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«ràncral. M. de Turvnne nous icril qu'il esl sur le point de se déclarer pour le parti; qu'il n'y a plus bue deux colonels dans son armée qui lui fassent peine • qu'il s'en assurera d'une manière ou d autre irant qu'il soi'huil jours, et qu'à l'instant il marcherai nous, RETZ, Uim. t. 1, livre n, p. ï87 dans poucENS. Elle marche comme un général a la tcte d'une armée royale, boss. Jlfine iWngXtl. Marchons, et dans son sein renvoyons cette guerre Que sa fureur [de Romel envoie aux deux bouts de la terre, «AC. Jfi'/hr. m, 't. Babylone, seigneur, à son prince fidèle, Voyait, sans s'étonner, notre armée autour d'elle ; Les Persans rassemblés marchaient à son secours, ID. Ba;. I, 1.11 prit la résolution de marcher aux ennemis, iiAMii-T.Crnmm. 6. Solamir veut tenter le destin des batailles -Nous marcherons à lui, volt. Tancr. m, B. Le général Fairfaxne voulut point marcher contre l'Ecosse, ID. HftuTS, 481. Il 13» Marcher sous, se dit d'une troupe qui obéit à un chef. Sous ce chef redouté Marche des cuirassiers l'escadron indompté, Boii . tp. IV. Scssoldatsabattus, Ne marchant plus sous lui, semblaient déjà vaincus, yoLT.Henr. ix. Il Marcher sous les lois de, être soumis à. Sous les lois du plus jeune on vit marcher l'aîné, corn. JVi'com. II, 8. Dans un camp où tout vous est soumis.... Où je vois sous vos lois marcher la Grèce entière , rac. Jph. III, i. Ouoiqu'à regret, seigneur, ils [les janissaires] marchent sous ses lois [d'Amurat], iD. Baj. I, 4. Il 14" Tenir un certain rang dans les cérémonies. Les ducs et pairs marchaient anciennement dans l'ordre de leur réception. Il dira toujours qu'il marche après la maison régnante et, à force de le dire, il sera cru, labbuy. viii. || 15° Dans le style élevé ou poétique, il n'est quelquefois qu'une forme emphatique du verbe être. Mais en vain pour un temps une taxe l'exile [un partisan] ; On le verra bientôt, pompeux, en cette ville, Marcher encor chargé des dépouilles d'autrui, boil. Sat. i. Déserteur de leur loi [des Hébreux], j'approuvai l'entrepri'ie, Et par là de Baal méritai la prêtrise ; Par là je me rendis terrible à mon rival. Je ceignis la tiare et marchai son égal, kac. Ath. m, *. || 16° Faire un senice, en parlant de voiture, de chemin de fer. Cette voiture publique marche deux fois la semaine, La neige qui est tombée empêche le chemin de fer de marcher. || 17° Il se dit des choses qui se meuvent. Saturne est une des planètes qui marchent le plus lentement. Tel qu'à vagues épandues Marche un fleuve impérieux, De qui les neiges fondues Rendent le cours furieux, malii. ii, 2. Les rivières sont deschemins qui marchent, et qui portent où l'on veut *ller,PAscAL,Penî.vii,37,éd. havet. || 18- Marcher, se dit d'un mécanisme qui fonctionne. Le moulin ne marche pas. Une montre qui marche. Avec mon pistolet le cordon s'embarrasse, Fait marcher le déclin : le feu prend, le coup part, corn, ifent. ii, 6. || On l'a dit, par extension, du mouvement du pouls. Le fou sort de vos yeux pétillants et troublés, Votre pouls inégal marche à pas redoublés, boil. Ép. m. || Fig. Il faut prêter la main à un système, avant qu'il soit en état de marcher de lui-même, Lett. sur le nouv. tytt. de finances, dans desfontaines. I) 19° Il se dit du temps qui passe. Le tem;)s, qui toujours marche, avait pendant deux nuits Ëchancré, selon l'ordinaire, De l'astre au front d'argent la face circulaire, la font. Fahl. xi, 6. Que le temps qui s'enfuit marche à pas lents pour nous ! docis, Ifacbeth, m, i. Il 80* Fig. Aller selon un certain progrès, en bien ou en mal, en parlant des personnes. Nous marchons tous i la mort. Marcher hardiment à son but. Il marche au sacrilège avec impunité, volt. Sémir.y, 3. Richelieu, Mazarin, ministres immortels, ....Marcheront à grands pas au pouvoir despotique, ID. Benr. vu. En vérité, on marche de surprise en surprise, picabd, Capitaine Belronde, ii, 41. || S'avancer dans une certaine voie. Afin que nous marchions en assurance dans le chemin du salut, bourn*L. 7° dim. aprit la Ventée. Dominie. t. m, p. 62. La vieillesse chagrine incessamment amasse.... Marche en tous ses desseins d'un pas lent et glacé BOIL. Art p. ni. I.es peuples i l'envi marchent à U lumière, kac. Athal. m, 7.||4i. Apir. D'abord marcher sourdement et ne point troubler leur sincérité, moEH. Père de famille, iv, 4 3. || Marcher droit, élro irréprochable dans sa conduite ne pas commettre de faute. Vous derei marcher droit pour n'être pas berné, MOU Éc. (!<»/■. i, «.Avccquedon Bertrand il faut marcher bien droit, th. cohn. n. Bcrir de Cignrral, \, ». Marchez bien droit et bien sûrement, monseigneur, dans l'affaire de Urne de Mondourille, «AiNTEKOit, Utt. au tard, de Noatllrt 4ijanv. 470». Il Je le ferai marcher droit, je l'empêcherai de t'Acarier de son devoir. Il Marcher d'un
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même pas dans une a^'airo, agir de concert. [| Marcher à tâtons, marcher en aveugle dans une affaire, agir sans avoir les lumières nécessaires pour s'y bien conduire. C'est ain.si que nous vivons et que nous marchons en aveugles, ne sachant où nous allons, prenant pour mauvais ce qui est bon, prenant pour bon ce qui est mauvais, et toujours dans une entière ignorance, sév. à Bussy, 4B déc. )C83. Il Dans le langage biblique et élevé, marcher dans, suivre pour guide. Ils n'ont point gardé l'alliance faite avec Dieu, et n'ont point voulu marcher dans sa loi, saci. Bible, Psaume clxxvii, 40. Jenemarchepointdansdevastespensées, BOSS. jtfor.- Thér. 11 [Dieu] fait un nouveau pacte avec David, et s'oblige do le protéger lui et les rois ses descendants, s'ils marchent dans les préceptes qu'il leur a donnés par Moïse, lu. Hist. n, 4. Les fidèles alors y jouissaient de la paix, marchant dans la crainte du Seigneur et s'édifiant mutuellement, condillag, Ilist. anc. xv, b. Mais moi, fils du désert.... Sans crainte, sans remords, avec simplicité Je marche dans ma force et dans ma liberté, ducis, 0(/ie/to, u, 47. Il 22° U se dit des choses qui font un certain progrès en bien ou en mal. Les choses marchent vers une solution. Cet État marche à sa ruine. Ces deux affaires marchent de front. A l'instant le parti est pris [dans une affaire militaire] : il commande et il agit tout ensemble, et tout marche en concours et en sûreté, BOSS. Louis de Bourbon. La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie, boil. Art p. i. Le monde avec lenteur marche vers la sagesse, volt. Lois de Minos, m, B. Les devoirs et les affaires sérieiuses marchent avant tout, id. Lell. prince roy. de Prusse, t" janv. 4 739. Tel est l'arrêt du sort, tout marche à son déclin, delil. Gcorg. i. Il paraît que l'affaire marche à merveille, picard et mazères, ÏVois quartiers, I, 4 2. Il Cette affaire ne marche pas, elle ne fait aucun progrès vers une terminaison. || Absolument. Être en progrès. La civilisation marche. Le monde marche. || 23° Fig. Il se dit des choses auxquelles on prête un mouvement comme si elles étaient animées. La gloire que V. A. s'est acquise en cette dernière campagne marchera au premier rang des événements les plus illustres de notre siècle, arn. d'andilly, Lett. cxxiv. Que la crainte et la terreur marchent avec vous, montesq. Lett.pers.m. \\ Marcher ensemble, se dit de choses qui sont compatibles entre elles. Il est difficile d'être équitable et conquérant en même temps, et je vois bien que la vaillance et la justice sont deux vertus qui ne marchent guère ensemble, voit. Lett. 83. Il Ne pas marcher sans, en parlant des choses, être accompagné de. Les grands talents ne marchent point sans une forte inclination pour tout ce qui se rapporte à leur objet, mairan. Éloges, card. de Polignac. || 24° Fig. Il se dit du progrès dans le développement d'une pièce de théâtre, d'un roman, d'un écrit. Ce discours, ce poème marche bien. L'action de ce drame ne marche pas. Ainsi la tragédie agit, marche et s'explique, boil. Art p. m. Un poème excellent où tout marche et se suit, m. ib. Que l'action, marchant où la raison la guide, Ne se perde Jamais dans une scène vide, id. ib. Il Marcher, se dit du style dans un sens analogue. Vous écrivez comme un ange; je lis vos lettres avec admiration; cela marche, vous arrivez, sÉv. 4"déc. 4675. Le style [des cantiques]... qui marche par de vives et impétueuses saillies, affranchi des liaisons ordinaires... boss. Hist. ii, 3. Son style impétueux souvent marche au hasard, BOiL. Art p. m. Le vers, comme un torrent, en grondant doit marcher, du resnel, Harm. imitative. \\ Ces vers marchent bien, le mouvement en est facile. Il 25° Terme de musique. Se dit de la succession des sons et des accords qui se suivent dans un certain ordre. J'ai gardé toujours une affection tendre pour un certain air duCondifor aime siderumqui marche par ïambes, j. j. rouss. Confess. m. Il 26° Fig. et familièrement. Y marcher, se dit de choses qu'on emploie. Nous avons beaucoup de monde à dîner, il faut que toute la vaisselle y marche, que touslespouletsdelahassc-coury marchent. Vous êtes toujours trop regrettée et tendrement souhaitée dans cette petite chambre; le café y marche tous les matins, sÉv. 44 oct. 4688.'|| Quand l'argent marche, tout va bien. Quand on veut bien employer l'argent dans une affaire, elle réussit.
— REM. Corneille a dit : Va marcher sur leurs pas où l'honneur le convie, Cinna, i, 3. Voltaire a relevé cette locution : « On no dit pas plus allons marcher qu'allons aller ». Mais M. Gérusez objecte qu'on dit bien va courir, et que rien n'empêche de dire va marcher. Bérangcr n'a-t-il pas dit: Voir
c'est avoir; allons courir, Vie errante Est chose enivrante, ttohim.
— HIST. xu° s. Que li chevax marcha le fust Qui tenoit la porte de fer, chrestien de tboies, Cheval, au lion, v. 94». || xiii" s. Comme l'on plus marcoit la flor, Tant en issoit plus bone odor, Parlonop. V. 40833. La pucele velz [tu veux] alerquerre, Qui fut proiée en autre terre ; Ceste terre est molt convoitiée, Et sovent de gerre [guerre] marchiée, Flore et Blanchefl. p. 4 76, édit. du uêhil. Parla cheveçaille l'a pris, Come cil qui est d'ire espris; Contre terre l'a trebuchié, Sor le ventre li a marchié. Durement li foie lapance, Ren. 4692. Pour la maladie des vers garir (à vos iex [yeux] la veeiz, à vos piez la marchiez), la meilleur herbe qui soit elz quatre parties dou monde, ce est l'ermoize, bUteb. i, 2B7.|| xiv° s. Tantost que Jehan de Lorme oy la frainte et les marchies desdiz jeunes gens au dit jardin, du cange, marcherix. || xv' s. Lieve toi, alons nous esbatre, Marcir la rousée et abalre, Dont l'oudour est trop plus propisce. Et mieuls vault que de mille espices, froiss. Poésies mss. p. 35:1, dans lacurne. Siallay tout seul et ainsi Que l'ay de coustume, et aussi Merchai l'herbe poignant menue, A. CHART. le Livre des quatre dames, p. B94. L'un lui présente beaux moz plaisans et gracieux, l'autre lui marche dessus le pié ou lui estraint la main. Les 4 s joies de mariage, p. 49. || xvr s. Cinq ou six mil Suisses lora passèrent Devant le roi,marchans fiers soubz la picque, 1. mabot, v, 4 04. Voyre, et Dieu scet quant passoient par devant, S'iiz se marchoient fiers comme ung poursuyvant, id. ■ 4 02. Lequel [Cupidon] pour son devis Au point; tenoit un arc riche tendu, Le pied marché et le bras estendu, Prest de lascher une flèche aiguisée, marot, i, 4 70. Hz marchèrent incontinent en bataille le grand pas contre les barbares, amyot, Arist. 33. Et quand et quand feit marcher le reste desesgensle chemin de Platées, id. ib. 39. La tigre à qui on a dérobé les petits fants, ne la vipère estant marchée sur la queue, ne sont plus terribles qu'une femme offensée, yver, B69. Il marcha son armée en Lombardie, où il fit de braves gestes, carloix, i, 34. Depuis la feste Saint Martin jusques à la Notre Dame de mars [les pâturages] sont communs en la ditte chastellenie; et peuvent marcher et pasturer l'un dans l'autre, Cottst. génér. t. 11, p. 474.
— ÉTYM. Espagn. marchar; ital. marciare; allem. marschircn. Ces trois mots sont formés du français; mais d'où vient le français lui-même? Diez pense que marcher est proprement aller de marche en marche, et par conséquent il le fait venir de marche, frontière. D'autres l'ont tiré de mercari, commercer, à cause que le commerçant va de lieux en lieux; d'autres enfin, de l'ancien allemand marc/i, cheval. Tontes ces étymologies ont été mises à néant par Scheler , qui , à l'aide d'exemples du XII* siècle et du xiii" , a montré que le sens le plus ancien de marcher est presser avec le pied, mettre le pied sur. X co sens on ne peut arriver ni de marche, frontière, ni de mercari, ni de march. X la vérité, on adit marcher et marchir, comme le prouvent l'exemple du xiv* siècle [les marchies, les foulées, les pas], et celui deFroissart; et marchir, venant de marche, frontière, a signifié être avoisinant; mais ce n'est qu'une similitude fortuite. Allant plus loin, Scheler pense que marcher, presser du pied, et marc, résidu d'une chose pressée,[ont le même radical, et que ce radical est dans le latin marc-us, marc-ulus, marc-ellus, marteau (voy. à MARC 2 une autre conjecture). L'hypothèse qui rattache marcher et marc est certainement ingénieuse, probable même ; mais ce sera toujours unehypothèse, tant qu'on ne trouvera pas .soit dans marcher quelque sens positif qui se rapproche de marc, ou dans marc quelque spns qui se rapproche de marcher. En Normandie, on dit : marcher une terre, un bois, les parcourir en tous sens, afin d'en examiner l'état.
2. MARCHER (mar-cbé; l'r ne se prononce et ne se lie jamais), j. m. || 1° La manière dont on marche. Ne te donna-ton pas des avis, quand la cause Du marcher et du mouvement, Quand les esprits, le sentiment, Quand tout faillit en toi? la font. Fabl. viii, 4. Un rat des plus petits voyait un éléphant Des plusgros.et raillait le marcher un peu lent De la bote de haut parage, ID. Fab/. vin, 4 b. Ah I monsieur, c'est un spectre, je le reconnais au marcher, mol. Festin, v, b. Tous les marchers, toussers, cternuers, sont différents, PASC. Pens. xxv, 63, édit. iuvet. Les vieilles même, au marcher symétrique, Des ans tardifs ont oublié le poids, gresset, Yert-Vert, m. || 2° L'endroit où l'on marche, relativement au plus ou moins de facilité qu'on a d'y marcher. Comment le parluia
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des fleurs, le charme de la verdure, l'humide vapeur de la rosée, le marcher mol et doux sur la pelouse, enchanteront-ils les sens! ]. J. eouss. Emile, m. Nous avions sous nos pieds un marcher doux, commode et sec, id. Ilél. iv, <<.||3° Terme de chasse. Faux marcher, se dit de la biche qui biaise en marchant, et du cerf après qu'il a mis bas son bois.
— IIIST. XVI' s. Martius seul, ny en sa contenance, ny en son marcher, ny en son visage, ne se montra onques estonné ny ravalé de courage,
AMYOT, Cor. 32.
t M.4RCHETTE (mar-chè-t'), t. f. Terme d'oiseleur. Nom que les oiseleurs donnent au petit bâton qui soutient un piège et sur lequel les oiseaux ne peuvent marcher sans détendre la machine et sans se trouver pris.
— HIST. xvr s. Marchette [touche d'un orgue], OUDIN, Dict.
— ÊTYM. Diminutif de marche, degré.
MAKCHEUR, EUSE (mar-cheur, cheû-z') , i. m.
et f. Il 1° Celui, celle qui peut marcher beaucoup sans se fatiguer. Un bon marcheur. Un mauvais marcheur. Elle aimait assez à se promener avec moi , nous étions marcheurs l'un et l'autre, et l'entretien ne tarissait pas entre nous, j. j. fouss. Coiif. IX. Il i° Terme de marine. Grand marcheur, se dit d'un navire qui, avec la même voilure, gagne les autres de vitesse. On dit par opposition, mauvais marcheur. || 3° Double marcheur, nom vulgaire de l'amphisbène, serpent. || ^° S. f. Marcheuse, dans les ballets, femme qui figure sur la scène pour parader avec toute espèce de costumes. On appelle marcheuse à l'opéra une femme qui, ne sachant ni chanter ni danser , n'a jamais autre chose à faire qu'à se montrer, E. feydeau, Un début à l'opéra, ch. xiii. || B" Terme grossier. Femme qui appelle les passants à demi-voix, pour les engager à entrer chez les filles publiques. || 6° Adj. Marcheur, marcheuse, qui marche. Le régiment marcheur, polype aux mille pieds, v. hugo, Crép. 4. L'homme est un animal marcheur, et marcheur sur ses membres de derrière; tous les singes sont des animaux grimpeurs, quatrepages, Acad. des se. Comptes rendus, t. lxiv, p. 4229. jj Terme de zoologie. Se dit des oiseaux qui ont l'habitude de marcher, des reptiles batraciens qui marchent, et des insectes qui ne peuvent que marcher, qui n'ont point d'ailes. || Terme d'ornithologie. Pieds marcheurs, ceux dont les tibias sont couverts de chair et de plumes jusqu'à l'articulation du cou-de-pied, et ceux qui ont un doigt en arrière et trois en avant, dont les deux externes tiennent ensemble depuis la base jusqu'au delà de la moitié sans membrane interdigitale. || Terme de physiologie. La force marcheuse, la force employée pour effectuer la marche.
— ÊTYM. Marcher *.
t MARCHEUX (mar-cheû), s. m. Fosse dans laquelle on pétrit, avec lespleds, l'argile destinée à faire les briques. || Ouvrier qui exécute cette opération .
— ETYM. Marcher ).
t MARCHOIR (mar-choir), t. m. Atelier où l'on prépare la terre à briques.
— f.TYM. Marcher < .
t MARCIAGE (mar-si-a-j'), ». m. Droit qu'avait un seigneur de prendre, une année sur trois, la récolte entière des fruits que la terre produit naturellement, ou la moitié de ceux qui proviennent de la culture, Coust. gùnér. t. ii, p. 4H.
+ MARCIONISME (mar-si-o-ni-sm'), s. m. Doctrine des marcionites ; c'est la forme du gnosticisme se rapprochant le plus du christianisme.
t MARCIONITES (mar-si-o-ni-f), i. m. pi. Sectateurs de Marcion, hérésiarque du ii* siècle, qui admettait deux principes de toutes choses, l'un bon, l'autre mauvais, qui niait la résurrection des corps (la chair étant l'œuvre du mauvais principe), et qui soutenait que Jésus-Christ n'avait eu de cette chair que les apparences.
t MARCOLIÈRES (mar-ko-liè-r"), i. m. pi. Filets qu'on dresse la nuit pour prendre des oiseaux marins.
t MARCOSIENS(mar-ko-ziin),».»n.pJ, Hérétiques du II' s ècle, disciples d'un nommé Marc se ratiacliintà Valentin, et supposant le monde gouverné par d"s éons que la parole de Dieu avait produits.
t MARCOTTACK (mar-ko-ta-j'), i. m. Multiplication des végétaux par le moyen des marcollcs.
MARCOTTE (mar-ko-t"), ». f. Terme de jardin.igo. Branche tenant à l'arbre et couchée en terre «fln qu'elle produise des racines. || Il se dit aussi d'une racine à laquelle on fait pousser une tige, avant de la séparer de l'individu dont elle fait partie.
— HIST. XIV* s. Marcos, que l'en appelle planteys de vigne, du canoë, p/anfprium. || xvi* s. Il no pen-
sera qu'à choisir les bonnes races de raisins, planter les margoutes et les crossettes, les provigner, tailler, marrer.... o. de serres, 46. Plus profitent les chevelues ou saufellcs, ditesaussi margotes, que les maillots ou crocetes, pour l'avantage des racines qu'elles ont, id. 4 60. Plus s'avance la vigne par marquettes que par crocetes, id. i7».
— ÉTYM. Champ, et génev. margotte; ital. margotta ; dérivé, par un diminutif, du latin mergus, provin, de mer gère, plonger, parce qu'on enfonce la marcotte en terre.
MARCOTTÉ, ÉE (mar-ko-té, tée), port, passé de marcotter. Vne vigne marcottée.
MARCOTTER (mar-ko-té), v. a. Terme d'agriculture. Progager par marcottes. Marcotter des œillets.
— HIST. XVI' s. Le cep du quel on désire tirer de la race, est margotte , en tout ou en partie, c'est à dire préparé à donner des margoties ou chevelues, o. DE SERRES, (63. Pour faire mareoter ou cheveler la branche dans terre, id. 554.
— ÉTYM. Marcotte; génev. morpotter.
t MARUAÏTE (mar-da-i-f), s. m-Nom primitif de la nation du Liban chez laquelle s» répandirent lesdoctrines de Maron, et qui form* les Maronites.
MARUELLE (mar-dè-V), j. f. Vf>y. margelle.
\. MARDI (mar-di), s. m. Le troisième jour de la semaine (le dimanche enétantle premier). Venez me voir mardi. Cela arriva un mardi. J'y vais tous les mardis. || Mardi gras, le dernier jour du carnaval. Faire le mardi gras, son mardi gras, prendre part aux amusements de ce jour-là. Je commence ma lettre aujourd'hui, ma fille, jour de mardi gras, sÉv. 4 23. Il Mardi s'il fait chaud, se dit pour signifier qu'on ne tiendra rien de ce qu'on promet. Il Nous aurons mardi fusée, se dit en parlant d'une besogne qui se fait trop lentement.
— HIST. xii' s. Par un marsdi fu nez li sainz huem dunt vus di; Pur veir, de Normandie par marsdi s'en fui; E si passa la mer par un jur de marsdi ; Et trespassa d'essil par tel jur altresi ; Par marsdi ensement le martyre sufi^ri, Th.lemart. 4 68. Il XIII' s. Ilueques demeurai de lors jusque mardi, Berte, 1. 1| xvi' s. La royne voulut qu'il se fist à Fontainebleau un fo."t beau mardi grau de festins, mascarades, combats el tournois, BRANT. Cop./'r. t.iv, p. 20.
— ÊTYM. Bourguig. madi; provenç. dimars, dimartx; ital. martedi; du lat. Mars, Martis, Mars, et dies, jour.
t 2. MARDI (mar-di). Sorte de jurement que la comédie mettait dans la bouche des paysans. Eh mardi, mettez-moi cela dans un couvent, hauteroche. Bourg, 'de quai, ii, i . Par la mardi, je voudrais n'être plus affligé, quand cène serait que pour l'amour du souci que cela vous donne, mariv. Double inconst. ii, 6.
— ÊTYM. C'est sans doute une altération de mordi ou mordieu (voy. mordieu).
MARE (ma-r'), s. f. || 1° Petit amas d'eau dormante, naturel ou artificiel. Mener les bestiaux boire à la mare. |{ Par extension. Après avoir vu cette mare presque imperceptible pour eux [les deux géants de Sirius et de Saturne] qu'on nomme la Méditerranée, et cet autre petit étang qui, sous le nom de grand océan, entoure la taupinière, volt. Microm. 4. || Fig. et par exagération. Une mare de sang. Sur le lieu du meurtre il y avait une mare de sang. Il 2° Auge circulaire dans laquelle les olives sont écrasées par une meule.
— HIST. XIII' s. X une mare sunt venu, Gardent de loin, si unt veû Raines [grenouilles] qui furent ensamblées, marie, Fable 30. {| xv* ». Chascun se pare, Et vcult aller à la tentare, Et semblent bouhoureaux [canards] en mare, a. chart. Poés. p. 065. Il ivi' s. La mare est une large fosse, cavée en douce pente de tous costés, afin que le bestail y puisse descendre aisément; elle est enfoncée au milieu, toutesfols modérément, où l'eau des sources s'issemble avec celle de la pluie, o. db serres, 7H2.
— ÊTYM. Basse-.N'orm. moire ; bourg, maire; holland. mair, maar ; bas-lat. moro. D'après Diez, mara est une forme féminine du latin mare, mer, Isidore ayant, au vi* sifcle, dit : Omnis congregatio aquarum, sive sal.sx slnt, sive dulces sint, alJusivo marta nuncupantur.
— Rtym. Ijt. barbare mareare (voy. marEe).
\ MARfïAOE (ma-ré-a-j"), ». m. Terme de marine. Manière do louer des matelots pour tout un voyage, sans qu'on augmente leur salaire, si le voyage se prolonge plus qu'on n'avait pensé.
MARÉCAGE (ma-ré-ka-j'), ». m. Terrain où il y a des marais. F.llo |la grenouille] allégua pourtant les délices du bain, La curiosité, le plaisir du voyage, Cent raretés à voir le long du marécage.
LA FONT. Fabl. IV, 44. Laissez là ces mousquet» trop pesants pour vos bras ; Et, la faux à la main, parmi vos marécages. Allez couper vos joncs et presser vos laitages, boil. Ép. iv. Le pays est ordinairement plein de forêts; et, comme les hommes n'y ont point donné de cours aux eaux, il est rempli de marécages, où chaque troupe se cantonne et forme une petite nation, montesq. Esp. xviii, 40. Dans le genre des oiseaux de marécages, c'est au nouveau monde qu'appartiennent les plus grandes comme les plus nombreuses espèces, buff. Ois. t. XIV, p. 4 43. Les ponts de bois et les longues chaussées que, pour en approcher [de la Bérézina], il a fallu jeter sur les marécages qui la bordent, aboutissent à une ville nommée Borizof, ségur, Hist. de Nap. iv, 6. || Fig. J'ai mal aux genoux, aux épaules ; et je me sens encore si pleine de sérosités, que je crois qu'il faut sécher ces marécages [parties humides], sisv. e mai i076.
— HIST. xV s. Les premiers ne pussent avoir aidé ni conforté les derreniers, ni les derreniers, les premiers, pour les grands marrecages qu'ils avoient à passer, froiss. ii, ii, 74.
— ÉTYM. Bas-lat. marescagium (voy. mabais). SURÉCAGEDX, EUSE ( ma-ré-ka-jell, jeù-z'),
adj. Il 1° Qui est de la nature du marécage. La Hollande marécageuse et stérile en plus d'un canton, VOLT. Mœurs, 4»7. Le Batave à son tour par un art courageux Sut changer en jardins son sol marécageux, DELIU.E, Jardins, l. On a jeté quelques chaussées étroites sur ces champs boisés et marécageux ; elles y forment de longs défilés que Bagration défendit facilement contre le roi de Westphalie, séguh, Ilist. de Nap. iv, fl. ||Goût marécageux, le goût du gibier ou des poissons qui sentent le marécage. Il Air marécageux, air qui s'élève des marécages. Il 2" Qui habite les marécages. Animaux marécageux. Plantes marécageuses La gent marécageuse. Cent fort sotte et fort peureuse, S'alla cacher sous les eaux, la font. Fall. ui, 4.
— HIST. xvi' s. Les champs marescageux, qui sont trop abbruvez. Bien souvent à nos chiens ont fait perdre la trace, desportes. Cartels et masquarades, chasseurs, 6.
— ÊTYM. Marécage.
t MARÊCAGINE (ma-ré-ka-ji-n') , ». f. Nom vulgaire de la paludelle squarreuse, mousse, qui se trouve dans rF,urope borénie, legoarant.
MARËCUAL (ma-ré chai) , ». m. || 1° Artisan qui ferre les chevaux, et qui les traite quand ils sont malades. || On dit dans le mêmeseiiS : maréchal ferrant, maréchal vétérinaire. J'étais étonné qu'avant, vous les bêtes à cornes ne fussent que du ressort des bouchers, et que les chevaux n'eussent pour leurs Hippocrates que des maréchaux ferrants.... vous avez seul mis fin à cet opprobre si pernicieux, VOLT. Lett. Bnurgelat, 48 mars 1 775. || 2° Titre de divers officiers qui avaient soin des chevaux et des écuries. Dans l'origine, il n'y avait que deux maréchaux, ils n'étaient que les premiers écuyers sous les connétables. || Maréchal des écuries, celui qui était préposé aux écuries d'un prince ou d'une princesse. Je vis entrer chez moi Genson, le maréchal des écuries de la Dauphine, marmontel, Mém. v. Il 3° Titre d'une dignité qui n'était primitivement que celle d'un officier de cavalerie. || Maréchal de Malte, c'était la seconde dignité de l'ordre. || 4° Maréchal des logis, sous-officier des troupes à cheval. Le grade de maréchal do logis répond à celui do sergent dans l'infanterie. Maréchal des logis chef; ce grade répond à celui de sergent-major. Maupertuis était arrivé par les degrés de maréchal des logis des mousquetaires jusqu'à les commander en chef, st-sim. i, 23. || Majéchal des logis e.sl aussi le titre des officiers chargés de faire préparer les logements pour la cour en voyage. || 8' Maréchal de bataille, officier général dont les fonctions consistaient à ranger les troupe ; en bataille et à régler les postes. Il 6" Maréchal do camp, officier général dont le grade est immédiatement au-dessus de celui de colonel, et qui correspond à celui de général de brigade. || Anciennement, leur office était de marcher devant les armées, pour assurer la route et régler le camp. |{ 7" Maréchal do France, celui qui occupe le grailc le plus élevé et dont la fonction est do commander les armées. Les maréchaux de camp de l'armée du roi étaient nommés maréchaux de France pour les distinguer des maréchaux des autres seigneurs féodaux ; ces maréchaux de France furent naturellement élevés au-dessus de tous les autres maréchaux de camp, et, après la suppression do la dignité de connétable en 1027, ils eurent le premier rang dans l'armée ; un bâton est la marque
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dii'inctive de cette dignité; les fonctions de maréchal ne sont à vie que depuis François I"; au parvint elles étaient temporaires. Le maréchal de Crammont fut appelé, qui soutint les droits des maréchaux de Franco, SÊV. t34. Uevenons aux huit niaKchaui : eu «068 on en fit trois, et ce nombre étonna tout le monde; in voici huit qu'on vient de faire |à la mort de TurenneJ... pour peu qu'on augmente la première promotion qu'on en fera, ce seront vértUblement des maréchaux à la douzaine, BUSSï.dans ID. t. IV, p.8, éd. rêgn. Les maréchaux précédaient le roi, devant lequel on poriait un dais de brocard, maintenon, Lett.àM. de Villarceaux, -j.! août «««0. Les maréchaux de France étaient originairement les premiers écuyers du roi sous le connétable; mais leur dignité fut militaire avant la sienne, parce qu'ils devinrent lieutenants du sénéchal de France, chef des troupes, avant que le connétable eût succédé à la place et aux fonctions du sénéchal, dcclos, Hist. Louis II, Œuvr,t,t. ii, p. m, dans poi'gens. La dignité de maréchal de France n'était pas anciennement à vie, comme aujourd'hui; il n'y en avait d'abord que deux; il y en eut quatre sous Charles VII; on n'en trouve que trois au plus à la fois sous les règnes suivants, jusqu'à François I", qui en fit cinq, id. ib. p. )23. Chaque soldat a dans sa giberne le bâton de maréchal de France, Parole attribuée à Louis XVI II, pour exprimer que les hauts grades sont accessibles à tout le monde. || Maréchaux d'empire, nom donné sous le premier empire aux maréchaux de France. Il La femme d'un maréchal de France se nomme maréchale. Madame la maréchale. || Les maréchaux formaient autrefois un tribunal chargé de prononcer .sur les affaires d'honneur. Messieurs les maréchaux, dont j'ai commandement. Vous mandent de venir les trouver promptement, mol. Ifis. ii, 7. Il Par plaisanterie, une maréchale, une femme qui arrange une affaire d'honneur. Ses yeux et son rire [de Mme de la Boulaye] m'ont assuré qu'elle trouve cette petite affaire [la querelle de M. de l'.ussyet de M. de Roussillon] toute comme elle est; cela me mit dans la disposition de lui promettre ce qu'elle me demandait, qui est d'être la maréchale de France de cette querelle, sÉv. d Bussy, (9 août <88i. Il Prévôt des maréchaux, officier qui commandait, MUS l'autorité des maréchaux, une compagnie d'archers à cheval, pour la sûreté publique, dans les provinces. || 8* Titre de certains grands officiers en divers pays. Grand maréchal du palais. Le grand maréchal de Pologne. Maréchal de la diète. C'est an Anglais qu'on appelle milord maréchal tout court, parce qu'il était ci-devant grand maréchal d'Ecosse, VOLT. Lett. Urne Denis, 24 août )75i. Il 9* Nom qu'on donne, dans les environs de Niort, au rossignol de muraille.
— HIST. xiji' s. Touz les chevaus que il achatent muèrent avant le chief [le bout] de l'an; car il ne les sevent tenir ne garder; et aussi n'ont il nulz mareschaux, «abc pol, p. 6I6. Là se départi Joffrois li marcschaus de Cbampaigne, villeh. xx. Nus ne puet estro fevre à Paris, c'est à savoir marischax, que il n'achate le mestier du roi, Lit. des met. 44. Quant la court le roi fu joslée. Moult veîssiez bêle âssemblie. Les mareschaux ostex [hôtels, logis] li- Trer, Soliers et chambres délivrer, du cange, maretealei. Li quens [le comte] li done de sa terre les clés; Dorénavant sera sesavoés, Kt marechaus de sa terre clamés [nommé], ilutn, p. <68,dans nu cange, GUus. fr. Il XIV* s. Adont sor son cheval, est li enfes montez, Devant le marissal de l'ost s'en est aies, Baud. de Seb. viii, »ii.||xv*s. Kt esioient marecli.iux de l'ost d'Angleterre le comte de Northantonne et de Clocestre.... froiss. i, i, 84.||xvi*s. Y »-t-il un seul gouverneur de province ou mareschal de France qui doive ion avancement à un duel? k'abb. fom. 1, ». Madame la mareschale, id. ib. i, «». Chappin Vittelle, marescbal gênerai de cette armée, IP. Uiit. I, iM.ll repaist doux heures à Chastcau-neuf, là prend son marescbal des logis l'Espinopour guide, m. ib.u, i8s. Marescbal de camp, to. li. II, 44». Eau de marescbal (eau ferrée], paré, VI, «». Cesl arec un peu d'eau allumer plus de feu, comme bici le marescbal, charron, Sagettt, i, a.l!
— ÉTYM. Bourg, mairichau, maréchal ferrant; f\e»ri, marichau, marieha, tnsrttiau ,- Berry, mar^cltau, mahchaud; wallon, marihd; namur.'morecfcau ; Hâjnaut, mariiiiau , marteau , marichau ; provenç. mantteale, manescal; e»p. mariscal; iial! manitcallo; bas-latin, mnrfjrcoJcia; de l'anc. b»ut- •llem. maroA, cliBval, et »ca(c, celui qui «oigne. Remarquez que le celtique a aussi morch, cheral. Le mcrestalcus on eerriieur des cbevaui fut le ma-
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chai ferrant, et aussi, à l'origine, un domestique chargé du soin des chevaux. Klle (la reine Marcowèfe] lui confia la garde de ses meilleurs chevaux, et lui donna, parmi ses ilomestiques, le titre de mariskalk, comme on disait en langue tudesque, AUO. THIF.BBY, Uécits méroviiig. 6' récit. Cette dernière fonction est allée toujours s'agrandissant dans l'ordre militaire.
t MARÉCllALAT(a'a-ré-cha-la), s. m. Dignité, charge de maréchal.
t MARÉCHALE (ma-ré-cha-l'), s. f. Nom donné, dans les mines de la Loire, à la houille très-bitumineuse, de première qualité. Quant aux houilles grasses dites maréchales, plus fusibles, qui s'agglomèrent dans la combustion et forment voiite sous le vent du soufflet, elles sont surtout employées par les forgerons,PAYEN,Bet!.desDcua;-lfondes,l5 mars (864.
MARÉCIIALERIE (ma-ré-cha-le-rie), s. f. L'art du maréchal ferrant. || État et profession du maréchal. Il 1 itre de plusieurs ouvrages sur cet art.
— fLfi'M. Maréchal; viii\\.marihddège,marih(Hrèie. MARÉCIIACSSÉE (ma-ré-cho-sée), «. /'. || !• La
juridiction des maréchaux de Fiance (voy conné- TABLiE). Il II s'est ditde la dignité de maréchal. Pour Estrées... lui faire compliment sur sa marechaus sce, DUSSY, dans sÉv. t. vu, p. 167, éd. nÉCNiER. Il 2° Corps de gens à cheval qui veille à la sûreté publique. La maréchaussée reçut le nom de gendarmerie au commencement île la révolution. Il se berçait de ces flatteuses idées, quand la maréchaussée entra dans sa cliauibro, volt. Ingénu, 9.
— HIST. xu" s. Là ont ostex [logis] par la vile saisis, Mareschaussées [écuries] de chevaux establis, DU CANGE, mareschalcia. \\ xiv" s. Une mareschaussée [écurie] pour dix chevaux, id, ib. ||xv's. Si y abattirent plusieurs beaux hostels; et, par especial, ils abattirent les prisons du roi, que on appelle mareschaussées, FBOlss. II, II, no. ||xvi' s. La jurisdiclion des mareschaux de France est sur la table de marbre, dedans le palais de Paris, que l'on appelle la niareschaussiée, cabloix, v, 27. Le marescbal de Chaslilloii mourut; sa mareschaussée fut donnée au seigneur de Montmorency, M. du bellay, 75.
— ÉTYM. Bas-latin, marescalcia , demareicalcus, maréchal (voy. mabêchal).
MAIIÉE (ma-rée), s. f. || 1° Mouvement des eaux (le la mer qui, périodiquement et deux fois dans les vingt-quatre heures,s'ennent,montent et se répandent sur les rivages, pour se retirer ensuite et reprendre leur niveau moyen. Marée montante. Marée descendante. Chaque marée est d'environ douze heures, six heures pour monter et six pour descendre. La marée retarde chaque fois de trois quarts d'heure. L'heure de la marée. Dès l'antiquité, on avait remarqué que la marée est liée au mouvement de la lune; mais ce n'est que depuis Newton que l'on sait qu'elle dépend de la gravitation universelle et qu'on a pu en faire la théorie. Les vents et la marée secondèrent son impatience, iiamilt. Gram. tt. Mon père était exactement averti, toutes les marées, de ce qui se passait à Bordeaux, st-sim. 9, <to. La profondeur et la ligure des côtes, les vents et les courants altèrent tellement la hauteur des marées, qu'il n'y a peut-être pas deux endroits sur la terre où elle soit eiaclemont la même, d'alemb. Introd. précess. équin. Œuvres, t. XIV, p. 46, dans pougens. Plus une mer est vaste, plus les phénomènes des marées doivent être sensibles, dans une masse fluide, les impressions que reçoit chaque molécule se communiquant à la masse entière: c'est par là que l'action du soleil, qui est insensible sur une molécule isolée, produit sur l'océan des effets remarquables, laplace, lirp. IV, 4 1 . Les marées sont l'effet de l'attraction exercée par le soleil, et surtout par la lune, à cause de sa proximité, sur les eaux dont la mobilité leur permet d'obéir à cette force en s'élevant dans certaines parties, ce qui leur fait abandonner les rivages, qu'elles recouvrent ensuite, lorsque la terre, par sa rotation continuelle, présente d'autres parties à l'action des corps célestes, legoabant. 0 llols, que vous savez de lugubres histoires 1.... Vous vous les racontez en montant les marées, Et c'est ce qui vous fait ces voix dé.sespérées. Que vous avez le soir quand vous venez vers nous! v. huco, /layons et ombres, Occano nox. || Grande marée, marée considérable qui arrive à l'épociue des syzygies. (| X mi-marée, environ trois heures avant la pleine ou la basse mer. |( Prendre la marée, prendre le temps où la marée est favorable, pour entrer dans un port ou pour en gorlir. || La marée monte, le flot arrive. || Fig. LaQiaréemoiite,c'est-à-dire la colère, la mauvaise humeur éclate. Le compliment fut d'abord fraîchement
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reçu; incontinent après la marée monta, et voilà la duchesse du Maine aux reproches, st-sim. 268, 2U.
I Avoir vent et marée; aller contre vent et marée, voy. VENT. Il 2" Poisson de mer qui n'est pas salé. La marée arrive cependant de tous côtés; on cherche Vatel pour la distribuer; on va à sa chambre, on heurte, on enfonce la porte, on le trouve noyé dans Kon sang, sÉv. 47. Toi, volui)tueux Parisien, qui n'as jamais fait d'autre grand voyage que celui de Dieppe pour y manger de la marée fraîche, volt. Diet. phil. Patrie. || Odeur de marée, odeur assez désagréable qu'a le poisson en masse, même frais.
II Populairement. Arriver comme marée en carême, arrivera propos (voy. cependant MABS et cabème). Il Terme d'ancienne législation. Chambre de la marée, juridiction qui connaissait des affaires civiles et criminelles relatives au commerce du poisson. 1 1 3° Marée se dit populairement d'un liquide répandu ou qui coule. La cuve est percée et laisse échapper une marée de lessive. Le chien a pissé une grande marée contre la porte.
— HIST. xiii' s. Quiconques ameine poisson de mer à Paris de deus marées, il pert le poisson toutes les fois qu'il en seroit repris, Liv. des met. 270. I) xiv's. Ainsi Sainte-Seveie fu prise et conquestée; De biefs et de bon vin y ot grande marée [abondance], Guescl. 20393.(1 XV' s. Et vinrent de celte marée la première nuit gésir devant Gravesainde; l'endemain et la tierce marée ils nagèrent tant par mer qu'ils virent Flandre, fboiss. i, i, 68. Si ils [les pêcheurs] se guerroyoient, on n'auroit point de marée, ni nul n'oseroit aller pescher, si il n'esfoit conduit et gardé de gens d'armes, id. ii, m, 45. Rocepte des caves deues au roy, c'est assavoir que chascun pescheur doivent au seigneur en saison de caresme une marée, du cange, maretinium. |j xvi's. Pour aller à Anver quérir la charge de deux chevaulx de marée, cabloix, vi, 4I. Et ayant fait voile avec vent et marée, fort à gré , nous vinsmes surgir en moins do dix heures à Douvres, id. viii, 30. Ainsi se forgea cette infinie marée d'hommes qui s'escoula en Italie sous Brennus et aullres, n:ont. m, 98.
— ÉTYM. Marée tient à une forme barbare mareare, mariare, na\iguer, qu'on trouve dans du Cange, et qui vient de mare, la mer.
t MARÉGRAPUE (ma-ré-gra-r), s. m. Insirument destiné à l'observation précise des marées; le flotet le jusant y tracent, par l'intermédiaire d'un flotteur, une courbe représentative de l'amplitudedes marées sur un papier sans fin qui se déroule par un mouvement d'horlogerie. || On dit aussi raaréographe.
— ETYM. Marée, et -cpâyciv, décrire.
MARELLE (ma- rè-l'), s. /'. || 1» Anciennement.
Table carrée sur laquelle des lignes partant des angles ou du njilieu de chaque côté et se réunissant au centre, indiquaient la place que devaient occuper et la route que pouvaient suivre les marelles ou méreaux, de labobdi;. Émaux, p. 381. Il Jeu qui se jouait sur cette table. i| Nom des jetons employés à ce jeu (voy.MÉREAL). |( 2' Nom d'un jeu qui se joue avec les pions et aussi avec de petits cailloux de diverses couleurs ; il consiste en une figure formée d'un grand carré, plus un carré plus petit renfermé dans le précédent, plus un petit carré qui occupe le centre de ce dernier; une ligne partant du milieu de chacun des côtés du grand carré vient s» terminer aux côtés du troisième et petit carré; cette figure est traci'e sur un carton ; quelquefois les enfants la tracent sur le sable ou sur une pierre. Le jeu de la marelle consiste à aligner sur une seule ligne les trois pions. || 3- Par assimilation défigure. Jeu d'enfants, fait en manière d'échelle, avec de la craie, où les joueurs, marchant à cloche-pied, poussent du pied qui saute un petit palet dans chaque espace de l'échelle. || La figure même qui est tracée sur le sol.
— REM. On disait autrefois mérelle.
— HIST. XV* s. Jehan Aysuies, qui avoit joué aux marelles à six Ubles, appelé le jeu de Saint Marry, de lauobde. Émaux, p. 38i.
— ETYM. Ainsi dite du mareoM,oum^«a«, ou mrfref, palet (voy. mEbeau). Dans plusieurs provinces on dil marène, par une fau.sse assimilation avec inarratnf.
t MAREMMAT10UE(ma-ro-mma-ti-k'),O(/j. Qui tient de la maremme. Fièvres maremmatiques.
t MAREMME (ma-rè-m'), s. f. Nom donné, dans l'Italie centrale, à des terrains situés sur le bord de la mer, inhabitables en été par suile dos émanation.'! délétères qu'exhale le sol, tandis qu'en hiver ce sont de riches prairies où le bétail trouve une abondante nourriture. D'octobre en mai, descendent de robustes montagnards qui conduisent leurs troupeaux dans la maremme ou dans la campagne da
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Home, pour les ramener l'été sur les hauteurs, mr.HCLET, llist. romaine, ch. 2.
— ÊTYM. Ital. maremma, du lat. maritima, terre sur le bord la mer. On nomme dans le Poitou, dit du Cange, marmne, le littoral sur lequel existent des marais salants.
t MAUEXGO (ma-rin-go). || 1° S. f. Terme de cuisine. Â la marengo, manière d'accommoder la volaille en la dépeçant, la faisant saisir par un feu ardent, et achevant de la cuire avec des champignons et de l'huile d'olive. Poulet i. la marengo. Hier j'ai manqué une marengo et roussi une béchamel, SCRIBE et MAZÈBES, Vatsl, sc. 4. || {| i'Adj. m. Brun marengo ou, substantivement, le marengo. Couleur brune mêlée de petits points blancs semblables à de la poussière. Un habit de drap marengo. Une redingote brun marengo.
— ÊTYM. L'étymologie est que Bonaparte mangea, dit-on, un poulet arrangé de cette façon à la bataille de Marengo. Des dénominations tirées de batailles ne sont pas rares; comparez steinkerque.
I MARÉOGUAPUE (ma-ré-ogra-f), t. m. Voy.
MARÉGHAPHE.
t MARÉOMËTRE (ma-ré-o-mè-tr'), t. m. Synonyme de marégraphe.
t MABETON (ma-re-ton), ». n». Espèce de canard, dans quelques nrovinces.
t MAREYEUK (ma-rè-ieur), *. m. Marchand de marée, de poisson de mer. Et lorsqu'ils en prenaient [du hareng] plus que les Polletais n'en pouvaient consommer, ils le vendaient aux mareyeurs, qui le laissaient à Pans,Rouen, etc.Jf^moirc imprimé sur une demande dei pêcheurs de Dieppe, <6....
— ÊTYM. Marée.
t MAUFIL (mar-fil), s. m. Voy. morfil.
t MAllTORE(mar-fo-r') ou MARFORIO ou MAR- PUORIO (mar-fo-ri-o), s. m. Voy. pasquin.
— ÈTVM. Le nom de Marforio vient de ce que cette statue fut trouvée au pied du vieux Capitole sur le forum Martis; c'est probablement le génie du Rhin, faisant autrefois partie d'un groupe, et qui fut placé sous les pieds du cheval de Domitien,
LEGOAHANT.
t SIARFOCRÉ (mar-fou-ré), s. m. Un des noms de l'elléburc fétide.
t MARGAIGNON (mar-ghè-gnon) ou MARGAI- NOX (mar-ghè-non), s. m. Nom que porte en Languedoc une variété d'anguille à tête très-petite et appelée aussi anguille mile, lgcoarant.
— ÉTYM. Ce mot parait vouloir dire mauvais chien, de mar, mauvais, et gaignon, chien.
f MARUAJAT (mar-ga-ja), s. m. \\ 1° Nom donné à certaines peuplades du Brésil, bichelet. {| Parler margajat, s'est dit pour parler un langage inintelligible. Le vielleux n'entendait non plus que s il eût parlé margajat, Francion, dans le roux, Dict. com. Il 2" Fig. Un galopin. De voir un margajat fagotté comme tous, «ouhsault. Fables d'Ésope, ii, 6. Qu'en voulez-vous conclure [deux vieux cardinaux et deux petits coquins se rencontrant mourants de faim dans une forêt] ? — Ce que ces deux cardinau» et les deux margajats en conclurent, que dans tous les cas pareils il faut s'entr'aider, volt. Z>ioi. xxiv,7.
— Ktvji. Margajat, espèce d'Indien, oudin, Dict. t MARGANATiyUE (mar-ga-na-ti-k'), odj. Voy.
HORGANATIQUE.
fMARGARAMIDE (mar-ga-ra-mi-d"), *. f. Terme de chimie. Produit qui naît par l'action de l'ammoniaque anhydre sur la margarine.
t MARGAKATE (mar-ga-ra-f) , 1. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide margarique avec mie base, et qui est un véritable savon.
t MARGARINE (mar-ga-ri-n'),». f. 'ferme de chinji''. Nom donné [mu Chevreul à la combinaison nitu.flle d'acide margariquo et do glycérine, qui tonne la plus grande partie de 1& portion concrète des huiles gra.sses.
— ÊTYM. Voy. HAROARtOUK.
t MARGARI.VO SULFURiyOE ( mar-ga-ri-no-»ulfu-ri-k') ou SUI-IO-MARGARIOUE (sul-fo-mâr-gari-k'j, ad). Acide margarino-sulfurique, corps obtenu en mébingcant l'huile d'olive avec la moitié de son poids d'aciilc sulfurique par petites portions.
t .MAR(iARI(.iLE (mar-^a-ri-k'), adj. m. Terme de chimie. Acide margarique, acide qu'on obtient en traitant la graisse par un alcali.
— ETYM. Mâpfapov, blanc do perle (voy. iiabodebite).
t MARGARITACË, ÉE (mar-ga-ri-ta-sé, »ée),ad;. Terme de zoologie. Coquilles margariUcées, coquilles qui produisent des perles.
— ETYM. Margarilt.
t MABGARITATK (mar-ga-ri-U-f), ». m. Tonne
de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide margaritique avec une base.
t MARGARITE (mar-ga-ri-f), s. m. Terme de conchyliologie. Sous-genre d'avicules dont l'espèce principale fournit les perles. || Terme de minéralogie. Pierre d'un blanc argentin, qui a été nommée mica nacré.
— ÊTYM. Lat. morgan'fa, perle (voy. marguerite). t MARGARITIFÈRE (mar-ga-ri-ti-fô-r'),a(lj.Terme
de zoologie. Qui produit des perles. || Qui porte des taches blanches imitant des perles.
— ÉTYM. Lat. margarita, perle, et ferre, porter, t RLARGARITIQUE (mar-ga-ri-ti-k'), adj. Terme
de chimie. Acide margaritique, acide qu'on obtient par la distillation de l'huile de ricin.
t SIARGARO'ÏDES (mar-ga-ro-i-d'}, adj. Qui a l'aspect de la margarine.
t SIARGARONE (mar-ga-ro-n'), s. f. Terme de chimie. Produit solide qui se forme pendant la distillation sèche de l'acide margarique et du margarate de chaux.
t M.\RGASON (mar-ga-zon), i. m. Terme des forges catalanes. Mortaise où se place le manche d'un marteau.
t MARGATE (mar-ga-f), *. f. Voy. moroatb.
MARGAY (mar-ghè), s. m. Terme d'histoire naturelle. Espèce de chat sauvage de l'Amérique méridionale, aussi appelé chat tigre, felis ligrina, Gmclin.
MARGE (mar-j'), s. f. || 1° Le blanc qui est autour d'une page écrite ou imprimée, et principalement le blanc qui, dans chaque feuillet, est à droite du recto et à gauche du verso. On a trop rogné les marges. Us mettent en marge, par forme d'éclaircissement, que.... noss. Var. 4. Il [DupleixJ est le premier historien qui ait cité en marge sps autorités, précaution absolument nécessaire, quand on n'écrit pas l'histoire de son temps, à moins qu'on ne s'en tienne aux faits connus , volt. Louis XIV, Écrivains. M. de Torcy fut le premier qui m'apprit, par une seule ligne en marge de mes questions, que Louis XIV n'eut jamais de part à ce fameux testament du roi d'Espagne, Charles II, qui changea la face de l'Europe, id. Vict. phil. ana, anecdotes. On lui reprochait [à Mme des Ursins] d'avoir épousé secrètement un Français attaché à elle nommé d'Aubigni; elle écrivit en marge: pour épousé, non, in. Mél. litt. Mém. de Noailks. || Kig. et familièrement. Avoir de la marge, avoir plus de temps ou plus de moyens qu'il n'en faut. || On dit dans le même sens ; donner, laisser de la marge. Il 2'' Terme d'imprimerie. Feuille collée sur le tympan et sur laquelle on compassé exactement les feuilles à imprimer. (|. 3° Terme de ta, Ile-douce. Feuille de papier qui se met sous la planche de cuivre, pour servir à marger l'estampe. || 4^ En général, bord. Les marges d'un chemin. || Le bord, le pourtour d'un orifice quelconque. || Terme de botanique. Bordure qui entoure le thalle des lichens. Il 'ierme d'anatomie. Marge articulaire, portion osseuse comprise entre la surface articulaire et le point d'attache du ligament capsulaire. On dit dans le même langage : la marge de l'anus.
— HIST. xiii* s. Tu troveras un en le [la] sonestre marce du calendrier, Comput, t. 9. {| xvi' s. Quand les marges ou bords des cavités sont rompues, s'ensuit pareillement facile luxation, paré, XIV, 3. Sans les vouloir marquer par annotation au marge, afin d'éviter telle importune reditte, o. de SERRES, ooa. Il mettoit au marge de son livre.... mont. II, 348. J'ay accoustumé les grands qui me cognoissent , à y supporter [ dans mes lettres ] des litures et des trasseures, et un papier sans plieure et sans marge, m. i, 293. Elles ont esté imprimées en grande marge, que l'on appelle eu fueille, ou bien in folio, pour parler selon les imprimeurs et libraires, LA CROIX du haine, Bibl.
p. 4)3, dans LACURWR.
— ÉTYM. Provenç. marge, s. m., et margua, s.f.; catal. marge; espagn. »iiarg«n; ital. mcrgiiu;Aa lat. marginem, bord, rebord, et, par exlonsion, marge. Margo parait le même que le germanique Mark, frontière (voy. UAnciiE <).
MARGP. t.R (mar-jé, jéej ,parl.p(M(^ de marger. Feuilles margées.
HARGELLK (mar-jè-l'), ». f. La pierre percée ou l'assise de pierres qui forme le rebord d'un puils. I.a margelle d'un puits.
— IIIST. xvi* s. Margelle, cotorav».
— ÉTYM. Diminutif de marge; Berry, mardelle.
t HARGEOIR (mar-joir), ». m. Platjuo de fonte
3ui sert i boucher les deux soupiraux dans un four e fusion destiné à la fabrication des glaces.
MARGER (mar-jé. Le g prend un I devant o et o ; margeant, margeons), v. n. || !• Terme d'imprimerie. Placer les feuilles à imprimer de manière qu'elles couvrent exactement celle qui est collée sur le tympan, et qu'on appelle la marge. || 2" Terme de verrier. Boucher avec des plaques de tôle, entourées de terre glaise, tous les orifices de la carquaise dans laquelle ont été placées les glacei d'une coulée.
— ÉTYM. Marge.
t MARGEUR (mar-jeur) , s. m. \\ 1" Terme d'imprimerie. Ouvrier dont le travail consiste, dans uns presse mécanique, à prendre, en une certaine provision de papier blanc qu'il a à côté de lui, le papier feuille à feuille, à le faire descendre, et à le faire entrer isolément dans les cordons de la machine. Il 11 se dit aussi d'un plan supérieur incliné à l'horizon, où se fait latéralement le service de la machine, et sur lequel les feuilles sont posées l'une après l'autre à la main, dans une presse mécanique. Il Adj. Rubans margeurs, rubans à circuits rentrants et sans fin, corr«spondant respectivement aux diverses marges du papier ou de la forme dans les presses mécaniques. || 2° Ouvrier qui scelle les margeoirs.
— ÉTYM. Marge.
t MARGINAIRE (mar-j i-nê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui tient à la marge, au bord. Il Terme de botanique. Cloisons marginaires, celles qui sont formées par le bord des valves rentrant dans l'intérieur du péricarpe, et allant se joindre à l'axe réel ou imaginaire (Mirbel).
— ÉTYM. Marge.
MARGINAL, ALE (mar-ji-nal,na-l'), adj. || 1° Qui est en marge. Des avis, des astérisques marginaux. Cet ordre de pasteurs doit durer pour l'assemblage des saints et pour l'édification du corps de Christ, c'est-à-dire, selon la note marginale de la Bible de Genève, pour l'entier assortiment de ce corps, fén. t. n, p. 6». 112° Terme d'histoire naturelle. Oui est placé sur le bord d'un orifice quelconque. Appendices marginaux. Dépression marginale. Strie marginale.
— ÉTYM. Marge.
t MARGINATURE (mar-ji-na-tu-r'J, ». f. Terme de botanique. Ce qui a rapport aux bords d'une partie d'un végétal.
— ÉTYM. Marginer.
MARGINÉ, ÉE (mar-ji-né, née), part, passé de marginer. |] 1° Qui porte en marge quelque chose.. J'en ai sous les yeux un exemplaire [de la Recherche delà vérité, par Malebranche] marpinéde ma main, il y a près de quinze ans, volt. LcII. Prévost, juin I73K. Il 2° Terme d'histoire naturelle. Qui a une bordure, qui est muni d'un bord. Graines niarginées. Il Se dit aussi d'une partie dont les bords sont d'une autre nature que la partie moyenne.
t MARGINELLE (mai-ii-nè-l') , ». f. Terme de zoologie. Genre de coquilles univalvcs (famille des coluinellaires).
MARGINER (mar-ji-né), v. a. Annoter à la marge. Si mes respectables et bons confrères [de l'Académie française] veulent continuer à me marginer [il s'agit du Commentaire sur Corneille], tout ira bien, volt. Lett. Duclos, )4 sept. 470(.
— ÉTYM. Marge.
t MARGINICOLLE (mar-ji-ni-ko-i') , adj. Terme de zoologie. Qui a le cou ou le corselet entouré d'un bord autrement coloré.
— ÉTYM. Marge, et col.
t MARGINIFORME (mar-ji-ni-for-m'), ad;. Terme didactique. Oui ressemble à une bordure.
— ÉTYM. Marge, et forme.
t MAROINIPENNE (niar-ji-nipè-n'), adj. Termo do zoologie. Oui a les ailes bordées.
— ÊTY.M. Marge, et penne.
t MARGOT (mar-go), ». f. || !• Diminutif tr^sfamilier de Marguerite. lii croissait à plaisir l'oseille et la laitue, De quoi faire à Margot pour sa fête un bouquet, la kont. Fabl. iv, a. || 2° Nom vulgaire de la pie. Une margot. L'aigle, reine des airs, avec margot la pie.... Traversaient un bout de prairie, la pont. Fabl. xu,U.\\ fig. Femme bavarde. Il 3* Nom donné à une société d'aventuriers qui ravagèrent la France au moyen âge. Societa^ dicta la margot, nu canok, margot. || 4* Terme do trictrac. Margot la fendue, voy. ienuu.
— HIST. xvi's. La grande jument margot qui se bride par la queue, cutgrave.
t MiVRGOTAS (mar-go-t.l), S. f. Sorte de bateau marnais, carré par devant et pointu par derrière. Pour un couplage de margotas, chargé de foin, est dû )6 livre» 17 sous i deniers; pour un bateau île 7 toises et au-dessus.... Déclaration '^i oc(obrei7t5.
Tarif. Pour une margotas chargée de plusieurs sortes de marchandises.... «6.
t MARGOTLN (mar-go-tin) , *. m. Sorte de petit fagot de menues branches préparé pour allumer le feu. Il Assemblage de deux ou trois crins tordus, dont on fait des lignes pour la pêche.
jTYM . Probablement marcotte, par assimilation.
f HARGOTON (mar-go-ton), s. f. Nom de femme, diminutif de Margot, et pris presque toujours en mauvaise part. Une Margoton.
t MARCOTTER (mar-go-té), t. a. Terme de chasse. On dit des cailles qu'elles margottent pour signifier un certain cri qu'elles font ayant que de chanter.
fMARGOUILLET ( mar-gou-llè , H mouillées), ». m. Terme de marine. Sorte d'anneau employé pour diriger de petites manœuvres qui descendent sur le pont. Il Entaille à margouillet, celle que les charpentiers font moins profonde au milieu qu'aux extrémités.
HARGOUILLIS (mar-gou-llî , Il mouillées, et non mar-gou-yi), ». m. Terme familier. Lieu plein de boue et d'ordure. Mettre* le pied dans le margouillis. Méchant ruisseau ou margouillis, pellisson, Lett. hist. t. II, p. 89, dans lacurne. || Fig. Metlre ou laisser quelqu'un dans le margouillis, le mettre ou le laisser dans l'embarras. La pauvre philosophie se trouverait une seconde fois dans le margouillis dont Dieu et vous la vouliez préserver, d'alemb. Lett. à Fo;»aire,»juill.<764.|) Mélange malpropre de sauces, de potages et autres mets analogues. Sancho était assez embarrassé à se défaire des margouillis qu'il avait avalés. Bon Quic/ioMe, dans LEROux,fltc(. com.
— HIST. xvf s. Margouillis, oudin, Curios. franc.
— ÉTYM. Langued. margoulhar, tremper dans l'eau, margoulhit, bourbier. Il y avait dans l'ancien français un verbe marguiller, margoiller : xii* s. [Ils] espristrent de fu [feu] le tuen saintuarie; en terre merguillerent le tabernacle del tuen num,
Ii^er pîa;m. p. 98. || xiv s Sur mon pis Se mist
l'orde vieille puant.... Trop fort me prinst à margoillier, bruyant, dans Ménagier, t. ii, p. 5. Merguiller, marjoiUier a sans doute pour racine le baslatin margila, dérivé du latin marga, marne (voy. ce mot). Margouillis tient à merguiller.
t MARGOi;LETTE(mar-gou-lè-t'),s. f Terme populaire. Lamicboire, je te casserai la margoulette.
— ETYM. Norm. margo«!e((e, bouche sale, de mar, pour mal, et goulette, dimin. de goule, gueule.
t MARGOUSIEIl (mar-gou-zié), ». m. Nom vulgaire du melia a:edarae, L. dit aussi faux sycomore, arbre sain, lilas des Indes, lilas de la Chine, arbre à chapelet.
HARGRAVE (mar-gra-v'), ». m. || 1° Nom donné autrefois à quelques princes souverains d'Allemagne. Le duché de Bade a eu pour chef un margrave. Il 2' En parlant de la femme d'un margrave, on dit madame la margrave.
— ÉTYM. Allem. Mark-graf, de Mark, marche, frontière, et Grnf, comte.
t MARGRAVLAL, ALE (mar-gra-vi-al, a-r),orfj. Qui appartient aux margraves. Branche margraviale.
MARGRAVIAT [mar-gra-vi-a; le t ne se lie pas), ». m. État, dignité, seigneurie d'un margrave. || Margraviat oriental, dénomination primitive de l'Autriche, en qualité de duché dépendant de l'Empire.
t MARGRIETTE (mar-gri-c-t') ou MARGRIL- LETTE (mnr-gri-Uc-t', il mouillées), ». f. Grosse verroterie, d'un bleu foncé, tirantsur le noir.avecdes raiesjaunesou blanches, ctqui sert au commerce des Européens avec les peuples de la côte d'Afrique.
— ÉTYM. Dérivé du lat. margarita, perle. En Normandie margrielle veut dire la pâquerette, bellit pertnnit, L.
t MARGRITIN (mar-gri-tin), ». m. Terme de commerce. Espèce de rocaille très-fine.
— ETYH. Dérivé de l'ital. margaritini, sorte de verroterie, du lat. margarita, perle.
i MARGUC (uiar-ghé) , ». m. Manche d'un marteau des forges catalanes.
— ÉTYM. C'est le même que l'anc. franc, margue, manche (voy. manche, i l'historique).
MARGUKRITE (mar-ghe-ri-t';, ». f. ||f En style d Ecriture sainte, perle. Il ne faut pas jeter les marguerites devant les pourceaux, c'est-à-dire il ne faut pas publier derant le» profanes les mystères des choses sacrées (Eronjj. taint Math, vu •). Il Jeter de» marguerite» devant les pourceaux' >igDifi« aussi parler de belles chose» dejant de» «en» qui les méprisent parce qu'il» ne les conatteenlpu. || En général, des marguerite» devant pouKMux, 10 dit de c« qui est beau, élevé
MAR
ait l'ombre d'un tort à l'égard de la dame et du domestique de la maison dont il est sorti ; c'était des marguerites devant des pourceaux; on n'était pas digne de lui, sév. 9 avr. <e8S. On ne tardera pas à voir comment on se trouve de jeter les marguerites devant les pourceaux, st-sim. 454, <37. Il Marguerite n'est usité au sens de perle que dans la locution ci-dessus. || 2° Marguerite, ou petite marguerite, ou pâquerette, bellis perennis, L. synanthérées. || Petite fleur blanche ou rouge, ou blanche et rouge, que porte cette plante. J'ai vu la marguerite étalant ses beautés, Son cercle émaiUé d'or, ses rayons enchantés, st-lamb. Saisons, 1. 1| Reine marguerite, plante du genre des asters, qui nous a été apportée de la Chine; c'est le nom vulgaire de Voiler chinensis, i., le callistephe chinensis, Cassini. On dit aussi marguerite reine, marguerite d'Espagne. || Grande marguerite, ou marguerite de la Saint-Jean, ehrysanthemum leucanthemum, L. synanthérées. || Marguerite dorée, ehrysanthemum segetum, L. || X la franche marguerite, se dit d'un amant qui effeuille une marguerite pour savoir s'il est aimé. Marguerite, Fleur petite. Rouge au bord, verte autour, Dis le secret de mes amours, Chansort popul. norm. dans le uéricher, Hist. et Gloss. t. ii, p. 463. || 3° S. f. pi. Les premiers poils blancs qui paraissent sur les tempes des chevaux à la suite de l'âge. || *• Les Marguerites françaises, nom qu'on donnait autrefois à un livre contenant les beaux compliments. Il faut remarquer que marguerite est le nom d'une Heur et que par métaphore on appelait autrefois marguerites les discours fleuris, les compliments d'un tour relevé ou étudié, batle, Dict. Marguerite, sœur de François I", note N. || 5° Terme de marine. Cordage qui, fixé à un point donné d'un autre, aide celui-ci à exécuter la manœuvre qu'il doit faire. Il Nœud qu'on fait sur une manœuvre, pour agir avec plus de force. || 6' Voy. houlette 4 .
— BEM. Pautex demande pourquoi l'Académie, écrivant reine-claude avec un tiret, écrit reine marguerite sans tiret. X la lettre fl, l'Académie, citant reine marguerite, y met, cette fois, un tiret.
— HlST. XIII" s. Grenaz, topaces, Rubis jagonces, marguarites fperlesl, buieb. 252. || xv* s. Et lors de flours petites, Violeles et margherites Semoie desus le tapis, pnoiss. Espinette amoureuse. |{ xvi* s. Croyez hardiment, sire, qu'ils y procèdent à la franche marguerite [franchement], carloix, iv, 9. Il nous desfend de semer les marguerites devant les pourceaux, palissy, s. Par un commun proverbe, on dit celui-là vivre à la franche marguerite, qui conduit rondement et sans tromperie ses deportements, pasouieb, Lettres, xxii, 5 (cité par felgère. Glossaire d'Ét. Pasquier).
— ÉTYM. Wallon, margriète; du lat. margarita, perle, la fleur ayant été comparée à une perle. Le grec (iapYopiTii;, d'où le latin margarita, paraît venir du persan mervarid, perle. Margarita est vox barbara, dit Pline, ix, 35 ; et J. Grimm le tire de l'anglo-saxon meregrôt, caillou de mer. Mais l'origine persane d'un mot grec (napYoplTTiî) est plus probable qu'une origine germanique ; et barbara convient aussi bien à la langue des Perses qu'à celle des Germains.
t MARGUILLAGE (mar-ghi-Ua-j' , Il mouillées) , ». m. Corps des marguilliers d'une paroisse (mot forgé et mal forgé par Saint-Simon ; il fallait dire marguillerie). L'aventure ne tarda pas, et le hasard fit que la cause regardait un marguillage, st-sim.
— ÉTYM. Voy. MARGUILL1ER.
fHARGUILLË, ÉE (mar-ghi-Ilé, liée, U mouillées), adj. Je veux reprocher à un homme qui a reçu des bienfaits son ingratitude envers son bienfaiteur, je trouve ce mot fort usité, je le reconnais pour issu légitimement du latin, et il faut que je me tourne et retourne pour chercher ingrati animi vitium et que je traduise son bienfaiteur par qui illum bemUciis affecit, parce que benefactor me paraît de ce langage qu'on appellerait latin marguillé, DENINA, t. m, p. 95, La clef des langues ou observations sur l'origine et la formation des principales langues qu'on parle et qu'on écrit en Europe, Berlin, <804.
— REM. Ce mot, actuellement inusité, parait tenir à l'ancien français merguiller, salir, barbouiller (voy. MAnoouiLi.is, à l'étymologie).
MARGKLLERIE (mar-ghi-IIe-rie, 12 mouillées,
et non niar-ghi-ye-rie), ». f. || !• Charge de mar-
guillier. M. de Guise fut le premier de sa dignité et
I de son état qui lit été marguillier d'honneur de
ilona Jm^ni i— i j:__I. Il — ~-, cioc, ae son état qui \n ete marguillier d honneur de
«igné, devant des indignes. Il ne me paraît pa» qu'il | «i paroisse, pour s'attirer la k)urgeoisie, au delà de
MAR
laquelle cette marguillerie n'avait jamais passa, ST-siM. 73, <99. Il 2° Archives d'une église.
— HIST. XV* s. Guillaume qui avoit en ce jour U garde de la marglerie de la chapelle, nu cange, marigimus. il XVI* s Avons tous lesdits changeurs.... affranchis et exemptez.... d'estre collecteurs de tailles, emprunts et autres deniers extraordinaires, de marguilleries et trésoreries de leurs paroisses, confrairies, etc.... Ampl. d'Édit, 29 déc.
— ÉTYM. Marguiller.
MARGUILLIER (mar-ghi-llé , Il mouillées, et
non mar-ghi-yé; l'r ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des mar-ghi-llé-z entendus), s. m. Nom donné à chacun des trois membres pris dans le conseil de fabrique, c'est-à-dire parmi les fabriciens, pour composer un bureau sous le titre de président, secrétaire et trésorier ; les marguilliers sont chargés de dresser le budget de la fabrique, de préparer les affaires qui doivent être portées au conseil, d'exécuter ses délibérations, et de diriger l'administration journalière du temporel de la paroisse, lkooahant. Et son rare savoir, de simple marguillier, L'éleva par degrés au rang de chevecier, boil. Lutr. i. Lais?3zle aller : Que feriez-vous, monsieur, du nez d'un marguillier? regnard, Ménechmes, m, u. Dans ce procès-verbal on ne daigne pas seulement nommer Louis [le Débonnaire] du nom d'empereur; il y est appelé dominus Ludovicus, noble homme, vénérable homme; c'est le titre qu'on donne aujourd'hui aux marguilliers de paroisse, volt. Mceitri, 23. || Anciennement on les nommait aussi trésoriers. L'assemblée sera convoquée par les syndics, marguilliers ou trésoriers de la paroisse, Ordonn. de la marine, août <68l, iv, (O.
— HIST. XV* s. Chanoines et marregliers de la sainte chapelle, du cange, matricularius.
— ÉTYM. Wallon, mdrell; namur. maurcH; bourguig. marillei, marullai; picard, mairier ; Berry, marillier ; du lat. matricularius, de matricula, matricule.
MARI (ma-ri), s. m. Celui qui est joint à une femme par le mariage. Et pour suivre un mari l'on quitte ses parents, corn. Hor. m , 4. Et qu'on n'épouse point l'amant le plus chéri Qu'on ne se fasse un maître aussitôt qu'un mari, id. Pulchér. v, i. Certaine fille un peu trop fière Prétendait trouver un mari, Jeune, bien fait et beau, d'agréable manière, Point froid et point jaloux : notez ces deux points-ci, LA FONT. Fabl. vu, 6. Tandis que sous le nom de mari de madame, Je serais comme un saint
que pas un ne réclame, mol. Éc. des f i, 4 Qui
donne à sa fille un mari qu'elle hait Est responsable au ciel des fautes qu'elle fait, m. Tart. n, 2. Et ce n'est pas partout un bon moyen de plaire Que la figure d'un mari, id. Amph. Prologue. Quoi I celle dites-vous, dont vous tenez ce gage.... — Est ma femme, et je suis son mari. — Son mari?' — Oui, son mari, vous dis-je, et mari très-marri, id. Sgan. se. 9. Le roi son mari lui a donné jusqu'à la mort ce bel éloge, qu'il n'y avait que le seul point de la religion où leurs cœurs fussent désunis, lioss.flfine d'Anglel. Cette femme quevous voyez, qui chérit si tendrement son mari, ordinairement elle ne le choisit pas ; mais plutôt il lui est échu en partage par des conjonctures imprévues, id. Serm. pour une profession, jour de Vexait, de la croix, 2. Ce marquis indocile Qui, depuis quinze jours dans le piège arrêté. Entre les bons maris pour exemple cité.... boil. Sat. viii. La revêche bizarre. Qui, sans cesse d'un ton par la colère aigri. Gronde, choque, dément, contredit un mari, id. Sat. x. Exige d'un mari les respects d'un amant, m. ib. Il y a telle femme qui anéantit ou enterre son mari au point qu'il n'en est fait dans le monde aucune mention , la bruï. m. Un mari n'a guère un rival qui ne soit de sa main, et comme un présent qu'il a autrefois fait à sa femme, id. m. Et quand l'âge le lui eut ramené, il conserva près d'elle cette rudesse inflexible dont les maris infidèles ont accoutumé d'aggraver leurs torts, j. j. rouss. Ilél. m, 7. Ce titre de mari d'une jolie femme, qui se cache en Asie avec tant de soin, se porte ici sans inquiétude, monteso. Lett. pers. 55. || Fig. Je suit un peu fâchée que vous n'aimiez point les madrigaux; ne sont-ils pas les maris des épigrammesl ce sont de si jolis ménages quand ils sont bons, SÉV. (8 août t6«o. ]] Mari commode, ou mari patient, mari qui, par intérêt ou par quelque autre cause, laisse vivre sa femme peu régulièrement. Est-il au monde une autre ville aussi Où l'on ait des maris si patients qu'ici? mol. Éc. des f. i, i.
SYN. MABi, ÉPOUX. Époux a un féminin et mari n'en a pas; il est le latin sponsus et signifie pro-
MAR
prement le promis, le fiancé, de là l'emploi qu'il a conservé dans le langage de la pratique et que mari n.'a pas. Hors de là, époui appartient au style élevé, tandis que mari est de tous les styles.
— HlST. m* s. Toz mariz ploroit, Machab. i , 5. Et tante dame veuve de lor maris, Ronds. 72. Qu'il me prendroit, et je lui à mari, ib. 170. Sa mère entra, si s'assiet devant li [elle] , Bel li pria : fille, prenez mari. Romane. 73. Et volent esteindrela stencele ki remise m'est [qui m'est restée], queremembrance ne seit de mun marid, ne qu'il n'ait heir, Rois, <88. Ilïiii's. Que par tele aventure [ils] me donassent marit,' Berte, lui. Tel tere qui fu à tel home qui fu mes maris, beaum. vi, 7. || xiv* s. Vous devez plus en mari pensera la condition qu'à l'avoir, Ménagier, i, 6. || xvi' s. Femme bonne qui a mauvais mari a bien souvent le cœur marri, cotgkave.
— ÊTYM. Bourguig. mairi; provenç. marit, marrit; espagn. marido; ital. marito ; du lat. maritus , que les étymologistes tirent de mas, maris, mâle. Les Parisiens prononçaient mazi, dit Palsgrave, p. 34, au XVI' siècle. Le pays de Caui en Normandie dit encore mazi.
MAKIABLE (ma-rl-A-bl'), adj. Qui est en état, ou .en âge, ou en condition de se marier. Moi qui me sens de ce crime coupable [d'être vieux]. Des beaux esprits doyen peu mariable. Cessez, Iris, de rire à mes dépens, charpentier, dans deshoulières, Poésies, t. II, p. 242. Je me trouve une petite veuve assez mariable, J. J. rolss. Hél. iv, 2. Croyez-moi, monsieur Desrosiers, vous n'êtes mariable que sur la rive droite delà Seine, picard et mazères, Trois quartiers, i, 4.
— SYN. mariable, nubile. Nubile est proprement un terme de physiologie, exprimant l'âge où chez la femme les règles apparaissent. Dans la plupart des cas cet âge précède celui où une femme est mariable, c'est-à-dire où elle est assez développée pour devenir mère. C'est une faute que l'on commet souvent dans les familles de croire qu'une jeune fille est mariable, parce qu'elle a dépassé plus ou moins l'âge do la nubilité.
— HIST. XVI' s. Elle estoit, longtemps y avoit, mariable, marquer. Ifouv. xliv.
— ÉTYM. Marier.
MARIAGE (ma-ri-a-j"), ». m. || l- Union d'un homme et d'une femme consacrée soit par l'autorilè ecclésiastique, soit par l'autorité civile, soit par l'une et lautre. Un homme de moyen âge Et tirant sur le grison Jugea qu'il était saison De songer au mariage ; 11 avait du comptant, Et partant De quoi choisir ; toutes voulaient lui plaire, la font. Fabl. I. <7. Une avait pris un peintre en mar'::ge, m. Rém. Le mariage, Agnès, n'est point un badinage; X d'austères devoirs le rang de femme engage, mol. Ée. des f. m, 2. Le mariage peut nous îaire peur à tous deux, lo. l'Avare, i, 6. Il lui donna sa fille en mariage, boss. Ilist. i, 7. Je n'ai pas besoin de vous dire que c'est Dieu qui donne les grandes naissances, les grands mariages, les enfants, la postérité, ID. Kar.-Jhér. Cessez, princes et potentats, de troubler par vos prétentions le projet de ce mariage, 10. ib. Ils mangeaient, ils buvaient.... ils bâtissaient, ils faisaient des mariages aux jours de Noë et aux jours de Loth, et une subite ruine les vint accabler, ID. ib. On n'y regarde plus, ce semble, le mariage comme une chose sacrée, mais comme une afi'aire temporelle, et comme une pure négociation, bourdal. 2* dim. après l'Épiphan. Dominic. 1. 1, p. «8. Ce fut environ ce temps-là qu'il [Théodose] défendit, sous des peines très-rigoureuses, lo mariage entre les cousins germains, renouvelant les édits anciens, qu'une licence effrénée avait entièrement abrogés, FLÈcn. Hist. de Théodose, ir, <*. Les meilleurs mariages sont ceux où l'on souffre tour à tour, l'un de l'autre, avec douceur et avec patience, maintenon, Avis à la duch. de Bourg. Leii. t. m, p. 20b,dans pouoens. II n'est point de repos ni de paix avec elle ; Son mariage n'est qu'une longue querelle, boil. Sal. x. C'est la convenance qui fait les mariages, SAURm, Mœurs du temps, 1*. Le mariage, cln'z toutes les nations du monde, est un contrat f>usccplible de toutes les conventions, et on n'en dut bannir que celles qui auraient pu en alTaiblir l'objet, montesq. Lelt. pers. H <i. Les mariages étant de toutes les actions humaines celle qui intéresse le plus la société, il a bien fallu qu'ils fussent réglés par les lois civiles, 11). Esp. XXVI, 43. J'ai dit que, chez les peuples qui ne cultivent point les terres, les mariages étaient beaucoup moins fixes, et qu'on y prenait ordinairement plusieurs femmes, lu. ib. xviii, 14. Comme un des grands objets du mariage est d'6ter
toutes les incertitudes des conjonctions Illégitimes, la religion y imprime son caractère, et les lois civiles y joignent le leur, afin qu'il ait toute l'authenticité possible, ID. ib. xxvi, (3. Dans ce temps, c'est-à-dire il y a près de cent ans, chaque mariage produisait à Paris environ quatre enfants deux tiers, au lieu qu'à présent chaque mariage ne produit tout au plus que quatre enfants, bufp. Prob. de la vie, Œuv. t. x, p. 570. Je suis toujours persuadé que le vrai bonheur de la vie est dans un mariage bien assorti, et je ne le suis pas moins que tout le succès de cette carrière dépend de la façon de la commencer, j. j. rouss. tett. à M. iC***, Corresp. t. i, p. 33, dans pougens. || Promettre mariage, faire aune femme la promesse qu'on l'épousera. Ce seigneur étranger lui avait promis mariage, scARR. Rom. eom. i, 1 3. || Faire un bon mariage, faire un mariage qui procure le bonheur du ménage. Il se maria à vingt-trois ans avec demoiselle Françoise Fandelle de Faveresse, et, quoiqu'amoureux , il fit un bon mariage, fonten. Malezieu. || Faire un bon mariage, se dit aussi d'un mariage riche ou avantageux. || Faire un mariage, être l'intermédiaire qui amène deux personnes à se marier. Ceux qui fontdes mariages ne s'embarrassent guère du succès, regnard, Sérénade, l . || Né hors du mariage ou hors mariage,seditdes enfants illégitimes. Cette nombreuse jeunesse née hors du mariage, FÉN. Tél. X. Il 2° Noms donnés à difi'érentes espèces de mariages. || Mariage de conscience, mariage entre personnes qui ont eu ensemble un commerce illicite. Il Mariage de conscience se dit aussi d'un mariage où les formalités ont été remplies secrètement. || Mariage in extremis, union conjugale contractée dans un temps où l'une des parties est en danger de mort. || Mariage mixte, celui qui est contracté par des personnes de religions ou de communions différentes. || Mariage subséquent, celui qui est contracté après la naissance d'un ou de plusieurs enfants, qu'on légitime en les reconnaissant dans l'acte de ce mariage subséquent. || Mariage de la maingauche, voy. MAIN, n°47. || Mariage sur la croix de l'épée, voy. croix n' 8. || Mariage à la gaumine, voy. GAUMINE, ainsi dit de Michel Gaumin, homme connu du temps de la Fronde, et qui se maria ainsi. || 3° Noms donné à des unions qui n'ont que l'apparence du mariage. || Mariage sous la cheminée, union secrète contractée entre un homme et une femme sans que les formalités légales aient été remplies. || Demi-mariage se dit dans un sens analogue. Nous y voyons pratiquer cet usage. Demiamour et demi-mariage. Table d'attente, avantgoût de l'hymen, la font. Rém. |{ Mariage en détrempe, voy. détrempe. || Mariage de Jean des Vignes, voy. jean, n° 9. || 4° Terme d'ancienne législation. Mariage réchauffé, mariage d'un veuf ou d'une veuve. || Mariage par paroles de présent, mariage devant notaires, sur le refus du curé. |j Franc mariage, mariage entre personnes de condition noble et libre. |{ Mariage par échange, mariage entre personnes serves appartenant à deux seigneurs différents, et à la suite duquel le seigneur de l'époux donnait à l'autre seigneur une serve en échange de l'épouse. Il 5° La célébration des noces. Être invité, assister à un mariage. X moins qu'en attendant le jour du mariage.... corn, le Ment, n, 3.116° Le bien, la dot que les parents donnent à leurs enfants en les mariant. Je lui donne vingt mille écus en mariage; écrivez, mol. Am. méd. m, 7. J'augmente de dix mille écus le mariage de ma fille, lu. Pourc. m, ». 11 [le futur beau père do M. do Sévigné] donne deux cent mille francs à sa fille ; c'est un grand mariage en ce tomps-ci, sév. 4 déc. (683. Lucile est ma nièce ; et, si votre fils l'épouse, je lui donnerai un mariage dont vous serez content, be- GNARD, Ret. impr. 23. Ahl quel malheur I il faudra donc que vous rendiez le mariage de votre femme à sa famillel dancourt, la Femme d'intrigues, m, 4 3. Il 7" Fig. En termes mystiques, consécration d'une femme à la vie religieuse. Maintenant que vous vous êtes ornée d'une manière digne de lui [le divin époux], et que votre noviciat vous a préparée à ce bienheureux mariage, boss. .Sermon pour uneprofession, prêché le jour de l'Epiphanie, préambule. \\ Il se dit aussi de l'union de l'espnt de l'homme avec l'esprit de Dieu. Il se fait comme un sacré mariage entre notre esprit et l'esprit do Dieu ; ce qui fait que celui qui s'attache au divin esprit devient un mêrno esprit avec Dieu , boss. Sermon», «^.ïurr. dernière, 3. 118° Fig. Union de personnes pour une opération, une affaire. La pensée de ce mariage de neuf ans avec un fermier, sÉv. v avr. 4683. Il 9° Kig. Il se dit, en parlant dos choses
MAR
qui s'unissent. Ne voyez-vous pas qu'il se fait comme un mariage entre les objets et les sens? Notre vue, notre ouïe, tous nos sens s'unissent, en quoique sorte, avec les objets, boss. Sermons, profession sur la virginité. Le Ladon et l'Alphée, en se réunissant au-dessous du verger, embrassaient une île qui semblait naître du mariage de leurs eaux, chateaubr. Mart. iv. || Terme d'alchimie. Mariage philosophai, l'union du soleil et de la lune dans lo mercure hermétique. || 10° Mariage dudoge avec l'Adriatique, cérémonie qui avait lieu tous les ans à Venise; le doge, monté sur le navire appelé Bucentaure, jetait une bague dans les flots en prononçant une formule commençant par le mot desponsamus , Il 11° Terme de botanique. Mariage des plantes, se dit de la manière dont les fieurs mâles fécondent les femelles. || 12» Terme de marine. Réunion do deiix cordages par des amarrages plats. || Action d'ajouter un morceau de toile en surplus à la couture d'une voile. Il 13» Nom donné aux défauts dans le dévidage de la soie produits par la rupture de l'un des fils et son enroulement ou doublage avec l'autre. Éviter les mariages. || 14° Réunion de plusieurs bandes de marbre que l'on scelle bout à bout sur une dalle pour, d'un même trait de scie, en faire la division. || 15° Mariage ou brisque, nom d'un jeu de cartes où le principal avantage est do réunir dans sa main un roi et une dame de même couleur, réunion qui se nomme aussi mariage. Mariage d'atout, le roi et la dame de la couleur retournée. Mariage sur table, celui qui a lieu quand le joueur qui donne a retourné le roi et tient la dame dans son jeu, ou réciproquement. Mariage do rencontre, levée composée d'un roi et d'une dame de la même couleur; il ne se compte pas ordinairement. Il 16° Nom que les jurés cordiers donnaient à la corde qu'ils devaient fournir au bourreau de Paris pour pendre les criminels. || 17° Mariage républicain, supplice imaginé à Nantes par Carrier, consistant à jeter dans la Loire un homme et une femme attachés ensemble. || Proverbes. Un bon mariage payera tout, se dit de ceux qui, faisant dos dettes étant garçons, comptent les payer avec la dot de la femme qu'ils épouseront. Vous mourrez toutes deux à l'hôpital, et déshonorées encore. — Oh I pour cela non, mailame; un bon mariage va nous mettre à couvert de la prédiction, regnard. Retour impr. se. 4 . Il Au mariage et à la mort, le diable fait son effort, c'est-à-dire à chaque marùige, à chaque mort les caquets et les médisances vont grand train. Il Autant de mariages, autant de ménages, il faut qu'un homme et une femme se mariant aient leur ménage à part.
— mST. xii* s. Et maugré tout mon lignage [je] Ne quier ochoison trover [je ne veux trouver occasion] ; D'autre fasse mariage, Dame de Faïel, dans Couci. Il xiii» s. Li secons cas do quoi le [la] juridictions apartient à sainte Eglise, c'est do mariage, BEAUM. XI, 3. Sire conte de Champaingne, lo roi a entendu que vous avez convenances au conte Perron de Bretaingne, que vous prenrcz sa fille par mariage, joinv. 203. || xiv* s. Vray est que mariage est une chose doubteuse, et maintes fois les enfants no ressemblent pas au père, Ménagicr, i, 8. Durant lequel mariage, il fut commune renommée que ladite Tiphaine avoit rompu son mariage, et par especial que Perrinot escuier la maintenoit, du CANGE, mariagium. || xv* s. Celle garda très mal son mariage et se forfit, froiss. i, i, 4o. Que aux filles du duc nous constituerons et donnerotjs bon et grand mariage, comme il appartient à filles de telle maison, Ordonn. 22 oct. 4481. || xvi° s. L'empereur luy donnoit, mariage faisant, les Pays bas, CARLOix, n, 14. Depuis il la demanda en mariage à son frero Arymbas, amyot. Aies. 2. Mariages qui so font par amourettes fini.sseiit par noisettes [querelles], brant. Cap. fr. t. m, p. 4.19, dans lacurne. Bonne femme et bon mariage se dict, non de qui l'est, mais duquel on so taist, mont, m, 347. L'on dit coustumicreincnl mort, mariago et vendagu deffaire tous louages; ce qui toutesfois s'entend pour les laisscurs et non pour les preneurs, qui sont tenus les continuer selon (ju'ils sont faits parleurs prédécesseurs, ^oud. coust. génér. t. 11, p. 4 4 33.
— ÊTYM. Bourguign. mairiaige; provenç. mondatt/e, marialge; espagn. maridage; ital. marilaijio; bas-lat. maritaticum dans un texte de l'aji 4(182, de manlare, marier.
f MAnit: (m,i-rie). Il 1° Ordre do Sainte-Marie do Merude, nom d'un ordre do chevalerie, institué au xiii* siècle par Jaciiucs, roi d'Aragon, pour lo rachat des esclaves. || 2° Marie graillon, voy.
ORAaLON.
MAR
MARIÉ, ÉB (ma-ri-é, ée), part, passé de maner. Oui est uni en mariage. On homme marié. Une femme mariée. Son destin est plus doui veuve que marié»., corn. PfrrJhor. i, *. Moins il y a de gens mariés, moins il y a de fidélité dans les mariages, iioNUSO. £sp. xxiii, îf. Ma sœur est-elle mariée ? Avez-ïous vu de nos garçons La foule, aux noces conviée, La célébrer dans leurs chansons? bérang. BiTonii. Il Fig. Uni, joint avec. Une soupe à bouillon perlé, souti-nue d'un jeune gros dindon cantonné de pigeonneaux et couronné d'oignons blancs mariés arec la chicorée, mol. Bourg, gent. iv, < . 1| Rimes mariées, rimes qui ne sont pas séparées l'une de l'autre, c'est-à-dire dont les masculines se suivent immédiatement, et les deux féminines do même, comme elles sont dans le poème épique. On dit plus souvent rimes plates. || 8" S. m. et [. Marié, mariée. Un nouveau marié. Une nouvelle mariée. || De vieux mariés, des gens mariés depuis longtemps. Et ce qui leur sied bien dans ces commencements, En nous, vieux mariés, aurait mauvaise grâce, MOL. Amp/i. 1,4. Il Absolument. La personne, homme ou femme, qui se marie ou qui s'est mariée le jour même. Où est le marié ? Voilà la mariée. On mène la mariée dans son appartement, on porte sa toilette, son linge, ses cornettes; elle se décoiffe, on la déshabille, elle se met au lit, sÉv. à Coulanges, 3 fév. (695. || Fig. Se plaindre que la mariée est trop belle, se plaindre d'une chose dont on devrait se féliciter. || La mariée est trop belle, se dit encore quand on se défie d'une affaire où trop d'avantages sont proposés. Il 3° S. f. Mariée, sorte de danse figurée dans laquelle un homme et une femme jouaient une espèce de pantomime ; elle se dansait aux noces des bourgeois. || Nom que l'on donnait quelquefois au jeu de cartes appelé plus souvent guimbarde. || Nom vulgaire d'une noctuelle, insecte.
t MARIE-GALANTE (mari-ga-lan-f), s. f. Nom du quinquina corymbifère à la Guadeloupe.
MARIER (ma-ri-é), je mariais, nous mariions, TOUS mariiez; que je marie, que nous mariions, que vous mariiez, v. a. || 1° Unir un homme et une femme par le mariage. Le maire, le curé les a mariés. Il dit, faisons le contrat; on y consentit, et et puis il dit : mais qui nous empêche de les marier demain? sÉv. 667. Le duc son père avait fondé dans ses terres de quoi marier tous les ans soixante filles, Boss. Anne de Gonz. Sous prétexte de conduire en Hollande la princesse royale, sa fille ainée, qui avait été mariée à Guillaume, prince d'Orange, m. Reine d'Anglet. || Il sera marié cette année, se dit, en plaisantant, d'une personne qui jette au plafond des choses qui s'y attachent. Se dit aussi d'une personne qui a le fond de la bouteille lorsqu'on lui verse à boire. || 2° Il se dit de ceux qui font ou qui procurent mariage, soit par autorité paternelle, soit par oflice d'amitié. Son père l'a marié avantageusement. On cherche à marier ce jeune homme. Agnès: ....Mariez-moi doncpromptement, je vous prie. — Arnolphe : Si vous le souhaitez, je le souhaite aussi, Et pour vous marier on me revoit ici, mol. Éc. des f. n, a. Je crois, si je me l'étais mis en tête, que je marierais le Grand Turc avec la république de Venise, m. l'Avare, 11, «. Le roi se réjouit de tout cela et marie sa fille, en faisant des compliments comme un autre, sév. 394. Si vous saviez, mon pauvre cousin, ce que c'est que de marier son fils, vous m'excuseriez d'avoir étâ si longtemps sans vous écrire, id. 4 déc. 4 683. Il Cette fille est bonne à marier, elle est en âge de prendre mari. || 8" Fig. Allier deux choses ensemble, les joindre l'une avec l'autre. Les sens n'ont point de part à toutes mes ardeurs. Et ce beau feu i^e veut marier que les cœurs, mol. !•'. tav. iv, 2. Vous avez passé ce diantre de Rhône, si fier, si orgueilleux, si turbulent; il faut le marier à la Durance; ha, le bon ménage I sÉv. 470. Elle mariait le luth avec la voix et le spirituel avec la grossièreté, ID. 4 mai 1872. Au pampre tu [France] peux marier Olive, épi, rose et laurier, bérano. »>ndangcf. Il Marier la vigne, la cultiver sur hautains. Marier la vigne à l'ormeau. Je dirai sous quel signe 11 faut ouvrir la terre et marier la vigne DEutLï, Giorg. 1. 1| Marier des couleurs, les assortir. Il Terme de marine. Marier deux cordages, deux bouU de cordages, en opérer la jonction. || Terme de chasse. Marier les pièces, c'est, en tendant les toiles ou panneaux pour prendre des animaux joindre lespiices au moyen d'oeillets et de bâtonneu faits exprès. || Marier des ruches, faire passer les abeilles d'une ruche dans une autre. || *• Y. rifi. Se marter, en parlant d'un homme, prendreune femme, tn pvUnt d'une femme, prendre un mari. Massi-
MAR
nisse en un jour voit, aime et se marie, hairet, Sophon. IV, 6. M. de Basville se marie à Mlle de Chaluccl, SÉV. )3o. Alcippe, il est donc vrai, dans peu tu te maries, hoil. Sal. x. Presque tous les hommes ont l'inclination de se marier; il n'y a que la misère qui les en empêche, fén. Tél. xii. Il Fig. Mariez-vous, ma sœur, à la philosophie, MOL. F. sav. I, i.\\ 5° Se marier, se prendre réciproquement pour mari et femme. Ils se sont mariés l'an dernier. Ils mangeaient, ils buvaient, ils se mariaient; c'étaient des occupations innocentes; que sera-ce, quand en contentant nos impudiques désirs.... BOss. Uar.-Thér. || 6» Fig. Être uni, en parlant des choses. Sa voix se marie bien avec cet instrument, à cet instrument. Elle avait l'esprit très-agréable ; la gaieté, l'étourderie et la naïveté s'y mariaient heureusement, j. J. EOiiss. Conf. ix.
— REM. On a assayé d'établir une différence entre marier à et marier avec ; mais il n'y en a aucune.
— HiST. III' s. Droite est voirement, chier frère, no-stre sente, et plus seure de [que] la voie des mariez, ST BERNARD, p. 667. || XIII" S. Et eSCUeï li
roausmes à une siene sereur qui estoit en la tiere de Surie et estoit mariée à monsign. Guion de Lusinan, Chr. de Rains, *s. Après [ils] le marièrent pour son cors honorer, Berte, m. Vous m'aviez mariée à un riche mari, Mais je sui mariée à Dieu qui n'a menti, tft. lix. i| xv" s. Et fît le roi de France seoir à table les deux mariés et les deux mariées, FROiss. u, II, 223. Combien que feu Simon Bradieu fu marié en femme dont il devoit estre content, du CANGK, maritare. \\ xvi' s. Ce grand Monmorency,le Nestor de la France, Qui sçait au bon conseil marier la vaillance, du bellay, m, 63, verso. Vous verrez aucune fois des hommes rebours de nature, qui rejettent au loingceulx qui leur parlent de marier et engendrer enfans légitimes, amyot, Solon, 10. La nouvelle mariée, m. ib. 37. Souvent par gens mariez prestres et gens d'armes ne sont aymez, gb- NIN, Récréât, t. ii, p. 249. Incontinent qu'ils sont mariez, les oreilles leur pendent d'un pied, leroux DE lincy, ProD. t. II, p. 320. Dites toujours nenni, vous ne serez jamais marié, lo. ib. p. 89. Qui loing se va marier sera trompé ou veut tromper, m. ib. Qui en hasle se marie à loisir se repent, id. ib. p. 390. Qui mal ss marie tost se marie, id. ib. p. 39B. Qui tard se marie mal se marie, id. ib. 407.
— ÉTYM. Provenç. et esp. maridar; ital. maritare; du lat. maritare, àemaritus, mari.
•)■ MARIÈRE (ma-riè-r'), s. f. Terme de géologie. Localité oii se trouvent les terres riches en phosphate que les agriculteurs du nord de l'Italie appellent terramares, et qui proviennent de tumulus renfermant de la cendre, du charbon, des ossements et des débris d'industrie humaine.
t MARIE-SALOPE (ma-ri-sa-lo-p'), s. f.\\l' Populairement. Femme sans ordre et peu soigneuse de sa personne. Il 2° Terme de marine. Petit bâtiment d'une construction particulière destiné à porter, à une certaine distance des ports, les vases et les sables qu'on en retire. || Au plur. Des maries-salopes.
t MARIETTE (ma-ri-è-t'), s. f. Espèce de campanule, plante, campanula médium.
MARIEUR, EUSE (ma-ri-eur, eû-z'), s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui aime à s'entremettre pour procurer des mariages. Ce monsieur Lucidor est un grand marieur de filles, Marivaux, l'Épreuve, se. <b. Il 2° Celui qui épouse. M. et Mlle d'Elbœuf passèrent à Fontainebleau suivant leur proie [M. de Mantoue] jusqu'où le chemin fourchait, pour aller, lui par terre, elle par mer, de peur que le marieur ne changeât d'avis et leur fit un affront, st-sim. 138, 2).
— HIST. XVI* s. Vesiel, ce notable marieur et maquignon de telle marchandise, Contes d'Eulrapel, dans le Dict. de dociiez.
— ÉTYM. Marier.
t MARIGNAN (ma-n-gnau;, t. m. Pobson aes Antilles.
t MARIGOT (ma-ri-go) ,s. m. || l" Nom donné , dans le Sénégal, aux affluents latéraux du fieuve qui traverse le pays. || Il se dit aussi, dans nos Iles et sur la côte d'Afrique, des lieux bas où les eaux de pluie s'assemblent et se conservent. || 2° Courir au marigot, aller au marigot, se dit, parmi les pêcheurs de maquereau, de l'action de ceux qui se retirent dans quelque endroit poissonneux, y pèchent pour eux, mangent leur poisson et se reposent.
MARIN, INE (ma-rin, ri-n'), adj. || 1° Qui est de mer. Animaux marins. Elle est au sein des Ilots, la jeune Tarentine I Son beau corps a roulé sous la vague marine, A. chén. La jeune Tarentine. || Trompette marine, voy. tbombctte. || Sel marin, le oblo-
MAR
rurede sodium, appelé aussi sel de cuisine, sol commun, ou, absolument, sel.|| Acide marin, acide chlorhydrique. || Plante marine, toute plante dont le pied est dans la mer. || Oiseaux marins, oiseaux qui fréquentent la mer. ji Eau marine, eau de mer (qui est beaucoup plus usité). Le catarrhactes d'Arislote est sûrement un oiseau de mer, puisque, suivant ce philosophe, il boit de l'eau marine, bupf. Ois. t. xvi, p. 1 94. Il Termede géologie. Terrains marins, terrains qui ont été formés par des alluvions de la mer. Il Terme de mythologie. Les dieux marins, les dieux de la fner. |j 2° Qui est spécialement destiné à la mer. Carte marine. Montre marine. || Lieue marine, lieue de vingt au degré. || Bâtiment, canot marin, bâtiment, canot qui ont les qualités nécessaires pour bien naviguer. || Avoir le pied marin, ne pas trébucher dans le roulis et le tangage du vaisseau. Les ambassadeurs [anglais près de Pierre I"), qui n'avaient pas le pied assez marin pour hasarder les échelles de corde, s'excusèrent d'y monter, ST-SIM. 64, m. Il Fig. Avoir le pied marin, ne pas se déconcerter dans une circonstance difficile. Il 3° S. m. Le marin, l'homme de mer, l'homme qui exerce la profession de la navigation sur mer, qui a des notions sérieuses sur l'art de la marine. La vie des marins est périlleuse. C'est un sujet de surprise que Soubise, à la tète de la flotte rochelloise, osât attaquer la flotte hollandaise auprès de l'Ile de Ré, et qu'il remportât l'avantage sur ceux qui passaient alors pour les meilleurs marins du monde, volt. Mœurs, < 8 1 . Où sont-ils les marins sombres dans les nuits noires? v. hugo. Les rayons et les ombres, XLii. Il Fçmme de marin, femme de chagrin, dicton des ports de mer. |{ 4"- Familièrement. Marin deau douce, celui qui a navigué seulement sur les rivières, ou qui a peu navigué sur mer.
— HIST. xvi' s. [La femelle de l'alcyon] le porte [son nid] au battement du flot marin, mont, ii, <98.
— ÉTYM. Provenç. mon'», mort; espagn. et ilal. marino; du lat. mari7ms, de mare, la mer.
MARINADE (ma-ri-na-d'), s. f. \\ 1° Terme de cuisine. Saumure qui sert à la conservation des viandes. Il Nom donné aux différents aliments préparés pour se conserver des années entières à la mer. il 2° Assaisonnement avec vinaigre et épices, dans lequel on laisse tremper pendant un temps plus ou moins long les viandes ou les poissons avant de les fairecuire. || Cettepréparationeile-même. || 3" Viande marinée, enveloppée de pâte et frite â la poêle. Des poulets en marinade. || U se dit aussi de certains légumes. Un petit plat d'artichauts frils en marinade, marmontel, Mém. vi.
— ÉTYSft Mariner.
t MAKINAGE (ma-ri-na-j'),i. m. Opération, procédés qui donnent à certains vivifes la préparation nécessai^a pour être conservés à la mer.
— ÉTYM. Mariner.
MARINE (ma-ri-n') , s. f. \\ 1° Ce qui concerne la navigation sur mer. Il entend bien la marine. La marine tient à la physique et encore plus essentiellement aux mathématiques; et il [Valincourt] ne manqua pas d'ajouter aux belles-lettres, qui avaient été .sa première passion, ces sciences plus élevées et plus abstraites, fonten. Yalincourt. La marine est un art et un grand art ; on a vu quelquefois de bonnes troupes de terre formées en deux ou trois années par dos généraux habiles et appliqués ; mais il faut un long temps pour se procurer une marine redoutable, volt, iowis XY, 28. || 2° Le service de mer. Le corps de la marine. Le conseil de marine. Service dans la rnarine. Les ordonnances de marine. Ceux de la marine et les lUyriens Se sont avec chaleur joints aux prétoriens, corn. Oih. V, 2. Il Officier de marine, officier appartenant à la marine militaire. || Soldat de marine, soldat d'une troupe qui embarque dans les vaisseaux de l'État, et qui tient garnison dans les ports militaires ou dans les colonies. || 8° Marino militaire, ou, simplement, marine, force navale d'un État, le matériel et le personnel du service de mer. Sa marine serait supérieure à celle de toutes les autres puissances qui, ayant besoin d'employer leurs finances pour la guerre de terre, n'en auraient plus assez pour la guerre de mer, MONTESQ.'v'y. XIX. 27. Ce fonds inépuisable de marine qui fait la lessource de la puissance anglaise, volt. Louis XV, 8. || 4° Marino marchande, réunion des navires de toutes les espèces et des marins non militaires. || 5° Les bureaux de l'administration de la marine. Employé à la marine. Il 6° Le goût, l'odeur do la mer. Cela sent ia marine, a un goût de marine. || 7° Tableau qui représente des mers, des vaisseaux, des ports, de» tempâtes et d'autres sujets marins. Les marines ae
MAR
MAR
MAR
Vemet. Homme excellent dans toutes les parties de la peinture ; grand peintre de marine et de paysage, oïDER. Salon de 4767, Œuv. t. xv, p. 33, dans po»:gens. Il 8° Jeu de la manne, jeu de tableaux représentant les divers objets à l'usage des marins. Il 9* Anciennement, rivage de la mer. La cavalerie ennemie voulut nous poursuivre et s'approcher de la marine ; mais l'officier retranché, ayant fait une décharge sur eux, les obligea de se retirer, Hém. de Forbin, dans jal. L'affreuse gent qu'au bout de la marine Le paladin Roger vit en l'Ile d'Alcine, SARAziN, Dulot vaincu, ch. i. M. Warnier est arrivé à Tanger hier au matin ; il a été reçu avec les honneurs qui n'ont jamais été rendus, à Tanger, à aucun Européen ; le caid est venu, à cheval, le recevoir à la marine. ..prince de joinville, Lett. de 1 844, dans jal.
— HIST. XI* s. Cil tient la terre entresqu' (jusqu'à] Ascaz marine, Ch. de Hol. lxxv. ||xiu* s. Qui l'ont mené àDuveline [Dublin], Une cité sor la marine, Lai de Melion. ||xv» s. One là endroit ne voulut mettre pied à terre, mais demoura tout ce terme sur la marine, froiss. i, i, 48. Au retourner en Angleterre il fut durement grevé et oppressé de la marine; et s'en émurent ses plaies tellement que il mourut, id. i, i, 202. || xvi* s. Les cigoigues se donnent elles mesmes des clysleres à tout de l'eau
de marine, mont, ii, <7I. La mer estoit basse
un petit canal qu'on ne pouvoit passer sinon aux basses marines, d'aub. Hist. 11, 437. Là fut pris le capitaine Jean Pierre qui avoit eu et a depuis grand crédit à la marine, m. 16. Les Athéniens pour lors n'estoient point encore duits à la marine, amyot, Thésée, 20. 11 yaToit les gens de la montagne, les gons de la plaine et les gens de la marine, in. Solon, 20.
— ÉTY.M. Marin; provenç. espagn. et ital. marina. Le premier sens de marine est, historiquement, plage maritime.
MARINÉ, ÉE (ma-ri-né, née), par^.pois^ de mariner. Il 1° Préparé avec l'assaisonnement dit marinade. Huîtres marinées. Lièvre mariné. || 2° Gâté par. la mer. Marchandises marinées. || 3° Terme de blason. Se dit des animaux auxquels on donne une queue de poisson comme aux sirènes.
MARINER (ma-ri-né), V. a. || 1° Mariner des vivres ou des aliments, leur appliquer les procédés du marinage, pour les conserver en bon état, pendant une campagne de mer. || 2° Assaisonner des viandes, pour les rendre mangeables promptement. Mariner des poulets. || 3° Laisser tremper de la viande dans du vinaigre avec des épices afin de l'attendrir et de lui donner du goût. || 4° Se mariner , V. réfl. Être mariné. Ces viandes se sont marinées et attendries.
— HIST. XV' s. Et lui sembloit que n'estoit pas difficile de soi abstenir de mariner et non hanter la mer, loois xi, Nouv. c.
— ETYM. Marin.
\ MARINETTE (ma-ri-nè-t'),». f. Ancien nom de la boussole.
— ETYM. Marin.
MARLNGOUIN :(ma-rin-gouin), ». m. || !• Nom vulgaire de diverses espèces de cousins que l'on trouve surtout dans les pays chauds, citlex ferox, Wiedmann, cutexmosquito, Robineau. || Fig. Voyant i Madrid que la république des lettres était celle des loups, toujours armés les uns contre les autres,
et que tous les insectes, les moustiques, les
cousins, les critiques, les maringouins, les envieux, les feuillistes, les libraires, les censeurs et tout ce qui s'attache à la peau des malheureux gens de lettres.... BEAUM. Barb. de Siv. i, 2. jja» Espèce de bécasseau d'Amérique.
— ETYM. Origine inconnue.
MARLVIEK (ma-ri-niô; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, l'i se lie: des ma-ri-nié-z actifs), t. m. Il 1* Homme de mer pour la manœuvre d'un vaisseau. H faut en la plaine salée Avoir lutté contre Malée.... Pour être cru bon marinier, «alh. iu, 3. Il Marinier de rame, homme qu'on levait, ou qui «engageait pour ramer dans les galères du roi. || Marinier de rambade, matelot servant dans une galère, et dont le poste était sur la rambade. || Marinier de rang, rameur libre qui s'engageait pour un temps (urune galère. || Adjectivement. Officiers mariniers, tous les bas offîcers qui serventà la manœuvre d'un vaisseau. || 2* Abusivement. Celui qui conduit un bitiment sur le.« grande-t rivières ; en ce sens il s'oppose à marin. Il y a des marins dans la Manche et des mariniers dans la Seine.
— HlST. XIII* >. Adonc corameocierent li marinier i ovrir les portes des huissiers [vaisseaux], viLLsn. Lxxi. As mariniers tantost parla. Oui l'ont mené i Duveline |t)ublln|. Lai de Melion. Li maro-
nier se sont hasté, Car molt avoient bon oré [vent], ib. Il XV* s. Et dirent les Gascons à leurs maronniers : «Menez nousà Seville; car là sont nos gensà siège.» Les maronniers repondirent : «Au nom de Dieu!» FROISS. II, II, 420. Compagnon marinier. Grande et pleine est la mer, bassel. xiii. Ijxvi* s. Il les rendit mariniers et gens de mer, amyot, Thém. 7. I.e bleu, c'est jalousie, et la mer en est peinte; Mariniers, comme amants, vivent toujours en crainte, desportes, Diane, 11, 23.
— ETYM. Ifarin; provenç. marinier; cat. mariner; esp. marinera ; port, marinhero ; ital. mariniero, marinière.
t MARINIÈRE (ma-ri-niè-r"), ». f. Manière de nager en couchant le corps sur le côté, l'un des bras allongé, l'autre poussant l'eau vers les pieds. Nager à la marinière.
t MARINISME (ma-ri-ni-sm'), s. m. Style affecté et de mauvais goût, qui fut celui de Marini, autrement dit le cavalier Marin, poêle italien mort #a 4628, et qui gâta la poésie italienne durant le XVII" siècle. Dût-on nous taxer de marinismc et de gongorisme, nous avouons que cette recherche extrême et pleine de trouvaille nous va mieux que les idées communes coulées comme une pâte baveuse dans le gaufrier du lieu commun, th. gautieh, Moniteur universel, 4 7 sept. 4 866.
MARIONNETTE (ma-ri-o-nè-f) , s. f.\\i' Petite figure d'homme, etc. qu'on faitmouvoir par des fils, par des ressorts, ou même avec la main. Là, dans le carnaval, vous pourrez espérer.... Et parfois Kagotin et les marionnettes, mol. Tart. 11, 3. Je vous prie d'empêcher les marionnettes où les discours impurs portent au mal, boss. Leit. div. 4. Je n'ai pas encore assez de tête pour vous parler d'Olympie [titre d'une tragédie de Voltaire où il y a beaucoup de spectacle] ; mais j'entrevois que, de toutes les pièces de théâtre, ce sera la plus pittoresqu», et que les marionnettes que Servandonr donm; t Louvre n'en approcheront jamais, volt. Lelt. dArnental, 45 mai 4762. Aujourd'hui directeur de fanwccini, vulgairement appelés marionnettes, picard. Marionnettes, 1, 4. Il Par extension. Jesuis^si las de découvrir les fourberies des prêtres payens, et je suis si persuadé aussi qu'on est las de m'en entendre parler, que je ne m'amuserai point à dire comment on pouvait faire jouer de pareilles marionnettes [les prétendus prodigesl, FONTEN. OrocJ. I, 48. Il Fig. Je ne vois rien que joutes et qu'ébats, Que jeux d'enfants, chocs de marionnettes, Qui chantent clair leurs petites sornettes, saint-amant, Ép. héroi-comique, à Mgr. le duc d'Orléans. Pauvres marionnettes de l'éternel demiourgos (voy démiurge), qui ne savons ni pourquoi ni comment une main invisible fait mouvoir nos ressorts, volt. Dict. phil. l'assions. Il Fig. 11 a fait jouer les grandes marionnettes , c'est-à-dire il a employé de grands moyens pour réussir. || 2* Fig. Personne frivole, sans caractère, qu'on fait agir et parler comme on veut. C'est une marionnette, une vraie marionnette. Je crois écrire à Votre Altesse royale, non pas comme à un automate créé pour être à la tête de quelques milliers de marionnettes humaines, mais comme à un être des plus libres et des plus sages que Dieu ait jamais daigné créer, volt. Lett. prince roy. d(!Pruîie,23janv. 4738. Ces femmes en grand panier qui vous traitent en marionnettes, j. j. Rouss. Ém. I. Il 3° Fig. Simulacre, représensentation. Pendant que le mari [M. de Grignan] fait cette marionnette de guerre au dehors |le siégo d'Orange], la femme est aux prises avec Monsieur de Marseille, sÉv. Guitaut, 23nov. 1873. Nousavons gagné notre petit procès do Venladour; nous en avions fait les marionnettes d'un grand ; car nous l'avons sollicité, 10. lojuill. 4876. || 4* Kcmmo de petite taille. || 5* Bobine mobile placée sur le bord de l'établi du cardeur. || Support de la rouo dun rouet de filateur. || Bobine sur laquelle le fil se dévide. Il Pièce do bois mobile à laquelle sont fixées les tiges sur lesquelles se meuvent les rouets de l'ourdisscur. || 6° S. f. pi. Terme de marin. Réunion de poulies tenues verticalement par deux traverses entre lesquelles elles peuvent pivoter. On les appelle aussi poulies tournantes. || 7* S. f. pi. Ancien terme militaire. Nom d'une batterie do caisse qui annonçait l'exécution des châtiments militaires.
— liIST, xiii* s. Devant ne sai quel mariole, Ki tient un enfant et acolo. Toute jour s'aloit acroupant, DU CANOË, mariola. || xv* s. Ne croire en tant de mariolcs, De babouins ou de fioles, Où trop de fois ydolatrons Contre les divines escoles; Tels simulacres n'aourons [n'adorons], b. ouch. Poétiei
tiui. ^ 461.
— ÉTYM. Dit par altération pour mariolette, diminutif de mariole, nom qu'on donnait anciennement à de petites figures de la Vierge Marie. Il j avait des fagots qu'au xvi* siècle on nommait mariolets, sans doute par comparaison à une martois ou poupée. X ces fagots mariolets comparez les fagots margotins.
t 4. MARISQUE (ma-ri-sk'), s. f. || 1° Espèce de grosse figue sans goût. || 2° Terme de médecine. Par assimilation de forme, tumeur hémorroïdale parvenue graduellement à une organisation plus compliquée que les simples dilatations veineuses. Il Nom donné queiguefois aux condylomes.
— ÉTYM. Lat. marisca, sorte de figue.
t2. MARISQUE (ma-ri-sk'), s. m. Genre de plantes qui comprend plusieurs souchets exotiques, cypéracées.
— ÉTYM. Lat. tnamcus.
MARITAL, ALE (ma-ri-tal, ta-l"), adj. Terme d» palais. Qui appartient au mari. Puissance maritale. Droits maritaux.
— HIST. xvi* s. Je ne sçay quelle froideur maritale, MONT. I, 222.
— ÉTYM. Lat. maritalis, de maritus, mari. MARITALEMENT (ma-ri-ta-le-man), adr. |j 1° En
mari. Le juge lui ordonna de vivre maritalement avec sa femme. || 2° Comme en mariage. Ils ne sent pas mariés, mais ils vivent maritalement
— ETYM. Maritale, et le suffixe ment.
MARITIME (ma-ri-ti-m') , adj. || i* Qui appartient à la mer. Pour moi, j'ai déjà vu le maritime empire, la font. Fabl. viii, 9. Comment, et d'où viens-tu î car l'onde maritime Mugit ds toutes parts sut nos bords orageux, *. ciién. l'Aveugle. Il 2° Qui est proche de la mer. 11 y a dans l'Europe un endroit d'une province maritime d'un grand royaume.... la bbuv. xii. En Italie, il s'est formé un terrain considérable à l'embouchure de l'Arno, etRavenne, qui autrefois était un port d« mer des exarques, n'est plus une ville maritime, BUFF. Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t 11, p. 425. Il Plantes maritimes, plantes qui viennent sur les bords de la mer. {| 3° Oui est adonné à la navigation sur mer. Les puissances maritimes. || 4° Qui est relatif à la mer, à la uavigation sur mer. Le comm'îrce maritime. Le même parlement (d'Anglsterre] qui fit couper la tête à son roi fut occupé d'établissements maritimes, comme si on eiit été dans les temps les plus paisibles, volt. Mœurs, iti. Il Arsenal maritime, celui où se construisent les vaisseaux de guerre. || Divisions maritimes, les arrondissements ou préfectures dans lesquelles la France est divisée quant à la marina. || Les forces maritimes, les forces navales d'un Etat. || Législation miritime, code maritime , le recueil des lois, ordonnances et règlements relatifs au service de la marine.
— HEM. Les plantes qui croissent près de la mer se nomment plantes maritimes , et l'on appelle plantes marines celles dont le pied est dans la mer, legoarant.
— HIST. xvi* s. Villes maritimes, amyot, Péricl. 40. Les places maritimes qu'il avuit an la coste, MONT, m, 93.
— ÉTYM. Provenç. maritim; espagn. et ital. maritimo; du lat. maritimus, Je mare, niea.
MARITOKNE (ma-ri-tor-n'), t. {. Fille mal tournée, laide, malpropre; ainsi ujmmée par allusion à la Maritorud de Don Quichotte.
— HIST. XIV s. Redditus vocaios communiter et gallice la marilome, du canjk, mariinme.
— ÉTYM. Ce mot semble fait de mal, et tourner. JURIVAUDAGE (nia-ri-v6-da-j'), s. m. Style où
l'on raffine sur lo sentiment et l'expression, et qui a été ainsi nommé d'après les qualités et les défauts du style de Marivaux. Marivaux se fit un style A particulier qu'il a eu l'honneur de lui donner son nom ; on l'appela marivaudage : c'est 1« mélange le plus bizarre de métaphysique subtile et de locutions triviales, de sentiments alambiqués et dn dictons populaires, laiiarpe. Lycée ou Cours de littérature, xviii* siècle, 1, ch. &, sect. 6.
— ÉTYM. Marivaux, écrivain du xviii* siècle, auteur de plusieurs pièces fines et spirituelles. On remarquera que le mot a été formé comme si Marivaux s'était écrit ifartiioud; c'est une erreur fondée sur ce que le son 4 à la fin des noms propres s'écrit très-souvent par aud.
t MARIVAUDER (ma-rl-vô-dé), t). n. Imiter les raffinements do Marivaux.
MARJOLAINE (mar-jo-lê-n'), ». f. Plante de la famille des labiées qui est aromatique et stimulante; elle est aussi plante d'ornement (ort'ffonum majorana, L.). n On donna aussi la nom de marjolaiua
MAR
i l'origwi, qui croit partout chez nous à l'éUt sau- Tage II Marjotaine à coquille, origanum sgyptianim, L. Il Marjolaine bAtarde, orchidée nommée aussi sabot de Vénus, cypripedium calceolus, L.
gISX. «y* s. Marjolaine est semée ou decours
et n'est que huit jours en terre, Ménagier, ii, î. Il XV' ». Aller la nuit resveiller les pots de marjo- Icine (donner des sérénades], Aresta amorum, p. 6<, dans lACURNE.
— ETYM. Wallon, man'oiatne; espagn. mayorana ; port, maiorana ; ital. «nojorano/allem. Majoran ; angl. marjoram; du bas-lat. majoraca, corrompu du latin amaraeuSy marjolaine; grec, à[iâpaxo«.
MARJOLET {mar-jo-lÎ! ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l'i se lie-.marjolets rime avec traits, succès, paii), t. m. Ijf Terme vieilli. Petit homme qui fait l'entendu. Entendre un marjolet qui dit avec mépris.... RÉGNIER, Saf. ni. 112° Jeune homme élégant, muguet. Le sort, ami du marjolet , Écarte ainsi toutes les détestables, la font. iun.
— IIIST. XVI* s. Mais tous vos ditz n'est que ▼ieiUe matière. Pour contenter solz marjolletz de Tille, J. MAROT, v, 280. II ne se trouveroit plus de gentilshommes qui ne fussent mestifs et plus propres à faire les marjobts, berlandierset batteurs de pavé que s'employer à la vraye vertu et aux armées, SULLY, Mém. t. V, p. 88, dans lacurne. Mar- Jaulet, ouDiN, Dict.
— ETYM. Origine incertaine. On peut croire que marjolet vient de marjolaine, comme muguet, plante, a donné lieu à muguet, galant. Cependant Crandgagnage et après lui Scheler en rapprochent le walloQ margoule, homme de rien, le hainaut mariaule, même sens, l'italien mariuolo, mariolo, fripon. D'autres pensent que marjolet est pour mariolet et signifie une poupée. Furetière dit : Ce mot originairement signifie témoin, comme on voit dans la coutume de Hainaut, et, parce que les témoins sont quelquefois odieux, on l'a dit par mépris des jeunes gens à qui on voulait reprocher qu'ils n'étaient pas dignes de foi (il entend marjolet dans le sens de hâbleur).
I HARKAB (mar-kab), s. m. Belle étoile tertiaire, marquantl'angle inférieure droite, derrière le grand carré do Pégase.
MARLI (mar-li), s. m. || !• Sorte de gaze dont on fait des ouvrages de mode. Ismène, couchée sur le canapé, travaille un falbala de marli, poinsinet, Cercle, se. 2. N'entendons assujettir à aucunes règles les linons rayés, mouchetés, brochés, gazes, marlis, mignonettes et autres toiles de modes, Lett. pat. du 30 sept. i780, Picardie. ||2° Filet en talus qui borde, en dedans, la moulure d'une assiette d'argent. Faire le marli avec les marteaux à planer. Il Nom du rebord dans les plats et assiettes de faïence et de porcelaine. Marli peint, dentelé, découpé. Dans certains genres de décoration, le marli est peint d'une seule couleur, d'autres fois orné de rubans entrelacés, bordé de filets d'or, de perles d'or, etc.
— ETYM. Origine inconnue, t MARLITE (mar-li-f), t. f. Terme de minéralogie. Espèce de marne qui résiste à l'action de l'air.
t MARLY (mar-li), s. m. Se disait des voyages et séjours que Louis XIV faisait de Versailles au château de Marly. Être des Marly était une grande faveur.
MARMAILLE (mar-mil-U', H mouillées, et non mar-mà-yc), i. f. Terme collectif et familier. Réunion de marmots. On discerne la vanité d'avoir produit toute cette jolie marmaille, dioer. Salon de <7«B, Œw. t. xm, p. 209, dans pougens. Trois douzaines de Cupidons Hier mendiaient, et la marmaille Les poursuivait de gais lardons, bébang. Pauvre om. Je vous embrasse, vous et eux, j'entends la marmaille et M. Pigalle, p. l. couk. Leil. u, &5.
— HIST. xvi* s. Dites moi si vous avez jamais pensé i ce mot françois marmaille, d'où il venoit, 11. EST. Wour. long. fr. ital. p. 37B. Marmaille d'hommes que nous sommes, mont, iv, 8o«.
— ETYM. Ce semble un mot de même radical que marmot; ital. marmaglia.
\ MARMATITE (mar-ma-li-f), ». f. Espèce minérale de la famille des sulfurides, genre sulfure constituée par « atome sulfure do fer et 3 atomes sulfure de aine, qu'on trouve & Marmato, leooa- »»!«T. On la nomme aussi blende de Marmato
MAKHELAbB (mar-me-la-d), ». (. \\ !• Fruits euiU avee du aucre, assex longtemps pour que le Ihiit perde sa forme, et que la peau et le renie •oi«at mêM* «itsemble et forment un tout assez con- •Mant. Il Ftg. Envoyez-moi des pâtes d'abricot de 8«n»»i [on ll»T« défendul ; eeU est bientôt dit, ma-
MAR
dame; mais cela n'est pas si aisé à faire.... il n'a jamais été si difficile d'envoyer un pot de marmelade dans votre pays, lorsque toute l'Europe en mange, voLT.if«.lfme du Devant, 9 août I77i. fj 2° Par extension, il se dit d'une chose trop cuite et presque en bouillie. Cela est en marmelade. || Fig. Ce qui est fracasse, broyé. L'autre.... lui Idche une ruade Qui vous lui met en marmelade Les mandibules et les dents, LA FONT. Fabl. v, 8. Je ne cache à personne que le plus délicieux jour de ma vie ne fût celui où il me serait donné par la justice divine do l'écraser [le duc de Noailles] en marmelade, st-sim. 4o9, 226. Il 3° Terme de pharmacie. Nom donné àdes composés pulpeux faits avec des substances végétales que l'on sucre. Marmelades, le )oo pesant payera comme confitures, loo sous. Tarif, )8 sept. 4664.
— ETYM. Espagn. mermelada; du portug. merme/o, coing, qui vient du lat. melimelum ; grec, p.t- >,iHTi),ov, sorte de pomme très-douce, de jjié).i, miel, et iif,Xov, pomme. La marmelade est proprement de la pulpe de coing.
MARMENTEA0 (mar-man-tô), adj. m. Terme d'eaux et forêts. Bois marmenteau, bois de haute futaie, qui est conservé pour la décoration d'une maison à laquelle il est attaché, et que les usufruitiers n'ont pas la liberté de faire couper. || Voy. GRUME, pour l'épigramme de la Fontaine sur marmenteau.!] 11 s'emploie quelquefois substantivement.
— HIST. XVI' s. Et est réputé breil de forest un grand bois marmentau ou taillis au quel telles grosses bestes ont coustume soy retirer ou fréquenter, Coust. génér. t. ii, p. 64.
— ETYM. Haut Maine, marmenteau, ce qui reste en terre d'un tronc d'arbre abattu. Marmental, adjectif dérivé du bas-latin materiamen, bois de construction, de materia, bois et matière (voy. matière).
MARMITE (mar-mi-f) ,'»./■. || 1° Vaisseau en terre ou en métal où l'on fait bouillir les viandes dont on fait du -K.'îge. Et nous les réduirons [les loups et autres c«Hi;assiers] Aux mets de l'âge d'or autant que nous pourrons! Ils n'auront ni croc ni marmite! LA FONT. Fabl. X, 6. Il Ecumer la marmite, enlever avec l'écumoire les crasses qui s'amassent au-dessus du bouillon quand on fait bouillir des viandes; et fig. manger, faire un repas pour rien. Il en était de même de la soupe aux pois chiches qui se fabriquait chez le saint diacre [le diacre Paris], où tous ses disciples allaient écumer la marmite à tour de rôle , becourchamp , Souvenirs de la marquise de Créquy, t. m, ch. 2. || La marmite est bonne, la marmite bout en cette maison, c'est-à-dire on y fait bonne chère. || La marmite est renversée, se dit d'une maison où l'on cesse de donner à diner. Il se trouvera fort bien de la marmite renversée de M. de la Rochefoucauld; cette abondance le faisait mourir, sÉv. 418. || Il signifie aussi : cette maison, cette personne est ruinée. Le désordre des affaires et de la conduite de leur père avait tellement renversé leur marmite, que très-souvent elles n'avaient pas à dîner chez elles, st-sim. 90, H. Dès que les parasites ont vu sa marmite renversée, ils ont disparu de chez lui, le sage. Diable boit. ch. <7, danspouOENs. || Familièrement. Cela fait bouillir, fait aller, sert à faire bouillir, aide à faire bouillir la marmite, à graisser la marmite, se dit de ce qui contribue surtout à faire subsister une maison. Je ne sais si chez vous amour règne en vainqueur, Et si snn feu vous brûle, agréable Carite; Mais, s'il ne brûle votre cœur. Il fait bouillir votre marmite, cailly, dans richelet. Il Nez fait en pied de marmite, nez dont le bas est large et qui est retroussé. || 2° Ce que la marmite contient. On leur distribua une grande marmite de soupe, de pois, de fèves. || Sœurs de la marmite, sœurs de charité qui distribuent des bouillons aux malades. || 3° Ëcumeur de marmite, écornifieur, parasite. || 4° Marmite de Papin, vase de métal très-épais, dont le couvercle ferme hermétiquement, et dans lequel on peut porter l'eau à la plus haute température. Lorsque, dans un vaisseau bien fermé, tel que celui de la marmite de Papin, on la pénètre [l'eau] d'une assez grande quantité do feu pour la rendre lumineuse, et capable de fondre le plomb et l'étain, buff. Min. t. vi, p. 9B. Il Marmite autoclave, marmite de Papin, à ouverture tUiplique, et fermée par un couvercle de même forme, mais plus grand et maintenu en dedans de l'appareil par la pression de la vapeur. || 6° Marmite américaine, vase dans lequel on peut cuire des aliments à la seule vapeur et sans les plonger dans l'eau bouillante. La marmite à vapeur qui donne chaque minute un potage gras, lorsqu'on sait la gouverner, mais éclate et vous tue si vous n'y prenez garde, voilà l'affaire, voilà mon représen-
tatif.... si vous l'eussiez eue, cette marmite représentative, au temps de l'île de Léon, l'argent ne vous eût point manqué, p. l. cour. Pièce diplomatique. Il Marmite de janissaires, ustensile! de cuisine dont était pourvu chaque corps de janissaires. Il 6' Ustensile pour brûler l'huile à faire le noir qu'emploient les imprimeurs en taille-douce. Il Vase de fonte dans lequel les plombiers font fondre leur plomb. || 7° Terme de géologie. Marmites de géant, creux arrondis, profonds, à parois lisses, qui se trouvent dans certaines roches dures. Il 8° Marmite de singe, nom vulgaire, à Cayenne, de quelques espèces de quatelé dont les singes mangent les graines.
— HIST. xiv s. X Guillemin Porquet, chauderonnier, pour un grand pot, appelle marmite, tenant deux seaulx d'eaue, de laborde, Émaux,
p. 382. Il XVI' s. Puis s'adressant aux députez du ' clergé et de la noblesse, leur dit qu'il avoit bien senti qu'on leur avoit fait entendre que l'hospital de la noblesse estoit le temporel du clergé, comme si le gentilhomme avoit le principal de son bien fondé sur la marmite, froumenteau, Finances, m' hvre, p. 426. La marmitte a les pieds en haut, ouDiN, Curios. franc.
— ETYM. Lombard, marmita ; espagn. marmita, marmite. Origine inconnue. On tire l'espagnol de marmo, marbre, la marmite ayant été d'abord un vase de marbre; mais cela est fort douteux. Du Cange a marmita ecclesise, serviteur d'église ; mais la leçon n'est pas sûre, et ailleurs on trouve d:ins le même sens marolimus ; il serait peu sûr de fonder des conjectures là-dessus. Diez trouve le plus do vraisemblance soit dans l'opinion de Frisch, qui voit une onomatopée dans marmite, tirée du bouillonnement [marmotler] , soit dans celle de Marina, qui le tire de l'arabe marmid, lieu où l'on cuit de la viande. Si l'on était sûr que le lombard et l'espagnol ne sont pas anciens, on pourrait les croire tirés du français, et admettre que le français luimême, né vers le xiv' siècle, n'est qu'une application plaisante et figurée de l'ancien français marmite (voy. MABMiTEux) à Un vase qu'on remplit d'eau, et qu'on a comparé au piteux aspect du marmi toux, du papelard.
MARMITEUX, EUSE (mar-mi-teû, teû-z'), adj. Terme familier et vieilli. Mal en point, mal partagé du côté de la fortune et de la santé. || Substantivement. Un marmiteux.
— HIST. xm* s. El [Papelardie] fait dehors le marmiteus. Si a le vis [visage] simple et piteus. Et semble sainte créature, Ja Uose, 4(3. Car bien sou [je sus] faire le marmite, Si que je resembloie hermite, HUTEB. Il, 75. Il XV» s. Pour me tromper faictcs le marmiteux, en. d'orl. Uondeau. \\ xvi* s. Si la fin de s'enrichir ne les tenoit en crédit [les sciences], vous les verriez sans doute aussi marroiteuses qu'elles furent oncques, mont, i, I49.
— ETYM. Ane. franc, marmite, papelard, hypocrite. Diez tire ce marmiie-ci de marmite, vase par allusion à la marmite des pauvres ; mais marmite veut direpapelird, et non pauvre, et cette ctymologie est sans apparence. Scheler est disposé à le rattacher à marmot; mais le sensdepapelardie n'est pas dans marmot. Marmite paraît composé comme chatlemite, d'un mot mile qui se trouve isolé dans le vers (44 do Renart : Si l'une est chate, l'autre est mite; et dans celui-ci : le marmite, le mite moe, DU GANGE, marmito. Mite paraît être le latin mitis, doux, combiné avec la particule bien connue mar, qui signifie mal ; de sorte que marmite signifierait mal doux, ce qui convient au papelard.
MARMITON (mar-mi-ton), ». m. Celui qui es» chargé du plus bas emploi dans une cuisine. ....Ur certain marmiton Nomma celui-ci [chien] Laridon, LA FONT. Fabl. via, 24. Deux marmitons crasseux, revêtus de serviettes, boil. Sat. m. Des lois de table L'ordre équitable De tout coupable Fait un marmiton, bérang. Coeag. Les pages et les marmitons ont toujours été pour la malice, scribe et MAZÈRES, Vatel, se. (2.
— HIST. xvi* s. Marmito, qui se trouve dans tm texte latin de la fin du xvf siècle, du cange.
— ETYM. Marmite.
t MARMOLIER (mar-mo-lié), ». m. Un nom vulgaire du genipa meriana, Richard, rubiacées.
MARMONNÉ, ÉE (mar-mo-né, née), par(. pasti de marmonner. Des paroles marmonnées.
MARMONNER (mar-mo-né), v. a. Terme familier. Dire à voix basse et peu distincte. Qu'est-ce que vous marmonnez là ?
— HIST. XVI' s. C'est par la vertu des mots que je t'ay veu ce pendant marmonner entre tes lèvre».
MAB
MAR
MAR
BESPER. Cymlal. 99. Avecques icelluy mannonnoyt toutes ses kyrielles, bab. Garg. i, 40.
— ÊTYM. Génev. marmonner. Origine incertaine. On croit que c'est le même mot que marmotter ou i'ancien français marmouser (voy. mahmouset, à rétj-mologie). Cela est possible; pourtant la finale diffère. Il y a, dans le normand, môner, mônard, geindre, celui qui geint. Serait-il, avec la particule mar , l'origine de marmonner? môner est-ce un verbe formé de morne f
t MARMORÉEN, ENNE ( mar-mo-ré-in, è-n'), adj. Terme didactique. Qui a la nature ou l'apparence du marbre. Les calcaires marmoréens. Dans sa splendeur marmoréenne Vénus s'enferme sans retour ; Et depuis jamais forme humaine N'égala ce divin contour, ARM. benai'd, dansBei'. française, fév. (866, p. 286. Il Fig. et néologisme. Qui a le froid, la dureté du marbre. Une impassibilité marmoréenne.
— ÊTYM. Lat. marmor, marbre.
t MARMORIFORME (mar-mo-ri-for-m') , adj. Qui a la forme , l'apparence du marbre. Gypse marmoriforme.
t MARMORISATION (mar-mo-ri-za-sion), s. f. Terme de minéralogie. Transformation d'une pierrre calcaire en marbre.
— ÊTYM. Lat. marmor, marbre.
t MARMORISER (mar-mo-ri-zé), v. a. Terme didactique. Transformer en marbre. Les pierres que la nature marmorise.
f MARMOSE(mar-mô-z'),«. m. Un des noms vulgaires du didelphe marin, marsupiaux, qui est ledidelphe marmose de certains auteurs, appelé aussi marmotte, rat opossum, et qu'on a confondu parfois avec le didelphe à oreilles bicolores, dit opossum, LEGOAHANT.
SIARMOT (mar-mot ; le t ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des mar-mo-z ennuyeux; marmots rime avec faux, sauts, repos, etc.), s. m. || 1° Anciennement, nom du singe. Boucs sautants, satyres, marmots et semblables peintures de galeries, NAUDÊ, Rosecroix, ix, 3. |j 2» Petite figure grotesque. Il 3" Fig. et familièrement. Petit garçon. Que, quelque jour, ce beau marmot Vienne au bois cueillir la noisette... la font, f abi. iv, )8. Il n'est marmot osant crier. Que du loup aussitôt la mère ne menace, iD. ib. %, 6. Faites-bien mes recommandations à notre marmot, et dites-lui que peut-être j'amènerai de ce pays-là quelque beau petit chaperon [petite fille) pour le faire jouer, id. Lettre v, à sa femme. Ce marmot! [le marquis de Grignan] entrer l'épée à la main, et forcer ce château, et tuer lu enlever onze ou douze cents hommes, sÉv. 680. Il Dans ce sens il a un féminin, marmotte. Que nous veut cette marmotte? {| Auplur. Des marmots, des enfants sans distinction de sexe. Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants Qu'une idole d'époux et des marmots d'enfants, mol. F. sav. I, 4. J'embrasse les marmots, car il ne faut rien oublier, sév. 455. Quand tu auras planté là ton ménage et tes marmots, i. J. rodss. Ilél. vi, *. Puis en vrai croquemitaine, Tu feras peur aux marmots, BÉBANG. Myrmid. Nous n'avons, accablés de maux. Pour nous, ton père et six marmots, Rien que ta bêche et ma quenouille, id. Jacques. || Fig. et familièrement. Croquer le marmot, voy. choquer, n° 6, et l'eiplication de la locution. Contrairement à l'explication donnée par Furetière, M. Boucherie pense que croqxter le marmot provient de la fable où la mère promet de donner au loup l'enfant qui crie, et que c'est attendre lo moment où l'on permettra au loup de croquer le marmot. Mais cette explication pèche en ce que c'est introduire dans la locution attendre qui n'y est pas, et qu'il faut trouver une interprétation qui de croquer le marmol mène direc- •ement à attendre. || 4° Variété de raisin.
. — REM. L'Académie définit lo marmot, espèce de tinge qui a une barbe et une longue queue, mais aucun singe n'est ainsi appelé dans les ouvrages l'histoire naturelle. Celte définition est donc mauvaise ; et la seule qu'on puisse donner est que marmot était un ancien nom du singe.
- HLST. XV' s. Elle dit qu'il est débonnaire, Bel homme, plaisant et mignot; Et c'est un putier ordinaire, QUI es' aussi laid qu'ung marmot, coquil- LART, Droits nouteaus. || xvi' s. En l'isle de Zocotcre, on voit une besie qui s'appelle huspalin, grosse comme un marmot éthiopien, fort monstrueuse, Tkvt, Monstres app. 3. Or des bestcs que j'ay sus dites, Sagon, tu n'es des plus petites; Combien ^ue Sagon soit un mot Et le nom d'un petit marmot, MAPOT, le Yalet contre Sagon.
— ÊTYM. Wallon, marmot, roquet; ital. marmoethio. Origine inconnue. Henri Eslicnne, dans sa Con-
formiti du langage français avec le grec, l'a tiré du grec |j.opiià), épouvantail; mais on ne voit pas comment ce mot grec serait entré en français. Marmot se rattache-t-il à marmotte ou à marmouse t .^ Scheler demande si marmot ne serait pas un dérivé de l'ancien français merme, qui signifie très-petit; cela n'est pas impossible, bien que le sens primitif soit singe et non enfant. Marrrutille paraît tenir à rM,rmot. M. Boucherie croit que marmot vient de l'ancien français m'arme [mon âme] ; mais cela, qui peut-être s'appliquerait à marmot, enfant, ne s'applique auctinement à marmot, singe, qui est le sens ancien, t MARMOTTAGE (mar-mo-ta-j'), s. m. Action de marmotter. M. du Maine disait qu'il était très-innocent des soupçons qu'on avait contre lui, tout cela par hoquets et parmi force soupirs, de temps en temps des signes de croix et des marmottages, si-
— ÊTYM. Marmotter.
) . MARMOTTE (mar-mo-f), ». f. || 1» Quadrupède rongeur de l'ordre des loirs, qui dort l'hiver, nom vulgaire et spécifique de X'arctomys marmotte. Faire
danser ia marmotte Quand la race escarbote Est
en quartier d'hiver, et, comme la marmotte. Se cache et ne voit point le jour, la font. Fabl. ii, 8. La marmotte prise jeune s'apprivoise plus qu'aucun animal sauvage et presque autant que nos animaux domestiques, bl'ff. Quadrup. t. m, p. 7. || Dormir comme une marmotte, dormir beaucoup ou profondément. Malgré la dureté du grabat et malgré les coutures qui m'écorchaient les jambes, je dormis comme une marmotte jusqu'à neuf heures du matin, LE SAGE, Est. Gomalei, ch. 3. || 2° Marmotte du Canada, nom donné par Buffon à X'arctomys monax. \\ Marmotte, un des noms vulgaires donnés au didelphe marin, marsupiaux, appelé aussi marmoso. Il Marmotte de Sibérie, voy. souslic. || 3" Coiffure de femme qui consiste dans un morceau d'étoffe placé sur la tête, la pointe en arrière et les bouts noués sous le menton; dénomination qui vient de ce que les petites Savoyardes, montreuses de marmottes au siècle dernier, étaient ainsi coiffées. Porter une marmotte. Être coiffée en marmotte. || 4° Terme de marine. Baril portatif où l'on conserve une mèche allumée qui s'y consume lentement et avec laquelle on se procure du feu à tout moment. C'est encore un coffre où les calfats renferment leurs outils.
— iliST. xm* s. Preneiz dou sayn de la marmote, De la merde de la linote. Au mardi main [matin]. Et dQ la fuelle dou plantain, huti'b. 264. Ne le tenez pas à borde ne à moquois; nos ne sûmes pas de ces boleors [trompeurs] qui vont par cest pais vendant sif de mouton pour sain de marmote, Erberie, Ms. de St-Germain, f° 89, dans lacuRNE,aumot sain. Si en voit l'en jouer les singes, Les ours, les chiens et les marmoles For la maaille seulement, jijbinal. Jongleurs et trouvères, p. 40i- 1 06. Il xV s. Et ridée co'nme une marmote, coquill. Enqueste entre la simple et la rusée.
— ÊTYM. Marmontain, un des anciens noms français de la marmotte ; espagn. et portug. marmotta; ital. marmotta, marmodo ; pays de Coïre, murmont; anc. h. allem. muremanto, muremunti; du lat. murem montanum ou murem montis, rat de montagne.
t 2. MARMOTTE (mar-mo-t'), s. f. Fruit du marmotticr. || Huile de marmotte, sorte d'huile fixe, très-rare, mais plus estimée que l'huile d'olive pour quelques usages culinaires, que l'on extrait de l'amande de la marmotte.
MARMOTTÉ, ÉE [mar-mo-té, tée), part.patsé ào marmotter. Des prières marmottées.
MARMOTTER (mar-mo-té), v. a. jj 1° Parler confusément entre ses dents. Que marmottez-vous là, petite impertinente? mol. Sgan. i. Quand je lui demande ce qu'il marmotte, sév. 3o juill. (889. Il marmotte toujours certtines patenôtres Où je no comprends rien, rac. Plaid, ii, (. Cette ardeur d'apprendre devint une manie qui me rendait comme hébété, tout occupé que j'étais sans cesse à marmotter quelque chose cntro mes dents, 1. i. Bouss. Confess. vi. || Absolument. Et semblaient, se plaignant, marmotter pardépit, rêgnier, Sat. XI. Les enfants des villes, élevés dans la chambre et sous l'aile d'une gouvernante, n'ont besoin que do marmotter pour se faire entendre, J. j. Rouss. Ém. 1. Elles [les marmottes] le boivent [le lait] en marmottant, c'est-à-diro en faisant comme le chat une espùco de murmure do contentement, BUPF. Quadrup. t. m, p. ». jj 2* Se marmotter, V. réfl. Être marmotté. Des paroles qui se marmottaient i l'oreille.
— HIST. XVI* s. Et patenostres en avant; ainsi marmotant de la bouche et dodelinant de la teste, RAB. Garg. i, 22. Un conseiller.... feut ouï marmotant entre les dents.... mont, iv, 474.
— ÊTYM. Pays de Côme, marmotà. Origine douteuse. On y a vu une onomatopée. Diez préfère l'opinion de Wackernagel, qui le rattache à marmotte, remarquant que l'allemand murmeln, marmotter, tient aussi à Murmelthier, marmotte; il faut ajouter à cela que, d'après Buffon, la marmotte marmotte en buvant. Grandgagnage le décompose en mar, particule, et motter, du latin mussare; mais motter n'existe pas en français.
t MARMOTTERIE (mar-mo-te-rie), s. f. Actioa de marmotter.
— HIST. xvi* s. Marmotterie, oudin, Dict.
+ MARMOTTECR, EUSE (mar-mo-teur, teû-z') , s. m. et f. Celui, celle qui marmotte entre ses dents.
t MARMOTTIER (mar-mo-tié), s. m. Nom vulgaire donné dans les Alpes au prunier de Briançon, prunus brigantiaca, Villars.
MARMOUSET (mar-mou-zè ; le t ne se lie pas ; au pluriel, \'s se lie: mar-mou-zè-z insolents; marmousets rime avec traits, succès, paix), s. m. \\ 1° Petite figure grotesque. Charaos, Maloch, Belphégor, Astarot, Baal-Zébuth, et autres marmousets, volt. Phil. Déf. mil. Bolingbroke, xvi. Les marmousets de Laban, les manitous des sauvages, j. j. rolss. Ém. iv. Le Cafre tira d'un lambeau de pagne.... un petit marmouset de bois, bern. de st-p. Notes s. la Ch. ind. Il 2" Marmouset, visage de marmouset, petitgarçon, petit homme mal fait ou non. Quel marmouset'jen parlant d'Ésope] 1 boursault. Fables d'És. i, I . Si cet homme [aussi grand que le mont Athos] avait la vue assez subtile pour vous découvrir quelque part sur la terre, avec vos armes offensives et défensives, que croyez-vous qu'il penserait de petits marmousets ainsi équipés, et de ce que vous appelez guerre, cavalerie, infanterie...? la bruy. xii. || 11 sera fête demain, les marmousets sont aux fenêtres, se dit quand on voit beaucoup de gens aux fenêtres; locution tirée sans doute de ce que, les marmousets étant des statuettes de saints, on les mettait,, dans les fêtes, aux fenêtres. || 3" Par mépris, jeune homme sans conséquence. Faut-il qu'un marmouset, un maudit étourneau.... mol. Sgan. 9. Quoi donci ce marmouset Avec son poil blondin transplanté sur sa tête Vous plairait pour époux? montfleury, Femme juge et parti?, ii,4. C'était [Cornélie, la femme de Pompée], à ce que dit l'histoire, une assez sotte petite personne qui ne se mêla jamais de rien ; Corneille a très-bien fait de l'ennoblir; mais je ne puis souffrir qu'elle traite César comme un marmouset, volt. Lett. Mme du Deffant, 28 juill. 1764. Prendre ces marmousets-là pour des personnages puisqu'ils en ont la manie [d'être des personnages], m de n. Lett. à la comt. de Forbach, QEuv. t. m, p. 450, dans pougens. Il La conspiration des marmousets, conspiration de jeunes seigneurs, en 4737, pour renverser le ministère du cardinal de Fleury. 114" Espèce de chenet de fonte, en forme de prisme triangulaire, dont une extrémité est ornée d'une figure quelconque.
— IllST. XIV* s. X Paris un encontra o [avec, la compagnie de aucuns compaignons un autre en la rue des marmouscs, ii. de mondeville, f° 99. Il XV* s. Je n'ai vu nul haut seigneur qui n'eust son marmouset, ou de clergé ou de garçons montés par leurs jengles et par leur bourdes en honneur, FROiss. II, m, 27. À marmousetz etmariotles. Je crie à toutes gens merci, vjllon. Hall, où il crie mtrci.
— ÊTYM. A Paris, la rue des marmousets s'appelait, dans les titres latins, vicus marmoretorum, à causade petites figures en marbre qui s'y trouvaient. Jfarmousct vient donc de marmorêlum, de marmor, marbre (voy. ce mot) : marmnret, et, suivant ia prononciation des Parisiens qui changeaient l'r on *, marmoset, marmouiet. La forme latine écarte toute possibilité de rattacher marmouset à l'ancien français merme, très-petit, et sans doute aussi à marmot, marmaille, etc. Il y avait anciennement un vcrl>e marmuser, marmouser (Berry, marmouser, marmiiser), parler entre les dents, un substantif marmouserie, tristesse, mélancolie ; il no paraît pas qu'ils aient rien do commun avec marmouset; ils viennent peut-être de la particule mar, et de muser, ou du latin mussare, marmotter : On en mai'muse dans Paris, la prison de M. Dassoucy, etc. Paris, (874, dans r\\. ttiaïKi,, Argot, in-(2, p. 6|.
t MARMOUTON (mar-mou-ton), s. m. Nom vulgaire, dans quelques parties de la France méridionale, des béliers réservés pour la monte.
— Ëtyh. Uar pour mdle, et mouton.
MAR
If ahwaok fmar-na-j'), t. m. Opération agricole ,^.Ti mêler à 'la ..rr« arable une oerlainc TinUlé de marne, soit pour amender "" sol c est- Wire en modifier l'état physique et mécanique, îoil pour lui donner des élémenU calcaires ou argi-
Boo marnage.
— ÊTYU. Marner. , j ^ .
+ MARNAIS (mar-nê), ». m. Espèce de toteau plat qui descend la Marne jusqu'à l'ans. || Àdjeclivement. Bateau marnais.
MARNE (mar-n'), *. f. Mélange naturel, en des proportions variables, de calcaire et d'argile, auxquels se trouve presque toujours associé un peu de iable, et qui est propre à amender et à engraisser certaines terres. Une carrière de marne. Il faut mêler la marne avec une certaine quantité de fumier, et cela est d'autant plus nécessaire que le terrain est plus humide et plus froid, buff. Ifin. 1. 1, p. 309. Il Marnes calcaires, marnes où abonde l'élément calcaire; marnes argileuses, ou argile; marne verte, marne très-argileuse qui surmonte la formation gypseuse dans les environs de Pans. Il Marne i foulon, variété de marne, très-soluble dans l'eau, servant aux apprêts des draperies dans certaines manufactures. || Terme de géologie. Marnes irisées, ou keuper, assise supérieure des marnes du Jura, laquelle, se délitant à l'air en fragments polyédriques, présente des couleurs vives et variées.
— HIST. xiv* B. L'an mcccxvui furent v acres de terre mallées de blanc malle, et fut le malle pris ?u champ meismes, dix leises en parfont, délisle, AgricuU. norm. p. 267. || xv* s. Gravier de blanche marie fort et dur, sur quoi on peut fermement eharier, fboiss. i, i, 278. ||ivi* s. U y a en certaines parties de la Gascongne et autres pays de France, un genre de terre qu'on appelle merle, de laquelle les laboureurs fument leurs champs, palissy, io. La marne ne doit estre oubliée, pour la grande vertu engraissante qu'elle a, à bon droit appeliée d'aucuns manne.... selon les lieux elle est colorée ; en aucuns elle est blanche, en autres grise ou rousse, o. df. serres, to. Et ainsi allant et traversant parmy ce bois, vint tomber dans un puits i marie.... Nouvelle fabrique des excellenls traits de vérité, p. M3, éd. Jannel, Paris, <853.
— ÉTYM. Wallon, mdie; Hainaut, marie ; namur. maule; picard, marie, merle; haut norm. malle et même mdIe, le faisant masculin : du mdle ; ital. morgo; bas-bret.Hiarfii;; irl. maria; allem. i/ergel ; •uéd. nuergel; du mot gaulois marga, qui fut reçu dans la latinité; on le trouve dans Pline.
MAKNË, ËK (mar-né, née) , part, passé de marner. Sol marné.
i. HARNKR (mar-né), v.a. Terme d'agriculture. Répandre de la marne sur un champ. 11 fait marner sa terre et il compte que de quinze ans entiers U ne sera obligé de la fumer, la bruï. xi.
— HIST. lui' s. Si comme s'il le prendoit à plu- ■ors années i ferme, si comme à fumer, ou à mal- 1er, ou à vignes planter, beaum. xiii, id. ||zvi*s. La première année que la terre sera marnée, elle ne produira rien, o. de sebhes, 326.
— ÉTYM. Home.
t i. MARNER (mar-né), v. n. Terme de marine qui se trouve pour la première fois dans l'Encyclopédie méthodique (au mot marine) en i786. Monter en parlant de la mer, au-dessus du niveau des hautes eaux communes. Dans un parage où la mer marne au plus de deux pieds, bouvkt, Projet, «8(3, dans JAL. Sur les cAtps de la Manche la mer marne beaucoup plus que sur celles de l'Océan en France ; la Héditorranée marne très-peu, LEGOAnANT.
t HARNERON (mar-ne-ron), *. m. Ouvrier qui travaille dans une marnicre.
i MARNEUR (mar-neur) , s. m. Celui qui répand
lie U marne sur les terres. || En Normandie, ouvrier
qui travaille dans les marnières.
MARNECX, EOSE (mar-neû, neû-z'), adj. Qui
renferme de la marne ou en présente les caractères.
Sol marneux. Couche marneuse. Le bon effet de
l'amendement marneux n« te manifeste pleinement
qu'à U troisième ou quatriéms année, bufï. Jft'n
— ÉTYM. Marne.
MAnNtÈRB(mar-nik-rO, t. f. Currière de marne.
— HIST. MO* s. Sire, ce n'est marliere viez, Ne gnnt fouM^, ne parfont biez ; Ainz est abimes vroie-
ment, Rn. Mue. U xvi Une chienne de
bien eut cinq chiens d'une portée, que l'on jctta dans une marliere.... NouvelU faM<tue def exulr lenti traiu d» vérité, p. h 4, éd. Jannet, Pari».
MAR
ÉTYM. Jfome; picard, marliere; wallon, ma-
reltre.
t MARNO-BITCMINEUX, EUSE (mar-no-bi-tumi-neù, ncû-z'), adj. Terme de minéralogie. Qui contient delà marne et du bitume. On dit semblablement nlarno-charbonneui, marno-gypseux, marnosablonneux.
t MAROC (ma-rok), s. m. Nom d'une ancienne étoffe de laine. Les marocs destinés pour le Portugal et pour l'Espagne pourront être foulés et apprêtés de manière à revenir, au retour du foulon et des apprêts, à demi-aune moins deux pouces, Leit. pal. 22 juin. I780, art. <3, Champagne.
t MAROLLES (ma-ro-l'), s. m. Nom que portent les fromages fabriqués à Marolles. Un morceau de maroUes. Du bon marolles.
t MARONAGE (ma-ro-na-j'), s. m. Droit de se faire délivrer des arbres pour la construction et les réparations des bâtiments. Les droits [d'usage] qui se rencontrent le plus communément sont ceux de l'affouage [bois de feu] et de maronage, de forcade, Rapp. au Ministre des finances, i2 fév. I860, in-4° p. 23.
— ÉTYM. Peut-être pour marenage, de marain ou merrien (voy. merrien).
MARONITE (ma-ro-ni-f), s. tn. et f. Catholique du rit syrien qui habite le mont Liban. || Àdj. Un prêtre maronite.
— ÉTYM. Jfaron, nom a un moine qui les instruisit.
MARONNER (ma-ro-né) , t). n. Terme populaire. Murmurer. |{ Activement. Qu'est-ce que tu maronnes?
MAROQUIN (ma-ro-kin), s. m. || l°Cuir de bouc ou de chèvre, apprêté '-tvec de la noix de galle ou du sumac. Maroquin à gros, â petit grain. Livre relié en maroquin. Herbes de maroquin, le 400 pesant payera, comme sumac, 20 sols, Tarif, (8 sept. 1684. Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin.... BOiL. Sat. VIII. Il est de rigueur que le grain du maroquin soit en travers de la couverture, lesné, Reliure, p. (84. Plus tard on fit venir ces mêmes peaux de la côie de Barbarie, et, plus particulièrement du Maroc; de ce moment le coî'douon [cuir, voy. cordonnier] fut appelé maroquin et maroquin du Levant, DELABORDE, Êmaii2, p. 384. || 2'Toute peau façonnée à la manière du maroquin. ||3°Fig. et familièrement. On lui donnera sur le maroquin, on le battra. Le cocher dispos et fantasque Descend, et, sautant comme un Basque, Se jette sur son maroquin, Et le traite comme un coquin, i'emborras de la foire de Beaucaire, p. 22, dans fr. michel. Argot, tanner. Il 4° Papier maroquin, papier de couleur, apprêté do manière à ressembler au maroquin. || 6° Terme de marine. Cordage amarré autour du grand mât et du mât de misaine, pour recevoir les palans qui servent à embarquer et idébarquer les marchandises.
— HIST. XVI' s. Delà peau seront faictz les beaulx maroquins, lesquelz on vendra pour marroquins turquins, ou de Montelimart, ou de Hespaigne pour le pire, rab. Pant. iv, 8. Une escriptoire, couverte de maroquin du Levant, dorée et argentée, ferrée d'argent, delaborde. Émaux, p. 38B.
— ÉTYM. Maroc, contrée où se fait le maroquin. t MAROQUINAGE (ma-xo-ki-na- j*) , «. m. Action
de maroquiner.
MAROQUINÉ, ÊE (ma-ro-ki-né, née), port, passé de maroquiner. La faïence, les cuirs maroquinés furent travaillés en France, volt. Louis XIV, 29. Presque tous les papiers maroquinés, excepté celui de Strasbourg, se dorent mal,LEsN8, la Reliure, p. (35.
MAROQUINER (ma-ro-ki-né) , t). a. Façonner des peaux do veau ou de mouton en maroquin. |{ On dit aussi maroquiner du papier.
—ÉTYM. Maroquin.
MAROQUINERIE (ma-ro-ki-ne-rie), s. f. Art de faire le maroquin. |{ Commerce de maroquin. || Atelier de maroquinier.
MAROQUINIER (ma-ro-ki-nié;Vr ne se 4ie jamais ; au pluriel, l'iselie : desoia-ro-ki-nié-z habile.?), t. m. Ouvrier qui fabrique des peaux en maroquin,
HAROTIQUE (ma-ro-ti-k'), a(^". Imité du langage
de Clément Marot Ces ramas de larcins maro-
tiques, Moitié français et moitié germaniques, volt. Ép. 36. jl Style marotique, style qui consiste presque toujours à recueillir et ordonner d'une manière pénible et embarrassée des mots fort anciens ou qui n'ont même jamais été français, mais qu'on dérive tout exprès du latin ; le mot se prend d'ordinaire en mauvaise part. Je voudrais que tous nos petiu rimailleurs pussent lire ce que votre Altesse Royale m'a écrit sur le style marotique et sur le ri-
MAR
dicule d'exprimer en vieux mots des choses qui ne méritent d'être exprimées en aucune langue, volt. Lett. prince royal de Prusse, fév. 1738.
— ÉTYM. ifarof, poêle célèbre du ivi' siècle.
t MAROTISER (ma-ro-ti-zé), v. n. Imiter le style de Marot.
f MAROTISME (ma-ro-ti-sm') , i. m. Imitat.on du style des poésies de Marot.
t MAROTISTE (ma-ro-ti-sf) , i. m. Celui qui affecte le syle marotiiiue.
SIAROTTE (ma-ro-f), s. f. ]| 1° Espèce de sceptre qui est surmonté d'une tête coiffée d'un capuchon bigarré de différentes couleurs, et garnie de grelots; c'est l'attribut de la Folie, et c'était celui des fous des rois. Un fou reçoit ses grelots et sa marotte en cérémonie, VOLT. Dial. xxiv, iO. ||Kig. Le ciel nous dote D'une marotte Tour à tour grave et quinteuse et falote, bérang. Troubad. || Il devrait porter la marotte, c'est un extravagant. || 2° Fig. et familièrement. Objet de quelque folie. Jugeant qu'il y avait assez de fous dans Paris pour ne laisser croupir cette marotte [les rêveries des rosecroix|,NAUDi!,7ioMcroii, m, 5. Il Objet de quelque affection folle et déréglée. Une femme stupiile est donc votre marotte? — Tant, que j'aimerais mieux une laide bien sotte. Qu'une femme fort belle avec beaucoup d'esprit, mol. Éc. desf. i, 1. Nous avons la marotte d'être délicats, parce que cela donne un air plus tendre, mahivaux, Surpr. de Vamour, i, 2. Chaque siècle a eu sa marotte, volt. Lett. dJf'**, B janv. (759.
— HIST. XVI' s. Puis en majesté presidentale, tenant sa marotte on poing, comme si feust un sceptre, RAB. Pant. m, 37. Si monsieur de Bonnivet, qui estoit admirai, en estoit cause [de la révolte du connétable de Bourbon], je n'en say rien; mais on le disoit ; quelqu'un toujours porte la paarotto [est l'objet d'imputations], montluc, Mém. t. 11, p. 2(3, dans LACL'RNE. Blasmant, lorsqu'il en parloit à ses plus affldez, infiniment ceux qui l'avoient voulu coiffer de cette marotte [impliquer dans une certaine entreprise], estant là ses propres termes, sully, ilcm. t. m, p. 24, dans lacurne. Il en est plus assotlé qu'un fol de sa marotte, cotgrave. Au fol la marotte, iD. Fol est qui sa marotte ne cognoist et ne la maine comme il doit, lo. Si tous les fols portoient marotte, on ne sçait pas de quel bois on se chaufferoit, iD.
— ÉTYM. Il vient de Ifari'e de la même façon que marionnette. Marotte pour Mariotle est un des diminutifs de Marie: Vive mon aimable Marote; Pour ses yeux doux Nous sommes tous. Tous à Marote, Muses coquettes, dans richelet.
t MAROUCUIN (ma-rou-chin), s. m. Sorte de pastelj qui se fait des dernières récoltes des feuilles de la gucde et qui est lo moi/idre de tous les pastels, pour la teinture en bleu Ce qui rend [la
gucde de Normandie] aussi faible comme le marouchin ou les dernières cueillettes du pastel qui croît dans le haut Languedoc, Instt. gén. pour la teint. (8 mars (861, art. 287.
t SIAROUETTE (ma-rou-è-f) , s. ^. || l°Voy. rAle I . Il 8° Un des noms vulgaires de la marute cotule, Synanthérées, appelée encore camomille puante ; c'est l'anthémis cotule, Linné.
(. MAROUFLE (ma-rou-fl'), s. m. || 1° Terme de mépris qui se dit d'un homme grossier. Ce maroufle-là me laisse toute seule à la maison comme si j'étais son chien, mol. Jalousie du Barb. 8. Vous apprendrez, maroufle, à rire à nos dépens, m. Sgan. (7. Peste soit du maroufle! in. Festin, 11, 3. Un certain gros maroufle a passé tout proche de lui, et lui a arraché son épée, dancourt, les Fonds perdus, il, 6. Voilà un pernicieux maroufle, ID. Bourg, à la mode, m, (2. |] 2' U se dit aussi d'un homme qu'onn'estime pas. Je ferai voir à ces maroufles Oue Tonne me prend point sans moufles, scarr. KirJ. II. Un de ces maroufles qui font deslibellpspour gagner du pain, volt. L'h. aux io écus. Scélérat chassé. Il est bon de venger quelquefois la raison des injures des maroufles, id. Lett. Damilaville, H" avril (766.
— HIST. xv s. Sot et maroufle, Caquets de l'accouchée, p. (36, dans LACURNE. Il XVI' s. Uu gros maroufle, un gros briffaut. Dont Messire Jean est lo nom, et. jodelle, Eugène, Com. ni, (.
— Btvm. Origine inconnue. Serait-ce le mot maraud affuble d'une autre terminaison? Il y a en italien marruf/ino, garçon de marchand drapier.
2. MAROUFLE (ma-rou-fl'), s. f. Terme de peinture. Colle très-forte et très-tenace, dont on se sert pour maroufler.
— ÉTYM. Cette colle a été ainsi nommée do maroufle (, par quelque a.ssimilation plaisante.
MAB
BrAROUFLÉ, ÊE (ma-rou-flé, née) , part, passé de maroufler. Toile marouflée.
SIAROCFLER (ma-rou-flé), v. a. || 1° Terme de peinture. Coller un tableau peint sur toile, avec de la maroufle^ en l'appliquant soit sur une toile pour le renforcer, soit sur du bois ou sur un enduit de plâtre, ou sur une muraille, pour l'y fixer. || 2° Terme de construction. Coller, derrière un panneau de lambris, de la toile, de la filasse, ou tout autre corps résistant, pour empêcher les planches du panneau de se disjoindre. || Couvrir, avec de la colle de pâte ou de la gélatine, des toiles qui sont garnies de papiers et clouées sur des châssis pour les rendre plus fermes et mieux tendues. 1| 3* On se sert souvent du verbe maroufler pour les bahuts et armoires du moyen âge.
t MAROUTE (ma-rout"), ». f. Un des noms vulgaires de la marute cotule, syn&nthérées, dite aussi marouette et camomille puante.
tMARPRIME'(mar-pri-m'), s. f. Terme de marine. Nom que les voiliers donnent à un poinçon dont ils se servent pour percer des trous dans la toile. MARQUANT, ANTE (mar-kan, kan-t'), adj.\\ 1° Oui marque, qui a quelque précellence. Un homme marquant. |{ Il se dit aussi des choses. Une idée, une couleur marquante. || 2° Cartes marquantes, cartes qui valent des points à celui qui les a. |{ Substantivement. Une marquante. Les marquantes sont telles et telles cartes.
— SYN. HOMME MABQUANT, HOMME DE MABQUB.
L'homme marquant est un homme qui a quelque éminence par son rang, par son mérite, par ses services, par ses actions. L'homme de marque est un homme qui appartient aux hauts rangs de la société soit par sa famille soit par ses fonctions. MARQUE (mar-k'i Chifflet, Gramm. p. <82, met en garde contre la prononciation merque, qui d'ailleurs est un archaïsme), s. /'. || 1° Signe servant à f:iire reconnaître. La marque des mouto«s de tel troupeau. Faisons au galant une marque, Pour le pouvoir demain connaître mieux, la font. Mul. Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond du désert brillante de clartés, Et porte sur le front une marque immortelle? rac. Alhalie, m, 7. [Je veux] Vous marquer de ma marque, ainsi que votre père. Pour vous mieux distinguer (deux frères jumeaux], faisait fort prudemment, regnakd, Ménechm. m, \. Il Échalas de marque, latte de marque, trinç^s sur lesquelles les treillageurs tracent leurs dimensions. Il Terme de vétérinaire et de police saiiitairé. Signe appliqué à un animal et propre à constater son état sanitaire dans les cas d'épizootie. || 2° Marque de la mer, trace qu'elle laisse sur le rivage. Il Synonyme d'amers. || Se dit aussi des tonnes ou balises fixées par une ancre et flottant au-dessus de la mer pour in<liquer une passe dangereuse. || Bout de fil à voile fixé sur une manœuvre courante pour indiquer pendant la nuit que cette manœuvre est cuffisamment halée ou tendue, et afin de l'amarrer quand cette marque est rendue au point convenu. Il Marque du tirant d'eau, petites lames de plomb clouées sur les côtes de l'élrave et de l'étambot. Il 3" Empreinte que le gouvernement met sur toutes les marchandises assujéties à quelque contribution pour faire connaître qu'elles ont acquitté le droit. 1^ marque de la douane. || Rroit de marque, droit qu'on perçoit sur ces marchandises. Droit de marque et de garantie. Le droit de marque sur les cuirs, ou, simplement, la marque des cuirs. || Terme d'ancienne législation. Marque d'or et d'argent, droit prélevé sur l'or et l'argent mis en œuvre. Il 4* Chiffre, figure que les marchands et ouvriers mettent à leurs marchandises et ouvrages. La marque de la fabrique. La marque du fabricant, du marchand, de l'ouvrier. || Kig. La marque de l'ouvrier, ce qui indique de la distinction, un caractère d'excellence. J'ai envie de vous mander que votre fille est devenue blonde : quoi qu'il en soit, il J a toujours à tous vos enfants la marque de l'ouvrier, sév. 20 avril 4072. || On dit de même : la marque de l'ouvrifcro. U y a dans tout ce qui vient de vous autres [Grignan] un petit brin d'impétuorité, qui est la vraie marque de l'ouvrière, sBv. t mars <i72. || Farine de première marque, celle qui, Dc contenant pas de son, se compose de la fleur de farine, de la farine de premier gruau blanc, et de lj farine du deuxième gruau blanc. Farine des quatre marques, farine qui forte, à la balle de Paris, les marquesdecerlainsmcunicrs réunis. Il Par extension, les marques françaises, les marchandises qui proviennent de France. L'année «865 a été très-propice k l'industrie et au commerce de U France ; les marques françaises ont su se faire '
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apprécier à l'étranger, Presse scienti/ique, fév. isoa, p. <3«. Il Fig. Ancienne marque, le caractère antique, la loyauté antique. C'était un docteur de l'ancienne marque, Boss. Cornet. |j On dit dans le même sens : la bonne marque. C'était [dans les premiers temps du christianisme] une espèce de désertion que d'aspirer aux honneurs du monde; et les sages ne pensaient pas qu'un chrétien de la bonne marque pilt devenir magistrat, boss. Pan^g. St Thomas de Cant. 2. || Chiffre secret dont les marchands se servent pour indiquer sur leurs marchandises le prix qu'elles leur ont coilté. Consulter la marque avant de dire le prix de la marchandise. Il y a aussi des marques en chifl'res connus. Il Signe qu'un artiste imprime sur ses ouvrages pour les distinguer de ceux des autres. || Marque se dit aussi des lettres qu'un particulier met sur son linge pour le reconnaître, particulièrement quand il l'envoie au blanchissage. || 5" Instrument avec lequel on fait une empreinte sur de la vaisselle, sur du drap, etc. La marque pour marquer la vaisselle. Il Flétrissure imprimée avec un fer chaud, sur l'épaule d'une personne condamnée à cette peine. I.a peine de la marque a été abolie sous le gouvernement de Juillet. || Fig. N'imprimez pas, seigneur, cette honteuse marque X ces rares vertus qui vous ont fait monarque , corn, Cinna, II, <. Il 6" Signe par lequel un homme qui ne sait pas écrire supplée au défaut de sa signature. Mettre sa marque au bas d'une pièce d'écriture. || 7" Impression que laisse sur le corps une lésion quelconque. Il a eu la petite vérole, il lui en reste des marques. 11 a été frappé au front, la marque y est encore. Paraissez, cher enfant, digne sang de nos rois; Connais-tu l'héritier du plus saint des monarques, Reine? de ton poignard connais du moins Ses marques, rac. Ath. v, B. Venez, prince, et montrez au plus grand des monarques De vos fers glorieux les vénérables marques, volt. Zaïre, u, 3. Il Familièrement. Faire porter ses marques à quelqu'un, lui donner quelque coup dont il reste marqué. || Fig. La blessure guérit; mais la marque reste, et cette marque est un sceau respecté qui préserve le cœur d'une autre atteinte, J. J. Rouss. Ilél. VI, 7. Il 8° Trace qu'un contact, qu'une action laisse sur un corps. Ces murs portent encore la marque du feu. La marque des roues est toute fraîche. (| 9° Tache, signe que l'homme, l'animal apporte en naissant. Cet enfant avait cette marque en venant au monde. || Marques de Judas, taches de rousseur, ainsi dites parce qu'on représente Judas roux. Il Terme de vétérinaire. Marque, signe aux dents du cheval, indiquant son âge; on le nomme aussi germe de fève. Marque de feu, nuance de feu, nuance d'un rouge vif sur difi'érentes régions du corps. Marque en tCte, tache de poils blancs au milieu du front. || 10° Ornement distinctif, signe de quelque dignité. Les faisceaux et la hache étaient la marque des grandes magistratures romaines. Gardez votre pouvoir, reprenez-en la marque, cobn. Poly. v, 8. Vous auriez une paroisse de plus, dont vous seriez le seigneur supérieur avec toutes les marques, sév. à Guilaut, 9 fév., 1683. On la fit abbesse [la princesse Bénédicte encore enfant], sans que dans un âge si tendre elle sût ce qu'elle faisait; et la marque d'une si grave dignité fut comme un jouet entre ses mains, BOSS. Anne de Gonl. Jésus-Christ, qui doit comme Fils de Dieu, présider à ce jugement, viendra avec toutes les marques dc la puissance et de la majesté divine, bourdal. Jugem. dernier, l'Aient, p. 332. D'une longue soutane il endosse la moire. Prend ses gants violets, les marques de sa gloire, yoiL. Lutr. IV. Il Marques d'honneur, certaines marques de distinction accordées par le souverain. La décoration de la Légion d'honneur, l'ordre de la Jarretière, sont des marques d'honneur. {| On dit dans ce sens : porter les marques d'un ordre. |{ En armoiries, marques d'honneur, les pièces qu'on met hors de l'écu, comme le bâton de maréchal de Franco, le collier d'un ordre, etc. || Par extension. La plupart des noms rapportés par Homère sont des marques de distinction, bartiiélkuy, Anach. cb. as. Il Fig. Marque d'honneur, une haute fonction. Cette marque d'honneur [gouverneur du jeune prince] qu'il [le roi] met dans ma famille, Montre à tous qu'il est juste.... cohn. Cid, i, fl. || 11' Fig. Distinction. Toutes les autres morts n'ont mérite ni marque ; Celle-ci porte seule un éclat radieux. Qui fait revivre l'homme et le met de b barque k la table des dieux, halh. ii, fi. Il importe aux monarques Qui veulent aux vertus rendre de digaes marques..., C0U4, V. Sandu,i, 3. || Un homme
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de marque, un homme qui occupe un rang èmlnent dans la société, en raison sait de sa famille, soit de ses fonctions. Mais il a vu bientôt qu'il n'avait rien à craindre; Et trop de gens de marque ont répondu de moi, tu. corn. Galant douhU, v, 2. On peut à peine compter deux ou trois hommes de marque qui aient persévéré dans l'obéissance, boss. Var. 40. Il périt beaucoup de monde de part et d'autre à ce siège, mais personne de marque, st-sim. 47, 45. Il y périt une quantité d'officiers de marque, duclis, llist. Louis XI, Œuvres, t. m, p. 4 08.1112° Ce qu'on emploie pour se souvenir de quelque chose. Faire un nœud à son mouchoir pour servir de marque. Mettre une marque dans un livre. Et notre âge est ingrat qui voit tant de trésors. S'il n'élève à sa gloire une marque éternelle, malii. v, 42. || Chez les boulangers, la marque, petit morceau de bois sur lequel on fait une coche pour chaque pain fourni ; on règle le compte à l'aide de ces coches. || 13° Au jeu, jetons qui servent à marquer les points ou les parties qu'on gagne. || Ironiquement. Il est heureux à la marque, se dit d'un joueur que l'on soupçonne de marquer plus qu'il ne faut. || Petit ustensile en carton, ou en bois, ou en os, ou en ivoire, qui porte d'un côté une languette valant cinq, et quatre languettes valant chacune un, et do l'autre côté une languette valant cinquante, et quatre languettes valant dix chacune; le total est 8», de sorte que, quand on joue en 4 00, un point de plus que 9» montre qu'on a gagné. On taille aussi des marques semblables avec une carte. || 14° Jetons, fiches ou autres signes que l'on met au jeu, au lieu d'argent. On quitte le jeu à l'heure que je vous ai dit; on n'a point du tout de peine à faire les comptes; il n'y a point de jetons ni do marques, sév. 299. Il 15* Ancien nom du premier billet d'entrée donné au bureau des théâtres, par opposition à contremanque qui est le second billet. Tous les gagistes, receveurs de marques et de contre-marques que je rencontra»! sur mon chemin, me firent de profondes révérences, le sage, Gil Blas, vu, 8. Il 16" Fig. Indice, présage, trace, impression, témoignage, preuve. C'est une marque de bonheur, de malheur. Le ciel rouge le soir, au couchant est, au dire des pay.^^ans, une marque de vent pour le lendemain. J'ai toujours vu ma dame avoir toutes les marques De n'être point soumise à loutrage des Parques, malh. v, 24. Je découvrais en vous assez d'illustres marques. Pour vous préférer même aux plus heureux monarques, corn. PoUj. ii, 2. Je suis devenu théologien, vous en allez voir les marques, PASc. Prov. I. Quelle plus haute marque peut-on produire de la foi de cet accusé ? m. ib. m. Cela doit consoler ceux qui en sortent [des troubles] , puisque, étant avertis que le chemin du ciel qu'ils che»chent en est rempli, ils doivent se réjouir de rencontrer des marques qu'ils sont dans le véritable chemin, id. I.elt. à Mlle de Roannei, 6. La vraie religion doit avoir pour marque d'obliger à aimer son Dieu, m. Pens. xi, 4 , édit. iiavet. Les trois marques de la religion : la perpétuité, la bonne vie, les miracles, m. ib. xxiii , 28. Si je voyais partout les marques d'un créateur, je reposerais dans la foi, ID. ib. XIV, 2. La création et le déluge étant passés, et Dieu ne devant plus détruire le monde, non plus que le recréer, ni donner de ces grandes marques de lui, m. ib. xv, 4. Considérant combien il y a plus d'apparence qu'il y a autre chose que c« que je vois, j'ai recherché si ce Dieu n'aurait point laissé quelques marques de soi, ii>. ib. xi, 8. Nous avons tant de canons, tant de timbales, tant dt drapeaux, tant d'éleniianls, tant de prisonniers [i Nerwinde], que jamais aucune bataille rangée ni gagnée, depuis cinquante ans, n'a fait voir tant de mar(|UC3 de victoire, sÉv. 7 août 4(593. Je comprends mieux que personne du momie les sortes d'attachements qu'on a pour ilcs choses insensibles et par conséquent ingrates; mes folies pour Livry en sont de belles marques, m. 48 oct. 4 088. L'on dit quelquefois bien des choses qu'on ne pense pas ; et, quand on les penserait, ce ne serait point la marque de ne pas aimer, m. a août 4 880. Klle étudiait ses défauts, elle aimait qu'on lui en fit des leçons sincères; marque assurée d'une âme forte que ses fautes ne dominent pas, boss. Duch. d'Orl. Et vous, prince, qui l'avez tant honorée pendant qu'elle était au monde.... cl qui lui donnez les dernières marques de piété avec tant de magnificence et tant de zèle, id. in», de Gonx. Je suis très-aise de recevoir des marques de votre souvenir, II). Lelt. :i6. Le faux prophète (MahomolJ donna ses vicluirea poiu°' toute marque de sa mi«-
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sion, ID. Hist. I, n. Nous voyons des marques indubi'jbles de leur réprobation [des Juifs], ID. xb. n 10 Ils périssent avec toutes les marques do la tengeanca divine, m. 16. 11, 7. En vain de la faveur du plus grand des monarques Tout révère à genoux les glorieuses marques, rac. b'sth. n, t . || Porter la marque de, avoir en soi, sur soi, l'indice de. Nos corps dans leur formation portent la marque d'une invention, d'un dessein, d'une industrie explicable; tout y a sa raison, boss. Conn. de Dieu, iv, 2. || Donner des marques dfl, donner des témoignages de, des preuves de. Vous ne me sauriez donner une marque plus agréable de votre amitié, sÉv. t. Si vous m'aimez, vous m'en donnerez une marque celle année, ID. («2. Us ont donné d'illustres marques de valeur, boss. Hist. ni, 6. Il n'y a rien de si aimable que l'enfance des princes destinés à l'empire, lorsqu'ils donnent des marques d'un caractère heureux, ilécii. Mme de Mont. Les Cretois leur donnèrent toutes les marques d'une amitié sincère, fén. Tél. 11. Ne vous ai-je pas donné assez de marques de ma protection 'i" mass. Carême, Pécheresse. || Familièrement. Une marque que j'ai fait cela, et, absolument, marque que j'ai fait cela, c'est-à-dire une preuve que j'ai fait cela. || On dit aussi : marque de cela, une preuve de cela. || 17° Anciennement, lettre de marque, acte du gouvernement qui autorisait celui qui en était porteur à se faire justice lui-même aux dépens d'une nation ennemie; ces lettres s'appelaient aussi lettres de représailles. Il Aujourd'hui, lettre de marque, qui ne se dit plus que pour la mer, est la commission dont tout capitaine ou patron d'un navire armé en course doit être pourvu, sous peine d'être réputé pirate ou forban.
REM. Comme dans l'ancienne langue, suivant
les dialectes, morqtie et morchese confondent et ne sont en effet qu'un seul et même mot, et comme on trouve lettres de marche (voy. l'historique), on a conclu avec beaucoup de vraisemblance que lettres de marque ou de marche étaient des lettres autorisant à passer la marche ou frontière et à faire incursion sur le territoire ennemi. Cependant, voyez à MABQUEB, dans l'historique, xiv siècle, un exemple oà marquer signifie piller, rançonner. Au reste, marche, frontière, et marque, marquer, ayant même radical, il n'est pas étonnant que les significations jouent etitre elles.
— HIST. xu" s. E jo vendrai [viendrai], e treis gaettes [fièches] i trarrai [j'y tirerai], si cume en déduit m'aQsasse [m'exerçasse] à traire à alcun merc,iloi», p. 79.Li clers [le prêtre] porte sun merc en sum le chief adès [toujours] , Th. le mart. 30. Il xiii* s. Se il a la margbe, donc fu il navrez, BRU«. LATINI, Trésor, p. 6*0. || xiv s. Quant il P'épervier] a tous ses sept mercqs (jà soit ce que j'aye bien veu tel qui en avoit huit) , il est adonc tenu pour fourme, Ménagier, m, 2. Nous voulons et leur octroyons que, pour cause des marques [lettres de marque] à donner contre les suhgets dcsdiz royaumes ou aucun d'yceuls, il ou aucun d'euls ne leurs biens ne puissent estre arrcstez, du camge, marcha. Cent esqueles d'argent merchez d'un egle, quarante uit saussers d'argent de divers merches, OE LABORDE, Émaux , p. 383. Certaine marche [lettre de marque] donnée par arrest de nostre parlement contre la ville de Venise, Bibl. des chartes, f »ér. t. m, p. 213. Elle [la loutre) ha les piedz comme une eue [oie], quar elle a pel de l'un doyt k l'autre.... et appelle l'en les marches de la loutre einsi comme on appelle le pié du cerf et ses fumées fientes ou espraintes, cast. pH(£Bus,I,it.Te de chasse, Dt la loutre et de toulesa nature. \\ xv* s. Si estoit telle 'eur intention, queledict Gabriel.... viendroit à Sennes.... et demanderoit marque sur les Florentins pour aulcun reste de deniers que encore luy debvoient, Bouciq. ni, 22. Vos yeulzont si cmprainl leur merche En mon cueur, que, quoy qu'il adviengne, Se j'ay l'honneur où je le cherche, 11 convient quede vous me viengne, al. cuartier, (o Belle dame Miu merci. Il entra en la salle une damoiselle de très grant honneur, car elle Tint estoffée grandement de marques et d'habiu, Perceforest t vi f 64 Qua le* maislres dudit mestier [des potiers d'éuin] ne mtdent.... aucun ouvrage pluslot qu'il soit marché (marqué] de leur marc ou poinsson, de la- •oawi, StaauM, p. »83. jj xvi« ». Puis prend en main la coingnéade bois, il reguarde au bout du manche: tn icelluy recongnoit la marque.... rab. Pant. iv Sout. prol. Cela desja passe marque, qu'un seul bomroe <e constitue juge de tous et ne veut cstre •ujel à nulli, CALV. ItulU. »m . Il la battit à sang et i marque, haro. «ouv. xlvi. U quatrième espèce •M fracture» du crâne est appcllée incision ou mar-
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que. — Mcrque ou siège est toute incision au cranc, retenant la figure du baslon, paré, vm, 1. Les Turcs se font de grandes escarres pour leurs dames, et, à fin que la marque y demeure... mo.st. 309. Il ne so fit rien de marque jusques à la mi-septembre, que les assiégez enfilèrent les tranchées, y tuèrent 200 hommes et prirent des prisonniers de marque, d'aub. Hist. II, 209, On invente toujours quelque trait plus habile Pour effacer du front toute marque virile, ID. Trag. Princes.
— ÊTYM. Norm. merc, borne de pierre; provenç. marca, marqua; espagn. et portug. marca; de l'allem. Mark^ signe, borne; comparez aussi le kymri marc, marque; bas-bret. mari, marque, tnerka, marquer. Mark répond au latin margo et a un sens analogue.
MARQUfi, ÉE (mar-ké, kée), part, passé de marquer. Il l°Distingué par une marque. Du linge marqué d'une L. |{ Papier marqué, parchemin marqué, papier, parchemin qui est marqué avec un timbre pour servir aux actes qui font foi en justice. Autrefois on nous tuait [nous paysans] pour cinq sous parisis.... maintenant il en coûte à un maire sept sous et demi de papier marqué pour seulement mettre en prison l'homme qui travaille, p. L. cour. Lett. i". \\ On dit axijourd'hui de préférence, papier timbré, parchemin timbré. || Marqué au coin de, se dit de ce qui a reçu l'empreinte d'un coin. || Fig. Ouvrage marqué au bon coin, ouvrage bien fait. Vous [mes vers] croyez à grands pas chez la postérité Courir, marqués au coin de l'immortalité, boil. Ép. x. |{ Terme de blason. Se dit pour indiquer la couleur des points des dés. Trois dés d'argent marqués de sable, fl 2" Qui a subi la peine de la marque. Moi qui.... Et jadis en public fus marqué par derrière, Pour être trop homme de bien, mol. jlmph. i, 2.|| Fouettémarque, condamné qui avait subi la peine du fouet et celle de la marque. || Fig. Et renvoyer ces rois qu'on aurait pu bénir, Marqués au front d'un vers que lira l'avenir, v. hugo, Feuilles d'automne, xl. {| 3° Qui a reçu une marque, une impression. Qu'un front encor marquédes fers qu'il a portés..., corn. Olhon, IV, I. \\ Être marqué de petite vérole, avoir sur le corps et, principalement, au visage, des marques de petite vérole. La petite vérole lui vint, elle en resta extrêmement marquée, Marivaux, If on'onTie,*'* partie. || Absolument. Être marqué, même sens. Mme de Saint- Valleri sera marquée; j'ai si bien fait que son joli nez en sera gâté, sév. 7 août I67B.|| 4° Qui porte quelque marque, quelque signe sur quelque partie du corps. Être marqué au front, à la joue. Il Être né marqué, avoir apporté en naissant quelque signe. Il Son fruit en sera marqué, se dit d'une femme grosse qui désire avec ardeur quelque chose. Appétit tel qu'Alibech avait crainte Que quelque jour son fruit n'en fût marqué, la fo.nt. Diable. Il Fig. et familièrement. Il est marqué au B, se dit d'un boiteux, d'un borgne, d'un bossu. Donnezvous de garde de ces gens qui sont marqués au B, ils sont ordinairement malins. |{ Il est comme les moutons du Berry, marqué sur le nez. {{ Cheval marqué en tête, cheval qui a l'étoile ou la pelote au front. Il Faux-marqué, cheval chez lequel, par fraude, on a rétabli sur la dent, par des moyens artificiels, la cavité que l'usure naturelle a fait disparaître. On dit aussi, dans ce sens, contre-marqué. Il Terme de vénerie. Faux-marqué, se dit aussi du cerf qui a plus d'andouillers d'un côté de la tête que de l'autre. || Terme d'histoire naturelle. Marqué, qui porte quelque tache. La queue est grise et marquée d'une tache fauve dans son milieu, bofp. Quadrup. t. vu, p. 37». || 5° Au piquet et au trictrac. Etre marqué, perdre un des coups partiels dont l'ensemble forme la partie ; le perdant marque sa perte au moyen d'un jeton ; c'est pourquoi il est marqué. || Substantivement. Un marqué, deux marqués, trois marqués, se dit d'un point, de deux points, de trois points perdus de cette façon. Celui qui reçoit le plus de marqués perd la partie. Il 6" Taille marquée, taille dessinée par quelque vêtement. || Avoir les traits marqués, avoir les traits du visage prononcés. {| En termes de théâtre, rôle marqué, coquette marquée, jeune premier marqué, ceux qui ne sont plus de la première jeunesse. Elle «st un peu marquée pour jouer les amoureuses. || 7" Noté, inscrit. Visite marquée sur l'agenda du médecin. La pensée d'être fâché de paraître guidon dans le livre de notre généalogie est tellement passée à mon fils.... il importera peu, dans les siècles à venir, qu'il •oit marqué pour cette charge, qui a fait le commencement de sa vie, ou pour la sous-lieutenance, i*Y. 2» avr. 46»7. Cette province d'Allabad n'est
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pas seulement marquée dans nos cartes françaises de l'Inde ; il faut être bien établi dans un pays pour le connaître, volt. Pot. et lég. Fragm. hist. sur l'Inde, xxxvi. || Fig. Il n'y a point d'endroit [à Livry] où je ne me souvienne de ma fille, et qui ne soit marqué tendrement dans mon imagination, SÉv. 27 sept. 1679. Il Fig. Être marqué sur le livre rouge, être noté pour quelque faute. || 8° Décrit. Les hommes n'ont point changé selon le cœur et selon les passions, ils sont encore tels qu'ils étaient alors, et qu'ils sont marqués dans Théophraste, vains, dissimulés, flatteurs, intéressés, effrontés, importuns, défiants, médisants, querelleurs, superstitieux, la BnuY. Disc. sur Théophr. US' Mandé. Cela est marqué dans la dépêche qui vient d'arriver. Il 10* Qui est connu par quelque chose comparé à une marque. Il y aura demain un an que je ne vous ai vue.... mon Dieu! que ce jour est présent à ma mémoire! et que je souhaite en retrouver un autre qui soit marqué par vous revoir, par vous embrasser!... sév. 2 oct. 4689. Quand je considère quatre-vingt-dix ans si soigneusement ménagés, quand je regarde des années si pleines et si bien' marquées par les bonnes œuvres, bossuet, Yol. de Monterby. Songez que ce grand jour doit être un jour propice Marqué par la clémence et non par la justice, volt. Alzire, i, *. Quoi I dans ces jours marqués par la mort d'Alexandre.... id. OUjmp. II, 3. 11 regardait le Rhin, le Danube, les Alpes du Tyrol, marqués alors par d'autres noms, et tous les pays par où il devait passer avant d'arriver à la ville des sept montagnes, id. Princ. de Babyl. 8. || 11° Désigné, fixé d'avance, prédestiné. Après que le temps marqué de Dieu eut été accompli, moi Nabuchodonosor j'élevai les yeux au ciel, saci. Bible, Daniel, iv, it. Voilà vraiment un malheur bien marqué et une destinée que rien ne pouvait empêcher, sÊv. 28 fév. 1690. J'irai assurément ; et mon jour est si bien marqué, que ce serait signe de grand malheur si je ne partais pas, ID. 30 juin. 4 677. C'est là ma dévotion [être soumise à la volonté de la Providence].... et, si j'étais digne de croire que j'ai une voie toute marquée, je dirais que c'est là la mienne, id. I8 mai ieso. Ah! ma bonne, fallait-il que ma vie fût rangée et mar quée si loin de la vôtre! id. 9 août 467<. Cette année 89 si prédite, si marquée, si annoncée par de grands événements, m. 3) déc. (688. Réservez-vous, dans les temps marqués par votre prédestination éternelle, de secrets retours à l'Etat et à la maison d'Angleterre? noss. Duch. d'Orl. Voyez, chrétiens comme les temps sont marqués [dans une prophétie], comme les générations sont comptées, id Heine d'Anglet. Eh! seigneur, si votre heure est une fois marquée, Le ciel de nos raisons ne sait point s'informer, hac. Phèdre, 1, t. Ce temps était marqué pour les événements rapides, volt. louts XIV, 9. Voici les jours nouveaux marqués pour la victoire, iD. Fanât. 11, s. Je vois que malgré nous tous nos pas sont marqués, id. Sémiram. v, 4. Il 12° Indiqué, témoigné. On dit le miserere [auprès do Saint- Aubin mourant]; ce fut une attention marquée par ses gestes et par ses yeux ; il avait répondu à l'extrême-onction, sév. 19 nov. 4 688. La distinction de ce choix si bien marqué par la lettre du roi [M. de Chaulnes nommé ambassadeur à Rome], ID. 4 sept. 4689. 1113» Fig. Apparent, visible, remarquable. Il faut qu'il y ait eu quelque rudesse marquée à ces fêtes de Versailles, sÉv. 5 nov. 4 676. Je n'ai point été malade, je n'ai point eu d'ennui marqué, j'ai vu de belles maisons, de beaux pays, id. 3 juill. 4 889. Toutes ces circonstances sont si touchantes et si marquées, qu'encore que ce ne soit point la première mort subite dont on ait entendu parler.... ID. 4"janv. 460O. Mme de la Fayette a eu trois accès marqués de fièvre quarte, ID. 2) oct. 1676. Pouvait-on dépeindre l'usure sous des traits plus forts et plus marqués? boubdal. Serm. 22» df m. après la Penlec. Domin. t. iv, p. 32» Quoique son indignation et sa jalousie fussent assez marquées, hamilt. Gramm. 7. Ce que vos passions avaient de plus grossier et de plus marqué, MASS. Carême, Inconstance. Laissons-là ces abus plus sensibles et plus marqués, et sur lesquels il est malaisé de s'abuser soi-même, id. Carême, Sur lacomm. Rien n'est plus dangereux pour unhomme public que des vues marquées d'ambition et de fortune, ID. tb. Passion. Le roi le crut, et le crut si bien, qu'il en témoigna son mécontentement de la manière la plus marquée, dalemb. Àpolog. Clerm. Tonn. Œuv. t. ix, p. 4B2, dans pouoens. Ce n'est pas que ce prince (le régent] n'eût tiré une ligne de séparation très-marquée entre ceux qui avaient
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part aui affaires et ses compagnons de plaisirs, Dti- CLOS, Uém. rég. CEuv. t. v, p. 366, dans pougens. Il 14° Qui a été remarqué, qui se distingue, en parlant des personnes. Nous Wnies une relation en détail du siège de Maestricht, qui est en vérité une très-belle chose : les frères de Rippert y sont trèsbien marqués, sÉv. )6 sept. <676. Les pères [de la maison de Sévigné] quelquefois considérables dans les guerres de Bretagne, et bien marqués dans l'histoire, iD. ♦ déc. 4 668. Cette mère [Mme de Lavardinj dont la tête est marquée entre les bonnes, ID. bo juin (680. {{ 15» Fig. Qui a mis sa marque, son empreinte. Je comprends votre tristesse de la mort de ce jeune chanoine.... je vois, comme vous, la Providence marquée dans l'opiniâtreté de ne lui pas donner ce qui le pouvait guérir, sÉv. 4 2 oct. <677.11 faut.... regarder lasuite [d'une imprudence] comme une volonté de Dieu toute marquée, id. 4" août 1685. Il 16° Qui se fait remarquer, en parlant des manières à l'égard des autres. Je ne suis point du tout mal avec M. et Mme de Pontchartrain.... je n'ai rien du tout de marqué à leur égard; car ce n'est pas un crime d'être amie de nos gouverneurs, SÊV. (2 oct. 4689. || Il Se dit en un sens analogue des personnes. On ne me parle point sur ce sujet [la retraite ducardinalde Retz, pour la blâmer], je suis trop marquée, SÉv. 4» août 4876.
MARQUER (mar-ké), je marquais, nous marquions, vous marquiez; que je marque, que nous marquions, que vous marquiez, ». o. || 1" Distinguer, faire connaître par une marque. Marquer de la vaisselle, des serviettes. Marquer des moutons, des chevaux. On ne marque pas ses enfants sur leur corps; on n'y marque que les esclaves, comme une espèce d'animaux nés pour servir , boss. Élevât, sur myst. vui, 9. Il Absolument. La petite fille était délicate et vaine; elle n'entendait point que son linge servît à ses soeurs; on le marquait, on ne voulut plus le marquer; il fallut apprendre à marquer elle-même, ;. J. rouss. Ém. v. || Fig. Dieu, déployant sur lui sa vengeance sévère. Marqua ce roi mourant du sceau de sa colère, volt. Henr. m. Il Fig. et familièrement. Marquer quelqu'un à l'encre rouge, conserver un mauvais souvenir de quelqu'un et des projets de vengeance contre lui. Il a° Marquer des arbres, y imprimer l'empreinte du martelage. On est dans l'usage de marquer avec un gros marteau, portant empreinte des armes du roi ou des seigneurs particuliers, tous les arbres que l'on veut réserver, bufp. Ilist. nat. Introd. part, expér. Œuvres, t. viii, p. 429. || Terme de menuiserie. Tirer des lignes sur une planche pour que l'ouvrier la coupe suivant le trait. || Terme de marine. Marquer une ligne desonde ou de loch, y fixer àdes distances convenables des bouts de toron portant des nœuds. || Terme militaire. Marquer le camp, le logement, les portes, indiquer la place où il faut asseoir le camp, les logements qu'on doit occuper, les portes utiles à garder. || 3° Faire subir la peine de la marque. Ou ne marque plus aucun condamné. || 4* Faire une impression sur quelque partie du corps, par contusion, blessure, brûlure, etc. lia reçu un coup de pierre qui lui a marqué le front. || B" Laisser des traces, des vestiges. Le torrent a marqué son passage par un grand dèglt. {| Fig. Le commencement de son règne fut marqué par des proscriptions. J'ai senti douloureusement le 24 de ce mois [anniversaire du jour de la séparation de la mère et de la fille] ; je l'ai marqué, ma très-chère, par un souvenir trop tendre, sêv. 28 mai 4676. Que ces deux principaux moments de la grftce ont été bien marqués par les merveilles que Dieu a faites pour le salut éternel de Henriette d'Angleterre I iioss. Dueh d'Orl. Silanus, qu'il [Claude] aimait, s'en vit abandonné. Et marqua de son sang ce jour infortuné, rac. Drit. iv, 2. Ta fureur [à toi Néron].... D'un saug toujours nou- Tcau marquera tous tes jours, m. ib. v, 6. Vous qui depuis cinq ans insultez à mes larmes. Qui marquez sans pitié mes jours par mes alarmes, volt. Mariant, iv, 4, Au sein de cette prospérité passagère se préparait de loin la catastrophe qui devait en marquer la fin, i. J. ROUSS. Confen. x. Mille morts marqueront celte affreuse journée, lemerc. jlgamemn. iv, S. || 6' Mettre une marque pour se souvenir. Marquer dans un livre l'endroit oii l'on a cessé de lire. Voyez les lignes que j'ai marquées avec du crayon, pasc. l'rov. iv. || 7" Marquer son jeu, marquer les points qu'on gagne. || Absolument. Je mar que, j'ai gagné. || Marquer quelqu'un au piquet à écrire, au trictrac, gagner un des coups partiels dont l'ensemble forme la partie. || 8- Manjuer la taille, se dit du vêtement qui dessine la taille et la fait voir. Leurs femmes ignoraient t'usage de ces
corps de baleine par lesquels Tes nôtres contrefont leur taille plutôt qu'elles ne la marquent, J. J. ROUSSEAU, Em. V. Il Terme de manège. Marquer le coin, approcher le cheval du coin du manège, et le forcer à garder le mur. || 9° Remarquer. Nous y avons tellement accoutumé nos spectateurs [à la liaison des scènes], qu'ils ne sauraient plus voir une scène détachée sans la marquer pour un défaut, CORN. 3» dt'sc. Il tourne à l'entour du troupeau. Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau LA FONT. Fahl. H, 46. Mais des heureux regards de mon astre étonnant Marquez bien cet effet.... boil. Ép. X. Il 10° Noter, inscrire. J'ai marqué cela dans mon agenda. On recommanda au médecin de marquer ce malade parmi ceux qu'il devait visiter. Tout ceci fut écrit dans les histoires et marqué dans les annales par ordre du roi, sAci, Bible, Esther, xxni, '.;3. Son antiquité [d'une famille], qui est telle que nos chroniques n'en marquent point l'origine, BOSS. Gornay. || 11° Faire connaître par quelque chose comparé à une marque Le magistrat des lois emprunta le secours [à Athènes], Et, rendant par édit les poètes plus sages. Défendit de marquer les noms et les
visages [dans la comédie], BOiL.Ar/p. m Toujours
évanouie. Madame, elle ne marque aucun signe de vie, RAC. Baj. iv, s. || Il se dit aussi des choses qui font connaître comme par une marque. J'écrirai ici mes pensées sans ordre, et non pas peut-être dans une confusion sans dessein; c'est le véritable ordre et qui marquera toujours mon objet par le désordre même, pasc. Pensées, y, 4, éd. lahure, 4860. Cette prédiction de la ruine du temple réprouvé me marque qu'il ne doit être laissé aucune passion du vieil homme, id. Lett. à Mlle Roannei, 9. La nature ne m'offre rien qui ne soit matière de doute et d'inquiétude ; si je n'y voyais rien qui marquât une divinité.... id. Pensées, xiv, 2, éd. havet. Non - seulement ils [ les ennemis ] ont promptement levé le siège, mais on leur a pris beaucoup de poudre, de canon; et tout ce qui marque une fuite, sÉv. 2 sept. 4676. Les pères de Saint-Vannes l'ont convaincu [Dupin] d'avoir supprimé, dans un passage d'Optat, ce qui y marquait l'autorité de la chaire de saint Pierre, boss. 7/ist. conciles, i, 4. La nature féconde en bizarres portraits Dans chaque âme est marquée à de différents traits, Bo\L. Art p. m Ne vous piquez point
d'une folle vitesse; Un style si rapide et qui court en rimant, Maraue moins trop d'esprit que peu de jugement, m. ib. I. Quels présages affreux nous marquent son courroux [du ciel]'? rac. Iphig. I, 2. Les jalousies qui marquent un esprit borné, fén. Tél. XXII. Dans presque tous les genres, des ouvrages du meilleur ton et du meilleur esprit, voilà ce qui marquera notre siècle ; et je n'en ai pas dit assez, MARMONTEL, Ess. sur le goût, ÛBut). t. iv , p. 429, dans POL'OENS. Il lï° Indiiiuer. Au vestibule obscur il marque une autre place, boil. Art p. iv. Je lui marque le cœur où sa main doit frapper I RAC. Mithr. IV, 4. Il vous marque la place où vous serez vainqueurs, volt. Pocmede Fontenoij. || Noter. L'horloge marque midi , deux heures. Le thermomètre marque 25 degrés. || Marquer la mesure, le pas, indiquer par des mouvements de la main, du pied, la cadence de la musique, de la marche. Il 13° Fixer, déterminer, assigner, prédestiner. Cet hymen différé ne rompt point une loi Qui, sans marquer de temps, lui destine ta foi, corn. Cid, v, 8. C'est peut-être la décision de la destinée do Mlle de Grignan que ce voyage; c'est par suite de cet arrangement que la Providence l'a marqué, SÉV. 4 2 mai 4 680. Je n'entreprends pas, chrétiens, de vous dire la destinée des hérésies do ces derniers siècles,ni de marquer le terme fatal dans lequel Dieu a résolu de borner leur cours, boss. Heine d'Anglet. Peut-être assez d'honneurs environnaient ma vie, Pour ne pas souhaiter qu'elle mo fût ravie. Ni qu'en me l'arrachant, un sévère destin Si près de ma naissance en eût marqué la Sn, rac. Iph. IV, 4. Il 14° Mander, informer, faire connaître, soit de bouche, soit par écrit. Viendra-t-ilT — Oui, monsieur, où vous lui marquerez, Tii. corn. Baron d'Albikrac, i, 10. J voulais lui en marquer mon inquiétude, sÊv. 40. Je vais par la Bourgogne.... je vous écrirai d'où je pourrai ;jo ne puis marquer aucun jour, id. 4« juiU. 4C72. Lorsqu'il [le roi] y fit lire [i la cour] la dernière lettre que lui écrivit ce grand homme, et qu'on y vit, dans les trois temps que marquait le prince.... boss. Louis de Bourbon. Lorsqu'on vint i l'endroit du remerciement où le prince marquait qu'il mourait content.... lo. t'I>. Sur ce que tu me marques, je n'aurai point un moment de repos que jo ne soia auprès de toi, t. t. Rot'ss.
Uél. I, 7. Je lui marquai que je ne voudrais pas.... ID. Conf. 11. Marquez-moi votre adresse, et je vous répondrai, collin d'harleville, Optimiste, iv, 44. Je t'ai marqué, dans une lettre que Guérin te remettra, comme on m'a reçu, p. l. cour. Lett. i, i28. Il On dit aussi en ce sens : marquer un mot, pour mander un mot. Je n'ai que le temps de vous marquer ce mot pour vous rassurer sur mon compte, J. I. Rouss. Lett. à du Peyrou,6 nov. 4 765.|| 15° Témoigner, donner des marques. Marquer à quelqu'un son estime, son affection, sa reconnaissance. Je lui ai marqué mon mécontentement. Il [lo roi] marquait pour la santé de ce prince [Condé] une inquiétude qu'il n'avait pas pour lasienne, boss. Louis de Biurbon. Elle lui marque une fidélité héroïque, bourd. Car. m, 4 44. || 16° Décrire. Vos réflexions sont tristes et justes sur la déroute de la maison de Créquy ; Canaples reste seul des trois frères, après toutes ses tribulations et tous ses maux, que vous marquez si bien, SÉV. 26 avril 4687. || 17° Signaler. Mme la comtesse de Soissons est partie cette nuit pour Liège.... la Voisin [empoisonneuse] l'a extrêmement marquée, sÉv. 24 janv. 4 080. || 18° Ne faire qu'indiquer quelque chose, sans l'effectuer complément. Dites à Montgobert qu'on ne tape point les cheveux [dans une coiffure] , et qu'on ne tourne point les boucles à la rigueur.... on marque quelques boucles, ID. )B avr. 4 071. Les bals de Saint- Germain sont d'une tristesse mortelle.... le roi n'a cette complaisance que pour marquer le carnaval, sans aucun plaisir, id. 20 janv. 4674. ||X l'escrime, marquer un coup, l'indiquer par feinte et sans le porter effectivement. || 19° V. n. Être empreint d'une marque qui fait reconnaître. {| Ce cheval marque encore, les creux de ses dents paraissent encore et indiquent qu'il n'a pas plus de huit ans. il Terme de chasse. Se dit du mâle de la perdrix grise, lorsqu'il a la crête couleur de feu et le dossous de l'estomac d'un gris roux. Les perdrix rouges marquent lorsqu'elles ont aux jambes un tubercule qu'on nomme ergot. || Cette nouvelle allée commence à marquer, les arbres commencent à y grandir. Il Ce cadran solaire marque encore, ne marqua plus, le soleil y donne encore, n'y donne plus.|| On dit vulgairement qu'une femme enceinte marque, lorsqu'il s'échappe quelques mucosités sanguinolentes, ce que l'on regarde comme l'annonce d'un accouchement prochain. || On dit aussi qu'un accès de fièvre, d'èpilepsie, ne fait que marquer, quand il s'annonce par quelques sensations morbides qui n'ont pas d'autre suite. M. le duc du Maine avait eu trois accès de fièvre tierce qui m'avaient donné beaucoup d'inquiétude; il a eu cette nuit le quatrième, qui n'a marqué qu'un moment, maintenom, Lett. à Pabbé Gobelin, 4 2 mai (675. || Terme de marine. On dit que la brise marque ou commence à marquer, lorsque, pendant un temps calme, on aperçoit de loin que la surface de la mer commence à se rider. || La mer est dite marquer lorsque, après le flot, elle laisse en descendant une trace d'humidité ou de petits dépôts. || 20° Laisser trace, impression. S'ils [les vieillards] repassent sur tout le cours de leurs années.... ils confondent leurs différents âges, ils n'y voient rien qui marque assez pour mesurer le temps qu'ils ont vécu, labhuï. xi. La substance est durcie, et les nouvelles empreintes ne marquent plus, j. j. rouss. Êm. iv.|| Terme d'escrime. Se dit d'un coup donné en plein dans le corps. Voilà un coup qui marque. Cette botte est bien marquée. || Fig. Être marquant, distingué par quelque chose do notable. Va, mon fils, garde ta candeur ; Et que ton étoile ne marque Par l'éclat ni par 1 la grandeur, bérano. Étoiles qui filent. \\ Familièrement. Cela marquerait trop, cela serait trop remarqué, et, dansunautresens,ccladécèlerait trop l'intention qu'il faut cacher. {| Cethomme ne marque point, c'esl-â-dire il ne se fait pas remarquer. || Il n'y a dans ce livre rien qui marque, c'est-à-dire ce livre ne renferme rien qui soit saillant, qui attire l'attention. Il 21° Se marquer, v. rdfi. Cire marqué. En sorte que du petit corps [la glande pinéalr] où elle [l'âme] est enfermée, elle tient à tout et voit tout l'univers se venir, pour ainsi dire, marquer sur ce corps, comme le cours du soleil se marque sui un cadran, boss. Conn. m, 8. [Mo lire] Qui sais à quel coin se marquent les bons vers, boil. Sat. u. Il Donner signe, marque de soi-même. Comme nous changeons deux fois d'état... Il a plu à la divine bonté de se marquer elle-même au commencement de ces deux états [do la grâce] par une impression illustre et particulière, boss. Duch. d'Orl. — SYN. MARQUER, INDIQUER. Marquer, c'est faire une marque; indiquer, c'est donner un indice. Mar
MAR
quer est donc plus expressif, plus fort que indiquer. Cette «clion marque un bon naturel ; elle prouve, en qualité de marque, que le naturel est bon. Cette action indique un bon naturel, elle fait penser, en qualité d'indice, que le naturel est bon.
— HIST. XII' ». Puis l'en laissout aller, mais primes le merkeit; Tierce feiz i fu pris, pas ne s'en eastiheit [châtiait, corrigeait], Th. le mart. 3i. Il XIV* s. Lesquelz habitans n'ayant voulu tenir et payer le dit accord, le prestre s'en retourna aux Anglois, et fit par iceulx Anglois marquer, piller et
{irendre prisonniers les bonnes gens et habitans de a dite parroisse, du cange, marcha. \\ xvi* s. Quand il seroit ainsi merché, 11 sera aisé à cognoislre, HAROT, II, 47. Il se contente de rabattre les coups, sans le marquer (toucher), bèze, Vie de Calvin, p. 81. Nous appelions marcher ou marquer, toutes et quantes fois que par un signal, affiche, recon- Daissance ou autrement, nous assignons certains buts, limites et séparations entre les personnes, PASQUiER, Recherches, liv. viii, p. 736, dans lacurne.
— Etym. Marque; provenç. marcar, marquar; espagn. et portug. marcar; ital. marcare.
t MARQUESÈOt'E (mar-ke-zè-k'), s. m. Sorte de filet i mailles très-serrées, pour le petit poisson. Défendons de faire la pèche du ganguy et du bregin.etcelledumarqueseque ou du nonnat, pendant les mois de mars, avril et mai, Ordonn. août t68l.
MARQUETÉ, ÉE (mar-ke-té, tée), part, passé de marqueter. Il 1- Marqué de plusieurs taches. Ce marbre est bien marqueté. Il [le roi] veut avoir Un manchon de ma peau, tant elle est bigarrée. Pleine de taches, marquetée, LA FONT. FaW. IX, 3.|| Terme d'histoire naturelle. Qui est marqué de lignes donnant à la surface l'aspect d'un ouvrage de marqueterie. || Terme de blason. Se dit des mouches représentées dans les armoiries, ayant sur les ailes des taches d'un autre émail que le corps. || %' Qui est fait en travail de marqueterie. Nous vous ferons des chaînes d'or, marquetéesd'argent,SACi,Bi6!c, Cant. descant.i,iO.
MARQUETER (mar-ke-té. Le ( se double, quand la syllabe qui suit est muette: je marquette), v. a. Il 1° Marquer de plusieurs taches. Marqueter une peau en manière de peau de tigre. Cette éruption lui a marqueté la peau. || 8* Orner en marqueterie. Le plafond était marqueté de vieilles armoiries peintes, chateaub. C^nie, iv, v, ♦.
— HiST. ivi* s. X fin que les chèvres et brebis, formassent leurs petits marquetés de diverses taches, PARÉ, xn, 9.
— ETYM. Dérivé de marquer.
MARQUETERIE (mar-kè-te-rie. La syllabe que se
prononce kè, quoi qu'il n'y ait point d'accent), s. f. ' Il 1* Nom qu'on donne à un ouvrage de menuiserie, composé de feuilles dedifférents bois plaquées sur un assemblage, et représentant diverses figures, oud'autres ornements. Un parquet de marqueterie. Ouvrage de marqueterie. M. de Caumartiny vit [dans le palais Uazarin, quelques années après la mort du cardinal] une grande armoire de marqueterie.... les clefs en avaient été perdues depuis longtemps... on l'ouvrit, elle était pleine de quadruples, de jetons, de médailles d'or, volt. Louis XIV, 26. || Se dit également des ouvrages de ce genre où, au lieu de bois, on emploie des métaux ou d'autres matières. Marqueterie d'or , d'argent, de nacre, d'ivoire. Il Lettres en marqueterie, se dit des caractères dont le corps est divisé en compartiments peints de couleurs diverses. || Petite marqueterie, s'est dit pour l'asphalte des trottoirs. || à" Marqueterie de marbre, ouvrage de marbre de diverses couleurs, formé de lames minces appliquées sur une dalle de pierre. || 3* Art de faire des ouvrages de marqueterie. Bien connaître la marqueterie. || 4° Fig. Ouvrages d'esprit qui, composés de morceaux sans liaison entre eux, sont comparés à ime marqueterie. Ce livre est une marqueterie.
— HiST. xvr s. Mon livre.... comme ce n'est qu'une marqueterie mal joincte.... uont. iv, 00.
— tTYll. Marqueter.
t MARQUETEUR (mar-ke-teur), t. m. Celui qui fait de» ouvrages de marqueterie. || Fig. Ecrivain qui fait des ouvrages composés de morceaux sans Imison entre eux.
— ETYM. Marqueter.