I. MAjrGE-TOOT (man-je-tou), i. m. Celui qui
dissipe son bien, un prodigue.
— ÉTYM. Manger, tout, i î. MANGE-TOUT (man-je-tou) , ». m. Pois et
haricots cultivés dont on mange les cosses vertes
avec le grain tout formé. ||.4up(ur. Des mangetout.
UANUSDB, EUSE (man-jeur, jeû-i'), l. m. el f.
Il 1° Celui, celle qui mange. Par lui [l'amour] les loups deviennent des moutons; Il fait si bien que l'on n'est plus le même. Témoin Hercule, et témoin Polyphême, Mangeur de gens.... la font. Court. Le sens de la présence réelle nous conduit à des prodiges, à renverser les lois de la nature.... à nous rendre mangeurs de chair humaine, jubieu, dans BOss. 6* avert. 30. Il [un synode] conclut que la doctrine des luthériens, qu'il appelle de grossiers mangeurs de chair humaine.... BOSS. Euchar. ii, 9. Polyxène et Apiciun portaient à la table bien des sensations inconnues à nous autres mangeurs vulgaires, montesq. Goût, délicatesse. || Qelui, celle qui est dans l'habitude de manger beaucoup. Mme de Saint-Géran était mangeuse, aimant la bonne chère, st-sim. 42, 247. || Un gros mangeur, celui qui mange beaucoup. Un petit mangeur, celui qui mange peu. Les Grecs croyaient que les hommes des temps héroïques étaient plus grands, et Homère les fait grands mangeurs, fleury, Mœurs des Israël, titre iv, < '• part. p. 29, dans pougens. Le plus plaisant c'est qu'elles s'imaginaient elles-mêmes être de très-petites et très-sobres mangeuses, MARiv. Pays. part), t" part. |{ Mangeur de pommes, se dit des Normands par plaisanterie, la Normandie abondant en pommes. || Fig. C'est un mangeur de viandes apprêtées, se dit d'un fainéant, aimant à bien vivre sans se donner de la peine. |1 On a dit dans un sens analogue: mangeur de pain mollet. Tant de fainéants soi-disant abbés et tant de mangeurs de pain mollet, Anti-Uenagiana, p. 233. || Fig. Un mangeur de charrettes ferrées, de petits enfants, un fanfaron. || 2° Fig. et familièrement. Un mangeur, un prodigue, un dissipateur. || 3° Fig. Celui qui gruge les autres, qui vit à leurs dépens, qui leur extorque leur avoir. Les partisans et autres mangeurs du peuple, gui patin. Lettres, t. ii, p. 404. 11 leur apprit à leurs dépens, Que l'on ne doit jamais avoir de confiance En ceux qui sont mangeurs de gens, LA font. Fabl. x, 4. Nous ne trouvons que trop de mangeurs ici -bas; Les uns sont courtisans, les autres magistrats, id. ib. xii, 43. |{ Un mangeur de chrétiens, un homme qui vexe, qui tourmente les autres. || 4° Fig. Mangeur de livres, un homme studieux. || Un mangeur de crucifix, un mangeur d'images, un mangeur de saints, un bigot, un faux dévot. Il B° Terme d'ancienne jurisprudence. Homme que la justice envoyait en garnison dans les maisons des débiteurs, pour y vivre aux frais de ces derniers, jusqu'à l'entier payement. || 6° Mmgeur de fourmis, le fourmilier. Les mangeurs de fourmis dont le corps est couvert de poils ne se trouvent que dans les parties méridionales du nouveau monde, BUFP. Qitadrup. t. iv, p. 68. || Mangeur de pierre, petit ver qui se trouve dans l'ardoise. || Mangeur de poire, petite chenille. || Mangeur de riz, l'ortolan riz et un gros-bec. || Mangeur de vers, espèce de fauvette. || Mangeur de noyaux, gros-bec.
— HIST. xiif s. Je ne di pas ce soient li frère prcscheor; Ançois sont une gent qui sont bon pescheor [pêcheurs]. Qui preiient tel poisson dont il sont mengeor, rutkb. 178. || xvi* s. C'estoit un mangeur excessif, oesper. Contes, lxxv. Aux emprunts de ville, quand on ne paye à jour nommé ce à quoy l'on est cottizé, l'on envoyé aux maisons des garnisons d'hommes que l'on appelle mani,'eurs, PASQUIER, Lettres, t. i, p. r.29. Un fierabras, un rodomont, un taillant, fendant, mangeur do charrettes ferrées, id. ib. t. i, p. 570. Los cordeliers et les autres moines ensemble, tous les mangeurs de crucifix, H. est. Apol. d'ilérod. p. 33).
— ETYM. Prov. manjaire, manjadnr; cat. menjador; ital. manffio(orc ; voy. manokr. Le prov. wio/ïjaire, le français mangere est le nominatif; manjadnr en prov. et mangeor en françaises! le régime.
MANGEURE (man-ju-r'), s. f. \\ 1* Endroit mangé d'une étofl'e, d'un pain, etc. Mangeure devers. Mangeure de souris, jj 2° Terme de vénerie. Pâture du sanglier ; pour code du cerf on dit viandi».
— HIST. ivi* s. Mangeure, cotobave.
— ETYM. Manger.
I MANGIEK (man-jié), /. m. Voy. manouieb. t MANGLK (man-gl'), x. f. Fruit du palétuvier.
Il Quelques-uns le font masculin.
t MANGLIER (man-gli-é), /. m. Arbre peu élevé, de la famille des rhizophorées, se trouvant dans les lagunes et les plages maritimes do rAracrique intertropicale et du Malabar. On le nomme aussi palétuvier.
t MANGONNEAU (man-go-nô), ». m. || 1* Terme d'art militaire dans le moyen âge. Machine à lancer des pierres et des dards. La pierrière se distinguait du mangonneati, en r4 «tue l'une lançait de
grosses pierres, et l'autre, de petites ; c'est ce que dit au XII' siècle Guillaume le IJreton dans sa Philippéide, liv. vu. || 2" Les dards eux-mêmes lancés par cette machine.
— HIST. xiii* s. Sachiés qu'il portèrent es nés [dans les vaisseaux] perrieres et mangoniaus plus de trois cens, villeh. xliv. Pierres de Braiecuel fu férus d'une pierre d'un mangonel au front, si qu'il dut estre mors, id. cliii. Puis ont prises les testes de la gent mescreant; Au mangonel les metent no chrestien vaillant ; En la cité de Nique les jetent en lançant, Chans. d'Antioche, ii, 868. || xv* s. Ces engins jetoient nuit et jour pierres et mangonneausà grant foison, qui enfondroient et abatoient les combles des tours, froiss. i, i, (15.
— ÉTYM. Prov. mangancl, manguanel, mangonelh;ilail.mangano,manganeUo; diminutif du baslatin vianganum, qui vient du grec liâyYavov, lequel signifie art, artifice, prestige et machine de guerre.
t MANGOSTAN (man-go-stan) ou MANGOUS- TAN (man-gou-stan), s. m. Nom d'un arbre des Moluques {garcinia mangostajia, L.).
t. MANGOUSTE (man-gou-st), s. f. Nom sous lequel Bufi'on a décrit l'ichneumon de Pharaon (mammifères digitigrades), appelé absolument l'ichneumon ; il se trouve en Egypte, et se nomme aussi rat d'Egypte, rat d'Inde, rat de Pharaon, legoarant. La mangouste était en vénération chez les anciens Égyptiens, et mériterait encore bien aujourd'hui d'être multipliée ou du moins épargnée, puisqu'elle détruit un grand nombre d'animaux nuisibles dans le sable, buff. Quadrup. t. vi, p. (44.
t 2. MANGOUSTE (man-gou-sf), s. f. Fruit du mangoustan, de la grosseur d'une petite orange, el renfermant une pulpe blanche, molle, fondante, d'une saveur sucrée légèrement acidulé, avec le parfum de la framboise.
4 . MANGUE (man-gh'j , s. f. Le fruit du manguier : il est savoureux et d'une odeur agréable ; quelquesuns le comparent à la pêche.
t2. MANGUE (man-gh'), s. f. Genre de carnassiers voisin des mangoustes. La mangue habite les côtes occidentales do l'Afrique et principalement Sierra-Leone.
MANGUIER (man-ghié; l'rne se lie jamais), s. m. Grand arbre à cime étalée, que l'on cultive aux In« des, au Brésil, et à la Guyane {mangifera indica, L.), famille des térébinthacées anacardiées.
f MANI (ma-ni), s. m. Arbre de la famille des guttifères, originaire de la Guyane, dont découle une résine servant à faire des torches et à goudronner les barques.
MANIABLE (ma-ni-a-bl'), adj. \\ 1* Qui est aisé à manier, qui se prête à l'action de la main. Drap doux et maniable. Cet outil est trop lourd; il n'est pas maniable. || Terme de marine. Vent, temps maniable, celui qui permet au bâtiment toute espèce de manœuvre. Un cordage, une toile sont maniables quand ils sont souples. || Demi-cercle maniable, celle des doux moitiés d'un ouragan qui est la moins violente; l'autre moitié s'appelle demi-cercle dangereux (voy. ouragan). || 2° Qui est aisé à mettre en œuvre. Fer maniable. || 3" Fig. Qui se laisse manier, qui se prête au commerce de la vie. Cet homme est maniable. Son caractère n'est pas maniable. || 4° Une langue maniable, une langue qui se prête à l'expression de la pensée. Ja voudrais que ma langue française pût avoir cette flexibilité et cette fécondité [de la langue italienne] ; elle y parviendra peut-être un jour, puisqu'elle est devenue assez maniable pour rendre les beautés de Virgile sous la plume do M. Delille, volt. le». Medint, 9 déc. <774.
— HIST. XII* s. Se il [les nobles] nous voilent [veulent] guereier. Bien avum contre un chevalier Trente ou quarante palzans Maniables et corabalans, flou, 5875-8074. Il XVI* s. Les biens es.sentiels, maniables et palpables, mont, ii, 204.
— ETYM. Manier i.
t MANIACAL, ALE ( ma-ni-a-kal , ka-l'), adj.
Terme de médecine. Délire maniacal, espèce de délire violent.
— ETYM. Maniaque.
t MANIAGE (ma-nl-a-j'), ». m. Action do manier
l'argile pour en faire dos boulcspropres à être moulées.
— ETYM. Manier.
MANIAQUE (ma-ni-a-k'), adj. || 1* Possédé de
manie. || Substantivement. Un maniaque, une mani.-ique. [Novion] C'était un dangereux maniaque qui a laissé maints monuments de folie, st-sim. i74, (7. Il 2* Qui est livré à des habitudes bizarres contraires à la raison. II est maniaque. || Substantivement. C'est un maniaque. 1| U se dit des chose»
MAN
en ce senj.Leducde Saint-Simon, plein d un mépris mania.iuo pour la robe, ne vovail qu'avec dtpit la considération du rcgcnt pour le parlement, duclos, Htm. rég. (Xuv. t. v, p. 344.
— IIIST. xvi* ». I!iontou3t y doivoyt advoler une fiiiesme espèce [d'oiieaux, dans l'île Sonnante], .esquelz il nommoyl capucingaux, plus tristes, plus maniacques et plus fascheux que espèce qui réust en toute Tislc, rab. v, 3. Quelle hardiesse et maniacle confiance feul ce, de.... mont, m, 172. l'ar le vice de la faculté animale, comme l'on voit aux maniaques, léthargiques.... paré, iv, 6I.
— ETVM. Provenç. maniayc, maniac; espagn. et ital. maniaco: du lai. moniocuî, de mania, manie.
MANICHÉEN, ENNE (ma-ni-ché-in, è-n"), s. m. et (. Il 1* Celui, celle qui adopte la doctrine de Mânes, suivant lequel il y avait deux premiers principes, un bon et un mauvais. Il ne faut pas ignorer tout à fait ce que c'était que les manichéens : toute leur théologie roulait sur la question de l'origine du mal; ils en voyaient dans le monde, et ils en voulaient trouver le principe: Dieu ne le pouvait pas être, parce qu'il était infiniment bon; il fallait donc, disaient-ils, reconnaître un autre principe, qui, étant mauvais par sa nature, fût la cause et l'origine du mal, boss. Yar. xi, Uisl. des noue, matiifA. La guerre meurtrière est tellement le partage affreux de l'homme, qu'excepté deux ou trois nations, il n'en est point que leui-s anciennes histoires ne représentent armées les unes contre les autres.... manichéens, voilà votre excuse, volt. Uict. jihil. Guerre. |) Familièrement. Cela me ferait ■levenir manichéen, se dit de quelque catastrophe qui fait penser qu'un mauvais génie gouverne la moitié du monde. || i' Nouveaux manichéens, nom qu'on a donné aux Albigeois. On ne les appela manichéens que pourleur donner un nom plus odieux ; car ni eux ni leursjugcs ne pouvaient guère connaître la philosophie du Persan Manès, volt. Mœurs, 45. || 3" Adj. Oui appartient aux manichéens, au manichéisme. 11 suffit que cette hérésie d'Orlé.ins dont Etienne fut l'un des auteurs, dont le roi Robert vengea les excès, et dont Glaber nous a raconté l'histoire, soit reconnue pour manichéenne par Vignier, BOss. Yar. XI, llist. des nouv. manich.
— £TYll. Mayi/afo;, nom que les Grecs donnaient i Manés ; il vécut dans le m' siècle de notre ère, et fut l'auteur d'une secte chrétienne où figuraient le: deux principes du bien et du mal. D'après Beausobre, llist. du manich. t. I, p. 7( et 7:!, il est probable qucMàvr,{etMavt/3io;ne sont que deux formes d'un même nom sémitique Uanem, Unnaem, Manai\em; c«r on croit que cet hérésiarque était de la Chaldée.
MANIClIf.ISMB (ma-ni-ché-i-sm'), s. m. Doctrine des manichéens. Saint Augustin, avant sa convergion, a professé le manichéisme.
HAMCIIOItUION (ma-ni-kor-di-on),t. m. || l'Ancien instrument de musique, qui s'appelait autrement épinette sourde, et qui n'était elTectivement qu'une sorte d'cpinette à soixante-dix cordes, revêtue de drap, depuis les mortaises des sautereaui jusqu'au clavier, pour rendre le son plus doux en l'étouffant. Epinettes, manicordions et autres instruments. Tarif, 48 sept. <B64. || 8' Fil de laiton qui enchaîne, de distance en distance, les fils dont s« compose la forme du fabricant de papier.
— E rVM. Provenç. manicorda ; espagn. manicordia ; ital. monocordo; du lat. monoc/tordum, instrument à une seule corde, de |a6vo;, unique, et yofiirt, corde. Par une fausse relation à manuj, main, selon Diez, on en a fait en espagnol manicordio, et en français, manichordion. 11 est étrange que le nom d'un instrument & tant de cordes dérive lie celui du monocorde; pourtant la transformation (le mono en mani est attestée : manicorda ab una cotda.dit le Lexique de Hajnouard.
MAMCI.K (ma-ni-kl'), ». f. Voy. manioue. tMAM(:o.\iE(ma-ni-ko-m'),».m.HôpiUld'aliénés.
— f.TYM. Mnvia, manie, et xo|i(tv, soigner.
t MA!>il<X)KliK (ma-ni-kor-d'), ». m. lerme de musique. Le même que manichordion,
t MASICOU (ma ni-kou), i. m. Un des noms vulgaires du didelphe k oreilles bicolores, dit aussi rat iMolcoa, opossum, et qu'on a confondu parfois avec lediilelphe marin, appelé marmosc, lkgoarant.
■t IIA»IClJLE(m»-ni-ku-l'),#./'.Noni donné parquelque« loologiitei au pied de devant d'un mammifère.
— tTYN. Diminutif du lat. iminiu, main.
«. llANJK(ma-nie), ». /. || f Egarement d'espriu I)«puis que parmi nous leurs bruules man ies [des sec- Uiret) Ne cauMotquedei pleurs, malh. ii, i i. Haudite u[ilNUoB,iUtaMkbU nuake, COM. Cid, u, s. Ainsi sans
MAN
m'aveugler d'une vaine manie, boil. Disc, au roi. Quelle étrange manie Vous peut faire envier le sort d'IphigénieV BAC. Iphig. iv, l. Tel aux premiers accès d'une sainte manie Mon esprit alarmé redouta du génie L'assaut victorieux,;, b. rolss. Odes, m, 1. Délires insensés! fantômes monstrueux. Et d'un cerveau malsain rêves tumultueux ! Ces transports déréglés, vagabonde manie. Sont l'accès de la fièvre, et non pas du génie, A. chénier, l'Invcnlion. 1| 8° Folie dans laquelle l'imagination est constamment frappée d'une idée particulière. Sa manie est de se croire de verre, de se croire le grand Turc. Il Ce sens est une acception vulgaire, et non l'acception médicale du mot manie. || 3" Travers d'esprit. De ces combats, dont la manie Kst l'éternelle ignominie De Jarnac et de Moncontour? malh. m, 3. Certes les chrétiens ont d'étranges manies, corn. Poly. IV, B. Je flattais ta manie, afin de t'arracher Du honteux précipice où tu vas trébucher, id. ib. v, 2. Élans de l'âme et du génie, Du calcul la froide manie Chez nos pères vous remplaça, lamart. Méd. i, 10. Il Habitude bizarre, contraire à la raison. Il a la manie de se faire toujours peindre en habit romain. Elle [une abbesse] était sœiir de la Rochefoucauld si connu par son esprit, et elle en avait beaucoup aussi ; mais l'esprit n'empêche pas d'avoir dus manies, il les rend seulement plus remarquables, staal, Mém. t. i, p. 5. || Goût porté jusqu'à l'excès. Sa manie pour les tuUpes, pour les coquilles l'a ruiné. J'ai cette manie de vouloir donner généralement sur tout ce qu'il y a de plus beau, mol. Préc. 10. L'amour de vos aïeux passe en vous pour manie, boil. Sat. v. Il 4° Terme de médecine. Aliénation caractérisée par un délire général avec agitation, irascibilité, penchant à la fureur,
— HIST. xvi* s. La favon de se vestir présente luy [à notre peuple) faict incontinent condamner l'ancienne, d'une resolution si grande et d'un consentement si universel, que vous diriez quo c'est une espèce de manie qui lui touineboule ainsi l'entendeinenl, mont, i, 309.
— ÉTYM. Provenç. espagn. ital. mania; du lat. mania; grec, |j.av(a, folie. On a rattaché mania à nidnio (voy. manie 2), la mère des larves, des mânes, qui trouble l'esprit; mais c'est une erreur; uavîa n'a rien de commun avec mania, et tient au sanscrit manyu, colère, fureur; comparez maiias, (jivo;, mens, et voy. mental.
f 2. MAME (ma-nie), î. f. Figure de cire donton se servait dans les sortilèges.
— iiiST.xiv's. Que estxe que voustT c'est un image de cire quo l'en fait pour baptisier, pour grever ceux que l'on vueit grever; l'on ne les appelle pas en ces pays voulz; l'on les appelle manies, du cange, mania;.
— ÊTYM. Lat. mania, sorte de génie féminin, de mânes (voy. mânes).
f 3. MANIE (ma-nie), t. f. Genre de papillons.
MANIÉ, fiE(ma-ni-é, ée), part, passé de manier. Il 1° Pris avec la main. Des étoffes maniées plusieurs fois. Il Fig. Sur les matières les moins maniées par le gros des savants, il y a toujours un petit nombre de gens à craindre et qui n'attendent qu'un sujet de censure même léger, fonten. Delisle. Telle est la destinée des sciences maniées par un petit nombre de personnes; l'utilité de leur progrès est invisible à la plupart du monde, lo. Util, des math. Préface. Il 8° Dont on se sert avec la main. Une arme bien maniée. || Mis en œuvre. 11 [Bourdaloue] a pris le prince [le père du grand Condé] dans ses points de vue avantageux; et, comme son retour à la religion a fait un grand effet pour lescatholiques, cet endroit manié par le P. Bourdaloue a compose le plus beau et le plus chrétien panégyrique qui ait jamais été prononcé, sÉv. 16 déc. 1683. Que ses discours [de l'auteur comiquel, partout fertiles en bons mot8,Soient pleins de passions finement maniées, boil. Art p. m.
MANIEMENT (ma-ni-man ; l'Académie dit qu'on prononce maniment ; mais l'usage n'allonge aucunement cet i], s. m.ll l'Action de manier. On pourra bien juger à l'œil et au maniement de l'étoffe, si le noir a été bien donné, Inslr. gén. p. la teinture, 18 mars I87l , art. 229. |{ Le maniement des armes, l'exercice de pied ferme qu'on fait faire aux soldats, pour leur apprendre à bien manier l'arme. |{ Maniement de la soie, dit aussi cri, qualité qu'on donne à la soie, et qu'on reconnaît à ce que, maniée entre les doigu, elle fait entendre une espèce de petit cri. Il Fréquent passage des choses, parles mains, qui leur apporte quelque dommage. || 8° Mouvement facile des parties du corps. Il commence à recouvrer le maniement de ses membres. || i" Terme de peinture. Le maniement du pinceau, des cou- I leurs, U maniera de conduire le pinceau, d'em-
MAN
ployer les couleurs. || 4" Action de diriger, de conduire. Toutes choses [les muscles et les esprits] qu'on voit bien qui sont, mais dont le secret principe et le maniement n'est pas connu, boss. Conn. IV, 2. Le maniement des chevaux est, par exemple, un exercice très-convenable aux Polonais,!. J. Rouss. Pologne, m. || Fig. Le maniement des esprits, des volontés. Il 6° Administration, gestion. Les afl'aires publiques sont souvent sales et pleines d'ordures ; on se gâte pour peu qu'on les louche ; mais la spéculation en est plus honnête que le maniement, balz. d la reine de Suède. Je ne saurais aucunement approuver ces humeurs brouillonnes et inquiètes qui, n'étant appelées ni par leur naissance ni par leur fortune au maniement des affaires publiques, ne laissent pas d'y faire toujours en idée quelque nouvelle réformation, desc. Uéth. ii, 3. Puisque le maniement des revenus ecclésiastiques n'est qu'une simple disponsation.... mass. Conf. Revenus eccl. Comme chacun ne perdrait jamais de vue le recouvrement ni l'emploi des deniers, il ne pourrait se glisser ni fraude ni abus dans leur maniement, 1. 1. ROUSS. Écon. polit. \\6' Argent que reçoivent les caissiers, les trésoriers et dont ils sont comptables. Il a un maniement considérable, beaucoup de maniement. || 7' Terme de boucherie. On désigne sous le nom de maniements ou de manels les saillies plus ou moins accusées que forment, sur différents points du corps, les dépôts de graisse chez l'animal en voie d'engraissement et présenté sur le marché pour être abattu; comme le nom l'indique, ces signes particuliers de l'état de graisse s'explorent avec la main, qui en constate la situation , le développement, la résistance, etc. D'une manière générale, on pourrait appeler maniements tout renseignement qu'on peut obtenir par le tact sur la nature et la condition de l'animal.... mais on réserve spécialement le nom de maniements à ce"taines protubérances, déterminées par l'accumuiation de la graisse, qui sont en rapport avec l'état général de la bête de boudiorie et qui ont un siège constant, baudement, dans Livre de la Ferme (Paris, V. Masson, i, 913). || Maniements principaux, ceux qui ont pour centra un ou plusieurs ganglions lymphatiques. Maniements accessoires, ceux qui ne répondent pas à des ganglions lymphatiques.
— IIIST, xiu' s. Se il truevent ke Ii maniemensle [du] segneiir d'Oisy et ses ancisseurs [ancêtres] valls mieus iiue Ii maniement l'evesque.... du cange, maniamenlum. \\ xV s. Je ne me connois raie en si grands affaires comme en faits et en maniements d'armes, fboiss. i, i, H6. Surtout quant ils veullent avoir les offices et bénéfices et les grans maiiimens du pays, comm. vi, 3. || xvi' s. Des suffisants hommes aux maniements des choses publii|ues, mont, i, I3'i. Nous corrompons ] ar nostre maniement les choses qui d'elles-mesnies sont belles et bonnes, ID. l, 223. On est capable du maniement de ses biens à 25 ans, id. i, 407. Je desirerois qu'on laissast â la jeunesse et aux pauvres soldats le maniement de l'arquebuse, lanoue, 3i7. Les simples ont accoustumé d'approuver ou réprouver les causes des guerres par les bons ou mauvais manfemens d'icelles, id. 347. Ls roi accompagna de ses vallets de chambre les passeports donnez pour le maniement de la paix, o'aub. Hist. ii, 144.
— ÊTYM. ilanier l.
<. MANIEB (ma-ni-é; il faut éviter ma-gmJ, prononciation voisine, mais très-vicieuse; je maniais, nous maniions, vous maniiez ; que je manie, que nous maniions, que vous maniiez) , v. a. Il 1» Prendre, toucher avec la main. Manier un drap pour voir s'il est fin. L'autre regardait ma robe, en maniait l'étoffe, mariv, Uariane, 6" part. Il Fig. [Certains esprits] étant accoutumé? aux principes nets et grossiers de géométrie, et à ne raisonner qu'après avoir bien vu et manié leurs principes, PASC. /"ens^cj, vil, 2 bis, éd. iiavkt. Plaisante raison qu'un vent manie, cl k tout sens, in. ib. m, ■1, édit. havet. C'est ainsi que ces trois me.ssieurj manient entre eux la raison humaine; 1 un faisant toujours l'objection qu'il ne doit point faire, l'autre approuvant ce qu'il ne doit point approuver, et l'autre répondant ce qu'il ne doit point répondre, uoiL. toii(/in, Subi. réfl. o.|| Je ne l'ai vu ni manié, se dit pour signifier qu'on no peut rendre compte de ce qui est demandé. || En un sens contraire, j» l'ai vu et manié, je me suis assuré par moi-iuêmo de la chose. Je reviens de Versailles; j'ai vu ces beaux appartements, j'en suis charmée; si j'avais lu cela dans quelque roman, je me ferais un château en Espagne d'en voir la vérité ; je l'ai vue et maniée, sêv. 9 fév. l«»3. Soleri jure qu'il, ne re-
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tournera plus auprès de vous, qu'il ne puisse vous i^ire qu'il a vu et manié votre fils, ID. 26 nov. <688. Il Toucher fréquemment. Ne maniez pas ces fruits, de peur de les meurtrir. || î° Se servir de.... avec la main. Il manie bien le ciseau, le burin, la plume, rtpèe,le pistolet. Ce peintre manie bien la couleur. Des sa plus tendre jeunesse, il se hâte de lui enseigner à manier la rame, à tendre les cordages et à mépriser les tempêtes, fén. Tél. m. Savoir manier les chevaux et les armes sont des talents communs au chasseur et au guerrier, bufp. Quadrup. t. il, p. < 4 . Il S" Mettre en œuvre, en parlant de l'ouvrier. Ce maçon manie bien le plâtre. Ce serrurier manie bien le fer. Ce sculpteur manie bien la terre, le marbre. 11 [Dieu] n'a répandu sur nous ce souffla de vie, c'est-à-dire l'ime faite à son image, qu'âpre» qu'il a donné à la boue qu'il maniait si artistemenl avec ses doigts tout-puissants, la forme du corps humain, boss. ilédit. sur l'Étang, dem. serm. du Sauteur, if jour. || 4° Fig. Il se dit de la manière d'user des instruments de la pensée. Cet écrivain manie bien la langue, la plume. Homme qui manie bien la parole. || Employer d'une certaine façon dans le discours écrit ou parlé. Il manie finement l'ironie, la louange. Ce poêle dramatiqu'^ manie bien les passions. Dacier..,. prétend que Polyeucte D'est pas propre au thé.ltre.... il attribue tout le succès à Sévère et à Pauline ; cette opinion est assez générale; mais il faut avouer aussi qu'il y a de très-beaux vers dans le rôle de PolyetJCte, et qu'il a fallu un très-grand génie pour manier un sujet si difficile, volt. Comment. Corn. Poly. v, «c. dernière. Comme, pour manier avec grâce un stvle naïf, il faut être naïf soi-même, mabmontel, ÉÎém. hist. Œuvres, t. vni, p. 334, dans pougens. Il 6" Terme de manège. Manier un cheval, le faire aller, le mener. X l'âge de sept ans, il [Charles XIII savait manier un cheval, volt. Charles XII, 1. 1| Manier un cheval sur les quatre coins de la volte, le conduire avec tant de justesse qu'à chaque coin, à chaque angle de la volte il fasse une volte étroite, sans perdre un seul temps. || Fig. Diriger, conduire. Un génie Oui les volontés manie, malii. ii, 2. Manier dextrement les desseins de nos princes, Régnier, Sol. xiv. Non, l'on n'a point vu d'âme à manier si dure, Ni d'accommodement plus pénible à conclure, mol. Mis. iv, ) . La force ne se laisse pas manier comme on veut, pasc. Vrai bien, I3, éd. FAUCÊRE. E.sprita difficiles à manier, BOSs. Hist. m, 6. Ainsi Antiope, sans prendre aucune autorilé et sans se prévaloir de ses charmes, maniera un jour le ciTur de son époux, comme elle touche maintenant sa lyre quand elle en veut tirer les plus tendres accords, fén. Tel. xxii. Le chancelier mania si habilement l'esprit de l'ambassadeur, que celui-ci engagea son maître à signer la prolongation de la trêve, DCCLOS, Hist. Louis XI, Œuvres, t. m, p. 22), dans POUGENS. Que ce diable d'homme est rude à manier I BEAUMARCH. Barb. de S^». m, 3. || 8» Fig. Avoir en sa disposition, administrer, gérer. 11 manie tous les biens de cette maison. Vous savez, chrétiens, quelle est leur ambition, c'est d'avoir des deniers à manier, boi;rdal. Serm. 22* dim. après la l'entec. Dominie. t. iv, p. 336. || Manier une affaire, la diriger, la conduire. Dont la dextérité les affaires manie, malii. iv, «. Considérons un homme de bien dans la simplicité de sa vie : il ne gouverne point les États, il ne manie point les affaires publiques, BOSS. Sermons, Loi de Dieu, 3. || Manier beaucoup d'argent, faire de grandes affaires. || 7' Terme de marine. Diriger un bâtiment. || 8* Terme de doreur. Manier les couches de blanc pour dorer, les frotter avec la brosse. || Terme de couvreur. Manier à bout, réparer le lattis et l'ardoise, ou la tuile d'un toit. Il Terme de paveur. Manier, ôter les vieux pavés pour en mettre de neufs à la place. || 9* V. n. Manier, se dit d'un cheval qui obéit au cavalier. Ce cheval manie bien sous l'homme, manie bien à droite et à gauche, il exécute avec docilité tous les mouvements que veut le cavalier. || Manier de ferme i ferme ou manier en place, se dit de l'action par laquelle le che- Tal entrelient le jeu successif et transversal de ses quatre extrémités qu il fait mouvoir, mais sans avancer ni reculer. || Manier sur les hajiches, plier les jarrets, jj 10° Se manier, v. réfl. Se loucher solrm'me. Les hommes ne sentent pas la chaleur qui est dans leur cceur, quoiqu'elle donne la vie et le mouvement à toutes les autres parties de leur corps; il faut qu'ils se touchent et qu'ils se manient pour s'en convaincre, parce que celte chaleur est naturelle; il en est de même de la vanité, elle est SI naturelle à l'homme qu'il ne la sent pas, halk- «RANCiiF, Rech. vér. ii, •• Il Fig. Se manier, se
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conduire avec adresse et diligence. Chateauneuf savait se manier; il s'était mis fort avant dans la confiance de la princesse des Ursins, st-sim. 137, 9. Il Terme de marine. Se manier, bien manœuvrer, se bien tirer d'affaire. || 11° Fig. Être régi, conduit. Ce psuple ne se manie pas facilement. Il Familièrement. Cela ne se manie pas ainsi, n'est pas si aisé à manier, se dit à quelqu'un qui, dans une affaire, s'avise de mauvais expédients. || 12° Au manier, Joe. adv. En maniant. Vous reconnaîtrei cette étoffe au manier. || Proverbe. On ne peut manier du beurre sans se graisser les doigts, c'est-àdire on profite toujours à manier de l'argent.
— HIST. XH* s. Mais tant en cope [tant coupe d'un soliveau], et du gresle ot estez ; Por miex tenir l'ot il bien atirez, Bien le manoie tôt à sa volenlez. Bat. d'Âleschans, v. 6:i44. Tant rcquist nuit e jur la mère al creatur Qu'ele 11 tramesist santé de sa dolur, Ou'à lui vint une nuit la dame de doucur, Dist Ii que il alast à Thomas senz demur, Fesist li manier fun ventre tut enlur, Th. le mart. 94. Sire Raoul, dist la mère Bernier, Nos ne savons nule arme manoier; Bien nos poez destriiire etessilier, Raoul de C. 64. || xiii* s. Et si ne soit nus [nul] si hardis bourgois ni habitans k'eskievin aient à maniier [gouverner] ... tailliab. Recueil, p. 415. Et [une femme aveugle] fesoit si com ele pooit miex, en maniant as mains, si corne avugles font, Mirac. SI Loys, p. 4 75. Assez vaut mieux riqueche c'on manie, Oue plus attendre après la mort d'un oir, GRlEviLER, dans Bibl. des chartes, 4° série, t. v, p. 23. Il xiv s. Plus est ung faulcon touché et manié, plus s'enasseure, ilodtis, f° lxxviii. Un grand villain, plus noirs que meure [mûre], Oui avoit à non desconfort, Â manier me print moult fort. Et me fist ma peine doubler, j. bruyant, dans Ménagier, t. ll, p. 6. Et se tu fais forgier monnoie, Pour Dieu, fai li tele qu'on oie Dire qu'elle est de bon aloy.... Carchascuns la tient et manie; Si n'i a celui qui n'en die Sa maleïsson bas ou haut. Quant on i treuve aucun deffaut, machaut, p. t21. Pierre Aubert vint devant la boucherie pour y vendre un petit de char, et là survint un jeune enfant qui prist à patoier et menoyier de la dite char, du cangk, maniare. || xv* s. Si fut tellement le jeune chevalier gascon manié et battu qu'oncques depuis ce tournois n'eut santé et mourut, fhoiss. j, i, 240. Peu ou riens faisoit de luy, mais en toutes choses estoit manié et conduit par aultruy, comu. n, 4 5. || xvi* s. Manier et employer un subject, mont, i, 34. Je ne parle pas de ces soubdaines inondations, de quoy nous manions [saisissons] les causes, ID. i, 232. Le prince de Sulnft)ne, à Naples, maniant un rude cheval de toute sorte de maniements, m. i, 369. La Florissante [nom d'un vaisseau] , en se maniant pour faire tirer quelques coups, 8'a.ssabla sur un banc, d'aub. Uist. ii, 3oa. Leur sagesse à gouverner, leur dextérité à manier leurs peuples, amyot, tyc. ;( iVum. I . Il ne voulut laisser aux Macédoniens, pendant qu'il seroit absent, un si dangereux voisin, et si malaisé à manier, id. Pyrrh. 49. Son mulet estoit plus doux à manier, et plus fort que nul des autres, m. Harius, 22. Pour cognoistre la façon de leurs armes, et leur manière de les manier, id. ib. 27. Manié de fortune, cotghave. L'un des plus gentis et dociles chevaux que nous ayons jamais vus ; car, n'ayant que cimi ans, et n'ayant jamais esté dreji.sé, il manioit terre à terre a toutes mains, SULLY, Mém. t. i, p. I6S, dans lacurns.
— Étvm. Berry, magner, maigner, maneier ; provenç. maneiar, maneyar, vianiar; espagn. manejar; ilal. maneggiare ; c'est une forme verbale que les nations romanes ont tiré du latin mantu, main.
t MAMF.a (ma-nié), f. m. Nom vulgaire d'une pie-grièche.
MANIÈRE [ma-niè-r"), s. f. || !• Façon d'être, façon d'agir, procédé. Dites-moi seulement que vous ne m'aimez plus. Ces deux mots suffiront pour réduire en poussière.... — Va, quand il me plaira, j'en
sais bien la manière, corn. Tois.d'or, II, 3 Or çà
je t'apprendrai Les mots, la guise et toute la manière Paroù jument bien faite et poulinière Auras de jour, belle femme la nuit, la font. Jument. N'admirezvous point comme on change et de quelle manière les choses entrent différemment dans la tête, sEv. 413. C'est une plaisante étude que celle des manières différentes do chacun, m. 8 nov. (««o. J'admire la manière de vos dames [en Provence] pour la communion; elle est eitraordinaire; pour moi, je ne pourrais m'y accoutumer, lo. B avr, IS7I. J'aurai soin de vous envoyer des reliures de ma manière, BOSS. Leil abb. 44. Nous pouvons regarder
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le temps de deux manières différentes, m. Yolande de Uonterby. Voilà le sexe peint d'une noble manière! BOiL. Sat. X. La Seine.... Voit du sein de ses eaux vingt îles s'élever, Qui, partageant son cours en diverses manières, D'une rivière seule y forment
vingt rivières, ID. Ép.w Des livres dont le titre
promettait la véritable manière de fortifier selon M. de Vauban ; mais il a toujours dit et il a fait voir par sa pratique qu'il n'avait point de manière, PONTEN. Vauban. J'entends par libres, soumis uniquement aux lois; c'est la seule manière de l'ètra, VOLT. Suppl. Siècle de Louis XI V, 2° part. On a remarqué que, depuis (494 jusqu'en 4 598, la ville de Gênes a été gouvernée de plus de douze manières différentes, dl'clos, IHst. Louis XI, Œuvres, t. v, p. 77. dans pougens. Vous voyez un malheureux réduit au désespoir, n'attendant plus que la manière de sa dernière heure, j. j. rouss. Lett. au général Conway, Douvres, 4 767. || La manière dont..., la manière selon laquelle. Vous comprenez bien, ma belle, que de la manière dont vous m'écrivez, il faut bien que je pleure enlisant vos lettres, sÉv. (8 févr. 4671. Le maréchal do Créqui est dans Trêves; si quelque balle a la commission de le tuer, je crois qu'elle le trouvera aisément, de la manière enragée dont on dit qu'il s'expose, id. 27 août (675. Elle [Mme de Grignan] vous supplie [vous Bussy] ....de continuer [à l'aimer]; elle le mérite par la manière dentelle est pour vous, id. à Bussy, I7juin 4087. Les trois manières dont l'âme aperçoit. Savoir par les sens, par l'imagination et par l'esprit, ne la touchent pas toutes également, malebr. Rech. vér. i, 4 8. La manière dont on se récrie sur quelques-uns qui se distinguent par la bonne fol, le désintéressement et la probité, n'est pas tant leur éloge, que le décréditement du genre humain, la bruy. xi. Près que toujours les choses qu'on dit frappent moins que la manière dont on les dit, volt. Vict. phil. Style. Il II n'y a que la manière, c'est-à-dire savoir s'y prendre est tout. II n'y a que manière à la plupart des choses du monde, retz, Uém. t. m, liv. iv, p. 204, dans pougens. || Familièrement. De la belle manière, beaucoup, très fort. Surtout nos femmes se lamentaient de la belle manière, montf.sq. Lcll. pers. 4 8. Il Ironiquement. De la bonne manière, de •la belle manière, sans ménagement, d'une rude façon, ll a été étrillé de la belle manière. On le recevra, s'il se présente, de la bonne manière. Pour Matta, il fut grondé de la belle manière, hamilt. Gramm. 8. Ou'il te souvienne. Si par hasard, quand lu la conduiras, Certain Hombert venait suivre ses pas. De le chasser de la belle manière, volt. A'anine, m, 2. || D'une étrange manière, avec des paroles, des actes étranges. Autour d'un tapis vert Dans un maudit brelan, ton maître joue et perd, Ou bien, réduit à sec, d'une âme familière. Peut-être il parle au ciel d'une étrange manière, begnard, le Joueur, i, 2. || De manière ou d'autre, par un moyen ou par un autre. Vous verrez que da manière ou d'autre vous ne me louerez plus, lorsque nous nous connaîtrons, l. i. Houss. L. à M. de Très- San, Corresp. t. iv, 466, dans pougens. || De toutes les manières, sans réserve. Enfin je suis à vous de toutes les manières, uoL. Mis. i, 2.||Ala manière de..., comme fait telle personne ou telle chose. Que je méprise ces philosophes qui, mesurant les conseils de Dieu à leurs pensées, ne le font auteur que d'un certain ordre général, d'où le reste se développe comme il peut! comme s'il avait, à notre manière, des vues générales et confuses.... boss. Mar.-Thér. Son discours se répandait à la manière d'un torrent, id. Bourgoing. On prit à notre solitaire (Voltaire lui-même] deux cent mille francs; c'était une perte énorme; il s'en consola à la manière françaLse, par un madrigal qu'il fit sur-le-champ en apprenant cette nouvelle, volt. Comm. Œuvr. aut. Ilcnr. Il 2° Absolument. Façon d'agir habituelle. C'est sa manière. Il ne changera pas de manière. Ainsi pour estimer, chacun a sa manière, corn. Sertor. ii, 2. Il A ma manière, conformément à ce que je suis, j« veux, je pense, etc. Le goût qu'elle a pour vous n'est point d'une Allemande; elle est touchée de voire personne et de ce qu'elle croit de votre esprit; cil* n'en manque pas A sa manière, sêv. 222. Chacun est dans ce monde heureux & sa manière, coilin u'iiarlbv. Vieux célib. 11, 2. || Mme de Sévigné a dit quelquefois : en sa manière. On dit que c'était k force d'avoir de l'honneur en sa manière |Vatel qui venait de se tuer à cause de la marée qui n'arrivait pas], »*v. 26 avr. 407l. Avec des livres, le temps passe, en sa manière, aussi \iteque dans votre brillant château, id. 47 juiU. 4089. || Manière s'est dit autrefois pour complexion. Lambert ....était d'assex
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amoureuse manière, tallemant, citê .faiis bemusat, Infl d» la tcolaslique sur la langue françatse, p a«8. 118* Manière de parler, expression, locution. cène manièr« de parler est neuve, correcte, fort usitée II Manière de parler, chose dite sans conséquence, ou arec exagération. Quand vous dites qu il est riche, c'est une manière de parler; il est tout au plus à son aise. Je suis à vous, ma chère enfant; ce n'est point une manière de parler, SÉv. sic. || Un tel m'a donné de belles paroles, mais ce sont manières de parler, c'est-à-dire il n'y a pas à y faire fond. Il 4" Manière de penser, le mode suivant lequel chacun pense. Nos manières de penser s'accordent. Je n'ai [las là-dessus la même manière de penser que vous. Il est cians la manière de penser des hommes que l'on fasse plus de cas du courage que de la timidité, MONTESQ. Eip. Il, 8. IIS" Manière devoir, le mode suivant lequel chacun apprécie les choses. Sa manière de voir [de Marivaux] lui faisait choisir dans chaque sujet le côté piquant, et sa facilité d'écrire lui fournissait le moyen de le peindre, d'alemb. tlog. Uariv. || 6* Ternie de philosophie. Manière d'être, manière selon laquelle est chaque personne, chaque chose. Aveugle, qui ne voit pas que nousmomes, quand nous changeons de pensées et de sentiments, nous ne changeons pas autrement que dans des manières d'être, boss. 6' oicr(. (8. Les plaisirs éunt des manières d'être de notre âme, malebr. Rech. vér. liv. vi, part. 2, conclus. Notre manière d'être est entièrement arbitraire; nous pouvions aroir été faits comme nous sommes ou autrement, MONTKSQ. 6' essai sur le goût. || Du langage philosophique, manière, d'être a passé dans le langage conimun. Mme de Genlis jette quelque blâme sur cette locution : Je remarquai dans leur maintien [de deux femmes ridicules] et, comme elles disent, dans leur manière d'être [c'est elle qui souligne], un changement surprenant, genlis, .4d. et Théod.t. ii, p. 78, éd. de 1813. Il 7" Espèce, apparence. Qu'il s'était sans doute passé Entre Didon et maître Ënée Une manière d'hyménée, scahr. Yirg. iv. J'ai un certain valet, nommé Mascarille, qui passe, au sentiment de beaucoup de gens, pour une manière de bel esprit, mol. les Préc. «. Vous n'allez entendre chanter que de la prose cadencée, ou des manières de vers libres, lo. Ual. im. u, 6. On m'a envoyé la lettre de Messieurs du clergé au roi; c'est une belle pièce; je voudrais bien que vous l'eussiez vue, et les manières de me- \ naces qu'ils font à Sa Sainteté, sÉv. 31 juill. 1680. Je ne vous parle pas de la guerre : on mande qu'elle est déclarée; et d'autres, qui sont des manières de ministres, disent que c'est le chemin de la paix, lo. ï6 oct. 1673. M. Chapelain se meurt : il a eu une manière d'apoplexie qui l'empêche de parler, id. 13 nov. 4673. Je me résolus d'aller à Vichy, pour guérir tout au moins mon imagination sur des manières de convulsions à la main gauche et des visions de vapeurs.... id. <3 nov. (6«7. Il [le gouverneur d'Orange] a une manière de petit donjon entouré de fossés; on n'y peut aniver que d'un côté, ID. d Guitaui, 23 nov. 4673. J'ai une manière de rhumatisme dans la tête et partout le corps, main- TKNos, Lelt. à M. d'Aubigné, t. i, p. (70, dans pou- OENs. Nous nous faisons une manière de vertu toute mondaine, mass. Carême, Pécheresse. M. de Roannez prit une manière d'habit ecclésiastique sans être jamais entré dans les ordres, si-sim. 42, 247. Je la rencontrai hier dans un liacre, avec une manière déjeune seigneur dont le visage ne m'est pas tout à fait inconnu, LE6AGE, rurcore(,iii,8.||8°Terme de peinture. Goût, façon, habitude prise par l'artiste dans le maniement du pinceau et dans les principales parties de la peinture qui sont l'invention, le dessin et le coloris. La seconde [un buste] est une belle tête de femme, de bonne et grande manière, qui regarde vers le ciel, POUSSIN, Lelt. 2» juill. lea. Do Léonard Gaultier la manière un peu dure A pourtant sa beauté, surtout dans ses portraits, H. de maaoLLE», le Livre des peintres, etc. p. **. C'est le peintre qui a le mieux imité sa manière [de Van- Dlck], UAMiLT. Cromm. ». Il n'y aurait point de manière ni dans le dessin ni dans la couleur, si l'on Imitait scrupuleusement la nature, cider. Essai sur la peint, ch. «.La manière vient du mallre, de l'Académie, de 1 école, et même de l'antique, m. i6 On dit aussi : sa manière est grande; c'est la manière du l'oussin, de Usueur, du Guide, de Uap»uêl, ID. Salon iê 1767 OEuv. t. xv, p. m» dans wwwt. Il Gravure à la manière noire, précédé Sr^î. VîP"l"e/ •'"" : on grène entièrement Miphnehe à 1 aide d une très-grosse roulette nom- ■*• berceau ; U planche ainsi préparée donnerait M tint», an uoir «aUé complet; on trace ensuite lè
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dessin ; avec un grattoir on enlève tout à fait le grené , par fins copeaux, partout où l'on doit avoir des blancs (lumières); et, avec un brunissoir, on atténue plus ou moins le grené partout où l'on veut obtenir des tons gris (demi-teintes) ; le brunissoir diminuant la profondeur des piqûres du berceau, ces piqûres prennent moins d'encre et donnent du gris au lieu de noir ; ainsi, après avoir établi une planche qui donnerait un tirage noir, on obtient les figures par retranchement ou diminution de cette teinte; c'est exactement le contraire de la gravure en taille-douce. L'idée de préparer une planche de cuivre, de telle sorte qu'imprimée dans cet état, elle pût donner le plus beau noir velouté; l'idée d'enlever ensuite le dessin par les clairs au moyen de racloirs qui, en usant la surface du cuivre, empêchaient le noir d'y adhérer; la combinaison enfin qui consistait à prendre à rebours tous les procédés suivis jusqu'à ce jour, pour créer une reproduction de la nature mieux colorée et plus vivante; celte invention mérite ratlention,etson inventeurquelque célébrité... ce genre de gravure appelé en France gravure en manière noire... Léon de laborde, liist. grav. en manière noire, p. 4. La gravure en manière noire a été inventée dans les trois années de (6:!7à 4 64) par un Allemand nommé Louis de Siegen, id. ib. p. 67. Il 9° Par extension, il se dit du faire dans les ouvrages de littérature. C'est lui, dit-on, c'est son style, c'est sa manière, ne le reconnaissez-vous pas? VOLT. Lett. d'Atemberl, 4" mai 4 708. L'écrivain qui a du génie ne se conduit pas ainsi : plus il a l'esprit supérieur, plus il aperçoit de variété dans les choses; il en saisit le vrai caractère, et il a autant de manières différentes qu'il a de sujets à traiter, cONDiL.^lrt d'écr.CEuv. t. vu, p. 288, dans pougens. De la tournure habituelle de son esprit comme des affections habituelles de son âme, résulte encore, dans le style de l'écrivain, un caractère particulier que nous appelons sa manière; et celle-ci lui est naturelle, marmontel, Élém. litt. CEuv. t. x, p. 255, dans pouGENS. Athénagore n'a ni la manière originale de Justin, ni l'impétuosité de l'auteur de l'Apologétique, chatealb. Génie, i, 4. A mesure qu'il (P. L. Courier] produit, on peut remarquer son allure plus dégagée, plus libre, sa manière se séparant de plus en plus de celle des écrivains auxquels on a pu d'abord le comparer, a. carrel, (iiuv. t. v, p. 24 2. Il 10° Il se dit des écrivains, des peintres, des musiciens, pour indiquer différentes phases et transformations de leur talent. Ce tableau est de sa première manière. On distingue généralement trois manières dans l'œuvre de Beethoven. Dans Meyerbeer il y a eu deux manières; dans la première il était Italien. Le divin Raphaël a eu trois manières; un œil exercé peut en discerner plusieurs aussi dans Platon, cousin, Du style de Rousseau. || 11° Absolument. Affectation, recherche, exagération. La manière est dans les beauxarts ce que l'hypocrisie est dans les mœurs, dider. Pensées sur la peint. Œuv. t. xv, p. 233, dans pougens. La manière est un vice commun à tous les beaux-arts ; ses sources sont plus secrètes encore que celles de la beauté, id. Salon de 4 "«7, Œuv. t. XV, p. 4 44. La manière est un vice d'une société policée, où le bon goût tend à la décadence, id. ib. p. 4 42. La manière est dans les arts ce qu'est la corruption des mœurs chez un peuple, id. ib. p. 4 42. Les Mondes de Fontenelle sont un modèle dans ce genre; il y a peut-être un peu de manière; mais cette manière ingénieuse n'est ni celle de Pluche ni celle de Bouhours, marmontel, Élétn. de litt. t. VI, p. 476. Son secret [de Pascal] fut d'éviter toute manière, et de donner toujours la préférence à l'expression la plus simple et au tour le plus naturel, ID. ib. t. X, p. 266. Il 12° Au plur. Façon d'être ou d'agir dans le commerce de la vie, dans le monde. Suréna, mes pareils n'aiment point ces manières, coiiN. Suréna, iv, 4. Ce sont des gens [les inciédules| qui ont ouï dire que les belles manières du monde consistent à faire ainsi l'emporté, pasc. Pens. IX, 4. éd. havet. Elle (la Dauphine] a des manières toutes charmantes et toutes françaises, SÉV. 414. Les manières polies donnent cours au mérite et le rendent agréable, la bruy. v. Les manières, que l'on néglige comme de petites choses, sont souvent ce qui fait que les hommes décident de nous en bien ou en mal, id. ib. 11 me semble que l'esprit de politesse est une certaine attention à faire que, par nos paroles et nos manières, les autres soient contents de nous etd'eux-mêmes, ID. i6. Pour badiner avec grâce et rencontrer heureusement sur les plus petits sujets, il faut trop de manières, trop de politesse, et même trop de fécondité, id. ib. Les manières
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plus fixes approchent plus des lois, montesq, Esp. XIX, 4 2. C'est à la Chine que les manières sont indestructibles, ID. ib. XIX, 4 3. Il y a des moyens pour empêcher les crimes : ce sont les peines ; il y en a pour faire changer les manières : ce sont les exemples, ID. ib. XIX, 4 4. Il y a cette différence entre les mœurs et les manières, que les premières regardent plus la conduite intérieure, les autres l'extérieure, ID. ib. XIX, 4 6. Les mœurs et les manières sont des usages que les lois n'ont point établis ou n'ont p£is pu ou n'ont pas voulu établir, id. tfc. xix, 4 6. Les airs sont distingués des manières et les manières des façons; on a des manières, on fait des façons, on se donne des airs, boissy. Français à Londres, se. 4 4. Il a gardé de son ancienne opulence la facilité de connaître l'état des gens dans leurs manières; quiconque a vécu dans le grand monde se trompe rarement là-dessus, j. j. rouss. Emile, v. |l De petites manières, des façons bourgeoises, locution des gens de cour, de caillières, teoo. s'il n'a pas les grandes manières, il a au moins toutes les petites, la bruy. viii. || N'avoir pas de manières, manquer de manières, être gauche dans la société, dans le monde. Quoique j'eusse l'esprit assez orné, n'ayant jamais vu le monde, je manquais totalement de manières, i. i. ROUSS. Confess. u. |{ Ironiquement. Avoir les belles manière.;, affecter les manières d'un état au-dessus du sien. || 13° Par manière de, loc. adv. Par une espèce de. Je l'aborderai par manière de devoir ; j'entrerai par manière d'acquit dans se confidence ; et, comme ce n'est que par curiosité que vous vous y intéressez, je vous en informerai seulement par manière do conversation, dancourt, les Fées, n, 3. J'en rapporterai un des plus comiques par manière d'échantillon, J. J. Rouss. Confess. v. || Par manière de dire, par manière d'entretien, de conversation, sans avoir eu aucun dessein formé d'en parler, sans y mettre d'importance. {| Faire quelque chose par manière d'acquit, le faire négligemment, et parce qu'on ne peut guère s'en dispenser. Pour moi, je crois voir clairement que, dans l'endroit dont il est question, il n'y a placé des démons que par manière d'acquit, et par un respect forcé qu'il a eu pour l'opinion commune, fonten. Oracl. i, 9. || 14° D'une manière que, de telle manière que. Vous tournez les choses d'une manière qu'il semble que vous avez raison, et cependant il est vrai que vous ne l'ave» pas, MOL. Festin, i, 2. Les lettres [de son fils] sont d'une manière que, si on les trouve jamais dans ma cassette, on croira qu'elles sont du plus honnête homme de mon temps ; je ne crois pas qu'il y ait un air de politesse et d'agrément pareil à celui qu'il a pour moi, sÉv. 2 juin 4 672. Vous êtes d'une manière dans mon cœur que je craindrais fort que M. Nicole ne trouvât beaucoup à y circoncire, id. 4 5 janv. 1690. I) A la manière que, comme, ainsi que. Si je m'imaginais Dieu souverain de la nature, à la manière que les rois le sont de leurs États, avec la différence que son pouvoir est sans bornes, je m'éloignerais sans doutedela vérité, boullainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. 43. || De la manière que, telle est la manière avec laquelle.... De la manière que je conçois la chose, la difficulté n'existe plus. Le voilà donc prisonnier [le fils de Bussy].... de la manière qu'on m'a dit qu'il s'était avancé, je crois qu'il voulait prendre les ennemis, sÉv. à Bussy, 48 sept. 4676. Il 16° De manière que, Joe. conj. avec l'indicatif, indique que le fait est accompli. Vous faites les choses de manière que tout le monde est content. De manière que Cirte en toute son enceinte N'est rien qu'un grand tableau de désordre et de crainte, mairet, Sophon. ii, 3. || Avec le subjonctif, indique la tendance à l'accomplissement du fait. Faites les choses de manière que tout la monde soit content. Pour avoir beaucoup de bon sens, il faut être fait de manière que la raison domine sur la sentiment, vaoven. Bon sens. || 16" De manière à, loc. prép. avec le verbe à l'infinitif, si bien que. Il parla de manière à convaincre les juges de son in- i nocence. || On dit dans le même sens : d'une manière à. Je souhaite passionnément que les vôtres [affaires] se tournent d'une manière à faire que bientôt je vous puisse embrasser, su v. 38 août 1680. Si vous saviez.... toutes les tribulations que j'ai eues.... je vous les conterai quelque jour; car elles ne sont pas d'une manière à pouvoir les écrire, m. 2 janv. 4 681. Il y en a qui disent que Mme de Main tenon sera placée d'une manière à surprendre, id. )3dcc. 4679. Tous les compliments qu'on vous fait sont d'une manière toute propre à vous plaire et à vous flatter, lo. I7 déc. 4 688. Votre correspondance a commencé d'une manière à me la rendre à ja-
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mais intéressante, J. J. eouss. Lett. à Mme B. n janv. IÎ70.
— UE.M. 1. De manière à ce que est une locution vicieuse dont il faut se garder; c'est la confusion et la réunion des dcut formes de manière à et de manière que. 11 faut dire de manière que avec l'indicatif ou le subjonctif, ou de manière à avec l'infinitif, il 2. Voy. à FAÇON la synonymie avec manière. Ajoutei-y que de manière que, de façon que, de sorte que sont exactement synonymes.
— HIST. ïii* s. Seignor, par tel manière, jà nus [nul] n'en soit doutans, Fu meQe la guerre entre Saisnes et Frans, Sax. v. N'est pas amors dont on se peut mouvoir [ce n'est pas amour, celui dont on peut se détacher]. Ne cil, amis, qui en nule manière, La [l'amour] bée [travaille] à décevoir, Couci, xviii. Il XIII* s. Onques Tristan n'ama de tel manière, Li chastelains, ne Blondel autressi, eustache le peintre, dans Couci. La manière comment [elle] se pourra traire ariere, Berte, xii. 11 semble à sa manière qu'ele doive desver, ib. xvii. Cil jour [il] fil mont lait temps et de froide manière, ib. xx. Elle crt [était] sage et courtoise et de bonne manière, tb. XL. Assés en fu parlés en maintes manières, viLLEH. cxii. Et ceste manière de gent ne sunt pas tout d'une condition, beaum. ilv, 30. Li clerc ont une manière de parler moût bêle le latin, id. vi, i. Ne fist pas honte à son boen père, Ainz montra bien que preudons iere [était] De foi, de semblant, de mfniere, buteb. 6S. Toutes manières de femmes qui n'ont enfans, vont en la bataille avec eulz, JOINV. 264. Il XIV* s. Car li ûiains [moins] bel et li mains riche, Li povre d'amis et li nice [peu intelligents], Cil qui ont volenté legiere, Et cil qui ont po de manière, Dou tout en tout honni seroient. Se de moy oublié estoient, mâcha ut, p. 20. EtBertran du Guesclin estoit sur la costiere, Pour oîr et veoir à la fin qu'il si fiere [frappe] En tel lieu où il puist bien monstrer sa manière, Guescl. v. t ) 20 Il XV" s. Bons vins.... poulaille et toutes manières d'autres vivres aussi, FROiss. 1,1, 32. SitostqueltsAnglois les ravisèrent, ils leur coururent sus de grand manière, ID. I, 1, 294. X ce parlement qui fut à Vilvart, furent.... et trois ou quatre vaillans bourgeois de chacune [ville] par manière de conseil, m. i, i, (26. À la quele parolle le dit d'Alençon monstra manière d'estre bien desplaisant, math, de cobct, Jlist. de Chartes Vil, p. 703, dans laciibne. Le comte de Foix en très bel estât, lequel estoit lors d'assez jeune âge, beau chevalier, qui bien savoit sa manière [avait du savoir vivre], id. ib. p. 643. Quand je deusse bonne chiere Démener en compaignie. Je n'en fais que la manière, ch. d'orl. Sait. 26. [Dans la cour] ami n'y a, n'amie, Congnoissance, diligence, raison. Manière, senz, honeur, discrétion, E. DESCH. De l'intérieur des cours. Encore y a-t-il bien manière [difficulté] de venir dans sa chambre, car il faut passer parmi celle à l'hoste, louis xi, Nouv. xvm. Dont Troyius eut telle douleur au secret de son cueur que à peine sçavoit tenir manière [contenance], Pereeforest, t. m, f* <68. Et y viendra ma commère telle et mon cousin tel, qui à l'aventure ne lui est rien, mais c'est la manière de le dire, Les 1 6 joyes de mariage, p. 79. || xvi* s. 11 sçavoit plus de cent magnifiques manières pour le dépendre [son bien], langue, 467. Par manière de dire, id. 468. Telle manière de gens convoitent et appelent d'attirer à eux les povres peuples, calv. /ni(t(. 994. L'histoire a bien aussi sa manière de chastier les meschans par la note d'infamie perpétuelle, dont elle marque leur mémoire, amvot, Préf. V, 30. En manière [de manicrej qu'aulcuns en prinrent argument que.... mont, i, 7. De manière qu'il n'y a rien que nous trouvions.... id. i, 48. Quand une personne ayant enfant se marie à une autre personne qui a aussi enfant, les quels demeurent avec eux en compagnie, et ils appellent aucune chose en la compagnie de père ou de mère, la compagnie se fait en quatre part-s, si que chacune manière d'enf.int emporta un quart, et le père et la mère chacun un quart, Coust. ginir. t. I, p. lOo.
— ÊTYM. Bourguig. meneyre ; provcnç. maneira, manieira, maniera; espagn. manera; portug. maneira; ital. maniera. D'après M. Ch.de Rémusat, manière vient du latin scolastique maneria, maneries, qui ne para:t pas antérieur au xii* siècle, auquel Abélard donnait le sens de genre, et que Jean de Salisbury, le trouvant nouveau, pense provenir du latin manere, demeurer : l'état qui demeure. Au contraire, Diez le tire du lalin manus, main, par l'intermédiaire d'un aac. «Ij. français manier, pro- Tenç. manier, espagn. mantro, ital. manitro, signifiant : qui est à la main. C'est la véritable ély-
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mologie. On lit dans FI. et Blanchefl. v. S579 : ....Quant il vint en la chambre manière [qui était à la main]; et dans rutebeuf, 2t8 : Quar nuls gens n'pst mes manière De l'autrui porfit porchacier, Se son preu n'i cuide chacier.
MANIÉRÉ, ÉE (ma-nié-ré, rée), part, possède maniérer. Il 1" Plein de manière, d'affectation. Cet homme est fort maniéré. Elle en fera des singes maniérés ou d'étourdis polissons, j. j. rouss. Ém. v. Fi des coquettes maniérées! BÉRktta. Jeannette. \\ Il se dit des choses. Il y a [au théâtre] une certaine dignité maniérée dans le geste et dans le propos, qui ne permet jamais à la passion de parler exactement son langage,;. J. rouss Hél. ii, I7. Ce ton maniéré du pays de Vaud où les femmes prennent le bel esprit pour l'esprit du monde et ne savent parler que par épigrammes, id. Confess. m. || 2* En littérature, en peinture, en sculpture, etc. qui a de la manière, où il y a de la manière. Des figures, des draperies maniérées. Cet édifice est d'un goût maniéré. Lamotte était moins étudié que Fontenelle dans sa prose; mais, dans ses fables, toutes les fois qu'il a voulu être naïf, il a été maniéré, marmontel, Étém. de litt. (Eut), t. V, p. 02, dans pouoens. Les finesses du langage de Racine n'ont jamais rien de maniéré ni d'afTccté : c'est la grâce unie à la noblesse; c'est la plus élégante facilité, id. ib. t. vu, p. 464. || 3° S. m. Le maniéré, le style, le genre maniéré. Le contraste mal entendu est une des plus funestes causes du maniéré, Diderot, Essai sur la peint, ch. l. Le maniéré, toujours insipide, l'est beaucoup plus en marbre ou en bronze qu'en couleur, id. Observ. sur ta sculpt. Œuv. t. XV, p. 3 lO.]] Aujourd'hui on le dit même des personnes. Cet écrivain est un maniéré. L'école des maniérés.
— REM. Conrart avait essayé d'introduire maniéreux; mais le mot ne prit pas.
fMANIËRER (ma-nié-ré. L'accent aigu se change en accent grave, quand la syllabe qui suit est muette, excepté au futur et au conditionnel), e. a. Il I* Donner le caractère de la manière. Nous manierons peut-être un peu trop nos chevaux au manège, pour leur donner ce que nous appelons de la grâce, kalconet. Œuvres div. t. m, p. 9i. ||2° Se maniérer, v. réft. Devenir maniéré. Mon homme droit, tous ses membres bien composés, se maniérant, se rendant très-agréable pour la visite qui lui arrive, DIDEROT, Essai sur la peint, ch. 4.
— HIST. Il étoit monté sur un haut coursier, lequel n'cstoit pas bien duit et bien maniéré, froiss.uî, iv, 66.
— ETYM. Manière.
t MANIÊRISTE (ma-nié-ri-sf), s. m. Artiste maniéré, peu naturel.
— REM. Maniériste est dans Ricbelet, édit. de t759.
— ETYM. Manière.
t MANIErrE (ma-ni-è-f), s. f. Morceau de feutre avec lequel l'imprimeur en taille douce frotte les bords d'un planche gravée ; la maniette est composée d'un morceau de bois qui lui sert de manche et de deux morceaux de chapeau.
— ÉTYM. Manier.
MANIEUR (ma-ni-eur), s. m. Celui qui manie
beaucoup. Le manieur d'argent, l'homme d'affaires est un ours qu'on ne saurait apprivoiser, la bruy. VI. Il Manieur de blé sur banne, ouvrier du port qui remuait le blé avec une pelle, afin de le dépouiller de toute humidité,
— HIST. XVI* s. Manieur, oudin, Dicl.
— ETYM. Manier.
t MANIFESTAIRE (ma-ni-fè-stê-r') , s. m. Nom
donné ides anabaptistes de Prusse qui se croyaient dans l'obligation absolue d'avouer toutes leurs opinions religieuses chaque fois qu'ils étaient interrogés à ce sujet.
— ÉTYM. Manifester.
tMANlFESTATEUR, THICE (ma-ni-fè-sta-tcur,
Iri-s'), adj. Qui manifeste. || Terme d'histoire naturelle. Ichneumon manifestateur, espèce d'hyménoptère. L'ichneumon manifestateur dépose ses œufs dans l'intérieur du bois, lecoarant.
— ETYM. Manifester.
t MANIFF..STATIF, IVE (ma-ni-fè-sla-tif, ti-v"),
adj. Terme didactique. Qu. a la vertu de manifester, La scolastique disait que la forme était manifestative de la matière.
— EtvM. Manifester; provenç. mariifeslatiu. MANIFESTATION (ma-ni-re-sta-sion; en ver», de
six syllabes), t. f. || 1° Action de rendre manifeste. Ce n'est point cette manifestation de sa sagesse [de Jésus] qui est admirable, c'est celte longue suppression qu'il en a faite, nicoli, Estais, t. ziu, p. 3}i, dans pouQENS. Le jour de la manifestation des consciences, MASS. Avent, Jug. Non-seulement on
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manque de lumière dans l'examen, on manque encore de sincérité dans la manifestation, id. Carême, Confess. Sous ces formes diverses, je cherche toujours les plus vives manifestations de l'âme et de la pensée humaine, vili.e.m. Littèr. franc. (8* siècle, 2" part. 3* leçon. || 2° Il se dit particulièrement quand la puissance divine se rend manifeste. La sortie du Verbe, son progrès, son avancement vers la créature.... est en ce sens une espèce de génération et de production, qui n'est eu effet que sa manifestation, B03S. a* avert. 72. Jamais ils [les sectateurs de Zoroastre] ne leur ont offert [aux astres et aux éléments) des sacrifices, ils leur ont seulement rendu un culte religieux, mais inférieur, comme à des ouvrages et des manifestations de la divinité, montesq. Lett. pers. 07. Jacques Zieglerne, de Moravie, qui vivait au milieu du xvi* siècle, annonçait la prochaine manifestation du Messie, né, à ce qu'il assurait, depuis quatorze ans, volt. Dict. phil. Messie. || 3° Mouvement populaire, rassemblement, destiné à manifester quelque intention politique. Manifestation pacifique.
— HIST. XVI* s. Il [Dieu] reserve la pleine manifestation en l'autre vie, calv. Inst. it. Saint Paul aussi, en disant que ce qui estoit expédient de cognoistre de Dieu , est manifesté en la création du monde, n'entend pas une espèce de manifestation qui se comprenne parla subtibilitédes hommes, in. tb. 25.
— Ety.m. Provenç. manifestation ; esp. manifestacion; ital. manifestazione; du lat. manifestationem (voy. manifeste).
t. MANIFESTE (ma-ni-fè-sf) , adj. || l*En pariant des personnes, pris sur la fait, convaincu par le fait (le sens propre est saisi par la main). Un plagiaire manifeste. Après que le milan, manifeste voleur. Eut répandu l'alarme en tout le voisinage, la font. Fabl. ix, ta. || 1° En parlant des choses, qui est aussi palpable, aussi apparent que si on y pouvait porter la mair.llavaitlieude craindre en me disant le reste, Que son crime par moi devenu manifeste.... CORN. QEd. v, 6. Un événement manifeste [la ruine totale des Juifs] nous met au-dessus de tous les raffinements des chronologistes, boss. Uist. u, i. Cette voix manifeste qui sortit du fond de ce lieu sacré, id. ib. ii, 8. Lorsque son âme épurée de tous les sentiments de la terre et pleine du ciel où elle touchait, a vu la lumière toute manifeste, id. Duch. d'Orl. Ainsi [dans sa conversion] elle passa tout k coup d'une profonde obscurité à une lumière manifeste, ID. Anne de Gonx. J'écarte de vos jours un péril manifeste, rac. Bajat. n, 4 . Il est manifeste que le commun des hommes doit être dans une ignorance très-grossière à l'égard même des choses qui ont quelque rapport à eux, malebr. Rech. vér. iv, 2. L'horrible projetdeson fils [Néron] est manifeste; elle [Agrippine] dissimule, DIDEROT, Cia«d« et Nér.i, 7i.
— SYN. MANIFESTE, notoibe. Notoire porte en soi l'idée de connaissance; et manifeste celle d'évidence : ce qui est notoire est connu do tous; ce qui est manifeste est évident pour tous.
— HIST. XIV* s. Les choses dessus dictes sont notoires et manifailes, Bibl. des chartes, i* série, t. II, p. 69. En cha,scun bras sont quatre voines manifestes, lanfranc, f 30. Afin que le forfait qui eret [était] manifeste fust pimi.... bebcheure, t° le.
Il ivi* s. Combien que tous ne soyent pas tombez en des idolâtries manifestes, calv. Inst. 26. U est tout manifeste, qu'avec si grosso puissance, nous pourrons facilement recouvrer le royaume de la Macédoine, AMYOT, l'yrrh. 30.
— ETYM. Provenç, manifest; espagn. manifiesto; \\a\. manifesta; du lat. manifestus. D'après Corssen, Beitràge, p. )»2,mani/e«(i« est compose avec monuî, comme in-festus, con-festim, etc. le sont avec in, cum; fest représente le radical fen d'offendere, defcndere, qui veut dire frapper, loucher : mauifeslut {mani-fcslus foar mani-/(;nd-(«s), frappé, louché, surpris *vec la main, pris sur le fait, découvert.
2. MANIFESTE (ma-iil-fè-sf), ». m. || 1° Déclaration publique par laquelle un prince, un État explique les raisons de sa conduite à l'égard d'un autre prince ou Ëtat, surtout lorsqu'il s'agit de guerre. La Flandre est d'abord revendiquée comme le patrimoine de Thérèse [femme de Louis XIV], et, tandis que les manifestes éclaircissent notre droit, nos victoires le décident, uass. Or. (un. Louis le Grand. Bien ne ressembla plus i des libelles que certains manifestes des souverains; les secrétaires du cabinet de Moustapba, empereur des Osmanlis, ont fait un libelle de leur déclaration de guerre, volt. Dict. phil. Libelle. On assure qu'en «718, lorsque la France déclara la guerre à l'Espagne, le manifeste fut fait par Fontenelle, sur les