‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 520 sur 522 · KOENIGSMARK — KOERNER · texte numérisé non relu

KOENIGSMARK — KOERNER

Georges 1°° faisait épier nos deux amants; et quand il se crut sûr de son fait, il nhésita pas à frapper les coupables. Sa vengeance fut atroce : d’après son ordre, le comte fut assailli le soir par quatre individus, dans un corridor du château, au moment où il sortait secrètement de l’apparte ment dela princesse, avec laquelle il venait d'arrêter les dernières dispositions de leur fuite commune. Ces quatre bandits le poignardèrent sur place, sans qu’il eût eu le temps de tirer son épée et de se défendre. Suivant les uns, ils trainèrent ensuite son cadavre jusqu’à l'égout le plus proche, et l'y précipitèrent. Suivant d’autres , ils se seraient bornés à désarmer le comte et à le conduire par devers le prince électoral, qui aurait froidement ordonné de jeter son rival tout vivant dans un four chaud. Cette tragique aventure eut un immense retentissement; et dans les diverses cours de l’Europe, la seconde des versions que nous venons de rapporter fut celle qui obtint ie plus généralement créance, Saint-Simon l’adopte comme vraie, et cite le fait comme acquis à l’histoire. Palmblad a publié la Correspondance du comte de Kænigsmark et de la princesse Sophie- Dorothée de Celle (Leipzig, 1847), d'après un manuscrit conservé, dit-on, en Suède, dans les archives de la famille de Læwenhaupt, alliée à celle des Kænigsmark.

ROENIGSTEIN, la seule forteresse qu’il y ait dans le royaume de Saxe, non loin des frontières de Bohème, bâtie sur un rocher à pic, élevé de 533 mètres au-dessus du niveau de l’Elbe, qui coule à ses pieds, mais qu’il ne domine pas complétement , en raison de son extrême élévation. On ne parvient à sa porte extérieure que par une espèce de chemin couvert. L'accès en est si escarpé, qu’il faut hisser les voitures pour les y faire arriver. Le plateau de ce rocher a environ deux kilomètres de circuit, et renferme, outre les bâtiments de service, un puits de 200 mètres de profondeur, qui, avec deux citernes, fournit l'eau nécessaire à la garnison. On y trouve aussi des jardins et un petit bois de sapins, où est placé le magasin à poudre de la forteresse. En cas de besoin, il y aurait assez de terre arable pour produire les objets les plus indispensables à la consommation de la garnison. Les approvisionnements de vivres qu’on y réunit sont déposés dans des magasins taillés dans le roc et si parfaitement secs, qu’ils s’y conservent pendant trois années. La construction de cette forteresse, qui sert aussi de prison d'État, fut commencée en 1589, sous le règne de l'électeur Chrétien I°'; mais elle ne fut complétement achevée qu’en 1731. L’arsenal , las casemates, la chapelle et les caves méritent d’être vus.

KROEPRILI, KIUPERLI ou KUPRULI, nom d’une famille de grands-vizirs ottomans.

KŒPRILI (Méaémer), grand-vizir, de l'an 1656 à l'an 1661, petit-fils d’un Albanais qui était venu s’établir en Asie Mineure, naquit en 1585, à Kæpri, d'où son surnom de Xæprili. D'abord marmiton, puis cuisinier, Méhémet, vigoureux, adroit et spirituel, parvint peu à peu à se faire nommer grand-écuyer du grand-vizir Kara-Mustapha. Après avoir fait avec lui la campagne de Chypre, il fut nommé gouverneur de Damas, se distingua en cette qualilé dans une guerre contre la Perse, et administra son gouvernement avec autant de justice que de douceur. Toutefois, il ne tarda pas à être destitué, et vécut alors sans emploi à Kœæpri jusqu'au moment où le grand-vizir Méhémet l’emmena avec lui à Constantinople, et où il fut recommandé à la sultane Validé, toute-puissante sur l'esprit de son fils, encore mineur, le sultan Mahomet IV, comme l'homine qui pouvait sauver l’empire. Kæprili à ce moment était déja un vieillard de soixante-dix ans; et quoiqu'il ne sût ni lire ni écrire, il accepta, le 15 septembre 1656, le sceau de l'empire comme grand-vizir, à la condition qu’on aurait en lui une confiance sans réserve. Après avoir mis un frein à l'esprit de persécution des orthodoxes fanatiques, chassé de leurs places et puni tous les fonctionnaires indignes. et fait exécuter les auteurs de la dernière révolte, déployant à cette occasion la plus inexorable sévérité, il

se mit en personne à la tête de l’armée et de la flotte, attaqua les forces navales de Venise, conquit Ténédos, Mételin et Lemnos, envahit la Transylvanie et étouffa des insurrections en Asie et en Égypte. I rétablit la discipline, bumilia les janissaires, couvrit les frontières de l’empire par de nouvelles places fortes, les Dardanelles par de nouveaux ouvrages, et remplit le trésor du grand-seigneur au moyen de confiscations et surtout en rétablissant l’ordre dans les finances. 11 réussit à relever la considération de la Porte à l’étranger, et sut même la défendreen négociant avec les envoyés de Louis XIV. Sa politique était habile etrusée, son caractère dur et rapace, sa Conduite prudente et ferme, mais impitoyable. 11 mourut à Andrinople, le 31 octobre 1661.

KŒPRILI (Acumer), son fils, né en 1626, lui succéda dans les fonctions de grand-vizir. Il avait été élevé avec soin pour devenir ouléma ; mais plus tard son père l'avait nommé gouverneur d'Erzeroum, puis de Damas; et par une heureuse expédition contre les Druses, il s'était acquis la confance du sultan. Savant, doux et juste, politique habile, enfin vainqueur dans les campagnes de Hongrie, de Crète et de Pologne, par la prise Ge Neuhæusel, de Candie et de Kaminiec, ainsi que par les traités de paix de Vasvar, de Candie et de Zurafna, Achmet Kœæprili administra, plus longtemps qu'aucun autre vizir avant lui, l'empire, qu’il pacifia et agrandit. Toutefois, une série de sanglantes exécutions souillèrent les premières années de son administration. Il perdit aussi la bataille de Saint-Gothard, livrée le 22 juillet 1664, contre Montecuculi, ainsi que celle de Choczim, livrée le 11 novembre 1673, contre Jean I II Sobieski. Pendant son administration, la littérature turque pritun remarquable essor. Il vint en aide aux poëtes ef aux savants, et les sciences l’accompagnaient jusque dans les camps. La bibliothèque publique qu’il fonda témoigne encore aujourd’hui de son instruction. Il mourut en se rendant au camp d’Andrinopie, le 30 octobre 1676, des suites d’une hydropisie, résultat de l'usage immodéré des boissons alcooliques.

KŒPRILI (MusraruA), frère du précédent, fut nommé kaïmakan en 1689, lors de la révolution qui précipita du trône Mohammed, et bientôt après, le 7 novembre 1689, grand-vizir par Soliman 111. Homme instruit, de mœurs et de principes sévères, et politique habile, il rétablit l’ordre à Pintérieur et la dignité dans les relations avec l'étranger, quoiqu'il ne fût pas capitaine. Il périt le 19 août 1691, à la bataille de Szalankamen.

KŒPRILI ( Amoupya-ZADEu-HUSSÉIN), Cousin du précédent, fut nommé en 1697 grand-vizir, après la déroute que Mustapha IT essuya à Zentha, et conclut, en 1699, la paix de Karlowitz. Généreux à régard des pauvres, protecteur des sciences et des lettres, il appela aux principales fonctions de l’État des hommes instruits et partageant ses idées. Sa politique était modérée et pacifique. Se sentant malade, et d’ailleurs contrarié par l'opposition faite à toutes ses mesures par le muphti, il donna sa démission le 5 octobre 1702, etmourut quelques jours après, dans sa maison de campagne,

ROERNER (TnéoporE), que l'Allemagne a nommé son Tyrtée, naquit à Dresde, en 1791. Son père, qui exerçait les fonctions de conseiller à la cour d’appel et entretenait des relations suivies avec Gœæthe et Schiller, voulut être le premier précepteur de son fils. I] était bien en état de le diriger dans ses études. Le jeune Kœærner manifesta de bonne heure des dispositions prononcées pour la science et la poésie. 11 entra d’abord à l’École des Mines de Freibere, et conserva toujours un doux souvenir du temps qu'il avait passé dans cet établissement. En 1810 il alla suivre les cours de l’université de Leipzig. C’est de là que datent ses premières poésies : poésies légères, inachevées, qui accusaient encore l’inhabileté de lartiste et la précipitation du travail, mais qui ne manquaiont parfois ni de grâce ni . d'énergie. Peu à peu l'amour de la poésie l'emporta sur celui de la science. Kærner garda au fond du cœur une prédilection particulière pour l'étude de la minéralogie ; mais il se sentait appelé à suivre une autre route, et il voulut

la suivre. Bientôt, par une de ces erreurs dans lesquelles sont souvent tombés des hommes de talent, il pensa que pour devenir vraiment poête, pour produire des œuvres d'imagination, il était fort inutile d'assister aux graves leçons de ses professeurs. Il s’abandonna donc à tous ses accès de verve, à tous ses caprices. Il fit si bien qu’un beau jour il fut obligé äe quitter l’université. Il se retira à Berlin, avec le repentir de ses folies d'étudiant, mais plus décidé que jamais à poursuivre sa carrière littéraire. De Berlin il alla à Vienne. Là il fit représenter quelques pièces, qui eurent du succès. Un des grands théâtres chercha à se l’attacher, et il reçut du gouvernement le titre de poëte royal dramatique, titre qu’en France nous ne connaissons pas, mais qui en Allemagne est très-recherché. Le temps que Kœrner passa à Vienne est la plus belle époque de sa vie. Il venait enfin de produire ses œuvres. Le public l’avait encouragé. Il se sentait plein de force et d’ardeur ; et, après avoir joui avec ivresse de ses premiers succès, il en rêvait d’autres plus grands encore. Enfin, il aimait, et il était prêt à se marier. La guerre éclata, la guerre de 1813. Kærner, ensrainé par son patriotisme, abandonna son théâtre, sa fiancée, et vintse joindre, comme volontaire, aux chasseurs de Lutzow. Le colonel le prit pour aide de camp , et Kærner le suivit avec bravoure dans toutes les mêlées. C’est alors qu’il se révéla en lui une faculté de poésie lyrique dont il n'avait pas encore jusque là compris toute l'énergie. Au milieu de cette vie aventureuse du soldat, de ces batailles fréquentes, de ces agitations continuelles, une grande pensée le préoccupait toujours : il songeait à son pays humilié, asservi par une armée étrangère. Il songeait aux douleurs de l’Allemagne et à son affranchissement, et il chantait pour obéir à ses rèves patriotiques. Il chantait pour encourager ses compagnons d'armes, pour les animer avant le combat, pour les consoler après une d‘faite. Ses chants étaient aussitôt recueillis, Ils passaient de bataillon en bataillon, de régiment en régiment, et électrisaient les esprits. Mais celte vie si poétiqueet si dévouée ne devait pas durer longtemps. Kærner voulait se distinguer par son courage comme par ses vers. Il n’était point de ces hommes qui regardent de loin le combat, le célèbrent à tête reposée, à l’abri de toute crainte et de tout péril. II écrivait le sabre au côté, au bruit du clairon, à la lueur des feux du bivouac, et quand il quittait la lyre, c'était pour monter à cheval et s’élancer au-devant de l’ennemi. À l'affaire de Kitzen, il reçut une blessure grave, et peu s’en fallut alors qu’il ne tombät entre les mains de l'ennemi. Des paysans le sauvèrent, et il trouva un asile chez un de ses amis. A peine guéri de sa blessure, il alla rejoindre son régiment à Tæplitz. Il y avait eu une trève entre les Allemands et les Français, mais elle venait d’expires. Kærner combattit de nouveau, et le 23 août 1813, sur la route qui conduit de Schwerin à Gadebusch, il fut frappé d’une balle, et mourut sur le coup. Une heure avant le commencement du combat il avait achevé et il avait lu à quelques-uns de ses compagnons d’armes ce dialogue du Soldat et de l’Épée, qui est devenu si célèbre en Allemagne : « Épée qui reposes à mon côté, pourquoi ta lame brillante me sourit-elle ainsi? Tu me regardes avec amour. Voilà ce qui fait ma joie. Hourrah! — Un brave cavalier me porte. Voilà pourquoi je souris. Je défends l’homme libre. Voilà ce qui fait ma joie. Hourrah !'etc., etc. » — Kærner fut enterré au pied d'un chène, comme un vieux Germain, Sa mort causa une grande impression de douleur dans le régiment auquel il appartenait. Quelques jours après ses funérailles, un jeune officier qui l'avait beaucoup aimé s’élança au milieu d’une bataille en s’écriant : « Kœrner, je te suis! » et tomba couvert de blessures.

Les œuvres de Th, Kærner ont eu de nombreuses éditions Plusieurs de ses pièces de théâtre, telles que Ze Garde de Nuit, Toni, Rosamonde, La Fiancée, se jouent encore avec succès en Allemagne. On relit aussi avec piaisir ses élégies d'amour, ses premiers vers de jeunesse, Mais Kœrner a eu le sort de bien des poëtes, qui, après avoir

KOŒRNER — KOLA

longtemps cherché leur place, après s'être essayés sérieusement à différents travaux, trouvent tout à coup, par une sorte de révélation imprévue, l'instrument oublié qui semblait les attendre et la corde qu’ils devaient faire vibrer. Sa véritable gloire ne repose ni sur ses drames ni sur ses comédies, mais sur ses trente-deux chants patriotiques, recueillis sous le titre de : Leier und Schwert (la Lyre et l'Épée). Ces chants ont acquis ce qu’il y a de plus difficile à acquérir de nos jours, la popularité. Les Allemands les répètent encore avec enthousiasme, et l'étranger ne les entend pas sans émotion. Xavier MARMIER.

KROEROESI. Voyez Csowa.

ROETHEN, capitale du duché d’Anhalt-Kæthen, avec de jolis environs, compte 12,500 habitants (fin 1871), dont plus de 300 juifs. On y trouve un château, deux églises protestantes et une église catholique, une synagogue‘, un gymnase, une école industrielle, un séminaire pédagogique, et divers autres établissements d'instruction publique ou de charité. Le couvent des frères de la Miséricorde, fondé en 1828, par le duc Ferdinand, a été supprimé en 1832 et transformé en école gratuite. Station du chemin de fer de Leipzig à Magdebourg, et de Berlin au pays d’Anhalt, la ville de Kæthen a beaucoup gagné dans ces derniers temps.

ROHARY , l’une des plus riches familles de magnats hongrois, fut élevée au rang de prince en 1816, et s’éteignit

dans sa lignée masculine avec le prince Francçois-Joseph, né le 7 septembre 1766, mort le 27 juin 1826. De son mariage avec la comtesse Marie-Antoinette de Waltenberg, il laissait une fille unique, Antoinette, née le 2 juillet 1797, qui épousa, en 1816, le duc Ferdinand de Saxe-Cobourg, né en 1785, mort le 27 août 1851, avec le grade de général de cavalerie au service d'Autriche , et de qui elle a eu quatre enfants : Ferdinand, né en 1816, veuf de dona Mr, reine de Po tugal, et régent du royaume pendant la miuorité de don Pedro V; Auquste, né en 1818, général au service de Saxe, qui à épou-é en 1843 une fille de Louis- Philiope, la princesse Clémentine; Victorià, née en 1822, mariée en 4840 au du: de Nemours, et morte le 10 novembre 1857; et Léopold, né en 1824, major au service autrichien, La duchesse Antoinette, leur mère, est morte le 25 septembre 1862.

KOH-I-NOOR, c'est-à-dire montagne de lumière, nom d’un gros diamant appartenant aujourd’hui à la couronne d’Angleterre, qui le possède depuis la conquête de Lahore. Rundjet-Singh le portait habituellement au bras gauche et quelquefois au pommeau de la selle de son cheval. Taillé d'abord au poids de 186 carats -, il figura à l’exposition de Londres en 1851; mais il gardait quelques nuages, et s’il brillait au soleil, il paraissait sans éclat quand l'atmosphère élait sombre. On le soumit à une nouvelle tailie, en 1852; et après un travail de trente-huit jours, il est devenu parfait, quoique mince, mais d’une grande étendue, pesant encore 122 carats 2. On estime sa valeur à 83,232 livres sterling (2,080,800 fr. ) L. Louver.

KOLA, ville du gouvernement d’Archangel, dans une contrée âpre et sauvage, située tout à l'extrémité nord de la Russie d'Europe, et après Wardoë en Norvège la ville la plus septentrionale de l’Europe, est située entre la Kola et son affluent la Tuloma, à peu de distance de son embouchure dans la mer Glaciale du Nord, et pourvue d’un port sûr et spacieux, le port Sainte-Catherine, C’est le cheflieu de l’ancienne Laponie russe, et parmi ses 800 habitants on compte beaucoup de Lapons et quelques Finnois, dont la pêche de la baleine, du morse et du cabillaud constitue la principale ressource. Un vaisseau anglais l'a brûlée en 1854

On donne aussi le nom de Æola à toute la grande presqu'ile qui s'étend entre la mer Glaciale, la mer Blanche et le golfe de Kandalaski, et dans la partie nord-ouest de laquelle se trouve la ville dont nous venons de parler. Elle a 35 myriamètres de long de l'ouest à l'est, et 40 de large du nord au sud, Sa superficie est évaluée à 1,200 myriamètres carrés,

KOLBAK — KOLLIN

KOLBARK. Voyez CoLsacr.

KOLBERG (Lande de). Voyez FEMERN.

KROLEAH. Voyez CoLÉAn.

KOLETTIS (Joannis), homme d’État grec, né en 1788, à Syrakos, petite ville aux environs de Janina, étudia la

médecine en Italie, et revint exercer cet art dans son pays, |

après avoir été reçu docteur à l’université de Bologne. Médecin d’Ali-Pacha de Janina, il faisait partie de l’Létairie, fondée par Rhigas, et fut un des premiers à répondre au cri de liberté qui se tit entendre en 1821. L’insurrection p’ayant pas pu tenir en Épire, il se réfugia la même année en Péloponnèse, oùil fit cause commune avec les hommes qui voulaient constituer un gouverneur central, en opposition au parti militaire. Député au congrès d'Épidaure, il signa, le 1er janvier 1822, la déclaration d'indépendance de la Grèce. Il fut nommé alors ministre de l’intérieur, et plus tard exarque d’Eubée, où il remporta une brillante victoire sur les Turcs à Karystios, et en 1824 membre du conseil exécutif. À partir de ce moment Kolettis, esprit supérieur, mais dévoré d’ambition, exerça sur les affaires de la Grèce une certaine prépondérance, dont il se servit, d’accord avec Joannis Gouras, chef de Rouméliotes fortinfluent, pour combattre le parti oligarchique du Péloponnèse, à la tête duquel se trouvait Kolokotroni. On a été jusqu’à l’accuser d’avoir fait assassiner Odysseus. Il ne tarda pas d’ailleurs à devenir l’un des principaux meneurs du parti français, surtout à partir de 1824 et de 1825, et à se poser en adversaire passionné de Maurocordatos, chef du parti anglais. Dès lors l’antagonisme de ces deux hommes politiques continua sans interruption. Vers la fin de 1826 et le commencement de 1827, ce fut sur Kolettiset Karäïsca kis que pesa tout le poids de la direction des opérations militaires dans l’est de la Grèce. Au printemps de 1827, il joua un rôle des plus actifs à assemblée nationale de Trézène, où Capo d’Istria fut élu président de la Grèce. Ce dernier appela Kolettis à faire partie du Panhellénion, et le chargea en même temps de l’organisation des troupes irrégulières de la Roumélie. Maïs Kolettis ne servait les intérêts du président qu’autant qu'il les jugeait identiques avec ceux de la Grèce; et dans les derniers temps de l’administration de Capo d’Istria , il fit même partie de l'opposition comme sénateur.

Après l'assassinat du président, Kolettis, nommé membre du gouvernement provisoire avec Kolokotroni, son ennemi mortel, et Augustin Capo d'Istria, prit parti, vers la fin de 1831, pour l’opposition rouméliote, avec l’appui de laquelle il contraignit, en avril 1832, Augustin Capo d’Istria à donner sa démission. Il fut appelé alors à faire partie de la commission mixte qui gouverna le pays jusqu’à l’arrivée de l’administration bavaroise. L'un des premiers à acclamer le roi Othon, il fut d’abord nommé par ce prince ministre de l’intérieur et président du conseil, puis ministre plénipotentiaire à Paris, en 1835. Les événements survenus en Grèce en 1844 l’y firent rappeler pour prendre le portefeuille des affaires étrangères et. la présidence du nouveau cabinet constitué le 18 août 1846. C'est dans l'exercice de £es fonctions que.la mort vint le surprendre, en septembre 1847. Élève des doctrinaires en politique, Kolettis, pour se faire une majorité dans la chambre des députés, n’hésitait

point à employer la corruption; etles déplorables résultats |

de son système se font encore sentir aujourd’hui.

KOLLIN ou KOLIN, petite ville de Bohême, à environ 5 myriamètres à l’est de Prague, sur les bords de l’Elbe et sur la route de Vienne, compte près de 8,000 habitants et est généralement bien bâtie. Elle est célèbre par la bataille qui s’y livra le 18 juin 1757.

A la suite de la bataille de Prague, Frédéric II y avait bloqué le prince Charles de Lorraine, ainsi qu’une partie de l'armée autrichienne , et canonnait la ville avec 55 pièces de grosse artillerie. De son côté, D a u n avait reçu des renforts qui portaient l’effectif de ses troupes à 60,000 hommes, et manifestait l'intention d'occuper Prague. Pour anéantir encore une fois l'espoir que les assiégés nouvaient fonder

BIGT. DE LA CONVERS, — Te XI,

sur cette diversion, le roi de Prusse, après avoir détaché 12,000 hommes de l’armée d'investissement et les avoir

: réunis avec d’autres troupes au corps chargé, sous les ordres

du duc de Bevern, d'observer Daun, marcha contre l’ennemi avec son armée, forte à ce moment de 32,000 hommes, et le rencontra sur les hauteurs de Kollin, dans une position suffisamment défendue par des fondrières, des ravins et des plaines marécageuses. La droite de l’armée autrichienne s’appuyait sur Krezezor, la gauche sur Brzesan, et le corps du général Nadasdy , à l'extrémité de l’aile droite , était séparé du corps principal par un profond ravin, à proximité duavet avaient pris position, dans un bois voisin, trois régiments de cavalerie légère saxonne, 1,000 cuirassiers autrichiens et quelques fantassins. Le roi de Prusse avait marché sur la gauche en ordonnant au général Hulsen de rejeter sur Krezezor l'aile droite des Autrichiens, qui avait fait un mouvement en avant, tandis que le reste de ses troupes continuerait à se porter sur la gauche et à attaquer l’ennemi, et que son aile droite, par un artifice de tactique bien connu et renouvelé des Grecs, soutiendrait la gauche, non pas directement, mais par un mouvement de retraite. Après un sanglant combat, le général Hulsen parvint enfin à s'établir sur les hauteurs de Krezezor, à chasser les Autrichiens de ce village et à s'emparer de la batterie qui s’y trouvait placée. En même temps, le général Zietnen, à la tête de la cavalerie prussienne, attaquait celle du général Nadasdy et la chassait assez loin pour l'empêcher de reparaître de toute la bataille. ;

Déjà Daun, inquiet du résultat de la journée, en voyant Hulsen se maintenir sur les hauteurs qu'il avait enlevées à laile droite des Autrichiens, avait envoyé un aide de camp parcourir les fronts des différents corps, avec ces mots écrits au crayon : « La retraite est sur Souchdol, » quand la fortune changea tout à coup pour lui. Le général Manstein, à l'aile droite prussienne, malgré des ordres formels, se laissa entraîner à tenter contre une division de Croates une attaque qui fit beaucoup de mal à ses troupes, et alors le prince Maurice de Dessau, entraîné par sa belliqueuse ardeur, accourut à son secours. Pendant cette mêlée, qui occupa longtemps les troupes des deux généraux, les bataillons placés à leur gauche continuèrent leur marche oblique. Il en résulta que la ligne de bataille des Prussiens se trouva dérangée, et offrit un vide à un moment où elle eût dû agir avec toutes ses forces et par un mouvement, parfaitement combiné contre l’ennemi qu’elle avait en face. Le commandant du régiment du prince Charles de Saxe, Benkendorf, venait de recevoir de Daun communication de l’ordre de retraite, et il avait gravi la hauteur voisine pour s'orienter. Remarquant alors la faute commise par les Prussiens, il s’écria : « L’ennemi approche : se retire qui voudra ! les braves me suivront! » Son régiment et les autres régiments saxons s’élancèrent à sa suite, et le régiment autrichien de Saint-Jagor vint rejoindre le reste de la cavalerie de Nadasdy. Enflammés d’ardeur, et dans l'espoir de venger la déroute qu’ils avaient essuyée douze ans auparavant, les Saxons se précipitent sur les Prussiens en s’écriant : « Voici la revanche de la bataille de Striegau! », massacrent ou font prisonniers tout ce qu’ils rencontrent, et jetent bientôt une extrême confusion dans les rangs de l’ennemi. A leur tour les Inpériaux reprennent courage, et font volte-face. En vain les Prussiens se défendent avec une froide intrépidité ; en vain Frédéric tente avec sa cavalerie une septième attaque contre l'ennemi, qui en a déjà repoussé six, force lui est d’abandonner le champ de bataille avant le coucher du soleil

Ziethen et Hulsen couvrirent la retraite. Les pertes éfaient grandes des deux côtés. Celles des Autrichiens s’élevaient à 9,000 hommes. Les Prussiens avaient perdu 29 drapeaux, 43 pièces de canon et 13,773 hommes tués, blessés ou prisonniers. Cette victoire des Autrichiens eut pour résultat la levée du siége de Prague et l'évacuation de la Bohème par les Prussiens,

Frédéric IT, jusque alors tou jours victorieux, ne perdit pas

seulement ce jour-là une bataille, mais encore son prestige d’invincibilité ; toutefois, il se vengea de ces échecs dans lé courant de la même année par les célèbres victoires de Rossbach et de Leuthen.

. KOLOCHES ou KOLOSCHES. Voyez Inbrens.

KROLOKOTRONI (Tuéonore), l’un des héros de la lutte soutenue par lés Grecs pour leur indépendance, né le 3 avril 1770, en plein air, au voisinage d’un bourg de la Messénie, en proie alors aüx dévastations et aux massacres de Ja soldatesque turque, appartenait à l’une de ces familles grecques qui dans lés gorges et les fondrières inaccessibles de leurs montagnes continuaient de père en fils à protester contre la conquête et l’usurpation du Croissant. Son grandpère avait péri cruelleniént maässacré par les Turcs. Autant en advint, en 1789, à son père, chef célèbre et redouté d’Armatoles. Dès qu'il fut en âge de porter un iousquet, Théodore Kolokotroni déclara une guerre à tort aux 6ppresseurs de son pays, ét bientôt on le compta à son tour parimi les plus redoutables chefs de baridés d’Arinatoles. De bonne heure il avait rêvé l’affranchissement de la Grèce, qui ne cessa plus d’être lé but de toutes ses pensées et de tous ses eflotts. Obligé, en 1806, dé se réfugier à Zanté, il s’y lia avec la plupart des hommés qui devaient plus tard se faire un nom dans là guerre de l'indépendance, tout en continuant toujours d’éntretenir des relations suivies avec la Grèce. Bientôt il entra au service de la république des iles Joniennes , et parvint jusqu'au grade de colonél. Initié dès 1817 au but et aux projets del'hétairie, et prévenu en 1820 de la prochaine levée de boucliers d'Ypsilanti, il débarqua dans là Maïnä au coïnmencément de mars 1821. Dès lors il fut avec Pietro Mauromichalis l’un dés principaux chefs des insurgés , faisant preuve én toute occasion d’une inébranlable fermeté, d'üne bravouré extrême, et d’une grandé habileté dans l'exécution des plus audacieux projets. Au printemps de 1823, lé congrès d’Astros le noïnma commandant en chef du Péloponnièse, et même bientôt après vice-président du conseil exécutif. Mais la mésintélligence qui ne tarda point à éclater entre lui et ses collègues, Maurocordatos et Negri notamment, amena au seih du pouvoir exécutif les plus regrettables conflits. Kolokotroni et ses partisans eurent le dessous dans cette lutte : on le retint même prisonnier péndant quelques mois dans ün couvént de l'ile d'Hydra ; mais au printemps de l’année suivante (1826 ),.le sénat se vit dans la nécessité de lui rendre Ja liberté et de le placer à la tôte dés Pélopontiésiens, qui avaient pris les armes pour repousser l'invasion d’Ibrabim- Pacha. Au total, ce qu'il tenta alors contre le chef de l’armée égyplienne se borna pourtant à fort peu de chose, Le reste de l'année 1826 fut en effet reinpli par une régrettäble

et sanglante lutte qui éclata entré Kolokotroni et Grivas, le |

chef dés Rouméliotes. En 1827, lors des élections pour la présidence, il votä en faveur de Capo-d’Istria, dont l’un des premiers actes en prenant le pouvoir fut de le confirmer dans le commandement du Péloponnèse. Nommé membre du gouvernement provisoire après l'assassinat de Capo-d’Istria , il resta fidèle à la pensée politique dont celui-ci était l’expression, et dont Augustin Capo-d’Istria, son frère, devait être le continuateur. Depuis lors il ne cessa donc de faire l'opposition la plus passionnée au gouvernement établi en Grèce par les grandes puissances; et par suite de sa complicité dans une conspiration déjouée à temps, à la fin de 1833, il fut condamné à mort, en avril 1834; peiné qui, en considération des services rendus par lui au pays, fut commuée en vingt années de détention dans la forteresse de Nauplie, En montant sur le trône (1°* juin 1835), le roi Othon non-seulement lui en fit remise entière , mais encore lui rendit son grade de général dans l'armée, la grand’-croix de l'ordre du Sauveur et une place dans le conseil d'État, Kolokotroni inourut à Athènes, le 4 février 1843. Son fils, Gennaios Kororornont , aussi général, est mort dans la même ville, le 4 juin 1868,

KOLOWRAT, nom d'une riche et antique famille de

KOLLIN — KOMORN

Bohême. Sans parler des légéndes, on rétrouté des KGlowrat dans les événéments les plus réculés de l'Histoire de Bohême. Dans la guerre des hussites ét dans d'autfés Gir constances encore ils se montrèrent les zélés défenséuts dé le liberté religieuse et de l’iñidépendance politique dé leur pa: trie. Cette famille fut élevée en l'an 1590 au rang des barons dé l'Empire. Des nombreuses lignes dont elle $e com: posait autrefois, il ne subsiste plus aujourd’hui que les deux lignes de Æolowrat-Krakowski et Kolowrat-Liebsteinsky. La première obtint le titre de comte de l’Empire en 1669, et la seconde en 1701. La première de ces lignes se divise én trois branches : la branche aînée, celle de Brzenitz, qui a pour chef le comte Jean-Népomucène-Charles, né en 1795; la ligne moyentie, céllé de Radeñin, qui à pour chef le comte Philippe, né en 1789; la branche cadette, celle de Teinitzl, qui a pour chef lecomte Chdrles, né en 1800. La seconde ligne, qui n'avait d'autre représéntant que le comte François-Antoine, né eh 1778, et pendañt longtemps collègue de Mettertiich dans le cabinet autrichien, aveé le titre de tninisiré d'État, s’est éteinte avec lui, le 4 avril 1861. |

KOLY WAN, villk dwgouvernetent de Toimsk ( Sibérie), sur les rives de l’Ob et de la Berda, dans une âpre et sauvage contrée de montagnés célèbres par la richesse dé leurs mities d'argent, et qui sé rattachent au Système de PAItaï. On compte dans lé voisinage de Kolywan six mines d’argent, une mine de cuivre et une mine de fer, hais dont l6s produits ne peuvent arriver à Iékatéfinemburg qu’en pass sant par Tobolsk. La population de cette ville est d'environ 3,000 habitants, qui tous travaillent aux miriés ; aussi Koly: wan à-t-élle l'aspect le plus désert. ;

ROMANS, Voyez Cumaxs.

KOMORN (en Hongrois Æoïarom), éémitat de Hon: grie, borné au nord par ceux de Présbouré, de Neutra et dé Bars, au sud par céux de Grân ét de Weisseibourg; au sud par celui dé Vessprith, ét à l’ouest par cétix de Raah et de Présboürg, est divisé far lé Danübe en deux paities égales: Il contient 37 myÿriamètres Cartés, et Son Sol ëst un des plus productifs de la Hongrie. L'ile de ScAtü£t (en hongrois Csatokæsz ), formée jiar laréunioh di Danube et de là Waaë, passe à bon droit pour le grenier de l’archiduclié d’Autriché. Traversé pat le Danube, par la Waag et pär le Zsitva, le coiitat de Komorn ést, il ést vrai, exposé à dé fréquentés inondations ; mais, en revañche, c’ést à son riche systètné d'irrigation qu'il est redevable de sa fécondité extrême, grâce à laquelle il produit toutes les espèces de céréales en premières qualités ét en énormes quañtités, en même témps que différehits cours d’eau, le Dañube surtout, et la grande routé dé Vienheà Pesth, qui passé par Komorn, ÿ favo risent singulièrement les éxpéditions dh commerte, Parmi les principaux produits du cornilat dé Komorn il faut encore mentionner lé vin, qui sé récolte dans tous les villages dé l'arrondissément de Tata ; les célèbres vins dé Néssmely, entre autres, s'exportent äu loin. Viéhnent ensuite de rithes carrières dé marbre, dont l'exploitation océupe plusieurs centaines d'ouvriers. La pêché aussi est très-productivé, et donné lieu à une exportation considérable, On ekpiorte en outre des grains, du bois, dés bestiaux, des chevaux, de la laine, de la noix de galle, des vins et des marbres, Le commerce et l’industrie sont très-actifs , et la construction des bateaux ainsi que la navigation constituént les principales ressources des populations riveraines du Danube et de la Waag. La population, forte au total de 150,000 âmes, est complétement d’origine magyare, à l'exception de 5,600 Slovaques, de 6,100 Allemands et de 65 Grecs. Sous le rapport des cultes elle se divise én 51,026 réforinés, 5,543 tuthérions, 165 grecs, 4,874 juifs; l’autre moitié, de beaucoup la plus considérable , professe la religion catholique.

Ce comitat à pour chef-lieu Komonn, ville libre impé- “iale, située à l'extrémité de lle de Schütt, non loin de lernbouchure du Danube et de la Waag, sur la rive gauche du

| Danube, Ses édifices publics les plus fémairquables sont

KOMORN — KOSAKS

immense église Saint-André, l’église Saint-Jean avec des tours d'une grande élévation, l'église grecque avec sa flèche dorée, l'église des Franciseains, l'hôtel de ville. Mais la ville a beaucoup souffert, d'abord d’un grand incendie en 1847, puis des suites du siége qu’elle a dû soutenir en 1848 et 1849; et elle est encore aujourd’hui à peu près en ruines. On y compte 11,954 habitants (1857), tous d’origine magyare. Komorn est le centre d’un assez grand commerce et d'une industrie non moins active, et possède un collége satholique ainsi qu'un collége réformé, une caisse d'épargne, je société d'assurances pour la navigation, etc.

A environ 1,500 mètres de la ville, au confluent de la Waag dans le Danube, s'élève la forteresse de Komorn, entourée d'eau de trois côtés, construite par Mathias Corvin, et restaurée depuis 1805 au prix de sommes immenses, dont les fortifications et les ouvrages avancés s'étendent sur les deux rives du fleuve sur une longueur de 5 kilomètres, et qui pour être défendue exige au moins 15,000 hommes et 400 bouches à feu. Elle se divise en vieille et nouvelle forteresse, séparées par la ville de Komorn, qui se trouve comprise dans le système des fortifications ; dans ses immenses retranchements ee peut loger environ 30,000 hommes, plus 10,000 dans les casernes et autant dans les casemates, qui sont d’une solidité extrème. Cette place forte a de tous temps été regardée comme imprenable ; et la guerre de la révolution de Hongrie ne lui a pas fait perdre cette réputation. On se rappelle que, assiégée inutilement depuis le mois d'octobre 1848 jusqu’au mois de septembre 1849 par les Autrichiens, elle ne tomba entre leurs mains qu’à la suite d'une capitulation.

KRONG-FOU-TSE. Voyez Conrucius.

KRONGSBERG, ville de Norvège, dans l'évêché de Christiania, au milieu d’une étroite vallée formée par le Lauven, et au pied du Jonsknuden, haut de 933 mètres, siége de la direction des mines de Norvège et de la Monnaie royale, possède un collége, une manufacture d'armes à feu, une fabrique de drap, des distilleries d’eau-de-vie, et compte 4,500 habitants. Elle doit son origine aux mines d’argent qu’on y découvrit en 1623 , dont l'exploitation avait fini par être abandonnée, mais que l’on a reprise en 1815. En 1830 elles avaient produit 4,100 kilogr. d’argent fin ; en 1833 elles en donnèrent jusqu’à près de 22,000; mais en 1838 leur produit n'avait plus été que de 10,000 kilogr. Les mines les plus riches sont situées sur la rive occidentale du Lauven, dans la chaîne de Stor-Aasen, qui longe le fleuve dans la direction du sud au nord. On y trouve parfois des pépites d’un volume considérable; par exemple, én 1650, dans fa mine appelée la Bénédiction de Dieu, on en rencontra une pesant 102 kilog. ; en 1666, dans la mine de la RBonne- Espérance, on en rencontra une du poids de 253 kilogrammes, et en 1834, une de 360 kilogrammes. En 1853, on découvrit de nouvelles mines argentifères dans le voisinage de celles qui sont déjà exploitées, et même plusieurs gisements de quartz aurifère.

RONIEH. Voyez Icoxiun.

KROPHTES ou KOPTES. Voyez Copres.

RORAIS (Apamanrios), lun des plus savants hellénistes des temps modernes, connu en France sous le nom de Coray, naquit le 27 avril 1748, à Smyrne, et se livra dès sa première jeunesse à l'étude des langues anciennes et modernes. Mais pour complaire aux désirs de son père, qui était négociant, il alla passer Jes années 1772 à 1778 à Amsterdam, où il consacra aux sciences tous les loisirs que lui laissaient ses occupations commerciales. De 1782 à 1788, il étudia la médecine à Montpellier; puis, quand il eut perdu ses parents, il vint se fixer à Paris, où par ses travaux philologiques il ne contribua pas peu à donner une idée plus favorable des Grecs modernes et du travail de répayation morale et intellectuelle qui s’opérait au sein de cette nation si opprimée. Dès 1800 l’Institut couronnait son édition

de l'ouvrage d'Hippocrale, intitulé Ifepi &épwv, tôdruwv, torwv. |

Ses éditions de Xénocrate et de Théophraste achevèrent de le

placer au premier rang des philologues de son temps. 11 donna ensuite une traduction en grec moderne du traité de Beccaria Dei Deliltie delle Pene (Paris, 1802 ; 2e édit., 1823), qui produisit surtout une vive sensation parmi ses compatriotes . A ce travail se rattache un mémoire qu'il lut en 1803 à la Société des Observateurs de l'Homme, et qui était intitulé : De l’état actuel de la civilisation en Grèce. C'était pour la première fois qu'un tableau complet de la situation morale et intellectuelle des Grecs était offert au public. De 1805 à 1827, Koraïs donna, sous le titre de Bi6xo0ñen EMinuxé, vingt volumes d'anciens classiques grecs, avec notes et commentaires. Cette savante publication ne contribua pas peu à ranimer parmi ses compatriotes l'étude des lettres antiques. En même temps il s'efforçait d'arrêter la décadence et la corruption du grec moderne, en le purifiant autant que possible de tous éléments étrangers. Combattu d’abord avec passion, son système finit par l’emporter ; et le résultat de ses nobles efforts fut de relever la langue grecque de létat d'abaissement où elle était tombée. Trop âgé pour pouvoir prendre part, en 1821, à la lutte entreprise par ses concitoyens pour la régénération politique de la patrie commune, il paya sa dette à son pays en publiant divers écrits contenant des conseils et des avis, et en attaquant avec une énergie toute juvénile le système antinational de gouvernement et d’administration suivi par le président Capo-d’Istri a. Il lui fournit le sujet de deux dialogues, publiés en 1830 et 1831 sous le nom de Mavraciôns ; le deuxième fut publiquement brûlé, en 1832, à Nauplie, par ordre d’Augustin Capo-d’Istria, en mêmetemps que les plus terribles imprécations étaient proférées contre leur auteur. Koraïs mourut à Paris, le 6 avril 1833 , léguant sa riche bibliothèque au Lycée qu'on avait alors le

projet de fonder dans l'ile de Chios. l

KRORAN. Voyez Coran.

KORANAS ou KORAS. Voyez HoTTENTOTS.

RORDOFAN. Voyez CorDoran.

RORTRYK. Voyez CourTral.

KROSARS. On désigne sous cette dénomination des populations offrant beaucoup d’analogie avec les Russes sous le rapport dela conformation physique, des mœurs et de la langue, et se rattachant également à cette nation par les liens de la religion. En Russie on les appelle Kosaks. Ce mot Kosak étant d'origine turco-tatare (en ture il veut dire brigand , et en tatare un guerrier libre et armé à la légère), et les Kosaks eux-mêmes se donnant cette appellation, on a prétendu en conclure que les.Kosaks et les Tatares appartenaient à la même race, ou qu’il y avait tout au moins entre eux de grandes affinités. Il est toutefois incontestable que ce sont tout bonnement les descendants des anciens Russes de Novogorod et de Kief, auxquels il se peut que soient venus s'associer plus tard une foule de vagabonds de toutes races, pour faire la guerre au peuple dominant, ou bien aux usurpateurs étrangers, par exemple aux Polonais ef aux Tatares. Entourés de populations hostiles, il leur fallait être toujours prêts au combat ; et aujourd’hui encore le nom de Kosak implique l’idée d’un guerrier armé à la légère et toujours prêt à l’attaque.

Il existe deux tribus principales de Kosaks; les Kosaks Malorosses ou Petits-Russes, et les Kosaks du Don. C’est à la première, la plus sauvage et la plus féroce, qu’appartiennent les Xosaks Zaporogues, qui habitent aux environs des Porogi ou cataractes du Dniépr, de tous les Kosaks les plus pillards et les plus indisciplinés. L'autre grande tribu est celle des Kosaks du Don; et les steppes qu’elle habite forment une province particulière de la Russie méridionale, située au nord de la mer d’Azof et de la Caucasie, et bornée d'autre part par les gouvernements d’Astrakan, de Saratof, de Woronesch, de Charkof et d’Iékatérinoslaf, Elle contient une population de 1,010,135 âmes (1867), répartie sur ur espace de 2,000 myr. car., est divisée en 110 s/anitze, for- -mant les 8 districts d’Aksaï, de Mius, du Don (deux), de la Medwediza, du Donetz, du Choper et des Kalmoucks. Elle a pour chef-lieu Nowotscherkask, près de l'endroit où le

Don sost d’une longue chaîne de montagnes, haute de 150 mètres , siége du gouverneur, d’un évêque et du commandant supérieur de l’armée kosake, l’ataman ou hetman, avec une population de 22,000 âmes, une belle cathédrale et plusieurs autres églises, un collége, une école de cercle, un commerce assez actif et deux grandes foires annuelles,

C’est de cette seconde grande tribu què descendent les Kosaks du Volga, les Kosaks Tschernomori, ceux de la mer d’Azof, du Terek, de l’Oural et de la Sibérie. Le siége des Kosaks Tschernomori est Zékatérinodar, sur le Kouban, et situé déjà dans la région des steppes proprement dite. Ceux du Terek ont leurs quartiers à Zékatérinogrod , Mosdok et Bibljar. Uralsk, sur l’Oural etle versant sud du désert d’Obschtschéi, est la principale demeure des Kosaks de l'Oural; Azof, Rostof et Nachitschewan sont les siéges des Kosaks de la mer d’Azof. Ceux du Volga vivent dispersés dans les gouvernements d’Astrakan et de Saratof. Enfin, les Kosaks de Sibérie se sontétendus au loin jusqu'aux rives de l’Irtisch etdel'Ob, et même dela Léna. Le recensement gé-

néral opéré en 1851 portait le chiffre total des Kosaks, leurs familles comprises, à 1,144,916 têtes, On voit par là combien est encore grande la force militaire que possède la Russie dans ces sortes de troupes, quoique, avertie par leurs révoltes, autrefois si fréquentes, et notamment par le dangereux soulèvement qui éclata parmi elles en 1773, sous les ordres de Pougatschef, elle se soit attachée dans ces derniers temps à modifier essentiellement l’organisation militaire des Kosaks, afin de la rendre moins dangereuse pour elle-même.

ROSCIUSZKRO (Tuannée), le dernier général de la république de Pologne, lun «des plus nobles caractères des temps modernes, naquit en 1753, et suivant d’autres en 1743, à Siechnowice , dans la woiwodie de Brzese, et descendait d’une famille de Lithuanie, noble et ancienne, mais peu riche. Le prince Czartoryiski, témoin à Pécole militaire de Varsovie de son travail et des remarquables dispositions qu’il annonçait déjà, l’envoya à ses frais en France, où Kosciuszko étudia l’art de la guerre à l’École Militaire de Paris, et acquit une grande habileté dans les arts du dessin. A son retour, il fut nommé à un emploi de capitaine. Mais l’humiliation qu'il éprouva en demandant vainement la main de la fille de l'opulent maréchal de Lithuanie, Sosnowski, pour laquelle il avait conçu la passion le plus vive, et qui épousa ensuite le prince Joseph Lubomirski, le détermina à quitter de nouveau la Pologne. En 1777 il arriva à Paris, et ne tarda point à partir avec la flotte française envoyée au secours des insurgés de l'Amérique du Nord. Sous les murs de New-York et à Yorktown, où il fut blessé, il attira l’attention de Washington, dont il devint bientôt l'ami. L'ordre de Cincinnatus récompensa la bravoure dont il avait fait preuve dans la guerre de l'indépendance ; et il revint en Pologne en 1786 avec le grade de général de brigade. Il s’y déclara en faveur de la constitution du 3 mai 1791, qui avait pour but de mettre enfin un terme à linintelligent despotisme d’une vingtaine de grandes familles, d’annuler l'égalité d’un seul contre tous, le fameux liberum veto, et par suite de détruire les confédérations et les diètes confédérées. Ces changements, désirés par tout ce qu'il y avait d’amis sincères de leur pays et d’esprits droits, ne rencontrèrent d’autre opposition que celle des agents moscovites. De là cette lâche dissidence, cette infâme conspiration de Targowicz en Ukraine, où dix-sept traîtres se réunirent pour renverser la constitution; s’intitulant les représentants du pays, ils entrèrent en Pologne à la suite des armées russes, Décidée à défendre son œuvre, la diète investit le roi Stanislas d’une immense autorité ; et de toutes parts des bras se levèrent, Promu alors dans l’armée nationale au grade de général-major, Kosciuszko servit sous les ordres du prince Poniatowski. Dans la campagne de 1792, il défendit pendant cinq jours, à Dubienka, avec 4,000 hommes seulement contre 16,000 Russes, un poste qu'il n'avait eu que vingt-quatre ueures pour fortitier, etseretirasans avoir évrouvé degrandes

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