‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 107 sur 389 · T.OG · texte numérisé non relu

T.OG

LOG

LOG

ble qui loge une si belle âme, volt. Lett. l'r. roy. Frusie, 28fév. 47 39. || 6° Mettre. Il lui logea une balle dans la poitrine. Cette petite fille a logé son volant dans un arbre. |jFig. Le soupçon, ce monstre sanspitié,Loge bientôt la haine où logeait l'amitié, maibet, Solim. II, 7. Va, dans ce triste cœtir je ne veux plus de place; Si l'amour m'y logea, la trahison m'en chasse, m. }fnrt d'Asdr. n, a. || 6" Se loger, v. réft. Prendre un logement. Il s'est logé dans un hôtel garni. Il veut se loger sur le boulevard. Je vous donne mon blé, par exemple; mais j'aurai besoin d'un logement dans quelque temps; je fais un échange avec Paul, afin de me loger, boss. Pensées chrét. et mor. 34. || Di.5poser, arranger un logement pour l'occuper. Il s'est logé fort bien, fort commodément. || Se bâtir une maison. Il s'est logé très-agréablement à la campagne. H Fig. Il y a une place d'attente dans leur cnpur [des hommes], elle [la beauté] s'y logerait, PASC. Pass. de ('amour. || 7° Terme de guerre. Se loger sur la contrescarpe, sur la demi-lune, etc. s'y retrancher pour empêcher que les asiégés ne les reprennent. Il 8° Être mis, placé. La bailf! s'est logée dans le tibia, dans la poitrine, c'est-à-dire la balle qui l'a frappé lui est restée dansle tibia, dans la poitrine.

— HIST. xn* s. As prez dessouz Golane est celé gent logie, Saxons, vu. || xiii* s. Et se logierent en une ille que l'en apele Saint-Nicholas ens le port, viLLEH. XXX. Et nous lojames ou lieu dont nous avions chacié nos ennemis, joinv. 230. Et à celle branche qui va a Rexi vint le roy de France à tout son ost, et si se logea entre le fleuve de Damiette et celui de Rexi, iD. 220. ilalerentlogier desous Juilly,iD. 204. Il jxv* s. Quant le roi de France [apprit] que le roi anglois approchoit Saint-Quentin, et estoit logé sur le royaume, proiss. i, i, 85. L'endemain les seigneurs de France, qui avoient perdu leurs tentes et leurs pourveances, curent conseil qu'ils se logeroient d'arbres et de fueilles plus près de la ville, id. i, i, (67. Vous ferez bien d'ung peu le resjoîr ; Tristesce s'est avecque lui logiée ; Ne lui veuillez à son besoing faillir, CH. d'orl. Bal. 23. Et Guidèrent répliquer; mais à la fin ils se teurent et déportèrent; car autrement on en eust logé en prison, Juv. des uns. Charles Yl, U20. Quant Julius César, dus des Romains, Vint en Gaule la terre conquérir, Un jour loga entre Soissons et Rains, Sur un hault mont, E. nESCH. Conseils des François. Et aussi l'armée du roy logée près de Juv, comm. v, 8. || xvi' s. 11 les exempta de loger ,«(s gens de guerre, amyot, Sert. 9. Sçavoir bien choisir l'advantage d'un lieu fort d'assiette pour loger ou combattre, m. ib. (4. Quand elle [cette idée] pourroit loger en la teste d'un homme.... mont, i, 7B. L'ame qui loge la philosophie doibt.... m. I, 175. 11 n'avoit que cette maison de bien logée et accommodée, id. ii, 77. L'ame loge »a cerveau, id. n, 205. Vous me voulez loger [marier] en si bas lieu ; par quoy, pour abréger, je vous dis que jamais je ne prendray mary, si je n'ay un roy comme mes autres scieurs, Nuits de Straparole, t. i, p. 268, dans lacubne. Ho, ho, va dire messer Sylvestre, en estes vous là logée? ciiOLiÈnEs, Contes, t. il, après-dtn, 3, p. 97, dans PouoENS. Estes-vous logiez à ceste enseigne et vieux fatras, qui tant ont perdu de con.scioncos ? noel du TAiL, Cont. d'Eutrap. ch. 30, f' m, dans i.acurne.

— ÉTYM. Loge. On a voulu tirer loger du latin loeare, placer; il est bien vrai que, dans quelques formes, /ocore est représenté par io(/cr (voy. loueh )); mas comment séparer /ojer de loge?

LOGKTTE (lo-jè-f) , t. f. || i' Petite loge. Tant lorsqu'ils [ces animaux diligents, les abeilles] composent le miel.... Que lorsqu'ils forment leurs logettes, SCAHR. Virg. i. Cette mouche, pourvue d'uno scie si admirable, au moyen de laquelle elle pratique, dans les branches de l'arbris-seau, des logeltes i ses (fufs, bonnet, Ohserv. 32, Insfctes. || 2* Terme de botanique. Les logeltes de l'anlhtre.

— HIST. xiil* s. Or estoit ainsi que il avoit une logete à mon chevès, par où l'on entroit ou moustier, jomv. 254. || xv ». Si les convint couper verges pour faire de.s logettes pour eux mucer, Fiiniss. i, i, :i8. Il xvi* t. Marius, sortant d'une logete d'entre les bras de père et mère gaignanl leur vie au travail de leurs mains, monta de degré en degré, amyot, Karius et Pyrrh. 15.

— f.TYM. Diminutif de loge.

LOGEUR, KUSE Oo-jeur, jcû-z'), t. m. et f. Celui, eclie qui donne à logera des ouvriers, à de pauvres gens. Loueur en garni. Logeur à la nuit.

— HIST. xv* .s. Ceste façon (d'un chef do guerre] touchant le logis estoit que toutes ses compaignies chacune avoit un mestre logeur ; et ce meslre portoit une petite bannerolla en quoj estoit la livrée de

son capitaine; et, incontinent qu'ilz partoient des batailles pour prendre le logis, il ne fust ozé partir un chevaulcheur pour aler au logis sur peine de la mort, sinon ceux qui avoient banneroUe au poing, le Jmivencel, f" 53, dans lacurnb.

— Etvm. Loger.

LOGICIEN (lo-ji-si-in), t. m. || !• Celui qui possède bien la logique. Jamais il ne fut peut-être un esprit plus sage, plus méthodique, un logicien plus exact, que Locke ; cependant il n'était pas grand mathématicien, volt. Dict. phil. Locke. || Adjectivement. Les hommes les ont faites [les lois] trop subtiles, et ont suivi des idées logiciennes plutôt que l'équité naturelle, montesq. Lett. pers. 129. |l 2° Logicienne, se dit d'une femme qui possède bien la logique, qui raisonne avec justesse et méthode. Il Fig. La passion n'est pas bonne logicienne. Il 3° Il se disait autrefois dans les lycées et collèges, d'un écolier qui étudiait en logique. || 4* Il s'est dit pour sectateur du logos, de laraison. Selon quesaint Isidore de Pelusie appelle si souvent logiciens et chrétiens la plupart de ces vieux philosophes qui ont cheminé dans les voies de la droite raison, lamothe LE VAYER, Vertu des païens, i, État de la loi.

— HIST. xiu* s. Tu n'as pas bien, por moi mater, Cerchiés [parcouru] les livres anciens, Tu n'es pas bons logiciens, la Rose, 5780. || xiv* s. Il [Barat, la malhonnêteté) n'est pas bon logicien; Belle entrée a et beau moyen ; Mais tousjours fait conclusion i honte et à confusion, bruyant, dans Xénagier, t. Il, p. 28. Il xvi* s. De jeune logicien argument cornu, tahureao, Dial. p. 87, dans lacorne.

— ÉTYM. Logique; provenç. logician.

f ....LOGIE, élément de composition qui représente le grec Xoyîa, signifiant doctrine, théorie, et venant de >.ôyoç, discours, traité (voy. logos).

LOGIQUE (lo-ji-k'), t. f. \\ 1° Science qui a pour objet les procédés du raisonnement. Les règles de la logique. Aristote... s'étant le premier avisé de séparer de toute matière les préceptes de la logique, d'où vient qu'il ne s'est servi que de lettres toutes nues, pour bien faire voir qu'elle était la vertu de la forme syllogistique, lamothe levayer, Vertu des pai'.ns, ii, Àriitole. Voulez-vous que je vousappren:,e la logique? c'est elle qui vous enseigne les trois opérations de l'esprit, mol. Bourg, gent. n, *. La logique a peut-être emprunté les règles de la géométrie sans en comprendre la force, PASC. Espr. génmétr. ii. || Par extension. L'histoire naturelle, maniée par un vrai philosophe, sera toujours la meilleure logique, bonnet, Lelt. div. Œuv. t. XII, p. ii , dans pougens. || 2" Ouvrage sur les procédés du raisonnement. La Logique de Port- Royal, de Condillac (avec une L majuscule). |{ 3° En termes de collège, la classe où l'on enseigne cette science. Il est cette année en logique. On dit maintenant philosophie. || 4° Par extension, sens droit, disposition i raisonner juste. Il a de la logique. 11 manque de logique. || Logique naturelle, la faculté de raisonnerque nous avons reçue de la nature, indépendammentdesrègles. JlB" Raisonnement enchaîné, suite dans les idées. Un défaut de logique. Il n'y a point de logique dans cet ouvrage. Ce sont ià les seuls génies [Corneille, Molière, Racino, BoiieauJ qui ont illustré la poésie en France dans le grand siècle; presque tous les autres ont manqué de naturel, de variété, d'éloquence, d'élégance, de justesse, de cette logique secrète qui doit guider toutes les pensées sans jamais paraître, volt. Dict. phil. Vers. Il Fig. La logique cachée des événements. La logique du cœur, des passions. {| 6" Adj. Conforme aux régies de la logi'jue. Ce raisonnement n'est pas logique. Il Terme de grammaire. Analyse logique, se dit, par oppcsilion à analyse grammaticale, de celle qui décompose la proposition en sujet, verbe et attribut, tandis que l'analyse grammaticale s'occupe de la forme des mots.

— SYN. logique, dialectique. La logique est une science qui a pour objet l'étude des procédés du raisonnement. La dialectique est un art qui cherche à prouver quelque chose en particulier. La logique raisonne,' la dialectique argumente. La logique s'applique à distinguer le vrai du faux; la dialectique, à présenter une proposition de manière à ce qu'elle paraisse vraie. En général, dialectique s'appliijue surtout aux procédés d'argumentation ;on parle de la dialectique de Platon, et non de sa logique.

— HIST. xui* s. Et se tu sces [sais] riens do logique. Qui bien rest science autentiquo.... la llose, «661. Bien avez oî la dcscordc. Qui a duré tant longuement.... Entre la gent s»int Dominique Et ccls qui lisent de logique [l'université], ruteb. 73. Et si ai souvent trové [i la taverne] Maint clcr, U chape

ostée, Qu! n'out cure que soit logique desputéo; Li hoste est par de lès qui dit : bevés, cité dans coussEMAKER, l'Art harmonique, p. 238.

— êtym. Provenç. logica, loica; espagn. et ital. logiea ; du lat. logica , qui vient de Xo^ixoc, logique, de Xéyoç, raison (voy. logos).

LOGIQUEMENT (lo-ji-ke-man), adv. D'une manière conforme à la logique. Raisonner logiquement.

— ÉTYM. Logique, et le suffixe ment.

LOGIS (lo-jî; l'i- se lie : unlo-ji-z élégant), s. m. Il 1" Lieu où l'on est logé. Comme ce n'est pas atsez, avant de commencer à rebâtir le logis où l'on demeure, que de l'abattre et de faire provision da matériaux et d'architectes, mais qu'il faut aussi s'être pourvu de quelque autre où on puisse être logé commodément pendant le temps qu'on y travaillera, DF.sG. if^th. m, I. C'était un beau sujet de guerre Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant, la font. Fabl. vu, 16. Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de ce logis Rendu maître et seigneur, et qui de père en fils L'ont de Pierre à Simon, puis à moi Jean transmis, ID. ib. v, lo. Volontiers gens boiteux haïssent le logis, id. ib. x, 3. Il Garder le logis, rester chez soi. Je garde mon logis huit jours après mon retour de Vichy, comme si j'étais bien malade, sév. ;î juill. 1870. || Fig. Si l'on disait : la gaîté vous [les chansons de Bèranger] délaisse, Vous répondrez, et pour moi j'en rougis : De notre père accusant la faiblesse. Les plus joyeux sont restes au logis, bérang. Préface. Il Fig. et familièrement. 11 n'y a plus personne au logis, se dit d'une personne dont la raison s'égare. Il Par plaisanterie. Le logis du roi, la prison. J'ai peur, si le logis du roi fait ma demeure, Da m'y trouver si bien dès le premier quart d'heure.... mol. l'Ét. m, 6.112" Particulièrement. La maison de celui qui parle, ou dont on parle. On m'attend au logis. Il lui fallut à jeun retourner au logis, Honteux comme un renard qu'uno poub; aurait pris, la font. Fabl. i, 18. J'aime Juanilla, qui est la fille unique du logis, lesage, Diable boit. chap. 7, dnns pougens. |{ Fig. La folle dulogis, l'imagination. || 3° Corps de logis, partie principale d'un bâtiment. Un corps de logis entre deux pavillons. || .Se dit aussi d'un logement détaché de la masse du bâtiment principal. Il occupe un petit corps de logis entre la cour et le jardin. || 4° Hôtellerie. Le Cheval blanc est un bon logis. Aux enseignes des hôtelleries, on met ordinairement: Bon logis à pied et à cheval. || 6* Maréchal des logis, sous-officier des troupes à cheval, chargé des détails du service, et notamment de tout ce qui cou.cerne le logement. Maréchal des logis chef. Lisez Ib billet doux [bil et de logement] que notre maréchal des logis vous écrit, beaUmabch. Barb. de Sév. ii, M. Il Maréchal des logis, officier chargé défaire préparer les logements pour une cour en voyage. Il 11 s'en va marquer les logis, se dit de quoiqu'un qui dans une compagnie prend les devants pour arriver lepremier au lieu où l'on se rend. || 6° Terme de verrerie. Ouverture placée au niveau du siégo derrière chaque pot, et qui perce h paroi du four et son revêtement. Il 7° Ancien terme do marine. Logis du roi, ou maison du roi, hôtel qui, dans chacun des arsenaux maritimes, était comme le siège du gouvernement du port, et où se traitaient toutes les affaires relatives à l'administration de la miirine.

— SYN. logis, i.ooKMRNT. Ces deux mots ont même radical et no diffèrent qu" par la finale. Mais cette finale leur imprime des nuances caractérisées. La finale ment exprime l'action; le logement est d'abord l'action de loger; la finale is, qui reproduit la finale latine ictuî, indique l'appropriation do l'objet. Il est bien vrai que ces deux mots sont synonyme» dans une portion de leur signification; il n'y a pas de différenca entre : mon logement est du trois pièces, ou mon logis. Mais les didérencos M montrent dans les emplois ultérieurs; et logis est seul employé quand il s'agit d'avoir l'idée qui est dans la finale is et d'exclure celle qui est dans b finale ment; ainsi l'on dit rester au logis, et non au logement. On dit au contraire cherclier un logement, et non chercher un logis, parce que l'idée principale est d'aller se loger.

— HIST. XIV* s. Les fossés des logeis [camp] et des tentes roumaines, berciikure, f" 30, verso. Il XV* 8. Un soir se logèrent sur une rivière nommée Meuse.... et do là n'avoit pas plus deux logis jusque» au siège de Luccmbourg, jehan d'akiias, He^ lusine, p. 218. 0 profond puits d'enfer, logis de Caïn et do Judas, à quoy tardes-tu que tu no les appelles à toy ? Boucicaut, m, 1 9. Les chevaulx ont lors tout bien à plcnté. Et le logois de mal rn bien

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se mue, «. desch. Saison de guerre. Voyant que ceux rie la ville estoient par raulro costé chacun jour refreschis et pourveus-de vivres, se deslogea d'illec, et fcit bouter les feux par tout le logis, HONSTnElET, t. J, ch. 94,p. (53, dans lacubne. Comme a dit le pape Alexandre qui règne, les François y sont venus [en Italie] avec... de la croye en la main des fourriers , pour marquer leurs logis , sans autre peine, comm. vu, t4.||xvi' s. Contraignant ses gens de dresser leurs tentes , et faire leurs logis aux faulxbourgs, amyot, Scrtor. 9. Voicy arriver un chicaneur avec ses scrgens et ses records, qui lui mettent la main sur le collet, pour le mener au logis des gens de pied, là où l'on n'a point la peine de fermer les portes [la prison], bouciiET, Serves, liv. i, p. oi, dans lacurne.

— ÊTYM. Loger. La forme primitive est logcis, fait sur le modèle des adjectifs latins en aticius.

t ....LOGISTE, synonyme de ....logue.

t LOGlSTIQCE(lo-ji-sti-k'), !• f. Il l'Ancien terme de mathématique. Nom qu'on donnait à la partie de l'algMire qui regarde l'addition, la soustraction, etc. c'est-à-dire, les quatre premières règles. |l Logistique spécieuse, nom qu'on donnait autrefois à l'algèbre. || 2° Adjectivement. Logarithmes logistiques, logarithmes dans lesquels zéro est le logarithme correspondant au nombre 3coo. Ces logarithmes sont commodes pour les calculs astronomiques. || 3° S. m. Les logistiques ou dogmatiques, s'est dit d'une secte médicale de l'antiquité qui ne s'en tenait pas à l'expérience pure et y adjoignait la raison, la théorie.

— ÉTYM. Aoyinf-xè:, dérivé de Wfoc, raison.

t LOGODIARRUÉE (lo-go-di-a-rée), s. f. Flux de paroles. Je me suis abandonné au flux de ma plume ; j'ai la logodiarrhée, et je barbouille inutilement du papier pour vous dire des choses que vous savez mieux que moi, volt, dans la veaux.

— ÉTYM. Aôyo:, parole, et diarrhée.

tLOGOGRAPUE {lo go-gra-f) , s. m.\\i' Nom

donné chez les Grecs, de Cadmus de Milet jusqu'à Hérodote , aux premiers prosateurs qui furent en même temps les premiers historiens. Il i° Celui qui a composé un glossaire. || 3° Le Logographe, titre d'un journal, grand in-folio, qui rendait un compte détaillé des séances législatives (t7«i-(7B2). Il 4° Celui qui écrit aussi vite que la parole. On dit plutôt sténographe.

^ ETYM. AoY&Ypâço;, de ^oyo;, récit réel, par opposition àiiûfto;, légende poétique, et ypàçeiv, écrire.

fLOGOGRAPUIE (lo-go-gra-fie), s. f.\\i' L'art du logographe ou la composition en prose. || 2° Art d'écrire aussi vite que la parole, consistant à employer une douzaine de scribes dressés à ne prendre chacun qu'une portion du discours prononcé.

t LOGOGRAPIIIQUE (lo-go-gra-fi-k') , aifj. Qui a rapport aux glossaires, aux mots. Ou est-il besoin de s'appesantir sur des disputes logographiques, lorsqu'il suffit d'ouvrir l'histoire pour se convaincre de l'origine moderne des hommes? ciiateaubr. Cifn. I, IV, 2.

LOGOGRIPHEflo-go-gri-n,». m. Sorte d'énigme dont le mot est tel que les lettres qui le composent puissent fournir plusieurs autres mots; on définit ces mots secondaires : et c'est par ces définitions qu'on s'efforce de deviner le mot du logogriphe. li Fig. Langage obscur. F.xpliquer leurs logogriphes, paraboles, figures et métamorphoses [des rosecroix], NALDÉ, Rosecroix, ni, 3. Savez-vous bien que Pythagore, qui n'était pas un sot et qui a mis toute .sa philosophie en logogriphes, dit dans un de ses préceptes : Ne mangez pas votre cœurî volt. Lett. Urne du Deffant, 3i déo. (774.

— ÈTYM. Aoyo:, parole, et yoEçoç, filet.

t LOGOGRIPUIQUE (lo-go-gri-H-k'), adj. Néologisme. Oui tient du logogriphe; obscur. Style logogriphique.

LOGOMACHIE (lo-go-ma-chie), s. f. \\ !• Dispute de mots, c'est-à-dire sur les mots. C'est une équivoque puérile, une logomachie, un vrai jeu de mots, de prendre une cour de justice appelée parlement, pour les anciens parlements de la nation friinçaise, volt, llist. parlement, ch. 3. || 2» Dispute entre les mots, c'est-à-dire mots contradictoires et qui ne peuvent subsister ensemble. Itien n'a plus rcUrdé lo progrès des sciences que la logomachie et cette création de mots nouveaux à demi techniques, i demi métaphysiques, et qui dès lors ne représentent nettement ni l'effet ni la cause, bufp. Mm. t. 111, p. («0.

— ITÏM. AoYO|iixt«i d« '■ÔTo;, parole, et pAyio6ai, combattre.

t I.OGOMACUIQUB (lo-go-ma-çbi-k'), adj. Néo-

LOI

logisme. Oui appartient à la logomachie. Raisonnement logomachique.

t LOGOPIIANIE (lo-go-fa-nie), s. f. Terme do théoIogie.La manifestation du Verbe; son incarnation,

— ÊIYTH. Aôyix, le logos, le verbe, et çaive- <r6ai, apparaître.

t LOGORRHÉE (lo-go-rrée), s. f. Néologisme. Flux do paroles inutiles.

— ÉTYM. Aôyoç, parole, et fetv, couler, fluer. t LOGOS (lo-g:os'), s. m. Terme de la philosopliie

platonicienne. Dieu considéré comme la raison et le verbe du monde, comme contenant en soi les idées éternelles, les archétypes des choses. [Suivant Platon] Dieu avait l'idée du monde avant de le former, c'était son logos ; donc le monde était la production du logos, VOLT. Dicl.phil. Sophisle.

— ÉTYM. Aôyo;, raison, verbe, de U'ytiv, mettre, dire, compter (vov. lire).

tLOGOTACUYGRAPHE(lo-go-ta-ki-gra-f), s. m.

Synonyme inusité de sténographe. Il y avait derrière le fauteuil du président [de l'assemblée législative] un réduit.... où se tenaient d'ordinaire des journalistes qui assuraient avoir trouvé lo moyen d'écrire aussi vite qu'on parle; on appelait ce réduit, qu'une grille en fer scellée dans le mur .séparait de la salle, la loge du logotachygraphe , LOUIS BLANC, Révolulion franc, vu, i6.

— ÉTYM. Aôyoç, discours, toc^ù;, rapide, et yfôçEiv, écrire.

t LOGOTUÈTE (lo-go-tè-f), s. m. Un des principaux officiers de l'empire byzantin; sorte do chancelier, dont la principale fonction consistait à répondre, pour l'empereur, aux ambassadeurs étrangers, et même aux placets et aux demandes des sujets.

— ÉTYM. AoyoCItriç, de ),ôyo;, compte, et xiôc'vai, poser, disposer.

f ....LOGUE, élément de composition qui répond à LOGiE, de telle sorte qu'il se dit des personnes qui pratiquent la science dont le nom correspondant est en logie, par ex. : ornithologie et ornithologue.

t LOGUETTE (lo-ghè-f), s. f. Terme de marine. Cordage que l'on ajoute au bout d'un câble pour le tirage des bateaux.

t LOGUER (lo-ghé), v. a. Humecter les formes des pains de sucre, en les frottant à l'intérieur avec un linge mouillé.

I. LOI (loi), s. /■. Il 1° Prescription émanant de l'autorité souveraine. || 2° Au pluriel, les lois, l'ensemble des prescriptions qui régissent chaque matière. Il 3° Les lois de la nature, la loi naturelle. Il 4° La loi divine. || 5° La loi ancienne, la loi nouvelle. Il 6" Les lois humaines. || 7° La loi fondamentale d'un État. || 8° La loi de l'État, l'ensemble des lois qui régissent un État. 1| 9° Lois politiques. Il 10° Loi agraire. || 11° Homme de loi. || 12° Loi se disait autrefois pour justice. || 13° Conditions imposées par les choses. || 14° Commandement qu'on se fait à soi-même. || 16° Commandement qui est fait par quoique autorité. || 16° Domination, conquête. Il 17° L'empire qu'une femme exerce sur un homme. 1]18° Obligations qui sont imposées d'homme à homme. || 19° Les lois de la grammaire. || 20° Les lois du jeu. Il 21° Les conditions nécessaires qui déterminent les phénomènes. || 22° Loi de Lynch.

1° Prescription émanant de l'autorité souveraine. Établir, porter une loi. Chez les Romains, les lois se distinguaient ordinairement par la nom de famille des citoyens qui les avaient faites ou proposées : loi Corntlia, loi Julia, etc. Sire, puisque le ciel entre la main des rois Dépose sa justice et la force dos lois, corn. 7/or. v, 2. Depuis qu'il est dos lois, l'homme pour ses péchés Se condamne à plaider la moitié de sa vie, la font. Fabl. xii, 27. Rien n'est si fautif que ces lois qui redressent les fautes; qui leur obéit parce qu'elles sont justes, obéit à la justice qu'il imagine, mais non pas à l'essence de la loi; elle est toute ramassée en soi; elle est loi, et rien davantage, pasc. l'ens. lit, 8, éd. havet. Il faut, dit-on, recourir aux lois primitives et fondamentales de l'État qu'une coutume injuste a abolies, ID. t/). III, H. Les seules règles universelles sont les lois du pays aux choses ordinaires, et la pluralité [le plus grand nombre] aux autres, ID. ib. VI, 7. Les Etats périraient, si on ne faisait ployer souvent les lois à la nécessité, ic. ib. xi, o. Dieu , qui en est lo maître [des biens], a permis aux sociétés de faire des lois pour les partager; et, quand ces lois sont une fois établies, il est injuste de les violer, id. Condit. des grands, i. Maintenant ces âmes pieuses [le Tellier et Lanioignon], touchées sur la terre du mémo désir do faire régner les lois, contemplent ensemble à dé-

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couvert les lois éternelles d'où les nôtres sont dérivées, Boss. le Tellier. On voit les lois s'établir, les mœurs se polir, et les empires se former, id. llist. 1, 2. Lycurgue donnait des lois à Lacédémone, ID. ib. i, 6. Ceux qui arrivent par une injustice jusqu'à opprimer l'autorité des lois, sont loués nonseulement par les flatteurs, mais parce qu'en effet le genre humain ne juge que par l'événement, m. Pensées chrét. et mor. 29. Lui seul [l'homme] vivant, dit-on, dans l'enceinte des villes.... Se fait des gouverneurs, des magistrats, des rois. Observe une police, obéit à des lois, boil. Sat. viii. Moi ! que j'aille crier dans ce pays barbare. Où l'on voit tous les jours l'innocence aux abois Krrer dans les détours d'un dédale de lois, Et, dans l'amas confus de chicanes énormes. Ce qui fut blanc au fond rendu noir par les formes, m. Sat. i. Déjà de tous côtés la chicane aux abois S'enfuit au seul aspect de tes nouvelles lois ; Oh ! que ta main par là va sauver de pupilles! Que de savants plaideurs désormais inutiles I ID. Épiire l. Bientôt ils [les flatteurs] vous diront que les plus saintes lois, Maîtresses d'un vil peuple, obéissent aux rois, rac. Ath. iv, 3. La rigueur de ses lois [de Rome] m'épouvante pour vous, ID. liérén. i, 5. J'aime la Grèce, dit Sésostris; plusieurs Égyptiens y ont donné des lois, fen. Tél. ii. Les Grecs ont seuls la gloire d'avoir fait des lois fondamentales pour conduire un peuple sur des principes philosophiques, et pour régler toute sa politique et tout son gouvernement, lo. Dial. des morts anc. (2. J'ai ouï dire souvent à Cicéron icibas que les lois des douze tables étaient les plus parfaites que les Romains aient eues, id. ib. Rien n'est semblable à la majesté des lois romaines, m. ib. Si la loi est juste en général, il faut lui passer quelques applications malheureuses, fonten. l'agon. Le grand défaut des lois de Lycurgue, comme Platon et Aristote l'ont remarqué, c'est qu'elles ne tendaient qu'à former un peuple de soldats, rollin, Traité des Études, liv. v, 3° part. ch. 2. Je hais les lois de Dracon, qui punissaient également les crimes et les fautes, la méchanceté et la folie, volt. l'Homme aux 40 écus, Des proportions. L'Anglais, qu'on croit féroce, est humain dans ses lois; et le Français, qui passe pour si doux, est en effet trèsinhumain, m. Lett. Servan, (3 janv. 4768. Il croyait que les lois étaient faites pour secourir les citoyens autant que pour les intimider, id. Zadig, vi. Il est très-faux que le nom de loi n'ait été connu qu'après Homère ; il parle des lois de Mines dans l'Odyssée; le mot de loi est dans Hésiode, id. Rem. Pens. Pascal, viii. Je ne connais de lois que celles qui me protègent, et je trouve notre gouvernement le meilleur de la terre, parce que chacun y sait ce qu'il a, ce qu'il doit et ce qu'il peut, volt. Dial. 2i. Une loi de rigueur Contre vous, après tout, serait-elle écoutée? ID. Tancr. ii, *. Les lois n'écoutent point la pitié paternelle, m. ib. ii, 3. Tant que les lois ne seront faites que pour les sujets, ceux-ci s'appelleront comme ils voudront, ils no seront que des esclaves; la loi n'est rien, si ce n'est pas un glaive qui se promène indistinctement sur toutes les têtes, ravnal, llist. phil. i, t^. Il faut que les mœurs, les habitudes, les sentiments se rapportent aux lois, comme les lois se rapportent au modèle de la raison et à la nature des choses, MIRABEAU, Collection, t. m, p. 20. La nation, la loi, le roi, Dctise placée sur la monnaie en 1791. La loi fût-elle injuste, il la faut respecter, c. DELAV. Paria, iv, B. || Ix)is draconiennes, voy. DRACONIEN. Il Avoir force de loi, être l'équivalent d'une loi. Cet usage a force de loi. || Passé en loi, qui a pris l'autorité d'une loi. On no peut contester la coutume passée en loi, qui veut que les filles ne puissent hériter la couronne de France tant qu'il reste un mâle du sang royal, volt. Vict. phil. Loi salique. || Force est restée à la loi, c'est-à-dire ceux qui s'opposaient de force à l'exécution de la loi ont été contraints par la force de la laisser s'exécuter. Il Lois positives, lois écrites, par opposition à lois non écrites ou naturelles. Avant qu'il y eût des lois faites, il y avait des rapports de justice possibles; dire qu'il n'y a rien de juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou défendent les lois positives, c'est dire qu'avant qu'on eût tracé de cercle, tous les rayons n'étaient pas égaux, montesq. Espr. t, f. Il N'avoir ni foi ni loi, n'obéir ni à la religion ni aux lois, être sans frein religieux ou moral. Qui méprise Colin n'estime point son roi. Et n'a, selun Cotin, ni Dieu, ni foi, ni loi, boil. Sat. ix. || Être sans loi, être .sans aucun frein moral. Des traîtres, dos ingrats sans honneur et sans loi, rac. Phèdre, IV, 2. Il Faire loi, tenir lieu de Ipi. Sans recourir

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iv Lévitique , qui , de l'aveu des plus grands auteurs de la reforme, ne faisait loi que pour les Juifs, Boss. 6* ocert. m, 80. Les maximes du monde ne font point loi pour qui veut vivre pour soi-même, j. i. rolss. Êm. v. || On dit dans le même sens : donner la loi. J'ai appris que feu Saint-Luc mettait Monseigneur à tous les maréchaux.... cela lonne la loi aux autres, sÉv. 21 août 1675. [12^ Au plur. Les lois, l'ensemble des prescriptions qui régissent chaque matière. Ce juge connaît bien les lois. Il 3" Les lois de la nature, et, plus ordinairement, la loi naturelle, les sentiments moraux et les principes de justice qui régnent entre les hommes indépendamment de toute loi écrite. Ils [les hommes] conlessent que la justice n'est pas dans ces coutumes [celles des nations], mais qu'elle réside dans les lois naturelles connues en tout pays, pasc. Pens. m, 8. Tout ce temps [de Moïse à Jésus-Christ] est appelé le temps de la loi écrite, pour le distinguer du temps précédent qu'on appelle le temps de la loi naturelle, où les hommes n'avaient pour se gouverner que la raison naturelle et les traditions de leurs ancêtres, BOSS. hist. 1, 4. Qu'est-ce que la loi naturelle? l'instinct qui nous fait sentir la justice, volt. Dicl. phil. Loinatur. \\ On dit quelquefois en ce sens, la loi de nature. 11 se faut entr'aider, c'est la loi de nature, la font. Fabl. viii, )7. Les hommes sous la loi de nature ou sous la loi écrite, boss. Hist. Pré/'. Il 4° La loi divine, les préceptes positifs donnés par la révélation. || On dit dans le même sens, au pluriel, les lois divines. Les lois divines et humaines, les lois qui viennent de Dieu et celles qui viennent des hommes. Deux lois [l'amour de Dieu et celui du prochain] suffisent pour régler toute la république chrétienne, mieux que toutes les lois politiques, pasc. Pens. xxiv, (5. Il La loi divine, se dit quelquefois pour la loi naturelle. || 5° La loi ancienne, ou, absolument, la loi, dans le langage de l'Écriture, la loi de Moïse, la loi des Juifs. Les docteurs de la loi. La première loi est abolie comme impuissante et inutile, parce que la loi ne conduit personne à une parfaite justice, saci. Bible, StPaul, Ép. aux llébr. vu, i». Faites aux hommes tout ce que vous voulez qu'ils vous fassent, car c'est là la loi et les prophètes, id. Bible, Év. St Ualh. vu, 4 2. La rencontre de ce peuple [les Juifs] m'étonne et me semble digne de l'attention; je considère cette loi qu'ils se vantent de tenir de Dieu, et jo la trouve admirable, pasc. Vens. xiv, 3. Si la loi et les sacrifices sont la vérité, il faut qu'ils plaisent à Dieu et qu'ils ne lui déplaisent point; s'ils sont figures, il faut qu'ils plaisent et déplaisent; or, dans toute l'Ëcriture, ils plaisent et déplaisent, m. tb. xvi, 8. Hélas! ce peuple ingrat a méprisé ta loi; La nation chérie a violé si foi, R.vc. Eslh. i, 4. Je viens, selon l'usage antique et solennel. Célébrer avec vous la fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée, ID. Athal. i, t. J'adore le Seigneur, on m'explique sa loi ; Dans son livre divin on m'apprend à la lire, El de ma main déjà je commença à l'écrire, id. ib. ii, 7. Que vous dit cette loi T — Que Dieu veut être aimé; Qu'il venge tôt ou tard son saint nom blasphémé; Qu'il est le défenseur rie l'orphelin timide; Qu'il résiste au superbe et punit l'homicide, id. ib. \\ Fig. C'est la loi et les prophètes,' se dit en parlant d'un homme, d'un livre, dont l'autorité est incontestable. || I.a loi nouvelle, ou la loi de grâce, ou la loi do l'Évangile, c'està-dire la loi de Jésus-Christ, la loi des chrétiens. Parmi les Juifs, les charnels, et les spirituels qui étaient les chrétiens de la loi ancienne; parmi lei chrétiens, les grossiers qui sont les Juifs de la loi nouvelle, pasc. Pens. XV, 40 bis. La. loi n'a pas détruit la nature, mais elle l'a instruite; la grâce n'a pas détruit la loi, mais elle l'a fait exercer, id. ib. xxiv, 3. Que le mariage soit un sacrement, c'est ce qui fait son excellence et sa plus belle prérogative dans la loi de grâce, boukdal. 2' dim. après l'Épiph. Dominie. t. I, p. 80. La loi de Hoïso ne défendait que les excès; elle n'ordonnait pas encore cette rigoureuse attention sur les sens, que la loi de l'Évangile nous a depuis prescrite, mass. Carême, Riche. Un membre de Jésus-Christ crucifié, un enfant de la loi nouvelle, un disciple de l'Évangile, lo. ili. || Il se dit quelquefois de toute religion fondée sur un livre. La loi trompeuse de Mahomet, la MornB le vayiir. Vertu des païens, ii, Zenon. || Fig. Ils [les païens vertueux] se sont laissé conduire à la lumière naturelle, aidée sans doute de la grâce, et, comme parle l'apdtre, ils ont été une loi vivante à euxmêmes, iD. tb. 1, Ëtat de la loi. || 6* Les lois humaines, les lois établies par les hommes pour le maintien et l'ordre des sociétés. || Laloi des ualions,

le droit des gens. || Les lois de la guerre, certaines maximes respectées même entre ennemis qui se font la guerre. || 7" La loi fondamentale d'un État, la loi constitutionnelle, celle qui règle la nature, l'étendue et l'exercice des pouvoirs du gouvernement. Il 8° La loi de l'Etat, ou, simplement, la loi, l'ensemble des lois qui régissent un État. Observer, exécuter la loi. Contrevenir à la loi. Invoquer la loi. Cela tombe, rentre dans l'exception de la loi. La loi de l'État veut que les rois de ïhrace.... maipet, Soliman, I, i. Les serfs affranchis prenaient la loi de leursmaltres, MONTESQ. £ipr. XXX, 25. || Fig.Tantque nous sommes détenus dans cette demeure mortelle, nous vivons assujettis aux changements, parce que, si vous me permettez de parler ainsi, c'est la loi du pays que nous haljitons, BOSs. Duch. d'Ori.H 9° Lois politiques, celles qui ont pour objet la conservation de l'État, en tant que corps politique. || Lois organiques, celles qui ont pour objet de régler le mode et l'action des institutions ou établissements dont le principe a été consacré par une loi précédente. || Lois civiles, celles qui règlent les rapports des citoyens entre eux. Un homme de bien laisse régler l'ordre des successions et de la police aux lois civiles, comme il laisse régler le langage et la forme des habits à la coutume, boss. Connaiss. iv, 6. Il Lois criminelles, celles qui déterminent les délits, les crimes, la manière de les poursuivre, et les peines qui y sont appliquées. || Loi pénale, celle qui prescrit quelque peine. || Loi fiscale, celle qui règle l'impôt, dans sa quotité et son mode de perception. Il Loi d'exception, loi qui déroge momentanément à la loi, ou qui établit un privilège, ou qui déploie une rigueur inique à l'égard de certaines personnes. Il Loi somptuaire, loi qui a pour objet de restreindre les dépenses et le luxe. || Loi martiale, loi qui autorise l'emploi de la force armée en certains cas. Proclamer la loi martiale. || Loi municipale, loi qui règle l'administration des communes. || La loi du talion, celle qui veut qu'on traite un coupable de la même manière qu'il a traité ou voulu traiter les autres. Il Loi bursale, loi ayant pour objet de procurer de l'argent à l'État en quelque besoin extraordinaire (terme aujourd'hui peu usité). |1 10" Terme d'antiquité romaine. Loi agraire, voy. AonAiRE. || Loi annonaire, loi qui, chez les Romains, pourvoyait à ce que les vivres n'enchérissent pas. || 11° Homme de loi, celui qui fait profession d'interpréter les lois, jurisconsulte. Consulter un homme de loi. Les gens de loi. || Il se dit aussi dos gens de justice, des officiers ministériels près des tribunaux. Il 12° Loi se di&it autrefois pour justice. Officier de loi. Main de loi. || Se prenait même pour magistrat civil, juge. Procès pendant par-devant les lois. Il Ville de loi, ville qui possédait des coutumes locales, des lois particulières, un siège de juridiction. || Se disait aussi des villes manufacturières ayant apprentissage et maîtrises. || 13° Fig. Loi se dit des conditions imposées par des choses que l'on compare aux législateurs. Le pauvre en sa cabane où la chaume lo couvre Est sujet à ses lois [de la mort], malh. vi, <8. Si du moins au hasard il [le malheur] décimait les hommes. Ou si sa main tombait sur tous tant que nous sommes, Avec d'égales lois! lamart. Méd. i, 7. || 14° Commandement qu'on se fait à soi-même. Quittez, quittez, madame, un dessein si tragique. Ne vous imposez point de loi si tyrannique, cohn. Cid, m, 3. C'est une plaisante chose à considérer, de ce qu'il y a des gens dans lo monde qui, ayant renoncé à toutes les lois de Dieu et de la nature, s'en sont fait eux-mêmes auxquelles ils obéissent exactement, pasc. Pens. VI, 49. Il Se faire une loi de quelque chose, s'en imposer à soi-même l'obligation, il proposa cinq ou six tempéraments qui auraient été reijus, si lo roi no s'était point fait une loi de ne les point recevoir, SBV. 4 36. Ma bonne, votre commerce est divin ; ce sont des conversations que nos lettres.... j'admire votre soin et votre exactitude; mais, ma très-chère, no vous en faites point une loi, id. sév. 7 août (075. Un libertin d'ailleurs qui sans âme et sans foi Se fait de son plaisir une suprême loi, boil. Sal. iv. Je sais qu'ds se sont fait une superbe loi De ne point à l'hymen assujettir leur foi, rac. Bajai. i, 3. Il 15° Commandement qui est fait par quelque autorité. Faire, dicter, imposer la loi. Ceux qui m'ont fait la loi La reçoivent de moi, malh. v, 4. Ne mo réplique plus, suis la loi qui t'est faite, corn. Uildée, II, i. Oui, vous avez raison , belle et sage Clarice; Ce que tous m'ordonnez est la mémo justice; Et comme c'est à nous à subir votre loi... ID. le Kent, ii, t Sur toute chose Observe exactement la loi Que i« t'imoose u>. Cijnna, y, i. Je ne

sais point répondre autrement pour un roi, X qui, dessus son trône, on veut faire la loi, id. Nicom. ii, 3. Le synode trouvait fort étrange que les accuses voulussent faire la loi à leurs juges, boss. Var. 4 4. Celui qui règne dans les cieux.... est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, id. Reine d'Ànglet. Quelque loi qu'il vous dicte, il faut vous y soumettre, rac. Phèdre, m, 3. || Fig. Il .•^e dit des choses qui commandent. Léonore : Cetia haute vertu qui règne dans votre âme Se rend-ellj sitôt à cette lâche flamme? — L'infante : Ne la nomme point lâche, à présent que chez moi Pompeuse et triomphante elle me fait la loi, corn. Cid, II, 5. Une haine plus forte à tous deux fit la loi, ID. Cinna, v, 2. Quelle docte et sainte ivresse Aujourd'hui me fait la loi '/ boil. Ode i. On le regarde [le péché] comme une faiblesse, un penchant de la nature, une suite de l'âge, une loi du tempérament, MASS. Carême, Passion. \\ On trouve faire loi, sans l'article. Qui de nous deux à l'autre a droit de faire loi? MOL. Sgan. 4. || On trouve aussi faire des lois. ....Sertorius gouverne ces provinces, Leur impose tribut, fait des lois à leurs princes, corn. Sert, i, 4. Je fus ambitieuse, inconstante et parjure; Plus votre amour fut grand, plus grande en e^t l'injure; Mais plus il a paru, plus il vous fait de lois Pour défendre l'honneur de votre premier choix, id. Soplion. II, 4. • Mais, dit Voltaire, par un caprice de langue on dit faire la loi à quelqu'un, et non pas faire des lois à quelqu'un », Comm. Corn. rem. Sertorius. La vérité est que faire des lois en ce sens n'est pas bon, et que faire la loi n'est pas le produit d'un caprice : faire des lois à quelqu'un signifierait lui faire, pour lui tout seul, un certain nombre de prescriptions obligatoires, et ce n'est pas ce qu'on veut dire; faire la loi est une expression figurée, qui signifie commander, régir; il faut avouer qu'ici faire des lois serait un contresens. || Donner la loi, commander. Que lui doit importer qui donne ici la loi? corn. Nicom. v, 7. Sans lui j'obéirais où je donne la loi, id. Hor. v, 3. Le recevoir chez vous, c'est recevoir un maître, Qui, tout vaincu qu'il est, bravant le nom de roi. Dans vos propres Etats vous donnerait la loi, id. Pomp.

I I . Il est un décret de la nature que vous ne clia ngïiez pas : c'est que les grandes masses donnent la loi aux petites, raynal, Hist. phil. xviii , 42.

II Être une loi pour quelqu'un, êtoe accepté par lui comme une loi. Ce que vous en croyez me doit être une loi, corn. Uor. v, 2. || N'avoir point d'autre loi que, n'obéir qu'à, ne consulter que. Je n'ai point d'autre loi que mon ambition, point d'autre loi (|ua ma convoitise, point d'autre loi que mon amour-propre, point d'autre loi que toutes mes cupidités, BouRDAL. Exhort. sur le jug. du peuple contre J. C. t. Il, p. 4 9. Il Recevoir la loi, êlre contraint de se soumettre. Vous me voulez faire la loi. Vous qu'on voit si souvent la recevoir de moi, mol. l'sgché, v, 4. 11 reçut la loi que lui imposa Scipion, boss. Hist. i, 9. 11 ne voulait recevoir de loi que do lui-même, ID. ib. III, 6. Il Prendre loi de, obéir à. De toi les astres prennent loi, béonier, Stances relig. C'est mal vivre en Romain que prendre loi d'un homnio, CORN. Scrtor. I, ). Nous craignons votre exemple, et doutons si dans Rome II n'instruit point le peuple à prendre loi d'un homme, id. tb. m, 2. Ses désirs prendront loi de mes propres désirs, id. Agés. IV, 4. Arrêtez, prince indigne.... Rien que de vous mon cœur ne prenne point do loi Et ne doive en ce» lieux aucun compte qu'à soi. Je veux bien me purger, pour votre seul supplice. Du crime que m'impose un insolent caprice, mol. /). Gare, ii, t>. Tout c« c|ui respire N'attend que vos regards pour en prendre la loi, ID. Psijr.M, m, 3 Je n'ai plus recours

qu'à ma rage ; D'elle seule aujourd'hui je veux prendre la loi, th. corn. Circé, ii, 8, || 16° Domination, conquête. J'ai rangé sous mes luis une grande partie de l'Asie, vaugkl. Q. C. liv. iv, dans riciielet. Les royaumes entiers tomberont sous ses lois, CORN. Cid, II, 6. Persuadé qu'il ne faut pas se dégrader da son consentemc[it, mais souffrir ce que la loi du plus fort voudra faire, haintenon, Lett. à Urne de Caijlus, 4i sept. 1710. Celui qui sut vaincro Numance, Qui mit Carlhago sous sa loi, UOIL. Poésies div. vin. L'Inde et l'Hydaspo entiers couleront sous vos lois, rac. 4 (fi. IV, 2. Le Grec a sous SOI lois les peuples do Messine, volt. Tancr. i, 4. || Autorité, puissance. Mais ne présume pas qu'en te donnant ma foi L'hymen m'ait pour jamais asservi sous ta loi, DOIL. l.uir. ii. Quoiqu'à regret, seigneur, ils [les janissaires] marchent sous ses lois [d'Amurat|, RAC. Bajax. i, 4. Et vous, rentrez, ma fille, et du inoiosà mes lois Obéissez encorpour la derniers

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fois, MC. Iphig. IV, ♦ Tout, si je voua en crois,

Doit marcher, doit fléchir, doit trembler sous vos lois ID. «6. IV, «. Non, mon regard immense veille Sur' tous les mondes i la fois; La mer, qui fuit à m* parole, Ou la poussière qui s'envole. Suivent et comprennent mes lois, lamart. Médit, l, 8. || Par exagération et politesse, être sous les lois de quelqu'un, lui être tout dévoué. Au nom de Dieu, ma chère madame.... croyez qu'on ne peut être à vous ni sous vos lois avec plus de sincérité que j'y suis, fcÉv. à Urne de Guilaul, n* (397, éd. bégnier. Il 17* L'empire qu'une femme exerce surun homme. Il possédait ton âme, il vivait sous tes lois, coiiN. Cid, IV, 2. Cependant à l'objet qui me tient sous sa loi.... ID. le hent. m, i. Votre frère entre sous les lois de Ninon, sÉv. 27. Hermione elle-même a vu plus de cent fois Cet amant irrité revenir sous ses lois, RAC. Àndr. i, ». Au mois de mai j'ai vu Rosette, Et mon cœur a subi ses lois, bérang. Print. et Aut. Il 18* Obligations qui sont imposées d'homme à homme. Les lois du devoir, de l'honneur, de la bienséance, de la politesse. Mais puiscjne mon devoir m'imposait d'autres lois.... coiiN. Poly. ii, 2. Son amitié pour vous lui faisait cette loi, ID. Nicom. iv, 6. La plus sainte des lois, ah! c'est de vous sauver, Kac. Bajax. Ii, s. L'intérêt de l'État fut leur unique loi, ID. i6. Il y a de certaines familles, qui par les lois du monde, ou ce qu'on appelle de la bienséance, doivent être irréconciliables, la bruy. viii. La nature et l'hymen, voilà les lois premières, Les devoirs, les liens des nations entières, volt. Orphel. ii, ^. Il 19° Les lois de la grammaire, de la syntaxe, les règles établies par la grammaire, la syntaxe. La grammaire, qui sait régenter jusqu'aux rois, Et les fait, la main haute, obéir à ses lois, mol. F. sav. n, 0. Il 20° Les lois du jeu, les conventions qui régnent entre les joueurs. Â la honte des hommes on sait que les lois du jeu sont les seules qui soient partout justes, claires, inviolables et exécutées, volt. Dict. phil. Lois, 3. || Terme de trictrac. Loi de plein, de coin, les conditions qu'il faut observer pour faire son plein, pour prendre son coin. |{ 21* Fig. Loi, dans le domaine des sciences, signifie les conditions nécessaires qui déterminent les phénomènes, le rapport constant et invariable ciitre les phénomènes ou entre les diverses phases d'un même phénomène. Les lois de l'attraction, du mouvement, delà réfraction. L'immutabilité des lois de la nature. Les lois qui président à ce phénomène. Tout a sa loi, tout a son ordre , boss. Conn. de Dieu, iv, 5. Ce n'est pas ici l'univers tel que l'ont conçu les philosophes; formé, selon quelques-uns, par un concours fortuit des premiers corps, ou qui, selon les plus sages, a fourni sa matière à son auteur, qui, par conséquent, n'en dépend ni dans le fond de son être ni dans son premier état, et qui l'astreint à certaines lois que lui-même ne peut violer, lo. Uist. II, t. Le Dieu qu'il [Moïse] nous a montré.... peut faire et défaire ainsi qu'il lui plaît; il donne des lois à la nature, et les renverse quand il veut, ID. t6. Les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses, et dans ce sens tous les êtres ont leurs lois; la divinité a ses lois; le monde matériel a ses lois; les intelligences supérieures à l'homme ont leurs lois; les bêtes ont leurs lois; l'homme a ses lois, montesq. Esp. i, i . Comme nous voyons que le monde, formé par le mouvement de la matière et privé d'intelligence, subsiste toujours, il faut que ses mouvements aient des lois invariables, iD. ib. Les effets généraux sont pour nous les vraies lois de la nature, bufp. Théor. de la terre, t" dise. La notion philosophique de loi naturelle consiste toujours à saisir la constance dans la variété, a. cnuiK, Politique positive, t. u, p. 4t. || Lois de l'intelligence ou de la pensée, se dit des conditions nécessaires à l'accomplissement des fonctions de l'intelligence. || Lois sociologiques, lois reconnues dans le développement de l'histoire. || Terme de physi<iue. Loi de Mariotte, loi d'après laquelle les volumes des gaz sont en raison inverse des pressions. Il M* Loi de Lynch, Lynch-law, justice sommaire que le peuple exerce, aux ÊUts-Unis d'Amérique, contre les individus qui jouissent de l'impunité par l'insurnsanc* de» lois; il le» pend, ou leur inflige un certain nombre do coups de fouet. On dérive ce nom d'un cerUin John LyitcU, colon de la Caroline au xvu« siècle, que ses concitoyens investirent d'un pouvoir discrétionnaire, afin de juger et de réprimer immédiatement les désordre» inséparables d'une colonie naissante; celte mesure aurait été adoptée par les autres États de l'Amérique du nord pour des circonstances semblables. 11 en a été fait

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depuis <848 de fréquentes applications en Californie. Il Proverbes. Que veut le roi, le veut la loi, c'est à-dire la volonté du roi et celle de la loi ne sont pas distinctes, elles concordent toujours. || On dit aussi : si veut le roi, si veut la loi {si dans ce cas signifie ainsi). || Un roi, une foi, une loi, se dit pour exprimer qu'il ne faut souffrir dans l'État ni révolte contrel'autorité royale, ni religion nouvelle, ni infraction à la loi. Il Nécessité n'a point de loi, c'est-à-dire un extrême péril, un extrême besoin peuvent ren dre excusables des actions répréhensibles. || On dit de même : force n'a pointdeloi. Qu'eût fait Alaciel? force n'a point de loi, la font. Fiancée.

— HIST. XI" s. Qui dreite loi et dreil jugement refuserad.... Lois de Guill. H. Si recevez la lei [croyance] de chrestiens, Ch. de Roi. m. Donc [il] a parled à lei [à la façon] de chevalier, ib. lviii. Il XII* s. Escoler fu en la loi paenie, Uoncis. 25. La loi Jesu as tenu droitement, ib. <02. Par toute Espaigne là où courent mes lois, ib. 4 22. Le premier roi de France fist Diex par son commant Couronner à ses anges dignement en chantant. Puis le commanda estre en terre son sergent. Tenir droite justice et la loi mettre avant, Sait. i. X l'arcevesque en vunt U evesque parler ; Dieut que lur estuet [il leur faut] les leis le rei [les loisduroi] guarder, Th.lemart. 40. Ço que reis volt est leis, ço dient li alquant [quel- ()ues-unsj ; As terriens seignurssunt tuitobeisant,it. 38. Il xiii* s. S'il pooit tant faire qu'il l'en peust mener, elle le prendroit à scgneur [mari] et relinquiroit sa loy [religion], C/ir. de Rains, 5. Anchiennement, si comme noz avons entendu des segneurs de loys, fu fes uns establissemens, comment on maintenroitle [la] larguecedesvoiesetdes quemins [chemins], beaum. XXV, (. La lois voit bien l'orne quant il est sorpris d'ire, mais' il ne voit pas la loi, brun. LATiNi, Trésor, p. 352. Il XIV* s. Le xx* jour d'avril, que li ville issy [sortit] pour loy faire [exécuter l'arrêt] de pluiseurs ma isonsabatre,CAFFiAUX, ÀbaUis de maisons, p. 20. Les loys sont chose sourde, la quelle l'en ne puet [peut] requcrre ne prier, bercilEURE, f* 28, recto. Toutes amendes qui selon droit ou coustume sont appellées loy, pu cange, lex viulcta. Les trente eswardeurs [magistrats] feront serment solennel que il feront la loy de la ville aussi bien au povre comme au riche, id. Legem facere. Il XV* s. [Les députés] excusoient de la mort de sou bailly toute la loi [le corps municipal] et les hommes notables de la ville, fhoiss. ii, u, 55. Il XVI* s. La peur qui sert au peuple et de frein et de loy, Ne sçauroit estomier ny ta vertu ny toy; La loy ne sert de rien, quand la vertu nous garde, rons. 289. La nécessité estant venue qui donne loy aux grands, elle fera faire par force ce qu'on n'aura voulu faire de gré, langue, 33. Si je n'avoi banni de mon ouvrage les duels; prenant en cela loi de la loi qui a prononcé contre les vaincs gloires les arrêts du vrai honneur, d'aob. //iï(. n, 281. Jésus Christ est la fin de la loy : mais il appert clairement par la loy et les prophètes combien cesie sentence est vraye, calv. Inst. 254. Parce mot de loy je n'enten pas seulement les dix préceptes.... mais la forme de reUgion telle que Dieu a publiée parla main deMoyse,iD.tb.2û6. Pourtant on uepauvoit mieux dire, que d'appeler la loy un magistrat muet, et le magistrat une loy vive, iD.ib. 4 202. Alors, libres de crainte, ils eurentloy de tourner leur pensée à la perte qu'ils venoient de faire, mont, i, 63. Se soubmettre aux lois soubs lesquelles on est né,iD. 1,221.

— ÉTYM. Provenç. leg, ley, tei ; catal. lley ; esp. ley ; port, lei; ital. legge; du lat. têgem, que les étymologistes latins rattachent non à légère, mais à ligare : ce qui lie. Mais l'e changé en i fait une grave difficulté; quant à le tirer de Ic'gere, le cliangementde ^en êfait une difficulté aussi, mais moins grande, et le sens n'est guèie satisfaisant. L'origine reste donc obscure.

2. LOI (loi), s. f. Terme de monnayage. Le titre auquel les monnaies doivent être fabriquées, c'est-àdire la quantité d'alliage qu'elles doivent contenir.

— ËTYH. Loi i, la loi eu monnaie étant une règle, une loi (voy. aloi).

LOIN (loin; l'n ne se lie pas; la nuit est loin encore; cependant quelques-uns disent loin-n'encore; au xvu* siècle, Dangeau, Gramm. p. 4 0, dit que c'était une prononciation normande), adv. Il 1* X une grande distance dans l'espace. Pourquoi tenter si loin des courses inutiles? kac. Mithr. m, 4. Ceux qui ont le temps d'aller vivre tous les jours très-loin de chez eux et qui n'ont pas le temps pendant six mois d'écrire une seule lettre à leurs amis, VOLT. Letl. Damilaville, 30 mars 4 764. Je m'en irai si loin que je n'entendrai parler ni d'eux ni de Aou», uiDEB. Pire de (amiUe, v, o.\\X une lieue

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I loin, à cent lieues loin, à la distance d'une lieue, de cent lieues. C'est une belle conversation que celle que l'on fuit de deux cents heues loin, sév. t*' janv. 4076. J'admire, ma fille, que deux cents lieues loin c'est vous qui me gouvernez, m. 2 aotit 4 689. On fait toujours mal ses affaires de cent trente lieues loin, volt. Lett. d'.llembert, I" fév. 4 773. Il Fig. Elle [la Champmcslé] surpasse la Desoillots [autre actrice] de cent lieues loin; et moi, qu'on croit assez bonne pour le théâtre, je ne suis pas digne d'allumer les chandelles quand elle parait, SÉV. (5 janv. 4672. Il U est bien loin s'il court toujours, se (lit de quelqu'un qui vient de s'en aller et qu'on demande. || Familièrement. U ne voit pas plus loin que le bout de son nez, il a la vue courte; et fig. il n'a pas de pénétration, de prévoyance. Il Voir loin, avoir la vue longue. ||Fig. Voir loin, percer l'avenir, pénétrer les mystères. J'ai d'autres yeux, Absyrte, et vois un peu pins loin, corn. Toit, d'or, 1, 2. Mais regardez plus loin : songez en ce malheur Quelle gloire va suivre un moment de douleur, RAC. ISérén. iv, 6. Mais moi qui vois plus loin, qui par un long usage Des maximes du trône ai fait l'apprentissage, m. liaj. iv, 7.jl Fig. Aller loin, faire fortune, s'élever à de hauts emplois. Ce garçon-là ira loin, p. l. cour. Lett. i, 4 36. || On dit de même : Cet emploi peut le mener loin. Sa valeur doit le mener loin, i.amotte, Calendr. des vieiU. se. 40. Il Dans un sens analogue. Il aspirait plus loin [il avait de plus grands desseins] qu'à la main de Junio, RAC. Brit v, 8. || Fig. Aller loin, faire des progrès. Nous allons plus loin que les autres peuples en plus d'un genre ; et c'est peut-être parce que nous sommes venus les derniers, volt. Mœurs, 6. Il Aller loin, pénétrer avant, faire effet. Le hasard va plus loin souvent que la prudence, jd. Mérope, IV, I. Il Aller loin, être poussé à un plus grand effet. Amant avec transport, mais jaloux sans retour, Sa haine va toujours plus loin que son amour, rac. Mithr. 1, 5. Il Aller plus loin, se porter à un plus grand excès. Les sociniens ont été plus loin que les luthériens, boss. Reine d'Ànglet. \\ Aller plus loin, faire plus de progrès. Comme les vieux philosophes grecs qui voyaient avec plaisir s'élever des jeunes pens qui devaient aller plus loin qu'eux, volt. Lett. de la Touraille, 4 2 mai 4 766. || Aller trop ion, exagérer. Si on ajoute que la fortune y est indifférente, c'est aller trop loin , vauven. Du bonh. |{ Aller trop loin, se dit aussi d'actions, de paroles qui dépassent la mesure. || N'allez pas plus loin, formule de politesse qui se dit pour empêciier quelqu'un de nous reconduire plus qu'il n'a déjà fait. Laissez, ma bru, laissez; ne venez pas plus loin; Ce sont toutes façons dont je n'ai pas besoin, mol. Tart. i, 1. Il Fig. N'aller pas plus loin, s'en tenir à ce qui a été dit ou fait. Je reconnais ce soin. Et ne souhaite pas que vous alliez plus loin, rac. Brit. iv, 4. || Fig. Mener loin, précipiter dans des affaires fâcheuses. On peut vous mener loin avec de pareils gages, MOL. Tart. V, 4. || Fig. Pousser loin, entraîner à des actions qui causent plus tard des regrets. Le regret d'avoir été poussé si loin par ses malheurs, boss. Louis de Bourbon. || Il ne le portera pas loin, c'est-àdire il sera bientût puni, ou bien, s'il s'agit d'une offense, vengeance ne tardera pas à en être prise. Il Fig. Renvoyer bien loin quelqu'un, quehjue chose, repousser fortement, vivement des propositions, des ouvertures. Je vous mandais que.... mais vous me renvoyâtes bien loin, et vous me dites que c'était lui souhaiter le pis qui pût lui arriver, sÉv. 3o oct. 4 689, Il Fig. Ce principe s'étend plus loin qu'il ne le semble. Je ne vais guère loin chercher dans mon cœur pour y trouver do la douceur pour vous, sÉv. à Bussy, 4 6 avril 4 070. Vous seule pouvez faire la joie et la douleur de ma vie; je ne connais que vous, et hors de vous tout est loin de moi, m. 4 8 mars 4 671. Quel général porta plus loin la prévoyance ? boss. Louis de Bourbon. U n'y a pas loin entre la vertu qui se repose et la vertu qui s'égare, mass. Avent. Coiicep. U n'y a jamais loin entre l'affaiblissement et la chute, id. Carême, Mélange. Il y a moins loin d'un hommeàun homnie,à Londresqu'à Vienne, volt. Dict. phil. Boire à la santé. Les 'Tartares-Mantchoux sont incontestablement les ancêtres des Péruviens; car Maiigo-Capak est le premier inca du Pérou; Mango ressemble à Manco, Manco à Maucu, Mancu à Mantchu, et de là à Mantchou i) n'y a pas loin, id. ib. Population. || Fig. Porter loin, pousser loin la haine, la vengeance, se venger avec âpreté, sans merci. H 2* À une grande distanc» dans le temps. Ce retard nous remet bien loin. Ce jour est cncor loin, corn. Nicom. m, 2. Sans reculer plus loin l'effet de ma parole, Je vous rend»

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dan» trois mois lu pied du Capitole, rac. Mithr. m, * . Elle [une jeune dame] allait triomphante de je ne sais combien de libertés, sans intéresser la sienne; son tieure n'était pas encore venue, mais elle n'était pas si loin, hamilt. Gramm. ». Il Ce malade n'ira pas loin, il mourra bientôt. Il Fig. Avec la dépense qu'il fait, cet homme n'ira pas loin, il sera bientôt ruiné. || 3° Non loin de, à une petite distance. Ils [les chevaux d'Hippolyte] s'arrêtent non loin de ces tombeaux antiques.... rac. Phèdre, v, «. Trajan, non loii. du Gange, enchaîna trente rois; X peine a-t-il un nom fameux par la "ictoire, volt. Épttre xux. Les deux armées se rencontrèreni dans le golfe de Lépante, l'ancien Naupactus, non loin de Corinthe, m. Mœurs, )60. || 4" De loin, loc. adv. D'une grande distance dans l'espace. Je vois de loin, j'atteins de même, la font. Fabl. iv, 4 9. J'en sais beaucoup de par le monde  qui ceci conviendrait Dien ; De loin, c'est quelque chose; et de près, ce n'est rien, iD.tb. IV, iO L'horreur de l'hiver à la campagne n'est que de loin; de près ce n'est plus de même, sév. )2 oct. (88». Louis, qui entend de si loin les gémissements des chrétiens affligés, Boss. Reine d'Anglet. Il est Dien difficile de juger et de conduire de si loin, maintenon, Lett. au card.de Soailles, 2 fév. 1703. Allons; et de si loin évitons la cruelle. Que de longtemps, Arsace, on ne nous parle d'elle, rac. Birén. m, 4. Leur gloire de si loin n'éblouit pas mes yeux, in. Milhr. iv, 4. 11 faut servir les Français de loin, et malgré eux; c'est le peuple d'Athènes, volt. Letl. Mme d'Àrgental, 14 mars ("52. Que je puisse de loin l'entrevoir seulement! brifi'AULT, Ninus 11, i, 6. ||Fig. Quoi! vous à qui Néron doit le jour qu'il respire. Qui lavez appelé de si loin à l'empire? rac. Brit. 1, I. Il Je vous vois venir de loin, c'est-à-dire je me doute de ce que vous allez dire, faire. || Revenir de loin, de bien loin, réchapper d'une ma ladie très-grave, ou de quelque grand danger, ou de quelque ancienne haMtude. L'âme, délivrée de la captivité des sens.... est enfin revenue à ellemême; elle est revenue de bien loin.... boss. la Yallière. Voyez [à l'approche de la mort] cette bouche ouverte, ce visage allongé, cette respiration entrecoupée, ce jugement offusqué qui revient par certains moments comme de fort loin, ID. Pensées chrit. etmoT. 38. Qu'il aurait fallu s'y prendre plus tôt, qu'on ne revient pas de si loin.... mass. Carême, Lazare. || La jeunesse revient de bien loin, se dit d'un jeune homme malade et duquel on ne désespère pas tout à fait. Cela fait voir que la sagesse revient (le loin comme la jeunesse, sév. b nov. (876. || Fig. et familièrement. Ne connaître quelqu'un ni de près, ni de loin, ne pas le connaître du tout. || Nous sommes parents, mais de loin, c'est-à-dire nous sommes parents à un degré éloigné. || 5° De loin, d'une grande distance dans le temps. J'ai prévu d'assez lo'n ce que j'en viens d'apprendre, cobn. Hodog. V, 4. Qui prévoyait de plus loin? boss. le Tellier. Anne avertie de loin par un mal aussi cruel qu'irrémédiable, ID. Reine (CAnglel. Je ne sais point prévoir les malheurs de si loin, bac. Andr. i, 2. Quel important besoin Vous a fait devancer l'aurore de si loin ? ID. Iphig. i, ( . Mon mal vient de plus loin, ID. Pliid. I, 3. Vous preniez de si loin vos mesures, MASS. Àvent, Jug. || Voir de loin, avoir beaucoup de prévoyance, pressentir longtemps d'avance ce qui doit arriver. i| 6°De bien loin, de beaucoup. Restait le roi, de bien loin le plus important, st-sim. 7r, )»4. ||7''Du plus loin, d'aussi loin que, hc. cnnjonct. de lieu (avec l'indicatif), de la plus grande distance possible. Lui-même, d'aussi loin qu'il nous a vus paraître : Adorez, a-t-il dit, l'ordre de votre maître, bac. Baj. v, »i. Quoi qu'il en soit, Néron, d'aussi loin qu'il me vit. Laissa lur son visage éclater son dépit, lo. Bril. i, t.||Du plus loin que, d'aussi loin que, en parlant du temps (avec le subjonctif). Du plui loin que je me souvienne, qu'il m'en souvienne, la chose était ainsi, jj C'est du plus join qu'il me souvienne, se dit d'une chose dont le iouvenir est presque efTacé. |{ 8" Au loin, loe. adv. X ■jne grande distance. Voir au loin. Voyager au loin, '."est un petit village ou plutôt un hameau, Bâti sur le penchant d'un long rang de collines, D'oii l'œil s'égare au loin dans les plaines voisines, bou. Épitre VI. La rive au loin gémit, blanchissante d'éc'ime, rac. Iphig. v, t. N'allons jamais au loin, quand ce que nous cherchons est tout auprès, volt. Dict. phil. Inftuence. \\ 9° Au plus loin que (avec le Subjonctif], loc. adv. de lieu, à la plus grande distance possible. Au plus loin que ma vue puisse s'étendre, je n'aperçois rien. || 10* Loin i loin, de lois

dict. de la lamouf. franc/ isk.

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à loin, de loin en loin, loc. adv. X de grandes distances, à de longs intervalles. Planter des arbres loinàloin. Nos batteries, disposées un peu trop loin à loin, ne purent être prêtes qu'une heure après, ST-siM. (2, t34. Ces sortes de h?rdiesses font un merveilleux effet dans la poésie, lorsqu'elles sont placées à propos de loin à loin, d'olivet. Rem. sur Racine, §4). Il II se dit aussi du temps. Tous les secours qu'on a tirésdesecclésiastiques pour les besoins du royaume ne sont tirés que de loin à loin, patru, Œuv. div. p. SiOjdansRiCHELET. Les nouvelles de sa venue fde Cyrus] vienuent de loin à loin, comme avait prédit Jérémie, boss. Hist. a, 4. Ses lettres viennent plus de loin à loin qu'au commencement, bayle, Lett. 87, B janv. t89l, t. i, p 297. Je leur dirai avec Origène qu'il y a eu très-peu de persécutions, et encore de loin à loin, volt. Philos. Déf. MU. Bolingbroke, ch. xlu. Les états généraux, convoqués de loin à loin, se demandaient les lois et les usages, ID. Mœurs, 84. Je ne reçois plus de vos nouvelles que de loin en loin, et je trouve cela trèsmauvais, d'alehh. Lett. à Yollaire, (8 sept. 1762. La cour de Versailles a jeté de loin en loin quel(|ues regards sur Madagascar, mais sans en sentirjamais vivement le prii,BAyNAL, Hist. phil. iv, B. ||11° Loin de,loe.prép. X distance de. ...loin du monde ingrat que bienheureux tu quittes, Régnier, Ép. 1. Elle va, loin de vous et loin de sa patrie. Accepter pour époux le roi de Ligurie, volt. Brutus, 11, 2. Je vis heuretu dans une retraite charmante, fiché seulement d'être heureux loin de vous, id. Letl. rWriol, juillet <736. Amis, loin de la ville. Loin des palais de roi. Loin de la cour servile. Loin de la foule vile, trouvezmoi, trouvez-moi.... Quelque asile sauvage, v. hugo, Odes, Rétes. || Fig. Mais que vous êtes loin de cette ardeur parfaite Qui vous est nécessaire et queje vous souhaite! corn. Poty. 1, (.Vous louez Revel par où je l'ai loué, en disant que je l'avais trouvé vrai et loin de toute varité, sév. 21 sept. 1689. Qu'alors il était loin de tan. de renommée! volt. Fanal, i, 4. Il Elliptiquement, loin exprime l'injonction d'éloigner, d'écarter. Loin, bien loin, tristes pensées, MALH. II, 2. Loin de moi les pensées de ces impies! SACi, Bible, Job, xxii, 48. Loin de nous les héros sans humanité ! boss. Louis de Bourboi\. Loin ces rimeurs craintifs.... boil. Art p. 11. Loin de moi les mortels assez audacieux Pour juger par eux-même et pourvoir par leurs yeux! volt. Fanât, m, 8. Loin tous ces conquérants en ravages fertiles I delillk. Jardins, iv. || Loin de là, se dit pour signifier qu'il ne faut pas manquer à telle ou telle chose. On vous conseille d'abandonner cette affaire ; loin de là, il faut la pousser activement. j| Être loin de son compte, se tromper dans Sbn raisonnement, dans son calcul, dans ses prétentions, dans ses espérances. || Ils sont encore tous deux bien loin de compte, se dit de deux personnes qui ont une convention, un marché à faire, et qui ne peuvent tomber d'accord. || Être loin, bien loin de faire une chose, être dans des dispositions toutes contraires à celles qui pousseraient à faire cette chose. Je suis loin de vanter ma victoire et mon zèle, volt. Oreste, m, 8. || Bien loin, ou, simplement, loin, se construisant avec la préposition de, suivie d'un verbe à l'infinitif, ou avec la conjonction que et le subjonctif, signifie au lieu de, tant s'en faut que. L'adversité, loin qu'elle soit un mal, est souvent un remède et le contre-poison de la prospérité. Celui-ci, loin détourner le dos. Veut vendre au moins sa vie, et mourir en héros, la FONT. Fabl. X, (4. Loin de trembler devant les autels, on y méprise Jésus-Christ présent, boss. Louis de Bourbon. Quoi ! cher prince, avec toi je me verrais unie ! Et, loin que ma tendresse eût exposé ta vie. Tu verrais.... rac. J/ifhr. iv, 1. Hélas! loin de vouloir éviter sa colère, La plus soudaine mort me sera la plus chère, id. Bril. v, 7. Loin de vous accabler, avec vous je soupire, volt. Brutut, iv, (. Il IV Loin de, se dit aussi de la distance dans le temps. Nous sommes encore loin du carnaval. || Proverbes. Loin des yeux, loin du cœur, se dit pour exprimer que l'absence amortit les affections. || Près de l'église, loin de Dieu, se dit d'un homme qui loge près de l'église et qui n'est guère dévot. || Il est auprès de cette belle commii le béaitier est dans l'église, près de la porte et loin du cœur, se dit, par un jeu de mot entre cœur et chœur, d'un amoureux qui n'est point aimé de celle qu'il aime. || A beau mentir qui vient de loin, se dit de ceux qui, au retour de pays lointains, racontent des choses incroyables. || Pas à pas on va loin, c'est-à-dire quand on va toujours, OD ne laisse pas d'avancer, quoiqu'on aille lentement.

— HU. 1 Bo'leau a dit : Bien loin de convenir

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qu'il y a du sublime dans les paroles que Moïse fait prononcer à Dieu au commencement de la Genèse.... (40* réflexion sur Longin). On pourrait demander qu'il y ait; bien loin équivalant à une négatior. Mais il y a ici une proposition déjà faite et que l'on doit rappeler dans ses propres termes ; c'est ce qui justifie l'indicatif. || 2. Anciennement on disait de loin à loin. De loin en loin ne parait que dans la deuxième moitié du xviii* siècle.

— HIST. XI' s. Luin et pref [près]. Lois de Guill. 42. Sire Alexis, tanz jurz t'ai dessiret, E tantes feiî [tant de fois] pur tei au luinz guardet [regardé]. Si revenisses [tu revenais] ta spuse coc'irter, S. Alexit, xcv. Vous n'irez pas uan [cette année] de mai si luign, Ch. de Roi. ivii. Li quens Rolanz Gautier de luin apele, ib. lxii. Cist [ceux-ci, les ennemis] nous sont près, mais trop nous est loin Charles, ib. lxxiy. Ne loing ne près ne puet vedeir [voir] si clair, ib. cxLvm. Il XII* s. De long relulst li teinz [la couleur] et li blazons, iionc. |32. Mainte longue semaine Trai [je passe], quant sui loing de lui [d'elle], CoucijViii. Et quant je plus sui loing de la contrée. Tant est mes cuers [mon cœur] plus près et ma pensée, ib. xvii. Les contrées qui moult sont long de lor, Machab. 1, 8. || xiii' s. Adan, pou [peu] sont de gent, n'aient ol Dire qu'on vait moult loins tout bêlement, MÂTZNER, p. 82. L'en doit bien reculer pour le plus loing saillir, Berte, xiii. Cil dame Diex, faitele, qui haut siet et loin voit, ib. xxviii. Ne il n'avoient mie pooir de pourchacier viandes quatre aibalestrées loing de l'ost, villeh. lxxiv. Sachiés pour voir [vrai], li arbre furent Si loing à loing cum estre durent, la Rose, (378.||xiv* s. Les extrêmes sont plus loir g l'un de l'autre et à plus grant distance de l'un à l'autre que il n'a de chascun d'eulx au moien, ORESHE, Eth, b2. Quant h princes choisi [vit] Bertran qui venoit là. De si loin qu'il le vit, à rire commença, Guescl. 4 3497. l|xv* s. Ma lettre escrivi et scellay. Et à mon ami l'enveai. Qui la lut, et, trois jours après. Petit loing ou petit plus près [un peu plus ou un peu moins] , Me rescrivi en tel manière, E. DESCH. Poés. mss. t° 49B. L'un dit que promectez de loing. Et qu'en estes bonne maistresse, L'aultre que faillez au besoing, ch. d'orl. Chanson 33. Et ne regardoient point à plus loing, couM. v, 4 6. Hier, n'a pas plus loin, je tins l'œil sur vous, et d'un lieu, là où j'estois, jevous y vis arriver, louis xi, Nouv. xxxiu. Il ivi" s. L'effect surmonte de si loing la pensée, que.... mont, i, 84 . Les choses nous paroissent souvent plus grandes de loing que de prez, id. ib. Trouvant un jour une mienne parente En un festin, parente d'assez loin.... bons. 776. Loin des yeux, loin du cœur, c'est la règle ordinaire,, des- PORTÏS, Élégies, i, 4.

— ÉTYM. Bourguig. Ion; Verviers,Î07iî; provenç. long, loing, lonh, lung, luenh, lunh ; catal. lluny ; anc. espagn. iuene; porlug. loiige; ital. lungi; du lat. longe, de longus, long. Loinj, loins représente longis (a longis ; voy. certes et volontiers pour Vs).

LOINTAIN, AINE (loin-tin, tê-n'), adj. || 1" Qui est éloigné du pays où l'on est ou dont on parle. ....De là nous sont venus Tant d'arbres excellents autrefois inconnus, Ou qui ne se plaisaient qu'aux plus lointaines terres, Perrault, Ep. à la Quintinye. Des entreprises lointaines réussissent rarement, volt. jlnn. de l'Emp. Charles- Quinl, 4B3b.I1 reviendra vainqueur de ces lointains rivages, nucis, Othello, II, 4 . cnmats lointains, lu. Oscar, i, 2. || Qui est à une grande distance. Quand, sorti vers le sou des grottes reculées, 11 s'égare à pas lents au penchant des vallées, Et voit des derniers feux lu ciel se colorer. Et sur les monts lointains un beau jour expirer, A. cbénier, Élég. xiv. || Il se dit aussi quelquefois du temps. Les siècles les plus lointains. Oh I dans ces jours lointains où l'on n'ose descendre, Quand trois mille ans auront pa-ssé sur notre cendre, X nous, qui maintenant vivons, pensons, allons, v. BUOO, Voix intér. iv. || J» S. m. Plan situé dans l'éloignement. On voyait en lointain une villi naissante, la font. Filles de Minée. Le goût des points de vue et des lointains vient du pencliant qu'ont les hommes de ne se plaire qu'où ils ne sont pas, i. J. Rouss un. IV, 4 1. Voyez dans le lointain Capoue; elle a vaincu le guerrier dont l'ftme inflexible résista plus longtemps à Rome que l'univers, stael, Corinne, xiii, 4. Il [le fleuve] serpente et s'enfonce en un lointain obscur, lauabt. if^dt'I. 1, 4. Il En peinture, le lointain d'un tableau, le plan le plus reculé, celui qui montre les objets plus ou moin» noyé» dans le vague de la perspective. Le peintie, dit-on, aurait pu finir davanUige ces carnations, ces lointains, vin. Ezitt. »9. C'est une lumée qui s'élève et qui fait fuir les montagnes qui font

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l«'.oinUiD 'Ubletudu PouMin],u>.t.iix,p.3«6. Les lointains de Vemet sont Taporcui, ses ciels légers, piDMOi, Salon de (7«s, Œuvres, t. xiil, p. <43, dans ponoENS. Sous l'arcade, un escalier qui conduit Ters la rive du lac; au delà, un loinUm, une campagne, lo. Salon de <7«7, Oturr. t. m, p. «oi.

— HIST. m* s. Si Ijej m'i comfort [en son sou- Tenir], quant ele m'est loingtaine [absente], Couci, VIII. Il XIII' s. En un lointain pays [qu'elle] en soit Untost menée, Berte, ivi. Selonc ce qu'elle estoit de ses amis lointaine [éloignée] , ib. l. [Ma fille] Se fait ainsi haïr [de] gcnt voisine et lointaine, «6. Lxiiv. Se 1ère eschiet de costé à celi qui est mariés comme d'oncle ou d'antain [tante], de frère ou de sereur, ou de plus lointaing degré de lignage, BEAUM. lui, 13. Il XIV* s. Ceuli (les chiens] qui sont trop hastifs, trop loin.^tains, Uénagier, m, î. Il IV* s. Conseillé fut que .... les lointains des lointaines marches d'Auvergne, du Dauphiné .... s'en retoumeroient tout bellement en leur pays, fhciss. II, II, ï03. Il xvi* s. Les coups de leurs fondes n'estoient pas moins certains et loingtains, mont, i, 343. Les exils loingtains et solitaires, les prisons perpétuelles, id. i, «s». Nous sentons un plaisir singulier à esoouter ceulx qui retournent de quelque loingUin voyage, amyot, Préf. iiv, «2. Klle vouloit s'en aller habiter en quelque terre sur l'Oce2in, loingtaine de la mer Méditerranée, iD. Ant. 90.

— ÊTYM. Provenç. lonhdan, lunhdan, loindan ; ital. loMano; d'un latin fictif longitanui, dérivé de longvs, long.

t LOINTAINETÉ (loin-tê-ne-té), t. f. Situation le ce qui est lointain.

— lllST. XVI* s. Loingtaineté, cotgrave.

LOIB (loir), t. m. Petit animal semblable à un rat, à poil gris, à queue velue, qui vit dans les creux des arbre» et des murs, et qui dort durant l'hiver. Nous connaissons trois espèces de loirs qui, comme la marmotte, dorment pendant l'hiver, le loir, le lérot et le muscardin; le loir est le plus gros des trois, le muscardin est le plus petit, buff. Quadrup. t. il, p. 34 1. Les loirs faisaient partie de la bonne chère chez les Romains ; ils en élevaient en quantité, id. ib. p. 348. Je fis la guerre aux loirs, j'en détruisis beaucoup, et le fruit n'en disparaissait pas moins; j* guettai si bien qu'enfin je trouvai que le jardinier lui-même était le grand loir, j. j. ROLSS. Conf. IX. Il Fig. Un loir, un paresseux, parce que cet animal dort pendant plusieurs mois. Vous ne me parlez plus de ce paresseux [Thiriot], de ce négligent, de ce loir, de cet ingrat, de ce liron qui passe sa vie à manger, à dormir, et à oublier ses amis, volt. Lelt. Damilaville, 2 avr. 4704.

— HlST. xui* s. Mais il esgarde et voit deux loirs, U uns est blans, li autre noirs, Rungier de l'arbre la racine, oui de cambrai, Barl. et Jos. p. 34 1. Pour bien faire message, [il] n'ostoit pas corn le loire, Berte, lxvi. fUn vilain] Que je trové là en l'oraille De cel pré dormant conme loir, Renart, 6977. Il ivi* s. Combien de fois, combien elle eut d'envie Sur l'ours, les glirs, les laissons endormis I la boé- TiE, 486. Heureux loirs, qui dormez la moitié de l'année, Las I qu'un somme aussi fort ne me peut-il tenir? despohtes, Diane, u, «9.

— ÉTYM. Berry, lire; provenç. glire ; e?pagn. Itron; ital. ghtro; du lat. glirem, de glis, gliris.

LOISIBLE (loi-zi-bl'), adj. Qui est permis. 11 est loisible de prendre des étoffes au Levant, mais non pas de s'y faire circoncire, balzac, OEuv. div. Dite. 7, dans hichelet. Lélie : Si tu m'es inneiiblo. Je m'en vais me tuer. — SJascariile ; Soit, il vous est loisible, mol. l'Ét. u, 7. Hé bien I allez, sortez, il vous est tout loisible, id. ilis. u, i.

— REM. Il TOUS est loisible de faire.... était barbare, suivant Marguerite Bufl'et, en (66g, Observ. p. 30, et suivant Vaugelas. Sur quoi l'Académie (dans ses Remarques sur Vaugelas, p. 263, dans Pougeni) dit : . Loisible n'est pas si vieux que M. de Vaugelas nous le marque, mais il commence i. vieillir, «t il vaut mieux dire cela n'est pas permis, qu« cela n'est pas loisible. » S'il vieîlli.ssait alon, il a cestJ de vieillir; et il est aujou-d'hui de bon us«ga; surtout il devrait être préféré à facultatif qui a Umèmtsens. "

— HBT. XIV s. Or doncques ne nous est possible Ne MMMure, ne loisible, De deffaire les mesle- «•M, Ne séparer les elemens, VAkh. à nat. 79o I! XTi* s. n «stoit loisible à quiconque vouloit, d'api>8ler l'oultrageant an jiuUc* et la poonuivre AMTOT, Sohn, 3a. '

— ÊTYM. Ut. lictre, être permis (voy. loisir). LOISia (loi-iir), ». m. || i* glal dans lequel il est

■•rmis de fair» ce qu'on veut. Je me tiendrai

LOI

toujours plus oblige à ceui par la faveur desquels je jouirai sans empêchement de mon loisir, que je ne serais à ceux qui m'offriraient les plus honorables emplois de la terre, desc. Mélh. vi, i'i. La circonstance de leur mauvaise santé [la Rochefoucaud et Mme de la Fayette] qui les rendait comme nécessaires l'un à l'autre, et qui leur donnait un loisir de goûter leurs bonnes qualités, sÉv. 5 avr. (680. Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un plaisir sans étude, Qui, jamais ne sortant de sa stupidité, Soutient, dans les langueurs de son oisiveté.... Le pénible fardeau de n'avoir rien à faire, boil. Ép. xi. Des problèmes qui.... n'étaient de.stinés qu'à amuser le loisir des écoles et la vanité des sophistes, mass. Carême. Vérité de larelig. Un loisir inutile qu'on est bien aise d'amuser, m. Carême, Parole. Nous ne gagnerions à nous marier que le loisir de nous quereller à notre aise, et ce n'est pas là une partie de plaisir bien touchante, mariv. le Legs, se. )7. Ce même homme [Alberoni], étant depuis légat à Bologne, et ne [Kjuvant plus entreprendre de bouleverser des royaumes, occupa son loisir à tâcher de détruire la république de Saint-Marin, volt. Siècle de Louis IV, i. Ainsi l'on dort tranquille; et, dans son saint loisir. Devant son propre cœur on n'a point à rougir, a. chpn. Élég. ivi. Oui, ma mie, il faut vous croire , Faisons-nous d'obscurs loisirs, BÉHANQ. Plus de pol. Le temps s'est réveillé; ma tîlche recommence; Adieu, besoins du cœur, solitude, silence. Adieu loisir, adieu loisir! sainte- BEUVE, P\iésies, au loisir. || Être de loisir, n'avoir rien à l'aire. Hébé est de grand loisir, depuis que Ganymcdo yerse le nectar en sa place, fén. t. xix, p. (26. Quelques-uns de ces tigres [les conquérants tartares], à la vérité, ont été un peu astronomes quand ils ont été de loisir, après avoir saccagé tout le nord de l'Inde, volt. Lett. Bailly, 1 9 janv. (776. 11 parut plusieurs éditsde quelques personnes qui, se trouvant de loisir, gouvernent l'État au coin de leur feu, id. l'Homme aux 40 écus, désastre. Il Familièrement. 11 est bien de loisir, il faut qu'il ait bien du loisir de reste, se dit de celui qui s'amuse à des bagatelles, ou qui se mêle d'affaires qui ne le regardent pas. || A loisir, tout à loisir, loc. adv. A son aise, à sa commodité, sans être dérangé. Tu pourras me répondre, après, tout à loisir, corn. Cinna, v, (. Mais rien ne vient m'interrompre; Je mange tout à loisir, la font. Fabl. i, 9. Mme de Chaulnes eut avant-hier au soir un si grand mal de gorge.... à Paris, on aurait saigné d'abord; mais ici elle fut frottée à loisir avec du baume tranquille....' SÉV. 24 avr. (689. Hélas! oui, mon pauvre monsieur, tous êtes malade.... je suis touchée de la tristesse de votre état; j'en vois toutes les conséquences, et j'en suis triste à loisir, ID. (3 juin 1686. Vous pouvez à loisir faire des vœux pour elle [la GrèceJ, bac. Iphig. i, 2. || Il s'en repentira à loisir, il aura tout le loisir de s'en repentir, se dit d'un homme qui fait quelque chose dont on croit qu'il souffrira longtemps. || 2" Espace de temps nécessaire pour faire quelque chose à son aise. Mais pour les mieux choisir [les champions]. Nos chefs ont voulu prendre un peu plus de loisir, corn. Hor. l, 4. Nous n'avons pas loisir d'un plus long entretien, iD. Uent. I, 3. Au sortir de Pharsale, un si grand capitaine Saurait mal son métier s'il laissait prendre haleine, Et s'il donnait loisir à des cœurs si hardis De relever du coup dont ils sont étourdis, II). Jf. de Pomp. II, 4. i peine eus-je loisir de lui dire un adieu, id. D. Sanche, li, t. Je vous demanderais le loisir d'y penser, id. Nicom. iv, 3. Je n'ai fait celle-ci [lettre] plus longue que parce que je n'ai pas eu le loisir de la faire plus courte, pascal, Pro». XVI. Sans avoir eu le loisir d'établir se» affaires, boss. Hist. m , 6. Achitoas, qui avait eu le loisir de cacher sa jalousie, fén. Tél. vu. On a toujours du loisir, quand on sait s'occuper; ce sont les gens qui ne font rien, qui manquent de temps pour tout. M"* ROLAND, Uémoires, xv, ( 64. || 8° Temps qui reste disponible après les occupations. Soit que tu donnes ton loisir k prendre quelque autre plaisir, MALH. IV, h. J'abuse trop, seigneur, d'un précieux loisir, CORN. Sertor. i, s. Je reverrai tout au premier loisir, BOss. Lett. Corn. 90. Là, dans le seul loisii que Thémis t'a laissé, Tu me verras souvent à te suivre empressé, boil. ïp((. vi. Un roi victorieux TOUS a fait ce loisir, rac. Poésies, 3. Quel moyen de pouvoir tenir contre des gens qui ne savent pas discerner votre loisir, ni le temps de vos affaires? LA BRLT. Théophraste, m. La chose qui me manque le plus, c'est le loisir, volt. Lett. Uelv. M déc. ("«0. — SYN. loisir. OISIVETE. LoisiT. qui vieni du

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