‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 86 sur 522 · HOMOEOPATHIE — HOMPESCH · texte numérisé non relu

HOMOEOPATHIE — HOMPESCH

de la méthode, n’est pas admise par la plupart des homoœopathes, même purs, et il n’en est resté pour eux que ce fait expérimental de la fréquente analogie des maladies chroniques de toute espèce avec les affections cutanées. Revenons en terminant sur les ressemblances qui nous paraissent exister entre la méthode d’'Hi ppoer ate et celle d'Hahnemann. Hippocrate, il est vrai, donne le précepte de guérir par les contraires (confraria contrariis curantur ); mais cet illustre médecin affirme ailleurs que le vomissement se guérit par le vomissement ( vomitus vomilu

curatur). Comme tous les hommes de génie qui ont beau-.

coup écrit, Hippocrate semble quelquefois se contredire. Mais ce qui prouve que son opinion diffère peu de celle d'Hahnemann, ce sont les lignes suivañtes, que renferme un de ses ouvrages : « Il y a des maladies dont la cause et le remède sont de même nature ou homogènes. » Or, Voyez combien ce mot homogène est proche parent du mot homæopathique ! Mais reprenons les choses de plus haut; et sans prétendre qu'Hippocrate ait nettement pressenti la doctrine d'Hahnemann, établissons du moins que ce dernier, sui que l’on considère comme méconnaissant les principes de l’art, n’a, au contraire, rien avancé qui ne puisse parfaitement s'adapter aux fondements éternels de la médecine hippocratique. Comme Hippocrate, Hahnemann admet un principe vital (enormon), lequel, selon lui, préside avec intelligence, et dans un but de conservation, à la marche de toute maladie: c’est là l'équivalent de ce qu'Hippocrate appelle nature (oôoi ). Halinemann, encore comme Hippocrate, s'attache beaucoup plus à étudier les symptômes, aa marche, l'issue ordinaire des maladies, qu’à en rechercher spéculativement les causes prochaines ou l’essence inême. Il sait, ainsi qu'Hippocrate, qu’ilexiste dans toute affection tr différentes voies de traitement : {° s’en remettre au hasard ; 2° entraver ou contrarier la nature; ou 3° l'aider en Vimitant. C’est ce dernier parti qu'Hahnemann préfère toujours, et, en aidant la nature, il suit manisfetement les traces d'Hippocrate. En effet, opposant à une maladie Je remède qui de lui-même la produirait, Hahnemann augmente ainsi cette maladie; il en active la marche, il en favorise les crises et l'issue. Il aide donc la nature, loin de la contredire ou de l’entraver. Les doses sont infiniment petites, et cela devait être, puisque les médicaments qu'il emploie ont pour effet d'augmenter la maladie, et puisque l’objet d’Hah- 2emaun est d'aider la nature, sans pourtant la solliciter vivement. Enfin, comme Hippocrate, Halimemann enflote les médicaments non composés, et de préférence des végétaux, des simples. Seulement Hippocrate employait des plantes plus salutaires que celles dont peut user Hahnemann » le ciel de Dresde et de Leipzig n'ayant ni la chaleur ni la pureté du ciel de la Grèce. La diète d'Hahnemann est encore plus sévère que la diète d'Hippocrate, et la méfhode homæopathique n’eût-elle pour avantage que de motiver des privations, aurait encore des résultats incaleulables. Si Hahnemann ne respecte pas les habitudes des malades aussi scrupuleusement qu'Hippocrate, c’est queles habitudes de notre Âge sont moins patriarcales et plus dangereuses que celles des contemporains d'Hippocrate. Pour dernier terme de comparaison, Habnemann avail voyagé comme Hippocrate; il avait, comme Hippocrate, professé son art dans de petites localités, là où le recueillement est plus praticable et la méditation plus fructueuse. Comme le père de la médecine, il connaissait inieux la séméiologie que l'anatomie, et mieux la matière médicale que la physiologie et la haute physique. Enfin , en récompense de ses travaux et de sa sagesse, il avait comme Hippocrate, acquis le droit de s’autoriser de sa longue expérience. Hahnemann est mort à quatre-vingt-huit ans. D' Isidore Bournox.

HOMOEOPTOTON. Voyez HOMoIOTELEUTON.

. BOMOIOTELEUTON ou HOMŒOTELEUTON (d’6u6c, semblable, et réxéw, je termine), nom d'une figure de rhétorique que Cicéron appelle similiter desinens, et qui consiste à rapprocher des mots dont les désinences sont les

mêmes. Celle phrase de Jean-Jacques nous en fournit un exemple : « Quel courage d'homme eut le premier qui engloutit dans son estomac des membres qui dans le moment d’auparavant bêlaient, imupissaient, marchaient et voyaient.» Comme toutes les figures de rhétorique dont la répélition forme le fond, l’Aomoioteleuton ne doit être employé qu'avec précaution. Les anciens rhéteurs ne la spas raient pas d’une autre figure qu’ils appelaient homæoptoton (éuotémrwrov, simililer cadens), et qui résulte de la similitude des cas.

HOMOIOUSIENS. Voyez ARIENS.

HOMOLOGATION (du grec épokoyéw, j’approuve).

C’est l'approbation, la sanction qu’accorde l’autorilé judiciaire à certains actes qui ne peuvent être exécutés sans cette approbation. Ainsi, les délibérations dés conseils de famille qui prononcent l'exclusion d’un tuteur; celles qui lautorisent à aliéner, à hypothéquer les biens de son pupile, à transiger en son nom, celles qui ont pour objet les conventions @e mariage d’un interdit, les procès-verbaux des partages faits en justice, doivent étre homologués par le tribunal de première instance; les concordats passés entre le débiteur faïili et le créancier doivent avoir l’'homologation du tribunal de commerce. La loi n’a pas déterminé de formes particulières aux homologations ; les tribunaux qui les donnent rendent à cet eflet un jugement dans la forme ordinaire.

HOMOLOGUE ( de ôu6;, semblable, et )6yoc, raison, rapport, proportion). Les géomètres désignent par cette expression les lignes ou côtés qui dans les figures ou les volumes semblables sont adjacents à des angles égaux chacun hacun et dont les longueurs sont proportionnelles entre elles. De là il résulte que dans deux triangles semblables les côtés homologues sont ceux qui sont opposts aux angles égaux. Voyez SIMILITUDE ( Géométrie).

HOMOLOGUMENES. Au qualrième siècle on donna ce nom aux livres du Nouveau-Testament dont l’authenticité était bien prouvée et reconnue de tous, à la différence des livres antilogumènes, dont l'authenticité était revoquée en doute par quelques-uns (voyez CANoNIQUES [Livres]).

HOMONYME (du grec ôués, pareil, et évore, nom), mot dontilà pronon ation esf identique avec celle d’un autre mot dans see ngue à la différence des synonymes, qui sont liés entre eux par une ressemblance de si- gnification : ceux ci consistent dans le rapport du sens;

Fa autres, dans celui du son. Ainsi, les substantifs mer (mare), Mers, nom de ville, ère (genitrix), et maire (præsul urbis), sont homonymes. Il en est de même quant aux noms la mort, le mort, les Maures de Numidie, un mors acier. Il parut en1775 un Dictionnaire des Hononymes, assemblage de mots sans choix et de citations sans goût, dit Philippon de la Madelaine, dans la préface du sien (Paris, in-80, an x). Depuis ont paru les Homonymes de la Langue Française, par De Vignans ( Blois, in-80 ), où chaque groupe d’homonymes est accompagné d'exercices propres à donner aux élèves l'intelligence et l'orthographe de ces mots. Les homonymes ne sont pas le moindre obstacle que rencontrent les oreilles étrangères à la prompte intelligence des langues. Le mérite des calembours est d’abuser de ces ressemblances de sons avec plus ou moins de succès,

On donne encore le nom qualificatif d'omonyme à des personnes ou des lieux qui portent un même nom. Démétrius Magnus a fait un traité, ex professo, des écrivains et des poètes homonymes. Vossius et Josius ont abordé le même sujet. ;

HOMOPHONIE (de 6p6:, semblable, et ww, son),

concert de plusieurs voix qui chantent à l’unisson.

HOMOUSIENS. Toyes ARIENS.

HOMPESCH (FerDINAND, baron pr), le dernier grand-maître de l’ordre de Saint-Xean, et le premier Allemand qui ait été revêtu de cette dignité, appartenait à une aucienne famille noble du duché de Juliers. Né le 9 no-

vembre 1744, anus. D'abord page du grand-maître , il s’éleva successivement à la dignité de grand'croix, remplit longtemps les fonctions d’envoyé de la cour de Vienne auprès de son Ordre, et fut élu grand-maître en 1797, par l'influence prépondérante de l’Autriche. Lorsque Bonaparte parut devant Malte, le 10 juin 1798, Hompesch lui refusa l'entrée | du port et fit mettre ses troupes en bataille. Il disposait de quatre cents chevaliers, d’un régiment d’infanterie de cinq cents hommes, et de la milice. Quelques détachements français qui furent mis à terre rejetèrent bientôt les troupes de | l'Ordre, au delà du port. Pourtant la capitale et le fort Lavalette auraient pu se maintenir plus longtemps, si la trahison n’avait amené entre Bonaparte et quelques chevaliers une capitulation qui, moyennant la reddition du fort, garantissait à l'Ordre ses propriétés, sa religion et ses priviléges. Mais à peine les Français furent-ils en possession de l'ile entière, qu’oubliant la capitulation, ils contraignirent Hompesch, sous la promesse d’une pension de 200,000 francs, à quitter l’ile avec ses chevaliers. Le grandmaître s'embarqua pour Trieste, où il protesta solennellement contre la capitulation, et quelques mois après il déposa sa dignité entre les mains de P a ul 1°", empereur de Russie, qui lui aceorda une pension. Après la mort de Paul, la Russie ayant cessé de lui payer sa pension, Hompesch tomba dans de grands embarras d'argent. 11 se rendit en France pour réclamer une partie des arrérages de la pension qui lui avait été promise au nom de la France, et montant alors à près de 1,500,000 francs; on finit par lui payer un à-compte de 15,000 fr., et il mourut à Montpellier dans les premiers mois de 1805.

HOMS. Voyez Émèse.

HONDEKOETER, nom d’une famille célèbre de pa | tres hollandais.

Ægidius Honpekoëter, né à Utrecht, en 1583, se distingua particulièrement comme peintre de paysages. Ses tableaux en ce genre appartiennent encore à l’ancienne manière fantastique, telle qu’on la trouve un peu modérée dans Roland Savery et David Vinckebooms. 11 habita plus tard Amsterdam, où il mr À

Son fils, Gÿsbert ou Gilles HoNDEKOETER, né à Amsterdam ou à Utrech 1613, fut également ün peintre célèbre, et mourut à Utrecht, où il s'était retiré, parce qu'une jeune fille qu’il aimait tendrement lui préféra son père. Dans sa manière, il continua la tradition de so

ère.

é Le fils de Gijsbert, Melchior | pu né à Utrecht, en 1636, apprit la peinture d’abord chez son père, puis ensuite chez son oncle, Jean-Baptiste Weenix, et fut le plus célèbre de sa famille. 11 mourut le 3 avril 1695. Il peignait avec un talent admirable les animaux, surtout les oiseaux , dont il imitait à s’y méprendre le plumage, notamment les poules, les dindons, les canards, les oies, les paons. Ses fonds de tableaux sont en général des paysages bien distribués. Son pinceau est moelleux et plein; son dessin, ferme et large, imite avec une illusion parfaile le jet des plumes. Bien que sous le rapport du ton et de l’harmonie, son oncle Weenix lui fût supérieur, une basse-cour de Hondekoeter se paye toujours mieux qu’un groupe de volatiles morts de son oncle.

HOUNDSCHOOTE, ville de France, chef-lieu de canton du département du Nord, à 23 kilom. de Dunkerque, avec 3,472 habitants (1872), des blanchisseries de toiles, des tanneries, des pépinières. 11 ne parait pas qu’elle existAt avant le dixième siècle. Longtemps elle fut renommée pas ses manufactures de serge et de toiles. Incendiée en 1383, lorsque Charles V1 chassa les Anglais de ce canton, elle fut encore dévastée en 158 par les Français, puis saccagée et brûlée par les Hollandais, en 1708. Mais elle est surtout célèbre par la victoire que les Français y remportèrent sur les Autrichiens, le 8 septembre 1793.

Leduc d’York assiégeail Dunkerque avec 33,000 hommes,

HOMPESCH — HONDURAS à Dusseldorf, il vint à Malte à l’âge de douze | tandis que le maréchal Freytag, avee 16,000 Autrichiens,

se tenait en avant des marais de Dunkerque, de maniere à intercepter les secours qui pouvaient venir de l’intérieur de la France; enfin, les Hollandais, au nombre de 15,000, sous les ordres du prince d'Orange , étaient postés à Menin, plutôt comme une menace que comme une troupe auxiliaire, puisqu'ils étaient à trois journées de la position de Freytag. Au lieu de masser ses 60,000 hommes, et de se porter, en marchant rapidement entre les Hollandais et Freytag, sur les derrières du duc d’York, de manœuvrer ainsi entre les trois corps ennemis, et d’accabler successivement Freytag, le duc d’York et le prince d'Orange, le général français Houchard songea tout simplement à marcher contre Freytag, à se rejeter sur les derrières du duc d’York et à tâcher ensuite d’inquiéter iesiége. Pendant qu’il hâtait ses préparatifs, Dun. kerque faisait une vigoureuse résistance. On était arrivé aux derniers jours d'août. Houchard commença par une démonstration sur Menin, qui 7 qu’à un combat sanglant et inutile. Après avoir donné cette alarme préliminaire, il chargea Hédouville de marcher sur Rousbrugghe, seulement pour inquiéter la retraite de Freytag sur Furnes , et il alla lui-même donner de front sur Freylag avec toute sou armée,

Freytag avait disposé son corps sur une ligne assez étendue, et n’en avait qu’une partie autour de lui, lorsqu'il reçut ce premier choc. Il se vit donc obligé de reculer; ses ailes furent gravement compromises, et sa retraite fut menacée vers. Rousbrugghe par Hédouville. Voulant alors se reporter dans la même journée en avant et reprendre le village de Rexpœde, qu’il avait évacué dans son mouvement de retraite, Freytag rallia une de ses divisions , marcha sur Rexpæde, et y arriva au moment où les Français y entraient. Un vif

bat s'engage; le général autrichien est blessé et fait prisonnier. Cependant, on touche à la fin du jour. Houchard, craignant une attaque de nuit , se retire hors du village et n’y laisse que trois bataillons. Le nouveau chef de la division compromise, Walmoden , arrive sur ces entrefaites, et se décide à se faire jour au travers de Rexpæde. Un combat sanglant a lieu dans la nuit ; le passage est franchi, et Freytag délivré, L'ennemi se retire en masse sur la ville de Hondschoote. Houchard l'y poursuit.

Tout cela se passait le 6 septembre. La journée du 7 est employée à obse es positions de l’ennemi, défendues par une artillerie très-forte; le 8 l'attaque décisive est résolue, Dès le matin l’armée française se porte sur toute la ligneÿ*pour l’attaquer de front. La droite, sous les ordres d’Hédouville, s’étend entre Killem et Bévéren; le centre, commandé par Jourdan, marche directement de Killem sur Hondschoote ; la gauche s’ébranle entre Killem et le canal de Furnes. L'action s'engage entre les taillis qui couvrent le centre. De part et d'autre, les plus grandes forces sont dirigées sur ce point. Les Francais reviennent plusieurs fois à l'attaque des positions : enfin, ils s’en rendent maîtres. Pendant qu'ils triomphent au centre, les retranchements de drvite sont emportés, et l’ennemi est contraint à se replier sur Furnes. Cependant, la garnison de Dunkerque fait, sous la conduite de Hoche, une sortie vigoureuse, et force les assiégeants, qui se voient menacés sur leurs derrières, à lever le siége et à se retirer également sur Furnes.

Les journées des 6, 7 et 8 septembre eurent pour résultat de rejeter le corps d'observation ennemi sur les derrières du corps de siége. Le dernier combat donna son nom à la bataille entière, qui fut considérée comme ayant rompu la longue chaîne de nos revers dans le nord, fait essuyer un échec cruel aux Anglais, trompé le plus cher de leurs vœux, la possession de Dunkerque, sauvé la république du malheur qui lui eût été le plus sensible, et donné un grand encouragement aux armes de la France. Charles Nisarp.

IONDURAS, l’une des républiques de l'Amérique centrale, bornée au nord par l'extrémité occidentale de {a mer des Antilles, c'est-à-dire par la baie de Honduras, où de nombreux bancs de sable et récifs et de fréquentes tempêtes rendent la navigation extrêmement périlleuse ; à l'ouest, par

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