CARNAVAL
que la religion et les lois obligent à être constamment tristes, ont besoin de quelques jours de délassemens, où ils puissent extravaguer pour toute l’année : aussi ne voit-on presque point de carnaval chez les peuples Lbres , et chez ceux qui professent une religion simple. Les réfor— més , qui n’ont point de carême , né s'y disposent pas comme les catholiques , par les orgies des jours gras. À Rome, les Saturnales furent supprimées après l'expulsion des Tarquins; et le sénatine les rétablit que pendant la seconde guerre punique.: En Turquie, les jours du baïram sont pour le peuple des jours de licence et de bonheur. A Venise le carnayal ne fut jamais plus brillant que dans les temps les plus despotiques. En France, la fête des fous, la procession
de Pâne, les farces des jours gras étaient
extrémement animées quand le peuple
gémissait sous la tyrannie féodale et sous
la tyrannie religieuse.
Les Hébreux n’ayaient point de car-