‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 99 sur 389 · LIK · texte numérisé non relu

LIK

— ÉTYM. Il vient beaucoup de maçons du Ii'monsin, qui représente Lemovices, nom gaulois du pays de Liinoftes.

fLIMOUSINAGE (li-mou-zi-ua-j'), voy. limi sinage.

+ LIMOUSINE (li-mou-zi-nT , »• f- Manteau en poil de chèvre ou en grosse laine que portent les rouliers et qui est usuel dans plusieurs campagnes.

— ÉTYM. Limousin.

t LIMOUSINER (li-mou-zi-né), r. o. Faire du limosinage.

LIMPIDE (lin-pi-d'), adj. Clair et transparent. Liqueur limpide. Au laurier qui t'est cher si j'olTie une eau limpide.... c. delav. Paria, i, 4. Sous un ciel limpide la nature renaît brillante de fraîcheur et d'une jeunesse nouvelle, lam'înnais, Poliliqve, II, 131. Il Fig. Style limpide, style dont la clarté et la pureté sont comparées à celles d'une eau limpide.

— ÉTYM. Lat. limpidus, dont l'origine est incertaine, les uns y voyant une forme nasalisée de liquidus, les autres le rattachant à Jiâfittw, briller.

LIMPIDITÉ (lin-pi-di-té), ». f. Qualité de ce qui est limpide. La limpidité de l'eau, du diamant, de l'atmosphère, de l'air, etc. Que son œil était pur, et sa lèvre candide I Le beau lac de Nemi qu'aucun souffle ne ride A moins de transparence et de limpidité, LAMART. //arm. iv, ^o. ||Fig. La limpidité du style.

— ÉTYM. Lat. h'mpjdi'totem(QuiciiEBAT,4dd(;nda), de limpidus, limpide.

t LIMULE (li-mu-1'), ». m. Genre de crustacés branchiopodes.

LIMURE (li-mu-r') , ». f. || 1° Action de limer. La limure de cette grille sera longue. || 2' L'état d'une chose limée. Cette tabatière est d'une limure parfaite. Il 3° Limaille.

— HIST. xvi' 3. De la limature de come de cerf, PARÉ, XXI, (8. Limeure de fer et d'airain, id. xxni,46.

— ÉTYM. Limer; provenç. et espagn. limadwa ; ital. limatura.

LIN (lin), ». m. Il 1» Plante dont la tige fournit un fil servant à fabriquer des toiles fines et des dentelles, et dont le nom iKitanique est linum usitatissimum, L. Les réfugiés français avaient porté en Mande et en Ecosse la culture du lin et du chanvre, BAYNAL, Uist. phil. m, 8. Il Le lin vivace, linum perenne, L. espèce que l'on cultive aussi en France; il a été nommé anciennement lin perpétuel de Sibérie. || 2* Lin, linum, nom du genre type da la famille des hnées. || 3° Toile faite de Un. Debout à ses côtés, le jeune Éliacin Comme moi le servait en long habit de lin, bac. Ath. ii, 2. Ce réprouvé qui sort aujourd'hui de l'abîme pour vous instruire, était riche, dit Jésus-Christ; il était vêtu de pourpre et de lin, mass. Carême, Hauv. riche. || 4° Gris de lin, couleur qui ressemble à celle de la filasse de lin et de la toile éurue qui en provient, surtout de la filasse qui est grise avec un doux reflet nacré. \\Adj. invariable. Ruban gris de lin. Unorolie gris de lin. Il 5" Lin d'Amérique, un des noms vulgaires de l'agave americana. || Lin aquatique, nom .sous lequel on désigne parfois diverses fucacées du genre cliantfansie, appelées aussi lin de mer. || Lin étoile, nom vulgaire et spécifique delà lysimachie lin étoile (primulacées). || Lin de lièvre, la cuscute européenne, employée, dit-on, par les lièvres pour le coucher de leurs petits; dite aussi lin maudit, parce qu'elle nuit & diflércntes plantes en en gênant la croissance, et surtout en les suçant et vivant à leurs dépens. Il Lin de marais, nom vulgaire do l'ériophoron i plusieurs épis (cypéracées), dit encore linaigrelte, lin des prés, lin sauvage. || Lin de la Nouvelle-Zélande, le phormlon. ||Lin vif, lin incouibustlhle, lin minéral, l'amiante. || Lin fossile ou incombustible, variété d'aiibesto.

— HIST. xui's. L'arunde [l'hirondelle] fu degrant saveir ; Bien s'nparçut ke par le lin Serunt oiscl mit à lur fin,MARli':, table <8. || xvi* s. Le lin printuiiiur rapporte moins de poil et de graine que l'hyvornal,

— ÊTYM. Provenç. lin; catal. lli; espagn. lino; portug. 2t'n/io,- ital. lt'no;du lat. linum; grec, ).(vov.

t LINACËES (li-na-sée), ». f. pi. On dit plutôt liiiées (voy. ce mot).

t LINAIGREriE (li-nè-grè-f), ». f. Genre de la famille des cypéracées (genre criop/toron). Les linaigjottei ne sont broutées que par les ruminants, et seulement lorsqu'elles sout jeunes (voy. un DES marais).

— ÊTYM. L'origine parait être Un et aiorelte, 4 cause des longs ttoconsde soies cotonneuses qui soi/ dans les fleurs.

LINAIUK (li-nS-r'). i, f. Plante ainsi nommé*

LIN

parce que ses feuilles ont de la ressemblance avec celle du lin ; dite aussi lin sauvage (antirriunum Itnori'o. [..), famille des scrophulannées.

LIKCEUL (lin-seul; plusieurs mouillent VI : linseuil'; c'est ce que fait le Dictionnaire des rimes), I. m. il 1° Drap de toile dont on se sert pour ensevelir un mort. Joseph, ayant pris le corps, l'enveloppa dans un linceul blanc, ska,Bibk,1iv. SI MaHh. xxvii, 69. Quand ma froide dépouille étendue au cercueil Sera couverte, hélas! du funèbre linceul, LEBRUN, Élég. I, 2. Il Par extension. Apres ma mort une avalanche De son linceul me couvrira, th. gau- TIBR, le Chasseur. || »• Fig. Tout ce qui enveloppe comme un linceul de mort. Artiste, poëte, savant, X la gloire en vain on s'attache; C'est un linceul que trop souvent La postérité nous arrache, bérang. Couplet. Elle a dormi quinze ans dans sa couche d'argile, Et rien ne pleure plus sur son dernier asile; Et le rapide oubli, second linceul des morts, A couvert le sentier qui menait vers ces bords, la- MART. Ilarm. iv, lo. Les noirs linceuls des nuits sur l'horizon se posent, v. hugo, la Jlataille perdue. Loin de moi les vains mots, les frivoles pensées. Des vulgaires douleurs linceul accoutumé, Que Tiennent éuler sur leurs amours passées Ceux qui n'ont point aimé I A. de musset, Poés. nouv. Souv. Il Proverbe. Le plus riche n'emporte qu'un linceul.

— REM. 1. Régnier l'a employé dans le sens ancien, à savoir drap de lit : Et les linceuls [draps] trop couits par les pieds tirassoit, hégnieb, Sal. xi. Il 2. Les poàes font rimer linceul avec euil. Je ne veux point, couvert d'un funèbre linceul Que des pontifes saint» autour de mon cercueil... a. chén. Élégies, ix. Ils le font aussi rimer avec eul. [Au temps d'Adam] ...avec rien on montait un ménage : Il ne fallait matelas ni linceul ; Même le lit n'était pas nécessaire ; Ce temps n'est plus ; hymen qui marchait seul... la pont. Hertn. Je courus à la grève et ne vis qu'un linceul De brouillards et de nuit, et l'horreur, et moi seul, v. hugo, les Chdtimenls, vu, 8. Ayant ceci présent qu'il était votre aïeul Celui qui vient de clieoir de la pourpre au linceul, id. Hernani. Ces exemples prouvent que les deux rimes sont reçues; et en effet les deux prononciations le sont aussi.

— HlST. iii* s. Une kiute [couette] et uns linchius, TAiLLAB, Recueil d'actes, p. 8. || nii' s. Ne coûte, ne coussin, lincuel [drap de lit] ne oreillier, Jierte, xxxviu. Je.... lais et donne à l'hospital mil besans d'or pour lincheus et pour couvretoirs à couvrir les malades, Chr. de Rains, <to. || ivi* s. Buvez des vins délicieux. Puis après entre deux lincieuli Allez reposer vostre teste, marot, m, i 95. Ces linceux [draps de lit] me reprochent qu'ils [nos morts] ne sont pas ensevelis, d'aob. I, Jlist.f32.

— ETYM. Berry, lincieux, au pluriel, draps de lit; picard, lincheux, draps de lit; bourguig. lanceu; provenç. linsol, lensol, lensol, lanssol; catal. llensol; portug. lançol; liai, lenzuolo; du lat. linleolum, petit linge, morceau de linge, diminutif de linteum, linge, de linum, lin.

t LINÇOIR (lin-soir), s. m. Terme de construction. Pièce de bois dans laquelle sont asseiyblées les solives d'un plancher, au-dessus de la baie d'une porte ou d'une croisée. {{ Pièce de bois, dans un plancher, qui d'un bout est scellée dans le mur et de l'autFeassemblée dans un chevêtre.

t LINDOR (lin-dor), s. m. Nom d'un jeu de cartes, dans lequel le sept de carreau est la carte principale, et s'appelle lindor. Lo lindor est la même chose nue le nain jaune.

LINÉAIRE (li-né-ê-r'),od/. || !• Terme didactique. Qui a rapport aux lignes. Les anciens ont fort bien remarqué qu'entre les probU-nies de géométrie, les uns sont plans, les autres solides et les autres linéaires, c'est-à-dire que les uns peuvent être con- «truits en ne traçant que des lignes droites et des cercles, au lieu que.... desc. Géom. 2. |{ Hiéroglyphes linéaires, voy. iuéroclvphes. || Mesures linéaires, mesures de longueur. Iji longueur du pendule et celle du méridien sont les deux principaux moyens qu'offre la nature, pour fixer l'unité des mesiures linéaires, la place, ficp.i, m. || Débouché linéaire d'un pont, la «omme des largeursdes arches. Il Dessin linéaire, dessin où le trait seul est maroué. Il On dit aussi quelquefois dessin linéaire dans le mSme sens que dessin géométral. || Terme de peinture. Se dit de la perspective mathématique, par distinction de la perspective aérienne. Il t" Terme d'algèbre. Qui est du premier degré, ou qui n'admet qu'une seule solution. Problème linéaire. Équation lini'aire. || Grandeurs linéaires, les gr-.nd»un limples qui ne sont formées par aucune luul-

LIN

tipficatlon, et qui n'ont qu'une dimension comme la ligne. Il 3" Terme de botanique. Feuilles linéaires, feuilles qui sont allongées, également étroites dans toute leur longueur, et à côtés parallèles.

— ETYM . Lat. linearis, de linea, ligne. LINÉAL, ALE (li-né-al, a-l'), adj. || 1° Terme de

jurisprudence. Qui est dans l'ordre d'une ligne de descendance. Succession lincale.jl 2" Terme de beauxarts. Qui a rapport aux lignes d'un dessin, d'un tableau, d'un édifice. Harmonie linéale. Perspective linéale.

— ÉTYM. Lat. linealis, de Zineo, ligne.

f LINÉALEMENT (li-né-a-le-man), adv. Terme de beaiu-arts. Par rapport aux lignes, d'une manière linéale.

LINÉAMENT (li-né-a-man), s. m. \\ 1° Trait linéaire. On voit [dans la résurrection magique d'un mort] d'un sang caillé les flammes rallumées; L'artère avec le cœur reprend ses mouvements. Le visage retourne à ses linéaments, brébeuf, Pharsale, VI. De même qu'une peinture, bien qu'elle représente tous les linéaments de l'original, ne saurait exprimer sa vigueur,étantdestituée de vie et de mouvement, Boss. t" sermon, Démons, i. Voyez le plus beau corps du monde : sitôt que l'âme s'est retirée, bien que les linéaments soient presque les mêmes, cette fleur de beauté s'efface, et cette bonne grlVce s'évanouit, iD.Pan^j.StBemord, (.Depuis plusieurs années, il m'a paru nécessaire d'ajouter aux trois linéaments fondamentaux de M. Élie de Beaumont [dans les soulèvements des montagnes] deux ruptures dont l'une court nord-est-sud-ouest comme le mont Pilât, fournet, .^cod. des se. Comptes rendus, t. lv, p. 868.112» Par extension, ce qui dessine. Les premiers linéaments du poulet dans l'œuf. Il 8° Fig. Ébauche, esquisse. Le plus beau linéament, à mon gré, de tout leur ouvrage [de Xénophon et de Platon] est celui par lequel ils nous expriment la fin de Socrate, la motbe le vayer. Vertu des païens, n, Socrate. Avant de chercher l'ordre dans lequel on présentera ses pensées, il faut s'en être fait un autre plus général et plus fixe... c'est en se rappelant sans cesse ces premiers linéaments, qu'on déterminera les justes intervalles qui séparent les idées principales... buff. Disc, sur le style.

— HIST. xvi" s. Non que je me vante d'avoir en cest endroitcontrefait au naturel les vrais lineamens de Virgile, du bellay, iv, 3, verso. Ce traict et façon de visage, et ces linéaments par lesquels on augmente aulcunes complexions internes, mont.iv, 224.

— ÉTYM. Lat. lineamentum, de lineare, tracer des lignes, de linea, ligne.

t LINÉATIFOLIÉ, ÉE (li-né-a-ti-fo-li-é, ée),adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille dont les nervures affectent la forme de lignes parallèles.

— ETYM. Lat. liTieatus, marqué de lignes, etfolium, feuille.

t LINÉES Oi-née) , s. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicotylédones, dont le lin est le type, et qui a été détachée des caryophyllées.

f LINEOLE (li-né-o-l'), s. f. Espèce de bouvreuil, le bouvreuil bouveron.

t LINErrE {li-nè-f), t. f. || i' Graine de lin. Il 2"Nom de la linotte commune et du trigle hirondelle.

— ÉTYM. Diminutif de lin.

f LINGAM (lin-gam') , s. m. Représentation hiératique du phallus chez les Indiens.

— ÉTYM. Sanscrit, itngom, marque.phallus, genre.

t I. LINGARD (lin-gar), s. m. Fil de chaîne empesé, pour raccommoder les fils qui se rompent pendant le travail.

t ï. LINGARD (lin-gar), s. m. Terme de pêche. Morue longue qu'on apporte salée d'Amérique.

LINGE (lin-j'), s. m.||l°Toile de lin, de chanvre eu de coton, employée aux divers besoins du ménage. Ouvrière en linge. Vieux linge. Linge sale. 11 faut à son corps [de Jésus mort] cent livres de baume du plus précieux, et un linge très-fin et très-blanc pour l'envelopper, boss. 4" serm. Pâq. préamb. 'l'out ce fatras fut du chanvre en son temps; Linge il devint par l'art des tisserands; Puis, en lambeaux, des pilons le pressèrent, 11 fut papier.... volt. Dict. phil. Livres, sect. 2. Quel est votre état? — Je file et je travaille en linge, cenlis, Tludt. d'éduc. Àreugle de Spa, 7. Il Gros linge, les draps, les nappes, les serviettes, les chemises, etc. Linge fin, les collerettes, les manches, manchettes, etc. Blanchisseuse de gros linge, de linge fin, ou, simplement, blanchisseuse de gros, blanchisseuse de fin. || Il n'a pas plus de force qu'un linge mouillé, ou c'est un linge mouillé, c'est-à-dire il est d'une faiblesse extrêm*. il KUe est blanche comme un linge, se dit d une personne qui a beaucoup pùli pour une cause quel-

LIN

conque. || Linge de corps, linge qui sert à la personne même, comme chemises, draps, etc. pai opposition à linge de maison, qui comprend les nappes, serviettes, etc. || Linge de t.ible, nappes, serviettes. On a donné particulièrement le nom de linge aux toiles destinées pour le .service de la table ; il y a du linge plein et du linge ouvré, à grain d'orge, à œil de perdrix, damassé, et sur lequel on exécute les mêmes dessins que sur les étoiles do soie, Dict. des arts et met. Lingère. Le lings crnô de fleurs fut couvert pour tous mets D'un peu de lait, de fruits et des dons de Cérès, la font. Phil. et Baucis. \\ Linge de lit, draps, taies d'oreiller, etc. Il Linge de cuisine, tabliers, tordions, etc. || Linges sacrés, linges sur lesquels on dispose l'eucharistie pendant le saint sacrifice, et qui sont consacrés à cet usage par une bénédiction particulière ; tels sont les nappes d'autel, les corporaux, la p-iUe. Il 2° Particulièrement. Linge se dit du linge de corps. Il a beaucoup de linge. Se mettre en linge. Elle est sans linge. Il ne porte que du beau linge. || Changer de linge, mettre sur soi du linge blanc, ou du linge sec quand on sue. || 3° Un morceau de linge. Se frotter avec des linges chauds. Par le linge fatal imbu du sang de N'esse, rotr. Ilerc. m. m, ( . On voyait plusieurs de ces chefs, blessés depuis la Moskowa, l'un le bras en écharpe, l'autre la tète enveloppée do linges, soutenir les meilleurs, retenir les plus ébranlés.... SÉGUR,//i's(. de Nap. ix, fo. || Vieux linge, linge usé dont on se sert comme de chiffon et pour les pansements. Un mouchoir et des gants... Lui pendaient au côté, qui semblaient, en lambeaux. Crier, en se moquant : vieux linges, vieux drapeaux I bégnier, Sat. X. Il Petit linge, fragments de linge dont on se sert pour des usages analogues. I| Linge à barbe, serviette dont le barbier entoure le col de celui à qui il fait la barbe. C'est aussi le morceau de linge surlequel on essuyé le rasoir. {| Proverbe. Il faut laver son linge sale en famille, c'est-à-dire il ne faut pas mettre le public dans la confidence des mauvaises affaires domestiques, surtout des dissensions.

— iilST. xii* s. De chiers linges dras, Th. le mart. 102. ||xiii* s. Il puet estre frepier et vendre et achater.... peleterie viez et nueve, et freperie viez et nueve, linge ou lange viez ou nueve, iiV. des mdt. 202. || xv' s. Il se despouilla jusques aux draps linges, Perceforesl, t. v, ^ 131. ||xvi' s. Les coffrets de médecine accomplis, le linge usé et les œufs pour les blessez, d'aub. Hist. m, 87.

— ÉTYM. Provenç. linge; espagn. lienio ; du lat. linteum, qui vient de linum, lin. Linge était aussi adjectif : drap linge, étoffe de lin, et alors il vient de l'adjectif latin linteus.

LINGER, GÈRE (lin-jé, jè-r'), s. m.etf. || 1° Celui, celle qui fait, qui vend du linge, qui travaille en linge. Il .4d;'. Marchand linger. Marchande lingère. Il i° Celui, celle qui est spécialement chargée du .soin de la lingerie. || Adj. Dans les communautés d'hommes, il y a des frères lingers, et, dans celles de femmes, des sœurs lingères. || 3°S. /". Lingère espèce d'insecte aptère qu'on trouve souvent da» / les armoires.

— HIST. XVI* s. Quatrième rang, qui sont le» mestiers d'entre les médiocres et petits: linger loillier, lingère toilliere, Êdit, avril <S97. Pour la confirmation du mestier de lingères, autrefois authorisé en l'an use, ib. déc. <58i.

— ÉTYM. Linge, et la finale ter ou er qui vient du lat. arius et qui exprime l'habitude, le métier.

LINGERIE (lin-je-rie), s. f. || l" Commerce do linge. Elle est dans la lingerie. La lingerie est en souffrance. |1 2° Lieu, dans une maison particulière, dans une communauté, d.tns un collège, dans un hôpital, etc. où l'on serre le linge et où l'on en fait la distribution suivant les besoins. Une femme entendue est à la tête de la lingerie.

— HIST. XIV' s. Toutes celles qui sont du dit métier de lingerie, Ordon. août U85.

— ÉTYM. linger.

f LINGETTE (lin-jè-t'), *. f. Sorte d'étoffe croisée de laine, espèce de flanelle. Lingettes ou Davets, qui est une espèce de serge, la pièce de 20 aunes payera ♦ livres. Tarif, «8 sept. (664.

LINGOT (lin-go; le t ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : des lin-go-z apportés; lingots rime avec sots, repos, travaux, etc.), t. m Il 1° Nom qu'on donne à des portions de métal, cl, particulièrement d'or et d'argent , dans la forma qu'elles conservent en sortant du moule après avoir été fondues et avant d'avoir été mises en œuvre. Il y a deux ans qu'il est revenu des Indes, chargé d'une grande quantité de lingots qu'il a changés en espèces, LE skQTi, Diable boit. ch. 3, dans rouccKS. || Vi^,

LIN

LIN

LIO

Mme de Bouillon appelait cette belle-fille [sa bru] son lingot d'or, st-sim. <72, 44. Des qualités trop supérieures rendent quelquefois un homme moins propre à la société : on ne va pas au marché avec des lingots; on y va avec de l'argent ou de la petite monnaie, chamfort, Maximes. \\ 2° Terme de chasse. Petit cylindre de fer ou de plomb dont on charge un fusil. Tirer un sanglier avec des lingots. Il 3' Terme de typographie. Morceau de fonte, interligne très-grosse dont on se sert pour remplir les blancs d'une page, et principalement pour maintenir le haut et le bas d'une page divisée en colonnes.

— HIST. XV" s. Diï lingoz d'or, grans et petiz, DE LABORDE, Émaux, p. 365. || ïvi* S. Ainsi le marinier souvent pour tout trésor Rapporte des harens au lieu de lingots d'or, do Bellay, vi, 42, recto.

— ÉTYM. Angl. ingot. D'après Génin, Récréât. t. I, p. 4 04, tngot est dans les contes de Cantorbury de Chaucer, et interprété par moule à fondre, et il le fait venir de get, mettre, et in, dans; de la sorte, il y aurait dans le français lingot fusion de l'arlicle avec le mot. Mais tngot est-il un mot d'origine anglaise? La composition en est singulière, et des dictionnaires anglais disent que ingot vient du français. De sorte que l'ancienne étymologie, qui tire lingot du latin lingua à cause de la forme, demeure toujours possible.

tlNGOTIËRE (lin-go-tiè-r"), I. f. Moule où l'on coule en lingots les métaux fondus. || Appareil de fonte pour couler certaines substances fondues, comme le nitrate d'argent, le soufre, etc. On procède à cette purification en laissant fundre ce soufre brut dans de grands vases à un feu modéré ; les parties terreuses se précipitent, et le soufre pur surnage; alors on le verse dans des moules ou lingotières dans lesquelles il prend la forme de canons ou de pains, BUFP. Min. t. ni, p. 4 99. || Moule qui sert aux vitriers pour fondre leur plomb, qu'ils allongent ensuite dans le tire-plomb. || Se dit aussi de vases de fonte que les plombiers pendent au bout des moules à toile pour recevoir le surplus du plomb nécessaire à chaque table.

— HIST. XVI* s. Lingotiere, cotgravb.

— ÈTVM. Lingot.

+ LINGOTIFORME (lin-go-ti-for-m') , adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un lingot. || Terme de géologie. Coulée lingotiforme, celle qui s'épanche en se moulant sur le fond d'un vallon, d'une cavité.

LINGUAL, ALE (lin-goual, goua-l'; au plur. on prononce lin-gÔ),ad;'.|| 1° Terme d'anatomie. Qui a rapport à la langue. Les nerfs linguaux. Artère linguale, jj i° Terme de grammaire. Consonnes linguales, consonnes formées par les divers mouvements de la langue seule, comme r et U mouillées. Il Substantivement. Une linguale. || Dans la terminologie des consonnes sanscrites, on nomme linguales ou cérébrales, certaines consonnes analogues aux dentales, mais que le sanscrit en distingue.

— ÉTYM. Lat. lingua, langue.

t LIXGUAni) (lin-gar) ou LINGODARD (lingouar), s. m. Voy. lingue.

t LINGUATULE (lin-goua-tu-l"), t. f. Nom d'un genre de crustacés parasites longtemps considéré comme appartenant aux vers nématoïdes.

— ETYM. Diminutif du latin linguatus, qui esten forme de langue.

t LINGUE (lin-gh'), ». f. Espèce de lotte allongée. H Poisson du genre gade, que l'on sale comme de la morue.

— ÉTYM. Lat. lingua, langue, à cause de la forme. + HNGUET (lin-ghè), t. f. Terme de marine.

Pièce de bois ou do fer fixée par une de ses exlrémités sur le pont du navire, au moyen d'une forte cheville autour de laquelle le llnguet tourne librement, ainsi dite parce que le linguet eut d'abord la forme d'une languette; la fonction du linguet est d'arrêter le cabestan.

t LINGUETER (lin-ghe-té. Le t se double devant une syllabe muette : je linguetle), ». a. Terme de menuisier. Lingueter des planches, pratiquer sur leur tranche d'un côté une rainure, de l'autre uns gaillie qui puisse «'encastrer dans la rainure de la planche voisine. On linguette les planches pour les assembler en plancher.

t LINGl;IFORME(lin-gui-for-m'; uf se prononce comme dans huile), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une langue ou d'une languette.

— f.TYM. Lat. Ungua, langue, et forme.

LINGUISTE (lin-gui-sf; u» se prononce comme

dans huile), i. m. Celui qui s'adonne spécialement i l'étude des langues. Un habile linguiste.

— ÉTYM. Lat. lingua, langue.

LINGUISTIQUE (lin-gui-sti-k'j ui se prononce

comme dans huile), s. f. || 1" Jttude des ijigues considérées dans leurs principes, dans leurs rapports et en tant qu'un produit involontaire de l'instinct humain. Il i'Adj.Qai a rapport à la linguistique,à l'étude comparative et philosophique des langues. Études, travaux, découvertes, recherches linguistiques. Un nombre aussi restreint [3 à 40o] de signes pour former tout le matériel linguistique d'un peuple aussi ancien et aussi avancé que le peuple chinois, a dû nécessiter l'usage d'une quantité prodigieuse d'homophones, Rev. orient. 5« année, n" BO,p. 80.

— ÉTYM. Linguiste.

t LINGULE (lin-gu-r), t. f. Genre de mollusques acéphales bivalves.

t LINIER, 1ÈRE (li-nié, niè-r*), s. m. et f. Il 1* S'est dit autrefois d'une personne préparant le lin ou faisant le commerce de lin. La communauté des marchands liniers de Paris était autrefois composée d'hommes et de femmes; mais, depuis les statuts de 4(566, elle ne l'est plus que de maîtresses qui se qualifient marchandes linières, chanvrières et filassières de la ville et faubourgs de Paris, Dict. des arts et met. Linier. || l'Adj. Aujourd'hui, industrie linière, fabrication du fil et des étoffes de lin.

— HIST. XIII' s. Quiconques est liniers à Paris, il peut et doit vendre seulement en gros et par poigniées par pesiaus.... Liv. des mest. 444. || xvi' s. Cinquième rang, qui sont les petits mestiers : linières, chanvrières, maistre d'escrime, £di{,avr.4 587.

— ÉTYM. Lin.

LINIÈRE (li-niè-r*), ». f. Terme d'agriculture. Terre semée en lin.

— ÉTYM. Lin.

UNIMENT (li-ni-man), ». m. Terme de pharmacie. Topique onctueux, de consistance moyenne entre celle de l'huile et de l'axonge, destiné à être employé en frictions.

— HIST. xvi* s. Bien souvent nous prenons onguens pour linimens, usans indifîeremment de l'un et de l'autre, paré, xxv, 26. Ce sont les consolations, ce sont les linimens des extrêmes douleurs, MONT. t. m, p. 85, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. Uniment ; esfSign. linimiento ; itàl. linimento; du lat. /mîmCTitum,de /mire, oindre.

t LININE (li-ni-n'), s. f. Terme de chimie. Substance retirée du linum catharticum, L.

t LINNÉE fli-nnée), s. f. Jolie plante d'ornement de la famille des chèvrefeuilles (dédiée par Gronovius à Linné).

LINON (li-non), ». m. Toile de lin très-déliée. Linon uni, sorte de batiste claire. Linon à jour, linon qui avait des jours. Le linon n'est plus en usage.

— HIST. xv!* s. Ne voit on pas la jeunesse de ce temps porter le linon empesé au colet et aux poignets, bien que le corps de la chemise soit de grosse toile et pourrie? d'aob. Conf. u, e.

— ÉTYM. Dérivé de lin.

t LINOSTOLE (lino-sto-1'), ». m. Terme de plaisanterie forgé par Voltaire pour désigner les docteurs de Sorbonne {l'Ingénu, ch. 4 4).

— ÉTYM. Aivé(jTo5.o;, habillé de lin, de XCvov, lin, et (jTo^ii, robe.

LINOT (li-no), ». m. ou LINOTTE (li-no-f), ». f. Il !• Petit oiseau gris, à bec conique, dont le chant est très-agréable. || a» Linot, le mâle; linotte, la femelle. Un linot, depuis peu charmé de votre note, A fait divorce avecque sa linotte, pellisson, dans jaubert, Gloss. || 8» Linotte se dit du mâle comme de la femelle. Plusieurs curirux ont fait exprès le voyage de Londres à Kensinglon pour avoir la satisfaction d'entendre la linotte d'un apothicaire, qui articulait les mois pretly boy, bupp. Ois. t. VII, p. «6. Il Fig. et familièrement. Il a une tête de linotte, c'est une tête do linotte, c'est une linotte, il a bien pou de jugement, son esprit est fort léger. M. de Saint-Malo, linotte mitrée, âgé de soijante ans, a commencé, vous croyez que c'est les prières de quarante heures, c'est le bal à toutes les dames, et un grand souper : ça été un scandale public, SÉV. 237. Je ne démêle point ce que vous me dites de M. d'Argenson, ni pourquoi vous ne pouvez [larler de lui gravement; ce n'est point une linotte, MAiNTENOM, Lett. à Mme de Daugcau, t. vu, p. 4 47, dans podcens. Maisons regardait Canillac comme une linotte qui parlait bien et beaucoup, et ne faisait nul cas do son jugement, st-sim. 393, «s. Il Fig. et populairement. Sifflor la linotte, boire plus que de raison, et, aussi, être en prison. Bon homme, dans quelque cabaret Viens-tu de sifller la linotte? Est-ce le vin rosé, le blanc ou le clairet. Oui l'ont si bien chamarré la calotte? le Théâtre italien de Cherardi, t. m, p. 308. || Fig. et familièrement. Siffler la linotte, signifie aussi instruire

un intrigant, une intrigante, pour les faire réussir dans les projets qu'on a formés.

— HIST. XV* s. Oii estes-vous, chants de linottes. De chardonnerets ou serins, Qui chantés de si plaisans notes, Soubs les treilles de ses jardins? coquillart. Monologue du puits. || ivi* s. De tes chansons plus suis esmerveillé Qu'à escouter en la verte campagne Au frais matin le linot esveillé, MABOT, dans jahbert, Gloss. Les leinotes, ou lunotes, ou linotes vont en trouppe tout l'automne et hyver, vivants de semences de chardons, p. belon, Delanaturedes oiseaux, vu, te. Une linotte coiffée [une femme], onora, Dict.

— ÉTYJI. Ainsi nommé parce qu'il aime les linières, la graine de lin; Berry, linot, le mâle, lunette, lunotte, linotte; wall. linièroû; nam. Une; génev. ninotte. En Normandie, siffler la linotte signifie perdre son temps, bayer aux corneilles, attendre en vain; cela se rattache au sens : être en prison.

t LINTÉAIRE <lin-té-ê-r'), adj. Ancien terme de géométrie. Courbe lintôaire , courbe tracée par une corde lâche suspendue à deux points fixes.

— ÉTYM. Lat. linteum, linge.

LINTEAU (lin-tô), s. m. || 1° Pièce de bois, de pierre, ou même de fer, placée en travers audessus de l'ouverture d'une porte ou d'une fenêtre. Il 8* Terme de serrurerie. Bout de fer placé au haut d'une porte ou d'une grille pour recevoir les tourillons. Il 3° Terme de fortification. Traverse sur laquelle sont fixés les pieux d'une palissade à 4",ao au-dessus du sol.

— HIST. XIII* s. Quant vos devez issir de l'uis.... Ançois [avant] que vous ailliez avant, De vostre pié destre devant Fêtes trois croiz sor le lintel, Ren. 766S. Il IV* s. Le quel Roland de son espée frappa ung cop après icellui Jehannin; du quel cop il assena le licteau de la maison, en la quelle le di'. Jehannin se sauva, du caitoe, Untellus. Avecques ce tirèrent d'un autre pan de mur ung luyteau ou couverture de huis, id. ib.

— ÉTYM. Bas-lat. Untellus; espaga. Untel,dintel; d'un latin fictif limitellus. diminutif de limes, limite. Cette étymologie est donnée par Diez, et il la confirme par l'espagnol linde, limite, du latin limitem; provenç. lindar, seuil, du latin limitaris.

t LINTÊENS (lin-té-in), adj. m. pi. Terme d'antiquités romaines. Livres lintéens, livre» écrits sur toile, annales de Rome, livres sibyllins.

— ÉTYM. Lat. linteus, de linge, de linum, lin.

t LIO.... préfixe qui signifie lisse, uni, et qui vient du grec Xeîoç.

t LIOCARPK (li-o-kar-p"), adj. Terme de botanique. Dont les fruits sont lisses.

— ÉTYM. Lio...., et xapnoc, fruit.

t LIOCOME (li-o-ko-m'), adj. Synonyme do liotrique.

— ÈTYM.tto...., et xéfjiii, chevelure.

t LIODERME (li-o-dèr-m'l, adj. Terme d'histoire naturelle. Dont les téguments extérieurs sont nus; dont la peau est lisse.

— ÉTYM. Lio...., et Ss'pfia, peau.

LION, ONNE (li-on, on') , t. m. et f. || 1" Quadrupède Carnivore, très-courageux, qui habite principalement l'Afrique ; le mâle a le cou entouré d'une crinière. Le malheureux lion se déchire lui-même. Fait résonner sa queue à l'entour de ses fiancs, Bat l'air qui n'en peut mais.... la font. Fabl. ii, 9. Le lion, terreur des forêts. Chargé d'ans, et pleurant son antique proues.se, Fut enfin attaqué par ses propres sujets, Devenus forts par sa faiblesse, m. ib. m, 4 4. Ce héros [Achille] si terrible au reste des humains.... Suça mémo le sang des lions et des ours, BAC. Iphig. iv, 4. Kt comme ce lion mystérieux dont il est parlé dans l'histoire de Samson, il suffisait prcsquQ de l'avoir déchiré pour trouver dans sa bouche le miel de la douceur et la rosée des grâces, iiass. Or. fun. Yillars. Il rendit ses passions dociles à la raison.... et, comme ce pieui roi d'Israèl, il se joua dans sa jeunesse avec les lions, ainsi qu'on se joue avec les agneaux les plus doux et les plus traitables, id. Or. fun. Yilkrog. Les lions de la plus grande taille ont environ huit ou neuf pieds de longueur depuis la mullo jusqu'à l'origine de la queue, qui est elle-même longue d'environ quatre pieds, buffon, Lion. Le lion, pris jeune et élevé parmi les animaux domestiques, s'accoutume aisément à vivre et même à jouer innocemment avec eux; il est doux pour le maître et même caressant, surtout dans le premier âge, et, si sa férocité naturelle reparaît quelquefois, il la tourne rarement contre ceux qui lui ont fait du bien, iD. t'b. L'extérieur du lion ne dément point

LIO

ses glandes qualités intérieures, il a la figure Imposante, le regard assuré, la démarche fieie, la voix terrible, buff. Lion. .. .DQ nord au midi, sur la création Hercule promenait l'éternelle justice Sous son manteau sanglant, taillé dans un lion, a. be muss. Holla. Il Fig. Ce sera dompter des lions que d'assujettir notre impétueuse colère; nous dominerons les animaux venimeux, quand nous saurons réprimer les haines, les jalousi'>s, les médisances, boes. Elév. ntr myst. iv, 8. || II faut coudre la peau du renard à celle du lion, il faut joindre la ruse, la prudence à la Taleur. Quand on lui représentait [à Lysandre] que les descendants d'Hercule ne devaient pas employer à la guerre la ruse et la fraude, il leur disait d'un ton moqueur : Partout où la peau du lion ne peut atteindre, il faut y coudre celle du renard, Trad. dePLDTARQUK, /.yjt.R. || C'est l'âne couvert de la peau du lion, se dit d'un faux brave qui prend un ton menaçant. Il Dans le monde des précieuses, on avait donné le surnom de la Lionne à Mlle Paulet. L'ardeur avec laquelle elle aimait, son courage, sa fierté, ses yeux vifs, et ses cheveux trop dores, lui firent donner le surnom de Lionne, tailemand des RÈADI, Historiettes, t. iy, p. -12. ||Le partage du lion, tout d'un côté et rien de l'autre, par allusion à la fable où la chf'vr«, la génisse et la brebis sont en société avec le lion, jj Fig. Battre le chien devant le lion, se dit, lorsque, quelqu'un ayant fait une faute dont on n'ose le rejneiidre directement, on reprend un autre devant lui de la même faute. || Fig. C'est un lion, un vrai lion, c'est-à-dire il est hardi comme un lion, il est trcs-brave. || Cœur de lion, un homme vaillant et magnanime. Encor si ce banni n'eût rien aimé sur terre I Mais les cœurs de lion sont les vrais cœurs de père, v. hugo, ChanU du crépuscule, v. || Se défendre comme un lion, se défendre avec un très-grand courage. || Familièrement. Être comme un lion, comme un petit lion, montrer beaucoup de chaleur, d'emportement, de colère dans un débat. Enfin j'étais comme un petit lion, MAHiv. Xarianne, 4~ part. || Fig. C'est une lionne, une vraie lionne, elle est comme une lionne, se dit d'une femme en fureur. || Fig. Le lion populaire, le peuple déchaîné dans quelque grande et vaillante action. J'ai vu pendant trois jours, j'ai vu, plein de colère, Bondir et rebondir le lion populaire, aug. barbier, Ïambes, le lion. Il 2' Fig. Homme hardi et courageux. Et lions au combat, ils [les chrétiens] meurent en agneaux, corn. Poly. iv, 6. S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prévoyance et un courage intrépide, ce fut lorsqu'il s'agit d'assurer la garde des trois illustres captifs [le ^.rince de Condé et les deux autres princes].... mais où garder des lions toujours prêts à rompre leurs chaînes T eoss. U TeUier. [0 Dieu] Accompagne mes pas Devant ce fier lion [AssuérusJ qui ne le connaît pas, rac. Esth. i, *. Ces lions que leur maître avait rendus plus doux, volt. Brut, i, 3. Peut-être qu'en secret je tirais vanité D'adoucir ce lion dans mes fers arrêté, ID. Orphel. i, < . La sultane, par une secrète inclination dont presque toutes les femmes se sentent surprises en faveur des hommes extraordinaires, même sans les avoir ▼us, prenait hautement dans le sérail le parti de ce prince [Charies XII] ; elle ne l'appelait que son lion : Quand voulez-vous donc, disait-elle quelquefois au sultan son fils, aider mon lion à dévorer ce czarT ID. Charles Ht , i. Vous êtes mon lion superbe et généreux, v. hugo, llernani, ni, 4. || 8" Lion marin, sorte de phoque, nom donné, parDampier, au macrorrhin jrrolioscidi (phocacés) ; par Steller, à iotnrie de Steller (phocacés) ; par Pernelty, au platyrrhynque Uonin (phocacés), qui estro(on> à crinxère de certains auteurs; lion marin de la petite espèce, nom imposé par Pernelty à l'otarie fnoloMi'nc; jeune lion marin de la Californie, nom •ous lequel Choris a désigné Votarie californienne, LEOOARAHT. Iiiuigo de Biervillas dit qu'on tua prés du cap de Bonne-Espérance un lion marin, qui avait dix pieds do longueur et quatre do grosseur, la tête comme celle d'un veau d'un an, de gros yeux afficui, le» oreilles courtes, avec une barbe hérissée, htirr. Quadrup. t. n, p. *3t. || 4- Terme d'astronomie. Lion de Némée ou Lion cléonien (ainsi dit de Cléonos dans l'Argolide), une des constellations du zudiaque (on met une majuscule). || Petit Lion eonstellation boréale placée entre le Lion et la grande Ourse. || Le cinquième signe du zodiaque, c'est àdire le signe qui, i raison de la révolution annuelle de la terre, semble parcouru, à peu près du 20 juillet au 2o août, par le soleil (voy. signe pour U diUérence entre tign* et conttcllation). Le

LIO

droit a ses époques : l'entrée de Saturne au Lion nous marque l'origine d'un tel crime, PASC. l'ens. III, 8, éd. HAVET. 'lout l'été, loin de toi, demeurant au village, J'y passe obstinément les ardeurs du Lion, boil. Épit. vi. Là, quand de thermidor la septième journée Sous les feux du Lion ramènera l'année , m.j.chEnier, fa Caîomnt'e. Il 6° Terme venu d'Angleterre, et qui, par allusion aux lions de la tour de Londres visités par tous les voyageurs, a été appliqué d'abord à des personnages célèbres à un titre quelconque que la haute société invitait pour se faire honneur de leur présence. Le lion du jour. || Se dit, par extension, de jeunes gens riches, élégants, libres dans leurs mœurs, et qui affectent une certaine originalité, et particulièrement font de grandes dépenses. C'est un lion. On sait que la race à laquelle le lion appartient a toujours vécu en France sous divers noms; ainsi le lion s'est appelé autrefois raffiné, muguet, Jiomme à bonnes fortunes, roué; plus tard muscadin, incroyable, merveilleux; dernièrement enlin dandy et fashionable ; aujourd'hui c'est lion qu'on le nomme, fr. soulié, le Lion amoureux, § 4. Il Lionne se dit d'une femme qui a à peu près le même genre de vie et les mêmes prétentions. C'est ma maîtresse, ma lionne, a. demusset, l'Andaiouse. Je ne suis pas une lionne le moins du monde; je suis une femme, entendez-vous? tout ce qu'il y a de plus femme, ch. de Bernard, la Peau du lion, IX. Il 6° Terme de blason. Lion dragonne, monstre, moitié lion, moitié serpent, qui figure dans quelques armoiries. || Lion d'hermine, lion couvert d'une fourrure d'hermine. || Lion de Saint-Marc, lion ailé, symbole de l'ancienne république de Venise. Il Lion de Belgique, animal héraldique qui a figuré dans les armoiries des différentes provinces des Pays-Bas, depuis les croisades. En vain au lion belgique II voit l'aigle germanique Uni sous les léopards, BOii.. Ode sxtr la prise de Namur. On dit plus souvent aujourd'hui le lion belge. || 7° Terme de marine. Pièce de bois servant à relier la tête des épontilles de la cale avec le pont. || Pièce de bois sculptée qui orne le dessous du beaupré. || Fosse aux lions ou aux liens, magasin où l'on sert divers cordages, jj 8° Lion, monnaie, sous le règne de François I", qui portait la figure de cet animal, valait 63 sols 9 deniers, et pesait 3 deniers 6 grains. Il Lion d'or, lion d'argent, monnaies de Belgique, il 9° Chien-lion, sorte de chien. L'épagneul et le petit danois produisent le chien-lion, qui est maintenant fort rare, buff. Quadrup. t. i, p. 370. Il 10° Lion des pucerons , nom donné à des larves d'hémérobes. || 11° Terme d'alchimie. Lion vert, le mercure philosophai et la teinture du vitriol. Il Lion rouge, le plomb suroxydé ou minium. Il 12° Dent de lion, pissenlit. || Proverbes. À l'ougle on connaît le lion, c'est-à-dire on juge d'un homme par le moindre acte qui le dénote, d'une chose parle moindre échaniillon. || Un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort.

— HiST. XI' s. Vus lui durrez [donnerez] ors [ours] et leons et chiens, Ch. de Roi. m. ||xii* s. Il fiert Gerin en l'escu à lion, iionc. 76. Et en bataille hardi come lion, ib. <28. || xiii* s. Ours ne lion n'est ne beste sauvage. Qui, tel foiz est, ne freigne son vouloir De faire mal et ennui et domage, eust, LE peintre, dans Couci. Et fu acompli la prophesio que on dist que Merlins avoit dit; car il dist que li dous lions de France morroit à Monpansier, Chr. de Rains,p. <78. ||xiv« s. Etaussile lyon ne se esjoit pas en oïr la voix du beuf, mes pour le beuf mengier, oresme, Elh. 83. || xV s. Oui chevalier est.... doit estre fier et hardi comme un lion quand il a le bassinet en la teste, fhoiss. ii, m, * ». || xvi» s. Il n'y eut jamais bon marché des peaux do lions, coTGBAVE. Nos princos mignons Qui ont beaucoup du singe et fort peu des lions, d'aubigné, Tragiques, princes.

— ÊTYM, Provenç. leo, leona, leonessa; espagn. J«o»i ; portug. leâo, leoa ; ital. leone; du lat. leonem, qui vient du grec iÉwv. Selon Pictet, Jiwv, pour XéFoiv, viendraitdu sanscrit lavant, participe présent du radical lu, déchirer; il est certain que l'hiatus des voyelles e-u fait supposer un F intermédiaire, et que «av-ovToç est une lorme de participe pré.sent.

LIONCEAU (li-on-sô), s. m. Le petit d'un lion. Un lionceau qui rugit en voyant sa proie, saci. Bible, tachab. i, m, «. Le lionceau devint vrai lion ; le tocsin Sonne aussitôt sur lui ; l'alarme se promène De toutes paits.... la font. Fabl. xi, *. Il Fig. On en forme [des hommes do guerre], selon l'eipression de l'Ecriture, de jeunes lionceaux que l'on accoutume de bonue heure et que l'on dresse

LIT

de loin à piller, à dévorer les hommes, à faire des veuves et des malheureux, à dépeupler les villes ROLLIN, Ilist. anc. Préface. \\ Terme d'armoirie. Se dit des lions d'armoirie, quand l'écu en porte plus de trois. Semé de lionceaux.

— HIST. XII* s. Come li leoncels coroit, quant aloit proier [faire proie].... MIachab. i, 3. si ert niii escuz [mon escu] od lounceaus D'or, en azor faiz o assis, benoIt, v. 3t7l2. || xvi' s. Des champs massyliens la plus cruelle fere Entre ses lionceaux dans un roc l'allaita, ronsard, (4o.

— ÉTYM. Diminutif de lion; provenç. leonel ; espagn. leoncillo; ital. lenncello.

t MONDENT (li-on-dan), s. m. Nom que certains auteurs donnent à un genre de synanthérées, ayant une trentaine d'espèces, dit ordinairement léontoilon.

— ÉTYM. Lion, et dmt.

t MONNÉ, I5E (li-o-né, née), adj. Terme do blason. Se dit du léopard rampant comme le lion.

t MONNESSE (li-o-nè-s'), s. f. Femelle du lion. Juda, faon de lion, vous êtes monté à la proie, ô mon fils ! et vous êtes couché comme un lion et comme une lionnesse qui s'éveillera, pasc. Passiiget omis, éd. faugKre. || Inusité.

fLlOPHYLLE (li-o-fi-l'), adj. Terme de botanique. Qui a les feuilles lisses.

— f.TYM. Li'o...., et (pO).),ov,feuille.

t LIOSPERME (li-o-spèr-m') , adj. Terme de botanique. Dont les graines sont lisses.

— f.TYM. Lio..,., et a:xÉpp.o, graine.

tLIOTRIQUE (li-o-tri-k'), adj. Qui a les cheveux

plats et lisses. Races liotriques.

— ÉTYM. Lio...., et 6piÇ, Tp'xoç, cheveu

+ LIODBE (li-ou-b'), s. m. Terme de marine. Entaille faite dans toute l'épaisseur d'une pi'ce de bois pour recevoir l'extrémité d'une autre pièce. Il On dit aussi gueule-de-loup.

■j- LIOUBER (li-ou-bé), v. a. Terme de marine. Faire des entailles appelées lioubes.

f LIPAUE (li-pa-r'), s. m. Genre d'insectes coléoptères.

1 LIPARIE (li-pa-rie), *. f. Terme de botanique. Genre de légumineuses, dans lequel de Caiidolle ne laisse qu'uue espèce, la liparin sphérique, qui nous est venue du cap de Bonne-Espérance, legoarant.

t LIPAKOCËLE (li-pa-ro-sè-r), s. f. Terme da chirurgie. Tumeur graisseuse.

— ÉTYM. Amapo;, gras, et xr.lin, tumeur.

t LIPAUOLft (li-pa-ro-lé), s. m. Terme de pharmacie. Nom générique des préparations qui résultent de l'union d'une graisse quelconque avec d'autres substances médicamenteuses; ce sont des pommades.

— ÉTYM. Aiitapè:, gras.

LIPOGRAMMATIQUE (li-po-gra-mma-ti-k"), adj.

Oui est de la nature du lipogramme. Pièce lijiogrammatique.

— ÉTYM. Lipogramme.

t LIPOGRAMMATISTE (li-po-gra-mma-ti-st'l, t. m. -Celui qui compose des ouvrages lipogrammatiques.

t LIPOGRAMME Oi-po-gra-m'), s. m. Ouvrage dans lequel on affecte de ne pas faire entrer una lettre particulière de l'alphabet. L'Odyssée de Tryphiodore, qui n'avait i)as d'à dans le premier chant, point de b dans le second, et ainsi des autres, était un lipogramme.

— ÉTYM. AetnEiv, laisser, et ypâiiina, lettre.

\ LIPOÏDE (li-po-i-d'), adj. Qui ressemble i la graisse, par exemple : la cholestérine.

— ETYM. A(to;, graisse, et tiSo; , forme.

t LIPO.MATEUX, EUSE (li-po-ma-teû, teû-z'), adj. Qui est de la nature des lipomes.

t LIPOME (li-pô-m'), s. m. ferme de chirurgie. Tumeur graisseuse.

— ÉTYM. AiTtow, rendre g;ras.

t LlPOPS'rCUIE (li-po-psi-cliie), s. f. Synonyme de lipothymie.

— ÉTYM. Atiito^vyla , de JeCneiv, laisser, et 4"Jx^i i^'T"', vie.

LIPOTIIYÎtlE (li-po-tl-miel, *. f. Terme de médecine. Défaillance, évanouissement..

~- HlST. XVI' s. Ce qui a esmeu Galien à dire qu'il falloit icy saigner jusques à lipothymie, paué, XX, le.

— ÉTYM. AeiitoOu(i[o, de XeCitciv, laisser, abandonner, et 6ii(io;, cœur, sens.

LIPPE (li-p'), *. f. ||1' Terme familier. La Iftvro d'en bas lorsqu'elle est trop gro.^se ou trop avancée. Il Faire sa lippe, faire une grosse lippe, une vilaine lippe, faire la moue, bouder. || 2° Il se dit aus.si des deux lèvres. Mme Panache était une petit« et fort

LIQ

rieille créature avec des lippes et des yeux éraillés, ST-sm. 44, 8. C'était une grande et grosse créature, fort allante, couleur de soupe au lait, avec de grosses et vilaines lippes, id. < ( 3, 230. || 3° Se dit en serrurerie, dans les ornements relevés, d'une partie qui est plus renversée que les autres.

— HIST. iiii* s. Son visage embrunchié [il] tenoit Lez le cors; moult li aveuoit La chiere qu'il fet et la lipe, Rm. 29199. ||xv s. De legier pleure à qui la lippe pent, CH. d'ohl. Rondeau. Dieu scet s'iliit piteuses lippes, VILLON, <" repue.

~ ÊTYM. Wallon, lèpe, lèvre ; de l'allemand Lippe; anglo-saxon , iippo, lèvre, le même que lab-rum

(VOy. LÈVRE).

LIPPÉE (li-pée), s. f. Il 1" Ce qu'on peut prendre avec la lippe, bouchée. || Vieux en ce sens. || 2" Repas, bons morceaux. L'un était des suivants de madame Lippée [un parasite], Régnier, Sat. x. U faut avouer que ces lippées me vanaient fort à propos, I. J. Houss. Conf. IV. Il Franche lippée, bon repas qui ne coûte rien. Car, quoi! rien d'assuré! point de franche lippée 1 la font. Fabl. 1, 5. Nous ne manquions pas de nous rendre en petit nombre à l'endroit où se donnait la fête, et d'y trouver nos franches lippées, lesage, Gusm. d'Alfar. m, 5. Il Chercheur de franches lippée.s, parasite. || Courir la lippée, écornifler, chercher un bon repas là où il n'en coûte rien . 1 1 3° Fig. Bonne aubaine. Ce fut en cet état, les doigts de sang souillés, Qu'au bruit de ce duel trois sergents éveillés, Tout gonflés de l'espoir d'une bonne lippée, Me découvrirent seul et la main à l'épée, corn. Suite du Ment, i, t.

— HIST. xvi* s. Le roy d'Angleterre emportoit toujours quelque lippée pour sa part, Sat. Mén. p. 4 80. Aussi en sa vie leur a-t-il donné de bonnes lipées, BBANT. Duc d'Albe.

— ÉTYM. Lippe.

llPPirUDE (li-ppi-tu-d'), s. f. Terme de médecine. État chassieux des paupières.

— HIST. ivi" s. Lippitude n'est autre chose qu'une ordure blanche qui leur sort des yeux, et quelquefois tient les paupières jointes ensemble, pare, xv, 12.

— ËTYH. Lat. lippitudo, de lippire, avoir mal aux yeux.

LIPPU, CE (li-pu, pue), adj. Qui a une lippe, la lèvre inférieure d'une grosseur disproportionnée. Un more très-lippu, très-hideux, très-vilain S'offre »ux regards du juge.... la font. Pet. chien. Sa taille [de PontchartrainJ était ordinaire, .son visage long, mafflé, fort lippu, st-sim. 305, 232. [Besons] une tète de lion, et fort grosse, lippu, dans une grosse perruque, qui eût fait une bonne tête de Rembrandt, m. 422, 86. Il y a eu des races da bossus, de six-digitaires, comme nous en voyons de rousseaux, de lippus, de longs nez et de nez plats, volt. Dict. phii. Caton et suicide. || Substantivement. C'est un gros lippu.

— ÉTYM. Lippn.-

t LIPYRIE (li-pi-rie), *. f. Nom donné par les Grecs à une variété de la fièvre tritéophye, dans laquelle le malade éprouve intérieurement une chaleur considérahle.

— ETYM. AEiitupîot.

t LIQUATER (li-koua-té), V. a. Terme de métallurgie. .Soumettre à la liquation. Liquater un minerai do cuivre argentifère.

— ÉTYM. Voy. LIQUATION.

LIQUATION (li-koua-sion), ». ^. || 1° Séparation l'une (le l'autre de substances hétérogènes lii|uéfiées. Pendant ce temps et dans le progrès du refroidissement, les éléments se sont séparés, les liquationset les sublim.itions des substances métalliques et minérales se sont faites, bupf. 3* époq. nat. (Kuv. t. xii, p. 482.112° Particulièrement. Opération de métaliurgie<ijui consiste à séparer & l'aide du plomb l'argent contenu dans le cuivre, le plomb ajoute au minerai facilitant la fusion du cuivre qui se sépare ainsi de l'argent moins fusible. || Pièces de liquation, gAteaux de cuivre allié au plomb. || Fourneau de liquation, fourneau où s'exécute cette opération.

— ÊTYM. Lat. liquationem, de liquare, rendre liquide.

LIQUÉFACTION (L'Académie dit qu'on prononce li-kué-fa-ksion ; mais plusieurs aussi disent li-kébk-ksion; ce qui va mieux avec le verbe qui se prononce likcfié), ». f. {| 1" État de ce qui est rendu liquide. Dan» ce premier temps, où la terre en fusion, tournant sur elle-même, a pris sa forme et s'est élevée sur l'équateur en s'abaissant sous les pâles, les autres planètes étaient dans le même état ilo liquéfaction, bl'fk. 4" époq. nat. Œuv. t. xii, p. 68, dans pououNS. La consternation y serait très-grand [i Naples] et pres<iue générale, si U liquéfaction du

LIQ

sang de saint Janvier] ne s'opérait pas; aussi estil très-rare qu'elle manque, duclos, Yoy. Ital. Œuv. t. vu, p. (46. Il 2° Fig. Terme de dévotion. État du cœur qui se fond par la chaleur de la dévotion comme un métal par la chaleur du feu. La joie n'est qu'un épanouissement du cœur et, si j'ose me servir d'un terme dont la dévotion s'est saisie, une certaine liquéfaction intérieure, corn. Disc, à l'Académie. Tout ce qui coule au cœur de doux saisissements, De liquéfactions, d'épanouissements, Marque bien les eflets de ma grâce présente, id. Imit. m, 8.

— HIST. XIV* s. Et est fait sain [graisse] de chascun d'euls [reins et boyaux] par liquefacion, u. de

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