‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 147 sur 389 · PARÉ, XI · texte numérisé non relu

PARÉ, XI

— ÈTYM. Voy. MASTICATION ; provenç. mastiguatori; esp. mastigatorio.

t MASTICINE (ma-sti-si-n'),î. f. Terme de chimie. Résine extraite du mastic.

— ET^■M. Mastic, et la finale chimique ine. MASTIGAUODR (masti-ga-dour), s. m. Ancien

terme de vétérinaire. Préparation médicamenteuse destinée à être lentement mâchée par les animaux malades. || On disait aussi nouet.

— ÉTYM. Autre forme de masticatoire.

fMASTIGOCÊRE (ma-sti-gosè-r'), s. m. Terme

de zoologie. Palpe maxillaire d'un insecte hyménoptère, quand cette partie est très-longue.

— ÉTYM. MâuTiÇ, p.â(jTiYoi;, fouet, et xépaç, corne, antenne.

MASTIQUÉ, ÉE (ma-sli-ké, kée), part, possède mastiquer l. Vitres mastiquées.

t. MASTIQUER (ma-sti-ké), je mastiquais, nous mastiquions, vous mastiquiez; que je mastique, que nous mastiquions, que vous mastiquiez, v. a. Joindre, coller avec du mastic.

— ÉTYM. Mastic.

t 2. MASTIQUER (ma-sti-ké), t'. n. Terme populaire. MScher et surtout manger (par la métonymie de l'antécédent pour le conséquent) . 11 mastique bien .

— HIST. XVI* s. Le malade en masticant pourrolt faire remonter la cataracte, paré, xv, 23.

— ETYM. Lat. masticare (voy. mXcher).

+ MASTIQUEUR (ma-sti-keur), adj. Qui mastique. Vitriers mastiqueurs, ceux qui mastiquent les carreaux.

t t. MASTITE (ma-sti-t*), ». f. || 1* Terme de minéralogie. Pierre figurée qui a la forme d'un bout de téton. || i° Terme de médecine. Inflammation des mamelles.

— ETYM. MaoTA;, mamelle, et la finale ite minéralogique et médicale. Maità; vient de (liaffco, mâcher, el veut dire le bout du sein, en tant que chose mâchée par l'enfant qui tette.

t MASTOC (ma-stok), ». m. Terme populaire. Homme lourd, épais et fort. C'est un mastoc.

— ETYM. Allem. Mastnchs, bœuf engraissé, de Ifaît, nourriture d'engrais, et Ochs, bœuf.

t MASTOCÉPHALE (ma-sto-sé-fa-1'), adj. Terme de botanique. Dont le chapeau est mamelonné dans son centre. Agaric mastocéphale.

— ETYM. MaaTi;, mamelle, et xEçaX^i, tête.

MASTODO.N'TE (ma-sto-don-t") , ». m. Mammifère fossile très-rapproché de l'éléphant. Après lui et presque son égal, venait aussi, dans les pays qui forment les deux continents actuels, le mastodonte à dents étroites, semblable à l'éléphant, armé comme lui d'énormes défenses, mais de défenses revêtues d'émail, plus bas sur ses jambes, cl dont les mâchelières mamelonnées et revêtues d'un émail épais et brillant, ont fourni pendant longtemps ce que l'on appelait turquoises occidentales, cuvier, Kévul. 33».

— ETYM. M«»tA;, mamelle, et A6oii:, iîôvroc, dent : dents en forme de mamelle.

t MASTODONTOÏDK (ma-sto-don-to-I-d'), adj. Oui ressemble i un mastodonte.

— fiTTM. Masiodontt, et slSo;, forme.

MAS

tMASTODYNIE (ma-slo-di-nie), ». ^. Terme de médecine. Douleur des mamelles, quelle qu'en soit la cause.

— ÉTYM. Maure;, mamelle, et àîûvri, douleur. MASTOÏDE (ma-sto-i-d'), adj. Terme d'aiiatomie.

Qui a la forme d'un mamelon. || Apophyse mastoîde, apophyse située à la partie postérieure inférieure de l'os temporal, au-dessous et en arrière du conduit auditif externe.

— HIST. XVI* s. Quatre muscles, sçavoir les masloïdes et les deux de l'os hyoïde, paré, n, 5. L'apophyse mastoîde, m. m, (4.

— ETYM. MartToti5i?iî, de ixomJi;, mamelle, et etSoc, forme.

MASTOÏDIEN, lENNE (ma-sfo-i-diin, diè-n'), a^. Terme d'anatomie. Oui a rapport à l'apophyse mastoîde.

t MASTOÏDO-HUMÉRAL, ALE (ma-sto-i-do-umé-ral, ra-1'), adj. Terme d'anatomie. Muscle mastoïdo-huméral, muscle considérable de la région Irachélienne de l'encolure, chez le cheval.

— ÉTYM. Mastoîde, et humerai.

t MASTOQUIN (ma-sto-kiii) , ». m. Terme de marine. Sorte de jambette plus courte que les autres.

t MASTOTIIÈQUE (ma-sto-tè-k') , ». f. Terme de zoologie. Bourse qui, chez les sarigues, renferme les mamelles.

— ÉTYM. MocTTè;, mamelle, et 6inxiri, loge.

t MASTOZOAIRE (ma-sto-zo-ê-r'), adj. Terme de zoologie. Qui est muni de mamelles. ||S. m. pi. Les mastozoaires , les animaux pourvus de mamelles, plus souvent dits les mammifères.

— ÉTYM. MoKTTÔ;, mamelle, et Cûov, animal.

t IkLVSTOZOOLOGIE (ma-sto-zo-o-lo-jle), s. f. Terme didactique. Partie de l'histoire naturelle qui traite des mammifères.

— ETYM. Mï-jTôç, mamelle, Çûov, animal, et Xôfoç, traité.

t BIASTOZOOTIQUF. (ma-sto-zo-o-li-k'), adj. Terrain mastozootique, terrain qui renferme des débris fossiles de mammifères.

MASTURBATION (ma-stur-ba-sion), ». f. Genre de libertinage solitaire, nuisible à la santé.

— HIST. xvi* s. Diogenes exerceant en public sa masturbation, mont, ii, 35I.

— ÉTYM. Lat. manus, main, et stuprare, polluer. MASTURBER (SE) (ma-stur-bé) , v. réfl. Faire

l'acte de la masturbation.

MASULIPATAN (ma-zu-li-pa-tan), ». m. Très-fine toile de coton des Indes, ainsi dite de la ville de Masulipatan, où on la fabrique.

MASURE (ma-zu-r'), ». f. \\ 1° Ce qui reste d'un bâtiment tombé en ruines. Tant de grands bâtiments en masures changés, malii. h, (2. Ces masures et ce terrain inculte étaient habités, il y a environ vingt ans, par deux familles, bf.rnard de ST-PiERRE, Paul et Yirg. Alors la masure, où la mousse Sur l'humble chaume a débordé, Montre avec une fierté douce Son vieux mur, de roses brodé, V. Huoo, Voix intérieures, v. || Par extension, ô murs! temple à jamais fameux! Berceau des lois, sainte masure I A. chén. le Jeu de paume. Il Kig. [Les martyrs] ne souhaitant rien tant que de voir bientôt abattue cette masure ruineuse do leur corps, qui les séparait de leur maître, noss. Panrg. St Gorgim, 2. Quelle plus misérable et plus pauvre masure Qu'un homme usé, flétri, mort pour l'illusion, Riche et sans volupté, jeune et sans passion? V. HUGO, Voix intérieures, À un riche. Il 2* Une méchante habitation qui semble menacer ruine. Le pigeon profita du conflit des voleurs, S'envola, s'abattit auprès d'une masure, la kont. Fabl.u, 2. Il II se dit, par exagération, d'une mai.son modeste. Je souhaite en tout que la pièce [Tancrèdf] soit jouée à Paris comme elle l'a été dans ma masure de Tourney, volt. Lett. d'Argental, 24 oct. 1759. Il Fig. ]>c timides ménagements pour tous ces restes de barbarie, pour ces masures île la féodalité, qui ôteraient toute solidité, toute beauté, toute proportion à l'édifice que nous sommes appelés à construire, mirabf.au, Collection, i, p. 272.

— HIST. XIII* s. Au droit chens [cens] deu en deniers à certain jor por héritages ou pour masures, BEAUM. XXIV, (». Masure taillable au scgneur, id. XII, 21. Mazure chargée de diverses prestations, DU GANGE, audientia, || xiv* s. Car je fus prins d'Anglois dedens une masure, Guescl. 2ïl »6.||xv*s. Jean Balle et Jacques Strau furent trouvés en une vieille masure reposts, qui se cuidoieiit embler, FBOiss. II, II, 116. II voit le soleil rayer [rayonner] contre la masure [muraille], Perceforest, t. iv, f* 47.

— ETYM. Bas-latin, mansura, demeure, de ma-

MAT

MAT

MAT

litre (tov. manoir). Ce mot a pris une signification méprisante qu'il n'avait pas à l'origine. En haute Normandie, masure signifie la basse-cour, le verger qui entoure la maison de ferme.

t MASURKA, MASOURKA (ma-zour-ka^ ou MASOCRQL'E (ma-zour-k"), ou enfin POLKA MA- SURKA, s. f. Danse nationale polonaise à trois temps, d'un mouvement modéré; elle se danse comme la polka en tournant sur soi-même et décrivant une sorte de cercle; elle en diffère en ce qu'elle est un peu moins vive, qu'elle se danse sur un air à trois temps, et avec le pas de masurka. Ce pas comprend deux pariies : dans la première, le pied A se pose en avant, le pied B le chasse, le même pied saute légèrement, et la jambe opposée se lève en arrière ; voilà pour les trois temps de la première mesure; c'est la première partie du pas; dans la seconde, les deux pieds posent successivement à terre, sans sauter, et marquent les trois temps de la mesure. || Air à 3/4 de cette danse, dans lequel la tonique sert habituellement de basse invariable ou se meut par octave. La mazurka possède un rhylhme particulier à marquer souvent le 2* temps de la mesure; la période se termine sur le 2' temps; «lie est plus lente que la valse.

«.MAT (mat'),x. m. Il 1* Terme de jeu dèchecs. Échec et mat, ou, simplement, mat, coup qui, mettant le roi en échec, le réduit à ne pouvoir bouger sans se mettre en un nouvel échec, et qui fait gagner la partie. Voilà un beau mat. Enfin l'heureux vainqueur donne l'échec fatal. Se lève et du vaincu proclame la défaite; L'autre reste atterré dans sa douleur muette, Et, du terrible mat à regret convaincu. Regarde encor longtemps le coup qui l'a vaincu, delilliî, l'Homme des champs. Le premier qui gagne dix sous ajoué trois heures durant, le deuxième trois minutes; en trois coups il adonné le mat et gagné dix louis... lequel joue le mieux? p. L. CODB. Conrersalion chez la comtesse d'Albany. Il Échec et mat du berger, celui qu'on fait en deux DU trois coups, dès le début de la partie. || Être sous le mat, avoir à craindre un échec et mat. || Fig. Evénement qui détruit nos projets, nos espérances. C'est donc un mat qui a été donné lorsqu'on croyait jvoir le plus beau jeu du monde, et rassembler toutes ses pièces ensemble, sÉv. 39l. Ahl mon Dieu, jonnez-moi un peu de temps : je voudrais bien donner un échec au duo de Savoie, un mat au prince d'Orange, id. 26 juillet tBSt. || Donner échec et mat k quelqu'un, emporter sur lui un avantage ïomplet. Il Donner un mat, faire éprouver un revers. Tout le monde y jouait [aux échecs] à l'ompone.... et, cependant que le maître du logis gagnait M. de Chaulncs, on lui donnait un étrauge mat à Saint-Germain, sÉv. 7 févr. <880. || Il se dit lussi, par plais.interie, des choses que l'on dévore. Mon doclfur de menestre [parasite] en sa mine iltérée, Avait deux fois autant de mains que Briarce; Et n'était, quel qu'il fût, morceau dedans le plat , Oui des yeux et des mains n'eût un échec et mat, RiîGNtKR, Sat. x. || i' Adjectivement, fitre échec et mat, ou, simplement, être mat, se dit du joueur qui a perdu. Comment ai-je pu être mat avec un jeu si bien disposé? goldoni, Bourru hienfaisarit, i, 5.|] Faire mat, donner l'échec jt mat. Je vais le faire mat en deux coups. || On dit lUssi : faire quelqu'un échoc et mal. || Kig. Faire quelqu'un mat, faire quelqu'un échec 8t mat, emporter sur lui un avantage complet.

— HIST. xiir s. Car qui la vérité regarde, D'estre nat n'avoicnt-il garde, Puisque sans roi se combaloieiit, la Rose, «694. || xv* s. k madame prise soudainement; Par quoi sui mat, je le voi clairement. Se je ne fais une dame nouvelle, en. n'OBL. llqlt. .'i9.

— ÊTYM. Wallon, ma*; provenç. mal; espign. et porlug. maie ; ital. malto. Mat est abrégé de échec et mat; espagn. xaquimale; ital. scaccnmalto ; du persan shah mal, le roi est mort (voy. sciiah).

2. MAT, ATE (ma, ma-t'), adj. \\ ï" Qui n'a point d'éclat, en parlant de» métaux mis en fpuvre sans avoir élé polis. Or, argent mat. Vaisselle mato. Il 2" Terme de peinture. 0"! n'a point d'éclat, do transparence. Coloris mat. Couleur mate. Ce petit animal [le petit maki gris] a été apporté de Madagascar par M. Soniierat; il a tout le corps, excepté la face, les pieds et les mains, couvert d'un poil grisStre, laineux, mat et doux au toucher, bukp. Quaiirup. t. xii, p. )74. Ce blanc mat des femmes de Barlmrie se trouve quelquefois en Languedoc et sur toutes nos côtes de la Méditerranée, m. Suppl. à l'hitt. nat. Œuvres, t. xi, p. 2C». Proche de oous toutes les couleun se distinguent; au loin, elles se confondent en s'éteignant, et leur confusion

produit un blanc mat, dideb. Salon de (767, OEuv. t. XIV, p. 22 5, dans podgens. || Terme de peinture en bâtiments. Se dit des couleurs en détrempe qui ne sont pas vernies, et de l'or sur apprêt qui n'est pas bruni. || 3' Compacte et lourd. Du pain mat. Une pâte mate. || Broderie mate, broderie d'or ou d'argent qui est très-chargée. || 4' Terme de marine. Mer mate, grosse mer dont les lames longues et élevées marchent lentement. || 5° Son mat, son semblable à celui qu'on obtient en frappant un tonneau plein. Il Terme de médecine. Son mat, celui que rendent les parties charnues quand on les percute avec le doigt, et celui que la poitrine donne lors de l'hépatisation du poumon, ou quand il y existe un épanchement considérable. || 6° S. m. Le mat, la couleur mate. Le défaut de transparence et le mat, DIDER. Salon de t765, Œuv. t. xui, p. 205. C'est en mat que l'on a commencé à faire de la gravure fluorhydrique, kessleh, Acad. des se. Compter rendus, t. lxiv, p. t78.

— HIST. XIII* s. Car n'i osoie la main tendre. Tant iere [j'étais] maz et vergongneus, X loi de povre besongneus, la llose, 8129. ||xiv' s. Qui son anemi est bone chiere monstrant, Or le fait à moitié tout mat et recréant, Baud. de Seb. v, 6. Se tu vois que i'esprevier soit trop eschif, si lui remetz le chaperon le plus en paix que tu porras, et soit encore veillé qu'il soit plus mat, ifodus, f. xcviii. Quant aucun oisel de proye fait mate chiere, J/^Hogier, m, 2. Il est si mat, si las, si dompté du travail et tourment de mesnage.... les lijnyes de mariage, p. 32.

— ÊTYM. Provenç. mat, triste. Dans les anciens textes, mat signifie seulement las, humilié; c'est de ce sens qu'on est allé au sens de terne, qui paraît très-récent. Hat, las, humilié, est un sens dérivé, comme le verbe mater, de mati. L'allemand a malt, qui signifie abattu, terne et mat; Diez pense qu'il vient des langues romanes.

MAt (ma ; le t ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l'-sselie : des mâ-z élevés), s. m. || 1° Longue pièce de bois plantée debout dans un vaisseau, dans une barque, etc. et qui sert à porter les voiles. Vaisseau à trois mâts. Un coup de vent rompit le mât Le mât pliait comme une baguette sous l'effort de la tempête. Le czar [Pierre I"] commença par acheter une tiarque à laquelle il fit de ses mains un mât brisé, VOLT. Russie, 1, 9. Le peintre Vernet, sur un vaisseau battu d'une horrible tempête, s'étant fait attacher au mât, et tout occupé à dessiner le mouvement des vagues, leurs replis, leur écume et les feux de la foudre, marmontei,, Élém. litl. Œuv. t. vu, p. 208, dans pougens. || Aller à mâts et à cordes, cheminer par la seule impulsion du vent sur les mâts et le gréement, après que toutes les voiles ont été serrées. || Caler les mâts, abaisser les mâts ; guinder les mâts , les remettre à leur hauteur. Il Mât d'assrmblage, mât formé d'une pièce centrale ou mèche, et de quatre pièces ou jumelles appliquées sur les quatre faces de la mèche et taillées de façon que l'ensemble de leurs surfaces donne la surface d'un cylindre. || Grand mât, le mât le plus élevé d'un bâtiment; il se compose, dans les grands bâtiments, de trois ou quatre parties : le bas mât, le grand mât de hune, le grand mât de perroquet, le grand mât de cacatois. || Grand mât de hune, le mât qui .s'élève immédiatement sur le bas mât, et qui porte la vergue et la voile du grand hunier. Grand mât de perroquet, le mât qui s'élève sur le mât do hune. |{ Grand mât de cacatois, le mât qui s'élève par-dessus tous les autres. Il Bas mâts, pièces ou mâts partiels dont le pied repose sur un point mémo du bâtiment. || Mâts supérieurs, pièces qui se placent au-dessus des bas mâts et en sont comme le prolongement. || Mât de charge, fort espars ou morceau de mât qu'on établit sur le pont pour aider au chargement ou au déchargement. || Mâts de rechange, mâts qu'on porte dans un voyage pour suppléer à ceux qui pourraient manquer. || Mât» du nord, les pins et les sapins provenant de la Uussie. || i' Mât-pilote, mât établi sur quelque point très-visible près du bord (le la mer, et destiné à indiquer la roule. Il 8* Mât, se dit aussi do perches employées sur les petits bateaux de rivière. || i' Mât do cocaïne, espèce de mât rond, lisse et savonné qu'on plante en terre et au haut duquel sont suspendus des jirix qu'il faut aller pnmdre, en grimpant. || 6° Terme de blason. Mât désarmé, mât représenté sant voiles et sans cordages. Il 6* Se dit de diverses pièces de bois employée» dan» les gymnase».

— HIST. XI* ». En hom cos mats et en ces hautes vergues, Ch. de Roi. cutxxvi. || xiii' ». Et firent les eschielcs des hautes ne» [nefs] drecior seur le»

grans mas, viller. ci. Si me suis mis en mer sans mast, Pour noier ausi com Tri.stans, Lai de l'ombre. Il XV' s. Ce sembloit des masts à l'Escluse, qui regardoit en mer, un grand bois, froiss. ii, m, 35. Il XVI* s. Tous les mats, antennes, trinquets, "ottants de banderoUes, carloix, vin, 24.

— ÊTYM. Wall, mastai; nam. masiia; prov.mnf, mast; catal. mastil; esp. masto ; portug. masto, mastro; liai, maitil; de l'allem.ifasf; scand. mastr

MATADOR (ma-ta-dor), s. m. || 1° Celui qui, dans les combats de taureaux, doit mettre l'animal à mort. Il 2° Terme de jeu de l'hombre. Nom donné aux cartes supérieures. Spadille, manille et baste sont les trois premiers matadors. |{ 3° Fig. et familièrement. Homme considérable dans son état, dans son corps. Les matadors de la finance. || 4° S'est dit, sous Louis XIII, des chefs principaux d'une coterie de galants de la cour. {| 5° Nom donné à des sicaires payés en I7U par des habitants de Barcelone, poui mettre à mort les partisans de Philippe V.

— ÊTYM. Espagn. matador, du latin mactatorem, qui vient de mactare, tuer.

+ MATAGE (mâ-ta-j'), s. m. Action de mater.

I MATAGOT (ma-la-go) ou MATÉGAU (ma-té-gô), s. m. Terme de marine. Synonyme de jumelle de brasseyage.

ilATAMORE (ma-ta-mo-r') , s. m. || 1° Terme des comédies espagnoles. Personnage qui se vantait à tout propos de ses exploits contre les Mores. Le capilan matamore. || 2° Par extension, homme faisant étalage do bravoure et se vantant d'exploits vrais ou faux. Que pourrais-je durer contre un tel matamore? soarr. Jodel. iv, 5. Une manière dure, sauvage, étrangère qui font un capitan d'un jeune abbé, et un matamore d'un homme de robe, LA BRUT. xiu. Quand il [Villars] l'eut obtenu [le marcchalat], le matamore fut plus réservé, dans la crainte des revers de fortune, st-si.m. ih, 207. Il X la matamore, à la façon des matamores. Villars se mit à pouffer à la matamore, et à tenir à son ordinaire des propos insensés, id. 232, 93.

— ETYM. Espagn. matar, tuer, du lat. mactare, et Iforo, Maure : tueur de Maures.

t MATARO (ma-la-ro), s. m. Cépage d'origine espagnole, dans les Pyrénées orientales, dit aussi mourvède.

t MATASSE (SOIE EN) (ma-ta-s'), t. f. Soie qui n'a pas encore été filée.

— ÊTYM. Ane. franc, madaise; provenç, modoisa; espagn. madc.ra; ital. matassa ; du lat. malaxa, soie brute; grec, naTaJa, (iÉTaÇa.

t MATASSIiVAI)E(ma-la-si-na-d'), t. f. Danse armée qui était en usage au xvi* siècle et au xvii' s.

— ÊTYM. Matassins.

MATASSINS (ma-ta-«in), t. m. pi. \\ 1° Nom qu'on donnait autrefois à certains danseurs, qui portaient des corselets, îles morions dorés, des soniielles aux jambes et l'épéo à la main avec un bouclier. Une entrée de matassins. || Plus tard, matassins a été pris dans un sens moqueur et grotesque. M. de Pourceaugnac, mettantson chapeau pour se garantir des seringues, est suivi pur les deux médecins et par les matassins, mol. Pourc. i, t6 (ces matassins ne sont armés que de seringues). || 2 ' Nom de la danse qu'ils dansaient. Et les amours, comme poussins, Ou comme oisons hors do la mue, Scmbl-'iit danser les matassins, régnier. Louanges de U ocelle.

— HIST. XVI* ». Mines et gesticulations, telles que nous voyons faire à des matachins, bouchet, Séries, liv. i, p. (34, dans lacuknk. Un autre cria tout haut en braillant : sonne, cornemuseur, la pavane; autres demandent la milanoise, la basse danse, les matassins, l'espagnole, la gaillarde,

MEBLINCOCCAÎK, t. I, p. <76, dans LACURNE.

ÊTYM. Arabe mutawaddjihln, pprsonnos masquées, pJ. de mo(nt«addji/i, masqué, d'après M. Dozy.

t MATK (ma-f), t. f. Lieu â Paris où s'a,ssemblaieritles filou» pour tenir conseil entre eux. {| Enfantdelamalo, suppôt de la mate, filou. || Filouterie, tromperie. Vous descouvrir la mate [des rosccroii) et dessiller les yeux, NAUné, Rosecroix, m, 2.

— HIST. XIV s. Jean (le la Matie, imagier, Hist. litt. France, t.xxiv, p. 74). || xvs.Bignezla niatho San» targer, villon. Bail, jargon et jobelin. || xvi* s. Nous nous promenons au soir avec les compagnons d» la mattc, tout le jour nous jouons au brelant, daSb. tœn. m, 1.

* . MATÉ, P,E (ma-té, tée), part, passé de mater t . Oui a reçu un échec et mat. Maté dès les premiers coup». Il Fig. Qui a perdu force et ressort. Maté par l'adversité.

t 2. BIATË (ma-lé), f. m. Herbe du Paraguay ivoy. noui).

MAT

MAtÉ, ÉE (ma-té, tée), part, passé de mïter. Poun u de tn«U. || Maté en frégate, maté en bnk, se dit suirant le nombre et la disposition des mâts.

•f MATEAD (ma-t«), s. m. Voy. matteau.

MATELAS (ma-te-lâ; IV se lie: un ma-te-l&-z pais), *. m. Il 1* Grand coussin, piqué d'espace en •space', qui est rempli de laine, de bourre, de crin, 3u même d'air, et qui fait partie des lits. Un bon, un mauvais matelas. Coucher par terre sur un matelas. Il Étouffer entre deux matelas, faire périr par suffocation entre deux matelas. Il est de tradition qu'à une certaine époque, on étouffait ainsi les personnes devenues enragées à la suite d'une morsure, soit pour abréger leurs souffrances, soit pour se préserver de l'envie de mordre qu'elles témoignent parfois. Que dites- vous de la peinture que ma mère TOUS fait des femmes qu'il faudrait étouffer entre deux matelas? ch. de sévigné, dans sév. 28 août <«80. ||2* Petit coussin piqué qu'on met aux deux côtés d'un carrosse. || 8° Par extension, ce qui sert de protection en jouant le rôle de matelas. Ses habits firent matelas, et le coup ne pénétra pas. Un matelas de graisse protège cette partie.

— HIST. xiii* s. Ainçois li convint gésir, tant que nous fumes en Acre, sur les materas que le soudanc li avoit baillez, Jomv. 262. l|xv« s. Si ne vestent chemises, et sans langes Gisent de nuit, n'ont pas coûtes à franpes, Mais materas Oui sont couverts de beaulz tapis d'Arras, christ, de pisan. Dit de Poissy. Estoit par dessus la figure du dit roy, dont la représentation estoit couchée sur un materas ou mathelas, J. chabtieb, Hist. de Charles Vil, p. 3(9, dans LACOHNE. Il XVI* s. 11 se leva et s'en alla l'espée nue en la main au lict où souloit coucher Pompeius, et donna plusieurs coups de poincte dedans les matterats, amyot, Pomp. 6. Elle [la vertu] sçait estre riche, et puissante, et sçavante, et couclier dans des matelats musquez, mont, i, (77.

— ÊTYM. Wallon, ma/era; picard, molcras ; provenç. almairac; espagn. et portug. almadraqut; eatal. matalas; ital. materasso; bas-latin, materacium, mataritium, almatricium; de l'arabe al matrasha, couverture dont on garnit les bêtes de somme. Le préfixe al indique une source arabe.

MATELASSE, RE (ma-te-la-sé,sée), part, passé àe matelasser. Le vieillard reçut les deux étrangers sur un sopha matelassé de plumes de colibri, volt. Candide, <8. Il Par extension. Le nid des merles est construit à peu près comme celui des grives, excepté qu'il est matelassé en dedans, bhfp. Ois. t. vi, p. 6.

MATELASSER (ma-te-la-sé) , v. a. Garnir de coussins en forme de matelas. Matelasser dos chaises. Matelasser une chambre pour un fou furieux.

— ÉTYM. Matelas.

MATELASSIER, 1ÈRE (ma-te-la-sié, siè-r'), t. m. et f. Celui, celle qui fait et rebat des matelas.

— ÊTYM. Matelasser.

t MATELASSURE (ma-te-la-su-r"), ». f. Toile dont on garnit l'intérieur des panneaux d'une caisse de carrosse. || Objets employés à matelasser, à renforcer. Quant à la cuirasse [de la frégate la Normandie], elle était construite en fer avec une matelassure en bois interposée entre la coque et les plaques de cuirassement, berthavo, Joum. des sav.

juin 4807, p. 343.

— ÉTYM. Matelasser.

fMATELINEUR (ma-te-li-neur), t. m. Un fou, une tête légère. Ils sont matelineurs, prompts à prendre la chèvre, rëgmek, Sat. xiii.

— HIST. XV* s. En montant, l'hoste fut happé Par son vallet sans dire mot, Disant : je vous ai attrapé; Il faut que vous payez l'escot; Ou vous laisserez le surcot. De quoy il ne fut pas joyeux, Guidant qu'il fust malhelmeur, vili.on. Repue des galanls.\\ xvi* s. Apologie pour Clément Harot absent, contre le coup d'essay fait par un mathelineux nommé Sagon, du TUDiER, Bibliolh. p. »23, dans lacurne,

— f.TYM. Soi'nt Malhurin se disait «oint Mathelin; il y avait une maladie qu'on nommait le mal St-Malhtlin : La fièvre quarte et la double terçaine, Us mal Saint-Lcu, et le Saint-Mathelin, e. descii. Po<s. mss. f »2o. Est-ce de là que vient matelineurf Le mal Saint-Mathelin éuit l'ivresse.

MATELOT (ma-te-lo; le I ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, l'« se lie -.des ma-le-lo-z an- Rlais), f. m. Il l" Homme de mer qui, sous les ordres des officier» et des maîtres, exécute toute» les opération» de la garniturx (des mâts et de» vergues), du gréement al da U manoeuvre, ROMMe. Sur nos deux mers nos matelots, Ouelqu'inconstantsque soient les ToU, Sauront ménager pour nos voiles L'aide des venu tt des étoiles, la font. LeU. xxiv. Je tremble tu seul récit de la tamptte furieuse dont sa Hotte tut

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battue durant dix jours; les matelots furent alarmés jusqu'à perdre l'esprit, et quelques-uns d'entre eux se précipitèrent dans les ondes, boss. Reine d'Angl. Le matelot troublé, que son art abandonne , Croit voir dans chaque flot la mort qui l'environne, BoiL. Sublime, ch. viii. Les autres [soldats], qui partaient, s'élancent dans les flots, Ou présentent leurs dards aux yeux des matelots, rac. Mittir. IV, 6. La Hollande envoie tous les ans aux Indes un grand nombre de matelots dont il ne revient que les deux tiers, montesq. lîsp. xxm, 25. Il [le maréchal d'Huxelles] ignorait que c'est [la pêche de la morue] l'école des meilleurs matelots, duclos, Mém. rég. Ùiuv. t. v, p. 292, dans pougens. Ulric, nul œil des mers n'a mesuré l'abîme, Ni les hérons plongeurs, ni les vieux matelots, alfred de musset. Poésies. Il 2° Marin qui, par ses services, son âge et son aptitude comme homme de mer, a obtenu une certaine solde déterminée par les règlements. C'est un vieux matelot. Recevoir la paye de matelot. || 3° Il s'est dit pour marin. Meusnier, garde de la marine.... il serait fort propre à remplir la charge de lieutenant de frégate légère.... bon matelot, et ferme dans l'occasion, Mém. de Villette, dans JAL. [Vous Duquesne] ayant affaire au plus habile matelot et peut-être au plus grand et plus ferme capitaine qu'il y ait à présent au monde [Rujter], Colberl à Duquesne, <e78, dans jal. Il 4° Camarade. Quand on ne donnait qu'un hamac pour deux hommes, les deux marins couchant alternativement dans le même hamac s'appelaient matelots l'un de l'autre; par suite, deux amis de bord se donnent cette dénomination d'amitié, jal. Tous deux amis et se nommant mutuellement mon matelot; ce qui est le plus grand terme d'alTeclion connu sur le gaillard d'avant, Excentricités du langage. Il 5* Matelot d'un vaisseau, vaisseau qui, dans une ligne de marche ou de combat, suit ou précède immédiatement ce vaisseau. Matelot d'arrière. Matelot d'avant. Chaque vaisseau doit serrer son matelot d'avant, pour empêcher de couper la ligne. Du Casse, chef d'escadre, matelot de M. de Villelte, Mém. de Villelte, dans jal. || Adjectivement. Vaisseau matelot. || 6° Vêtement que l'on donne aux petits garçons et même aux petites filles, et dans lequel le pantalon est attaché à la veste. Elle habille en matelot sa fille âgée de six ans, genlis, Ad. et Théod. t. m, p. 4 80, dans lacurne. |{ Se dit aussi d'un costume de carnaval.

— HIST. XIII* s. Ly matbelot les voiles tendent ; Ly autres les avirons prendent, Ilist. des trois Maries, ms. p. 376, dans lacurne, au mot journaJ. Il XV* s. Ce bateau va pa.sser la mer; Le matelot le puisse bien mener. Sans péril et sans naufrage, BASSEL. XXXV. || XVI* S. Haye, haye, dist le pilot, double le cap et les basses. — Doublé est, respondoyent les matelotz, rab. iv, 22.

— ÉTYM. Origine douteuse. Il ne peut venir de mdt {masl d'où mastelot, dit jal), puisque, dès les premiers temps, Vs y manque. Diez incline à le tirer de matia, natte : mattarius, celui qui couche sur des nattes; cela est bien peu appuyé. MatHot se dit en allemand Ifalrose, en danois matros. L'ctymologie la plus vraisemblable est le holland. maat, compagnon, d'où, par une dérivation non sans difficulté, mateioJ. On manque de textes qui montrent que le simple ait existé en français, ce qui augmente le doute.

fMATELOTAGE (ma-te-lo -ta-j'), s. m. Art du matelot. Ëcolede matelotage. || Salaire des matelots. Il Ancien terme de marine. Kairelematelotage,mettre des matelots deux à deux pour le service du bord.

— ÊTYM. Matelot.

MATELOTE (ma-te-Io-f) , s. f. || 1" Mets composé de plusieurs sortes de poissons apprêtés à la manière dont on prétend que les matelots les accommodent. Matelote d'anguilles. Anguilles en matelote. À dîner l'on nous donnait de somptueuses matelotes, et pour fruits d'excellents raisins, marmontel, Mém. x. Il Sauce matelote, ou sauce à la matelote, sauce faite avec du vin ou du cidre, en usage parmi les matelots ; les matelots normands ne mangent guère le poisson autrement, mais ils appellent le mets ainsi préparé non la matelote, mais la coudrte (chaudronnée). Il a* Sorte dedanseen usage ijarnii les matelots. Il 3* X la matelote, ioc. adv. X la façon des matelots.

— f.TYM. Matelot.

C MATER (ma-tc), v. n. || 1* Terme du jeu des échecs. Faire mat. Il le mata avec une tour. || 2° Fig. ôlcr force et ressort. Le so.nse plaît à dispenser les choses De la façon; c'est tout mal ou tout bien; Dans ses faveurs il n'» point de mesures ; Dans son courroux de même il n'omet rien Pour nous mater.... LA roMT. Oraii. Quoique la mauvaise fortune

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vous ait tellement maté toute votre vie, que votre bon naturel n'a pas eu toute son étendue ; je crois que vous entendez le mot de mater, sév. A Bussy, 31 mai (687. Il Par extension. Mater son corps, le dompter. Une partie essentielle de la pénitence est de mater sa chair et de la crucifier avec ses vices, BOURDAL. Myst. Nativité de J. C. t. i,p. 22. || Terme de fauconnerie. Dresser un oiseau de proie, ainsi dit parcequ'on le dompte. ||3° Fig. Humilier, abattre. Il faut mater ce caractère opiniAtre. Je suis bien aise après tout de faire mourir un philosophe; ces gens-là ont une certaine fierté dans l'esprit qu'il est bon de mater un peu, volt. Socrale, m, (.

— HIST. XI' s. Le grant orguil se jà povez matir, Ch. de Roi. ccxxxi. {| xu" s. Et s'il vous fait requerre chevage ne treû. Ne soiomes pour ce maté ne recreû, Sax. xxviii. Tis orgueilz [ton orgueil] est venus devant moi ; pour ce te vueil des or mater, flots, p. 4 14. Kar li reis nel fait pas pur nului déposer. Mais pur ce qu'il voldroit l'arcevesque mater, Th le mart. 25. ||xiii* s. Ainsinccum il va du mater. Puisque des eschiés me sovient, la Rose, 6702. Il XIV* s. X Gloriant son frère isnelement joua; Par force de science quatre fois le mata, Baud. de Seb. IX, 724. Il XV* s. Il [Demosthène] tant mit peine à matter le vice de sa langue, que il prononça souverainement ses mots, Bouciq. iv, fO. |{ xvr s. Les herbes trop humides ont besoin, avant que les distiller, d'estre un peu mattées au soleil, o. de serres, 890. Toutes ces rencontres là ne matterent pas entièrement les vaincus, amyot, Pélop. 29. Usant de remèdes à mater, affoiblir et refroidir le corps, mont, m , 37. Le temps matte toutes choses, bab. Pant. m,

— ÉTYM. Mat < ; provenç. matar; ital. matlare. Ce verbe vient de mat des échecs, comme l'emploi le prouve dans l'historique; mais à côté de ce mater et se confondant avec lui, il y avait un autre ma4er,signifiant tuer, parallèle à l'espagnol matar, et venant du latin maclarc : xi*s. Se truis [si je trouve] Rolant, ne lerrai que [je] nel mat, Ch. de Roi. lxix. XII* s. Jo ki sui tis serfs, m'i cumbaterai, e od l'aie Deu [l'aide de Dieu] le materai, flots, p. 06.

t 2. BLATER (ma-té), v. a. || 1° Rendre mat. Mater du verre. || 2° Rendre mat, compacte. Mater une pâte. Il 8° Terme de peintre en bâtiment (on écrit aussi matter). Passer avec le pinceau une couche de colle mêlée de safran ou de vermeil sur les parties a'ur qui n'ont pas été brunies. {| 4" Serrer avec le matm la soudure de deux tuyaux de fontaine (ou écrii aussi matter).

MATER (mâ-té), V. a. || 1* Terme de marine. Mettre en place les bas mâts d'un navire. Machine à mater. || 2° Par extension, dresser, mettre un objet debout. Mater une barque, une pièce de bois. [1 Mater les avirons, les mettre debout dans l'embarcation. Il Mater un canon, le mettre debout sur la bouche, ou momentanément sur le bouton de sa culasse. || Mater la bigue, la lever et l'établir dans une position verticale.

— ÊTYM. Mdt.

t MATÉRAT (ma-té-ra) , «. m. La mésange à longue queue.

t MATER DOLOROSA (ma-tèr do-lo-rô-za), s. f. Il 1° Tableau représentant la sainte Vierge dans les larmes, au pied de la croix, ou soutenant son fils mort. Il 2° Par moquerie, en parlant d'une femme d'une tristesse excessive ou affectée. Elle a toujours l'air d'une mater dolorosa.

— ÊTYM. Cette locution vient des paroles qui commencent le Slabat : Slabat mater dolorosa, Juxta crucem lacrimosa, Dum pendebat filius.

MÂTEREAU (mâ-te-rô), s. m. Terme de marine. Petit mât. Il Mât d'avant des bâtiments employés à la pêche du hareng sur les côtes d'Angleterre.

— HIST. xvi* s. Pour cinquante liures, suif qui a esté employé à gresser les mastz et mastereaux, pouUies etcordaiges, tbi>, dans jal.

— ÊTYM. Diminutif de mdt.

MATÉRIALISÉ, ÉE (ma-té-ri-a-li-zé, zée), part.

passé de matérialiser. La gravitation matérialisée par Newton qui la considérait comme due à une matière interpcsée entre les corps gravitants. ■ MATÉRIALISER (ma-té-ri-a-li-zè), v. a. Considérer comme matériel. Dans ce siècle où l'on s'efforce de matérialiser toutes les opérations de l'âme, et d'ôter toute moralité aux sentiments humains, je suis trompé si la nouvelle philosophie ne devient aussi funeste au bon goùl qu'à la vertu, j. j. Rouss. Ess. surl'orig. deslang. ch. i5. Ces arts [peinture, sculpture, etc.] moitié intellectuels, moitié mécaniques, où la pensée se personnifie sur la toile et dans le marbre, et où le génie se matérialise dauii

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la main de l'homme, lamabt Rapp. à la ch. des dép. sur la propr. littéraire.

— ETYM. ilatériel.

ilATÉIUALISMB {ma-té-ri-a-li-sm'), t. m.

Il 1" Terme de philosophie. Système de ceux qui pensentque tout est matière, et qu'il n'y a point de substance immatérielle. 11 me parait qu'en général il y a beaucoup d'injustice et bien peu de philosophieà taxer de matérialisme l'opinion que lessenssont les seules portes des idées; l'apôtre de la raison, le sage Locke n'a pas dit autre chose, et Aristote l'avait dit avant lui, VOLT. Lett. Thieriot,3 oct. <"58. Ne doit-on pas craindre que cette fureur de ramener nos connaissances à des signes physiques ne conduise la jeunesse au matérialisme? chateaub. Génie, m, II, 2. Il 2" Dans le langage de la philosophie positive, le matérialisme est cette erreur de logique qui consiste à expliquer certains phénomènes s'aocomplissant d'après des lois plus particulières, à l'aide de celles qui servent à relier entre eux des phénomènes d'un ordre plus général ; ce qui est une sorte d'importation, dans une science plus complexe, des idées appartenant à une science moins compliquée.

— ETYM. Matérialiser.

MATERIALISTE (ma-té-ri-a-li-sf), s. m. et f. Celui, celle qui adopte les idées du matérialisme. Conséquences nécessaires de l'opinion des matérialistes ; il faut qu'ils disent que le monde existe nécessairement et par lui-même.... il faut qu'ils disent que le monde matériel a en soi essentiellement la pensée et le sentiment, car il ne peut les acquérir, puisqu'en ce cas ils lui viendraient de rien.... les matérialistes doivent encore soutenir que le mouvement est essentiel à la matière; ils sont par là réduits i dire que le mouvement n'a jamais pu ni ne pourra jamais augmenter ni diminuer, volt. Philos. Trailéde métaph. n. Non-seulement je ne suis pas matérialiste, mais je ne me souviens pas même d'avoir élé un seul moment en ma vie tenté de le devenir, J. j. rouss. Corresp. du Peyrou, t. ut, p. (9. Il Adj. Les opinions matérialistes.

BIATÉRIALITÊ (ma-té-ri-a-li-té), s. f. Qualité de ce qui est matériel. La matérialité du calorique a été controversée entre les physiciens. Ces épicuriens enseignaient hardiment la matérialité et la mortalité de l'âme ; ils n'en furent pas moins considérés, VOLT. Dict. phiL Âme.

— ETYM. Matériel, par l'intermédiaire du latin materiahs.

MATÉRIAUX (ma-té-ri-ô) , s. m. pi. || 1° Les diiïérentes matières qui entrent dans la construction d'un bâtiment. Un édifice qu'on voudrait élever sans cesse avec des matériaux tirés de ses fondements, J. J. aouss. Polijsynodie. || Fig. Combien faut-il faire de malheureux pour fournir les matériaux de ce qui fait ou devrait faire le bonheur de quelques particuliers, qui même ne savent p;is en jouir? DUCLOS, Consid. mœurs, ch (6. || Plâtras, produit de démolitions. Vendre des matériaux. il i' Fig. Tout ce qui, comparé aux matériaux d'un bâtiment, sert à la construction d'un ouvrage d'esprit. Le monarque prussien fit à Potsdara son Histoire de Brandebourg; et l'écrivain français y fit le Siècle de Louis XIV, ayant apporté avec lui tous ses matériaux, volt. Cnmment. œuvr. aut. Henr. Je me mis à rassembler les matériaux qu'on m'avait laissés pour travailler à mes Confessions, j. j. ROUSS. Conf. XII. J'ai bien quelques matériaux pour ce volume, mais je ne sais quand ma pauvre tête me permettra de les mettre en œuvre, d'alemb. Lett. au rot de Pr. (5 avril )788. Pendant son exil qui dura vingt ans, Thucydide rassembla des matériaux pour l'histoire de la guerre du Péloponnèse, barthèl. Anach. ch. 85. || 3° Fig. Tout ce qui peut servir aux relations de la vie. C'est de l'amitié, c'est de l'intérêt, c'est de l'estime [pour M. de Grignan avec qui Mme de Sévigné était brouillée] ....voyez ce que votre adresse peut faire de tant de bons matériaux; car, en vérité, j'ai senti quelque douleur d'être brouillée avec un homme qui écrit si bien, tév. a janv. )68U. Je vous trouve bien en famille de tous côtés, et je vous vois très-bien faire les honneurs de votre maison.... l'on no peut pas mieux faire que ce que vous faites; je vous souhaite seulement des matériaux ; car, pour de la bonne volonté, tous en avez de reste, id. »« juill. 4«7l.

— ÊTYM. C'est un pluriel de matériel ou matérial. MATERIEL, ELLE (ma-té-ri-èl, è-1'), adj. \\ !• Qui

est formé de matii're. Los substances maiéricllcs. Il Oui lient de la matière. .Suivant Descartes, les actions (les animaux sont purement mécaniques et matérielles. Il 2* Dansl'ancienne philosophie, matériel est opposé à formel. La cause matérielle est celle qui

<lonne la matière, tandis que la cause formelle est celle qui donne la forme et l'activité. || Substantivement. Distinguer le matériel du formel. || Terme de jurisprudence. Faux matériel, celui qui porte seulement sur la matière même d'un fait ou d'une chose, sans qu'il soit question de l'intention ; par opposition à faux formel, celui que l'on commet sciemment et à mauvaise intention. || 3° Qui a ou qui parait avoir beaucoup de matière, grossier. Cette orfèvrerie est trop matérielle. || En un sens analogue, gros et lourd, en parlant des personnes. 11 devient matériel. Il Fig. Il est matériel, c'est un esprit bien matériel, se dit d'un homme qui a l'esprit lourd et pesant. Que ce discours grossier terriblement assomme! Et quelle indignité, pour ce qui s'appelle homme, D'être baissé sans cesse aux soins matériels, Au lieu de se hausser vers les spiiituelsl mol. Fem. sav.n,T. || Matériel sedit aussi d'une personne qui a des goûts grossiers ou plutôt sensuels, qui aime la table, etc. || 4° S. m. Ce qui regarde, ce qui compose le corps d'une chose. Le matériel de la religion. || Le matériel d'une proposition, ce sont les mots qui y entrent. Lorsqu'on raisonne ainsi, on ne paraît s'occuper que du matériel du discours, ce qui arrive quelquefois aux grammairiens, condil. Gramm. il, iS. || Le matériel des mots, ce sont les sons qui les forment, les lettres ou les accents qui s'y trouvent. Il 5° Se dit des parties les moins délicates de l'exécution, de celles qui n'exigent qu'une certaine pratique jointe à une intelligence ordinaire. Il possède le matériel de l'art. || 6" L'ensemble des objets de toute nature qui sont employés à queliiue service public; par opposition à personnel, qui s'entend de toutes les personnes attachées à ce même service. Le matériel de la guerre, de la marine. Il Le matériel d'une armée, les bagages, les munitions, les pièces d'artillerie, etc. par opposition aux troupes qui composent l'armée. || 7° Ensemble des machines, ustensiles, outils et moyens d'exécution de toute sorte qui sont nécessaires à une fabrique, à une usine, à une exploitation quelconque agricole ou industrielle. Le matériel d'une imprimerie, d'un chemin de fer.

— HIST. xiV s. L'ame intellective n'est pas corporelle ne matérielle, mes est incorporelle et espirituelle, oresme, E(/i. 76. Combien que le matériel ne puist pas estre osté des parties, ne estre séparé, Prouffiti champ, et ruraula:,n, 5. ||xvi's. Un jeune garçon bas-breton, bien fessu et matériel, paré, t. m, p. 687. Les hommes sçavans et lettrés et ceux qui sont matericux et grossiers. Nuits de Straparcle; t. II, p. 234, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. et es^. matérial; itah materiale; du lat. matmalis, de maleria, matière.

MATÉRIELLEMENT (ma-té-ri-è-le-man), adv.

Il 1° Dans l'ancienne philosophie scolastique, par rapport à la matière, il est opposé à formellement. L'homme est mortel matériellement et immortel formellement. 112» D'une manière matérielle, grossière. Cette table est faite bien matériellement. i! 3° Dans la conversation, il se prend four elfectivcment. Cela est matériellement impossible.

— HIST. xiV s. Porreture est engendrée materialment de groisseur de humeurs, ii. de mondkmi.le, f° 80. Il xvi* s. La veue des angoisses d'autrui m'angoisse matériellement, mo.nt. i, 9(.

— ETYM. Matérielle, et le suffixe ment; provenç. materialmen; esp. et ila.\. malerialmente.

MATERNEL, ELLE (m,i-tèr-nèl , nè-l'), adj. Il 1" Qui est propre à la mère. Et, se laissant ravir à l'amour maternelle, corn. Ilor. i, *. J'oubliai inhumainement, contre l'ordinaire des grand'mères, à vous parler de ma pauvre petite d'Aix; j'en suis encore à ma fille; et mon amour, car on dit l'amour maternel, n'a point emporté ce premier degré dans le second, sRv. )« avril 4 680. Elle (la mère du duc de Hontausicr] le plia avec douceur sous le joug de l'autorité maternelle, l'accoutumant insensiblement à une vie simple et patiente, fliîcii. Duc. de Mont. L'affection maternelle est un sentiment plus fort que celui de la crainte, et plus profond que celui de l'amour, puisque cette affection l'emporte sur les deux dans le cœur d'une mère, duff. Oit. t. XI, p. <os. Une activité superflue sied si bien h l'amour maternel I >. t. nouss. llel.y, 3. |H» Société maternelle, nom d'uno a.ssociation de femmes charitables dont le but est de recueillir des secours pour les fcmmps pauvres en couches. || 3* Côté maternel, ligne maternelle, la ligne do parenté du côté de la mire. Encore que la grand'chambre du parlement de Paris et les autres compagnies souveraines aient vu les Bourgoing, les Leclerc, les Friche, se* parants paternel* et matarneU, rendre la

justice aux peuples avec une intégrité exemplaire, Boss. Bourgoing. \\ 4° Langue maternelle, la langue du pays où l'on est né. Passez donc de l'autre côté; car cette oreille-ci est destinée pour les langues scientifiques et étrangères, et l'autre est pour la vulgaire et la maternelle, mol. Mar. furcé, se. 6.

— HIST. IV* s. Toutes deux se font par voye une, C'est à sçavoir soleil et lune. Unis au ventre maternel. Qu'est mercure connaturel, Tr. d'alch. 892. Il XVI' s. Je l'entends [le langage lanternois] comms le maternel, rab. p. 24 5, dans lacuhne.

— ÊTYM. Ptov .malernal,mayrenal; esp. maternai; dérivé du latin maternus, qui vient de mater, mère.

MATERNELLEMENT (ma-tir-nè-Ie-man), od".

D'une manière maternelle. Et vous, ma mère, enibrassez-moi le plus maternellement que vous pourrez, BEAUMARCHAIS, Mar. de Fig. m, (a.

— HIST. XVI* s. Elle [la vertu] nous aiguise envers ceulx [plaisirs] qu'elle nous laisse, et nous laissb abondamment touts ceulx que veult nature, et jusquesà la satiété maternellement, mont, i, <77.

— ÊTYM. Maternelle, et le suffixe ment. MATERNITÉ (ma-tèr-ni-lé), s. f. || 1° Qualité de

mère. A-t-on jamais vu un cœur comme la vôtre, et une maternité si parfaite? sév. 2< janv. <689. Adieu, ma belle ; je suis persuadée que personne ne sait aimer comme vous; je dirais : si ce n'est moi ; mais la tendresse de la maternité est si naturelle , et celle des enfants si extraordinaire, que, quand je fais ce que je dois, vous êtes un prodige, ID. li fév. 1090. Je vous ai dit, chrétiens, que, la maternité de la Vierge n'ayant point d'exemple sur la terre, il en est de même de l'affection qu'elle a pour son fils, boss. 2* serm. Compass. de la Ste Vierge, 2. || 2* Grande maternité, ou grand'maternité, mot forgé par Mme de Sévigné pour exprimer la qualité de grand'mère. Pour moi, je changeai lie chemise et d'habit; et, sans vanité, je me fis d'une beauté qui effaça entièrement mes bellesfilles ; l'honneur de la grande maternité fut soutenu avec dignité, sév. 6 août I680. Aimez-moi toujours, mon cher comte ; je vous quitte d'honorer ma grand'maternité, m. )0 déc. <670. || 3° Maternité, nom donné autrefois à des maisons où l'on recevait et allaitait les enfants trouvés. || Aujourd'hui, maison destinée à recevoir les femmes pauvres enceintes, et particulièrement celles qui ont atteint leur huitième mois de grossesse, ou qui, sans l'avoir atteint, sont sur le point d'accoucher.

— ÊTYM. Dérivé du lat. maternus, maternel, qui vient de mater, mère.

f MATEUR (ma-teur), s. m. Ouvrier qui, par un travail particulier, ôte le brillant au métal poli.

— ÊTYM. Mater 2.

t MÂTEUR (mâ-teur), s. m. Celui qui fabiique les mâts, les vergues, les barres de perroquet, les hunes, etc.

— ÊTYM. Mdter.

MATUÉMATICIEN (ma-té-ma-ti-siin ), j. m.

Il 1* Celui qui l'ait son étude des mathématiques. Si l'on n'a mis enseigne de pocte, de matliémalicien, PASC. Pens. VI, <6, éd. havet. Qu'un grand maihémalicien se travaille tant qu'il voudra l'esprit pour découvrir de nouveaux astres dans le ciel O'i paur marquer le chemin des comètes, nicole, J'.'.'S. de mor. 4" traité, ch. 7. Il [Ozanam] était jeune, assez bien fait, assez gai, quoique mathématicien, fonten. Oianam. Il serait inutile de dire quo M.Leibnitz était un mathématicien du premier ordre; c'est par là qu'il est le plus généraloment connu, m. Leibnili. Ceux qui ne voient les mathématiques que de loin, c'est-à-dire qui n'en ont pas do connaissance, peuvent s'imaginer qu'un gi'oiiiètre, un mécanicien, un astronome, no sont luo le même mathématicien, id. Lahire. Vous ne me ferez pais longtemps l'objection des nues et des exhalaisons qui flottent dans l'air, si vous viuicz lire dans le premier mathématicien qui vous tombera sous la main, les lois des fluides, volt. Mi'l. litt. à M"*. Il Le mathématicien éternel, Dieu. J« ne puis concevoir comment de si habiles mathématiciens nient un mathématicien éternel, volt. Lett. Mme du Deffant, 27 janv. (706. || S. f. Femme qui s'occupe de mathématiques. Sophie Germain est une, mathématicienne assez renommée. || Fig. La nature : je suis le grand tout; je n'en sais pas davantage; je ne suis pas mathémnticienne; et tout est arrangé chez moi selon les lois mathématiques, volt. Dict. phil. Nature. \\ 2" Il s'est dit anciennement pour astrologue. Le vulgaire a confondu par abus les astrologues sous le nom de mathématiciens, o. NAUDÉ, Apologie pour les grandi hommes loupçonnii dt magi(,ch.v. On a fait mettre en pri-

MAT

«on un mathématicien qui s'est arisé de prédire que, k moi* prochain, il y aura un grand changement dans k fortune du Mararin, oui patin, Leit. t. ir, p. is4. — HlST. iiv* s. Et les mathématiciens appellent tele proportionalilé géométrique, oresme, Elh. 4*7. Il xrf s. Un citoyen de Cyzique acquit jadis réputation de bon mathématicien, pour avoir apprins la condition de l'hcrisson ; il a sa tanière ouverte à divers endroicts et à divers vents, et, prévoyant le vent advenir, il va boucher le trou du costé de ce vent là ; ce que remarquant, ce citoyen apportoit en ta ville certaines prédictions du vent qui avoit à tirer, mont. Il, t80.

— ÊTYM. KalMmatiqw.

ItATUÉUATIQUE (ma-té-ma-ti-k']. || 1* Adj. qui • rapport à la science des nombres, des figures et des mouvements. Vérité mathématique. Langage mathématique. Quoiqu'il eCtt été fort répandu dans le monde, sa simplicité et son ingénuité naturelle n'en avaient point été altérées, et le caractère mathématique avait toujours prévalu, fonten. Sauveur, n se niéle à l'optique mathématique un jugement de l'fime, fondé sur l'eipérience; c'est ce qui fait que nous nous formons des idées des distances, sans nous servir d'aucune mesure, volt. Vél. liu. d M*". L'un des plus grands avantages des théories mathématiques et le plus propre à établir leur certitude, consiste à lier ensemble des phénomènes qui semblent disparates, en déterminant leurs rapports mutuels, non par des considérations vagues et conjecturales, mais par de rigoureux calculs, LAPLACK, Erpos. IV, t7. Il Point mathématique, le point considéré abstractivement, comme n'ayant aucune étendue. Suivant le.'; géomètres, le point mathématique est l'extrémité de la ligne. || 2* S. f. Science qui a pour objet les nombres, les figures et les mouvements. Théorème , problème de mathématique. Étudier en mathématique. Nulle science humaine ne le peut garder [l'ordre]; saint Thomas ne l'a pas gardé; la mathématique le garde, mais elle est inutile en sa profondeur, PASC. Pens. XXV, <08, éd. bavet. Comme il avait dessein d'instruire mon frère dans les langues et qu'il savait que la mathématique est une science qui remplit et qui .satisfait beaucoup l'esprit, M"' PÊBIER, Vie de Pascal. D'Aguesseau .se plaisait à toutes les parties de la physique et de la mathématique, st-sim. 453, »ï4. Le mouvement des astres, celui de notre petite terre autour du soleil, tout s'opère en vertu des lois de la mathématique la plus profonde, volt. Vicl. phil. Athéisme. Il Fig. Ce n'est pas l'ordinaire de parler si précisément des vertus soit de l'entendement, soit de la volonté, ni de faire de la morale une mathématique, LAMOTHK LK VAÏEB, Yertu des paiens, u, Julien. Il Ëlui de mathématique, étui dans lequel sont renfermés les instruments nécessaires aux mathématiciens. Il II est plus usité au pluriel, quoiqu'il soit préférable de dire la mathématique, comme on dit la mécaniiiue, la statique, etc. (autrefois on disait (es mécaniques, les statiques, ce qu'on fait encore en anglais; l'Académie dit qu'on ne l'emploie jamais au singulier avec l'article ; c'est une erreur en fait, puisque les meilleurs auteurs s'en sont servis ainsi ; et en droit, puisqu'il n'y a aucune rai- •on grammaticale à cette prescription). Il sait les mathématiques.Un cours de mathématiques. Il faut que les mathématiques domptent les écarts de notre raison; c'est le bâton des aveugles, on ne marche point sans elles; et ce qu'il y a de certain en physique est dû à elles et à l'expérience, volt. Mél. lut. à *"*. Dès qu'il s'agit d'expliquer nos sensation.), les mathématiques deviennent impuis- •antes. m. tb. (la a* pièce). || Mathématiques pures, celles qui ne s'occupent que de U théorie, sans aucune idée d'application, et mathématiques mixtes, celles qui considèrent les propriétés de la grandeur ?iîî* P*"^!"» """P' ou «ujet» particuliers. La quan- UU abstraite, objet des mathématiques pures, est on noinbrable ou étendue, d'aleub. Explic. tyst. eonn hum. (Euvr. t. i, p. 337, dans pouoens. Les mathém.t.quet mixtes ont autant de divisions et de soui^iivisirns qu'il y a d'êtres réels dans lesquels U quantité peut être considérée, m. tb. HDan, le. lycée, et éublimment. d'instruction JOTOdaire.on distingue deux cl»,«„ ,t deux cours Matathimatlques : les malhémaUqueaélémenUires jJ^mprenDent l'arithmétique et les élément» dé fWBeine, et les mathématiques siiéciales (vov •rtciAL). lit. «athémaUque. s'isldild. l'enVmhîe - •«'•n«» où interviennent ke théories des nombre». Il ne s'agit, dans cm deux pasiaRet ni 4'«riUi.éti,ne, ni de géométrie, ni d. ^^T«] „i

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d'astronomie, sciences que l'on comprend, chez les gens de lettres, sous le nom de mathématiques, et approuvées universellement d'un chacun,©, naudé, Apologie pour les grands hommes, ch. v.

— lilST. xiv* s. Mesure mathématique ou précise. — Sciences mathématiques, oresme, Thèse de meunieh. Il XVI* s. Sire, entre les autres sciences dignes des plus grands princes et monarques du monde, je croy qu'il n'y a celui qui ne soit de ceste opinion que les mathématiques doibvent marcher devant toutes les autres, forcadel. Éléments d'Euclide, Au roy. Je sçay que il y a quatre parties en la mathématique, UONT. I, 4 64.

— ETYM. Provenç. mathematic, mathêmatica; espagn. et ital. matematicn, matematica; du latin mathematicus , qui vient du grec |xo9ritiaTixôi;, do HÔOTiaa, instruction (l'instruction, la science par excellence). L'origine de ^là^rnia, |j.a^6âvw, est controversée : selon Curtius, il appartient à. la racine mon, penser, se souvenir, avec un 9 adjonctif, comme il y en a beaucoup d'exemples; selon Kuhn, c'est la racine math, manth, qui signifie agiter; on comprend d'ailleurs la transition d'agiter à penser, apprendre.

MATHÉMATIQUEMENT (ma-té-ma-ti-ke-man) , adv. Selon les règles des mathéraatique.s. Je le trouverais encore assez bien partagé, quand il serait à M. Euler (pour parler mathématii|uement) en même proportion que Descartes et Newton sontàBayle, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, i" mars 4 765. Il Fig. Rigoureusement, exactement. Son fils [du chancelier] [était] aussi universellement abhorré qu'il était mathématiquement détestable, st-sim. 304 , i 68.

— ÊTYM. Mathématique, et le suffixe ment.

\ MATHÉSIOLOGIE (ma-té-zi-o-lo-Jie),s.^. Terme didactique. Science de l'enseignement en général.

— ÉTYM. Mâ^Y^ai;, enseignement, et Xô-roc, doctrine. fMATHURIN (ma-tu-rln),«. m. || !• Membre d'un

ordre institué par Innocent III, pour racheter les esclaves de»' mains des infidèles. || %' Fig. Devoir une chandelle à saint Mathurin, être attaqué de folie. Mon fils est fou; le pauvre enfant doit une belle chandelle à saint Mathurin, cyrano de Bergerac, Pédant joué, i, 6. HDes tranchées de saint Mathurin, des accès de folie.

— HIST. XVI' s. Envoyer à St Mathurin [envoyer aux petites maisons], oudin, Dict.

— ÊTYM. St Mathurin, qu'on invoquait pour la guérison des fous.

t MATHUSALEM (ma-tu-sa-lem'), t. m. Nom d'un patriarche aïeul de Noé, dont la longévité (il mourut dans sa 86»« année) a donné lieu à cette expression proverbiale : vivre autant que Mathusalem. Quatre Mathusalem bout à bout ne pourraient Mettre à fin ce qu'un seul désire, la font. Fabl. viii, 25.

— HIST. xiii* s. Autant com Mathsalès Pas ne vauroie estre vis [je ne voudrais être vivant]. Ane. poés. fr. Yatic. n' 4490, f' 484, dans lacurne.

MATI, lE (ma-ti, tie), part, passé de matir. Rendu mat. Un métal mati.

t MATICINE (ma-ti-si-n'), ». f. Terme de chimie. Principe amer du matico.

— ÊTYM. Matico, et la finale chimique ine.

t MATICO (ma-ti-ko), s. m. Nom péruvien de l'arloriihe elongata, Miquel, piper angustifolium, Ruiz et Pavon, de la famille des piperacées.

MATIÈRE (ma-tiè-r'), s. f. || !• Tout ce qui se touche et a corps et forme. Ce grand feu grossissait à force de matière, mairet, Jfor( d'Aslrub. v, 2. Il Particulièrement. Ce dont une chose est faite. La matière du papier est Iç chiffon. Cet ouvrage est beau, la matière en est riche, mais l'art surpasse encore la matière, Dict. de l'Acad. || Matières d'or et d'argent, les espèces fondues, les lingots et les barres employés pour la fabrication des monnaies. || Dans les manufactures, matières premières, les matières avant qu'elles soient mises en œuvre. C'est le coton qui fournit toutes les matières premières; mais telle matière première qui, entre ses mains [du cultivateur], serait inutile etsans vairur, devient utile et acquiert une valeur, lorsque l'artisan a trouvé le moyen de la faire servir aux usages de la société, condil. Comm. gouv. I, 7. || 2* Cuve matière, nom d'une certaine cuve, chez les brasseurs. || 3* Matière brute, celle qui n'offre pas les caractères do l'organisation, qui n'est pas douée de la vie, par opposition à matière organisée. |{ Matière organisée, ou substance organisée, toute matière vivante ou ayant vécu, soit qu'elle appartienne à un végétal ou A un animal. Il Matière animale, végétale, minérale, subsUnce appartenant au règne animal, végétal, minéral. Il Matière verte de l'riesiley, prolococcui, algue de 1» famille des nostochinéet. || Terme d'astronomie.

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Matière diffuse, matière qui nous apparaît en certains points lie l'espace sous la forme de nuages blanchâtres, et que l'on suppose composée de particules en nombre immense et répandues en divers lieux où elles tendent à s'agglomérer pour former plus tard des mondes. On dit dans le même sens : matière cosmique. Les nébuleuses sont de la matière diffuse ou cosmique. || 4" Terme de philosophie. Substance qui, produisant surnos organes un certain ensemble lie sen.sations déterminéos, est étendue et impénétrable, ou, suivant certains philosophes, ensemble de forces manifestées par des phénomènes qui se perçoivent distinctement les uns des autres. La quantité de matière contenue dans un corps est en raison directe de sa densité et de son volume, c'està-dire égale au produit de sa densité par son volume. Je subtiliserais un morceau de matière. Que l'on ne pourrait plus concevoir sans effort, Quintessence d'atome, extrait de lalumière. Je ne saisquoi plus vif et plus mobile encor Que le feu.... la font. Fabl. X, 4. Comment peut-elle [la matière] être le principe de ce qui la nie et l'exclut de son propre être? comment est-elle dans l'homme ce qui pense, c'est-à-dire ce qui esta l'homme morne une conviction qu'il n'est point matière î la bruy. xvi. La matière ou l'étendue renferme en elle deux propriétés ou deux facultés : la première faculté est celle de recevoir différentes figures, et la seconde est la capacité d'être mue, malebr. Rech. vér. i, 1. Les sages à qui on demande ce que c'est quel'&me répondent qu'ils n'en savent rien ; si on leur demande ce que c'est que la matière, ils font la même réponse, volt. Dict. phil. Matière. Tous les sages de l'antiquité, sans aucune exception, ont cru la matière éternelle et subsistante par elle-même, id. tb. Dieu, dieux. Entêtés d'un cartésianisme aussi faux en tout que le péripatétisme, ils croyaient que la matière n'est autre chose que l'étendue en longueur, largeur et profondeur; ils ne savaient pas qu'elle a la gravitation vers un centre, ID. Loi natur. noten. Cet être presqu'inconnu, qu'on nomme matière, est-il éternel? toute l'anliquité l'a cru ; a-t-il par lui-même la force active? plusieurs philosophes l'ont pensé, id. Dict. phil. Matière. Ne vouloir admettre dans la matière que les (|ualités que nous lui connaissons, me paraît une prétention vaine et mal fondée ; la matière peut avoir beaucoup d'autres qualités générales que nous ignorerons toujours; elle peut en avoir d'autres que nous découvrirons, comme celle de la pesanteur, dont on a dans ces derniers temps fait une qualité générale, et avec raison, puisqu'elle existe également dans toute la matière que nous pouvons toucher, buff. Hist. anim. ch. 3. Dès qu'on vient à penser que la matière pourrait bien n'être qu'un mode de notre &me, une de ses façons de Toir.... ID. De l'homme. Tout ce que je sens hors de moi, et qui agit sur mes sens, je l'appelle matière, J. J. Rouss Ém. IV. Si nous cessons de penser à la substance des corps comme étant actuellement colorée et figurée, et que nous ne la considérions que comme quelque chose de mobile, de divisible, d'impénétrable, et dune étendue indéterminée, nous aurons l'idée de la matière, condil. Conn. hum. 11, 11, 2. D'abord une source de feux, Comme un fleuve éternel répandue en tous lieux, De sa flamme invisible échauffant la matière. Jadis versa la vie à la nature entière, delille, En. vi. I| La matière première, matière que certains philosophes ont supposé être le substra;um de la matière telle qu'elle nous apparaît. || La matière, suivant la définition dans l'école d'Aristote et dans la scolasti(|ue, est une simple capacité pouvant recevoir toutes les formes, c'est-àdire toutes les qualités; elle n'a pas même l'étendue ou l'impénétrabilité, qui sont des formes, et que le philosophe croyait pouvoir s'en détacher et s'y joindre. || 6" Terme de physique. Nom donné à la cause inconnue de plusieurs espèces de phénomènes et qui n'a aucune des propriétés de la matière pondérable. Matière électrique. La matière du calorique. || Minière subtile, nom donné par Descartes à un fluide subtil, qui, selon lui, remplissait tout l'espace, et faisait mouvoir le mécanisme de l'univers. Mais le vide à souffrir me semble difficile; EtjegoiUo bien mieux la matière subtile, MOL. Femm. sav. m, 2. || 6" Matière, se dit par opposition à esprit. Nous saurons toutes deux imiter notre mère : Vous, du côté de l'âme et des nobles désirs; Moi, du côté des sens et des grossiers plaisirs; Vous, aux productions d'esprit et de lumière ; Moi, dans celles, ma sœur, qui sont de la matière, mol. Fem. sav. I, 4. Songez à prendre un gollt des plus nobles plaisirs ; Et, traitant de mépris les sens et la ma-

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tière, Â l'esprit, comme nous, donnez-vous tout entière, ID. ib. Si nous étions de ces intelligences célestes lesquelles, étant dégagées de toute matière, vivent d'une pure contemplation, Boss-. Réfût. catéch. Ferry, II, 2. Toujours de la matière dans l'amour! FONTEN. Dial. IV, Morts anc. et mod.Son esprit s'absorbera dans la matière, i. 3. rouss. Ém. n. || Familièrement. Être enfoncé dans la matière, avoir la forme enfoncée dans la matière, avoir l'esprit grossier. Mon Dieu I ma chère, que ton père a la forme enfoncée dans la matière! mol. Préc. 8. || 7° Terme d'administration et de finance. La matière imposable, les objets sur lesquels les impositions peuvent être établies. La matière imposable serait accrue de la valeur entière des dîmes, MONTESQL'iou,iloppor(, 27 août 1790, p. 10. Il 8° Terme de médecine. Excrétions du corps humain. La matière des vomissements. Il La matière de la transpiration, la sueur. Il Matière purulente, ou, simplement, matière, le pus qui sort d'une plaie, d'un abcès. Il est sorti beaucoup de matière de cette plaie. || Terme de vétérinaire. Matière soufflée aux poils, matière purulente qui s'élève à l'intérieur du sabot du cheval, le long des feuillets, dans le cas de maladie de la sole, et s'échappe parle biseau, entre les poils de la couronne qui se hérissent. || Les excrétions alvines. Le malade rendit des matières abondantes. La matière est-elle louable? mol. Me'd. mal. lui, II, 6. Le cardinal de Richelieu n'était sanguinaire que parce qu'il avait des hémorrhoïdes internes qui occupaient son intestin rectum, et qui durcissaient ses matières, volt. Dict. phil. Ventres paresseux. || 9° Matière médicale, voy. médical. Il Matière perlée de Kerkring, précipité qu'on obtient en versant un acide dans l'eau de lavage de l'antimoine diaphorélique ; c'est de l'acide anlimonique hydraté. || 10° Fig. Cause, sujet, occasion. Sire, c'est rarement qu'il s'offre une matière X montrer d'un gi'and cœur la vertu tout entière, corn. llor. y, 2. Les bords de l'Hellespont, ceux de la mer Egée, .... Offrent une matière, à son ambition, id. Nicom. II, 3. Je suis médecin passager, qui vais de ville en ville.... pour chercher d'illustres matières à ma capacité, mol. Mal. imag. m, I4. La nature ne m'offre rien qui ne soit matière de doute et d'inquiétude, PASC. Pens. XIV, 2. Des questions qui ne pouvaient être matières d'hérésie, id. Prov. xvii. Selon le précepte de Jésus-Christ, son oraison fut perpétuelle, pour être égale au besoin; la lecture de l'Évangile et des livres saints en fournissait la matière, BOSS. Anne de Gonz. C'est nous qui fournis- .«ons par nos crimes la matière à sa juste vengeance (de Dieu] , ID. Sermons, Bonté, < . Tout donna matière i des divisions scandaleuses, id. Ilist. 11, 12. Il gardait ce grand nombre de domestiques, moins pour servir d'éclat à sa grandeur, que pour servir de matière à sa bonté, flécii. Duc de ifont. Il préparait ainsi une longue matière de triomphes, id. Aiguil- /on. Ses grands emplois ont servi do matière à ses bonnes œuvres, id. le Tellier. David cherchait parmi leslionsunematièreàsavaleur, MASS. Or. /un. Conty. Il 11° Kig. L'objet sur lequel on écrit, on parle. Je finirai donc en cet endroit, plus par discrétion que par faute de matière, balz. liv. 1, lett. 9. Ne bougez de grâce, it n'interrompez point votre discours; vous êtes-là sur une matière qui, depuis quatre jours, fait presque l'entretien de toutes les maisons de Paris, MOL. Critique,^. Hier, j'étais chez des gens de vertu singulière Où sur vous du discours on tourna la matière, 10. Mit. III, 6. J'aurais de quoi vous dire, et belle est la matière ; Mais je ne vous tiens pas digne de ma colère, id. tfc. v, 4. Cela suffit pour embrouiller au moins la matière [la question de la certitude], PASC. Pens. m, 4 6. Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau; la disposition des matières est nou- Telle, id. ib. vu, ». Mais pourquoi m'étendre sur une matière où je puis tout dire en un mot? Doss. Duch. d'Orl. Mais ponr s'expliquer sur cette matière, il faudrait un langage que le monde n'entendrait pas, ID. la Vallière. Le détail serait la maiière d'un plus long discours, ID. Hitl. 11, 6. C'est ici que s'ouvre une matière nouvelle à mon discours, fléch. Mar. Thér. Prompt à concevoir les matières les plus élevées, heureux i les exprimer quand illes avait une fois conçues, 10. Lamoignon. Quelle matière fut jamais plus disposée à recevoir tous les ornement» d'une grave elsolide éloquence que lavic ctlamortde....?lD. Turenne. C'est une matière qui me fournirait mille réflexions très-solides, bourdal. Serin. \T dira, après M Pentecôte, Dnminic. t. iv, p. 69. Et sur cette matière [les infidélités des femmes] J'ai lu tout ce qu'ont fait la Fontaine et Molière, boil. Sot. x. Quand on écrit sur les grandes matières, il ne sul-

fit pas de consulter son zèle, il faut encore consulter ses lumières, montesq. Déf. Espr. lois, part. 3. La matière était ample à fournir des volumes, je n'en sus tirer qu'une feuille, tant l'éloquence me manqua I p. l. cour. Pamphl. des pamphl. \\ Entrer en matière, commencer à écrire, à parler sur quelque chose. Afin d'entrer insensiblement en matière, PASC. Prov. v. Je n'ose entrer en matière sur la suite de la lettre, maintenon, Lett. au card. de Noailles, 6 oct. I707. Il entre en matière par une dissertation, hamilt. Gramm. i . || Table des matières, table des objets dont il est question dans un livre. Il 12° Terme de jurisprudence. Matière civile, ce qui donne action au civil. Matière criminelle, ce qui donne action au criminel. || La matière d'un crime, d'un délit, ce qui constitue un crime, un délit. Il II se dit aussi en parlant de quelques-unes des parties qui composent la science du droit. Matière féodale, bénéficiale, commerciale. || On l'emploie le plus souvent au pluriel. Les matières commerciales. || 13° Terme de théologie. Se dit par opposition à forme, en parlant du signe sensible qui constitue un sacrement. La matière du baptême est l'ablution ; les paroles, je te baptise, etc. en sont la forme. ||14° Dans les classes, matière de vers latins, matière de discours latin, de discours français, texte que le professeur dicte et que l'élève doit développer en vers latins, en discours latin, en discours français. || 15° Terme de tapissier. Matière pure, se dit des ouvrages de passementerie faits en ai-gent, en soie, dont le fond du tissu est de la même matière que le dessus. || 16° Nom, sur les bateaux de rivière, de ce qui est appelé bau dans les bâtiments de mer (matière signifie ici boi.s). Il 17° En matière de, loc. prép. En fait de, quand il s'agit de. Qu'en matière de religion les empereurs doivent être jugés par les évêques, et non pas les évêques par les empereurs , FLÉCH. Ilist. de Théod. m, 54. Savoir, si, en matière de religion ou même en quelque matière que ce puisse être, il est utile de tromper le peuple, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 9 mars 4 770. En matière d'usage, ce sont les gens d'esprit qui reçoivent la loi des sots, m. Mél. litt. Œuv. t. m,

p. (64, dans POUGENS.

— SYN. MATIÈRE, SUJET. Matière indique l'ensemble de quelque doctrine; sujet est plus particulier et indique un objet spécial. Un ouvrage roule sur une matière, et on y traite divers sujets; une pièce de théâtre a un sujet et non une matière. La matière considère dans son étendue l'objet à traiter; le sujet le considère, seulement dans le jjoint qui intéresse. Mais, quand les nuances sont mises de côté, matière et sujet deviennent tout à fait synonymes.

— IIIST. xu" 3. Devant Deu [le roi Henri II] le conuist et devant le martyr, Qu'il ne fist pas ocire saint Thomas ne murdrir, Ne il nel comanda pas à tuer n'a ferir; Mais il dist tel parole, e bien le volt gehir [avouer]. Qui fu cause e matero de l'ocire e murdrir, Th. le mart. 46i. Ne sont que trois matières [de poème] à nul home entendant, De France et de Bretaigne et de Rome la grant. Saxons, 4. Il xm* s. Or revonrons à nostre matière, Chr. de àains, 4. Nus hom ne porroit pas de.scrire Vostre biauté, ne bonté dire; Car la matere teus [telle] seroit Que nus hom à cief ncl trairoit [n'en viendrait à bout], FI. et Dl. 734. Moût [elle] ert [était] pleine de foy et de bonne matere, Berte, xvm. La matire en est bone et noeve : Or doint Diez qu'en gré le roçoeve Celé por qui ge l'ai empris, la Rose, 30. Matière [le sujet d'un discours, d'un livre] est semblable à la cire qui se laisse mener et apcticier et acroislre à la volenté dou maistre, bhun. latini. Trésor, p. 486. H xiv s. Et ainsi celui qui a vertu en la matière de peccunes, il use très-bien de richesses, ORESME, Esth. 403. ||xv' S, Je veux traiter et recorder histoire et matière do grand louange, par quoy les preux aient exemple d'eux encourager en bien faisant, froiss. Prol. Je me passasse bien de parler de ce fait, pour ce que ce n'est pas le train de ma matière, mais... comm. iv, 4. Tous corps sont forgés d'une matière, leroux de lincy, Prov. t. 11, p. 427. Il XVI" s. Et son ulcère estant convertie en matière ou sanie, paré, viii, 25. La mitiore demeure et la forme se perd, bons. Contre les bûcherons de la forêt de Gastincs.

— ÉTYM. Wallon, madère, pus; bourg, moiteire; provenç. materia, madeira, matière et matériaux; osp. et ital. materia; du lat. maleria; c'est le saii- .scrit mdtram, mesure et rnatiire, venant de la racine md, faire avec la main, construire, mesurer.

MAT1.>I (ma-tin), *. m. || l'Lcs premières heures du jour ; époque de la journée qui coïncide avec la

passage apparent du soleil au côté oriental de l'horizon. Et rose elle a vécu ce que vivent les roses , L'espace d'un matin, malh. vi, i8. Je m'étais levée dès le matin pour être devant le jour aux portes du Seigneur, BOss. Anne de Gons. Le matin elle fieurissait...; le soir nous la vîmes séchée, in. Duc/i. d'Orl. Ce matin, j'ai voulu devancer la lumière, RAC. Esth. II, 4 . Ma vie est sans couleur, et mes pâles journées M'offrent de longs ennuis l'enchaînement certain, Lugubres comme un soir qui n'eut pas de matin, M. j. chén. la Promenade. Ce soleil du matin qui réjouit ton cœur. Comme un arbre au rocher fixé par sa racine, Te retrouve toujours sur la même colline, lamart. Harm. 11, 12. |{ Étoile du matin, nom qu'on donne à la planète Vénus, quand elle se lève avant le soleil. Je m'étais endormi la nuit près de la grève ; Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve. J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin, V. HUGO, Ste^/o. |1 Fig. Des nations aujourd'hui la première, France, ouvre-leur un plus large destin : Pour éveiller le monde à ta lumière, Dieu t'a dit : brille, étoile du matin 1 bérano. les Quatre âges hislor. \\ Du matin au soir, pendant toute la journée Quanddu matin au soir, chez moi poussant la bêche.... uoiL. Ép. xi. || Fig. Du soir au matin, ou du matin au soir, très-promptement. Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus Qui du soir au matin sont pauvres devenus Pour vouloir trop tôt être riches! la font. Fabt. v, 43. Madame cependant a passé du matin au soir, ainsi que l'herlje des champs, BOSS. Duch. d'Orl. \] Le matin, au temps du matin. Le matin et dans le temps que les pensées sont les plus nettes et qu'on en doit offrir à Dieu les prémices, Boss. Élevât, sur myst. I, M . La fantasque inégale, Qui, m'aimant le matin, souvent me hait le soir, boil. Sat. x. L'horizon trompeur de cet âge Brillait, comme on voit, le malin. L'aurore dorer le nuage, lamart. Harm. 11, 5. Il Du matin, de bonne heure. Mais demain, du matin, il vous faut être habile X vider de céans jusqu'au moindre ustensile, mol. Tort, v, 4. Je me suis éveillée du matin, et je vous écris, sév. 6 août (680. Couchezvous à bonne heure pour être du matin à cheval à la pointe du jour, hamilt. Gramm. 3. || Être du matin, se lever matin, être matinal. || Au matin, dans les heures du matin. Tel qu'au soir on voit le soleil Se jeter aux bras du sommeil, Tel au matin il sort de l'onde ; Les affaires de l'homme ont un autre destin : Après qu'il est .sorti du monde, La nuit qui lui survient n'a jamais de matin, malh. vi, 46. Voilà l'homme en effet; il va du blanc au noir; Il condamne au matin ses sentiments du soir, boil. Sat. vili. Quelque diligent que je fusse au matin, je trouvais toujours le vieux voyageur levé avant moi, CHATEAUB. Génie, ly, iv, 8. ||De grand matin, de bon matin, de bonne heure. Aujourd'hui il est trop tard ; mais demain, de grand matin, je l'enverrai quérir, mol. Mal. imag. i, 4 0. J'attends demain, de grand matin, une lettre de vous, sév. 21 6. || 2* Adverbialement. Dans le temps du matin. Se lever matin, fort matin, très-matin. Mais quel soin peut du lit vous chasser si matin? kotr. Yencesl. iv, 4. Quoi! ma bonnj, vous avez pensé brûler.... eh quoi? si le hasard n'avait fait lover M. de Grignan plus malin que le jour, voyez un peu, ma bonne, où vous en étiez, sév. 4 6 août. ifl7i. Mon père, si matin qui vous fait déloger? rac. Plaid, i, i. Monsieur Perrin Dandin, Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin, m. ib. 1, 1. 1| Plus matin, de meilleure heure ; très-matin, de très-bonne heure; le plus matin que vous pourrez, aussitôt que vous pourrez dans le matin. Je n'entends pas que vous vous leviez plus matin que la communauté, Boss. Lett. Corn. 4 5. {[ [lier matin, hier dans les premières heures du jour. || Mme de Sevignéadit dans le même sens : le matin d'hier. Le matin d'iiior on fit un service au chancelier à Sainte-Elisabeth, SÉV. 4"' avr. 4 872. Il Domain au matin, et, plus ordinairement, demain matin, demain dan» le temps du matin. || Fisf. Matin se dit de ce qui est prématuré. Vous avez fort envie d'aller à Grignan, mais il me semble qu'il est bien malin : vous trouverez encore la bise en furie, ttv. 2« mars 408O. À l'égard do la morale.... je ne voudrais point du tout qu'elle [Pauline] mît son petit nez ni dans Montaigne, ni dans Charron, ni dans les autres do celte sorte, Il est bien matin pour elle, id. I5 jany. 469o. Il Fig. Levé matin, qui lait, avant les autres, des démarches pour quelque affaire. Kt dans ce payslà, mon neveu, sois certain, Que, fût-on éveillé longtemps avant l'aurore, En arrivant on trouve encore D'autres gens levés plus matin, iMiiEriT, Jaloux sans amour, iv, '. || 3° Familièrement.

MAT

Un mttln, un de ces matins, un beau malin, te dit d'un jour, d'un temps qui n'est pas déterminé. J'irai tou» voir un do ces matins. Un beau malin on vint l'arrêier. Notre homme, un leau malin, Va chercher compagnie, la font. FiiW. ïiii, <0- Le roi disait un de ces matins : En rériié, je crois que nous ne pourrons pas secourir Philisbourg ; mais enfin, je n'en serai pas moins roi de France, sév. s«i. Mais un démon fatal à celte ample machine Fit tomber à nos yeux le pupitre un matin, boil. Lutr. l. Oui, l'un de ces matins, je lui dirai deux mots, collim d'harlev. Jf. de Crac, 7. Il 4' Poétiquement. Le levant, l'aurore, et, par extension, le jour Jusques où le malin Met les

étoiles en fuite, Mxui. u, ». Ses lèvres, comme un bouton de rose cueilli depuis deux matins, semblaient languir et sourire, chateaubii. Alala, les Fun&ailles. || Les portes du matin, l'aurore ou le levant. |1 5* Fig. Le commencement, les premières années de la vie. Et sans aucun midi la mort et le destin Confomlent votre soir avec votre matin, MAiRET, Sophon. v, 9. Dos le matin de la vie, ou sur le déclin de l'âge, mas.s. Carême, Lazare. Le matin de la vie appartient aux amours ; Sur le soir, de l'hymen implorons le secours, de BiÊvnE, Séducleur, i, 6. Heureux dans mon matin, plus heureux vers le soir, De faire encor le bien qui reste en mon pouvoir, ducis, Abufar, i, 3. Je remonte, aux lueurs de ce flambeau divin [la foi], Du couchant de ma vie à ce riant matin, lamart. Médit. I, 48. Cueillons, cueillons la rose au matin de la vie, ID. Méd. n, ti. Comme il était rêveur au matin do son âgel v. hugo, Odes, m, 6. || 11 se dit de ce qui est très-récent. Nous sommes d'hier, et l'Amérique est de ce malin, volt. Lois de Uinos, Notes. Il 6' Tout le temps qui s'écoule depuis le moment où on se lève, jusqu'à l'heure du diner, quand on dîne à midi, et même, par abus, jusqu'au dîner actuel de six heures. Il travaille tout le matin, et l'après-dinée il se repose. || 7° Tout le temps qui s'écoule depuis minuit jusqu'à midi. Une heure , deux heures , onze heures du matin. Il Proverbes. On a beau se lever matin, quand on a le nom de dormir la grasse matinée, c'est-à-dire, quand on a une certaine réputation, on a beau agir contrairement à celte réputation, le public ne change pas d'idée. || Oui a bon voisin a bon matin, c'est-àdire qu'on dort en repos quand on vit avec des gens paisibles, qui ne sont point chicaneurs. || Dans sa ♦• édition, l'Académie avait ce proverbe sous cette formeci : Qui a bon voisin a bon matin [bon chien de garde] ; mais cette leçon ne paraît pas bonne. Il Rouge au soir, blanc au matin, c'est la journée du pèlerin, c'est-à-dire le ciel rouge au soir et blanc au matin présage une belle journée. || Il faudrait se lever bien malin pour le surprendre, pour l'attraper, il est fin et précautionné. Pour nous tromper tous deux, il faut être bien fin. — Faunus : Et se lever matin, BAXCOUHT, la Uélempsyc. i, )0. Et, pour tout dire enfin, Qui voudra m'altraper se lèvera matin, le- GRAKS, Roi de Cocagne, ii, 7. || En un sens contraire, il ne faut pas se lever matin, c'est-à-dire iln'ya pas besoin d'être fort diligent, fort habile. ...j'ai le roi des maris... Il ne faut pas se lever trop matin. Pour lui prouver que trois et deux font quatre, la font. Gag. Il ne .le faut pas lever de grand matin pour faire les preuves de l'ordre du Saint-Esprit, st-sim . 121,75.

— REM. J'irai grand matin, on se lèvera bdn matin; locutions incorrectes. Dites : j'irai de grand matin, on se lèvera de bon matin.

— HIST. XI* s. Li empereres est par matin levé, Ch. de Roi. XI. Hier main sedeit l'empereres suz l'urabre, ib. xxviii. Qui en bataille hui matin lui faillirent, i6. clxxiiv. || xir s. Dès le matin jusqu'à soleil couchant, Hone. 88. Quant li rois vit le malin ajourner, ib. *&7. || ini* s. Au matin fu li parlemens en un vergier, droit i l'abaie Nostre Damo de Soissons, viLLEii. xxvii. Si ne menjai-je riens, ce sachiei, dès jer main, Bertr, xlix. Moul se peinent de cuer [cœur] & soir et i matin.... tb. lv. L'endemain li rois Flores moût très matin monU, ib. cxxii. Tant «voit duré li hustins [la bataille]. Que U estoit jk gran» matins, B(. et Jelmn, 4424. Il li ont dit : sire vdain, Dame Dieu vos doint hui bon main, Ben. T)4î. Et s'avoil mengié i malin Dous

bêles cuisses d'un poucin, ib. toias. || xvi' s Qui

toute presu ftit de* quatre heures matin, j. mÀhot

T, •*». Icy «st l'isle brouche dont je vous parlois h

M malin, rai. Pant. iv, ï». Vraycrocnt, dit-il, si le

▼eux je traiter comme les autres, cl luy donner à

MAT

cuRNE. Au matin les monts, au soir les fonds, cot- GRAVE. Il n'est lumière que du matin, leroux de LINCY, Prov. t. I, p. no. 11 n'est que le matin en toutes choses, id. l'b. Je m'esbranle difficilement, et

suis tardif par tout c'est matin pour moy que

sept heures, mo.nt. iv, 277. Je me suis tousjours repenty de me r'endormir le matin, id. ib. 0 vrayment marastre nature. Puisqu'une telle fleur ne dure Que du malin jusques au soir, rons. d Cassand>-e.

— ÊTYM. Bourguig. maitin; provenç. mati; catal. ma (<; liai, mallino ; àa latin matutinum, le temps du matin, qui paraît un diminutif do matutus; matutus est dans mater matuta. La chute de (udans ma [lu] (inades exemples analogues : nutrix pour nufrttrix , renefxcus pour veneni/icus , stipendiitm pourftipipendium. Le vieux français main vient du latin mane.

MÂTIN (ma-tiR),s. m. Il 1° Gros chien servant ordinairement à garder une cour, à suivre les chevaux, etc. Mais il fallait livrer bataille, Et le mâtin était de taille À se défendre hardiment, la font. Fabl. I, B. Tous les gens querelleurs jusqu'aux simples mâtins. Au dire de chacun, étaient de petits saints, ID. ib. vu, i . Le mâtin, le lévrier, le grand danois et le chien d'Irlande ont, outre la ressemblance de la forme et du long museau, le même naturel ; ils aiment à courir, à suivre les chevaux, les équipages; ils ont peu de nez, et chassent plutôt à vue qu'à l'odorat, buff. Quadrup. t. i, p. 356. j| 2»Terme d'injure populaire. Mâtin, mâtine, celui, celle qu'on assimile à un mâtin, à un chien. SoufTiiroiis-nous, braves gens que nous sommes, Qu'un pirate à nos yeux se gorge de butin, Qu'il traite comme esclave une beauté divine? Allons tirer notre voisine D'entre les griffes du mâtin, la font. Fianc. Ah chien! ah double ch'enl mâtine de cervelle, Ta persécution sera-t-elle éternelle? mol. l'Ét. v, t. Ahl mâtine, Nous vous y surprenons en faute contre nous, ID. Sganar, 6. Dites que le second [Esope], bâti tout de travers. Est le plus laid malin qu'ail produit l'univers, boursault, Fabl. d'Ésope, i, *. Iln'ya jamais eu de sultane si orgueilleuse que le plus vilain mâtin ne l'est de la blancheur olivâtre de son teint, lorsqu'il est dans une ville du Mexique, montesq. Lett. pers. 78. || 3° Mâtin se dit aussi des chiens de race hybride.

— HIST. xui' s. Crant route de chiens uns et autres, Mastins et gousses et grans viautres, du cange, mastiiius. Giions-nous donc as clians ainsi comme mastins? u. de vale.nc. xvni. Costant apele ton mastin. Que l'en apeloit mal voisin, Tien. 4063. Cils qui avoit le cuer orgueiUeus et mastin, Jeu de des, JUBINAL, t. II, p. 230. Il XIV" s. X mort me mettora li chiens mastin tirans, Guescl 46634. ||xv's. Estoient là destranchés nos feaulx chrestiens à tous grands gisarmes par ces mastins Sarrasins, en la présence du comte de ftevers, à ses yeux voyans, Bouciq. i, 2B. Il XVI* s. De me meslcr avec la concubine A mon vieil père, à fin que la mastine En eust après en haine le vieillard; Ce que je creus, et feus lasche paillard, amyot, Comm. lire les poHes, 3i.

— ÉTYM. Provenç. masti, mausli; catal. masti ; espagn. mas(tn ; portug. mastim; ital. masiino ; angl. masliff. Il y a en italien masnada, qui signifie logis ; Diez suppose un dérivé masnodino, d'où, par contraction, mas(tno; de sorte que le mastino signifierait celui qui est do la maison, et, en particulier, le chien de garde. Cette étymologieesl possible; cependant il faut admettre alors que c'est l'italien qui a fourni ce mot aux autres langues romanes; ce qui n'est pas prouvé. Puis il faudrait quelque trace du mot avant la contraction.

MATINAL, ALE (ma-ti-nal, na-l'), adj. \\ 1° Qui appartient au matin. La brise matinale. L'aulie matinale. Il 2° Qui se lève matin. Anténor, le premier, sort des bras du sommeil, El vient au rendez-vous attendre le soleil ; La déesse des bois n'est point si matinale, la font. Adonis. Il n'est pas d'oiseau plus matinal : le rouge-gorge est le premier éveillé dans les bois, et se fait entendre dès l'aube du jour, hufp. Ois. t. IX, p. 289. Elles sont si matinales ordinairement, picard, Alcade, m, 7. Il Fleurs matinales, celles qui s'ouvrent le matin.

— nEH.Lc pluriel masculin n'est pas usité. Pourtant rien n'empêcherait de dire : Messieurs, vous êtes bien matinaux aujourd'hui.

— SYN. matinal, MATiNEux. Ces deux adjectifs signifient : qui se lève matin; et en ce sens ils sont synonymes. Mais matinal signifie en outre: qui appartient au malin ; sens que n'a pas matineux. De

Œrd V'!»"^^.**!?' "" *^"*' '^'""" "*' Ip'"'' matineux est moin» uViiéV"c matinal ÏÏri^/i'i: JA'J^.-'-A"'"'»- "•""A "•li». de 1 - 1..ST. xii* s. De la guarde malinele des que à

fwr da« iDoucbM, oufn. t.

p. 4 78, dans LA- 1 nuit lju«qu'à la nuit] espeire Israël cl segnor, tiber

MAT

psalm. p. 206.||xni' s. Entre la messe matinel et la grant messe, les miracles St Loys, p. 1 25. || xiv* s. Dès le commencement de ccste nuit jusques aux heures malinaulx, Ménagier,\, 4. |{ xvi's. Comme la venue du soleil consume la rosée matinale, tver, oo9.

— f.TVM. Matin; Berry,mo(!nau;provenc.ma(t»3j. t MATlNALEMENT'(ma-li-na-le-man)', adv. Dès

le matin.

MÂTINÉ, ÉE (mâ-ti-né, née), part, passé de mâtiner. || 1° Chienne mâtinée, chienne couverte par un mâtin, par un chien qui n'est pas de sa race. {| Chien mâtiné, chien provenant d'une chien.ie qui a été mâtinée, et, en général, chien dont la race n'est pas bien définie. || 2° S. m. pi. Mâtinés, tabacs pressés et broyés. Presser et accommoder en màliris les tabacs en feuilles, Corresp. de Colbert, ii, 852.

MÂTINEAU (mâ-ti-nô), s. m. Petit mâtin. Lui berger jiour plus de ménage Aurait deux ou trois mâtineaux, Qui, lui dépensant moins, veilleraient aux troupeaux Bien mieux que celle bêla seule, la

FONT. Fabl. VIII, 43.

— ÉTVM. Diminutif de mdtm.

MATINÉE (iiia-ti-née), s. f. Tout le temps depuis

le point du jour jusqu'à midi. Tout le plaisir des jours est en leurs matinées; La nuit est déjà proche à qui passe midi, malh. ii, 9. Jamais plus belle matinée Ne promit plus belle journée, scaru. \'irg. V. La matinée se passait dans ce cruel exercice [les terreurs avant la communion], Boss. Anne de Gons. Je passais toutes mes soirées clipz l'amie que j'avais perdue, et toutes mes matinées avec celle qui rue restait encore: je ne l'ai plus, et il n'y a plus pour moi ni soir ni matin, d'alemb. Leit.à Cnndorc. sur Mme GeoP'rin, ŒCuvr. t. xiv, p. 250, dans pougens. Il Dormir la grasse matinée, dormir bien avant dans le jour. Ha! que c'est chose belle et fort bien ordonnée Dormir dedans un lit la grasse matinée, RÉGNIER, Sat. VI. Je ronflerais mon soûl la grasse matinée. Et je m'en'vrerais le long de la jourm'e, BEGNABD, le Joueur, I, 4. Il De nos jours, dans les grandes villes surtout, on étend souvent la matinée jusqu'à l'heure du diner, c'est-à-dire jusqu'à six ou sept heures du soir. || Une matinée musicale, réunion où l'on entend de la musique, et qui a lieu de une ou deux heures après midi à quatre ou cinq heures. |] Une matinée d'enfants, petite réunion ou fi'te d'enfanls qui ne commence guère avant midi et qui se prolonge jusqu'à quatre ou cinq heures. Il Une matinée littéraire, réunion où l'on fait des lectures et qui a lieu aux heures notées ci-dessus.

— HIST. xii* s. Dès la matinée juske à la vesproe. Job, p. BOO. Ne il ne dormi onquus mult lunge matinée, Ainz levait chascun jur tut dreit à l'ainz jornée. Th. mart. toi. || xili* s. Elles vont chascun jour au mouslier oîr messe. Mais c'est près de midi, pour ce qu'el n'aient pre-se; Carel se couchent tart, por ce fault qu'on les laisse Dormir grans matinées por norrir en leur grosse, Nouv. recueil de contes, t. I, p. (88. Il xvi* s. Regnard qui dort la matinée n'a pas la langue emplumée, cotgrave. De grasse matinée robe deschirée, leroux de lincy, Pror. t. ii, p. ■^st.

— ÊTYM. i/adn ; provenç. matinada; ital. matlinala. Chevallet pense que grasse matinée a été dit pour grande madHi'e; ce qui a été usité en effet; mais on ne voit guère comment grand se serait chantjé en gras; il est plus naturel d'entendre que la gras»* matinée est une matinée où l'on s'engraisse.

MÂTINER (mâ-ti-né), v. a. || 1* Couvrir, en parlant d'un mftiin ou de tout autre chien d'une race inférieure à celle de la chienne ou différente. I] Trivialement. Se dit aussi d'une femme qui s'est mariée à un homme indigne d'elle. Cette femme a été mâtinée. || 2' Kig. et populairement. Gourmandcr, maltraiter de paroles. |1 3* Mâtiner s'est dit pour broyer. Leur défendons.... de mâtiner et meure en poudre aucun tabac...; leur permettons néanmoins de le fabriquer, filer et mettre en roUe, Ordon».

22 juiU. 4 681.

— 1II.ST. xiii* s. Ysengrin ne l'escoute mie ; Ainz l'a saisi parle chaon;. Sel mastine comme un gainon [chien], iim. 7766. ||xv*s. Gens félons, gens de dure teste.... Tous jors avez vous inastinécs Les saintes gons, et contredit Et résisté au saint Esperit, le Martyre de St Etienne. || xvi's. Plustot que de se laissvir masti lier contre l'honneur de son rang, Razias se frappa (le son espée, mont, ii, 33. Qu'un homme seul mastine cent mille villes, et les prive de leur liberté; qui le croiroilT LA boetie, Seriitude volontaire.

— ETYM. Ifdd'n.

MATINES (ma-ti-n'), ». f. pi. || 1* Terme do liturgie catholique. La première partie de l'offioedivin, qui se dit ordinairement la nuit. Matines sont son-

MAT

MAT

MAT

oées. La coutume de dire matines d^s le soir vers les quatre à cinq heures fOur le lendetnain, est si répandue, que je ne crois pas qu'on en doive faire aucun scrupule, Boss. Leit. abb. 3». Je finis hier ma journée par les matines pour le service du roi [Louis XIV mort) ; jugez de l'état où je suis, MAiNTENON, Lelt. à Mme de Caylus, 30 a^ ùt (710. Sans sortir de leurs lits, plus doux que leurs hermines. Ces pieux fainéants faisient chanter matines, boil. Lutr. i. || 11 est étourdi comme le premier coup de matines, locution prise de ce qu'au premier coup de matines on est encore à demi endormi. {| Le magnificat à matines , voy. MAGNIFICAT. || %' Livre d'église contenant les prières du matin, et surtout l'office de la Vierge. Il 3' Matines de Paris, le massacre de la Saint-Barthélemy, ainsi dit à cause de l'heure à laquelle il commença. || Proverbes. Des matines bien sonnées sont à demi dites. || Le retour est pire, est pis que matines, que les matines, c'est-à-dire les suites d'une mauvaise affaire sont plus fâcheuses que les commencements. Le retour vaudra bien matines, le ret ur vaudra pis que matines, c'est-à-dire la vengeance qu'on prendra d'une offense sera sévère. Il Dans un sens contraire, le retour vaudra mieux que matines. || Donner du retour de matines, mettre à mal. Tant lui donna du retour de matines.... la FONT. Ilerm.

— HIST. XI* s. Messe et matines a li reis escouté, Ch. de Roi. xi. |) xii* s. Einsi fu sainte iglise hunie et violée; Ne matines, ne vespres, messe n'i fu chantée, Ne Deus n'i fu serviz ne chandeille allumée, Th. le mart. (53. ||xiii* s. Mi ami de l'ordene de Cystiaus sont relevé pour canter matines et pour proier pour nous, Chr. de Rains, 49. || xv s. Lesquelz du dit collcige diront et chanteront toutes les heures canoniales, savoir est, matines, prime, tierce, midi, nonne, vespres et compiles, la grand messe dévotement et convenablement, Ordonn. mai (482. Ne s'en souvient-on non plus que des vieilles matines, Aresta amorum, p. ï»(, dans lacurne. |xvi' s. L'heure doncques de la nuict et des matines de ceste sanglante feste [la Saint-Barthélémy] estant venue.,. Brantôme, l'Admirai de Chastillon.

— ETYM. Èlalin : bourg, mattaigne; provenç. matinas; esp. mayiines; port, matinas.

MATINEDX, EUSE (ma-ti-neû, neû-z'), adj. Qui est dans l'habitude de se lever matin. Les coqs, lui disait-il, ont beau chanter matin. Je suis plus malineui encore, la pont. Fabl. vu, (i. Quel charme... De venir visiter sa couche matineusel a. chén. Élégiei, édit. (S62, p. 26U. || Substantivemejit. La Belle matineuse, titre de deux sonnets de Voiture et de MalleviUe sur le même sujet.

— HlST. XVI' s. Homme matineui, sain, alaigre et soigneux, cotgrave.

— r.TYM. Malin.

MATI.MER , lÈBE (ma-ti-nié, niè-r'), adj. Il 1° Qui appartient au matin. Il n'est guère usité que dans cette expression : l'étoile matinière, la planite Vénus. || 2" S. m. Chantre, chapelain à gages. Il Partie de l'office que l'on chante à matines.

— HIST. XVI' s. llcellui gendarme dist à Jehan Delpiat telles paroles ou semblables : soyez matinier demain, du canok, matutinatus. Brouée matinière, MONT. II, (90.

— KTYM. Matin; provenç, matinier, matiner; cat. maliner.

MATIR (ma-tir), v. o. ||1' Hendromatde l'or ou de l'argent. ||2' Faire disparaître la raie qui indique la jonction de deux pièces de fer soudées ensemble. On dit aussi mater.

— HIST. xm' ». Plus pale que cire matie, Bl. et Jehan, ibit.

— ETYM. Mat 1.

t MATITÉ ma-ti-té), t.f. Qualité particulière du son quand il est mat.

— ETYM. Mat a.

t MATOIR (ma-loir), t. m. Outil servant à matir. Il Marieau qui sert à river les clou.i ou boulons ehaufTés à une haute température. || Espèce do ciseau non tranchant lervant à comprimer le plomb qui soude deux tuyaux.

MATOIS, OISE (ma-lol, Vil-z'), od;. || f Terme tsimilier. Qui a, comme lo renard, la ruse et la hardiesse. Souvent le plus matois ne passe que pour dupe, gÉGMER,5a(. x. Un vieux coq adroit et matoi>, LA FONT. fahl. Il, (b. Il II se dit aussi des chofct. Le chat dit au renard : fouille en tou sac, ami; Cherche en ta cervelle matoise Un stratagème sûr, ID. ïahl. IX, (4. Une femme grande, igée, maigre, pila, vêtue en femme du commun, mais propre- IMot pourtant, qui avait un air poge«t matois, ha-

HivADx, Pay.v. part', part. B. Jamais physionomie n'exprime mieux que la physionomie matoise de Vespasien la nature d'un personnage historique, habile, prosaïque, ironique, qui savait administrer et mépriser les hommes, ampèrr , //i,st. rom. à Rome, Intrud. p. Li. || î° Substantivement. Un matois, une matoise. Nous sommes une cabale De plus subtils que Dédale, Plus dissimulés et plus fins Que l'énigmatique Sphynx; Nous avons vu plus qu'Ulysses, De sirènes et de Circés; Le Gange au languide pas, L'Obetle Nil à sept bras. Hâtant leur course animée, Fiers de notre renommée, Rechantent en leur patois Ce que c'est que des matois, La cabale des matois, -7. (3, dans fr. michel. Argot. Les bibliophiles connaissent parfaitement le matois ou le marchand mesié propre à tout faire (Paris, Anthoine du Breuil , i6i4, in-S"), pr. michel. 4 rgot. Rosen était un matois rusé qui n'avait garde de se blesser [de s'offenser], st-sim. 25, 32. Il est bien vrai que je me représeiilai aussi que ce pouvait être une matoise des plus raffinées, le sage, Gil Blas, m, B.

— HiST. xvi* s. On a beau estre agile et subtil de la main comme uo basteleurou un matois à couper une bourse, brant. Cap. franc, t. m, p. 386, dans lacurne. Le capitaine Lachambe, bon soldat et bon matois, ib. p. (»i. Us furent chargez de gayeté de cœur par treize mattois armez de Jacques de mailles, d'aub. Vie, xxxi.

— ÉTYM. Mate; wallon mat', rusé. Voy. cependant ; Ribler, tromper soir et matois, coquillabt, Monol. des perruques, Halois parait ici signifier matin; et en effet quelques-uns ont prétendu que la ma(e signifiait ceux qui se levaient de grand malin pour faire leurs mauvais coups. Fr. Michel y voit un dérivé de matto, fou; mais rien n'appuie cette étymologie. La finale oi*-, qui indique souvent extraction d'un pays, d'un lieu, favorise la dérivation de la mate, place de Paris.

t MATOlSEMENT(ma-toi-ze-man), ad». En matois. 11 est venu matoisement, Dicl. de l'Acad. (7(8.

MAÏOISERIE (ma-toi-ze-rie) , s. f. Qualité du matois. Vous no Cfmnaissez pas sa matoiserie. Il Tromperie, fourberi». Voilà une fine matoiserie. Maisd'oîi vient qu'au renard Ésope accorde un point, C'est d'exceller en tours pleins de matoiserie? la FONT. Fabl. XI, 6. Quelquefois les pièges .sont détondus sans que le gibier y soit resté; cet accident est l'effet de la matoiserie des renards : ils attaquent l'amorce en avançant la patte par le côté de la planche, au lieu de s'engager sous la trappe, chateaubr. Amer, chasse. '

— III.ST. ivi* s. 0 le beau temps pour la galanterie, Qu'estoit le temps de la chevalerie I Point de matois ni de matoiserie; Dames et preux sur la belle prairie, Sur le gazon et sur l'herbe Heurie Faisoient entre eux une honneste trairie, pkrrin, Potsies, p. 201, dans lacurne.

— ÉTYM. Matois.

t MATON (ma-ton), t. m. || !• Lait caillé ou réduit en grumeaux (dit les mattes, en Normandie). Il 2" Il s'est dit, par assimilation, de petits pelotons de laine qui prouvent qu'elle n'a pas été touchée également par la carde dans toutes ses parties.

— HIST. xiv s. Gruyau destrempé en lait, ou matons de lait, Ménagier, ii, b. ||xv's. Tout leur malhon, ne toute leur potée Ne prisa un ail, je te dy sans noisier, villon. Ballade des coniredicts de franc Gantier. \\ xvi' s. Une bonne, belle et grande platelée de mattes sures. Nouvelle fabrique des excellents traits de vérité, p. Tt (édit. jannkt). C'cstoit un grand petit homme trapu et quarrc, le plus entendu à jurer et boire des mattes qu'il y eust dans toute la paroisse ; or un jour que les fumées du lait caillé lui avoient monté à la teste... ib. p. 41».

— ETYM. Allem. Matte, lait caillé, auquel il faut joindre le gaél. meog, l'irl. meidgh, lo kimry meog, petit-lait.

MATOD (ma-tou), (. m. || 1* Chat mile et entier. Cependant, de dépit, il semble qu'on me tire Par la queue un matou qui m'écrit sur les rein» Des griffes et des dents.... rEgnif.r, Sat. xi. Souvent, durant la nuit obscure, Un oiseau de mauvais augure, Nommé chat-huant ou hibou. Concerte avec un gros matou, scarr. Virg. iv. Chaque rat rentre dans son trou : Et, si quebju'un en sort, gara encor lo matou, la font. Fabl. xii, sa. Et deux maious, autrefois en faveur, Dépéris.saicnt d'envie et di! langueur, cresset, Vett-Verl, 1. 1|2* Fig. et par plaisanterie. Un homme en général, le mari. J'embrasM le matou [votre mari], bev. aiH. || Homme désagréable par la figure et par le caractère. Il faut

à vieux matou jeune et tendre souris, dancourt, Sancho Pança, ii, l. Toute la nuit entière Un vieux vilain matou Me guette sur la gouttière; Ahl qu'il est fou ! REGNARD, FoHes amour, ii, 6.

— HIST. xvi' s. Un gros matou de goutiere, on- DIN, Curios. franc.

— ETYM. Origine incertaine. Matou est-il une corruption et dérivation de mi(e dans challe-mite? Est-ce un nom propre devenu un nom d'animal T Cela semble certain pour marcou, qui s'est dit pour chat mâle : Et de nuict n'alloit point criant Comme s;s gros marcoux terribles, En longs miaudemcns horribles, no bellay, vu, 47, recto. Le picard dit martou. équivalent à maslou, le mâle. Marcou se dit encore à Rouen.

t MATOURE (ma-tou-r'), s. m. ou MATOURÉE (ma-tou-rée), *. f. ou MATOURI (ma-tou-ri), s. m. Genre vandellia de Vahl, matourea d'Aublet, famille des personnées; ces plantes croissent dans l'Amérique tropicale; les créoles appellent basilic sauvage le matouri des prés.

(. MATRAS (ma-trâ), s. m. Vase de verre, qui a le col long et étroit, et qui s'emploie dans les opérations chimiques et pharmaceutiques. Ragotin passa l'après-diné auprès de lui qui avait un matras sur le feu, scarr. Rom. com. u, (8.

— HIST. xiv S. Par alembics et descensoires, Cucurbites, dislillatoires, Par pélicans et malhoras, Onques tu ne l'arresteras Cestuy vif argent tant folage, Nat. à l'alch. err. 4(. || xvi* s. Vous prendrez un pot de terre assez grand, dans lequel vous mettrez vostre matelas ou fiole, paré, xxv, 3ï.

— ETYM. Origine inconnue; à moins qu'on n'y voie une assimilation de forme avec malras 2 ; et, en effet, on trouve dans un dictionnaire anglais : Boit, a dart; et bolthead, a long strait-necked glas lessel, a matrass, or receiier.

t 2. MATRAS (ma-trâ), «. m. || 1' Gros trait lancé par l'arbalète. Un carquois chargeait son échine. Garni de matras empennés, Très-artistement façonnés, SCARR. Yirg. iv. Il Inusité aujourd'hui hors l'emploi historique, quand on parle des armes du moyen âge. || 2° Barre de fer dont les savonniers se servent pour ouvrir ou fermer le canal de la chaudière.

— HIST. xiv s. Rommet du Bos avoit une arbaleste et quatre matelas, du canoe, matarus. || xv s. Le suppliant benda une arbaleste et tira une matrasse, id. ib.

— ÉTYM. Provenç. motrat; du lat. matara, mataris, maleris, qui était un mot gaulois. On trouve dans le kimry medyr, celui qui lance.

t MATRASSER (ma-tra-sé), v. a. Terme hors d'usage. Frapper, percer de coups de matras. Scaliger, accoutumé, pendant qu'il portait les armes, de matrasser une telle canaille, naudé, Roseeroix, vu, 3.

— ETYM. MatTot a.

MATRICAIRE (ma-tri-kê-r') , t. f. Genre de plantes où l'on distingue la matricaire officinale {malricaria parthenium, L.), qui exhale une odeur forte et désagréable (famillo des composées).

— HIST. xvi* s. Herbes à chat, matricaire, armoise, PARÉ, XVIII, 83.

— ETYM. Matrice, à cause que cette plante a été employée comme emménagogue.

MATRICE (ma-tn-s'), i. f. || 1* Terme d'anatomie. Organe creux qui, chez la femme et les femelle» des mammifères, contient le produit de la conception jusqu'à la mise au monde. Chute de la matrice. Infiammation de la matrice. || »" Terme de minéralogie. Lieu ou substance dans laciuelle se forment les minéraux. Us [certains spaths] sont plus pesants que le rubis, qui, de toutes ce» pierres, est la plus dense; ils conservent aussi plus longtemps la lumière, et pourraient bien être la matrice de ces brillant» produits de la nature, buff. Min. t. vm, p. (94. IJl, différents de poids, de forme, de figure, Dans la dure épaisseur de leur matrice obscure, Se forment ces métaux qu'on lâche d'arracher Aux veine» de la terre, :.ux fentes du rocher, deulle, Trotf régnes, v. || 8" Terme d'anatomie. Matrice des poils, le follicule où se forme lo poil.||4" ferme d'imprimerie. Pièce de cuivre qui a reçu en creux l'empreinte de la lettre gravée sur le poinçon, et qui en donne le relief par le moyen de la fonte. Il B° Terme de monnaies et do médailles. Nom donné aux carrés originaux gravés avec le poinçon. Il y a les matrices d'ulligie, les matrices de cioix, ou d'ccusson, et les iLatriccs de légende. || 6° Moule dont on se sert pour frapper des ornements do métal ou pour les redresser. || 7* Dessin quelconque en creux ou en relief destiné à reproduire des dessin»

MAT

pareils. Il «• Poinçon, mollctto servant pour la gra- Ture de» cylindres et des planches à imprimer les toile», le papier peint. |i 9' Table munie de deux chcTille» de bois saillantes, Bur laquelle on fait les rôles de tabac. || 10* Nom donné aux étalons des poid» et de» mesures qui servent à étalonner les autre». Il 11* Registre origin.il d'après lequel sont établi» le» rôles des contributions. || 12° Matrice de gérofle, le fruit du gérodier parvenu à sa maturité. Il 13* Adj. fém. Église matrice, la plus ancienne église d'un pays ou d'un ordre religieux, celle à l'imitation de laquelle il »'en est fait plusieurs autres. Il Langue matrice, celle dont quelques autre» •ont dérivées. || Terme de teinturier. Couleurs matrices, le» cinq couleurs simples dont toutes les autre» peuvent être composées, c'est-à-dire, noir, blanc, bleu, jaune, rouge. || Terme de franc-maçonnerie. Loge matrice ou loge mire, celle qui en a fondé plusieurs autres.

— HlST. xiv*s. Aucunes choses qui sontdedens, qui ont mestier [besoin] de soutenance, si comme la niatrique, H. de mondeviu-e, f° ». || xV s. Pour aidier à relever la marrisd'icele malale, du cange, venlosa.

— ETYM. Latin mâtricem, matrice, dérivé du radical sanfcrit md, faire, avec le suffixe féminin (m, au lieu du suffixe ter, qui est des deux genres (voy. hère).

■f i . MATRICIDE (ma-tri-si-d'), s. m. et f. Celui, celle qui a tué sa mère. || On dit plutôt, même en parlant d'une mère, parricide : le parricide Oreste.

— ÉTYM. Lat matricida, de mater, mère, et cxdere, tuer.

t a. MATRICIDE (ma-tri-si^l') , s. m. Crime de celui qui tue sa mère.

— ÊTYM. Lat. mairicidium, de matricida.

+ MATRICCLAIRE (mvtri-ku-lê-r"). || 1° S. m. Terme d'administration. Celui dont le nom se trouve porté sur le registre matricule. || 2° Adj. Qui à rapport à la matricule. Inscription matrlculaire. Il Contingent matrlculaire, celui que chaque État de l'Empire d'Allemagne devait fournir d'après l'inicription sur la matricule.

— BTYM. Matricule.

MATRICULE (ma-tri-ku-l*), t. /■. || 1" Rêleou catalogue qui contient les noms de toutes les personnes d'un corps ou d'une société. Si vous sortez, je vous raye de la matricule, brceys, Aiocat Pat. ui, 2. Il Matricule de l'Empire, dénombrement des princes et des États qui avaient séance aux diètes de l'Empire germanique. || J* Grand registre sur lequel sont inscrits les noms et prénoms des soldats à mesure qu'ils entrent au corps, leur numéro d'ordre, etc. 113° Inscription sur la matricule. Du jour de sa matricule. || 4* Extrait de la matricule, qui est délivré à la personne inscrite, afin qu'elle puisse prouver son inscription. Il a sa matricule. || S» Adjectivement. Registre matricule.

— ETYM. Lat matricula, registre, dérivé métaphorique de mater, mère.

MATRIMONIAL, ALE (ma-tri-mo-ni-al, a-l'), adj. Terme de jurisprudence. Qui appartient au mariage. Droits matrimoniaux.

— HiST. xvi» ». Ils ont tiré par devers eux la cognoissance des causes matrimoniales, calv. Imtit. H 89. Vertu proprement matrimoniale, mont, i, 246.

— ETYM. Provenç et esp. matrimonial; ilal.matrimoniale; du lat. ma trimonialis, de malrimonium, mariage (voy. mathimonion).

tMATRIMOXIALEMENT(ma-tri-mo-ni-a-le-man), adv. En mariage. Les reflets du chagrin prévu, sur quoi elle avait matrimoniaiement spéculé, ch. de BERRARC, la Cinquantaine, <| ix.

— ÉTYM. Matrimoniale , et le suffixe ment; provenç. matrimonialment ; esp. et ital. matrimonialmmte

\ MATRIMOMON (ma-tri-mo-ni-on), ». m. Terme de plaiunterie, qui est le latin matrimonium, écrit à la française, et signifie maringc. Quelque autre, ■ou» l'espoir du matrimonion, Aurait ouvert l'oreille i la tenution, mol. Dépit am. ii, 4. || On a dit aussi matrimoDium, qui d'ailleurs se prononçait de Même : Une prise de fuite purgative, que vous mêlerez, comme 11 laut, avec deux dragmes de matrimonium en pilules, moi.. Méd.malgré lui, m, 6.

— ETYM. Provenç. matrimoni; esp. et ital. ma- IrtmoniQ ; du lat. matrimonium, dérivé de maier mire. '

♦ "•^TR'SSAOE (ma-tri-sa-j"), i. m. Opération par laqaelM on restitue de l'humidité au papier qui a été léché trop rapidement.

t IIAT«OJJALES (matro-na-lT t. f. pi. Terme d'antiquité romaine. Fêta en l'honneur de Mars célébrée par les dames romaines.

MAT

— ETYM. Lat. malronalia, de matrona, matrone. MATllOXE (ma-tio-n'), s. f. || 1° Dame romaine.

Il 2° Par extension, femme âgée et respectable. Je ne veux pas faire comme toi la matrone à vingthuit ans; je me trouve une petite veuve assez piquante, J. J. Bouss. Hél. iv, i. Le seigneur, le curé et le juge du village s'asseyaient avec les fortunés époux, les laboureurs et les matrones, CHATEAUBR. Génie, I, I, to. Au hasard alors ces matrones [les Parques] Faisant deux lots de notre temps, BÉRANG. Contemp. || 3° Femme qui pratique les accouchements. Après cette leçon de matrone, je vous ferai mille compliments de la part de Chesières, sÉv. ieU. 6 sept. < 67 1. 1| Sage-femme nommée par les tribunaux, dans certains procès, pour visiter les femmes. Y a-t-il un médecin, une matrone experte, qui puisse assurer qu'un jeune homme — VOLT. Dict. phil. Impuissance. || 4» Dans le langage libre, femme qui tient une maison de prostitution.

— HlST. xiii* s. Honurez la, cum à si bone Apent e si haute matrone, Edouard le Conf. v. 3885. Il xiv s. En la corapaignie de plusieurs matrones, BERCiiEURE, f" 66. Le marquis Commanda que parles dames et matrones la pucelle fust revestue de riches draps et paremenz de nopces, Ménagier, i, 6. Il XV' s. Et sces tu qu'il faut aux matrones Nobles palais et riches trônes? e. descii. Miroir de mariage, p. 20. Lors regarde en l'air et voit que c'estoient toutes vieilles matrosnes barbues et eschevelées qui menoient le plus lait doduyt qu'on ne pourroit ouïr, et tendent en leurs mains scelettes et bourdons, Perceforest, t. u, f° U.

— ÊTYM. Provenç. espag. et ital. matrona; du lat. matrona, dérivé augmentatif de mater, mère.

MATTE (ma-f), s. f. Il 1° Terme de métallurgie. Substance métallique qui n'a subi qu'une première fonte, et qui n'est pas encore dans un état suffisant de pureté. Dans le bas Ilartz, les mines de cuivre contiennent du plomb et beaucoup de pyrites; il leur faut trois feux de grillage, et autant à la matte qui en provient, buff. Min. t. v, p. (20. jj Matte plombeuse, matte de plomb, .sous-sulfure de plomb.

— ËTYM. Allem. Malte, masse compacte. Dans le parler de Genève, matte signifie tas, monceau.

f MATTE (ma-f), s. f. Terme de marine. Qualité d'un fond de mer inégal et où l'on trouve des herbages entrelacés.

t MATl'EAU (ma-tô), s. m. Assemblage d'écheveaui de soie grége réunis par une ficelle nouée. On dénoue les matteaux, et on en joint plusieurs ensemble pour en former une poignée, dont la grosseur et le nom varient suivant les manufactures ; à Lyon, cette poignée conserve le nom de matteau; à Tours, elle prend le nom de parceau, et à Paris celui de houin, Dict. des arts et met. Teinturier.

— ÉTYM. Malte.

t MATTER (ma-té), v. a. Voy. mater 2.

+ MATTES (ma-t'j, s. f. pi. Voy. maton.

t MATTHIOLE (ma-ti-o-l"), s. f. Sous-genre de plantes créé par Kobert Brown et dédié par lui à Matthiole, médecin italien du xvi* siècle; l'espèce principale est le matlhiola incana, R. Brown, matthiole blanchâtre, ou giroflée des jardins.

fMATTOIR (ma-toir),î. m. Voy. matoir.

t MATTON (ma-ton), s. m. || 1° Grosso brique qui sert de pavage. || 2° Synonymede tourteau. || 3° Nœud, bourre, petit amas de duretés qui se rencontre dans quelques parties d'un cordage.

— ÉTYM. C'est le même que maton.

MATnBATIF,IVE{ma-tu-ra-tif,ti-v'), adj. Terme

de médecine. Qui h.^te la suppuration d'un abcès, d'une tumeur phlegmoneuse. Un topique maturatif. Il Substantivement. Un maturatif. Les maturatils.

— HIST. XIV' s. La chose mise sus [une contusion] soit œaturaiive, ii. de mondeville, f° 69, verio. Maturatif accroist l'appostume, se le corps n'est pas net, lanfranc, f" 50, verso.

— ÊTYM. Voy. maturation; provenç. maturatiu; espagn. madurativo; ital. maturativo.

MATURATION {ma-tu-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), j. ^. ||1' Ensemble des phénomènes par le-squels un fruit arrive à la maturité. || Kn boianique, période pendant laquelle l'ovaire passe à l'état de fruit mùr et les ovules à l'état de graine. || Sedit quelquefois d'une coction que l'on fait subir aux fruits cueillis avant leur maturité, pour les rendre mangeables. || 2* Terme de médecine. Progrès d'un abcès vers la maturité.

— SYN. maturation, maturité. La maturation est l'ensemble des phénomènes qui rendent un fruit mûr; la maturité est le résultat de tout ce travail.

— HlST. xvi' ». Si la tumeur vient à maturation,

paré, VI, ïo.

MAT

— ÉTYM. Provenç. matvracio; espagn. ma d«racion; ital. maluraiione; du lat. maluràlionem, qui vient de maturare, mûrir, de malurus, mûr (voy. mûr).

MAtCRE (mâ-tu-r'), s. f. Il !• Ensemble des mâts d'un navire. || 2° Bois servant à mater. Un navire chargé de matures. || 3° Science dont le but est de déterminer le lieu où la mâture doit être placée sur tel ou tel navire, et de connaître les justes dimensions et proportions des mâts et des vergues pour les navires de toutes les espèces. iH° Machine à mater. Mener un navire sous la miUure pour le faire raâter. || 5' Atelier où l'on fait et conserve les mât» et tout ce qui tient à la mâture. || 6° Manière dont un navire est maté. Chaque espèce de navire a sa mâture particulière.

— ÉTYM. Mdt.

MATURITÉ (ma-tu-ri-té), t.f.\\ 1» État des fruits ou (les graines qui sont parvenus au développement qu'ils doivent acquérir sur la plante mère. La maturité des blés, îles poires, du raisin. || Époque à laquelle les fruits deviennent mûrs. i| Terme d'eaux et forêts. État des bois qui ont atteint leur limite d'accroissement et qui sont bons à couper. On admet que c'est vers quatre-vingt-dix ans que le tek et autres essences précieuses [de l'Inde] ont atteint la maturité, et peuvent être livrés à l'exploitation, CLAVÉ, Revue des Deux-Mondes, m avril 1807, p. 862. Il 2° Terme de brasseur. On dit que le levain est en maturité, lorsque la mousse de la fermentation commence à s'aflaisser. || 3° Terme de médecine. État d'un abcès dans lequel le pus est complètement formé. Cet abcès n'est pas à sa maturité. || 4" Fig. État d'une chose qui approche du point où elle a toutes ses qualités. La maturité d'une découverte. Vous verrez le progrès d'une opinion nouvelle depuis sa naissance jusqu'à sa maturité, PASC. Prov. VI. Ce sont de beaux germes qui ne viennent point à maturité dans un mauvais terrain, VOLT. Dial. 13, Il [l'écrivain] s'apercevra aisément de l'instant où il doit prendre la plume, il sentira le point de maturité de la production de l'esprit, il sera pressé de la faire éclore, buffon, Disc, de réception. || Cette affaire est en sa maturité, elle est en état d'être achevée. ||I1 se dit en un sens analogue des personnes mûres, prêtes pour quelque charge. On se faisait une espèce de religion d'apprendre ses premiers devoirs, avant que de passer à d'autres ; il y avait une proportion et comme un point de maturité que chacun cherchait en lui-même, avant que d'entrer aux administrations publiques, FLÉCH. {e Tellier. Ceux qui n'ont encore personne en maturité pour songer au cardinalat n'en veulent pas devenir obstacles, st-sim. 7», 24. Il S° Fig. L'état de consistance ou de force où sont communément les hommes à un certain âge. La sagesse n'attendit pas en elle la maturité de l'agi, FLÉcn. Àiguill. || Il se dit, en un sens analogue, des animaux. Il n'est pas aisé de distinguer les jeunes mâles des vieilles femelles; car c'est dans toutes les espèces [d'oiseaux] que la maturité des femelles ressemble â l'enfance des mâles, BUFF. Ois. t. m, p. 207. || En un sens qui n'est plus un éloge, maturité se dit poliment d'une femme qui a passé l'âge de la jeunesse. !i 6° Fig. Etat où le sens et la réflexion ont toute leur vigueur. Ils sont tous dans cet âge où la maturité Fait tomber le bandeau de la crédulité, volt. Mahom. ii, fl. Et mon nom, ma grandeur et mon autorité N'ont point encor l'éclat et la maturité, Le poids qu'exigerait une telle entreprise, id. Calilina, I, s. L'Angleterre vient do remplir une grande lacune de sa constitution avec toute la vigueur de la plus énergique jeunesse ot l'imposante maturité d'un peuple vieilli dans les afl'aires publiques, Mirabeau, Collection, t. i, p. 339. || Maturité d'esprit, l'état d'un esprit mûr et solide. || On dit de même maturité de jugement, de réflexion, de sagesse. Pourquoi le perdons-nous au milieu de ses plu» grands exploits, au plus haut point de sa valeur, dans la maturité de sa sagesse "i" pléch. Turenne. Il Avec maturité, avec circonspection, jugement et avec le temps nécessaire. || 7" En parlant du style, justesse d'expression, solidité de raisonnement. Son style acquerra de la maturité.

— HIST. XII' s. Jedevanci [j'avançai] en maûrted, liber psalm. p. I05. U est si do els cume del foin del champ e cume dez herbes ki sur maisuns creissent, ki flaistrisscnt devant ço que vingent [elles viennent] à maûrted, flots, p. ♦ i ♦. || xiir s. Mes moult est grant vertu et tris haute noblesce, Quant cuer [cœur] en jone aageà meUrté s'adresce, j. de meuno, Test. (2. Il xvi' s. Raisins pou sujets à la pourriture.

MAU

MAU

MAU

par leur prompte meurté.... telle assiette avançant la maturité des raisins tardifs, o. de serres, 44g. Le père les a bien mal nourris [ses enfants], s'il ne peult espérer qu'en leur maturité ils auront plus de sagesse.... mont, ii, 84.

— ÉTYM. Prov. matxtrital ; ital. matxirità ; du ht. mahmtaiem,âe maturus,raùr (voy.MÙR). Le t étant tombé, ainsi que l'i bref, maiurilatem avait donné régulièrement meùrté; maturité a élé refait. Dans les villages aux environs de Paris, on entend souvent dire mureté.

\ MATUTINAIKE (ma-tu-ti-nê-r') , S. m. Livre de l'office des matines.

— ÉTYM. Lat. malulinus (voyez matin).

MATCTUfAL, ALE (ma-tu-ti-nal, na-1'), adj. Qui

appartient au matin. Peu usité.

— ÉTYM. Dérivé du lat. matutinus (voy. matin); provenc. et esoagn. matulinal; ital. matutinale.

t MÂUBÈCHE (mô-bè-ch'), s. /'.Espèce de bécasseau.

— ÉTYM. Probablement mau, pour mal, mauvais, et bec.

t MAUBOCGE (mô-bou-j'), s. m. Ancien terme d'administrati-m. Impôt sur les boissons qui entraient, ou que l'on brassait, dans les lieux où il y avait foire et marché. Gomme nous avons éteint et supprimé le droit de maubouge, consistant en 20 sols sur cbaque muid de vin entrant en toutes les villes et bi-urgs de notre royaume, et sur les cidres, poirés ei- autres breuvages à l'équipollent, et pour notre vil'e de Paris <0 sols seulement, créés par déclaration du mois de février (643, et compris dans le bail d-s aides, Édil, 'i2 oot. (648.

— ÉTYM. lf.(u pour mal, et bouger.

MAUDIRE (mô-di-r'), je maudis, tu maudis, il

maudit, nous maudissons, vous maudissez, ils maudissent; je m»udissais; je maudis, nous maudîmes; je maudirai; )e maudirais; maudis, qu'il maudisse, maudissons, maudissez, qu'ils maudissent; que je maudisse, qu« tu maudisses, qu'il maudisse, que nous maudissions, que vous maudissiez, qu'ils maudissent; que je maudisse, que tu maudisses, qu'il maudît, que nous m.iudissions, etc.; maudissant ; maudit, c. a. I! 1° Prononcer contre quelqu'un, au nom d'un sentiment religieux ou sous l'impulsion de quelque violent mouvement de l'âme, des paroles de réprobation, de condamnation. Qui maudit son pays renonce à sa famille, cobn. Hor. iv, 6. Je maudirais les dieux s'ils me rendaient le jour, m.. Ilndog. V, 4. On nous maudit et nous bénissons ; on nous persécute et nous le souffrons, saci, Bible, St.PaUl, t" épit. aux Corinih. iv, )2. [DavidJ ne sachant de laquelle de ces deux choses il avait le plus à se plaindre, ou de ce que Siba le nourrissait, ou de ce que Semeï avait l'insolence de le maudire, Boss. ileine d'Anglet. S'il est vrai que le peuple me maudit, c'est qu'il no me connaît pas, maintenon, Leit. au tard, de Noaillcs, )4 juillet 1707. Un prêtre, quel qu'il soit, quelque dieu qui l'inspire, Doit prier pour ses rois, et non pas les maudire, volt. Œdipe, m, 4. Il m'a maudit, il m'a chassé, il ne lui restait plus qu'à se servir de vous pour m'arracher la vie, diderot, Père de famille, u, 9. On remarque l'adresseavec laquelle s'exprima le premier des ministres sacres : Je n'ai |ioint maudit Alcibiade, s'il était innocent', baiituél'. Anach. ch. 21 . Il î" Maudire ([uelqu'un, quelque chose, exprimer son impatience, sa colère, son horreur contre quelqu'un, contre quelque chose. Vous maudirez peutêtre, un jour, cette victoire, corn. Pohj. v, 4. Je maudis en mille façons, Et la mer et tous les poissons, Vous, le voyage et la galère, scabb. Virg. VI. Mais quand j'ai bien maudit et Muses et Phébus, BOIL. Sat. M. I.e chevalier le maudissait intérieurement, iiAMiLT. Cramm. 4. Elle maudit les cartes qui en sont la cause, elle maudit celui qui les a inventées, elle maudit le tripot et tous ceux qui l'habitent, i.E sagk, UiaU. boit. ch. 3, dans ^ot;oE^îs. Sur mes lauriers flétris je répandis des larmes; Je maudis mes travaux et mon siècle et les arts, volt. Utt, en verset en proie, 72. L'étranger envahit la France, Et je maudis tous ses suc- ' s, UÉRANO. Madem. charn. Alors, oh! je maudis :in» leur cour, dans leur antre, Ces rois dont les chevaux ont du sang jusqu'au ventre! v. iiuoo, Feuilles d'automne, XL. || 3" Kn parlant de Dieu, réprouver, abandonner. Plein d'une juste horreur pour un Amalécite, Race que notre Dieu de sa bouche a maudite, rac. Eslh. m, 4.||4" Se maudire, V. réfl. Prononcer contre soi-même des malédictions. Il se maudissait de son imprudence.

— HiST. XI* Terre major, [que] Mahomet te maldiel Ch. de Roi. cxxiv. Et Ethiope, une terre mal-

dite, fb. cxLU II xn* s. Outre, cuivert! de Deu soiez maudiz, Ronc. 63. Après lui dit : maleois soies-tu, ib. 90. Semei le fiz Jera, del parenté Saûl, vint d'i- ,loc vers lui, e maldist David, Hais, p. t78. Les losengiers, que Diex puist maleïrl Couci, xiii. Dune ad maudit tuz cels par qui out mal esté Del rei.... Tli. le mart. t3(.||xm's. Je maudirai ma maie destinée, ANONYME, dans Couci. Après vinrent li Wandre, une gent maleïe, Berle, 11. Moult [ils] maudicnt celui.... Qui à sa guerison nul conseil metera, ib. Lxxviii. En chele chevauchie estoit Quesnes de Biethune, qui mouU maudissoit durement cels qui l'avoient là mené, H. de valenc. xxviii.Quantele dément son baron [mari] ou maudist, ou quant ele ne veut obeiràsesresnables [raisonnables] coinmandemcns, BEAUM.LVU, 6. L'euresoitore la maudite Que povres homsfu conceQs! laBose, 458. || xV s. Ce sont maldites gens ; il n'y en a nul qui ne soit larron , froiss. 11,111,68. Il xvi* s. Après Barthélémy crioient parmi la ville : Au poultron maledict, et ne fust lesarchiers.... 1. MAROT, v, 141. Vous me mauldiriez de vous en avoir privé, mont, i, 89. Ils croyent les âmes immortelles, et les mauldites estre.... id. 1, 238. Cela ressemble proprement à ceste malédiction tragique, dont Œdipus maulditses enfans, amyot, l'ijrrh. m. 11 y [une tapisserie représentant la bataille d'Ivry] faisoit beau voir monsieur le lieutenant maudissant le dernier et laissant le comte d'Egmont pour les gages.... Satyre Ménippée, les pièces de tapisserie.

— ÊTYM. Provenc. maldire, maldir, maudire, et malexir, déprécier, mal dire; espagn. maldecir ; portug. maldizer; ital. maledire; du lat. maledicere, de maie, mal, dieere, dire. On remarquera que dans le vieux français il y a deux formes maudire et maleir; dans la première, mal est devenu mau; dans la seconde, le d est tombé comme tombent d'ordinaire les consonnes médianes, et il en est résulté maleir; c'est de maleir que vient le participe maleeit ou maleoit, pour maudit.

t MAUDISSABLE (mô-di-sa-W), adj. Qui peut être maudit, qui est digne d'être maudit.

— IIIST. XVI' s. Les Eumenideslorsen leurs senestres salles T'enlevans tout soudain, dans les eaux infornalles Plongèrent tristement ton maudissable corps, BAÎF, Œuvres, p. 68, dans lacurne.

— ÉTYM. Maudire, par son partie, maudissant.

MAUDISSOX (mô-di-son), s. m. Synonyme familier de malédiction. Je me moque de tous vos maudissons. Gardez ces maudissons pour madame Lucrèce, hauteroche, les Appas tromp. I, fl. Pour un procès tous deux étant émus. De maudissons lardaient leurs oremus, J. B. Rouss. Ép. i, to. Quand je mourrai, les poètes feront contre moi des épigrammes que les dévots larderont de maudissons, VOLT. Lctt.LeClercdeiîontmerci, 8 oct. 1704.

— REM. Ce mot est archaïque; et la plupart des mots archaïques ont, d'une façon singulière, une tendance à passer dans le langage familier et plaisant.

— HIST. xa' s. Assez disrent del roi vices et maudichons, Rou, ms. p. 38, dans lacurne. ||xiii' s. Jo vos di, et s'est vérités. Que la malichons do la loy Est revertie desour toy, nu cange, maledicere. Il XV s. Ceste playe et maudisson [de l'Italie] est une générale destruction par effusion de sang. Boude. II, 4. Ifxvi* s. Us amassent sur eulx mille oultrages, mille vilenies, mille mauldissons, mont, iv, 386. Les mauldissons sont feuilles; qui les semé les recueille, cotobave.

— ÉTYM. Lat. maledictionem (voy. maudire), qui a donné régulièrement maldisson, maudisson; ce mot, essentiellement féminin, est devenu masculin par méconnaissance de sa forme.

MAUDIT, ITE (mô-di, di-t'), part, passé do maudire. Il 1° Frappé de malédiction. Caïn maudit do Dieu. Et le sang répandu de mille conjurés Rend mes jours plus maudits et non plus a.^surés, corn. Cinna, iv, 3. Le mérite et l'esprit ne sont plus à la mode; Un poète.... s'y voit [à Paris] mauilit do Dieu, BoiL. Sat. 1. 1| Substantivement, un maudit, une maudite, cdui, celle contre qui une malédiction a été prononcée. Retirez-vous do moi, maudits, allez au feu éternel, saci, Bible, Etang, saint Hath. 26, 41. Je suis un fugitif, un profane, un maudit, G. DEi.AV. Paria, i, 1. Par ses propres fureurs le maudit se dévoile; Dans le démon vaini|ueur on voit l'ange proscrit, v. iitioo, Od. i, 4. || %' Digne de malédiction, en parlant des choses. Et l'ingrat a pu faire un acte si maudit, mairet, Soliman, 11, 4, Dis-nous les compagnons do tes maudite.* trames, nu rykr, Scévole, v, 4. Maudite ambition, détestable manie, corn. Cid, ii, 3. Ces maudites maximes [des casuistes), pasc. Lett. à Mlle de Hoannex, 6. 113" Dont on te plaint avec impatience ou colère.

Ce maudit tailleur me fait bien attendre pour un jour où j'ai tant d'affaires, mol. Bourg, gent. 11, 7. Ô ciel ! que l'heure de manger Pour être mis dehors est une maudite heure! id. Amphitr. m, 7. J'ai su faire des vers avant que de connaître Les chagrins attachés à ce maudit talent, deshoul. Pocs. t. I, p. 42. Une école maudite Me coûte, en un moment, douze trous tout de suite ; Que je suis un grand chien! parbleu, je te saurai, Maudit jeu de trictrac, ou bien je ne pourrai, regnard, le Joueur, 1, 4. J'ai été très-fâché qu'on ait poussé, trop loin la philosophie ; ce maudit livre du Système de la nature est un péché contre nature, VOLT. Lett. en vers et en prose, 470. J'ai cruellement souffert de ma maudite vessie durant une assez grande partie du mois de novembre, u'alemb. Lett. au roi de Pr. 4 3 déc. 4 782. || 4° Très-mauvais. Le style de la Calprenède est maudit en mille endroits, SÉV. 67. J'ai vu Ariane [tragédie de Th. Corneille] pour elle seule [la Champmeslé] ; cette comédie est fade, les comédiens sont maudits; mais, quand ia Cbampmeslé arrive, on entend un murmure ; tout le monde est ravi, et l'on pleure de son désespoir, lu. 4" avr. 4672. {| 5° Parimprécation. Maudit soit le butor, le maladroit! Que maudit soit l'amour, et les filles maudites Qui veulent entâter, puis font les chattemites 1 mol. Dép. amour. V, 4. Martine : Que maudits soient l'heure et le jour où je m'avisai d'aller dire oui ! — .Sganarelle : Que maudit soit le bec cornu de notaire qui me fit signer ma ruine! id. Mèd. malgré lui , i, 4. Maudit soit l'auteur dur, dont l'âpre et rude verve. Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve.... boil. Épigr. XIV.

t MAUFAIT ou MACFfi (mô-fé), s. m. Nom du diable dans tout le cours du moyen âge.

— ÊTYM. Mau pour mal, et fait : le mal fait.

t MAUGE (mô-j') ou MAUGËRE (mô-jè-r'), s. f. Termedemarine. Petite manche, petit tuyau de toile ou de cuir cloué autour de l'ouverture d'un dalot, et qui sert à l'écoulement des eaux de dessus le tillac.

—ÉTYM. Probablement dérivé du lat. manica, manche.

fMAUGIRON (mô-ji-ron),s. m. Espèce de prune.

t MAUGREBLEU (mô-gre-bleu), interjection. Espèce de juron. Vous en avez menti; maugrebleu de» parents! regnard, le Joueur, v, 4. Maugrebleu de la question ! lesage, Crispin rival, 9.

— ÉTYM. Mau pour mal, gré, et bleu par euphémisme pour Dieu : mauvais gré do Dieu.

MAUGUÉFR (mô-gré-é), v. n. Témoigner son mauvais gré, son mécontentement en pestant, jurant. Nous maugréions contre la pluie qui nous empêchait de sortir. || Activement. De rage je maugrée et le mien et le vôtre, régniek, Sat. xi.

— HIST. xiv s. Quant li prestrez l'entent, co«leurpristà muer. Dieu et trestous les sains en prisi à maugréer, Baud. de Seb, v, 60G. ||xv* s. [IIJ Fut maugraé villainement, e. desch. Poésies mss. f" 393 Et maugriant dist chascun sa sentence, ib. f" 206. Et n'est pas besoing à ses gens que ils renient el maugréent comme plusieurs font en France, Boucic. IV, 5. [| xvi* s. De despit il rompt son cspéo, la jette contre terre, se maugrée, déteste ciel et terre, BBANT. Cap. franc, t. 11, p. 226, dans lacurne.

— ÉTVM.Berry, maugréger, maugréant, désagréable; wallon, magrit; do mauyré, forme ancienne do malgré, mauvais gré,

t MAUGRÉÈUR ( mô-«ré-eur ), t. m. Celui qui maugrée.

— HIST. XV" s. Jureurs et maugreeurs du nom de Dieu, Éloge de Charles VII, p. 6, dans LACuaNE.

t MAUND (man'; .selon la prononciation des Européens), s. m. Nom d'un poids dans l'Inde; on distingue le maund bazar, qui pèse 82 livres anglaises, soit 37 kilos 4/2, et le maund factory, qui n'en peso que 72, soit 33 kilos 4/2 ; ce dernier est employé pour les marchandises de grande valeur, telles que l'indigo, legoarant.

MAUPITEUX, KUSE (mô-pi-teû, teû-z'), adj. Il 1" Qui est sans pitié ; impitoyable. || Ce mot est tombé en désuétude. ||2° Excitant la pitié; usité seulement en cette locution : faire le maupiteux, sa plaindre, se lamenter, sans en avoir autant de sujet qu'on veut le faire croire.

— IllsT. XVI" s. I.a troisième affaire estoit de donner au comte [de Montgomery] des juges maupiteux et exécuteurs de sa volonté [de Catherine de Médici.s], u'aub. //lit. II, 430.

— ÉTYM. Mau pour mal, et pileux. 4. MAUIIK (mo-r'), voy. mobe.

t 2. MAURE (mo-r'), ». m. Espèce do semnopithèqiie. Il Couleuvre d'Alger.

MAU

MAU

MAU

f HADRELI.E (mft-rè-1'), ». f. Un des noms de U plante au tournesol (croiophora tincloria, Neek ; CTOIon linclorium, L.).

— ETYM. Maun, à cause du suc foncé qu'elle fournit.

H/tL'RICSOUE (mo-nVsk'), voy. vORRSQtiE.

t MAl'IlKrr (mo-rè), i. m. où MAURE'ITK (morè-t'), t. f. Le fruit de l'airelle.

— ETYH. Maure, k cause de la noirceur du fruit. Kn basse Normandie, on dit more(, mouret.

HAURICAUD (mo-ri-kft), voy. mokicauu.

HAl'SULf.E (m6-zolé), s. m. || 1' Magnifique tomljea.u qu'Artémise fit élever à Mausole son mari, et qui était une des merveilles de l'antiquité. {{ 2" Par citeosion, tombeau magnifique. U prit pour héritière.... lole qui mouilla de pleurs son mausolée, la FOST. Filles de Minée. Du fond de ces pompeux mausolées où toute leur grandeur n'est plus qu'un peu do poussière, hass. Profess. relig. Scrm. * . Ce vaste mausolée où repose Ninus, voi.t. Sémiram. i, I. Il est vrai que la belle Ofilds, la première comédienne d'Angleterre, jouit d'un beau mausolée dans l'église de Westminster, ainsi que les rois et les héros du pays, et même lo grand Newton; il est vrai aussi que Mlle Lecouvreur, la première actrice de France de son temps, fut portée, dans un fiacre , au a)in de la rue de Bourgogne, non encore pavée, qu'elle y fut enterrée par un crocheteur, et qu'elle n'a point de mausolée, m. Leil. Mlle Clairon, t'ùi. Les bains d'Apollon sont de Girardon, ainsi que le mausolée du cardinal de Richelieu en Sorbonne, l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture moderne, 10. Temple du goût. \\ 3' il se dit quelquefois improprement pour catalfaque.

— ÊTYU. MauuuXctov, tombeau de Mausole, roi de Carie.

JIAL'SSADE (mô-sa-d'), adj. || 1' Qui est de mau- \ais goût, déplaisant, mal fait, en parlant des clroses. Cet habit est fort maussade. Ce bâtiment est maussade. Cette tragédie, cette comédie est fort maus.sade. Il a publié un livre assez maussade. J'y trouvai [dans une chambre à la Bastille] un petit lit assez propre.... et une espèce de grabat pour coucher Kondel; elle le trouva maussade et s'en plaignit; on lui dit que c'étaient les lits du roi et qu'il fallait s'en contenter, staal, Ifem. t. ii, p. 97. 112° Qui est de mauvaise grâce, en parlant des personnes. Un enfant maussade. Le vin s'aigrit dans mon gosier Chez un traiteur maussade, bébano. El. de la rich. Il 11 se dit des choses. Un caractère maussade Un travail maussade, l'ont la maussade mine Ressemble un de ces dieux des couteaux de la Chine fcouteaux à tête de marmouset], Régnier, Sat. x. |j Le temps est maussade aujourd'hui, c'est-à-dire il ne l'ait pas beau, le temps est couvert et sombre. || 3' 6'. /". La maussade, espèce d'entomosiracé du genre cypris.

— Hisr. XIV s. Et celui qui deffaut, il est dit aggreste et malsade ou malgracieux, oresme, i'(/i. SO. Il xv« s. U vous a les yeux endormis. Rouges, et le corps tant maussade. Penchant devant, la couleur fade, cooi;iLLART, Monol. de la botte de foin. Belle suer, et dire vous ose Que vous estes forment [fortement] malade, Kt devant Dieu lede et malsade, Mir. dt Ste-Genniète. || xvi* s. Je veois avecques despit, en plusieurs mesnages, monsieur revenir maussade et tout marmileux du tracas des afl'aires, environ midy, mont, iv, (os.

— f-TVM. ifnu pour mal, et l'anc. adj. sade, qui signifiait agréable. Sade vient du lat. tapidus, qui a du goût (vuy. SAPiuE).

MAUSSAUKMENT (mô-sa-de-man), adv. D'une manière maussade. Tu verras que celui qui si maussadement Fil parler Catulle et Lesbie N'est pas cet aimable génie Oui fit ce voyage charmant. Mais quelqu'un du l'académie, cuaul. lur Chapelle'. Tout en grognant fort maussadement, j'ai le cœur plein de» senUments les plus tendres, >. i. houss l.tU. du Peyron, e avril (7«6.

— HlST. xvf s. Tout maussadement, palsorave,

— ETYM. Mauêtade, et le suffixe ment.

MAl'SSADERIE (mô-wà-de-rie) , ,. ^. Qualité de

ce qui est maussade, de celui qui est maussade lUis cett un air si gauche, une maussaderie. — Tout comme II vous plaira; finissons, je vous prie

ÏÏ^N^ '*'"*"'"'►.'•*• •" "•.«'otoi.p.s commen Mm» N- ne m rebuu pas de ma maussaderie, « M me congédia pas avec la dernier mépris J. ». HOUSS. Çonfat. VI. Elle s'arma d'une amabilité improvisée, capable d'émousser les traiU qu'allait lui darder U farouche maussaderie de son aman

ca.i«M»«*«o,ia ftmmt de quarante an,, K vi — Hm. Mttunad*: mais on ne s'explique pas

d'où vient dans ce mot la syllabe er ^ il devrait être maussadie. Dans le xvi* siècle on trouve maussadeté. MAUVAIS, AISE (mO-vê, vc-z'), adj. |! 1° Quia quelque qualité désagréable ou nuisible, en parlant des choses tant physiques que morales. Mauvais vin. Mauvais goût. Mauvais habit. Mauvais chemin. Mauvai.se action. Mauvaise habitude. C'est un raisonnement bien mauvais que le vôtre, corn. Ilor. m, 4. Ai-je de bons avis ou de mauvais soupçons? ID. Cinna, v, 4. On ne m'éblouit point d'une mauvaise ruse, ID. Théod. u, 4. La plus mauvaise excuse est assez pour un père, id. Nicom. il, 2. Je m'acquitte à regret de ce mauvais office, botr. Sélis. v, 2. Mie a usé chrétiennement de la bonne et de la mauvaise fortune, Boss. iteine d'Anglel. Les écueils où l'ardeur de l'âge, la licence du siècle, la corruption de la nature, le mauvais exemple et souvent le mauvais conseil poussent une jeunesse inconsidérée, fléch. Lamoign. Fuyez des mauvais sons le concours odieux, boil. Art p. i. Nos écrits sont mauvais; les siens valent-ils mieux? iD.Epit.i. Ils [les hommes] gardent leurs mœurs toujours mauvaises, fermes et ooiislants dans le mal, LA BRUY. XI. Je serais bien aiso de les voir [des ouvrages contre Machiavel] ... mais ces ouvrages sont probablement fort mauvais, puisqu'ils sont difficiles à trouver, volt. I.clt. pri)ice roy. de Prusse, t" juin ("39. Hartzoeker, dont le goût pour la contradiction était assez décidé, attaqua quelques années après, par les plus mauvaises raisons, le sentiment de Bernoulli. d'aleuu. Ëlogcs, BtrnoulU. Il II se dit quelquefois des personnes en ce sens. Si nous ne nous marions à cette heure, jamais nous n'y réussirons; nous [Charles de Sévigné] n'avons jamais étési bon, et nous pouvons devenir mauvais, sÉv. (4 juill. <677. Il Mauvais succès, voy. succès. Il Mauvaise humeur, voy. humeur, n° 6. || Mauvaise grâce, voy. Gr.ÂCE, n° l.|| Mauvaise physionomie, voy. PHYSIONOMIE. || Mauvals livre, livre dangereux. I! Mauvais lieu, lieu de prostitution. Hanter les mauvais lieux. Il Mauvaise vie, conduite déréglée. Un renard, son voisin, d'assez mauvaise vie, la font. Fabl. II, 3. Il Femme de mauvaise vie, prostituée. || Les temps sont mauvais, se dit des temps du trouble, de disette, d'oppression. {| Avoir mauvais visage, mauvaise mine, avoir le visage défait. J'ai ouï dire que monsieur était mieux, et je lui trouve bon visage.— Que voulez-vous dire avec votre bon visage? monsieur l'a fort mauvais, mol. Mal. imag. u, 3. || Fig. Faire mauvais visage, mauvaise mine à quelqu'un, le recevoir, le traiter sèchement, etc. || Trouver une chose mauvaise, y trouver un goût désagréable. J'ai trouvé ce vin mauvais. || Fig. Trouver mauvais, désapprouver. J'ai trouvé celte plaisanterie mauvaise. Ce qui me fâche, c'est qu'en ne faisant rien, les jours se passent et l'on vieillit, et l'on meurt ; je tniuve cela bien mauvais, sév. 6 août 1675. I Trouver mauvais que, dé.sapprouverque (il veut le subjonctiQ. Il trouve mauvais qu'on se conduise ainsi. Qu'est-ce que mettre un ouvrage au jour? n'est-ce pas en quelque sorte dire au public, jugez- i moi? pourquoi donc trouver mauvais qu'on nous juge? BOIL. Œjiv. fréf. génc'r. Je ne trouve point du tout mauvais que vous me disiez voire sentiment; c'est votre sentiment seul que je trouve \ mauvais, lesace. Cil Slas, vu, 5. Personne ne ' trouve mauvais qu'on tue une bête enragée, beaum. ' Jifcre coupable, V, 7. |{ Prendre, interpréter enmau- ' vaise part, voy. part. || Mauvais bruit, bruit, pro- 1 pos désavantageux, défavorable. || On dit dans le ; même sens, mauvais discours. |] Mauvaise giaisse, ' embonpoint factice, espèce d'empâtement, en par- ; lant des chevaux et même des personnes. || Deniers mauvais, se disait autrefois des deniers qui restaient à partager entre un grand nombre de personnes. || Mauvais air et air mauvais, voy. air 2, i aux n" I, 8, et à la rem. s |j 2" Qui no remplit pas j bien son office, en parlant de quelque partie du corps. Mauvaises jambes. Je ne puis me servir de ma mauvaise main. De quelque côté qu'on tourne le mauvais œil, il ne laisse pas d'admettre des images qui doivent un peu troubler la netteté de l'image reçue par le bon œil , blffon, Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. xi, p. i68.|| Avoir les yeux mauvais, la vue mauvaise, n'y pas bien voir. Toute la philosophie, lui dis-je, n'est fondée que sur deux chose», sur ce qu'on a 1 esprit curieux et les yeux mauvais; car, si vous aviez les yeux meilleurs que vous ne les avez, vous verriez bien si les étoiles sont des soleils qui éclairent autant de mondes, ou si elles n'en sont pa.s, ponten. Mondes, <"soir. Il S* Terme de marine. La mer est mauvaise, elle est très-agitée. || Être de mauvaise tenue.

se dit d'un fond où les ancres chassent, n'ayant pas de prise. || Mauvais temps, se dit pour marquer que le vent régnant est contraire. || Terme de pêche. Harengs de mauvaise eau, ceux qui ont séjourné dans de mauvais funds ou qui sont près de frayer. Il 4° Nuisible, qui cause du mal. L'air est mauvais en ce pays, les excès sont mauvais à la santé. Le fruit est mauvais pour de certains estomacs. C'est [l'eau de la reine do Hongrie] la plus mauvaise chose du monde aux nerfs attaqués des douleurs de la goutte ou du rhuinati.sme, s£v. (4 août (680. Elle [Pauline] s'aime elle-même, elle veut plaire; il ne faut que cela pour se corriger.... l'amour-propre, si mauvais à tant d'autres choses, est admirable à celle-là, iD. 28 fév. io89. ;; Sinistre, malheureux. Mauvais présage. Mauvais augure. Et tu seras unie avec ton Curiace, Sans qu'aucun mauvais sort t'en sépare jamais, corn. Ilor. i, a. [11] X son mauvais destin en aveugle obéit, id. Pomp. II, 2. Il Mauvais œil, faculté funeste attribuée à certains individus, de porter malheurà ceux qu'ils regardent. || 5° Enclin à faire du mal, en parlant des personnes. L'n mauvais homme. Une mauvaise femme. Et qu'il faille ajouter à vos titres d'honneur La noble qualité de mauvais suborneur, corn. Nicom. m, 7. Nul n'est mauvais gratuitement : il faut qu'il y ait une raison qui détermine, et celte raison est toujours une raison d'intérêt, monteso. IxU. pers. 83. Il Le mauvais ange, le diable. |{ Mauvaises mains, personne ou personnes qui ne méritent pas de confiance, qui ne sont pas propres à ce qu'on demande. Cinna. .. ne remettrait pas eu de mauvaises mains L'intérêt d'Emilie et celui des Romains, CORN. Cintta, i, 3. || Mauvaise compagnie, les gens de mauvaise vie ou de mauvais ton. || On dit aussi mauvaise société. Parlez-moi de la mauvaise société; c'est là qu'on s'amuse, picard, les Deux Phibert, III, I. Il Un mauvais esprit, un homme dont lo jugement est faux, et aussi un homme disposé à tourner les choses en mal. Il faudrait être un bien mauvais esprit pour abuser de cela contre vous, MARIVAUX, Marianne, 6' part. || En un autre sens, mauvais esprit, dispositions à la révolte, à l'insubordination. Un mauvais esprit règne dans les troupes , dans celte province. || Mauvaise volonté, voy. VOLONTÉ. Il Populairement. Mauvaise béte, homme ou femme qui se plaît i dire ou à faire des méchancetés. || Mauvaise tète, voy. TÈTE. Il Un mauvais cœur, une personne à inclinations dures et perverses. |l Mauvais garnement, mauvais sujet, homme déréglé dans ses mœurs. Et j'ai prédit cent fois à mon fils, votre père, Que vous preniez tout l'air d'un mauvais garnement, KOL.Ïart., i . Il Mauvaissujet,voy. SUJET. || 6° Prompt à en venir aux coups, bravache. Mauvais garçon. Il n'est pas si mauvais que l'on n'en vienne à bout, cohN. la Veuve, l, 3. || Substantivement. Faire lo mauvais. Ne fais pas le mauvais, si je ne suis mauvaise, CORN. Piace Hoy. v, 6. || 7° Qui n'a pas les qualités qu'il doit avoir. Mauvais parent. Mauvais père. Mauvais prêtre. Et que votre bonté, sensible à ma prière. Pour un fidèle amant oublie un mauvais frère, corn. Pomp. v, 6. |Le duc de Guise] Heureux guerrier, grand prince et mauvais citoyen, volt. Uenr. ui. || Kn cet emploi, mauvais avec un substantif qui impliiiue quelque quulitication déploralde, devient un éloge. Les grands hommes, Colbert, sont mauvais courtisans, mol. (e Val de Grâce. Pardonnez, un soldat est mauvais courtisan, volt. Sémir. 1,4. Il 8° Malicieux, malin. Vous éles bien mauvaise, tous vos propos sont desépigrammes. || Substantivement, en ce sens, par forme de plainte légère et amicale. Oh I le mauvais! Ah 1 petite mauvaise I Là, là, mauvaise. Dieu vous apaise! il n'en sera que ce que vous voulez, leaumarch. Jfar. de i-'ig. i, b. Il 9° Avec la négative, mauvais signifie souvent, assez bon, ou mémo fort bon, selon le ton qu'on y donne, et se dit également des personnes et dus choses. Ce n'est pas un mauvais homme. Les vins ne sont pas mauvais dans ce cru. Ce n'est pas un mauvais écrivain. Ce n'est pas un mauvais ouvrage. Les louanges du petit glorieux [le chevalier de Grignan] nu sont pas mauvaises; il ne les jette pas à la tête, sBv. ("juill. 4670. Mme Denis est devenue supérieure dans les rôles de mère; je ne suis pas mauvais pour les vieux fous, volt. Lett. d'Argeiital, 5 févr. 1758. Quel Ëtat clioisirez-vous? le brame répondit : celui où l'on n'obéit qu'aux lois ; c'est une vieille réponse, dit le conseiller; elle nen est pas plus mauvaise, dit lo brame, id. Oict. phil. Étals généraux. || 10° S. m. et f. Mauvais, mauvaise, celui, celle qui est mauvaise. Mauvaise, tu crois donc que je suis un trompeur, tristan, Jforian*;, m , 3.

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