HOFER — HOFFMANN
de Tvyroliens le gros de l'armée autrichienne chargée de délivrer Klagenfurt et de rétablir de la sorte les communications du Tyrol, cerné de toutes parts et souffrant de toutes les calamités de la guerre, avec le cœur de la monarchie, lorsque l'armistice de Znaïm, signé à la suite de la bataille de Wagram(12 juillet 1809 ), stipula l’évacuation du Tyrol et du Vorarlberg par les Autrichiens et livra ces contrés à l'ennemi. L'agitation la plus violente éclata alors parmi les populations qu’on abandonnait ainsi à leur sert. On parlait déjà d’arrêter les commandants autrichiens Buol et Hormayr, d'enlever aux troupes sous leurs ordres leur artillerie avec ses munitions,-de désarmer ceux de leurs soldats qui refuseraient de passer dans les rangs des insurgés et même d’égorger les prisonniers de guerre... Heureusement ces excès ne furent point commis, et les troupes rutrichiennes purent évacuer le Tyrol sans encombre.
Cependant le maréchal Lefèvre envahit le Tyrol à le .ête de 30 à 40,000 Français, Saxons et Bavarois, et lanca aussitôt ses colonnes dans la montagne par divers points à la fois. Hofer s'était d’abord caché dans une caverne de la vallée de Passeyr; mais ayant appris que son ancien heutenant Speckbacher, le capucin Joachim Haspinger et Pierre Mayer, à la tête des populations insurgées, avaient entrepris de déferdre le Tyrol contre l'ennemi et l'avaient même battu à deux reprises, dans les journées du 3 et du 9 août, André Hofer se résolut à quitter sa retraite, et fut tout aussitôt reconnu comme chef des Tyroliens insurgés-pour leur ancien souverain et la défense de ses antiques droits. Une bataille, livrée le 13 août sur le mont Isel, eut pour résultat de contraindre le maréchal Lefèvre à évacuer le Tyrol, où André Hofer dirigea alors toute l’administration civile et militaire, au milieu des plus bizarres anomalies, jusqu’à la paix de Vienne ( 4 octobre). L’archiduc Jean, dans une proclamation adressée aux Tyroliens, leur ayant alors ordonné lui même dese soumettre, etles montagnes du Tyrol setrouvant de toutes parts envahies par des forces ennemies, André Hofer adressa, en novembre, sa soumission au vice-roi Eugène et au généralen chef bavarois. Mais trompé par des bruits de victoires et d'entrée de l’archiduc Jean dans le pays, il recommença les hostilités ; et les bandes qu’il commandait, mal soutenues par les populations découragées et fatiguées, durent, malgré quelques heureux engagements, finir par céder à la supériorité du nombre. On avait à cœur de sauver la vie d'André Hofer; mais tel était son amour pour le sol natal, qu’il refusa de se réfugier même en Autriche. Pendant deux mois il se tint caché au milieu des neiges et des glaces, dans une cabane du Passeyr; et les promesses comme les menaces des généraux français furent également impuissantes à provoquer dans ces montagnes un seul traître qui vint révéler la retraite du proscrit, dont la tête avait été mise à prix. Enfin, un prêtre appelé Donay, jadis l’ami intime de Hofer et qui croyait maintenant avoir à se-plaindre de lui, vint révéler au général Baraguey d’Hilliers le nom de celui qui fournissait des vivres à Hofer dans sa retraite. Moitié menaces, moitié promesses, on parvint alors à obtenir de cet homme des révélations par suite desquelles André Hofer fut pris, le 20 janvier 1810, avec toute sa famille. Il fut conduit sous une imposante escorte à Mantoue et traduit devant un conseil de guerre présidé par le colonel Bisson. Les voix se partagèrent, et la majorité des juges repoussa la condamnation à la peine de mort. Mais une dépêche télégraphique expédiée de Milan ordonna que Hofer serait fusillé dans les vingt-quatre heures, de manière à rendre inutiles les intercessions en faveur du condamné auxquelles on s'attendait de la part de l’Auchiche; intercessions qui eussent eu d’autant plus de chances de réussir, qu’à ce moment Napoléon était à la veille d’épouser Marie-Louise,
André Hofer fut fusillé à Mantoue, le 20 février 1810. J1 mourut avec la plus froide intrépidité, refusa de se laisser bander les yeux et commanda lui-même le feu. En 1819 sa famille fut indemnisée par l'empereur des pertes qu’elle * avait essuyées, en même temps qu’elle recevait l'expédition DICT, DE LA CONVENS. — T. XI.
des lettres de noblesse déjà accordées à son auteur en 1809. En 1824 une statue en marbre a été érigée à la mémoire du héros de l'indépendance tyrolienne, à Insprûck , dans l'église des Fanciscains, près du tombeau où repose l'empereur Maximilien 1°",
HOFFMANN (Frépéric), le plus célèbre médecin de son siècle après Boerhaave, né le 19 février 1660, à Halle, où son père était médecin du duc de Saxe, y fit ses premières études, et fut de bonne heure initié par son père aux connaissances nécessaires dans la carrière qu’il devait suivre. En 1681 il fut reçu docteur à Jéna, où il s'établit; plus tard il se fixa à Minden (1685), en Westphalie, puis à Halberstadt (1688). Lors de la fondation de l’université de Halle, l’électeur Frédéric III de Brandebourg l’y nomma, en 1693, à une chaire de médecine. Dès 1703 le roi de Prusse Frédéric J27 lui avait inutilement offert la place de son premier médecin; toutefois, ce prince étant tombé gravement malade en 1708, il ne put se défendre d’accepter ce titre, et, tout en conservant sa chaire, il se rendit à Berlin. Fatigué de la vie de courtisan et de l’inimitié de l’ancien médecin du roi, Gundelheïmer, il revint en 1712 à Halle, qu'il continua d’habiter jusqu’à sa mort, arrivée le 12 novembre 1742,
Hoffmann a rendu de grands services à la médecine pratique; il eut recours à une foule de moyens thérapeutiques nouveaux, et en expliqua l'emploi. Grâce au regard pénétrant qu’il jetait sur la nature, il sut obtenir de grands succès par les moyens les plus simples et notamment par la diète. Ses recherches sur beaucoup d'eaux minérales généralisèrent l'emploi de ces agents naturels, et quelques préparations médicales, notamment l’Zlixirium viscerale ou Baume de vie d'Hoffmann, et le Liquor anodynus mineralis ou Liqueur d’Hoffmann et aussi Gouttes d’'Hoffmann
(voyez Érner), dont il enseigna la composition et qui portent
son nom, sont maintenant encore d’un usage général. On reconnaît moins de valeur au système suivant lequel il attribuait au corps des facultés propres et une vie indépendante mise en mouvement par une substance éthérée excessivement subtile, qui serait l’âme sensible {anima sensitiva). Cette substance se détacherait en partie du corps lui-même et serait en partie tirée par lui de l’atmosphère, mais serait à son four soumise , dans ses mouvements, à une âme supérieure, inconnue. Les causes de maladie agiraient sur la partie solide par pression et par tension; l’altération des humeurs serait un phénomène qui ne se développerait que dans le cours de la maladie ; les maladies elles-mêmes consisteraient en un mouvement trop fort ou trop faible, et il faudrait les distinguer d’après ce principe. C’est ainsi que Hoffmann voulait établir que l'essence de la vie est déterminée par masse, nombre et poids. Il appartient par conséquent à l’école des iatromat hématiciens; circonstance qui s’accorde parfaitement avec sa prédilection pour les mathématiques, science vers laquelle il s’était senti entraîné dès sa plus tendre jeunesse. Son système, bien que en premier lieu il repose sur une hypothèse tout à fait insoutenable, et qu’il soit en outre extmémement incohérent dans une foule de détails, compta néanmoins beaucoup de partisans, par opposition au système de son rival Stahl, parce qu’il sut l’exposer d’une manière claire et saisissable.
HOFFMANN ( Ennesr-Tnéopone-AMÉDÉE, où plutôt WiLHELN), l’un des conteurs allemands les plus originaux, naquit à Kœnigsberg, le 24 janvier 1776. De bonne heure il montra un goût prononcé pour les aventures singulières , et une très-forte inclination pour les choses d’art. Quand il avait passé une partie de sa journée à écouter chanter sa mère, ou sa belle tante Sophie jouer du clavecin, il s’amusait à effrayer ses amis par mille tours d’espiéglerie. Souvent encore il barbouillait des figures sataniques sur la Bible de son aïeule, et jouissait de la peur qu'il lui avait ainsi causée. La sévérité de son oncle, quelque grande qu’elle fût, ne put réussir à changer le fond de ce jeune caractère, qui, malgré les prévisions fâcheuses de sa mère, devait être plus tard si
simple et si bon. {5