‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 9 sur 522 · HENRION — HENRIQUEL-DUPONT · texte numérisé non relu

HENRION — HENRIQUEL-DUPONT

pas aperçu, et vécut, comme tant d’autres, des subventions des partis. La nuit du 9 au 10 août signala son audace : il fut remarqué. Il s’attacha bientôt de fait à la garde de Robespierre : celui-ci, le recommandant à sa clientelle, la fit nommer chef de la force armée de la section des Sans- Culottes. Il fut chargé, le 30 mai 1793, par le conseil général de la Commune, du commandement provisoire de toutes celles de Paris; et ce fut surtout à son énergie que le parti populaire dut, au 31 mai et au 3 juin, la victoire qu’il remporta sur la Gironde. Dans cette dernière journée, la Convention, dominée un instant par les girondins, délibérait, entourée par près de 80,000 hommes des sections, commandés par Henriot, avec 163 bouches à feu, quand Barrère proposa à ses collègues d'aller tenir séance au milieu du peuple. Cette motion ayant été accueillie avec enthousiasme par la majorité, l’assemblée entière se rendit, son président Hérault de Séchelle en tête, dans la cour des Tuileries. Les sentinelles la laïssèrent d’abord passer, mais quand elle arriva en face des canonniers et de Henriot, et que Hérault ordonna à celui-ci de faire place aux représentants du peuple : « Le peuple ne s’est pas levé, répondit Henriot, froid et impassible, pour entendre des phrases ; c’est l'arrestation des traîtres qu’il exige. » Saisissez ce rebelle, s’écrie Hérault en s’adressant aux soldats. — Canonniers, à vos pièces, reprend Henriot d’une voix tonnante ; soldats, à vos armes, et vous autres, dispersez-vous ! » La Convention rentra dans le local deses séances, et la ruine de la Gironde fut consommée.

Ce coup de main, ce service rendu au parti démocratique, le fit élever définitivement au poste de commandant de la garde nationale de Paris; il lui valut à l'élection la majorité des suffrages : il eut 9,084 voix, et son concurrent, Raffet (de la Butte-des-Moulins), n’en réunit que 6,095. Au 9 thermidor, les mesures militaires qu'il prit furent molles et insuffisantes : il perdit tout parce qu’il se crut suffisamment fort. Cinq gendarmes suffirent pour l'arrêter et le conduire garrotté au comité de sûreté générale. Mais Cofinhal vint à son secours, coupa ses cordes, et Henriot s’élança de nouveau sur son cheval. Rencontrant aussitôt une compagnie de canonniers, il lui ordonna de marcher à la Convention, et de diriger sur elle ses canons; les soldats obéirent d’abord, mais, apprenant que l’assemblée venait de le mettre hors la loi, ils l’abandonnèrent. Alors il perdit la tête, et fit faute sur faute. La Commune insurgée comptait sur lui, et il agit point; les embarras vinrent de ses propres soldats, qui l’arrêtèrent et le livrèrent aux commissaires de la Convention. Il fut conduit à l'hôtel de ville, Cofinhal, indigné, le saisit avec vigueur, et le lança par la fenêtre sur un tas de fumier, dans une cour obscure, près d’un égoût, en lui criant : « Va, miséräble! » 11 fut ramassé mutilé, brisé, sans connaissance. Mis hors la loi, Fouquier-Tainville constata le lendemain son identité, et ’envoya à l’échafaud. Frédéric Faxor.

BENRIQUEL-DUPONT (Louis PIERRE), né à Paris, en 1797, est en possession d’un des premiers rangs parmi les graveurs de nos jours. Son véritable nom est Henriquel, celui de Dupont ayant été pris par son père pour complaire à une fanfe qui l'avait élevé, M. Henriquel consacra ses premières études à la peinture historique, et passa trois années dans l’atelier de Pierre Guérin. C’est là qu'il apprit cette correction élégante, ce style élevé, cette pureté de dessin , cette sobriété pleine de goût, dont il ne s’est jamais départi, Ses progrès furent rapides; mais ne se sentant pas la hardiesse nécessaire pour aborder la peinture historique au moment où les David, les Gros, les Guérin, les Gérard, les Girodet, captivaient l'admiration par de nombreux et immortels chefs-d'œuvre, le jeune Heariquel préféra embrasser une carrière moins brillante, mais plus sûre, I choisit la gravure, et passa de l'atelier de Guérin dans celui de Bervic, un des plus habiles maîtres en ce genre, A l'âge de vingt-et-un ans, en 1818, il sortit de l'atelier du inaître pour entrer dans le sien.

HENRIQUEL-DUPONT — HEPATITE

M. Henriquel débuta par quelques planches pour la librainie ou pour des recueils de gravures , les unes destinées à orner les belles éditions de nos grands écrivains, les autres, un peu plus tard, devant faire partie de la collection de gravures du Musée royal. Un de ses premiers ouvrages et de ses meilleurs fut un portrait de femme d’après Van Dyck, où toutes les admirables qualités du maître se trouvent rendues avec cette fidélité intelligente qui fait de la copie le pendant de l'original. Ce fut son début au salon : il atlira l'attention. M. Henriquel fit alors un choix judicieux parmi les peintres de nos jours. Le portrait de M. Paæstoret et le Strafford, d'après Delaroche; le Gustave Wasa, d’après Hersent ; le portrait du roi, d’après Gérard; celui de Bertin, d’Ingres; le Christ cor.solateur, de Scheffer; le Mariage de Ste Catherine (1867), du Corrége, sont ses principaux ouvrages. Dans tous le dessin occupe la première place.

Comme tous les hommes distingués dans leur art, M. Henriquel en a cherché des applications nouvelles ; il a essayé quelques gravures à l'aqua-tinta, et le Cromwell, d’après Delaroche, a constaté le succès de ce.procédé nouveau. On doit encore au burin de M. Henriquel la reproduction de la fresque exécutée par M. Delaroche pour l’hémicycle de l'École des Beaux-Arts, travail qui lui valut la grande médaille d'honneur au salon de 1853. En 1849 cet artiste conscieucieux a été appelé à succéder à Richomme dans la section de gravure de l'Académie des Beaux-Arts.

HENRY (Parrick), un des fondateurs de l’indépendance des États-Unis, né le 29 mai 1736, dans le comté de Hanoyre en Virginie, fut mis en apprentissage chez un marchand à l’âge de quinze ans. Dix ans plus tard il se voua à l'étude du droit, et, après une courte préparation, s’éta» blit avocat. Il logeait chez son beau-père, qui tenait un cabaret, et eut à lutter pendant plusieurs années contre le besoin. En 1765 il fut élu membre de la chambre des députés, dans le but exprès de provoquer une opposition à l'acte du timbre imposé par l’Angleterre. Après avoir vainement attendu une proposition contre cet acte, formulée par quelque membre plus ancien et plus expérimenté, et lorsqu’il ne restait plus que trois séances, il soumit, au mois de mai, à l'assemblée ses célèbres conclusions contre la loi du timbre. En motivant sa proposition, il s’écria au plus fort de la discussion : « César a eu son Brutus, Charles1®! son Cromwell, et Georges II[..... — Haute trahison! » s’écria à son tour le président de l’assemblée ; et de tous côtés on répéta cette exclamation. Henry, sans perdre contenance, ajouta avec énergie : « devrait profiter de leur exemple. Si c’est là de la haute trahison, faites-en ce que vous voudrez! » À partir de ce jour, Henry, considéré comme l’un des champions des libertés coloniales, fut le favori du peuple. Il resta membre de la chambre des députés jusqu’à la fin de la révolution, fit partie de toutes les commissions importantes, et fut député au premier congrès général, qui se réunit à Philadelphie, le 4 septembre 1774. Il prit part à toutes les mesures qui amenèrent le renversement du pouvoir royal, et fut nommé en 1775 commandant de toutes les forces militaires organisées pour la défense de la colonie de Virginie; pourtant , il se démit de ces fonctions, convaincu qu’il était qu’il servirait mieux sa patrie dans les conseils de la nation que sur les champs de bataille. Bientôt après, le premier il fut élu gouverneur de l'État de Virginie. En 1786 les suffrages de ses concitoyens l’appelèrent à faire partie de lassemblée réunie à Philadelphie, pour modifier la constitution des États-Unis ; inais il n’accepta point ce mandat, afin de pouvoir se livrer librement à l'exercice de sa profession d'avocat. Élu membre de l’assemblée qui devait prononcer sur le sort du projet de constitution fédérale, il reconnut bientôt les avantages du système fédératif, et tout en combattant avec succès diverses dispositions du projet dont les tendances lui semblaient dangereuses pour la liberté, il devint un loyal fédéraliste. IL mourut le 6 juin 1797, laissant quinze enfants, auxquels il transmit une grande fortune, acquise par suite d'achats de terres

faits avec intelligence dans les dernières années de sa vie. HEPATIQUE (en grec Arartx6s, de fra, foie), qui appartient au foie. Cette épithète, que certaines nomenclatures ont appliquée à des artères et à des veines, ne semploie plus guère que pour désigner un conduit partiel du foie. Elle sert sussi à spécifier certaines mabkdies du foie, par exemple lescoliques hépatiques.

HÉPATIQUE ( Botanique), genre de la famile des renonculacées établi par Dillen et ainsi nommé parce qu’on leur a attribué des vertus dans les maladies du foie (xxp). Il ne renferme qu’une seule espèce, l’hépatique trilobée (hepatica trilobata), vulgairement érinitaire et herbe de la Trinité, que Liané rangeait parmi les anémones . Cest

lune plante vivace, basse , à racines fibreuses, à feuilles tri-

| lobées, d’un vert luisant, tavelées de blanchâtre, rougcâtres

quand elles vieillissent. En février ou mars apparaissent de nombreuses fleurs blanches, roses ou bleues, simples ou doubles , suivant la variété. Aussi la précocité et la beauté de ces fleurs font-elles cultiver dans tous les jardins l’hépatique, qui ne croît naturellement que dans les régions boréales de l’Europe et de l'Amérique.

HEPATIQUES (Cryplogames), ordre de végétaux cryptogames intermédiaires entre les lichens et les mousses. Par leur port, les hépatiques ressemblent aux lichens foliacés; aux mousses, par les organes de la fructification. Elles croissent dans les lieux humides, On les divise en cinq tribus ainsi dénommées : Jungermanniées , marchantiées, monocléées, anthocérotées et ricciées.

HEPATISATION (de frap, foie). Voyez CaRNiri- CATION.

HÉPATITE (de rap, #raroc, foie), inflammation du foie, maladie fréquente dans les climats chauds, aux Indes et en Algérie, surtout dans la province d'Oran : on l’observe durant l'été dans nos climats tempérés , et elle attaque le plus ordinairement les intempérants, les hommes à vives passions, mais surtout ceux qui s’adonnent aux liqueurs fortes, aux excès de table. Quand l’hépatite est aiguë, on saigne, on baigne, on fomente, on impose une diète sévère; on prescrit des breuvages tempérants , des boissons

| acidules, mais surtout des laxatifs, en particulier le calo-

mel, et même jusqu’à salivation. L’hépatite chronique peut donner lieu à un grand nombre d’affections chroniques et peu curables, à des abcès dangereux et des adhérences, des

altérations de substance et de volume, à des ossifications,

même à des calculs ; affections diverses que l’on désignait autrefois sous le nom vague et collectif d’obstructions ; et nous devons reconnaitre que ce mot convient assez à de pareils maux, puisque l’ictère, quise montre fréquemment dans tous, semble attester que le cours de la bileest entravé et ses canaux obstrués. Outre la douleur vers le côté droit et les dérangements de la digestion, outre les nausées, la teinte souvent citronnée de la peau et de la sclérotique de l'œil ; outre la fièvre, la constipation, la nuance safranée des urines, souvent l'hépatite se décèle par une douleur vers l'épaule droite; quelquefois aussi elle suscite sympathiquement une toux sèche. La douleur de l’épaule ne saurait être attribuée qu’au nerf diaphragmatique, dont le foie reçoit quelques minces filets, ce nerf ayant son origine au cou.

Les inflammations du foie sont ordinairement accompagnées de fièvre, et les symptômes en diffèrent selon le siége qu’elles affectent. Elles peuvent également simuler soit la péritonite, soit la pleurésie. Souvent les douleurs qu’elles occasionnent induisent le tronc à se fléchir. Enfin, les suites tacites de ces graves afkections ont plus d’une fois fait illusion avec la phthisie pulmonaire, erreurs dont l'issue du mal ne dissuadait pas.

L'inflammation n’a pas de signe plus pathognomonique que la formation du pus ; et il n’est pas frès-rare que des abcès signalent l'hépatite aiguë ou chronique. Ces abcès sont plus fréquemment superficiels que profonds ; et la matière dont ils sont formés est presque toujours déposée entre la mem: brane dite de Glisson et le feuillet superposé du péritoine.

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