‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 145 sur 389 · MARQUER. NOUV. H · texte numérisé non relu

MARQUER. NOUV. H

— ÉTYM. Provenç. martyr ; espagn. martir ; ital. martire; du lat. martyr; du grec iiâpTup, témoin. Xartre, dans St Bernard, est la forme française régulière de martyr, qui a l'accent sur mar, forme conservée dans Montmartre, mons martyrum. Mâpxvp appartient à la grande racine mar, smar, dont il sera question à mémoire.

I MARTYRAIRE (mar-ti-rê-r'), ». m. Anciennement, officier préposé à la garde des châsses des martyrs dans les églises.

MARTYRE (mar-ti-r'), s. m. || 1° La mort ou les tourments endurés pour la religion chrétienne. La mort la plus infâme ils [les chrétiens] l'appellent martyre, corn. Poly. m, 3. Nous souffririons le martyre plutôt que de.... pascal. Provinciales, ii. Kous savons que toutes les vertus, le martyre, les austérités et toutes les bonnes œuvres sont inutiles hors de l'Église et de la communion du chef de l'Eglise, qui est le pape, id. Lett. à Mlle de Roannei, h . La cause de leur martyre, c'a été le mépris des idoles ; le fruit de leurs souffrances et de leur martyre, c'a été la conversion des peuples; et enfin ce qui en fait la perfection, c'est qu'ils ne se sont pas épargnés eux-mêmes, et qu'ils ont signalé leur fidélité par l'effusion de leur sang, uoss. Panég. SI Victor. Dans les temps orageux de mon naissant empire [de la religion]. Au sortir du baptême encourait au martyre, boil. LuJr. vi. || 2° Par «itension, souffrance très-intense. Et ce dernier soupir met fin à mon martyre, corn. Médée, v, 4. || 3° Fig. Toute sorte de peine d'esprit. Un mot est bientôt dit; mais, dans un tel martyre. On n'a pas bientôt vu quel mot c'est qu'il faut dire, corn. Perthar. m, 4. Toi qui vois tout mon cœur, juge de son martyre; L'ambition l'entraîne et l'amour le déchire, m. Tite et Bérén. \, (. Pour l'intérêt public rarement on soupire, Si quelque ennui secret n'y mêle son martyre, m. Pulch. ii, i. Mme de Fontanges est duchesse.... Mme de Montespan est enragée.... vous pouvez juger du martyre que souffre son orgueil, SÉV. 6 avr. I68i. En vérité, c'est un martyre que celte séparation, id. 22 sept. i&i». L'on cachait celte tristesse si habilement, qu'elle ne paraissait point du tout ; et l'on se hvrait, pour mieux tromper, au martyre insupportable d'être à la cour, d'être belle et parée, id. l" mars < 080. Vous ne serez jamais embarrassée de cette enfant [Pauline].... j'en jouirais, et ne me ferais point le martyre, au milieu de tous ceux dont la vie est pleine, de m'ôter cette consolation, id. 26 oct. (688. Cette femme n'a point d'affaires; elle ne cherche qu'à faire des visites ; elle vient de vingt lieues loin... d'abord me voilà à me cacher dans ces bois, comme vous savez, pour différer mon martyre, ID. 2i juin 1680. Lisette, dont l'empire S'étend jusqu'à mon vin. J'éprouve le martyre D'en demander en vain , bérang. Injid. de Lisette. Il Mettre en martyre, tourmenter. Que tu te plais, Florise, à me mettre en martyre! corn, la Gai. du Palais-Roy. m, 4. || N'être qu'en martyre, être dans un grand tourment; locution qui n'est plus usitée. Avec CCS bons esprits je n'étais qu'en martyre; Leur dùscours m'assassine, CORN, la Veuve, i, 6. 114° Martyre d'amour, ou, simplement, martyre, souffrances

qu'éprouve un amant Et d'un commun martyre

Tous deux brûlaient, sans oser se le dire, la font. Piaruée. Mais si d'un œil un peu doux La. belle voit son martyre, mol. Sicilien, ». Je bais ces vains auteurs.... Ils ne savent jamais que se charger de chaînes, Oue bénir leur martyre, adorer leur prison.... BOiL. Art p. a. Il Conter son martyre, son amoureux martyre, son douloureux martyre, exprimer à une femme l'amour qu'on ressent pour elle, les peines qu'il cause. Que voulez-vous me dire? — Oronte : Qu'un rival avant moi vous contait son martyre, TH. corn. VAmour d la mode, m, «. Dans un amoureux délire. Un berger jeune et discret Disait ainsi son martyre 1 l'écho de la forit, exiENNE, Joconde, i, 3.

— HIST. xi* s. [Je] nel di pour ce, des vos [vôtres] iert [sera] là martire, Ch. de Roi. XLiii. Li douze pair seront mis en martire, ib. lxxi. Ce dist Holans : ci [nous] recevrons martyre, tb. cxu. || xu* s. Saisne vont par ces rues, faiianl moult grant martire [car-

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nage], Sax. j. Ne il [les meurtriers] ne siHit pas mielz apresté del ferir, Que mis [mon] curages est del martire suffrir. Th. le mart. t43. || xiii's. Einsi dura la meslée jusques à grant pièce de la nuit, et toutes voies les départirent à grant travail et à grant martyre, villeh. l. Je suefre tel martire Que j'en suis devenue aussi jaune com cire, Berte, Lxxxvui. Scneque mist il [Néron] à martire Son bon mestre, et li fist élire De quel mort morir il vorreit, la Rose, 6233. || xvi' s. Ainsi parloit mon cuer plein de martire, marot, i, 340. Quelle peine, quel martyre est-ce [servir un tyran] I la boétie. Servit, volont.

— f.TYM. Provenç. martyri; esp. et itaU *nar(trio ; du lat. martyrium, de martyr.

MARTYRISÉ, ÉE (mar-ti-ri-zé, zée),par<. passé de martyriser. Livré au martyre. Martyrisé sous Dioclétien.

MARTYRISER (mar-ti-ri-zé), v.a. ||i» Faire souffrir le martyre. Jamais on ne s'est fait martyriser pour les miracles qu'on dit avoir vus, pasc. Pens. XXIV, 48 ter, éd. havet. |] 2° Fig. et par exagération, faire souffrir de grandes douleurs. Elle [la princesse deConti] estsans pouls et sans parole; on la martyrise pour la faire revenir, sÉv. 3 févr. (672. || 3° Se martyriser, ». réfl. S'infliger de grandes souffrances. Ne vous martyrisez point à vous ôter cette petite personne [Pauline].... tâtez, tâtezun peu de l'amour maternel, sEv. 21 juill. 1677.

— HIST. XII' s. Unt pur les clers cestui si ;fil martirisié [ses fils ont martyrisé celui-là, Jésus], Th. le viart. (BO. ||xiii' s. Plus de mil en plorerent, sergent et escuier, Por le baron que voient ensi martirier, Ch. d'Ant. vu, 07. S'on a paradis por si pou. Je tiengpor barété [trompé] saint Pou [Paul], Et si tieng por fol et por nice Saint Luc, saint Jaque de Galice, Oui s'en firent marlirier, kuteb. 190. 11 l'alerent occire en la prison et martyriser, dont nous devons croire que il est es cielx ou nombre des martirs, joiNv.- 271. [jxvi's. Ardant amour la pousse, et la peur la retire; L'un luy donne plaisir, et l'autre la martire, despohtes. Elégies, ii, b,Advanture première. D'une autre bande nous avons M. saint Clément, et M. saint Sponde; l'un martirisé par le procureur gênerai, l'autre par sa femme, d'aub. Conf. ir, 8.

— ÉTYM. Martyr; génev. martériser ; Neuchâtel, marturiser; provenç. martiriar, marturiar; cat. martirisar; esp. martirixar; ital. martiriaare.

MARTYItOLOGE (mar-ti-ro-loj'), s. m. j| 1° Catalogue des martyrs et même des autres saints (on met une majuscule). Le Martyrologe romain. || 2° Fig. U se dit quelquefois d'une longue liste de cas de mort que l'on rapporte, ou de souffrances infligées (avec une minuscule). Le martyrologe de ceux que l'antimoine a écrasés, comme le Jupiter mactator des anciens, oui patin, Lett. t. Ii, p. 278. L'histoire des rois est le martyrologe des nations, Grégoire, Moniteur du 22 sept. (792.

— HIST. xiv s. Un coUectaire en quoy l'en dit le service, et un martirologe en quoy on list en chapitre, Bibl. des Charles, 4* série, t. v, p. (65.|| xvi"s. Baronius en son martirologe romain, d'aub. Conf. ii, 8.

— ÊTVM. Provenç. martologi; espagn. et ital. martyrolngio ; denâpTup, martyr, et X6yo;, récit.

t &UUTYROLOGISTE (mar-ti-ro-lo-ji-sf), s. m. Auteur d'un Martyrologe.

MARUM (ma-rom'), t. m. Plante aromatique recherchée des chats, dite aussi germandrée maritime et herbe aux chats, teucrium marum,!. labiées.

— ÊTYM. Lat. marum; grec, lirépov.

t MARUTE (ma-ru-t'),j./". Genre de plantes synanthérées, dans lequel on distingue la marute cotule (de Candolle), d'Europe, dite vulgairement amouroche, camomille puante, marouette, maroule, œil de vache, anthémis cotula, L. elmaruta fœtida Cassini, legoahant.

t MARVAUX (mar-vô), s. m. Corbeilles coniques, dans lesquelles on fait égoutter le sel nouvellement fabriqué.

t MARVOIsm (mar-TOi-zIn), s. m. VariéK de raisin.

t HARYLAND (ma-ri-lan),». m. Tabac provenant de Haryland, contrée des États-Unis.

t (. MAS (ma), (. m. Petite maison de campagne (Avignon).

— ËTYH. Bas-lat. mansus, man^um, maison, de manere, demeurer (vuy. manoir) ; de là le nom propre humas.

t 2. HAS (mas*), (. m. Nom d'un petit poids des Indes pour l'or et l'argent, et dont dix font le tael.

t MASAGE (ma-za-j'), t. m. Terme vieilli. Uéunion de mai (voy. mas i). Il serait nécessaire de

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faire travailler aux mines.... aux masages d'AUou et Delpy, proches de Pujol, Lett. de Colbert, etc. iv, 688, Mémoire de l'ingénieur Chenier. Il est certain que l'on trouvera, quand on voudra, sur ladite montagne ou aux environs d'elle plus de cent métairies ou masages, dont les prétendus propriétaires ne sauraient justifier d'aucun titre valable, id. ib. p. 691.

t MASARE (ma-za-r'), ». f. Terme d'entomologie. Sorte de guêpe.

t MASARIDES (ma-za-ri-d') , s. m. pi. Genre de guêpes.

t MASCAGNIPÎ (ma-ska-gnin), s. m. Terme de minéralogie. Sulfate d'ammoniaque.

MASCARADE (ma-ska-ra-d'), s. f \\ 1° Déguisement d'une personne qui se masque OhlohI

monsieur notre barbon. Notre législateur, notre homme d'ambassade. Vous êtes, à cet âge, homme de mascarade I la font. Petit chien. Il y a tous les soirs des bals, des comédies et des mascarades à Saint-Germain, SÉV. ( H. Ah ! ma bonne, quelle aventure que celle de la mort du roi d'Angleterre, la veille d'une mascarade! mon marquis, il faut que vous soyez bien malheureux de trouver en votre chemin un événement si extraordinaire, id. 26 fév (68B. Bientôt parurent nos nymphes en mascarades, HAMiLT. Gramm. lo. Elle avait imaginé une mascarade galante, id. ib. 7. On fit à la cour une mascarade dans laquelle le roi traînait quatre satyres enchaînés, volt. Mœurs, 75. || Fig. Chacun a ses mœurs de parade ; Tout est masque et déguisement; Tout ment : Ce monde n'est que mascarade, la- MOTTE, J'A monte difficile, vaudev. final. \\ 2°Troupo de gens déguisés et masqués. La mascarade est entrée chez lui. Certaines gens font une mascarade Pour vous venir donner une fâcheuse aubade, mol. l'Étourdi, m, (O. || 3* Danse exécutée par une troupe de gens masqués. On a dansé une belle mascarade. Il 4° Vers faits pour les personnages qui figurent dans les mascarades. Marot bientôt après fit fleurir les ballades. Tourna des triolets, rima des mascarades, boil. Art p. I. Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté. Amusant le Pont-neuf de ses sornettes fades. Aux laquais assemblés jouer ses mascarades, id. ib. m.

— HIST. xvi* s. Masquerade, cotgrave. Les festins, les danses, les masquarades, mont, i, 33*. Tous ces desguisemens sont vaines mascarades Qui aux portes d'enfer présentent leurs aubades, d'aub. Tragiques, Princes.

— ÊTYM. Masquer; Ital. mascherata.

MASCARET (ma-ska-rc; le ( ne se lie pas; au

pluriel, l's se lie : les ma-ska-rè-z et les fleuves), j. m. Masse d'eau en forme de barre remontant avec impétuosité le courant de la Garonne, et, par extension, d'un fleuve ou d'une rivière quelconque. Le mascaret est sur la Garonne ce qu'est la barre sur la Seine.

— HIST. xvi* s. L'on appelle mascaret une grande monlaigne d'eau qui se fait en la rivière de Dourdongne, palissy, (84

— ÊTYM. Origine inconnue. On a dit, mais sans aucun fondement, que le nom venait de Saint-Macaire, endroit jusqu'où les eaux de la Garonne sont repoussées.

f (. MASCARILLB (ma-ska-ri-U', H mouillées), s. m. Nom dun valet de l'ancienne comédie.

t 2. MASCARIIXE (ma-skari-ir. Il mouillées), i. m. Espèce de champignon du genre agaric.|| Suivant quelques auteurs, le mascarille est le champignon de couche. i

t MASCARIN (ma-ska-rin) , t. m. Perruche de Madagascar.

MASCARON (ma-ska-ron), s. m. Terme d'architecture. Figure de tête faite en caprice, qu'on met aux fontaines, aux portes, aux clefs des arcades. Il Figure du navire. Bon nombre de pièces saillantes du navire recevaient autrefois comme ornements des mascarons sculptés, jal.

— ÊTYM. Ital. m(2tc/ieron«, un grand masque, augmentatif de marchera, masque.'

t MASCOUADE (ma-skou-a-d'), ». f. Voy. uos.

COUADK.

t MASCULIFLORE (ma-sku-li-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte des fleurs mâles. Disque masculiflore.

— ÊTYM. Lat. masculus, mâle, et flos,floris, fleur. MASCULIN, INE (ma-sku-lin, li-n'), adj. \\ !• Qui

appartient, qui a rapport au mâle. Le sexe masculin. Succession, ligne masculine. Trahi par l'évoque de Laon, surpris et livré à Hugues Capot, il mourut captif dans la tour d'Orléans; et deux enfaiib mâles, qui no purent lo venger, mais dont l'un eut cette basse Lorraine, furent les derniers

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princes de la postérité masculine de Charleinagne, VOIT. Mœurs, 38. Il ne se doutait pas que dans cette femme si frêle en apparence, si timide, résidât ce courage plus que masculin, cette sorle d'intrépidité délirante, qui se manifesta parfois comme une crise nerveuse chez les êtres les plus faibles, o. sand, Indiana, p. t»o. || Fief masculin, celui que lesmaies »eu!s pouvaient posséder. || Terme de botanique. Corolles masculines, corolles qui, dans les synanthérées, sont accompagnées d'organes mâles parfaits. Il I" En mauvaise part, qui a un caractère d'homme, en parlant d'une femme. Comment Mme Clive- Hart, jeune mariée, très-effrontée, très-emportée, très-masculine, très-méchante, s'était emparée de son esprit, volt. Jenni, *.{\ 3" Terme de grammaire. Noms masculins, noms désignant les êtres qui sont masculins par nature ou par assimilation. |{ Genre masculin, le genre de ces noms. || Substantivement. Le masculin, le genre masculin. || On dit dans le même sens : le est l'article masculin ; il est le pronom masculin, jj 4* Terme de versification. Terminaison, rime masculine, celle d'un mot qui ne finit pas par un e muet. {| Vers masculin, vers terminé par une rime masculine. Métastase na presque point d'airs dont les deux parties ne se reposent sur un vers masculin, marmontel, Élém. liU. Œuv. t. viii, p. 460, dans pouge.ns.

— HIST. XIII' s. Li masles vait contre nature, Ki taut [Ote] à femme sa droiture ; Masles ki devient féminins Ne doit pas estre masculins, gui de cambrai, Barl. et Jos. p. sas. || xv* s. Kt premiers, il est vérité Que la nature féminine La plupart du temps est encline  appeler le masculin, coquil- LART, Plaidoyer de la simple et de la rusée.

— ÉTYM. Provenç. masculin; espagn. et ital. mascolino; du lat. masculinus, dérivé de masculus {voy. mJlf.).

t MASCULIXE.MENT ( ma-sku-li-ne-man), adv. D'une façon masculine. Il y a en Portugal plusieurs branches masculinement et légitimement sorties du duc de Bragance, st-sim. 88, U7. Suivant la fausseté du cartulaire de Brioude, il [le cardinal de Bouillon] descendait masculinement des fondateurs •te Cluni, ID. 280, 44.

t MASCULINISER (ma-sku-li-ni-zé), «. a. Rendre lu genre masculin. [Dans la langue huronne] en disant d'un lâche qu'il est une femme, on masculinise le mot femme, ciiateaub. Àmér. Langues indiennes.

— liIST. XVI* s. Pourquoi les filles masculinisantes, comme dit Hippocrate, c'est à dire qui sont de nature forte et virile.... paré, xviii, 64.

MASCULINITÉ (ma-sku-li-ni-té), s. f. Caractère do ce qui est masculin. || Terme de grammaire. Propriété par laquelle un nom prend ou reçoit le genre masculin.

— HIST. im" s. Et sont si chaut [les mâles des oiseaux de proie] par la masculinité qui en eulx règne... brlu. latini, Trésor, p. (98.

— ETYM. Masculin.

t MASOPIXE (ma-zo-pi-n'), s. f. Terme de chimie. Nom d'une substance qu'on tire de la résine d'un arbre de Mexico.

t MASOCRKA (ma-zour-ka), s. f. Voy. masurka.

<. MASQUE (ma-sk'), ». f. Terme familier d'injure dont on se sert quelquefois pour qualifier une jeune fille, une femme, et lui reprocher sa laideur ou sa malice. La masque encore après lui fait civilité, UQL. Sgan. <4. Ah.'ahl petite masque, vous ne me dites pas que vous avez vu un homme dans la chambre de votre soeur, jd. Mal. im. ii, U. Maugrebleu de la masque avec son innocence , monifl. Femme juge, v, 6.

— £TYM. Languedocien, mcuco, sorcière; en Auvergne, d'après du Cange, matque, femme de mauvaise vie; du bas-latin masca, sorcière. (îrimm, dont Diez ne repousse pas la conjecture, rattache le bas-latin à maiticare, mâcher, la sorcière ayant été •iiui nommée parce qu'elle mange les petits enfants; c'est ainsi qu'en latin monducut, le mangeur, a signiBé un épouvanlail. Cela est ingénieux, mais n'est pu assuré (voy. masque 2).

S. MASQUE (ma-sk-), ». m. || f Faux visage de carton peint, etc. dont on se couvre la figure pour se déguiser. Je vous invite ce soir i mes nocet. — Je n'y manquerai pas; et je veux y aller en "asque, afin de les mieux honorer, mol. Mariage forcé, i. Vous faUiez, Henri 111, mille grimaces ■ aller en masque le mardi gras, et, le jour desCenarw, à la procession «niae da pénitent, »bn. t. x,x

p. »37. Le masque donne une certaine hardiesse, façon d insolence qui ne me déplaît pas. et qui est assez dans mon caractire, nAwcotiaT, Second chap. du

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Diable boit. I, 4. Ce n'est point dans ce sens propre ()ue Malherbe prenait le mot de masque lorsqu'il disait qu'à la cour il y avait plus de masques que dévisages, dumarsais, Tropes, part, i, art. 6. ...Un masque à mes yeux dérobait son visage, ancelot, Fiesque, m, 6. || Lever le masque à quelqu'un dans une mascarade, soulever son masque pour chercher à le reconnaître. Mais sans vous faire outrage, Peut-on lever le masque, et voir votre visage? MOL. l Et. m, 12. Il Le masque de fer ou l'homme au masque de fer, mystérieux prisonnier d'État du règne de Louis XIV. Je suis assez instruit de l'aventure de l'homme au masque de fer, mort à la Bastille ; j'ai parlé à des gens qui l'ont servi, volt. iett. abhé Dubos, 30 ocUT^s. || Masques à domino, masques qui n'ont pas de menton, et sont coupés à la hauteur de la lèvre supérieure. |{ Fig. Faire un masque à quelqu'un, lui jeter au visage quelque chose qui le barbouille. U prit de la boue et lui en fit un masque. || Faire un masque, se dit aussi simplement d'une chose que l'on jette contre la face de quelqu'un. Mais, ma foi, si jamais chez nous vous revenez, Je vous fais de la porte un masque sur le nez, begnard, Ménech. ii, b. || Ancien terme militaire. Lever le masque d'une batterie, la découvrir. On dit aujourd'hui démasquer une batterie. Il 2° Morceau de velours noir où l'on fait un nez et deux yeux, dont les dames se couvraient le visage. Les dames n'ont commencé à porter des masques que sur la fin du seizième siècle. De peur du hâle elle portait doux masques, L'un de peinture et l'autre de velours, maynard, Épigr. Ses coifi'es d'où pendait au bout d'une ficelle Un vieux masque pelé presque aussi hideux qu'elle, boil, Sat. x. Il S" Terme d'escrime. Armure de fil de fer, à mailles très-serrées, et garnie de peau, qu'on se met sur le visage quand on fait des armes, pour le protéger contre les coups de fleuret. || 4° Terme d'antiquité. Masque de théâtre, masque aux traits gigaptesques qui couvrait la figure et une partie do la tête. Masque tragique, comique, etc. Les grands, pour la plupart, sont masques de théâtre; Leur apparence impose au vulgaire idolâtre, la FONT. Fabl. IV, (4. Eschyle dans le chœur jeta les personnages. D'un masque plus honnête [que la lie dont Thespis se barbouillait] habilla les visages, BOiL. Art p. m. La tragédie employa le masque presque aumoment où elle prit naissance; on ignore le nom de celui qui l'introduisit dans la comédie, BARTHÉL. Anach. ch. 70. Les masques, dont il est permis de changer à chaque scène, et sur lesquels on peut imprimer les symptômes des principales affections de l'âme, peuvent seuls entretenir et justifier l'erreur des sens, et ajouter un nouveau degré de vraisemblance à l'imitation, ID. ib. || 5° Caractère de la physionomie, en parlant des acteurs. Cet acteur a un bon masque, le mas(jue mobile, un masque comique, etc. || Nom d'une ancienne sorte de représentation théâtrale. L'Angleterre ne possédait alors ((720) que les masques, genre de spectacle d'une pompe extraordinaire et bizarre, un ensemble de musique, de danses, de constructions improvisées, de peintures, de festins, de scènes parlées ou mimées entre des personnages allégoriques, accoutrés avec un luxe prodigieux, c. blaze, Hist. de l'opéra italien, iv, p. ( i o. || 6° Personne masquée. Aller voir les masques. Quoi I masques toute nuit assiégeront ma porte! mol. l'Ét. m, (3. Bonjour, beau masque, vous me voyez à visage découvert, et vous ne me connaissez pas; vous êtes masquée, et je vous connais, dancourt, les Fêtes du Cours, so. b. IjFig. Je vous connais, beau masque, se dit ;i quelqu'un que l'on reconnaît sous le masque, ou, figurémont, dont on pénètre les vues, les intentions. Je lui criai : masque, je te connais, volt, llypocr. Je vous reconnais, beau masque : c'est do vous cela, DiDEii. Salon de ("07, Œuv. t. xv, p. 97. Il 7° Terre préparéo et appliquée sur le visage de quelqu'un pour en prendre le moule. Buste fait d'après un masque. || 8° Terme de peinture et de sculpture. Visage séparé du reste du corps, dont les traits sont ordinairement chargés, et qu'on mot quelquefois dans les ornements do ces deux arts. On a mis des masques à toutes les clefs do ces arcades. Il 9" Fig. Fausse apparence. La vertu.... Sert aux jeunes de masque, aux plus vieux do risée, ré- ONiKR, Ép. I. Et ce masque trompeur de fausse hardiesse Nous déguise sa crainte et couvre "a faiblesse, CORN. Nicom. m, 4. Et le masque est levé de votre trahison, mol. D. Gare, iv, 8. Vous voyez sous quel masque de sympathie et de rapports de sentiments je me déguise pour lui plaire, jd. l'Avare,!, (. Il [Harlay] se piqua surtout de probité

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et de justice dont le masque tonba bientôt, st-sim. (7, (97. Cette conduite [de la cour de France s'alliant avec les protestants du dehors et faisant la guerre à ceux du dedans] prouve assez manifestement que le zèle de la religion n'a jamais été dans les cours que le masque de la religion et de la perfidie, volt. Mœurs, ("6. C'est trahir à la fois sous un masque hypocrite Et le Dieu qu'on préfère et le Dieu que l'on quitte, m. Ali. v, B. La nature ne porte qu'un voile, nous lui donnons un mas([ue ; nous la couvrons de préjugés, nous supposons qu'elle agit, qu'elle opère comme nous agissons et pensons, BUFF. Animaux carnassiers. D'un masque saint ils couvrent leur vengeance; Rougiraient-ils devant ma probité? BÉHANG. Ad. à la campagne. Et quand l'honneur n'est plus, ma vertu désormais Est d'en offrir au moins et le masque et les traits, brifpaut, Ninus II, IV, (0. Il Absolument Quelque graves et dissimulés qu'ils soient, à la première alarme le masque leur tombe à terre, balz. Des ministres et du ministère. Je me réjouis donc d'avoir trouvé un visage parmi tant de masques et de pouvoir embrasser quelque chose de sensible et de véritable, ID. liv. v, Iett. (0. Mettre bien la franchise et la feinte en usage. Porter tantôt un masque et tantôt un visage, rotr. Vencesl. i, i . Au travers de son masque on voit à plein le traître; Partout il est connu pour tout ce qu'il peut être, mol. Mis. 1, ( . Je vais par des douceurs, puisque j'y suis réduite, Faire poser le masque à cette âme hypocrite, iD. Tart. IV, 4. Mais au moindre revers funeste Le masque tombe, l'homme reste, Et le héros s'évanouit, i. h. rouss. Ode à la fortune. || Lever le masque, parler franchement, paraître tel qu'on est en effet, ne plus se déguiser, mettre au jour ce qu'auparavant on avait tenu caché. Ce fut là qu'il leva le masque et qu'il se donna en proie à toutes ses passions, vaugel. Q. C. liv. vi, dans eichelet. Quoi I si la déloyale enfin lève le masque. Oses-tu te fâcher d'être désabusé? corn. Mélite, m, 4. De l'artifice enfin il faut bannir l'usage. Il faut lever le masque et montrer le visage, hotrou, Vencesl. m, 2. Il faut lever le masque et.... découvrir à vos yeux les véritables sentiments de mon cœur, mol. Princ. d'Él. v, 2. Ne levez point le masque, et ne vous chargez point d'avoir une haine à soutenir, sÉv. B3. Il Arracher, ôter le masquo à quelqu'un, faire connaître sa fausseté, sa perfidie, etc. Eh quoil lorsqu'autrefois Horace, après Lucile, ....Allait ôter le masque aux vices de son temps, boil. Sat. VII. Il Être toujours en masque, faire toujours paraître d'autres sentiments que ceux que l'on a. Il 10° Terme de médecine. Nom donné quelquefois, dans la description des maladies, à l'aspect offert par tout le visage. || Masque des femmes en couches, bouffissure et teinte particulière que prend le visage pendant les derniers temps de la grossesse et de la durée des couches. Cette femme a le masque. Il 11° Terme de botanique. Fleurs en masque, (leurs personnées. || 12° Terme de marine. Rempart de toile élevé sur le pont d'un navire pour abiitcr la cheminée (Jal fait ce mot féminin). ||Sortede revêtement en croûte de chêne ou de sap, que l'on établit devant les parties supérieures, devant la poupe et la poulaine des bâtiments en construction, afin d'abriter ces parties contre la pluie et le soleil. Il Grand plan de bois que l'on met à l'arrière d'un navire qu'on lance à l'eau, pour retarder son erre et empêcher qu'il n'aille se briser contre le quai voisin. Il Abri que l'on obtient soit fortuitement, soit à dessein sur une côte. || 13° Petit ciseau gravé en creux ou en relief, dont les arquebusiers, les armuriers et d'autres artisans se servent pour leurs ciselures. || 14° Lèvre inférieure des larves ou nymphes des libellules. || 15° Genre de coquilles univalves. Le masque grimace dit vulgairement la grimace, la bossue qui était le murex anus do Linné. Il 16° Demi-masque noir, espèce de fauvette.

— HIST. XVI' s. Les fidèles ne consideroyent point quelles pestes estoyent aucune fois cachées dessous telles masques, calv. Instit. Dédie. Ils no daignent pas le mettre en conte [Jésus-Christ], s'arrestent plustosl à saint Georges, Hippolite et pareilles masques, lu. Inst. 705. Tel faux visage ou masque aura seulement deu;{ petits trous droit au milieu de l'uil, PARiî, XVII, (. Masques de rois, idoles animées. Kl non pasteurs ny princes des armées, bons. 652. C'est nostre office de despouiller ce masque qui se vest et pare des couleurs et habits d'autruy, àfaule d'en avoir de propres à luy, amïot. Corn, discerner le flatteur de l'ami, (2. Qui fait monter Neron sur l'echafauil avec une masque sur le visage et îles brodequins aux jambesî m. ib. 24. Vous avez parlé,

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masque, RABELAIS, n,<». Homonymies tant ineptes.... que l'on devrait.... faire un masque d'une bouze de vache à un chascun d'iceux qui en Toudroient dorénavant user en France, id. Garg. i, ». Nicolas de Modene, sculpteur et faiseur de masques, Bibl. des en. 6* série, t. i, p. ♦»). L'achapt d'une douzaine de fins masques, argentez par dedans, li\Tez es mains du roy, i&. p. 492. Rien ne te plaist que l'ignorance Dessous le masque d'arrogance Qui fait rougir les mieux appris, s. belleau, OEuv. t. ii, p. 7<, dans lacubne.

— ÊTYM. Bas-latin, mascha, sorcière. Du sens de sorcière on a pu passer, et il paraît bien effectivement qu'on a passé au sens de faux visage, destiné i faire peiirixn* s. Mascha, simulacrum quod terret, quod vulgo dicitur mascarel, quod apponitur faciei ad terrendo? parvos, dgutio, dans DO CANGE, masca. Cependant Kiliacn suppose que le masque est primitivement un réseau, et le rapporte à l'ancien haut-allemand masca, filet; allem. mod. Maiche; mais rien n'indique que le masque ait été un filet. On voit par la citation d'Ugution que le nom vulgaire était mascard, qui est de même forme que l'italien maschera; espagn. mascara; portug. mascara et p'ascarra. En regard de ces substantifs sont des veri-es : ital. masriurare ; anc. espagn. mascarar; pro»enç. mascarar, barbouiller; anc. franc, maseerer, barbouiller : Li mestre queux l'ot fait la nuit toser [tondre], X la paele noircir et charbonner . Treslot le vis [visage] li out fet mascerer. Bat. d'Al^schans, v. 3398; Tousjours se vaultroit par les fanges, se mascaroit le nez, sechaffouroit le visage, RA» Garg. i, n. X cela se rapporte le verbe maehttrer, barbouiller; bourguig. machurer, noircir, barlouiller. Ces verbes tiennent au germanique : vie»/! flamand, mascher , tache; anglo-saxon, md/'Te,- mais ils ne paraissent pas avoir une origine comoiune avec la forme primitive, masque. Masque vie»! du bas-latin mascha, sorcière, et, par dérivatioD, faux visage qui fait peur; l'origine de mascha, qui %e trouve dès les Lois des Lombards, est incopDue, si on n'adopte pas la conjecture de Grimm (vo». MASQUE I ) ; les formes maschera, mascarel, etc. en «ont des allongements. Cette étymologie écarte cell» de Souza, adoptée par Hahn : arabe, maschofat, plaisanterie. L'ancien français disait trèssou^-ent faux visage.

MASQUÉ, ÊE (ma-ské, skée), part, passé de masqu»r. Il 1" Couvert d'un masque. Le cousin est masqué mieux que personne en France, reonabd, le Bal, te. Il Bal masqué, bal où les danseurs portent un masque et un déguisement. || Terme de blason. Lion masqué, lion qui a un masque. || 2° Intercepté par quelque obstacle comme par un masque. La porte étant masquée par des aunes et des coudriers qui ne laissent que deux étroits passages sur les côtés, je ne vis plus en me retournant par oii j'étais entré, j. j. Houss. W^J. IV, (I. Il Batterie masquée, batterie dressée, mais tellement couverte qu'on ne peut l'apercevoir. || 3* Terme de marine. Brûlot masqué, brûlot qui a la même apparence qu'un autre bâtiment de guerre. || Fig. Etre masqué, être arrêté dans une entreprise par un obstacle imprévu. || 4* Tnrme d'imprimerie. Les pages blanches restent ordinairement masquées, afin que l'encre ne puisse pas maculer le papier. || 5* Terme de zoologie. Dont la face est en totalité ou en partie d'une autre couleur que le reste du corps. || 6° Fig. Caché sous de fausses apparences. Venu mas(juéo, rotr. Si Genett, m, 3. En vain dans ses discours de pompe revêtus. De ses vices masqués il se fait des vertus, M. J. CHf.N. Tibère, iv, 3.||Fig. Etre toujours masqué, avoir l'habitude de se contrefaire, de dissimuler. Un roi connaît beaucoup moirisque les particuliers les hommes qui l'environnent; on est toujours masqué auprès de lui, ftn.Ti'l. xii. La femme ma.'u[uce jusqu'aux dents, qui croit son secret ignoré de l'univers entier, oenus, Ad. et Théod. t. ni, p. )7«, dans potOKss. |! 7* S. m. Terme de scolastique. Le masqué, espèce de sophisme.

M ASOl'CR (ma-sk('J , je maK|uais, nous masquions, TOUS masquiez ; que je masqua, que nous masquions, que vous masquiez, v. a. || 1* Masquer quelqu'un, le déguiser en lui mettant un masque sur le visage, il Dans un sens plus étendu. Masquer quelqu'un, le déguiser en lui mettant, outre le mas(|ue, des babits qui emp'^chont de le reconnaître, ils ne sont pas masqués d'habits extraordinaires, pasc. Imag. 3, éd. rAUoABE. Il Fig. Masquer, couvrir la joue avec U main, donner un soufflet. || %' Terme de marine. Un coup de vent masque un navire, quand, changeant tout d'un coup cap pour cap, il le frappe par devant. Le vent change tout d'un coup cap pour

DICT. DE LA lAHOUI FHADÇÀUE.

cap; le navire est masqué par une épouvantable rafale et forcé de culer entre une mer horrible, Presse scientifique, t. ii, p. 417. || En ce sens, masquer est neutre aussi. Le navire masque. || Orienter une voile de telle sorte qu'elle reçoive le vent sur la face antérieure et qu'elle s'applique sur le màt qui la porte. Masquer un mât, c'est le couvrir ainsi de la toile de sa voile. || Par extension, quand on met la voile contre le mât, on dit qu'on la masque. Il Par une autre extension encore, on dit du navire qu'il est masqué, quand un ou plusieurs de ses mâts sont masqués par les voiles. || Absolument. On masque pour modérer la course d'un bâtiment, pour le faire arriver ou lofTer. || 3* Par extension, couvrir, cacher une chose de manière à en ôter la vue. 11 a élevé un mur qui masque ma maison. La charrue qui le masque [un bœuf, dans un tableauj n'en laisse voir que la tête et les cornes, Diderot, Salon de \'tl, Œuvr. t. xiv, p. 443, dans pougens. Il Terme de guerre. Masquer une batterie, placer des troupes ou élever un ouvrage devant une batterie pour que l'ennemi ne la voie pas. Traînant entre les rangs ses tonnerres affreux Que masquent en tous sens des bataillons nombreux, ue- LiLLE, Par. perdu, vi. || On dit dans le même sens : masquer un mouvement. L'empereur avait masqué son mouvement par le corps de Nej et les débris de la cavalerie de Murat,séGiiR, Uist. de Nap. ix, t. Il Terme de marine. Masquer le vent, l'intercepter. Il 4* Terme d'imprimerie. Se dit lorsque l'on colle du papier sur une partie de la frisquette, afin que les pages correspondantes de la forme ne s'impriment pas sur la feuille. || 5° Fig. Masquer une odeur par une autre, répandre u-ne odeur qui dissimule l'odeur dont on est blessé. Le sucre brûlé masque les odeurs fétides. || 6" Fig. Cactier quelque chose sous de fausses apparences. Masquer la nature et la déguiser, pasc. Pens. vu, 20, éd. havet. Mais bien que d'un faux zèle ils masquent leur faiblesse, BOIL. Disc, au roi. C'était une paix d'ostentation, elle masquait les dehors, mass. Âvent, JVoëi. Les chats ont un naturel pervers que l'éducation ne fait que masquer, buff. Morceaux choisis, p. i32. Ils enveloppèrent leur science ou plutôt leur ignorance des ombres du mystère; ils ne parlèrent que par des énigmes, des symboles, des allégories et des fables dont ils se servirent pour masquer beaucoup d'erreurs et très-peu de vérités, d'holbach , Essai préj. ch. xi , dans dumausais, Œuvr. t. VI, p. 4*8. Il 7' V. n. Aller en masque. Ce blondin.... Qu'avec tant de plaisir vous aviez remarqué Au bal, toutes les fois que vous aviez masqué, monteieurt, la Dame mddecin, J, t.\\ Fig. N'être pas ce que l'on paraît. Ménophile emprunte ses mœurs d'une profession, et d'une autre son habit : il masque toute l'année, quoiqu'à visage découvert, LA BRUT. viii. Il 11 n'est plus guère usité en cet emploi. || 8' Sa masquer, ». réfl. Se couvrir le visage d'un masque. Allons donc nous masquer avec quelques bons frères, mol. l'Ét. m, 7.||Fig. Je veux que l'on soit homme et qu'en toute rencontre Le fond de notre cœur dans nos discours se montre. Que ce soit lui (jui parle, et que nos sentiments Ne se masquent jamais sous de, vains compliments, MOL. Mis. I, t. Je fais excuse d'être si littéral, mais le mot ne peut se masquer, st-sih. ao2, )96.

— HIST. IV' s. Le gallaiit s'en va mettre à table, Affin de mieux se re.sjouyr. Et disna là tout à loisir, Mascant le sens, trenchant du saigo, villon, La repue franche du souffreteux. || xvi» s. Inventer des deguisemens coulorez pour masquer des choses infâmes et vilaines, amyot, Comm. lire les poètes, 3i, l^ flatteur se mas(|uant et degui.sant des marques et enseignes d'un amy, id. Comm. discerner le flatteur, 3î.

— ETYM. Masque î.

MASSACRANT, ANTE (ma-sa-kran, Icran-f), adj. f. il 1* Qui ma.ssacre, oii l'on ma.ssacre. L'horreur, l'abomination n'est-elle pas que des frères aient massacré tant de frères pour quelque cause que ce puisse êtreT — Voici une affaire à pou près aussi mas.sacrante.... volt. Mél. hiit. un rhrdt. contre six juifs, IV et V. Il 8' Fig. Par une exagération familière et plaisante, humeur massacrante, humeur bourrue, grondeuse, mcnaranto. C'est donc à cela que je dois l'accueil massacrant dont elle m'honore dcpuiimon arrivée, cH. nR biîrnabd, /f Paratonnerre.

MASSACRE (ma-sa-kr'), s. m. || 1* Mise à mort de beaucoup de gens, et, particulièrement, de gens qui ne se défendent pas ou se défendent mal. L'Europe fut un champ de massacre et d'horreur, uoil. .Val. XII. Non, je ne serai jamais amie d'un homme qui a conseillé l'horrible massacre de Bluis [le

meurtre des Guise], fén. Dial. de» morts mod. dial. 13. Il faudrait que chacun eût au chevet de son lit un cadre où fussent écrits en grosses lettres: croisades sanglantes contre les habitants de lU Prusse et contre le Languedoc, massacres de Mdrindol, massacres en Allemagne et en France au sujet de la réforme; massacres de la Saint-Barthélémy; massacres d'Irlanile; massacres des vallées de Savoie; massacres juridiques; massacres de l'inquisition , volt. Pol. et h'g. Paix perpét. XXVI. On vit alors un massacre effroyable [à la bataille de la Moskowa] , et la valeur intelligente de nos artilleurs admira le courage immobile, aveugle et résigné de leurs ennemis, skgup, Hist. de Nap. vu, 40. || Fig. Que voient les gens du monde dans un bal.... mais qu'est-ce que la lumière de la foi découvre dans ces assemblées profanes?... elle leur découvre un massacre horrible d'âmes qui s'entretuent les unes les autres, nicole, Essai mor. 3« traité, ch. m. || 2° Grande tuerie de bêtes. Ils allèrent à la chasse et firent un grand massacre de sangliers, de chevreuils, etc. || 3" Fig. Action de gâter par mégarde ou autrement quelque chose de rare, de précieux. Il faut pâmer de rire de ce que vous dites de l'air italien ; le massacre que vos chantres en font.... SÉV. 3t juill. 1675. Il Massacre d'un opéra, mauvaise exécution d'un opéra. Il Massacre d'une volaille , se dit d'une volaille mal découpée. || Ouvrier qui travaille mal et qui gâte son ouvrage. Ne vous servez pas de cet ouvrier-là, c'est un massacre. || 4» Terme de vénerie. La tête du cerf, du daim, etc. séparée du corps, et mise debout sur la peau de la bête, ou sur une nappe, alors qu'on donne la curée aux chiens. On a rapporté le massacre. Ce n'est qu'en dernier lieu et en chercliant dans les différents cabinets que nous avons trouvé dans celui de M. Dupleix un massacre surmonté de deux cornes semblables, bufp. Quadrup. t. v, p. 439. || Sonner le massacre, appeler au son du cor les veneurs et les chiens pour faire la curée. || Terme de blason. Se dit d'une tête de quelque animal lorsqu'elle est décharnée.

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