HOPITAL
et faisaient ensuite lever les quatre autres pour prendre leur place : c’est Louis XVI qui a fait donner un lit à chaque malade. Avant Henri IV, les soldats invalides n'avaient | d'autre ressource que la charité publique : ce prince leur donna un asile dans une maison située rue de l’Arbalète (aujourd’hui l’École de pharmacie). Louis XIII les fit trans- | férer à Bicêtre, où ils restèrent jusqu’à l’époque où Louis XIV fit construire pour eux le magnifique hôtel des Invalides.
Telle était en général la situation des établissements pu- | blics de charité au moment où éclata la révolution. La Con- | vention, ce dictateur si actif, s’empara de l'administration des hôpitaux comme de toutes les autres. En 1794, seize membres de cette assemblée furent choisis pour surveiller les hôpitaux et hospices, et ils commencèrent à donner an service l’uniformité qui existe aujourd’hui. Mais cette organisation régulière est due surtout au conseil général des hô- | pitaux et hospices fondé en 1801 par le premier consul. Depuis lors la direction et la distribution des secours accordés aux pauvres et aux malades ont été remises à une même volonté, etle service et l'administration des hôpitaux suivent partout un plan uniformeet régulier. C’est aussi la Convention qui à créé les hôpitaux militaires. Jusqu’à l’époque de la révolution, tous les asiles publics ouverts aux malades et aux infirmes indigents étaient désignés sous le nom général d’h6pitaux; mais ce nom d’hôpital réveillait chez le peuple l'idée d’un lieu si repoussant, d’une pitié si insultante et si cruelle que, devenu le maître, il le proscrivit avec horreur et lui substitua le nom d’hospice.
Ces asiles cependant sont de deux espèces bien distinctes. Dans les uns, on n’admet que des malades ou des blessés ; on ne les garde qu'un temps limité, ou jusqu’au moment de leur guérison, si on peut l'obtenir, ou, si leur mal est incurable, ils doivent céder leur place à d’autres. Dans les autres, au contraire, on admet les individus que l’âge ou des infirmités incurables mettent hors d’état de pourvoir à | leur existence, et on les garde jusqu’à leur mort. Il était | donc convenable de distinguer ces deux sortes d’asiles par | des noms différents. Le nom d’hospice a été réservé pour gg ceux-ci, et les premiers ont repris le nom d’h6pifal, qui ne doit plus inspirer aujourd’hui la même répugnance. Les maisons de santé sont des hôpitaux privés et payants. Il y a aussi des hospices particuliers. Dans les départements les hôpitaux ont souvent des salles réservées aux malades qui peuvent payer les soins dont ils sont l’objet.
Il existe, en outre, à Paris trois hôpitaux spécialement con sacrés aux militaires en activité : l'hôpital du Val-de-Grâce, ouvert pendant la révolution, qui contient 1,000 lits; | lhôpital du Gros-Caillou, fondé en 1765 par le duc de Biron : il contient 260 lits, et sous la Restauration il était réservé aux soldats de la garde royale; enfin l’hôpital du faubourg du Roule.
Ayant d'être admis dans un hôpital civil, les malades doivent se présenter à un bureau central : ils y sont examinés par des médecins et chirurgiens qui leur délivrent un billet d'admission pour l’un des hôpitaux , suivant le genre de leurs maladies. Cependant, en cas d'urgence, les malades ou blessés peuvent être portés directement à un hôpital.
Tous ces établissements, dirigés par un même conseil, sont servis et administrés de la même manière; tous sont
tenus dans un état d'ordre et de propreté vraiment admirable. Les salles sont en général spacieuses et bien aérées : celles qui sont carrelées sont lavées avec soin ; les salles parquetées sont cirées et frottées. En hiver, elles sont chauffées au moyen de poëles ou de calorifères, et maintenues à une température de 15 à 18°. À son arrivée, le malade est conduit ou porté dans un lit garni de draps blancs et entouré de rideaux blancs. Ses vêtements sont mis en paquet et gardés pour lui être rendus à sa sortie. On lui donne une chemise, des chaussettes ; une robe de chambre, un bonnet, des pantoufles ; il trouve près de son lit une table de nuit ou tablette sur laquelle sont : un crachoir, un couvert complet pour manger et trois pots, le tout en étain. Le linge de DIOT. DF LA CONVERS. — T. XI.
corps estchangé tous les huit jours etles draps fous les mois,
Les médicaments sont fournis à tous les hôpitaux par une pharmacie centrale. Le pain est fourni aussi par une seule boulangerie. Ceux des malades qui peuvent manger une portion entière d'aliments reçoivent par jour : pain, 375 grammes; viande ou légumes, 140 gr.; vin, 25 centilitres. Ceux qui sont au régime gras reçoivent en outre 50 centilitres de bouillon. Les malades mis à la demie ou au quart de portion reçoivent des quautités proportionnelles d'aliments.
Les malades ou les blessés sont trailés par des médecins ou chirurgiens. Vingt-cinq blessés , 50 fiévreux, galeux ou vénériens sont remis aux soins d’un médecin ou chirurgien, élève interne de l’hôpital, secondé par deux ou trois élèves externes. Ces élèves font les pansements et exécutent les prescriptions d’un médecin ou chirurgien, chef de service, qui a sous sa direction 80 à 100 malades. A PHôtel Dieu et dans les hôpitaux militaires, il y a en outre un médecin ou chirurgien chef général de tout le service de santé.
Chaque matin, de six à sept heures, le chef de service fait la visite des malades (voyez CLINIQUE) : il est accompagné des élèves, qui lui rendent compte de ce qui s’est passé en son absence. Un des élèves et un pharmacien sont munis chacun d’uu cahier sur lequel ils écrivent les prescriptions du chef, Après sa visite, le chirurgien pratique les grandes opérations dans un local éloigné des salles des malades. Un chirurgien reste jour et nuit de garde pour 300 malades. Chaque hôpital a encore un pharmacien en chef qui surveille la préparation et la distribution des médicaments magistraux.
L'administration est confiée à un économe ou directeur, qui a sous ses ordres tous les employés , excepté les médecins et chirurgiens. An dernier degréde l’échelle des employés se trouvent lesinfirmiers des deux sexes; leurs fonctions sont les plus humbles, mais non les moins importantes pour les malades. Les soins si pénibles des infirmiers sont encore partagés dans la plupart des hôpitaux par des sœurs religieuses, derniers représentants du clergé et de Porigine chrétienne des hôpitaux. N.-P. ANQUETIN.
En 1863, il existait à Paris vingt hôpitaux pour le traitement des maladies et douze hospices ou maisons de refuge pour les infirmes incurables et les vieillards indigents. Les hôpitaux se divisaient en généraux et en spéciaux. Les bôpitanx généraux, affectés aux malad:.s courantes aiguës et aux affections chirurgicales, étaient : Vhôtel Dieu (834 lits), la Pitié (633), la Charité (440), Saint-Antoine (588), Necker (444), Cochin (193), Beaujon (416), La Riboisière (634), et la maison municipale de santé, dite maison Dubois (300 lits), où les malades ne sont reçus qu’en payant. Les hôpitaux spéciaux étaient : Saint-Louis (822 lits, maladies de la peau), le Midi (290 lits, affections vénériennes des hommes), Lourcine (276 lits, mêmes affections chez les femmes), les Enfants malades (598 lits, enfants des deux sexes au-dessous de quinze ans), Sainte-Eugénie (405 lits, même destination), la Clinique (185 lits, chirurgie et accouchements), la Maison d'accouchement (214 lits), et trois situés hors Paris, mais affectés aux malades de cette ville, ceux de la Rochc-Guyon, de Forges, dans Seine-et-Oise, et de Berck (Pas-de-Calais), pour le lraitement des enfants scrofuleux. Les hospices élaient : Bicêtre (2,611 lits, vicil-, lards etaliénés, hommes), la Salpétrière (4,422 lits, même destination, femmes), les Incurables, homnies et femmes (2,029 lits), les Enfants assistés (542 lits), les Ménages (1,387), La Rochefoucauld (246), Sainte-Périne (293), Boulard (15), Brézin (258), Devillas (35), Chardon-Lagache (104), et Lambrecht.
Le service médical des établissements hospitaliers est fait à Paris par 78 médecins, 15 chirurgiens, 23 médecins et chirurgiens du bureau central, 17 pharmaciens, 2 prosecteurs, 137 internes en médecine, 97 internes en pharmacie, 7 sages-femmes, 355 externes et 458 élèves stagiaires donnant leurs soins aux malades,
Pour subvenir aux nombreuses dépenses qu’entraine
vie administration aussi mulliple, il faut un budget considérable; celui de l'exercice 1852 s'élevait, en recettes, à 12,767,290 fr., et en dépenses à 12,238,702 fr. En 1868 le même budget sxtablissait ainsi : recettes ordinaires, 21,319,937 fr.; dépen ses, 19.629,853 fr. Parmi les recettes figurent les rentes , qui du chiffre de 1,316,370 fr. en 1866 sont descendus à celui de 980,145 fr. par suite d’une aliénation de 6 millions et demi de capital; puis viennent la subvention municipale (11 à 12 millions); les droits altribués, tels que le dixièm: des billets d'entrée dans les spectacles et concerts, revenu annuel d'environ deux millions par an; concession de terrains dans les cimetières (200,000 fr.), boni du mont-de-piété, etc. ; les dons et legs, journées des malades payants (600,000 fr.), frais de séjour des malades étrangers à la ville, etc. L’administration des hôpitaux tire parli des moindres ressources; c'est ainsi que la vente des futailles vides donne un revenu qui s’est élevé en 1866 à 59,415 fr.; la vente des os, graisses et résidus ali nentaires a produit 38,613 fr.; celle des lies de vin, 600 à 1,200 fr. Elle fait fabriquer le pain qui lui est nécessaire à la boulangerie centrale; elle fait acheter ses blés sur.le marché et les convertit en farine.
Quant au bud get des dépenses le compte pour 1868 fixe à 6,783,482 fr. les dépenses des hôpitaux ; à 6,159,061 fr. celles des bospices et maisons de relraile ; à 4,487,368 fr. celles #: secours à domicile; à 928,296 fr. celles des enfants assistés; les cuarges foncières s’élevaient à 379,692 fr. et les frais d'admini stration à 901,954 fr. Les dépenses d'alimentation représentent un tiers de la dépense totale. Par exemple l'achat et la fabrication du pain reviennent à 2,300,000 fr.; la viande 1.685,000 fr. pour 1,400,000 kilogr.; et la quantité de vin consommée dépasse 20,000 hectolitres, d’une valeur de 1,250,000 fr.
Enfia les établissements que nous avons énumérés contenaient, en 1873, 19,300 lits, savoir : hôpitaux, 7,2723 hospices, 11,486 ; Enfants trouvés, 542. Pendant Pannée 1868, il a été traité dans les hôpitaux 94,323 individus; 83,606 sont sortis guéris, 10,602 sont morts. Au total c’est un chiffre de 2,537,147 journées. Dans les hospices, sur 3,491,911 journées pour un personnel de 18,396 administrés, il y a eu 1,294 décès. Quant aux enfants trouvés ou orphelins secourus par l'administration, leur nombre s'est élevé à 16,485.
Tous ces malades n’appartiennent pas à la ville de Paris. L'administralion a soin, en recevant dans un hôpital un individu malade et indigent, de constater sa nalionalité, afin de réclamer ses frais de séjour au pays ou au département dont il est originaire,
Le régime de l’assista nce publique fut modifié à la chute de l'empire : un arrêlé du ministre de l'intérieur, du 29 septembre 1870, supprima la direction générale, attribua exclusivement aux municipalités le service des secours à domicile , et plaça les hôjilaux sous l'autorité d’un conseil d'administration, prenant le titre de conseil général des hospices de la Seine, et dont les merbres devaient être élus pour trois ans. Un arrêté du 25 juin 1871 a rapporté les précédentes dispositions el remis en vigueur pour le service des hôpitaux la loi de 1849.
HOQUET, sorte d'aspiration brusque, saasmodique et accompagnée d’un son vocal rauque et non articulé, qui se reproduit plusieurs fois de suite, en déterminant des secousses pénibles dans les organes thoraciques el abdominaux. Les phénomènes qui constituent le hoquet ont été et sont encore l'objet d’une foule d'opinions diverses. Selon nous, celle sorte d’aberration nerveuse est le résultat de la contraction spasmodique et du relâchement brusque et alternatif du diaphragme, de l'estomac, de l'æsophage, ainsi que de tous les muscles de la respiration. La contraction simultané: de tous ces organes détermineun mouvement rapide d'inspiration, qui en donnant lieu à l'introduction convulsive de l'air dans la glotle produit un son vocal inarticulé, qui se trouve subitement