‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 71 sur 522 · HOHENLINDEN — HOHENSTAUFEN · texte numérisé non relu

HOHENLINDEN — HOHENSTAUFEN

la division Legrand, du corps de Grenier, parvint à rejeter Kienmayer dans le défilé de Lenzdorf; la colonne de Latour, attaquée de front par la division Bastoul et prise en flanc par la brigade Joba, fut également battue et forcée de se retirer sur Isen. Les deux corps ennemis regagnèrent Dorfen fort maltraités : 11,000 prisonniers, dont 2 généraux, et 100 pièces de canon furent les trophées de la victoire du 1*° au 3. La perte de l’armée autrichienne s’éleva à 25,000 hommes; nous en perdimes 10,000. La dérouteet la dispersion de l’ennemi étaient complètes : en le poursuivant avec vigueur et vivacité, peu de débris auraient passé l’Inn; mais Moreau, qui savait vaincre, ne sut jamais profiter de la victoire : il perdit la journée du 4, et ne se remit en mouvement que le 5. G2l G. DE VAUDONCOURT.

HOHENLOHE, d'abord comté et plus tard principauté du cercle de Franconie, que l’acte de la Confédération du Rhin médiatisa en 1806 et plaça pour la plus grande partie sous la domination du Wurtemberg et le reste sous celle de la Bavière, et comprenant une superficie d'environ 22 myriamètres carrés.

La famille de Hohenlohe fait remonter son origine jusqu'au douzième siècle; mais ce n’est qu’à partir du comte Gottfried, confident de l’empereur Henri VI, que la lumière commence à se faire dans son histoire. Les fils de Gottfried fondèrent les branches de Hohenlohe - Braunceck, éteinte dès la quatrième génération, et de Hohenlohe-Holloch. Cette dernière s’est subdivisée en de nombreux rameaux, dont les seuls aujourd’hui existants sont Hohenlohe- Neuenstein et Hohenlohe- Waldenbourg. Le premier, qui appartient à la religion protestante, a formé les lignes de Hohentlohe - Neuenstein - Œhringen, et Hohenlohe- Neuenstein-Langenburg. La première de ces lignes, dont les possessions occupent une surface de 3 myriamètres carrés, est représentée aujourd’hui par le prince Zrnest, né le 7 mai 1784, général major au service de Wurtemberg ; la seconde, dont les possessions occupent une superficie de & myriamètres carrés, est représentée par le prince Auguste, né le 27 novembre 1784, lieutenant général wurtembergeois, qui possède en outre un majorat considérable en Silésie. Le second rameau, celui d'Hohenlohe-Waldenbourg, professe la religion catholique, et distribue encore à ses membres un ordre du Phénix, fondé en 1754. Il a également formé deux lignes : Hohkenlohe-Waldenbourg-Bartenstein, représentée aujourd’hui par le prince Charles, né le 2 juillet 837; et Hohenlohe- Waldenbourg-Schildingsfürst, représentée aujourd’hui par le prince Frédéric, général au service de Russie. Les possessions de la ligne de Hohenlohe - Bartenstein occupent une superficie de 5 myriamètres carrés, avec 24,000 habitants ; et celles de Hokenlohe-Schillingsfürst une superficie de 3'/? myriamètres carrés.

C'est à la branche de Hohenlohe-Waldenbourg - Bartenstein qu'appartenait le prince Louis-Aloys De Honen- LOHE, qui, après s'être distingué à l’armée de Condé, fut nommé maréchal de France sous la Restauration, à la suite de l’expédition d’Espagne, en 1823, pendant laquelle il avait commandé un corps, et qui mourut en 1829.

Le prince de HonenLoge le thaumathurge, A/exandre- Léopold-François-Emmerichk, appartenait à la branche de Hohenlohe- Waldenbourg-Schillingsfürst. 11 était né en 1794, et le dix-huitième enfant issu du mariage du prince Charles- Albert avec la fille d'un magnat hongrois. Il reçut l’ordre de la prètrise en 1815, alla l’année suivante à Rome, où il s'afflia à la Société de Jésus, et revint en 1817 en Bavière, où bientôt Il eut la réputation de guérir les maladies les plus incurables par la simple intervention de ses prières. Quoique denombreuses guérisons miraculeuses attestassent le don des miracles dont le ciel l'avait doué, le saint-siége se garda bien de vouloir prononcer sur leur authenticité, et se borna à laisser dire et faire. Le prince de Hohenlohe, devenu évéque de Grosswardein en Hongrie, mourut en 1850. On a

île lui de nombreux ouvrages ascétiques et une dissertation

politico - religieuse : Quel est l'esprit de notre temps? (Bamberg, 1821), dédiée aux empereurs d'Autriche et*de Russie, où il établit qu’il ne peut y avoir de sujets fidèles que parmi les bons catholiques.

HOHENSTAUFEN, famillle de dynastes allemands qui parvint à la couronne impériale, la garda de 1148 à 1254, et s’éteignit en ligne mâle dans la personne de Conradin en 1268. Le premier &e ses ancêtres bien authentiques fut Frédéric de Buren, ainsi appelé du village de Buren, situé entre Gmund et Gœppungen, près de Hohenstaufen, dans le royaume de Wurtemberg. IL vivait vers le milieu du onzième siècle; et, abandonnant la vallée étroite où il avait jusque alors habité, il alla s'établir sur une hauteur voisine, appelée Séaufen , d’où il prit le nom de Hohenstaufen. De Hildegarde, issue d’une famille de Franconie et d'Alsace, il eut un fils, appelé le chevalier Frédéric de Buren, seigneur de Hohenstaufen, qui défendit l’empereur Henri IV dans foutes ses adversités, et déploya notamment une telle bravoure à la bataille de Mersebourg (1080), contre Rodolphe de Souabe, que ce prince, après lui avoir octroyé le duché de Souabe, lui fit épouser sa fille Agnès et même lui confia, en 1081, l’administration de l'Allemagne quand il franchit les Alpes pour s’en aller combattre le pape. Ces distinctions furent sans doute la base des grandeurs de la maison de Hohenstaufen ; maïs elles devinrent en même temps la source des longues et funestes guerres que les Hohenstaufen eurent à soutenir contre l’antique famille des Guelfes, au préjudice de laquelle elles avaient été accordées.

Berthold, fils de l’anti-roi Rodolphe de Souabe, et Berthold de Zæhringen disputèrent au nouveau duc la possession de son duché; et ce ne fut qu'après de longues guerres, mélées de succès divers, qu'il put lui être de nouveau solennellement octroyé, en 1097, mais notablement diminué. À sa mort le duc Frédéric laissa deux fils, Frédéric et Conrad. Le nouvel empereur, Henri V, pour s'assurer le dévouement et l'appui de la famille de Hohenstaufen, qui lui était alliée par les liens du sang, confirma aussitôt à l'aîné de ces deux fils, Frédéric IT, dit Le Borgne, la pose session du duché de Souabe ; et en 1112 il octroya aussi à Conrad , frère de celui-ci, le duché de Franconie. Les deux frères, Frédéric 21 notamment, lui en témoignèrent leur reconnaissance par le fidèle attachement dont ils lui donnèrent d'éclatantes preuves dans la querelle des investitures et dans ses luttes contre le duc Lothaire de Saxe. Mais quand il voulut violer la constitution de l’Empire, ils lui résistèrent ouvertement et avec la plus inébranlable résolution, d'accord en cela avec les autres princes.

A la mort de Henri V, dernier roi d'Allemagne de la maison de Franconie, les Hohenstaufen héritèrent de ses domaines ; et Frédéric, en raison des remarquables qualités dont il était doué ainsi que de sa proche parenté avec l’empereur défunt et de la puissance de sa maison, élevait à la couronne impériale des prétentions qui semblaient d'autant plus légitimes que l'opinion générale se prononçait en sa faveur. Toutefois la crainte qu'inspirait sa puissance, jointe à la haine que divers princes transportèrent de l'héritier des Francs-Saliens à la maison de Hohenstaufen, et les perfides intrigues de l’archevêque Adalbert, de Mayence, furent cause que les électeurs choisirent pour empereur Lothaire Ze Saxon, le plus acharné de tous les ennemis de Frédéric.

Cette élection, la prétention que le nouvel empereur éleva aussitôt de faire restituer par les Hohenstaufen les diverses possessions qui leur avaient été accordées sous le règne précédent allumèrent alors une guerre violente entre la famille de Hohenstaufen et l’empereur. Fort de son alliance avec les princes de la maison de Zæhringen et avec Henri le Superbe de Bavière, à qui il avait marié sa fille en lui donnant le duché de Saxe pour dot, Lothaire attaqua les Hohenstaufen dans le dessein d'en finir d’un seul coup avec la puissance de celte maison. Pendant longtemps Frédérie dut se défendre

tout seul contre ses puissants adversaires, parce que son frère se trouvait en ce moment absent, par suite d’un pèlerinage qu’il était allé faire en Terre Sainte. A son retour la lutte parut devenir plus favorable aux deux frères; et Conrad, à la suite d’une audacieuse expédition entreprise par-delà les Alpes’, se fit couronner roi d'Italie à Monza (1128). Mais Conrad n'ayant pas pu se maintenir en Italie contre les Guelfes et contre le pape, et les forces de leurs adversaires s’accroissant chaque jour en Italie, les deux frères se virent enfin contraints, en 1135, d’implorer le pardon de l'empereur. 11 leur fut effectivement accordé, et à la-diète tenue en 1135 à Mulhausen Conrad renonça au titre de roi d'Italie; mais il obtint la prééminence parmi les ducs, et son frère recouvra toutes ses possessions. En suite de quoi les deux frères accompagnèrent Lothaire dans son expédition en Italie. Mais à la mort de Lothaire Conrad de Franconie fut élu empereur d’Allemagne, le 22 février 1138, sous le nom de Conrad III. Cette élection au trône impérial ouvrit l’ère brillante des Hohenstaufen, dont alors, pendant près d’un siècle, la puissance ne fit que prendre des développements toujours plus grands. Mais la haine des Guelfes pour les Hohenstaufen (voyez GiBELINS), haine dont les premiers germes se trouvent dans l'alliance conclue entre le duc guelfe de Saxe et de Bavière Henri le Superbe avec empereur Lothaire, ne fit que s’accroître par suite de cette accession des Hohenstaufen à ia couronne impériale.

La lutte commença lorsque, conformément aux lois de l'Empire, le Gibelin Conrad exigea du duc Henri, à la diète de Ratisbonne, que des deux duchés de Saxe et de Bavière, dont il se trouvait en possession, il renonçAt au second, et lorsque, sur le refus de Henri d’obtempérer à cette sommation, il l’eut mis au ban de l'Empire, Henri mourut inopinément en 1139. Son fils, Guelfe VI, continua la lutte; mais les victoires de Weinsberg (1140) et de Flochberg (1150), remportées par ses adversaires, accrurent considérablement la puissance des Hohenstaufen aux dépens surtout des princes de la maïson de Zæhringen, alliée des Guelfes, et la lutte ne fit dès lors que la consolider davantage. Bien que l'empereur Conrad n’eût point réussi dans son projet d’assurer par une loi de l’Empire l’hérédité de la couronne impériale dans sa maison, la confiance que dans tout l’Empire on avait dans les Hohenstaufen fat cause qu’à sa mort, arrivée en 1152, le choix des électeurs se fixa sur son neveu, Frédéric ILE, fils de Frédéric II, dit Le Borgne, qui, comme empereur, est connu dans l’histoire sous le nom de Frédéric 1°" Barbe-Rousse. Ce qui ne contribua pas peu à l’affermissement de sa maison, c’est qu’en triomphant de Henri le Lion, à qui il enleva son duché et qu’il réduisit à la possession du Brunswick , il anéantit complétement la puissance des Guelfes en Allemagne, Mais par le succès qui avait couronné ses armes en Italie il avait excité la jalousie du pape; et ce fut là ce qui fit échouer son fils et successeur, l’empereur Henri VI, dans ses efforts pour rendre la couronne d'Allemagne héréditaire dans sa famille malgré le consentement écrit de plus de cinquante membres de l’'Empue ; aussi eut-il beaucoup de peine, en 1196, à assurer la nomination de son fils, alors âgé de deux ans seulement, pour lui succéder sur le trône. Le mauvais vouloir des papes à l'endroit des Hohenstaufen fut causé que pendant la minorité du jeune Frédéric II l’on opposa le duc de Zæhringen, comme anti-roi, à son oncle Philippe de Souabe, nommé administrateur de l'Empire jusqu’à sa majorité, Convaineu que dans de telles circonstances il lui serait impossible de conserver la couronne à son neveu, Philippe la revendiqua pour lui-même. Il acheta, moyennant 11,000 marcs d'argent, la renonciation de Berthold de Zæhringen à ses prétentions personnelles ; et il eût vraisemblablement fini par l'emporter dans sa lutte contre Othon IV de Brunswick, que le papelui suscita pour compétiteur, s’il n’était mort prématurément, en 1208, sous le poignard d'un assassin. Le meurtre de Philippe rendit, il est vrai, Othon 1V seul maître de l'Empire pendant quelque temps; mais lorsqu'il essaya de

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