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entrailles tioss. Panéfi.Slt'ianioit de SaÎM. H Lumière cendriîe, la faible lumière que nous envoie en cerlains cas la région lunaire qui est dans l'ombre par rapport au soleil; cette lumière est une réllexion de celle que lui envoie notre terre. || 2° Kii général, ce qui éclaira, ce qui rend les objets visibles. Une lumière vive. Cet appartement reçoit peu de lumière. La lumière d'un llamheau, d'une bougie. Un œil malade ne peut souffrir la lumière. Le soleil se couchait dans une nuée d'or et d'azur, et ne donnait deses riyuns qu'autant qu'il en faut pourfjire une lumière douce et agréable, voit, l.ell. m. Il 3° Absolument. Le jour. Ce matin j'ai voulu devancer la lumière, rac. i'i(/i. ii, 1. 1| 11 a perdu la lumière, il est (.rivé de la lumière du jour, il est devenu aveugle. || Voir, revoir la lumière, sortir de prison. Souflie/. que Dajazet voie enfin la lumière ; Des murs de ce palais ouvi-ez-lui la barrière, rac. llajai. I, 2. Il Poétiquement et dans le langageélevé, la lumière du jour, la vie. ISous saluons tous, en entrant au monde, la luniièredu jour par nos pleurs, Boss. Cornpi/ Il Commencer à voir la lumière, la lutnière du jour, naître. I| Jouir de la lumière, voir la lumière, vivra. Bientôt de Jézabel la fille meurtrière. Instruite que Joas voit encor la lumière..,. BAC. Âlhal. IV, 3. La lumi're éclaire encor ses jeux, VOLT. Tancr. v, 6. j| Perdre la lumière,
être privé de la lumière, mourir, être mort La
Parque à ce mot lui coupe la parole ; Sa lumière l'éteint, et son âme s'envole, coim. Rodoy. v, 4. [Ils] Perdirent en naissant la lumière du jour, m. OEdipe, v, 4. Le fer ne produit point de si puissants efforts, Madame; la lumière à ses yeux est ravie, BAC. [!rit. v, 6. Le roi touclie à son heure dernière, M.idame, et ne voit plus qu'un reste de lumière, m. ililhr. v, 4, La lumière sans moi vous eût été ravie, VOLT. OEdipe, v, 2. || Chérir la lumière, être attaché à la vie. Le bon homme, tout vieux, chèril fort la lumière, mol. l'Él. ili, 5. || 4° Fig. Mettre en lumière, rendre plus visible, faire ressortir. Mais plus ce rang sur mci répandrait sa splendeur , l-lus il me ferait honte , et mettrait en lumière Le crime d'en avoir dépouillé l'héritière, BAC. Ùii'.. II, 3. Il Mettre une vérité en lumière, la démontrer et Ij répandre. || Mettre un livre en lumière, l'imprimer, le rendre public, le mettre en vente. Méditations.... trop stériles et indignes d'avoir été mi.ses en lumière, oksc. Itép. aux i" objectiont, 3. Sitôt que Chapelain met une œuvre en lumière. Chaque lecteur d'abord lui devient un Linière, boil. Sal. ix. Longiis m'embra.ssoiait pour avoir enfin remis en lumière son œuvre amoureuse, p. L. COUR. Letl. I, »9. Il Cet ouirage n'a point encore vu 1^ lumière, il n'a point encore paru. || Ne point voir la lumière, rester, (juoique imprimé, sans publicité. Le Jonas inconnu sèche dans la poussière ; Le David imprimé n'a point vu la lumière, doil. Sa». IX. Il 5' Bougie, chandelle, lam|;e allumée. Lire, écrireà la lumière. El gromlant se fàchaqu'on était sans lumière, rïgniër, Sat. x. Va m'attendrc Và-haut avec de la lumière, iiauterocub, Espr. follet, lU, ». Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumière. Qu'il ne m'est plus permis de fermer la paupière, bom.. Sat, vi. Les personnes qui écrivent ou qui lisent trop longtemps de suite, doivent donc, pour ménager leurs jeux, éviter de travailler à une lumière trop forte : il vaut mieux faire usage d'une lumière trop faible, bi.ff. Ilist. nul. Iiom. (lEuv. t. iv, p 468. Je voyais s'en foncer sous l'horizon les lumières de Venise, chat» ai.'Bii. Ilin. i" part. || 6 Terme de théologie. La lumière éternelle, ou, simplement, la lumière, l'éclat qui émane de Dieu. Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres, mais il aura la lumière do la vie, RAC1, Bible, Év. SI Jean, vui, (2. ô lumière éternelle ! Heureux le cœur qui ne te perd jamais ! »AC. Eilh. II, 9. On disputait [dans.l'empire d'Orient] •i la lumière qui apparut autour de Jisus-Chri>t sur le Tliabor était créée ou incréée, monteso. Itom. 23. Il Dans lo style de l'Ëcrilurc, anges de lumière, enfants de lumière, se dit de ceux qui marchent dans les voies de Dieu, par opjiosition à anges de ténèbres, enfants de ténibres. Il faut, mes ciieis a>nlituur.i, si vous voulez être des enfants de lu'i.ere, renoncer à cet intérêt qui vous empêche de connaître Dieu, iiounnAL. Ilnmél. lur l'aveugU-7ié, Vominic. t. iv, p. 496. Le» justes qui «ont des enfants de lumière, mass. Arcnl, llonh. Le juste est un enfant de lumière..., au lieu que le ^chcur est un enfant de ténèbres, ID. Pané'i. SI Dennil. Il Terme de mystique. Lumière du TImbor, vision qu'avaient les mystiques qui croyaient pouvoir lulferca communicailun avec la divinité en regar-
dant fixemeni leur nombril. || Lumière de gloire, secours que Dieu donne aux âmes des bienheureux, afin qu'elles puissent le contempler face à face. Il 7" En termes de peinture, lumière se dit, comme jour, des parties éclairées d'un tableau, de la lumière imitée Un bel effet de lumière. Les lumières sont bien entendues, bien ménagées dans ce tableau. Mettre quelques lumières à un tableau. On n'obtibiit de gramics lumières que par l'opposition des ombres, dideb. Salon de i'0T,(Euv. t. XIV, p. 507. Il Grande lumière, la partie la plus claire du tableau, où se met ordinairement l'objet principal do la composition. || Lumières larges, celles qui sont étendues, vives et brillantes. Il Lumière serrée, celle qui a un foyer très-rcstroint, entouré immédiatement de fortes ombres. || 8° Petit trou à la culasse d'uno arme à feu, ainsi dit parce qu'il y fait pénétrer la lumière. La lumière de ce fusil, de ces pistolets, est trop large, trop étroite. || Terme de facteur d'orgues. L'ouverture par laquelle lèvent entre dans un tuyau. [j Dans les instruments do mathématiques ii pinnules, petit trou à travers lequel on aperçoit l'objet observé. Il Terme de marine. Lumière d'uno pompe, trou ouvert sur un des côtés du corps do la pompe, et par lequel s'échappe l'eau que le piston élève. || Se dit, parmi les charpentiers, les ébéni.stes, etc. d'uno mortaise ou d'nne ouverture (lui traverse de part en part une pièce de bois. La lumière d'un rabot. Il Lumière se dit aussi du calibre d'un vai.'îseau artériel ou veineux coupé en travers. La lumière de l'artère crurale. Il 9° Kig. Publicité, et contrôle qui résulte de la publicité. Les mallionnôtes gens redoutent la lumière. Ses actions ne craignent point la lumière. Il 10' Fig. Ce qui brille comme fait la lumière aux yeux du corps. N'espérons plus, mon àme, aux promesses du monde ; Sa lumière est un verre, et sa faveur une onde Que toujours quoique vent empêche de calmer, malii. i, s. 11 y a [en Dieu] assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire, pasc. Pens. xx, *, édit. havkt. C'est [la véritable piété] une lumière si éclatante, qu'elle rejaillit sur tout ce qui lui appariient, !D. Letl. à Mlle de Roannès, e. Tout le monde croit que l'étoile de Mme de Montespan pilit.... on regarde, on observe, on s'imagine, on trouve des rayons de lumière sur des visages que l'on trouvait indignes, il y a un mois, d'être comparés aux autres, SKV. n sept. 4676. Si je suis assez heureuse pour vous retrouver encore à Paris, vous me consolerez de tous mes eimuis, et vous me donnerez de la joie, et de la lumière à mon esprit, m. à Bussy, I» juin 1680. Je sens que mon cœur n'en est pas plus échauffé [après des sermons de Bourdalcue], et que toutes ces lumières dont il a éclairé mon esprit ne sont point capables d'opérer mon salut, ID. •jo avr. <683. Pour mettre à couvert la faiblesse commune de la naissance, chacun lAclie d'attirer sur elle toute la gloire de ses ancêtres, et la rendre plus éclatante par cette lumière empruntée, bo38. Cornay. || 11° Fig. Ce qui éclaire et gutle l'esprit, ce qui rend visibles les obscuiités. L'espoir.... me rend quelques lumières Pour juger mieux que vous de ces âmes si ficrcs,cORN.i<odog.iii, 6. L'œil le plus éclairé sur do telles matières l'eut prendre de fau.ï jours pour de vives lumières, id. lléracl. v, 2. Ce peu (ju'elle en dit suffit à jeter une lumière imparfaite, ID. Exam. d'Iléracliits. Avoir une ftme ouverte, une franchise entière Qui dans leur artifice a manqué de lumière, in. Sic. iv, 2. Plusieurs y sont trompés, et leur fausse lumière Trouve lo précipice B.U bout do la carrière, ID. Imit. m, (5. Pienezgarde que la lumière qui est en vous ne soit eU7même de vraies ténèbres, saci, Bible, Év. SI Lvc, xi, 36. Ceux en qui cette lumière [la foi] est éteinte, pasc. l'ens. xxil, 2, éd. iiavet. Ces personnes destituées de foi et do grice qui, recherchant de toute leur lumière tout ce qu'ils voient dans la nature qui le» peut mener à cotte connaissance.... m. ib. Si la lumière est ténèbres [si le» prêtres eux-mêmes sont aveugles], que seront les ti'iièbros [que sera le monde]? m. ib. xxiv, 35, éd. iiavet. 0 mon père, d'oij Molina a-l-il pu ttro écliiré pour déterminer une chose do cette importance sans aucun seceiurs dé l'Écriture, des conciles, ni des Pèrffs?jevois bien qu'il a eu des lumières bien particulières, in. Prov. vil. Si vous éloignez vous-même les lumières de votre raison, soss. .Sermon», Pérlid d'habil. 2. L'essentiel est de ne jamais agir contre la lumière intérieure, hainiknon, lell.àMme de Vantadour, 18 mars 4 7(iu. Les peuples à l'cnvi marchent i ta lumière |do Jérusalem], bac. Àthal, m, 7, Venex-
Tous à moi [Dieu] comme à votre lumière, pour y dissiper les erreurs de vos sens? mass. Confér. Communion. Quelle lumière affreuse a passé dans mon cœur? VOLT. Zaïre, m, 7. Des projets utiles mais impraticables, par l'erreur dont l'auteur n'a jamais pu sortir, que les hommes se conduisaient par leurs lumières plutôt que par leurs passions, j. j. rouss. Conf. IX. On eût dit que son àme à son heure dernière D'un funeste avenir repoussait la lumière, vvcis, Othel. n, 4. || Porter la lumière, éclairer, éclaiicir. Pourquoi avons-nous porté la lumière jusque dans votre cœur? mass. Carême, Iiiconsl. Loin de porter la lumière sur les ténèbres qui l'enviionnent, [le pécheur] répand ses propres ténèbres sur un reste de clarté que lui offrent encore les créatures, m. Panég. St Benoit. || Ouvrir des lumières, indiquer ce qu'il faut faire. Cléante : Songe un peu, je te prie. — Marianne : Ouvre-nous des lumières, MOL. l'Avare, iv, t. || Lumière naturelle, celle que nous tenons de notre nature, par opposition à la révélation. L'un [paradoxe stoïcien relatif au suicide] des plus contraires à la lumière naturelle et à notre religion, i.amothe le vaver, Vertu des païens, ii, Z^/inn.|| 12" l.a lumière, ouïes lumières, la capacité intellectuelle naturelle et acquise. Il faut de la prudence, il faut de la lumière ; Il faut de la vigueur adroite autant que fière, corn. 0(/ion, li, 4. Il y en a beaucoup [de gens] que le trop d'esprit gâte, qui voient mal les choses à force de lumière, mol. Cril, 6. Et comme ses lumières sont fort petites.... id. Pourc. m, t. Kt comme votre esprit a de grandes lumières, in. ifis.i, 2. Vous vous souvenez peut-être assez de moi pour savoir que je suis assez blessée des méchants styles ; j'ai quelque lumière pour les bons, sÉv. 12 juill. 1871. C'est un aimable homme, il a beaucoup d'esprit et de lumière, avec la dou-. ccur et la simplicité d'un enfant, id. » avr. lem. F.lle se défiait de ses lumières, fléch. Dauph. Il avait soumis sa conduite aux lumières du chevalier, IIAMILT. Gramm. 4. La prière ne suppose pas dans l'âme qui prie de grandes lumières, mass. Carême, Prière l.Ce prince, qui avait des lumières, s'y opposa, montesq. Esp. vu, 4. L'abondance de ses lumières [de Joli de Fleury] qui l'éblouissaient (luelquefois au lieu de l'éclairer, duclos, Mém. rég. OEuv. t. v, p. 276, dans pouoens. || 13° Les lumières du sitolc, le point de civilisation, do connaissances auxquelles il est parvenu, i quoi nous servent nos lumières, si nous conservons toujours nos abus? \oi.T. Dict. phil. Annale.':. Non! la postérité ne se douterajamais combien, dans ce siècle do lumières.... il y eut de savants qui ne savaient pas lire.... p. L. COUR. Lf((re du (2 août isoe. Vous applaudissiez aux luraièies D'un siècle aveugle et perverti, liÉKANG. Mtss. de ilonlr. || Au singulier. Je vois avec pliiisir qu'il so forme dans l'Europe une république imnienso d'esprits cultivés; la lumière se communique do tous côtés, VOLT. Letl. Gal'itzin, I4 août 1787. Il 14° Henseignemcnls que l'on a d'une chose. Je n'ai point fait la pièce qui vous pi!|ue; je l'ai reçue do Paris avec une lettre qui m'a appris lo nom de l'auteur; il l'adresse à un de nos amis qui vous en pourra donner plus de lumière, coim. Le'.t. apolog. F.t sur cette matière, Il pourra nous donner une pleine lumière, wol. Fem. sav. I, i. Madame, à ma prière II va dans tous ces bruits chercher quoique lumière^ ID. V. SaneUe, v, 2. Si vous vouliez me dire un petit mot de plus Sai les méchancetés qu'on vo;;3 a f iln» pi'-t-étre v.u'j pourrais-je donner de grandes .;,mière3 pour découvrir d'oii elles viennent, sifv. «3 mai loiio. Donnez-moi quelque lumière sur cotte belle aventure. \D. .1 aoilt IB75. Son trépas à mes pleur» dire .'ksseï de matières, Sans que j'aille chercher d'odieuses lumières, bac. Phèd. v, 7. || 15" Lumières du discours, nom pittoresque donné pat les anciens rhéteurs aux ligures et aux ornements du style. Les beaux mots sont, à vrai dire, la lumière propre et naturelle de nos pensées, liotL. l.ongin, Sulilime, 2&. || 16° Personne d'un rare mérite, d'un savoir Iranscendniil, d'une vertu éminento. Un chacun d'eux pense être une lumière en France, réonifr, .S'a', ii. Notre saint évOquo [saint Augustin] est une des plus hiillanteg lumières de l'flglisp, sRv. 2i et 26 juin insii. Il [saint Paul] sera la lumière do tous le» Gentils, Foss. //t*(. II, 4. Iji vénérable mère Françidse de la i Châtre, abb^s'e de F.iremiiusticr, que nous pouvons 'appeler la restauratrice de la règle de Saint-llcnnlt et la lumière de )a vie nionastii|un, ir,. Anne de Goni. route l'antiquité dspiiia sur la liberté; mais personne ne persécuta sur ce sujet jusqu'à nos jours: quelle horreur absurde d'avoir emprisonné, eiilé
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pour cette dispute, un Arnauld, un Saei, un Nicole, et tant d'autres qui ont été la lumière de la France ! VOLT Polit et Ughl. Tolérance, Extrême tolérance det Juift, noie g. || Par plaisanterie. Une lumière de rnglise, un prêtre dont le visage resplendissant annonce un homme qui se plaît à la bonne chère. Je disais autrefois de feu M. de Rennes qu'il marquait les feuilIeU de son bréviaire avec des tranches de jambon : votre Valence [l'évêque de Valence] ne mi-priserait pas cette manière de signet: aussi son visage était une vraie lumière de l'Église, sÉv. 31 août (083. Il 17° Terme d'eaux et forêts. Arbres de lumière, ceux qui se trouvent directement au milieu des brisées que font les arpenteurs, et qu'ils laissent, quand bon leur semble, pour faciliter leurs opératior.s. || 18° Au plur. Terme de blason. Les lumières, les yeux du sanglier ou du porc-épic. Il Proverbe. Celui qui pèche fuit la lumière, c'est-à-dire il craint qu'on ne le voie.
REM. Les grammairiens ont condamné la locution allumer de la lumière. Cependant elle s'appuie sur l'usage, familier il est vrai, qui prend lumière au sens de chandelle, flambeau. On l'entend dire tousles jours, et elle se trouve dans des ouvrages imprimés : Je m'étais assuré par une répétition faite deux jours auparavant que j'avais beaucoup plus de terapsqu'ilnem'en fallait pour me lever, allumer de la lumière et passer dans mon cabinet, louis xviii, Relation d'un voyage à Bruxelles et à CobleiUt en 1791.
— HIST. XI* s. De l'olifant la lumière [ouverture] dorée. Ronds, p. 83. Por coi est doneie la lumière al dolent, et la vie à ceaz [ceux] qui en amertume sunt? Job, p. tes. Il XIII* s. Car, tout ainsinc cum la lumière Les ténèbres devant soi chace, la Rose, »75«. ||xiï*s. La veue est lumière de l'eul, aussi comme l'entendement est lumière de l'ame, obesme, Elh. VII, «2. Tout droit par devant la lumière [visièie du casque], Chastelain de Couci, v. J(!49. Quatre lumières de cuivre, c'est assavoir une grant et trois petites, du cange, lumera. ||xv* s. Le suppliant getta une lumière qu'il tenoit en sa main, où il avoit de Tuile et une mesche ardaut, id. ib. ...Et s'assenèrent et ferirent haut en la lumière des glaives, FRoiss. m, iv, (2. || xvi* s. Et y avoit à toutes les portes des maisons force flambeaux, torches et lumières, de sorte qu'il faisoit comme de jour parmy les rues, amyot, Cicir. 26. Et l'autre accueilly de famine Perd la lumière du soleil, RONSARD, 409. À l'œil malade la lumière nuit, cot- GRAVE. Il n'est lumière que du matin, ni manger que de bonne farine, génin. Récréât, t. ii, p. 2'it. Deux grandz potz d'argent doré, appeliez lumières, pesans ensemble cinquante marcs, de laborde, Émaux, p. 3U9.
— Etym. Wall, loumtre; Hain. leumière; bourg. lemayre ; provenç. lumeira, lumera, lumneira ; espagn. lumbrera; portug. lumieira ; ital. lumiera ; du bas-latin luminaria (comme le montre une des formes provençales), dérivé de lumen, luminis, lumière.
LUMIGNON Ou-mi-gnon), s. m. \\ i' Bout de la mèche d'une bougie, d'une chandelle ou d'une lampe allumée. |( 2° Ce qui reste d'un bout de bougie ou de chandelle qui achève de brûler. Voilà une bougie qui va finir, il no reste plus qu'un petit /juiignon. Il Fig. Si le petit lumignon de raison que »ous contribuez à ranimer dans la nation ne vient pas bientôt à s'éteindre, volt. Lett. JUarmontel, 28 jan». 178*.
— IllsT. ini* s. Car il i [4 la chandelle] doit par raison Avoir cire et lemignon, Et ou [au] chief met on le fu |feu]. Et lors a vertu De faire l'autrui servise, Wiil. litt. de la France, t. xxiil, p. 823. Il XIV* s. Oui veut faire chandelle, l'en doit avant faire sécher ou feu très bien le limignon, Uénagier, ii, 5. || xvi* s. Tout ainsi que la flamme d'une lampe consomme premièrement l'huile, on après la propre humidité du lumignon , et enfin le corps du lumignon mesme, pake, xx, 35. De chacun cent pesant de mesche ou lumignon et de coton, filé ou k filer, quatre deniers parisis, Déclar. 2usept. (627.
— ETYM. Pic. lumion, lemion, lumichon; Bcrry, luminon, bougie de résine que les gens de la campagne fixent i la cheminée; du lat. fictif iumt'nonem, dérivé de lumen, luminis, lumière.
t LUMINADE (lu-mi-na-d") , t. f. pêcher à la lumio&de, pécher le saumon aux flambeaux.
LUMINAIRE (lu-mi-nê-r"), t. m. || 1* Il se dit de tout (lambeau ou collection de (lambeaux. || Le luminaire dans une soirée, l'ensemble des (lambeaux qu'on y allume. || Le luminaire dans une église, torches et cierges dont on s'y sert. Les capucins de
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Meudon se relevèrent à prier Dieu auprès du corps [du fils de Louis XIV], sans aucune tenture ni luminaire que quelques cierges, st-sim. 293, 28. Si mon maître pouvait être fait légataire. Je ferais de bon cœur les frais du luminaire [du service], REGNARD, Légat, i, <. Il i" Dans un sens restreint, un seul flambeau ; cela ne se dit guère que dans le style biblique et en parlant des corps célestes qui éclairent, ô soleil, 6 grand luminaire, malh. ii, 3. Qu'il y ait de grands luminaires qui partagent le jour et la nuit, Boss. Ilist. n, 1. || Fig. Bien que tout l'ordre ecclésiastique lui tende [à saint François d'Assise] les bras comme à un homme qui devait être un de ses plus beaux luminaires, boss. Panéq. St Franc. d'Assise, 2. || Terme d'astrologie. Les luminaires 'du temps, le soleil pour ceux qui sont nés le jour, et la lune pour ceux qui sont nés la nuit. Il 3° Trivialement. La vue. Oui, je devais au dos avoir mon luminaire, mol. l'Èl. i, 8. Un carrosse sexagénaire D'abord s'offre à mon luminaire, J. B. Rouss. Lettre à Lafosse.
— HIST. XII* s. E dunad le peis [poids] de la mervRilluse vaissele que de or que de argent, e des chandelabres e des luminaries e des tables, ^oi's, p. 244. Il XIV* s. Et ce fistil [un miracle!, pour qu'il fut luminaire de foy et de créance aux presens et à ceux qui après eux viendroient, Chron. de St-Denis, t. I, f° 134, dans lacurne. || xv* s. Ma doulce amie débonnaire. Dont vous vient ce beau luminaire? Oncques ne vys sy grant clarté, la NaL de N. S. J. C. Myst. C'estoit chose merveilleuse du luminaire [aux funérailles de Charles VI] , qui estoit depuis la porte Sainct-Denys jusques à l'église, juv. LES URSINS, <422. Et fut la paix criée en leur ville, et furent feux luminaires [illuminations] et carolles [danses] de joye, o. dk la marche, Uém. liv. I, p. 407, dans lacurne. || xvi* s. Un jour, élevant mon luminaire [mes yeux], j'apperceus les c:itaractes du ciel jà estre ouvertes, Aleclor roman, p. B(, dans lacurne.
— ÉTYM. Lat. fictif, luminare, ensemble de lumières, dérivé de lumen, luminis, lumière.
t LUMINEUSEMENT (lu-mi-neû-ze-man), adv.
D'une manière lumineuse. On peut dire hardiment et sans blasphème qu'il y a de petites vérités que nous savons aussi bien que lui [Dieu].... l'être souverainement intelligent ne peut savoir ces petites vérités ni plus lumineusement, ni plus certainement que nous, volt. Philosophie, Comment, sur Malebr. résultat. Cela n'empêche pas que vous n'ayez trèslumifleusement raison contre l'abbé Mably, et je vous en rends, monsieur, mille actions de grâces, id. Met. litt. à M. *", auteur du livre intitulé, etc.
LUMINEUX, EUSE (lu-mi-neû, neû-z'), adj.
Il 1" Qui jette de la lumière. Il garda son sommet tranquille et lumineux, chapelain, Ode à Richelieu, dans mcHELET. Cet habit coloré d'outremer et d'azur. Dont il sort un éclat et lumineux et pur, ba- HiER, le Cabinet de Quinault, p. &i. Hélas! madame, répliquai-je, être lumineuse (pour la lune] n'est pas si grand'chose que vous pensez ; il n'y a que le soleil en qui cela soit une qualité considérable; ilest lumineux par lui-même en vertu d'une nature particulière qu'il a, FONTEN. Mondes, 2* soir. Le cardinal Bonzi avait les plus beaux yeux noirs, les plus parlants, les plus perçants, les plus lumineux, ST-SIM. H9, 53. La surface du soleil est recouverte d'un océan de matière lumineuse dont les vives effervescences forment des taches variables, souvent très-nombreuses, et quelquefois plus larges que la terre, la place, Exp. v, 6. || Fig. C'est sa gloire [du roi Louis XIV], c'est sa grandeur qu'il soit obligé d'être notre exemple; et nous estimerions un malheur public, si jamais il nous paraissait quoique ombre dans une vie qui doit être toute lumineuse, uoss. Sermons, Charité fratern. Autre conclusion. Il Corps lumineux, corps qui envoie vers l'œil des rayons de lumière. || Hayon lumineux, chaque ligne droite que l'on suppose menée d'un point lumineux quelconque à l'œil. || 2° Fig. Qui a de grandes lumières, en parlant de l'esprit (sens métaphorique qui paraît être dû aux gens de Port-Royal). C'est un dommage extrême que la perte de ce petit évêque; c'était, comme disent nos amis [Port-Royal], un esprit lumineux sur la philosophie, sÊv. 27 sept. (671. Il [l'abbé de Francheville] est grand cartésien; c'est le maître de Mlle Descartes ; elle lui a montré votre lettre, il l'a admirée et votre esprit tout lumineux, id. 28 sept. 1689. Une intelligence si lumineuse (chez le premier homme] qui perçait tout d'un seul regard, avait aussi une force dans la volonté, qui, dès sa premi^re détermination, I fixait ses résolutions, boss. Concupise, 2*. Grands
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hommes, éloquents, hardis, décisifs, esprits forts et lumineux [les gens de Port-Royal], id. Cornet. Du vrai savant [Maupertuis] que je chéris La raison ferme et lumineuse Vous montrera les cieux décrits, volt. £p. xxxni. || Il se dit aussi des choses de l'esprit. 11 (un prédicateur] a débuté par un accent provençal; mais, en sortant de son trouble, il est entré dans un chemin si lumineux, il a si bien établi son discours.... sÉv. )7. Le Traité de tenter Dieu me paraît le plus utile, et celui de la Ressemblance de l'amour-propre et de la charité, le plus lumineux, pour parler leur langage [des gens de Port-Royal], ID. <5 déc. )675. Quelque grande que soit la foi, quelque lumineuse que soit la science qui est appuyée sur ces principes, BOss. Panég. de Sle Catlier. ) . 11 y a des traits ingénieux dans ce livre, il y a des choses lumineuses, et souvent de l'imagination dans l'expression, volt. Lett. envers et en prose, 175. La conséquence ne peut jamais être plus lumineuse que le principe, DIDER. Relig. nat. 5. Aristote et Plutarque lui apprirent [à Copernic] que les pythagoriciens faisaient mouvoir la terre et lesplanètesautourdu soleil, qu'ils plaçaient au centre du monde ; ces idées lumineuses le frappèrent, la place, Exp. v, 4. |{ Un principe fécond et lumineux, principe dont on tire abondamment des consiquencDS importantes.
— HIST. XVI* s. Mes yeiilx s'ofTensent de toute lueur esclatante; je ne scaurois à cette heure disner assis vis à vis d'un feu ardent et lumineux,
mont. IV, 291.
— ËTYM. Provenç. luminos; catal. lluminos; espagn. et ital. luminoso ; du lat. luminosus , de lumen, lumière.
t LUMINOSITÉ (lu-mi-nô-ïi-té) , s. f. Qualité de ce qui est lumineux. La luminosité d'un astre.
— HIST. XV* s. Le brouillas du temps brumeux ne se peult parfaitement esclaircir ny restablir à sa diaphanique luminosité.... al. chartier, Quadri loge invectif.
— ETYM. Lumineux.
f LUMME (lo-m', prononcé à l'anglaise), f. m. Terme de zoologie. Un des noms vulgaires du colymbe arctique (oiseaux palmipèdes), de Linné, dit encore plongeon lumm, plongeon à gorge noire, plongeon arctique et huard, legoarant. || On écrit aussi lom et lomm.
t LUMPS (lonps'), s. m. Pain de sucre de qualité inférieure.
— ÈTVM. C'est le pluriel de l'anglais lump, morceau, sucre en morceaux informes, par opposition à celui qui a été mis en pain.
1 . LUNAIRE (lu-nê-r'), adj. || 1* Qui appartient à la lune. Les montagnes, lunaires. || Année lunaire, espace de temps qui comprend douze mois lunaires, ou douze révolutions de la lune autour de la terre ; elle est composée de 354 jours et quelque excédant ; mais, prise sans fractions, elle a onze jours moins que l'année solaire prise de même; et cette différence forme ce qu'on appelle l'épacte. || Il y a doux mois lunaires : le mois synodique qui est de 29 jours 1/2 (nombre qu'on obtient en divisant l'année lunaire de 354 jours par douze) ; et le mois périodique qui est de 27 jours, la lune faisant sa révolution autour de la terre en 27 jours 1/3 environ; celte diflérence tient à ce que pendant ce temps le soleil a semblé décrire un arc de :!9 degrés, en sorte que la lune ne se retrouve en conjonction qu'après avoir parcouru 380»-f 29, ce qui demande 29 jours et demi. || Cadran lunaire, cadran qui marque les heures par le moyen de la lune. || Intérêts lunaires, se dit, dans le Levant, des intérêts que les Juifs exigent à chaque lune. 112» Qui est en forme de croissant. Sigma lunaire, une des anciennes formes du sigma (C) ; on le nomme plutôt sigma luniforme. || L'E lunaire, e qui a la forme d'un croissant. Il Semi-lunaire, voy. semi-lunaire. IlLS-Se dit de minéraux dont la couleur a paru rappeler celle de la lumière de la lune.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. lunar; ital. lunare; du lat. lunaris, de luna, lune.
2. LUNAIRE (lu-nê-r'), s. f. Nom d'un genre de plantes crucifères dans lequel on distingue la lunaire biennale, appelée aussi grande lunaire, satinée, satin blanc, passe-satin, bolbonach, bulbonac, médaille de Judas, faux thlaspi, etc. legoarant.
— UEM. L'Académie nomme cette plante kinaiie annuelle; elle suit en cela Linné, qui a lutiaria annua; c'est Mœnch qui, connaissant mieux la vlo de la plante, a changé annua en biennis.
— ETYM. Ainsi dite à cause de la forme ronde et lunaire des silicules.
LUNAISON (lu-nô-zon), «./■. Le temps qui s'écoule
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depuis le commencement de la nouvelle lune, jusqu'à la fin du dernier quartier. Toute cette lunaison a été pluvieuse. [Le maître d'école de village] Connaît les lunaisons, prophétise l'orage, deul. l'Homme des champs, 1. 1| Terme de marine. Lunaison de vent ou du même temps, du même vent ou de temps, durée d'environ < 5 jours.
— HIST. XII* s. Se repairier volsissent [s'ils voulaient revenir] as rentes n'as maisuns, Ariere revenissent dedens treiz luneisuns, Ï7i. le mart, 67. îl xin' s. [Femme] Si com par lunaisons ainsi comme desvée, Berte, xvi. || xv* s. La fortune lui est amie ; n'y prenez point de desplaisir aussi, non plus que nous de la vostre ; car de vous ne lui vient point ceste baulte lunoison, chastel. Expos, sur vérité mal prise.
— ÊTYM. Lune ; provenç. lunacio, lunaso ; catal. llunaeio; espagn. lu/tacion; ital. lunaiione.
LUNATIQUE (lu-na-ti-k'), adj. || 1° Qui est soumis aux influences de la lune; usité en ce sens seulement dans la locution : cheval lunatique, cheval sujet à l'ophthalmie périodique des yeux, ophthalmie que l'on croyait influencée par le cours de la lune. Ij 2° Fou (en ce sens, il ne s'emploie que dans le langage de l'Évangile). Seigneur, ayez pitié de mon fils, qui est lunatique, saci. Bible, Ev. St Math. ivii, )4. Il Substantivement. Le lunatique del'Ëvangile. Il 3° Dans le langage général, fantasque, extravagant, aussi changeant que la lune. Il est un peu lunatique. || Substantivement. C'est un limatique, une lunatique.
— HIST. xiii* 8. Tous boisteux, tous mehaigniés, tout home lunage, Liv. des met. 426. Au siècle est sos, fax [fou] et lunages; X Dieu soutiex [subtil, habile], discrès et sages, du cange, lunaticus. ||xv" s. Je le tiens comme lunatique desvoyé de son sens, Perceforest, t. vi, f° 63. De chien qui mort et de cheval qui rue, De saige foui et d'omme lunatique, E. DESCH. Poésies mss. f° 3U. ||xvi' s. Un homme lunatique, c'est un homme auquel la lune commande, CHOLiÈHES, Cont. t. II, Après-din. 9.
— ÉTYM. Provenç. lunatic ; espagn. etital. Juno- (tco; du latin lunaticus, lunatique, de luna, lune, d'après une opinion fausse qui admettait une influence de la lune sur les maladies mentales. Lunatique a été refait sur le latin; la forme ancienne et correcte est lunage, lunaticus ayant l'accent sur na.
+ LCNCH (lonch) ou LUNCHEON (lon-chon'), s. m. Repas accessoire qui se place entre le déjeuner et le dîner, à l'imitation des Anglais.
— ÉTYM. Angl. lunch, luncheon, qui vient du seltique: gallois. Hume, repas.
LUNDI (lun-di) , *. m. Le second jour de la semaine. Il Lundi gras, le lundi de la semaine où le carnaval finit. || Lundi saint, le lundi de la semaine sainte. || Populairement. Faire le lundi, ne pas travailler le lundi et se livrer aux aumsements du cabaret. Les ouvriers disent aussi : fêter saint Lundi, oélébrer la Saint-Lundi.
— HIST. xiii* s. Uns lundi, par matin.... Berte, vu. Il XVI* s. Faire le lundi des savetiers [ne pas travailler le lundi], oudi.n, Curios. franc.
— F.TYM. Berry, lindi; wallon, londi; provenç. lus, luns, dilus, diluns, du latin lunx dies, jour de la lune.
LU.NE (lu-n'), t. ^. Il 1* Satellite qui tourne autour de la terre et qui l'éclairé la nuit. La lune est quarante-neuf fois plus petite que la terre, elle tourne autour d'elle en vingt-sept jours sept heures 'juarsnle-trois minutes; elle en est éloignée, à son apogée , de quatre-vingt-on/.e mille quatre cent cinquante lieues, et, à son périgée, de quatrevingt TOille cent cinq. L'interposition de la lune entre la terre et le soleil. Vous devriez.... Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune, Et vous mêler un peu de ce qu'on fait chez TOUS, MOL. Femm. tav. ii, 7. Il me tarde.... de nous signaler par quelque découverte.... Pour moi, sans me flatter, j'en ai déjà fait une. Et j'ai TU clairement des hommes dans la lune, ID. ib. m, 2. Lorsqu'on ne «ait pas la vérité d'une chose, il est bon qu'il y ait une erreur commune qui fixe l'esprit des hommes, comme, par exemple, la lune, à qui on attribue le changement des saisons, le progrès des maladies.... pa?c. Pent. vu, <7, éd. havet. Ce qui fait qu'on croit tant de faux elTets de la lune, c'est qu'il y en a de vrais, comme le flux de la mer, lu. it. xxiii. 33. Elle est encore plus belle, cette lune, sous les arbres de voire abbaye ; je la regarde, et je songe que vous la regardez; c'est un étrange rendez-vous, sSv. <7 juin t6SS. Combien comptez-vous d'ici à la lune? soixante demi-diauètres de la terre ea nombres rouds, volt Micrn-
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rnegas, 7. La lune est dans le ciel, et le ciel est sans voiles ; Comme un ph«û-e avancé sur un rivage obscur, Elleéclairede loin la route des étoiles,LAMAHT. Ilarm.i, to. || Terme de l'ancienne astronomie. Le ciel de la lune, le ciel solide dont on supposait que le mouvement emportait la lune, et qui était le plus voisin de la terre. [11] Élève ses desseins jusqu'au ciel de la lune, kégnier, Sal. xvi. || Les anciennes superstitions accordaient à la sorcellerie un pouvoir sur la lune. Ces herbes ne sont pas d'une vertu commune; Moi.même en les cueillant je fis pâlir la lune, corn. Médée, ii, 2. || Coucher à l'enseigne de la lune, coucher en plein air. || Quelques chiens aboient à la lune. {| Fig. et familièrement. Aboyer à la lune, crier contre une personne à qui l'on ne peut faire de mal. J'avais beau les ramener à l'impossibilité de chasser les jésuites; ils persistaient, le dirai-je, à aboyer à la lune, ST-siM. 403, 200. Le natif de Saint-Malo [Maupertuis] ne partit point pour la lune, comme il le croyait, il se contenta d'y aboyer, volt. Diatribe du docteur Àkakia. \\ Garder la, lune des chiens ou des loups, prendre une peine inutile. Bon Dieu I que serait-ce si nos malédictions étaient des arrêts! mais celui qui a gardé jusques à maintenant la lune des chiens, gardera bien les religieux des fulmina-tions de votre colère, garasse, Rech. des rech. p. 773, dans lacurne. || Il n'en est pas encore à faire la révérence à la lune, il n'est pas fou. |{ Ce cheval est sujet à la lune, voy. lunatique. || Confrère delà lune, mari trompé par sa femme, ainsi dit à cause des cornes de la lune. || Fig. Faire un trou à la lune, voy. trou. || Vouloir prendre la lune avec les dents, vouloir une impossibilité. Je crois que vous prendriez la lune avec les dents si tous l'aviez entrepris, voit. Lett. si. Prendre la lune aux dents serait moins difficile, la font. Cand. Vous savez que c'est un des plus honnêtes garçons qu'on puisse voir [un homme condamné aux galères pour avoir fait tenir une lettre à la mère de Fouquet], et propre aux galères comme à prendre la lune avec les dents, sÉv. 25 juin i67o. || Demander la lune, demander une chose impossible. || Fig. Pour cela il irait dans la lune, pour cela il n'est rien qu'il ne fît, même aller dans la lune, ce qui est impossible. Il Fig. Voir la lune A gauche, expression qui paraît signifier avoir des mécomptes. Montgobert m'a conté fort plaisamment les manœuvres de la belle Iris, et les jalousies de M. le comte [de Grignan]; je crois qu'il verra souvent la lune à gsuche avec cette belle, sév. < 4 fév. <880. Il Familièrement. C'est une lune, un visage de pleine lune, se dit d'une personne qui a le visage fort plein et fort large. || Fig. Vous êtes aussi lâches que la lune, qui n'ose se montrer que la nuit, BABŒUP, Pi'ècet, t. i,p. 2<2. Il 2» Lune se dit desphases ou différentes apparences qu'elle présente dans sa rotation autour de la terre. Le décours de la lune. Sur la fin de la lune. Au déclin de la lune. Le premier, le dernier quartier de la lune. Nouvelle lune. Pleine lune La lune est dans son plein. Je me purgerai après le plein de la lune, sév. 201. Voilà un commenceoient de lune qui pourra nous ramener du beau temps, iD. t*' mai loso. Et je gage que, quand nous avons pleine lune, c'est que toute la moitié lumineuse de la lune est tournée vers la moitié obscure de la terre, fonten. les Mondes, 2* lotr. Il L'âge de la lune, les jours qui se sont écoulés depuis la nouvelle lune. La lune a tant de jours. Quel quantième de la lune avons-nous î Faudra-t-il que M. le marquis se tue à calculer une éclipse, quand il la trouve à point nommé dans l'almanach,qui lui enseigne de plus les fêtes mobiles, l'âge de la lune et celui de toutes les princesses do l'Europe? volt. Jeannot et Colin. || 3* Clair de lune, clarté que la lune répand sur la terre. Au clair de la lune. Mon ami Pierrot, Vieille chansou populaire. Les belles soirées et le clair de lune me donnaient un souverain plaisir, sév. 305. Je suis sur que jamais clair de lune ne vous a autant affecté dans la nature que dans une des nuits de Vernet, uiDER. tetl. sur les sourds et muets. |{ Lune se dit pour clair de lune. Je fus avant hier toute seule à Livry me promener délicieusement avec la lune; il n'y avait aucun serein; je me suis fort bien trouvée do cette petite équipée, sév. 2(3. Je Tous assure, ma fille, que je n'y vais point [au serein] ....je résiste à la beauté de cette lune, avec un courage digne de louanges, lu. 307. || 4" Par extension. Lune se dit des satellites des autres planètes que la terre. Les lunes de Saturne. Pour peu qu'on entende les principes de la géographie et de la navigation, on sait que, depuis que ces quatre lunes de Jupiter
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sont connues, elles nous ont été plus utiles par rapport à ces sciences, que la nôtre elle-même, fonten. Préf. Util, des math. Les astronomes eussent eu beau découvrir de nouvelles planètes subalternes, ils n'en étaient plus touchés; les deux dernières lunes de Saturne, par exemple, ne les ont pas charmes ni ravis comme avaient fait les satellites de Jupiter, lu. Mondes, «• soir. \\ 5* Mois lunaire. X peine la quatrième lune Achève de faire son tour, malu. m, 2. Enfin nous éprouvons, à la neuvième lune. Avec pareil hasard différente fortune, mairet, Solim. i, I. Je suis ravi que le petit enfant se porte bien; Villebrune dit qu'il vivra fort bien à huit mois, c'est-à-dire, huit lunes passée.s, sév. 261. Je vous prie de compter les lunes pend.int votre grossesse; si vous êtes accouchée un jour seulement sur la neuvième, le petit vivra ; sinon, n'attendez point un prodige, id. 26). X la prochaine lune des fleurs, il y aura sept fois dix neiges et trois neiges de plus que ma mère me mit au monde sur les bords du Meschacébé, CHATEAUSH.AfaJa, le Itéctt des chasseurs. Cités [mahométanes] aux dômes d'or où les mois sont des lunes, v. hugo, Orient. 4 1 .|| Fig. La lune de miel, le premier mois de mariage. Zadig éprouva que le premier mois du mariage, comme il est écrit dans le livre du zend, est la lune du miel, et que le second est la lune de l'absinthe, volt. Zadi(j,i. Il Lune rousse, voy. roux. || 6° Familièrement. Caprice, par une métaphore tirée des changements perpétuels de la lune. Il a des lunes, il est sujet à des lunes, se dit d'un homme fantasque et inégal. Ces dames ont bon goût, et c'est la même lune Qui gouverne, je crois, le cerveau de chacune, dkncovRT, Mme Àrtus,v, i. \\ Prendre quelqu'un dans sa bonne lune, dans sa mauvaise lune, avoir afi"aire à lui quand il est de bonne humeur, de mauvaise humeur. || Avoir la lune dans la tête, un quart de lune, être un peu fou. jl 7° Nom d'une plaque de métal, qu'on met au devant et aux côtés de la tète des mulets d'équipage, et où sont gravées les arme» du maître. || 8° Se dit, à la paume, d'un trou placé au haut de la muraille qui est du côté du toit où l'on sert. Mettre dans la lune. || 9° Nom donné à l'argent par les alchimistes. {| Lune cornée, ancien nom du chlorure d'argent. Il Lune des philosophes ou lune vive, le mercure hermétique. || 10* Lune d'eau, nénuphar blanc. || 11* Lune de mer, poisson du genre tétrodon que l'on nomme aussi molle, meule et poisson d'argent. || 12° Papillon d'Amérique. Il 13» Crachat de la lune, voy. nostoc.
— HIST. XI* s. Claire est la nuit, e la lune est luisant, Ch. de TîoJ. CLXXX. Il xii* s. Souvent [il] depreia [pria] Dieu qui fist lune e soleil.... Roii, nu. p. 86, dans LACURNE. Il XIII* s. La lune est nouvele. Si croi que vous en aies Plus tcnre cervele. Ane. poés. franc. Yatic. dans lacurne. Mes cuers [mon cœur] cui procce faut. Descroit come lune, Ms. de Poés. franc, avant taoo, t. i, p. 391. dans lacurne. Il xv*s. Et puis entendons par l'argent Luna le métal noble et gent, La font, des am. de se. 4 14. Jene congnois plus faulse soubs la lune, cii. d'oh- LÉANS, Songe en compl. |{ xvi* s. Parrabere l'emporta [une place de guerre] sur le point de la lune que nous appelions des entreprises, et c'est après le dernier quartier, d'aub. Jlist. iii,243. Au raiz de la lune, id. ib. m, 266. Il ne fault qu'une heure oportune Pour biens et honneur acquérir. — Tu dis vray, il n'est heure qu'une; Maiss'el n'est prise enbonnclune. Plus n'j fault chercher ne quérir, roger decullerïe, (Jiuvr. p. 66, dans lacurne. L'amant espioit toutes commodiiez d'effectuer son dessein ; mais (Dieu garde la lune des loups) il profitoit autant que s'il eust lavé un corbeau pour le blanchir, yvm, Printemps, (' 70, dans lacurne. Voyant tous sos efTortssucceder ai à rebours, qu'il sembloit né à la quatrième lune, 16. f" 73. Nous participons tous de la lune, c'est à dire que nous .sommes fous en la chose où nous applicquons nostro fantaisie entière, paSouirh, Lctt. t. m, p. 841. Les biens do la fortune passent comme la lune, coTORAVR. Il n'y a point de danger, la lune est refaite, LEROLX DR LiNcY, Prov. 1. 1, p. 107. Je ne suys point clerc pour prendre la lune avec les dents, iiAU. II, *i. Je vis deux giborins à part sur Je haut d'une tour, lesquels faisoicnt sentinelle, et nous fui dit qu'ils gardoient la lune des loups, id. v, 22.
— ÉTYM. Picard, leune. Une; bourguig. leugne; provenç. Juna, lAuno ; catal. Uuna; espagn. et ital. luna; portug. lua; du lat. luna, syncope de Luci'no, nom de Junon ou de Diane présidant aux accouchements; lucina vientde iucere (voy. luire).
t LUNfi, KE (lu-né, née),od;. jj 1" Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un disque ou d'un croissant. Il Qui est écbancré en demi-luua. U Qtti porta
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une tache en croissant. || »• Qui a été exposé a 1 action de la luno ou plutôt de l'atmosphère nocturne. Il tje fer! n'est point dénaturé, il peut être forgé, au lieu que celui qui a été exposé à l'air pendant quelques siècles, et que les ouvriers appellent du fer luné, parce qu'ils s'imaginent que la lune le mange, ne peut ni se forger ni servir à rien, huff. Ilist. min. introd. Part. exp. Œuv. t. vu, p. 95. l|3'Fig. et populairement. Être bien ou mal luné, é Ire de bonne ou de mauvaise humeur (comp. lunatique, et LUNE, n'o).
— IIIST. XVI' s. D'oii pendoit un coutelas luné en façon d'une serpe, baîf, OEuv. p. 40, dans lacurne.
— STYM. Lit. lunatxii, de luna, lune, t t. LUXEL (lu-nèl), t. m. Vin muscat sucré,
ainsi dit do la ville de Lunel (Hérault). De l'excellint lunel.
t 2. LUNEL (lu-nM), î. m. Terme de blason, qui »e dit de quatre croissants appointés, comme s'ils formaient une rose de quatre feuilles.
— KTYM. Diminutif de hine.
t Llî.VKT (lu-né), s. m. Terme de pèche. Espèce
jde filet ou de truble pour prendre les chevrettes.
t LUNKTIÈRE (lii-ne-tiè-r'), «. {. Un des noms ■vulgaires de la biscutelle.
— ÈTY.M. Plante ainsi dite à cause de sa silicule composée rie deux loges orbiculaires ou Uwe.iles.
LUNKTTE (lu-nè-f), *. f. || 1° Anciennement, lunette de miroir, le verre étamé, la plaque de métal poli qui reflète les objets, ainsi dite à cause de la forme ronde de ces miroirs. || 2" Au 'plur. Nom donné aux deux verres de lunette qui, assembles dans une même enchâssure, peuvent être placés au devant des yeux ; ces verres sont plus ou moins convexes ou plus ou moins concaves, suivant que la vue est plus ou moins courte [myopie] ou, au contraire, plus ou moins longue [presbytie] ; la découverte de ce genre de lunettes est duc à Salvino Armato, de Florence, mort au commencement du xiv siècle ((317). Il Mettre ses lunettes, mettre les lunettes sur son nez. Vous m'alléguez mes lunettes, et il est vrai que je m'en sers depuis six mois et que j'en ai en écrivant ceci, voit. Lelt. <87. Surtout ello est pour les nez qui portent des lunettes, mol. l'Avare, ii, 6. Ne vous offensez pas, ma belle, si je viens à vous avec des lunettes.... c'est avec des ■ lunettes qu'on observe les astres; et je maintiens et garantis que vous êtes un astre, in. th. m, 9. Bonne maman, consolez-vous. Vous lisez encor sans lunettes, bKr. B.maman. || Voilà un beau nez à porter lunettes, se dit en se moquant d'un grand nez. || Fig. Mettez vos lunettes, se dit à quelqu'un qui n'a pas bien examiné quelque chose et à qui on recommande d'y porter plus d'attention Vous rêvez; Pour connaître vos gens mettez mieux vos lunettes, BEGNARn, UBal,ic. 13. Braque tes lunettes, vieux sire [Jupin],.Sur le front couronné par nous, bérano. Bdiefs. Il Fig. Il fallait chausser mieux ses lunettes, il fallait y regarder mieux, ne pas se tromper. Toutes ces galères qui ont fait partir M. de Grlgnan, sont devenues à rien; il fallait que M. de Janson chaussit mieux ses lunettes, sév. <2 juill. I690. || En un autre sens. Mettre, prendre des lunettes, se montrer sévère. Cet événement rendit leur cartulaire fort suspect, et fit mettre force lunettes pour l'examiner, ST-siM. 467, 252. |1 Fig. Il n'a pas de bonnes lunettfs, il a mis ses lunettes de travers, ses lunettes sont troubles, il ne voit pas juste dans cette aiïaire. || Quand il n'y a qu'un seul verre concave ou non, on le nomme verre de lunette, et lo;-gnon avec l'enchâssure. || Numéro d'un verre de lunettes, le nombre de pouces qu'a le rayon de la sphère dont le verre est un segment. Si par exemple on parle d'un verre convexe du n" 48, cela signifie que chacune des surfaces do ce verre forma un segment d'une sphère dont le rayon a 48 pouces d'étendue (le rayon se comptant en pouces d'ancienne mesure). S'agit-il du même numéro, mais d un verre concave, le rayon de la sphère est le même; mais il faut imaginer les deux segments creusés sur l'une de leurs faces et adossés par leur convexité, de manière à présenter une concavité vers l'œil et l'autre vers l'objet. U courlmre d'une sphère augmenLint en raison directe de la diminution de son rayon, il est naturel que le numéro dos lunettes, compté par le rayon, diminue avec leur puissance croissante, c'evt-à-diro que le verre du numéro le plus faible sera le plus puissant, et vice versa l 8* Instrument d'optique ort la lumière de l'objet •st transmise à l'œil par réfraction, et qui sert à éieudre le champ visuel ; la découverte, très-postérieure i celle des lunettes précédentes, en est attribuée k Zaeiarie Jansen, fabricant de conserves à
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Middelbourg; cependant Descartes, dans un passage cité ci-des.sous, l'attribue à Jacques Metius. Lunette convexe, lunette qui giossit les objets. Lunette concave, lunette qui diminue les objets. Il y a environ trente ans qu'un nommé JaC'jues Metius, de la ville d'AIcmaren Hollande.... ayant plusieurs verres de diverses formes.... les appliqua si heuleuseraenl au bout d'un tuyau, que la première des lunettes en fut composée, niîsc. IKoptr. l. Ces merveilleuses lunettes qui, n'étant en usage que depuis peu, nous ont déjà découvert do nouveaux astres dans le ciel, et d'autres nouveaux objets dans la terre un plus grand nombre que ne .wnt ceux que nous y avions vus auparavant, m. ib. Combien les lunettes nous ont-elles découvert délies qui n'étaient point pour nos philosophes d'auparavant! PAEC. Pms. XXIV, 3(1. |l Lunette à puce, s'est dit autrefois pour lunette grossissante. |1 Lunette d'approche, ou, simplement, lunette, lunette de longue vue, ou à longue vue, ou, simplement, longue-vue, lunette qui giossit on qui rapproche les objets. Vous devriez... M'ôter, pour faire bien, du grenier do céans Celte longue lunette à faire peur aux gens, MOL. /■'. sav. Il, 7. Cette lunette qui rapproche fort bien les objets de trois lieues; que ne les approcliot-elle (le doux cents! sRv. 233. Tout son globe [de l'œil] s'allonge ou s'aplatit selon l'axe c!e la vision, pour s'ajuster aux distinces, comme lesluncUesà longue vue, Boss. Connaiss. iv, ». [Hiiif-'hens] qui, après avoir mis les lunettes d'a])proclio il nslctat de perfeclion où nous lesvoyons,MAiRAN, ÉInge deHalley. Knse mettant dans l'obscurité, on peut, avec un long tuyau noirci, faire une lunstle d'appiwbe sans verre, dont l'elfet ne laisserait pas que d'être fort considérable pendant le jour, utiKF. IHst. vat. Homme, t. iv, p. 465. || Lunette de nuit, lunette d'approche qui permet de distinguer de loin les objets pendant la nuit. Les verres sjihériques larges sont très-bons pour faire des lunettes de nuit; les Anglais ont construit des lunettes de cette espèce, et ils s'en servent avec grand avantage pour voir i!e fort loin les vaisseaux dans une nuit obscure, bifp. Ilist. min. Intr. part. exp. OEnv. t. vu, p. 251. Une flotte anglaise enleva le convoi ; on avait espéré qu'il échapperait à la faveur de l'obscurité, mais il fut découvert par l'amiral Knowles, à l'aide d'une lunette de nuit, instrument qui commen(;ait alors à être connu en Angleterre, condorcet, d'Arci. \\ Lunette achromatique, lunette qui laisse voir les objets sans irisation. || Lunette d'opéra, lunette dont on se sert particulièrement dans les salles de spectacle. On dit aujourd'hui lorgnette. || Terme d'astronomie. Lunette méridienne ou des passages, celle qui sert à déterminer le moment précis oii un aslre passe au méridien de robscr^titcur. || Le petit bout de la lunette, le bout par lequel on regarde et qui rapproche les objets; le gros bout, le bout opposé, qui, quand on y applique l'œil, fait apparaître les objets très-éloignés. || Fig. Voir les choses par le petit bout delà lunette, les voir exagérées; par le gros bout, les voir moins importantes, plus petites qu'elles ne sont. J'admire comme on peut tourner uniquement sur une pensée, et comme tout le reste me paraît loin ; c'est bien précisément celte lunette qui approche et qui recule les objets, sèv. i 9 janvier I8S0. || Kig. On voit rarement les choses telles qu'ellessont, avec des lunettes de cent trente lieues [c'est-à-dire à une dislance de 130 lieues], volt. d'Argenial, 20 sept. \T!3 II Fig. Lunette se dit de ce qui augmente la j portée de l'esprit. Les idées moyennes sont les lu-
iieltes de l'esprit; une vue étendue se passe de ces lunettes, bonnet, OEuv. mêl. t. xviii, p. 33», dans POCGENS.Jl Fig..jescrvirdc la bonne lunette, voir favorablement. Vous savez comme elle [une dame] m'a toujours paru, et combien je vous conseille de vous servir en sa faveur do votre bonne lunette, sév. 229. Il 4° Au jeu de dame, mettre dans la lunette, placer une dame entre deux dames de son adversaire, en sorte qu'elle ne peut être prise ni par l'une ni par l'autre; locution tirée de la forme des lunettes qu'on met sur le nez. || Au jeu des échecs, donner une lunette, mettre son adversaire à même d'attaquer deux pièces avec un pion. || B" Lunettes do cheval, sorte de petits ronds de feutre qu'on met .sur les yeux d'un cheval vicieux ou troji gni. Il .S. f. Morceau de cuir ou d'étolTo, en forme de lunettes, qu'on faisait porter aux jeunes capucins pour les punir d'un regard immodeste. || 6° Terme du fortilication. Petite demi-luiie. |{ 7° Terme d'horlogerie. La partie d'une montre dans laquelle on met le verre. || Terme d'orfèvrerie. Pièce d'un ostensoir destinée à recevoir l'hostie. || 8° En termes d'architecture, petit jour réservi daiis le berceau
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d'une voûte. || Petite baie voûtée pratiquée dans les côtés d'une voûte. {| Lunette biaise, baie quî coupe obliquement le berceau d'une voilte. || Terme de plombier. Pelite fenêtre pratiquée dans les toits, et que l'on couvre en plomb. 119° L'cuverture ronde du siège d'un privé, ou d'une chaise percée. \\ Hond garni de bourre ou (le crin qu'on met sur une chaise percée ou non peicée, || lO'Trou carré qui fait parlia du tour. Il 11° Terme de marine. Cercle d'acier pour mesurer le calibre des boulets. || Mécai.i;;me destiné i arrêter un câble-chaîne. !| 12° Terme de verrerie. Can.al parle moyen duquel le fou du four échauffe les petits fourneaux adjacents. || Terme de raélallurgia. Lunettes de soufflets, doubles vcnlaux avec ventilions. Il 13* Lunette de chapon, de perdrix, etc. nom donné à deux os au-dessus de l'estomac du chapon qui représentent un compa': ouvert. ||14° Terme de maréchal. Fer à lunettes, fer de cheval dont on retranche la partie qui est vers le quartier du pied. Ferrer à lunettes. || Proverbes. Chacun voit avec ses lunettes, chacun a sa manière do voir, de penser. Il Bonjour lunettes, adieu fillettes, c'est-à-dire quand l'âge vient de prendre lunettes, il faut renoncer aux amourettes.
— HIST. XIV* s. La casse [caisse] qui soustiont la lunetle [le verre rond] du miroir, îlodiis, f° lxui. Pour un vericle oncerné en manière de lunette, piisé XX francs, de laborue, Émavx, p. tes. :!xv* s. Ung estuy de luneclcs pour monseigneur le duc d'Orléans, m. ib. Dos lunettes d'or garnies de boricles, iD. tft. Un mirouer d'or, dont la lunette est perdue et de l'autre cosléa una demoiselle cueillant fleurs en un jardin, m. 16. 3oo. Or, maintenantque deviens vieulx, Quand je lis aulivredejoye. Les lunettes prens pour le raieuix, Parquoy la leotra me grossoye,CH. d'orl. Bal. (39. l'olles amours fait les gens bestes, Salmon en idolatrya, Samson en perdit ses lunettes; Bien heureu.x est qui rien n'y a, VILLON, Double balladi: \\ xvi* s. Pour dix paires lie lunettes apportées à deux fois audit seigneur roy, audit lieu de Bar, dont y en avoit trois paires de cri.slal et les autres de heri!, de LAnoiiDE, Ji mou.r, p. 184. Ayant par artifice affusté ses lunettes, meuiement examiné et encore plus diligemment délibéré et decliifré par le menu les fautes et imperfections des ouvrages faits par Neptune et Pallas, noel di'faiL, Contes d'Eutrapel, ch. 27. [La lamie] ostoit de sa teste ses yeux exemptiles ^.•olllme lunettes , ra». III, 2R. Vous avez chaussé vos lunettes de travei-» [vous n'y voyez pas bien], oudi.n, Dict.
— ÉTV.M. Diminutif de lune, par assimilation de forme; boiir.c;. bignôle.
t H3NKTTÉ;, t.K (lu-nc-lé, téc), aiij. Terme de zoologie. Qui a les yeux entourés d'un cercle nu ou coloré. Il Qui porte sur la tête une tache en forma do lunette.
LUNErriER (lunè-tié ; l'r ne se lie jamais) , *. m. Il 1° Faiseur de lunettes. || 2» Adj. Qui porte des lunettes. || Par plaisanterie. La lunetticre [la femme portant lunettes], la font. Lun.
— iiiST. XVI' s. Itolin Marie, marchand lunetier demeurant près le Palais, me fit apporter sa fille, p,\RÉ, xxii, I. Je te donnerois, respond il le marchand, un coup d'espée sur cette aureille lunetiero [portant l'attache (les lunelte.sj, bab. iv, 6. ,
— ÉTYM. Lunette.
f LUNICOLE (lu-ni-ko-l'), s. m. Habitant supposé de la lune. U sera do l'évidence la plus |iarfaile que, chez de tels lunicoles, la relation de père et de fils différera prodigieusement de celle qui a lieu parmi les hommes, bonnet, OEuv. mH. t. xviii, p. «29, dans poucens.
t LUNIFORME (lu-ni-for-m'), a(i;". Qui a la forme d'une lune, d'un croissant. |{ Terme de diplomatique. Lettres luniformes, caractères dont tous les jambages sont recourbés en croissant. || Sigma luniforme,
VOy. LUNAIRE.
— ÉTYM. Lune, et forme.
LUNI-SOLAIUE (lu-ni-so-lê-r'), adj. Terme d'astronomie. Qui tient do la lune et du soleil. Cycle luni-solaire. |{ Année luni-solaire, année calculée sur la révolution de la lune et celle du soleil. Les années des Athéniens étaient luni-solaires ; et c'est pourquoi on les faisait tantôt de douze lauliit d* treize lunaisons, de manière à faire coïncider lt< années au bout de dix-neuf ans. || Période lunisolaire, période do 532 années, produit du cycle ild la lune (I9ans) multiplié par celui du soleil {i» ans) Un dit aussi période dionysienne.
— t:r\M. Lune, et. soleil. -3
t LUNULAIUE (lu-nu-lé-r*), adj. Qui a la foniio d'une lunule.
LUNULE (lu-nu-1'), (. f. || 1* Nom donnt aux s«'^