HOHENSTAUFEN
faire prévaloir son autorité impériale en Italie, ils’attira ainsi l'inimitié du pape Innocent II à un degré tel que celui-ci épousa la cause du jeune Frédéric, qui avait été précédemment reconnu comme empereur (à ce moment il était roi de Sicile), et qu'après avoir excommunié l’empereur Othon il excita même contre lui un retoutable parti dans PEmpire. Frédéric repassa alors les Alpes én toute bate, et se fit couronner à Aix-la-Chapelle sous le nom de Frédéric Il; puis, après la déroute qu’Othon IV essuya à Bouvines, en 1214, il régna seul en Allemagne.
Au début de son règne tout sembla se réunir pour favoriser l'agrandissement de sa maison. Quand la famille de Zæhringen vint à s’éteindre, en 1218, il hérita de ses possæssions. Il récupéra de même les domaines héréditaires de sa race que son oncle Philippe avait aliénés ; ses guerres en Italie furent couronnées de succès, et en 1220 il obtint sans difficulté que son fils Henri fût élu pour lui succéder comme empereur d'Allemagne. Mais quand la cour de Rome se prit à soupçonner le plan grandiose qu'avait concu l'empereur de constituer un empire romain-allemand ayant pour base principale l’Italie transformée en monarchie, elle lui opposa larésistance la plus vive, en soulevant contre lui le parti guelfe, qui dominait plus particulièrement dans les villes de la haute Italie, en suscitant de nombreux anti-rois en Allemagne, en y provoquant des révoltes et jusqu’à des complots contre la vie de l’empereur , enfin en lançant de nouveau contre lui les foudres de l'excommunication. Par la terreur de son nom et par la grandeur de son génie Frédéric II maiatint encore, il est vrai, l’éclat et la puissance de la maison de Hohenstaufen ; mais une fois qu’il fut descendu au tombeau la décadence de sa race fut rapide.
Frédéric avait déjà de son vivant fait élire, en 1237, à Spire, son second fils, Conrad, en qualité de roi des Romains, après que l'aîné, Frédéric, eat été privé de cette dignite par son père pour s'être révolté contre lui. Conrad IV fut effectivement reconnu en qualité de roi par le plus grand nombre des États de l’Empire à la mort de son père, arrivée en 1250; mais les anti-rois et les ennemis que le pape lu suscita, de même que l’excommunication dont il le frappa, parelysèrent tellement les forces de ce prince en Allemagne qu’il prit le parti de passer en Italie pour tout au moins s'affermir dans la possession de ses États héréditaires, la Pouille et la Sicile, entreprise dans laquelle il fut grandement secondé par son frère consanguin, Manfred. Toutefois il ne tarda point à y rencontrer la mort, et périt empoisonné, suivant toute apparence (1254). Son fils unique Conrad, plus généralement appelé Conradin, était le seul représentant légitime de cette branche des Hohenstaufen. Tandis qu’il grandissait en ANemagne sous la tutelle de son oncle, le duc Louis de Bavière, Manfred s’efforçait de lui enlever son héritage en Italie. Quand plus tard, en 1258, contraint par les États de l’Empire, il fut monté sur le trône de Sicile, le pape, fidèle à sa haine pour la maison de Hohenstaufen, lui suscita un rival dans la personne de Charles d’Anjou. Le généreux Manfred, trahi par son entourage de seigneurs et abandonné par une grande partie de son armée, perdit la vie dans la bataille qu'il livra à l’envalisseur sous les murs de Bénévent, le 26 février 1266. Mais la cruauté de Charles d’Anjou suscita bientôt contre lui un redoutable parti, qui appela Conradin à venir reprendre possession du trône de ses pères. Battu à la bataille de Tagliacozzo, qu’il livra en 1268 à son rival Charles d'Anjou, Conradin de Hohenstaufen fut fait prisonnier, et périt à Naples de la main du bourreau.
Des autres descendants des Hohenstaufen, Enzio, roi de Sardaigne, fils de Frédéric II, mourut en 1272, prisonnier à Bologne; les fils de Manfred , Frédéric, Henri et Anselme, périrent également après avoir passé de longues années dans des cachots. De même, la fille de l'empereur Frédéric 11, Marguerite, épousa Albert le Grossier, qui la rendit très-malheureuse; et la fille de Manfred, Constance, devint la femme de Pierre HI d'Aragon, qui, qualorze ans plus tard, conquit la Sicile et vengea ainsi la mort de Conradin,