‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 110 sur 389 · ENTAMURE · texte numérisé non relu

ENTAMURE

— HIST. XII* s. Lors [il] le comance à escorchier, Le cuir li fant desus la coste , De la longe un lardé :i este, Chev au. lyon, v. 3452. || xiii* s. Or s'il me fait venir en haste Chevriaus, connins lardés en paste, Ou de .porc au moins une longe.... la Rose, (1956. Li quens Kenaus.... en France ert [était] venus Pour mangior el [autre chose] que car [chair] de logne, PH. MousKËS, 11298. Et comme il se gisoit ilecques, la dite doleur [une douleur de tête] le prist el haterel [nuque], el li descend! en l'eschine et en la longe et en la cuisse et el genoil et en la jambe du sanestre caste. Miracles St lot/s, p. (34 ||xiv' s. Les longes sont chars lacerteuses longitudinaus, et gisent jousto les 'ieux costés des spondilles, h. ijk MONDKViLLE, f° 29, rcrjo. En la moitié de la poitrine de beuf, a quatre pièces, dont h première pièce a nom le grumel; en la longe a six pièces, Ménagier, u, 4. Char de porc, la loigne en rost, Bibl. des ch. 6« série, L i, p. 216.

— ÉTYil. Wallon, logrie; esf.lonja; du lat. fictif lumbea, dérivé de lumbus, les lombes.

t I. LOXGÊ, ÉE (lon-jé, jée),adj. Terme de blason. Se dit de l'oiseau de proie dont les longes sont d'un autre éra lil que le corps.

— ÉTYM. Longe t.

2. LONGÉ, ÉK (lon-jé, jée), part, possède longer. Le marais longé par les chasseurs.

LONGER (lon-jé. Le g prend un edevantoet 0 : longeant, longeons). Il 1' V.a. .Marcher le long de. Il [le cygne] veut à son gré parcourir les eaux, débarquer au rivage, s'éloigner au large, ou venir longeant la rive s'abriter sou» les bords, se cacher dans les jonc», s'enfoncer dans les anses les plus écartées, BUFF. Ois. t. xvii, p. 9. Il Terme de marine. Longer la cûle, naviguer le long de la côte et sans trop la I>erdre de vue. ||2'Étre étendu le long de, en parlant des choses. Un bois qui longe la cfite. |l 3" ferme de vénerie. Se dit du gibier qui entraine la chasse bien loin en avant.

— ETYM. f-onfl, dans le sens de le long de. LONGfiVITP. (lon-jé-vi-té), ». f. Longue durée de

la vie. Tables de longérilé. Les exemples de longévité ne sont (las plus rares aujourd'hui que dans les temps anciens. Iji longéTité des cerfs. Le cb&lai gnier dont la végétation est si rapide et la longévité si grande, oris, Acad. des se. Comptes rendus , t. lxu, p. 439. Il Terme de paléontologie. Longévité des espèces, temps que durent les espèces dans les époques géologiques.

LON

— ÉTYM. Lat. longxvxtatem, de longxvus, qui vient de longus, long, et .rrum, âge.

t LONG-GRAIN (lon-grin), s. m. Ligne de la plus grande pente des ardoises, dans la terre. C'est dans le long-grain que l'ardoise se casse le plus facilement.

t LONGL... préfixe qui signifie long, et qui vient du latin longus (voy. long).

I LONGlGAnDE"(lon-ji-kd-d'),od;. Terme de zoologie. Oui a la queue longue.

— ÉTYM. Longi...., et le lat. cauda, queue.

t LONGICAULE (lon-j i-kô-l'), adj. Terme de botanique. Oui a une tige longue.

— ÉTYM. Longi...., et le lat. caulis, tige.

t LONGICOMPOSE, ÉE (loii-ji-kon-p6-zé, zée) , adj. Terme de botanique. Feuilles longicomposées, feuilles loncTucs et composées. Les feuilles longicomposées des rosacées.

— ÉTYM. Longi..., el composé.

t LONGICORNE (lon-ji-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a les cornes ou les antennes longues. Il S. m. pi. Les longicornes, famille de coléoptères.

— ÉTYJI. Longi...., et corne.

t LOXGIFOUÉ, ÉE (lon-ji-fo-li-é, ée) , ad;'. Terme de botanique. Qui a de longues feuilles.

— ÉTYM. Longi..., et le lat. folium, feuille.

t LONGILOBÊ, ÉE(lon-ji-lo-bé,bée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est partagé en lobes allongés.

— ÉTYM. Longi..., et loie.

f LONGIMANE (lon-ji-ma-n'), adj. Terme de zoologie. Oui a de longues mains.

— ÉTYM. Longi..., et le lat. manus, main. tLONGIMËTIRE (lon-ji-mc-tr'), s. m. Instrument

de tailleur, pour prendre des mesures.

— ÉTYM. Longi..., et u-ixpov, mesure.

LONGIMÉTRIE (lon-ji-mé-trie), s. f. Terme de

géométrie. L'art de mesurer, par la trigonométrie, les lieux dont on ne peut approcher. || Il se dit aussi de la mesure des longueurs dans les lieux accessibles.

— ÉTYM. Voy LONGIMÈTRE.

t LONGIMÉTRIQCE (lon-ji-mé-tri-k'), odj. Qui a rapport à la longimétrie.

t LONGIPÈDE (lon-ji-pè-d'), adj. Oui a de longs pieds. Il S. m. pi. Les longipèdes, ordre de la classe des oiseaux comprenant ceux qui ont des pattes trèslongues.

— ÉTYM. Longi...., et le latin peî, pedis, pied.

I LONGIPENNE (lon-ji-pè-n'), arfj. Qui a de longues ailes. || S. m. pi. Les longi pennes, famille de palmipèdes, caractérisée par des ailes très-étendues.

— ÉTYM. Longi..., et le lat. penna, aile.

t LONGIRCtSTHE (lon-ji-ro-str"), adj. Terme de zoologie. Oui a un bec ou un museau trè.s-long. L'ibis est longirostre. |{ S. m. pi. Famille d'oiseaux échassiers caractérisée par un bec long, mince et quelquefois flexible.

— ÉTYM. Longi..., et le lat. rostrum, bec.

f t. LONGIS (lon-jî), s. m. Terme populaire. Homme extrêmement long à tout ce qu'il fait. C'est un longis, un vrai longis, Dict. de l'Àcad. de 1696.

— HIST. xvr s. Longis, mot assez usité pour un homme bon à aller quérir la mort, ainsi que le populaire parle, trippault, Celthellénisme, dans la-

CIRNE.

— ÉTYM. Longis au nominatif, Longin au régime, personnage fictif que le moyen ftge croyait avoir pprcé le flanc de Jésus-Christ, et qui, par un jeu de mot étymologique , est devenu longis, le long, le lent, le lambin.

f 2. LONGIS (lon-jî), s. m. Terme de marine. Se dit de deux liarres de bois placées le long des pa.ssavanls. Il Se dit aussi des listeaux qui forment un rebord aux écoutilies, dans le sens de la longueur du navire.

t LONGISTYLE (lon-gi-sti-l'), fldj. Terme d'histoire naturelle. Se dii d'une planta qui a des styles très-longs, ou d'un insecte qui a un long style à l'extrémité île l'abdomen.

— ETYM. Loni/i..., et style.

t LONGITAIiSES ( lon-ji-tar-s"), adj. Terme de zoologie. Oui a les tarses longs. ||.S'. m. pi. Les longltarscs, tribu de la famille des longirostres caractérisée par des tarses très-dévcloppés.

LONGITUDE (lon-ji-tu-d'), ». f. || 1° Terme de géographie. L'arc de l'équateur terrestre, évalué en degrés et parties de degré, contenu entre le premier méridien, qui, pour la France, est celui qui passe par l'observatoire de Paris, et lu méridien de ce lieu; elle se compte depuis W jusqu'à iHO»à droite et & gauche du premier méridien; si le point est dans l'est du premier méridien, la longitude est

LON

orientale; si dans l'ouest, elle est occidentale. C'est lui [de Lislejqui a changé toute la position de notre hémisphère en longitude; il a enseigné à Louis XIV la géographie et n'a point fait de meilleur élève, VOLT. Louis XIV, Écriv. de Lisle. || Découverte des longitudes, découverte du moyen de trouver la longitude en pleine mer. Le parlement d'Angleterre qui a promis vingt mille guinées à celui qui ferait la découverte des longitudes, volt. Mél. litti'r. Consid. due aux gens de lettres. || 2° Terme d'astronomie. La distance en degrés qui existe entre un astre et le point équinoxial du printemps, ou premier point du Bélier. En astronomie, la longitude des astres se prend sur l'écliptique, au lieu que la longitude géographique se prend sur l'équateur. Il 3" Bureau des longitudes, établissement institué en 1796 et dont le siège principal esta l'observatoire de Paris; il rédige chaque année la Connaissance des temps et un Annuaire.

— HIST. xiV s. La longueur ou longitude est en procédant de orient en occident, et la latitude ou le ley en procédant de midi vers septentrion, oresme, Thèse de meunier. || xvi* s. Le duodénum est ainsi nommé, à cause qu'il est sans révolution, replis ou entortilleure, selon la longitude de dou/e doigts, paré, I, 15. Il est meilleur guarir les maladies avecques longitude de temps en sûreté, qu'avecques crainte et soupçon en bien peu de temps, id. viii, 4.

— ETYM. Provenç. long itut ; es^nga. longitud ; ital. longitudine; du lat. longitudinem, de longus, long.

LONGITUDINAL, ALE (lon-ji-tu-di-nal, na-l') , adj. Il 1^ Terme didactique. Qui est étendu en long. Traits longitudinaux. Le ventre [des autours] et le dessous de la gorge changent moins, et sont ordinairement blancs ou blancs jaunâtres . avec des taches longitudinales, buff. Ois.i. 1, p. 332. Tous les guerriers se barbouillent de noir et de rouge.... ceux-ci se font des barres longitudinales ou transversales sur les joues, ceux-là.... ciiatfaub. Anu'r. la guerre. || 2° Dirigé dans le sens de l'axe principal d'un organe. || Terme de marine. Plan longitudinal ou diamétral, le plan qui passe par l'axe de la quille, de l'étrave et de l'étambot.

— HIST. xiv s. 0 [avacj vils [villosités] longitudinaux, H. DE MONDEVlLLE, f° 27, versO. || XVI* S. Après ces muscles viennent les droits ou longitudinaux, ainsi appelles pource qu'ils.... pake, i, 1*.

— ETYM. Longitude.

LONGITUDINALEMENT (lon-ji-tu-di-na-le-man),

adv. D'une manière longitudinale. Un polype coupé transversalement ou longitudinalcment en deux ou plusieurs parties, ne meurt point, mais chaque partie devient en peu de temps un polype complet, BONNET, Consid. corps org. Œuv. t. v,p. 326, lians

POOGENS.

— ETYM. Longitudinale, et le suffixe ment. fLONGICSCULE (lon-ji-u-sku-l'), adj. Terme didactique. Oui est un peu allongé.

— ETYM. Lat. longiusculus, diminutif de longui, long.

LONG-JOINTÉ, ÉE (lon-join-té, tée), odj. Terme de manège. Dont les articulations inférieures sont trop longues, 'in parlant d'une bêle chevaline.

— ÉTYM. fAnj, et joint.

f LONG-NEZ (Ion-né) , ». m. Terme de zoologie. Espèce de serpent de Surinam. || Poi.sson de l'océan Atlantique. \\Au plur. Des longs-nez.

t LONGRINE (lon-gri-n'), s. f. Voy. longuebire.

LONGTEMPS (Ion-tan), adi). || 1° Pendant un long espace de temps. Le bruit dura longtemps. Seigneur, le roi s'ennuie, et vous tardez longiemps, COHN. Nicom. m, 7. N'a pas longtemps, de flome revenait Certain cadet.... la font. Cnc. Iphigénio encor n'y sera pas longtemps, bac. Ipliig. ii, 6. Il Dès longtemps. Dès longtemps elle bail cette fermeté rare Oui rehausse en Joad l'éclat de la tiare ; Dès longiemps votre amour pour la religion Est traité de révolte et de sédition, bac. Ath. I, l.Tu n'as point appris i connaître Dès lonKtemps, quels sont les Français; Tu veux encor faire renaître Et tes malheurs et leurs succès, malfil. le Fort de Sailli PMtppe. || Depuis longtemps. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps. Les dieux depuis longtemps me sont cruels et sourds, rac. Iphig. ii, 2. |{ De longtemps. Je ne le vi-rrai de longtemps. Le juge, instruit de leur malice. Leur dit : je vous cuncai) de longiemps, mes amis, la font. Fabl. ii, î. Il Pendant longiemps. Us ont parlé pendant longtemps. Il Pour longtemps. Les voilà séparés pour longtemps. || 2* Substantivement, longtemps, un longtemps Ln longiemps, sans parler, je regorgeais d'ennui, rëgnier, Sat. x. Qu'on doit se rccardcr

LON

soi-même un fort longtemps, Avant que de songer à condamner les gens, mol. Mis. ni, 4. Jai passe longtemps de ma rie à croire qu'il y avait une Justice pasc. Vrai bien,», édit. faigère. || Aujourd hui, dans cet emploi , on écrit long temps en deux mots Kt en effet longtemps n'est pas autre chose ou'un «ubstantif avec son adjectif écrit en un seul mot, et employé adverbialement avec les verbes et les adjectifs.

HIST. n* s. Mult bons Tassais vous a long

tens tenue (DurandalJ, Ch. de Roi. cLxyiu. || ïif s. Où il a guerroie ton lignage long tanz, San. y. Il xiii' s. Comment pourrions-nous estre si lono temps deparU [séparés] î Berte, lxxi. || xiV s. El nul ne puet [peut] demourer par long temps avecques home triste, orksme, Eth. S37. || xv' s. Et en demeura un long temps en grand danger, froiss. II, II, ». Il ivi* s. Nous voyons qu'il n'y a rien eu de long temps plus commun que ceste outrecuidance, CALV. Instit. fOu8. Il laissa une postérité qui depuis a llory longtemps au pals, amyot, Cimon, I .

— ÊTYM. ionj, et temps.

t LOSGUE-ÉPIiVE (lon-ghé-pi-n") , s. f. Poisson des mers intertropicales. || .Au piur. Des longuesépines.

t LONGUE- LA>'GtTE (lon-ghe-lan-gh'), s.f. Torcol, oiseau. \\Auphir. Des longues-langues.

LONGUEMENT (lon-ghe-man), adv. D'une façon longue et qui passe la durée ordinaire. 11 plongea, puis revenant à la surface, il respira longuement. Tes père et mère honoreras, Afin de vivre longuement, Décalogue. Je ne puis Durer plus longuement en la peine où je suis, hégnier, Élég. 2. Il f;iut que nos ossements humiliés dans la poussière du sépulcre expient longuement les vanités et les impuretés de nos corps mortels, fléch. Serm. ii, 27. Pourvu qu'on me laisse conter le plus longuement qu'il me sera possible, pour contenter mon plaisir, j. I. RODSS. Confess. i.

— RE.M. Ce mot a failli périr sous la condamnation de Vaugelas. « Longuement n'est plus en usa^je à la cour, où il était si usité il n'y a que vingt ans ; c'est pourquoi l'on n'oserait plus s'en servir dan» le beau langage ; on dit longtemps au lieu de longuement, » VAUGELAS, Rem. 1. 1, p. 90.

— SYN. LONGLEMENT, LONGTEMPS. Le premier signifie d'une manière longue; le second, pendant un longtemps. Vivre longuement et vivre longtemps sont synonymes; mais parler longtemps et parler longuement ne le sont pas ; dans l'un est exprimée seulement l'Idée que le discours a duré longtemps; l'autre indique que le discours a fatigué, ennuyé les auditeurs.

— HIST. XI* s. Si lungement tuz tenz m'avez servit, Ch. de flul.cxxxvm. 1| xu* s. Moût [j'j ai esté longuement esbahis.... Couci, v. || xm* s. Ensi dura cil esters [combat] moût longuement, villeh. cxliv. Et un sien fil aussi, qui avoit ne^ Alexis, tient il moult longuement en prison, it. :^ii. Le roy pensa longuement et me dit : vraiement oyi, joinville, '288. Il XV s. Pour tant que le pays ne pourroit longuement demeurer sans seigneur, froiss. i, i, 26. Il XVI* s. Longuement procéder est à l'advocat vendmger, cotgrave.

— ÊTYM. Longue, et le suffixe ment ; provenç. longamcn, loiiguamen, lonjam£n; port, longamenle, ital. lunrjamenle.

t LOSGUKKESSE (lon-ghe-rè-s') , i. f. Prisme rectangulaire très-long, qu'on taille dans les ardoisières, pour enlever plus facilement l'ardoise.

t LONGUEKIE (lon-ghe-rie), s. f. Terme familier. Synonyme de longueurs. Pardon, monsieur, do mes longuerics, j. j. hobss. UU. à du Peyrou, 1 2 avril «765.

— HIST. ivi* s. Ce qu'il y a de vif et de mouelle est estouffô par leslongueriesd'apprests [en parlant deCicéron], mont. 11, 106.

— ÊTYM. Long.

t LONGUKRINE (lon-ghe-ri-n') , ». f. Terme de chemin de fer. Sorte de pièce employée dans la pose les rails. || Terme de construction. Pièce de charpente qu'on dispose au-dessus d'un pilotage, dans .e seni de sa longueur. || Terme de marine. Forte l>ièc« de bois placée dans le sens de la longueur de l'objet dont elle fait partie.

LOHODKT, BTTE (long-ghè, gh&-t'), adj. \\ fQui a une forme un peu allongée. Les blés, les org«<s le» avoinet.... N'ont-ellei pas leurs pailles blondes Bniemble longuettei et ronde»? Le cabinet taturiqui, (623, p. «M, dan» rt. micbel, ,irjo(. f:e corp» longuet et charnu éuit composé de deux piècee qui paraissaient faites pour «'emboîter l'une San» l'kutre comme le» tuyaux d'un» lunett« à lon-

LON

gue vue, bonnet, OfofTB. 39, Insectes. \\ 1° Terme familier. Oui est un peu trop long, qui dure un peu trop longtemps. Son discours a été longuet, un peu longuet. Il 3° S. m. Marteau dont le facteur de pianos se sert pour enfoncer les petites chevilles qui retiennent les cordes.

— HIST. XII* s. Bieles espaules, mains longetes, Grailes dois et biaus hras en mances. Lai d'ignaurès. Il xiv* s. L'esplain [la rate] a forme longuete, H. DE MONDEviLLE, t° 27, vcTso. Ung muscle longuet, LANFRANC, f* 28. || XV* S. Le visage de beau tour , un peu longuet , grant front et large , CHR. DE piSAN, Charles F, i, 17. || xvi' s. Si vous avez esté un peu longuets à venir disner, vous en avez gagné absolution par le jeune qu'en avez fait, YVER, 6B3. Se» discours qui feurent longuets, mont. Lettre v.

— ÊTYM. Diminutif de loTig.

LONGUEUR (lon-gheur), s. f. || 1* L'étendue d'un objet considéré d'une extrémité à l'autre, par opposition à ce qui est court. La longueur d'un bâton, d'une lance, d'une allée, d'une route. Les petite» longueurs se mesurent avec des pieds, des pouces, des lignes, des aunes, des toises, etc. les grandes [distances] se mesurent avec des lieues, des degrés, des demi-diamètres de la terre, buf. Ess. arith. mor. (Euv. t. x, p. (88. C'était [l'armée française sortant de Moscou], sur trois ou quatre files d'une longueur infinie, un mélange, une confusion de calèches, de caissons, de riches voitures et de chariots de toute espèce, séour, Hist. de Nap. IX, I. Il Tvrme de marine. Longueur de câble, J20 brasses de long, ce qui est la plus grande longueur des câbles. L'ennemi s'approcha de notre vaisseau à la longueur d'un câble. || Rpée de longueur, épée de défense et d'une juste longueur. || Familièrement. Coup de longueur, ruse, perfidie préparée de longue main. || En longueur, lac. adverb. Dans le sens de la longueur. Scier, fendre, mesurer en longueur. || t° L'étendue d'un objet considéré d'un de ses cfités & l'autre, dans le sens où la distance d'un côté à l'autre est la plus grande, par opposition à largeur. Ce salon a trop de longueur et pas assez de largeur. || 3° Durée prolongée. La longueur du siège en faisait attendre une mauvaise isjue, voit. Lett. 74. Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage, la font. Fables, ii, n. Vous pourriez éprouver sans beaucoup de longueur, Si mon bras doit encor montrer quelque vigueur, MOL. Sgan. l. Et la grande longueur de son éloignement Me le fait soupçonner de quelque changement, id. ib. a. Cependant sa visite, assez insupportable. Traîne en une longueur encore épouvantable, ID. Mis. II. La longueur de nos réponses fait frayeur ; elle fait bien comprendre l'horrible distance qu'il y a entre nous, sEv. 29 di'c. 1675. Quelquefois je trouve une longueur infinie d'un ordinaire à l'autre, et je ne reçois vos lettres qu'en tremblant, id. )5 nov. i084. La tristesse que m'a donnée la longueur de votre mal, m. 2 décembre (671. Pour moi, je trouve les jours d'une longueur excessive; je ne trouve point qu'ils finissent, id. 9 juin (680. L'espoir d'un juste gain.... Pourrait de ton absence adoucir la longueur, BOiL. tutrm, II. Je fuis de leurs regrets l'inutile longueur Pour chercher un ami qui me parle du cœur, RAC. Bérén. i, 4. Ohl que cette longueur D un présage funeste épouvante mon coeur! id. tb. iv, (. Aussi le voyait-on, dans ses chagrins sauvages, Trdner d'un pas pénible en d'effrayants réduits Et la longueur des jours et la longueur des nuits, nucis, Oscar, I, 2. Il 4° Longueur se dit des ouvrages d'esprit considérés par rapjiort »oit â leur étendue, soit au temps qu'il faut pour les lire ou pour les réciter. La longueur il'un sermon. Ce morceau de musique est d'une bonne longueur. La longueur assommante de ce discours. ||5° Ce qui pèche par diffision dans les ouvrages d'esprit. Qui parle longtemps parle trop sans doute ; je ne connais aucun discours oratoire ou il n'y ait des longueurs, volt. Lett. Yauvenargues, (745. Comment trouvez-vous celât dit quel|u'un à Champfort, à qui il venait de montrer un distique ; il répondit fort plaisamment : il y a des longueurs. LABARPB, Correspond, t. iv, p. 64, dans pouge.ns. L'ouvrage le plus court peut avoir des longueurs, le plus long n'en avoir aucune, id ib. \\ 6" Lenteur dans les actions, dans les aflaires. Dépêche, ou ces longueurs t'attireront ma haine, corn. Uédée, v, ( , Après certains moments que perdent nos longui'urs , Elle [la grâce] quitte ces traits qui pénètrent les cœurs, id. Poly. i, 4. £t lorsqu'il l'a fallu puissamment secourir, Que la moindre longueur l'auTSjt laissé périr..... m. Nieom. iv. 2. ...On nous

LUV

mange, on nous gruge. On nous mine par des longueurs, LA font. Fabl. 1, 2(. Allons donc, messieurs et mesdames, vous moquez-vous avec votre longueur? MOL. Impromptu, ( . Je vous adresse le billet que je lui écris, parce que par Sémur c'eût été une longueur infinie, sêv. 7 janv. (69J. L'on s'étonnt ici des longueurs de Rome, boss. Quiét. 296. Voilà, disaient-ils, ses longueurs ordinaires, ses remises, ses défiances, ses craintives précautions, rollin, Hist. anc. OEuv. t. ui, p. 692, dans pougens. liais cela jetterait dans des longueurs infinies, monteso Esp. XI, 6. Il En longueur, avec de longs délais. Ces conclusions tirent la fin en longueur, corn. Exam. d'Horace. Et [je] cherchai les moyens de tirer en longueur Cet hymen qui vous gêne et m'arrachait le cœur, ro. Tite et Bérén, ii, 2. Les choses ne sont plus pour traîner en longueur ; Et voici le moment d'expliquer votre cœur, mol. Mis. v, 2. Ma tante est dans un état qui tirera dans une grande longueur, sÉv. 4 mai (672. Le roi de Suède ne souffrit p.as que l'art des ministres traînât les négociations en longueur, volt. Charl. HT, i.

— hist. m* s. Vie [il] requist de tei , et tu li donaslongurdejurz,£iberpsQÎm.p.24. ||xiii*'s.Mais ce vit il bien tout sanz doute, Oue plus de la loiigor du coûte [coude] Levée fu en l'air amont, ruteb. II, (36. Il XVI* s. Ceste longueur que nous mettons à apprendre les langues , mont, i, (93. La longueur du temps ajoutée à l'assiduité de labeur en la manufacture d'un ouvrage, lui donne forme et vigueur de longue durée, amyot, Pér. 28. S'attendantbien que la guerre prendroit long traict et iroit en grande longueur sous Nicias, id. Ak. 39.

— ÊTYM. Long.

t LONTEK (lon-tèk) ou LONTÈQUE (lon-tè-k'), s. m. Terme de pêche. Poisson qui est commun au Croisic (Bretagne).

LOOCU (lok), s. m. Terme de pharmacie. Médicament liquide, de la consistance d'un sirop épais, et destiné à être administré à petites doses, par !a bouche, dans les maladies des poumons, du larynx et de l'arrière-bouche.

— HIST. XVI* s. ...Autrement en vain on ordonneroit les loholhs es affections pectorales, paré, iv, (5. Collyres, lohoc, dentifrices... id. m, 6:i6.

— ÊTYM. Portug. iohoc; de l'arabe ioog, du verbe laaka, lécher, sucer.

t LOPU...ouLOPnO... suffixe qui signifie aigrette, houppe, et qui vient du grec Wfo;.

t LOPHIE (lo-fie), s. m. Genre de poissons de la famille des brachioptcres, comprenant une espèce vulgaire appelée baudroie, lophius piscatorius , L.

t LOPIIOBRANCHE (lo-fo-bran-ch'), aiij. Terme de zoologie. Qui a les branchies en forme de houppes. Il S. m. pi. Nom d'un groupe de poissons osseux & mâchoire supérieure mobile et branchies disposées en houppes rondes.

— ÊTYM. Lopho...., et branchie.

t LOPHOTE (lo-fo-f), s. m. Terme de zoologie. Genre de rapaces qui aété nommé baza par Hodgson. Il Nom d'un poisson de la famille des tenioïdes.

— ÊTYM. Loph..., et oj;, wTo;, oreille.

t LOPHYRE (lo-fi-r'), s. m. Terme de zoologie. Genre de sauriens où l'on distingue le lophyre fourchu (Amboine) , qui a fait partie des iguanes, mais non du genre basilic. {] 2° Genre d'insectes qui a pour type le lophyre du pin (nord de l'Europp et de l'Amérique).

LOPIN (lo-pin), s. m. Il 1* Morceau de quelque chose qui se mange, et, principalement, de viande.

Point de courroux, messieurs mon lopin me

suffit. Faites votre profit du reste, la font. Fabl. viii, 7. J'emportai mon lopin du morceau que je n'avais pu sauver, j. rouss. Conf. v. |{ i" Par extension, morceau d'une chose quelconque. Il a eu un bon lopin dans celle succession. || Un lopin déterre, un morceau d'un fonds de terre. ||3' Terme de serrurier. Plusieurs petits morceaux de vieux fer réunis en un seul en les chauffant. Ij Terme de maréchal. Morceau de fer destiné à devenir un fer de cheval, après avoir été forgé.

— HIST. xiv's. Tout droit à Monmiral,ou[au]nious. lier Saint Martin ,Commencha li rois Huez un merveilleuz hustin; Dessus les trayteurs fiereut [frappent] un grant lopin, Hugues Capet, v. 6o(î8. Soit le beuf pourbouly, puis l-ivilé, après ce qu'il sera trancliié par l(ippins,Jf^na9t>r, ii, 6. f| xv* s. llnp lopin de binjoyn, Ribl. des ch. 6* série, t. i, p. 366. Un loppin de terre planté ensâulaye, nu cange, lopadium. Luy apporta trois ligne» de sa main en ung loppin de papier, et ployé bien menu, contenant ces mots.... coMH. ni, 2. Icellui Cberchemeau donna au auppiiant de la paulme en la joue un trè» gros Isppin [coup].

LOQ

u:; CANOË, lopadium. || ivr s. Sans la faveur extraordinaire de Dieu, la France eust esté desmembrée en plusieurs lopins, lanoijk, 26. L'on prendra les mouches à lopins, avec une truelle de maçon, ou une grande cuillier, o. nE serres, 444. Pour ce qu'ils ont donné à saint Sebastien l'office de guarir de la peste... ce crédit l'a fait multiplier en quatre corps entiers, dont l'un est à Rome.... sans les menus lopins qui en sont en plusieurs églises, calv. Avertissement sur les reliques. Après Lysander disons que, où la peau du lyon ne peut suffire, il y fiiult coudre un loppin ùe la peau du regnard, MONT. I, 26. Un parler descousu : ehasque loppin y face son corps, id. i, <8t. Ils le rostissent et en envoyenl des loppins à leurs amis, id. i, S39.

— ÉTYM. Normand, lobet. Étymologie douteuse. Diez le tire de l'allemand iop;>c», lambeau ; mais il y a la difficulté du changement de voyelle. Du Cange indique le bas-latin loppare, formé de l'ang!ais^(o lop , retrancher, émonder; ici les voyelles concordent. Le latin lobus, lobe, ne peut guère être admis soit à cause du sens, soit à cause de la consonne qui n'est pas la même; cependant remarquez le normand lobet.

LOOCACE (lo-koua-s'), adj. Qui parle beaucoup. Je ne vois aucun moraliste parmi nous, aucun de nos loijuaces prédicateurs, aucun même de nos tartufes qui ait fait la moindre réflexion sur cette habitude affreuse [le meurtre des animaux], devenue chez nous nature, volt. Philosophie, Princ. d'act. ch. (6. Quoique le cygne soit assez silencieux, il a néanmoins tes organes de la voix conformés comme ceux des oiseaux d'eau les plus loquaces, ;;lff. Oit. t. ivn, p. 34.

— ÊTYM. Lat. loquacem, de loqui, parler; compirez le grec 1i<i<rxiu, crier, parler, et le sanscrit ïap. parler.

LOOUACrrE (lo-koua-si-té), j. f. Habitude de parlerbeaucoup. ||Termede médecine. Symptôme qu'on observe dans l'hystérie, dans ceitaines fièvres et dans des affections mentales, et qui est caractérisé pir la volubilité du langage des malades.

— HIST. xvt* s. Loquacité, cotgbave.

— ÊTYM. Lat. loquacitatem , de loquax, loquace. ). LOQDE (lo-k'), s. f. Pièce d'une étofl'e, d'une

toile usée et déchirée. Ses vêtements tombent en louues. Ma pièce de blonde est en loques, j. j. aouss. I{él. y, «4. Il Terme de jardinage. Palissera la lor.ne, attacher les branches d'un espalier avec des inorceaux de vieux linge, afin de ne pas endomma- ^•.2r les bourgeons.

— HIST. IV* S. Nul, tant fust grand, ne prince ne aidtrenemesmele comte ne sa maisnie, n'yprimlrent onoques loque, chastelain, Duct de Bourg, m, 69. — ETYM. Ane. haut allem. lac, chose pendante ; ï'candinave, lokr ; allem. mod. LoeUe, boucle de cheveux.

t 2. LOQUE (lo-k'), ». f. Ln des noms vulgaires lie la douce-amcre, et, dans quelques cantons, de la carline acaule.

t 3. LOQUE (lo-k'), t. f. Maladie des ruches qui ilitruit les abeilles.

t LOQCÉ (lo-ké) , adj. m. Terme de pêche. Harnngs loques, ceux qui ont reçu un coup de dent des chiens de mer ou autres animaux marins.

LOQCÈLE(lo-kuèr), t. f. Facilité à parler d'une façon commune. 11 a de la loquële.

— HIST. xv s. Merveille est de sa mémoire et belle loquelle [de Charlfs V] ; car n'y aura si estrange proposition que, au respondre, il ne répète de point en peint, CHB. DE PisAN, Charles V, u, i».

— ETYM. Lat. loqutla, de loqui, parler (voy. lo-

'IUACE).

t. LOQUET (lo-kè; le t ne se lie pas dans le parer ordinaire ; au pluriel, \'t se lie : des lo-kè-z en fer; wiquets rime avec traits, succès, paix, etc.), *. m. .; 1° Sorte de fermeture très-simple que l'on métaux rortes qui n'ont point de serrure, et à celles dont ,'; pêne est dormant. La bique, allant remplir sa traînante mamelle.... Ferma sa |>orteau loquet, la FONT. Fabl. IV, it. Je ne dis i personne : ouvrez le loquet, VOLT. Lett. en ttrt et en prose, 47a. || J» Ensemble des parties composant cette espace de fermeture, et qui sont une poignée, un poucier, l'entrée <\n poucier, un crampon, un mentoonetet une elencbotte, laquelle, reposant sur le menlonnet, tient la porte fermée jusqu'à ce qu'au moyen du poucier on vienne i la soulever, legoaraht.ii 3" Plus particulièrement, la clenchetto. C'est de la elenchette qu'on parle quand on dit : lever le loquet, fc.iner la porte au loquet, etc. Je presse le loquet d'un 'lojgt lourd et rapide, lamaiit. Joetl. Prol. 28. L i' Tarme de marine. Bure du t".r r.xii sert à fer-

LOR

mer les écoutillej, cabanes, etc. || S° Couteau à loquet, couteau qu'on ne peut fermer qu'en retirant le ressort avec le pouce.

— HIST. xii* s. Asaltres chambres eut une chambre ajustée, Par unt la veie esteit al cloistre plus privée ; Mais à celé ure esteit à un grant loc fermée, Th. le mari. I46. ||xvi* s Voulez-vous que

je die Quel instrument a plus de mélodie? C'est à mon gré le loquet d'une porte.... st-gelais, (88. La quelle chasse est close et fermée soubz le loquet de douze clefs gardées par douze des plus suffisans citoyens de Gennes, jean d'auton, Ann. de Louis Xll, p. 4 19, dans lacuhne.

— ETYM. 'Wallon, lokê, cadenas; ital. lucchetto ; angl. locket. Diminutif de l'anc. français loc, venant du germanique : anglo-saxon, loc, fermer; anglais, to lock; flamand, luycke; islandais, liuka.

t 2. LOQUET (lo-kè), s. m. Laine enlevée de dessus les cuisses des bêtes à laine , qui est la plus grossière et sert à faire des matelas. || Se dit des pinceaux de chiendent ou de soie, dont on forme une brosse.

— ÊTYM. Allem. Z.oc&e, boucle de cheveux; comparez LOQUE I .

t LOQUETÉ, ÉE (lo-ke-té, tée), adj. Terme de blason. Qui est découpé, déchiqueté ; qui a des appendices pareils à des découpures. Panthère loquetée.

— HiST. XV* s. Affublé d'un petit chapperon lo-

queté, MONSTRELET, t. lU, p. 88, dans LACURNE.

— ÊTYM. Loque i.

LOQUETEAD (lo-ke-tô), s. m. Petit loquet qu'on met ordinairement aux volets d'en haut d'une fenêtre, et auquel on attache un cordon, afin de pouvoir les ouvrir et les fermer aisément.

— ETYM. Diminutif de loquet t.

t LOQUETER (lo-ke-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je loquette), v. n. Remuer le loquet d'une porte pour indiquer qu'on a l'intention d'entrer.

— HIST. XIV* s. Le quel nuyz ilz trouvèrent fermé, et pour ce hurlèrent et loqueterent ensemble, du

GANGE, locetUS.

— ÉTVM. Loquet i.

t LOQUETEUX, EUSE (lo-ke-teû, teû-z'), adj. Terme vieilli. Dont les habits tombent en loques. C'était un pauvre loqueteux, lesage dans le Dict. de

BESCHEBELLE.

— HIST. XVI* S. Loqueteux, cotgrave.

— ETYM. Loquette.

LOQUETTE (lo-kè-f), >. f. \\ 1* Petite loque. Il 2° Nom donné à la laine quand les cardeuses, ta recevant des premiers cardeurs, la réduisent, à l'aide de cardes plus petites, en petits rouleaux, pour la mettre en état d'être filée.

— HIST. XVI" s. Loquette, cotgrave.

— ETYM. Diminutif de loque t.

t LOQUEUX, EUSE (lo-kei1, keû-z'), adj. Miel loqueux, miel d'une ruche aiîectée de la loque.

— 6TYM. Loque 3.

t LOQUIS (lo-kî), s. m. pi. Sorte de verroterie en forme de cylindre, dont on se sert pour commercer avec les nègres, sur ta côte d'Afrique.

t LORA^^rHACÊES (lo-ran-ta-séc), s. f. pi. Famille de piaules parasites comprenant le gui et le genre loranihut.

— t/TTSi. Aùipov, courroie, et àv6o;, fleur; i cause de la corolle découpée en lanières.

LOKD (lor; le d ne se lie jamais : un lor anglais; l's ne se lie pas : les lor anglais; cependant quelques-uns la lient : les lor-z anglais), s. m. Titre d'honneur usiti' en Angleterre et qui siKnifio seigneur. Il Le féminin est lady (prononcé tédi). || Lonl maire, gouverneur civil de Londres, jouissant de grandes prérogatives. |{ La chambre des lords, la chambre aristocratique du parlement.

— ETYM. Anglo-saxon, hldford, (d/'ord, seigneur, maître, hlafdige, maltresse ; vieux anglais, larerd, laiierd, de hldf, pain : proprement le chef, le maître du pain.

t LORDOSE (lor-dft-z'), ». f. Terme de patliologie. Incurvation des os, et, spécialement, incurvation du racbis en avant.

— ETYM. Aipcuoi;.

t LOKE (lo-r'),». m. Piècede la bouche de quelques insectes. || Terme de botanique. Filament de certains lichens et des conferves.

— ETYM. Lat. (orum, courroie.

t LORÊ, ÊK (lo-ré, rée), adj. Terme de blason. Poisson loré, poLuon dont les nageoires sont d'un autre émail que le corps. Loré de gueules. {| Ou écrit aussi torré.

t t. LOHETTE (to-rè-f). Chevalier» de Sotre- DamedsLoretto,cheTaliei-i, qui furent institués par le

LOR

pape Sixte Ven 1687, lorsqu'il érigeal'égiss de Nûtie- Dame de Lorette. Ces chevaliers devaient donner la chasse aux corsaires le long des côtes de la marche d'Ancône, aux voleurs de la Romagne et garder la ville de Lorette. On les nommait aussi loretani.

t 2. LORETTE (lo-rè-f), ». f. Nom qu'on donne à certaines femmes de plaisir, qui tiennent le milieu entre la grisette et la femme entretenue, n'ayant pas un état comme la grisette, et n'étant pas attachées à un homme comme la femme entretenue. Phryné, riche du bien de plus de Tingt amante, Et le cou ruisselant d'or et de diamants, S'irrite à tout propos du luxe des lorettes. Et demande un décret qni borne leurs toilettes, barbier, Rev. des Deux- Mondes, mai (865, p. 499.

— ÉTYM. Ainsi dit du quartier de N'otre-Damede-Lorette, à Paris, où beaucoup de ces jeunes femmes se logèrent.

tLORGNADE (lor-gna-d') , s. f. Action de lorgner une fois. La pauvre petite Chesterfleld, pour quelques lorgnades d'imprudence..., EAMiLT. Gramm.n. Elle ne voulut rien comprendre au nombiè infini de lorgnades dont il l'attaqua d'abord, m. xb.

— ETYM Lorgner.

LORGNÉ, ÉE (lor-gné, gnée), part, posséda lorgner. Une dame lorgnée avec affectation.

LORGNER (lor-gné). || 1" V. n. Loucher (sens tombé en désuétude). Voyant.... Que les yeux de travers s'offensent que je lorgne, Régnier, Sat. v. Il 2° y. a Ob.server à la dérobée, en tournant les yeux de côté. Elle me lorgnait avec attention, scar. Jod. maître et valet, dans le roux, Dict. com. Nos profonds politiques avaient pensé que, dans un temps où tout le monde se promène, les passants et principalement ceux qui s'intéresseraJenit à quelquesuns de nous [prisonniers de la Bastille], viendraient les lorgner, shal, Slén. t. u, p. i4 2. La princesse do Babylone regarda le roi d'Egypte du coin de l'œil , ce qui plusieurs siècles après s'est appelé lorgner, volt. Pr. de Babijl. 4. || Absolument. Trufaldin lorgnait exactement, mol. l'Él. iv, 8.|| 3° Regarder avec une lorgnette. Au spectacle il lorgne toutes les femmes. || 4" Lorgner une femme, la regarder de manière à faire croire qu'on a du goût pour elle. On l'écouta, on se laissa lorgner, on répondit même, hamilt. Gramm. 6. 11 ta lorgnait d'une grande assiduité, id. ib. 7. |] Kig. Lorgner une charge, une place, un héritage, avoir des vues sur une chai'ge, sur une place, sur un héritage. Mathéo tremble et lorgne la finance, la font. Belph. Je passe devant une fenêtre ; je lorgne du coin de l'œil de belles poires, l. l. iiouss. Confess. i. Maintenant je lorgne la Siile, je ne rêve que les prairies d'Enna,

p. L. COUR. Leit. 1, 116.

— HIST. XIII' s. Se aucuns bons ou autres qui fussent mehaingniés [estropiés] ....et im autre qui soit sours ou lours [loucliej, du cange, luscus. D'autre part Sawalet li borgnes Dit bien que il n'est pas si lorgnes, Poésies franc, mss. avant. (300, t. IV, p. (343, dans lacuhne. Qui moult fut lourdiaus et lunages [lunatique]. Et moult lorgnes et muult sauvages, nu cangk, lunaticus. Hxvi" s. Advisez comment elle lorgne; n'est elle pas une fiere dame? palsgr. p. 6(4.

— ETYM. Diez, d'après Frisch, citant le noi-mand Jon'ner, regarder,tire lorgner dugermanique :allem. lauerii, épier, regarder; suisse, ioren, luren; suéd. {ura. Cette étymologie ne lient aucun compte des anciens adjectifs lorgne et lour qui signifient louche et 'iui ne parais.seiil pas pouvoir être séparés de lorgner, tant pour la forme que pour le sens, lorgner étant, comme loucher, regarder de côté. Mais on peut concilier l'adjeciif et le verbe, en dérivant l'adjectif lui-même de ces verbes germaniques qui, signifiant regarder, auront pris le sens de loucher. Cepeudant cela n'est pas tout à fait siir. l'out l'Ouest dit ealurgne pour borgne, et, en Normandie, pour luuchei patois lorrain, catou^ud, toucher, calougndr, louche ; calorgne est sans doute formé du la particule péjorative ca, et de lorgner. U y avaitun autre lorgnerr\\ii signifiait frapper et qui parait sans relation avec lorgner, regarder de côté :xv*3. Ou crye haro, qui vive, tue, Alarme,au guet, reiis toy.ritiauU, Torsche, lorgne, depescbe, rue. Frappe, coml'at, taille, remue, couiillaht. Le blason des armts etdei dames.

xn' s. Et à grands coups de poing il lorjjnoU dessus lui, DESPEH. Con(«.i', xuviu. Ce lorgner se trouve enciiie dans liégnier : Ces gens & se piquer ardents. S'en vinrent du parler à tic tac, torche, lorgne; Qui casse le iiiu.seau , qui son rival éborgnu, Sat, x.

t LOUG.NEMUNT (lor-gue-man), ». m. Action de

lorgner .Si vous n'éton point touche. Du moins

(uus avez l'oeil houuéteuieiil laruiicho, Kl vouii

Lon

ni'enviMset d'un corlaia lorenement A vons fnire traiter i>8.i friiternelleoiem, IH. cosN. k Geôlier de loi-mêm''. v. fi.

LOnG.NKUIE (lor-gne-rie), ». f. Action de lorgner fre,)ui'iu.nBnt. Après stHre emparé des lorgne- Tles de la belle, il épuisa ses lieux cora:nuns et toute sa petite ironie à railler le repas et à tourner la musl.jue en rUicule, hamilt. Gramm. 6. J'en fu8 pour iBtfs lorgn-ni;» et pour mes soupirs, j. j. ROt'ss. Conf. VI.

— ÊTVM. Lorgner.

L0RG.iiKrrE(lrr.6:nè-t'),». /. H 1' Autrefois, petite lunette d'approche dont la forme était telle, qu'o^ pouvait voir d'un côté différent de celui vers lequel on présentait le visage. Il y avait même des éventails de dames munis d'une petite ouverture garnie d'un verre, par le moyen duquel les dames pouvaient voir sans être vues, et qui se nommaient aussi lorgnettes. || 2° Aujourd'hui , petite lunette d'approcne dont on se sert pour voir les objets peu éloignés. Aux bals, madame dos Ursins se mettait auprùs du grand chambellan, et avec sa lorgnette regardait un chacun, st-sim. I46, t28. Je ne lus pas longtemps à regretter de n'avoir pas eu assez d'usage <lu monde pour m'étre muni d'une lorgnette, avant d'entrer au spectacle, mariv. Pays. part. 0* part.

t,T\i\. Lorgner , par l'intermédiaire d'un substantif fictif /orgrif; parce que d'aiord la lorgnette servait à regarder de côté.

tORGNEUR, EL'SE (lor-gneur, gneù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui lorgne. Comme elle ne pouvait voir le duc [Jacques, frère de Charles II, d'Angleterre] qu'aux assemblées publiques, il fallait de nécessité qu'elle y fit de grands frais en avances pour le sédi.ire; et, comme c'était le lorgneur le moins circonspect de son temps, toute la cour fut instruite d'un commerce à peine ébauché, hamilt. Gramm. 8. Pour m'éclairer, j'examinai scrupuleusement les lorgneurs; car les plus jeunes me paraissaient les plus empressés à se servir de ces lorgnettes, mariv. Pays. porv. 8* part. || Adjectivement. Dieu vous conserve vos deux yeux qui ont été tant lorgneurs et tant lorgnés, volt. Lett. Richelieu, ts févr. tm.

— ÊTYM. Lorgner.

LORG.NON (lor-gnon), s. m. Lentille concave pour les myopes,convexe pour les presby tes,(iu'on tient d'ordinaire àla main par une queue en métal ou en écaille, laquelle fait partie du cercle où le verre est serti.

— ÉTYM. Lorgner.

t LORI (lo-ri), s. m. |i 1° Genre de mammifères qui se rapprochent des singes. || 2° Genre d'oiseaux qui renferme plusieurs espfeces de perroquets. On a donné ce nom dans les Indes orientales à une famille de perroquets dont le cri exprime assez bien le son lori, buff. Ois. t. xi, p. <74.

t LORICAIRE (lo-ri-kè-r'), s. m. Genre de poissons remar.juables par les plaques osseuses qui cuirassent entièrement leur tête et leur corps.

— ÊTVM. Lat. iortca, cuirasse.

f LORICÈRE (lo-ri-sè-r'l ,s.f. Genre d'insectes coléoptèrescarnassiers, qui courent k terreavec vélocité et se réfugient sous les pierres. Laloricère bronzée.

— ETVM. Lat. loTum, courroie, xifa;, antenne. t. LORIOT (lo-ri-o; le t ne se prononce et ne se

liejamais; au pluriel, l'sse lie :des lo-ri-o-z en l'air ; oriots rime avec travaux, repos, etc.), s. m. Oiseau de l'ordre des passereaux, qui est à peu près de la grosseur d'un merle, dont le plumage est, chez le uïâle, d'un beau jaune, et, chez la femelle, verdâtre. Le loriot siffle, l'hirondelle gazouille, chateaubr. Ginie, i, v, b. |{ Compère loriot, voy. compère.

— HIST. xiii* s. Euriels cante dous et bas; Teus [tel] l'escoute et ne l'entent pas, Parlonopeut, •;. 49. Li rossignoz et les kalendres, Oriox , merles et mauviz. Roman de la poire, mi. || iv* s. l'our pisser entre deux maisons, ou contre le soleil, on en gaigne le mal des yeulx qu'on appelle le leurieul, ivang. des quenouilles, p. 46. || xvi" s. Entre les autres, je fus fort esmerveillé d'une forteresse que l'oriou avoit faite pour la sauve-garde de ses petis,

FALISSI, 114.

— ÉTYM. Picard, urto«; wallon, orimiel; Berry, touriou; gcnev. jouriou et aussi oriol, ouriou; provenç. auriol; cat. et esp. uriol; du lat. aureolus, de couleur d'or, de aurum, or; ainsi dit de sa couleur. Dans loriot, l'article s'est agglutiné avec le mot (l'onol) ; des patois ont conservé la forme pure. l/B l est une altération pour I. Orimiel du wallon éqvivaut à auri-meru(i«, le merulus d'cr, merulus »t le nom latin du lori'ol.

t î. LORIOT Oo-ri-o), I. m. Baquet de boulan- )(er dar» teqiie) on lave l'écouvillon, après avoir n^ttoji le (aoT

LOR

t LORIPÊDE(lo-ri-pè-d'), adj. Terme de zoologie. Oui a les pattes antérieures garnies d'une dent ou lanière allongée. ||. S. m. pi Les loripêdes, génie de mollusques acéphales lameUibranches.

— ÉTYM Lat.. iorum, lanière, et pes, pedis, pied, t LORIOCE (lo-ri-k'i, s. f. Terme de botanique.

I>ellicule extérieure des graines, {j Membrane extérieure de l'ovule.

— ETYM. Lat. lorica, cuirasse, de lorum, courroie ; ainsi dite parce qu'elle était faite de courroies assemblées,

t LORIQUÉ, ÉE(lo-ri-ké, kée), adj. || 1» Terme d'histoire naturelle. Graine loriquée, graine qui est couverte d'une lorique. || 2" Se dit aussi d'un animal dont le corps est armé de plaques osseuses. || S. m. pi. Les loriqués, ordre de la classe des amphibies, comprenant ceux qui ont le corps couvert d'une cuirasse de plaques osseuses.

— ÉTYM. Lorique.

\ LORMAN (lor-man), s. m. Un des noms vulgaires du homard.

f LORMEKIE (lor-me-rie), s. f. Ancien nom d'un métier qui comprenait tous les menus ouvrages de fer, tels que les mors de bride, les gourmettes, les éperons, les gonds, les crampons, etc. qu'il était permis aux maîtres cloutiers lormiers de forger et de vendre, (voir aux additions).

—ÉTYM. Origine incertaine. Schelerindiquelelatin lorum, lien, courroie; mais on ne voit pas comment ''m serait venu dans ce mot, et surtout comment des ouvriers qui travaillaient le métal auraient pris leur nom de lorum. Du Cange le tire de l'ancien français or mier {or pur), parce que ces ouvriers doraient les mors; mais il faudrait supposer que l'article s'est agglutiné avec son substantif : lormier. M. Baudry rejette l'étymologie de du Cange; mais il admet que lormier est en effet pour l'ormier, remarquant que le nom propre Lormier ne se trouve jamais sous la forme le Lormier; quant à ormier, il y voit le dérivé d'un radical bas-litin orm, qui se trouve dans ormilla, boucle, ormiscus, collier, et qui est peut-être une corruption du latin armilla, bracelet.

t LORRÉ (lo-ré) , voy. loré.

LORS (lor ; Vs ne se prononce et ne se ne jamais). |ll* Sorte de nom de temps qui étymologiquement signifie l'heure, et qui ne se dit plus qu'avec certaines prépositions. || Pour lors, en ce temps là. Un prince qui pour lors ne faisait que de naître, corn. Œdipe, IV, 3. Mais rends-moi seulement ce glaive que tu crains.... Je répondrai pour lors et tu pourras connaître Qui de nous deux, perfide, est l'esclave ou le maître, VOLT. Uérope, v, 2. Cette même armée en imposait au roi d'Angleterre, qui craignait pour ses Étatsd'Hanovre,où il était pourlûrs,iD. iouw Jr,6. Il En ce cas-là. Corneille ne peut être égalé dans les endroits où il excelle ; il a pour lors un caractère original et inimitable, la bruy. 1. 1| Dès lors, dès ce temps là. Dés lors il commença à me prendre en haine. {| Dès lors, de là, ou dès là, par forme de conséquence. Cet accusé s'enfuit, dès lors il devint suspect à leurs yeux. || 2° Avec les verbes il s'emploie adverbialement, et on le nomme adverbe de temps ; il signifie au temps dont on parle. Elle vous traita lors en rivale odieuse, corn. Rndog. i , 7. J'en cache les deux tiers aussitôt qu'arrivés Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés, id. Cid, iv, 3. Maintenant il faut que j'appuie Ce que j'avançai lors, de quelque trait encor, la font. FabL ix, 10. La harangue fut vaine; Le sultan dormait lors, et dedans son domaine Chacun dormait aussi, bêtes, gens.... m. ib. XI, t. C'est lors que les douleurs commencent à nous prendre, mol. l'Ét. i, 6. Abîmé dans l'infinie immensité.... je m'effraie et m'étonne de me voir ici plutôt que là ; car il n'y a point de raison pourquoi ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors, pasc. Pens. xxv, (6. édit. havet. La famille de madame de Hanovre était nombreuse et lors en grande splendeur, st-sim. 4 , 65. || 3° Lors de, (oc. prép. Dans le temps de, au moment de. Lors de son élection, de son mariage. || 4° Dés lors que, loc. conjonct. Du moment que. Dès lors que son démon commence à s'agiter. Tout, jusqu'à sa servante, est prêt à déserter, boil. Sat. viii.

— HIST. XII' s. Lores m'esteut [il me faut] de rechef comencer, Ronc. (64. Lors plora Charlemaine, tant fut d'ire destrois, Sax. xviii. Quant la saison du douz temps s'asseiire. Lors [je] chanterai.... Couci, p. 125. Il XV' s. Mais ainsi en avinst pour le temps qui lors estoit, pierre de fenin, 4417. Pour lors estoient les subjectz de cotte maison en grant richesse, comm. i, 2. Artillerie belle et crand» se'on le temps de lors, ic. ib. || xvi* s. Il fut

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