‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 519 sur 522 · KOENIG —" KOENIGSMARK · texte numérisé non relu

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tières, faute par elles de pouvoir juridiquement prouver la mort de leur frère.

Ce fut pour triompher de ces chicanes que la comtesse Aurore de Kænigsmark, alors dans tout l’éclat de la jeunesse et de la beauté, se décida à entreprendre le voyage de Dresde, à l’effet de solliciter les bons offices de l'électeur Frédéric-Auguste en faveur des sœurs d’un homme qui avait été à son service. L'électeur ne l’eut pas plus tôt vue qu’il en devint éperduement épris, et Aurore, qui ne sut pas lui résister, devint mère en 1696, à Gosslar, d’un fils qui fut depuis le célèbre Maur ice, comte de Saxe. La passion de l'électeur ne tarda pas à s’éteindre; mais il conserva toujours pour la femme qui en avait été momentanément l’objet des sentiments d’estime et d'amitié. Sa beauté, son esprit, ses grâces toutes féminines, unies à des connaissances très-variées en ce qui touche les arts et les sciences, autorisèrent Voltaire à l'appeler La femme la plus célèbre de deux siècles. Après de longs efforts ayant pour but d’obtenir une honorable et paisible retraite dans le chapitre de Quedlimbourg, elle en fut nommée coadjutrice en janvier 1698, puis abbesse deux ans plus tard, Mais elle avait trop de mobilité dans l'esprit pour se condamner au repos de cette tranquille existence. Elle aimait à voyager et à changer de séjour. Aussi la voyait-on alternativement à Dresde, à Leipzig, à Breslau, à Hambourg, etc. Le plus célèbre de ses voyages fut celui qu’elle entreprit en Courlande, au quartier général de Charles XII, en 1702, avec une mission diplomatique d’Auguste II, à l'effet de déterminer ce prince à couclure la paix. La maréchale de Guébriant, elle aussi, avait été chargée au siècle précédent d’une négociation diplomatique. La mission de la comtesse de Kœnigsmark est donc le second exemple d’un négociateur en jupons que nous offre l’histoire de la diplomatie, Quoique l’opiniâtre Charles XII eût constamment refusé de recevoir la belle comtesse, les inutiles propositions de paix auxquelles elle avait servi d’intermédiaire ne laissèrent pas que de grandir son importance et sa réputation.

Après une existence singulièrement agitée, la comtesse de Kænigsmark finit ses jours dans un état voisin de la misère, mais emportant du moins l’espoir que son fils, récemment élu duc de Courlande, ne tarderait pas à être admis au nombre des souverains de l’Europe. Elle mourut des suites d’une douloureuse hydropisie, le 16 février 1738, à Quedlimbourg, où on peut encore voir aujourd’hui dans les caveaux du cloître son corps, en quelque sorte momifié, Il fant singu-

lièrement se défier des anecdotes qu’on trouve à son sujet dans La Saxe galante. Consultez Cramer, Mémoires de la Comtesse Marie-Aurore de Kænigsmark (2 vol., Quedlimbourg, 1836).

KŒNIGSMARK (PniLippe-C STOPHE , comte pe ), frère de la précédente, a laissé un Hola Célèbre dans l’histoire, à cause de sa fin tragique, dénouement mystérieux de tout un roman d'amour, qui vaut bien la peine d’être raconté. Né vers 1560, et colonel au servicede Suède, le comté de Kænigsmark arriva à la cour de Hanovre vers 1692.

Le prince électoral , qui fut plus tard roi d'Angleterre sous le nom de Geor ges 1°", avait épousé Sophie-Dorothée, sa cousine germaine, et fille du duc de Celle, La princesse était belle , et 1 emières années de son mariage furent heureuses. Mais le sombre EN 3 de l'époux l’emporta bientôt sur l'amour, et le rendit jaloux à l'excès; et la princesse électorale était la plus malheureuse des femmes, quand Kænigsmark arriva à Hanovre, Beau et bien fait, spirituel et empressé, il ne tarda pas à inspirer de l'ombrage Ps prince électoral, en même temps que les plus tendres s timents à la princesse. Celle-ci était trop malheureuse pour ne point accueillir avec sympathie les marques d’attachement que lui donnait Kænigsmark, et bientôt elle parlagea assez la passion qu'elle lui avait inspirée pour consentir à l'exécution du romanesque projet qu'il avait conçu de l'eneve et de la conduire en France, où elle eût embrassé la

| religion catholique, afin d'y trouver toute protection. Mais

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