II. — k
Lit
poli, *dai, ustensile portant plusieurs lumières; et, comme lustre, espace de cinq ans, tient aussi à hutrare, on Toit que lustre tient à luslrum par l'intermédiaire de lustrare. Luslrare, dénominatif de lustrum, tient par le radical à luo, lavo, laver. î. LUSTKK (lu-str'), t. m. Il 1° Terme d'antiquité romaine. Epoque du cens qui revenait tous les cinq ans. Il 8" Espace de cinq ans. Et depuis quatre lurtres Mon trône n'est fondé que sur des morLs illustres, corn. Héracl. i, ). Deux lustres de guerre, iD. Sert. Il, •• Maintenant.... Que mon âge.... Bientôt »'en va frapper à mon neuvième lustre, BOIL. Ëp. V. La bonne dame a douze lustres accomplis; son mari vient de mourir; elle veut se retirer dans un couvent, afin, dit-elle, que sa réputation soit à l'abri de la médisance, le sagk. Diable boit. ch. 10, dans pougens. Le Protecteur [Cromwell] vécut l'âge des hommes de sa nature; leur règne le plus court est ordinairement de neuf à dix ans, et le plus long de vingt à vingt-deux.... il se peut faire que la force physique d'un homme placé au plus haut point des révolutions se trouve épuisée dans une période de trois ou quatre lustres, cn\- TEAUB. Stuartt, Protectorat.
— IIIST. XIV* s. Lustre esloit une manière de sacrefice ou de purification que l'en fesoit sur tout le peuplede cimiansencinqans, bercheuhe, f" inversa.
— ÊTYM. Lat. lustrum, sacrifice expiatoire pour le cens, de lustrare, purifier (voy. lustre i ).
LUSTRÉ, ÉE (lu-stré, sirée), part, passé de lustrer. Il 1° Oui a passé par le lustre. Êtofle lustrée. Il Percale lustrée, percale qui a reçu un apprêt qui la rend luisante et ferme. || Par extension. En classe, un banc de chêne, usé, lustré, splendide. Une laljle, un pupitre, v. hugo, ks Rayons et les ombres, xliv. Il 3 ' Oui a du lustre. Le soleil n'altère pas le tissu gcrré et lustré de la surface supérieure des feuilles,. BONNET, Us. feuilles plant. B' rne'm. Sa robe [du chpvreuilj est toujours propre, son poil net et lustré, BUFF. More, choisis, p. 1 7S. Les pennes et les grandes couvertures de l'aile sont d'un noir lustré de vert, m. Ois. t. XIII, p. *oi. Pendant des heures entiires mon attention charmée se fixait sur les œufs brillants et lustrés des oiseaux, cap. Àudubnn, p. ♦.
LUSTHKR (lu-stré), t). a. \\ l' Donner du lustre à un objet. Lu<itrer une fourrure. 11 [le lapin] les prend [ses petits] entre ses pattes, il leur lustre le poil, il leur lèche les yeux, et tous, les uns après les autres, ont également part à ses soins, blff. Qtiadnip. t. ii, p. 428. || Lustrer une glace, la rechercher avec le lustroir, après qu'on a achevé de la polir. Il 2" Se lu-ttrer, ti. ré/l. Rendre lustré son pi)il. Les chats se lustrent en se léchant. || Être lu-itré. Ce tissu se luslre facilement.
— HIST. xvT s. Il faut par long travail se purger et lustrer De nuict en leur fontaine [des MusesJ avant que d'y entrer [dans leur temple] , nONS. 660. Quand ils ont rompu ou frappé trop avant quelque partie d'une statue, ils la polissent et la lustrent puis après, AMYOT, Comm. discerner le flatteur de l'ami, 63.
— ÊTYM. Lat. luslrare, purifier, éclairer, et, par conséquent, lustrer (voy. lostke i).
t LUSTRECU (lu-slreur),ï. m. Ouvrier qui lustre ou apprête les étoffes, cuirs, chapeaux, fourrures. Lustreur en pelleteries.
LUSTRINE (lu-stri-n"), s. f. Etoffe, espèce de droguetdesoie. 1| Étoffe de coton fortement apprêtée et lustrée. Une doublure de lustrine. Lustrine verte.
— ÊTYM. Lustrer.
t LUSTROIR (lu-stroir), s. m. Petite règle dont on se sert pour lustrer les glaces après qu'elles ont été polies, et pour enlever les taches qui ont échappé au polissoir. ]] Chapeau, feutre pour nettoyer lei glaces, les polir; dit aussi molette.
+ LCSTUCRU (lu-stu-kru), t. m. Terme populaire. Pauvre diable, ou homme ridicule. Du pied d'un arbre que j'ai vu. Qu'avait planté ce lustucru, poisson, Sol vengé, dans le roux, Diction, co nique. || Le père Lustucru, personnage de fantaisie qu'on met volontiers en regard de la mère Michel. C'est la mère Mieiiel qui a perdu son chat, Qui crie par la fenêtre qui le lui rendra! Le père Lustucru lui a répondu : Aller, la mère Michel, vot'chat n'e"t pu perdu I
- ÊTYM. Wall, lustucru, enfant remuant, tapageur; Htm.lustucru, niai», imbécile. D'après l'Histoire du Théâtre français, t. vin, p. sjs, Lustucru était le nom d'un acteur comiqur. Il est po«silile
rourt-int que lustucru ne soit pas autre chose que eusses-tu crut phrase trailitionnelle du niais de théâtre, qui dit i la nouvelle épouse : Veusset-tu cru ? LUT (lut'), s. m. Enduit tenace qui sert à bouclier •n Ta»e. || Lut d'tnande*, lut fait avec le tourteau
exprimé de» amandes, qu'on pulvérise, et qu'on incorpore avec suffisante quantité de colle d'amidon pour lui donner la consistance d'une pâle ductile. il Lut gras, lut fait avec la terre glaise séchée et pulvérisée, et l'huile de lin cuite avec un tiers de son poids de litharge. || Lut de chaux, lut préparé en mettant dans un mortier ou une capsule un blanc d'oeuf avec un peu d'eau, ajoutant de la chaux délitée par le moyen de l'e:iu et pulvérisée ; on l'étend sur des bandes de toile qu'on emploie aussitôt. Il Lut terreux, lut fait avec de la terre à four dctrempée et mêlée de crottin de cheval ou de bourre hachée : on s'en sert pour recouvrir les cornues de verre ou de terre cuite destinées à être exposées au feu du réverbère. || Terme d'alchimie. Lut de sapience, sceau hermétique qui se fait en fondant le i)out d'un madras de verre au feu de la lampe, et en le tordant avec la pince.
— HIST. xiv s Comme le lut qu'ung potier
l'orne à quanque est de son mestier, Nat. à l'alch. err. <8t.||xvi's. La bouteille sera bien esloupce par dessus avec linges, coton, fil, trompés en lut fait de blanc d'œuf et farine, paré, xxvi, 7.
— ÉTYM. Provenç. lot, limon; catal. Ilot ; espagn. lodo; ital. loto; du lat. lulum, limon, boue. Comparez le haut allem. leddo; suédois, ledja, limon.
t LUTATION (lu-ta-sion), s. f. Terme de chimie. Action de luler.
— f.TYM. Luler.
LUTÉ, ÉE (lu-té, tée), part, passé de luter. Un vase bien luté.
t LUTÉO-GALLIQUE (lu-té-o-gal-li-k"), adj. Terme de chimie. Acide lutéo-gallique, principe colorant jaune de la noix de galle.
— f.TYM. Lat. luteus, jaune, et galle 4.
t LUTÉOLÉINE (luté-o-lé-i-n'), s. f. Terme de chimie. Principe jaune d'or des rescda luteola, L., scrraUila lincloria, L. et genisla tinclorîa, L.
f LUTÉOI.INE(lu-lé-o-li-n'),s. /'.Termede chimie. Corps cristallisable, incolore qui se trouve avec la lutéolcine.
LUTER (lu-té), V. a. Fermer avec du lut. Luler une cornue.
— lilsT. xvi* s. Au bec dudit alembic sera .iccomraodé un tuyau d'estain ou de fer blanc bien lulé avecques le lut de sapience, paré, xxv, i2.
— ÈTYM. Lut.
t LUTETIA (!u-té-sia), s. f. Petite planète découverte à l'observatoire de Paris en <8B2.
— ÊTYM. Lat.iuteti'o, ancien nom de Paris. LUTU (lut'), »-. m. ||1* Instrument do musique
à touches comme la guitare, mais avec quelques cordes en dehors du manche, qui ne sonnent qu'à vide; on en joue en pinçant les cordes. Prends ton lutli, cher Orphée, et montre à la déesse Comliien ce doux espoir charme notre tristesse, corn. Toison d'or, 1, B. Elle donnait souvent chez elle des concerts, on y venait admirer son luth, son clavecin et sa beauté, volt. Mél. litt. sur Mlle de l'Enclos. 11 [Néron] chantait sur un luth l'embrasement de Troie, LF.GonvÉ, Épich. et Nér. l, <. ||Luth théorbe, sorte d'instrument. t4 novembre (684 : Au souper du roi il y eut un petit concert de trois luths théorbcs, qui sont des instruments fort ressemblants aux arcliiluths d'Italie, dangëau, i, 70. || Fig. Marier le luth avec la voix, à la voix, faire aller en.semlile deux choses. Nous lisons Abbadie et l'Histoire de l'Église ; c'est marier le luth à la voix, s*v. 21 déc. IC8». Elle [Mme de Marans] mariait le luth avec la voix, et le spirituel avec les grossièretés qui font horreur, in.H. mai (672. [j 2* Fig. L'inspiration , le talent poétique, en des genres moins élevés que ceux que l'on désigne, figurément aussi, par la lyre. Accorder son luth. Un luth harmonieux. Sur le luth de David on chantera leurs vers, régnieh, Sal. ix. Poète, prends ton luth, et me donne un baiser, MUSSET, Poés. nouv. Nuit de mai. || 3° Un des noms d'une sorte de tortoe, la mercuriale (chéloniens).
— HIST. xm* s. Harpes et gigues et rubebes; Si r'a guiternes et leUs, la Base, 21287. ||xv' s. Au quel csbatement icclhii de Beaumont avoit joué de l'instrument du lou, duquel il se scet aucunement entremettre, du cange, lautus. Le varlet d'icelui aveugle, qui en sa main portoit un instrument nommé luz, m. ib.
— ÊTYM. Provenç, laut, lahut; anc. cat. llahut; espagn. laud; portug. laude et alaud; ital. leuto, tiulo; allem. lAule; de l'ar.ibn al Hd, le luth. La forme portugai.se alaud imlique l'origine arabe.
LDTUÉRAMSME (lu-téra-ni-sm'), ». nv. Doctrine de Luther, religion des luthériens; elle rompt les liens avec le pajie, établit que l'Ecriture est la seule règl* des fldé'*^ et que les péchés sont remis
LOT
non par les sacrements, mais par la foi. D'oii est venue cette confusion qui a paru de tout temps dans le progrès des hérésies et qui fit en particulier du luthéranisme un monstre à cent tètes par la diversité des factions qui le partagèrent? iiOURD. Carêmj, Sur la paix chrétienne. Daniel ajoute que François I" dit publiquement qu'il ferait mourir ses propres enfants s'ils étaient hérétiques ; cependant il écrivait dans ce temps-là même à Mélaiichthon, i'un des fondateurs du luthéranisme, pour l'engager A venir à sa cour, volt. Mœurs, (25.
— f.TYM. Luthérien.
\ LITIIEHIË (lu-terie), s. f. État du luthier. jl Fabrique, m.ig.isin d'instruments à cordes.
— ÊTYM. Luthier.
LUTHÉRIEN, lENNE (lu-té-iiin, riè-n'), adj. [| 1" Conforme à la doctrine de Luther. Les dogmes luthériens, Boss. «• OfcrJ. 111, 38. Il 2° S. m. et f. Luthérien, luthérienne, celui, celle qui suit la (biclrine de Luther. Les luthériens, qui étaient la lige de la réforme, BOss. 6' avert. m, 4. Quel funeste contraste, de faire brûler à petit feu dans Paris des luthériens parmi lesquels il y avait des Allemands, et de s'unir en même temps aux princes luthériens d'Allemagne! volt. Mœurs, «25.
— HIST. xvi* s. Telles manières de gens avoient esté appeliez, de nostre jeunesse, luthériens à cause de Martin Luther, depuis calvinistes, et d'un mot gênerai sacramentaires, pasquier, Recherches, liv. viii, p. 738, dans lacurne.
— ÊTYM. Luther, nom de l'Allemand qui a commencé le protestantisme en Europe.
t LUTHÉRO-CALVINISTE (lu-té-ro-lial-vi-ni-sf), s. m. Celui qui unit la doctrine de Luther et celle de Calvin. || On dit dans un sens analogue lulhérozwinglien. || Luthéro-papiste, se dit des luthériens qui excommuniaient les sacramentaires.
fLUTHEUX(lu-te(J),î. m. Alouette lulu (voy. LULu).
LUTHIER (lu-tié ; Vr ne se lie jamais ; au pluriel, \'s se lie : des lu-tié-z habiles), s. m. Fabricant d'instruments de musique non-seulement à cordes, mais encore à cuivre, par opposition à facteur de pianos et de harpes.
— f.TYM. Luth.
LUTIN (lu-tin) , s. m. || 1° Espèce de démon qui vient la nuit tourmenter les hommes, et qui est d'une nature plutôt malicieuse que méchante. En cherchant la cause de cela, je ne veux pas, mademoiselle, soupçonner de vous rien de mauvais, ni remarquer que cela est assez étrange, que l'heure des lutins soit la vôtre, voix. Lett. 6l.Jevais,corrinio un lutin, deçà delà courant, Régnier, i^k'gi'e il. Vous verriez.... Quel lutin est l'amour quand il est dans un cœur! hal'teroche, Crispin music. i, (i. De telles naïvetés (jui succèdent à la belle scène de l'entrevue de Pompée et de Sertorius, justifient ce que Molière disait de Corneille, qu'il y avait un lutin qui tantôt lui faisait ses vers admirables, et tantôt le laissait travailler lui-môme, volt. Comm. Corn. Rem. Sertorius, m, 4. D'un lutin c'est tout l'esprit, C'est un coeur de tourterelle, bérang. Margot. || Il ne dort non plus qu'un lutin, se dit d'un homme fort agis.sant, qui donne très-peu de temps au sommeil. Il 2" Fig. Personne et surtout enfant vif, espiègle et tourmentant. Ce petit lutin met toute la maison en désordre. || 3° Adj. Lutin, lutine, éveillé, agaçant Cette actrice a une figure lutine.
— REM. On a dit luilon, qui est la forme archaïque, jusque dans le xvii' siècle : Notre ami monsieur le luilon, la font. Ch. imposs.
— HIST. xiii's. Diable semble ou luitonsou maufez [démon], GuiU. au court nez, dans ménage. Nuitoii, PIIIL. MOUSKES, II, p. 478. || XIV' S. Sire,che [ce] dist li prestrez, si ait m'ame pardon, Ch'est par enchantement de deable ou de luilon, Raud. deSeb. viii,8b«. Il XV' S. Lors laisseront li vieillart ce lutin (la passion des femmes); Mais je me doubt que ce ne soit trop tart, E. descii. Poésies mss. (' 206. Quelle chose est ung luiton, dist Estonne. Sire, dist Narcis, c'est ung esprit qu'on ne peult veoir et se délecte à decepvoir les gens, Ferceforest, t. ii, f' is. || xvi' s. C'est un luiton ou diable dcgui.sé, rab. i, 36. Ces misanthropes et lutons, pasquikr, Lett. f. I, p. 4 80 Ce n'est qu'aux lutins de luicter les morts, mont. m, <(ï.
— ÉTYM. Norm. lutine, dame blanche, revenant; wallon, hlton , nlîton, nuton. Origine inconnue. La forme la plus ancienne est luiton ou nuiton. Friscn le tire de l'allemand Ixiut, son, bruit; Grimm, du latin iuctoî, deuil; mais le lutin n'est pas un démon de deuil. La forme nuiton a suggéré l'étymnlogie de nuit; de sorte que les lutins seraient les démwis do la nuit; la transformation d'n en l u'cït ja»