HOCCO — HOCHE
Prussiens et des Autrichiens ; ses premières tentatives furent malheureuses, et il fut repoussé par les Prussiens, retranchés à Kaiserslautern. Changeant soudain de plan d'attaque, il se portaavec rapidité, à travers des chemins impraticables, sur l'armée autrichienne de Wurmser, la bat complétement sous les lignes de Wissembourg, qu’elle occupe, et obtient ainsi les résultats qu’il a espérés. Continuant ses succès, il prend Germesheim, Spire et Worms.
Là fut interrompue pour lui une carrière commencée sous de si brillants auspices : Pich egru avait partagé la gloire de Hoche; mais celui-ci en fut humilié : il prit Pichegru en haine, et écrivit contre lui au comité de salut public : ce comité, soit qu’il partageât la bienveillance de Saint-Just pour Pichegru, soit que le jeune commandant de l’armée de la Moselle lui parût retoutable, à cause d’une ambition que de grands talents faisaient ressortir davantage, le manda à Paris et le fit incarcérer comme suspect. La détention de Hoche opéra en lui un grand changement : il devint plus grave, dompta sa fougue impétueuse, et mêla quelque réserve à sa franchise brusque et imprudente. Le 9 thermidor lui ouvrit les portes de sa prison, et la république l’appela bientôt après au commandement d’une des armées destinées à opérer contre la Vendée, celle des côtes de Brest et de Cherbourg. 11 devina d’un coup d’œil les moyens de pacifier cette malheureuse contrée : la discipline la plus rigoureuse fut établie dans son armée ; le système des camps retranchés remplaça celui des cantonnements, et des colonnes mobiles se mirent à poursuivre dans tous les sens les colonnes vendéennes. Le succès de ces mesures amena une première pacification ; mais le jeune général la jugeait au moins prématurée, et penchait pour la continuation de la guerre. La nouvelle levée de boucliers de la Vendée, l'expédition de Quiberon le trouvèrent donc sur ses gardes, et il anéantit d’un seul coup les troupes réunies à grands frais par l’Angleterre pour entretenir la guerre civile. Mais si la conduite de Hoche excitait l'enthousiasme de la France républicaine , elle aiguisait le poignard de ses ennemis , et plusieurs tentatives d’assassinat et d’empoisonnement fyrent infructueusement dirigées contre lui.
A la fin de brumaire an 1v, se trouvant à la tête des trois armées réunies des côtes de Cherbourg, de Brest et de l’ouest, il fit échouer à l'Ile-Dieu une seconde expédition dirigée par l'Angleterre. Persuadé que désormais les plus sanglants combats seraient sans effet pour écraser un ennemi insaisissable, il conçut el exécuta un plan où la rigueur s’alliait à la modération, la force à l’adresse : par ses ordres, des colonnes mobiles, parcourant le pays dans tous les sens, enlevèrent aux paysans leurs bestiaux et leurs grains, en affichant partout cette adresse simple et énergique : « La république vous enlève vos grains et vos bœufs pour vous punirde votre perfidie; rendez-nous vos armes, et vous aurez vos bœufs. » Hoche avança ainsi une pacification rapide, qu’accéléra l'arrestation de Charette; son administration douce et modérée l’acheva. Le Directoire fit décréter que le jeune général et son armée avaient bien mérité de la patrie.
Homme de résolution et d'activité, il ne pouvait resler inactif à la tête d’une armée de 100,000 hommes, le long des côtes de l'Océan : il médita done d'aller attaquer l’Angleterre dans ses intérêts les plus chers, en transplantant les idées démocratiques dans une contrée prête à lui échapper. On sait par quel concours de fatalités l'expédition d'Irlande échoua sans avoir seulement débarqué. Hoche ne parvint à rentrer en France , sur la frégate qui le portait, qu'après avoir couru des dangers inouïs. Pour reconnaître ses services passés, le Directoire lui confia alors le commandement de l'armée de Sambre et Meuse; mais il le laissa dans la plus déplorable inaction, pendant que Bonaparte poursuivait en Italie le cours de ses brillantes victoires. Ce ne fut que le 9 germinal an v que Hoche obtint enfin autorisation de marcher en avant, Il ouvre la campagne par le ‘glorieux passage du Rhin sous le feu de l'ennemi, gagne trois ba-