SENTENCES DE JUSTICE
donc au-devant de l’époux ; et l'ayant rencontré à deux lieues de la ville, comme ils se connaissaient , ils entrèrent ensemble dans un cabaret, où arrivérent bientôt quelques prostituées, à qui le jeune homme avait appris leur rôle. Le mari fut à demi-enivré ; il fit, avec une courtisanne , ce que sa femme avait fait avec un débauché: le jeune homme”, qui avait apposté des témoins, fit arrêter le mari. On le jugea; et, seion les dispositions de la loi qui punit Vadulière , on le condamna à six moisde prison. Sa femme, pendant ce tems, alla accoucher à la campagne, revint ensuite visiter son mari, feignit de n’apprendre qu'au moment même sa mésaventure , le plaignit, le soigna, et le reçut dans sa maison , après ses six mois de pénitence. Plus humaine que nos dames d'Europe , elle eut la bonté de lui dire qu’elle lui pardonnait; et lépoux, tout honteux d’avoir trahi une
aussi vertuense femme, promit d’être
SHAKESFEARE. 16% sage à l'avenir. Il ne sut.point la faute de sa femme, parce qu’en ce pays, on condamne au travail des mines la personne qui trouble le bonheur des ménages par des rapports indiscrets.
— Un paysan n'ayant rien à manger avec sa pate de maïs, avait volé une botte de raves. Le jardinier, à qui on avait fait tort, assigna le voleur.en justice. Le juge condamna le paysan à payer la botte de rave; et comme les frais de justice montaient à quatre pièces d'argent, qui valaient quarante fois Pobjet du “vol , il condamna les parties à les payer par moitié... Nous applaudimes à ce jugement, qui nous rappelait la loi sisage d’un petit état voisin, où Pon condamne à la huée publique les plaideurs sans cause.
SHAKESPEARE. — Diderot parlait un jour, avec emphäse, de Shakespeare, devant Voltaire. — Ah! Monsieur, lui dit l’auteur de Mérope, pouvez-vous