MANSE (man-s'), i. f. Voy. mense
t 2. MANSE (man-s'), s. m. Terme de féodalité. Mesure de terre jugée nécessaire pour faire vivre un homme et sa famille. Il y avait des manses appartenant à des hommes libres et des manses servîtes.
— ÉTYM. Bas-lat. mansiis, mansum, rendu diversement en ancien français par mas ou meis, et venant du latin manere, résider (voy. manoir).
t MANSION (man-si-on), s. f. || 1° Terme d'antiquité romaine. Station, étape. Vous aurez soin, à chaque mansion, de faire mutiler les chevaux derrière vous, afin qu'on ne puisse vous poursuivre, CHATEAUB. Mart. xviii. || 2° Terme d'astrologie. Maison. Les 28 mansions de la lune.
— UIST. xiu* s. Puet l'en trover religion En séculière mansion? Jo Rose, 4 1428. Pluseurs sont, si comme marcheans et gens errans par le païs, qui n'ont nules mansions, ou il les ont hors du roiame,
BEAUM. LXVII, 25.
— ÉTYM. Lat. mansionem (voy. maison).
t MANSIONNAIRE (man-si-o-nô-r'), ». m. Officier des rois de France de la deuxième race, chargé de faire préparer et meubler les appartements royaux ; c'était un maréchal du palais. || Portier d'une église. Les basiliquesavaientdes mansionnaires ou gardiens chargés de les nettoyer et de les orner, pleury, dans le Dict. de poitevin.
— ÊTYM. Mansion.
t MANSUET, ETTE (man-su-ê, è-t'). || 1° Adj. Latinisme peu usité. Qui a de la mansuétude. Nicolas Piètre avait l'esprit doux et mansuet, guï patin, ie». t. m, p. 589. Il i- S. f. Mansuète, variété de poire.
— HIST. iiu* s. En ire a mi [milieu] et extremitez ; et li hom qui tient le mi est apelez mansuetes, brun, latini. Trésor, p. 289. ||xiv s. Tel homme nous disons qu'il est mansuet ou debonaire, oreshe, Eth. 4 27.
— ÉTYM. Prov. mansuet; esp.etilal.mansuc(o;du lat. mansuetus, de manus, main , et suetus, accoutumé : proprement accoutumé à la main, en parlant, parexemple, des animaux qui s'apprivoisent.
MANSUÉTUDE (man-su-é-tu-d'),». f. |11° Douceur d'âme sereine et inaltérable. Mon premier souci doit être de conserver au Christ son caractère de mansuétude, DiDRROT, Salon de 4 765, Œuv. t. xiii, p. 225, dans POUGENS. Il 2° litre que l'on donnait à certains personnages. Nous [Constantin] avons jugé utile de donner au successeur des apôtres une plus grande puissance que celle que notre sérénité et notre mansuétude ont sur la terre, volt. Mœurs, iv.
— 8YN. MANSUÉTUDE, DOUCEUR. Ce qui distingue la mansuétude de la douceur, c'est que la man«uétude a en sus la sérénité et l'égalité.
— HIST. XII* s. Que nos [nous] mansuetume et humiliteit apregnons à [de] nostre signer Jliesu Crist, ST brbnard, p. 56». Quantes foy nous rastrondrons les turbilhous movemenz del corago desoz la vertutde mansuctudino./ob, p. 6i3.||uii*s. De ira
MAN
et lia mansuétude, brub. utini, Trhor, p. 5«9. Il XIV I Kl la TCrtu moicnne, nous I appelions manluctude ou dclK)nr«iirelé, obksmf., i//i. 4». Il xyi* ». La mansueludo dont ilï usarent envers les Bretons,
iiB 6'aro. 1, '*■ , ,
— ETYM. Lat. maniuHvdinem, de mansuaus,
mansuet. ...
I. MAin-E (man-f), t. f. Il 1* Espèce de vêtement de femme, ample et sans manches, qui se porte par-dessus les autre» vétemenU, dans les temps froids. Il II se dit d'un ceruin habit que portent quelques religieuses. || l' Il s'est dit aussi d'un vêtement d'homme que portaient les voyageurs. Depuis l'heure charmante Où le servant d'amour, Sa harpe sous sa mante. Venait pour une amante Soupirer sous la tour, lamart. Harm. la Uetraite. Il 8' Grand voile noir fort long que les dames de la cour portaient dans les deuils. Il est entré dans notre hûlel une dame couverte d'une manie des plus «paisses, lb sagb, Gil Blas, iv, 6. Elle se revêtit d'une robe noire à la vénitienne, couvrit son visage et sa taille avec la mante qu'on porte dans ce pays, STAËL, Corinne, xvii, «. || 4" Chape de laine à capuchon que le pape porte quelquefois. (| i' Grande couverture de lit qu'on fabriquait autrefois à Montpellier, i Avignon et à Paris.
HIST. XV' s. Jaques avoit vendu à Boyer un
vestement appelé mante, dit mantel, du cange, manta. || xvi' s. Parquoi, incontinent envoyer quérir un bon lit garni Je linceux, mante et conlrepointe, MABG. Nouv. xxxviii. Il tourne, il vire en son lit, agité D'inquiétude et de douleur ardente ; Cherchant le frais, trop lui pesé une mante Pour couverture; et de pies et de bras II pousse, il jette, il renverse ses draps, am. jahin, Poésies, p. <26,
dans LACUBNE.
— ETYM. Prevenç. espagn. et ital. mania. Il vient peut-être du latin mantum, manteau court espagnol (mantum Hispani vocant, quod manus tcgat tantum; est enim brève amictum, dit Isidore de Séville). Uais il est plus vraisemblable qu'il tient à manteau (voy. manteau).
f s. HANTE (man-f), s. f. Genre d'insectes orthoptères de la famille des coureurs, tribu des mantides. La manie religieuse, ainsi dite, parce qu'on la voit souvent posée sur ses pâlies de derrière, ayant le corps vertical, et joignani ses deux pattes de devant dans l'attitude de la prière. || Mante de mer, nom vulgaire des crustacés de l'ordre des stomapodes, qui constituent le genre squille.
— ETYM. MivTi;, sauterelle, proprement devin. MANTEAU (man-lô), i. m. || 1° Vêlement ample
et sans manches qu'on porte par-dessus l'habit. Jésus sortit, portant une couronne d'épines et un mauteau d'écarlate, saci. Bible, Êv. SI Jean, xa, 6. Bon manteau bien doublé, bonne étofTo bien forte, la font. Fabl. vi, a. Mais qui, n'étant vêtu que de simple bureau, Passe l'été sans linge et l'hiver sans manteau, boil. Sal. i. Il [le prélat] tire du manteau sa dextre vengeresse ; Il part, et, de ses doigts saintement allongés, Bénit tous les passant», en deux files rangés, ID. iulr. v.Timagène, inquiet de ce projet de retraite, lui en demanda le motif, il [Epaninondas] répondit simplement : «Je suis obligé de faire blanchir mon manteau;» en effet il n'en avait qu'un, bahthEl. Anach. ch. b. I« bleu manteau des rois pouvait gêner vos pas; La pourpre fia pourpre impériale] vous va mieux; le sang n'y paraît pas, v. hugo, Hemani, iv, 4. Les manteaux relevés par la longue rapière Hélas I ne passaient plus dans ce jardin sans voix, lo. Voix intérieures, Passé. || Tout vêlement chaud avec ou sans manche en drap, laine, velours ou soie, que les femmes portent pour sortir par-dessus leurs robes. Il Dans l'antiquité, le manteau était un attrikut du vêtement de celui qui faisait profession de philosophie. Prendre le manteau de philosophe. Personne n'osait paraître en manteau dans toute l'Asie, de peur que la ressemblance de , l'baUt oe les fil prendre pour des philosophes, VUtcu. Uisl. de TModose, i, 4ï. || Fig. Couvert du manteau de la nuit J'attends ton retour et ton heure, •cbmabd, Poil. div. Ép. 1 1 , d Olympe. L'hirer.... Slend son manteau de glace Sur nos champ» et noeettée, BéftAHo. Uiter. | i Fig.S'envelopper de »on manteau, ae résigner, attendre son sort avec calme au milieu des danger». Il s'enveloppe alors do manteau de la philosophie qui n'est autre chose fo» le ooDUnUment de soi, le calme intérieur U rMovr agréable sur soi-même , qui ne peuwnt «tre U pwtage oue de U sagesse pratique, araoLasca, 2mm prtj. ch. u. dans les œuvres 4s snuatAis. || Vendre, débiter sous U man-
MAN
teau , vendre en cachette quelque chose de défendu. Un ouvrage satirique, qui est donné en feuilles sous le manteau aux conditions d'être rendu de même, s'il est médiocre, passe pour merveilleux, la bhuy. i. Nous fûmes avertis d'un nouveau factum de M. de Luxembourg; il se distribuait sous le rnanleau aux petits commissaires et à peu de conseillers, st-sim. I8, 2I3. Et vais lui demander certain livre nouveau, Qu'on dit bon, car il est vendu sous le manteau, bûissy, Deh. tromp. v, 3. Il II mange son pain sous le manteau, se dit d'un avare qui mango tout seul, qui ne fait part de son bien à personne. (| Garder les manteaux, tenir les manteaux de ceux qui se livrent à quelque acte de violence, par allusion à saint Paul qui avant sa conversion tint les manteaux des Juifs qui lapidèrent saint Etienne. On a voulu lelapider fJ. J. Rousseau] comme saint Etienne, quoiqu'il ne soit ni saint ni diacre, et l'on prétend que M. de Montmolin gardait les manteaux, volt. Facéties, Quest. mir. <4. Il Fig. Garderies manteaux, faire leguetpour empêcher que deux personnes qui sont en tête-à-tête amoureux ne soient dérangées ou pendant que ceux avec qui on est venu commettent quelque délit, et aussi demeurer à ne rien faire pendant qu'ils se divertissent. Ce n'est pas ma faute, si, étant affublé de quatre-vingts ans.... vous me parlez de vos deux maîtresses, une fille de quinze ans et la gloire; je vois que vous avez les faveurs de ces deux personnes; je vous en félicite, et je garde les manteaux, VOLT. Lelt. Cubières, ts sept. <774. ||Rôle à manteau, rôle de certains personnages de comédie, auxquels ce vêtement est convenable, à cause de leur âge, de leur condition et de leur caractère. Jouer les rôles à manteaux. || On dit dans lo même sens : jouer les manteaux. || 2° Les manteaux ont reçu diverses formes et divers noms. Manteau à collet. Manteau carrik, manteau à plusieurs collets. Manteau à la crispin (voy cri.çpin). Il Manteau long, espèce de manteau étroit, ordinairement faitde soie noireque les ecclésiastiques portent avec la soutane. || Manteau court, celui qu'ils mettent avec l'habit court lorsqu'ils vont en ville, et qui ne passe pas le genou. || Manteau de cour, espèce de robe sans corsage, ouverte par devant et à queue traînante, qui s'attache au bas de la tailie, et que portent les dames de la cour les jours de présentation et de cercle. || Manteau de cérémonie, long manteau fourré ou doublé, et traînant, que les rois, les princes et les grands dignitaires portent dans certaines cérémonies. Le manteau impérial. Le manteau royal. Le manteau ducal. Le manteau de pair. Le manteau fourré, la couronne à fleurons, et les autres marques de la qualité ducale, scarr. Yirg. ''ii, ÉpUre, Que reste-t-il à ceux qui n'ont pas cent mille francs d'argent comptant .pour être maîtres des requêtes, ou qui n'ont pas l'honneur d'avoir un manteau ducal à leurs armes ? il leur reste d'être heureux, et de ne p?s s'imaginer seulement que cent mille francs et un manteau d'hermine soient quelque chose, volt. Lett. Le Franc, (4 avr. (739. La marquise de Monlchevreuil, par l'ordre du roi, donne à Mme de Maintenon le manteau d'hermine avec lequel elle a été peinte, genlis, Mme de Maintenon, t. ii, p. 338, dans pougens. || Manteau de deuil, long manteau noir que portent aux enterrements les plus proches parents du défunt. || Manteau de nuit, ou, plus ordinairement, manteau de lit, espèce de manteau fort court ayant des manches, et dont on se sert dans sa chambre et au lit. Il .Manteau couleur de muraille, espèce de manteau brun queles seigneurs portaientsous la régence lorsqu'ils allaient à quelque rendez-vous secret. || Petit manteau, soite de manteau que portaient les abbés au xvm* siècle. Loin de ces platescoteries Où l'on voit souvent réunies Llgnoranco en petit manteau, La bigoterie en lunettes, La minauderie en cornettes, Et la réforme en grand chapeau, gresset. Chartr. \\ Un petit manteau bleu, se dit quelquefois d'un philanthrope,parallusionAunbabitantcharitable de Paris [M. Championjqui vivait sous Louis-Philippo,«t qu'on avait surnommé l'Homme au petit manteau bleu. Il Manteau de guérite, capote à capuchon à l'usage des factionnaires. || Manteau d'armes, enveloppe de toile dont on se sert dans les camps pour ahriter un faisceau d'armes. || 3° Fig. Ce dont on se sert pour se cacher ou se protéger. Je pouvais donner telle forme à mon ouvrage que bien d'importantes vérités y passeraient sous le manteau de l'abbé de Saint-Pierre, encor plus heureusement que sous le mien, j. j. rouss. Confesi. ix. Elle [Mme de Montespan] fut privée des derniers secours de la religion, qui avait été pour elle un manteau plutôt
MAJV
qu'un refuge, genlis, Mme de Maintenon, t. n, p. 2B2, dans POUGENS. u faut examiner si la demande qu'on vous fajt du manteau national pour couvrir la nudité de la caisse d'escompte n'est pas une surprise faite à la bonne foi du ministre, Mirabeau, Collection, t. ii, p. 483. || Apparence, prétexte dont on se couvre. Comme il sait de traîtresse manière Se faire un beau manteau de tout ce qu'on révère ! mol. Tart. v, 7. Pour peu que les prince» grondent, ils [lessociniens] se cachent sous tel manteau que vous voulez et ne s'embarrassent pas de l'hypocrisie, Boss. 6° axcrt. m, H4 D'un lâche orgueil leur esprit revêtu Se couvre du manteau d'une austère vertu, boil. DUc. au roi. || Il a un vilain manteau pour son hiver, se dit de celui qui a les fièvres en automne. || 4° Manteau d'arlequin, espèce de décoration, figurant une draperie qui se trouve derrière la toile d'un tliéAtre, et qui serti diminuer la largeur et la hauteur de la scène. || 5° Terme d'ancienne coutume. Droit de manteau, somme de dix livres annuelles, qui devaient être payées, pour gages, suivant l'édit de 1654, à chaque secrétaire de la maison et couronne de France. || 6" Terme de blason. La fourrure herraince sur laquelle est posé l'écu. Il 7" Partie supérieure du dos chez les animaux, surtout chez les oiseaux, quand cette partie tranche sur le reste par sa couleur. Tout le manteau, qui, dans le rossignol, est roux brun, est gris brun dans cette fauvette, buff. Ois. t. ix, p. (71. Il 8° Terme de zoologie. Membrane charnue qui revêt l'intérieur des coquilles bivalves et qui enveloppe l'animal. {| Organe musculaire et vasculaire propre à la plupart des mollusques, formant des replis qui enveloppent le corpsàla manière d'un manteau. Il 9' Manteau de cheminée, la partie de la cheminée qui fait saillie dans la chambre, au-dessus du foyer. ||Fig. Sous le manteau de la cheminée, en cachette. Dire quelque chose sous le manteau de la cheminée. || Faux manteau, manteau de cheminée porté par des consoles ou des corticaux, et nonsoutenudefondparunchambranle.il Manie lu de fer, barre de fer qui .soutient la plate-bande d'un manteau de cheminée. {| Les manteaux d'une porte son t les deuxpièces d'une porte qui s'ouvrent des deux côtés. Il 10° Enveloppe extérieure d'un moule, qui laisse un certain espace entre elle et le noyau. Il 11° Bout d'une pièce d'étoffe do laine qui se trouve du côté du chef et qui lui sert d'enveloppe. Il 12° Nom donné à une platine ou plateau presseur horizontal, dans la presse typographique. || 13° Manteau gris, corneille grise. || Manteau bleu, lants glaucus, t. manteau noir, lartis marinus, L. deux espèces de mouettes. || 14° Manteau de Saint-James, coquille précieuse du genre harpe. |] Mamteau ducal, espèce de peigne très-recherché pour ses belles couleurs, ostrea pallium, L. || Manteaux biforcs, ordre de la classe des conchifères, comprenant ceux dont le manteau offre deux ouvertures.
11 Manteaux ouverts, ordre de la classe des conchileres, comprenant ceux dont le manteau n'a pas d'ouverture spéciale pour les déjections et la respiration. Il Manteaux triforcs, ordre de la classe des conchifères, qui comprend ceux dont le manteau a trois ouvertures. || Manteaux tubuleux, ordre de la classe des conchifères, comprenant ceux dont le manteau est terminé postérieurement par deux tubes, ou partagé en deux conduits. |{ 16° Ensemble des pétales d'une anémone. || Manteau royal, l'ancolie des jardins. Il Proverbe. U ne s'est pas fait déchirer son manteau, il a cédé sans beaucoup d'efforts aux instances, par allusiou à Joseph que la femme de Putiphar essaya de retenir par son manteau.
— HIST. XI' s. Afublez est d'un mantel zabelin, Ch. de liol. xxxiv. || xii* s. Par le col del mantel l'aveit Reinalz saisi, Th. le mart. (47. Raousle fiert, cui mervelles fu bel, Que 11 escus ne li vaut un mantel, flooui de C. (09. ||xin* s. Dui [deux] roi mainent l'empereris. Et li sostiennenl son mantel, Partonop. v. IU7I6. Chascuns mantiaus que marcheans achate au lendi doit un denier, Liv. des mdt, 282. Qui trop estent son mantel, la penne en ront, LEROUX de lincy, Prov. t. ii, p. (74. Et que vousnostro dit trésorier leur poicz sans demeure [aux gens des Enquêtes] le contenu de leurs dites cedules de mois en mois, pour leurs gages de temps avenir, et deux fois l'an leurs mantiaux, Ordonn.
12 fév. i2io. Il XIV' s. Manteaulx doubles à chevaucher, Ordonn. 5 fév. (394. Tournons le mantel, et prenons le cas contraire.... le Songe du Vergier, i, 44. |j xv* s. Si firent les seigneurs de l'est ouvrer et charpenter manteaux d'assaut [machines de guerre], proiss. h, u, a», ïver fait le souleil es cieulx Du mantel des nuei
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couvrir, CH. d'ohl. p. U4. Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluyc, id. p. 42a. Nonobstant que ladite' fille fust née soubz le manteau de mariage, comm. v, 7. ||xvi' s. Il congnoistroit que soubz nostre mantel, N'y a riens, fors que le vray naturel, J. mabot, v, 2)8. En un mot, qu'à la veue d'un si grand orage ils ne prestoient point leurs manteaux, d'aub. liist. ii, 202. Pendre son manteau à faible cheville, cotgrave. Cœur content et manteau sur l'espaule, id. Fi de manteau, quand il faict beau ! id. Manteau couvre lait et beau, lb-
BODX DE UNCT, PrOV. t. Il, p. (74.
— ÊTYM. Provenç. mantel, mantelh, manteu; espagn. manteo; ital. mantello;d\i lat. manlellum. llanlellum est dansPlaute sous la forme mantêlum, de sorte qu'il paraît se confondre avec mantêle, mantile, mantilium, serviette, nappe, de manus, main, et teio, toile (mantelium, ubi manus terguntur, dit Varron,i. L. vi, 85). Ce mot aura pris l'acception de manteau, comme chez nous mouchoir a pris celle de pièce propre à couvrir le cou. Dans l'ancien français, H mantels ou mantaus, au nominatif; le mantel. au régime.
t JIANTÈGNE (man-tè-gn'), ». f. Voy. mantèqjjb.
•f MANTELÊ, ÉE (man-te-Ié, lée), adj. || 1» Terme de zoologie. Oiseau mantelé, oiseau dont le dos est d'une couleur qui tranche avec celle du reste du corps. Il Corneille mantelée, et non corneille cmmantelée, le corbeau eomix. \\ !• Se dit aussi d'un insecte dont les ailes sont, dans une partie de leur longueur, d'une teinte différente de celle de la pointe. Il 3° Terme de blason. Se dit du lion et autres animaux qui ont un mantelet, et de l'écu ouvert en chape.
— ÉTYM. }lantea\t, par l'intermédiaire de monte!. M.IlNTELET (man-te-lè ; le t ne Se lie pas; au
pluriel, l'ise lie:desman-te-lè-z élégants; mantelets rime avec traits, paix, succès, etc.), s. m. || !• Espèce de petit manteau. || Nom d'un petit manteau que les évêques portent par-dessus leur rocbet. Il 2° Vêtement léger ordinairement en soie que les femmes mettent sur leurs épaules pour sortir. Justine, va me chercher mon mantelet, genlis, Théât. iTédue. la March. de modes, se. 1. 1| 3° Pièce de cuir qui s'abat sur le devant et sur les côtés des calèches. Il Partie du harnachement d'ua cheval de cairosse, placée sur le dos à la place de la sollette pour y suspendre les traits, jj 4° Terme de marine. Volet avec lequel on ferma les sabords. || Faux mantelets ou faux sabords, apparences de mantelets ou sabords qu'on met aux vaisseaux marchands pour les faire paraître plus capables de défense. || 6° Machine de guerre composée de madriers qu'on pousse devant soi pour se couvrir dans l'attaque des places. L'armée à cet échec s'enflamme davantage; Sous de forts mantelets et d'épais gabions Elle vient s'attacher au pied des bastions, bbéh. Phars. m. Il 6* Genre de coquillages qui fait le passage des cines aux volutes, jj 7° Terme de blason. Espèce de lambrequin large et court dont les chevaliers couvraient leur casque et leur écu. || Il se disait aussi des courtinesdu pavillon des armoiries, lorsqu'elles n'étaient pas couvertes de leurs chapeaux.
— msT. xur s. Son chief covert d'un mantelet, Ben. 7865. Il XVI* s. Pareille fut la diligence de d'Aiidclot, qui hazardeusement se logea entre Calais et les dunes avec beaucoup de labeur, se couvrit tant «vec les mantelets qu'on avoit apportez que de sable mczlé de terre et fumier, d'aoh. Ilist. i, 27.
— f.TVM. Diminutif de manteau, par mantel.
t MAîTTELr.E (man-tft-V) , ». f. Corneille mantelée.
— ÉTYM. Manteau, par mantel.
HANTELURE (min-te-lu-r"), ». f. Nom qu'on
donne au poil du dos d'un chien, lorsqu'il est d'une couleur différente de celle du poil des autres parties.
— RTVM. Manteau, par mante!.
t MANlftQCE (man-tè-lt'), ». f. Graisse de différents animaux dont les Arabes et les fiarbaresques font un grand usage, en guise do beurre, pour préparer leurs mets. La ligature étant défaite, il sort par le trou fait i la gorge (de l'autruche] une quantité considérable d'nuile Agée.... cette mantèque n'est autre chose que le sang de l'animal mêlé, non avec sa chair, comme on l'a dit, mais avec cette grai.sse qui, dans les autruches grasses, forme une couche épaisse de plusieurs pouces sur les intestins, Bupr. Oit. t. Il, p. 75. La seconde qualité |do bourre] est ce que nous appelons mantique; elle est mêlée de graisse de mouton, de bœuT, et même de chameau, heysson.nel, Traité comm. mer Noire, t. i, p. 46t. Il On dit aussi mantf'gne. Il vient chaque année en Crimée 30 i 40 000 ocques de beurre de Russie; c'est une mantégne inférieure à celle de
DICT. DE LA LANOUS rRÀgCAlSB.
Crimée, et qui se vend à plus ba.s prix, peyssonnel, Traité sur le commerce de ta mer Noire, i, t97. On ne porte point d'huile dans ce pays-là, parce qu'on y mange du beurre et de la mantègne, et que l'on y brûle de l'huile de poisson, id. ib. 278.
— ÉTYM. Catal. manlega; espagn. manteca; portug. manteiga; napol. manteca. Origine inconnue.
t MANTICIIORE (man-ti-ko-r') , ». »n. Terme de zoologie. Genre de coléoptères, aux mandibules longues et dentées, carnassiers et vivant dans l'Afrique.
— ÉTYM. MavTixiipa;, animal fabuleux à tête d'homme et corps de lion, pour |iapTixtip»ç, du persan mardt'-e/iouran, mangeu.- d'hommes.
t M ANTl DES (man-ti-d') ou M ANTI ENS (man-siin), s. m. pi. Terme de zoologie. Famille d'orthoptères, ayant pour type le genre mante (voy. mante 2) .
t MANTIL (man-til), ». wi. S'est dit pour le linge dont on se sert à la messe.
— HIST. XVI' s. On leur a attribué [aux sous-diacresj je ne say quel estât frivole, d'apporter les burettes et le mantil près de l'autel, donner à laver auxprestres, etc. calv. Inst. 4(86.
— ÊTYM. Lat. mon(i7e, nappe, serviette.
MANTILLE {man-ti-H', H mouillées, et nonman-
ti-ye), s. f. Longue et large écliarpe noire qui fait partie du costume national des Espagnoles ; elle se porte ordinairement sur la tête et se croise sous le menton. Je levais sans affectation ma mantille avec mon éventail, pour qu'il eût le loisir de me voir, PICARD, Alcade de Molor. i, 9. Une mantille noire était jetée sur sa tête (de Blanca], chateaub. Dcrn. des Âbeneér. Rien que pour toucher sa mantille, De par tous les saints de Castille, On se ferait rompre les os, A. DE MUSSET, l'Andalouse.
— REM. L'Académie dit que la mantille est un petit manteau qui servait autrefois à l'habillement des femmes, maison ne trouve nulle part la justification de cette définition.
— ÉTY.M. Provenç. mantill, s. m.; espagn. mantilha; portug. monJt7/ia. On en fait un diminutif de mante; et cela paraît vraisemblable; cependant les étymologistes portugais le rattachent à l'arabe mandila, sorte de vêtement de femme.
t MANTO (man-to), ». m. Sorte de papillon d'Europe.
t MANUBALISTE (ma-nu-ba-li-sf), s. f. Petite machine de guerre qui lançait principalement des traits ou des dards.
— ÉTYM. Lat. manus, main, et haliste.
t MANDBIAIUE ( ma-nu-bi-é-r' ) , adj. Terme d'antiquité romaine. Colonne manubiaire, espèce de colonne triomphale, ornée de trophées d'armes.
— ÉTYM. Lat. manubix, dépouilles prises sur les ennemis, pour manuhibix, de manu-habcre.
t MANUDUCTEUR (ma-nu-du-kteur), s. m. Se disait autrefois d'un officier qui, placé au milieu du chœur, donnait le signal aux choristes pour enlonner, marquait le temps et battait la mesure.
— ÉTYM. Lat. manus, main, et ducere, conduire. MANUEL, ELLE (ma-nu-èl, è-1), adj. || i° Qui se
fait avec la main. Arts manuels. Coireclion manuelle. Je parlerai bientôt des travaux et des jeux manuels, j. i. bouss. Ém. 11. || Distribution manuelle, ce que les chanoine* et autres reçoivent de rétribution pour leur assistance au chœur. || Don manuel, don fait avec la main. || i" S. m. Titre de certains livres ou abrégés qu'on doit toujours avoir, pour ainsi dire, à la main, et qui préieiitent l'essentiel des traités longs et étendus écrits sur la matière. Manuel du baccalauréat es lettres. Collection de manuels. Quelques-uns [dos moines] avaient choisi pour seule règle le Manuel d'Epictète, chateaub. Génie, IV, m, 4. UFig. Ce précieux recueil [les lettres de son amante] ne me quittera de mes jours; il sera mon manuel dans le monde où je vais entrer,
J. t. BOUSS. Uél. Il, i 3.
— HIST. XIV* s. L'opération de cyrurgic manuel, H. DE iioNDEviLLE, ^ 4. Et DO cuidcs qu'art manuel Soit si parfaict que naturel, Nat. à l'alch. err. 739. Il XV* s. Ses lettres de son scol, signées do son seing manuel, honstbel. i, 4». ||xvi* s. Ils ne s'abslenoycnt point d'œuvres manuelles, calv. /n.v(. 205. Hz accousiumorent le peuple à faire faire des distributions d'argent manuel à chaque citoyen, AMÏOT, Arist. 58.
— ETYM. Provenç. manual, manal; esp. manual; ital. manuale; du lat. manualis, de manus, main.
t MANUELLE (ma-nu-c-l"), ». f. || 1" Outil dont le coidier se sert pour tordre les cordages. || i' Espèce de seau & poignée dont on se sort pour puiser le vin dm* l'auge du pressoir, ou dans les cuves où l'on verse le raisin avant le prcssurage.y l'Ancien
terme de marine. Levier dont se servaient les canonniers pour la manœuvre des canons à bord des galères.
— ÉTYM. Manuel.
MANUELLEMENT (ma-nu-è-le-man), adv. D'un»
manière manuelle. Donner, recevoir manuellement.
— ÊTYM. Manuelle, et le suffixe ment; provenç. monuaJment ; esp. et ital. manualmente.
MANUFACTURE (ma-nu-lak-tu-r'), s. /■.||1° Fabrication de certains ouvrages qui se font à la main ou par des machines. La manufacture des étoiles de soie. || Dans ce sens il vieillit : on dit plus ordinairement fabrication. || 2°Êlablissement dans lequel on fabrique en grand certains produits de l'industrie. Élever, monter une manufacture. Le roi ayant été informé que les ouvriers des manufactures de papier du royaume se sont liés par une association générale, au moyen de laquelle ils arrêtent ou favorisent à leur gré l'exploitation des papeteries, et par là se rendent maîtres des succèsou delà ruinedes entrepreneurs.... Arrêt du conseil d'État, 26 févr. <777. Une seule manufacture bien établie fait quelquefois plus de bien à un État que vingt traités, volt. Russie, n, 9. Depuis l'an 4663 jusqu'en <672, chaque année de ce ministère [de Colbert] fut marquée par l'établissement de quelque manufacture.... les manufactures de soie perfectionnées produisaient un commerce de plus de cinquante millions de ce temps-là, id. LouisXlV, 29.MachinesutiIe3 pour l'économie dutravailctde la dépense, comme pour les progrès des manufactures, qui approchent d'autant plus de la perfection qu'elles laissent moins à faire aux mains des hommes. condohcet, Montigni: Lorsque les manufactures jouissent, dans un royaume, d'une liberté entière, elles se multiplient à proportion du besoin; il n'en est pas de même lorsqu'elles appartiennent à une compagnie exclusive, condil. Comm. gouv. ii, «7. Il Manufacture royale au temps de la royauté de France, manufacture impériale sous l'empire, établissement de fabrication administré par l'État et à ses ffais. La manufacture impériale de Sèvres. La manufacture impériale des Gobelins. || 3" Le bâtiment où l'on fabrique. La manufacture fut consumée par un incendie. || 4° Les ouvriers de la manufacture. Toute la manufacture vint au-devant de nous. Il 5* Fig. Le bureau de ce journal est une manufacture de calomnies. Une manufacture de libelles.
— SYN. PABKiQOB, MANUFACTURE. Les deux paraissent synonymes; et il n'est pas possible de saisir une différence entre fabrique d'armes, par exemple, et manufacture d'armes. Seulement, dans manufacture se trouve l'idée (J'une opération faite avec la main, tandis que fabrique s'étend à tout ce qui peut se faire, quand même la main n'y serait pas. De plus l'usage établit arbitrairement des différences entre fabrique et manufacture. Le dernier sonne mieux, et paraît plus important. On dit fabrique, et jamais manufacture de chandelles. On ne dit jamais la fabrique de Sèvres, etc. On dit indifféremment fabrique ou manufacture de draps.
— HIST. ivi* s. Chascun se mit à exercer quelque mestier et quelque manufacture, amïot, Publ. 20. Entre les despouilles se trouvèrent mille corselets de beaulté et manufacture nonpareille, id. Timol. 39. La longueur du temps ajoutée à l'assiduité de labour en la manufacture d'un ouvrage, id. Péricl. 26. [Archiraède] desdaignant toutes fois luy mesme toute cette sienne manufacture [tous les engins qu'il avait inventés pour défendre Syracuse], mont, i, ♦•. Si bien qu'il cba.ssa de la Flandre les meilleurs ouvriers, les maistres des manufactures, d'aub. Ilist. I, 38J. Manifacture, h. est. ^poJ. pour llérod. p. U.
— ÉTYM. Lat. manui, main, et facture t factura à la main.
MANUPACTURfi, ÊE (ma-nu-fa-ktu-ré , rée), part, passi'de manufacturer. Objets manufacturés.
MANUFACTURER (ma-nu-fa-ktu-ré), v. a Il 1° Produire, travailler en manufacture. D'abord ils [les Anglais] no surent que vendre des lainrs ; mais, depuis Elisabeth, ils manufacturèrent les plus beaux draps de l'Europe, volt. Jfœur», I82. Les colons sont |>o3scsseurs de certaines matières premières qu'ils n'ont pas le droit de manufacturer, nihEB. Lett. d'un ferm. || On dit plus ordinairement fabriquer. Il i' Se manufacturer, ». réfl. fttre manufacturé. On n'aurait pas imaginé.... qu'un jour, au deli du lac Ladoga, sous un climat glacé et dans de» marais inconnus, il s'élèverait une ville opulente et magnifique dans laquelle la soie de Perse se manufacturerait aussi bien que dans Ispahan, volt. Rut tie, u, H .
— HIST. XVI* s. Manifacturer, cotorati
— ÊTYM. Manufacture.
MAN
MANTFACTURIER (ma-nu-ra-kfu-né : \r ne se liciamai>: au pluriel, Tsse lie : des ma-nu-ta-ktulii-i habiles), s. m. ||1- Entrepreneur, propriétaire d'une manufacture. Les gros manufacturiers, les hi^teliera, les bouchers, les marchands.... volt. UU. Fargit, 86 févr. ni». Les draps fins, qu'on tirait auparavant d'Angleterre, furent fabriqués dans Abbeville; le roi avançait au manufacturier deux mille li\Tes par chaque métier battant, outre les gratifications considérables, ID. toutî XIV, 29. Quand un Phénicien (ce fut, je m'imagine, quelque manufacturier, sans titre, sans naissance) eut enseigné aux hommes de peindre la parole, p.L. couH. f lettre au censeur. \\i' Aâj. Minufacturier, i^re, qui appartient aux manufactures. Industrie manufacturière. Il Ouvrier manufacturier , ouvrier qui travaille dans une manufacture. || Qui est plein de manufactures. Un district manufacturier.
— ETVM. Manufacture. Dans le xvi' siècle on a dit mamifacteur.
t MANCFACTURIÈREMENT (ma-nu-fa-ktu-riè-reman , ode. En manufacture. Ces faits [l'extraction de la cellulose fibreuse du bois] reproduits manufacturiérement i l'aide de moyens nouveaux.... PAïEx, Àcad. des se. Comptes rendtw, t. lxiv,
t MANCLCVE (ma-nu-lu-v'), s. m. Terme de médecine. Immersion des mains dans un liquide chaud, à l'effet d'exercer une action dérivative. || On dit aussi maniluve.
— ÉTYM. LaL manus, main, et îuvium, de luere laver. En composition, manus prend u ou i : manubix ou mattibix, manupretium ou manipretium.
t MANU.MIS, ISE (ma-nu-mî, mi-z'), adj. Terme de féodalité. Mis en liberté.
— HIST. xvr ». Avant qu'un serf manumispar son seigneur soit franc, il faut qu'il paie finance au roi, LOTSKL, 9t.
— ETYM. Lat. manumisstts, de manus, main, et mtsîui, envoyé, renvoyé: renvoyé par la main, qui donne Vaiapa, le soufflet symbol de l'affranchissement (ou missusemanu, mis hors de la puissance"?).
MANl'.MISSION (ma-nu-mi-ssion; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1* Terme de droit romain. Affranchissement d'un esclave, avec les formalités établies par la loi. Nulle puissance ne peut reprocher aux Vénitiens d'avoir acquis leur liberté par la révolte ; nulle ne peut leur dire : je vous ai affranchis, voilà le diplôme de votre manumission, volt. Dict. phil. Venise. || Terme de droit féodal. Affranchissement des serfs ou gens de mainmorte, qui se faisait par lettres patentes du roi vérifiées à la chambre des comptes. || 8° Par extension, affranchissement d'une charge quelconque. Le bienfait [du rang de prince étranger] ne donne pas la manumission de l'état de sujet, st-sim. 279, 3o. Ce fut l'époque [démence de Charles VI] de la manumission des légistes, ID. 376, 63.
— HIST. XV' s. Peu de temps après le mignon Impetra d'icelui seigneur Lettres de manumission, co- QriLLART, Enquête de la simple et de la rusée.
— ÊTYM. Lat. manumissionem (voy. manumis) . MANUS (m-) (in'-ma-nus'), s. m. || 1° Prière par
laquelle on recommande son âme à Dieu. Un inmanus fervent. || Dire son in-manus, être ou se croire sur le point de mourir. Une dame qui était tout émerveillée que je fusse assez fou pour faire encore des vcre dan» un âge où l'on ne doit dire que son in-manus, volt. Lett. Urne du Dcifant, 2i déc. 1773. On lui dit [en Italie, à un homme qu'on assassine], avant de le tuer : recommande ton ime à Dieu, pardonne-moi, et fais un acte de contrition; il dit son in-manus, pardonne, et on l'é- Korge; il va en paradis, p. l. cour. 2- réponse aux anonymes. || *• Sorte d'emplAtre utile.
— ETYM. Lat. in, dans, et manus, mains. Ces mots sont les premiers de la prière In manus tuas, Vomine, commendo spiritum meum.
MANUSCRIT, ITE (ma-nu-skri, skri-t") , adj, Il 1* Oui est écrit à la main, par opposition à ce qui est imprimé. L'on m'a apporté une copie manuscnle de la censure, pasc. Prov. m. Ce petit livre [tiposition de U doctrine catholique] fut d'abord donné manuscrit à quelques personnes particulière», et il s'en répandit plusieurs copies, ■os». BemarquM sur le litre de J'cTponlion On Mure qu'il a [Masi.Uan] Uiss< une vie manuicrit« du Corrége ; il ne pouvait choisir pour sujet de tM «loges un peintre dont les Ulents fussent plus analogue» aui siens, d'alriib. Élogrs, J/oh Ou un mini.ilre qui «'irrite Quand on lui fait la leçon. Lis* tout bu ma chanson, Qui lui parvient manujcnle, ataAnon, Censure. || f s. m. Livre
MAN
écrit A te main. Des manuscrits sur parchemin, sur vélin, sur papyrus. Les manuscrits de la bibliothèque impériale. Un ignorant hérita D'un manuscrit qu'il porta Chez son voisin le libraire: Je crois, dit-il, qu'il est bon. Mais le moindre ducaton Serait bien mieux mon affaire, la font. Fabl. i, 20. J'ai un petit cabinet de manuscrits fort précieux et fort chers; quoique je me tue la vue à les lire, j'aime beaucoup mieux m'en servir que des exemplaires imprimés qui ne sont pas si corrects, et que tout le monde a entre les mains, montksq. Lett. pers.iii. Il Manuscrit d'Éléphantine ou de Philé, manuscrit sur papyrus, trouvé en t805 et contenant des vers de l'Iliade. || 3° Pièce, ouvrage écrit à la main. Bien des gens vont jusques à sentir le mérite d'un manuscrit qu'on leur lit, qui ne peuvent se déclarer en sa faveur jusqu'à ce qu'ils aient vu le cours qu'il aura dans le monde par l'impression, ou quel sera son sort parmi les habiles, la BRUY. I. Je puis protester que le marquis de Fénclon, son neveu [de Fénelon], ambassadeur, [me les dit [des vers de Fénelon] à la Haie en ^741 ; il y avait dans la chambre un homme fort connu qui pourrait s'en souvenir ; c'est en présence du même homme que M. de Fénelon me montra le manuscrit original du Télémaque, volt. Siècle de Louis XIV, Supplément, 3' part. Mes manuscrits raturés, barbouillés, mêlés, indéchiffrables, attestent la peine qu'ils m'ont coûtée, j. J. rouss. Conf. m. \\ En manuscrit, écrit à la main, non encore imprimé. Je mis mon livre en manuscrit entre ses mains, boss. Jlel. quiét. i, 6. || 4'' La copie que l'on remet à une imprimerie pour l'impression. J'ai remis le manuscrit à l'imprimerie
— ÉTYM. Lat. manus, main, et scriptus, écrit.
t MANUSTUPRATION (ma-nu-stu-pra-sion), s. f.
Voy. MASTURBATION.
— ÉTYM. Lat. manxis, main, et stuprare, souiller. MANUTENTION (ma-nu-tan-sion; en- vers, de
cinq syllabes), s. f. || 1° Action de maintenir, soin qu'on prend de faire exécuter quelque chose. La manutention de la discipline. J'ajoutai qu'il était à propos de demander à la chambre des vacations du parlement de Rouen les motifs qu'il avait eus pour nous mettre en état d'opiner en connaissance de cause sur la cassation ou la manutention de l'arrêt, ST-SIM. 520, <60. En chargeant un roi héréditaire de la manutention des lois et de toute l'administration au dedans et au dehors, la Sucde avait à craindre de voir monter sur le trône un prince faible ou violent, sans caractère ou opiniâtre, d'un esprit louche ou trop borné, condillac. Et. hist. II, 6. Il Peu usité en ce sens. Il 2° Administration, gestion. Encore que '.e chancelier travaillât avec le roi en la place de son fils, les affaires périssaient faute de signature et de manutention ordinaire, ST-SIM. 20), ise. Les premiers [officiers publics sous la deuxième race] étaient plutût les agents du public pour la manutention politique et domestique que pour la manutention civile, montesq. Esp. xxviu, 36. Cet établissement.... pourrait rapporter au propriétaire environ dix pour cent, si la manutention en était administrée par lui-même, BUFF. Min. t. IV, p. 94. U y aura de l'économie à supprimer la caisse des arrérages, et à réunir sa manutention à celle des payeurs de rentes, neckkb. Compte rendu au roi, janv. <78(, p. 39. La seule manière de mettre une grande manutention de receltes et de dépenses à l'abri de toute inquiétude, c'est de la confier à une compagnie, id. ib. p. 36. Il 3° L'établissement où se fabri(|ue le pain pour la troupe. Il Manutention des subsistances, services des subsislances pour la marine. || 4° Il se dit des opérations dont le tabac est l'objet. A cet effet, un premier procès-verbal est dressé pour constater la nécessité d'une manutention extraordinaire, en quoi consiste cette manutention, l'espèce de tabac, le nombre des colis à manipuler.... Circul. des con- Irib. indir. 26 sept. (82u, n° 3t.
— HIST. XVI' s. La religion chrestienne recommande l'obéissance du magistrat et manutention des polices, mont, i, (23. Tandis que je feray juslice, employé ce glaive à la manutention de mon authorité, et, si Je devien tyran, desgaine le contre
moy, LANOUE, 220.
— ÉTYM. Lat. manus, main, et tenere, tenir (voy. maintenir).
t MANUTENTIONNAIRE (ma-nu-tan-sio-nê-r'), i. m. Il 1' Celui qui administre, gère. || i" Chef d'une manutention. Il [Napoléon I"J conservait des préjugés souvent injustes contre les manutentionnaires do deniers publics, contre les entrepreneurs 1 de» services, et en même temps quelque goût pour
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les expédients qui retardent les payements, molliem Mémoires, t. i, p. 360.
— ÉTYM. Manutention.
t MANUTENTIONNEL, ELLE (ma-nu-tan-sio-nèl, nè-l'), adj. Qui est de la manutention, qui appartient à la manutention.
t MANUTENTIO.N'NER (ma-nu-tan-sio-né), v. a. ||1° Terme d'administration militaire. Faire confectionner le pain de l'armée. || 2° U se dit aussi d'opérations pratiquées sur les tabacs. Une expédition du premier procès-verbal est immédiatement transmise à l'administration sous le timbre tabacs, et une autre au régisseur de la manufacture qui a expédié les tabacs à manutentionner, Circul. d« contrib. indir. 26 sept. 4820, n" 3i.
f MAON, s. m. Voy. maund.
I MAPPAIRE (ma-ppé-r'), s. m. Terme d'antiquité romaine. Nom d'un officier chargé de donner le signal pour faire commencer les jeux public^, avec un mouchoir ou une serviette [mappa) qu'il recevait de l'empereur, ou du consul, ou de quelque autre officier suprême so trouvant dans l'assemblée.
— ÉTYM. Lat. mappa, serviette, mouchoir (voy. mappe).
t MAPPE (ma-p"), s. f. S'est dit quelquefois pour carte, plan. Le lavis des mappes de nos géomètres m'avait aussi rendu le goût du dessin, j. j. rouss. Conf. V.
— ÉTYM. Lat. mappa, nappe, d'où carte (voy. nappe).
MAPPEMONDE (ma-pe-mon-d'), î. ^. || 1° Carte représentant toutes les parties du globe terrestre divisé en deux hémisphères. Ces pontifes-rois [les papes], distributeurs du monde. Marquaient du doigt les parts sur une mappemonde, lamart. Joc. ix, 303 (voy. marcation). || Fig. Ces cartes particulières seront les différents articles de l'Encyclopédie, et l'arbre ou système figuré en sera la mappemoniJe, o'alemb. Disc, prélim. Encycl. OI'uv. t. I, p. 2iî, dans pouGENS. || 2° Mappemonde céleste, carte céleste dans laquelle on voit d'un coup d'oeil la position des étoiles qui brillent dans l'un et dans l'autre liémisphère céleste. || 3° Jeu de la mappemonde, sorte de jeu dans lequel on emploie un tableau représentant les diverses contrées de la terre. || i' Nom vulgaire d'une coquille univalve, cyprxa mappa.
— HIST. XIII* s. La mappemonde, Ms. Baluze,»'ii. \\xiV s. Comment diont les mesureurs de la mappemonde? Le Songe duvergier, i, I56.
— ÊTYM. Lat. mappa (voy. mappe), et monde; monde est au génitif, et représente mwidi; c'e-t la même construction que dans hôtel-Dieu. Mapp.v lintex, dans une loi du ta mai 3tB, nappes de lin employées pour les écritures officielles; et mappa mundi, au ix' siècle, dans l'Histoire de Saint-Gall.
f MAPROUNIER (ma-prou-nié), s. m. Arbrisseau de la Guyane, euphorbiacécs.
t MAQUE (ma-k'), s. f. Masse avec laquelle on brise le chanvre.
— ÉTYM. Voy. HACQtJER.
t MAQUER (ma-ké),t!. o. Écraser le chanvre avec la maque.
t. MAQUEREAU (ma-ke-rô), s. m. || 1° Poisson de mer à plusieurs fausses nageoires sur la queue et tacheté de diverses couleurs {scomber vulgaris, scomberscombrus, L.), dit aussi auriol, aurion sur les eûtes de la Méditerranée; il arrive en grandes troupes annuellement des contrées du nord. Le nom de groseilles à maquereau vient de l'usage d'employer ces fruits comme condiment de ce poisson. || Maquereau chevi lié, maquereau qui cesse d'être plein après avoir déposé ses œufs, et dont la chair a perdu une grande partie de ses qualités. || Maquereau bâtard, le saurai, poisson huileux des côtes de Normandie et de Picardie {caranx trachurxis). \\ i' Taches qui viennent aux jambes quand on s'est chauffé de trop près (éphèlides ignéales).
— HIST. XIII' s. Tout le maquerel et tout le harenc qui vient à Paris doit estre vendus à conte, Liv. des met. 270. {| xiv s. Aiez un maquerel frais et découpez par tronçons, Ménagier, u, b. Se harens vueil [je veux], j'ai maquereaux, eust. descii. Miroir de mariage, p. 1 2. || xvi' s. Tes egnes [aines] et tes gigoteaux Sont marquetez de maquereaux, baIp, Fassetemps, m, à Claudine.
— ÉTYM. Pic. macrieu ; bourg, maiquereà, le maquereau, macria, la groseille à maquereau. Ou trouve le flamand makreel, le danois makrel, l'anglais mackrell; mais les germanistes disent que ces mots viennent du français. On donne la mémo origine au kimry macrell. On regarde maquereau comme formé du latin macula, tache, à cause des tachi;:, (]ue présente ce poisson; et alors maquereau serait
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pour maclereau. On trouve dans le champenois le mot maquet, maquereau, et Scbeler s'en autorise pour rattacher maquereau à maea, radical hypothétique du latin macula, radical qu'il trouve dans macquer. En définitive, l'origine du mot maquereau reste douteuse.
2. MAQUEREAU, ELLE (ma-ke-rô, rê-l'),*. m. et f. Il 1° Terme qui ne se dit pas en bonne compagnie. Celui, celle qui fait métier de débaucher et de prostituer des femmes ou des filles. De son pédant qu'il fut, devint son maquereau, bégnieb, Sat. y. Et pour achever son tableau. Sur le tout un peu maquereau, scarr. Virg. i. Il [Cellamare] ajoute : il [Dubois] a été maquereau toute sa vie, ce ne sont là dedans que des lettres de femmes, ST-siM. 522, 189. Il [Fouquet de la Vaienne, qui avait servi Henri IV dans ses plaisirs et qui était retiré à la Flèche....] s'amusait souvent à tirer au vol ; un jour il aperçut sur un arbre une pie qu'il voulut faire partir pour la tirer ; la pie s'ctant mise à crier : maquereau, il crut que c'était le diable qui lui reprochait ses vieux péchés, et tomba à l'instant en faiblesse, duclos, More. hist. Œuv. t. x, p. 262, dans pouGENS. Il Fig. Maquereau politique, celui qui sert d'entremetteur dans les intrigues. Ils [les jésuites] sont bien à la cour, où ils servent d'espions et de maquereaux politiques, otH patin. Lettres, t n, p. Ï53. Il Adj. [Ils] Peuvent mettre en papier leur dire par écrit.... Et rendre par leurs vers leur muse maquerelle, Régnier, Sat. m. 112° Maquereau, maquerelle, celui, celle qui tient une maison de filles. Il Maquereau se dit aussi de l'associé d'une femme qui tient une de ces maisons, d'un souteneur de filles.
— HlST. xm" s. Tu es maqueriaus chascun mois, RUTEB. H*. Vive la face l'en [l'on] arder [brûler], L'orde vieile putain prêtresse , Maquerele et charroieresse [sorcière], la Rose, 9370. || xiv* s. .\ins mais n'oîstes dire en livre n'en rollel Qu'on fesist de motions onques jour maquerel [ces moutons avaient servi à porter un billet doux], Haud. de Seb. XV, V. 31 1. Il iv* s. Qui n'a aultre science Que Cupido et son (lambeau. Cela sent bien son maquereau; Il en est trop en France, bassel, i. Icellui Labastide criast au suppliant : ribault, traître, mereau, du cange, merallus. \\ xvi* s. L'on ne peut accuser une femme d'adultère, si son mari ne s'en plaint, ou qu'il en soit le maquereau, loïsel, Instit. coût. VI, t, § <7.
— ÉTVM. Wallon, maca, maquerelle, makerot, maquereau; namur. matfralé, maquerelle. On le tire du flamand makelaar; allem. Mâkler, entremetteur.
MAQCERELLAGE (ma-ke-rè-la-j'), *. m. Terme qui ne se dit pas en bonne compagnie. Le métier de maquereau.
— HIST. XVI* s. Quels personnages sçaurolt-on trouver plus propres pour exercer macquerellages? paré, XIX, 23. Toute l'Asie se perdit et se consomma en guerres pour le macquerellage [concubinage] de Paris, mo.nt. ii, <88.
— ËTYM. Maquereau 2, par l'intermédiaire de maquerel.
t MAQtJERELLEJfENT (ma-ke-rè-le-man), adv. Terme burlesque. X la façon des maquereaux, des entremetteurs. Aux chcvau.'i du porte-lumière [Apollon] [il] Supposa maquerellement La cousine d'une jument, scarr. Virg. vu.
t MAQUERELLER (ma-ke-rè-16), v. n. Faire l'entremetteur, le maquereau.
— HIST. XVI' s. Maquereller, ouDis, Diet.
t MAQUEREM-ERIE (ma-ke-rè-le-rie), ». f. Métier de maquereau, de maquerelle.
— HIST. XIV* s. Maquerelerie, Ordonn. des roU de Fr. t. v, p. 44t.
MAQUETTE (ma-kè-f), « f. \\ 1" Terme de sculpture. Modèle, informe et en petit, d'un ouvrage de ronde bosse. Une maquette du Christ enfant, do Léonard de Vinci, didbr. Pensées sur lapeint. dCuv. t.xv,p. 22», danspoDOENS. Il Espèces de mannequins dont se servent les peintres, en les assemblant, pour former des groupes. || J* Terme demétallurgie.llassiau à moitié forgé, et qui se compose de trois parties nommées : téta de maquette, ou partie non encore soumise au marteau , barre ou partie forgée; bout de barre, ou extrémité plus grosse que la ïam.
— ETYM. Ital. macchietta, ébauche, proprement petite tache (comparez brouillon), d'un radical mac qui est dans le latiu macula, tache.
MAQUIGNON (ma-ki-gnon), s. m. || 1* Marchand de chevaux. Un maquignon de la ville du .Mans Chez son évéque était venu conclure Certain marché de chevaux bas-normands, i. ». rqiss. Épigr. l, 24. Non, monsieur ; il tou* les Tendra en
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conscience. — M. Turcaret: La conscience d'un maquignon! LBSAGE, Turcaret, III, 4*. || Maquignon se prenant souvent en mauvaise part, on dit maintenant marchand de chevaux. || 2° Par extension, homme qui, sans faire le commerce des chevaux, se mêle d'en revendre, d'en troquer, en corrigeant ou en faisant disparaître leurs défauts. || 3° Fig. et familièrement, maquignon, maquignonne, celui, ce'.le qui s'intrigue pour ménager un marché de places, d'emplois, et pour faire des mariages. Il n'y aurait pas grand mal quand tous ces maquignons de mariages-là seraient au fond de la rivière avec une bonne pierre au cou, begnahd, Sérén. se. i . Il y a de ces veuves et de ces maquignonnes dans les autres pays, LESAGE, Diable bail. ch. vi, dans pougens. Cette courtière était une maquignonne d'affaires, qui prêtait et empruntait sur gages, volt. Polit, et Ugisl. Essai probab. en fait de justice, *" proftabihf^. Il Maquignon d'amour, homme qui s'entremet, procure des rendez-vous, des tète-à-tête. i| Fig. Maquignons de la gloire, ils en font le partage, GOMBAULD, Êp. Ilv. III, dans MCHELET.
— HIST. XVI* s. Tu veux doncques, Socrates, ditil, que je sois maquignon de chevaux, laboetie, 127. 11 se fit maquignon de chevaux, hesper. Contes, XXVII. Il est vray que, pour parvenir à telles exemptions, faut captiver la benevolence de cestuy-ci ou cestuy là, tous maquignons, froumenteao, Finances, m* livre, p. 897,
— ÈTYM. Maquignon parait avoir le même radical {maq) que maquereau 2, et tenir au flamand maeken, trafiquer. On a dit aussi macquillon : Aux macquillons [je donne] les clievaux de poste du mont de la Boudle de Pontaudemer avec les asnes d'Arcadie, Les estreines universelles de Tabarin, édit. des icD/eusetii, p. 5, dans pr. Michel, Argot.
MAQUIGNONNAGE (ma-ki-gno-na-j") ,s.m. 1] 1° Métier de maqugnon, de marchand de chevaux. I) 2° Moyens p.ir lesquels les maquignons font paraître leurs chev<) ux meilleurs qu'ils ne sont. || 3° Certains trafics illicites dans les aflaires, dans l'admi nistration, etc.
— HIST. XVI* s. J'aymerois mieux que luy et sa femme fussent où je dirois, que d'avoir servy à tel maquignonnage, cholières. Contes, 1. 1, Matinée 6 , p. 4 69, dans POUGENS.
— ÉTYM. Maquignonner MAQUIGNONNE, ÉE (ma-ki-gno-né, née), part.
passé de maquignonner. Un cheval maquignonne. Il Fig. Cette vieille rosse refaite et maquignonnée, etc. le Divorce (f688), m, se. dern. le Thédire italien de Gherardi, t. m, p. (48. Nous verrions dans un bal la précieuse Amalasonte, doyenne des coquettes, maquignonnée par mille sourires compassés avec art, Phacton (1092), ii, 44, ib. t. m, p. 4(0.
MAQUIGNONNER (ma-ki-gno-nc), v. a. || 1* Faire paraître un cheval meilleur qu'il n'est afin de le vendre plus cher. {| Par extension, il se dit quelquefois des personnes qui veulent paraître plus jeunes
qu'elles ne sont On la décrassait en ce lieu, on
lui adoucissait la peau, on la blanchissait, on la parfumait; en un mot, on y maquignonnait une Cendrillon, comme on prépare un riche cheval, la Gazette noire, 4749, in-8°, p. 99, dans fr. michel, Argot. Il 2° Fig. Trafiquer, d'une façon indélicate, d'emplois, de mariages, d'affaires. Il est accusé d'avoir abusé du tribunal de la pénitence, pour maquignonner un mariage, BACHAUMONT, Mém. t. XXXII, p. 277. Il 3* Se maquignonner, v. ré(l. Être maquignonne, être l'objet de quelque maquignonnage. Le cardinad Antoine sera archev>5que de Heims, et M. de Nemours, quittant cet archevêché, épousera la fille do M. de Longueville; ainsi tout so prend, tout se vend ou se maquignonne, gui patin. Lettres, t. ii, p 232.
— HIST. XVI* s. Voici qu'on vous monstrera au.sst tost au doigt comme celuy qui maquignonncroit les cnjolemens de nos genetliaquos [disours de bonne aventure], cholièrks, Contes, 1. 1, Matinée 7, p. 4 9o, dans POUGENS.
— ÉTYM. Maquignon.
t MAQUILLAGE (ma-ki-lla-j'. Il mouillées),», m. Terme de coulisse. Moyens qu'emploie le comédien pour peindre son visage et le faire Jeune et vieux, le plus souvent jeune.
t MAQUILLER (ma-ki-Ué, K mouillées), v. a. Opérer le maquillage. || Se maquiller,», réjl. Maquiller n'est iilus seulement un terme de théâtre ; beaucoup de femmes du monde se maquillent,
t MAQUILLEUR (ma-ki-llour, Il mouillées), i. m. Bateau pour la pf^chc des maquereaux.
t MAQUILLEUSE (ma-ki-lloû-z', {{ mouilléesl, s. f. Femme qui pratique le maquillage.
t MAQUIS (ma-kl), t. m, Voy. haxis.
MAR
4 . MARABOUT (ma-ra-bou, le ( ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. || 1° Terme de la religion musulmane. Homme qui se consacre à la pratique et à l'enseignement de la vie religieuse; on rencontre un assez grand nombre de ces religieux dans l'Afrique septentrionale. Que diriez-vous si un marabout du mont Atlas.... volt. Dict. phil. Grâce, m. || Par extension, nom donné par les Français à la petite chapelle ou mosquée desservie par le marabout, et aussi aux tombeaux de ces religieux. || 2° Fig. et populairement. Homme laid, mal bJti. Que nous demande ce vieux singe. Ce marabout coiiïé de linge? PAVART, Soliman, n, 2. || 3* Par assimilation, nom donné à une espèce de cafetière à large ventre, dont le couvercle, assez semblable à la petite coupole qui surmonte la demeure du marabout, se termine en pointe à l'extérieur. Des marabouts de ferblanc, de cuivre. ||4° Sorte d'oiseau (on écrit plus souvent l'oiseau marabou et les plumes marabout) . Les marabous ou cigognes à sac {ciconia marabou) sont des oiseaux de l'Afrique et de l'Inde qui ont au milieu du cou un appendice charnu ressemblant à un gros saucisson ; ils sont recherchés à cause des plumes qui se trouvent sous leurs ailes et dont on fait ces panaches légers connus sous le nom de marabouts, lemaout, Oiseaux. \\ Plumes de marabout. Chapeau orné de marabouts. Coiffure garnie demarabouts.il B°Nom donné quelquefois aux princes de la dynastie des Almoravides, dynastie musulmane qui régna, par ses conquêtes, en Afrique et en Espagne, de 1070 à (446. Abdi Amoumen, capitaine d'une troupe de bandits, qui se disait descendu en ligne droite d'Houssain, fils d'Ali, avait détrôné le marabout en Afrique, dideh, Opin. des anc. philos. (Juifs).
— ÊTYM. Port, marabuto, de l'arabe maràbath, lié à Dieu, du verbe rabath, être ferme, être dévot. Marabout, prêtre musulman, puis, par dénigrement, homme fort laid; puis cafetière à gros ventre. Marabout, dans le sens A'al-moravide^ vient de l'arabe mouràbith, celui qui défend les frontières ; de rabath, qui est une 3*|forme du précédent rabath.
t 2. MARABOUT (ma-ra-bou), s. m. Sorte de ruban, le plus beau des rubans-gaze. Marabout uni. Marabout façonné. Marabout à disposition. || Adj. Ruban marabout.
— ËTYM. Il est probable que ce marabout a été dit d'après les plumes de l'oiseau (voy. marabout 4, n* 4),
t MARABOUTAGE (ma-ra-bou-ta-j'), s. m. Apprêt qu'on fait subir aux soies destinées aux crêpes.
— ETYM. marabout 2.
MARAÏCllER (ma-rê-ché; Vr ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des ma-rê-ché-z actifs), s. m. Il 1* Jardinier qui cultive un de ces terrains qu'à Paris on appelle marais. Les maîtres jardiniers préoliers et maraîchers, comme ils sont qualifiés dans leurs statuts, Dicl. des arts et met. au mot ;ordinier. Il Nom donné aux jardiniers qui font spécialement la culture des légumes. || 2° Adj. Qui a rapport à la culture des terrains ou jardins consacrés à la proiluction des plantes légurai&rra. Industrie maraîchère. Plante maraîchère. Jardin niaiiîctier.
— REM. On a dit maréchais : Los uns qu'on nomme simplement jardiniers, les autres qu'on nomme maréchais, la quintinye, Jardins, préface, p. xvn. Il On a dit aussi marager. Marager, c'est le jardinier qui, dans les grandes villes, s'.ittache à la culture des plantes potagères ; c'est dans les lieux les plus bas et les plus humides des environs des villes que ces sortes de jardiniers ont établi leurs jardins ; et c'est ce qui a fait donner à ces jardins le nom de marais, Dict. des arts et met. au mot marager.
— f.TYM. Marais.
t MARAÎCJIIN (ma-rô-chin), s. m. Bœuf élevé ou engraissé dans les prairies basses du Poitou et de l'Aunis,
— f.TYM. Marais.
MARAIS (ina-ré ; Vs se lie : un ma-rê-z impraticable), s. m. Il I* Terrain non cultivé, trè.s-huniido ou incomplètement couvert d'une eau qui est sans écoulement. Un rat plein d'erabnnpoint, gras et des mieux nourris. Et qui ne connaissait l'avont ni le carême. Sur le bord d'un marais égayait ses esprits, LA FONT. Fahl. IV, 4 4, Don Francisco de Mellos l'attend de pied ferme [Condô à Rocroy] ; et, sans pouvoir reculer, les deux généraux et les deux armées semblent avoir voulu se renfermer dans des bois et dans des marais pour décider leur querelle, comme deux bravos en champ clos, iioss. Louis d» Bimrlinn. Songez que Paris, qui n'est pas d'un dixième moin» grand que Londres, n'éUiit alors (dans l'antiquité] qu'une petite cité barbare; Amsterdam n'était qu'un marais,... vobT. Dial. 24. Le Don, qui
MAR
M réunit«T« le Donjfc, forme, avant que d «rriver à U mer Noire, un lac ou marais fort considérable au-on appelle le Palus Méotide, dont l'étendue est de Plun de cent lieues en longueur sur vingt ou vinRt-cinq de largeur, bufp. Ht», nat. Preuv. th. terr. Œuvres, X. u, p. «M- Immobile au milieu de ses dormantes eaux, Le marais paresseux tranquillement sommeille Sur le limon fangeux qui nourrit •es roseaux, deullb, Convm. l. Marius s'est réfugie dan* ces marais de Miniurnes, près de la liemoure de Scipion, stael, Corinne, xiii, *. Sil est vrai qu'il soit très<langereux de s'endormir en traversant les marais Ponlins, l'invincible sommeil qu'ils inspirent dans la chaleur est encore une des impressions perfides que ce lieu fait éprouver, m. ib. Il Marais verts, marais recouverts d'une couche de paion ou d'herbages souvent asseï élevés. || Fièvre (le marais, fièvre intermittente causée par les effluves des marais. I| Fig. Se sauver par les marais, à travers les marais, se tirer comme on peut d'un péril, d'un embarras, d'un mauvais pas (voy. à l'historique, dans un exemple de Brantôme, l'origine de cette locution). Je me jetterai sans balancer dans la bourgeoisie de Paris, je monlrerai les baux de mes maisons.... enfin je tâcherai de me sauver par les marais comme je pourrai, plutôt que de payer cinq ou six cents livres pour un homme d'arrière-ban, sÉv. 4 3 a-/r. 4 689. Il [Guillaume UIJ vient de pêcher en eau trouble une Ile tout entière ; ailleurs, à la vérité, il est battu et poursuivi, mais il se sauve par les marais, et ne veut écouter ni paix ni trêve, la Bm;Y. XII. Il 2° Marais salant, terre où l'on fait venir l'eau de la mer pour faire du sel. j| 8° X Paris et aux environs, terrain bas où l'on fait venir des légumes. Il 4* I.e Marais, quartier de Paris, qu'on nomme aussi quartier du Templs. Adieu, beau quartier des »Iarets [écrit ainsi pour rimer aux yeux], C'est avccque mille regrets Qu'une très-pressante besoigne Pour quelque temps de vous m'éloigne, scarr. Voériet diverses, t. vu, p. as. Tout bon fainéant du Marais Fait des vers qui ne coiltent guère; Pour moi, c'est ainsi que j'en fais; Et, si je les voulais mieux faire. Je les ferais bien plus mauvais, chapelle, Épigr. en réponse à Despréaux. M'ayant entendu demander le chemin du Marais, qui est le quartier le plus éloigné de Paris; j'y vais, me dit-il, et je vous y conduirai ; suivez-moi, montesq. Lett. pers. 34. Il Demoi!^!lles du Marais, nom qu'on donnait aux courtisanes, à cause qu'il y en avait toujours beaucoup dans ce quartier- là. 115" Le marais ou la plaine, se disait du parti du centre à la Convention, composé de modérés; par opposition à la montagne.
— HiST. xii* s. A tant s'en torne très parmi le marois, Raoul de C. si. || xiii' s. Gefroi de la Chapele dit que l'en ne puet avoir conduit joint à la meson commune qui reçoit l'aau ou de ciel ou de marois, Liv. de jost. u». || xv's. Ils furent informas que ens uns grands mares qui li sont en une vallée, avoit la plus belle proie du monde, froiss. II, II, 441. Un lieu oti il souloit avoir un vivier, qui pieça atterry et vint en prez, et de présent est en maresqs, no cange, mariscus. || xvi' s. [Au siège de la Rochelle, dans une terreur panique] plusieurs eurent telle frayeur qu'ils avisertnl à se sauver par les marais, et plusieurs s'y enfuirent qui furent après reconnus par la boue qui en cstoit empreinte en leurs chalessea [sic], brant. Cap. franc, t. iv,
p. 281, dans LACURNE.
— ÉTYM. "Wallon, maras'; Hainaut, maraehe; ital. tnarese ; has-lat. mariscus. Comme maria (plur. de mare) avait pris, d'après Isidore et d'autres documents, le sens de masse d'eau douce ou salée, on en forma le ba«-latin nuira, mare (voy. ce mot); d'où l'italira marese et le français marais; cette dérivation s'appuie encore sur le provençal marese, marin, qui vient de mare ou mara. Mais, comme marais a ■Sinné marese, marescage, maraischer, il est pro- I ible qu'il y a eu intervention du germanique : anc. Ilam. maerasch, marais; holl. maras; allem. Marsch.
t MARANR (ma-ra-n'), i. m. Voy. «iarranb. . "AKASMB (ma-ra-sm'), i. m. Terme de médecine. Maigreur eicesiive, consomption de tout le corps, suite ordinaire des maladies chroniques. 1oraber dapi le mara.me. || Kig. u ministère anglais pourrait espérer, en favorisant la discorde, en laissant de l'espoir aux mécontents, de nous voir peu A Pf", '?'"'*•' <*»"« un dégoût égal du despoUsme et oe la liberté, désej-pérer de nous-même», nous consumer lentement dans un marasme polilinue, mira- »ï*u, darts LAVïAUx. '
-- HIST. xvi- s. Tousjours nouvelle sanie s'en- Cndre et desgorge à la pUye, ou ulcère, qui enfin
MAR
conduit le malade en un marasme, le rendant sec, aride et etii|ue, paeé, viii, 33.
f.TYM. Maoai|i6;, de |j.opo£vEiv, dessécher.
MARASQUIN (ma-ra-skin), i. m. Sorte de ratafia de cerises. Le meilleur marasquin est celui de Zara.
— ÊTYM. Ital. marasca, espèce de cerise acide avec laquelle on fait le marasquin.
MARÂTRE (ma-râ-tr') , s. f. \\ 1" Terme injurieux, nelle-mère par rapport aux enfants d'un autre lit. J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre, BAC. Phèdre, i, 3. Ce qu'une marâtre aime le moins de tout ce qui est au monde, ce sont les enfants de son mari : plus elle est folle de son mari, plus elle est marâtre, la bbi'Y. v. |! 2° Mauvaise mère. Ce n'est pas une mère, c'est une marâtre. || Fig. Il ne peut s'imaginer que la France, où l'hospitalité fut toujours si sainte, devienne pour lui la marâtre des étrangers, patru. Plaidoyer 4 1 , dans richelet. La nature, marâtre en tes affreux climats, Ne produit au lieu d'or que du fer, des soiàats, crébillon, Rhadam. ii, 2. Quand la marâtre nature nous prive de la vue, elle peint les objets avec plus de force dans le cerveau, volt. Lelt. Mme du Deffant, 4 2 déc. 4768. Il Adjectivement, ô France I des partis déplorable théâtre 1 Que maudit soit le jour, où ta haine marâtre En foule de ton sein rejeta tes enfantsl delil. Pili^, IV. Il 3* S. f. pi. Terme de métallurgie. Pièces de fonte qui servent de plafond aux embrasures d'un haut fourneau.
— REM. C'est par plaisanterie que Beaumarchais fait dire par Antonio à Bartholo : Vous n'êtes donc qu'un père marâtre [c'est-à-dire dénaturé] î ifar. Fig. m, 4 8.
— HIST. xin* s. Ha ! fortune, chose legiere, Qui vins devant et poins'derriere, Comme es marrastre! RUTEB. I, p. 82. Et de lès els seoit l'empereris, qui feme estoit au père et marastn; au fil, villeh. xcm. De mauvaise marastre est l'amour moût petite, Berte, liv. || xv" s. 0 tu [Par's] cité de justice aournée, Qui onques jour n'ouvras de tirannie, Fille de Dieu et par Dieu gouvernée. Mère de foy, mairastre d'eresie, Le vrai escot de la théologie, e. iiESCH. Poésies mss. f" 37. || xvi* s. Qui a marastre a le diable en l'atre, cotgrave. 0 vrayment marastre nature, Puis qu'une telle fleur ne dure Que du matin jus iues au soir 1 rons. à Cassandre.
— f.TYM. Wallon, mtîrdse.-namur. maurause; du bas-latia matrasira, de mater, mère, avec la terminaison aster, asira, qui indique seulement que la chose ou la personne n'a pas son caractère propre, est un diminutif de la chose ou personne; aussi marastre n'a-t-il signifié primitivement que bellemère, un diminutif de mère. On disait de même : parastre, fillastre.
MARAUD, AUDE (ma-rO, rô-d') , s. m. et f. Terme d'injure et de mépris. Celui, celle qui ne mérite pas de considération. Mais que de deux marauds la surprise infidelle Ait terminé ses jours [de mon fils] d'une tragique mort, malii. vi, 37. Si tôt que tu seras parti. Mon maraud de frère averti Viendra tout
piller à ma barbe, scarr. Virg. iv Qunil je vous
vois, maraudeî Vite, sortez, friponne, allons, quittez ces lieux. Et ne vous présentez jamais devant mes yeux, mol. f. sav. n, 6. Jo me déferai de ce maraud fieffé, de ce faquin d'Argante, iD. Scapin, II, 9. Quel maraud est-ce ci 7 — Maraud 1 voilà quelqu'un qui me connaît, rBgnard, Sérénade, 23. Ils ressemblent à ce valet de comédie ivre qui, entendant prononcer le mot de maraud, dit naïvement: maraud, voilà quelqu'un qui mo connaît, d'alemb. Letl. au roi de Pr. 44 déc. 478i. U me paraît que tous les honnêtes gens ont été d'autant plus seasibles à la perte d'Helvétius, que les marauds d'ex-jésuites et les marauds d'ex-convulsionnairesont toujours aboyé contre lui jusqu'au dernier moment, volt. Lett. Condorcet, i" févr. 4 772. Le bon sens du maraud quelquefois m'épouvante. — Mondor : Molière avec raison consultait sa servante, pia. Métrom. u, 44.
— HlsT. XV* s. Comment m'en iray-je en pourpoint, Desnué comme ung maraultT Dieu mercyje n'ay pas trop chault, villon, Repue fr. des souffreteux. Il XVI* s. Un an après vint un gros marautqui contrefaisoit le ladre, parK, xxu, 8. Encores aujourd'hui appelions nous ceux à qui nous voulons mal et pensons injurier, marauts, coquins, bclistres.... bouquet. Serves, livre m, p. )i>e, dans LACURNE. Canins Julius.... ayant esté condamné à mort par ce maraud de Caligula, mont, ii, 60.
— f.TYM. Origine inconnue. Le portugais a tnorow et les étymologistes portugais le tirent de l'arabe marudo, insolent; mais marolo paraît n'être pas indigène et venir du français. On l'a tiré d'un comte
MAR
do Mirode, commandant pendant la guerre de Trente ans un régiment de soldats pillards; mais maraud (marauU) est dans Villon,200 ans avant le comte de llérode. Diez conjecture l'adjectif esp. malroto, du laU maie, mal,etruplus,ruiné; Mahn, lelat. morator, celui qui traîne, parce que les traînards sont souvent des maraudeurs. Tout cela n'est qu'hypothèse, mais, en attendant d'autres documents, il faut notei que dans le dialecte de Corse marodi, et dans celui deCôme marà signifient maladif, et que primitivement en français maraud signifie pauvre gueux.
t MARAUDAGE (ma-rô-da-j'), s. m. || 1* Action de marauder, d'aller en maraude, en parlant de soldats. Aussi Napoléon était-il le plus souvent forcé de fermer les yeux sur un maraudage qu'il défendait vainement; sachant d'ailleurs trop bien tout l'attrait, pour le soldat, de cette manière de subsister, qu'elle lui fait aimer la guerre qui l'enrichit.... sÉ- GUR, Ilist. de Nap. iv, 4.i||2° Enlèvement furtif des productions de la terre, et, selon les criminalistes, vol des fruits pendants par branches ou par racines dans les champs ouverts.
— ÉTYM. Marauder.
tMARAUDAILLE (ma-rô-dâ-ll', Il mouillées), s. f. Réunion de marauds. Ces marandailles de Paris disent que Marfore demande àPasquin pourquoi on prend en une même année Philisbourg et Maestricht, et que Pasquin répond que c'est parce que M. de Turenne est à Saint-Denis, et monsieur le Prince à Chantilly, sév. 26 août 4 076.
— HIST. ïvi' Maraudaille, oudin, Dict.
— ÉTYM. Jfaraud.
MARAUDE (ma-rô-d'), s. f. Terme de gr.erre. Pillage que des soldats exercent sans permission, et quelquefois avec permission. Rosen, étranger et soldatde fortune jusqu'à avoir tiré au billet pour maraude, quoique de bonne noblesse de Poméranie, ST-siM. 2B, 32. Quatre cavaliers allant en maraude s'avancèrent jusqu'aux portes de Minden, volt. lout» XIV, 9. Les soldats s'irritent contre le peuple chez qui ils font la guerre, parce qu'ils ne peuvent le voler assez librement, et que la maraude est punie, vauven. ffouv. mai. 55. Quant aux chefs, comme les ordres généraux supposaient toujours des distributions régulières qui ne se faisaient jamais, chacun d'eux, suivant le degré de son zèle, de son intelligence et de sa fermeté, s'était plus ou moins emparé de la maraude, et avait changé le pillage individuel en contributions régulières, SÉGUR, Hist. de Nap. vu, 4. Il Par extension. Si un castor est surpris en maraude sur le territoire d'une tribu qui n'est pas la sienne, il est conduit devant le chef de cette tribu, CHATEAUBR. Amer. Castors. || Fig. Il [ChênedolKJ allait à la maraude dans mes ouvrages, id. Mcm. t. IV, p. 24.
— ÉTYM. Voy. MARAUDER. D'après Ménage, le maréchal de Luxembourg disait nie'rode, attribuant le nom de la maraude au comte de Mérode (voy. maraud). L'espagnol dit merode, mais le mot est pris du français.
MARAUDÉ, ÉE (ma-rô-dé, dée), part, passé de marauder. Pillé par les maraudeurs. Village maraudé.
MARAUDER (ma-rô-dé). || l" Y. n. Aller en maraude. Il Kig. Petits hommes d'État, entachés de poésie, qui maraudons de chétifs mensonges sur des ruines, cnATiîAUB. ;Wrfmoires,t. v,p. 308. ]| 2° V. a. Piller par maraude. Marauder un village.
— HIST. xvi* s. Marauder, oudin, Dict.
— ÉTYM. Maraud. Ce qui est dit du maréchal de Luxembourg (voy. maraude) est sans importance; car longtemps auparavant, Oudin dit marauder et non meraudcr.
t MARAUDERIE (ma-rô-de-rie) , s. f. Acte de maraud. Je n'ai pas voulu en enrager tout seul, j'ai voulu que vous me tinssiez compagnie, et c'est pourquoi je vous fais part de cette marauderio, RAC. Lett. 9, d Lerasseur.
— ÉTYM. Maraud.
4. MARAUDEUR (ma-rô-deur) , s. ni. || !• Celui qui va en maraude. Beaucoup de ces hommes isolés étaient des maraudeurs qui feignaient une maladie ou une blessure, pour s'écarter ensuite, séouh, //lit. de Nap. vi, 4. || Fig. Chez Vénus j'entre en maraudeur; C'est tout fruit vert que j'en rapporte, ' BÉRANO. Ange gardien. || 2° Celui qui commet le ilélit de maraudage.
— ÉTYM. Marauder.
t 2. MARAUDEUR (ma-rO-deur),.j. m. Terme de pêche. Visiteur établi pour marquer les barils de hareng salé.
MARAVÉDIS (ma-ra-vé-di), s. m. Petite monnaie espagnole de cuivre qui vaut un peu plus de l'ancien denier de France; c'est la monnaie 4«
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compte dans les finances, comme dansle commerce, quoiqu'elle n'ait pas elle-même un grand cours. Soixante-trois maravédis font une réale d'argent. Il ne vous reste donc rien du tout, ma bel le Cunégonde? Pas un maravédis, dit-elle, volt. Candide, io.
— REM. Les Espagnols écrivant ce mot sans i; nous devrions faire de même.
— Etym. Provenç. marabeli, maraboti; catal. mararedis; espagn. et portug. maravedi; de l'arabe marâbetin ; les marabetins, ou marabouts, ou almoravides sont des Arabes qui ont régné en Espagne {voy. marabout), et qui ont donné leur nom à une monnaie.
(. MARBRK (mar-br'), s. m. || !• En général, nom donné à toute variété de calcaire à grains fins susceptible de poli, et qui par sa blancbeur ou par ses couleurs plus ou moins vives peut être employé à la décoration des édifices ou dans l'ameublement. Paros, fameuse par ses marbres, scarr. Virg. m. Cependant l'humble toitdevient temple; et ses murs Changent leur frêle enduit aux marbres les plus durs, LA FONT. Phxl. et Baucis. Un bloc de marbre était si beau Qu'un statuaire en fit l'emplette : Ou'en fera, dit-il, mon ciseau? Sera-t-il dieu, table ou cuvette? id. Fabl. ix, c. D'abord elle a d'Auguste aperçu la statue ; Et mouillant de ses pleurs le marbre de ses pieds.... rac. Brit. v, 8. Et que du sein des monts le marbre soit tiré, id. Esth. m, 9. Et qu'un sang pur par mes mains épanché Lave jusques au marbre où ses pas ont touché, m. Athal. II, 8. Le titre de conquérant n'est écrit que sur le marbre ; le titre de père du peuple est gravé dans les coeurs, mass. Human. des grands. Les marbres d'Italie sont en fort grand nombre, et ont plus de réputation que tous les autres marbres de l'Europe; celui de Carrare, qui est blanc, se tire vers les côtes de Gènes, et en blocs de telle grandeur que l'on veut, BUFF. Min. t. il, p. 28. || Animer le marbre, le tailler en statues pleines de vie et de beauté. Le christianisme ne saurait pas moins animer le marbre que la toile, guateaubr. Génie, m, i, B. Il Marbre stituaire, marbre propre à faire des statues, qui est sans taches ni veines. || Marbre antique, tout marbre dont les carrières ne sont plus oonnuîs ou exploitées. || Marbre brut, marbre tel au'il sort de la carrière. || Marbre piqué, celui qui B9st taillé qu'à la pointe. || Marbre dans sa passe, se dit des tranches de marbre qui ont été débitées parallèlement au lit du banc. Marbre en contre-passe, marbre débité sur la hauteur du banc. || Marbre ébauché, celui qui est travaillé à double pointe, pour 1« sculpture, ou approché avec le ciseau pour l'architecture. || Marbre dégrossi, celui qui est équarri, suivant la disposition d'une figure, avec la scie et la pointe. || Marbre fini, celui qui est terminé avec le petit ciseau et la râpe. || Marbre cameloté, celui qui, étant d'une seule couleur, ne laisse pas de paraître tabisé, après avoir reçu le poli, tel que celui de Namur. || Cela est dur, est froid comme le marbre, comme du marbre, comme marbre, se dit de choses très-dures et de choses qui font éprouver au toucher un vif sentiment de froid. || On dit aussi : comme un marbre. L'un des deux compagnons grimpe au faîte d'un arbre ; L'autre, plus froid que n'est un marbre, Se couche sur le nez, fait le mort, tietit son vent, la font. Fabl. v, 20. Il Fig. et familièrement. Être froid comme un marbre, être comme un marbre, cire extrêmement calme ou réservé, paraître ne s'émouvoir de rien. Je restai comme un marbre à ce discours, mariv. Pays. part. )" part. || On dit dans le même sens : 11 est de marbre, c'est un marbre. || On dit aussi, par exagération : Pour entendre ces propos de sangfroid, il faudrait être de marbre. || Un coeur de marbre, une personne que rien n'échauffe, ne touche, n'attendrit. Sous un visage d'homme il porte un cœur de marbre, tristan, Panthée, i, 7. .Je n'étais pas do marbre, elle avait le cœur tendre, TH. coni». Baron d'Albikrac, v, 3. || Un visage de marbre, un visage qui ne laisse paraître aucune émotion. X chacune de mes réponses le major écrivait avec un vi.sage de marbre, marmontel, Mém. vi. Il Fig. Cela échaufferait du marbre, se dit de paroles, d'une ardeur capable de communiquer de la chaleur aux cœurs les plus froids. Hispal haranguait de façon Qu'il aurait échauffé des marbres, LA FONT. Fiancée. \\1" Morceau de marbre taillé et poli. On a gravé celte inscription sur un marbre. Le marbre d'une commode, d'une cheminée. Placez un marbre sur ces papiers, do peur que le vent no les disperse. Quel marbre à la postérité Fera paraître votre gloire? malu. vi,3. || 3° Absolument. Un marbre, une statue en marbre. Le plus beau marbre
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de ce musée. || 4° Au plur. Marbres, des ouvrages de marbre, échantillons de différents marbres. Il y a de beaux marbres dans ce cabinet. Ces marbres qui ne couvrent que de la poussière, attestent la vénération despeuples, dider. Cl. elNér. i, 97. MM. Sévin et Fourmont rapportèrent de Grèce un grand nombre d'inscriptions, échappées à l'ignorance des habitants qui emploient à faire de la chaux ces marbres précieux que nous allons y chercher avec tant de fatigues et de périls, condorcet, Kaurepas. \\ Marbres d'Arundel, d'Oxford ou de Paros, les marbres antiques recueillis à Paros au commencement du xvn' siècle, présentésà l'université d'Oxford par le comte d'Arundel qui les avait fait apporter du Levant, et contenant les événements depuis la fondation d'Athènes par Cécrops [1682 avant J. C] jusqu'à l'archontat de Diogénète [204 de la même ère), ce qui comprend un intervalle de t3)8 années. || Marbres d'Elgin, se dit des bas-reliefs (jui ont été enlevés par lord Elgin au Parthénon et au temple de Thésée d'Athènes, et qui font maintenant partie du Musée britannique. || 5° Pierre sur laquelle les imprimeurs posent les pages pour les imposer, et les formes pour les corriger. || 11 se dit aussi de cette partie de la presse sur laquelle on place la forme. Un,marbre de pierre. Un marbre de fonte. || 6° Pierre qui sert à broyer les drogues et les couleurs. Il 7* Bloc sur lequel on allonge et on aplatit sous le marteau les tables d'étain de glaces pour les réduire en feuilles, jj 8" Terme de verrerie. Plaque de fonte sur laquelle l'ouvrier verrier roule la matière qu'il a cueillie. || 9° Table de marbre, nom donné à trois juridictions qui siégeaient au palais, la connéta' blie, l'amirauté et les eaux et forêts, et dont les juges prenaient place autour d'une grande table de marbre. Le grand Corneille était, dans sa jeunesse, avocat du roi à la table de marbre de Rouen, Dict. de i'i Cad. Il Chambre de la table de marbre, nom donné en particulier à la juridiction des eaux et forêts. Il Table de marbre, table qui se trouvait dans la salle du palais de justice à Paris, et qui servait aux clercs de la basoche pour y représenter des farces, soties ou moralités. || 10° Marbre artificiel, composition de gypse en forme de stuc, où l'on mêle des couleurs qui la font ressembler au marbre naturel. || 11° Terme de peintre en bâtiment. Marbre feint, représentation des divers accidents du marbre. || Marbre jeté, celui qui imite les porphyres. Il Marbre chiqueto, celui qui imite les granits. Il 12" Terme do relieur. Teinte qu'on donne aux reliures et qui imite les accidents d'un marbre. I.a racine est le plus beau marbre qu'on ait imaginé, lesné, la Reliure, p. »90.
— HIST. XI" s. Sur un perron de marbre bloi se culche, Ch. de Roi. 11. || xii" s. Tost les degrés de mabre [ilj est montés al donjon, Sax. xiv. || xia° s. Puis l'enfoïrent soz un arbre, Et par desus mistrent un marbre ; S'i ont escrit le non la dame, lien. (oue. Ilxiv s. Une cote de marbre [étoffe faite de fils de diverses couleurs] nuefve [neuve], à femme, nu CANOB, marbretus. Deux flacons de marbre noir, DE LABORDF,, Émaux, p. 380. || XV* S. Un coffre de bos paint au quel estoyent xxiii corporaux et une pierre de malbreàliscer lesdiz corporaux, m. t'b. Ha! cuer plus dur que le noir marbre, En qui mercy ne peult entrer, a. chaut, la Belle dame sans mercy. Il xvi* s. Terrines & filtrer, miirbres pourdistiUer en lieu humide, pahE, m, 638. Le marbre n'a que faire de peinture, cotgbave.
— ÊTYM. Bourguig. mdhre; -wallon, marm; provenç. marme, marbre; e.spagn. marmol; portug. marmore; ital. marmo; du lat.marmor; grec, iiàp- (iipoç, brillant : la pierre brillante.
f 2. MAItBKK (mar-br'), s. m. Terme de marine. Cylindre du treuil, à chevilles, sur lequel s'enroule la drosse qui sert à manœuvrer le gouvernail d'un grand bâtiment.
— ETYM. Ce mot est une corruption à'arhre, cl c'est ainsi que plusieurs meuniers, ou même dos experts de campagne, disent le marbre du moulin, le marbre de la roue, etc. pour l'axe ou l'arbre de la roue, legoahant.
MAUBUÉ, ÉK (mar-bré,>réc), porJ. passé de miirbrer. || 1° Marqué de taches et veines comparées à celles du m;irbre. Les troncs de ces arbres rouges, marbrés de vert, montant sans branches jusqu'à leur cime, ressemblaient à de hautes coi<inncs, chateaubr. Alala, les Laboureurs. !| Etoffes marbrées, étoffes do soie ou de laine de différentes couleurs mêlées ensemble. || Bas marbrés, bas où le gris et le blanc sont mêlés ensemble. || Truffes marbrée.s, truffes qui sont grises et blanches en dedans. Il Teint marbré, teintqui offrede» marbrures bleuil-
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très. Il i° S. m. Nom donné dans les Pyrénées au spath calcaire. || 3° Nom vulgaire de l'agame marbré (sauriens), qui e.st le lézard marbré de certains auteurs, et pour d'autres l'iguane marbré. Le marbré habite l'Amérique méridionale , legoarant. Il 4° Marbré, champignon du genre bolet.
t MARBRÉE (mar-brée), s. f. La lamproie commune, dans quelques départements.
— ÉTYM. Marbré.
MARBRER (mar-bré), c. o. || 1° Imiter par la peinture les couleurs du marbre. Marbrer le chambranle d'une cheminée. || i° Marbrer du pai)ier, y appliquer différentes couleurs, de manière à imiter le marbre. || 3° Terme de relieur. Jeter, avec le pinceau, du noir et de l'eau forte sur la couverture d'un livre en veau et le façonner comme du marbre. Il II se dit aussi de la tranche d'un livre sur laquelle on imite le marbre. Marbrer la tranche d'un livre. Marbrer un livre sur la tranche. Tel excelle à relier qui souvent marbre mal, lesné, la Reliure, p. 75. Il 4'" Terme de verrerie. Faire la paraison ou arranger la masse vitreuse en fusion sur le marbre, après l'avoir enlevée du creuset avec le pontil. Il 5° Par extension, produire sur le corps des marques semblables aux marques et veines du marbre. Le froid marbre la peau. || 6" Se marbrer, v. ré/l. Devenir marbré. Ses beaux yeux bleus se marbraient de noir, bern. de st-p. Paul et Virg.
— ETYM. Marbre.
MARBRERIE (mar-bre-rie), s. f. Métier de scier et de polir le marbre. || Atelier de marbrier. || Emploi du marbre à des ouvrages communs, tels que chambranles de cheminée, marches d'escalier, etc. Ouvrages de marbrerie.
— ÉTYM. Marbre.
MARBREUR (mar-breur), s. m. Artisan qui marbre du papier, ou des tranches, ou des couvertures de livres. Il en est de même des papiers pour gardes ; cet embellissement varie beaucoup; les marbreurs s'évertuent à composer des marbres magnifiques, lesné, la Reliure, p. u».
— ETYM. Marbrer.
MARBRIER (mar-bri-é; \'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des mar-bri-é-ï habiles), s. m. Il 1° Artisan qui scie et polit le marbre, ou qui fait avec le marbre les ouvrages communs dits ouvrages de marbrerie. || 2° Celui qui fait le commerce de marbre. || 3° Il se dit des entrepreneurs qui travaillent le marbre pour les tombeaux, depuis la simple maçonnerie jusqu'à la sculpture. Grâce au ciseau du marbrier, Une couronne de laurier Va d'orgueil enivrer mes restes, déiiang. Mon enterrement. Il 4° Terme de peintre on bâtiment. Ouvrier qui imite par la peinture les diverses esjièces de marbres; ordinairement il imite aussi les différentes espèces de bois. || 5° Adj. Qui a rapport au marbre. Industrie marbrière.
— ÉTYM. Marbre.
MARBRIÈRE (mar-bn-è-r'), s. f. Carrière d'où l'iin tire le marbre. Les marbrières des Pyrénées.
— ÉTYM. Marbre.
MARBRURE (mar-bru-r'), s. f.\\i' Imitation du marbre sur du papier, ou sur la tranche ou la couverture d'un livre. ||2" Peinture imitant le marbre sur les boiseries. || 3° Par extension, marques semblables à un marbre veiné qui se voient sur la peau. Le froid produit des marbrures. || 4° Disposition de nuances sur le plumage des oiseaux, imitant le marbre. La marbrure jaune et brune de la partie supérieure du corps, BUFP. Ois. t. vi, p. 204.
— ÉTYM. Marbrer.
4. MARC (mar; le c ne se prononce et ne se lie jamais), s. m. Il 1" Poids de huit onces, qui sert à peser les matières d'or et d'argent. On prend tant par marc pour la façon de la vaisselle d'argent. Il 2° Le mar« d'or, quantité d'or pesant un marc, et dont la valeur numéraire varie suivant les épSKjues. Depuis lit,e jusqu'en 1401, année de la mort de Charles VII, le marc d'or valut cent livres, et le marc d'argent huit livres quinze sols, duclos, llist. Louis XI, Œuvres, t. V, p. 86. Il I.e marc d'or, droit qu'on prélevait sur tous les offices do France à chaque changement de titulaire, et qui avait été établi par Henri 111. I! 3° Marc d'argent, quantité d'argent pesant un marc, et variant de valeur suivant les époques. Il [Colbertj n'avait poussé la valeur numéraire du marc d'argent, de vinxt-six francs oii il l'avait trouvée, qu'à vingt-sept et à vingt-huit; et après lui dans les dernières années de Louis XIV, on étendit cette dénomination ju.squ'à quarante livres idéales; ressource fatale par laquelle le roi était soulagé un moment pour être ruiné ensuite; car, au lieu d'un marc d'argent, on ne lui donnait presque plus que 1«
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moitié: celui oui devait vingt-sir hrres en 6«8, donnait un marc; et celui qui devait quarante livres ne donnaitquà peu près ce mime marcen 1 7(0, volt. Louùlir, 30. Il est clair que Philippe Auguste fut le plus puissant prince de son temps, si, indépendamment des pierreries qu'U laissa, les sommes spécitiécs dans son tesument montent à près de neuf cent mille marcs d'argent de huit onces, qui valent i présent environ quarante-neuf millions de notre monnaie, i cinquante-quatre livres dix-neuf tob le marc d'argent fin, id. Mœurs, 5i. Il [Pierre le Grand] n'a jamais eu vingt-quatre millions de revenu, à compter le marc à près de cinquante livres, comme nous faisons aujourd'hui et comme nous ne ferons peut-être pas demain, id. Charles XII, <• Il Marc d'argent, droit que les notaires payaient au roi, en pays de droit écrit, pour le joyeux avènement à la couronne. H*' Poids de marc, huit onces ou la moitié de la livre de Paris, telle qu'elle existait avant le système décimal. J'ai acheté trois livres de cette marchandise, poids de marc (c'est-àdire au poids de l'ancienne livre de Paris). || 6° Au marc la livre, manière de répartir proportionnellement une somme quelconque, en remettant à chacun ou faisant fournir par chacun une part déterminée par la somme totale afférente à chacun; c'est ce qu'on nomme aujoui-d'hui au marc le franc, et, mieux, au centime le franc. Ordonnons que toutes blanches monnaies.... des-ores-en-avant soient abattues du tout, et n'aient nul cours pour quelque prix que ce soit, fors au marc pour billon, Ordonn. juin (613. Il Au marc la livre a été employé primitivement en parlant des poids appelés marc et livre, puis transporté aux monnaies par confusion du mot livre, LEGOARANT. La locution, comme le montre l'exemple de Beaumanoir, est une altération de au mare ou à la livre.
— HlST. XI* S. Li burgeis qi ad en soun propre cbatel |bien, avoir] demi marc vailant, Lois de GuiU. <8. Ilxiirs. Quant li mars d'or sera vendus XI libres.... Comput, f. 23. [La couronne] Cent mile mars valoit et plus, à droite vente, Berte, x. Et puis doit on regarder combien il converroit paier à cascun au marc ou à le [la] livre, beaum. xxi, 26. Il XIV* s. Si comeseroit la loy de racheter chescun qui est pris en guerre pour un marc ou autre pris, OSESHB, Eth. <B9. Il XVI* s. Par quoi, point ne le faut celer; J'en ay le marc, si vous en avez l'once, Les marguer. de la marguer. f° 38i, dans lacuhne. Fiens de chien et marc d'argent seront tout un au jour du jugement, cotgbave.
— ÊTYM. Prov. marc; esp. et ital. marco; bas-lat. wiarka; del'anc. haut-allem. marc, marque, signe.
3. MARC (mar; le e ne se prononce et ne se lie jamais; au plur. Vt ne se lie pas : des mar entassés), s. m. |l 1" Résidu de fruits, d'herbes ou de toute autre substance qu'on a pressurée ou fait bouillir pour en retirer le suc Marc de raisins, d'olives, de pommes. Marc de café. || Bain de marc de raisin, bain tonique et fortifiant, conseillé quelquefois parles médecins. Je mets mes mains deux fois le jour dans le marc de la vendange, cela m'entête un peu, mais je crois sur la parole de tout le monde que je m'en trouverai bien, sév. 3U. ||Fig. Voilà ce qui restera dans le litre de ministre [donné au Fils par Tertullien dans 1» création], à en Otcr tout le reste [les idées inférieures] comme le marc et la lie, bo.ss. e* avert. »•. Si ce jeune cerveau s'échauffe, laissez -le d'aboid fermenter en liberté ; mais ne l'excitez jamais, de p2ur que tout ne s'exnaie.... autiementvous perdrez votre temps «t vo' «oins, vous détruirez votre propre ouvrage; ei, «près vous être indiscrètement enivrés de toutes ces vapeurs inflammable:, il ne vous réitéra qu'un marc sans vigueur, j. j. rquss. Êm. II, t. ||i- Marc de soude, ce qui reste après la fabrication de la soude.
— HiST. xvi» s. Je ne conseille non plus aux damatd'appeller honneur leurdobvoir; leur debvoir est le mare, leur honneur D'cstquel'escorce, mont, m, 28. L'on remettra avec le marc du bois [de gaïacî jà cuit autant d'eau.... tkni, xvi, 8.
— 6TÏM. Picard, mtre. Origine inconnue. Il est Ir*»-Jingulier que ce mot n'ait pas d'historique avant le xvi* siècle. Ménage conjecture le latin amurea, Ii«d'huile, bt»-latin murca, murcum- mais le changement d'u en a ne va pas en français •' Diez I* met gaulois emarcum, vigne gauloise peu produc^ tlve, U suppression de l'e s'éUnl faite comme dans m.n« de Kemina; Chevâllet et Scheler, l'allemand Kark, pulpe. Celte dernière conjecture est la plus pUusible; elle eipli<;uerait que le mot, éUint entré pw U frontirn- nord (picard mère), sera longtemps ■~" un mot provmciil ; ce qui bit qu'il n'a pas
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d'historique. Remarquez que amurea se rattache à àfiÉpVw, qui est en plein rapport avec Uark, l'a étant prolhétique.
t MARCAIRERIE (mar-kê-re-rie) ou MARCAI- RIE (mar-kê-rie), *. f. Pâturage fermé, pour les bestiaux (enviions de Thionville). || Nom, dans les Vosges, d'une chaumière où se font des fromages cuits.
MARCASSIN (mar-ka-sin), t. m. 1| 1° Petit sanglier qui est au-dessous d'un an et suit encore sa mère. Les marcassins sont marqués de raies noires et blanches. Chaque marcassin qu'elle allaite Est blanc comme le lait qu'il tette, scahh. Yirg. viii. Il Nom donné aux jeunes cochons dans quelques cantons. Une truie et ses marcassins. || 2* Adjectivement. De la gent marcassine et de la gent aiglonne, LA FONT. Fabl. in, e. || Fig. Mon cœur est la proie de vos yeux marcassins, hamilt. Gramm. 7.
HiST. XVI' s. Marcassin jaune, cotgrave.
ÉTYM. Origine inconnue. 11 y a dans le baslatin le mot marcasium, marais; y aurait-il quelque rapport, le marcassin aimant les bourbiers? ou faut-il le rattacher à l'ancien allemand, mor, morchen, porc?
MARCASSITE (mar-ka-si-f), s. f. || l°Nom donné aux cristaux cubiques d'une pyrite de fer sulfuré, d'un jaune d'or, assez dure pour être taillée, polie et employée comme objet d'ornement, legoauant. Et qui plus est, dans une montagne d'une étendue considérable, où il paraîtra une infinité de guidons et de marcassites de tous les côtés, qui sont autant de marques par lesquelles on peut conjecturer que l'on rencontrera de bons filons et de bonnes matières, l'on se contente de faire faire par sept ou huit hommes une ouverture, Lettres, etc. de Colbert, iv, B84, Mémoire de Vlngénieur Chénier. Cette pyrite ferrugineuse, qui ressemble au jargon, tient du cuivre, dont elle a parfois l'aspect ; elle raye le verre et fait feu sous le briquet ; les plus belles viennent de l'île d'Elbe, de laborde, Émaux, p. 38i.||Ces cristaux ont été appelés aussi bismuth. {| 2° Fausse marcassite, petit globule de verre étamé de façon à présenter la couleur et l'apparence de la marcassite, c'est-à-dire de la pyrite qu'on travaillait autrefois pour en faire des bijoux, legoarant.
— HIST. XVI* s. Quelques marcassites ardentes, lesquelles on fait esteindre en vinaigre, paré, xxv, 40. Ung aigle d'argent, doré en aulcunes parties, aiant entre ies deux testes en hault une couronne imperialle et au milieu ung miroir de marquascite, donné à l'cmnereur par l'ambassadeur de Gennes,
DE LABORDE, £maUX, p. 381.
— ÉTYM. Portug. marquexita ; de l'arabe markaxat, pyrite.
MARCATION (mar-ka-sion) , s.f. Voy. ligne.
— ÉTYM. Marquer.
fMARCEAD (mar-sô), s. m. Voy. marsault. Des promenades au milieu des marceaux, des bourdaines, J. J. BOU.SS. Prom. 6.
f 4. MARCELINE (mar-se-li-n'), s. f. Étoffe de soie, espèce de florence, mais plus large et plus forte.
t ï. MARCELINE (mar-se-li-n") , s. f. Terme de minéralogie. Silicate rose de manganèse provenant de Saint-Marcel, en Piémont.
t MARCELLIANISME (mar-sèl-lia-ni-sm'), s. m. Doctrine des marcelliens.
t MARCELLIENS (mar-sèl-liin), s. m. pi. Hérétiques du iv'sièclo, attachés à la doctrine de Marcel, évêque d'Ancyre, que l'on accusait de ne pas distinguer assez les trois personnes de la Trinité, et de les regarder seulement comme trois dénominations d'une seule et même personne divine.
t MARCESCENCE (mar-sè-ssan-s'), s. f. Terme didactique. Etat de ce qui se flétrit.
— ÊTYM. Mareescent.
t MARCF.SCENT, ENTE (mar-sè-ssan, ssan-t'), adj. Tenue do botanique. Se dit des parties qui se dessèchent sur la plante avant de s'en détacher. Feuilles marccscentes. Calice mareescent.
— ÊTYM. lAt. marcescentem, part, présent de marcetcere, se flétrir. Marcesco est l'inchoatif de marceo; c'est une des dérivations, par racines secondaires, de la grande racine mar, mourir, qui veut dire aussi au sens actif frapper, liroyer, flétrir. Ici la racine sanscrite la plus voisine est marj, frapper, frotter, détruire, qui a donné aussi le latin mareus, marteau.
t MAHCF.SC1BI.E (mar-sè-ssi-bl'), adj. Terme didactique. Oui peut se flétrir.
— ÊTYM. Prov. marcezitle; du lat. maretscibilis. t MARCGRAVLACËES (mar-gra-vi-a-sée) , t. f.
pi. Nom d'une famille de plantes dicotylédones polypétales.
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— ÉTYM. Genre marcgravia, dédié par Plumier au célèbre naturaliste allemand du xvii* siècle, Georges Marcgraf.
t 1. MAUCHAGE (mar-cha-j'), i. m. Piétinement, action de marcher continuellement sur une chose. Il Opération qui consiste à pétrir la pâte dont on fabrique les poteries.
— ÉTYM. Marcher.
t 2. MARCUAGE (mar-cha-j'), t. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Droit qu'avaient des paroisses limitrophes de faire paître leurs bestiaux sur les terres les unes des autres.
— lUST. XVI' s. Si le bestail est trouvé pasturant en autruy village, doit amende au seigneur justicier, si ce n'est es lieux où droit de marcbagc a lieu, Coust. yénér. t. u, p. «7*.
— ÊTYM. Voy. marche 4.
t MARCHAIS (mar-chê) , s. m. Terme de pêche. Variété de maquereau qui n'a pas de taches. || Hareng qui a frayé. || Harengs qu'on abandonne par gratification aux matelots.
MARCHAND, ANDE (mar-chan, chan-d'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui fait profession d'acheter et de vendre. Le plus petit marchand est savant sur ce point : Pour sauver son crédit, il faut cacher sa perte, la pont, t'ahl. xii, 7. .--itôt.... Que, retiré chez lui, le paisible marchand Va revoir ses billets et compter son argent, boil. Sat. vi. 11 établit des magistrats à qui les marchands rendaient compte de leurs effets, de leurs profits, de leurs dépenses et de leurs entreprises, fén. Tél. xii. Le marchand fait des montres pour donner de sa marchandise ce qu'il y a de pire, la bruy. vi. Un de nos créanciers tourne vers nous ses pas : C'est le marchand fripier qui nous rend sa visite, begnard, Ménech. m,n. Si le prince est marchand, toute espèce d'industrie est ruinée, montesq. Esp. v, U. La guerre avait ruiné la France, et les marchands la sauvèrent, VOLT. Louis XIV, 21. Il est très-vrai que, depuis Vasco de Gama, qui doubla le premier la pointe de la terre des Hottentotj, ce sont les marchands qui ont changé la face du monde, id. Polit, et lég. Fragm. hist. sur l'Inde, i. Acbar fut le premier qui s'empara de Surate et du royaume de Guzarate, fondé par des marchands arabes devenus conquérants à peu près comme des marchands anglais sont devenus maîtres du Bengale, id. ib. xxxiii. Il Marchande, femme qui tient un commerce. Je vis, à travers les vitres d'un comptoir, une jeune marchande de si bonne grâce et d'un air si attirant.... J. J. Rouss. Confess. u. || Ternie de jurisprudence. Marchande publique, femme qui fait un négoce séparé de son mari, au vu et su de celui-ci. Il Marchand forain, celui qui parcourt, avec des marchandises, les villes, les campagnes, les foires, les marchés. || Par dénigrement, marchand de soupe, maître de pension, ainsi nommé parce qu'on suppose qu'il spécule sur la nourriture de ses élèves. Il Par dénigrement aussi. Marchand de vers, celui qui fait des vers parce qu'on les lui paye. Marchand de vers, jadis poète, m. j. chén. Ép. àJ. Delille. || Communauté des marchands de Pans, se disait de la réunion de six corporations des drapiers-chaussetiers , épiciers, merciers, pelletiers, bonnetiers et orfèvres. || Fig. Etre mauvais marchand, se trouver mauvais marchand, n'être pas bon marchand d'une chose, s'en trouver mal. Les médecins y purgent [en Hollande] d'ordinaire avec des pilules et des poudres chimiques, avec l'antimoine et le vin émétique, dont ils sont fort mauvais marchands, gui patin, Lelt. t. m, p. 7i6. Et ne fasse plus le méchant ; Il n'en serait pas bon marchand, scarr. Poù. div. OEuv. t. vu, p. 4(. S'il en croit être bon marchand, je suis son valet, hamilt. Gramm. ». Il fit le fier, mais il n'en fut pas bon marchand, id. ib. \n. || Fig. Marchand mêlé, se dit d'une personne chez qui il y a du lion et du mauvais. Paris est un grand lieu plein de marchands mêlés; L'effet n'y répond pas toujours à l'apparence; On s'y laisse duper autant qu'en lieu de France, corn. Ment, i, t. Il [de Brieux] dit des choses fort jolies; mais quelquefois il en dit aussi qui ne le sont pas; c'e-st un marchand mêlé, BAYLE, Lett. à Minutait, 28 juin <67t. || Ï-Celui qui achète pour son usage. Attirer, faire venir, tromper les marchands. Trouver marchand. Si jamais cette part tombait dans le commerce, Et qu'il vous vînt marchand pour ce trésor caché, corn. Ment, m, 6. Il Aux ventes publiques, lorsque le crieur annonce telle marchandise à tant, on répond : il y a marchand, c'est-à-dire je la prends à ce taux. || Fig. Ne pas trouver marchand, ne pas trouver à se placer, ne pas trouver d'acheteur, etc. On n'achète pas 1*
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rang ; une reine qui serait laide ne trouverait pas marchand, volt. Zadig, to. \\ 3- Marchand, espèce de canarda large bec, «nos perspiciWa/o, L. \\ Un autre oiseau porte le nom de marchand, c'est le vautour urubu, galUnaje urubu, Vieillot. Les Portugais les appellent gallinaches et les Français de Saint-Domingue les nomment marctiands, le p. labat, Voyage du chevalier des Marchais en Guinée et à Catjenne, t. nr, p. 329, éd. Paris, 1730. || 4° Àdj. Marchand, marchande, qui a les qualités requises pour être vendu. Il lui a fourni tant de blé loyal et marchand. Il Rendre marchand, donner à une marchandise les qualités nécessaires pour qu'elle se débite bien. Ramener ries grains avariés à leur état normal et les rendre marchands. || Prix marchand, le prix auquel les marchands vendent entre eux. J'ai eu le drap de cet habit au prix marchand. Il Nom marchand, nom que les marchands donnent à certains objets de commerce. || Le sel est marchand, il est permis à tout le monde d'en faire le commerce. Le sel n'est pas marchand, il se vend au compte de l'État. |i Terme de pêche. Morues marchandes, celles qui sont grandes et n'ont point de défauts. Il 5' Place marchaade, place commode pour vendre. || Fig. Quant à vous, mon cher ami, frappez fort; vous êtes en place marchande pour cela, d'alemb. Lett. à Voltaire, <3 mai (759. |i Quartier marchand, quartier habité par un grand nombre de marchands. || Ville marchande, ville où il y a un grand mouvement commercial. || La rivière est marchande, elle a assez d'eau pour porter les batcau.x. Le dégel étant ainsi arrivé depuis quelques jours, et la rivière par conséquent devenue marchande, Corresp. de Colbert, m, 42 (lett. du 22 janv. )6G6). Il Navire, bâtiment marchand, navire destiné à porter des marchandises. |i Marine marchande, les bâtiments et les équipages employés par le commerce, par opposition à marine de l'Etat ou marine militaire. |i On dit dans le même sens : navigation marchande, flotte marchande, capitaine marchand. Il 6° Qui se livre au commerce. Les nations marchandes. Le mélange dos Tyriens et des Africains fit qu'elle [Carthage] fut tout ensemble guerrière et marchande, Boss. Ilisl. 1, 6. Les richesses y [à employer des troupes étrangères] mènent naturellement une république marchande : on veut jouir de ses biens, et on croit tout trouver dans son argent, m. ib. m, «.|| 7" Dans un sens mcprisint. Peu distingué, peu noble. 11 ne se peut rien de plus marchand que ce procédé, MOL. Préc. 5. || Proverbes. Dîné de procureur, soupe de marchand, se disait à cause que les marchands ne pouvaient manger à leur aise que le soir. Il Riche marchand et pauvre poulaillier, le métier de poulaillier passant pour mauvais. || De marchand à marchand il n'y a que la main, c'est-à-dire, les marchands font leurs traites sans écrire et en se touchant dans la main. || Il faut être marchand ou larron, se dit pour exciter ceux qui achètent à so fier à la parole de celui qui vend.|| N'est pas marchand qui toujours gagne, c'est-à-dire tout marchand est exposé à penire; et fig. on doit s'attendre à des contrariétés, à des vicissitudes dans les affaires de la vie. Il Marchand qui perd ne peut rire. || Ce n'est pas le profit du marchand, se dit à celui qui offre un prix beaucoup au-dessous de la valeur de la chose. Il Vous avez trompé le marchand, se dit à celui qui a acheté une cho.';e à vil prix. || La foire sera bonne, voici les marchands, se dit quand on voit arriver plusieurs personnes dans une compagnie.
— HIST. XII* s. Jà damedeu ne place [ne plaise au Seigneur Dieu] que si hors del sens seie, Que del cors Jesu-Cris marcheanz estre deie [je doive être], T/i. lemart. »8. || xiii' s. Il virent [à Constantinople prise par les Latins] ces hautes yglises et ces riche» palais fondre, et ces grans rues marcheandes ardoir a feu, et il n'en pooicnt plus faire, villeh. ici. Quant il [les marchands] furent asseUré Et lormangier ont apresté, Napes font mètre et vont laver ; Puis si s'assient au souper; La table fut moult marcheande; Grant plenté i ot de viande, FI. et III. <266. Car dui fdeux] larron venoient de marcheans guetier, Berte, ixxviii. L'ordre de Cistiax tiengne [je tiens] à bone et bienséant, El si croique il soient preudomme bien créant; Mais de tant me desplaist que il sont marceant. Et de carité faire deviennent recréant, hutes. 24i.||xv' s. Iceulz cuirs veus et cognus s'ils sont bons, loyaux et marchans, Slatult des tanneurs de Coulommiers , Bulletin du comité de la langue, l. III, p. 567. Moult est celle ville marchande. Bouciq. Il, to. Le roy faisoit bonne chère [bon Ti»agc|, et se trouvoit chacun à bon marchand; et n'estions point tant en gloire comme peu avant la bataille, COMH. VIII, «. Conclud la trêve pour neuf ans mar-
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chande et revenant chacun au sien, ID. Mém. p. s 10. dans lacuhne. Ung marchant ne vaut riens sans monnoye, Percefor. t. m, f° H i.JI xvi' s. Pas n'est marchant celluy qui tousjours gaigne, j. marot, v, 23). Sur ce point parut un grand navire marchand.... Clermont fit tenir l'ancre à pic, espérant que Lansac, poursuivant ce marchant, viendroit au combat, d'adb. Hist. II, 294. Ainsi le pauvre curé s'en alla mauvais marchand de son blé, estant blessé en la jambe, et ayant perdu sa gibecière et son argent, nESPER. Contes, lxxxi. Escus marchans et ayans cours, H. nu bell. 4B9. La dite trefve de dix ans fut conclue marchande et communicative entre les pays et subjects de leur dites majestez, id. 476. 11 les faut [les dits, les discours de Plutarque] arracher de là [de leur lieu], et mettre en place marchande [développer, faire valoir] mont, i, 169. Les fagots marchands doivent estre espincez de trois pieds et demy de long, et neuf paulmes de cloyere, au rond, Nouv. coust. génér. t. 11, p. )49. Marchand qui ne gaigne perd, cotghave. Aujourd'hui marchand, demain meschant, id. Bonne marchandise trouve toujours son marchand, m. Rarement est et peu souvent Le vieil usurier sans argent, Ville marchande sans fin larron. Vieil grenier sans rat? ou ration, leroux de lincy, Prov. t. 11,
— ÉTYM. L'ancienne forme est marcheant ; ital. mercadante ; du verbe bas-latin mercadare, dérivé, par me.rcatum, du latin mercari, de merx, marchandise. Uercari, dénominatif de merx, est rapproché par Curtius et Corssen (Bcilr. p. iH)dem<;rcre, soit que merx veuille dire ce qui le mérite [un prix], soit plutôt que merere y soit pris dans son sens originaire, avoir en partage (comparez (leipo^ai, [lÉpo;, p.ôpo;, [totpa) ; alors meras signifierait simplement une chose partageable, une part distribuable, idée fondamentale de la marchandise.
t MARCUANDAGE (mar-chan-da-j'), J. m. Action d'un ouvrier qui prend du travail à forfait et qui le fait faire par d'autres ouvriers.
MARCHANDÉ, ÉK (mar-chan-dé, dée), part, passé de marchander. Dont le prix a été débattu. Un livre marchandé avant l'encan. Quoique l'empire eût été souvent acheté, il n'avait pas encore été marchandé, montesq. Jîom. ta.
MARCHANDER (mar-chan-dé), v. a \\ l' Demander et discuter le prix d'une chose.. Il a longtemps marchandé la maison qu'il vient d'acguérir. || Absolument. Il marchanda et obtint une diminution de prix. Il Fig. Si vous me vendez vos dons, je marchanderai sur le prix, j. j. Rousseau, Ém. iv. Il 2° Marchander ou faire à la tâche, prendre de l'entrepreneur d'une bâtisse une partie d'ouvrage que l'on s'engage à exécuter pour un prix convenu. Il Être marchandé, se dit d'ouvriers qui travaillent par marchandage. Les ouvriers [en ardoi.se] chargés du travail de la pierre sont toujours marchandés, PiAviER, Presse scientif. 4 864, t. i, p. h 9. Il 8" Fig. Faire avec des choses qui ne se vendent pas ce que fait l'acheteur en marchandant les choses qui se vendent. Pour gagner la couronne Par qui sa pîission marchande ta personne, nu rïer, Scév. II, 3. Que ce don à sa mère était le prix fatal Dont leur [des Romains] Flaminius marchandait Annibal, CORN. Nicom. I, ). Quand vous seriez impératrice. Je vous dis que ce pèlerin A de quoi marchander non pas une mortelle. Mais la déesse la plus belle, LA. FONT. Petit chien. Tu penses me séduire, Me vendre ici ma honte et marchander la pai.\, volt. Fanal. I, 4. Paul Jove dit qu'Alexandre VI, par un traité avec le sultan , marchanda la mort do Zlzini , ID. Mœurs, )li7. Le duc do Savoie marchande l'appui de l'empereur, id. LouisXIV, <8. Les délateurs, vendant leurs voix et leurs écrits, Viennent dans son palais marchander les proscrits, u. J. chén. Tibère, I, ). Tout s'achète : au forum on trafique de voix. On marchande l'honneur de triompher des rois, AKNAULT, Marius à Miniurnes, m, fl. || 4° Marchander quelqu'un, lui faire des difficultés. Do sorte qu'étant plus riche [M. de GrignanJ qu'il n'a jamais été, et sa trouvant d'ailleurs et par .sa naissance et par ses établissements et par ses bonnes qualilités, tel que nous le pouvons souhaiter [pour Mlle de Sévigné], nous ne le marcliandon» point, comme on 1 accoutumé de faire, sÉv. d llussy, 4 déc. )fl68. Il Familièrement. Ne pas marchander quelqu'un, ne pas l'épargner. Si je le rencontre, je ne le marchanderai pas. Chèvres et bœufs nous aperçûmes Qui paissaient sans être gardés; Ils ne furent point marchandés, scabr. Ktrg. m. Il n'est pas do ces médecins qui marchandent les maladies, mol. i'ourc. 1, 7. .Sans la marchander davantage [la fièvre], Noycz-lade
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vos propres mains, id. Femm. sav. m, 2. Et vive la jalousie ! elle ne vous marchande pas, beau- MARCii. Mariage de Figaro, m, )8.j)Nepas marchander une chose, ne pas hésiter à la donner, en être prodigue. Le maréchal de Grammont conte en son langage que le comte de Guiche n'était pas un misérable, sans naissance, sans dignité, et que jamais il n'a marchandé le monseigneur à aucun maréchal de France, sÉv. Lett. )9 aotlt <675. Frappez, ne marchandez point les coups, j. j. rouss. Ém. II. Il Ne pas marchander sa vie, ne pas hésiter à l'exposer. || Fig. Menacer à loisir et en faisant languir. J'affronterais plus aisément la mort dans la chaleur du combat.... que de voir de grosses vagues me marchander, et me mettre à loisir à deux doigts de ma perte [comme avait été mise Mme de Grignan], sÉv. 2 juin <672. || 5° V. n. Marchander à, témoigner une hésitation semblable à celle de quelqu'un qui débat le prix d'une chose, hésiter. Là-dessus lui [à Attalus, roi de Pergame] étant réussi un combat contre les Galates en un temps où leur nouvelle venue en Asie les rendait extrêmement redoutables, il ne marchande plus à prendre ouvertement le titre de roi, malh. xxxiii' livre de T. Live, ch. 2(. Que veulent dire ces gesteslà? — Nous marchandons, mon frère et moi, à qui parlera le premier; et nous avons tous deux quelque chose à vous dire, mol. l'Avare, 1, B. lis na marchandent point à dire que Dieu dispose des créatures, SÉV. 440. J'ai appris que feu Saint-Luc mettait monseigneur à tous les maréchaux de France.... cela donne la loi aux autres, et ce n'est plus la mode d'y marchander, quand on fait tant de leur écrire, SÉV. 21 août )675. Je continue à vous conjurer, ma très-chère, de décider en ma faveur, et de ne plus balancer à faire un voyage que vous m'avez promis, et qu'en vérité vous me devez un peu; je ne suis pas seule à trouver que vous marchandez beaucoup à me faire ce plaisir, id. 21 oct. 1676. || Absolument. Çà, dépêchons : c'est par trop marchander, LA FONT. Jum. Trouvant son vibiin visage près du vôtre, vous n'aviez pas marchandé et lui aviez donné un soufflet pour la faire reculer, sÉv. 70. Choquée qu'un homme qui faisait l'amoureux eût marchandé, HAMILT. Gramm. 7. || Sans marchander, sans hésitation. Assemblez une bonne bande De nos citoyens échappés. Et sans marchander décampez, scarr. Virg. II. Il 6' Anciennement. Faire le métier de marchand. ||7° Se marchander, v. réfl. Être marchandé. Dans la même place où se vendaient autrefols les bestiaux, se marchandaient publiquement les consulats et les prétures, delh.le. Trois règ. dise. prêt. Il Fig. S'épargner l'un l'autre. Ils se marchandèrent moins et se battirent plus opiniâtrement en celte rencontra, que.... malh. Le xxxin* livre de T. Live, ch. 37.
— HIST. xiii* s. Force que cil qui marqueandent ne se puissent pas legierement escuser par yvrece, BEAUM. VI, 24. Et por les perix qui en poent naistre, se fet il bon garder à qui on marceande et à qui on s'acompaigne, id. xxi, 29. || xiv* s. Jadis vous marchandastes à un cuivert | coquin] félon. De mon corps à mordrir par grande traïson, Baud. de Scb. X, 852. Si dictes à maistre Jehan qu'il ne les embesoigne point [qu'il ne charge point des ouvriers de la besogne], sans marchander avant, Ménagier, II, 3. Il XV' s. [11 essaya] si pour argent il pourroit marchandera lui, par quoi II r'eut en sa baillle la dite ville de Calais, froiss. i, i, 326. Et contregardcz vos gens et vos marchands de aller, ni venir, ni marchander en Flandre, m. 11, 11, )69. Coulx d'Amiens marcbandolent [à se décider], car l'armée du roy estolt auprès, et le duc à Dourlan» avec quatre ou cinq cens chevaulx, comm. m, 2. Il [l'ours] me disoit que jamais je ne marchandasse de la peau do l'ours jusques à ce que la bosto feut morte, m. iv, 3.|| xvi* s. L'armée marchandoit [était sur le point] de se mutiner, mont, i, 4. Sans dire aultre chose et sans marchander, id. i, )9, Nul ne se peult dire estre résolu à la mort, qui craint à la marchander [qui se hâte de mourir], m. 11, 386. Il ne les marchanda plus, en mit en pièces quelque trentaine, d'aub. Hi.v». II, 453. Comme le duc marchandoit l'attaque de cette ville.... id. ib. m, «. Le mnsnagor, marchander et trafiquer y estoit défendu aux hommes libres, amyot, NwnaetLyc. comp. 4. Il apperceut i|uo l'on alloit marchandant et acheptant des voix du peuple, in. C. d'Uliq. 33.
— f.TYM. if arc/iand; Berry, marcander, faire ie commerce.
t MARCHANDEUR, EUSE (niar-chan-deur, deûz'), I. m. et f. Il 1° Celui, celle qui marchande. C'est uu grand marchandeur, oa ne finit rien avt>c
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lui. lit Ouvrier, ouvrière qui prend du travail à forfait dans un atelier.
— ÊTYM. Jfarrhando-. ,„j. «.
MABCOANDISK (mar-chan-di-z ) , s. f-ll» V« 3ui est meuble et objet do commerce. Marchandise ctransère. Marchandise do traite, de pacotille. Un pays qui envoie toujours moins de marchandises ou de denrées qu'il n'en reçoit, se met lui-même en équilibre en s'appauvrissant : il recevra toujours moins, Jusqu'à ce que dans une pauvreté extrême il ne reçoive plus rien, montesq. Esp. xx, 23. {| Fig. J'ai des obligations infinies à notre cher d'Hacqueville : il me donne tout le temps qu'il peut ; c'est une marchandise qui est chère chez lui ; car il n'en « pas à demi [pour ses amis], sÉv. S3 nov. (673. Il Marchandises de contrebande, celles qu'en fraude on fiiit entrer dans un pays ou sortir d'un pays. Il Faire valoir sa marchandise, en faire remarquer les qualités. Il Fig. Faire valoir sa marchandise, faire valoir ce qu'on a de bon, faire valoir son mérite, louer ce qu'on possède. Si nous trouvions quelque chose do bon pour votre enfant, nous ne manquerions pas de faire valoir notre marchandise, sÉv. 5ï7. Je ne vous écris point, le voulant tous les jours, et vous aimant plus que vous ne m'aimez; quelle sottise de faire si mal valoir sa marchandise! car c'en e-^t une très-bonne que l'amitié, id. à Bussy, 1» mai 167». Il On dit dans le même sens déployer, étalersamarchandise. 11 ne m'a pas paru que Mmede Schomberg ait encore pris ma place [auprès de Mme de la Fayette]; il y a bien des paroles dans cette nouvelle amitié ; ne vous souvient-il point de ce que nous disions du plaisir que l'on prenait à étaler la marchandise avec les nouvelles connaissances? SÉv. 30 oct. 4680. 11 a fallu montrer notre noblesse en Bretagne, et ceux qui en ont le plus ont pris plaisir à se servir de cette occasion pour étaler leur marchandise, id. à Bussy, 4 déc. («68. Quand il s'agit d'examiner l'enfant, on lui fait déployer sa marchandise, j. i. «oiss. Ém. ii. || Ne pas farder sa marchandise, montrer les choses telles qu'elles sont. Vous ne fardez point votre marchandise ; vous êtes honnête homme; si je suis reine, je veux vous faire mon premier médecin, volt. Dût. phil. MaladtV. IJBien débiter sa marchandise, faire valoir ce qu'on dit par la manière dont on le dit. || Marchandise mêlée, marchandises qui ne sont pas toutes de même qualité. || Fig. et familièrement. C'est marchandise mêlée, se dit d'une compagnie composée de personnes, de gens de toute espèce. Ne vous y fiez pas trop, ces gens-là sont marchandise mêlée. Je commençai à parcourir des yeux la compagnie, qui me parut de la marchandise bien mêlée. l.Esxoiî, Est. Gont. ch. sa. || I.e pavillon couvre la marchandise, c'est-à-dire quelle que soit la marchandise à bord d'un navire, le pavillon qu'il porte l'empêche d'être visité par des vaisseaux de guerre étrangers. Il Moitié guerre, moitié marchandise, se dit d'un vaisseau chargé de marchandises et arméde manière à pouvoir se défendre. Vaisseau équipé moitié guerre, moitié marchandise.!! Fig. Moitié guerre, moitié marchandise, c'est-à-dire d'une manière équivoque et douteuse. Il a fait sa fortune moitié guerre, moitié marchand! se.|| Moitié guerre, moitié marchandise ,signirie aussi moitié de gré, moitié de force. Il t'a obligé à lui vendre sa maison, moitié guerre, moitié' marchandise. Il En guerre et en marchandise, se disait pour signifier dans toutes les circonstances, sous toutes les conditions. Nous parlâmes [avec Kevel] de H. le chevalier; il me parut bien dégelésur l'estime parfaite qu'il a de lui; il se vante de l'avoir vu en guerre et en marchandise, sSv. 36 oct. 1689. Il t* Marchandises en forêts, tes bois façonnés en •t6res, en t>ois d'oeuvre et charpente. || 3° Fig. Marchandise se dit quelquefois des personnes. Vous êtes bien heureuse, ma chère nièce, d'avoir fait une si tmnne rencontre [un gouverneur pour son filsl ; c'est une marchandise qu'on ne trouve pas bien aisément, «év. à KmtdeDalet, il oct. )e»s. Il ne faut amener aucun page ; c'est une marchandise de province qui n'est point bonne ici, id. s« janv. «674. Quelque aguerri que vous dericz être à voir celte robe, puisque vous en nourrissez un [un jésuite] depuis dix ans, je ferais scrupule de vous nrcharger de pareille marchandise, d'alimb Ult à Yoliairt, tt mars )78S. || t«Trafic, action défaire du commerce. || Aller en marchandise, voyager pour affaires de commerae. Sire Guillaume, allanten mar diandiM.... ta tout. Fbù. || Kig. Aller en marchanéiee, cbercher quelque bon coup k faire. {| Fig. Paire BMcr et marchandise d'une chose, la faire habi tneUeiiMBt. - ' ■ - ■
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bien; Mais que l'on ait la tête bien rassise, Quand on en fait métier et marchandise, Je n'en crois rien, l'abbé RÉGNIER, dans RicHELET. Il II signilie aussi faire habituellement quelque chose dans des vues intéressées, en faire une espèce de trafic. Ces gens, qui par une âme à l'intérêt soumise Font de dévotion métier et marchandise, mol. Tart. i, 6. || B° Autrefois, la marchandise, la profession de marchand. Je ne m'échauffe point dans un barreau; je ne risque rien dans la marchandise; je n'assiège pas la porte des grands, boss. m, Ve'ture, 3. Ses similitudes fde Jésus-Christ] sont tirées des choses communes, de l'agriculture, de la pêche, du trafic, de la marchandise, ID. Concupise. 30. || Le corps des marchands. Il Proverbe. Marchandise qui plaît est à demi vendue.
— HIST. xiii* s. Nous pierdons nos gaegnages et nos marceandises, et nous enchierist li viande cescun [chaque] jour, Chr. de liains, i 20. Et leur venoit marcheandise à grant plenté de Rodestoc et de la marine, villeh. cliii. La seconde manière comment compaignie se fet, si est en marcheandises , BEAUM. XXI, 3. Doi compaignon avoient ensanlle compaignie en le [la] marceandise Jd'un bois, id. XXI, 29. Se clers est marceans, il ne pot pas afrancir se [sa] marceandise par le privi liage de se clergie, ID. XI, 36. Il xv s. Ceux de Tournay desiroient aussi moult à avoir la paix pour la cause de la marchandise qui leur estoit clause sur la rivière de l'Escaut, fboiss. Il, II, 68. Quant Lyonne! les vist venir si roidement, il dist à Exillé : Sire chevalier, ne vous basiez que tout à point, car vous y viendrez tout à temps. Sire, dist Exillé, il n'a pas son choix de la marchandise, qui n'est à la première monstre, et pour ce je n'y veulx point faillir, Percefor. t f> 4 0. Si me' as fait torcher une paroy, qui n'esloit pas de nostre marchandise [marché], j'en vueil estre payé, nu cange, marchandarto. ||xvi* s. La marchandise estoit tenue pour chose honorable, AMVOT, Solon, 4. Ne voulant pas que l'on feist traffique des mariages, comme d'autre marchandise, id. ib. 37. Des femmes faisans publiquement marchandise de leurs corps, id. Timol. 20. Quand la nouvelle de ceste marchandise [marché honteux] fust divulguée parmy le peuple de Rome, id. Pompée, 73. Je dis cecy pour ce que toy, noblesse, As maltraicté ton frère marchandise, j. marot, v, 4 3. Il le fit tuer par l'un desnostres, à la bresche, parce qu'il commençoit à descouvrir sa marchandise [projet de vendre la place], cabloix, ii, 4 3. Cette ville, équipée en marchandise et non en guerre, capitula, d'aub. Hist. m, 38. Je suis meu d'une indicible ardeur de mettre en avant ma rethorique, et estaler ma marchandise en ce lieu, Sat. Min. Harangue de M. le recteur Hose. On n'a jamais bon marché de méchante marchandise, ounm, Curios. franc.
— ÊTYM. Marchand; Haut Maine, marchandise, bestiaux; Berry, marchandie.
t MARCHANT, ANTE (mar-chan, chan-t'), adj. Qui marche. Comme ce feu marchant que suivait Israël, lamart. Harm. i, 40. Mon fils vit d'abord comme une étoile filante dont la traînée, très-brillante, s'avançait vers l'ouest avec une excessive rapidité, en s'élargissant ; puis son extrémité marchante s'épanouit comme une sorte de bouquet, seslongciiamps. Comptes rendus, Acad. des se. t. lv, p. B9B.
fMARCHANTIÊES (mar-ohan-si-ée) , s. f. pi. Terme de botanique. Division de la classe des hépatiques.
— ÊTYM. Genre type marchantia, décrit pour la première fois par Jean Marchant membre de l'ancienne académie des sciences reçu en 4 678; il le dédia à son père Marchant [Nicolas), médecin, naturaliste directeur des cultures des plantes du Jardin du Roi et membre de l'Académie des sciences dès la fondation (1676).
4. MARCHE (mar-ch'i, s. f. || l' Frontière militaire d'un État. L'empereur confirme le vasselage de la Bohême et y étiblit la religion chrétienne; tout ce qui était au delà était encore païen, excepté quelques marches de la Germanie, volt. Ann. Emp. Oth(m I", 9»4. Il Usité surtout dans le nom de certains pays, comme la marche Trévisane, la marche d'Ancône, la marche de Brandebourg. || Marche avantagera, nom qu'on donnait en liretagne, en Poitou et en Anjou, aux limites qui séparent ces trois provinces, à cause de plusieurs privilèges dont jouissaient les h.abitants des lieux voisins. || Lettres de marche, voy. marque (lettres de).
— HIST. XI* s. Il est mes fils, et si tiendra mes marches, Ch. de Roi. cclxx. || xii« s. E li reis te
mrumun sonnet, une ode, une éligie, Je te crois | Tapsa, ki esteit marche de sun règne de celé part,
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Rois, p. 240.11 xm* s. Et venoit [Richard] tournoyer es marches de France et de Poito, Ch. de Rains, p. 4 7. Il XV* s. Les trêves furent assez bien tenues, exceptées tes marches lointaines, froiss. i, i, 4 46. [Le chfttel d'Aiguillon] estoit bien séant et en bonne marche, en la pointe de deux grosses rivières portans navire, id. i, i, 23b. || xvi* s. Ceulx de la marque d'Ancône, mont, m, ï. Il alla combattre le roi sur les marches d'Irlande et d'Angleterre, et le deffit, carloix, 11, 3.
— ÊTYM. Provenç. Tnorcho,wiarco, marqua, frontière; bas-latin, marchia; du germanique : goth. marka; anc. h. allem. marcha; anglo-sax. mearc. C'est le même mot que marque.
2. MARCHE (mar-ch'), s. f. \\l° Mouvement de celui qui marche. La marche s'exécute par une strie de pas, dont la succession plus ou moins prompte et le plus ou moins de longueur la rendent ou lento ou rapide. Ralentir, retarder, accélérer sa marche. C'est en vain qu'à travers des bois, avec sa cavalerie toute fraîche, Bek précipite sa marche pour tomber sur nos soldats épuisés, boss. Louis dr Bourbon.. ..le prélat vers lui fait une marche adroite, BOiL. Lulr.v. Soutiens d'un malheureux la marche chancelante, yoLT. Scythes, iv, 6. \\ Terme de chasse. Se dit des vestiges de la loutre ou du cerf, commi' pieds, fuie, etc. || 2" L'action de marcher, par rapport à la distance ou à la durée. Nous avons été huit jours en marche. Il y a d'ici là trois heures de marche. Faire une longue marche. || 3° Mouvement des troupes, des armées. La marche des colonnes. Que de campements, que de be les marches, que de hardiesse, que de précautions, que de périls, que de ressources! boss. Louis de Bourbon. Ces troupes se mirent en marche sous leurs commandants, fén. Tél. xn. Ce fut dans une de ces marches [en Ukraine] que deux mille hommes tombèrent morts de froid sous ses yeux fde Charles XII], volt. Charles XII, 4. Les Russes l'avaient-ils prévenu? sa manœuvre était-elle manquée? n'avait-il point mis assez de rapidité dans cette marche, où il s'agissait do dépasser le flanc gauche de Kutusof? ségur, Jlist. de Nap. IX, 2. Qu'étaient devenus ces mouvements rapides et décisifs do Marengo, d'Ulm et d'EckmUlil? pourquoi cette marche molle et pesante dans une circonstance si critiqueTlD.tT). {| Dérober sa marche à l'ennemi, exécuter un mouvement àl'insude l'ennemi. Il Fig. Cacher sa marche, cacher les mesures qu'on prend pour quelque afl"aire, pour quelque entreprise. || Marche forcée, par opposition à marc.e ordinaire, marche que l'on fait en forçant le pas, avec une extrême diligence. || Fausse marche, se dit quand, feignant de marcher d'un côté, on tourne de l'autre. || Marche de flanc, marche qu'un corps do troupes fait par .'e cûté d'un de ses flancs. Une lettre de Berthierà Kutusof, datée du premier jour de cette marche de flanc, 'ut à la fois une dernière tentative de paix et peut-être une ruse de guerre, sÉGïR, Hist. de Nap. ix, 4. |{ Bataillon de marche, bataillon que l'on forme avec des hommes appartenant à différents corps et qui n'est organisé que pour les conduire à leur destination. Il [Napoléon] compte sur les détachements qu'envoient les dépôts, sur les malades et les blessés rétablis, sur les traînards ralliés et formés à Vilna en bataillons de marche, SÉGUR, Hist. de Nap. ix, 6. || Sonner, lattro la marche, donner aux troupeslesignal dose mettre en marche. || L'espace moyenqu'unc troupe parcourt en unejournée. Tout à coup, au milieu du jour, il tourna subitement à droite avec son armée, et gagna en trois marches et à travers champs la nouvelle 'outo de Kalougha, SÉGUR, Hist. de Nap. ix, 1. 1| Gagner une marche sur l'ennemi, le devancer de quelque temps; et fig. obtenir sur son adversaire un avantage de temps et de position. ||4» Terme de marine. Vitesse progressive d'un navire sous l'impulsion des rames, du vent ou de la vapeur. || Disposition ou facilité qu'a un navire à faire plus ou moins de chemin avec telle voilure ou sous telle allure. {| Ordre de marche, ordre dans lequel les bâtiments ie guerre se placent en faisant route. || 5° Cérémonie solennelle dans laquelle un cortège, un convoi parcourt un certain espace. Marche triomphale Ce roi parut après une longue marche de prisonniers et de dépouilles, font. Candaule et Gygit.\\ Fermer la marche, clore la marche, être à la queue d'un cortège, d'une procession, etc. On vit passer [à Moscou], sous sept arcs magnifiques, l'artillerie des vaincus [Suédois], leurs drapeaux.... les soldats, les officiers, les généraux, les ministres prisonniers tous à pied.... les vainqueurs à cheval fermaient la marche, les généraux en tète, et Pierre à son rang de général major, volt. Russie, 1, 4 9. {| Par extension,
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fermer la marche se dit de ceux qui sont les derniers d'une bande qui chemine. Ils étaient en tète, et nous fermions la marche. || 6° Convoi. La mortalité prodigieuse des ouvriers [travaillant à Versailles], dont on remporte toutes les nuits, comme de l'hôtel-Dieu, des charrettes pleines de morts ; on cache cette triste marche pour ne pas effrayer les ateliers, sÉv. <2 oct. <678. Il 7° Voyage. J'ai une envie extrême de savoir de vos nouvelles, et comme vous vous trouvez de la tranquillité et de la longueur de votre marche, sÉv. t. xt, p. lO, éd. régnieb. Ce fut un valet de chambre de M. de Pompone, qui arriva le dimanche à neuf heures dans la chambre de Mme de Vins ; c'était une marche si extraordinaire que celle de cet homme, et il était si excessivement changé, que Mme de Vins crut absolument qu'il lui venait dire la mort de M. de Pompone; de sorte que, quand elle sut qu'il n'était que disgracié, elle respira, iD. 2-2 nov. (679. || 8° La marche des astres, des corps célestes, leur mouvement réel ou apparent. Le soleil par deux fois a, d'un tropique à l'autre, Eclairé dans sa marche et ce monde et le nôtre, volt. Alx. u, 2. Du palais du Soleil les brillantes demeures. Ses coursiers enflammés, attelés par les Heures, En s'évanouissant laisseront sous nos yeux Et l'ordre des saisons et la marche des cieux, DEULLE, Imag. v. || 9° La marche d'une montre, d'une pendule, la manière dont elle se conforme au mouvement effectif des corps célestes qui marquent les heures. La marche d'une montre marine est la variation journalière de cette montre. De fréquentes relâches [du navire] mettaient à portée de vérifier la régularité de la marche des montres marines, condorcet, Courtanvaux. || 10° Terme de musique. Marche harmonique, marche de l'harmonie, la succession des différents accords, et la manière dont la modulation passe d'un ton à un autre. || 11° Au jeu d'échecs, mouvement particulier de chaque pièce. La marche du roi. La marche insidieuse du cavalier. || Il se dit aussi des autres jeux. La marche du jeu de dames, du whist, etc. Il 12° Fig. Conduite, manière d'agir, de procéder. 11 cache habilement sa marche. La marche de la nature. Une forte constitution et une santé ferme secondaient parfaitement la marche vigoureuse de son esprit et le soutinrent jusque vers la fin de sa vie , MAiRAN, Éloge de Halley. Les hommes de génie ont communément, dans le cours de leurs études, une marche particulière qui les caractérise, DiDER. Opi'n. des anc. philos, (hobbisme). La marche par laquelle vous avez obtenu des connaissances n'en justifie ni l'objet ni l'usage, J. J. Rouss. Lett. à mie D. M. 7 mai <"64. || La marche du siècle, le progrès que chaque siècle fait spontanément dans les voies de la civilisation. De tels changements dans les idées et dans les rôles, au sein d'une population aussi prompte à perdre ses illusions qu'à les adopter, étaient l'œuvre d'un seul homme [Napoléon I"] doué du génie le plus audacieux, plus remarquable encore par sa sagacité et son discernement que par son audace, qui avait espéré pouvoir arrêter la marche du siècle présent, et qui y était parvenu pour quelques années, mollien. Mémoires d'un minisire du trésor, i, 30 et 3i. || La marche d'un poSme, d'un ouvrage, etc. le progrès de l'action dans un poëme, la progression des idées dans un ouvrage. || La marche du style, d'une phrase, la manière dont le style, une phrase procède. Le français, par la marche naturelle de toutes ses constructions et aussi par sa prosodie, est plus propre qu'aucune autre langue à la conversation, volt. Dict. phil. Langues. || Terme de peinture. Se dit de la manière dont procède le crayon ou le pinceau, de l'ordre dans lequel se présentent les figures , les groupes, les masses d'ombre et de lumière, la suite des plans d'un tableau. || 13* Air de musique qui règle et anime la marche soit de troupes, soit de tout autre corps. La marche des Gardes- Françaises. La marche funèbre de la symphonie héroïque do Beethoven. Il y a dans l'AIccste de Gluck une trè.s-bellc marche religieuse. Il y avait une distinction à faire et qu'on n'a point faite, entre les musique.1 convenables à la troupe en parade, et celles qui lui conviennent en marchant, et qui sont proprement des marches, j. j. rouss. Sur la mus. milit. Il Par extension, air de musi'jue qui a le mouvement d'un air militaire. || 14" Partie d'un escalier sur laquelle on pose le pied |<our monter ou pour descendre. Et comme une victime aux marches de l'autel, Il semblait présenter la gorge au coup mortel, CORN. Ilor. IV, 2. Il Marches gironnées, celles des quartiers tournants des escaliers ronds ou ovales. Il La marche d'angle, est celle qui est la plus longue d'un quartier tournant. |1 Marche de demi-
angle, ia marche qui précède et celle qui suit la marche d'angle. || Marche dansante, celle qui est plus large d'un bout que de l'autre, dans les parties tournantes d'un escalier. !| Marches moulées, marches bordées d'une moulure. || Fig. Être sur les marches du trôn», se dit d'un prince appelé par sa naissance à remplacer celui qui règne. |{ 15° Les tourneurs et les tisserands appellent marche, la morceau de bois sur lequel ils mettent le pied, pour faire aller leur travail. Les marches d'un in 'lier à toile. Il 16° Terme d'organiste. Ce qu'on touclio avec les pieds et qui fait résonner les pédales. || Lis marches, les touches de la vielle. || 17* Terme de teinturier. Marche en gris, action de soumettre le coton au garançage, immédiatement après qu'il a reçu les apprêts huileux et les mordants de galle et d'alun; ce qui lui donne une couleur grise. || Marche en jaune, action de soumettre le coton au garançage, après qu'il a passé une seconde fois par les apprêts huileux et les mordants, ce qui lui donne une couleur jaune. || 18° Sorte de tissage. Des taffetas figurés à la marche, rayés en long et à travers, mouchetés, et avancés, tapis figurés, etc. Slatnts des marchands de draps d'or, 9 sept. (667, art. 63.
— REM. Saint-Simon a dit : On se mit en marche dans laquelle les princes allaient, comme tous les jours, devant le roi, et les princesses derrière, 62, 39. Le mot marche étant pris sans article ne peut être représenté par un pronom. Cette règle ne souffre d'exceptions qu'en des cas tout particuliers.
— HlST.xiv* s. En la vénerie des loutres, ce qu'on voit par le pié [trace] est appelé marches, Modus, f. 44, verso. Ilxvi' s. Si enjoignit expressément à ceulx des premiers rengs, qu'ilz demeurassent fermes sur leurs marches en défense, amyot, Pomp. 99. Se loger en la plus basse marche, pour se mettre en seureté de nouvelle cheute, mont, i, 280. On nomme dames encores les femmes de la plus basse marche, id. i, 387. Que nul ne se ingère doresnavant de tenir ouvrouer dudit mestier de rubannier de soye et de tout autre ouvrage, tant large que estroite, à la marche, à la tire, à la navette, ne au peigne.... où il y ait or, argent ou soye, ourdi ou tissu.... s'il.... Ordonn. nov. tBti. Enjamber sur les marches d'autruy, cotgravb.
— ÉTYM. Voy. MARCHER i.
(.MARCHÉ (mar-ché), ». m. || 1» Vente, achat de ce qui se débite dans un lieu déterminé. Le marché n'a rien valu aujourd'hui. Quand j'aurai l'honneur de vous faire parvenir mes rêveries, qui ne sont pas encore tout à fait prêtes, je ferai avec vous le marché des Espagnols avec les Indiens : ils donnaient de petits couteaux et des épingles pour de bon or, volt. leit. Goldoni, (O mai I703. || Le cours du marché, le prix auquel une marchandise se vend sur le marché. || 2° Réunion de ceux qui vendent et achètent ce qui se débite ainsi. Il y a marché dans cette ville deux fois par semaine. Ce concours et le lieu où ilse fait se nomment marché, parce que les marchés s'y proposent et concluent, CONOILL. Comm. gouv. i, 4. || 3° Lieu public où l'on vend toutes sortes de denrées et d'objets. Et le financier se plaignait Que les soins de la Providence N'eussent pas au marché fait vendre le dormir, Comme le manger et le boire, la font. Fabl. viii, 2. Les marchés et les foires ne se peuvent établir que par la permission du roi, fevrbt. Traité de l'abus, I, 9, dans richelet. Notre auteur a mieux aimé se signaler par un air do liberté [à l'égard d'un concile], et il préfère à des termes plus respectueux la licence et le style du marché, boss. Kern. hist. conc. ii,h. Nous rougissons avec raison de voir les marches publics établis dans des rues étroites, étaler la malpropreté, répandre l'infection et causer des désordres continuels, volt. Pol. et lég. Embell. de Paris. La douleur et le dépit du roi augmentèrent quand il apprit que Tolstoï, devenu l'ambassadeur du czar à la Porte, était publiquement servi par les Suédois faits esclaves à Pultava, et qu'on vendait tous les jours ces braves soldats dans le marché deConstantinople, id. Charles Xll, 5. Les prix ne peuvent se régler que dans les marchés, parce que c'est là seulement que les citoyens rassemblés peuvent, en comparant l'intérêt qu'ils ont il faire dos échanges, juger do la valeur des choses relatives à leurs besoins, condill. Comm. gouv. i, 4. S'il est un plaisir qu'il n'ait pas, C'est qu'au marché ce plaisir manque, uêkano. Bonheur. || Marché franc, marché où l'on ne paye pas do droit pour vendre. || Fig. Jo lui vendrai cela plus cher qu'au marché, se dit, par menace, de quelqu'un sur uui on compta se venger de quelque choie. '{ On dit dani le même sens :
U le payera plus cher qu'au marché. Mais un jour peut venir, ou je veux qu'on me pende. Si plus cher qu'au marché vous n'en payez l'amende, th. couN. Geôlier de soi-même, n, 6. || 4° Par extension, il se dit d'une ville et même d'un pays où se font des transactions commerciales avec les nations étrangères. Surate ou Surat, au fond du golfe de Cambaye, était, depuis Tamerlan, le grand marché de l'Inde, de la Perse et de la Tartarie, volt. Pol. et lég. Fragm. hist. sur l'Inde, ivi. || 5° Ce qu'on achète au marché, ce qu'on rapporte du marché. Montrez-moi votre marché. || Faire son marché, acheter ce dont on a besoin. Faire son marché signifie aussi aller soi-même au marché, au lieu d'y envoyer la domestique. || Fig. 11 est force gens comme lui. Qui prétendent n'agir que pour leur propre compte. Et qui font le marché d'autrui, la font. Fabl. viii, )3. || Fig. II. a bientôt fait son marché, se dit de quelqu'un qui a bien* tôt pris sa résolution. || 6° Terme d'économie politique. L'état de l'offre et de la demande, dans unlieu donné, ou, en général, dans tous les lieux que fréquente le commerce. Les besoins du marché. Il 7° Convention verbale ou écrite renfermant les conditions d'une vente. J'en ai fait marché par écrit. Rompre un marché. Je voudrais que vous eussiez déjà conclu le marché do votre terre, sÉv. 266. C'est donner que de faire un marché de cette sorte, id. 187. X propos de vendre, je n'ai nul dessein de vendre Bourbilly, par une petite raison : c'est que c'est à ma fille après ma mort; elle en fera le marché en ce temps-là, id. 21 déc. 4 692. j'aurais sur le marché fort bien fourni la paille, hac. Plaid, i, 4. Les Épidamniens élurent un magistrat pour faire tous les marchés au nom delà cité, montesq. Esp. iv, 6. Il Fig. La vue des pertes de l'ennemi ne consolait pas ; elle n'était pas double de la nôtre ; on se rappelait d'ailleurs que, dans une pareille position, Pierre I", en sacrifiant dix Russes contre un Suédois , avait cru, non-seulement ne faire qu'une perte égale, mais même gagner à ce terrible marché, siouR, Hist. deNap. ix, 2. || Faire un bon marché, conclure un marché avantageux; faire un mauvais marché, conclure un marché désavantageux. Il Cela se dit, par extension, de toute autre affaire de la vie. M. de Villette fait un très-bon marché en épousant une fille qui a autant de bon sens que d'innocence, qui est née vertueuse et prudente comme elle est née belle, volt. ie(t. Delisle de Sales, 2 nov. 1777. Il Un sot marché, un marché où l'on joue un rôle de dupe. 11 voit bien qu'il ne faut pas faire un sot marché, sÉv. 4)9. || Familièrement. Un marché d'or, marché dans lequel on fait un achat très-avant:igeux. || Fig. Un marché d'or, toute espèce de bonne affaire. Le marché paraît d'or pour lui, car nous donnons et il reçoit, p. l. cour. Chambord. || Il n'y a au marché que ce qu'on y met, se dit quand on se plaint de quelque clause onéreuse. || Boire le vin du marché, boire ensemble, après la conclusion d'un marché , en signe de ratification. || Aller, courir sur le marché d'un autre, enchérir sur les offres d'un acheteur. || Fig. Faire des démarches pour obtenir une place, un avantage qu'un autre sollicite; s'ingérer défaire ce qu'un autre fait. On m'a conté d'elle [une dame] deux histoires un i)eu épouvantables; je les supprime pour l'amour de Dieu, et puis ce serait courir sur le marché d'Adhémar, sÉv. 22 avr. (674. LaChesterfield l'uttentée parson mauvais destin de lui
6ter[àla Denham] son amant mais la Denbam,
piquée de ce qu'on avait couru sur son marché.... IIAMILT. Gramm. s. Les filles d'honneur do lareino couraient sur le marché des aventurières do la ville, m. ib. 4 0. Vous savez probablement que le roi de Prusse a été sur notre marché, et qu'il fait venir dix-huit familles d'horlogers de Genève, VOLT. Lett. due de Choiseul, 7 sept. 4 770. |j Fig. Il n'amende pas son marché, se dit d'un homme qui aggrave sa position. Ce meurtre (du coq] n'amenda nullement leur marché [des servantes] ; Notre couple, au contraire,à peine était couché Que la vieille craignantde laisser passerrheure....LAFONT. fabi. v, ». il Mettre à quelqu'un le marché à ta main (voy. uain, n° 8), lui donner le choix de conclura ou de rompre le marché; et fig. ne pas le ménager, l'obliger à se décider pour ceci ou pour cela. Louis de liade avait mis à l'empereur le marché à la main sur sa charge do feld-maréchal-général, st-sim. 84, 94. Voyant qu'il me mettait ainsi le marché à la main, vous connaissez la vivacité biscayeime, jo lui répondis fièrement, LESAGi'., Bachel. de Salam. ch. 32. || par-dessus un marché, au delà de co qui avait été convenu. Ce mot sur la semaine fco mot que je vous écris
MAR
dan» U semaine] est pardessus le maiché de vous écrire seulement tous le» quinze jours, sÉv. à Bussv M juin. 1871. Si vous vouler venir dîner chM moi, nous jouerons; car la reine veut nous donner de quoi, et cela par dessus le premier marché fpromesse d'embrasser Grammont s'il revenail avec U nouvelle que les lignes d'Arras avaient été forcées], BAMiLT. Gramm. 6. || Fig. Par-dessus le marché en outre, de plus. 11 avait débute par lui oŒrir une bourse pleine d'or, et c est la forme la plus dangereuse que puisse prendre le diable pour tenter une jeune fille un peu coquette, et, par-dessus le marché, intéressée, hariv. Pays, parv f part II 8" Marché se dit auisi des conventions qui se font pour prendre un fermier, un domestique pour louer une voiture, une place dans un navire etc. Dans cette incertitude, louerai-je votre appartement ? on est tous les jours sur le point d'en conclure le marché, sÉv. )8 lévr. (671. Elle arrive à Rouen, elle fait son marché de s'embarquer dans un vaisseau qui va aui Indes, m. fi août 4 684. Je consens de tout mon cœur que vous fassiez faire les réparations nécessaires des moulms, des métairies, des douves, des prés.... c'est mon intérêt; faites donc toutes ces choses, et en faites les marchés en homme de bien et en bon père de famille, id. ï3 avril («87. jl Marché d'ouvrages, convention entre un ouvrier ou un entrepreneur, d'une part, et celui qui commande un ouvrage quelconq'ue, un bâtiment par exemple, d'autre part. Passer un marché d'ouvrages. || Marché clef à la main ou clefs en main, marché par lequel un entrepreneur s'oblige envers un propriétaire à faire et * terminer un bâtiment pour un temps spécifié. Il Marché au mètre, marché qui se fait pour un pni convenu par chaque mètre d'ouvrage. || 9° Prix. 11 faudra que vous voyiez aussi ce que nous devons à Angebaut, et tirer le meilleur marché que vous pourrez de ce procès-verbal, sév. 23 avr. )687. Il 10* Terme de bourse. Marché au comptant, marché au taux du moment présent ; ce marché ne peut être aléatoire et ne contient aucune chance courue, puisque le prix en est fi.vé en même temps que la convention est conclue. || Par opposition, marché à terme, marché dans lequel l'exécution aura lieu plus tard, au jour de la liquidation. Maintenant le marché à terme peut être ferme ou fictif : il est ferme s'il entraîne nécessairement conclusion réelle, livraison de la chose vendue contre espèces; il est fictif s'il se résout ce jour-là en abandon de la prime, comme dans le marché libre ou à prime. || Marches fermes, achat ou vente d'une Taleurdont la livraison contre espèces doit avoir lieu réellement et sans ftinte à une époque déterminée que l'on désigne sous le nom de liquidation. || Marché libre ou à prime, opération dans laquelle l'acheteur ou le vendeur se réserve le droit d'annuler son marché à une époque fixée d'avance moyennant l'abandon, au profit de l'autre partie, d'une indemnité appelée prime et convenue d'avance. X Paris l'acheteur a seul ce droit quand il s'agit de rentes ou de titres. L'acheteur et le vendeur l'ont tous les deux quand il s'agit de marchandises. || Marchés & terme, nom générique desopérations ferme et à prime. || 11' Bon marché, grand marché, prix peu élevé; meilleur marché, prix inférieur à un autre. Voyez, je vous ferai meilleur marché qu'un autre, cobn. Cal. du Palais, i, 7. Pour les revendre à l>on marché, pasc. Pror.viii. Mon oncle d'une seule parole l'a eu k une pistole meilleur marché que moi , sÉv. 4î4. Je tous en forai avoir bon marché, LESACE, Turcarel, iv, t2. || C'est marché comme do raves, comme de paille, c'est trés-bon marché, trèspeu cher, comme les raves et la paille. || Vivre à bon marché vivre sans qu'il encoâte beaucoup d'argent. On vit à l>on marché dans celte ville. || C'est marché donné, c'est un marché donné, se dit de quelque chose qu'on a eu à très-bas prix. Là-dessus je vous la laisse i tant, c'est marché donné, mariv. Pays. parv. »• part. J'ai quatre volumes sous presse.... ils coûteront trois livres le tome ; c'est marché donné, VOLT. Mil. ItU. UU. dt M. Formey. || Fig. et en un autre sens, marché donné, avanUge inespéré. Elle (Uduchcsse de Berry] ne faisait guère de repu libt«, et ils étaient fréquent», sans qu'elle ne s'eniTTit i perdre connaissance; et si, rarement elle demeurait en pointe, c'éuit marché donm-, ST-sm l»t, 41. Il On n'a Jamais bon marché d'une mauvaise marchandise, c'e»t-à dire la mauvaise marchandise coûte loujout» trop cher relativement k ce qu'elle ♦aul. Il Se ruiner en bons marchés, acheter trop de chose» par la seule raison qu'on les trouve k bon marché. J'ai connu une dame qui s'est ruinée k •clteter tout ce qu'tlla trouvait k bon mtrcUé
MAR
UAiNTBNON, Letl. d Mme de Fontaines, )o96. || On dit dans le même sens : Les bons marchés ruinent. !| Bon marché vide le panier, mais il n'emplit pas la bourse, c'est-à-dire un marchand qui vend à trop bon marché, débite bientôt sa marchandise, mais il se ruine. || Kig. et familièrement, i bon marché, à peu de frais, sans beaucoup de dommage ou de peine. Vous auriez pu à bon marché, c'està-dire avec trente larmes, vous faire passer auprès de moi pour l'homme du monde le plus passionné, SÉV. d Uénage, tcbO (lett. 18, éd. iiégnieh). Non, à si bon marché l'on ne bat pas les gens, rag. Plaid. II, 4. Il A bon marché, pour peu de chose. Il y a beaucoup d'affectation dans ces larmes que les filles versent à si bon marché, fén. t. xvii, p. 78. Vous dites qu'on les canonise à bon marché, mass. Carême, Culte. Sur quoi pouvez-vous donc croire que vous serez quittes devant Dieu de vos crimes, i meilleur marché, si je l'ose dire, que ces premiers fidèles? ID. Mystères, Ferv. des pr. chrét. \\ En être quitte, en sortir à bon marché, sortir d'un danger, d'un embarras avec moins de dommage qu'on n'en avait à craindre. Ce n'est pas assez que le feu expie en public mon offense [que je sois brûlé]; j'en serais quitte à trop bon marché.... il [un curé, dans un libelle] veut absolument que je sois damné, mol. Tart. *" placct. Soyez parfaitement aise qu'il fie jeune de Grignan] ait eu une légère contusion à la cuisse, après laquelle il m'a écrit la lettre que voilà; vous y verrez qu'il est fort heureux d'en être quitte à si bon marché, sév. 48), Si vous saviez combien on est malheureuse quand on a le cœur fait comme je l'ai, je suis assurée que vous auriez pitié de moi; mais je pense que vous n'en êtes pas quitte à meilleur marché, de la manière dont je vous connais, id. à M. de Pompone, 27 nov. teoi. Il Fig. et familièrement. Faire bon marché d'une chose, la donner pour peu de chose, en tenir peu de compte. Si jamais cette part tombait dans le commerce. Et qu'il vous vînt marchand pour ce trésor caché, Je vous conseillerais d'en faire bon marché, corn, le Ment, m, 6. Je crois qu'en ce moment, rêveur et bien fâché, De son gouvcrnenement 11 ferait bon marche, dancourt, Sancho Pança,y,i. || Faire bon marché d'une chose, la prodiguer, ne pas l'épargner. Il fait bon marché de la vie. il On dit dans le même sens : mettre à bon marché. En vérité, il est abominable de mettre à si bon marché la vie des hommes, d'alemb. Lett. à Voltaire, 16 juill. 1766. || Fig. et familièrement. Avoir bon marché de quelqu'un, avoir facilement sur lui l'avantage. Qu'on eût eu bon marché de nous. Et qu'il y faisait bon pour vous ! scaiihos, Virg. II Je vous avoue, ma fille, que mon cœur me fait bien souffrir; j'ai bien meilleur marché de mon esprit et de mon humeur, sÉv. 84. Orbassan, voyant le bouclier de Tancrède sans armoiries et sa cotte d'armes sans faveur des belles, croit avoir bon marché de son adversaire, volt. Lett. à Mlle Clairon, 18 oct. 1760. On en a bon marché [le soldat français] quand il est commandé par des courtisans qu'il méprise, J. j. nouss. Uél. v, 4. Il Fig. X grand marché, facilement, à peu de frais. Ses louanges poussées à l'excès, sans contradiction aucune, en faisaient un héros à grand marché, ST-siM. 133, 22B. ||X grand marché taire, à mettre les choses au plus bas. 1112° Fig. Toute espèce de
convention Le maître et la servante ayant fait
leur marché, la font. Gag. Agnès me regardait sans me parler, c'était notre marché, sév. « fév. I67i.
— KEM. 1. Il faut dire : il y a marché ce jour-là, sans article; et il y a ce jour là un marché qui dure de midi à six heures, avec l'article. || 2. On dit souvent dans le parler vulgaire : j'ai acheté ce livre bon marché ; sans la préposition à. Cette suppression n'est pas autorisée ; il faut dire à bon marché, comme on dit à bon compte, à vil prix, etc.
— HIST, XI* s. E il ait testimoines que il l'achatad al marchied le roi. Lois de Guill. 25. Li rois Marsile a fait de nous marchct,C/ir.dc Jloi.LXxxviii. Il xnr s. Par Dieul mère, trop dout [je crains] prendre seignor [mari] ; C'est uns marchiés dont se plaignent plusor, Romane, p. 73. Prendre mari est chose à remenant ; N'est pas marchiés qu'on laist quant [on] se repent. Tenir l'osteut [il faut le tenir], soit lait ou avenant, ib. Si avint que uns escuiers le [di] seigneur de Cathcnai le vit un jour de marcict k Cathcnai, Chr. de Jtains, 172, Que de leur faus marchié [mauvaise action] [ils] viennent à droite vente, Herte, lxxxiv. La vieille aura jà tnst de son marchié la vente [sera traitée comme elle le mérite], ib. xcvi. Et s'il y a contons entr'iaus [dispute entre eux] dou marché, le coralier ou celui qui flst
MAfi
le marcné entre eaus de la beste deit estre cru par son seirement, Ass. de Jérus. i, 2U. Et fu dit au bourgois qu'il en avoit bon marcié, quant il en estoit quiles por trente livres, bkau.m. xx.x, 20. Et s'il ne font point de marcié à cix [ceu.x] por qui il ]iledent, il doivent estre paie par journées, in. v, 3. Se tix [telles] crois pooient garantir les malfeteurs, li murdrier et li robeor [voleurs] aroient trop grant marcié de lor meffès, in. xxv, 24. Cist siècles n'est mes que marchiez, ruteb. 3o3. Mes pour rions bons ne me pleroit Qui de son cors marchié feroit, la Rose, 7672. Li uns a dit : quatre sols vaut. Li autre a dit : assez plus vaut, Ainz vajt cinc sols à bon marchié, Ren. 809. Boens [bon] marciés trait [tire] de borce argent, leroux de lincy, Fiov. t. 11, p. 492. Il xiv s. Car plaisance fait faire moult de kaitis [chétifs] marquiés, Baud. de Seb. xii, 876. Signours, dist Bauduins, soies joiant et liet; Car délivrés serez chertés à bon marquet, ib. ix, 044. Se do lui vous doublez, si n'y mettez le pié; Cilz qui n'a point d'argent n'a que faire au marchié, Gucscl. 4449. Il XV" s. Et si les Anglois ardent nos maisons, que peut-il chaloir? nous les aurons tantost refaites k bon marché, fhoiss. ii, ii, 228. Ils auroient trop bon marché si ils estoient quittes, ID. II, m, 8. Il fist son marché avant œuvre, id. i, i, 108. Luy estoit ordonne d'entrer en praticque du mariage à la seur du roy d'Angleterre, mais non pas de conclure le marché, comm. i, 6. Les ennemis en eussent eu bon marché, s'ils l'eussent assailli, ID. VIII, B. Il XVI' s. Il feit marché avec luy qu'il l'enleveroit une nuict avtc son argent, amyot, P. Mm. 42. Il disoit que l'on n'avoit jamais bon marché d'une chose dont on se pouvoit bien passer, id. Cal. 10. Il me mect le marché au poing; que si je ne luy accorde ce qu'il demande, il est tout prest de quitter mon service, caiiloix, ix, 2. Pendant le marché [parlement] la ville se trouva saisie, mont. I, 28. C'est bien empirer mon marché, id. i, 33. Tenir un marché, id. i, 129. Pour nous estre desfaicts de la court et du marché, nous ne nous sommes pas desfaicts des principaux torments de nostre vie, ID. I, 294. Il n'aura jà bon marché qui ne le demande, cotgrave. A l'hostel priser, et au marché vendre, in. Les pardons y sont à trop bon marché, d'aob. Confessions de Sonet/ , ch. iv. Aubigné lui ouvrit [proposa] un marché auquel il obligeoit un million d'or vaillant pour faire deux flottes, lu. Mémoires, éd. LALANNE, p. 113,
— ÈTYM. Provenç. tnfrcaJ; espag. etportug.morcado; ital. mercato;du lat. mercalus, de merx, marchandise, par l'intermédiaire de mercari (voy. marchand).
2. MARCHE, ÉE (mar-ché, chée), jiori possède marcher. Piétiné, foulé avec les pieds. La terre à brique suffisamment raarchée reçoit d'autres préparations. Il Terme de danse. Deux pas marchés sur la pointe du pied.
t MARCHE-PALIER (mar-cho-pa-lic) , s. m. Marche qui forme le bord d'un palier d'escalier.
MARCHEPIED (mar-che-pié ; le d ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des mar-chepié-z élégants) , s. m. Il 1° Marche pour poser les pieds; degrés plus ou moins nombreux qui conduisent à une estrade. Le marchepied du trône, de l'autel. || Fig. Le ciel est mon trôneet la terre mon marcliepicd, skci, Bible, Isaie, Lxvi, 1. Le roi des rois, qui a le ciel pour dais et la terre pour marchepied, montesq. Lell. pers. fil. De son marchepied [de Dieu] sortaient des voix, des foudres et des éclairs, ciiateaub. Génie, i, i, 3. Jéhovah de la terre a consacré les cimes ; Elles sont de ses pas le divin marchepied, lamaht. Méd. ii, 25. Il 2" Escabeau à deux ou trois degrés dont on se sert pour atteindre à quelque chose. Il faut un marchepied pour atteindre à ce rayon de bibliothèque. Il 3* Petit meuble de salon, ordinairement rembourré, sur lequel on pose le pied quand on est assis. Il Terme de menuiserie. La maicbe la plus élevée d» l'estrade d'un lit, d'un trône, d'un autel, d'un confessionnal. Il 4° Marchepied de carrosse, la partie qui est devant le siège du c oclier et sur laquelle il met les pieds. || Espèce de degrés, ordinairement en fer, le plus souvent brisés de manière à se replier l'un sur l'autre, et servant à monter dans une voiture. Il S° Terme de marine. Cordage tendu de chaque cilté des vergues, pour servir d'appui aux pieds des matelots. Il Barres de bois, placées en travers dans le fond dos embarcations, pour offrir un appui aux pieds des nageurs [rameurs], || 6° Terme d'imprimerie. Espèce de pupitre cloué sur le plancher à l'endroit où lespiedsdel'imprimeurs'arrêtent lorsqu'il tire le barreau. || 7° Fig. Moyen de parvenir à quelque chose de plus élevé. Cette place lui aservi de marchepied pour arriver au ministère, ù pauvreté de Jésua.»
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fu es le sacré marchepied par où mon roi est allé à son trône, boss. Sermon pour uue profess. Jour de VÉpiphanie, 4. 1| 8° Petit chemin, moins large que le chemin de halage, et placé de l'autre côté dp la rivière. Aux termes d'une ordonnance de <CC9, titre 28, art. 7, les propriétiires des héritages aboutissant aux rivières navigables doivent laisser le long des bords 24 pieds au moins de place en largeur pour chemin royal et traits de chevaux du cc-té que les bateaux se tirent, et 10 pieds de l'autre bord; c'est ce dernier chemin que l'on désigne sous le nom de marchepied; l'autre est le chemin de halage, LEGOARANT. Il II 36 dit aussi pour chemin de halage. Recouvrement des deniers qui doivent provenir de la vente et aliénation des places et lieux dépendants des fortifications delà ville de Paris, quais et marchepieds des rivières, Arrêt du conseil, i " mars 1681. L'alluvion profite au propriétaire riverain... à la charge... de laisser le marchepied ou chemin de halage, Code Nap. art. B56.
— HlST. xiv s. Un couvertoir de conins [lapins], un marchepié, du cange, marchipes. || xv* s. [Un pavillon] estoit adossé par dedans d'un riche drap d'or noir, qui s'estendoit sur une chaire et faisoit le marchepied par tout le pavillon et jusque dehors plus de deux ausnes, o. de la MARCHE, .tfern. livre i, p. 317, dans lacihne. Les chambellans et les escuyers portent dans le verger, par ordre de la reine, les tappis et marchepiez pour l'assemblée qui devoit se tenir, Pcrcefor. t. zi, f° 34. Il XVI' s. Trente gentils-hommes qui se joignirent à lui, après avoir couru les murailles, firent marchepied de leurs chevaux pour les sauter, d'aub. Ilist. III, 64. Que les pretendans à la couronne trouvent tous les eschelons jusques au marchepied du throsne, et petits et aisez, mais que le dernier ne se pouvoit franchir pour sa hauteur, ID. th. m, 288. Aussi l'orgueil de Rome est à ce point levé, Que d'un prestre, tout roy, tout empereur bravé. Est marchepied fangeux : on void, sans qu'on s'estonne, La pantoufle crotter les fleurs de la couronne, K). Tragiques, Misères.
— Etym. if archer, et pied.
l.MARCHEU (mar-ché). || 1° Y. a. Fouler, pétrir avec les pieds. |! î" V. n. Mettre le pied sur. || 3° Se mouvoir à l'aide des pieds ou des pattes. || 4° Marcher, en termes de danse et d'escrime. 11 5° Marcher, en termes de manège. || S" Marcher, en termes de vénerie. || 7° Marcher, en termes de marine. Il 8° Marcher devant, précéder. |{ 9" S'avancer de quelque manière que ce soit, à pied, à cheval, en voiture. Il 10" Marcher à, s'avancer vers. || 11" Se mouvoir, en parlant des troupes. || 12° Il se dit de la minœuvre que fait un corps de troupes, un général. Il 13" Marcher sous, obéira un chef. || 14° Tenir un certain rang dans les cérémonies. || 1B° Employé empnatiquementpoiirleverbeétre. || 16° Faire un service, en parlant de voilure, de chemin de fer. Il 17° Il se dit des choses qui se meuvent. H 18° Fonctionner, en parlant d'un mécanisme. Il 19° Passer, en | arlant du temps. || 20° Aller selon un certain progrès en bien ou en mal, en parlant des personnes, il 21° Agir. || 22° Avoir un certain progrès en parlant des choses. || 23° Il se dit des choses auxquelles on prête un mouvement comme si elles étaient animées. || 24° Il se dit du progrès dans le développement d'une pièce de théâtre, d'un roman. || 25* En musique, il se dit de la succession des tons et des accords. H 26° Y marcher, être employé, en parlant des choses.
1° V. a. Pétrir avec les pieds l'argile qu'on a humectée (le sens le plus ancien du verbe marcher est presser du pied; il n'est resté que dans lo langage de certains métiers). || Donner une é«ale épaisseur à une feuille d'ouate, en passant dossus une espèce de cous>in. Il Terme de chapelier. Marcher l'étoffe d'un chapeau, la fouler avec les mains, la comprimer soit à froid, soit à chaud. || 2" V. n. Mettre le pied sur. Marcher sur le pavé, sur l'herbe. Il lui marche sur le pied. Prenez gardeoA vous marchej!. C'est sur mon corps sanglant qu'il lui faudra marcher, volt. Olymp. II, B. Il Fig. Il a marché sur quelque mauvaise lierbc. Sur quelle herbe a-t-il marché? vojt. herbe, n° ). Il Marcher sur lo.H («s, sur les traces dequelqu'un, le suivre de très-près. Allons, seigneur, marchons sur le» pas d'Hermione, bac. Andr. m, 6. Que faitesvous, madame, et d'où vient que ces lieux N'offrent point avec vous votre fille k mes yeux?... Ne peutelle à l'autel marcher que sur vos pas? id. Jph. iv, 3. Il Fig. Ainsi, de toute» parts, les plaisirs et la juie M'abandonnent, Zaïre, et marchent sur leurs pas [de Bajazet et de Koxane], bac. Baj. m, <.||Fig. Marcher sur les pas, sur les traces de quelqu'un,
l'imiter, suivre' ses exemples. Marchez donc sur ses pas [de Malherbe], aimez sa pureté, boil. Art p. i. Apprend-il à marcher sur les pas de son père ? dklille, Enéide, m. || Marcher sur les talons de quelqu'un, le suivre de trop près. ll Familièrement. Il marche, il est toujours sur mes talons, il m'importune en ne me quittant pas, 2>ic«. del'Acad. || Fig. et familièrement. Marcher sur les talons de quelqu'un, suivre quelqu'un de près pour l'âge, pour la fortune, pour les succès. Il Fig. Marcher sur des épines, être dans une conjoncture difficile. || Fig. Marcher sur des charbons ardents, passer vite sur un sujet délicat et dangereux. C'était marcher sur des charbons ardents, sur des rasoirs, que de traiter cette matière si adroitement et avec tant d'esprit, sÉv. B mars 1683. || Il ne faut pas lui marcher sur le pied, se dit d'un homme susceptible qu'il est dangereux de choquer. Quand j'étais jeune, il ne fallait pas me marcher sur le pied, non plus qu'à présent, DANCOURT, Vert galant, se. 3. ||Fig. et familièrement. Marcher sur, rencontrer à chaque pas. On marche sur les mauvais plaisants, et il pleut par tout pays de cette sorte d'insectes, la bruï. v. On ne marchait dans mon jeune temps que sur des métamorphoses, volt. Taureau blanc, 4.|| Fig. Marcher sur quelque chose, suivre une certaine indication. Tous vos amis avaient la complaisance de me dire que j'avais raison de vous souhaiter avec ardeur : voilà sur quoi je marchais, sÉv. 28 déc. 1673. Il Fig. Marcher sur quelque chose, en parler, s'en occuper. Mon Dieu I madame, marchons là-dessus, s'il vous plaît, avec beaucoup de retenue, mol. Comtesse, i.\\ Fig. et familièrement. Marcher sur les gens, n'en tenir aucun compte par fierté ou par dureté. Il 3° Se mouvoir à l'aide des pieds ou des pattes. Marcher à grands pas, à petits pas. Cet homme marche bien. Tous deux près de Galba marchaient d'un pas égal, cobn. Othon, v, 8. Il [un mulet] marchait d'un pas relevé. Et faisait sonner sa sonnette, LA FONT. Fabl. I, 4. L'arclier Voit le long d'un sillon une perdrix marcher, m. ib. vm, ii7. Vous marchez d'un tel pas qu'on a peine à vous suivre, mol. Tart. I, 1. J'ai vu les filles de Sion la tête levée, marchant d'un pas affecté, avec des contenances étudiées, boss. la Vallière. Illustre porte-croix, par qui notre bannière N'a jamais, en marchant, fait un pas en arrière, boil. Lutr. v. L'estropié marcha, l'aveugle ouvrit les yeux, id. Sat. xu. De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air. Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, id. ib. vm. Levez la tête; encor ; soyez droite; approchez; Fautil tendre toujours le dos quand vous marchez ? regnabd, le Distr. I, 4. Tel était vraisemblablement le sort d'un enfant d'environ dix ans, qui vivait parmi les ours, et qu'on trouva en 1604, dans les forêts qui confinent la Lilhuanie et la Russie ; il ne donnait aucune marque de raison, marchait sur ses pieds et sur ses mains, n'avait aucun langage et formait des sons qui ne ressemblaient en rien à ceux d'un homme, coNDiL. Traité sens, iv,7.|| Marcher tout seul, se dit d'un enfant qui commence à faire des pas sans aucune aide ou appui, jj Fig. Marcher tout seul, n'avoir pas besoin d'aide. Je ne trouve pas bon que vous me remerciiez de l'amitié que j'ai pour lui [mon médecin]; il marche tout seul, et n'a nul besoin de votre assistance, sÉv. 364. Il Familièrement. Marcher comme un Basque, comme un chat maigre, marcher fort vite. || Marcher à quatre pattes, marcher sur les mains et sur les pieds, à la manière des quadrupèdes. On n'a jamais emplojé tant d'esprit à vouloir nous rendre bêtes ; il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage [le Discours sur l'inégalité des conditions], VOLT. Lett.J.J. Rousseau, 30aoûti7r.6. Il Marcher à pas de loup, s'avancer avec précaution et sans faire de bruit. || Marcher à pas do tortue, marcher avec une excessive lenteur. || Marchera pas de géant, marcher en faisant de grandes enjambées; et fig. faire des progrès rapides. {| Fig. et dans un sens très-populaire. Faire marcher, mystifier (le sons intermédiaire est : faire faire une course inutile). Il Fig. Marcher entre des précipices, rencontrer de tous côtés des dangers. || On dit de même: marcher entre des écueils. L'intérêt et l'injustice, toujours mêlés trop avant dans les graniles affaiies du monde, font qu'on rn.irche parmi des écueils, BOSS. Houryomg. |{ Fig. Marcher sur le bord du précipice, être exposé aux tentations périlleuses, aux chutes, etc. Crois-lu que, toujours ferme au bord du précipice. Elle pourra marcher sans que le pied lui glisse? boil. Sat. x.jj Activement, en style poétique, marcher des pas, faire des pas. Je foule autant de çceurs que jo marche de
pas, BOTR. Si Genest, ii, 3. Ohl qu'ils boivent dans cette goutte [d'eau] L'oubli des pas qu'il faut marcher I LAMART. Joe. IX, 293. || On a dit, poétiquement aussi, marcher, en parlant des pas. Est-ce que vous pouvez, sans tristesse et sans plainte, Voir nos ombres flotter, où marchèrent nos pas'/ v.HUGO,Rat/o/!i et ombres, xxxiv. || 4° Terme de danse. Marcher, faire, dans le cours d'une danse, quelques pas qui ne sont que des pas de marche. || Terme d'escrime. Porter en avant le pied droit, puis le pied gauche, en gardant entre deux la même distance. || Marcher à grands pas, laisser un espace de huit pouces environ entre les pieds. [] Trop marcher, approcher de trop près de son adversaire, {j 5° Terme de manège. Marcher en avant se dit de l'action du cavalier pour déterminer un cheval à continuer sa même allure, quand il paraît vouloir la ralentir. || Marcher large, faire suivre le mur du manège au cheval. || Marcher de côté, se dit du cheval qui fuit le talon ou les jambes. 1| Marcher l'amble, prendre l'allure ainsi nommée. Plus.... mieuxle cheval marche l'amble, BUFF. Cheval. \\ 6° Terme de vénerie. On dit qu'un cerf marche bien quand le pied de derrière est bien placé sur le talon du pied de devant et que les allures sont bien croisées. || 7° Terme de marine. Faire du chemin. Ce vaisseau marche bien, marche mal. Il Marcher dans les eaux d'un autre vaisseau, faire même route que lui, passer incontinent après lui là où il a passé. || Fig. Marcher dans les eaux de quelqu'un, l'appuyer, le seconder. |1 Marche avecl commandement pour que les marins saisissent un cordage et produisent leur effort en marchant ensemble au pas. Il 8° Marcher devant, précéder. Il marchait devant, les autres suivaient. ]] Il se dit aussi de choses qui vont devant. Ce n'est pas sans raison que je fais marcher ces vers à la tête de l'Œdipe, puisqu'ils sont cause que je vous donne l'Œdipe, CORN. Œdipe, au lecteur. Dieu fait marcher l'épouvante devant eux, boss. Ilist. m, 7. Nos plus riches trésors marcheront devant nous [dans notre fuite vers un asile], rac. Esth. iil, 1 .Quel est ce glaive enfin qui marche devant eux [Éliacin et un autre] ? id. Athal. iv, 1. ]] Dans le langage biblique, il se dit de Dieu, à qui l'on prête des mouvements humains. Je marcherai devant toi dans les combats; à ton approche je mettrai les rois en fuite, BOSS. Louis de Bourbon. C'est lui [Dieu] qui, m'excitant à vous oser chercher, Devant moi, chère Esther, a bien voulu marcher, rac. Esth. i, ». Il 9° S'avancer de quelque manière que ce soit, à pied, à cheval, en voiture ou autrement. Cet homme marche toujours bien accompagné. Nous avons marché à la fraîcheur pour ne pas fatiguer nos chevaux. Marchez, courez, volez où l'honneur vous appelle, BOIL. Lutr. m. Debout, dit l'avarice, il est temps de marcher, id. Sat. vm. Voilà nos alliés, marchons de ce côté, bac. Mithr. i, 3. Quand on dit que Vénus, la déesse de la beauté, ne doit point marcher sans les Grâces, on dit une vérité charmante, VOLT. Dict. phil. Figure. Mme des Ursins avait marché toute la nuit; un profond silence régnait dans le carrosse ; elle ne pouvait se persuader ce qui lui arrivait, duclos, Louis XIV, Œuvres, t. V, p. 87. Il 10° Marcher à, s'avancer vers. Il marcha à la mort avec un grand courage. Et qu'élevé si haut, mais sur un précipice, S'il ne montait au trône, il [le duc de Guise] marchait au supplice, volt. Henr. m. Je refuserais pour mon gendre le plus riche p-irti de France, qui ne pourrait jnis prouver que ses ancêtres ont marché aux premières croisades, DESTouciiES, Fausse Agn. i, 1. 1| 11° Se mouvoir, en parlant des troupes. L'armée marchait en ordre de bataille. Pour assembler et faire marcher ces nobles régiments, sév. B58. Vitellius, quand il passa dans cette province [la Judée] pour porter hi guerre en Arabie, fit marcher ses troupes sans enseignes, boss. Ilist. 11, ». Intrépides soldats. Marchons en invoquant l'arbitre des combats, kkc. Athal. iv, 3. L'empereur lui-même, avant que le jour du i» octobre l'éclairé, sort de Moscou, il s'écrie : marchons sur Kalougha, et malheur à ceux i)Ui se trouveront sur mon pas.sage I sÉouR. Ilist. de Nap. vm, n. || En avant, marche, commandement à une troupe de se mettre en mouvement. || Marcher au pas, marcher en suivant la c-idence du pas militaire. Conscrits, au pas. Marchez au pas, HÉBANO. Vieux cap. \\ Ce régiment, ce corps marche, II fait la campagne. 1| Faire marcher, signifie quelquefois imposer un service militaire. On fit marcher la garde nationale. Ce n'est que dans les besoins pressants qu'on fait marcher lesesclaves, les étrangers établis dans l'Attique, et les citoyens les plus pauvres, barthél. Anarh.ch. lo |112°Ils9 dit de la manoeuvre que fait unjcorps de troupes, un