I ET
coups. Le médecin du roi s'approcha , escorté de quatre chirurgiens et demanñda à Boniface s’il était blessé. — Je crois qu'oui, répondit-il ; c'est sûrement au pied droit... Les médecins regardez rent le’ pied droit, qui se trouva sain.
— Eh bien! dit Boniface ; ‘voyez le pied gauche, — Ilest intact, comme l’autre:
- — Et les cuisses ? —— Elles sont en bon état, — Il faut que ce soit ailléurs. Le bras: droit ?.:. 4 Fat entier. 2 Le gauche ?.... — N’arien souffert: — Et je n'ai.pas de blessure à la tête ? = Non.
— Ni au ventre? — Point du tout. — En ce cas, c’est mon estomac qui est à moitié vide, et qui tombe eh défail- Jance. |
La-dessus, les médecins ayant déclaré qu'il n'y avait point de malheur, on ordonna de continuer le combat: Boniface :
se releva.— Chevalier, dit:il à l'inconnu, pour terminer au plus vite, voulez-vous me croire ? Parlez, dit l'étranger.
— Rendez-vous L. em Jamais, — Fh
bien! moi, je suis plus généreux , je me rends. — Vous renoncez donc à la couronne 2-— Il..le; faut, bien. ;J ‘aime mieux vivre en sl que mourir en souverain. :
En entendant ces mots, le. chevalier inconnu leva la visière de son casque, Et se fit reconnaître, C'était le prince Gelimer, le fils du monarque défunt, et l'héritier naturel du trône. Boniface déclara qu'il se soumettait à ce prince. Gelimer l’assura qu'il prendrait soin d’embellir la destinée de celui qui avait porté la couronne ; il lui donna un palais, de bonnes rentes, et le traita, malgré ses minces talens, comme un des principaux de l’île.
Gelimer futreconnu de tout le peuple, proclamé souverain le même jour, ef comblé de bénédictions. C'était un jeune prince dont les lumières , la modération , l’heureux naturel prometaient un règne glorieux. .
ILse présenta devant l’aimable dns
HASARD. 197 drine ; qui se serait évanouie enle voyant, si on ne l’eût prévenue d’ayance de son retour. Elle lui fit quelques reproches sur sa longué absence; mais il fut bientôt excusé, parce qu'il rapportait un cœur fidèle.
Après quelques jours donnés à la politique et aux affaires de l'Etat, Gelimer épousa sa charmante princesse. Ce mariage fut une nouvelle fête extrêmement brillante: Boniface ÿ fut invité. Il se consola de la perte d’Alexandrine, par un autre mariage qui était fort de son
| goût, comme il avait oublié son trône de trois jours, en passant dans un pahais agréable, où il menait la vie la plus
heur euse, x
Il n’est pas besom de dire que le rêgne de Gelimer fut paisible et cou vert de gloire. Gélimer avait des idées généreuses : il protégeait les lettres , le commerce et les arts ; il aimait les lumières; il recherchait la vérité : ce qui
est si rare dans un prince !.….