KOECHLIN — KOENIG
Samuel KoGaLin, né en 1719, à Mulhouse, y établit en 1745, avec Jean-Henri Dollfus et Jean-Jacques Schmaltzer, la première manufacture d’indiennes connue. JL mourut en 1771. ;
Jean Kœcuun, l'aîné de ses fils, continua d’abord les travaux de son père ; puis, de concert avec un de ses beauxfrères , il fonda dans sa ville natale une école supérieure de commerce, qu’il dirigea lui-même.
Nicolas Koœcauw, son fils, né en 1781, est le créateur de l'important établissement connu, depuis 1802, sous son nom. Quand , en 1814, les alliés envahirent le sol français, Nicolas Kœchlin mit à la disposition de l’empereur divers membres de sa famille, et entra lui-même dans l'état-major du général Lefèvre. En 1815 il essaya même d'organiser la guerre de partisans dans les Vosges. flu député en 1826, il alla se placer à l'extrême gauche, et fit partie de cette courageuse minorité des sept qui sous le ministère Villèle lutta si vaillamment pour la défense des libertés publiques. Les électeurs lui renouvelèrent leur mandat après la révolution de Juillet ; mais il y renonça en {841, pour se livrer tout entier à la construction du chemin de fer de Strasbourg à Bâle , la première grande ligne de voie de fer qu’ait eue la France. Si la partrriginairement faite dans cette affaire aux entrepreneurs parut tout à fait être celle du lion et donna lieu à de nombreuses accusations, on ne peut nier que l’achèvement de cette entreprise n’ait eu du moins un bon résultat, celui A’exciter les capitaux à se lancer dans ces opérations. Fondateur du nouveau quartier de Mulhouse, il fit don à la ville de l'édifice principal de ce quartier , qui sert de local à la Société Industrielle, à la chambre de commerceet à la Bourse. Ce grand industriel mourut à Mulhouse, le 15 juillet 1852.
Jacques Korcauin, frère et assucié du précédent, a, comme lui, défendu avec courage son pays contre l'étranger et ses libertés contre les tendances de la Restauration. Après avoir été élu deux fois maire de Mulhouse, il vint, en 1820, siéger à l'extrême gauche de la chambre des députés, et eut en 1822 le courage de signaler à la France, par la voie de l'impression , les menées infâmes qui avaient fait tomber dans un piége le colonel Caron et gravement compromis le repos de l'Alsace. Pour ce fait, déclaré calomnieux, il fut condamné à six mois de détention et 5,000 fr. d'amende, qu’acquitta une souscription patriotique. Réélu député pour Ja dernière fois en 1824, il se retira de la vie publique en 1826, et mourut à Mulhouse, le 16 novembre 1834.
André KoEcain, parent des précédents, né en 1789, se mit en 1818 à la tête de la maison Dollfus-Mieg et compagnie. Sous son habile direction, cette maison, qui embrassait la filature, le tissage et l'impression des toiles peintes, continua à progresser ; et lorsqu'il en sortit, sa fortune lui permit de fonder un nouvel établissement non moins considérable, auquel il donna son nom, et qui s’occupe de la construction des machines. Maire de Mulhouse en 1830, il donna dans (ette ville une grande impulsion à linstruction publique. Élu député de larrondissement d’Altkirch en 1822, il se rangea sous la bannière de Casimir Périer. Son premier mandat législatif finit à la dissolution de 1834 ; mais il rentra dans la chambre en 1841. En 1846 il échoua à Mulhouse, mais fut réélu à Altkirch, et siégea jusqu'en 1848. Il mourut le 18 avril 1871, à Mulhouse, Sa maison obtint, en 1855, une grande médaille d'honneur à l’exposition universelle.
ROERKROER ( Bernarn-CorNÉLIUS), l'un des plus remarquables peintres de paysages de l’école hollandaise mo-
ne, fils d’un peintre de marine, est né en 1803, à Middelbourg, en Hollande. Une vocation décidée le porta vers la peinture du paysage, et pendant les trois années de séjour qu'il fit à Amsterdam, les grands maîtres que la Hollande a produits en ce genre lui servirent d'exemples et de modèles. Parmi les paysagistes hollandais vivants, ceux dont il s’appropria surtout la manière sont Schelfhout et Van-Oos. Ses toiles sont extrêmement recherchées. Le caractère distinctif de ses productions , c’est Pextrême fidélité avec laquelle il
éd
reproduit la nature, jointe avec une rare poésie de composition. Si sous le premier de ces rapports il se montre le digne continuateur de la tradition des grands maîtres de l'école hollandaise, ii l'emporte sur eux en ce qui est de la plénitude et de la poésie de l'invention, comme aussi de l'originalité de l'exposition, qui reproduit avec la plus merveilleuse exactitude les moindres détails de la nature et leur prête un caractère parliculie . Cet artiste est mort le 5 avril 1862, à Clèves, où on lui doit la création de Pécole de dessin existant dans cette ville. En 1841, il a fait paraître à Amsterdam des Souvenirs et communications d’un peintre de paysages, ouvrage écrit en allemand. KOENIG (Frépénic), inventeur de la presse m écanique, naquit le 17 avril 1775, à Eisleben (Saxe prussienne), etentra à l’âge de quinze ans comme apprenti com: positeur et pressier dans l’officine de Breitkopf à Leipzig. Son apprentissage terminé, il employa la petite fortune que sa mère lui légua en mourant, pour fonder une librairie dans sa ville natale. Son commerce n’ayant point réussi, il alla travailler de son état successivement à Vienne, à Saint- Pétersbourg et à Londres, où il arriva en 1806. Connaissant tous les inconvénients de la presse à bras, Kœnig avait toujours été préoccupé de l’idée d’y remédier ; et à cet effet il avait pendant longtemps étudié les mathématiques et la mécanique. Il n’avait donc pas tardé à essayer de construire une presse mécanique ; mais en Allemagne comme en Russie on tint son idée pour inexécutable, et il ne trouva nulle part d’appui pour la réaliser. Ce fut Seulement à Londres, en 1807, qu'il parvint à traiter avec l’imprimeur Th. Bensley, qui consentit à faire toutes les avances de fonds pour exécuter la machine dont il avait tracé le plan et prendre les brevets nécessaires. Un peu plus tard, Richard Taylor et Georges Woodfall, imprimeurs à Londres, entrèrent également dans l'association. On prit alors successivement divers brevets d'invention à l'effet de s'assurer l’exploitation exclusive du marché anglais pendant un certain nombre d'années, et on construisit plusieurs machines. Le premier brevet, pris le 29 mars 1810, est pour une presse imprimant au moyen de deux tables placés horizontalement comme dans la presse à bras. En avril {811 on imprima avec une machine de cette espèce une feuille de l’Annual Register pour 1810, incontestablement la première partie d’un livre qui eût encore été imprimée à l’aide d’une machine. Le second brevet, en date du 30 octobre 1811, avait pour objet la presse simple à cylindre ; letroisième brevet, en date du 23 juillet 1813, mentionnait divers perfectionnements apportés à l'invention. Les résultats obtenus à l’aide de la machine simple à cylindre furent si satisfaisants, que J. Walter, propriétaire du Times, commanda aussitôt à la société deux doubles machines, qu’il fit disposer avec une machine à vapeur dans Printing-House-Square; et le 29 novembre 1814 elles tirèrent pour la première fois le Times. Un article placé ce jour-là en tête du journal porta l'invention à la connaissance du public. On vit ensuite se succéder rapidement divers perfectionnements importants, basés sur les principes décrits dans le quatrième brevet, en date du 24 décembre 1814, relatif aux moyens d'obtenir d’un seul coup une feuille tirée verso et recto. Une machine de ce genre fonctionnait dès le mois de février 1816 dans les ateliers de Bensley et fils à Londres ; et le premier livre complétement tiré à la mécanique fut la seconde édition de Ja traduction anglaisedes Éléments de Physiologie de Blumenback, par Elliotsson. Des mésintelligences graves survenues entre Kænig et Bensley ainsi que ses autres associés le déterminèrent plus tard à renoncer au bénéfice des brevets pris en Angleterre et à s’en revenir en Allemagne avec son fidèle ami Bauer, qui l'avait activement secondé dans tous ses travaux. Ils s’associèrent alors tous deux de nouveau; et secondés par l’intelligent roi de Bavière Maximilien L*, ils montèrent dans l’ancienne abbaye de prémontrés d’Oberzell, près de Wurtzbourg, pour la construction des presses mé caniques, de même que pour celle des machines à fabriquer
le panier continu, une usine pourvue de tous les ateliers nécessaires , tels que fonderie de fer, etc.; et bientôt il n’y eut presque plus de grande ville en Allemagne à laquelle ils n’eussent fourni une presse mécanique. Kænig mourut le 17 janvier 1833; mais son associé Bauer n’en continua pas moins les opérations de la société.
ROENIGSBERG , en polonais Krolewiec , chef-lieu du cercle du même nom dans la province de Prusse, la seconde canitale du royaume, est située sur le Pregel, qu’on y passe sur sept ponts, à 7 kil. de l'embouchure de ce fl uve, dans le Frische-Haff, et reliée par un chemin de fer à Berlin. Elle se compose de trois ouartiers distincts : la Vicille-Ville , le Lœhenicht etle Kneiphofe. En y comprenant 4 grands faubourgs, elle a 14 kil. de circuit; mais ce vaste espace comprend aussi un grand nombre de jardins, le grand étang du château avec ses charmants environs, et quelques champs. Fondée en 1256 et appelée Kænigsberg en l'honneur du roi de Bohême Ottokar, elle porte le titre de capitale, parce que de 1457 à 1595 elle fut la résidence du grand -maître de l’ordre Teutoniqueetplus tard celle des premiers ducs de Prusse. Elle possède vingt-et-une églises, dont une catholique, construite en 1616, une chapelle mennonite et une synagogne, et compte 112,123 habitants (1871), dont 3.000 juifs. Il y a peu de belles rues. La cathéd ale, qui a 95 mètres de long sur 30 de large avec une tour haute de 62 mètres et un superbe buffet d'orgues, mérite d’être visitée. On y voit les tombeaux des grands-mattres de l’ordre Teutonique et des premiers ducs de Prusse. L'université de Kænigsberg, fondée en 1544 par le margrave Albert Jer, duc de Prusse, comptait un siècle plus tard plus de 2,000 étudiants; en 1872 il y en avait 544, avec 70 professeurs. Elle eut pour premier recteur Sabinus, gendre de Mélanchthon; parmi les professeurs qui Pont illustrée on cite Bessel, Burdach, Fichte, Herbart et Kant. La bibliothèque de l’université contient au-delà de 220,000 volumes.
Quoique le Piegel ait ici de 20 à 23 mètres de profondeur, et puisse dès lors porter des bâtiments à trois ponts, les nombreux bas-fonds dont il est parsemé lorcent les bâtiments d’un tonnage un peu fort à s’arrêter à Pillau, port et place forte peu éloignée de son embouchure, Le commerce de Kœænigsberg était autrefois très-considérable; il à repris de l'importance dans ces derniers temps, mais la construction des navires y a sensiblement diminué, Quoique une décision de la Confédération germanique eût placé cette ville en dehors de l'Allemagne, ses habitants sont restés allemands de cœur et d'esprit. D’immenses travaux ont été entrepris pour transformer Kœænigsberg en place forte de premier ordre,
KROENIGSMARK (ManiE-AuroRE, comtesse pE), maltresse d'Auguste 11, roi de Pologne et électeur de Saxe, naquit vraisemblablement à Stade, vers 1673. Son père était fils aîné du feld-maréchal de Kænigsmark, mort en 1653, et mourut lui-même en 1693, au siége de Bonn, avec le grade de général au service de Hollande, Sa mère, femme distinguée à tous égards, était fille du célèbre feld-maréchal suédois Wrangel. Aurore unit de bonne heure de grands charmes physiques à de rares facultés intellectuelles, perlectionnées encore par une éducation des plus soignées ; et ayant eu dès son enfance occasion de vivre tour à tour à Stockholm, à Hambourg, à Hanovre, à Brunswick, ete, elle y apprit la vie du monde et les usages des cours.
La subite disparition ( 1694) et la mort mystérieuse de son frère (voyez l’article ci-après) furent le motif d’un voyage qu’elle entreprit à Dresde, et qui décida de sa destinée.
Le jeune comte de Kænigsmark laissait en mourant une fortune assez eonsidérable, dont héritaient ses deux sœurs, l'une mariée au comte de Lœwenhaupt et résidant à Hambourg, l’autre, Marie-Aurore, non mariée et demeurant, depuis la mort de leur mère, avec sa sœur ainée. Une partie de cette fortune était entre les mains de banquiers de Hans bourg, qui faisaient des diflicultés pour la rendre aux héris