‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 98 sur 522 · HOQUETON · texte numérisé non relu

HOQUETON

les V, ou une manière de surcot ou de sayon d'étoffe ou | de Cuir, accompagnée de diverses garnitures en métal. Jusqu’à Pabolition de la maison militaire de Louis XVI, on voyait | encore quelques soldats à Aoquelon. G*! BaRDIN. HORACE (Quirus Horarius FLAacous), naquit à Venouse, ville frontière de la Lucanie et de la Pouille, le 8 décembre de l’an de Rome 688. Son père était un affranchi : en homme intelligent , il avait profité de sa liberté pour faire fortune; en père tendre, il se servit de sa fortune pour faire élever son fils dans toutes les belles-et sévères études de ‘école athénienne. Il le conduisait lui-même aux écoles. Il tait à la fois son mentor et son ami. Horace, à vingt-deux ns, savait la langue de Lucrèce et celle d'Homère. Ce fut à Athènes qu’il rencontra Brutus, l’énergique assassin de César. ‘âme forte de Brutus eut bientôt conquis ce jeune homme; Brutus persuada au jeune Horace de se faire soldat et de e suivre dans la mêlée des guerres civiles. La première fois que le jeune Horace vit une bataille, c'était dans les plaines de Philippes ; il s'enfuit, relictd non benè parmulé, comme il dit lui-même en se vantant spirituellement de sa frayeur.

En effet, on peut dire que ce fut là une heureuse lächeté. Quel grand poëte la ville de Rome pouvait perdre, et que c’eût été dommage si Quintus Horatius Flaccus, devenu chef de bandes , eût été le même barbarus miles qui s’en vint usurper la tranquille chaumière du berger de Virgile et fouler aux pieds ses moissons jaunissantes! Horace eut peur de cette gloire, comme il eut peur de la mort, Il sentait déjà confusément qu’il était un poëte, et il comprenait à merveille que ces fureurs civiles ne pouvaient durer ; que cette guerre éternelle aurait un terme; que Rome, n’ayant plus rien à dévorer, pas même ses entrailles, allait entrer enfin dans le repos, c’est-à-dire dans les beauxarts, dans la poésie, dans l’éloquence, dans tous les heureux et poétiques loisirs de la paix. Il comprenait aussi que le temps n’était pas loin où la république romaine deviendrait la cour la plus magnifique et la plus policée du plus grand roi de l'univers. À ces causes, il voulut vivre. Il se dit encore tout bas que son génie lui donnerait, tôt ou tard et sans violence, quelque retraite heureuse et tranquille sur les coteaux verdoyants de Tivoli ou de Tibur, et il aurait eu peur dusurper le pauvre domaine de Tityre ou de Mélibée. Horace était déjà un sceptique politique, en attendant qu'il jetât son heureux scepticisme sur toutes les actions, sur toutes les passions, sur tous les transports, sur toute la philosophie , sur tous les amours de l’homme. Il s’enfuit donc des plaines de Philippes. Brutus et Cassius, héros retardafaires de la liberté romaine, morte avec Sylla, ne purent survivre à ce dernier effort. Brutus tomba en s’écriant : Veriu, tu n'es qu'un nom! Horace n’a jamais calomnié ainsi même le plaisir.

Cependant Auguste, vainqueur et maître du monde, proclama l’amnistie qui devait compléter sa toute-puissance et sa grandeur. 11 oubliait volontiers tout le passé, c’est-àdire tous les efforts de la liberté romaine, à condition que la liberté l’oublierait lui aussi sous sa couronne de laurier. Horace, qui avait été le premier à déposer les armes, ne fut pas le dernier à rentrer dans cette chère Italie, son amour. Il y rentrait ruiné, ses biens confisqués; mais il n’était plus soldat. Pourtant il fallait vivre. 11 acheta une charge de secrétaire du trésor, et il fit des vers. Déjà un souvenir lointain de Pindare le tourmentait à son insu. Il avait étudié en poëte les merveilleuses ressources du vers grec, ses cadences sonores , ses allures si nettes, sa forme simple, et, comme un grand artiste qu’il était, il s’appliquait à modeler le vers latin sur ces rares et précieux modèles, dont il savait à fond toutes les ressources. Ce travail eut bientôt du retentissement dans cette ville de Rome qui se calmait de jour en jour. Varius et Virgile, ces grands maîtres, l’un qui s’est perdu, l’autre qui est un des mat- {res de la poésie en ce monde, apprirent bientôt qu’il y avait dans les bureaux du trésor une espèce de poëte tout athénien, qui faisait des odes comme Pindare et des satires comme

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