HOMBOURG
nement que produit dans ses eaux l'acide carbonique qui s’en dégage en abondance. Ce dégagement est quelquefois si grand que la source en devient intermittente; c’est la source la plus chargée de principes (23 grammes par litre), la plus puissante et la plus purgative; c'est aussi la moins froide des cinq, à raison de son gisement, plus profond. 3° La source des bains (Badequellen), dont la
saveur est trop désagréable pour qu’il en soit fait usage à |
l'intérieur : c’est la seule source qui serve aux bains ; les quatre autres sources sont employées comme buvetles. 4° La source nouvelle ou ferrugineuse; ©est le fermier actuel qui l’a découverte, à une profondeur de 67 mètres. 5° La source acidule de Louis (Ludwigsbrunnen ou Sauerbrunnen), qui est la plus gazeuse des cinq. Ces différentes sources sont plus chargées de principes fixes que les plus salines des eaux françaises (Balaruc), mais plus de moitié moins que l’eau de mer, dont chaque litre contient 41 grammes de sels. M. Liebig, célèbre chimiste de Giessen, les a analysées, et il a constaté qu'elles contenaient par litre : chlorure de sodium, de 10 à 15 grammes, suivant les sources; des chlorures de potassium, de calcium, de magnesium, en quantités plus restreintes (2 à 3 grammes des trois sels réunis); de la chaux sulfatée et carbonatée, de la magnésie ou du fer carbonaté, de la silice et de l’alumine, des traces de bromure et quelquefois d’iode, enfin 2 à 3 grammes par litre d’acide carbonique libre,
‘et dans la source ferrugineuse, les acides crénique et apo-
crénique, des traces de chlorure lithique et d'ammoniaque, du manganèse et une matière organique. Ainsi on y trouve jusqu’à cinq éléments alcalins , servant de bases à des sels : soude, potasse, chaux, magnésie, ammoniaque ; quatre acides libres ou combinés ; et deux métaux, le fer et le manganèse. ‘On ne dit pas si M, Liebig y a trouvé l’arsenic, depuis qu’on a rencontré cette substance, en France et en Allemagne, dans des eaux déjà si nombreuses.
Toutes lessources de Hombourg sont froides à peu près au même degré : elles marquent en effet de 10° à 10° 5/8 ; une seule, celle de l’empereur, atteint 11 degrés centigr. Ces résultats ne s'accordent point avec les profondeurs assignées aux sources, et il doit y avoir quelque erreur, soit sur la mensuration des degrés thermométriques, soit pour l'assiette et la profondeur des réservoirs souterrains. En tout cas, il y à telle de ces sources qui fournit près de 100,000 litres d’eau dans les vingt-quatre heures, et qui conséquemment permettrait la distribution de 2 à 300 bains par jour. Ces eaux sont très-excitantes. Elles purgent, poussent aux urines, et quelquefois les bains chauds qu’elles composent suscitent des éruptions progressives assez ressemblantes à ce qu’on nomme la poussée, dans les piscines de Loèche. Eïles ne conviennent ni dans les affections aigués, ni durant la grossesse, ni quand il existe quelque altération organique (squirrhe, cancer, tubercules, épanchement apoplectique, myélite, etc.). Les sujets lymphatiques, bouffis et indolents, s’en trouvent mieux que les individus sanguins et maigres. Ces eaux aggravent toujours la phthisie pulmonaire de même que la syphilis. On les conseille dans des affections nombreuses, trop nombreuses sans doute. Maïs il en est réellement plusieurs dans le cours desquelles leur emploi peut avoir de très-réels avantages. De ce nombre nous citerons : 1° les affections cafarrhales chroniques, qu’elles commencent toujours par augmenter avant de les modérer ou de les tarir; 2° l’engorgement des viscères du ventre; 3° la suppression des flux sanguins, nécessaires par nature, ou devenus tels par l'habitude, par exemple les hémorrhoïdes ; 4° la gravelle et l'affection calculeuse, non-seulement parce qu’elles augmentent la sécrétion des urines, mais par une action vraisemblablement directe et chimique, en empêchant des concrétions nouvelles; 5° on les a encore employées avec
“quelque succès contre la paralysie non cérébrale, alors surfout que la maladie a eu pour cause des rhumalismes, des /raicheurs ou des excès énervants ; 6° elles convien-
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nent surtout, et à la manière des eaux de mer, dans les affections nerveuses et scrofuleuses, et principalement dans ce dernier cas, quand l’iode ou l’iodure de potassium n’ont pu être supportés ou n’ont pas réussi; 7° elles peuvent aussi réussir dans quelques engorgements des ovaires et de lutérus, et plus d’une fois elles ont servi de vermifuge. Dans la plupart des cas, on en tire plus d'avantage en boisson qu’en bains.
Pour ce qui est des bains, on les prescrit frais et de peu de durée aux gens nerveux, mais plus chauds et plus prolongés aux individus scrofuleux. On prend aussi à Hombourg, comme à Nauheim, à Pyrmont et à Cronthal, des bains de gaz acide carbonique, bains secs, dans lesquels les malades se plongent tout habillés. On ne baigne quelquefois ainsi qu'une partie du corps, un bras, ete. Ces bains gazeux ne font tant suer que parce qu'ils entravent l’exhalation cutanée du gaz acide carbonique qui se forme naturellement dans le corps humain, ce qui double la tâche chimique des poumons, comme aussi la chaleur vitale et la vapeur aqueuse, toujours proportionnées à a somme des combinaisons pulmonaires.
1 ne faudrait pas juger de la puissance des eaux de Hombourg d’après les sels qu’elles contiennent en si grande quantité. La forte dose d’un remède nuit quel r.efois à son action, en l’'empêchant de pénétrer dans les organes et les humeurs. C’est donc sans motifs sérieux que deux chimistes de Paris ont proposé à l’Académie de Médecine d’imiter les eaux de Hombourg en combinant l’eau de Bourbonne, par exemple, avec de l’eau de mer, etc, On serait bientôt conduit à penser, si l’on croyait ces chimistes, que des eaux allemandes qu’on n’imite qu’en com binant trois eaux françaises ont par ce fait trois fois plus de vertus que chacune des eaux mélangées; et pourtant ce serait une erreur, erreur que rend évidente la simple comparaison des guérisons opérées aux eaux françaises et aux eaux allemandes.
Hombourg possède des édifices remarquables et des sites attrayants. Le Kursaal, ou maison de conversation, est comme un petit palais où trônent depuis midi jusque fort avant dans la nuit les croupiers aux gages des frères Blanc. Le château est un édifice imposant, dont les beaux jardins sont accessibles aux étrangers. Les trois sources principales sont bien captées, bien aménagées, et de frais ombrages les environnent. La roche d’Élisabeth, le village d’Allechaus , le château de chasse et le chêne de Luther ( qui fut planté à la grande commémoration protestante de 1817), sont autant de buts de promenades et ce ne sont pas les seuls. La ville possède des églises ou des temples pour tous les rites et toutes les communions chrétiennes. On dine, on se loge et on se baigne à bon marché à Hombourg. Mais logement, bains et diner ne sont là que des dépenses accessoires. 11 est certain que le landgrave, avec sa liste civile de 300,000 francs, doit trouver providentiel Le subside qu’il prélève sur le fermage actuel des eaux, sans parler de l’aisance que répandent dans la”ville et tout le pays tant d'étrangers qui se laissent attirer par les séductions du Æursaal et des prospectus. D' Isidore Bourpon.
HOMBRE (Jeu del’) ou de l’homme, car telle est la signification du mot kombre chez les Espagnols, qui nous ont transmis ce jeu de cartes, jadis fort en vogue, et que l’on devrait peut-être aujourd’hui remettre à la mode pour guérir certaines personnes de la passion dulansquenet et des autres jeux de hasard. il s’agit en effet d'un omme qui lutte seul contre deux joueurs et quelquefois contre un seul. La béfe ombrée, qui en est le diminutif, se joue entre deux, trois, quatre ou cinq personnes. Dans l’'Aombre. à trois, on n’emploïe que quarante cartes en retirant les dix, les neuf et les huit ; à deux, on ôte une des deux couleurs rouges, Cœur ou carreau. L'ordre dans lequel les cartes sont supérieures l’une à l’autre varie selon les couleurs ; mais l’as de trèfle et l'as de pique sont toujours triomphes, et l'emportent même sur les autre matadors. L'as de
trèfle s'appelle baste, c’est-à-dire simplement trèfle; car dans les cartes espagnoles cette couleur est figurée par des bâtons ou bastes ; de là le nom de club, que les Anglais donnent au trèfle. L’as de pique s’appelle spadille; c’est aussi à ce mot que les Anglais ont emprunté celui de spade qu'ils donnent au pique. Le deux de pique et le deux de trèfle s'appellent manille. Les triomphes ronges sont domiuées par le spadille ; le sept de cœur ou de carreau, qu’on appelle aussi manille, sont la seconde triomphe; viennent ensuite le baste ou as de trèlle, l’as de cœur et l’as de carreau, qu’on nomme pontes. Les rois, dames, vaiets, deux, trois, quatre, cinq et six viennent dans cet ordre aux couleurs rouges ; tandis que dans les couleurs noires après spadille, manille et baste, on range le roi, la dame, le valet, le sept, le six, le cinq, le quatre et le trois. L’hombre est le premier joueur désigné par le sort, ou à tour derôle; à moins qu’il ne soit renvié, il indique la couleur dont il veut fairela triomphe. Sur les neuf cartes qu’il a reçues, il en écarte autant qu’il veut, et les remplace par d’autres prises au talon ; les deux autres en font autant. Chacun est obligé de fournir de la carte jouée, s’il en a, sous peine de faire la bête ; mais on n’est pas tenu de forcer ni de couper avec un tout, C’est du nombre de levées que dépend le gain de la nuuie; l’ombre doit en faire cinq ou quatre au moins; si l’Arribre ne gagne pas la poule, il fait une bête égale à la somme qu’il aurait tirée du panier.
Pope, dans le troisième chant de son poème de La Boucle de cheveux enlevée (Rape of the Lock), a fait une peinture aussi exacte qu’animée du jeu de l’hombre. On peut juger par le peu que nous venons de dire de la complication de ce passe-temps favori dans les fer/ulias ou cercles espagnols ; mais il y a ensuite des coups particuliers, qu’on appelle le gano, le codille et la vole. On compte onze hasards ou chances purement fortuites. Un de ces hasards s'appelle le don air : c’est la réunion de quatre matadors sans prendre ; si l’on gagne, on obtient une fiche de chacun de ses adversaires, et on leur paye à chacun une fiche en cas de perte. La réunion des deux as rouges dans la même main s’appelle Les yeux de ma grand'mère; les quatre dames s’appellent le charivari ; les quatre rois, la discorde ; les quatre valets, la fanatique ; quatre faux matadors se nomment la chicorée ; trois rois et une dame font la partie carrée. Le Parfait contentement consiste à jouer sans prendre, quoique l’on eût dans la main cinq matadors, C’est un jeu sûr, pour leanel chaque joueur est tenu de payer une fiche à l’Aombre. BRETON.
HOMÉLIE jdu grec épshix), discours, ou plutôt conférence, dans le but d’expliquer au peuple l'Évangile et les dogmes de l’Église. Le nom grec d’homélie, dit Fleury, dans son Histoire Ecclésiastique, signifie un discours familier, comme le mot latin sermo. On nommait ainsi ceux qui se faisaient dans l’église, pour montrer que ce n'étaient point des harangues, ni des discours d’apparat comme ceux des orateurs profanes, mais des entretiens comme ceux d’un maître avec ses disciples, d’un père avec ses enfants. Remarquons, toutefois, que ce n’est que par la suite qu’on donna cette acception au mot homélie, qui désigna dans l'origine une assemblée, et non les exhortations paternelles faites à une assemblée de fidèles. L’homélie ne doit pas être confondue avec le sermon, et nous adoptons avec tous les théologiens la distinction établie par Photius : c’est que Phomélie se faisait familièrement, et nous ne saurions mieux l’assimiler qu'à une conférence ; car les pasteurs y interrogeaient le peuple, et en étaient interrogés ; le sermon, au contraire, se fait solennellement, et celui qui le prononce monte en chaire, à la raanière des orateurs anciens. Il nous reste un assez grand norabre d'homélies des Pères grecs et latins; toutes ont été faites par des évêques, parce que dans les premiers siècles lépiscopat seul donnait le droit de prêcher : c’est pour cette raison que nous n’avons aucune homélie de saint Clément d'Alexandrie ni de Tertullien; ce ne fut que vers le cinquième siècle que la faculté