‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 140 sur 389 · BIAN · texte numérisé non relu

BIAN

cuir dont les cordonniers se couvrent une partie da la main pour leur travail. Tirer la manique, tirer des deux côtés le double fil goudronné que les ouvriers ont enroulé autour de leurs maniques, et qui doit tenir solidement ensemble les semelles et l'empeigne. || On dit, en parlant d'un savetier : il est de la manique; c'est un homme de la manique. Il Populairement. Il entend la manique, se dit d'un homme adroit. || 2° Sorte de poignée des brosses dont se servent les cochers. || 3° Manche que le tondeur de drap tient à la main pour faire mou- Toir les forces dont il se sert. || Manche à l'aide duquel le fabricant de porcelaine enlève le couvercle des fourneaux, quand il veut lancer des morceaux de bois dans le feu.

— HIST. XIII' s Les manicles Qui faites sont

d'or et d'ornicles, dd ca.nge, manica. \\ xiv s. Sa femme Richarde ala en la ville de Caen par devers le lieutenant du vicomte du lieu pour requérir les menicles pour le amenicler, du cange, manicia. Il XVI' s. Ainsi qu'un prisonnier qui jour et nuit endure Les manicles aux mains, aux pieds la chaisne dure, BONS. 914. Deux manicles d'or couverts de rubis d'Inde, prisez ensemble cent eseus, de la- BORDE, Émaux, p. 380.

— ÊTYM. Lat. manieula, diminutif de manica, manch«, s. f.

t MANIQUETTE (ma-ni-kè-f), t. f. Voy. mani-

CUF.TTE.

1 M.\NITOU ou MANICOU (ma-ni-tou ou ma-nicou), t. m. Sarigue de l'Amérique septentrionale.

I MANITOU (ma-ni-tou), s. m. Nom des divinités de l'Amérique du Nord. Les manitous des sauvnges, les fétiches des nègres, j. j. Rouss. Ém. vi. Il Le grand manitou, le dieu suprême.

t MANITRONC (ma-ni-tron), s. m. Terme de zoologie. Segment antérieur du corps des insectes.

— ETYM. Lat. manus, main, et tronc.

MANIVEAU (ma-ni-vô), s. m. Petit plateau d'osier sur lequel on range certains comestibles pour les vendre. Un maniveau d'ëperlans. || Particulièrement. Panier de très-petite dimension contenant de cinq à huit champignons de grosseur moyenne.

— ÉTYM. Ce mot semble être le masculin de maniielle ; mais on ne voit pas comment le sens pourrail aller de l'un à l'autre.

MANIVELLE (ma-ni-vè-IT, s. f. Pièce de fer ou de bois faisant deux angles droits, placée à l'extrémité d'un arbre ou essieu et servant à le faire tourner. Tourner une manivelle. || Terme de marine. Nom de la roue de la ligne de loch, jj Terme d'imprimerie. Ce qui sert à rouler la presse. || Terme de maçon. Brancard avec corde et crochet pour enlever (les pierres. || Terme de charron. Essieu à manche pour conduire deux roues à la fois. Moitié d'essieu pour conduire une roue.

— HIST xiv s. Il prist la menevelle ou manche detreuUe d'un puis, du cange, (r«u. || xvi* s. Aucuns usent de cest instrument nommé manivelle, dont la pointe est faite en manière de foret ou d'une tairiere.... dans laquelle manivelle y a une viz.... et par le moyen de la clef, la dite viz tourne dans une escroue, paré, xiv, 7.

— ÊTYM. Ital. manovella. D'après Soheler, mot hybride formé du latin manus, main, et l'ancien h.-allem. welian, tourner, wella, essieu, arbre. Le lat. vetlere, auquel on peut songer, n'a pas un sens satisfaisant

*. MANNE (mâ-n'), *. f. Il 1° Nourriture que Dieu fit tomber du ciel pour les enfants d'Israël dans le désert. Les enfants d'Israfil mangèrent de la manne pendant quarante ans, jusqu'à ce qu'ils vinssent dans la terre où ils devaient habiter, saci. Bible, Exode, xvi, 35. Dès que les Juifs commencèrent à manger des fruits de cette terre abondante où ils entrèrent en sortant du désert, la manne qui les avait jusque-là nourris ne tomba plus du ciel, bourd. Penséet, t. i, p. 457. Ces prêtres, cependant, ces docteurs fanatiques.... montraient [aux Parisiens assiégi s et réduits i la famine].... Paris bient^)t sauvé par des secours nombreux, El la manne du ciel prête à tomber pour eux, volt. Henriade, x. Pour nous [Adam et Eve] chaque matin, dans les jardins du ciel La manne tombe en perle et la rosée en miel, delil. Parad. perdu, v. jj Manne tombée du ciel, subiitancc alimentaire qui se développe rapidement dans certaines circonstances en Perse et dans le voisinage du mont Ararat, etc.; d'autres disent qu'elle est apportée par le» vents violents; il est certain qu'elle est formée de lichens, surtout de lecanora af/inis et lecanora esculenta. Il 2" Par extension, aliment qui est très-abondant et très-utile pour la nourriture du peuple.

C'est une bonne manne, une vraie manne. Les oiseaux du Nord sont la manne des aquilons comme les rossignols sont les dons du zéphyr, CHATEAUB. Génie, i, v, 7. || Manne de Pologne, un des noms vulgaires de la fétuque flottante de Linné , ghjceria fluitans, Rob. Brown ( graminées), dite aussi herbe à la manne, et dont les semences se mangent en Pologne à la manière de la semoule ou du riz. || Terme de pêche. Manne des poissons, papillon dont les poissons sont très-friands, et qui sert à faire des appâts. il 3° Fig. et en style de dévotion. La manne céleste, la parole de Dieu. Si ce véritable esprit de lumière entre dans votre cœur, vous goiiterez la manne céleste, kén. t. ii, p. 1 79. || La manne cachée, ce qu'il y a d'excellent dans les choses spirituelles. La manne cachée sont les consolations spirituelles ; la manne cachée c'est la vérité ; la manne cachée c'est le sacré corps de Jésus, boss. Élév. sur my st. IX, 8. Ne vous étonnez pas, chrétiens, si je ne fais plus, faible orate-jr, que de répéter les paroles de la princesse palatine; c'est que j'y ressens la manne cachée et le goùl des Écritures divines que ses peines et ses sentiments lui faisaient entendre, id. Anne de Gons. \\ Par extension, ce qui sert d'aliment à l'esprit. La vérité est une manne céleste dont il faut se nourrir. || 4° Par assimilation à la manne du ciel. Suc concret qui nous vient, par Marseille, de la Sicile et de la Calabre, où on le récolte sur une espèce de frêne (frarmus ornus, i.), appelé vulgairement frêne à la manne. La manne est purgative. L'abbé : Oserais-je vous demander, monsieur, ce que c'est que du miel aérien? — Le médecin : C'est de la manne, monsieur l'abbé, c'est de la manne, poinsinet, Cercle, se. 7. Il Manne en larmes, celle qui, dans les mois de juillet et d'août, se dessèche promptement sur l'écorce de l'arbre ou sur de petites pailles disposées à cet elfet dans les incisions. {| Manne en sortes, celle qui , dans le mois de septembre et d'octobre, coule le long de l'arbre, et se dessèche moins vite et moins complètement. || Manne grasse, celle qui coule jusqu'au pied de l'arbre, pendant le mois de novembre et le commencement de décembre, et est reçue sur une couche de feuilles du même arbre, dont on a eu soin de couvrir le sol. || 5° Manne de Briançon, manne très-faiblement purgative, qui exsude spontanéiijent du mélèze (pmus /ona;, L.), dans les environs de Briançon. || Manne d'alhagi, ou manne de Perse, la substance qui exsude d'une espèce de sainfoin de Perse nommé hedysarum alhagi. \\ 6* Manne d'encens, farine d'encens qui se forme du froissement des grains, et qui reste dans les sacs où l'on a mis de l'encens. || Suivant d'autres, la manne d'encens est un encens de choix, ayant la couleur de la belle manne. || 7° Ancien terme de chimie. Manne de Mercure, un sublimé fait avec le précipité par une double opération. || 8° Terme de minéralogie. Se disait d'une couche de terre qui recouvre la veine do métal, et par laquelle on peut reconnaître quel est ce métal. Manne d'or, manne de fer, etc.

— HIST. XII' s. La manne ki del ciel vint, e lo pople quarante anz, en leu de vitaille corporel, suslint, Rois, p. 2.

— ÉTYM. Provenç. manna et mono; cspagn. mana; ital. manna; du latin manna; grec, |i<xvva, qui vient d'un mot hébreu, ou plutôt de deux mots hébreux, comme le montre lo verset (5 du ch. xvi de l'Exode : Dixerunt ad invicem : Manhu, quod signiflcat : quid est hoc ?

2. MANNE (ma-n'), s. f. Panier d'osier plus long que large, où l'on met lo linge, la vaisselle. Je fus tout étonné de les voir revenir avec deux grosses mannes du plus beau linge de table que j'aie jamais TU, ST-sm. 476, »ï. Nous n'avions pas même encore des Tentâtes, à qui des druides sacrifiaient les enfants de nos ancêtres dans de grandes mannes d'osier, volt. Hœurs, Introd. {| Manne d'enfant, berceau d'osier. || Manne à marée, .grand panier à mettre le poisson.

— HIST. xiii" B. Del millier do hercnc, un denier [do droit], do le [la] mande do raies quatre deniers, TAiLLAR, Recueil d'acte!, p. <5. || xvi" g. Paniers, corbeilles, mandes, vans et semblables meubles du mcsnage, o. de serbes, 33.

— ETYM. Wallon, mante; picard et Hainaut, mande; bas-lat. manda; du germanique : anc. Iiautallem. manne; anglo-.sax. mand; angl. maund.

\ MAN.VIÎE (ma-néc), t. f. Lo contenu d'une manne. Une mannée de pommes.

— ETYM. Manne i.

). MANNEQUIN (ma-ne-kin), /. m. || 1" Nom que

les peintres et les sculpteurs donnent à une figure de bois ou de cire qui leur sert à disposer les draperies de leurs ouvrages. Mannequin de grandeur naturelle. || Cette figure sent le mannequin, elle manque do naturel. |{ Fig. et familièrement. C'est un mannequin, c'est un homme qu'on fait mouvoir comme on veut. Tous les personnages modelés sur le même moule de bêtise, excepté le principe, qui les fait mouvoir comme des manneqjiins, bachad- MONT, Uém. secrets, t. xxxi, p. 171. || S'est dit aussi de figures de cire ou de carton de grandeur naturelle, représentant des hommes, des femmes, des enfants, des animaux. || 2° Figure d'homme ou de fonime sur laquelle le,s chirurgiens exercent les élèves à l'application des bandages ou à la manœuvre des accouchements. || Figure de cheval, formée de pièces articulées et servant à la démonstration des aplombs et de la succession d'action des membres dans les allures. || 3° Mannequin-plongeur, appareil dont un homme se revêt pour pouvoir rester dans l'enu.

— HIST. XV' s. Une couppe d'argent dorée, où il y a ung mannequin dedens, dk laborde, hm^ux, p. 380. ||xvi' s. Ung petit manequin tirant une espine hors de son pied, fait de mabre [marbre] blanc, bien exquis [c'est la statue antique dite le Tireur d'épines], id. ib. Janin avoit pris une femme qui jouoit des mannequins, laquelle ne s'en cachoit point pour lui, despeh. Contes, Lxxvii.

— ÊTYM. Wallon, maniké, bambin, petit homme; du flamand maneken, proprement petit homme, puis figure; allem. ilànnchen, diminutif de Slann, homme.

2. MANNEQUIN (ma-ne-kin), s. m. \\ 1' Sorte de panier haut et rond, qui est ordinairement d'osier. Ils apportaient deux mannequins remplis de sucre, de cannelle, de poivre, de figues, d'amandes et de raisins secs, lcsagf, Gil Blas, i, 5. Il Espèce de hotte à l'usage des chiiTonniers. Il 2° Panier d'osier à claire-voie, dans lequel on élève des arbres destinés à regarnir un jardin. Les jardiniers marchands d'arbres ont grand soin d'avoir toujours ainsi des arbrisseaux dans des paniers, et c'est ce qu'ils nomment|arbusles en mannequin, f)ic(. des arts et m. /ardi'nier. |1 Ternie d'architecture. Se disait autrefois de la représentation d'un panier de fleurs et de fruits dans la décoration d'un édifice.

— ÉTYM. Il est probable que ce mannequin est un autre mot que le précédent, et qu'il vient do manne 2.

t MANNEQUINAGE (ma-ne-ki-na-j'), s. m. Terme d'architecture. Genre de sculpture employé dans la décoration des édifices.

— ÊTYM. Mannequin 2.

MANNEQUINlî, ÉE (ma-ne-ki-né, née), part, passé de mannequiner. Qui sent le mannequin. Ce» draperies, ces étoiles sont mannequinées. Vos chasseurs et vos amazones sont raides et mannequinés, DIDER. Salon de (765, (Eut), t. xiii, p. 232, dans

POliGENS.

f MANNEQUINER (ma-ne-ki-né), v. a. Terme dO peinture et de sculpture. Disposer sans naturel, comme ce qui est fait sur le mannequin. Puisque toutes les figures sont mannequinées, il fallait aussi mannequiner les draperies, DiDER. Salon de (7n5, Œuv. t. xui, p. 150. Il Fig. Donner l'air raide. L'autre [vêtement], raide, empesé, me mannequine,DiDBROT, Sur sa robe de chambre,

— ÉTYM. Mannequin ).

t MANNKT (ma-nè), t. m. Espèce de rongeur connu sous le nom de lièvre sauteur du Cap.

t MANNETTE (ma-nè-t'), ». f. Petite manne Oriind panier à deux anses, qu'on appelle aussi banne.

— ÉTYM. Diminutif de manne i.

t MANNIDE (ma-nnid'), s. m. Terme de chimie. Corps provenant de la mannite qui a perdu les éléments de l'eau.

I MANNIFF.RE (ma-nnl-fè-r') , adj. Terme de botanique. Qui donne de la manno.

— ÊTYM. Manne t, et le lat. ferre, porter.

t MANNIPARE (ina-nni-pa-r'), adj. Terme d« zoologie. Se dit d'un insecte dont la piqûre fait découler la manno des plantes.

— ÉTYM. Manne i, et le lat. parère, produire.

t MANNITANE (ma-nni-ta-n'), s. f. Terme de chimie. Corps qui se prépare en cliaud'ant pendant quelques minutes la mannite à 200 dogrést.

t MANNITAIITKIQUK. (nia-nni-Uir-tri-k'), adj. Terme de chimie. Acide maiinitartriquc, acide qui se prépare en chauffant à poids égaux la mannite et l'acide l.irtrique à 120 degrés.

t MANNITE (ma-nnirt'), ». f. Terme de chimie.

it'ZS

MAN

Nom donné par Thenard à un priiicice sucré contenu dans la manne. Le sucre de cliampignou paraît D'être que de la mannite.

— ETYM. Manne «, et la finale chimique tie.

t MANOCAGE (tr.a-no-ka-j'), t. m. Action de mettre le Ubac en manoques. Dispositions relaUves •u triage, manocage, Iwttelage ou emliallage des Ubacs, Ctrcul. des contrib. iudir. tabacs, (« juin

48il, n* 487.

4. ilANCœDVRE(ma-nou-vr'), s. (. || l'Opération de la main. || Terme de construction. Mouvement des ouTriers et des maciiines. Il faut laisser de la place pour la manœuvre. || J* Terme de chirurgie et d'obstétrique. Action composée, ensemble des mouvements pour faire quelque opération. La manœuvre du forceps. || S" Il se dit des mouvements concertés des animaux. La manœuvre du chat pour prendre une souris. Un insecte inutile dont nos observateurs admirent les manœuvres, une herbe ■ans vertu dont nos boUnistes observent les étamines, n'étaient pour eux [les anciens] qu'un infecte ou une herbe, buff. Hist. nat. \" dise. 1. 1. p. ■?<. Il i° Terme de peinture. Manière dont les couleurs d'un tableau sont fondues et agencées. La manœuvre de ce tableau est bonne. || 5° Terme de marine. Mouvement, opération qui nécessite un changement d'allure ou de direction dans le cap; tels sont l'action de gouverner, les virements de bord, l'appareillage et le mouillage. Vous voyez assez, monseigneur, par le compte que je vous rends de la manœuvre de chaque vaisseau, qu'ils ont fait tous parfaitement leur devoir, Rapport de Jean Bart, 1694, dans lAL. Personne ne conservait assez de présence d'esprit, ni pour ordonner les manœuvres, ni pour les faire, Fin. Tél. iv. L'art de la navigation consiste en deux parties : le pilotage qui regarde principalement l'usage de la boussole, et la manœuvre qui regarde la disposition des voiles, du gouvernail et du vaisseau par rapport à la route qu'on veut faire et aux avantages qu'on peut tirer du vent, FONTEN. Renau. La manœuvre est principalement fondée sur les lois de la résistance des fluides, et ces lois n'étaient encore que peu connues, d'alemb. Éloges, Bernoulli. || Faire une fausse manœuvre, faire une manœuvre à contre-temps et mal à propos. Il Service des matelots et usage que l'on fait de tous les cordages. Il s'agit de payer mon passage : vous y aviez pourvu en me faisant apprendre la manœuvre, j. j. Rouss. Ém. V. Il Manœuvre basse, caile que l'on peut faire de dessus le pont. Manœuvre haute, celle qui te fait de dessus les hunes, les vergues et les cordages. Il Grosse manœuvre, travail qu'on fait pour embarquer les câbles et les canons, et pour mettre les ancres à leur place. || 6* Nom général signifiant les cordages qui servent à manœuvrer un navire, excepté les cibles. Amarrer une manœuvre. || Manœuvre haute, toute manœuvre appliquée aux parties supérieures de la mâture, par opposition aux autres qu'on nomme manœuvres basses. Lors du départ, il [le contre-maîtrej verra lever l'ancre; et, pendant le voyage, il visitera chaque jour toutes les manœuvres hautes et basses, Ord. août 4681. || Manœuvre courante, touie manœuvre libre, courant dans une poulie, et servant à plier, déplier, étendre et diriger les voiles. || Manœuvre dormante, toute manœuvre qui sert à l'établissement d'un mât et reste fixe i la place oti on l'attache. || Manœuvre de hune, cordage amarré au grand mât de hune. Il Manœuvres à queue de rat, celles qui vont en diminuant, et qui par conséquent sont moins garnies de cordons vers le bout que dans toute leur longueur. Il Manœuvres en bandes, celles qui, n'étant ni tenues ni amarrées, ne travaillent point. Il Manœuvres passées à contre, celles qui sont passées de l'arrière du vaisseau à l'avant, comme celles du mit d'artimon. || Manœuvres passées i tours, celles qui sont passées de l'avant du vaisseau i l'arriire, comme les cordages du grand mât et ceux des miu de beaupré et de misaine. || ?■ MouvemenU qu'on fait bire à des troupes, soit sur le chimp de revue, soit en campagne. L'exercice pnissicn s était perfectionné pendant cinquante ans; 00 avait voulu l'imiter en France.... on avait même chaiigé le* manœuvres presque i chaque revu», de sf.rte que le» officier» et les soloïl», ayant mal appris des exercices nouveaux n'avaient rien appris du tout. volt. Comm. (Buvr OUI. IhrtT. Les manœuvres de guerre firent évanouir 1« fruit des manœuvre* de politique, ii). MMuX/K, 11, Il a voulu dire seulement que les Prussiens n'auraient pas «u tant de succès s'ils n MHMot^ que brave», et s'ils n'eussent eu k leur im «a (taér»l «iissi cooaommé dans le* manœu-

MAN

vres militaires, devenues aujourd'hui plus nécessaires que jamais, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, (4 août (77î. Par le succès de cette première manœuvre, les deux corps fiançais et italien n'avaient pas encore conquis le droit de continuer leur retraite, mais seulement la possibilité de la défendre, sÉavK, Hist. de Nap. ix, (O. ||8° Manière de conduire une assemblée délibérante. Ils ne connaissent point, tous tant qu'ils sont, la manœuvre des états [de la Bretagne], SÉv. 21 août 1689. Il 9° Fig. Moyens que l'on emploie pour gouverner certaines affaires. Ce n'est pas tout de briller par vos œuvres : llfaut encor des ressorts, des manœuvres, }. B. nouss. Épit. I, 5. S'il a fait quelque mauvaise manœuvre, vous avez la voie de la justice, i.E SAGE, Turcarel, m, 5. Tant de précipitation nous nuirait peut-être et sentirait la manœuvre. MABiv. Uarianne, <0' part. F.ncore une fois, le soin que je prends de rendre Sémiramis moins indigne du public éclairé est ma meilleure réponse, est ma meilleure manœuvre, volt. Lett. d'Argental, 1 1 oct. 4748. Sericz-vous mal reçu, monseigneur, à dire au roi qu'en dix jours de temps il y a eu cinq éditions de sa gloire [le poënie de Fontenoy] ? n'oubliez pas, je vous en prie, cotte petite manœuvre de cour, m. Lett. d'Argenson, 29 mai (745. 11 fut témoin des manœuvres des principaux satrapes qui firent ce qu'ils purent pour faire battre leur chef, m. Babouc. Louis ignorait que le plus fort obstacle à ses desseins était la perfidie du cardinal Balue, qui trahissait sa confiance, et dont le hasard découvrit les manœuvres, duclos, Louis XI, (Xuvr. t. Il, p. 369, dans pouGENS. Le célèbre Prior avait, par les plus sages moyens, préparé cette paix d'Utrecht, si désirée des peuples et si retardée par les manœuvres ou l'ineptie des politiques, d'alemb. Éloges, Destouches. Je lui parlai des indignes manœuvres de Mme d'Êpinay pour surprendre les lettres trèsinnocentes que sa belle-sœur m'écrivait, :. J. rouss. Conf. IX. Il Faire une fausse, une mauvaise, une méchante manœuvre, se comporter d'une manière malhabile, faire une démarche qui gâte les alTaires. M. de Saint-Malo est revenu ; il a été mal reçu aux états [de Bretagne]; on l'accuse fort d'avoir fait une méchante manœuvre à Saint-Germain [où était la cour], et qu'il devait au moins demeurer, après avoir mandé ce malheur en Bretagne, pour t-lcher de ménager quelque accommodement, sÉv. 235.

— HIST. xiii* s. Et toutes les manœuvres [service de bras] que Robers d'Amiens y avoit chacun an, DU GANGE, manopera. \\ xiv* s. Le dit bois coustivé fcultivé] par maneuvre d'homme, nu cange, manoprro. Il XVI' s. Le principal pilotte du marquis connut au maneuvre des deux navires qui estoient avec Sainte- Souline, qu'ils ne vouloient point estre de la partie, d'aub. Hist. Il, 467. Les chevaux ne pouvant prendre pied, il fallut faire cette maneuvre avec les bras des hommes, m. ib. \n, 404. Qu'ainsi ils se raesleroient avec les vrais païsans qui alloient à la maneuvre, m. ib. m, 4I7. Ceux qui ont prins bois à couppe et à layer sont tenus le coupper et abattre dedans le premier jour de may et vuider la maneuvre dedans le jour de la Magdeleine prochainement luisant, Cousl. génér. t. i, p. 603. Maneuvre de bras en temps d'esté six deniers, en temps d'hiver quatre deniers, ib. t. ii, p. 467.

— ÉTYM. Picard, mfnoein'rp; provenç.manoiro; espagn. maniobra; ital. mannvra; bas-lat. manuopera, de manus, main, et opéra, œuvre.

s. MANOEUVRE (ma-neu-vr' ), s. m. |H« Celui qui travaille de ses mains. On encourage nos manœuvres à perdre leur raison et leur santé dans un cabaret, au lieu de mériter leur subsistance par un travail utile, volt. Uél. lilt. à il. Dupont. Le manœuvre auvergnat et limousin dévore quatre livres de pain qu'il trempe dans l'eau, id. Dict.phil. Blé Il a° Ouvrier subalterne servant ceux qui font l'ouvrage, et, particulièrement, celui qui sert les maçons, les couvreurs. Il (le czar Pierre] ne se plaît guère qu'à charpenter, et il passe des jours entiers à travailler, comme un ouvrier, à la construction des vaisseaux ; on le voit aux ateliers, tout comme le plus vil manœuvre, bayle, Lett. à M"*, 28 nov. 4697. Aussitôt les manufactures, les ateliers, les places publiques se remplirent d'une infinité d'ouvriers et de manœuvres, dont les travaux étaient dirigés par des artistes intelligents, d'après les dessins de Phidias, bahthél. Anach. Introd. part. 2, sect. 3. Il On dit aussi en ce sens aide-manœuvre. Un athée est dans la nature comme un aide-manœuvre dans un superbe palais, bern. de st-p. J/or/ I de Socrate. \\ 3° Kig. et par mépris. Un homme qui 1 opère grossièrement et par routine un ouvrage d'art.

MAN

Ce n'est qu'un manœuvre. || Adjectivement. Les géomètres manœuvres ont un mépris ridicule pour les arts d'imagination, chateuib. Génie, m, u i. Il 4" En mauvaise part, un homme subtil, rusé, disposé à tromper. Défiez-vous de lui, c'est un fin' manœuvre, Dict. de l Académie. \\h° Vig. Manœuvre littéraire, celui qui dans un travail fait les recherches, les extraits, etc. Pascal n'avait lu aucun des livres des jésuites dont il se moque dans ses lettres c'étaient des manœuvres littéraires de Port-Royai qui lui fournissaient les passages qu'il tournait si bien en ridicule, volt. Philos. Trad. d'une lettre de mil. BoUngbroke. \\ Travail, ouvrage de manœuvre se dit des ouvrages d'art ou de littérature qui n'exigent que du temps et de la patience. Compiler est un ouvrage de manœuvre. II restait seulement quelques accompagnements et remplissages à faire ; ce travail de manœuvre m'ennuyait fort, j. i. rouss. Conf. VII.

— SYN. MANŒUVRE, MANOUVRIER. Ces dcux mots sont synonymes, excepté en ceci que manœuvre se prend, en un sens particulier ou figuré, pour ouvrier subalterne, et que manouvrier ne s'y prend pas.

— HIST. XVI* s. Il avoit tousjours bou du mesme vin que beuvoient les manœuvres de sa maison, AMYûT, Caton, 4 0.

— Etym. Manœuvre t.

MANOEUVRÉ, ËE (ma-neu-vré, vrée),part. passif de manœuvrer. Des galères manœuvrées par des forçats.

t MANOEUVRÉE (ma-neu-vrée), s. f. Terme de droit couturaier. Travail manuel. Les vassaux devaient des manœuvrées à leur seigneur.

— ÉTYM. Manœuvre.

MANOEUVRER j(ma-neu-vré), v. n. || 1° Terme de marine. Faire la nanœuvre. L'équipage a bien manœuvré. Il II se dit aussi des bâtiments qui obéissent à la manœuvre. Ce vaisseau manœuvre bien. La chaloupe manœuvrait mal. || Activement. Faiie faire des évolutions aux navires, aux manœuvres. Manœuvrer les voiles. Les galères ottomanes étaient manœuvrées pnr des esclaves chrétiens, et les galères chrétiennes par des esclaves turcs, qui tous servaient malgré eux contre leur patrie, volt. Wœiirs, 4 60. Il a» Il se dit des mouvements que les troupes exécutent. Ces troupes ont bien manœuvré. Faire manœuvrer des troupes. || En un sens plus étendu, concerter en campanne les mouvements des troupes pour quelque opération. Lo général manœuvr,iil pour couvrir sa retraite. || 3° Fig. Employer des moyens pour la réussite d'une affaire. Il a manœuvré adroitement et obtenu l'emploi qu'il sollicitait.

— HIST. XI* s. En l'oret pont [dans la poignée dorée de son épée] [11] l'a faite [la lame de la l.ince dont J. C. fut percé] m.inuvrer [mettre par main d'œuvre], Ch. de Rot. clxxix. ||xni' s. [La vigne] c'on laisse à manœuvrer selonc le [la] coustume du pais, BEAUM. XV, 4 2. Mais or pensez d'ainsi ouvrer, Se d'amours voulez manouvror, Bl. et Jehan, 4 9i6. C'est à savoir que chascun boulengiers puet [peut] faire son four en sa meson, en laquelle il manoit, à cuire tout ce que manouverroiten sa meson, Liv. des met. 349.

— ÉTYM. Manœuvre 4 ; picard, ménœuvrer; espagn. maniobrar.

MANOEUVRIER (ma-neu-vri-é; Vr ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des ma-neu-vri-é-z habiles), s. m. Il 1" Celui qui entend bien la manœuvre des vaisseaux ou des troupes. || 2» Terme de marine. Ouvrage technique sur la manœuvre. || S- Adjectivement. Manœuvrier, manœuvrière, habile en la manœuvre déterre et de mer. Une armée manœuvrière. Un général manœuvrier. Une fiotie manœuvrière. Il 11 se dit aussi, substantivement, au féminin. Cette armée est bonne manœuvrière.

— Ktvm Manœuvre 4.

MANOIR (ma-noir), s. m. \\l' Nom, au moyen âge, de toute habitation à laquelle était jointe une certaine étendue do territoire. Celui qui avait quatre manoirs était toujours obligé de marcher à U guerre, montesq. Esp. xxx, 4 3. Les hiboux s'effrayaient au fond des vieux manoirs, v. Ht go. Bail. Les deux archers. \\ Manoir seigneurial ou principal manoir, la partie d'un héritage que l'aîné devait avoir par préciput. || 2° Le lieu où l'on d<!nieure. Le choix du lieu, l'art de faire son manoir, sont autant d'imli-ces d'un sentiment supérieur, BUKF. lienard. Pour m'ôtcr le droit de voter dans C9 département où est mon manoir paternel, il faudrait prouver que j'ai fait élection de domicile ailleurs, p. L. COUR, (i MM. du conseil de préfecture. Il 3° Fig. et poétiquement. Le maniiir liquide, la mer. Peu s'en fallut que le soleil Ne rebroussit

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d'horreur vers le manoir liquide, la font. Fabl. xi, 3. Il Le sombre manoir, la demeure de Pluton, le séjour des morts. [Pluton] Ouvre encore à mes cris ton horrible manoir, rotr. Ilere. mour. iv, 2.

— IIIST. xii* s. Villes [ils] essillent [saccagent] et maners, Mesons ardent, prennent avers [avoirs, biens], wace, dans du cange, manerium. Se nuls fust de chastel, de bure ne de cité Ou de maneir le rei de sa demaineté. Th. le mart. 60. || .\iii' s. Un jour estoit rois Flores à un sien grant manoir, Berte, lxv. Les deux pars du fief, le quief [chef] manoii et l'ommage de ses sereurs de le [la] tierce partie, beaum. xiii, 6. Lez le bois avoit un manoir Où li vilains soloit manoir, Qui moult avoit cos et gelines, Ren. 8593.

— ÉTYM. Prov. maner. C'est l'infinitif de l'anc. verbe manoir, demeurer, du lat. manere, même sens. Le latin manere, grec viÉvo), zend upaman, rester, est rapproché par Curtius du sanscrit mon, qui signifie penser, se souvenir, manas,mens, (iévo;; il croitque ces mots n'ont conservé que le sens dérivé, spiritualisé, de la racine, et que la signification concrète et originelle en est être stable, persister.

t MANOMÈTRE (ma-no-mè-tr'), s. m. Terme de physique. Appareil propre à faire connaître la force élastique des gaz et des vapeurs. Le manomètre a été inventé par Varignon. Le baromètre ordinaire est, en quelque sorte, le type des manomètres.

— ÉTYM. Mavo;, rare, peu dense, et (iÉtpov, mesure, t MANGMÉTRIE (ma-no-mé-trie), s. m. Art de

se servir du manomètre.

t MANOMÉTRIQUE (ma-no-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport à la inanométrie.

I MANOQUE (ma-no-k'), I. f. \\ l» Terme de marine. Petite pièce de ligne de 30 à 60 brasses, ployée comme un écheveau, et liée au milieu. || 2° Nom donné à de petites bottes de tabac en feuilles. Fixation du nombre des feuilles [de tabac] par manoque, et de manoques par botte ou balle, Circul. des contrib. indir. tabacs, )6 juilL 4861, n° 487.

t MANOSCOPE (ma-no-sko-p') , s. m. Instrument de physique qui marque les variations de la densité de l'air.

— ÉTYM. Mavi;, rare, peu dense, et uxoireïv, examiner.

t M.tNOTE (ma-no-f), s. f. Clavaire, champignon comestible, nommé aussi griffe et menotte.

— ÉTYM. Diminutif de main, dit par assimilation de forme.

MANOUVBIER, ËRE (ma-nou-vri-é, è-r'), s. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui travaille de ses mains et à la journée. Lorsque les œuvres de manouvriers et manouvrières viendront à vaquer par mort, forfaiture, ou autrement.... Lett. pat. Bail Boulet, 27 juin 1680. La grande habitude de faire des expériences donne aux manouvriers d'opérations les plus grossières un pressentiment qui a le caractère de l'inspiration, DIDEK. Inlevprél. de la nat. n' 30.

— HIST. xiii* s. Li diable la [une tour] firent et ovrer et drecier, Bien a plus de mil ans, sans point de mencongier; Et la tour firent faire à lor manouvrier, Ch. d'Ant. n, <023. Quant on doit à manouvriers par le [la] reson de lor jornées, bbaum. xxiv, (3. Il xiv s. X.... manouvriers qui furent ordenet à tenir les carios [chariots) de le [la] ville, caifiaux, Abattit de maisons, p. 2a.

— ÉTYM. ilarueuire t.

t MANQUA.vr, ANTE (man-kan, kan-t'), adj. Oui est de moins là où il devrait se trouver. Les sommes manquantes. Les élèves manquants. Les livraisons maniuantes. Les soldats manquants à l'appel. Il Substantivement. Noter les manquants, les manquantes. Les manquants à l'appel.

). MANQUE (man-k'), i. m. || !• Absence, privation, l.'homme le plus parfait a manque de cervelle, bRomer, Soi. IX. Quoi I le manque de foi vous semble pardonnable? corm. Hor. i, 3. Et dans un tel dessein le manque de bonheur Met en péril ta vie et non pas ton honneur, m. Cinna, i, 3. 11 n'a manque d'amour ni manque de valeur, id. Àndromcde. m, 2. Pour ne hasarder pas en vous la majesté Au manque de respect d'un grand peuple irrité, m. Nicnm. V, 7. Un vmp d'œil en triomphe, et, dès que je vous voi, Il ne me souvient plus ilo vos manques de foi, 10. Puleh. v, 6. Le manque d'héritiers ébranlait sa province, id. Œdipe, v, 4. Ce qui fait qu'on ne croit pas les vrais miracles, c'est lo manque de charité, pasc. Pem. xxiii, «a, éd. havet. Ce n'est pas assez qu'une chose soit belle, il faut qu'elle soit propre au sujet, qu'il n'y ait rien de trop ni rien de manque, id. Pens. xxiv, S7. || Trouver quebiue chose de manque, le trouver de moins où il devrait 4tr«. Rien ne se trouva de manque sur l'inventaire,

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J. J. Rouss. Conf. II. Il 11 se dit aussi des personnes. Quand on aime fortement, c'est toujours une nouveauté de voir la personne aimée; après un moment d'absence, on la trouve de manque dans son cœur, pasc. Amour. || 2°I1 se prend quelquefois pour manquement. De quel manque, après tout, as-tu lieu de te plaindre? En quelle occasion m'as-tu vu te contraindre?As-tu reçu de moi ni froideurs ni mépris?conN. l'Hlus. com. v, 3. Il 3° Manque de, par manque de, loc. prép. signifiant que telle ou telle chose fait défaut, est ahsente. Manque par lui de fournir ses titres. Vous donc, esprits légers, qui, manque de tombeaux, Tournoyez vagabonds à l'entour de ces eaux, corn. Mél. IV, 6. Notre imagination nous grossit si fort le temps présent, à force d'y faire des rétlexions continuelles, et amoindrit tellement l'éternité, manque d'y faire réflexion.... pasc. Pens. lu, 6, éd. havet. Manque d'avoir contemplé ces infinis, les hommes se sont portés témérairement à la recherche de la nature, comme s'ils avaient quelque proportion avec elle, id. ib. i, (. J'ai fait voir combien vous leur [aux gens de Port-Royal] aviez imputé d'hérésies, manque d'en trouver une que.... lu. ib. xviii. Si.... manque de connaissance nous faisons des fautes irréparables, bourdal. Car. Pem. de la mort, 28. Il 4° Au billard, un manque-à-toucher, se dit lorsque le joueur ne touche pas la bille sur laquelle il pousse la sienne. || En ce cas, manque ne prend pas la marque du pluriel, étant ici non le substantif manque , mais le verbe manquer. Dix manquc-à-toucher. || On dit aussi, et plus souvent aujourd'hui, manque de touche. Des manques de touche. Il 5° Manque à gagner, occasion qu'un marchand laisse échapper de faire un profit. {| 6" Terme d'eaux et forêts. Manque de mesure, moindre mosure. || 7° Terme d'équitation. Un manque, faux pas qui peut entraîner la chute du cheval. || 8° Dans un filet, dans un point de couture, manque se dit d'une maille, d'un point qui manque. 11 y a des manques dans ce filet, dans celte tapisserie.

— SYN. MANQUER, MANQUEMENT. Le manquo exprime l'alisence, le défaut; le manquement exprime qu'on a failli à quelque chose : ce manque de parole me mit dans l'embarras ; son manquement de parole m'irrita contre lui.

— iiIST. xvi* s. Là le manque de chevaux lui fit enterrer une coulevrine, d'aub. Hist. i, m. Le manque de pieté, m. ib. ii, <7b. Et aurés doresnavant autant occasion de vous louer d'eux, que jusques icy vous avez eu de raisons et juste sujet de vous plaindre des maniues que vous avez reçus, Lettres missives àe Henri IV, t. iv, p. iii, dla rein» d'Anglet. 25 nov. 1594.

— ÉTYM. Voy. manquer; Berry, manque, s. f. L'ancienne langue avait l'adjectif manc, manquf, qui signifiait estropié, défaillant, manquant de, et même gauche, du latin mancus : Tu m'as ouvert lo manque flanc, du bellay, Vers lyriques, ode xi.

2. MANQUE (man-k'), s. f. Terme militaire. L'action de manquer à l'appel. Une manque.

MANQUÉ, ÉE (man-ké, kée) , part, passé <ie manquer. Il 1" Oui n'a pas réussi. Un projet manqué. Kffet manqué. Après le coup manqué, le traître a cette audace, BOTHi)U,/WiisatVe, i,6.11 peut pour un manqué recouvrer cent partis, m. Antig. iv, 4. Quoi qu'il arrive, il [Morival, un des jeunes condamnés d'Amiens] restera chez moi jusqu'à ce que son affaire soit finie ou manquée, volt. Lett. roi de Prusse, 28 avr. < 774. Sa comédie du Glorieux [de Destouches] est son meilleur ouvrage, quoique lo persojinage du glorieux soit, dit-on, manqué, id. Louis XI V, écrivains. Cotte mère éplorée, ces suivantes qui l'entourent, ce père qui tient son enfant, tout cela est manqué net, dideh. Salon de 1767, Œuv. t. xiv, p. 299, dans HOUGENS. Il Un plat, un gilteau nian- ((ué, un plat, un gâteau que le cuisinier n'a pas réussi i faire bon. Mme de Castries était un quart de femme, une espèce de biscuit manqué, stsim. 42, 252. Il Familièrement. Un poète, un peintre manqué, pocle. peintre qui mamiue de talent, qui n'a pas les qualités requises. |{ Cela se dit aussi du tout personnage qui est au-dessous de son rôle, de sa position. A l'égard de I.ouvois, dont la sultane manquée avait plus do hâte de se délivrer, elle ne manqua aucune occasion d'y préparer les voies, sT-sm. 407, «3. Les fleuves et encore plus les chaînes de montagnes et la mer ont formé des barrières impénétrable» pour un grand nombre de ces Atlilas manques, tuhcot, Plan du t" discourt sur t'hisl. univers. Petit maître manqué, ridicule pagode, BOI5SV, Impatient, m, 3. || 2" Qu'on n'atteint pas du coup qu'on adressait. L'homme ajusté-mais manqué. Un lièvra manqué. Ils [.les Sarrasins] levirent

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le siège [de Rome], pour aller combattre une armée (le Français qui venait secourir Rome... l'armée française fut battue, mais la ville rafraîchie fut manquée, VOLT. Mœurs, 28. || 3° Auquel on n'a pas assisté. Trois bals manques dans la semaine.

MANQUEMENT (man-ke-man), s. m. || 1* Action de manquer à, faute. Chaque parti s'est plus maintenu par les manquements de celui qui lui était opposé que par sa bonne conduite, lahochef. Mém. (73. Celui qui, dans les grandes affaires, donne lieu au manquement des autres, est souvent plus coupable qu'eux, retz, Mém. t. ii, liv. m, p. 34, dans POUGRNS. Tous les malheurs des hommes, tous les revers funestes dont les histoires sont remplies, les bévues des politiques et les manquements dos grands capitaines, tout cela n'est venu que faute de savoir danser, mol. Bourg, gent. n, 2. Chaque sœur s'examinera elle-même sur les manquements qu'elle fait [au règlement], boss. Règl. pour les filles de la prop. de la foi, iv, (2. || Faute contre. Il soupçonne aussitôt son manquement de foi , coiiN. Pomp. II, 2. Toute votre vie n'est-elle pas un continuel manquement de parole? fén. Dial. des morts mod. dial. 12, Charles V, François I". De là [chez le duc d'Orléans] tant de manquements de parole, qu'on ne comptait plus les plus positives pour r''en, st-sim. 390, 20. || 2" Étal de ce qui manque, fait défaut. N'ai-je à craindreque le manquement de mémoire? mol. Impromptu, *. La sagesse éternelle, qui fait servir le moindre au plus digne, si l'àme a besoin d'un corps pour vivre dans sa naturelle perfection, lui rendra plutôt le sien que de laisser défaillir son intelligence par ce manquement, BOSs. Connaiss. v, 13. || 3" Absence, privation (en ce sens, il est synonyme de manque, mais moins usité). Ce n'est pas qu'ils n'aient kien vu que ce manquement de liberté, qui avait porté un si grand nombre de docteurs à se retirer des assemblées, ne ferait pas de bien à leur censure, pascal, Prov. m. Une complaisance déréglée , u« manquement de circonspection, nicole. Essais, t. III, p. 80, dans PouGENS. Il 4" Absolument. Péiiuiie, manque. F.lle [une peuplade fixée dans le lieu qu'elle cultive] n'est donc pas dans un état de pauvreté, elle est plutôt dans un état de manquement, qu'on me permette ce mot : celui de privation ne rendrait pas ma pensée ; car nous nous privons des choses que nous avons, ou que nous pouvons avoir, et que nous connaissons; au imu que nous n'avons pas celles dont nous manquons, souvent même nous ne les connaissons pas, CONiiiLLAC, Comm. gouv. i, 7.

— HlST. xvi* s. Le manquement de pieté et de justice, d'aub. Ilist. u. (76. Advertis des grands manquemens qu'il y avoit en lîrouage, mais principalement de la dizotte d'eau, de vin et de médicaments, id. ib. II, 437. Ceux qui, manquement de moyens, ne pourront fournir aux amendes par eux encourues, Nouv. coust. génér. p. 86». Un seul manquement et faulte à sa parole, munt. m, 63.

— ÉTYM. Manquer; provenç. mancamen; espag. maricnmienlo ; ital. mancaniento.

MANQUER (man-ké) , je manquais, nous manquions, vous manquiez; que je manque, que nous man(|uions, que vous manquiez, v. a. || 1" Ne pas atteindre ce (|u'on voulait atteindre, ne pas accomplir ce qu'on voulait accomplir (le sens primitif du bas-latin mancare est mutiler, estropier;. ...Que trois héros, brûlants de l'attaquer, Se préparent au coup quB je viens de manquer, du ryer, Scévole, v, 6. On m'a dit qu'Aristie a mauiiué son projet, corn. Sertor, IV, 2. Si vous manquez le trône, il faut périr tous trois, ID. Olhon, i, 4. Ton bras peut-il manquer ce que ton cœur résout? rotr. Bélit. i, o. ICt l'on n» saurait voir, sans en être piqué, Po.sséder par un autre un cœur qu'on a manqué, mol. le Dép. i, (. Ah! que je sens de trouble, et qu'il m'eût été doux Que l'on m'eût fait manquer ce fatal rendez-vousl iD. Fâch. I, 4. M. Renau ne se tint point encore pour vaincu, et, s'il avait cru l'être, il n'aurait pas manqué la gloire de l'avouer, fonten, Renau. Les critiques ne manquent jamais cos sortes de réflexions, parce qu'on les peut faite sans essayer beaucoup son esprit, MONrESQ. Lett. pers. Introd. M. le comte do BoulalnviUiers a manqué le point capital do son système; il n'a point prouvé que les Francs aient fait un règlement général qui mit les Komains dans une espèce de servitude, id. E.<p. XXX, 10. Athalie fut peu goûtée lorsqu'elle parut imprimée pour la première fois; Racine crut de. bonne foi qu'il avait manqué son sujet, et il l'avouait sincèrement à Despréaui, qui lui soutenait au contraire qu'il n'avait rien fait de mieux qu'Atbalie,

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D'ALWiB. ÉloQfs, Dfspréaux. Trop heureui, en manquant un mauvais mariage, D'en êlroquilto encor DOU' les frais du voyage ! collin d harleville, Chdt. in àtrngnt, u, ». Il î" Manquer quelqu'un, un animal Mpas ratleindre du coup qu'on lui adresse. Notre marquis n'avait de cliagrin ... que celui da- TOir manqué un levreau, sêv. 487. La main qui arait manqué Porsenna, Boss. lltst. i, 8. L autre, qui ne tire pas bien, Manque le lièvre et tue un chien, peaBAULT, Chasse, dans bichelet. Ce fut Itrer un coup de feu] avec tant de trouble et de précipitaiion qu'il me manqua; alors je m'avançai sur lui brusquement, et lui enfonçai mon épée dans lecœur, le sage, DiabU boit. chap. wii, dans pousens. Il Les chasseurs ont manqué le cerf, ils ne l'ont pas pris. || Par un sens analogue. U gendarmerie a manqué les voleurs, elle ne les a pas attrapés. || Fig. Les femmes vieillissaient en faisant toujours la même chose, en restant toujours i la même place : le temps était bien sûr de ne pas les manquer, il savait où les prendre, STAËL, Cor. xv,<. Il Je ne le manquerai pas, je le châtierai. En endurant leurs cares- Ms, je ne veui pas endurer leurs insultes, et je ne manquerai pas le premier qui me manquera, 1. 1. HOts» Confess. vu. || Familièrement. Il ne l'a pas manqué, il lui a dit son fait, il n'a pas hésite à le qualifier comme il méritait. || Par menace. S'il me manque, je ne le manquerai pas, c'est-à-dire il peut compter sur les effets de mon ressentiment. Il 3' Manquer quelqu'un, ne pas réussir à le persuader. Son zèle et ses soins eurent beaucoup de succès [pour propager la doctrine de Malebranche] ; il ne manquait point les gens qu'il entreprenait, à moins que ce ne fussent des philosophes endurcis dans d'antres systèmes, fontkn. Carré. || 4° Manquer quelqu'un, ne pas le rencontrer, quand on avait besoin ou désir de le voir. Ces messieurs m'avaient encore manqué d'un quart d'heure la veille.... BETZ, Mém. t. III, liv. iv, p. 83, dans polgens. Encore est-ce un grand heur dont le destin m'honore; Car, deux moments plus tard, je vous manquais encore, MOL. Fdch. m, 2. Ma tante va m'amuser encore, et je manquerai le bailli, dancourt, Colinmaillard, se. I". Il 5* Ne pas assister à. Nous avons manqué le spectacle. La pauvre Babonnettel hélas! lorsque j'y pense. Elle ne manquait pas une seule audience, rac. Plaid, i, *. Elle ne manquait pas un bal de la cour, hamilt. Gramm. 7. || Fig. La manquer belle, ne pas réussir quand on avait l'occasion favorable ; c'est le seul sens que donnent à cette locution le dictionnaire de Furetière et la i" édition de celui de l'Académie. L'Académie l'explique ainsi : la [l'occasion, ou, plus précisément, la balle au jeu de pauoiel manquer [quand elle est] belle. || Aujourd'hui l'Académie dit : l'avoir manqué belle, avoir échappé à un grand péril; mais en ce sens la locution ancienne est : l'échapper belle, voy. beau n' 13, et échapper n" <|; tandis que la manquer belle au sens d'échapper à un péril est à peine explicable, et n'est pas même français. || 6° V. n. Être en moins, faire défaut (sens qui s'est formé quand, delà signification active, manquer a passé à la signification neutre). Il nous manque plusieurs écrits de Cicéron. les livres qui manquent dans cette bibliothèque. Adieu, ma très-chère, je ne sais que vous dire de mon amitié, les paroles me manquent, je les trouve trop petites, sév. 470. Qui eût pu seulement penser que les années eussent dû manquer & une jeunesse qui semblait si vive? BOSS. Duch. d'Orl. Que manquait-il au bonheur de notre princesse? Dieu qu'elle avait connu, et tout avec lui, ID. Anne de Gons. Je consens de bon cœur.... Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers, uoil. Sat. m. Intrépide et partout suivi de la victoire. Charmant, Qdèle, enfla rien ne manque & sa gloire, rac. Andr. m, 3. Nous sentons à tous moments, pendant le cours de notre vie, où le bien que nous avons perdu nous manque, la brut. vi. Cruel, et vos soupçons manquaient à ma misère, volt. Adél. du Guesçl. m, *. Votre nom seul ici manquait à ces grands nom», ID. Tancr. ui, i. Ceux-là [oiseaux voyagaurtj partent les premiers qui vivent d'inseciMTottigeanUet, pour ainsi dire, aériens, parce que CM insectet manquent les premiers, uufp. Oit t. xn, p. »l J. Cette espèce d'animaux [les chévauxi manquait au nouveau monde, lo. Quadrup. t. i, p. «. C«qui me manquait m'empêchait de goûter «• que j'avais, ». j. Bous». Confeis. tx. \\ Il se dit des MrioniM* (tans le même sens. Après une marche vmét, d*ui cents hommes manquaient dans le régi- BiMt El partout votre gloire a fait de tels éclats Que tet IHIw dw rott ne tous manqueront pas, corn. Sménm, i, t. Toutes les fois que, regardant cette

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grande place qu'elle |la duchesse d'OrléansJ remplissait si bien, vous sentirez qu'elle y manque, songez que cette gloire que vous admiriez faisait son péril en cette vie, BOSs. Duch. d'Orl. II [Alexandre] vit dans la bouche de tous les hommes.... les éloges ne lui manquent pas, mais c'est lui qui manque aux éloges.... tourmenté maintenant dans les enfers.... ID. La Vallière. Qu'importe qu'un captif manque à votre victoire ? quin. Arm. i, t. La terre ne demande ici qu'à enrichir les habitants; mais les habitants manquent à la terre, fén. Tél. xii . J'avais un Aristarque sévère et judicieux [Diderot] ; je ne l'ai plus; mais je le regretterai sans cesse, et il manque bien plus à mon cœur qu'à mes écrits, j. j. rouss. Lctt. sur les spectacles, préface. || Absolument. On sait bien ce qui serait du devoir de la charité, et l'on voudrait y satisfaire ; mais l'assurance et le courage manquent, bourdal. Exhorl. sur les faux tém. rendus contre J. C. t. n, p. 33. Dans les principes de l'auteur cela ne pouvait manquer, tonten. Jug. de Pluton. Je crois que cet acte était impraticable; tout manque quand l'intérêt manque, volt. Comm. Corn. Olhon, m, 6. La charité n'a point encore établi , dans ce pays, des maisons secourables où les enfants exposés soient nourris; là où la charité manque, la loi est toujours cruelle, m. Polit, et législ. Comm. liv. dél. et peines, préambule. Auprès d'André Chénier avant que de descendre. J'élèverai sa tombe où manquera sa cendre, Mais où vivront du moins et son doux souvenir. Et sa muse et ses vers dictés pour l'avenir, m. i. chén., la Calomnie. Il U se dit quelquefois par euphémisme pour mourir. Mais si vous veniez à nous manquer, le momie ne durerait pas assez pour réparer une telle perte, balz. liv. i, lett. 6. Le roi prêt à manquer à tous les moments, le cardinal assembla le conseil, saintsiHON, 82, 61. Il Impersonnellement. Le lacs était tout prêt; il n'y manquait qu'un homme, la font. Fabl. IX, 16. 11 manque un sens aux incrédules, comme à l'aveugle, boss. Anne de Gont. Il ne manque à mon front que le bandeau royal, bac. Eslh. II, I. Traître, pour les Romains tes lâches complaisances N'étaient pas à mes yeux d'assez noires offenses; U te manquait encor ces perfides amours Pour être le supplice et l'horreur de mes jours, ID. Uithr. III, I . Mais, Molière, à ta gloire il ne manquerait rien, Si, parmi les défauts que tu peignis si bien. Tu les avais repris de leur ingratitude, DOUuouRS, Sur la mort de Volière, dans bichelet. Il [Dieu] a permis qu'il ne manquftt plus rien à vos malheurs, MASS. Carême, Enf. prod. Je parle de ce seigneur à qui il ne manquait que d'être noble, pour être gentilhomme, Marivaux, Pays. part. t" part. Il manquait à mes maux de l'entendre accuser, volt. Œdipe, II, 2. Adieu, madame ; tolérez la vie; je la tolère bien; il ne vous manque que des yeux, et tout me manque; mais assurément les sentiments que je vous dois et que je vous ai voués ne me manquent pas, in. Lett. Mme du Deffant. 30 mars 1788. Jamais peuple ne défendit mieux celte liberté précieuse [la liberté politique] que les Suisses; il ne leur a manqué que des historiens, ID. Ann. Emp. Frédéric d'Autriche, me. Est-il vrai que Protagoras [d'Alembert] se marie à Mlle de l'Espinasse? voilà tous les philosophes en ménage, il ne manque plus que vous, id. Lett. Damilaville, 5 mars 1766. j| Familièrement. Il n'y manquera rien, la chose sera complète, et surtout, par menace, la réprimande, la punition sera rigoureuse. Oh ! je tancerai demain ma sœur, qu'il n'y manquera rien, GENL1S, Théâtre d'éduc. la Lingère, i,7. Louis XI : Pourtant & mon cousin si l'avenir réserve Un revers décisif.... que le Ciel l'en préserve! — Tristan : Moi, le vœu que je fais, c'est qu'il n'y manque rien, c. delav. Louis XI, H, 13. Il Onditd'unchienoudetout autre animal fort intelligent, qu'il ne luimanqueque la parole. || On dit d'un portrait bien ressemblant, qu'il n'y manque que la parole. L'artisan exprima si bien Le caractère de l'idole , Qu'on trouva qu'il ne manquait rien X Jupiter que la parole, la font. Fabl. ix, 6. Il 7° S'affaisser, se dérober. Dans les tremblements de terre, le sol manque sous les pieds. || Le pied lui a manqué, le pied lui a glissé. || Fig. Dieu n'avait laissé aucune ressource au roi d'Angleterre; tout lui manque, tout lui est contraire, Boss. Aci'ne d'Anglet. Il Défaillir. Le cœur me manque; adieu, je sens

faillir ma voix, corn, la Suiv. iv, 7 Tout lui

manque ii la fois. Les sens et les e.sprits, aussi bien que la voix, la font. Filles de Min. Les forces lui manquent [au duc d'Enghien], il tombe à ses pieds [de son père, Condé mourant], boss. Louis de Bourbon. U veut parler, la voix lui manque, fén. Tél. vu. X ces mots le cœur et les genoux manquent à Laêrte,

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ID. XXI, 482. Il 8° Tomber, s'écrouler. Cette m.aison manque par les fondements. || 9" Être en défaut. C'est lui fie cœur] qui ne manque jamais; et, quoi que vous ayez voulu dire autrefois à la louange de l'esprit qui veut le contrefaire, il manque, il se trompe, il brorche à tout moment, sÉv. 17 juin 1085. Il Ne pas réussir, en parlant d'entreprises, de projets, etc. Ou ils [les mondains] les manquent [leurs vaines prétentions], ou elles leur manquent: ils les manquent, quand ils ne parviennent pas à leur but; elles leur manquent, quand, obtenant ce qu'ils veulent, ils n'y trouvent pas ce qu'ils cherchent, BOSs. *' sermon, Vêlure, i. Une entreprise qui ne peut manquer dans un pays sans manquer dans un autre, ni manquer un moment sans manquer pour toujours, MONTEEQ. Esp. IX, 7. Les dieux ont fait manquer ton entreprise horrible, ducis, Macbeth, v, 10. Il 11 se dit, dans le même sens, des personnes. Nous ne l'avons jamais vu encore [le cardinal de Richelieu] manquer dans les entreprises qu'il a voulu exécuter lui-même, et qu'il a soutenues do sa personne, voit. Lett. 74. Alors qu'il réussit, tout fait jour, tout lui cède; Mais aussi, quand il manque, il n'est plus de remède, corn. Othon, v, 2. Il 10° Ne pas lever, en parlant de graines. Ce qui me donna le plus de satisfaction, ce fut le canton où j'avais fait planter au printemps les glands que j'avais fait auparavant germer dans de la terre; il n'en avait presque point manqué, buff. Hist. nat. Introd. part. exp. (Euv. t. viii, p. 3Sfc. H ll«Ne pas faire feu, ne pas partir, en parlant d'une arme à feu que l'on tire. La capsule ne prit pas feu, et le pistolet manqua. || 12° Avoir faute (l'idée de manque étant transportée des choses qui font faute aux personnes qui ont besoin). Nous manquons d'argent. La garnison ne manquait pas de vivres. S'il a manqué d'amour, manque-t-il de mémoire? corn. Médée, i, *. Ce serait une impiété de manquer d« respect pour les vérités que l'esprit de Dieu a révélées : mais ce serait une autre impiété de manquer de mépris pour les faussetés que l'esprit de l'homme leur oppose, pasc. Pruv. xi. Manquerait-on pour moi do complaisance? rac. Athal. ii, 6. Elle aimait mieux qu'on manquât de sagesse que de caractère, marivaux, Marianne, 4* part. Ne manquant de rien, il n'avait besoin de tromper personne, volt. Bon bramin. Abuser de l'es[>rit philosophique, c'est en manquer, d'alemb. Itéflex. sur le goût. \\ Manquer de tout, être dans la plus profonde misère, dans un complet dénûment. Jugez, madame, de ce que je soullVe de vous savoir avec la reine, manquant de tout, maintenon, Lett. d Mme des Ursins, 4 juill. I7oo. Il faut avoir manqué de tout, pour sentir la valeur de chaque chose, STAAL, Mém. t. ii, p. 257. || Il ne manque pas d'esprit, d'ambition, de bonne volonté, etc. il a de l'esprit, de l'ambition, de la bonne volonté, et même il en a beaucoup; c'est une de ces litotes négatives si nombreuses dans notre langue, qui disent le moins pour faire entendre le plus. |1 Manquer de parole, de foi, de promesse, ne pas tenir sa parole, sa promesse, n'avoir pas do bonne foi. Grâces aux dieux, Cinna, ma frayeur était vaine; Aucun de tes amis ne t'a manqué de foi, cohn. Cinna, m, 4. Vous manquez de parole et de reconnaissance, ir-.Sophon. i, 4. Ah! s'il n'était honteux de manquer de promesse 1 id. Agi'sU. l, 4. Je ne veux point encore, en lui manquant de foi, Donner à sa vertu des armes contre moi, rac. Brit. iv, 4. Il Manquer de respect, commettre un acte d'irrévérence à l'égard de quelqu'un. Nous mourrions à tes pieds avant qu'un téméraire Pût manquer seulement de respecta mon père, volt. Scythes, i, s. Il U se dit quelquefois en ce sens avec un nom de chose pour sujet. Un retour si soudain manque un peu de respect, cobn. Nicom. ii, t. Je ne sais si la terre manque d'hommes ; mais certiinement elle manque d'hommes heureux, volt. Singut. nat. XXX. Il Manquer de, avec un verbe à l'infinitif, omettre, oublier de faire quelque chose. Lui qui, presque en naissant, fut meurtrier d'un autre. Et qui ne peut manquer d'être encore le nôtre, mairet, Solim. I, t. X ce mot de profit, jugez si je manquai De me trouver au lieu qu'on m'avait indiqué, scahr. D. Japlietd'Arm. u, 2. Il se jette à côté, fe met sur le propos Do Castor et Pollux; ne manque pas d'écrire Que leur exemple était aux lutteurs glorieux, LA font, firbl. I, «3. Quand vous songerez à vos devoirs, ne manquez pas de considérer à quoi vous obligent les immortelles actions de Louis le Grand et l'incomparable piété de Marie-Thérèse, boss. Mar. Thér. Que ce que vous y souffrez [pendant le carême] puisse remplacer devant Dieu ce que vous manquez de

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