‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 79 sur 522 · HOLSTEIN —, HOLYROOD · texte numérisé non relu

HOLSTEIN —, HOLYROOD

gnification. À o8 moment on entrevit la possibilité d’une séparation amiable d'avec le Danemark , attendu aue la ligne mâle directe de la maison royale VS à s'éleindre, éventualité plus ou moins prochaine et probable, la couronne de Danemark passerait à la ligne féminine de la maison royale, tandis que les duchés devraient appartenir à la famille d'Augustenburg. En Holstein, comme en Danemark, l'opinion prit la question d'autant plus à cœur, que ces éventualités acquéraient toujours plus de vraisemblance. Tandis que surgissait tout à coup parmi les Danois, et sans détours, la pensée de ne plus faire des deux pays qu'un seul et même État, l'opinion publique , en Holstein, se roidissait avec toute la force du sentiment sational contre de tels projets, et trouvait le plus important de ses organes dans la diète des états provinciaux. Lors de la diète danoise tenue

en 1844 à Rœæskilde, le député Algreen-Uessing, bourg- | mestre de Copenhague, ayant présenté une motion pour l’u- | nité et l’indivisibilité futures de l’Étatcomplexedanois, la po- : pulation du Holstein fut unanime pour repousser cette idée; |!

et, dans une énergique déclaration, les états réunis à Itzehoë proclamèrent que les habitants du duché voulaient demeurer indépendants et conserver leur antique droit de succession.

Œandis qu'à l’intérieur du duché le sentiment patriotique

s'exaltait toujours davantage, et que dans le reste de l'Alle-

magne l'intérêt et l'importance attachés à la solution de :

cette question devenaient de plus en plus vifs, les Danois ne!

restaient pas non plus inactifs. Si la motion faite à Rœskilde en 1844 en était restée là, deux ans plus tard ce fut la couronne elle-même qui essaya de trancher le nœud. Le ‘8 juillet 1846 parut la fameuse lettre patente de Chris

lian VIII qui déclarait que le Schleswig out entier et une | partie du Holstein seulement constituaient un tout indivisible

avec la monarchie danoise. L’assemblée des états du Hol- Stein rédiga une incontestable exposition des droits du pays, et le roi de Danemark ayant refusé de la recevoir, elle in- Yoqua l’appui et la garantie de la diète germanique, La population tout entière manifesta dès lors l'attachement le plus if pour la cause nationale ; et dans tout le reste de l’Alle-

magne se déclara une sympathique agitation, qui se traduisit : en adresses el en protestations en faveur du bon droit du | Schleswig ei du Holstein. La diète germanique elle-même rendit (le 17 septembre) une décision qui tout au moins n'était :

point défavorable aux droits de Holstein. Que si cette at-

.taque directe des Danois contre les droits des duchés n’avait : pas cette fois encore réussi, puisque dans une seconde {ef- :

tre palente Christian VIII s’efforça d’atténuer l’effet produit

par la première, le parti danois n’en poursuivit pas avec :

ins d’ardeur la réalisation de la pensée de l'incorporation des duchés au Danemark. C’est ainsi qu’en 1847 on imagina de réunir tuutes les parties de la monarchie au moyen d’une constitution libérale commune, dans l'espoir de réussir par l’appât de la liberté là où avaitléchoué l’absolutisme, #1 La mort de Christian VIII et l’avénement au trône de son fils Frédéric VII (20 janvier 1848) fournirent à cette combinaison l’occasion de se développer rapidement, Dès le 28 janvier le nouveau roi annonçait un projet de constitution commune pour l'État complexe, constitution sur laquelle seraient appelés à délibérer des hommes éclairés et expérimentés du Danemark et des duchés. Pendant ce temps-là l'administration danoise continuait toujours d’agir, et se montrait préoccupée avant tout de Ja pensée de daniser le Holstein, et plus particulièrement encore le Schleswis : si donc la population se décida à procéder aux élections pour une assemblée des notables, ce ne fut qu’en exprimant la défiance la plus manifeste contre la politique danoise et qu’en faisant les réserves les pius expresses pour le maintien des antiques droits des duchés de Schleswig-Holstein. Enfin s’accomplirent les événements de mars 1848. À Copenhague la révolution imposä au roi un ministère qui pta pour devise cette formule politique « le Danemark jusqu’à l’Eider ». Cet événement eut pour suites la réunion

| “des États du Holstein et du Schleswig, délibérant en commun

BICT. DE LA CONVERS, — Te Xe

(18 mars), l'envoi d’une députation à Copenhague, chargée d’y protester en faveur du maintien des droits et de l'union séculaires du Holstein et du Schleswig, et, après l’insuccès de cette démarche, le rapide et victorieux soulèvement des duchés ainsi que l'établissement (24 mars) d’un gouvernement provisoire pour ces deux provinces allemandes. A l’article SeuLeswiG-HoLsreiN nous traiterons la question de droit politique qui se trouvait alors litispendante, de méme que, pour éviter d’inutiles répétitions, on y trouvera le récit des événements ultérieurement arrivés en Holstein, dont les destinées ont suivi celles du Schleswig.

HOLSTEIN-GOTTORP (Maison de). Elle descend da duc Adolphe de Holstein, frère ainé du roi de Danemark Christian I11, lequel partagea avec son cadet les duchés de Schleswig et de Holstein,dont il hérita à la mort de son père, le roi de Danemark Frédérie I°, tandis qu’en Danemark, où la loi de primogéniture était depuis longtemps en vigueur, il n’y eut pas de partage. La famille de Holstein-Gottorp, qui occupe aujourd’hui le trône de Russie, et à laquelle appartenait la famille royale de Suède que les événements de 1809 exilèrent de ce pays, tire ce nom d’un vieux manoir féodal, appelé Gottorp el situé près dela ville de Schleswig, où les successeurs du duc Adolphe K*° (mort en 1586) résidèrent pendant tout le dix-septième siècle et une grande partie du dix-huitième. Les luttes incessantes de la maison de Gottorp contre les rois de Danemark occupentune grande place dans l’histoire du nord de l’Europe. OLTEI ( CuarLes DE), poëte dramatique et lyrique, né à Breslau, en 1797, abandonna la carrière universitaire pour débuter en 1819 , sous le nom de Mortimer, au théâtre de Breslau. Après avoir subi de rudes épreuves à Dresde, il renonça à monter désormais sur les planches, tout en conservant la place de secrétaire et de poëte du théâtre de Breslau. Des tracasseries le décidèrent à se rendre à Berlin, où il composa ses premiers vaudevilles : Les Viennois à Berlin, et Les Berlinois à Vienne ; il y publia aussi des Poésies (1826). Dès lors il fit représenter successivement sur le théâtre de la Kæmsgstadt un grand nombre de pièces ; et on peut dire que c’est lui qui a naturalisé le vaudeville en Allemagne. Après avoir pendant quelque temps dirigé le théâtre de Riga, puis celui de Breslau, il s’occupa de la publication de ses mémoires et de ses souvenirs, consignés dans ses Let/res écrites de Grafenort (1841), dans Quarante ans (1843-1850, 8 vol.), et dans une Année en Si= lésie (1864, 2 vol.). Il réunit ses {ravaux dramatiques sous le titre de Théâtre (1845). On a aussi de lui des romans, par exemple Les Vagabonds(1852), Noblesse oblige (1860), et Ze Dernier comédien (1862). Les caractères particuliers à son talent sont une grande mobilité d’esprit, une disposition à la sensibilité dégénérant souvent en sentimentalilé fausse, et une certaine vanité. Beaucoup de ses chansons sont à juste titre populaires. } HOLYROOD (c'est-à-dire Sainte-Croix), l'antique palais des rois d'Écosse, à Édimbourg, et le monastère de Holyrood-House qui lui faisait face, furent construits vers le milieu du douzième siècle, par le roi David J*", puis complétement brûlés, en 1544, par les Anglais, sauf la nef de l’église. Le palais fut reconstruit sous le règne du roi Jacques V, et servit alors de résidence ordinaire à la reine Marie Stuart et à son fils, Jacques VI, jusqu’au moment où celui-ci ceignit, en 1603, la couronne d'Angleterre, sous le nom de Jacques I‘, Encore une fois détruit par les troupes de Cromwell, le palais resta en ruines jusqu à ce que, en 1673, sous le règne de Charles I], commença la construction du palais actuel, dans lequel on conserva se forme primitive à la partie nord-ouest du vieux palais bâti par Jacques V. Le nouveau palais fut édifié en pierre, sur jes dessins de l'architecte W. Bruce, en forme de carré, dont chaque côté présente un développement de près de 80 mètres, et dont les façades sont flanquées à chaque angle de fortes tours. Dans la galerie du côté du nord, longue de 49 mètres sur 8 de large, et haute de 6 mètres, se trouvent

les portraits de 114 rois d'Écosse, pour la plupart fabuleux, peints par le Hollandais de Witt. Dans la partie ancienne du château on a conservé la chambre de la reme Marie Stuart, tout à fait en l’état où elle se trouvait lorsque cette princesse l’habitait, avec les différents meubles et ustensiles dont elle se servait et avec quelques broderies de sa main. On y voit aussi le cabinet où, en présence de la reine, son favori Rizzio fut assassiné par le conjuré Darnley, lequel était parvenu jusqu’à eux par une trappe donnant sur le corridor voisin. La chambre de la reine fut habitée pendant quelque temps, en 1745, par le prétendant Charles-Édoua rd, et peu après la bataille de Culloden, par le duc de Cumberland. Plus tard le palais d’Holyrood servit, à deux reprises, de 1795 à 1799 et de 1830 à 1832, d’asile aux Bourbons chassés de France. Sauf la partie dont nous venons de parler, à laquelle se rattachent d’intéressants souvenirs historiques et que les descriptions de Walter Scott ont surtout contribué à populariser, le château de Holyrood a été presque entièrement converti en casernes et en magasins d’armes et de munitions. On y conserve aussi, dans la chambre dite de la couronne, ja couronne et les insignes des rois d'Écosse, retrouvés en 1818. Depuis que la reine Victoria, dans les tournées d'automne qu’elle fait habituellement en Écosse, vient se loger à Holyrood, les appartements d'honneur du château ont été décorés et meublés à neuf.

HOMARD , espèce de crustacé décapode macroure, de la famille des astaciens, qui a jusqu’à 0,45 de longueur, et dont la chair est très-estimée quoique difficile à digérer. C’est l’astacus marinus de Fabricius, et le cancer gammarus de Linné. Ses caractères sont : Carapace unie, terminée antérieurement par un rostre tridenté de chaque côté, avec une double dent à sa base supérieure ; pinces trèsgrosses, inégales, l’une ovale, avec des dents fortes et mouse ses, l’autre plus petite, allongée, avec de petites dents nombreuses; bords des segments de l'abdomen obtus; couleur brune verdâtre, filets des antennes rougeâtres. Cette espèce habite les lieux remplis de rochers et peu profonds, sur les côtes de l'Océan, de la Manche et de la Méditerranée. Elle pond ses œufs au milieu de l'été. L. LAURENT.

La pêche du homard, dans la mer du Nord , est une industrie des plus productives pour les habitants de l’île de Helgoland, qui tronvent à Hambourg un placement des plus avantageux pour cet article. Les Norvégiens, qui pêchent aussi beaucoup de homards sur leurs côtes, les vendent pour la plus grande partie aux Anglais et aux Hollandais, qui se chargent ensuite de les conduire dans divers ports de mer, enfermés tout vivants dans des bateaux à double fond construits pour cet usage. Dans la plupartdes ports où ils ar1ivent, on les cuit ou on les marine pour les envoyer dans l'intérieur du pays, à moins qu’on n'ait à sa disposition la facile et rapide voie de transport des chemins de fer. On a calculé que dans le nord de l’Europe seulement il ne se consomme pas moins de cinq millions de homard par an.

HOMBERG (Guizzaume), chimiste célèbre, dont le nom resta jusqu’à la création de notre nomenclature attaché à plusieurs substances qui furent l’ohjet de ses savantes recherches, entre autres l'acide borique (sel sédatif de Homberg et le chlorure de calcium (phosphore de Homberg). Né à Batavia, le 8 janvier 1652, d’un employé de la Compagnie des Indes, il revint à Amsterdam avec sa famille, et ce fut dans cette ville qu'il commença les études qu'il devait contisuer pendant une partie de sa vie, tantôt aux universités de léna et Ge Leipzig, où il cultiva le droit, tantôt à Magdebourg, où Otto de Guerickeg linitia aux secrets de la physique; plus tard, à Padoue ÿ où il s’adonna à la médecine, à l'anatomie et à la botanique ; à Pologne, où il s’occupa d’alchimie ; à Rome, où il se livra à l'optique; plus tard encore en France, en Angleterre, en Hongrie, en Bohême, en Suède, cherchant partout à agrandir le cercle de ses connaissances encyclopédiques. Appelé à Paris, en 1691, par l'abbé Bignon, Homberg fut

HOLYRCOD — HOMBOURG

agrégé à l’Académie des Sciences, dans le Recueil de la qnelle il fit paraître environ cinquante mémoires d’un grand intérêt, ayant pour principaux objets la chimie, la physiologie végétale et l'optique. Le duc d'Orléans le choisit, en 1702, pour lui enseigner la physique, Cette flatteuse. distinction redoubla l'amour de Homberg pour l'étude. Ce savant, dont Fontenelle nous peint le caractère sous les plus riantes couleurs, mourut le 24 septembre 1715.

HOMBOURG, capilale de l’ex-landgraviat de Hesse-Hombourg,etrésidence du landgrave, est une ville pittoresque, avec 8,626 habitants (1471). Elle est située à 16 kil. de Franclort, avec qui elle communique par un chemin de fer, à l'extrémité orientale de la chaîne de montagnes nommée Taunus, et qu’on désignait autrefois par le nom de Hæhe (mont), encore en usage chez le bas peuple , d’où est venue l’épithète ès-mont (vor der Hæhe), attachée au nom de Hombourg, pour distinguer cette ville de plusieurs localités portant le même nom. Hombourg est bâti sur une colline, à 200 mètres au-dessus de la mer. Le château du landgrave en occupe la partie la plus élevée, Au nord de la colline se trouve la vieille ville, avec ses rues étroites, ses maisons basses et disgracieuses , formant contraste avec les deux autres tiers de la ville, dont les rues larges , les jolies maisons peintes, à un seul étage, dénotent l’origine récente.

Avant 1834 ce n’était qu'une misérable ‘bourgade : le génie de la spéculation en fit en quelques années une ville modèle. Rien n’y manque en effet de tout ce qui caractérise la civilisation la plus raffinée : églises et chapelles, écoles, hôpitaux, institutions de bienfaisance, banques, théâtre, voitures publiques, télégraphe, gaz, hôlels, etc. Tout cela pourtant n’est qu'un brillant décor auquel le jeu a donné les apparences de la vie. Malgré la vertu des eaux minérales de Hombourg, elles attiraient peu de monde, lorsque MM. Blanc frères, de Paris, passèrent, en: 1841, un bail de trente années avec le landgrave pour le fermage de ces eaux, en même temps (et c'était là le véritable motif de l’entreprise) que pour les jeux de hasard dits trente et quarante et roulette, que la loi française venait de bannir de Frascati et du Palais-Royal. Ils y firent bâtir un Casino ou Kursaal, le plus beau sans contredit de l'Allemagne. Ce magnifique bâtiment, situé au centre de la ville, et séparé de la rue principale par un square orné d’orangers et de fleurs, a 70m de façade et 30m de profondeur. Une grande salle de bal, placée au centre, sépare les deux ailes, qui contiennent à droiteune salle à manger de cent couverts destinée à la table d’hôte, des cabinets particuliers, et un café; à gauche, un salon de lecture et trois salons de jeu. Le long de la façade intérieure règne une terrasse, au bas de laquelle s’étend un parce magnifique. L'annexion de la Hesse-Hombourg à la Prusse a fait condamner ce fastueux établissement, qui a été fermé le 28 décembre 1872.

Les sources de Hombourg sourdent au pied de la colline sur laquelle est bâtie la ville. Leur découverte remonte fort haut. Elles ne servirent longtemps qu’à l'extraction du gel de cuisine (chlorure de sodium), qu'elles fournisgaient en abondance, et l'exploitation n’en fut abandonnée définitivement qu’en 1740. Ce sont des espèces d'eaux mères des salines, très-salées comme elles, et dont l’usag® médicinal ne remonte qu’à 1811.

Les sources minérales de Hombourg sont au nombre de cinq : 1° La source Élisabeth (Elisabethenbrunnen ou Curbrunnen), désignée ainsi en l'honneur de la princesse Élisabeth, épouse du landgrave Joseph, était au nombre des sources salées qu'on exploitait autrefois. C'est par elle que furent commencées les expériences thérapeutiques du docteur Trapp, et elle est la plus fréquentée comme buvette. 2° La source de l'empereur (Kaiserbrunnen ou Sprudel), qu'on découvrit en 1842, par un sondage qui atteignit à 135 mètres de profondeur, Son surnom allemand de Sprudel lui est venu de l'espèce de bouillon-

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