‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 515 sur 522 · KLAPROTH · texte numérisé non relu

KLAPROTH

parence tout au moins, la mésintelligence survenue entre Kossuth et Gœrgei, et de prévenir la rupture déclarée entreeux, dont la déposition de Gærgei, prononcée le 2 juillet, devait être la suite, puis fit tout pour que l’on revint sur cette mesure. Dans les attaques du 16 et du 21 juin, qu’il dé: sapprouva, de même que dans les grandes batailles livrées le 2etle 11 juillet sous les murs de Komorn, tous les honneurs de la journée furent pour Gærgei et pour Klapka.

Goœrgei une fois parti pour rejoindre le gros de l’armée dans les plaines de la Theïss, Klapka resta à Komorn comme commandant de la’place, et sut par ses incessantes sorties tenir constamment en haleine l’armée assiégeante. Son plus brillant fait d’armes fat la sortie du 5 août, où la plus grande partie des assiégeants périrent sur le champ de bataille ou se noyèrent dans le Danube, tandis que le reste était con-

| traint de s’enfuir en désordre à Presbourg. Klapka fit un

butin énorme en armes, argent, munitions et vivres , reprit possession d’une assez importante étendue de terrain, et poussa même ses avant-postes jusqu’à Raab. IL se disposait à profiter de cette victoire pour envahir l’Autriche et la Styrie, quand il fut informé de la tournure fâcheuse qu’avaient prise les événements sur les bords de la Theiïss; et bientôt il apprit que Gœærgei venait de mettre bas les armes. Force lui fut donc de venir se renfermer dans Komorn. C’est à la fermeté avec laquelle Klapka et le conseil de guerre repoussèrent toutes propositions de soumission sans condition, que la garnison de Komorn fut redevable de la capitulation honorable que lui accorda le &ouvernement autrichien. Elle fut signée le 27 septembre entre Klapka et le feld-maréchal H a ynalu, et la reddition de la place commenga le 3 octobre. Les conditions de cette capitulation, bien que peu favorables, assuraient du moins à la garnison la vie et la liberté. Klapka se rendit à Londres, puis de là à Gênes et en Suisse. Après

le désastre de Sadowa, ilrentraen Hongrie à la tête d’une

poignée d'hommes, et tenta vainement de soulever le pays.

Il à racontéla participation prise par lui à la lutte soutenue

par la révolution hongroise dans ses Mémoires (Leipzig,

1850), et dans l'ouvrage intitulé Guerre nationale en Hon-:

grie (ibid , 1851, 2 vol.). On a aussi de lui Za Guerre

d'Orient (Genève, 1855, in-80),

RLAPROTH (Marrn-Henrr,, célèbre chimiste et naturaliste, né le 1°" décembre 1743, à Wernigerod, fut dabord pharmacien à Berlin. En 1787 il fut élu membre de V'Academie des Sciences de cette ville, section de chimie; et bientôt après on le nomma professeur de chimie au corps royal d'artillerie de campagne. Il mourut le 1°* janvier 1817, à Berlin, membre du conseil supérieur de santé. C’est à lui qu’on est redevable de la découverte du zirconium, du tellure, du titane et de l’ura ne; et il se distingua par ses analyses , fort exactes pour l’époque, de diverses eaux minérales. On à de lui un Æssai sur la connaissance chis mique des corps minéraux (6 vol., Berlin, 1795-1815). Son Dictionnaire de Chimie, composé en société avec Wolff, a vieilli.

KL APROTH ( Henri-Juces), orientaliste et voyageur, fils du précédent, né à Berlin, le 11 octobre 1783, se consacra de bonne heure à l'étude des langues orientales, et notamment à celle du chinois. Après s'être fait connaître par la publication du Magasin Asiatique ( Weimar, 1802), il fuf nommé professeur-adjoint à l’école des langues asiatiques à Saint-Pétersbourg. En 1805, il accompagna le comte Golofkin , envoyé à Pékin avec le titre d’ambassadeur ; mais à la frontière de l'empire , force lui fut de rebrousser chemin. A son retour, sur la proposition du comte Jean Potocki, il fut désigné par l’Académie de Saint-Pétersbourg pour aller continuer dans les provinces du Caucase ses secherches sur les peuples primitifs de l'Asie. Il rendit un compte détaillé de cette expédition dans un ouvrage intitulé : Voyage au Caucase et en Géorgie, pendant les années 1807 et 1808 (2 vol., Halle, 1812-14; édit. française, revue et augmentée, Paris, 1823). Ses Archives pour la langue, l’histoire et la littérature asiatiques (1 vol. in-4°, Péters

bourg, 1810) sont encore un monument des travaux auxquels il se livra pendant le cours de ce voyage. En 1812, per suite d'un grave abus de confiance commis au détriment du gouvernement russe, et dont les Mémoires de l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg rendirent compte dans les termes les plus sévères, il fut obligé de quitter le service russe, et se rendit en Italie, En 1815 il vint se fixer à Paris, où le roi de Prusse lui conféra le titre honorifique de professeur de langues orientales, en même temps qu’il le chargeait , dit-on , de transmettre à la légation prussienne des renseignements précis sur les hommes et les choses du moment. Il mourut à Paris, le 27 août 1835, sans avoir eu le temps de mettre la dernière main à ses immenses travaux. On à delni: Description géographique et historique du Caucase oriental ( Weimar, 1814); Voyage de Guldenstædt en Imirélie (Berlin, 1825), avec des notes et explications par lui; Description des provinces russes entre la mer Caspienne et la mer Noire (Berlin, 1814); Catalogue des livres et manuscrits chinois et mandchoux de la bibliothèque royale de Berlin (Paris, 1822); Asia polyglotta ( Paris, 1823, avec atlas, in-fol. ) : ouvrage dans lequel il démontre laffinité d’origine des nations asiatiques par l’affinité de leurs langues, et fixe l’époque où commence leur véritable histoire; Tableaux historiques de l'Asie depuis la monarchie de Cyrus jusqu'à nos jours (4 vol., Paris); Mémoires relatifs à l'Asie ( Paris, 1834); Collection d’antiquilés égyptiennes (Paris, 1829); Examen critique des travaux de feu Champollion sur les hiéroglyphes (Paris, 1832); et aussi l'important onvrage sur l’histoire du Japon, ayant pour titre : Aperçu général des trois royaumes, traduit de l'original japonaischinois ( Paris, 1833), etc.

KLAUS (Frère). Voyez FLue (Nicolas de).

KLAUSENBURG (en hongrois Kolosvar , en valaque Klousl), capitale de la Transylvanie, est située dans le comitat du même nom, au milieu d’une vallée romantique, sur les bords d’une petite rivière appelée S zamos, et compte 24,000 habitants. Elle est entourée de vieilles murailles, et est divisée en vieille ville et ville neuve, indépendamment de cinq faubourgs. On y voit une grande et belle place, quelques belles rues ; et sa cathédrale, placée sous Pinvocation de saint Michel, estun magnifique monument de l’ancienne architecture allemande. Indépendamment d’un lycée pourvu d’une bibliothèque publique, d'un séminaire et d'un couvent noble, de gymnaseset de séminaires catholiques et protestants, cette ville possède un hospice pour les orphelins, trois hôpitaux et plusieurs autres établissements de bienfaisance. La population, sauf un petit nombre d’Allemands etde Valaques , est complétement d’origine magyare , eta pour principale ressource le commerce, Klausenburg n'étant qu'à quelques myriamètres des frontières de la Hongrie et de la Transylvanie; position qui en fait l’étape nécessaire des relations commerciales entre les deux pays. L'industrie y a pris aussi dans ces derniers temps d’assez notables développements. On vante surtout ses fabriques de porcelaine.

Comme chef-lieu de la partie hongroise de la Transyÿlvanie , Klausenburg fut à l’époque de la révolution de 1848 le grand centre du mouvement national, tandis que les forces autrichiennes restaient concentrées à Hermannstadt, ville allemande et seconde capitale du pays. Au début de A révolulion , le général Puchner avait réussi à s’y maintentr avec les Impériaux ; mais le général Bem , qui s’en empara le 25 décembre 1848 ,s’y maintint jusqu’à la fin de l'insurrection hongroise , et en fit le grand dépôt de ses munitions et de ses remontes.

De l’autre côté de la rivière, sur les ruines d’un ancien château romain, l’empereur Charles VI fit construire, en 1721, une forteresse, aujourd’hui dans le plus complet état de délabrement. Klausenburg est la Claudiopolis des Romains ; des fouilles pratiquées dans ses environs ont fait découvrir un grand nombre de médailles et d’ustensiles en

KLAPROTH — KLÉËBER

| bronze provenant des temps de la domination romaine.

KLEBER (Jeax-Barrisre) naquit à Strasbourg, le 6 mars 1754, d’un terrassier du cardinal de Rohan. Dès ses premières années il manifesta des dispositions si précoces qu’un curé de l’Alsace prit intérêt à lui et lui donna lés premiers éléments d'instruction. Kléber s’appliqua ensuite aux sciences exactes, à l’architecture, et se rendit à Paris pour étudier sous le célèbre Chalgrin. De retour dans sa ville natale, après deux ans d’absence , il eut occasion de prendre parti pour deux gentilshommes bavarois dans une querelle où le droit était de leur côté ; ceux-ci lui en témoïignèrent de la reconnaissance, et lui proposèrent de les suivre à Munich, où ils le firent entrer à l’école militaire. IL en fut bientôt un des élèves les plus distingués. Un jour Le général autrichien de Kaunitz ayant eu l’occasion de jeter les yeux sur des plans et des dessins tracés par le jeune élève, l’'emmena à Vienne, et lui fit avoir une sous-lieutenance dans un régiment, Kléber y demeura huit ans, et fit une campagne contre les Turcs; mais dégoûté de ne point obtenir l’avancement qu'il méritait, il donna sa démission, et revint dans sa patrie.

J1 y exerçail sa profession d’architecte, et se trouvait depurs six ans inspecteur des monuments publics à Béfort, quand la révolution éclata. Déjà il avait fait bâtir le chàteau de Granvillars, l'hôpital de Thann, l'hôtel des chanoinesses de Massevaux , et l’on voit encore plusieurs dessins de lui au musée de Strasbourg. A la vue de la patrie en danger, il s'engage comme.grenadier dans le troisième bataillon de volontaires de son département. Ses chefs ne ardent pas à le distinguer : Wimpfen le nomme adjudantmajor, et bientôt après Custine lui donne le grade d’adjudant général. Kléber se trouvait alors dans Mayence, bloqué par les Prussiens : il signale maintes fois son intrépidité , et exécute ces brillantes sorties de Biberach et de Marienborn, qui annoncent ce qu'il sera un jour. On sait qu'après une héroïque défense, suivie d’une capitulation honorable, la garnison de Mayence fut dirigée sur la Vendée; mais les chefs avaient été décrétés d’arrestation, et Kléber était déjà incarcéré, lorsque la Convention, mieux informée, proclama que chefs et soldats avaient bien mérité de la patrie. Il reçut pour sa part le brevet de général de brigade. Placé à la tête de l'avant-garde, il lutta avec 4,000 hommes contre 30,000 Vendéens qui l’entouraient de toutes parts : ceux-ci, maîtres de nos canons, n'avaient plus qu'un ravin à franchir pour nous couper toute retraite. Kléber appelle un officier dont il connaît la bravoure : « Prends une compagnie de grenadiers, lui dit-il; arrête l'ennemi devant ce ravin: tu te feras tuer, et tu sauveras tes camarades.— Oui, mon général, » répond l'officier avec une soumission sublime. Tous périrent; mais ce dévouement arrêta la marche des royalistes.

Kléber contribua beaucoup au gain de la bataille de Cholet, où l’on combattit d'après les plans qu’il avait tracés ; toutefois, le général en chef n'ayant pas continué à les suivre, l'armée républicaine essuya au delà de la Loire des échecs dont on fit tomber la responsabilité sur Kléber : il fut privé de son commandement, dont on investit Marceau ; mais celui-ci en remit toute l'autorité à celui qui venait d’en être dépouillé, et dont il respectait les lumières, l'expérience et le courage. Kléber fit éprouver aux Vendéens des échecs mul. tipliés; il les poussa entre la Loire et la Vilaine, et anéantit à la bataille de Savenay leur armée, forte de 60,000 combattants ; 5 à 600 cavaliers seuls échappèrent à la mort. Kléber fit son entrée triomphale à Nantes, où on lui offrit une couronne de lauriers, La Convention s’inquiétait des généraux vainqueurs : Kléber fut mis à l'écart; mais on ne pouvait se passer longtemps de ses services.

Appelé en 1794 à l’armée du nord comme général de division, il rejoignit, sous les murs de Charleroi, l’armée de Jourdan, qui prit le nom d'armée de Sambre et Meuse, décida du gain de la bataille de Fleurus, battit le prince d'Orange au pont de Marchiennes , forçga Mons, Louvain,

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