‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 68 sur 522 · HOGENDORP — HOGUE · texte numérisé non relu

HOGENDORP — HOGUE

HOGLAND, tle du golfe de Finlande, et dépendance au gouvernement de Courlande, longue d’environ uu rmyriamètre, avec quatre cents habitants à peu près, et deux phares, est célèbre par le combat naval du 17 juillet 1788, où les Russes, commandés par l'amiral Grey, battirent les Suédois, placés sous les ordres du duc Charles de Sudermanie.

HOGUE (Combat de La). A l'angle oriental de la langue de terre où la Normandie s’arrête dans La Manche, un cap peu élevé domine une rade étroite et longue, bordée, du côté du continent, par une plage de sable qui plonge sous l’eau , et abritée des flots et des vents du large par une petite île mince et recourbée : c’est le cap de La Hogue, ainsi nommé du mot scandinave Aoug, promontoire , pointe de terre. Parfois, quand la tempête a bouleversé la Manche et remué le sable de ses rivages, la mer, en se retirant, laisse à découvert des canons, des tronçons de mâts, des carcasses de navires, et la vague qui déferle roule pêlemêle vers la côte des algues , des ossements et des boulets rongés par la rouille : Souvenir désastreux pour la France! Là, en 1692, la marine militaire de Louis XIV se brisa et disparut. Les rois de la terre sont frères ; celui de France s'était ému des infortunes de celui d'Angleterre, chassé de son royaume par ses propres sujets : il rassembla en Normandie 4,000 soldats français et 15 bataillons irlandais pour les lancer sur la rive opposée ; une flotte de 60 vaisseaux de ligse, commandée par Tourville, devait accourir de tous ses ports pour balayer la Manche et préparer un passage libre au convoi des troupes. Les Anglais, de leur côté, veillaient sur leur liberté et sur leurs côtes ; 63 vaisseaux, sous les ordres de l'amiral Russell, croisaient près de leurs ports; 36 autres se préparaient en Hollande pour la défense de l'Angleterre. Le succès de la France dépendait de sa promptitude; il fallait débarquer sur le territoire ennemi

| avant que les 1lottes alliées eussent opéré leur jonction. Si

la fortune avait également favorfsé les deux partis, la lutte eût été longue et sanglante, mais les vents contraires empêchèrent l’escadre de Toulon de rallier Tourville, et luimême fut un mois avant de pouvoir pénétrer dans la Manche; il y entra enfin, mais avec 44 vaisseaux seulement, le lendemain du jour où la réunion des escadres combinées avait donné 99 vaisseaux à l'amiral anglais. Le 29 mai, quand la vigie du matin annonça 100 vaisseaux de ligne en vue, il y eut étonnement chez les marins français : tous les officiers dans le conseil de guerre furent d’avis d'éviter un engagement trop inégal ; mais Tourville leur lut la lettre du roi, et tout le monde se prépara en silence : l’ordre était précis : « Vous attaquerez les Anglais, forts où faibles. » La possibilité de la jonction des forces alliées w’avait pas même été prévue!

Quarante-quatre vaisseaux français, poussés par un vent favorable, allèrent élonger, à portée de pistolet, toute la flotte de l’Angleterre, rangée en ligne de bataille et en panne par le travers du Havre. Dès le commencement de l’action, l’amiral Russell voulut profiter de sa supériorité numérique pour nous envelopper ; il détacha des vaisseaux d’avant-garde qui devaient doubler la tête des Français; mais les vents se turent quand le combat fut engagé : les détonations de tant de milliers de bouches à feu troublèrent l'atmosphère et lui imposèrent un calme effrayant. Et pourtant ces combats, que l’histoire nous peint si terribles, n'étaient guère meurtriers ; car le feu régnait sur toute la ligne depuis une heure et demie que les Français n'avaient encore perdu, ni mâts ni chaloupes. Le vent, qui d’abord souflait du sudouest, sauta au nord-ouest, et permit à l'ennemi de doubler notre ligne; puis un épais brouillard enveloppa les combattants ; la canonnade générale cessa. Français, Anglais, Hollandais, coururent en désordre vers l’ouest, et dans les éclaircies les vaisseaux qui se reconnaissaient comme ennemis échangeaient quelques bordées. La nuit vint, et avec elle la marée et la brume, qui s'épaissit encore : les deux flottes jetèrent l'ancre ; les vaisseaux anglais qui avaient

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