‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 61 sur 522 · HOBBES — HOCCO · texte numérisé non relu

HOBBES — HOCCO

posaun traité sur la liberté, quelques ouvrages sur les sciences exactes et une histoire des guerres civiles, qu’il n’obtint pas la permission d'imprimer en Angleterre, que des amis firent imprimer en Hollande et dont la publication le remplissait encore d'inquiétude quand la mort vint le surprendre, à l’âge de quatre-vingt-douze ans (le 4 décembre 1679), à Hardwick, domaine du comte de Devonshire. Il n’avait jamais été marié.

Dans la vie privée, Hobbes avait toutes les qualités morales ; comme écrivain, il déploya une haute capacité; mais, auimé d’un orgueil intolérable, n’écoutant personne, lisant peu et mal, professant pour les autres, même les anciens, un mépris qu'il ne déguisait pas, tranchant les questions avec audace, blessant sans cesse le bon sens et la raison, il ne tira de ses talents qu'un parti médiocre ou même déplorable. Comme écrivain, ik manque aussi de sincérité : s’il étonne quelquefois par la force de la pensée, jamais il ne se fait admirer ou chérir par la beauté de ses sentiments; c’est un talent égaré. Hobbes, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, avait écrit sa vie en vers latins. Après sa mort John Aubrey publia sa biographie en anglais; Blackburn mit cet ouvrage en latin, T4. Hobbesii Vita (1681, in-12). Il parut à Londres, en 1750, une édition complète de ses Moral and political Works. Molesworth a donné une édition de ses Znglish Works (Londres, {1 vol., 1842-1845) etde ses Opera latina (5 vol., 1844-1845). MATTER.

C’est dans sa retraite chez le comte de Devonshire, après la restauration des Stuarts, que Hobbes écrivit en assez mauvais vers élégiaques son autobiographie sous le titre de Historiæ Ecclesiasticæ carmine elegiaco Concinnata, qui ne parut qu'après sa mort(1688), ainsique son Behemoth, or a history of the civil wars from 1640 éo 1660. A l’occasion d’un bill présenté à la chambre des communes pour le faire punir commeathée, il se défendit dans un ingénieux écrit intitulé His{orical Narration corcerning heresy and the punishment thereof.

HOBEREAU, oiseau du genre faucon : c’est le falco subbuteo de Latham. Ses mœurs diffèrent peu de celles de lémérillon. Quand il cherche sa proie, son allure rappelle celle de la cresserelle. Poursuit-il une alouette qui s’élève perpendiculairement, il monte après elle, la dépasse , ef la saisit en descendant. Cependant comme le vol du hobereau est assez bas, si l’alouette a pu s'élever dans les airs au delà de la portée de la vue, elle commence à chanter, sûre d’être hors de danger.

Le hobereau est gros comme une grive. La cire et les cercles périophthalmiques sont jaunes chez lui comme chez la cresserelle. Son cri est aïgre et strident. Cet oiseau est répandu dans le nord de-lAsie, de l'Afrique et de l’Amérique et même dans toutes les parties de l’Europe ; mais il ne s'élève pas dans le nord plus haut que la Suède, II quitte l'Europe en hiver; pourtant il passe cette saison sur les fontières d’Espagne.

Quelques espèces indiennes de faucons sont connues sous le nom générique de Aobereaux.

HOBEREAU, que l’on écrivait autrefois Lobreau, signifie aussi un gentillàtre. Henri Estienne, dans son Traité de la Précellence du Langage Français, parlant des mots empruntés à la fauconnerie, s'exprime ainsi : « …. Volontiers on dit : C’est un Aobreau de celui qui, ayant peu de moyens , fait toutefois quelque montre d’en avoir beaucoup. Belleau a usé de cette translation (métaphore) en ce passage d’une sienne comédie :

+ L'amoureux est dessus les erres De pouvoir tirer hors des serres Et des pinces de ce Aobreau Les plumes de ce jeune oiseau, »

Il n’est pas aisé d'expliquer l’origine de ce terme dans ces deux acceptions, et les étymologistes peuvent se donner carrière. Ménage, le roi de l’étymologie, le parangon des subtils interprètes, croyait que hobereau venait d’umberellus, diminulif d'umber, auquel les Latins, ainsi qu’on le voit dans

Varron, donnaient la signification de bâtard. S'il nous est permis de hasarder une conjecture, nous tirerons ce mot, comme désignation d’un petit gentilhomme, de Loba, em. ployé dans la basse latinité pour signifier une propriété rurale peu considérable, d'où Aobarii, ceux qui possédaient un tel bien et tenaient par conséquent un rang subalterne. Peut-être, par analogie, aura-t-on donné ce nom à un oiseau peu estimé, et alors, contre l'opinion de Henri Estienne, ce serait la fauconnerie qui aurait emprunté, au lieu de préter. DE REIFFENBERG.

HOBHOUSE (Joux CAM), lord BROUGHTON, homme d'État anglais, né en 1786, est le fils de sir Benjamin Hobhouse, riche brasseur de Londres. Quand il eut achevé ses études à Cambridge, où il eut pour condisciple lord Byron, il voyagea, en 1809, en Orient, et à son retour publia un livre intitulé : Journey into Albania and other provinces of the Turkish Empire (Londres, 1812). Byron lui a dédié le quatrième chant de son Childe-Harold, auquel Hobhouse a ajouté des notes intéressantes. Pendant les cent jours, Hobhouse se trouvait en France, et après la bataille de Waterloo il publia ses Lettres écriles par un Anglais durant le dernier règne de Napoléon (1815), qui lui firent beaucoup d’ennemis, parce qu’il y prenait ouvertement le parti de l’empereur. Aussi fut-il enfermé jusqu’à la fin de la session de 1819 à Newgate, sur l’ordre de la chambre des communes, qui vit dans une de ces brochures une atteinte à ses priviléges ; mais cette condamnation même lui valut la popularité qui s'attache infailliblement à la persécution, et le fit nommer l’année suivante député à la chambre basse par les électeurs de Westminster. Il y prit place parmi les radicaux les plus violents, et lutta souvent avec avanftage contre la politique tout aristocratique de Canning. Doué de connaissances littéraires fort étendues, il contribua, avec d’autres chefs influents du parti radical, à la fondation de la Revue de Westminster.

Plus fard, s'étant rapproché davantage des opinions modérées , il entra en 1831, comme secrétaire d’État au département de la guerre, dans le ministère Grey, et fut nommé, en mars 1833, secrétaire d'État pour l'Irlande. En désaccord avec la chambre des communes au sujet de la suppression de l'impôt sur les portes et fenêtres, qu’il combattait maintenant après lavoir autrefois appuyée, il donna sa démission et se représenta devant les électeurs, qui cette fois Jui refusèrent leur mandat. En 1834 lord Melbourne lui fit accepter une place dans le cabinet avec le titre de commissaire en chef des domaines ; puis il représenta Nottingham à la chambre basse. En {839 il devint membre du bureau central des Indes orientales, et conserva cet emploi jusqu’en 1841, époque où le cabinet Melbourne fit place à une administration nouvelle. Quand les whigs revinrent aux affaires en 1846, Hobhouse fut nommé président de l’£ast-India Board, d'où pour lui la nécessité de se soumettre à une nouvelle réélection. Mais l’ardent radical s'était, comme tant d’autres, complétement converti ; aussi eut-il la mortification d’être repoussé par les électeurs de Nottingham, et pour rentrer à la chambre des communes il lui fallut accepter le mandat du bourg de Harwich, fameux entre fous par la vépalité de ses électeurs. Son administration fut l'objet des criliques les plus méritées; aussi quand, à la dissolution du cabinet de lord John Russeil, en 1851, il fut créé pair, sous le titre de baron Broughton de Gyford, le üint-on généralement pour un homme politique à jamais enterré; et en effet, sauf un éphémère retour aux affaires dans un nouveau ministère reconstitué par lord J. Russell, suivi bientôt de sa démission, on n’a plus entendu reparler de lui. IL est mort, le 3 juin 1869, à Londres.

HOCCA. Voyez BARBACOLE et PHARAON.

HOCCO , genre d'oiseaux de l’ordre des gallinacés, appartenant à la famille des nudipèdes de Vieillot, des longicaudes de Blainville, des tétradactyles de Latreille. Ces oiseaux sont propres aux régions équatoriales de l'Amérique depuis le Mexique jusqu’au Paraguay inclusivement, où ils

représentent en quelque sorte les dindons. Temminck, qui a décrit leur caractère, insiste sur un caractère anatomique d’où résulte probablement ce bourdonnement sourd et concentré, cette sorte de ventriloquie que fait entendre le hocco ; ce caractère consiste dans la solidité des anneaux de Ja trachée et dans le repli qu’elle fait sur elle-même avant d’entrer dans la poitrine.

Les Loccos sont d’une nature très-douce. Ils se réunissent en troupes nombreuses, dans de vases forêts, où ils se nourrissent de fruits et de jeunes bourgeons. Ils sont polygames. Chaque femelle pond, suivant Sonnini, quatre ou cinq œufs blancs. La chair du hocco peut être comparée à celle de la pintade. Il serait facile d'élever ces oiseaux en domesticité.

Le Aocco noir (crax alector, Linné) est suivant Temminck le mitu-poranga de Markgraf, le poès ou cog d’4mérique de Frisch, le kocco de la Guiane de Brisson, le pabos de Monte des Espagnols du Mexique, etc. Sa taille est à peu près celle du dindon. Sa huppe est d’un beau noir velouté, ainsi que les plumes de la tête et du cou. Toutes les parties supérieures sont d’un noir irisé à reflets verdâtres, L’abdomen et les rectrices caudales inférieures sont d’un blanc pur. Le bec et les pieds sont d’un noir terne. L’œil est entouré d’une membrane nue d’un jaune noirâtre, s’étendant jusqu'au bec, où elle forme une cire d’un beau jaune. L'iris est noir. Les femelles adultes diffèrent des mâles par une huyppe plus petite, d’un noir moins brillant, et par une queue plus courte. Ce hocco se trouve au Mexique. Sa démarche est lente et grave, son vol bruyant et lourd ; il fait entendre un cri aigu, et produit aussi quand il marche sans inquiétude ce bourdonnement signalé par Temminck.

Le hocco roux (crazx rubra, Temminck), hocco du Pérou de Buffon, appartient au Mexique, comme la précédente espèce, dont il ne diffère guère que par la livrée. Le mème genre renferme deux autres espèces, moins importantes.

HOCHBERG (Margraves de), ligne collatérale de la maison de Bade fondéeen 1190 etéteinte en 1543, qui tirait son nom du vieux château fort de Hochberg, situé à environ un myriamètre au nord de Fribourg en Brisgau.

Lorsque le margrave de Bade Charles-Frédéric épousa en mariage morganatique Louise-Caroline Geyer de Geyersberg, il lui fit donner par l’empereur le titre de comtesse de Hochberg. Les fils qu’il eut d’elle furent déclarés, en 1817, margraves de Bade et héritiers de la couronne grandducale, L’aîné de ces princes, Léopold, mort en 1825, avait succédé en 1830 à sou frère consanguin, Louis-Guillaume- Auguste, mort sans postérité, comme grand-duc de Bade.

HOCHE (Lazare) naquit le 25 juin 1768 à Montreuil, faubourg de Versailles. Ses parents étaient pauvres , et son père, palefrenier dans les écuries royales, l’y fit entrer, à l’âge de quatorze ans, en qualité d’aide surnuméraire. Mais une vocalion plus brilhante attendait le jeune Lazare , et à dix-sept ans il s’engagea dans les gardes françaises. Là il débuta par s'imposer les plus dures privations, et, se livrant à toutes sortes de travaux, il parvint ainsi à acheter une petite bibliothèque, dont il dévorait chaque jour les volumes. C’est ainsi qu’il se donna lui-même une éducation que ses parents wavaient pu lui procurer. La révolution le trouva ce que la monarchie l’eût toujours laissé , sergent. Adjudant d’un des quatre régiments de la garde nationale parisienne soldée, après le lisenciement des gardes françaises ; lieutenant au régiment de Rouergue en 1792, Hoche se distingua au siége de Thionville. Le comité de salut public, à qui il se présenta après la trabison de Dumouriez, le nomma adjudant général : il fut chargé, en cette qualité, de la défense de Dunkerque lors de la descente de l’armée du duc d’York , et la bravoure intelligente dont il donna des preuves dans ce poste difficile lui valut un avancement si rapide que peu de temps après, à peine âgé de vingt-cinq ans, il commandait en chef l’armée de la Moselle, L’ennemi était alors en Alsace et bloquait Landau : le jeune général en chef voulut, pour débuter d'une manière digne de lui, délivrer éette place et le territoire national de la présence des

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