre en plomb de l’empereur Léopold 1°", et d’une statue en pied
KLAGENFURT de Marie-Thérèse. Parmi les grands établissements industriels qu’elle possède, on remarque une vaste fabrique de céruse, la plus importante qu’il y ait en Autriche, et la manufacture de draps des frères Moro.
Klagenfurt ayant été laissée en dehors du réseau de chemins de fer de l'Allemagne, son commerce de transit est anéanti, de même que son commerce d'exportation a singulièrement diminué. Mais on annonce la construction prochaine d’un embranchement qui la reliera au grand chemin de fer du sud. Ses fortifications, rasées en 1809 par les troupes françaises, ont été transformées en promenades.
KLAPKA (Gpsonces), l’un des principaux chefs de l'insurrection hongroise, est né le 7 avril 1820, à Temeswar, où son père remplissait les fonctions de bourgmestre. Entré en 1838 comme cadet dans le 2° régiment d’artillerie de campagne, deux ans après il passa dans le corps des bombardiers, et étudia alors avec ardeur les sciences militaires, Nommé en 1842 sous-lieutenant dans le régiment hongrois des gardes du corps, il put ainsi continuer à Vienne ses études sur l’art militaire. Après cinq ans passés dans les gardes, il fut, en 1847, nommé lieutenant-colonel au 12° régiment de frontières ; mais, ne pouvant se plier à la monotone uniformité de ce genre spécial de service, il donna sa démission. Ilétait à la veille d'entreprendre un grand voyage à l'étranger, lorsque éclata la révolution de mars 1848 ; et il s’empressa aussitôt de se mettre à la disposition du gouvernement national. Envoyé d'abord en Transylvanie, pour y gagner les Szeklers à la cause de la Hongrie, il fut bientôt après employé dans le service actif et nommé capitaine au 6° bataillon de honveds, grade dans lequel il fit avec distinction la campagne d’été contre les Serbes. Promu au grade de major, on l’envoya à Komorn, puis à Presbourg, diriger les travaux de défense entrepris sur ces deux points. A la fin de novembre il partait rejoindre, en qualité de chef d'état-major, le corps d'armée qui opérait dans le Banat, sous les ordres de Kis. C’est lui qui arrêta toutes les dispositions qui précédèrent l’attaque des positions ennemies, dont le résultat fut la prise d’Alibunar, de Karlovacz et de Karlsdorf, ainsi que la déroute des Serbes à la tête de pont de Tomasovacz. Le plan d'opérations suivi par l’armée hongroise au commencement de la campagne de 1849, et qui plus tard eut de si brillants résultats, fut également l’œuvre de Klapka.
Après la défaite essuyée le 4 janvier près de Kaschau par Messaros, ce fut au colonel Klapka qu’on confia son commandement; et il réussit alors non-seulement à garder le passage de la Theïss et à assurer ainsi la capitale improvisée par le gouvernement national à Debreczin, mais encore à faire battre pour la première fois les vieilles bandes autrichiennes par les jeunes honveds, et à inspirer une nouvelle confiance à l’armée nationale par les victoires de Tarczal, de Kiresstur, de Hidaknémety, etc. Klapka prit ensuite part à la bataille de trois jours livrée sous les murs de Kapolna (26-28 février), de même qu’à la brillante campagne d’avril, pendant laquelle il fut chargé du commandement du premier corps d'armée; et il se distingna surtout à la bataille d’Isassegh ( 6 avril), où il décida du sort de la journée, et à l'affaire de Nagysarlo (19 avril), qu’il enleva d’assaut aveë Damjanics. A la bataille livrée le 26 avril au corps autrichien venu pour assiéger Komorn, ce fut Klapka qui arrêta le plan d'attaque, et pendant l’affaire il commanda l'aile gauche. Il remit alors son commandement à Nagy-Sandor, pour aller remplir provisoirement à Debreczin les fonctions de ministre de la guerre, position dont il usa pour s’efforcer d'introduire plus d'unité dans les opérations et plus de discipline dans l’armée. Il conçut alors pour la campagne d’été un plan que le conseil de guerre adopia , mais que plus tard le mauvais vouloir de Gœærgei empêcha de mettre à exécution. Le siége d’Ofen fut entrepris contre l’avis formel de Klapka. Quand après la prise de cette place Gœrgei fut nommé ministre de la guerre, Klapka reçut le commandement de la place de Komorn. Il s’efforça alors de faire cesser, en ap-