‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 144 sur 389 · I. MARQUETTE (mar-kè-f), $. f. Pain de cire »»erg · texte numérisé non relu

I. MARQUETTE (mar-kè-f), $. f. Pain de cire »»erg

— ÉTYM. Diminutif de marque, par une assimilation quelconque, ou plutôt dérivé du bas-latin marea, mçnnaie, prix de ce pain de cire.

t ». MARQUETTE (mar-kè-f), ». f. Terme de ftodaliU. Droit payé par les gens de condition serve pour la rachat de la première nuit des noces.

MAR

— ÉTYM. Diminutif du bas-latin marca ou»morcus, pièce de monnaie, marc (voy. marc).

MARQUEUR (mar-keur), s. m. || 1» Celui qui marque. Marqueur de cuirs, de draps, etc. || On dit au féminin une marqueuse de linge. || 2° X différents jeux, celui qui compte et marque les points de chaque joueur. Au jeu des osselets, deux joueurs seuls tiennent la main; le reste des joueurs parie pour ou contre; les deux adversaires ont chacun leur marqueur, chateaubr. Amer. jeui. || 3" Dans le langage des estaminets de Paris, l'individu chargé de faire la partie des habitués, quand ils n'ont pas de partenaire.

— ÊTYM. Marquer.

+ MARQUIMER (mar-ki-nié), s. m. Nom d'origine incertaine qu'on donne aux tisserands qui travaillent en batiste.

MARQUIS (mar-kl; Ys se lie : un mar-kl-z élégant), s. m. Il 1° Le seigneur préposé jadis à la garde des marches, des frontières d'un État. Il [Charlemagne] établit des marquis, c'est-à-dire des commandants des milices sur les frontières de ses royaumes, volt. Ann. Emp. Charlemagne, 785. Le marquis de Brandebourg est devenu roi et grand roi; mais aujourd'hui nos marquis italiens et français sont d'une espèce un peu différente, m. Dict. phil. Cérémonies. || 2" Plus lard, titre de dignité qu'on donnait à celui qui possédait une terre érigée en marquisat par lettres patentes. Apprenez que les marquisats ne sont bons que pour les vieux seigneurs de province qu'on ne voit pas dans les cabinets ; pour nous autres marquis de cour, nous faisons nous-mêmes notre qualité, sans avoir besoin du roi pour cela, st-évrem. Sir Polilick, m, 2. Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs; Tout petit prince a des ambassadeurs ; Tout marquis veut avoir des pages, la font. Fabl. i, 3. De là les monts chacun veut être comte. Ici marquis, baron peut-être ailleurs, id. Fauc. Il est d'une très-ancienne noblesse, véritable marquis, et non pas de ces marquis de robe, ou marquis de hasard, qui prennent leurs titres dans une auberge et se font appeler monseigneur par les postillons qu'ils ne payent point ; il s'appelle le marquis de Saint-Aulaire, volt.Ic«. roi de Prusse, 3i juill. 4772. |i Fig. et familièrement. C'est un marquis de Carabas, c'est un homme qui possède ou se vante de posséder un grand nombre de terres, par allusion au conte du Chat botté, où le marquis de Carabas passe pour un très-grand propriétaire. Vers son vieux castel Ce noble mortel Marche en brandissmt Son sabre innocent; Chapeau bas! chapeau bas! Gloire au marquis de Carabas, bérang. Carabas. || Donner dans le marquis, fréquenter des personnes d'un rang plus élevé que le sien; et aussi prendre des airs d'une condition au-dessus de la sienne. Vous donne/, furieusement dans le marquis, mol. l'Av. i, 6. Il S" Aujourd'hui, simple titre de noblesse confirmé ou conféré par le souverain. || 4" Nom donné dans les comédies du xvii* siècle à un personnage appartenant à la noblesse, mais ridicule. Molière : Vous, prenez garde à bien représenter avec moi votre rôle de marquis. — Mlle Molière : Toujours des marquis! — Molière : Oui, toujours des marquis; que diable voulez-vous qu'on prenne pour un caractère agréable de théâtre? mol. Impromptu, i. Comme, dans toutes les comédies anciennes, on voit toujours un valet bouffon qui fait rire les auditeurs, de même, dans toutes nos pièces de maintenant, il faut toujours un marquis ridicule qui fasse rire les autres, m. ib. t. Eh bien! marquis, tu vois, tout rit à ton mérite ; Le rang, le cœur, le bien, tout pour toi sollicite; Tu dois être content de toi par tout pays ; On le serait à moins ; allons, saute, marquis, rF.gnard, Joueur, iv, 40. || S' Nom donné par dérision aux jeunes gens qui prennent des airs avantageux, quelquefois avec un titre de marquisat ridicule. Les chevaliers de C sol ut [les chanteurs] doivent l'emporter sur les marquis de la capriole [les danseurs], oancourt, l'Eté des coquettes, se. 7.

— SYN. MARQDis, COMTE. Ce sont deux titres de noblesse sur le rang desquels on ne s'accorde pas toujours. Celui de comte est plus ancien ; il remonte à l'empire romain, et alors il venait immédiatement après le titre de duc. Plus tard le titre de marquis fut regardé comme supérieur à celui de comte ; on le voit par les couronnes : la couronne ducale étant garnie de huit feuilles ou fleurons, et la couronne de comte de pointes ornées de perles; celle de marquis avait quatre feuilles et, entre les feuilles, des pointes ornées de perles ; elle était donc intermédiaire. On ne saurait, dit Decourchamp, dans le» Souvenirs de la marquise de Créquy (t. iv, ch . l ) ,

MAR

créer un marquis héréditaire, à moins qu'il ne soit en possession d'un domaine substitué qui réunisse deux baronnies et six châtellenies mouvantes de la tour du Louvre, et tenues du roi à un seul hommage. Un comté doit être formé d'une baronnie et de trois châtellenies, ou bien de six châtellenies d'une seule tenue. Dans les anciennes comédies, par exemple dans l'Homme singulier de Destouches, le fils d'un marquis est comte, et aussi le frère cadet d'un marquis. Et moi de tous les trois [frères] j'ai tiré de l'argent; Le premier est, je crois, marquis, le second comte, Et l'autre chevalier, BE lafont, les Trois frères rivaux, se. t . Chevalier, dites-vous ; oh ! ne vous en déplaise. Vous serez bien comtesse. — Elle comtesse, bon ! Elle sera marquise, id. ib. se. 9. Cet ordre est le même aujourd'hui. Fontanes était comte sous le premier empire; la Restauration l'a fait marquis. Le comte de Cavour étant mort en I86i , son frère aîné le marquis de Cavour portait le cierge àcôté du baldaquin (Union du 9juin tseï). En t803 il y eut à Londres un grand bazar de bienfaisance : les journaux anglais ont donné les noms des dames patronesses dans cet ordre : cinq Excellences (les ambassadrices), cinq Grâces (les duchesses), six trèsnobles marquises, quatorze très-honorables comtesses. Toutefois les rois et princes, quand ils voyagent, prennent plutôt le titre de comte que celui de marquis.

— HIST. ■ XI' s. Grant [il] a le cors, bien ressemble [à] marchis, Ch. de Roi. cclv. || xii* s. Maint haut baron [il] i ot, dux, contes et marchis, Sax. XXVI. Quant quinze ans ot Raoul de Cambrizis, A grant mervelle fu cortois et gentis; Forment [fortement] l'amerent si home et si marchis, Raoul de C. 4 6. Il XIII' S. Femme au duc de Sassoigne, qui crt [était] quenset marchis, Berle, xxx. Li marchis Boniface de Monferrat est moult prisiés et uns des plus doutés homs qui orendroit vive, villeh. xxvi.

— ÊTYM. Provenç. marques, marquis; espagn. marques; portug. marquez; ital. marchese; du baslat. marchensis, de marcha, marche (voy. marche 4)

MARQUISAT (mar-ki-za; le t ne se prononce et ne se lie jamais), s. m. || 1° Primitivement, dignité de celui qui commandait une marche ou frontière. Hermann, fils d'Ekard de Tburinge, reçoit de Henri 1 1 le marquisat de Misnie, volt. Ann. Emp. Henri U, (01-0. Il 2' Plus tard, titre de dignité attaché à une terre dont la seigneurie s'étendait sur un certain nombre de paroisses. Terre érigée en marquisat. Il no faut pas croire que nos rois puissent créer à volonté des duchés, des marquisats ou des comtés héréditaires, DECOURCHAMP, Souvenirs de la marquise de Créquy, t. iv, ch. 4. || La terre même qui avait ce titre , et qui dès le xvu' siècle pouvait se vendre et s'acheter. Il est en marché d'un marquisat. — D'un marquisat, ma sœur, d'un marquisat! dancourt, les Bourg, de qualité, m, 8.

— ÉTYM. Marquis.

MARQUISE (mar-ki-z'), s. f. || 1° Femme d'un marquis. Pensez-y, belle marquise. Quoiqu'un grison fasse effroi. Il vaut bien qu'on le courtise, Quand il est fait comme moi, coim. Sloncei. Voyezvous, dirait-on, cette madame la marquise qui fait tant la glorieuse? c'est la fille de M. Jourdain, qui était trop heureuse, étant petite, de jouer à la madame avec nous, MOL. i?o«r3. gmt.m, 4 2. J'étais née pour être tout au moins marquise,Lisette, dancourt, Bourg, à la mode, i, B. || Par ironie, femme qui so donne des airs d'importance, et quelquefois avec un titre de marquisat dérisoire. Les marquises de la fourchette, des fammos qui se font régaler. || 2° Espèce de surtout, qui -se met par-dessus les tentes des officiers, pour les gar.mtir mieux de la pluie. Tendre la marquise. || Terme de marine. Deuxième tente que l'on place au-dessus de celle du gaillard d'arrière, dans les chaleurs de la zone torride. || Il se dit également d'une petite construction en avant d'une porte, et, particulièrement, en avant d'une porte donnant sur un jardin. || Se dit enfin d'un toit avancé, non vitré, soutenu par des piliers, en avant des portes des théâtres et autres édifices publics, pour qu'on puisse descendre de voiture et y monter à couvert de la pluie. || i° Sorte d'ombrelle. || 4° Variété de poire fondante et sucrée. || 6° Sorte de fusée volante.

— HIST. xiii* s. Celé qu'une dame atendoit Do là aler se defendoit, Car c'estoit une grant mar-

Chise, BUTEE, 11, 460.

— ETYM. Marquis; ptovenq. marquesa,marqueia. esp. marqueta; ital. marchesa. La marquise, tente, petite construction élégante, a été sans doute ainsi dite de la morquiw, grande dame que l'on garantit de l'inclémence de l'air.

j MARQUISER (mar-ki-zé), V. a. Qualifier da

MAR

marquis, donner le titre de marquis. Le frère de Chamillart s'appela le comte de Chamillart; le de s'usurpait par qui le voulait depuis longtemps; mais de marquiser ou comtiser son nom bourgeois de famille, c'en fut le premier exemple, st-sim. i06, 207. Il Se marquiser, v. réft. Prendre le titre de marquis. Enfin il se tient à la fille d'un marquis, de je ne sais quel marquisat ; car c'est la chose du monde dont je voudrais le moins jurer, dans un temps où tout le monde' se marquise de soi-même, SCABR. Rom. corn, i, 9.

— ÉTYM. Marquis,

t MARQUOIR (mar-koir),t. m. \\ l'Instrument à l'usage des tailleurs et couturières. || 2° Modèle pour guider dans l'apprentissage de la marque du linge.

— ÉTYM. Marquer.

HARRAIXE (ma-rê-n'), î. f. || 1» Celle qui tient un enfant sur les fonts de baptême. Pendant le cours de cette ambassade naquit à Venise M. d'Argenson; la république voulut être sa marraine, lui donna le nom de Marc, et le fit chevalier de Saint-Marc, FONTEN. Argenson. J'avais une marraine Que toujours adorai, Romance du page, dans beaumarcii. Mar. de Fig. u, *.\\i° Par extension, celle qui baptise, qui donne un nom à quelque chose avec ou sans cérémonie. La femme du maire est la marraine de la cloche. || Fig. Quoi I la gloire fut en personne Leur marraine un jour de combat [des généraux à qui Napoléon donnait un titre]? bérang. Deux grenad. || 3° Nom donné à la dame qui en présente une autre à la cour, et, par eilension, dans toute autre société.

— HIST. ïl* s. Cil lui respondent : or seit fait [le baptêmel par marrenes, Ch. de Roi. ccxcit. || xin' s. Ançois [auparavant] doit estre fête enqueste de son aag'e par les parens, et par les parrins et les marrines, BEAta. xvi, 6. Lever le fist et baptiser; Son nom, qui tant fist à prisier, Mist à l'enfant, s'en fu marraine, ruteb. ii, 204.

— SYN. Berry, marrine; provenç. mairina; esp. et ital. madrina; du bas-lat. matrina, dérivé de mater, mère.

f MARRANE (ma-rra-n'), s. m. Nom donné par les Espagnols aux Arabes et Juifs convertis, et devenu une injure signifiant traître, perfide. || On trouve aussi marane. Pendus non comme Espagnols, mais comme voleurs et maranes, volt. Mœurs, i60. || On a dit maran.

— HlST. ivi» s. X trente diables soit le coqu, cornu, marrane, rab. Pant. m, 25. Les Hespaignols ont esté premièrement marans que chrestiens, cah- LOix, viii, 22. II fit une chose très belle pour la religion d'Espagne : car il chassa tous les Mores de Grenade; de sorte qu'ils n'ont plus infesté l'Espagne depuis, et ne se ressentent plus de marrane comme ils faisoient, brant. Cap. estr. t. 11, p. M », dans

LACCBNE.

— ÉTYM. Esp. marrano, porc, et aussi maudit, excommunié. Origine inconnue. On trouve un radical du sens péjoratif, mar, dans mararms, marranes, marruci (voy. du cange).

t MA RUE (ma-r'), s. f. Pelle large et courbée. Dans certaines contrées de la France, la houe des vignerons s'appelle marre.

— HIST. xvi' s. Touchèrent les piocheursde leurs marres un grand tombeau de bronze, rabel. Garg.

— f.TYM. Ital. marra; du lat. marro;grec, piàffov. f MARRER (ma-ré), V. a. Labourer la terre avec

une marre.

— HIST. xvi« s. Planter les margoutcs et les crosseltes, les provigner, tailler, marrer, et autrement traiter sa vigne, selon son mérite et propriété lu climat, o. deserres, i5.

— f.TYM. Marre.

MARRI, lE (mâ-ri, rie), adj. Terme vieilli. F4- ;hé et repentant. Je serais pourtant bien marri l'être moins affligé, et j'aime ma tristesse quand je ionge qu'elle vous plairait, si vous la voyiez, voir. lelt. 32. Vous êtes mari 7 — Depuis plus de six •nois. — Et n'êtes point marri T hautekochr, le Oeuxl, ♦. La dame de ces biens, quittant d'un œil marri Sa fortune ainsi répandue, là font, t'abl. l'iii, to. Oui, son mari, vous dis-jo, et mari trèsmarri, MOL. Sgan. 9. Je serais bien marri que vous crussiez... PAsc. Prov. v.AveoTéone ils [les juges] avaient ri; Avec Apamis ils pleurèrent; J'ignore, et l'en suis bien marri. Quel est le vainqueur qu'ils Gommèrent, volt. Les trois maniires. On serait bien marri de pa.sser un seul jour à la merci du temps et jcs ficheux, VAOVEN. Max. cxlviii.

— HIST. XII' s. Hout fut Rolant couroucèi et marris, Roncisv.\\xni' ». Ahil mcrp, fait ele, corne

auriez cuer [cœur] marri, Se vous saviez.... Berte, Lix. Et que il est marris [égaré] dedens ce bois ramé, ib. cxiv. Dolens et à mesaise, espoentés, marris, 16. XXX. Il XV* s. Le roy nostre maistre fut marry et eut quelque honte en ce cas, comm. v, 7. || xvi* s. Je suis en mon cueur despiaisant et marry de l'cstrange façon dont ilz moururent tous deux, amyot, Marcel, et Pélop. comp. B.

— ÉTYll. Provenç. morrtr, marir; anc. ital. marrito ; du germanique : goth. marzjian; anc. hautallem. marrjan, empêcher, rendre vain; angl. to mar. U y a aussi, dans le celtique, le bas-breton mdr, difficulté.

t MARRISSON (mâ-ri-son), s. f. Terme tout à fait hors d'usage. Tristesse, chagrin. Pétrarque.... En eût de marrisson pleuré comme une vache, Régnier, Sat. X.

— ÉTYM. Marrir.

t . MARRON (mi-ron), s. m. || 1" Espèce de grosse châtaigne bonne à manger; le marron est une châtaigne, c'est-à-dire une graine de châtaignier, devenue unique dans le fruit par avortement des deux autres, et ayant pris accroissement en proportion de la place qu'elle occupait toute seule dans i'involucre fructifère; les châtaigniers où cette variété prédomine et se perpétue portent le nom de marronniers. Tire-moi ces marrons ; si Dieu m'avait fait naître Propre à tirer marrons du feu. Certes marrons verraient beau jeu, LA FONT. faftJ. ix, tT. Il Marrons de Lyon, beaux et bons marrons, ainsi dits parce que Lyon est le centre qui les reçoit des pays voisins. || Fig. Tirer les marrons du feu avec la patte du chat, ou, simplement, tirer les marrons du feu, faire adroitement servir une personne d'instrument pour parvenir à des fins où il y aurait peine, inconvénient, danger. C'est ne se point commettre à faire de l'éclat, Et tirer les marrons de la patte du chat, mol. Et. m, 7. Voilà les marrons que Bertrand voit sous la cendre, et qui lui paraissent très-bons à croquer; mais il a la patte trop lourde pour les tirer délicatement, d'alemb. Lelt. à Voltaire, 18 janvier 1773. || Fig. Il est allé rôtir les marrons, se dit de quelqu'un qui, n'ayant plus d'argent pour jouer, sort du jeu. || Marrons glacés, marrons confits et couverts de caramel. || 2° Adjectivement. Couleur marron, couleur approchant de celle du marron. Le cou [de la sarcelle rousse à longue queue] est d'un roux marron, buff. Ois. t. xvii, p. 409. || En cet emploi, il est invariable. Un habit marron, des draps marron, une étoile marron. || Substantivement. Celui-ci a la tête, le cou, le devant du corps et les côtés du dos d'un beau marron foncé, buff. Ois. t. XV, p. 45. Il 3° Marron d'Inde, fruit du marronnier d'Inde. || 4° Marron d'eau, le fruit de la macre. Il S'il s'est dit d'une grosse boucle de cheveux ronde et nouée avec un ruban. Elle avait des marrons sur les oreilles. || 6° Terme d'artificier. Espèce de pétard de forme cubique. || 7" Pièce de cuivre de la grandeur d'un écu et numérotée, ou anneau de fer, qui sert, dans les garnisons, à marquer que les rondes se sont faites avec exactitude. || 8° Grumeau qui reste dans la pâte de farine, lorsqu'elle a été mal pétrie. Il Peloton coagulé dans une table de plomb mal fondue. {{ Cœur non calciné d'une pierre à chaux. Il 9° Marron de cochon, les racines du cyclame commun. Il Marron noir, espèce d'agaric. || Marron épineux, conchifère du genre came.

— HIST. XVI' s. Les sardonnes [châtaignes de Sardaigne] sont celles qu'on appelle à Lion marrons, cogneues par toute la France pour le traffiquo de

tel fruit, 0. DE SERRES, 6»t.

— ÉTYM. Ital. marron», marron , dont U provenance ultérieure est inconnue.

2. MARRON, ONNE (ma-ron, ro-n'), adj. \\ i' Se dit du nègre qui s'est enfui dans les bois pour y vivre en liberté. Nègre marron, négresse marronne. Il 2* Animal domestique qui est devenu sauvage. Cochon marron. || 3" Fig. U se dit de celui qui exerce, sans titre, sans commission, l'état d'agent do change, de courtier. Courtier marron, ou substantivement : c'est un marron. |j V Se dit d'un imprimeur qui exerce son étal clandestinement et sans brevet. || 5* S. m. Un marron, un ouvrage imprimé clandestinement. || Caractère découpé dans des feuilles de cuivre : on s'en sert avec un pinceau et de la couleur, pour tracer des lettres et des mois entiers sur des ballots, de petites affiches, etc.

— REM. Au mot marron l'Académie écrit: Négresse marronne. Au mot négresse, on lit : Une négresse maronne, avec une seule r, rACTRX.

— f.TYM. D'après Schelcr, le noir marron se disait anciennement timarron, qui vient de l'espagnol cimarron, sauvage. Il y a, dans le bas-latin , mar-

rones, nom de gens qui servaient de guide dans les Alpes, et dans le wallon, maroner, fureter, mots qui n'ont rien à faire ici et dont l'origine est d'ailleurs inconnue.

MAHRONNAGE, (ma-ro-na-j'), s. m. [j l'État d'un esclave marron. || 2» État d'un agent de change, d'un courtier, d'un imprimeur qui exerce sans titre, sans commission.

— ÉTYM. Marron 2.

MARRONNE, ÉE (ma-ro-né, née) , part, possède marronner. Cheveux marronnes.

MARRONNER (ma-ro-né), v. a. Terme vieilli. Friser en marrons.

— ÉTYM. Marron i .

MARRONNIER (ma-ro-nié; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel 1'» se lie : des maro-nié-z en fleurs), s. m. || 1° Nom donné à une variété des châtaigniers qui produit le marron. Il 2» Marronnier d'Inde, bel arbre de la famille des hippocastanées, qui nous est venu des Indes orientales, en 1615, et dont le fruit, qui ressemble au marron, est très-amer.

•- ÉTYM. Marron 1.

MARRUBE (ma-rru-b'), s. m. Plante labiée dont on distingue plusieurs sortes : marrube noir, ou ballotte, ou marrube puant {ballota nigra, L.) ; marrube blanc, marrubium rulgare, L. || Marrube aquatique, nom vulgaire du lycope européen.

— ÉTYM. Esp. marrubio; ital. marrobio; du lat, marrubium.

t MARRUBIASTRE (ma-rru-bi-a-str'), s. m. Nom vulgaire donné dans quelques ouvrages au léonure cardiaque ou à la ballotte noire, toutes deux labiées. Il Nom vulgaire et spécifique du léonure marrubiastre.

MARS (mars'), s. m. ||1* Terme du polythéisme. Le dieu de la guerre. || Par extension, la guerre elle-même. Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines. En vain dans les combats ont des soins diligents; Mars est comme l'amour; ses travaux et ses peines Veulent de jeunes gens, malh. ii, ta. Assez d'autres.... Suivront aux champs de Mars ton courage rapide, BOlL. Epitre 1. 1{ Les travaux de Mars, le métier de Mars, la guerre. Lorsqu'au métier de Mars les jugements s'égarent, Les fautes que l'on fait à peine se réparent, tristan, Panthée, v, B. Il Les favoris de Mars, les guerriers, les conquérants. Chaque climat produit des favoris de Mars, BoiL. Epitre I. Il Mars se prend aussi pour un guerrier. Ce jeune Mars qu'on loue a su jadis te plaire, COBN. Cid, IV, 2. Il Champ de Mars, voy. champ, n° i. Il Délassements de Mars, sorte de jeu do tableaux qui représente les diverses combinaisons de la guerre. Il Ecole de Mars, école instituée en 1794, qui avait pour but de donner à six jeunes gens de chaque district, envoyés à Paris sous le nom d'élèves de Mars, une éducation révolutionnaire et les connaissances d'un soldat républicain. || En ces sens. Mars prend une grande M. || 2' Une des planètes. La révolution de Mars autour du soleil dure 087 jours, sa distance au soleil est d'environ 25,000,000 de myriamètres, et son volume est le !«• de celui de la terre. Mars n'a rien de curieux que je sache; ses jours sont de plus d'une demi- heure plus longs que les nôtres, et ses années valent deux de nos années, à un mois et demi près, fonten. Mondes, 4' loir. Il En ce sens. Mars prend une grande M. Il 3° Nom ancien du fer. Safran do Mars. Teinture de Mars. || En ce sens, Mars prend une grande M. IH" Le troisième mois de l'année (avec une m minuscule). Do fleurs en mars ne tiens compte, non plus que de femme sans honte, le roux, Vict. comique. Il Cela vient comme mars en carême, cela vient à propos, ou bien cela ne man(|ue pas d'arriver chaque année (voy. carêmb).||B'' Espèce de papillon de jour (genre nymphalie). ||8°S. m. pi. Les mars, les grains qu'on sème au mois de mars.

— HIST. xiii' s. Bois à couper en auge, ou vignes prestes à vendangier, ou blés ou mars près k scier, ou prés à fauchier, beaum. xiii, h. ||xv" s. Yssitdu ciel plusieurs granscsclas de tonnoire,e3pariisscmeiis [éclairs] et merveilleuse pluye, qui esbah t beaucoup de gens, pour ce que les anciens dicnt tousjours que nul ne doit dire bêlas s'il n'a ouy tonner en mars, Chron. scand. de Louis XI, p. < fiO, dans LACUHNE. Je croy que vous venez requérir la bataille à certain jour nommé ; mais je cognois Monseigneur à tel qu'il ne vous y f.nuldra ne que mars en caresmn, mi nard, Wi.it. de Gucscl. p. 4o9, dans LACIJRNE. Il XVI' 5. Du genre humain, veuillez avoir pitié, En permettant que le puissant dieu Mar» Mette au fourreau dagues et braqueinars, J. marot, V, »7. Quant aux mots mars et treraès. l'un Pro-

MAR

Cbde du moi» de mars, dans lequel, pour tous delais, telle» semences se font ; et l'autre, de ce que dans trois moi» elles sont moissonnées, o. de serres, «I». En icelle [année] les kalendes furent trouvées par le» bréviaires des Grecs ; mars faillit en quaresme, et fut la my aoust en may, bab. Pantagr. Il, I. Nous ha allégué mars comme mois de rufliennerie; ouy, respondit Pantagruel, toutefois il est toujours en caresme, RAB.p. U4, dans lacurne. Mars venteux et avril pluvieux Font le may gay et gracioui, leboux de lincy, Prov. t. i, p. )09. Quitte lerain, fuis les brouillards, Neiges, vent et soleil de mars, id. ib. Taille tost, taille tard, Kien n'est tel que la taille de mars [pour la vigne], id. ib. p. <to. Brouillards en mars, gelées en mai, id. ib. Mars sec et chaud remplit cuve» et tonneaux, id. «6. Tu semés tes melons en mars, moi en mai, j'en mangerai quant et toi [en même temps que toi], id. ib.

— F.TYM. Borry, mdr; bourg, ma; provenç. mars, mart:; e.spagn. mono ; portug. março; ital. mano; du lat. Jfart ou Mavors, Mamert, dans la langue des Osques,' Jfarmar, dans le Chant arval; l'étymologie en est obscure et disputée.

t HARSAGE (mar-sa-j'), s. m. Nom, en Lorraine, des semailles des grains de mars.

— HIST. xnr s. De cliascun stier de marsaige, une oliole, nv cange, marceschia.

— Etysi. Dérivé de mars, mois.

t MARSANNE (mar-sa-n'j, s. f. Cépage qui, avec la roussane et le petit chiraz, sert à faire le vin blanc de l'Ermitage.

t SIARSACLT (mar-sA), t. m. Sorte de saule, talix caprea, L. || Petit marsault, salix aurila, L. Il On écrit aussi marseau. 11 n'y a que la graine de marseau qui réussisse et qui croisse assez promptement sans culture, buff. Exp. sur les végét. 2* mém.

— HIST. XIV' s. Et est à entendre mort bois, boulz [bouleaux], tramble, fou [hêtre], marsaus et gcnestres, du cange, marsalix. || xvi* s. Marsaul,

COTGRAVB.

— ÊTYM. Bas-latin, marsalix, de mas, mâle, et salix, saule : saule mâle.

t MARSEILLAIS (mar-sè-llé, II mouillées), s. m. Nom donné i des fédérés venus du midi de la France à Paris, lors de la seconde fôte de la fédération (<7»2), et qui se faisaient remarquer par leur exaltation révolutionnaire.

i MARSEILLAISE (mar-sè-Ilè-z', H mouillées) , s. f. Chanson guerrière intitulée d'abord Chant de l'armée du Rhin, et apportée à Paris par les fédérés marseillais ; elle a été composée par Rouget de l'Isle. [Ce chant] fut trouvé â Strasbourg , à deux pas de l'ennemi... trouvé en mars ou avril, au premier moment de la guerre, il ne lui fallut pas plus deux mois pour pénétrer toute la France; il alla frapper au fond du midi, comme par un violent écho, et Marseille répondit au Rhin; sublime destinée de ce chant I il est chanté des Marseillais à l'assaut des Tuileries, il brise le trône au 40 août; ct\ l'appelle la Marseillaise, michelet, Ilist. de la révol. m, p. «ne.

+ MABSETTE (mar-sè-f), t. f. Graminée commune dans les prés : un des noms vulgaires de la phléole des prés, dite aussi fléau.

+ MARSILEACÉES(mar-si-lé-a-sée), s. f. pi. Famille de plante» acotyledones classée par A. de Candolle dans les semi-vasculaircs.

— ETYM. Genre marsilca , dédié par Linné au naturaliste italien L. F. de Marsigli, 4688-1730.

+ MABSOLF^U (mar-so-lû), t. m. Un des noms vulgaires de la linotte.

HAB80CIN (mar-souin), t. m. || 1° Cétacé du genre du dauphin, mais à museau obtus, connu vulgairement sous le nom de pourceau de mer (pliocène commune de Lesson, qui a été le dauphin phoclne). |{ Populairement et par injure, gros mar- •ouin, vilain marsouin, homme laid, mal bâti, malpropre. U veut dès aujourd'hui qu'elle applique «on loin X donner de l'amour au plus vilain manoain, «otiMAuiT, Fabl.d'J'^jope,!, ». || 2« Terme de marine. Forte pièce de construction qui est ordinairement d'assemblage. || Tente qu'on éublit sur l'avant du mât de misaine.

. ~ ■*"•• Dans l'ancienne poésie, marsouin était M trois ijlUbes.

— HIST. XIV ». Tiers meu : fromenlée au mar- •ouin, pûtes norroi» et maquereaulx roslis, Ména- »»«■, Il 4. Il XV ». Chien» de mer, marsouin», saumon», Congre», tourloï et leur» semblable», k. dp.sch Poésm nus. f 4Si. Toute» foi» on eusl arraché Les denU du vilIaJn nuutouin Son feu père, et du babouin Le fliz, avknt qu'il» en preitasscnt [do l'argmi], Pauiin. Il XVI* ». Quand le» dauphin» et

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marsouins sautent et se descouvrent sur l'eau, c'est signe de grand orage et tempeste sur la mer, PARÉ, Animaux, 2.

— ÊTYM. Ane. h. allem. merisuin : allem. mod. Meerschwein, de Ifcer, mer, et Schwein, pourceau.

t MARSUPIAL, ALE (mar-su-pi-al, a-1'), adj. Il 1» Terme de zoologie. Qui a la forme d'une bourse. Il 2° Qui porte une bourse. || Os marsupial, lame osseuse qui est un des trois points d'ossification complémentaire de l'os iliaque et qui occupe le fond de la cavité cotyloide, ainsi nommé parce qu'il reste toujours distinct chez les marsupiaux. || S" S. m. pi. Les marsupiaux, quadrupèdes ainsi nommes, parce que la plupart de ces animaux portent une poche rwifermant les mamelles et recevant les petits, qui naissent avant terme. || 11 se dit aussi au singulier. Le mammifère décrit par Buffon sous le nom de petite loutre de la Guiane est un élégant marsupial, appelé le chironecte yapock par les naturalistes modernes, LEGOARANT. || 4° Adj. Qui a rapport aux marsupiaux. La parlurition marsupiale.

— ÊTYM. Lat. marsupium, bourse.

MARTAGON (mar-ta-gon), «. m. Espèce de lis

rouge dont les pétales sont renversés et recourbés, lilium martagon, L.

— HIST. xvi° s. Aller souvent en sa maison des champs pour secouer l'oreille de la tulipe et du martigon, faire cinq ou six tours de jardin. Caquets de l'accouchée, p. i, dans lacurne. Le martagon de Constantinople produit des rares fleurs de la grandeur et figure comme celles du lys, fort recherchées pour l'excellence de leur couleur d'orangé-rouge,

— ÉTYM. Ital. martagone.

MARTE (mar-f), s. f. Voy. martre.

MARTEAU (mar-tô), s. m. \\ 1° Outil en fer garni

d'un manche, qui sert à battre les métaux, à forger, à cogner. Un affreux serrurier, laborieux Vulcain.... De cent coups de marteau me va fendre la tête, BOIL. Sat. VI. Et leurs bras vigoureux lèvent de lourds marteaux Qui tombent en cadence et domptent les métaux, delil. Géorg.iv. J'entends le lourd marteau retentir sur l'enclume, id. Imag. v. || Ouvriers à marteau, ceux qui se servent du marteau, tels que Ibrgerons, serruriers, etc. jl Fig. 11 ne faut trente ans après et jusqu'à la veille des guerres civiles qu'écouter Bèze et sa magnifique comparaison de l'Église avec une enclume, qui n'était faite que pour recevoir des coups, et non pas pour en donner, mais qui aussi, en les recevant, brisait souvent les marteaux dont elle était frappée, Boss. &' avert. 4. Le marteau de la tyrannie Sur les autels rive nos fers, bérang. Escl. gaul. || Fig. Être entre l'enclume et le marteau, voy. enclume. || Il faut être enclume ou marteau, se dit des circonstances où il est presque inévitable de souffrir du mal ou d'en faire. Il faut être en France enclume ou marteau; j'étais né enclume, volt. Mémoires. || Il vaut mieux être marteau qu'enclume, il vaut mieux faire du mal que d'en souffrir. || C'est un diamant sous le marteau, se dit d'un homme ferme et constant qui résiste aux persécutions ; locution d'ailleurs erronée, car le marteau briserait le diamant. |{ Familièrement. Avoir un coup de marteau, un petit coup de marteau, avoir quelque manie, quelque bizarrerie ; la locution entière serait avoir un coup de marteau à la tête, ce qui ébranle, trouble l'esprit. Il 2° Marteau à tète plate, à tête ronde. || Marteau d'assiette pour les paveurs. || Marteau de couvreurs, marteau rond par un bout et pointu par l'autre. || Marteau à dent, marteau fourchu pour arracher des clous. || Marteau à ardoise, instrument qui sert à tailler l'ardoise et à la percor pour faire les trous des clous. || En maréchalerie, on se sert du marteau à main, du marteau à panne, du marteau à frapper devant. Les marteaux & panne sont pour battre le fer. || Marteau d'eaux et forêts, marteau a\ec lequel l'employé marque les arbres qu'il faut couper pour les ventes. Il Anciennement, espèce de marteau qui servait à la fabrication des monnaies. 11 est dit dans cet arrêt |du 7 novembre I64l] que Sa Majesté acceptait les offres de Briot et de Racle, et leur ordonnait de faire porter à la monnaie au marteau, leur moulin et machines pour fabriquer les nouvelles espèces, J. CAILLKT, l'Àdm. en France sous Richelieu, t. ii, p. 4i'9. Il 8° Marteau d'armes, sorte d'arme offensive qui était en forme de marteau rond d'un côté et tranchant de l'autre. Où sont ces âmes guerrières, ces marteaux d'armes tant vantés et ces arcs qu'on ne vit jamais tendus en vainT boss. Anne de Gonx. Il Anciennement. Insigne de la dignité de connétable. Il 4* Marteau d'horloge, marteau qui frappe

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sur le timbre pour la sonnerie. || 5° Marteau do porte, espèce d'anneau ou de battant de fer qui est attaché au milieu d'une porte à l'extérieur et avec lequel on frappe pour se faire ouvrir. Au premier coup de marteau j'ai couru si vite que je suis tombe en chemin, bbueïs. Grondeur, i, o. Il est bon de commencer de la rue à se faire écouter par le bruit du carrosse et du marteau qui frappe rudement la porte, MONTESQ. Lett. pers. 82. || Fig. et familièrement. Graisser le marteau, donner de l'argent au portier d'une maison, afin de s'en faciliter l'entrée. On avait beau heurter et m'ôler son chapeau. On n'entrait point chez nous sans graisser le marteau, HAC. Plaid. i,i.\\ 11 n'est pas sujet au coup de marteau, il n'est pas, par sa profession, sujet à ce qu'on vienne frapper à sa porte pour le chercher. 116° Petit marteau que tient le commissaire-priseur et avec lequel il fait des signaux dans la vente. Il 7" Fig. Perruque à trois marteaux, perruque qui avait une longue boucle entre deux nœuds. Le médecin coquet élagua ses marteaux, deulle, Imag. VII. Il S" Petite tringle de bois que l'on fait mouvoir en touchant le clavier d'un piano. || Fig. Imaginezvous dans la tête un timbre garni de petite marteaux, d'où partent une multitude infinie de lils qui se terminent à tous les points de la boite, DIDEROT, Lett. sur les sourds et muets. || Instrument avec lequel on tend ou on lâche les cordes des instruments à chevilles pour les accorder. || 9° Terme d'anatomie. Un des quatre osselets de l'oreille. Il 10° Terme de physique. Marteau d'eau, tube de verre hermétiquement clos, privé d'air et renfermant de l'eau, ainsi nommé parce que l'eau, quand on agite le vase, en frappe les parois comme ferait une masse de fer. || 11° Terme de marine. La pièêe faisant arrêt dans le linguet-chaîne. || 12" Un des noms vulgaires du narcisse. || 13" Le marteau, poisson qui était le squale marteau devenu la zygène marteau, sélaciens, dite aussi tiburon, et qui, aux Antilles françaises, porte le nom de pantouffier, LEGOARANT. || 14° Genre de coquilles bivalves. On y distingue le marteau vulgaire, (jui habite l'Océan indien, connu chez les marchands sous les noms de croix do mer et de crucifix de mer; c'est l'huître marteau de certains auteurs, legoarant. || Espèce de petit crustaoé.

— HIST. XII' s. 11 fait creuser souz terre à pic et àmartel, Sax. ix. || xiii° s. En tel cas ne doit en pas fore l'execussion de le [la] justice par fu, mais abattre à cuignies et à martiax le [la] partie du malfeteur tant solement, beaum. lu, t7. Or i a plus dures noveles, Qu'il fist si froit que là dedanz Firent tuit martiaus de lor denz, rutkb. ii, 18». Lors remaint nature en sa forge, Prent ses martiaus, et fiert et forge Trestout ainsinc comme devant, la Rose, 4 9020. || xiV s. Olivier de Cliçon par la bataille va, Et tenoit un martel qu'à ses deux mains porta. Tout ainsi qu'un boucher abatit et versa, DU cange, martus. \\ xv" s. Fut le dessus nommé conncstable de France pour user de l'office, quoique messire OUivier de Clisson n'y cust point renoncé ne renvoyé le martel de la conneslablie, Fitoiss. livre iv, p. 176, dans lacurne. Ils dévoient combatre de haches, et en ferir chacun quinze coups de la teste et martel, sans rien toucher de la pointe ny d'estoc, Mathieu de couci, p. 6BB, dans lacurne. Il xvi* s. Anciennement on avoit des marteaux attachez aux portes dont on tabouroit pour avertir ceulx de dedans, amyot, De la curiositi', o.

— ÉTYM. Bourg. matcA; picard, martiau, mar- Iteu; wallon, TTidrtai; namur. maurd'a; provenç. martel, viartell; espagn. marlillo ; ital. martello. Il parait provenir d'uue forme martellus, dérivée du bas-latin martus, marteau. Maintenant ce martus tient-il à la latinité? On y trouve marculus et martulus, marteau, avec le primitif marcus; le bas-latin martus paraît prouver qu'il y avait un primitif marluî répondant à martulus, comme marcus répond à marculus. Le lalin marcus se rattache au sanscrit mor/, écraser, frapper.

MARTEL (mar-tèl), s. m. || 1° Au propre, marteau, usité seulement dans le nom propre Charles Martel, Charles qui martela les Sarrasins. ||2" Fij.-. Inquiétude, ombrage, souci. Qu'il fasse mieux, ce jeune jouvencol |Scudéryl, A qui le Cid doi'iio tant de martel, cohn. Rondeau. Que dites-vous du billot que j'ai écrit à M. Eulropc, pour lui donner martel en tête, et traverser votre amant dan» ses nouvelles amours? hauteroche, le Coch. 7. Je ne vois point encore, ou je suis une bête. Sur quoi vous avez pu prendre martel en tête, mol. Le Dép. 1, I. Lorsque, prise pour dupe, elle a martel en lôte, TH. COHN. Calanl doublé, m, t.

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— HIST. xiii* s. X ce temps dont tous ay l'uystoire comencie, Avoit un roi en France de moult grant sîignorie; Charles Martiaus ot nom, Berte, ii. Il XVI' s. Je dis bien qu'un cas plus mortel Lui donnoit ce nouveau martel, iam^tenco/ie de Ca(in,dans Œuvres poétiques de mellin de saint-gelais, etc. l'aris (7(9, p. 69. Pour un mot de travers souffrir mille trespas. Quitter pour un martel et repos et repas, despobtes, Élégies, \, 6. En ce martel [lors de la journée des barricades] se passent les vendredi, samedi et dimanche, pasquier, Lett. t. i, p. 784.

— ÊTYM. Marteau, dont martel était le cas régime dans l'ancien français. L'inquiétude, le souci est ici comparé à un marteau qui frappe la tête ; comparez at'otr un coup de marffott, et marteler. M. Fr. Michel y voit une corruption de marlin, qui était le nom de l'âne : ay:oir marlin ou martel, serait avoir un âne, un dada, une manie; rien n'appuie cette conjecture.

MARTELAGE (mar-te-la-j'), s. m. \\ 1° Action de frapper avec la marteau. || Empreinte qui résulte du martelage. |{ 2° Terme de l'administration forestière. Marque que les agents des eaui et forêts font avec leur marteau aux arbres qu'on veut réserver dans les triages mis en vente. || 3° Terme de vétérinaire. Castration par martelage, se dit, pour le taureau, d'une opération qui consiste à frapper plusieurs coups de marteau sur chaque cordon testiculaire appuyé contre un corps dur, qui est ordinairement un bâton cylindrique.

— ÉTYM. Marteler.

MARTELÉ, ÉE (mar-te-lé, lée) , fart, passé de marteler. Il 1° Travailléau marteau. Vaisselle martelée. Il Terme d'antiquaire. Médaille martelée, médaille antique, dont on a limé le revers qui était commun, pour en frapper un plus curieux et plus rare, avec un coin neuf et dans le goût de l'antiquité. || 2°En musique, trille martelé, trille dans lequel les deux sons se font entendre distinctement. || S. m. Sur les instruments à archet le martelé consiste à détacherles notes en poussant toujours l'archetou en le tirant toujours; on ditplutôt staccato. || 3°Fig. Enlittérature,péniblement fait et travaillé. Vers martelés. Cette traduction [des Géorgiques,par Lefranc de Pompignan],si péniblement travaillée , en vers durs, raboteux, martelés, sans couleur et sans harmonie, MABMONïEL,lf<iin. vu. t MARTELÉES (mar-te-lée) , s. f. pi. Terme de vénerie. Fumées des bêles fauves qui n'ont pas d'aiguillons à leurs extrémités; fumées bien formées.

MARTELER (mar-te-lé. La syllabe te prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je martèle, je martèlerai), v.a. || 1° Battre à coups de marteau. Marteler sur l'enclume. |{ Par extension. Mon poing désarmé martèle les armures Mieux qu'un chêne noueux choisi dans les forêts, v. huco. Bail. 5. Il 2° Terme d'eaux et forêts. Marquer avec un marteau les arbres qui sontà abattre. |{ 3" Terme de serrurier. Former, avec un ciseau ou avec la panne d'un marteau, des sillons sur la surface du fer. Il 4° Fig. Faire avec effort un travail d'esprit. 11 martèle ses vers. Maudit soit l'auteur dur dont l'âpre et rude verve. Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve, Y.l, de son lourd marteau martelant le bon sens, A fait de méchants vers douze fois douze cents I boil. Épigr. xiv. || B° Fig. Donner de l'inquiétude, du souci. Cette atlaire me martèle le cerveau. Je viens blessé d'une atteinte mortelle Pour soulager la mal qui me martèle, voit. Poésies, Œuvres, t. II, p. (44. Il 6' V. n. Terme de fauconnerie. Se dit des oiseaux de proie quand ils font leur nid, — lilST. XIII* s. Mes nature douce et piteuse.... Quanqu'el trueve dedens sa forge, Tous jors martelé, tous jors forge. Tous jors ses pièces renouvelé Par generacion novele, lahose, t «il 2. \\x\v' s. L'en nombrera Icz arbre», cl seront marteliez du martel du verdier, Ord'mn. des rois, L vu, p. 777. Et quand sur les Englois [ils] prindrent à avaler. Dessus ces bassinés prindrent & marteler, Oue ce sembloicnt fcvres qu'on oisi là fraper, Guescl. (»I76. Il xv 9. Une csguiere d'argent marthclée, Bibl. des

th. «• série, 1. 1, p. 43«, llxvi» s avec une queue

assez longue, toute martelée et coulourécde diverses couleurs comme celfe d'un tigre, parK, Monstres, App. « . Furent mis en deroulte par les trois escadrons du roy de Navarre, du prince de Condéetdu comtede Sois.sons, chacun desquels parles coups qu'il donna et ceux dont ses artncs estoient martelées témoigna •ufflsament la grandeur de son courage, sjlly, Mém. t. I, p. 280. D'autres dames y a-il, lesquelles & dessein ne font pas grand scrupule de faire à pleine Teue la monstre de leur beauté.... afin de mieux encapricior elmartellcr leurs serviteurs, et les mieux attirer à elles, brant. Ves dames galant. 2* dise.

— ÉTYM. Martel; provenç. martellar; espagn. martillar; ital. martellare.

MARTELET (mar-te-lè ; la f ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des mar-te-lè-z en fer), s. m. Il 1° Petit marteau dont quelques ouvriers se .servent pour des ouvrages délicats. || 2° Petit marteau servant à écorner et à tailler la tuila. ||3° Martinet noir, oiseau.

— HIST. xvi* S. Après, le tronc sera fendu avec un ferme cousteau en frappant par dessus à tout un martelet, o. de serrks, 682.

— ÉTYM. Diminutif de martel.

MARTELECR (mar-te-leur), s. m. \\ 1" Celui qui,

dans une l'orge, fait travailler le marteau. || 2° Celui qui travaille au marteau certaines pièces de détail. Jamais le maiteleur ne peut réparer pleinement ce que le fondeur a gâté, bufp. Min. introd. part. exp.

ŒUV. t. VIII, p. (12.

— ÊTYTrt. Marteler.

t MARTELINE (mar-te-li-n') , s. f. Petit marteau dont les sculpteurs se servent et qui a un bout en pointe, tandis que l'autre a des dents fortes de bon acier et forgées carrément pour gruger le marbre.

— ETYM. Dérive de marteau.

+ MARTELLERIE (mar-tè-le-rie), s. f. Endroit dans une usine où l'on travaille le métal au marteau. Je suis bien aise d'apprendre que la manufacture de fer-blanc aille mieux que par le passé; et, quoique ce soit bien peu de quatre martelleries, néanmoins il y a lieu d'espérer que.... Corr.deColbert, m, 190, Lettre du (6 nov. (669.

— ÉTYM. Marteler.

fMARTELLlÈRE (mar-té-liè-r"), s. f. Pertuis garni de vannes pour le passage des eaux. Quoique dans le langage ordinaire on confonde assez souvent les martellières avec les vannes qui les ferment, cette confusion serait ici déplacée ; la martellière que le pays est chargé d'entretenir, est cet ouvrage en pierre de taille auquel s'adapte la vanne en planche qui le ferme, cappeau, De la comp. des Alpines, etc. p. 24.

— HIST. xvi's. L'eau entrera d'un carreau à l'autre [dans les rizières], par petites ouvertures faites en marteliere ou esparciers, o. de serres, (20.

t MARTE-PIQUANT (mar-te-pi-kan), s. m. Nom, sur les côtes de Saint-Brieuo, d'un petit poisson dit ailleurs vive, et armé d'un piquant qui fait des blessures très-douloureuses.

MARTIAL, ALE (mar-si-al, a-1'), adj. || 1° Digne de Mars, guerrier. Un air martial. Une tenue martiale. || Cour martiale, sorte de tribunal militaire. Il Loi martiale, loi qui autorise l'emploi do la force armée dans certains cas. La loi martiale a été promulguée le 21 octobre (789. Proclamer la lui martiale. Il 2° Autrefois, en chimie et en pharmacie, ferrugineux, à cause que dans l'alchimie Mars désignait le for. Les préparations martiales. La quantité des pyrites ferrugineuses ou martiales étant beaucoup plus grande que celle des pyrites cuivreuses , presque toutes les veines de charbon sont mêlées de pyrites martiales, buff. Min. t. ii, p. 276. Il Substantivement, lesmarliaux, les médicaments dans lesquels entre le fer ou un oxyde de fer.

— HIST. xvi' s. Courageux et rempli de martiale ardeur, Rotis, Élég. (3. Prompt à la main, bardy de nature, et proprement tel que ceux que Homère appelle martiaux et belliqueux, amyot, Fab. 38. Elle le loua fort de ce qu'il estoit brave, vaillant et généreux, et, en usant de ce .mot, fort martial, BRANT. Dames gai. t. ii, p. 32S, dans lacubne.

— ÉTYM. Lat. martialis, martial, de Mars.

t MARTIALE (mar-si-a-l'), s. f. Nom des assemblées littéraires qua l'abbé Dangeau tenait chez lui tous les mardis.

— ÉTYM. Lat. martialis [dies], jour de Mars, mardi . t MARTIALrrÉ(mar-si-a-li-té), s. f. Apparence

martial!!, caractère martial. 11 peut n'être pas militaire du tout ; mais II a la prestance et la martialité de celte profession, l'Illustration, (867.

t (.MARTIN (mar-tin),«. m. Nom propre qui se trouve dans plusii'urs locutions proverbiales.H II y a plusieurs ânes qui s'appellent Martin,c'e»t-à-diro il no faut pas affirmer une chose d'après un seul indice. Il C'est le prêtre Martin qui chante etqui répond, se dit d'un homme qui fait la demande et la réponse, qui veut se mêler de tout. || Pour un point Martin perdit son âne, locution qui se dit de ceux qui, pour retenir quelque chose de peu d'importance, abandonnent ce qu'ils ont de plus solide. Un a explii(ué cette locution on disant qu'un abl>é ayant mal placé le point dans une in.scriptioii mise au fronton desoii abbaye nommée Asello fascllus, ânon], un pape lui

ôta cette abbaye ; mais cette explication est sans aucun fondement. || On trouve aussi ; Pour un poil Martin perdit son âne, forme du proverbe qu'on explique en disant que, Martin ayant perdu son âne à la foire et n'ayant pu dire de quel poil il était, le juge l'adjugea à celui qui en était le détenteur. Il On ne dit guère Martin qu'il n'y ait de l'âne. || Le mal Saint-Martin, l'ivresse, à cause qu'on s'enivrait beaucoup aux foires de la Saint-Martin. || Marlin est aussi le nom qu'on donne â l'ours retenu et dressé dans les ménageries.

— HIST. XIV" s. Le prestre Martin ne se reconnoist qu'en son livre. Songe du vergier, i, (34. Il XV" s. La damo le veult marier, si elle peut, à la damoiselle, car il est très-bien hérité, et est simple et bejaune : si en sera Martin de Cambray, car il en sera saint sur le baudroy [Martin cl Martine sont les jaquemars de l'horloge de Cambrai; Martin est un paysan en jaquette et armé , qui porte une ceinture fortement serrée sur les reins; de là vient que d'un homme ridiculement serré de la ceinture on a dit : ceint sur le cul comme Martin de Cambrai], Les ( 5 joyes de mariage, p. 99. Allez, n'oubliez pas à boire, Si vous trouvez Martin Garant, Patelin, v. 9( . |{ xvi" s. Ce que ne veut Marlin veut sonasne, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 62.

■]■ 2. MARTIN (mar-tin), s. m. Genre d'oiseaux qui se rapprochent des merles.

t MARTIN-BÂTON (mar-tin-bâ-ton) , s. m.

Homme armé d'un bâton, et, par extension, le bâton personnifié qui sert à battre les animaux récalcitrants. Oh ! oh ! quelle caresse et quelle mélodie I Di'. le maître aussitôt, holà, Martin-bâton! Martin-bâton accourt, l'âne change de ton, la font. Fabl. iv, 6. [j On dit aussi quelquefois Martin simplement. Un petit bout d'oreille échappé par malheur Découvrit la fourbe et l'erreur j Martin fit alors son office,

ID. ib. V, 21.

— ÉTYM. Martin bâton doit avoir voulu dire dans l'origine le bâton de Martin, ampère, Hist. de la lungue, p. 86. D'un autre côté, on lit dans le Cata^ logue des livres d'Arthur Dinaux : 343, L'arbre da probation planté devant la tente <l'Abraliam : duquel l'on tire des houssines pour redresser les errans au droict sentier de la vérité contre les erreurs d'un certain Martin.... par frère Nicholas de Lachau, Paris, (6(8. Livre singulier, dont le titre courant porte : Le Martin à la louche, ce qui, dilM. Jamet, a donné lieu au dicton populaire do Martin bdton.

f MARTIN-CHASSEUR (mar-tin-cha-seur),ï. m. Genre d'oisenux d'Afrique et des Indes, voisin des martins-pêcheurs. j| Auplur. Des raartins-cliassours.

t MARTINE (mar-ti-n'), adj. f. La bête marline, ou, substantivement, la marline, démon qui se montre sous la forme d'une maruo (on Normandie).

t MARTINE (mar-li-né), s. m. Barre de fer ou d'acier d'un petit échantillon qu'on étire sous un martinet.

t MARTINER (mar-ti-né), v. a. Frapper avec le martiEiCt. Martiner une barre de for.

— ÉTYM. Voy. MARTINET 2.

(. MARTINET (mar-ti-nè; le tue se lie pas; au pluriel, \'s se lie : des mar-ti-nè-z en troupes; martinet rime avec traits, paix, succès, etc.) , î. m. || 1° Espèce d'hirondelle à très-longues ailes. Les martinets étaient pour Linné dans les espèces du genre hirondelle; on en a fait un genre {cypsclus) à trois espèces : c le martinet noir ou martinet de muraille, cypselus apus, llliger; 2° le martinet â ventre blanc, cypselus melba, lUignr; S" le martinet velocifèro, ci/pselus t'eloï. ||2" Se disait autrefois dos externes des collèges, probablement comparés à des oiseaux fuyards.

HIST. xvi" s. Il y a encore des oscoliers qui

demeurent en villa hors les collèges, qui vont ouir les leçons d'uns et autres regens, selon qu« l'opinion leur en prend, ou aux maistros qui les gouvernent; les jeunes appelez martinetz par nous, elles autres galoches, pas<juieb, Ikclierches, liv. ix,

p. 792, dans LACURNE.

— F.TYM. Diminutif de Martin (

I. MARTINET (.•nar-ti-nè; le t ne se lie pas; au pluriel, l'ijsejlio : dos mar-li-iiè-z en mouvement), «.m. Il 1" Marteau mû par un moulin. Le sieur Dalliez m'assure que le fer do Bourgogne que l'on fabrique dans les martinets do Vienne, est dos plus fins et aussi bon que celui do Piémont, Corresp. de Colbert, m, 409. Il est â remarquer qu'on no forme l'article précédent que de moulins i blé, et qu'il reste encore ceux des forges, martinets et fonderies, VAIJBAN, Dime, p. 77. J'ai fait établir deux de ces martinets, dont l'un frappe trois cent douz»

MAR

coups par minute; celte grande rapidité est doublement avantageuse, tant par l'épargne du combusliWe et la célérité du travail, que par la perfection qu'elle donne i ces fers, bufp. Jfi'n. t. iv, p. I60. Il Sorts d'usine ainsi nommée du marteau ou martinet qui en est le principal agent. On croit que ces sortes de grandes forges ont pris ce nom, de ce qu'il y en a plusieurs à Vienne en Dauphiné, proche de l'église de Saint-Martin et dans la paroisse de Saint-Martin, bichelrt. || 2" Fouet formé de plusieurs cordes au bout d'un manche de bois et dont les œaStres d'école se servaient pour châtier les écoliers. Il Fig. Notre empereur portait longue férule, Puis est venu le martinet royal, bérano. Gohier. Il 3" Terme de marbrier. Forte molette de grès qui sert à égriser les carreaux de marbre. || 4° Terme de marine. Cordage qui fait fonction de balancine pour les cornes et qui les tient plus ou moins apiquées. Il Faux martinet, martinet placé tout à fait à l'ei- Irémité de la corne. || S° Macbine de guerre du moyen îge, qui jetait de grosses pierres.

— HlST. IV' s. Ceux du chaste! firent descliquer quatre martinets qu'ils avoient nouvellement fait faire pour remédier contre les quatre chas [machines de guerre], fhoiss. i, i, î62. Item.... ordonnons.... que les marchands et maistres qui font ouvrir lesdites mines à leurs propres cousis, missions et despens, et font feu et lieu et résidence sur lesdites mines et martinet, ou leurs desputez, les deux fondeurs et affineurs en un chacun martinet, tant seulement.... soient quittes, francs et exempts de toutes tailles... Lclt. patent, du 30 mot <4(3.

— ÈTYM. Diminutif du bas-latin martus, marteau (voy. ce mot); provenç. et catal. martinet; espagn. martinele.

». MARTINET (mar-ti-nè), s. m. Petit chandelier plat qui a un manche. Quand je vous aurais vue, le martinet à la main, descendre à la cave, vous auriez toujours été ma princesse, mabivaux. Jeux de l'amour et du hasard, ii, 5.

— ÉTYM. Origine inconnue.

t MARTINEUR (mar-ti-neur), t. m. Ouvrier qui présente les barres de fer à l'action du martinet.

— ÊTYM. Hartiner.

HARTL\GALE (mar-tin-ga-l'),». f. \\ i' Chausses à la martingale, culottes dont le pont était placé par derrière; c'est le sens ancien et primitif. Il %' Par assimilation au pont de celte ancienne culotte, courroie simple ou bifurquée, qui, attachée par un bout aux sangles et par l'autre audessous de la muserole, empêche un cheval qui porte au vent de battre à la main. || Fausse martingale, courroie qu'on attache au milieu du poitrail. Il 3° Languette de buffle cousue à la giberne du fantassin. || 4* Terme de marine. Arc-boutant placé au-dessous du màt de beaupré et à la tête de ce mit, et percé, à son extrémité inférieure, de deux trous, dans lesquels passent des cordages destines à servir d'étals inférieurs au boutehors de foc, que ses étais supérieurs tendent à redresser et à rompre (la martingale de marine dite ainsi par assimilation avec la martingale du cheval). || 6° Fig. Terme de jeu. Action de porter, à chaque coup, le double de ce qu'on a perdu sur le coup précédent; locution tirée, par métaphore, de la bifurcation de la martingale des chevaux. || Il se dit aus'ti de diverses manières de jouer son argent que l'on suit avec persévérance. L'un vient de perdre son dernier écu, et il va mettre sa boîle d'or en gage pour suivre sa martingale, picard, Provinc. à Paris, n, ( . || 6' Terme de mépris appliqué k une femme. Voudriez-vous bien passer vos jours l faire le Sardaoapale Et servir une martingale î 8CARB. Virg. iv. Cependant le fils de Cypris, Suivant sa vieille martingale fia sibylle], Aborda la rive infernale, id. ib. vi. Je suis Alecton infernale, Kt non pas cette martingale Dont j'avais la forme •t l'habit, ID. «b. VII. Il Inusité en ce sens.

— HiST. XVI* s. Chausses à la martingale, rab. i, 10. Chaussez à la martingale, ou à pont levis, Bot;- CBiT, Seriet, liv. m, p. u, dans lacurne. Ce brave chevalier [le roi François 1") avoll une complciion en loy, que, toutes les fols qu'il vouloit venir au combat, il falloit qu'il allast k ses affaires et descmdist de cheval pour les faire; et pour ce portoit ordinairement des chausses k la martingale autrament à pont levis, brant. Cap. franc, t. i, p'. los dans LACuam. Philosopher à la martingale, cot- «uvi, (tt mot philosopher.

- ÉTYM. F.spice de chausse, nommée ainsi, selon Ménage, d'tprès les Jfordyaui, habiUnts des tartiguti en Provence; esp. martingala, cuissartlui. martingala, sorte de chausse. '

MAR

t MARTINGALER (mar-tin-ga-lé), v. n. Doubler son enjeu lorsqu'on perd. || Jouer une martingale. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

tMARTIXIQUE (mar-ti-ni-k'), ». m. Café provenant do la Martinique. Du bon martinique.

MARTIMSME (mar-ti-ni-sm'), s. m. Système d'illuminisrae qui, fondé par Martinez, s'est réuni à celui (le Saint-Martin, et d'après lequel le vrai initié, celui qui a reçu dans son extase l'inspiration d'en haut, devient une sorte de dieu sous forme humaine.

MARTINISTE (mar-ti-ni-sf), s. m. et /•. Celui, celle qui suit le martlnisme.

— REM. L'Académie met une grande m à martiniste ; mais il n'y a aucune raison pour celte majuscule, puisque l'Académie écrit luthérien par une petite l.

MARTIN-PÊCHEUR (mar-tin-pê-cheur), ï. m. Oiseau de l'ordre des passereaux, qui se plaît dans les eaux, dans les marécages; un des noms de l'akedo hispida. C'est le plus bel oiseau de nos climats, et il n'y en a aucun en Europe qu'on puisse comparer au martin-pècheur pour la netteté, la richesse et l'éclat des couleurs : elles ont les nuances de l'arc-en-oiel, le brillant de l'émail, le lustre de la soie, BDFF. Ois. t. xiii, p. 262. Il Au plur. Des martins-pêcheurs.

— ÊTYM. Martin, nom propre, et pêcheur; il s'est appelé oiseau de St Martin (Entre un frasne et un sapin A veû l'oisel St Martin, /Jen. dans du'cangf,, at;t j) , et maritnet {L'azuré martinet puisse voler devant Avecque la mouette et le plongeon.... rons. I62).

t SURTIN-SEC ( mar-tin-stk') , s. m. Sorte de poire croquante, Irès-estimce pour les compotes et le raisiné. \\Au plur. Des martins-secs.

— ÉTYM. Les poires dénommées d'après Jfartin, le sont ainsi parce qu'elles mûrissent à la Saint- Martin.

t MARTIN-SIRE (mar-tin-si-r'), s. m. Variélé de poire à chair ferme et sucrée, dite aussi rouville. Il Au plur. Des martins-sires.

t MARTIN-SUCRÉ (mar-tin-su-kré),*. m. Sorte de poirecassanteetsiicree.il Aupiur.Desmartins-suorés.

t MARTOIRE (mar-toi-r'), s. m. Espèce de marteau à deux pannes dont les serruriers font usage.

MARTRE (mar-tr') ou MARTE (mar-f), s. f

1° Genre de quadrupèdes carnassiers digitigrades dans lequel on distingue : la martre commune, ilite vulgairement martre ou marte des sapins; la martre des hêtres ou martre domestique, appelée fouine, la martre mineure, qui est notre belette; la martre blanche, connue sous le nom d'hermine; la martre zibeline, appelée vulgairement zibeline ou zibelline, et qui fournit les plus belles peaux. Les martres formaient pour- Linné un seul genre [mustela); Cuvier en a fait quatre, les putois, les martres proprement dites, les mouireltes et les loutres ; la marte zibeline appartient aux martres proprement dites, ainsi que la martre commune et la fouine ; mais la belette et l'hermine sont des putois. La martre, originaire du Nord, est naturelle a ce climat, et s'y trouve en si grand nombre, qu'on est étonné de la quantité de fourruresde cette espèce qu'on y consomme et qu'on en tire, buff. Quadrup. t. ii, p. 242. Il Fig. Prendre martre pour renard, prendre une chose pour une autre. Tu prends toujours martre pour renard, volt. Facéties, Quest. sur les cuirs, II* lelt. Il Dans un sens analogue. Rendre conte pour conte et martre pour renarl, corn, le Ment, m, 4. Il i° La peau de cet animal quand elle est employée en fourrure. Un manchon de martre. || 3° Nom d'une chenille, voy. hérisson, n" 2.

— HIST. XI* s. De son col [il] jette ses grandes pels do martre, Ch. de Roi. xx. || xv* s. Il y avoit gagné vingt mille escus et deux pennes de martres, com«. v, (B. Une robe d'escarlate, fourrée de martres de païs, Bibl, des ch. «• série, 1. 1, p. 345. Il XVI* s. Il est temps de laisser tes jeux et ta simplesse, Martes [poupées], chevaux de bois ; ce qui sied en jeunesse Ne sied quand on est grand, hons. ii94. Tel qui se tient emmitonné dans les martes jusques aux aurelUes.... mont, i, 259.

— ÊTYM. 'Wallon, mddrai, le mile de la fouine; espagn. et porlug. marta; ital. mortoro; allem. Marder; bas-lat. martures, martatus. On le tire du latin martej; mais martes est douteux, il ne se trouve que dans Martial, Ép. x, 37 : Venator, capta marte, superbus adest ; des critiques l'ont chassé cl remplace par mcie. Il n'est donc pas sur d'en tirer le mot roman.

MARTYR.YRE (mar-tir, ti-r*), .t.m.et^ ||1* Celui, celle qui a souffert des tourments ou la mort pour soutenir la vérité de la religion chrétienne. Allons à nos martyrs donner la sépulture, corn. Poly. v, «. Kalconille idol&lre, qu'on veut avoir été rachetée des

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peines éternelles par l'intercession de sainte Thècle, première martyre du christianisme, lamothe lr VAYER, Ferlu des païens, i. État de la grâce. La mort des martyrs était pour plusieurs une semence de la vie, selon la parole d'un ancien, nicole, Ess. mor. 3* traité . ch. 5. S'il n'y avait qu'une religion, Dieu y serait bien manifeste ; s'il n'y avait dos martyrs qu'en notre religion, de même, pasc. Pens. xi, 5, éd. HAVET. L'exemple de la mort des martyrs nous touche; car ce sont nos membres; nous avons un lien commun avec eux: leur résolution peut former la nôtre, id. tb. xxiv, 22. Après que les bienheureux martyrs avaient rendu l'àme, les fidèles avaient soin de ramasser, au péril de leur vie, ce qui restait de leurs corps, Boss. Panég. Si Gorgon. D'abord.il [Dioclétienj commande au saint martyr de sacrifier aux idoles ; mais Gorgon le refuse généreusement, disant qu'il n'a garde de rendre cet honneur à un métal insensible, id. ib. Les saints martyrs de Lyon et de Vienne endurèrent des supplices inouïs, à l'exemple de saint Polhin leur évêque âgé de 90 ans, id. Uisl. I, 10. Le sang qu'a répandu ce généreux martyr [saint Livier], l'honneur de la ville de Metz, pour la gloire de Jésus-Cbrist, in. Gornay. Non, si vous voulez rendre la religion chrétienne aimable, ne parlez jamais de martyrs; nous en avons fait cent fois plus que les païens, volt. Philos. Conseils à M. Bergier. Songe au moins, songe au sang qui coule dans les veines I... C'est le sang des martyrs.... id. Zaïre, u, 3. Tes frères, ces martyrs égorgés à mes yeux. T'ouvrent leurs bras sanglants, tendus du haut des cieux, id. ib. li, 3. El lu vivras fidèle ou périras martyre, m. ib. m, 4. Je veux raconter les combats des chrétiens et la victoire que les fidèles remportèrent sur les esprits de l'abîme par les efforts glorieux de deux époux martyrs, chateaub. Martyrs, l. || Ère des martyrs, ère qui commence à lavénement de Dioclétien. Il Martyr désigné, celui qui devait souffrir le martyre. Martyr consommé, celui qui a souffert la mort pour la cause de la religion. Martyr avéré, celui qui a été reconnu pour martyr par un jugement canonique, en conséquence duquel l'Église lui a décerné un culte public. || Le commun des martyrs, au propre et au fig. (voy. commcn, n*i2). Il 2° Par extension, celui ou celle qui souffre pour une religion quelconque, pour ses opinions. Le raahométisme a eu ses martyrs. Le vrai martyr attend la mort, l'ciithousias e y court, diderot, Pens. philos. n° 39. || Il se dit aussi de tous ceux qui souffrent ou qui meurent pour quelque chose qu'ils prisent plus que la vie. La chasteté eut ses martyrs aussi bien que la foi, boss. llist. i, II. Et martyr glorieux d'un point d'honneur nouveau, BOiL. Lutr. m. Tu fis dans une guerre et si triste et si longue Périr tant de chrétiens, martyrs d'une diphthongue, id. Sat. xii (variante). Dans ce temps où la chasteté avait encor ses martyrs, mass. Carême, Prod. Le crime a ses héros, l'erreur a ses martyrs, VOLT. Uenr. v. Que disje! Il m'a laissé son projet à remplir, Ce généreux projet dont il fut le martyr, M. J. CHÉN. Grarques, i, B. || Le roi martyr, se dit quelquefois de Louis XVI. || Le martyr de la science, celui qui succombe en poursuivant des recherches, des labeurs scientifiques. D'autres documents sur ce noble martyr de la science restaient épars dans sa correspondance, dans les papiers, dans les souvenirs rassemblés par sa famille.... cap, Philibert Commerson. || Dans le même sens, et par exagération, on le dit de ceux qui travaillent beaucoup et avec un grand zèle dans les arts. Rien qu'à voir cette figure pâle et méditative, ardente et fatiguée à la fois, on devinait un de ces martyrs de l'art ou do la science, cii. de bkrnard, la Chasse aux amants, § I. Il 3° Celui, celle qui souffre beaucoup. Il est le martvr de la gravelle, de la goutte. Celte opération le fera mourir martyr. || Fig. lîlrc le martyr de quelqu'un, souffrir beaucoup de ses mauvais traitements, elc. Il On dit, dans un sens analogue, faire de quelqu'un son martyr. || Ëlie le martyr de ses passions, en souffrir beaucoup d'inconvénients, lyran de la société et martyr de son ambition, il [l'homme livré à la cour] a une triste circonspection dans sa conduite et dans ses discours.... la briiy. viii. Nous devenons les martyrs de nos propres cliimèies, mass. Pani'g. St Élicnne.

— lllST. XI* s. Salnz Boneface, que l'um marlir apelet, Aveit an Rome une glise moult bêle, St Alexis, cxiv. Se vous morez, esterez sainz martirs, Ch. de Rot. Lxxxvil. || xil* s. Soit donkes sainz F,slevencs martres.... ST bebnard, p. *B3. Hylalre de Cicestre velmes amuir [devenir muet], El repentir dcl mal qu'il oui fait al martir, Th. le mart.

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<0l. Ou'i! chant de saint Estiefne le primerain martyr, ib. 35. Miex Tosisse [je voudrais] estre mors que vis, Car en la fin, ce m'est avis, Fera amors de moi martir, la Rose, 1847. || xvi* s. M'allegant qu'il faloitdeui marques aux martirs, l'une la pure querelle de la religion, l'autre qu'il soit absolument à son choix de vivre ou de mourir, d'auu. Conf. II, VI. Ainsi fut enterrée cette martyre de chasteté,

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