MONDEVILLE, P
— ÉTYM. Provenç. liquefactio; esp. liqueffaccion; ital. liqttefasione ; du iat. liquefactionem, de liquefacere, liquéfier.
t LIQUEFIABLE (li-ké-fi-a-br) , adj. Qu'on peut liquéfier.
— HIST. XVI* s. Ce sel a le pouvoir de contraindre les autres choses à se liquifier, combien que d'ellesmesmes ne soyent liquifiables, palissy, 43.
— ÉTYM. Liquéfier.
t LIQUÉFIANT, ANTE (li-ké-fî-an, an-t'), adj. Terme didactique. Qui produit la liquéfaction. Chaleur liquéfiante.
LIQUÉFIÉ, ÊE {li-ké-fi-é, ée), part, passé de liquéfier. De la cire liquéfiée.
LIQUÉFIER (li-ké-fi-é), je liquéfiais, nous liquéfiions, vous liquéfiiez ; que je liquéfie, que nous liquéfiions, que vous liquéfiiez, t). a. || 1° Faire passer de l'état solide à l'état liquide, au moyen de la chaleur ou d'un agent chimique. Le feu liquéfie le plomb, l'argent. On peut liquéfier l'or au moyen de l'eau régale. || U se dit le plus souvent des corps susceptibles d'acquérir la liquidité à une température peu élevée, tels sont la cire, la graisse, le beurre, les résines, etc. || 2° Se liquéfier, ». réft. Devenir li(juide. U faut une température peu élevée pour que le beurre se liquéfie. !>aint Janvier dont le sang se liquéfie si solennellement à Naples.... VOLT, liial.-id. Il Fig. Marie, avec saint Jean.... demeurait en perpétuelle contemplation, se fondant, se liquéfiant, pour ainsi parler, en amour et en désir, boss. Élevât, sur myst. xx, 9.
— HIST. xvi* s. Les gommes seront liquéfiées avecques l'eau de vie en un peu de vinaigre, parE, VII, 4 3. Les demi-voyelles liquides sont ainsi appelées, non pas qu'elles ne soient aussi bien souvent fermes, mais pourtant que quelque fois elles sont quasi fondues et liquéfiées en leurs sons, p. hamus, dans LivET, Grarnm. (ranç. p. 4 93.
— ÉTYM. Lat. liquefacere, du radical liqu.... liquide, et facere, faire.
\ LIQUE r ( li-kè ), s. m. Petite poire qui est bonne à cuire , dite autrement poire de la vallée.
LIQUEUR (li-keur), s. f-Wi" Substance liquide. L'eau est la plus abondante des liqueurs. [Elle] Lui forme un nouveau sang avec celte liqueur, corn. Uédée, I, 4 . De nouveaux rejetons qui, comme autant da bouches, Attirent l'aliment et forment la liqueur Qui de l'arbre au printemps fait toute la vigueur, PERRAULT, d /a Cuintinte, dans riciielet. X peine ai-je senti celte liqueur traîtresse, Que do ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse, boil. Sat. m. Si nous entendions dire aux Orientaux qu'ils boivent ordinairement d'une liqueur qui leur monte à la tête, leur fait perdre la raison et les fait vomir, nous dirions : cela est bien barbare, la bruy. xii. Il 2° Liqueurs spiritueuses, ou, absolument, liqueurs, certaines boissons dont labase est l'eau-dovie ou l'esprit-de-vin. Marchand de liqueurs. La liqueur des Chartreux. Le curaçao est une bonne liqueur. Les garçons et tes fiUos de l'hôtelleiie versaient plusieurs liqueurs faites de canne de sucre, volt. Candide, 47. || Liqueur de ménage, liqueur qu'on fait chez soi. Le cassis est une liqueur do ménage. || 3° En poésie, la liqueur bachique, le vin. J'ai banni loin de moi cette liqueur traîtresse Qui nourrit des humains la brutale faiblesse, volt. Fanât. II, 4. Il 4" Vins de liqueur, vins doux et capiteux qu'on boit en petite quantité, i l'entremets et au dessert. Un grand verre de vin de liqueur, sÉv. 4 84. Il On dit en général qu'un vin a de la liqueur quand il est chai gé d'alcool, ce qui est en proportion de la douceur du moût ou vin nouveau. || Particulièrement. Ce vin a de la liqueur, trop do liqueur, se dit d'un vin ordinaire qui a trop de douceur. || 6" Liqueurs fraîches, boissons rafraîchissantes, telles que la limonade, l'eau de groseille, do grenade, etc. Il 6* Absolument. Eau de »<jn pour préparer les étoffes destinées i la teinture, {j 7* Terme de chimie. Liqueur d'épreuve, nom donna i certaines li-
LIQ
queurs propres à faire connaître la force décolorante du chlore et, par conséquent, la quantité réelle de chlore que possède la substance éprouvée; ce sont des solutions d'amidon dans l'iodure de potassium, ou de chlorure de manganèse, et, plus ordinairement, une dissolution d'indigo dans l'acide sulfurique et l'eau. || Liqueur normale, voy. titré. Il Liqueur fumante de Boyle, nom qu'on avait donné anciennement au sulfhydrate d'ammoniaqua liquide, parce que ce liquide fume à l'air, et que Boyle est le premier qui l'ait séparé. || Liqueur fumante de Libavius, deutochlorure d'étain, ainsi appelé parce qu'il fume à l'air et qu'il a été découvert par Libavius. Il Liqueur des Hollandais, chlorure d'hydrogène bic.irboné. || Liqueur de Van Swieten, dissolution de 60 centigrammes de sublimé corrosif dans un kilogramme d'eau-de-vie. {{ Liqueur des cailloux, dissolution de silice dans la potasse liquide. Il Liqueur de Labarraque , chlorure de soude liquide.
— HIST. xiii* s. Le [la] likeur des roisins, alebrant, f° 62. Fere garder justement teles mesures qu'on a usé de lonc tans, soit à grain, soit en liqueur, soit en héritages, BEAUM. XXVI, 43. Il xv* s. En buvant vin de grant liqueur, e. hesch. Poésies mss. f' 408. Je te chéris [le vin] toujours comme ma propre vie ; Sans toi, bonne liqueur, que seroit-ce de moi ? BASSELIN, viii. Buvons ,des pommiers les liqueurs, Ou bien de la plante tortue, id. li. || xvi* s. Vin, qui n'a goust ne liqueur, J. marot, v, 291.
— ÉTYM. Provenç. liqunr, licor; espagn. licor ; ital. liquore; du lat. liquorem, d'un radical liqu, qui est dans liquefacere, fondi-e, liquere, être clair, et liquidus, liquide, et pour lequel on n'a que des analogies incertaines dans le sanscrit.
f LIQUIDAMBAR (li-ki-dan-bar), s. m. Terme de botanique. Genre de myricées, dans lequel on distingue le liquidambar styraciflue, ou liquidambar copalme, qui fournit, par incision, un suc résineux d'une couleur ambrée, connue sous le nom de liquidambar, et appelé aussi styrax liquide, ambre liquide, résine liquide de la Nouvelle-Espagne, baume copalme, copalme liquide, legoarant.
— ÉTYM. Liquide, et ambre.
LIQUIDATEUR (li-ki-da-teur) , adj. Chargé de
travaillera une liquidation. Commissaire liquidateur. Il Substantivement. Le liquidateur de cette faillite.
— ÉTYM. Liquider.
LIQUIDATION (li-ki-da-sion; en vers, de cinq syllabes), s. /. || 1° Terme de jurisprudence, de finance et de commerce. Action do liquider. Liquidation de dépens, d'intérêts, de fruits. Liquidation et partage d'une succession. Si l'appel de la sentence de liquidation de vos conventions matrimoniales eût été plus tôt conclu et reçu, baron, Coquette et fausse prude, 1, 5. {| Liquidation d'une société de commerce, opération relative au payement des dettes et au partage entre les associés de l'actif restant, lorsque la société cesse. || Terme de bourse. Époque fixée pour la livraison des titres contre cspèce.-ï dans un marché ferme ; ces époques, vu le grand nombre d'opérations à terme qui se font à chaque bourse, sont périodiques ot à jours fixes, tels que les fins de mois, les IB ou 30 do chaque mois. Il Fig. La liquidation d'une situation politique difficile. Il 2° Action de cuire la pite du savon.
— HIST. XVI* s. Il s'agissoit de faire liquidation» et prisée des droits que le comte de Soi3.sons disoit avoir en Piémont, sully, dans le Dict de oochez.
— ÉTYM. Liquider.
LIQUIDE (li-ki-d'), odj. |H* Qui coule et tend toujours à se mettre de niveau. Les substances liquides. Il Métal liquide, métal en fusion. || Kn poésie, le liquideempiro, la plaine liquide, la mer. Cependant sur le dos do la plaine liquide, bac. Plii'd. v, a. Il r..e liquide élément, l'eau. Deux seaux alternativement Puis.iient le liquide élément, la font. Fabl. XI, 6. Il 2* 11 est quelquefois oppo.sô à épais, à qui ne coule pas. Cette encre n'est pas assez liquide. Ce breuvage est trop épais, il n'est pas a.isoz liquide. Il Confitures liquides, conserves, gelées, confitures qui sont dans du sirop. Car do tous mets sucrés, secs, en pftie.ou liquides. Les estomacs dévots furent toujours avides, BOiL. Sat. x.\\3' En pailunt de bien et d'argent, net et clair, qui n'est point sujet à contestation. U lui reste dix mille écus du bien clair et liquide. Quarante mille écus d'argent sec et liquide, De la succession voilà le plus solide, re- GNARD, Légat, n, «. Cependant, avec tonte son expérience, il dissipait ce que nous avions de plus liquide, LRSAOK, Guzm. d'Alf. vi, 3. Il En matière do dettes, la compensation ne doit se faire que de liquide A liquide, c'est-à-dire d'une somme liquide à I uueautrequi lesoitaussi.il i* Terme de grammaire.
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Consonnes liquides, les consonnes l et r, parce qu'elles se joignent aux autres avec une grande facilité, et coulent pour ainsi dire. || Substantivement. Une liquide. Les deux liquides. || B' S. m. Substance liquide. Les solides, les liquides et les fluides. Les liquides du corps humain. || 6° Boisson gpirilucuse, acide ou fermentée. Droits sur les liquides. Les liquides Uxés. ||Les liquides, partie de l'administration des contributions indirectes qui concerne l'impôt sur les liquides. |1 7' Service des liquides, se dit des employés chargés de distribuer les liquides aux soldats, et des équipages qui transportent ces liquides. || On dit aussi elliptiquement : 11 est dans les liquides. Un employé des liquides. Il 8° Terme de médecine. Boisson ou aliment liquide, tels que le lait, le bouillon, les consommés, etc. Couper le lait avec un autre liquide.
HIST. XIV* s. Faire incision pour traire humours
liquides ou boe [pus], II. de mondeville, f 40», rerso. || xv* s. Et sont les dictes liquides, comme J, m, n, r, qui font la sillabe brieve, E. desch. Poésia mss. f° 396, col. 2. ||xvi' S. Compensation n'a lieu, si la detle n'est liquide et par escrit, loysel, 705. Usez hardiment de l'adjectif substantivé, comme le liquide des eaux, le vuyde de l'air, etc. dubellay, I, 32, verso. Ravy parmi l'air liquide Le grand prophète voloit, iD. 11, 47, verso. Ceulx qui se trouvèrent avoir de revenu annuel jusques à la quantité de 500 minots, et au dessus, tant en grains qu'en fruicts liquides, amyot, Solon, 30.
— SYN. 1. liqueur, LIQUIDE. Autrefois on appelait liqueur toute substance liquide; c'est ainsi que Pascal a écrit un livre de l'équilibre des liqueurs; nous dirions aujourd'hui des liquides, c'est le terme générique; liqueur ne s'emploie que pour certains liquides déterminés. || i. liquide, fluide. Tout liquide est fluide; mais tout fluide n'est pas liquide. Fluide s'applique aussi au gaz, tandis que liquide ne se dit que des corps qui restent comme l'eau dans le vase où on les met.
— ÊTYM. Provenç. iiq'Uid ; catal. Hiquid; espagn. et ital. liquido; du lat. liquidus (voy. liqueur).
LIQUIDÉ, ÉE (li-ki-dé, dée), part, passé de liquider. Une succession liquidée. || Qui a payé ses dettes. Les pays ne sont jamais liquidés les uns à l'égard des autres, de wabu, Enquête iw la banque, 1867, p. 476.
t LIQCIDEMENT (11-ki-de-man), adv. Terme didactique. B'une manière claire et liquide.
— ÊTYM. Liquide, el le suffixe menl ; provenç. Kguidameni ; espagn. et ital. Uquidamente.
LIQUIDER (li-ki-dé), v. a. || 1° Terme de jurisprudence et de commerce. Rendre liquide l'avoir, c'est-à-dire clair et net, déterminer ce qui revient à l'actif et au passif. Ces dettes innombrables furent liquidées à près do 4631 millions, volt. Louis XV, 2. Il Liquider son bien, payer ses dettes en vendant une partie de son bien, do manière que le restant soit libre de créances. Vous avez votre domaine, qu'il faut retirer et liquider : il est destiné à la subsistance de votre maison, fén. t. xxii, p. 280. |{ 2" Se liquider, V. réfl. Eteindre ses dettes. Il vendit des terres, et se liquida.
— mST. xvi* s. X bien considérer le nombre des familles de France tel que l'avez entendu, on ne sçauroit trop haut liquider iceluy interest.... froo- MENTEAU, finance», 3* livre, p. 3»t.
— ETYM. Liquide.
LIQUIDITÉ (li-ki-di-té), t. f. Qualité de ce qui est liquide. La liquidité du mercure disparsJt à 13 degrés au-dessous de zéro.
— ETYM. Provenç. liquiditat; ital. liquidità; du lat. liquidilatem, de liquidus, liquide.
LIQUOREUX, EUSE (li-ko-reû, reù-z'), adj. Qui est de la nature des liqueurs, en prenant ce mot dans le sens restreint de liqueurs composées d'eaude-vie, de sucre et d'un arôme. Vin liquoreux. {| On a dit aussi liqueureux. Vins de Tokay et toutes sortes de vins liqueureux, peyssonnel, Traité sur le comm. de la mer AToi're, t. i, p. 248.
— ETYM. Liqueur.
LIQUORISTE (li-ko-rl-sf), ». m. el f. Celui, celle qui fait et vend des liqueurs.
— ETYM. Liqueur.
LIRE (li-r"), je lis, lu lis, il lit, nous lisons, vous jscz, Ils lisent; je lisais; je lus; je lirai; je lirais, jli, Usons; que je lise, que nous lisions; que je lusse ; lisant; lu, lue, v. a. || 1* Connaître les lettres et savoir les assembler en moU. Cet enfant commence à lire des phrases. Une écriture malaisée à li^t. Suivant l'opinion commune, moins les yeux ont de la peine à lire un ouvrage, plus l'esprit a de liberté i en juger, peliissow, IIUI, Aead. 1. 1, p. ae
LIR
Il Absolument. Cet enfant apprend à lire. Il ne sait ni lire ni écriie. Cet enfant lisait à quatre ans. On donnera le livre à un homme qui ne sait pas lire, et on lui dira : lisez, et il répondra : je ne sais pas lire, saci. Bible, haie, xix, 12. Son visage était triste et beau; X la lueur de mon flambeau, Dans mon livre ouvert il vint lire, a. de musset, Poés. nouv. Nuit de décembre. || Par exagération. Ne pas savoir lire, être fort ignorant. Nous recevons aujourd'hui [à l'Académie française] l'évêque de Limoges qui ne sait pas lire, et Batteux qui ne sait pas écrire, mais en revanche nous avons un directeur qui sait lire et écrire, qui s'en pique du moins, d'alemb. Lett, à Volt. 9 avr. 4764. || Lisez, se met dans les errata pour indiquer ce qu'il faut lire en place de ce qui est fautif. Cet homme faisait imprimer un petit code de persécution, intitulé : l'Accord de la religion et de l'humanité ; c'est une faute de l'imprimeur; lisez de l'inhumanité, volt. Pvlit. et législ. De la tolérance, Post-scriptum. Il Terme de typographie. Lire sur le plomb, lire, sur l'œil d'un caractère, le contenu d'une page, ou seulement d'une ligne. || 2° Prononcer à haute voix ce qui est écrit ou imprimé. Lire haut, tout haut. 11 m'a fallu lire ma pièce chez madame la marquise, mol. Critique, 7. Asseyez-vous donc, monsieur Lysidas ; nous lirons voire pièce après souper, ID. ib. 7. || Absolument. Il lit bien. Il Ut mal. Il ne lit pas distinctement. || 8° Prendre connaissance du contenu d'un écrit, d'un livre. Elle [l'Église] voyait tout l'empire conjuré contre elle ; elle lisait à tous les poteaux et à toutes les places publiques les sentences épouvantables que l'on prononçait contre ses enfants, boss. 2* serm. Pentec. 4 . 11 avait lu cent treize fois le Nouveau Testament de Jésus-Christ avec application et avec respect, FLi-'cii. Duc de Mont. Lisez , lisez l'arrêt détestable, cruel.... RAC. Esth. 1, 3. Sans cesse il faut armer contre leur souvenir Un inflexible vers que lira l'avenir, M. 3. chén. Ép. à Voit. Il Absolument. Lire avec application. Dedans l'oisiveté jamais enseveli. Toujours confère, prie, écris, médite, li,C0RN. Imit. i, 4 9. Qu'on est heureux d'aimerà lirel sÉv. 4Bjuin 4689. On songe plus à lire beaucoup qu'à lire utilement, rollin, Traité des Et. liv. i, ch. 3. On lit très-peu; et, parmi ceux qui veulent quelquefois s'instruire, la plupart lisent très-mal, volt. l'Homme aux 40 écus. Des proportions. || Lire que, trouver dans un écrit, dans un livre que... Nous ne lisons point que ses parents [de Jésus] aient jamais eu de domestiques, semblables aux pauvres gens dont les enfants sont les serviteurs, BOSS. Élevât, sur myst. xx, 8. j| Lire des doigts, parcourir rapidement un livre en le feuilletant. Voici ce que M. Basnage le ministre m'a dit à Rotterdam en 4707, que M. Bayle lisait beaucoup des doigts, c'est-à-dire qu'il parcourait beaucoup plus qu'il ne lisait, et qu'il tombait toujours sur l'endroit essentiel et curieux du livre, d'artigny, Nouv. mém.t. i, p. 34 9. Il On dit dans le même sens : lire des yeux. || Fig. C'est un ouvrage qu'on ne peut lire, se dit d'un ouvrage ennuyeux, ou mal écrit, ou licencieux. || Familièrement. Ce livre, cet ouvrage se laisse lire, on le lit sans fatigue, sans ennui. Elle [une histoire] se laisse lire en perfection, sÉv. 4 7 maiiisso. Il 4" Lire la musique, connaître, en parcourant des yeux une musique notée, les sons que les notes figurent,et les modifications que ces sons doivent recevoir. 11 lit facilement la musique. Il lit à livreouvert. Il Lire la musique, signifie aussi l'exécuter à livre ouvert. Lire beaucoup de musique, l'exécuter sans étude. Il 6° Expliquer. Un régent qui lit Virgile à ses écoliers. Depuis qu'Albert le Grand et saint Thomas principalement se furent donné la peine d'expliquer autant qu'il leur fut possible tous les mystères de notre religion avec les termes de la philosophie pôripatétique, nous voyons qu'elle s'est tellement établie partout, qu'on n'en lit plus d'autres par toutesles universités chrétiennes, LAMOTiiELEVAYEB, Vertu des païens , 11 , .4rti(o(c. || On dit dans ce sens & un écolier : Quel auteur vous lit-on dans votre classe? || 6° Comprendre ce qui est écrit ou imprimé dans une langue étrangère. Il ne parle pas l'allemand, mais il le lit couramment. Il 7° Lire se dit quelquefois pour suivre une certaine leçon dans un texte qui en a plusieurs. Philoponus, là où il déclare qu'il rapporte les propres termes de Phlégon, lit d'une seconde façon, Maxime d'une troisième, et Madela d'une quatrième, en sorte qu'il s'en faut de beaucoup qu'ils rapportent le passage de la même manière, volt. Dict. phil. Éclipse. || 8° Fig. Reconnaltie, discerner quelque chose par une espèce de travail que l'on corn-
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pare à la lecture. Ces tristes vêtements où je lis mon malheur, corn. Cid, iv, 4. Il lit au front de ceux qu'un vain luxe environne. Que la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne, la font. Phil. et Baucis. Le pécheur s'éloigne de Dieu, et il n'y a page dans son Écriture en laquelle il ne lui reproche son éloignement ; mais, sans le lire dans l'Écriture^ nous pouvons le lire dans nos consciences, boss. 2" sermon, Jeudi de la sem. de la Pass. i. Soit que je n'ose encor démentir le pouvoir De ce» yeux où j'ai lu si longtemps mon devoir, hac. Brit. Il, 2. Dans le secret des cœurs, Osmin, n'as-tu rien lu? ID. Bajax. i, 4. Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse, ID. Iphig. m, 5. Lire en un songe obscur les volontés descieux,iD.&tft. 11, 4. On lit dans ses regards sa fureur et sa rage, m. ib. in,
3. Ab! dans ses yeux confus je lis ses perfidies, m. ib. 6. II n'appartient qu'à elles [aux femmes] de faire lire dans un mot tout un sentiment, la hruy. I. Je lis dans l'avenir un sort épouvantable, volt. Œdipe, IV, t. Il Lire sur. On lit dessus leur front l'allégresse de l'âme, r.ORN. Ilodog. v, 2. D'où vient ce noir chagrin qu'on lit sur son visage? boil. Épigr. xxxiv. Il se déguise en vain, je lis sur son visage Des fiers Domitius l'humeur triste et sauvage, RAC. Brit. 1, 4. Sur ce visage austère, où régnait la tristesse, Henri lut aisément sa honte et sa faiblesse, volt. Henr. ix. || Absolument. Pensez-vous avoir lu jusqu'au fond de son âme? corn. Cinna, ni,
4. Elle a lu dans mon coeur, vous savez le surplus, ID. ib. v, 3. Ne devais-tu pas lire au fond do ma pensée? rac. Andr. v, 3. Vous lisez de trop loin dans les secrets des cieux, ID. Iphig, i, 2 Vous m'avez vue attachée à vous nuire; Dans le fond de mon cœur vous ne pouviez pas lire, id. Phèdre, 11, 5. Il a lu dans le cœur de tous les hommes, mass. Carême, Évid. Berger, sur cet azur tranquille De lire on te croit le secret, bérang. Étoiles qui filent. Il 9° Expliquer les motifs des dessins aux ouvriers qui doivent les exécuter dans une fabrique de tissus ouvrés ou imprimés. {| 10" Se lire, v. réfl. Être lu. II est certain que plusieurs des vers attribués à la sibylle dans l'exhortation qui se trouve parmi les œuvres de saint Justin ne se lisent point dans notre recueil, volt. Dict. phil. Sibylle. Je n'entretiendrai pas Votre Majesté de toutes les sottises qui se font, et qui se disent, et qui se lisent ou ne se lisent pas^ dans le séjour que j'habite, d'alemb. iett. au roi de Prusse, » oct. (778. || Impersonnellement. Il se lit que..., on lit que.... Il ne se lit pointque jamais un tableau tout entieraitélé produit de cette sorte, corn. Wélite, Préface. |{ Fig. Sur mes yeux égarés ma triste.sse se lit, Régnier, Élég. i. Pour moi, j'aime les gens dont l'âme se peutlire, gresset, lf^c/ian£,i,5.
— REM. 1. Il faut dire : lis-je? et non lisé-je, qui est un grossier barbarisme. Il 2. X l'impératif Corneille a dit li, par un archaïsme reçu en poésie.
— HIST. XII* s. Vecz en ci la chartre, comandez qu'on la lise, Sax. xxiii. Il prist un livre, si i lit sans faillanco, llonsciv. p. 4 65. Jamais par moi n'crt loûs vers ne lais, Coud, xxn. || xiii* s. Bêle Doette, as fenestres séant, Lit en un livre, mais au cuer [cœur] ne l'entent, Romane, p. 46. Quant l'évangile fu liz, Blanchandin, ms. de St-Germain, f° 4 92, dans lacurne. Cil sains preudom la lettre lut ; I.i lires mult li abelut [plut], ruteb. ii, 465. La lettre fu liute, Chr. de Rains, 133. || xiv* s. Le sauf conduit a pris, si le fait recorder ; Car lire ne savoit, n'escripre, ne compter, Guescl. 4BI0. Plus avoir ne pouvons de leur fait [des anciens) que le lire; En lisant les veons; nuls homs n'en puet [peut] plus dire : Lires est noble chouse.... Girard de lloss. Prologue. |j xV s. Depuis on legy tous ses forfaits pour lesquels il rocevoit mort, FROiss. m, iv, 44. Jean Fernando.... apporta lettres au chanoine do Rohertsartf le chanoine les lisit, ID. II, II, 439. Il XVI' s. Arreste-toi, lisant, Ci-dessous est gisant.... Ce renommé Langeay, marot, m, 263. Si bien qu'il lisoit aux quatre langues I français, latin, grec, hébreu] à six ans, d'aubigné, Uémoires, éd. lalanne, p. 4. Lisant dans les yeux, mont, i, 4. Pour luy lire sa grâce, id. I, «t. Autant vaut celui qui chasse et rien ne preud,
comme celuy qui lit et rien n'entend, cotgrave.
— ETYM. Wallon, ie're, choisir; provenç. icjir, ligir; caUl. llegir; espagn. leer; portug. 1er ; ital. leygere; du lat. légère, proprement recueillir, puis lire; grec, XEyeiv, recueillir et dire. Le participe lix vient de lectus ; le participe leûs ou lu suppose un verbe ietr, irrégulièrement formé.
\ LIRELLE (li-rè-l'), ». f. Nom des apothécie» (fructification) des lichens du genre opegrapha.
— ETYM. Lat. lira, sillon, parce que ces aputhécies sont linéaires et ressemblent à de petits sillons.
us
t irai (li-ril , t. m. Espèce de patelle à coquille cartilagineuse.
tUIUODENDRINE(li-ri-o-din-dri-n'),s ./'.Terme de chimie. Substance retirée de récorceduliriodendron.
t LIUIODENDROX (li-ri-o-din-dron), s. m. Terme de botanique. Genre de magnoliacées, oîi l'on distingue le liriodendron tulipifère, dit vulgairement tulipier, et appelé bois de canot, bois jaune, arbre aux tulipes, dans différentes parties de l'Amérique.
— ETY.M. AEi'piov, lis, et SéMopov, arbre. LIRON (li-ron), ï. m. || 1° Voy. lérot. La mère a
arrangé ses papiers, s'est remise au lit; et tout cela dort comme un liron à l'heure que je vous parle, volt. Lett. d'Argental, 4 septembre <749. Il 2° Espèce de marmotte des Alpes.
— HIST. XVI' s. Aux lirons et limaçons cachez en terre ou dans leurs creux le dormir sert au lieu de mangeaille, pasqdier, Lett. t. lu, p. 656.
— ÊTYM. Dérivé de loir.
4. LIS (L'Académie dit qu'on prononce lis' en parlant de la fleur, li dans fleur de lis, armes de la maison de Bourbon, et de nouveau lis' dans la locution l'empire des lis, le royaume des lis pour dire la France : en un mot, lis, toutes les fois qu'il est hors de la fleur de lis du blason se prononce lis'), ». m. Il 1" Plante bulbeuse qui porte, sur une haute tige, des fleurs blanches à six folioles (genre lilium, famille des liliacées). Tel en un secret vallon Sur le bord d'une onde pure Un jeune lis, l'amour de la nature. Croit à l'abri de l'aquilon, rac. Aihal. II, 9. Tel un sauvage lis. Confiant au désert le parfum qu'il exhale, Cache aux vents indiscrets sa beauté virginale, delille, Trois règnes, y. Quand un lis virginéil penche et se décolore Par un ciel brûlant desséché, c. delav. Paria, ii, 6. Il Lis blanc ou commun, lilium candidum, L.; lis turban , lilium pomponiutn, L. ; lis de Chalcédoine, lilium chalcedonicum, L. ; lis martagon, lilium martagon, L. \\ 2° La fleur du lis blanc. La blancheur des lis. Blanc comme un lis. || Fig. Teint de lis, teint de lis et de rose, teint extrêmement blanc, teint blanc et vermeil. (| Poétiquement, on dit les lis de son teint, de son visage. Et les Us de son teint seraient-ils effacés? tristan, Mariant, v, 2. Les roses et les lis de votre beau visage, iD. À. de Chrispe, ii, 3. Je trouvai Mademoiselle de Sceaux très-belle, le teint du plus grand éclat du monde, des lis et des roses en abondance, hetz, i, 6. Attends, discret mari, que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur latoilette. Et, dans quatre mouchoirs de sa beauté salis. Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, BoiL. Sot. X. Il 3* En armoiries, fleurs de lis, armes des rois de France, imitant très-imparfaitement trois fleurs de lis unies ensemble, celle du milieu droite, et les deux autres ayant leurs sommités courbées en dehors. Les rois de France portent d'azur à trois fleurs de lis d'or. Et mentiront les prophéties De tous ces visages pSlis, Dont la vaine étude s'applique X chercher l'an climatérique De l'éternelle fleur de lis, malh. ni, <. Les armoiries des rois de France ne ressemblèrent jamais à des lis; c'est évidemment le bout d'une hallebarde, telles qu'elles sont décrites dans les mauvais vers de Guillaume le Breton, volt. Mœurs, 7s. Il est certain que, ni en pierre, ni en métal, ni sur les médailles ni sur les sceaux, on ne trouve aucun vestige véritable de fleurs do lis avant Louis le Jeune; c'est sous son règne, vers l ( 47, que l'écu de France commença d'en être semé, saint-foix. Est. Ilist. Paris, OEuv. t. IV, p. 407, dans pougens. C'est sous Charles V que les fleurs de lis, qui étaient sans nombre dan» l'écu de France, commencèrent à être réduites À trois, en l'honneur, dit un historien, de la sainte Trinité, m. ib.p. to». || Poétiquement. Les fleurs de lis, le royaume de France. Vole vite, et de la contrée Par où le jour fait .son entrée. Jusqu'au rivagu de Calis, Conte sur la terre et sur l'onde Que l'honneur unique du monde C'est la reine des fleurs do lis, Kalu. m, î. Qui n'a vu dessous leurs combats [des Français] Le Pô mettre les cornes bas, Et les peuples de ses deux rives, Dans la frayeur ensevelis. Laisser leurs dépouilles captives X la merci des fleurs de lis 7 lo. iv, &. || Les lis se dit quelquefois pour les fleurs de lis. Que nos campagnes ne voient jamais les lis déployés contre les lis, mass. Or. (un. Maiamc. Ces juges, ces pairs avilis Qui te prédisent dts merveilles [au duc de Bordeaux], De mon temps juraient que les lis Seraient le butin des abeilles [armoiries des Napoléons] , bP-Rano. les Vaux cousins. Il Poétiquement. Les Lis, se disaient autrefois de la France (on met une majuscule). L'empire des Lis. Le trOne des Lis. || Ceindre les lis.