‹ Dictionnaire de la folie et de la raison. Parsemé de petits romans ... d'anecdotes ... de recherches curieuses et d'aperçus variés sur les superstitions et la philosophie, sur la littérature et les moeurs ... etc (volume 2)Chapitre 4 sur 72 · LA DEVASTATION DU MUSÉE · texte numérisé non relu

LA DEVASTATION DU MUSÉE

Muses , penchez vos têtes abattues :

Du siècle de Léon les chefs-d’œuvre divins, Sous un ciel sans clarté suivront les froids Germains ; Les vaisseaux d’Albion attendent nos statues.

Des profanateurs inhumains , Vont-ils anéantir tant de veilles savantes ?

Porteront-ils le fer sur les toiles vivantes Que Raphaël anima de ses mains ?...

Adieu débris, fameux de Grèce et d’Ausonie,

Et vous, tableaux, errans de climats en climats!

Adieu , Corrège, Albanne , immortel Phydias!

Adieu, les arts et le génie !

Noble France, pardonne! à tes ponpeux travaux, Aux Puget, aux Lebrun ma douleur fait injure, David a ramené son siècle à la nature :

Parmi ses nourrissons, il compte des ripaux.

Laïissons-la s’élever cette école nouvelle !

Le laurier de David, de lauriers entouré , .

Fier de ses rejettons enfante un bois sacré,

Qui protége les arts de son ombre éternelle.

(M. Casimir DELAVIGNE.

Seconde Messénienne. )

On sait que l’adjectif a les deux genres,

et qu'il s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il modifie. On sait aussi

qu'il y a des comparatifs et des superlatifs ; puisque , dans toutes les langues, on compare et on admire.

— Celui qui se place au-dessous de son siècle , et qui ne voit pas les progres de Vesprit public est un zdiot; celui qui recule comme l’écrevisse est un fou; celui qui se repaît de chimères est un visionnaïre ; le curé qui regrette ses dimes est un z1alheureux égoïste, S'il n’est pas un imbécille. — Voila des adjectifs simples, ou, selon les termes de l'école, des adjectifs au positif,

— Un seigneur qui demande le retour des droits féodaux, est plus coupable

LANGUE. 11 que le curé qui pleure ses dimes, parce que les droits du premier sont plus injustes et plus tyranniques. — Un homme qui se vend à tous les partis, est aussi vil, aussi méprisable que ces parasites pour qui le premier venu est un dieu, s’il paye un bon diner. — Un vicomte qui prèche l'excellence des privilèges est moins ridicule ei moins révoltant, qu’un roturier imbécille, qui ne vante les choses d'autrefois, que pour retomber dans la servilude, avec ses évaux en roture. — Voilà des comparatifs ; et voici des superlatifs :

— « Quiest-ce qui a suspendu ce globe de [a terre qui est immobile ? qui est-ce quiena posé les fondemens ? Rien n’est, ce semble , plus vil qu’elle; Zes plus male heureux la foulent aux pieds, mais c'est pourtant pour la posséder qu’on donne les plus grands trésors. Si elle était plus dure, VPhomme ne pourrait en ouvrir le sein

pour la cultiver ; si elle était moins dure,

12 LANGUE s elle ne pourrait le porter : il énfoncerait partout, comme il enfonce dans le sable, ou dans un bourbier. C’est du sein iné-

puisable de la terre que sort tout ce qu'il ÿ a de plus précieux.»

FÉnÉéLon.

— (Tout est pour Ze mieux, dans le

mneilleur des mondes possibles. »

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