‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 73 sur 522 · HOHENSTAUFEN — HOHENZOLLERN-SIGMARINGEN · texte numérisé non relu

HOHENSTAUFEN — HOHENZOLLERN-SIGMARINGEN

Les domaines de la maison de Hohenstaufen échurent , après la mort de Conradin, à la Bavière, au souverain de Bade et au Wurtemberg. La dignité de duc de Souabe et ie Franconie s'étcignit, et il n’y eut que le titre de duc de Franconie qui demeura nominalement attaché au siége épiscopal de Wurtzbourg. Consultez Raumer, Histoire des Hohenstaufen et de leur temps (6 vol., 2e édit., 1841, Leip-

ti).

HOHENTHAL (Famille de). Quoique d’origine assez récente, les comtes de Hohenthal sont aujourd’hui considérés comme l’une des premières familles de la Saxe. Ils descendent de Pierre Honmann, né en 1663, de parents pauvres, à Kœnnern, dans le cercle de la Saal. Doué de beaucoup d'aptitude pour le commerce, il entra en apprentissage chez un marchand de Leipzig, et finit par fonder dans cette ville une maison de commerce qui, grâce à sa prudence, à son activité et à sa loyauté en affaires, parvint bientôt à un crédit et à une considération tels, qu’en 1717 l'empereur Charles IV l’anoblit en lui conférant le titre de banneret et de chevalier de Hohenthal. À sa mort, arrivée en 1732, il constitua un riche majorat destiné à soutenir l'éclat de son nom Il laissait six fils, qui fondèrent autant de lignes collatérales, élevées en 1733 au titre de barons, puis en 1790 à celui de comtes. Il n’en subsisie plus aujourd'hui que deux : celle de Hohenthal-Kænigsorück ek celle de Hohenthal-Dœllkau.

HOHENZOLLERN , ancienne famille princière allemande, à laquelle appartient la maison régnante actuelle de Prusse, et qui tire son nom du vieux manoir de Zollern ou Hohenzollern, situé dans la Souabe. On mentionne comme le plus ancien deses ancêtres le comte T'hassilo, qui vivait vers l’an 800. Vers l’an 980, le comte Frédéric I°* reconstruisit l'antique castel de sa race, et l’agrandit. Le comte Frédérie LIT, qui vivait vers l'an 1111, laissa deux fils, dont l'aîné, Frédéric IV, est la souche de la famille de Hohenzollern, encore aujoud’hui existante ; et le cadet, Conrad 1°", fonda la ligne royale de Prusse actuelle. En l'an 1200, il devint premier burgrave de Nuremberg. Son arrière-petitfils Frédéric IL, obtint, en 1273, le titre de prince de l’Empire et le burgraviat de Nuremberg à titre de fief héréditaire. En l'an 1415 l’empereur Sigismond octroya à Frédéric VI le margraviat de Brandenburg (voyez PRUSSE ). Le frère aîné de Conrad, Frédéric IV, en sa qualité de possesseur du fief paternel, continua la branche aînée des Ziohenzollern ; famille qui n acquit quelque importance qu’au seizième siècle, lorsque l’empereur Maximilien 1 eut accordé au comte Frédéric IV, en 1515, le titre héréditaire de chambellan de l’Empire. Son petit-fils, Charles 1°", à qui l’empereur Charles-Quint. prenait tant d'intérêt qu'il le fit élever en Espagne, obtint en 1529, quand la famille de War- ‘denberg vint à s’éteindre, les comtés de Sigmaringen et de Vœbhringen; plus tard il fut créé président du conseil audique de l'Empire, et en 1575 il établit dans sa maison un statut de succession aux termes duquel ses fils portèrent tous les armes et les titres des comtés de Hohenzollern, Sigmaringen et Væbringen, ainsi que des seigneuries de Haigerloch et de Wæhrstein, mais qui décidait que Ja charge de chambellan héréditaire de l'Empire appartiendrait toujours à l’ainé de la maison, à moins que celui-ci ny renoncât. Ses fils, Eitel Frédcric VI et Charles II se partagèrent l’héritage paternel ; le premier eut Honenzollern, le second Sigmaringen et Vœhringen. Eitel Frédéric VI construisit le château de Hechingen, et adopta pour sa ligne la dénomination de Hohenzollern-Hechingen, tandis que Charles donnait à la sienne le nom de Hohen=ollern-Sigmaringen. Le fils de Frédéric VI, le comte Jean-Georges pr HonENzoLLERN- Hecuncen, fut créé, en 1623, prince de l’Empire par l’em pereur Ferdinand If; le chef de la branche de Sigmaringen obtint la même distinction en 1632; et en 1692 l’empereur Léopold I“ accorda le titre de prince aux fils puinés de cette maison, sauf ceux de la famille de Hohenzollern-Haigerloch, branche collatérale de la maison de Sigmaringen. Le pays de

DICT. DE LA CONVERS. —- T. XI

Hohenzollern fut alors érigé en comté-princier, avec tous droits de souveraineté, complétement indépendant, ne relevant ni de l’empereur ni de l'Empire; fl n’y eut plus que la juridiction criminelle que ces princes tinrent de l’empereur à titre de fief. En 1695 et 1707 des conventions d'hérédité mutuelle furent conclues avec l'électorat de Brandenburg et les margraves de Baireuth et d’Anspach, et, de même que le statut de succession de 1575, elles servirent de base au nouveau statut de famille intervenu en 1821, et que confirma le roi de Prusse, en sa qualité de chef de toute la maison de Hohenzollern. En vertu de ce nouveau statut, le droit de primogéniture reste en vigueur ; et si une ligne mâle venait à s’éteindre , ses possessions devraient faire retour à la ligne féminine encore survivante, et à défaut de l’une et de l’autre, à la maison royale de Prusse. Maïs la souveraineté des divers territoires appartenant aux différentes branches de la fa

mille de Hohenzollern a déjà fait retour à la Prusse, en 1849 par suite de la renonciation volontaire des princes de Ho

henzollern à leur titre de prince souverain.

Les principautés de Hohenzollern forment un territoire long et étroit, situé au sud de Allemagne, sur le plateau de la Souabe supérieure, entouré sur trois de ses côtés par le Wurtemberg, et sur l’autre par le grand-duché de Bade, 11 s'étend, dans la direction du nord-est au sud-est, depuis la vallée du Neckar jusqu’aux environs du lac de Constance, et contient une superficie de 1,155 kilom. carrés, avec une populalion (1871) de 65,560 âmes. Cette contrée est traversée en partie par une chaîne d'âpres montagnes, et arrosée par le Danube et ses affluents, le Schmiech, le Lauchart et lAblach, et par le Neckar et ses affluents, l’Eyach, le Glatt et le Starzel. On trouve une source alcaline à Imnau, et à Glait des eaux sulfureuses et alumineuses. On cultive les céréales dans les vallées, parmi lesquelles la plus fertile est le Xillerthal. Cependant les principales ressources des habitants consistent dans l'élève du bétail et dans le commerce des bois, produit dont le pays abonde, ainsi que dans la filature du coton et du lin, dans la fabrication d’articles en fer et l'exploitation de quelques mines de fer dans les montagnes,

A l’exception d’une centaine de familles juives, la population des deux principautés , comme ses ci-devant souverains, appartient à la religion catholique romaine.

HOHENZOLLERN-HECHINGEN ( Principauté de). Sur un territoire de près de 252 kilom. carrés, elle contient (1864) 21,000 habitants. Elle est située au nord de Sigmaringen , sur le versant occidental de la montagne qui traverse tout le pays de Hohenzoller n. La paix de Lunéville luienleva des droits féodaux dansle pays de Liége, et le recez de l'Empire de 1803 lui accorda, comme indemnité, la seigneurie de Hirschblatt et le couvent de Mariagnadenthal, au village de Stetten. Le prince Herman Frédéric, par son accession à la Confédération du Rhin, devint prince souverain en 1806. La capitale de la principaaté est Hechingen. A 2 kilomètres de cette ville s'élève sur le Kegelberg, haut de 871 mètres au-dessus du niveau de l'Océan, le château de Hohenzollern, berceau de la famille, qui a été tout récemment restauré, et dont il est même question depuis longtemps de faire une place forte. Écar

Depuis 1796 la principauté possédait une constitution d'états qui fut révisée en 1835. Aujourd’hui, de même que la principauté de Sigmaringen, elle fait partie intégrante de la monarchie prussienne.

, HOHENZOLLERN-SIGMARINGEN (Principauté de). Sur près de 880 kilom. carrés de superficie, elle compte 43,000 habitants. La paix de Lunéville lui enleva certains droits féodaux sur des seigneuries situées dans les

Pays-Bas et des domaines en Belgique ; mais elle en fut dédommagée par la cession de la seigneurie de Glatt et de domaines appartenant à divers couvents. Le prince A/oys- Mainrad, par son accession à la Confédération du Rhin, en 1806, devint alors souverain, et reçut en échange de | divers domaines et droits féodaux dont sa famille était en

possession dans les Pays-Bas différentes seigneuries voisines de sa principauté.

La partie septentrionale de la principauté, dite Oberland de Sigmaringen , et qui appartient au bassin du Danube, se compose d’un sol pierreux et montagneux, qui ne produit pas la quantité de céréales nécessaire à la populalion, mais en revanche très-boisé. La partie méridionale, pays généralement plat et fertile, arrosé par le Neckar et son affluent l'Eyach, produit assez de blé pour pouvoir en exporter. La capitale est la petite ville de Sigmaringen.

A la suite des événements de 1848, les deux princes de Hohenzollern-Hechingen et Hohenzollern-Sigmaringen

renoncèrent , le 7 décembre 1849, à leurs droits de souveraineté; leurs Élats furent réunis à la Prusse.

A la branche de Hohenzollern-Sigmaringen appartient le prince Léopold, né le 22 septembre 1835, fils du prince Antoine, mort en 1872, et petit-fils d’Antomnette Murat. Major prussien, il serait inconnu s’il n’avait été choisi en 1870 par le maréchal Prim pour occuper le trône d'Espagne, Cette intrigue ténébreuse eut pour la France des conséquences néfastes (voy. Mic HUIT CENT SOIXANTE-DIX)'

HOIR, vieux mot employé encore dans la jurisprudence pour signifier À éritier. 11 s’applique ordinairement aux enfants et petits-enfants, de préférence aux autres héritiers. ll s'emploie plus volontiers au pluriel qu’au singulier.

HOIRIE, vieux mot synonyme d’héritage, succession. On dit encore aujourd’hui : faire un don en avancement d'hoirie, c'est-à-dire faire à l’un de seshéritiers unedonation en avance sur la succession qui doit lui échoir. Comme les qualités de donataire et d’héritier sont incompatibles, si l’on accepte plus tard la succession, on doit rapporter dans sa masse tout ce que l’on a reçu en donation. Si l’on y renonce, au contraire, on peut retenir le don entre vifs jusqu’à concurrence de la portion disponible. Il n’y avait autrefois que les donations en avancement d’hoirie où l’on suivit ces règles; elles ont été étendues par le Code Nap. aux donations pures et simples. La clause d’avancement d'hoirie devenait donc inutile; on continua néanmoins de l'insérer dans les actes; et les notaires ont conservé cette forme de style, par suite de l'habitude louable où ils sont de faire remarquer aux parties les effets des contrats qu’elles souscrivent.

HOLBACH (Pauz-Henri-TaierrY, baron p’), naquit à Heiïidelsheim, dans l’ancien Palatinat, au commencement de l’année 1723. A en croire Rousseau, son père était un parvenu; mais le Genevois ne pardonnait pas au baron ce qu'il appelle ses grossièretés à son égard. Tout ce qu’on sait, c’est que d’Holbach vint à Paris dans son enfance, et que son père lui laissa une brillante fortune. Dès lors sa maison devint le rendez-vous de tous les étrangers de marque, de tout ce que Paris renfermait de distingué dans les sciences, les lettres et les arts : Buffon, D’Alembert, Diderot, Helvétius, Raynal, beaucoup d’autres, y formaient une sorte d’aréopage philosophique. Deux ou trois fois la semaine, d’Holbach donnait à ses intimes de splendides diners ; mais Buffon ne tarda pas à se retirer de cette société, L'abbé Galiani, un des convives les plus exacts, appelait son amphitryon le maître d'hôtel de la philosophie. Naigeon, moins ingrat ou plus épicurien, publiait dans le Journal de Paris qu'il offrait la pratique constante de toutes les vertus qui font le plus d'honneur à la nature humaine, et qu'il avait reculé les bornes des sciences politiques, philosophiques et morales. C’est pourtant d’'Holbach qui a écrit ces deux blasphèmes : « Un Dieu immatériel, infini, immense, est une chimère composée par la théologie. — L’athéisme est le seul système qui puisse conduire l'homme à la liberté, au bonheur, à la vertu. »

Des nombreux ouvrages qui ont paru sous son nom ou sous des pseudonymes, aucun n’atteste cette justesse d’esprit et de jugement que ses amis ont vantée ; rien dans les habitudes de sa vie ne justifie non plus ce que Naigeon, entre autres, a dit de la simplicité autique et patriarcale de ses

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