VI°. DE L'ARTICLE
Nous n'avons qu’un ARTICLE, qui se montre sous trois formes, selon les mots qu’il accompagne , et dont il peut indiquer le genre et le nombre, dans plusieurs circonstances : le , La, les. — Quelques grammairiens regardent aussi #7, une, des, comme des articles. — En voici des applications :
— « Un jour que saint François était en oraison, /e diable vint le trouver, et le tourmenta detentationscharnelles. Fran-
çois, reconnaissant /’ennemi, se dépouilla
LANGUE: 13 bien vite, et se fouetta avec une bonne corde, Après cela, il fit sept petites figures
de neige; et, les prenant dans ses bras, il dit à haute voix: — La plus grande de ces
figures est ma femme; les deux suivantes sont mes fils ; /& quatrième et /a cinquieme sont mes filles; /z sixième est mon domestique , et /a septième ma servante.
Hâtons - nous de les réchauffer , de peur que e froid ne les tue... En même-temps il se roulait dans /& neige... On ne tient pas contre des traits de celte force ; Le diable se retira confus ; et François rentra
dans sa cellule (1). »
VIIo, pu rRoNoM.
Le Pronom est un mot qui lient la place d’un nom. — Les pronoms personnels sont ceux qui désignent les personnes, comme/e, tu, nous vous, 1l, elle, etc. — Les
pronoms possessifs, ceux qui marquent la
() M. Collin de Planey, le Diable peint par
lui-même,
possession : 72071 » le mien, le nôtre, etc.
— Les pronoms indicatifs: ce, ces, celuila, etc. — Les pronoms relaufs: guz, lequel, etc.
Descends de mille roïs, sois petit-fils des Dieux ! Va! tu n’es rien encor , si {uw n’es vertueux, FRéDÉRIcC II.
Aidons-nous l’un et l’autre à porter nos fardeaux ; Nous marchons tous, courbés sous Le poids de nos
maux.
GUYÉTAND.
Hätons-nous, le temps fuit, et zous traineavee soi; Le moment où je parle est déjà loin de moi.
BoiLEAU.
Plus on est élevé, plus on cause d’ombrage :
Un vaisseau trop chargé n’est pas loin du naufrage. BoursAULT.
— (IL est très-mal aisé que la plupart des principaux d’un état soient malhonnêtes gens, et que les inférieurs soient gens de bien; que ceux-la soient trompeurs, ct que ceux-ci consentent à n'élre que dupes (1).
{ Montesquieu. Æsprit des lois, liv. IIL )
(1) Il est sans doute inutile de remarquer que
LANGUEe 15 VIII. Du vEREE,
Les venses sont les mots qui expriment un état ou une action. ti
Ilyasix principales classes de verbes:
10. le verbe d’etat : étre, dormir, reposer, étre malade, être cteignoir, féodal, Sor, etc.
2°. Le verbe d'action transitive, ou verbe dont l’action passe sur un être ou sur une chose : — Les ministres Zoznent des dîners ; le député les mange, et vend les intérêts de la patrie pour une place, lorsqu'on n’a pu l’acheter avec un verre de Champagne.
3°. Le verbe d’action intransitive, ou verbe dont l’action reste sur celui qui agit:
nager,courir, marcher , etc.
là indique les objets éloignés ; ici, les objets plus proches; ceux-là, les personnes dont on a parlé dabord ; ceux-ci, les gens dont on vient de parler immédiatement. Ceci, cela, voici, voilà, suivent la même règle.
LC]
4°. Le verbe passif, qui exprime une action reçue ou soufferte : — Lorsqu'on esttraht, on n'est pas vaincu. Lorsqu'un pays est écrasé par vingt peuples , ce pays n’est pas kumilié. Lorsqu'on est couvert de gloire, elle ne périt pasenunjour.
5°. Les verbes réfléchis expriment une action qu'on fait sur soi-même. — Un peuple se perd, lorsqu'il n’a plus d’orgueil national. Une armée s’environne d’un honneur immortel ; lorsqu'elle se montre modérée après la victoire. Bien des hommes sans caracière se repentent tous les jours de s’étre engagés dans le parti des ténébres ; mais comme ils se sont trop avancés, et que la voix de la patrie n'est pas assez forte pour les engager à se convertir, ils croiraient se rendre ridi< cules en désertant des rangs flétris: et en se reprochant leur faiblesse, 1ls restent dans une faction qu’ils ne sauraient - approuver, s'ils se sentent encore Fran-
ÇaISe
6°, Les verbes impersonnels , ou verbes qui n’ont point de personnes: — I] ne faut pas juger des gens sur l'apparence. 14 convient à chacun d'adorer sa patrie. Z me plais d'être libre, et de mourir en homine, 17 vente, iltonne, 1l gréle ; et le sage est tranquille. 1] est beau de mou-
rir en servant son pays (1). - IX°. Des Modes du verbe.
H y a six modes ou manières de modifer un verbe. 1°, L'irdicatif, qui annonce qu’une chose se fait , s’est faite , ou se fera: — Les Français cherchens partout la gloire; souvent ils l’ozt trouvée:
la postérité les jugeru.
29: Le conditionnel, qui indique qu'une chose peut se faire, mais avec des conditions : —La noblesse serait unc institution toujours belle, toujonrs utile, s’il y avait su
(1) On donne aux verbes étre et avoir, le nom de verbes auxiliaires, parce qu’ils aident à coujuguer les autres verbes.
laterre un peuple assez sage pour créer une noblesse qui ne füt point héréditaire. On n'y verrait pas figurer ces hommes , qui ne sont connus que par le nom de leurs ancêtres... Le fils serait forcé de mériter les titres de son pére... Leur dignité ne seraié pas un privilége, puisque tout citoyen pourratt y aspirer et l’obtenir. (1).
Si Dieu n’existait pas, 5/ faudrait l’inventer.
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