KOSAKS -— KOSCIUSZKO
pertes. Ce brillant fait d’armes fonda sa reputation militaire. Quand plus tard le roi Stanislas Poniatowski se soumit aux volontés de CatherineIl, Kosciuszko donna sa démission On lui intima alors l’ordre de sortir de Pologne, et il se retira à Leipzig. C’est à ce moment qu’un décret de l’Assemblée législative de France lui décerna le titre de citoyen français.
L’insurrection qui se préparait pour arracher la Pologne au joug de fer de la Russie rappela Kosciuszko sur les frontières de son pays. Quand elle eut éclaté, il arriva à Cracovie le 23 mars 1774. Aussitôt il se mit à la tête du mouvement, et adressa aux Polonais une proclamation pour les inviter à rétablir la constitution de 1791. Un corps de 6,000 Russes ayant alors envahi le territoire polonais, Kosciuszko n’hésita pointà marcher à sa rencontre rien qu’avec 4,000 hommes, dont le plus grand nombre n'étaient armés que de piques et de faux, sans une seule pièce de canon , et il battit l'ennemi à Raclawin. Il se rendit ensuite à Varsovie, où il s'efforça de modérer la fureur du peuple contre les prisonniersrusses, et où en même temps il organisa un gouvernement. Pendant plusieurs mois il réussit à résister avec 20,000 hommes de troupes régulières et 40,000 paysans mal armés à une armée prusso-russe, forte de 150,000 hommes. Il repoussa victorieusement l’assaut tenté contre Varsovie, et refusa lesoffres brillantes de Frédéric-Guillaume If; mais il finit par succomber à la supériorité écrasante d’une armée trois fois plus nombreuse que celle dont il disposait. A la fatale bataille de Maciejowice (10 octobre 1794), convert de blessures, il tomba de cheval en s’écriant: Finis Poloniæ ! el disparut dans la mélée, sous les pieds des chevaux des Russes. Il avait déjà reçu dans la journée une balle dans la cuisse et cinq à six coups de baïonnette sur les bras. Retrouvé le lendemain sur le champ de bataille par des officiers russes, comme il donnait encore quelques signes de vie, il fut transporté aux ambulances, et resta prisonnier de l'ennemi. Catherine le fit enfermer avec ses compagnons d'armes dans une prison d’État ; mais Paul 1°* leur rendit à tous la liberté, et donna même à Kosciuszko des preuves de son estime personnelle. L’empereur lui offrit sa propre épée ; mais Kosciuszko la refusa en disant : « Maintenant que je n’ai plus de patrie, je n'ai plus besoin d'épée!» et depuis lors effectivement jusqu’à sa mort il n’en porta plus jamais. L'empereur Paul lui fit don aussi de 1,500 paysans; dès qu’il eut franchi la frontière russe, non-seulement Kosciuszko refusa ce présent, mais encore, une fois arrivé à Londres où il s’étail rendu avec Niemcewitz en passant par la France, il renvoya à l’empereur la somme d'argent que celui-ci avait fait mettre à sa disposition. En 1797 il passa aux États-Unis, et chargé l’année suivante par le congrès d'une mission en France, il y reçut de tous les partis l'accueil le plus distingué. Ses com patriotes de l'armée d'Italie lui envoyèrent alors le sabre de Jean Sobieski, retrouvé en 1799 à Notre-Dame de Loreto,
Quand, en 1806, Napoléon conçut le projet de rétablir le royaume de Pologne, Kosciuszko fut empêché de prendre part à la lutte bien moins par son état maladif que par la parole qu’il avait donnée à l’empereur Paui 1° de ne plus porter les armes contre la Russie. Aux propositions qui lui furent faites au nom de Napoléon, il répondit qu’il ne pourrait servir en Pologne que lorsque ce pays jouirait d’une constitution nationale etlibre etlorsqu’il aurait recouvré ses anciennes limites. Foucher insistant pour qu'il se rendit en Pologne. « Eh bien, lui dit-il, je dirai aux Polonais que je ne suis pas libre, » Il déclara aussi apocryphe et inventé par Napoléon un Appel aux Polonais qui parut sous son nom dans le Moniteur du 1° novembre 1806.
Kosciuszko se retira alors dans un petit domaine qu'il avait acheté aux environs de Fontainebleau; et il y résida jusqu’en 1814, uniquement occupé de travaux agricoles. A l’époque du congrès de Vienne, il alla passer quelque temps dans cette capitale. Dès le 9 avril 1814 il avait adressé à l’empereur Alexandre une lettre dans laquelle il lui demandait une amnistie générale en faveur de tous les Pelonais qui se