HOCHE — HOEFER
tailles et deux combats à Neuwied, Ukerath, Altenkirchen ,
Diedorf et Heddersdorf : il avait fait faire à son armée |
plus de 140 kilomètres en quatre jours; aucun obstacle ne s’opposait plus à sa marche victorieuse, quand la nouvelle des préliminaires de paix de Léoben le força à s'arrêter à
"Wetzlar.
Sincèrement dévoué à la république , Hoche vit avec in- | | avait battu, le 20 septembre 1703, à Hochstædt, le général
dignation les menées des députés royalistes dans les conseils.
Convaincu que la patrie ne pourrait être sauvée que par |
un coup d’État, il offrit ses services au Directoire, et lui envoya même la plus grande partie de la dot de sa femme pour faire face aux dépenses nécessaires auxquelles il n’eût pu subvenir, tant sa détresse était grande : le Directoire accepta ses services. Déjà des troupes de son armée avaient franchi le cercle constitutionnel, quand tout à coup, effrayé des pouvoirs qu’il avait placés entre ses mains, le gouvernement hésita et l’abandonna làchement. Hoche, abreuvé de dégoûts, attaqué à la tribune par les royalistes des conseils et à peine défendu par ceux qui l'avaient fait agir, se retira à son quartier général. Ce fut Augereau qui coopéra au coup d'État du {8 fructidor. Il se trouvait
à la tôte des armées réunies de Sambre et Meuse et du Rhin | quand la mort vint le frapper le 15 septembre 1797. A peine |
cet événement fut-il connu dans l’armée que des bruits d’em-
poisonnement s’y répandirent et se propagèrent dans toute |
la France, mais sans preuves suffisantes. Le Directoire lui fit faire à Paris de magnifiques obsèques. Unestatue en bronze, lui a été élevée à Versailles en 1832, et une autre en pierre au Louvre en 1857. Napoléon GALLOIS.
HOCHE-QUEUE. Ce nom désigne certains oiseaux de la famille des becs-fins, qui ont l'habitude de mouvoir continuellement leur queue de haut en bas. Mais les ornithologistes ne sont pas d’accord sur les espèces auxquelles on doit l’appliquer. Cuvier donne le nom de kochequeue à un groupe qu'il divise en Aoche-queue proprement dits ou /avandières et en bergeronnettes. Nicillet et Temminck ne voient là qu’un seul genre. Le seul caractère. distinctif établi par Cuvier consistait dans l’ongle du pouce plus long et plus droit chez les bergeronnettes que chez les hoche-queue.
HGCHHEIM, ville de Prusse (Hesse-Nassau), avec 2,470 habitants, située sur une haute colline, à 4 kilom. de Mayence, sur la route de Franctort, à peu de aistance du Mein, dont la rive droite est longée par le chemin de fer du Taunus; elle appartenait autrefois au chapitre de Mayence.
Le vin des côteaux de Hochheim est célèbre pour sa force et son bouquet; c’est un des vins qui se conservent le mieux, el il en existe dans les caves d'amateurs des échantillons qui se vendent d’autant plus cher qu’ils sont plus vieux.
HOCHKIRCH ou HOCHKIRCHEN, village de la haute Lusace saxonne, sur la route de Bautzen à Lobau et à égale distance de ces deux villes, est remarquable par la victoire que Daun y remporta, le 14 octobre 1758, sur Frédéric le Grand, qui perdit 9000 hommes tués ou blessés et 101 pièces de canon. Toutefois la perte des Autrichiens ne s'était pas non plus élevée à moins de 8,000 hommes. C'était là un beau triomphe pour Daun ; mais il ne sut pas profiter des avantages que cette victoire aurait pu lui donner.
En 1813, le 12 mai, Hochkirch fut aussi le théâtre d’un engagement entre les Français et les alliés, dont la position était des plus imposantes. Nos troupes réussirent à tourner Vaile droite des alliés, de sorte que l'aile gauche de ceuxa, appuyée sur Hochkirch, ne put pas résister aux attaques combinées de Marmont et de Macdonald.
HOCHSTÆDT, ville du cercle bavarois de Souabe, sur le Danube, avec une population d'environ 2,500 habitants, est célèbre dans l’histoire de la guerre de la succession d'Espagne par un combat qui se livra sous ses murs le 20 septembre 1703 et par une bataille qui y eut lieu le 13 août 1704, bataille à laquelle les Anglais donnent le nom de
daluille de Blenheim.
Les puissances belligérantes étaient d’une part la France et la Bavière, de l’autre la Hollande, l'Angleterre, l’Autriche, la Savoie, le Portugal et l'Empire, à l'exception de lélecteur de Bavière, que les coalisés redoutaient d'autant plus que la situation géographique des Éfats de ce prince lui
| offrait de nombreux avantages pour lutter contre l'Autriche
et qu'il avait les goûts les plus belliqueux. Déjà l'électeur
de l’armée impériale Styram, et s'était emparé de Passau. Le mécontentement que provoqua en lui les manières hautaines de Villars l’empêcha seul de recueillir tous les fruits que cet avantage aurait pu lui valoir. Maintenant il s’agissait pour les coalisés de livrer une bataille décisive, dont Marlborough avait déjà conçu le plan et où l’armée française et bavaroïise se laissa entraîner dans les circonstances les plus défavorables, le 13 août 1704. Elle présentait un effectif'de 56,000 combattants aux ordres de Tallard, de Marsin et de l'électeur; l’armée des coalisés, forte de 52,000 hommes, était commandée par EugèneetM arlborougb. Par un inconcevable aveuglement, les généraux français se croyaient inattaquables dans la position qu’ils avaient prise, de sorte que le 13 août, quand l’armée des coalisés se mit en mouvement vers deux heures du matin , ils crurent que c'était pour battre en retraite. A sept heures, quand les têtes des huit colonnes avec lesquelles s’avançaient Eugène et Marlborough étaient déjà visibles, Tallard était encore convaincu que ce mouvement n’avait d'autre but que de masquer une retraite. A la vérité, dès qu’il eut reconnu son erreur, il eut bientôt fait de mettre en ordre de bataille sou armée, qui combattit avec une bravoure sans égale. Maïs sur les cinq heures de après-midi Marlborough perça la ligne de bataille, qui n’avait pas moins de 7 kilomètres de développement. Marlborough, au lieu de poursuivre l’ennemi dans sa fuite, lui coupa la retraite et le força à mettre bas les armes. Environ 11,000 Français étaient restés sur le champ de bataille, et au nombre des prisonniers se trouvait le maréchal de Tallard lui-même. Cette bataille exerca une influence décisive sur tout le reste de la campagne; la Bavière tomba au pouvoir de l'Autriche, et l'étoile de Louis XIV s’éclipsa complétement.
HODOMEÈTRE ou COMPTE-PAS. Voyez ODOMÈTRE.
HOEFER (Ferpixann), médecin littérateur, est né le 21 avril 1811, à Dœschnitz, petit village de la forêt de Thuringe. Il reçut du pasteur du lieu les premiers éléments d'instruction classique. A treize ans il fut placé au gymnase ou collége de Rudolstadt. Il montra dès l’enfance une grande aptitude pour les langues. Ce n’était pas assez pour lui d'apprendre régulièrement au gymnase le latin, le grec et l’hébreu; peu épris des plaisirs, il consacrait ses heures de récréation à l'étude passionnée du français , de l'anglais, de l'italien, de l'espagnol et même du russe, différents idiomes dont plusieurs lui sont restés familiers. Sorti du gymnase, le jeune Hoefer fit ses apprêts pour un voyage d’instruction, dans lequel il essayerait d'appliquer en les perfectionnant selon les contrées ses études de linguistique. Après avoir visité Hambourg, il s’'embarqua à Brême. Le navire où il était passager fut jeté sur les côtes de l’Ost-Frieslande. Au lieu d'aborder en Angleterre, comme il l'avait espéré, il eut à traverser péniblement la Hollande et la Belgique; et il était en France quelques jours après la révolution de juillet 1830.
Entièrement dénué de ressources , mais toujours épris des voyages, il s’engagea volontairement à Lille dans la légion étrangère, et fut désigné pour l’ex-régiment de Hohenlohe, alors à Marseille. Bientôt il partit pour la Grèce. Désenchanté de cette terre classique comme du service militaire, il profita du licenciement de son régiment pour revenir en France. À Lyon il rencontra un professeur allemand qui lui fut secourable. Ce bienveillant compatriote le plaça au collége de Nantua, et plus tard à Saint-Étienne, où il enseigna les langues classiques et l'allemand; en même temps il donnait des leçons de piano et il composait des valses allemandes.
M. Hoefer eut l’heureuse occasion d’être présenté au savant inspecteur de l’université Burnouf père, qui le fit connaître et le recommanda à M. V. Cousin. De Saint- Étienne, M. Hoefer vint à Roanne, où avait été appelé le principal du collége de Nantua. Là notre philologue traduisit pour M. Cousin la Critique de la Raison pure de Kant; plus tard il l’aida dans la traduction du XII° volume des œuvrés de Platon, notamment pour le Timée. 11 le seconda également pour la confrontation des deux manuscrits du Sic et non d’Abeilard. M. Hoefer fut ainsi le secrétaire de M. Cousin, situation peu fructueuse, mais honorable, qu’il ne conserva pas longtemps. Voici à quelle occasion M, Hoefer cessa ses relations habituelles avec M. Cousin : il s'était vu installé par lui dans un pelit cabinet de ka bibliothèque de l’Institut, afin de vérifier plus commodément les passages des Pères de l'Église qu’Abeilard cite dans son Sic el non, mais vaguement et sans indiquer ni ie livre ni le chapitre d’où il tire chaque emprunt. Un jour M. Cousin tomba sur le fameux passage du prologue : Duvitando ad veritatem pervenimus (le doute conduit à sa vérité). Comme Abeilard n’invoque à ce propos aucune autorité, M. Cousin n'hésita point à lui faire honneur de cette proposition, si analogue à la célèbre théorie de Descartes sur le doute. Vite, sur cette visée d’opinions identiques, M. Cousin composa pour l’Académie des Sciences morales et politiques un mémoire dans lequel Abeilard était considéré comme le précurseur de Descartes. Sa lecture faite et parfaitement accueillie, M. Cousin vint informer son secrétaire de l’assentiment flatteur de son auditoire académique. « Mais, lui dit tranquillement M. Hoefer, le passage dont vous parlez n’est pas d’Abeilard; il est de Cicéron, et même du traité le plus connu de l’orateur romain, du De Officiis. — Malheureux ! s’écria M. Cousin, transporté de colère, ne m'avoir pas garanti de cette méprise !.… Que vont penser de moi, en Allemagne, M. Schelling, M. Neander ? Je suis un homme littérairement déshonoré! » L’emportement philosophique prit ce jour-là un tel diapason et M. Cousin furieux prodigua tellement les épithètes , que M. Hoefer se résigna au sage parti de rompre aussitôt avec son illustre patron, Toutefois ce divorce nécessaire n’a jamais interrompu complétement de lun à l’autre les relalions affectueuses et bienveillantes.
Après cette séparation, M. Hoefer fut heureux de retrouver son ancien protecteur Burnouf, qui lui fit obtenir des leçons fructueuses dans plusieurs maisons d'éducation, En inème temps il se faisait inscrire parmi les étudiants en médecine de la Faculté de Paris, et en 1840 il était reçu docteur. Depuis il a publié bon nombre d'ouvrages. Les Éléments de Chimie minérale, ouvrage dans lequel les corps sont classés par familles comme en botanique, parurent en 1841. L'Histoire de la Chimie depuis Les temps les plus reculés jusqu’à notre époque, contenant une analyse détaillée des manuscrits alchimiques (2 vol. in-80; 1842-1843; 2° édit. augmentée, 1869), montra les vastes connaissances de l’auteur, et M. Chevreul inséra, à l’occasion de cet ouvrage, quatorze articles dans le Journal des Savants. En 1843 M. Hoefer donna la première traduction française de l'Économique d'Arislote, avec quelques autres traités du même. On iui doiten outre la Bibliothèque hislorique de Diodore de Sicile, traduite du grec en français, avec notes (4 vol, in-12, 1846); un Dictionnaire de Physique et de Chimie (in-18,1846) ; un Dictionnaire de Médecine pralique (1847-1851); un Dictionnaire de Botanique (1850) ; deux mémoires sur la non-authenlicité des ruines de Ninive (en opposition avec M. de Saulcy ), 1851. M. Hoefer a publié beaucoup de travaux de géographie sur l'Asie et l'Afrique, dans l'Univers pittoresque de MM. Firmin Didot. 11 a adressé au ministre de l'instruction publique plusieurs rapports sur l’enseignement universitaire en Allemagne, et il a en grande partie traduit en français la Chimic de Berzelius. Chargé de la direction de la Biograplie générale de MM. Firmin Didot (1851-1806, 46 vol.