HOHENLINDEN
droite de Hohenlinden. A droite, Baillet-Latour, avec 25,000 hommes, remontant l’Isar, prit la direction de Burgrain, afin d’arriver par la gauche. Au centre, où se trouvait l’archiduc en personne, Kollowrath, avec 40,000 hommes, se jeta dans la grande route de Mühldorf à Munich : les parcs et les bagages suivarent cette colonne. A l’extrême droite, le corps de Kienmayer, qui n'avait pas pu encore gagner Erding, se rabattit par Dorfen sur Schwaben, où il était en mesure de se porter sur Hehemlinden ou Parsdorf. Le corps de Klenau devait se joindre à ce dernier ; mais, inquiété par la marche du corps de Sainte-Suzanne, il ne fit aucun mouvement. Les colonnes ennemies avaient marché pendant la nuit, sous une neige abondante; celle du centre, favorisée par la chaussée, arriva la première. A sept heures du matin, l’avant-garde attaqua la gauche de Groucby, que formait la division Granjean, et y causa quelque surprise, parce qu’on croyait que Richepance avait pu arriver à Matenpot et couvrir le défilé; mais nos troupés arrêtèrent l'ennemi, qui fit en vain des efforts pour les prendre en flanc, et finit par être rejeté à l’entrée de la forêt. Alors Moreau ordonna à la division Ney de se joindre à la division Grouchy, et de refouler de concert la colonne autrichienne dans le défilé. La division Richepance ne pouvait tarder à arriver sur Matenpot, et compléter ainsi le succès.
Après avoir longtemps erré dans des chemins de traverse, qu’on retrouvait à peine sous la neïge, elle dépassait en effet Saint-Christophe à sept heures du matin. La 1" brigade, avec une batterie, était au delà de la croisée du chemin d’Albaching ; la 2° y arrivait lorsque la tête de la colonne ennemie, commandée par Riesch, débouchait sur la droite et s’engageait avec la 14° légère. Richepance ne pouvait pas juger de la force du corps qui lattaquait : la neige qui tombait ne permettait pas de distinguer les objets à dix pas. D’un autre côlé, on entendait le canon à Hohenlinden, ce qui indiquait que l'ennemi était engagé dans le bois. Une attaque sur Matenpot, quel qu’en fût le résultat, devait produire une diversion décisive en faveur de l’armée française. Richepance ne balança pas : donnant l’ordre à Drouet de s'arrêter avec sa brigade et de contenir l’ennemi jusqu’à l’arrivée de la division Decaen, il continua son mouvement avec les troupes qui avaient passé. A Matenpot, il rencontra une brigade de chevau-légers bavarois; le 1° de chasseurs, qui la chargea, fut repoussé sur l’infanterie. Il n’y avait pas de temps à perdre; Richepance enjoignit à Walther de contenir avec le 1°" de chasseurs la cavalerie ennemie, et, formant ses deux régiments d'infanterie en colonne, il entra dans le bois par la grande route, Bientôt il rencontra la queue de la colonne du parc et des bagages ; le feu s’engagea, et deux régiments autrichiens qui couvraient le parc s’avancèrent pour repousser nos troupes. ls furent culbutés par le 48°, et le désordre le plus affreux se mit dans la longue file de voitures qui encombrait la route. ‘Troupes, conducteurs, chevaux, tout se dispersait dans la forêt, ou se jetait en confusion sur le corps d'armée qui combattait à Hohenlinden. 87 bouches à feu et 300 voitures restèrent en notre pouvoir.
Cependant Ney et Grouchy, qui poursuivaient leurs succès, s’aperçurent bientôt que l'ennemi, qu'ils poussaient devant eux, tourbillonnait, arrêté par l'embarras des voitures et épouvanté par les fuyards refoulés de Matenpot. Ils firent un suprême effort, et le centre de l’armée autrichienne, abandonné par l’archidue, qui s’enfuit, un des premiers, vers Mühldorf, se dispersa en déroute dans les bois qui bordent le chemin, La communication rouverte avec Richepance, ce dernier retourna sur ses pas à Matenpol, pour empêcher l’ennemi de se rallier et dégager la 2° brigade, Mais Decaen, arrivé à Saint-Christophe avec la tête de sa division, avait déjà battu Riesch et le poursuivait; la brigade Debilly, restée à Ébersberg, avait également repoussé l'attaque des troupes sorties de Wasserburg avant l’arrivée de Lecourbe, A notre gauche le combat se soutint plus longtemps, Enfin,