LOMBARD (Ion-bar), î. m. Cépage de l'Yonne
LOMBES (lon-b'), i. m. pi. Terme d'anatomie. Régions de l'abdomen situées sur les côtés de la région ombilicale, l'une à droite, l'autre à gauche.
— HIST. XII* s. Li mien lumble empli sunt de illusiuns, e nen est sanetez en la meie cam [en ma chair], Liber psalm. p. BO. ]|xvi' s. Les cinq vertèbres des lombes et tout l'os sacrum, paré, i, a.
— ÉTYM. Provenç. lom, lomp ; catal. llom; espagn. lomo; ital. lombo ; du lat. Jumbus.
t LOM BIS (lon-bl), s. m. Nom d'une grosse coquille vermeille qui sert aux ornements de rocaille.
t LOMBO-ABOOMIXAL, ALE.(lon-bo-ab-do-minal, udi-V), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux lombes et à l'abdomen. Muscle lombo-abdominal, le transverse du bas-ventre.
t LOMBO-COSTAL, ALE (lon-bo-ko-stal, sta-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux lombes et aux côtes. Muscle lombo-costal, le petit dentelé inférieur.
t LOMBO-COSTO-TRACHÉLIEX, ENNE (lon-boko-sto-tra-ké-liin, liè-n'), adj. Terme d'anatomie. Oui appartient aux lombes, aux côtes et au cou. Muscle lombo-costo-trachélien, le sacro-lombaire.
t LO.MBO-DORSO-TRACHÉLIEN (lon-bo-dor-sotra-ké-liin, liè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux lombes, au dos et au cou. Le muscle lombo-dorso-trachélien, le long dorsal.
t LOMBO-UIMÉRAL, ALE (lon-bo-u-mé-ral, ra-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux lombes et à l'humérus. Le muscle lombo-huméral, le grand dorsal.
t LO.MBO-SACRÊ, ÉE (lon-bo-sa-kré, krée), adj. Teiine d'anatomie. Nerf lombo-sacré, nerf fourni par la branche antérieure du cinquième nerf lomcaire, qui descend dans le bassin, au devant du sacrum, et s'unit au plexus sciatique.
t LO.MBOVER (lon-bo-ié) , v. a. Faire épaissir l'eau mère dans les salines.
t LOMBKIO (lon-brik), i. m. || 1* Genre d'annélides, dont une espèce est connue sous le nom de ver de terre. |1 2" Nom donné à l'orvet lombrical (ophidiens), qui est le typhlops lombrical (archipel dft Grèce) de Schneider. |j 3" Espèce d'ascaride qui se rencontre fréquemment dans les intestins de l'homme et des animaux.
— HIST. XVI* s Que les dragonneaux ne soient
vers semblables aux lumbriques, paré, vi, 23.
— ÊTYM. Provenç. lombric; esp. iom&rù ; ital. iombrico; du lat. lumbricus, ver de terre, qui paraît se rattaclior à lubricus, glissant (voy. ldbriqoe).
t LOMBRICAIRE (loii-bri-kê-r'), t. f. Terme de botanique. Genre de plantes de l'ordre dos algues, ainsi nommé de son apparence vermiforme.
f LO-M BRICA L, ALE (lon-bri-kal, ka-l') , od;. Terme de zoologie. Qui ressemble à un lombric. || Terme d'anatomie. .Muscles lombricaux, quatre petits muscles de la main et du pied qui sont situés le long des tendons des lléchisseurs communs, et qui s'attachent i l'extrémité des phalanges des quatre doigts.
— HIST. XVI" 5. Les quatre autres muscles internes de la main sont nommés lumbricaux, à raison de leur figure, ou abducteurs des quatre doigts vers le poulce, pabé, IV, 29.
tLOMBRIClTE (lou-bri-si-f) , t. f. Pétrification imitant les lombrics.
— ÊTYM. iMmbrie, et la finale minéralogique ite. t LOMDHK.OÏDE (lon-bri-ko-i-d'), adj. Qui res-
•emble à un lombric. {( S. f. Lombricoïde, nom spécifique d'une ascaride qui sa trouve dans l'intestin de l'homme, dite vulgairement ver des enfants.
— f.TVM. Ltimbric, et tiJo;, forme.
] LO.ME (lu -m'), X. m. Le plongeon à gorge rouge.
I LOME.VIAtÊ, ÉE (lo-man-ta-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui est coupé d'espace en ^ace par des articulations, eo parlant de certaines feuilles, des gousses de certaines légumineuses et des Cliques de certaines crucifères.
— ETYM. Lat. lomentum, sorte de savon de farine de fève. C'est Linné qui a appliqué ce nom à un certain groupe de légumineuses.
t LO.UPE (lon-p'), 1. m. Nom d'un poisson appela aussi lièvre de mer (cycloptère lump, malacoptérygirtns).
t LONCUITE (loD-ki-f), I. f. Term* de botanique. Genre de fougères.
— tTYJI. \<rc'/.'tt lance.
t LONDONIEN, lENNE (lon-do-niin, niè-n'), adj. Qui appartient à Londres. La circulation londonienne, Moniteur, 30 mars 1867, p. 387, 3* col. Il On dit aussi quelquefois londinais. L'agglomération londinaise, babinet. Revue des Deux-Sondes, 45 mai <8St, p. 8H.
t LONDRE (lon-dr*), t. f. Ancien terme de marine dans le xvu* siècle. Nom d'un petit navire italien à rames et à voile non ponté. L'amour de la patrie eut plus de pouvoir sur moi, et m'obligea de m'embarquer [à Zar>te] pour Venise sur une londre chargée de tabac, qui allait à voile et à rame, j. spon, Voy. d'Italie, tel», dans jkl.
— ÉTYM. Ital. londra, d'après Jal de londra ou lontra, nom de la loutre en italien. Mais ce paraît plutôt être le nom serbe et bulgare, lontra, d'une embarcation qui va sur le Danube.
t LONDRES (lon-drès'), «■. m. Sorte de cigares havanais, fabriqués d'abord pour les Anglais. Les londres figurent pour la première fois parmi les sortes autorisées dans l'arrêté du u mai <849.
LONDRIN (lon-drin) , ». m. Draps de laine qui se fabriquent en Provence, en Languedoc et en Dauphiné, pour les échelles du Levant, à l'imitation de ceux de Londres dont ils tirent leur nom. || On a dit aussi londres en ce sens. La teinture des draps destinés pour le Levant tant londrins premiers et seconds que londres larges, Jrr. ducons. <"fév. <727.
LONG, ONGUE (Ion; lon-gh'; le g devant une consonne ne se prononce pas : un Ion chemin; devant une voyelle ou une h muette il se lie et se prononce comme un k; unlon-k espoir; au pluriel, l's se lie : les lon-z espoirs), adj. || l'Qui s'étend en une ligne étendue, par opposition à court. Une longue ligne de soldats. Taille longue et menue. Le cours du Danube est long. Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où Le héron au long bec emmanché d'un long cou, LA FONT. Fabl. vu, 4. En longs habits de lin, hac. Àth. ii, t. On ne concevait pas comment la tête de cette colonne pourrait traîner et soutenir, dans une si longue route, une aussi lourde masse d'équipages, sêgur, Bisl. de Nap. a, i.\ Il Fig. Le divorce est signé de cette même main Que l'on voit à longs (lots verser le sang romain, VOLT. Triumv. i, 2. || De longs regards, des regards | qui se prolongent au loin ; ils expriment la douleur, l'amour, une passion. D'où vient qu'en m'é- '■ coûtant, vos yeux, vos tristes yeux Avec de longs regards se tournent vers les cieux? hac. Brit. v, i . | Il Les races longues cornes, ou, simplement, les longues cornes, groupe de bétes bovines occupant autrefois les parties occidentales des îles Britanniques,et qui avaient pour caractère commun des cornes longues, courbées d'abord en bas et relevées. || Longue laine, nom commun à toutes les races ovines dont la laine est lisse, longue de 15 i 35 centimètres, et propre au peignage. || Fig. Avoir les dents longues, bien longues, être privé de nourriture depuis longtemps, ou, simplement, avoir faim. || Fig. Il a les bras longs, les mains longues, son pouvoir s'étend bien loin. Les jansénistes ont la phrase trop longue : fasse le ciel qu'ils n'aient jamais les bras longs! VOLTAIRE, Lett. La Harpe, 2 juin 1768. || Elliptiquement. Prendre le plus long, aller en quelque lieu par le plus long chemin. Promettez-moi de prendre toujours le plus long et le plus sûr; il n'y a nulle comparaison entre s'ennuyer et se noyer, sev. n nov. 1688. Mon philosophe Damilaville, qui avait lait pendant quelques mois la consolation de ma vie, est parti et a pris son plus long pour aller voir un ami avec lequel il restera quelque temps, volt. Lett. d'Argental, 8 ocl. (765. || Fig. Prendre le plus long, se servir des moyens les moins propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris. {] %° Habit long, la soutane et le manteau que portent les ecclésiastiques. Il était en liabit long. || 3° Vue longue, vue qui discerne les objets i une grande distance. Il Lunette de longue vue, ou, simplement, , longue-vue, lunette d'approche, lunette avec laquelle on voit les objet» éloignés. || i° Pâte longue, voy. piTE. Il 6' Il se dit de la plus grande dimen- , sion d'une surface, par opposition à large. Ce jardin est plus long que large. Un champ long et étroit. Il Un carré long, un parallélogramme i angles droits. Il 6* Qui dure plus ou moins de tempt. lleaucoup par un long âge ont appris comme vous Que le malheur succède au bonheur le plus doux, COHN. Horace, v, l. Que vivre sans vous voir est un sort rigoureux.... C'est une longue mort, ii>. le Uenl. m, 5. L'autre |la Discorde], diligente, Courait vite aux débats, et prévenait la paix ; Faisait d'une étincelle un feu long à s'éteindre, la roNT. t'abl. vi, 20. Alje pris sur moi-même un assez long empire? hol.
Mis. v, 7. Le monde ïùl point de-longues injustices, sÉv. « sept. 1675. Vous qui, éblouis de l'éclat du monde, admirez le tranquille cours d'une si longue et si belle vie, Boss. le Tellier. Une longue et paisible Jouissance d'une des plus nobles couronnes de l'univers, id. Reine d'Ànglet. Ce ne sont pas les années, c'est une longue préparation qui vous donnera de l'assurance [au moment de la mort], id. le TelUer. Je ne vous raconterai pas la suite trop fortunée de ses entreprises [de Cromwcll].... ni cette longue tranquillité qjii a étonné l'univers, id. TIetne d'Anglet. Les nouvelles d'Espagne sont un peu longues à venir, maintenon, Lett. au dtie de Hoailles, 9 mai ni2. Que m'importe, après tout, que Néron plus fidèle D'une longue vertu laisse ui. jour le modèle? rac. Brt't. i, (. Toujours évanouie, Madame, elle ne marque aucun reste de vie Quo par de longs soupirs et des gémissements, id. Baj. IV, 5. Ses longs mugissements font trembler le rivage, ID. Phèdre, v, 6. Ahl que le temps est long à mon impatience 1 id. Esth. 11, t. Un long amas d'honneurs rend Thésée excusable, id. Phèdre, i, t. Le souper fut plus long que le dîner ; on se parla avec plus de confiance, volt. Zadig, i. Gortz et Gyllembourg, ses ministres, furent retenus près de six mois, et ce long outrage confirma en lui tousses desseins de vengeance, id. Russie, 11, 8. Ce meurtre est annoncé par de longs cris de joie, m.j. chén. Charles 11, v, 2. Au bout d'un quart d'heure qui fut long [qui me parut long] , p. l. cour. Lett. »" nov. < 807. Il Le long temps, la longue durée du temps; un long temps, un long intervalle de temps (voy. temps). || Long espoir, espoir qui s'étend loin dan» l'avenir. Quittez le long espoir et les vastes pensées, la pont. Fabl. xi, 8. || Terme de marine. Voyage de long cours, voyage par mer dont le but et le terme sont fort éloignés. Capitaine au long cours. || Oiseau de long vol, oiseau capable de faire en volant de longues traversées. Comme ce n'est point un oiseau de long vol [le manakin], il n'est guère probable qu'il ait traversé la mer pour arriver à l'île de Cuba, buff. Ois. t. viii, p. <B3. Il Bail à longues années, à long terme, bail dont la durée s'étend au delà du nombre d'années des baux ordinaires. || Longue échéance, terme qui n'arrive qu'après un long temps. Bail à longue échéance. || Terme de pratique. Assignation à longs jours, assignation qui accorde un délai plus long que le délai ordinaire. |i De longue haleine, voy. HALEINE, n" 3. Il C'est du pain bien long, se dit en parlant d'un travail dont on ne peut pas voir si tôt le profit. Il Faire courte messe et long dîner, aimer la bonne chère plus que la piété. || Vous m'avez donné le carême bien long , c'est-à-dire vous prenez un bien long terme. || Elliptiquement. Il ne la fera pas longue, c'est-à-dire il ne -ivra pas longtemps. |1 7° Syllabe longue, voyelle longue, syllabe, voyelle dont la prononciation a plus de durée que celle d'une syllabe , d'une voyelle brève. Chez les anciens la syllabe longue valait deux syllabes brèves. Épier si des vers la rime est brève ou longue, Régnier, Sat. ix. Toute syllabe masculine, qu'elle soit brève ou non au singulier, est toujours longue au pluriel, d'olivet, Prosod. franc, art. 4, récap. (Ce quo dit ici d'Olivet est la règle de son temps et des temps précédents : le chat, les chd, le sot , les sô, etc.; cetle règle tombe beaucoup en désuétude, à tort du reste, car elle dilTérenciait le singulier du pluriel dans beaucoup de mois). || Substantivement, une longue, une syllabe longue. Le dactyle est composé d'une longue et de deux brèves. || Fig. et familièrement. Observer les longues et les brèves, être très-cérémonieux, et aussi être exact en tout ce qu'on fait. Notre vrai plaisir, c'est de penser que nous partons lundi, après avoir observé toutes les longues et brèves du cérémonial de Bourbon [lieu deaux], sêv. 9 ocu (687. Il U en sait les longues et le» brèves, se dit d'une personne habile et intelliKento en quelque affaire. Il 8* Qu'il faut beaucoup de temps pour lire ou réciter. Un long discours. Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème, boil. Art p. 11. || 9° Oui pèche par trop d'étendue, par la dilTusion. Rien n'est long que le superflu, Dicte-moi ce que je dois dire, Et ne me laisse rien écrire Qui ne soit digne d'être lu, LA motte, Odes, t. 1, p. («I, dans pougens. Il II se dit des personnes, dans le même sens. J'évite d'être long, et je deviens obscur, boil. .4r( p. I. Il 10" Lent, tanlif. Les vieillards sont longs en tout. Ces arbres sont longs à pousser, i croître. Ou Uomc à ses agents donne un pouvoir bien large. Ou vous êtes lien long à faire votre charge, corn. JVtcom. ui, 3. || 11" .S", m. Longueur,
LON
par opposiUon à largeur. Ces rideaui ont deiu iunes de long. || S'éiendre de son long, tout de son long, tomber à terre ou se coucher, en donnant au oor» toute sa longueur. Cependant de son long, «anrpouls «t fans baleine.... kéonier, 5o<. ii. Un homme étendu de son long auprès d une haie fit grand'peurà leura chevaux, scabr. Rom. com. ii, i3. îe veux faire tomber sur cette idole la foudre de la rérité évangélique; je veux l'abattre tout de son long devant la croix de mon Sauveur, Boss. Sermons, Honneur du monde, Préambule. Quand vous écrirez à votre grand'maman [ la duchesse de Choiseul] qui ne m'écrit point, mettez-moi tout de mon long à ses pieds.voLT. Letl. Urne du Deff. 5 avr. 1 771 . || Fig.Tirer la langue d'un pied de long, être dans quelque grande nécessité. |1 Familièrement. Il nous en a dit long, bien long, c'esl-4 dire il nous a dit beaucoup de choses sur tel sujet. || En savoir long, bien long, avoir des connaissances fort étendues. J'aime mieux être ignorant avec elle [Votre Majesté] , que d'en «avoir si long avec l'auteur du Système de la nature sur des choses où l'on ne sait rien, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 3 janv. t77t. Ce Corneille Agrippa pourUnten sait bien long! v. hugo, Bernant, iv, i. |lEn savoir long, signiiie aussi être adroit, habile, rusé Voyez un peu la malice ! oh 1 elle en sait long, oENLiS, Thédt. d'éduc. la Lingère, u, 4. H Savoir le court et le long d'une affaire, en savoir toutes les particularités. || Scieur de long, ouvrier qui scia des pièces de bois en long pour faire des planches. ||^ Terme d'anaiomie. Le long du cou, muscle qui s'attache à la face antérieure du corps des trois premières vertèbr-îs dorsales et des six dernières cervicales. il Le long, grajide auge dans laquelle les saliniers font déposer la muire. || 12° De long; en long, Joe. adv. En longueur, dans le sens de la longueur. Fendre du bois en long. || Terme de fauconnerie. Voler en long, se dit d'un oiseau qui vole en ligne droite. || Fig. Avoir les côtes en long, être trèsparesseux, il Familièrement. Tirer de long, s'esquiver, s'enfuir. La colombe l'entend, part et tire de long, LA FONT. Fabl. n, (ï. || Fig. Tirer de long, apporter des délais dans une affaire. Les courriers ■lu cardinal de Bouillon tirèrent tant de long qu'il [le cardinal] parvint à atteindre ce qu'il désirait, ST-siu. 78, 5. Il Terme de vénerie. Tirer de long, faire suivre les chiens. || En long et en large, en longueur et en largeur, alternativement. Aller en long et en large. Je me promène en long et en large, sÉv. 3)4. || On dit dans le même sens : de long en large. || 13° Au long, tout au long, loc. adv. Amplement, avec étendue, avec détail. Viens m'en conter au long la pitoyable histoire, tristan, Variane, v, 2. Apprends-moi plus au long la véritable
histoire, cobk. Cid, iv, 3 Les consolateurs De ce
triste devoir tout au long s'acquittèrent, la font. Fabl. xu, ». Il serait superflu de parler au long de la glorieuse naissance de cette princesse, boss. Reine d^Anglet. Le poëme de l'Anti-Lucrèce dont nous parlerons bientôt plus au long, maiean. Éloge du card. de Polignac. Nous (les compilateurs] avons l'habitude De rédiger au long, de point en point, Ce qu'on pensa; mais nous ne pensons point, VOLT. Temple du goût. Il 14° De longue main, loc. adu. Depuis longtemps. Parce qu'il est malaisé de se défaire si promptement d'une opinion à laquelle on est accoutumé de longue main, desc. Méd. il, )3. Et de si longue main je connais ta prudence.... corn. Médée, lu, 2. Il 16* Tout du long, loc. adv. Dans toute la longueur. Monseigneur et Mme la duchesse de Bourgogne firent n.ettre un jour des pétards tout du long de l'allée, st-sih. tu, 232. || Dans toute la durée. Ayant crié et disputé dans la rue tout du long de la journée, balz. liv. vi, lett. 5. Il faut faire payer exactement toutes les rentes que doit Lajarie tout du long de son bail, s£v. 23 mars l«»7. Le long du jour il vous enchante, volt. Thélime el Macare. || Dans toute l'étendue, d'un bout à l'autre. Je suis tellement libertine quand j'écris, que le premier tour que je prends règne tout du long de ma lettre, stv. ïo juillet (879. M. le chancelier a fait lire le projet [pièce dans le procès de Fouquet] tout du long, id. i déc. («64. || Tout du long, sans interruption. Çà, je veux étouffer le courroux qui m'enflamme. Et tout du .ong t'ouir sur ta commission, MOL. Amph. Il, t. Je vous ai laissés tout du long quereller, m. Tort, u, 4. Nous craignons bien que vous n'ayez tout du long Mme la Grande- Duches.ie, »Év. U juin 1676. || Entièrement. J'ose me flatter que ce parlement te fera un honneur de réparer entièrement les malheurs de la famille Sirven et que le roi payera les frais tout du long, volt. Ull tÀrgenlal, i» nov. I7e». || Fig. Être tout du long
LON
«ans un livre, dans un récit, y figurer avec détail. 1 L'histoire de la guerre de 4741, où vous êtes toutdu long, paraîtra un jour ; mais c'est un fruit qu'il faut laisser mûrir, volt. Lett. Richelieu, 27 sept. 1755. Il l'out du long, en côtoyant. Allez tout du long du ruisseau. || Tout du long de l'aune, sans discontinuer. C'est véritablement la tour de Babylone, Car chacun y babille et tout du long de l'aune, mol. Tart. 1, «. Il II en a eu tout du long de l'aune, c'està-dire il a été battu, ou maltraité en quelque affaire. Il Elliptiquement. En donner tout du long, à quelqu'un, le bien battre, le malmener, et aussi se jouer de lui. Le traître I tout du long il nous en a donné, HAUTEROCHE, Espr. follet, v, scèn. dern. || 16 En donner à quelqu'un du long et du large, le bien battre. Morbleu, tu as menti; il faut t'en faire tàter tout du long et tout du large, uauteroche, Ciispin méd. lii, 2. Donnona-en à ce fourbe et du long et du large, mol. VÉt. iv, 7. || 17° Le long, tout le long, au long de, Joe. prép. En côtoyant. Allez avec les miens au long de ce rivage, tristak, Panthée, v,
6. Faites plusieurs fosses le long du lit de ce torrent, SACI, BibJe, Rois, iv, m, 16. Le long d'un clair ruisseau Duvait une colombe, la font. Fabl. u, t2. Je voulus prendre le long de la mer, hamilt. Gramm.
7. Ses larmes coulèrent le long de ses joues, fén. Tél. I. [Anciennement dans les théâtres] le lieu de la scène était resserré par une foule de spectateurs, les uns assis sur des gradins, les autres debout au fond du théâtre et le long des coulisses, marmon- TEL, Xém. IV. Il Tout le long, pendant toute la durée de. Je m'ennuie tout le long de la journée. || 18° A la longue, Joe. adv. Avec le temps. Ne quittons pas pourtant; à la longue on fait tout, corn. Ja Gai. du Palais, I, t . Mais à la longue il trouva si peu de rapport entre son esprit et celui de son invisiblu. .. scarr. Rom. com. i, ». X la longue on n'y durerait pas, SÉv. 668. Le plus habile l'emporte àla longue, boss. Hist. III, 2. Pourquoi la matière propre à faire un soleil ne pourra-t-elle pas se ramasser à la longue en un certain lieu? fonten. ks Mondes, 6° soir. Il 19° Tirer de longue, susciter des délais, des retardements. Porto-Carrero se mit à presser Montoleone de faire le mariage de Mortare avec sa fille ; le duc tira de longue ; mais enfin, serré de près.... ST-siM. 90, (86. Un mandement à faire, puis à mettre à l'examen, était de quoi tirer de longue et faire naître toutes les difficultés qu'on voudrait,
— REM. 1. Marg. Buffet, (668, Observ. p. (98, blâme l'e,\pression de longue main : « On dit sans penser faire de faute : On connaît ces gens-là de longue main, il faut dire : de longtemps.» Cette expression remonte au xiv* ou xv siècle et est acceptée par l'usage. || 2. Chevallet a dit que la locution de longue main était une méprise de la langue qui avait changé de longuement en de longue main. Il est certain que de longuement s'est dit ; Voici des exemples du xu* siècle : Des autres s'est li reis partis Od [avec] cens qui plus amèrement Heent [baissent] le duc de longuement, Chron. des ducs de Norm. t. u, p. 202. Moult est li deables gringnos.... Argumens set faire od soflime [sophisme] ; Kar es cous [cieux] fu e en abisme; Si a apris de longuement, ib. p. 363. Il ne faut pas prendre longuement pour l'adverbe ; c'est un substantif qui signifie retard, longueur; voy. dans du Cange mettre Umquement à une chose, au mol longare. Mais l'existence de la locution de longuement ne prouve rien contre de longue main ; longue main, qui figurément signifiait pouvoir, puissance, a pu passer au sens d»; longueur de temps, sans aucune méprise de la part de la langue. Les Allemands disent aussi ron langer lland, depuis longtemps.
— HIST. xi* s. De lune dei [du doigt du milieu], de l'altre qui porte l'anel. Lois de Guill. (3. Veez m'espée, qui est e bone e lunge, Ch. de Roi. Lxxv. Lune un autel bêlement [ils] l'entererent, ib. ccuxi. Il XII* s. Et de lonc et de lé, Ronds. (9. Je t'ai moult lonc (longtemps] portée [mon épée],ib. 23. En vielle geste estescrit de Ions ans, ib. 88. Tant s'est amors affermée En mon cuer [cœur] à lonc sejor, Couci, I. Mainte longue semaine Trai [je passe], quant sui loing de lui [elle], 16.VI11. Mais bien me pourra grever Lons désirs sans conforter, t6. p. H9.1|xin" s. De longues terres longues nouvelles (celui qui revient de loin a beaucoup à dire], Proti. du vilain, ms. de St-Germain, f° 74,dansLACURNE. Et il virent le lonc elle léde la vile, qui de toutes autres estoit souveraine, villeh. lxi. Cinq pies [Pépin] ot etdemi, de long plus n'en ot mie, Berte, 11. Se j'ai chanté, ne m'a gaire valu; Au long aler [à la longue], se Deu plait, me vaudra, Po^i. franc, av. (3uo, t. i,
LON
p. «87, dans lacurne. Et li crestien avoient tendu, une roie [un rets], parmi l'aiguë, de lonc en lonc le pont pour les aventures que avenir pooient, Chr de Rains, 96. Ne vous chaut s'il (un vêtemeulj est cors ou lons, la Rose, 8554. Bien doit estre celé m'amie Qui veut que j'aie longe vie, fj. cl RI. 2640. Il IV' s. Etdisoitaux chevaliersqui estoientdelczlui: que ce Lombard la fait longue (combien ilemploiede temps] ! il nous fait ci mourir de froid, fboiss. i, i, 3i7. Et me fut dit que de longue main ce duc d'Irlande avoil fait si grand attrait d'or et d'argent.... iD. Il, m, 80. Je seniy ici dedans trois sepmaines au plus long, se Dieu me garde Je prison ou de maladie, Perceforest, t. iv, f° 49. N'y aura si estranga proposition que , au respondre, il ne répète de point en point par ordre, etàchascunsibieneisi vivement responde ou réplique, s'il alfiert, qu'il semble que de longue main ail estudié la matière, christ, de pi- SAN, Hist. de Charles V, 11, (6. Dieu, prevoiant leurs faultes futures, leura souffert de longue main... CHASTELAIN, Chron. du duc Philippe, proesme. Et tant d'aultres auctorités qui se trouveroient trèslongues à dire, J. de Saintré, ch. 6. i fin que, le temps advenir, ses faits soient tousjours cause de bon exemple, il est bon que cy soient présentés tout long, Bouc, m, 3. Tout au long du chemin, comm. i, 2. Toutes fois il recouvra ses pièces [son argent] à la ' longue, ID. vu, 6. Il xvi° s. L'amiral, à qui la demeure en un lieu estoit ruineuse, après quelques canonades fit filer de longue, d'al'B. //ii<. i, 326. Cettui-ci, hooime violent aux autres choses, ne la fit pas longue |ne vécut pas longtemps] après ce refus, ID. tb. u, 28. Si la douleur est longue, elle est legiere, MONT. I, 304. Avoir la veue longue, m. m, 58. Le soleil porta, tout le long d'un an, le deuil de si mort, ID. n, 382. Estant cheute de son long esvanouîe, ID. in, (8(. La longueur du temps adjouxtée à l'assiduité de labeur en la manufacture d'im ouvrage, lui donne force et vigueur de longue durée, AMYOT, Péricl. 26. De longue main il esioit en dissension avec ceulx de sa maison, m. 16. 68. Il s'alla camper au long de la rivière d'Autide, m. Fab. 3). Alcibiades se jetta tout de son long emmy la place au-devant du chariot, id. Aie. 3. S'attendant bien que la guerre prendroit long trait, et iroil en grande longueur soubsNicias, ID. tb. 3». Les roys ont les mains longues, condé, Mémoires, p. 698. Longues paroles font les jours courts, cotgbavb.
— ÉT\M. Génev. d la longe, à la longue; provenç. long, lonc, loing; port, longo ; ital. lungo; du lat. îonjus; comp. l'allem. long; polon. dlugo; russe, dolgo ; grec, SéXixoî ", ^nc. persan, dranga; sansor. dtrgha. La forme polonaise porte à supjioser un latin dlongus; mais Curtius el Corssen contestent ces rapprochements, el rattachent longus au grec XayTâîoj, XoYY^Co), tarder, être long. En somme, l'étjmologie reste encore obscure.
f LONGAILLES (lon-gâ-l!', Il mouillées), s. f. pi. Pièces qui font la longueur d'un tonneau; il se dit par opposition à fonçai lies.
— ÉTYM. Long, et la finale aille.
LONGANIMITÉ (lon-ga-ni-mi-té), *. ^. || 1* Patience avec laquelle on endure des insultes, des fautes qu'on pourrait punir. Ce Dieu plein de longanimité et de patience, mass. Avent, Délai. \\ i" Patience, courage dans la souffrance morale. Et cette longanimité Dont j'ai lutté contre l'envie, chaul. À Lafare. •
— HIST. XV s. Les desgarnis de foy, vuidez d espérance, qui n'eurent pas le courage fort à endurer ne la longanimité de bien attendre, A. cuartier, l'Espéram-e, p. 333.
— ÉTYM. Provenç. Innganimitat ; osp. Jongaiimidad; ital. longonitnild ; du lat. iongonimitalem, de longanimis, palient,de (ongu»,long,etanimuî,cœur.
f LONGCHAMPS (lon-chan) , s. m. Promenade que font les habitants de Paris, pendant trois jours do la semaine sainte (mercredi, jeudi et vendredi), par les Champs-Elysées, et où l'on voit les premières modes du printemps ou de l'été. Ce chemin conduisait à l'ancienne abbaye de Longchamps; ce qui attirait alors les Parisiens, c'est qu'on y chantait les offices avec beaucoup de soin et avec de jeunes et belles voix ; la mode s'en étant mêlée, in a continué, quoique rien n'existe plus do l'abbaye.
j LONG-COURUIER (lon-kou-rié), adj. Terme de marine. Navire, bâtiment long-(X)urrier, navire qui navigue au long cours.
— ÊTYM. Long, et cours.
(. LONGE (lon-j'), s. f. || 1° Corde, ou forte lanièr (le cuir plus ou moins longue, lietùuée à atiacher les animaux à l'écurie, au poteau, ou à les guider dans les premières opérations du dressage. Mener un cheval par i» longe. Ce cheval man;he sur sa
LON
Vonge. Il Fig. et familièrement. Marcher sur sa longe, dans sa longe, s'embarrasser dans les mesures qu'on prend, dans les discours qu'on tient. Il S- Terme de manège. Corde d'une certaine étendue, placée à l'anneau du caveçon, et qui sert à tenir un cheval que l'on trotte sur les cercles. Trotter un cheval à la longe. || Donner dans les longes, dans les cordes, se dit d'un cheval qui travaille entre les deux piliers. || 3° Lanière de cuir, trtjssée dSnsune partie de sa longueur, qui porte la mèche, dans les fouets de carrosse. || i° Terme de fauconnerie. Petite lanière de cuir que l'on attache à la patte d'un oiseau de proie, quand il n'est pas assuré sur la perche. || Tirer à la longe, se dit de l'oiseau qui vole pour venir auprès de celui qui le gouverne.
— HIST. xii" s. Sans faille, ce n'est pasmençonge, Bel-Acueil a trop longue longe, la Rose, 3588. Il xv« s. Elle fist un enchantement tel qu'il fut ad- Tis au chevalier qu'il tensist [qu'il tînt] une couple de chiens parles longnes, Perceforest, t. m, f° 3o. Il xvi* s. Pour estendre leur longes [conquérir du pais], ils avoient àcombatre lapaucité et pauvreté, l'estonnement des chefs et des soldats, et plus encores celui des Rochelois, d'adb. Hist. m, 37.... ce que la vigne ne feroit, si, la laissant vaguer à l'aise, on lui donnoit les longes à sa ruine, o. de serres, 172. Nous louons.... un oyseau de son aile, non de ses longes et sonnettes, mont, i, 324.
— ÉTYM. Bas-latin, iongia, lonxa; de?onguj,long.
2. LONGE (lon-j'), s, f. || 1° Portion delà colonne vertébrale et des muscles qui s'y attachent en dessus chez le veau et les petits animaux de boucherie, et aussi chez le chevreuil, prise depuis l'arrière de l'épaule jusqu'à la queue. || Particulièrement. Terme de boucherie. Longe de veau , partie du veau entre le cuisseau et les côtelettes de filet; les rognons font partie de la longe, excepté une petite partie du côié du ventre. Une longe de veau de rivière, blanche, délicate, et qui, sous les dents, est une vraie pAte d'amande, mol. Bourg, gput. iv, i. Nous remplîmes un grand sac de longes de veau, de jambons, de langues de bœuf, LF.SAGE,Guim. d'Alf. u, 3. Il 2° Terme de vétérinaire. Prise de longe, voy.