‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 517 sur 522 · KNOX · texte numérisé non relu

KNOX

dans le manoir de lord Douglas aide et proteetion contre la persécution dont les idées nouvelles furent aussitôt l’objet de la part du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Toutefois, en 1547, il lui fallut chercher un refuge auprès des conjurés qui, après le meurtre de Beaton, tenaient le château de Saint-Andrews. C’est là que pour la première fois il administra la communion sous les deux espèces ; mais fait prisonnier par les Français en même temps que toute la garnison, il fut envoyé aux galères en France. Rendu à la liberté en 1549, il devint prédicateur dans le comté de Berwick, en Angleterre, etmême chapelain du roi Édouard WT Quoiqu'il fût parvenu en Angleterre à faire renoncer à l’adoration de l’hostie et au dogme de la transsubstantiation, ilétait si mécontent de voir qu’on y conservât encore d’autres usages de l’Église romaine, qu’en 1553 il refusa l'offre d’un bénéfice. Lorsque la catholique Marie monta sur le trône, Knox s’enfuit à Genève, où il s’affermit dans ses sympathies pour le presbytérianisme. En novembre 1554 il accepta bien la place de prédicateur des émigrés anglais réfugiés à Francfort-sur-Mein ; mais il ne tarda point à abandonner cette communauté, où, à son avis, l’on montrait trop de tolérance pour la liturgie anglicane. Dès 1555 il était donc de retour à Genève, d’où il se rendit de nouveau en Écosse, dont il parcourut les divers comtés en prêchant ; et il contribua activement ainsi à la propagation des doctrines de la réformation. Le haut clergé, alarmé des progrès de cette révolution morale, manda à Édimbourg celui qu’il en considérait comme le principal fauteur ; mais on n’osa point lui intenter un procès, et tout au contraire on le laissa précher librement pendant plusieurs jours dans üne maison particulière. Mécontent pourtant de la lenteur avec laquelle la réformation se répandait dans son pays, Knox accepta, dans l'été de 1556, les fonctions de prédicateur auprès de la petite communauté anglaise établie à Genève.

Une fois loin de l'Écosse, les évêques le citèrent de nouveau devant eux, et le condamnèrent à être brûlé vif. Knox, quand il reçut à Genève la nouvelle de sa condamnation, en appela au futur concile; et alors, comme compensalion à l’éloignement où il se trouvait de son pays, il adressa aux Églises et à la noblesse d'Écosse de nombreuses lettres, roulant toutes sur les nouvelles doctrines. En 1557 le parti des protestants écossais qui se forma sous le nom de Congrégation du Christ le détermina à revenir en Écosse. Mais, découragé par son compagnon de voyage, il regagna bien vite Dieppe, puis Genève, où il se borna à des travaux théologiques. C’est à ce moment que, aidé par quelques amis, il composa la traduction anglaise de l’Écriture Sainte connue sous le nom de Bible de Genève; c’est là aussi qu'il publia sa Lettre à la reine régente, dont le but était de réluter les idées fausses répandues au sujet de la réformation; son Appel à La noblesse et aux états d'Écosse, et enfin, en 1558, son Premier coup de trompette contre le monstrueux gouvernement des femmes, violent pamphlet à l'adresse de la reine Marie d'Angleterre, qui ne lui attira pas seulement la haine de la régente d'Écosse et de sa fille, la reine Marie Stuart, mais plus tard encore celle de la reine d’Angleterre, Élisabeth, Cédant, toutefois, aux instances réilérées de son parti, Knox se décida à revenir en Écosse au momént où la régente venait de prendre la aétermination d’en expulser tous les prédicateurs et fauteurs de la nouvelle foi religieuse. Ainsi frappé de proscription, Knox déclara qu'on n’était point tenu à l'obéissance envers le souverain quand celui-ci ordonnait des choses injustes. Après un violent sermon qu’il prononça en mai 1559 à Perth, un prêtre ne s’en étant pas moins mis en devoir de célébrer la messe, il en résulta une insurrection populaire, qui se répandit bientôt de proche en proche dans tout le pays. On détruisit les autels et les images des catholiques, on rasa les couvents, et on partagea entre les pauvres les trésors de l’ancienne Église, Knox, qu'on voulut rendre responsable de ces excès, essaya vainement de les arrêter ; toutelois, il prit une part des plus actives à la guerre civile qui éciala

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alors entre les deux partis religieux. Tandis que la régente implorait les secours de la France, il négociait avec lAngleterre pour que cette puissance intervint en faveur des protestants écossais. Il courait les provinces, prèchant partout où il passait; et par son éloquence il ranimait le courage des protestants , dont la position était devenue des plus critiques dans les äerniers mois de l'année 1559. Toutefois, après la pacification de 1560, il eut la satisfaction de voir la réformation consolidée en Écosse, où l’Église presbytérienne eut enfin droit de cité. Nommé alors prédicateur à Édimbourg, il y exerça par son éloquence franche et énergique une grande influence sur les esprits.

En arrivant en Écosse en 1661, Marie Stuart usa autant d’adroites flatteries que de menaces directes pour gagner le redoutable Knox à sa cause ; mais tous ses artifices échouèrent contre l’âpre sévérité du réformateur. Quoique déployant un zèle bien moins farouche que ne l'ont prétendu les partisans de la reine et Hume lui-même, il ne laissait point que de s'exprimer en toute liberté du haut de sa chaire contre les tendances catholiques de la reine et contre la légèreté de sa conduite. Le rétablissement de la liturgie romaine à la cour l'ayant déterminé à publier un appel à la noblesse d'Écosse, il fut pour ce fait accusé de haute trahison et traduit devant la cour des pairs, qui prononça son acquittement. La manière dont il s’exprima au sujet du mariage de Ja reine avec Darnley lui attira de nouvelles persécutions. Quand Marie Stuart arriva en 1566 à Édimbourg, Knox en sortit, et n’y rentra qu'après le détrônement de la reine, révolution à laquelle il ne contribua pas peu. La guerre civile qu’alluma en 1571 le parti de la malheureuse reine eut pour résultat de le dépouiller encore une fois de ses fonctions. Quand il rentra à Édimbourg en 1576, au rétablissement de la paix, il était déjà souffrant. Après avoir prèché à propos des massacres de la Saint-Barthélemy, événement qui avait produit sur lui une impression d'horreur et d’effroi, il tomba sérieusement malade, et mourut à quelque temps de là, le 24 novembre 1572.

Knox exerça plus d'influence par l'énergie de son caractère et la vigueur de son intelligence que par l'étendue de ses connaissances. Sa conviction était profonde, son éloquence ardente et audacieuse, et son extérieur des plus imposants. Bien mieux que Luther, il sut exercer de l'influence sur les affaires politiques de son pays. La rudesse et la dureté de ses manières étaient le résultat de l’existence agitée qu’il avait menée, et elles ne contribuèrent pas peu à la consolidation de son œuvre réformatrice. 11 à écrit, entre autres ouvrages, une History of the Reformation of Religion within the realm of Scotland, qui parut après sa mort et qui a été maintes fois réimprimée depuis.

KNUPHIS. Voyez KNEPu.

KNUT ou CANUT, dit Le Grand, comme roi de Danemark Canut II et comme roi d'Angleterre Canut I, était fils du roi Suénon on Sven, à quiil succéda sur le trône de Danemark en l'an 1014 , et plus tard sur le trône d’Angleterre à la mort du roi Éthelred II. Il acheva la conquête

de ce pays, commencée par son père, et inaugura son règne |

en dévastant toute la côte orientale deson nouveau royaume et en faisant noyer à Sandwich, après leur avoir préalablement fait couper le nez et les mains, les Anglais qui avaient été remis comme otages à son père. Il alla ensuite chercher en Danemark des renforts, avec lesquels il poursuivit son œuvre de dévastation et de destruction au sud de l’Angleterre. Le brave Edmond Zronside, c'est-à-dire Côte de fer, troisième fils d’Ethelred, marcha à sa rencontre avec une armée ; et quoique toujours battu, par suite des trahisons de son beau-frère Edrich, il sut si bien se maintenir contre Canut, que, fatigués de cette longue lutte, Anglais et Danois exigèrent qu’un partage du territoire eût lieu entre les deux princes. Un traité solennel assura à Canut le nord et à Ethelred le sud de l’Angleterre; mais un mois après la conclusion de cet accommodement deux chambellans d'Edmond, gagnés à prix d’or par Edrich, l’assassinèrent. Toutel’Angleterre passa

alors sous les lois de Canut, qui en présence de l’assemblée des états fit attester sous la foi du serment par de faux témoins qu'Edmond lui avait légué sa couronne au mépris des droits de ses enfants. Quand l'assemblée des états eut confirmé cet arrangement, Canut envoya ces deux jeunes princes au roi de Suède, qu’il chargea de les tuer. Mais celui-ci s’y refusa, et les fit passer en Hongrie, où ils furent reçus de la manière la plus généreuse.

Si Knut en montant sur le trône avait débuté par des actes de cruauté et des crimes , il se montra beaucoup plus humain.pendant le restant de son règne. Il punit les Anglais qui avaient trahi la cause de leur souverain , et envoya au supplice Pinfâme Edrich. Puis quand, dans une assemblée des états, il eut remis en vigueur les lois d'Alfred le Grand et établi la comyilète égalité de droits entre les Danois et les Anglais, dont la loi protégea désormais indistinctement les personnes et les propriétés, la haine qu’avait d’abord inspirée sa tyrannie se transforma en estime eten sympathie. 11 consolida tout à fait sa puissance en épousant Emma, veuve d’Ethelred. A deux reprises , il repassa sur le continent. La première fois, ce fut pour faire la guerre à la Suède, et la seconde pour conquérir la Norvège. Devenu le prince le plus puissant de son temps, il comprit le néant des grandeurs d’ici-bas. Il construisit des églises et des couvents, et entreprit un pèlerinage à Rome, où ilobtint de grands priviléges pour les écoles d'Angleterre. Sa dernière expédition fut dirigée contre Malcolm, roi d'Écosse. IL mourut quatre ans plus tard, en 1136, à Shaftsbury. Par son testament il légua à l'aîné de ses fils, Sven, la Norvège ; au second, Harold, l'Angleterre ; et au troisième, Hartha-Knut (Hardi-Canui), le Danemark. À

KROALA , nom vulgaire d'un mammifère didelphe que de Blainville a fait connaître sous le nom de phascolarctos, qui signifie ours à poche. Cet animal, qui est dépourvu de queue et dont les membres de derrière ont, comme ceux des phalangers, un pouce opposable et des dents semblables à celles de ces animaux , ne doit pas être confondu avec un autre mammifère décrit par Goldfuss, sous le nom de Aepurus, parce que ce dernier, nonobstant sa ressemblance avec le koala ou phascolarctos , n’aurait pas comme lui le pouce des membres de derrière opposable. Le koala habite Ja Nouvelle-Hollande. L. LAURENT.

KOBI ou GOBI, en mongol Schamo, nom chinois du grand désert de Mongolie, qui, à l'instar du nom de la Sa-

hara, désigne un endroit manquant d’eau courante et de

bois. La Kobi forme le milieu désolé du grand plateau de l'intérieur de l'Asie, qui s'étend depuis le Belour-Tagh à l’ouest, entre le Kalkoun ou Kouen-Lun au sud, et le Mouz- Tagh ou Thian-Schan au nord, puis, après la dépression subite de ce dernier à Barkoul, entre les chaînes de montagnes du système de PAltaï au nord et les montagnes du nord de la Chine au sud, jusqu’à la chaîne de montagnes du Khingkan-Oola, à l’est. Ce centre désolé d’un plateau dont les versants sont susceptibles de culture , constitue une es pèce de bassin qui, de 1,200 mètres d’élévation qu'il a à son rebord, s’abaisse insensiblement jusqu’à ne plus être dans son fond qu’à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, et qui vraisemblablement était jadis une vaste mer intérieure, dont les derniers vestiges se retrouvent dans les quelques lacs salés existant encore au centre. Le sol de ce bassin se compose, à son centre, de sable imprégné de sel, où ne croissent que des roseaux et des varechs. À mesure qu’on s’éloigne du centre pour s'approcher du bord, le sable disparait, et le sol n’est plus couvert que de galets et de débris de pierres, le plus ordinairement de porphyre et de jaspe, entre lesquels ne poussent de loin en loin que quelques plantes de la nature des arbrisseaux , ou bien d'une terre araileuse, nue, imprégnée aussi de sel, et où ne croissent que quelques basses herbes marines. La faune de la Kobi n'est pas moins pauvre que sa flore; le Djiggetaï, le mouton sauvage argali, des antilopes et des hamsters, tels sont les espèces animales les plus remarquables qu’on y ren- J9,

contre. Le elimat,'d'une chaleur étouffante en été, est en hiver du froid le plus rude. Aussi, la Kobi est-elle pour les hordes mongoles habitant les versants cullivables du plateau exactement ce que la Sahara est pour les Arabes bedouins. A l'époque de la bonne saison, les hordes se retirent dans les oasis situées dans le désert, sur les rives des fleuves et des ruisseaux qui descendent des montagnes formant les parois du bassin, et qui finissent tous par se perdre dans les sables du centre, ou encore dans quelques dépressions subies par le sol, qui alors devient marecageux. C’est là que ces hordes font paître leurs bestiaux. Dans la mauvaise saison elles échangent ces oasis contre d’autres pâturages.

ROBOURG. Voyez Cosourc. ù

ROCH ( CarisroPne-GuoiLLAUME DE), historien et publiciste, né le 9 mai 1737, à Bouxwiller, en Alsace, obtint, en 1780, la chaire de droit devenue vacante à l’université de Strasbourg au décès de Schæpflin. Député à Paris par les protestants de l’Alsace, en 1789, il obtint de l’Assemblée constituante l'assurance que les droits et les libertés religieuses de ses coreligionnaires seraient garantis par la constitution qu’elle allait donner à la France, de même qu’on respecterait les propriétés appartenant à leurs églises. Membre de l’Assemblée législative, il s’y distingua par sa constance à défendre le bon droit et la justice; ce qui lui valut une détention de neuf mois, à l’époque de la terreur. Membre du Tribunaten 1802, il fut nommé recteur de l'académie de Strasbourg en 1810, et mourut en 1813. Parmi les excellents ouvrages qu’on a de lui, nous mentionnerons plus spécialement son Tableau des Révolutions de l’Europe, depuis Le bouleversement de l’Empire Romain jusqu'à nos jours (Lar. sanne, 1771 ; nouv. édit., Paris, 1807 ; réimprimé en 1813), ouvrage continué depuis par Schæll jusqu’à la restauration des Bourbons ; et son Abrégé de l'histoire des traités de paix depuis la paix de Westphalie jusqu'à nos jours (4 volumes, Bâle, 1797), ouvrage complété également plus tard par Schæll et poussé jusqu'aux traités de 1815.

KOCH (JraAn-Bapriste. FRÉvÉRIG), écrivain militaire, neveu du précédent, né en 178?, à Nancy, est mort en 1861. Entré en 1800 dans la garde à cheval des consuls, il passa bientôtaprès dans l'infanterie. Dans la campagne d’Espagne, il obtint le grade de capitaine en 1809,.et passa chef de bataillon en 1811. Envoyé en Saxe en 1813, il fut attaché au 3° corps d’armée, et eut occasion d’y connaître le général Jomini, qui apprécia l'étendue de ses connaissances et dont il devint l’aide de camp après la bataille de Lutzen. Après la seconde restauration, il se rendit à Saint-Pélersbeurg , où il seconda Jomini dans la rédaction de son Histoire des Guerres de la Révolution. Ce ne fut qu'en 1817 qu’il parvint à se faire réintégrer dans les cadres de l’armée ; et il fut nommé alors professeur à l’École d’Application. Mais on suspendit bientôt

son enseignement, comme suspect de tendances bonapartis-

tes. Après la révolution de Juillet il passa lieutenant-colonel, puis colonel en 1834. 11 s’est fait un nom comme écrivain militaire en traduisant en français les Principes de Stratégie de l’arsniduc Charles (3 vol., Paris, 1817) et en publiant des Mémoires pour servir à l’Histoire de la Campagne de 1814, ouvrage des plus estimés et qui fait autorité. On a encore de lui un Examen raisonné de l’ouvrageintitulé : La Russie dans l'Asie Mineure, ou campagnes du maréchal Paskewitsch en 1828 et 1829 (Paris, 1840). 11 a aussi publié les Mémoires de Masséna (4 vol., 1849). KOCH (Joskpn-ANToInE), célèbre paysagiste, né en 1768, fut redevable de son éducation première à la protection de l’évêque d’Augsbourg. Après avoir séjourné quelque temps à Strasbourg en 1792, et s’y être un peu mêlé aux agitations révolutionnaires de l’époque, il passa en Suisse, où il exécuta à l’aquarelle une foule de belles études , et de là se rendit en Italie. Il arriva à Rome en janvier 1795, et s’y fit bientôt un nom par ses remarquables efforts pour unir la peinture du paysage à celle de l’histoire. Ses premiers travaux furent des dessins bien exécutés, de riches wroupes réfléchssant d’une mamière heureuse les scènes

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la nature qui l’enfouraient. Comme il connaissait assez imparfaitement les procédés techniques de la peinture, on préfère en général ses dessins à ses tableaux. Vers la fin de sa vie, il était devenu trop faible de santé pour pouvoir beaucoup travailler. 11 mourut à Rome, le 12 janvier 1839 ; six mois auparavant, l’empereur d’Autriche lui avait accordé une pension.

ROCK (CnarLes-PAUL DE), fils d'un banquier hollandais, mort sur l'échafand pendant la terreur, est né à Passy près Paris, en 1794, etavait été destiné à suivre la carrière de son père; mais la démangeaison d'écrire, qui le tourmenta dès l’âge de dix-sept ans, lui révéla sa véritable vocation, et à partir de ce moment il la suivit sans se laisser décourager par les obstacles. Sur le refus des libraires de prendre à aucun prix son premier roman, L'Enfant de ma Femme (1812, 2 vol. in-12), il dut le faire imprimer à ses frais ; mésaventure qu'éprouva aussi plus tard M. EugèneSue. M. Paul de Kock écrivit coup sur coup cinq mélodrames pour les théâtres du boulevard et quelques petits actes pour l'Opéra-Comique. Mais c’est dans le roman consacré à la peinture des mœurs de la petite bourgeoisie de Paris qu’il devait réussir et se faire un nom, à bon droit populaire En effet, la grisette a trouvé en lui un peintre aussi ingénieux que fidèle. On voit qu'il s’est livré à cet égard à une étude approfondie des petits mystères de la vie parisienne. Son esprit est souvent de si bon aloi, et il a toujours tant de gaieté, tant d’entrain dans ses révélations, qu’on lui pardonne la monotonie de sa phrase, toujonrs coupée sur le même patron. D'ailleurs il n'affiche pas, comme certains romanciers modernes, la prétention de faire de l'art; il s'attache avant tout à amuser, et le plus souvent il y réussit. Les critiques à gants jaunes des revues et des feuilletons affectent pour son talent un mépris que M. Paul de Kock serait en droit de leur rendre à usure, s’il avait à apprécier la portée de leurs soporifiques dissertations. Que si à l'étranger certains juges se sont trompés sur les prétentions véritables de M. Paul de Kock, et s'ils ont voulu à toute force voir en lui l'un des principaux représentants de la littérature française contemporaine, il ne faut point le rendre responsable d’une méprise parfaitement pardonnable à Londres, à Vienne ou à Saint-Pétersbourg, attendu que les ouvrages de cet écrivain, en raison même de leur caractère, y obtiennent bien autrement de succès que des livres, moins attrayants pour le fond et la forme, mais plus solidement pensés et plus habilement écrits.

Nous ne donnerons pas ici la longue liste des romans de M. Paul de Kock, car elle resterait nécessairement incomplète. Contentons-nous de citer Georgette, Gustave, Mon voisin Raymond, Frère Jacques, M Dupont, SœurAnne, La Laitière de Montfermeil, La Maison Blanche, La Femme, le Mari et l’'Amant, Le Tourlourou , L'Amant de la Lune, etc., etc. En somme, il a été longtemps d’une fécondité ésale au moins à celle de M. Alexandre Dum as. Chaque mois, à cette époque, son inépuisable verve enfantait un volume. Nous avouerons d’ailleurs que nous sommes loin d’avoir lu tous les ouvrages dé M. Paul de Kock ; nos observations critiques ne peuvent donc s'appliquer qu’à ses principales productions. Parlois il s’autorise de l'exemple de Molière pour cie: les choses assez crûment par leur nom. On lui a reproché d’avoir été irrévérencieux envers le public en donnant pour titre à un de ses romans un qualicatif qui n’a plus cours dans la bonne compagnie. Or, c’est précisément de tous ses ouvrages celui qui nous a donné la meilleure idée des talents de ce romancier. La fable en est dramatique et pleine d'intérêt; le style en est aussi plus châtié qu'il n’entre dans les habitudes de l’auteur. Ce romancier est mort le 99 août 1871, à Paris.

Son fils, Henri ne Kock, a fait jouer plusieurs pièces sur les théâtres de Paris, et publié des romans médiocres,

KOECHLIN (Famille). Ce nom, populaire en Alsace, appartient à une famille de manufacturiers qui occupent un rang distingué dans l’industrie des toiles peintes.

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