RIRE
voulant jeter du ridicule sur certains libéraux, dont ses sarcasmes font l’apolo+ gie ; et je sais une foule de gens de mérite , qui préfèrent les injures de la Quotidienne et des Débats à leurs éloges. .
— Il n’y à rien de plus ridicule que la colère, quand elle n’est pas accompagné de quelque dignité. Si vous avez la mine basse , ou une expression grossière dans la physionomie, ou un langage trivial, gardez-vous bien de vous mettre en colère, à moins que vous ne vouliez qu’on vous rie au nez.
RIRE. — Le rire est un avantage que la nature à donné à l’homme seul. C’est Penseisne de la joie, et souvent l’indice d’une âme pure. Un homme qui rit franchement inspire toujours quelque confiance ; et quoiqu’on nous crie que les grands hommes ne rient pas, que les
larmes d’Héraclite sont préférables au rire de Démocrite, qu'un peuple de
rieurs n’est pas un peuple de gens d’es- \ ;
SÉNÈQUE. 149 prit, etc. ; il n’en est pas moins constant que lés Turcs, qui ne rient guère , ne sont pas des génies . tandis que les Français , qui sont des rieurs s’il en est, sont, en même-temps, le peuple le plus spirituel de l'Europe et le plus fécond en grands hommes.
Les Allemands, qui sont en général * flegmatiques, produisent des savans, mais peu de génies. — Pour nous , c'est principalement dans les siècles où il nous est permis de rire , que nous avons plus de grands hommes; et le règne de la terreur n'a pas été favorable en France aux partisans du système de la tristesse.
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