MAX
Il Terme de féodalité. Le mauvaisemporte le bon, c'est- 4-dire!es enfants issus d'une personne serve etd'une personne libre sont de condilio:i servile. || 11° S. m. Ce qu'il y a de mauvais. Il y a du bon et du mauvais dans cet homme, dans cet ouvrage. Discernant nonseulement le bon d'avec le mauvais, mais encore le meilleur d'avec lebon,FLÉCH. Lamoign. La ville croit se faire honneur en prenant tout le mauvais de la cour, mass. Pelii car. Vices et vertus des graruis. Un commentaire n'est pas un panégyrique, mais un examen de la vérité; et qui ne sait pas réprouver le mauvais n'est pas digne de sentir le bon, VOLT. Comm. Corn. Perihar. iii. || 12° Adverbialement. Sentir mauvais, e.\haler une mauvaise odeur. Fi! cela sent mauvais, et je suis tout gâté, mol. r£(. III, (3. Il II fait mauvais, il est dangereux. Il fait mauvais se prendre aux poètes, régnikr, ÉpUre m. il fait mauvais pousser tant de gens en colère, CORN. Olhon, v, 2. Il II fait mauvais, il fait vilain temps. Il Proverbes. Il n'est qu'une mauvaise heure au jour. Il Mauvaise fille se moque de sa mère. Il Mauvais chien ne trouve où mordre. || Il faut avoir mauvaise bête par douceur
— HlST. XI' s. Getet serez sur un malvais somier [bète de somme], Ch. de Roi. xxxv. {| xii* s. En ces deus orent [eurent"! P^ien mauvais voisin, Roncisv. 6(.0ue mauvais homs vous ait al flanc pendue [Durandal], «6. <05. Le mauvais songe, ib. <84. De lor signor aider [ils] firent sémillant mauvais, Sax. xv. Il xiii" s. Et la mauvaise vielle s'est lez li acoutée [acoudée], Berle, xvi. La.sse! com j'ai trouvé gent mauvaise et amere I ib. xviii. Sachiez, vous en avez mauvais conseil creû, ib. li. Et ainsi [elle] nous formaine par sa mauvaise vie, ib. lxxii. Com je vous ai porté mauvaise compaigniel th. xc. Aucune fois se proeve li contes [le compte] à malvès, que li serjans fet à son segneur, bemjm. xxix, 15. Qui cheit dou mauvais mau [le mauvais mal, l'épilepsie], As. de Jérus. t29.Sour tous leuns [légumes], lentilles sont plus malvaises, alïbrant, f° 6). Il iiv* s. Us sont bani pour maais ostel [lieu de prostitution], Bibl. des chartes, 2* série, t. m, p. 423. Il XV' s. Si comme:icerent ces mechans gens de Londres à faire les mauvais et à eux rebeller, fhoiss. 11, u, 106. Il ne doute que il leur face plus mauvais tours. Boude, i, 24. Il est fol qui du mauvais pas ne se tire, s'il y est entré, ib. i, 7. Demandez à vo chamberiere, Se j'ay en mauvais lieu esté, e. descii.
Poésies mss. t° 5)4 Puisque nous sçarions
Qu'elle fust de son corps mauvaise [libertine], ib. i° 611. Car lerres le larron mescroit. Ne ly mauves le bon ne croit, Ains cuide que cliascuns soit lerres, ib. r° 616. Hé Dieu! .se j'eusse estudié Au temps de ma jeunesse folle!.. Mais quoy?je fuyoye l'escoUe, Comme faict le mauvays enfant, villo.n. Grand testament. \\ xvi' s. Il est bien aysé de faire le mau- Tais [le brave] avant que de venir aux prinses, MONT. II, 383. Le corps peut en recevoir quelque mauvais ply, id. m, <05. Huguenots, attendez encore trois ou quatre jours, et nous verrons si vous estes si mauvais qu'en faites la mine, langue, 6is. Rude homme, comme de vray il l'avoit bien monstre en plusieurs guerres de Piedmont et de France, et estimé fort mauvais garçon, brant. Sur les duels, p. 261, dans lacubne.
— ETYH. Bourg, mauvoy; picard, maouais, mowaù; wallon, jndia; namur. muaiz, fém muaije; Hainaut.mi?, t)iei/,mail, mourai'*; provenç. malvais; ital. maltagio. Uiez le tire du gothique balvavései, méchanceté, qui suppose un adjectif ftaitaïeit, méchant, d'où balvaii,, changé en maltais, par l'influence de mai (de balu, mauvais, et visan, wesen, être; comp. l'anglo-sax. balowiso, méchant, funeste) ; le changement de 6 en m fait difficulté; ccpendantcetteétymologie demeure tris-probable, vu la forme du resl« du mot et le sens. Il faut se garder de confondre avec mauvais l'ancien adjectif malvé, esp. maltado, pro». malvat, mauvais, dont rorigine est ignorée : Nient malrée est la lue veie, ttfc«r psnlm. p. 20.
t MACVAISEMEXT ( md-Tft-ze-man ) , adv. D'une manière mauvaise. Si fait, elle vous a mauvaisement trompée, o. sand, t'r. U Champi, lu, s.
— HIST. XI' ». Que nus [nul] prudhom malvaisement n'en chante, Ch. de Hol. cxiv. || xiii* s. Et me porra mètre sus que j'aurai envers lui ovré faussement, malvesement «l desloiatmcnt, hfauh. lxi, 3o. Li ver ont la charongne, et li pareris la terre; Mauvais fait por tiex [tels] hoirs mauvaisement acjuerre, I. DE HEUNO, Test. 340. || xiv* S. Celui qui fait mal contre sa volonté, il ne le fait pa« malvaisemeDl, OtUUK, Elh 47.
— ÉTITM. Mauvaise, et le suffixe ment; provenç. malvaizamen ; ital. malvagiameiite.
i. MAUVE (mô-v'), s. f. Genre i!e plantes, type de la famille des malvacées, qui a des propriétés émolHentes. Tisane de mauve. {| Mauve sauvage [malva sylvestrii, L.), plante dont les Heurs donnent une infusion employée comme réactif par les chimistes; elle rougit par les acides et verdit par les alcalis. || Mauve des Juifs, voy. corette. Il Mauve en arbre, ketmie des jardins. || Mauve rose, guimauve alcée.
— HiST. XIII' s. Tiex [telles] prières ne valent une feuille de mauve, Car du cuer doit issir ce qui to dampne ou sauve, 1. demeung. Test. 1475.
— ÊTYM. Wallon, mdheléle, mavelète, mauve sauvage; provenç. espagn. et ital. malva; du lat. malva; grec, \).o\6xnet p.aXày.ïi. U est probable que l'idée de mollesse est au fond de ces dénominations ; comparez mollis et piaXaxô;.
t 2. MAU'VE (mô-v'), s. f. Nom donné à quelques espèces de mouettes, spécialement au larus canus, L.
— ÉTYM. Voy. MOUETTE.
tMAUVETTE (mô-vè-f) , i. f. Nom vulgaire du géranium à feuilles rondes.
MAUVIETTE (mô-viè-f), S. f.\\\' Espèce d'alouette ; c'est l'alouette ordinaire, alauda arvensis, Linné , en tant qu'elle est grasse et qu'on la chasse. Il ne faut pas confondre le mauvis avec les mauviettes qu'on sert sur les tables à Paris pendant l'hiver, et qui ne sont autre chose que des alouettes ou d'autres petits oiseaux tout différents du mauvis, BUFF. Ois. t. V, p. 429. Il Fig. et familièrement. C'est une mauviette, c'est une personne grêle, chétive, incapable d'efforts et de fatigues. || 2° Nom qu'on donne dans divers endroits à la grive et au mauvis.
— ÉTYM. Diminutif de mauvis ou mauvi.
MAUVIS (mô-vi), s. m. Nom vulgaire et spécifique du merle mauvis (insectivores), appelé grive mauvis par certains auteurs {lurdus iliacus, t.). Il Se dit aussi de l'alouette huppée.
— HIST. XII' s. Et la mauvis qui commence à tentir, Couci, xvili. i| xiii' s. Encores est leens sans doute Déduit orendroit qui escoute X chanter gais rossignolés, Mauvis et autres ciselés, la Rose, 644.
— lïrYM. 'Wallon, mdvi, merle; namur. mauvi; Hainaut, mauviar, mouvi'or, mot'tar, merle; haute Norm. mauviard; espagn. mahis, qui paraît venu du français ; napolitain, marvizxo, grive; bas-lat. malvitius. Origjne incertaine. On a indiqué malum vilis, fléau de la vigne, à cause du mal que cet oiseau fait aux raisins. Grandgagnage allègue le bas-brelon milvid, mouette, milhuez, alouette ; Diez pense que c'est là la vraie étymologie.
t MAUVISQUE (mô-vi-sk'), s. m. Genre d'arbrisseaux de la famille des malvacées.
— ÊTYM. Lat. malvaviscus (voy. guimauve). MAXILLAIRE (ma-ksil-lè-r'), adj. || 1° Terme d'a-
natomie. Qui a rapport aux mâchoires. Artères, veines maxillaires. || Os maxillaire inférieur, os de la mâchoire inférieure; os ma.\illaire supérieur, os de la mâchoire supérieure. |{ Sinus maxillaire ou antre d'Highmore, grande cavité creusée dans l'épaisseur de l'os maxillaire supérieur. || 2" Terme de zoologie. Mollusques maxillaires, mollusques dont la bouche est composée au moins d'un labre, de deux mandibules, d'une languette et de deux mâchoires rapprochées antérieurement. |j Palpes maxillaires, filets articulés insérés sur le bord citerne des mâchoires des insectes.
— HIST. XVI* 8. L'os maxillaire majeur, paré,
— ÊTYM. Lat. maxillaris, de maxilla, mâchoire, t MAXILLÉ, ÉE (ma-ksil-lé, lée),ad;. Terme de
zoologie. Coquille maxiUée, coquille bivalve dont la obamière offre des dents longues et nombreuses.
— ETYM. Lat. maxilla, mâchoire.
t UAXiLLEUX, ECSE (ma-ksil-leù, leû-z'), adj. Terme d'entomologie. Dont les mâchoires sont très grandes.
— f.TYM. Lat. maxillct, mâchoire.
t MAXILLO-DENTAIBE (ma-ksil lo-dan-l6-r') , adj. Terme d'anatomie. Qui appartient k la mâchoire et aux dents.
t HAXILLO-LAIIIAL, AI.E (ma-ksil-lo-la-bi-al, a-l'), adj. Muscle niaxiilo-labial, ou, substantivement, le maxillo-labial, petit muscle allongé s'insérant par un petit leniloa à la Icvra inférieure, qu'il écarte de la supérieure.
t MAXIMX>-MlISCULAIRe (ma-ksil-lo-mu-skulê-r*), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient â la mAcboire et aux muscles. Artère maxillo-musculairc.
t MAXIMA (ma-lcsi-ma), s. m. pi. Se dit comme le pluriel de maximum, voy. maximum.
■f MAXIMANT (ma-ksi-man), adj. 'Voy. minimant.
I. SIAXIME (ma-ksi-m'), j. f. || 1° Proposition générale qui sert dérègle. Leurs maximes de feu et de sang assurent et fortifient la malice, quand elle est encore craintive et douteuse, balzac, De la cour, T dise. N'écoutez point pour lui ces maximes cruelles, CORN. Poly. 11:, 3. On ne peut trop louer trois sortes de personnes. Les dieux, sa maltresse et son roi ; Malherbe le disait, j'y souscris quant à moi ; Ce sont maximes toujours bonnes, la font. fut/. I, 14. Pour gagner les hommes, il n'est point de meilleure voie que.... de donner dans leurs maximes, encenser leurs défauts, et applaudir à ce qu'ils font, mol. l'Avare, i, l. Toutes les bonnes maximes sont dans le monde; on ne manque qu'à les appliquer, pasc. Pens. VI, I. Les sujets ont cessé de révérer les maximes de la religion quand ils les ont vues cédf aux passions et aux intérêts des princes, BOS. Reine d'Anglet. Siècle vainement subtil, où l'o» veut pécher avec raison, où la faiblesse veut s'autoriser par des maximes, où tant d'âmes insensées cherchent leur repos dans le naufrage de la foi, ID. Ann. de Gonz. Aussi avait-il pour maxime, écoutez, c'est la maxime qui fait les grands hommes; que, dans les grandes actions, il faut uniquement songer à bien faire, et laisser venir la gloire après la vertu, id. Louis de Bourbon. Socrate donnait pour maxime qu'il fallait que chacun suivît la religion de son pays, id. Hist. ii, 5. Carthage tenait pour maxime de n'avoir que des troupes étrangères, id. ib. m, 6. C'était sa maxime que la raillerie ne convient pas à ceux qui sont élevés au-dessus des autres, fléch. Daupliine. Le vin, au plus muet fournissant des paroles. Chacun a débité ses maximes frivoles, Réglé les intérêts de chaque potentat.... boil. Sat. m. La ballade, asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes, id. Art p. 11. Mais si de vos flatteurs vous suivez la maxime, rac. Brit. iv, 3. Après que vous aurez posé pour maxime qu'on peut violer les règles do la probité, fèn. Tet xx. Vous vous faites des maximes qui diminuent ù. vos yeux vos propres fautes, mass. Car. Tiédeur, 1. Us [les Romains] vainquirent tous les peuples par leurs maximes; mais, lorsqu'ils y furent parvenus, leur république ne put subsister, montesq. Rom. ch. 18. Je hais les mauvaises maximes encore plus que les mauvaises actions, J. 1. Rouss. Hél. i, 30. On sait bien que tout homme qui pose des maximes générales entend qu'elles obligent tout le monda excepté lui, m. tb. m, 22. Une maxime ou un principe est un jugement dont la vérité est fondée sur le raisonnement ou sur l'expérience, conJ'Ii.lac, Art d'écrire, n, ». Los maximes sont d'un jgrand usage en morale et en politique : elles expriment la irofondeur de celui qui écrit, parce qu'elles supposent souvent beaucoup d'expérience, de réflexions fines et do grandes lectures, id. ib. || Les maximes d'État, les maximes que les politiques se faisaient pour le gouvernement et par lesquelles ils se mettaient souvent au-dessus des règles de la morale. Le séjour de votre potentat Qui n'a que ses fureurs pour maxime d'État, corn. Sertor. m, 2. || 2° Au plur. Titre donné à certains ouvrages de morale. Les Maximes de la Rochefoucauld. || Une maxime, une proposition qui appartient ou pourrait appartenir à un livre de maximes. Je fis l'autre jour une maxime tout de suite sans y penser, et je la trouvai si bonne que je crus l'avoir rcleiiue par cœur de celles de M. de la Rochefoucauld, sÉv. «2. Ce ne sont point des maximes que j'ai voulu écrire; elles sont comme des lois dans la morale ; et j'avoue que je n'ai ni assez d'autorité, ni assez de génie pour faire le législateur, la bruy. Caract. Préface.
— REM. Au xvii' siècle, quelques-uns fai-saicnt maxime du masculin, d'après Marguerite Bufîtt, Obsert'. p. toi.
— SYN. maxime, sentence. La maxime est une proposition importante qui sert de règle dans la conduite ; ce qui domino dans la signification de ce mot, c'est la grandeur, la force. La sentence est une proposition courte qui instruit et enseigne; ce qui domino dans la signification de ce mol, c'est l'idi'e d'opinion, de manière de voir. Le malheur est le grand maître de l'homme, est une sentence; Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit, est une maxime. Mais c'est aussi, si l'on veut, une sentence ; de sorte que sentence est plus général que maxime; il peut se dire là où maxime se dit, mais maxime ne peitt pas so dirt partout où l'on dit sentenut.
MAZ
— HIST. ivi* ». II [la Doôlie] avoit une maxime «curerai nement empreint* en son ame, d'obeyr et de se soubmcltre très religieusement aux loix soubs lesquelles il estoit nay, mont, i, 221.
— Etv>i. Lit. marima, sous-entendu sentenlia, sentence trtsgrande, gén(^rale (voy. maximum); cet emploi du superlatif appartient au latin du moyen tge, et encore assez récent.
ï. MAXIME (ma-ksi-m'), s. f. Terme de plainchant. Note qui vaut deux carrées ou quatre rondes.
— ÉTYM. Lat. maxima, très-grande (note).
t t. MAXIHEB (ma-ksi-mé), v. a. Néologisme. Établir le maximum , fixer le taux le plus élevé d'une marchandise. Les adversaires du système [du maximum] donnaient d'excellentes raisons : tout n'étant pas maxime, disaient-ils, le maximum était absurde et inique, thiers, Ilist. de la révolution franc. Convention nationale, ch. xxvii.
— ÊTYM. Maximum.
t 2. M.1XIMER (ma-ksi-mc), v. a. Néologisme. Faire maxime de. C'est un homme qui maxime ses «ottises.
— ETYM. Maxime.
t MAXI.MIS (ma-ksi-mis") , voy. maximum.
MAXIMUM (ma-ksi-mom') ,». m. Il 1° Terme de mathématique. L'état le plus grand auquel une quantité variable puisse parvenir. ||.4up/ur. les mathématiciens disent : des maxima. Déterminer les maxima et les minima d'une intégrale définie. || Thermomètre àmaximi, thermomètre qui indique, d'une manière durable, le maximum auquel la température s'est élevée pendant le cours d'une expérience. || Les mathématiciens emploient l'ablatif pluriel dans cette locution : Méthode de maximis et minlmis, l'ensemble des procédés par lesquels on détermine les maxima et minima des quantités variables. || 2° La somme la plus forte dans l'ordre de celles dont il est question. Le maximum de la dépense sera de (ooo francs. Le maximum de la pension est de....||3° La plus forte des peines prononcées par la loi contre un crime ou un délit. Vous et nous, en tout vivons mieux que nos anciens, je l'ai dit, le redis, et le dirai, dussiez-vous, messieurs, pour ce délit, me condamner au maximum de la peine, p. i. cour. Procès de Paul-Louis Courier. || 4" Taux au-dessus duquel, à certaines époques, il a été défendu de vendre une denrée, une marchandise. || Loi du maximum, loi rendue par la Convention en t793; elle obligeait les marchands à ne pas dépasser un certain prix dans la vente des marchandises de première nécessité. Il 6° Fig. Le plus haut point où une chose puisse être portée. 11 y a ici, comme en tout, un maximum de précision qui probablement ne se trouve ni dans la plus petite ni dans la plus grande balance possible, BUFK. Ilist. min. Introd. part. exp. Œuvres, t. viii, p. H. 11 y a dans tout corps politique un maximum qu'il ne saurait passer, j. i. nouss. Conlr. ii, 9.
— REM. Le» mathématiciens disent au pluriel des maxima; mai» les grammairiens demandent qu'on traite ce mot comme français, et qu'on dise des maximums.
— ETYM. Lat. maximtu, le plus grand, superlatif de magnus.
t MAYE (ma-ye), t. f. Espèce de pierre creusée pour recevoir l'huile, et inclinée pour donner l'écoulement à la liqueur, Dict. dtt arts et met. huilier, <7»7.
t MAYNAnÉTINE (mê-na-ré-ti-n"), ». f. Terme de chimie. Résine acide du maynas, calophyllum ealaba, Jacquin, arbre d'Amérique, province de Maynas.
+ HAYON.NAISE (ma-io-nê-z') , * f. Terme de cuisine. Nom donné à une sauce froide qu'on fait avec du sel, du poivre, de l'huile, du vinaigre et un jaune d'oeuf (quelques-uns y ajoutent de la mouurdc), le tout battu jusqu'à consistance d'un sirop épais. Il Par extension, chacun des mets préparés avec cette sauce. Une bonne mayonnaise de lapereau, de homard, de volaille.
— «TYM. Quoique» auteurs conseillent de préférer mahonnaite, attendu que le nom de cette sauce fient, di»entril», de celui de Mahon, ville que liiclieiicu prit, LEOOARANT. U Cuitinier de la tille et de M campagne écrit magnoruiite.
t MAZAR (ma-zar), f . m. Nom bourguignon des larm d insecte» qui rongent le» bourgeons des
t ••^^■W (ma-ia-rin) ou MAZARImste (maia-ri-n>.^, ». m. Nom par lequel les frondeurs déngntient le* (lartisans de Uazarin.
t MAZARINADB (œa-za-rina-d'), ». f. Nom dooDé aux pamphlet» et chansons publié» contre ■axariD, du ten^M de U Fronda.
ME
t MAZARINIS.ME (ma-za-ri-ni-sm'), s. m. Attachement au parti du cardinal Mazarin.
t MAZDÉISME (maz-dé-i-sm'), s. m. Religion de Zoroastro.
— ÊTYM. Zend, masda, sage.
t MAZÊAGE (ma-zé-a-j'), s. m. Nom donné à la première opération usitée pour affiner à la houille la fonte de fer (méthode anglaise), qui a pour but d'enlever à la fonte le silicium qu'elle contient, et de la décarburer.
t MAZEAC (ma-z6), ». m. Plaque de fonte décarburée provenant du mazéage.
f MAZELLE (ma-îè-l'), s. f. Fonte projetée sur des laitiers dans l'affinage bergainasque.
f MAZER (ma-zé), v. a. Faire subir à la fonte le mazéage. On maze la fonte pour la décarburer.
t MAZERIE (ma-ze-rie), s. f. Lieu où l'on maze la fonte. || Feu de forge destiné au premier affinage de la fonte.
t MAZET (ma-zè), ». m. Petite maison de campagne (Nîmes).
— ÉTYM. Diminutif de mas.
MAZETTE (ma-zè-t'), s. f. || 1° Méchant petit cheval. Depuis huit jours entiers, avec vos longues traites. Nous sommes à piquer des chiennes de mazetles, KOL.Sgan. 7. Nous partirons dans le moment, et nous piquerons si vigoureusement nos mazettes.... LESAGE, Guzm. d'Àlf. V, ).||2° Fig. et familièrement. Celui qui manque de force, d'ardeur. Qne tes fils, au lieu d'être rois, Ne seront que franches mazettes, SCARR. Virg. vu. || 3° Personne inhabile à quelque jeu qui demande de la combinaison ou de l'adresse. || Par extension. Dans vos guerres vous avez affaire à des mazettes qui vous laissent conquérir des royaumes en quinze jours, p. i.. cour. Lett. t. u, Convers. chex la comtesse d'Albany.
— ÉTYM. Bas-lat. mesgetus, mauvais cheval, dans un texte du commencement du xiii* siècle. Mais d'où vient mesgetus ? On a indiqué l'allemand mati, , maladroit, bûche. Il y a dans le Berry ma- %et ou maicUe, fourmi; il est possible que ce soit là l'origine de maiette, la fourmi étant un très-petit animal, un rien, et ayant servi métaphoriquement à dénommer une mauvaise rosse. }ia%et, diminutif de maze, fourmi, vient-il de l'allemand kmeise, fourmi?
t MAZOURKA, MAZOURQUE, MAZURKA, voy.
MASUBKA.
ME (me), ■pron. personnel des deux genres qui signifie la même chose que mot, et s'emploie seulement comme régime du verbe. || 1° ile, régime direct; il se place avant le verbe. Me voici, me voilà. D'ailleurs l'affront me touche, corn. Cid, li, 7. Qu'on melaisse ici, mol. Am.magn. ii, 1. 1| 2°jtfe, régime indirect et signifiant à moi; il se place avant le verbe. Vous me donnez un sage conseil. Ne me rappelez point une trop chère idée, hac. Bérén. v, 5. Tu dois me prononcer l'arrêt qu'on vient de rendre, volt. AU. v, B. || En cet emploi, il se joint au verbe être et à des verbes neutres, exprimant non pas un régime indirect, mais la circonstance que telle chose , tel fait est à moi. Les dangers me sont des appas; Un bien sans mal ne me plaît pas, malii. v, (8. i qui la bourse? — Ah dieux ! elle m'était tombée, mol. l'Ét. i, 3. Les dieux depuis longtemps me sont cruels et sourds, BAC. Iphig. II , 3. Venez ; les malheureux me sont toujours sacrés, volt. Oreste,u, 2. Que la fortune donc me soit mère ou marâtre : C'en est fait, pour barreau je choisis le théâtre, pibo.n, Uétrom. m, 9. || 11 m'est parent, voy. leur. llS-Jtfe, régime indirect, est quelquefois explétif et donne un peu plus de force à l'expression. Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit; Comblemoi cette ornière.... la font. Fabl. vi, 18. C'est une fille propre aux choses qu'elle fait, Kt vous ma la chassez pour un maigre sujet, mol. F. sav. ii, 7. Il 4° Ve muet s'y élide quand le verbe suivant commence par une voyelle on une h muette. Vous m'avez secouru. 11 m'honore. Vous m'aimez, vous me le soutenez, rac. Bcrcn. v, b. || L'e s'élidfc aussi devant les particules y et en. Passons devant la poite d'un tel, vous m'y laisserez. Ne m'en parlez plus. Tu quitterais le dessein que tu a», si tu m'en voulais croire, mol. Scap. m, (.HB- Me se place avant la particule en. Vous m'en donnerez. || 6° Me se place, par exception, après le verbe, lorsqu'il se trouve tout à la fois que le verbe est à l'impératif, que la phrase est affirmative et que la particule en suit immédiatement le pronom. J'ai besoin de sages conseils, donnez-m'en. Vous m'avez jeté dans l'embarras, faites-m'en sortir. Ce n'était pas un sot, non, non, . et croyez-m'en Que le chien de Jean de Nivelle, la )
MÊA
FONT. Fahl. vin, 21. Instruisez-m'en de grâce, et, par voire discours, Hfttez mon désespoir ou le bien de me» jours, mol. D. Gare, v, 6.Éclaircissez-m'en, je vous en conjure, baron, V Homme à bonnes fortunes, II, 16. Il i part ces cas, me ne s'emploie pas avec l'impératif; on se sert de moi. Aimez-moi. Donnez-moi de l'argent. || Cependant, quand il y a plusieurs verbes à l'impératif, on peut, avec le second ou le troisième, mettre me avant le verbe. Quittez cette chimère, et m'aimez, corn. Poly. iv, 3. Laissons cela, Zéphyre, et me dis si tes yeux Ne trouvent pa» Psyché la plus belle du monde, mol. Psyché, m, t. Finissons auparavant votre affaire et me dites qui est celle que vous aimez, id. VAv. t, 2. || 7° Quand, avec l'impératif, la phrase est négative, me reprend sa place avant le verbe. Ne m'en croyez pas. Ne m'y lais.sez pas. Ne me chassez pas. Ne me donnez |ias d'argent. ||8° Me se place avant y. Vous m'y attendrez. Je vous prie de m'y attendre. Je m'y en vas (et non je m'en y vas; voy. aller, rem. 3). Il D'après l'Académie, on ne dit pas : attendezm'y; menez-m'y; il faut dire: attendez-y-moi; menez-y-moi. Cependant l'Académie au mot tu donne : mets-t'y, jette-t'y; et, quand elle assure qu'on ne dit pas mets-m'y, jette-m'y, et formes semblables, elle se trompe; car on trouve dans la Fontaine : Menez-m'y, Uagotin,ni, (5. Le fait est que cette forme est plus correcte que l'autre, et que toutes deux sont peu usitées; mais il faut ajouter qu'on ne doit avoir aucun scrupule à se servir de celle de la Fontaine et à la remettre en honneur. Il 9° jlfe, comme tous les pronoms en régime, se répète avant chacun des verbes dont il est le régime. Son visage odieux m'affiige et me poursuit, j^AcEsth. u, (. Il 10" Dans les phrases où il y a deux verbes subordonnés l'un à l'autre, on place ordinairement le pronom me près du verbe qui le régit. On ne saurait me reprocher d'aimer la table. |{ Du reste ce n'est pas une faute de dire : On ne me saurait reprocher d'aimer la table ; et on sait même que les écrivains du xvir siècle alîectent de placer le pronom avant le premier verbe : Il faut que le cruel qui m'a pu mépriser Apprenne de quel nom il osaitabuserl bac. Iphig. III, 6. Dans ce cas il faut consulter l'oreille.
— HIST. IX* s. In quant Deus savir et podir me dunat [donne]. Serment. || xi* s. Et de ço ne me poez enplaider, Lois de Guill. 38. Et par la barbe qui al pis me ventelet, Ch. de Roi. iv. Livrez m'en ore le gant et le baston, ib. xvii. Prenez m'as bras, me dressez en séant, ib. cxcviii. || xii' s. Nule chançon ne m'agrée, Couct, i. Requier le rei qu'il me te duinge [donne], e il ne m'escundirad pas, Hois, p. 164. Il xiii's. Que le livre as histoires [il| me montra où je vi.... Berte, i. De duel [deuilj et de pitié trestous li cuers m'en art [brûle], ib. xxii. Laissez m'entrer leens, tout vous sera conté, ib. xlv. Constance vostre femme moût [vous] me saluerez, ib. cxxi. ||xvi' s. Jette le moy, jette le moy par terre. Et que du pied la gorge on me luy serre, AMYOT, Comment refréner la colère. Ceulx là se mocquent de toy, Diogenes. — Et je ne me sens pas mocqué moy, respondit-il, id. ib. 30.
— ÊTYM. Lat. me, accusatif de ego. Moi et me sont identiques et ne diflèrent que parce que moi porte l'accent, tandis que me est proclitique.
t MÉ.... ou MES.... préfixe qui a un sens privatif et péjoratif, par exemple : compte, mécompte ; allier, mésallier, etc.; provenç. mes, mens {mensprezar, mépriser) ; esp. meno» {menospreciar, mépriser); ital. mij. La forme provençale mens, plus explicite dans l'espagnol menas, montre que ce préfixe est le latin minus, moins (voy. moins), contracté en mes ou mis. Il est possible que la particule germanique mis, qui a exactement le même sens, ait influé sur la forme qu'a prise minus dans cette sorte de composés.
t MEÂ-CULPA (mé-a-kul-pa) , s. m. Expression latine tirée du confiteor, et qui signifie par ma faute. Dès qu'ils [les Bretons] voient les soldats, ils se jettent à genoux, et disent meâ-culpâ; c'est le seul mot de fran(;ais qu'ils sachent, sEv. 220. || Dire, faire son mcâ-culpi, avouer sa faute aux autres ou à soimême. Il Au plur. Des meâ-culpâ.
— ETYM. Lat. mea, par ma, culpa, faute (voy. coulpe).
t MÉAN (mé-an), t. m. Cinquième réservoir d'un marais salant.
— HIST. xvi' s. Tels vuides [entre les oignons] par les jardiniers du Languedoc sont appelles means, esquels est semée la graine de cardons^o. de skrres,
MÉANDRE (mé-an-dr), ». m. || !• Fleuve de l'ancienne Phrygie, qui roule ses eaux en serpen tant beaucoup. |{ 2" Nom donné en poésie, par allu-
Mï:c
non, 4u» ^nuosités d'un fluuye, d'une rivière. Sur ce gazon assise et dominant la plaine, Des méandres de Seine, Rêveuse, elle suivait les obliques dé-' tours, A. CBÉN. Ode vu. || On le dit, par assimilation, des vaisseaux qui portent le samg dans toutes les parties du corps. L'homme.... Ignorait en repos jusqu'aui routes certaines Du méandre vivant qui coule dans ses veines, Perrault, Poëme sur le siècle de Louis-le-Grand. || S" Fig. Détours de paroles. Il [Michel Potier] a été si impudent et téméraire que de s'attribuer le secret de la pierre philosophale, ofTrant par après de le communiquer à un chacun, sans énigmes, méandres et difficultés, moyennant une récompense et salaire à sa discrétion, NAUDÉ, Rose-croix, vi, 2. {| 4" Terme de beauxarts. Ornement employé dans l'architecture, dans les broderies ; il oflre des sinuosités et des entrelacements quelquefois très-compliqués. Ces chiffres forment unméandre Oùnosdeu.x noms entrelacés. Toujours à se suivre empressés. S'abandonnent pour se reprendre, BEBNis, Be/l. mrtroin. p. 74,danspocGENS. t MÉASDRINE (mé-an-dri-n'), t. f. Genre de polypiers pierreux.
— ÉTYM. Méandre, & cause des sinuosités de ce polypier.
t MÉANDRIQUE (mé-an-dri-k'), adj. || i' Qui est plein de sinuosités. Les routes méandriques d'un labyrinthe. Habituellement les fleuves des pays plats sont méandriques, comme l'est la Seine, fournet, Acad. des se. Comptes rendtts, t. 1.11, p. (H7. Il 2' Fig. Qui est énigmatique, amphibologique. Discours méandrique.
— ÊTYM. Méandre.
MÉAT(mé-a), s. m. l|l°Tenne d'anatomie. Conduit. Le méat auditif. || Méat urinaire, l'orifice externe de l'urèthre. || 2* Terme de botanique. Intervaille de forme variable qui se trouve entre les cellules du tissu cellulaire.
— HIST. Une portion crasse et visqueuse de la sueur, laquelle s'amasse et s'arreste aux méats des pores du vray cuir, paré, xxii, 8.
— ÊTYM. Provenç. méat; esp. et ital. meato; du lat. meatus, qui vient de meare, aller, passer.
t MÉAD (mé-ô), î.m.Nom donné à de petites solives qui forment un grillage dans les grands pressoirs.
t aiÉBORIER (mé-bo-rié), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes dicotylédones à fleurs incomplètes. Méborier de la Guyane.
MÉCANICIEN (mé-ka-ni-siin), *. m. || i* Celui qui possède la science appelée mécanique. M. BernouUi soutenait la cause commune de tous les mécaniciens, dont tous les ouvrages périssaient par le fondement, si M. Renau avait raison, fonten. Benoit. Il S. f. Mécanicienne, femme qui possède la science appelée mécanique. || 2° Celui qui invente, construit ou dirige les machines. Le chevalier MoUncux, avec l'aide du célèbre mécanicien Graham, inventa une machine [le télescope parallactique) pour servir à cette opération [mesurer la parallaxe des étoiles], volt. Phil. Netet. n, r Un mécanicien est celui qui tantfit applique aux machines un moteur nouveau, tantôt leur fait exécuter des opérations qu'on était obligé, avant lui, de confier i l'intelligence des hommes, ou sait obtenir d'une machine des produits plus abondants et plus parfaits, condobcet, Vaucanson. Chaquegrand mécanicien imprime à toutes ses productions le caractère propre de son talent, id. Vaucanson. || 3° Ingénieur mécanicien, homme adonné à la pratique d'un art qui exige beaucoup) de précision et nécessite l'emploi des machines. || 4" Terme de marine. Employé du service des travaux hydrauliques. || 6° Ouvrier qui dirige les machines. || Plus particulèrement, ouvrier employé sur les locomotives des chemins de fer. || 6' Fig. Celui qui entend la partie mécanique de son art. Ce versificateur n'est qu'un mécanicien. M. Becker est sur le violon un très-ha!>ile mécanicien, mais il a beaucoup plus que (iu mécanisme, Berlioz,/, des Débalt, 20 mars 188J.
— KTYM. Voy. MéCANIQUE t.
i. MÉCANIQUE (mé-ka-ni-k"), ady. || l'Qui a rapport aux machines. Hoyen:» mécaniques. || 2' Par extension, qui s'opère par la main, par le corps, comme par une sorte do machine. Arts mécaniques, arts qui ne demandent que l'office du corps, de la main, ; •:: être appris et exercés; par opposition aux arts M aux. L<'3 arts les plus mécaniques sont traités H'C l'his d'honneur [que la {KjésicJ; car ceux qui les ignorent ne se mêlent pas d'en juger, godeau, Pùc. sur Malherbe. Il n'y a point d'art si mécanique, ni de si vile condition, où les avantages no so.ent pius sûrs, plus prompts et plus solides [que dans la culture des lettres], la bhuy. xii. Le mépris
DICT. BK L* LANGUE rRANCAISC
MÉC
qu'on a pour les arts mécaniques semble avoir influé jusqu'à un certain point sur leurs inventeurs mêmes; les noms de ces bienfaiteurs du genre humain sont presque tous inconnus, tandis que l'histoire de ses destructeurs, c'est-à-dire des conquérants, n'est ignorée de personne, d'alemd. Disc. çrH'.'n. Encycl. ÛEuv. t. i, p. 226, dans poogens. (j Étst mécanique, état, profession de celui qui exerce un art mécanique. Il prenait depuis longtemps Jean-Jacques pour un homme de quelque état mécanique, bern. de st-p. De VArcadie. || Fig. Qui n'a rien d'élevé. Vous me peignez un fat qui met l'esprit en roture, une âme vile et mécanique à qui ni ce qui est beau ni ce qui est esprit ne sauraient s'appliquer, la bru y. xii. || 3" Qui opère parles seules forces du mouvement. Propriétés d'ordre mécanique, celles qui sont connues sous les noms d'attraction et de mouvement. Tous les corps jouissent de ces propriétés, qui portent le nom de forces mécaniquies. Il Division mécanique des cristaux, opération par laquelle on sépare leslames composantes de ces corps en saisissant leurs joints naturels à l'aide d'un instrument tranchant. || Qui n'a^'it pas chimiquement. Irritants mécaniques. || 4° Actions mécaniques, celles auxquelles l'intelligence n'a point de part. L'ouvrage des abeilles qui.... l'ouvrage des mouches de Cayenne qui.... sont des travaux purement mécaniques qui ne supposent aucune intelligence, aucun projet concerté, aucune vue générale, buff. Quadrup. t. vm, p. 42. Les cris de l'enfant sont des effets purement mécaniques, j. J. bouss. Ém. 1. Il B' Il se dit ae la partie la moins relevée et purement pratique d'un art libéral. Ce peintre a trop négligé la partie mécanique de son art. || 6° Qui a rapport à la mécanique, à la science du mouvement. Lois,principes mécaniques.|| Philosophie mécanique, philosophie qui explique les phénomènes de la nature par les principes mécaniques. A ce compte, dit la marquise, la philosophie est devenue bien mécanique, fonten. les Mondes, <•' sotr. H?» Terme de géométrie. Courbes mécaniques, courbes qui ne peuvent pas être exprimées par des équations algébriques. On dit plus souvent courbes transcendantes. Il Construction, solution mécanique, construction ou solution d'un problème dont on ne peut venir à bout par les moyens géométriques.
— HlST. XIV* s. Artifice [art] mécanique ou servile. — Les juges, les chevaliers, les mécaniques [artisans]...., ohesme. Thèse de meunier. || xv s. lit à Rouen se meirent sus deux cents personnes mécaniques, et viendrent à l'hoslel d'un marchand de draps, jov. des ursins, Charles VI, 4 382. || xvi' s. Les exercices des arts mechaniques et les trafiques, LANOUK, 188. Les autres le blasment d'avoir esté fort chiche et mechanique, jusques à envoyer vendre des presens de viande qu'on luy donnoit, AMîOT, Thém. 8.Ne faire les funérailles nysuperfiues [pompeuses] ny mechaniques, mont. 1, ) 2. Comment un pauvre mechanique devint un monsieur, Nouv. fabr. des excellents traits de vérité, p. «68.
— ÊTYM. Provenç. mechanie ; espagn. mecanico; ital. meccanico ; du lat. mechanicut; grec, |«)x«vixè;, de \i.riyi.vn (voy. machine).
2. MÉCANIQUE (mé-ka-ni-k"), s. f. || 1* Science intermédiaire entre les mathématiques et la physique, qui étuiiie les forces motrices, les lois de l'équilibre et du mouvement, ainsi que la théorie de l'action des machines. La quantité, considérée dans les corps en tant que mobiles, ou tendant à se mouvoir, est l'objet de la mécanique, d'alkmii. ExpHc. tyst. conn. hum. CSÏÏut). t. i, p. sa», dans pouoens. La mécanique a deux branches, la statique et la dynamique, II). t6. 11 y a entre la mécanique et la géométrie cette différence, non-seulement que dans celle-ci la génération des figures par le mouvement est pour ainsi dire arbitraire et de pure élégance, mais encore que la géométrie ne considère dans la mouvement que l'espace parcouru, au lieu que dans la mécanique on a égard de plus au temps que le mobile emploie à parcourir cet espace, m. Traité île dynam. UCuv. t. xiv, p. 209. La réduction que nous avons faite de toutes les lois do la mécanique à trois, cello de la force d'inertie, celle du mouvement composé et celle de l'équilibre, m. t6. p. a^6. Descaries essaya le premier de ramener à la mécanique les mouvements des corps célestes, la place, i'ipox. v, 6. Il On a dit les mécaniques, au pluriel, ce qui s'est conservé en anglais (mec/ianici). Il savait.... faire une infinité d'instruments rares et sulitils par le moyen des mécanique», tels qu'étaient ces machines hydrauliques, 0. RAUDÉ, Apologie pour les grands hommes accusés de magie, ch. xix (éd. do 4713, p. 4i:iJ. Il Mécanique rationnelle ou analytique , celle qui
MÊC
analyse su moyen des TOathématiqaes l'action des forces, ei qui, en mécanique pratique, traite de l'action des forces pur l'intermédiaire des machines simples eu composées. La mécanique rationnelle est une science née, pour ainsi dire, de nos jours, BUFF. Qiadrup. t. iv, p. xlii. ||La mécanique céleste, la «cience du mouvement des astres. || Mécanique an maie, application des principes de la mécanique 4 l'étude des mouvements des animaux. Il Ouvrapo qui traite de la mécanique. || 2° Arrangement naturel ou artificiel des corps, considéré dans les -«frets qui sont produits. La mécanique du corps humain. La mécanique d'une montre. Tout cela [la structure du corps] est d'une économie, et, s'il est j-ermis d'user de ce mot, d'une mécanique si admirable que.... boss. Connaiss. iv, 2. Des mouvemunls si justes [chez les bêtes] et d'une si parfaite mécanique ne peuvent se faire sans quelque industrie, fénel. Exist. s. L'astronomie, l'anatomje sont les deux sciences où sont le plus sensiblement marqués les caractères du souverain être ; l'une annonce son immensité par celle des espaces célestes, l'autre son intelligence infinie par la mécanique des animaux, fonten. Méry. Quelle mécanique incompréhensible a soumis les organes au sentiment et à la pensée? volt. Ingénu, 2». Il 3" Les machines considérées dans leurs opérations. Une étoffe fabriquée à la mécanique. Déjà se déclarait en lui [Homberg] l'esprit de mécanique, si utile à un physicien, qui, pour examiner la nature, a souvent besoin de l'imiter et de la contrefaire, FONTEN. Homberg. || 4° Fig. La mécanique d'une chose, les moyens par lesquels elle se fait. On applaudit à l'expédient [poui retarder l'affaire]; mais, dès qu'on se mit à en examiner la mécanique, il se trouva que le temps était trop court, ST-siM. 4 8, 215. Avoir des lettres d'État, c'était le seul moyen de sauver l'afTaire; un des gens d'affaires en expliqua la mécanique, et nous fit voir que, quand elles seraient cassées, la requête de M. de Richelieu serait cependant introduite, id. 48, 24 B. Pour le bien entendre [comment sa pas.sa la réception du duc do Bourgogne à son retour], il faut un moment d'ennui et de mécanique : l'appartement de Mme de Maintenon était de plain
pied.... ID. 244, 434.
— HIST. xvi" s. Cet art d'inventer et dresser des instrumens et engins, qui s'appelle la mécanique ou organique, amyot, Marcel. 2t.
— ÊTYM. Lat. mechanica, du grec |iit)xavixf„ sous-entendu te^vt), art (voy. mécanique 4).
MÉCANIQUEMENT (mé-ka-ni-ke-man),a(i». D'une façon mécanique. La fausse idée qu'il est possible d'expliquer mécaniquement tous les effets des forces de la nature, bufp. Mém. t. ix, p. 4 4 8.
— HIST. XV" s. Mais bien oyons dire qu'ilz ont guerres et divisions comme nous [l'Afrique et l'Asie] et encore^ plus mécaniquement, car j'ay sens plusieurs lieux où ils se vendent les un({s aux autres aux chrestiens, comm. v, 4 8. || xvi* s. Il ne faut pas pourtant imaginer que nos pères allassent mechaniquement [misérablement] vestus, langue, 483.
— ÊTYM. Mécanique, et le suffixe ment.
t MÉCANISER (mé-ka-ni-zé), v. a. || 1* Rendre mécanique, rendre .«emblable à une machine. L'industrie mécanise les hommes. || Mécaniser les art3,lcs réduire à l'état de métier mécanique. || 2° Terme populaire. Traiter d'une manière blessante , tourmenter.
— HIST. XVI* a. Les verres sont meclianizcz [avilis], en telle sorte qu'ils sont vendus et criés par les villages, palissy, 307. Si aucuns desdits nobles ou annoblis usent d'arts mechaniques et contreviennent à Testât do noblesse par pauvreté, ils seront privez de la franchise de leur noblesse pour le temps qu'ils auront mcchanisé; mais, en quittant ledit estât mechanique, ils pourront rentrer en leur pristine noblesse, JVouc. cousiun». j^wfr. 1. 11, p. »7'i.
— ETYM. Voy. MÉCANISME.
MÉCANISME (mé-ka-ni-sm'), s. m. \\ l'Ensemble de pièces, do machines, de moyens de mouvement, soit naturels, soit artificiels. Le mécanisme du métier à bas est très-complicjué, mais fort ingénieux. Le mécanisme de l'insccto le plus vil n'est pas moins merveilleux que celui de l'homme, dideii. Pens. philos. n° 4 9. Par ces mois [s'il avait assisté aux conseils de Dieu] qui furent taxés d'impiété, Alphonse faisait entendre que l'on était encore loin de connaître le rnécinisme do l'univers, laplack, Eipot. V, 4. Il 2' Mécanisme d'une fonction animale, ensemble des actes exécutés par chaque organe d'un appareil pour Taccomplis,sement d'une fonction. Cette action [de l'&me sur le corps et vice vers&] est du nombre do ces choses dont le indcanisme sera tou -
MEC
jours ignort, volt. Newl. i, l. Le mécanisme de ta Uninie du pic a été un sujet d'admiration pour tous les naturalistes, bui-f. Où. t. xi.i, p. 23 || Le mécanisme du raisonnement, l'ensemble des procédés loRiques. On est fiché de voir qu'il [Aristole] s'arrête plus sur le mécanisme du raisonnement [dans ta Logique! que sur le raisonnement même, condil. Hitl. ont. 111, ai. Il Le mécanisme du langage, la structure matérielle des éléments de la parole. || Le mécanisme des vers et de la prose, la composition des parties du vers ou de la prose, suivant le rbythme qui est propre k l'un ou à l'autre. On dit aussi le mécanisme d'une phrase. || 3° Le mécanisme de la peinture, de la sculpture, etc. la partie mécanique et pratique de ces arts. || 4° Terme de musique. Le mécanisme d'un instrument, se dit do la partie matérielle d'une exécution difficile. Le mécanisme du violon, du piano. || On dit de certains violonistes : il a un beau mécanisme, il a du naecanisme, il connaît bien le mécanisme de son instrument, pour dire qu'il possède bien la pratique de cet insti-ument, au point de vue de la difficulté. Il On oppose ordinairement le mécanisme à l'expression, au style. || 6" Terme de philosophie. Opinion qui admet que tout dans la nature est produit par les propriétés mécaniques de la matière. Le mécanisme comme cause immédiate de tous les phénomènes de la nature, est devenu dans ces derniers temps le signe distinctif des cartésiens, maiban, Éhge de l'abbé de Molières. || Mécanisme animal, l'organisme animal, supposé agir comme une machine et d'après les lois de la mécanique seulement, opinion erronée qui était celle des ialromccaniciens.
— ÊTYM. Lat. mechonisma, du grec (irixâvij (voy. machine). Mechanisma est un mot que les Latins ont formé comme si (ifixavlCeiv existait en grec.
t MÊCANISTE (mé-kà-ni-st'), ». m. S'est dit pour ialromathématicien (voy. ce mot).
j MÉCÉNAT (mé-sé-na), s. m. Néologisme. Qualité , titre de Mécène.
SIÉCÈNE {mé-si-n'),s.m. || 1° Nom d'un grand personnage romain qui fut ministre et ami d'Auguste, et qui protégea lesgens de lettres. Et pouvant j ustemenl l'égaler [Colbert] à Mécène, boil. Ep. ix. ||2» Par extension, homme riche ou puissant i|ui encourage les sciences, les lettres et les arts. Mécènes orgueilleux des talents médiocres qui les recherchent, et secrets ennemis des talents distingués qui les négligent, d'alemb. Êlog. Créb. Les gens de lettres ont senti enfin que toute dépendance personnelle d'un Mécène leur âtait le plus beau de leurs avantages, la liberté de faire connaître aux autres la vérité lorsqu'ils l'ont trouvée, et d'exposer dans leurs ouvrages, non les prestiges de l'art d'écrire, mais le tableau de leur âme et de leurs pensées, con- DORCET, d'Alembert. || On dit quelquefois Mécenas, suivant le nom latin Miecenas. On doit tout espérer d'un monarque si juste; Mais sans un Mécenas à quoi sert un Augusteî boil. Sat. i.
MÉCilAHMEMT (mé-cha-man) , adv. Avec méchanceté. Combien les lunettes nous ont-elles découvert d'êtres qui n'étaient point pour nos philosophes d'auparavant I on entreprenait méchamment l'Écriture sainte sur le grand nombre des étoiles, en disant : il n'y en a quo mille vingt-deux, nous le savons, pasc. Pem. xxiv, 36, éd. havet. Lors le richard, en larmoyant lui dit : Je pleure, hélas! pour ce pauvre Holopheine, Si méchamment mis à mort par Judith, hac. Épigr. o. Mais pour un lourd frelon, méchamment imbécile. Qui vit du mal qu'il fait et nuit sans être utile, Oo écrase à plaisir cet insecte orgueilleiu, volt. J!>ùc. 3.
— IIIST. XIV' s. Et nul ne dirolt que celi fust beneuré qui auroit en vie eu et usé de tant de bonnes fortunes et flneroit sa vie ainsi mesclieament et misérablement, ohesmb, EUi. ï2. || xv* s. Et pour ce que rien n'en fut fait, perdirent-ils méchamment [malheureusement] leur ville, proiss. i, i, «»». Il xvi' s. Il commença à devenir meclmntcment fin, DKSPER. Conlti, xxxi. Pour moy, je sçais bien dire : il taicl meschamment cela, et vertueusement
CCCy, MOHT. iv, ««0.
— ÊTYM. Méchant, et le suffixe ment; Berry, mithanlement. Metchant, étont le participe présent de metchoiT et n'ayant qu'une terminaison pour le masculin et le féminin, a donné régulièrement metehaiit-mtnt ; puis, quand ces adjectifs commencèrent à prendre l'e muet au féminin, on forma fn«fr/innl«m«n<, qui n'a pas duré.
MÉ<.UAm;ETÉ (mé-cban-se-té), i. f. ||1' Vice de m qui en médiocre, lan* qualité. On avait beau leur répondre que la méchanceté même des vers marquait qu'iU partaient d'un dieu qui avait un noble
MEC
mépris pour les règles, ou pour la beauté dustyle.... KO.NTEN. Oracl. II, «. Il 2° Penchant à être méchant, à faire du mal. Ne comptez-vous pour rien le plaisir que l'on a à connaître tous les matins la méchanceté des gens, couverte du nom de zèle, et tous les soirs leurs sottises déguisées en pénétration? BKTZ, Uém. liv. IV, t. m, p. 173, dans pou- CKNS. Comme la méchanceté est timide, elle se condamne par son propre témoignage, saci. Bible, Sagesse, xvil, 10. La méchanceté qu'on emploie à diffamer un homme prouve que ce n'est point pour sa méchanceté qu'il est difTamè, j. j. rodss. 3' dialogue. La méchanceté se trouve aujourd'hui l'âme de certaines .sociétés, duclos, Consid. mœurs, cil. 8. Il Familièrement; 11 se dit de l'opiniâtreté des enfants, La méchanceté de cette petite fille. || 3° Action méchante. Si vous avez ouvert les lettres, c'est une grande méchanceté que de m'en faire tant la guerre, voit. Lett. 24. Et de tant de pays nomme quelque contrée Dont tes méchancetés te permettent l'entrée, corn. Uédée, ii, 2. Je me renferme à comprendre qu'on vous fait des méchancetés; je ne puis les deviner, et ne vois point d'où elles peuvent venir, sÉv. 138. J'aime à rapporter vos propres termes ; c'est ma plus grande méchanceté, i. j. Rouss. Letl. à l'archev. de Par. Je n'ai jamais fait dans ma vie qu'une méchanceté, disait un jour Rulhière à Cliamfort. — Quand finiia-t-elle, lui répliqua Chamfort? sainte-bkuve, Art. sur Cliamfort. Il 4° Parole dite dans l'intention de nuire, d'offenser. 11 y a bien plus de gens qui se connaissent en méchancetés qu'il n'y en a qui se connaissent en style, VOLT. iett. Damilaville, 29 août i76l'. Tant que Frcron amusera les oisifs par ses méchancetés hebdomadaires, on négligera les autres ouvrages périodiques qui ne seront qu'utiles et raisonnables, in. Lett. d'Argental, H mars I7C4. Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté , pas d'horreurs, pas de conte absurde qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien, dkaumarch. Barb. de Sév. 11, 8.
— HIST. xiv" s. Et des meschans ne vient fors que meschancetez, Guescl. 20783. ||xvi* s. A la fin, comme toutes mechancetez se découvrent , des PER. Contes, XXXI. Universellement mal voulu de tous gens de bien et d'honneur pour sa meschanceté et sa vie desordonnée, amïot, Philop. 3). Ces meschancetez insignes, mont, iv, so.
— KTYM. L'ancien franc, meschance (voy. méchant) a donné meschanceté ; viescliant avaitdonné dans le xvi" siècle mcscliantise.
MÉCHANT, ANTE (mé-chan,chan-t'), ad;. || l'Oui ne vaut rien dans son genre (méchant étant le participe présent de l'ancien verbe méchoir). Ce sont de méchants vers, rêg.nier, Sot. viii. Je vousdonne Médée [tragédie], toute méchante qu'elle est, et ne vous dirai rien pour sajustification, corn. Médée, à monsieur P. T. N. G. Voyez si c'est vous rendre un fort méchant office, id. Sophon. ii, 3. Mon fils, dit Joab, pourquoi voulez-vous courir? vous serez le porteur d'une méchante nouvelle, saci, Bible, Rois, I, xviii, 2â. Voilà, dit-il [Xanthus], la pâtisserie la plus méchante que j'ai jamais mangée; il faut briller l'ouvrière, car elle ne fera de sa vie rien qui vaille, LA PONT. Vie d'Ésope. Et vous, qui dédiez  messieurs les gens de finance De méchants livres bien payés, id. Fabl. viii, (9. Je les trouve méchants [les vers], mol. Jft's. ii, 7. Mais peut-être, madame, que leur danse sera méchante.— Méchante ou non, il la faut voir, id. Am. magn. i, 6. Je n'ai pas si méchant goût que vous avez pensé, id. ib. ii , i. Il me donna les plusméchantes raisons du monde, que je pris pour bonnes, sév. 236. Mme de Melcelbourg avait trop méchante réputation, pour la laisser auprès de Madame, la payëtte, Hist. d'il. d'Angl. Œuv. eompl. t. in, p. «63, dans pougens. Vous lisez tout, bon ou mauvais, et vous pensez que, dans les plus méchants livres, il y a toujours quelque chose dont on peut foire sou profit, volt. Lett. d'Argental, 2 déo. )76i. C'est une très-méchante manière de raisonner, que do rejeter ce qu'on ne peut comprendre, chateaubr. C^itt'c, i, i, 3. Aigles et cygnes, quoi qu'on fasse. Sont toujours de méchants ragoûts, bErano. Uits. de Montrouge. || Dans ce sens, méchant se met avant son substantif. || Il se dit des personnes dans la même acception et se mot aussi avant son substantif. Suppléez aux fautes qu'aura peut-être faites le méchant copiste, scahr. Lett. fjfiut). t. 1, p. <04. Quand je vous mande de certaines choses.... je les apprends ou de M. le Premier....ou de M. le grand maître, oudufils deH.de la Rochefoucauld : ces auteurs-ià ne sont pas méchanu, »i\. ai août i675. Que j« vous plaint d'a-
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voir eu un méchant prédicateur I id. 27 mars i«7t. Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain, BOIL. Art p. 1. Laissant de Galien la science suspecte, De méchant médecin devint bon architecte, ID. ib. IV. Il II se dit aussi des animaux en ce sens. Un méchant clreval. Une méchante monture. Il 2° Chétif, insuffisant, qui a peu de valeur, qui mérite peu de considération. Pour un méchant soupir que tu m'as dérobé, corn. Place Roy. iv, b. Flaminius y demeure en as.sez méchante posture, voyant réunir toute la famille royale, malgré les soinsqu'il avait pris de la diviser, iD.Ex. de Nicom. N'ayant qu'un méchant caleçon, Il avait méchante façon, SCARR. Virg. vi. Vous voilà bien malade d'avoir un méchant rôle à jouer! mol. Impromptu, l. Elle a toujours une très-méchante santé, sêv. 482. Ce philosophe [Maxime de Madaure] était le favori de l'empereur Julien, et c'est ce qui lui fit une si méchante réputation parmi nous, volt. Dial. 23. U fuyait dans une méchante calèche, id. Charles XII, 4. Ma pauvreté est fière ; je n'ai qu'un méchant pourpoint, mais je n'y veux point de taches, nucis, Lett. du n octobre I8t3. [[ Avoir méchante mine, avoir lair bas, ignoble. || Être de méchante humeur, être d'humeur chagrine. || 3" Oui n'est pas sans danger, qui cause du mal. Le ciol eut pour ces vœux une bonté cruelle,; Souvent sa complaisance a de méchants effets, LA FONT. Fabl. vu, I7. {| Une méchante affaire, une affaire qui peut causer de graves embarras, et même une affaire qui peut mener devant la justice. .Méchante alTaire pour monsieur Guillaume, brueïs, Avoc. Pat. III, 7. Je vous l'avais bien dit, mon mari, que vous vous attireriez quelque méchante affaire, VOLT. Socrate, m, lO. Susciter une méchante affaire, à la bonne heure, beaumabch. Barb. de Sév. II, 8. Il 4° Contraire à la probité, à la justice. Une méchante action. Plus de trente archevêques etévêquos, quelques-uns même de ceux que les jésuites croyaient le plus dans leur dépendance, foudroyèrent à l'enviet l'apologie et la méchante morale des casuistes, rac. Ilist. Port-Royal. Un de ces malheurs qui peuvent arriver à tous les hommes, et dont un méchant mouvement peut nous rendre capables, MASS. Carême, Injusl. Mais à l'esprit méchant je ne vois point de gloire; Si vous saviez combien cet esprit est aisé. Combien il en faut peu, comme il est méprisé! gresset, Uéch. iv, 4. 115° Qui est porté à faire du mal, en parlant des personnes. Et le surnom de bon me va-t-on reprochant. D'autant que je n'ai pas l'esprit d'être méchant, Régnier, Sat. m. Et n'aulorisez pas De plus méchants que vous à la [l'autorité] njettre plus bas, corn. Nicom. ii, 2. Et je ne pense pas que Satan en personne Puisse être si méchant qu une telle friponne, mol. ^c. des tnar. m, 10. Non, rien de plus méchant n'est sorti de l'enfer, id. Tart. iv, 8. Sa femme (de Ch. de Sévigné] entre dans ses sentiments [de dévotion] ; je suis la plus méchante, mais pas assez pour être de contrebande, sév. 27 déc. 4 684. Aussi disait-il qu'il y avait peu de différence entre un juge méchant et un juge ignorant, FLÉCH. Lamoign. Dans un méchant homme il n'y a pas de quoi faire un grand homme, la bruy. xii. Le cardinal de Uichelieu, tyran quand on lui résistait, et méchant parce qu'il avait des méchants à combattre, volt. Suppl. au siècle de Louis II V, 3' part. Vous m'allez dire que je deviens bien hardi et un peu méchant sur mes vieux jours; méchantl non, je deviens Minos, je juge les pervers, lu. Lett. Mme d'Argental, »4 janv. )76i. Cette prodigieuse multitude de maisons de charité prouve évidemment une vérité à laquelle ou ne fait pas a-ssez d'attention, c'est que l'homme n'est pas si méchant qu'on le dit, ID. Dict. fjhil. Charité. Une infinité de sols par nature se font méchants par air, saurin. Mœurs du temps, se. l.|| Méchante langue, homme ou femme qui se plaît à médire. || De méchantes mains, c'est-à-dire une personne méchan te, ou des personnes méchantes. Mon propre exemple et celui de tant do bourgeois qui se sont mal trou vésde pareilles alliances me faisaient craindre que ma nièce ne tombât en de méchantes mains, d'allainval, École des bourg. m, 4. Il Avoir méchante physionomie, méchante mine, ou bien une physionomie méchante, la mine méchante, un caractère de physionomie méchant, avoir la physionomie, la mine d'un méchant homme. H 6° Qui a fait quelque petite malice, ou qui est coupable de quelque petite négligence. Vous êtes bien méchant de m'avoir laissé si longtemps en peine, de m'avoir fait attendre si longtemps. 1| Qui lance des traits de raillerie. Vous êtes toujours bien méchante quand vous parlez de Mme de la Fayette;
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je lui ferai quelques légères amitiés de votre part, SÉV. 230. Vous ne le disiez pas, vous êtes méchant, COLLIN d'harlev. Chat, en Esp. i, 2. || 7° Enfant mcctiant, enfant opiniâtre, désobéissant, difficile à régir. Il 8° Méchani garçon, homme menaçant, bravache. Enfonce ton bonnet en méchant garçon, mol. Scap.1,7. Il Familièrement.Trouverplusméchantque soi , trouver plus fort, plus fier , plus puissant que soi . I! Il ne sera pas si méchant qu'il l'a promis à son capitaine, c'est-à-dire il menace beaucoup,mais il n'osera mettre à exécution ses menaces. || Familièrement. Faire le méchant, s'emporter en menaces. Si les Espagnols font les méchants, sév. 4 28 Merlin parlait
à des marchands Oui, pour être payés, font un peu les méchants, dancourt, Mme Artus, ii, 4. Il 9° S. m. et /. Un méchant, une méchante, une personne de mauvais caracttre, vicieuse. Et que, juste une fois, il [Auguste] s'est privé d'appui. Perdant, pour régner seul, deux méchants [Lépide et Antoine] comme lui, corn. Cinna, i, 3. Allez, seigneur, allez Venger sur ces méchants tant de droits violés, lo. Jf. de Pomp. iv, 5. La méchante l'abuse aussi bien que Phocas, m. lléracl. iv, 4. Il y a des méchants qui seraient moins dangereux s'ils n'avaient aucune bonté, la rochef. Max. 284. Ce qu'on donne aux méchants toujours on le regrette, la font. fabJ. Ii, 7. Il faut faire aux méchants guerre continuelle, iD. ib. m, (3. Tenez entre eux divisés les méchants; La sûreté du reste de la terre Dépend de là ; semez entre eux la guerre , Ou vous n'aurez avec eux nulle paix, id. ib. vu, 8. L'or s'épure dans le même feu où la paille est consumée; et sous les mêmes châtiments par lesquels les méchants sont exterminés, les fidèles se purifient, Boss. Ihst. II, 9. 11 faisait connaître aux bons qu'il eût voulu les satisfaire sans leur donner la peine de solliciter, et aux méchants, qu'il eût voulu les corriger sans avoir le déplaisir de les punir, FLÉCH. Lamoignon. Au bonheur du méchant qu'une autre porte envie, bac. Ksth. il, 9. La gloire des méchants en un moment s'éteint; L'affreux lombeau pour jamais les dévore, id. i6. ii, 9 Songez, méchants, songez, Oue mes armes encor vous tiennent assiégés, id. Athalie, v, 6. Les méchants sont hardis, trompeurs, empressés à s'insinuer et à plaire, adroits à dissimuler, prêts à tout faire contre l'honneur et la conscience pour contenter les passions de celui qui règne, fénel. Tél. ii. Sachez que les méchants ne sont point des hommes incapables de faire le bien; ils le font indifféremment de même que le mal, quand il peut servir à leur ambition, iD. t6. xm. Le plus grand ennemi du méchant, c'est celui qui lui ressemble, mariv. Pays, parv. i" part. La terre portera toujours des méchants détestables, les livres en exagéreront toujours le nombre, qui, bien que trop grand, est moindre qu'on ne l'a dit, volt. Dict. phil. Homme. Malgré tous les succès de l'esprit des méchants, Je sens qu'on en revient toujours aux bonnes gens, gresset, Méchant, v, <o. Sa définition du méchant me paraît sublime : le méchant de Hobbes est un enfant robuste, diuerot, Opinion des anc. philos, {hobbisme). Les méchants par air sont aussi communs aujourd'hui que l'étaient autrefois les faux dévots, OENLis,r/i^(U.d'^duc. le If^chonl par air, u, 6.
— REM. Le sens de méchant varie quelquefois, selon qu'il précède ou suit son substantif. Une méchante épigramme, de méchants vers, c'est une épigramme, des vers mal tournés; une épigramme méchante, des vers méchants, c'est une épigramme, des ver» où il y a de la malignité. Un méchant homme,c'estunhomme|pcrvers; un homme méchant, un homme dont la langue est médisante. Avoir une méchante mine, c'est avoir l'air misérable et bas; tvoir une mine méchante, c'est avoir l'air méchant.
— IIIST. XIV* I. Il .seroit aucune foiz hencûré, et «près autre foii malcureuz et mescheant, oresme, Eth. 13. Eslre disposé en ceste manière sans amia- Meté à soy meisme est une chose très-mescbeante et trïîs-nuisable, id. ib. sas. Cils chevaliers l'a pris cns ces prcz \!i devant, Et le tient en prison en guise de meschant, Guescl. M«6. Ouant la meschant (icrsonne a bien beu et mengié et plus qu'elle ne duit, Ménagier, i, ». || xv« s. Adonc y seras-tu plus meschant de ce que tu Guideras y estre plus heureux, AL. chart. Curial. 304. Moschante parolle gettée va partout à la voilée, lehoux db lincv, Prov. t. u, p. 34«. Se ce meschant [son médecin] j'eusse cru ; lAi I je seroy mort tout roide ; Se seulement j'eus.se lieu .Sa tisanne et son eau froide, bassrl. xlviii. En fin on trouva que ce n'estolt que tout abus [dans de prétendus miracles], et qu'elle estoit unemoschanto iolle,»AN DE TROTg*,C/tron. Mao.Etaffin qu'il n'eust
cause de faire un meschant appoinctement pour peu d'argent, comm. iv, 9. || xn' s. Ils renvoyèrent aux Phalisques leur meschant maistre d'eschole [qui avait livré aux Romains les enfants], mont, i, ■24. Puys estudioyt quelque meschante demye heure, RAB. Garg. i, 2( . Hz luy baillarent, pour soy couvrir, une meschante sequenye, ID. ib. i, 49. Ilz avoient de meschans petits chevaux, les premiers qu'ilz pouvoient trouver, amyot, P/ii7op. 4 4. U devint le plus desloyal et le plus meschant des meschants, ID. Dion, 68. En bien faisant l'on guerroyé le meschant, LEROUX DE LiNCY, JPror. t. II, p. 292. De meschant homme bon roy, cotgrave. De meschant hoste, bon reconduiseur, id. Bon bastard, c'est aventure; meschant, c'est de nature, id. Sans estre poursuivi, le meschant prend la fuite, ID.
— ETYM. Picard, mécanl; wall. méchant; Berry, michant. L'ancienne forme est mescheant, du préfixe mes, et cheant, participe présent du verbe choir (voy. chance). Meschant signifie proprement celui qui a mauvaise chance; de là vient le sens de ne valant rien, chétif, insuffisant ; un pas de plus en s'éloignant du sens primitif conduit à l'acception de contraire à la probité en parlant des choses, et d'enclin à mal faire en parlant des personnes.
MÈCHE (mè-ch'), s. f. |I 1° Cordon de coton, de chanvre, etc. imbibé d'huile dans les lampes, cou vert de suif dans les chandelles. La mèche d'une lampe, d'un cierge, etc. || Trivialement. Il n'y a pas mèche, il n'y a pas moyen. || 2° Matière préparée pour prendre aisément feu, linge demi-brûlé, amadou, etc. 11 faut faire de la mèche pour votre briquet, celle-là ne vaut plus rien. Et bientôt au brasier d'une mèche enflammée Montre, à l'aide du soufre, une cire allumée, boil. Lutrin, m. Il 3° Corde faite d'étoupe broyée et sèche dont les canonniers se servent pour mettre le feu au canon, et les mineurs à une mine. J'ai passé plus d'an nées parmi les armes que d'heures dans mon cabinet, et beaucoup plus usé de mèche en arquebuse qu'en chandelle, scudéry, dansPKLLissoN, Hist. de l'Acad. IV, Scudéry. Un seul officier d'artillerie osant se préparer à mettre le feu au canon, Charles court à lui et lui arrache la mèche; le commandant se jette aux genoux du roi, volt. Charles XII, 2. Lorsqu'on nous couche en joue de près, à bout touchant, lorsqu'autour de nous toute l'Europe en armes fait l'exercice à feu, ses canons en batterie et la mèche allumée, p. l. coun. Pétition pour les villageois, etc. || Mèche à feu, faisceau de fils [iréparés, qu'on tord un peu et qu'on roule autour d'un iiâton nommé boute-feu. {| Fusil à mèche, ancien fusil auquel on mettait le feu à l'aide d'une mèche. La sentinelle, qui était à vingt pas de moi, n'osa me tirer parce que, lorsque je le vis compasser la mèche, je lui criai que je le ferais pendre .s'il tirait, RETZ, Mém. t. m, liv. iv, p. 457. dans pougens. Six Arabes, armés do poignards, de longs fusils à mèche, formaient notre escorte, chateaub. Itin.i' pari. Il Terme de génie militaire et d'artillerie. Découvrir, éventer la mèche, découvrir, au moyen dune contre-mine, l'endroit où une mine a été pratiquée, et enlever la mèche qui devait mettre le feu. Il Fig. Découvrir, éventer la mèche, découvrir le secret d'un complot, d'une affaire. || 4° Morceau de sangle de fil grossier qu'on a trempée dans du soufre et dont on brûle un bout dans les tonneaux, soit pour enlever le mauvais goût du fût, soit surtout pour donner de la force au vin ; on s'en sert particulièrement pour les vins blancs. || 6" Mèche d'une corde, partie intérieure, qui n'est presque pas tortillée. Il Ter.Tie de marine. Faisceau de fils de caret qu'on met au milieu d'un cordage à quatre torons, pour que. les fils de cette corde travaillent également lorsque le cordage travaille. || 6° Bout de ficelle attaché à l'extrémité d'un fouet. La mèche de votre fouet est usée. || T Terme de chirurgie. Petite bande de toile fine effilée sur les bords, ou bien faisceau de longs brins de charpie disposés parallèlement et liés ensemble au milieu de leur longueur, dont on se sert pour déterffcr des foyers purulents, pour entretenir une ouverture eu une fistule, etc. Il 8' Mèche de cheveux, bouq.iet de cheveux séparé, en forme de mèche, du reste de la chevelure. Il lui donna une mèche de ses cheveux. || 9" Terme de filature. Mèche de filasse, état dans lequel on présente la filasse aux machines pour en faire du fil. M Mèches de préparation, nom donné aux gros fllsdans les HIaturçs. ||10' Faire la mèche, se dit, chez les rermicelliers, pour couper les vermicelles en sortant du moule. || 11* Mèche d'un vlllebrequin, d'un trépan, d'une tarière, etc. la partie de fer ou d'acier qui sort i percer. Il Spirale de fer ou d'acier d'un tire-bou-
chon. Il Outil servant à faire des trous. ||12° Termo de marine. Mèche du gouvernail, la pièce principale du gouvernail, quand ce gouvernail est composé de plusieurs pièces. || Mèche d'un mât d'assemblage, pièce centrale composée de plusieurs pièces adentées, ajustées, contrariées, et faisant dans leur ensemble un long et gros parallélépipède rectangle. || Mèche ou fusée de cabestan, principale pièce de la charpente d'un cabestan. Il 13° Pièce principale d'une œuvre de charpentage. Il 14° Partie d'une pierre à fusil qui est taillée en biseau et qui frappe sur la batterie.
— KEM. Au lieu d'éventer la mèche, le populaire dit souvent vendre la mèche ; c'est absurde.
— HiST. XIV' s. Le limegnon de chandelle ou meiche de lampe, nu cange , cicindela. Meschei ensouffrées, Ménagier, u, 5. Si comme la flambe de la mèche s'estaint quand l'oille [l'huile] ou la gresse luy faull, LANFRANC, f" 32. || XVI' S. Il fut le premier qui compassa la mecheetqui faillit à tuer son dit cousin du parti de Mirebeau, d'aub. Yie, iv. Un vieux sergent vint faire allumer la mèche à d'Aubigné, id. ib. xvi. Ce qui fit regarder chacun à sa mesche [se tenir sur ses gardes], id. Ilist. ii, 221. Capituler avec armes et bagage, la mesche esleinte, id. 16. il, 282. N'aians eu que les deux harquebusades des sentinelles, pour ce que les mèches n'avoient pas le feu en pointe, id. ib. m, 9. Esvanter la mesche, des accords, Escraignes dijonn. p. 42, dans lacurne.
— ÉTYM. 'Wallon, mohe; provenç. meca, mecha; cat. mexta; esp. et port, mccha; ital. miccia; angl. match; du bas-latin myxa, qui vient du latin myxus, mèche; grec, (lOÇct, champignoij qui se forme à la mèche d'une lampe, proprement morve, par assimilation de la morve pendante au nez avec une mèche. Comparez [hjxtôp, nez, et voy. moucher.
MÉGUÉ, ÊE (mé-ché, chèe), part, passé de mécher. Tonneau méché.
MËCUEF (mé-chèf), s. m. Terme vieilli. Fâcheuse aventure. Le pis de leur méchef Fut qu'aucun d'eux ne put venir à chef De son dessein, la font. liémois. M. l'électeur de Brandebourg est la dupe ou plutôt la victime sur qui tombe tout le méchef, bayle, Lett. à Miriutoli, 4 7 mars 1675.
— HIST. xiii* s. Se saviez orendroit à quel mechief je sui, Berle, xxviii. Li diex d'amors.... trait por moi mètre à meschief Une autre fioiche de rechef, la Rose, 4 8 11. Mes ce seroit trop grans meschiés.... ib. 5376. ||xv' s. Et convi endroit qu'ils se combatissent à leur meschef, froiss. i, i, 36. Il XVI* s. Ayant par meschef atteint et tué un Epitimius Thes5alieii, amyot, Périel. 68. Souvent celuy qui demeure Est cause de son meschef; Celui qui fuit de bonne heure. Peut combattre de rochef, Satyre Ménippée, les Pièces de tapisseric.i.
— ETYM. Mes.... préfixe, et chef, tête, bout; provenç. mescap; anc. catal. menyscab; anc. esp. mescabo; esp. mod. menoscabo.
MÉCIIER (mé-ché). L'accent aigu se change en grave quand la syllabe qui suit est muette : je mi:che; excepté au futur et au conditionnel : je inécherai, je mécherais), v. a. Terme de marchand de vin. Mécher un tonneau, mécher du vin, les soufrer, avec une mèche soufrée, à laquelle on met la feu (voy. MÈCHE, n° 4.)
t MÉCHEUX, EUSE (mé-cheû, cheû-z'), adj. Qui forme mèche. Des laines mécheuses.
— ETYM. Mèche.
t MIÎCUOACAN (mé-cho-a-kan), s. m. Plante convolvulacée dont la racine nous est apportée du Mexique (conroJt'u/«î mechoacana, L.), qui est dite aussi méchoacan blanc, rhubarbe blanche, scammonée ou bryoïie d'Amérique, et qui a des propriétés analogues .'1 celles du jalap. || Méchoacan noir, un des noms vulgaires du jalap. || Méchoacan du Canada, un des noms vulgaires du ph'jtolacca dccandra (chénonodiacécs), dit aussi raisin d'Amérique.
t MECIIOIU (mé-choir), v. n. et impers. Torm» vieilli qui ae dit encore quelquefois aux temps suivants : il méchoit, il méchorra. Il vous mécherrade celle entreprise.
— HlST. xiii* 8. Bien voi qu'il vous est meschcO, Desquevous voi si e.smeû, la Rote, 7277.||xvi* s. Il n'y ajuste à qui il ne puisse mesclioir, marouer. Nouv. LXII.
— ETYM.. Mes.... préfixe, et choir; provenç. mrscaser.
t MfiCOMÈTRE (mé-ko-mè-tr") , 1. m. Terme d'obstétrique. Espèce <le compas de proportion aveo lequel on mesure la longueur du fœtus, à l'hospice de la Maternité.
— Etvm. M?|Xoc, longueur, et mètre.
MF.CO.MPTE (ujé kon-t'), ». m. || 1° Erreur dan»
MEC
un compte, dans une suppuUtion. Je ne sais s il y ■ du mécompte en notre calcul, bali. liv. il, lett. 5. pp, „,.,., „.,fe3 de chronologie ne ruinent point la , .1, VOLT. Dicl. phil. Abraham, 3. Le
j chai de Saxe tomba dans le même mé-
compte [sur les frottements et les pertes de force], quanti il construisit une galère qui devait remonter la rivière do Seine en vingt-quatre heures, par le moyen de deux chevaux qui devaient faire mouvoir des rames, m. Dirt. phil. Forte physique. || Manque dans une somme d'argent. Car il trouvait toujours du mécompte à son fait, la pont. Fabl. xii, S. S'il nel'eiitdite [l'oraison de Saint-Julien], il eût trouvé mécompte X son argent, et mal passé la nuit, id. Orais. Après la perle de la santé que je mets toujours avec raison au premier rang, rien n'est si fâcheux que le mécompte et le dérangement des affaires, SÊV. 3 avr. (680. Il 2" Par extension, toute espèce d'erreurs, de méprises (sens qui n'est guère usité). 11 fallait relever tous les mécomptes dont cet ouvrage fourmille [le Testament politique du cardinal de Richelieu), volt. Mil. hist. Mensonges impr. xviii. || S* Fig. Espérance déçue, idée fausse ou exagérée qu'on s'est faite d'une chose. Les réflexions que vous faites sur le mécompte éternel de nos projets sont fort raisonnables, sÉv. 6 oct. «680. Un roi, quelque bon et sage qu'il soit, tombe chaque jour dans quelque mécompte, tantôt par ses passions et tantôt par celles de ses ministres, fén. Tél. xii. Excusant les fautes, réparant les mécomptes, id. ib. XX. Tous nos mécomptes sont venus de l'idée que nous avions conçue de vous dans votre jeunesse, in. Dial. des morts mod. Dial. I6. Ce qui fait souvent le mécompte d'un écrivain, c'est qu'il croit rendre les choses telles qu'il les aperçoit ou qu'il les sent, VÀUVBN. Max. vu. Les idées exagérées et romanesques ont produit plus d'erreurs, de mécomptes et de malheurs que les passions les plus violentes et les plus dangereuses, genlzs, Mlle de la fayetle, p. <«, dans pougens.
— HIST. lui* s. S'ainsi n'est que cil qui rechurent le conte metent avant mesconte ou deschevance, car adont convenroit-il que li contes fust recordés, BEAUU. L, 0. Il XIV* s. Mais s'elle n'y est, c'est mescompte. Et l'on n'en retire que honte. Trait d'alch. 4«7. il XVI* s. L'indiscrette et prodigieuse facilité des peuples à se laisser mener et manier la créance et l'espérance, où il a pieu et servi i leurs chefs, par dessus cent mescomptes les uns sur les aultres, par dessus les phantosmcs et les songes, mont, iv, *ei.
— Etym. Mes.... préfixe, et compte; provenç. menescompte.
t MÉCO.MPTÉ, ÉE (mé-kon-té, tée), part, passé de mécomptor. Qui a éprouvé un mécompte. Le roi, bien mécompte de trouver partout tant d'ordre et d'exactilii(ly,éuitpresque revenu en faveurd'Alibée, FÉN. t. XIX, p. 03. Quiconque acceptera le mariage par l'espérance de s'y contenter grossièrement, y sera bientôt mécompte, id. t. xviii, p. (88. || Ce participe n'est pas donné par l'Académie, bien qu'elle donne le verbe.
MfXOMPTER (SE) (mé-kon-té), «. rt/l. || 1» Se tromper dans un compte. En faisanll'addition la marchande s'est mécomptée. Je ne sais ce que vous voulez dire quand vous croyez que l'abbé se nit:compte à votre profit, sÉv. 7 août 4675. Les médecins [de la Dauphine], no pouvant lui faire d'autre mal, se sont si bien mécomptes, qu'ils l'ont saignée dans la fin du troisième mois et dans le liuilième; tant ils sont enragés de vouloir toujours faire quelque chose I id. î8 juillet 1682. || i- Par extension, se tromper en quelque chose qu'on croit ou qu'on espère. N'oserait-on dire que Benoît XII et Eugène IV se sont mécomptes? patbu, Plaidoyer M, dans BiciiELET. Son orgueil se mécompte, ben- «m*nE, Aondeau, dans bichelet. Quand on compte sans la Providence, ma chère fille, on court risque souvent de sa mécompter, sEv. 1 59. C'est sur cela que j'avais comptA et que je me suis mécomptée, id. »»», L'ime meut tous les ressorts fdu corps) i propos, sans les voir, et elle ne s'y mécompte pas, fén. Exist.n. Oa a beau étudier les hommes, on s'y mécompta tous les jours, id. Tél. xu. || S* V. n. Se dit quelquefois d'une horloge qui sonne une autre heure que celle qui est marquée par les aiguilles. Il n'est pas trois heures, cette pendule mécompte — ">ST xm« s. S'il [le bailli] mesconte sor •l [le seigneur], li damaces en est siens, beaum. I, 40 C«st cale qui fait l'autrui prendre, Hober, tolir ot h»retor. Et bcscochier et mcsconter. ta Ho««, l«0.||xv s. La Uvernior cuidant qu u se feosl mesconte, do cawoi, ardicut. || xvi* s ABOor triMnra cella qui m'est amere... Bonjour
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dit-il, bonjour. Venus ma mère; Puis tout à coup il voit qu'il se mescompte, marot, De Cupido et de sa dame. Ainsi on se mescompte moins pour savoir combien à la fin monte la desponse,LA hoÉr.Mesiiag. de Xénophon, (83. Les menteurs, en inventant tout, semblent avoir d'autant moins à craindre de se mécompter, mont, i, ».
— ÈTYM. Mes...., et compter ; prov. mescomptar.
f MÉCONATE (mé-ko-na-f), «. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide méconiiiue avec les bases.
t MÉCONE (mc-ko-n') ou MÉCONINE (mé-ko-nin'), s. f. Principe de l'opium, ciistallisable, blanc et non azoté.
— ÊTYM. Mtixmv, pavot, t MÉCONIQU E (mé-ko-ni-k'), adj. Terme de chimie.
Acide méconique, acide découvert dans l'opium.
— ÉTYM. Mrixcov, pavot.
MÉCO.MDM (mé-ko-ni-om'), s. m.\\l' Suc exprimé des têtes et des feuilles de pavot mises sous presse. || 2° Terme de médecine. Matières visqueuses, verdâtres ou brunâtres, ainsi nommées à cause de leur ressemblance avec du suc de pavot, qui s'accumulent dans les intestins du fœtus durant la gestation, et que l'enfant rend presque immédiatement aprèssanaissance. || 3° Terme d'entomologie. Gouttelette rougeâtre que Tinsocte évacue immédiatement après sa transformation.
— ÊTYM. Mr.xtiviov, de (ii^xuv, pavot.
MÉCONNAISSABLE (mé-ko-nê-saW) , adj. Qu'on
ne reconnaît plus, à cause de quelque déguisement ou de quelque changement. Il se rendit méconnaissable en mettant de la poussière sur son visage et sur ses yeux, saci, Bible, Hois, m, xx, 38. Le chevalier de Mirabeau a conté ici de quelle manière vous avez été touchée de mon mal, et comme en six heures do chagrin, votre visage devint méconnaissable, SÉV. 204. Il revint à Londres, mais languissant, abattu, au point d'en être méconaaissable, marmontel, Cont. mor. Amitié à l'épr.
— HIST. xvi* s. Le mal la rendit hideuse et mesconnoissable à tous ses domestiques et parens, d'aub. Hist. m, 463.
— ÉTYM. Méconnaître.
MECONNAISSANCE (mé-ko-nê-san-s"), s.f. \\ l'Action de méconnaître. Dieu a révélé ce secret important à Daniel ; et il lui découvre, comme vous voyez, que la ruine des Juifs sera la suite de la mort du Christ et de leur méconnaissance, boss. Hist. Il, *. L'entière méconnaissance des parents et des parentes, si ce n'est à porter les deuils les plus éloignés, ST-siM. 409, (16. Lorsqu'un gouvernement aussi puissant que celui de la république française est ainsi méconnu, lorsque cette méconnaissance est fondée sur les ménagements qu'on croit devoir à des coupables fugitifs, Correspond. du gén. Klinglin, l, i&t. Quand il [Louis XI] s'humiliait devant Edouard I'^ et le duc de Bourgogne, ce n'était pas par une méconnaissance de sa grandeur, mais pour obtenir le loisir de poursuivre dans l'intérieur les seigneurs puissants, CHATEAUBB. Anal, raisonnée de ihist. de France, XI. Méconnaissance de Dieu, lacordaire, 5" confér. Il 2' Action de ne pas reconnaître, de ne pas avouer. Mélite : .... Eh ! dieux, quelle imposturel Jamais un de ces traits ne partit de ma main. — Cloris : Nous pourrions demeurer ici jusqu'à demain. Que vous persisteriez dans la méconnaissance; Je vous laisse..., cohn. Mél. iv, 2. Notre cour ordonna que la requête lui serait signifiée, ....pour, après sa reconnaissance ou méconnaissance des faits y contenus, être fait droit ainsi qu'il appartiendra, Cour des comptes, aides et fin. de Normandie, Arrêt 27 janv. t7t7. Il 8° Oubli d'un bienfait. C'est un monstre d'orgueil et de méconnaissance, tiustan , Mnriane, ii, 6. La résistance à laquelle ma dignité m'avait obligé ne venait d'aucun principe du méconnaissance, BETZ, II, 87.
— lllST. xvi* s Leurs biens faicts envers l'Eglise, ses mesconnoissances envers eux, d'aub. Hist. 1, 408. Cet esprit couroit des bigoteries aprises de nouveau à la mcsconnoissance do Dieu, u>. ib. m, 495. Dont s'ensuivroit non-seulement une ingratitude et mescognoissance de la miséricorde de Dieu envers nous, mais.... calv. Instit. lo03.
— ETYM. Méconnaissant; provenç. mesconoisenxa, mesconoisencxa.
MECONNAISSANT, ANFE (mé-ko-nê-san, san-f), ad;'. Il 1* Qui méconnaît, qui ne reconnaît pas ce qui est. Les louanges sont la récompense de la venu ; et, parce que vous êtes modeste, serais-je obligé d'être ou injuste, ou méconnaissant T u£nace , 1 Préface aux ceutret de Malherbe. || 2° Qui a de la
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méconnaissance, qui oublie les bienfaits, les services. Il faut que d'un bienfait une âme se ressente. Ou qu'elle soit fort lâche et fort méconnaissante, TRISTAN, l'anlhée. iv, 4. Tel que je suis, je lui ai sauvé la vie dans Paris aux dépens de deux bons coups d'épée, et il en a été méconnaissant.... scARR. liom. corn, i, B. Vous seriez le plus méconnaissant des hommes, si vous ne faisiez pas pour les autres ce que l'on a fait pour vous, boubdal. Carême, 444. Adieu, je te laisse mon mémoire; si tu peux me rendre service, je n'en serai pas méconnaissant, DANCotiRT, Femme d'intrigues, v, 4 4. — ÉTYM. Méconnaître.
MÉCONNAÎTRE (mé-ko-nê-tr'; il se conjugue comme connaître), r. a. || i° No pas reconnaître. Voyons, sous cet habit qui me fait méconnaître. S'il est aussi courtois qu'il m'a promis de l'être, ROTROU, Bélis. i, 6. Les mêmes objets nous paraissent par tant de côtés différents, que nous méconnaissons enfin ce que nous avons vu et ce que nous avons senti, la rochef. Rè/l. div. p. 4 22, dans POUGENS. Vous n'avez donc plus qu'à me mander pourquoi vous m'avez envoyé ce beau chapelet que je méconnaissais, sÉv. 24 juin 4 680. Ils lo méconnurent, ce Jésus qui leur était déclaré par tant de marques, boss. Hist. il, lo. Et mille fois un fat finement exprimé Méconnut le portrait sur luimême formé, BOIL. Art p. m. Mais souvent un esprit qui se flatte et qui s'aime Méconnaît ton génie et s'ignore soi-même, id. ib. i. Un corps défiguré.... Et que méconnaîtrait l'œil même de son père, BAC. Phèdre, v, 0. Il n'est pas possible de méconnaître Charles-Quint dans le portrait do Picrochole, VOLT. Mél. litt. Lett. sur Itabelais. \\ 2° Commettre une méprise sur quelque chose. Hippocrate méconnut une fracture du crâne. || 3°Désavouerquelqu'un, afl"ecter de ne pas le connaître. Ce même Bajazet, sur le trône affermi. Méconnaîtra peut-être un inutile ami, BAC. Bajax. i, 4. Fier de son nouveau rang, m'ose-t-il méconnaître? id. Iphigénie, m, 2. Parce que nous sommes pauvres, on nous méconnaît, on nous repousse, diderot, Père de famille, IV, 10. Il Désavouer quelque chose, n'en pas convenir. Il ne veut pas avouer par sa bouclie des faits aussi odieux, et il n'ose pas méconnaître dt's faits aussi publics, Cour des comptes, aides et /in. de Normandie, arrêt 37 janv. 4 74 7. || 4» Ne pas rendre justice à une personne; ne pas apprécier une qualité, une chose, comme elle le mérite. Cet homme de génie a été méconnu par ses contemporains. Les dieux, à vos désirs toujours si complaisants. Vous font-ils méconnaître et haïr leurs présents? RAC. Iphig. 1, 4. Je voulus le punir quand mon peu de lumière Méconnut ce grand homme entré dans la carrière, volt, fanât, i, 4. || 6° Se méconnaître, v. réfl. Ne pas se reconnaître, se tromper sur soi-même. Elle [l'âme] dit : je suis une vapeur, je suis un air délié ou un feu subtil.... ô âme.... en te cherchant, tu t'es perdue ; maintenant tu te méconnais en ce triste et malheureux état, BOSS. la Vallière. || Oublier ce qu'on a été ou ce qu'on est, ce qu'on doit aux autres, montrer de la présomption, de rin.solence. Voilà qu'elle |rime] commence déjà à se méconnaître; transportée do son orgueil, elle dit.... Boss. la Vallière. Les hommes qui n'ont pas la même noblesse leur céderont sans peine [aux nobles des premières familles], pourvu que vous no les accoutumiez pointa seméconnaître dans une trop prompte et trop haute fortune, FÊN. Tél. xil. Ce fut lui [le duc d'Épeinon] qui, ne pouvant soufl'rir que le garde des sceaux, du Vair, précédât les ducs et pairs dans une cérémonie à la paroisse du Louvre.... le fit sortir de la place et de l'église, en lui disant qu'un bourgeois ne devait pas se méconnaître, volt. Hist. pari. xlvu.
HIST. xm* s. X Dieu que il niesquenoissoienl,
Psautier., f" (87. Ainsinc va des amis poissaps, Douz est à lor mescongnoissans Lor servise et lor acointance Par le défaut d'expérience, la Rose, (8780. Il XIV 8. La cure de cesle maladie csi incscogneue à moult renommez mires [raéOocins], lan- FHANO, f° 69. Il xvr s. J'eus plus d« dcspit cncorcs que de compassion de le veoir [le Tasse] à Kerrare survivant à soy mesmo, mescognoissant et soy et ses ouvrages, mont. 11,214. Aux présents hrouiUisde cet estât, mon interest ne m'a faict mescognoistre uy les qualitez louables en nos adversaires iiy celles qui sont reprochaliles en ceux que j'aysuivis.iD. iv, (&». — ÊTYM. Mes.... préfixe, et connailre; provenç. mesconoisser ; ital. mcsconoscere, misconoscere.
MÉCONNU, CE (mé-ko-nu, nue). p<ir(. passé de méconnaître. Qui n'est pas reconnu. Les frères méconnus immolés par leurs frères, volt. Mér, v, 6.
MÉC
MÉC
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t MÉCONSEILLER (mé-kon-sè-Ué, !J mouillées), V. a. Donner de mauvais conseils, des conseils imprudents.
— HIST. xni* s. Dist Renart : par saint Nicolas, Ne te mesconseillerai pas, Que bien m'as ma volenté fête, Ren. 25(84.
" ÊTYM. Kes.... préfiie, et conseiller.
MÉCONTENT, EIVTE (mé-kon-tan, tan-t'), adj. Il 1' Oui n'est pas content. Il s'en est allé mécontent. Mais un esprit sublime.... Et, toujours mécontent de ce qu'il vient de faire. Il plaît à tout le monde et ne saurait se plaire, BOit. Sat. ii. Quelque puissant qu'on soit en richesse, en crédit. Quelque mauvais succès qu'ait tout ce qu'on écrit, Nul n'est content de sa fortune, Ni mécontent de son esprit, nEsHocr.. Poés. 1. 1, p. <03. Il [la Fare] était mécontent du gouvernement; il passait sa vie dans une société qui se faisait un mérite de condamner la cour, VOLT. S. de Louis XIV, 27. On n'est pas toujours mécontent sans déplaire, GENUs,ild. et Théod. t. Il, p. 281, dans POUGENS. || Être mécontent de soi-même, se faire des reproches, ne pas trouver qu'on vaille suffisamment. Je suis très-contente de Saint-Cyr, et très-mécontente de moi, maintenon, Lett. à Vabbé de Gobelin, 7 déc. (688. U plupart [des âmes].... passent leur vie dans des alternatives de courage et de faiblesse qui les rendent tour à tour heureuses et malheureuses, fières ou mécontentes d'elles-mêmes, jouffroy, Mélanges, Des facultés de l'dme humaine. \\ï° S. m. et/. Un mécontent, une mécontente , personne qui n'est pas contente. Ce ministre a fait bien des mécontents. Il 11 se dit particulièrement de ceux qui ne sont pas contents du gouvernement. En gouvernant le mieux on fait des mécontents, corn. Sertor. ii, 2. Mon cœur dans tout l'empire est le seul mécontent, ID. Tite et Bérén. i, ). Dans toute autre occasion Sapieha ne lui aurait paru qu'un mécontent ; mais, dans ces conjonctures délicates, il ne balança pas à le croire un traître, volt. Charles XII, 6. Comme Henri III permettait à son frère d'aller ravir les provinces des Pays-Bas à Philippe II, à la tête des mécontents de Flandres, id. Mœurs, i83. Les mécontents se déclarèrent ouvertement sous le nom de ligue de bien public, qui est toujours leur prétexte, etrarement leur motif, duclos,Hiî(. Louis II, CEuv. t. H, p. 227.
— ÊTYM. Mé.... préfixe, et content.
MÉCONTENTÉ, ÉE (mé-kon-tan-té, tée), part.
passé de mécontenter. Rendu mécontent. Mécontenté par son fils.
MÉCONTENTEMENT (mé-kon-tan-te-man), s. m.
Il i° Manque de contentement. Aimant mieux étouffer leurs mécontentements Que d'en faire à leur dam des éclaircissements, tristan , Panlhée, m,). Curiosité [desavoir l'avenirj qui marque fortement le mécontentement du présent, aussi fortement que l'éloge du sommeil, le mécontentement de la vie, DiDER. Salon de 4767, ÛKurr. t. xiv, p. 368, dans POUGENS. ||2" Sentiment pénible produit par la conduite que les autres tiennent à notre égard. On disputa, et par conséquent on ne s'entendit guère, on ne convint de rien, et on se sépara avec assez de mécontentement réciproque, fqntf.n. Malebranche. Les sujets de mécontentement que Christine avait ou croyait avoir augmentèrent au point que.... d'alehb. Mém. Christ. (Mut. t. iv, p. 55, dans pouoENs. Des délations artificieuses, toujours envenimées par le désir de nuire, achevèrent de porter au comble les mécontentements de Louis, genus, une de Lafayelte, p. 3, dans pouuens. || Mécontentement de soi-même, sentiment qu'excite en nous la désapprobation que nous nous infligeons à nousmêmes. (Test le mécontentement de soi-même, c'est le poids de l'oisiveté, c'est l'oubli des goûts simples et naturels, qui rendent si nécessaire un amusement étranger,;, i. bouss. Lett. à (fxiemb.lj 3° État des esprits irrités contre le gouvernement, contre une politique. Le mécontentement est général dans la Grèce; Sparte garde un profond silence, Athènes ust incertaine ettremblanle,BABTiif.L.j4noch. ch. «i.
— HIST. XVI* s. Chascun do nous a en soy-raesme lesthresor» de contentement et de mescontentement, AMYOT, De la tranq. d'dme, 3«. Je vous mettray en tel poinct auquel vous n'aurez anicun mcscontentement, mcst. i, 87. M. le conneslihle, irrité du mescontentement de sa majesté, faict marcher l'avant-garde, C\BL. IV, (».
— ETYM. Mécontenter.
MÉCONTENTER (mé-kon-lan-lé), r. a. || f Rendre méctntcnt. Cet enfant mécontente se» maîtres, «es parents. Mettez ceux [les moments] où j'ai pu TOUS mécontenter, au nombre de mes malheurs, et
aimez-moi par générosité, si vous ne pouvez plus m'aimer par goût, volt. Lett. Mme de Bernièrcs, 16 oct. 4 726. Il a° Se mécontenter, v. rcfl. Être mécontent. Voilà quelles raisons ôtent à vos services Ce qu'ils vous semblent mériter, Et colorent ces injustices Dont vous avez raison de vous mécontenter, CORN. Agés. III, 4.
— niST. XVI' s. Valerius ayant entendu que le peuple se plaignoit et se mescontentoit de cela, il ne s'opiniastra pas, amyot, PubJ. 4 8.
— ETYM. Mécontent.
t MÉCRÉANCE (mé-kré-an-s') , t. f. Refus de croire, incrédulité. Ici enclins à la superstition, ailleurs à la mécréance; ici à la liberté, ici à la servitude, MONTESQ. dans le Dicl. de bescherelle.
— HIST. XII" s. Ke l'un d'els n'ait ver/ l'altre dote [doute] ne mescreance, Rou, v. 5322. || xm* s. Mon lit estoit fait en mon paveillon en tel manière que nul ne pooit entrer ens, que il ne me veist gésir en mon lit; et ce fesoie-je pour oster toutes mescreances [mauvaises croyances] de femmes, joinv. 267. Il XVI* s. La mescreance et l'impiété de contemner les dieux, amyot, Alex. 4 20.
— ÊTYM. Mécréant; provenç. mescresema; ital. miscredema.
MÉCRÉANT, ANTE (mé-kré-an, an-f), adj.
Il 1° Qui croit mal, qui appartient à une autre religion que la religion chrétienne. Les nations mécréantes. Il S. m. Bien à propos s'en vint Ogier en France, Pour le pays des mécréants monder, Rotideau en vieux langage, dans la bruy. xiv. Ce temps où la France s'en allait en guerre contre les mécréants et les infidèles, chatealbr. Génie, ii, I, 5. Il 2° Incrédule,qui ne veut pascroire. Vous avez l'âme bien mécréante, mol. Fatin de P. m, 4. || Qui ne croit pas à la religion. Biron, avec de la grâce, de la capacité à la guerre, était fort débauché, fort mécréant, et le pillage n'est pas chose qui effarouche les Allemands, st-sim. 4eo, 63. Notre maire, un peu mécréant, A maint sermon répond : néant, bébang. Mon curé. \\ Substantivement, un mécréant, un esprit fort. Malheur au mécréant qui contredit ces grandes vérités [que la Providence fait tout]! volt. Mél. hist. Déf. de mon oncle, l.
— SYN. MÉCRÉANT, INFIDÈLE. Les mécréants sont ceux qui croient mal, les infidèles sont ceux qui n'ont pas la vraie foi ; en ce sens ces mots sont synonymes, mais ne se disent que des idolâtres, des païens et des musulmans, et non des hérétiques ou schismatiques. Mécréant et infidèle sont encore synonymes quand ils signifient celui qui ne croit pas à la religion révélée. La seule difl"érenceestque mécréant étant le terme ancien a pris quelque chose de familier et d'iromque, que n'a pas infidèle qui est plutôt du langage soutenu.
— HIST. xn* s. Illoc jura li païens mescreant.... Roncisv. 28. Il xm* s. Et li tiers ot non Jehan qui fu mauvais et mescreans et mal creans en Dieu, Chron. de Rains, p. 8. Si que, par droite justice et par droit jugement do sainte Eglise, il soient condampné et tenu por mescreant, BEAiiM. xi, 25. l|xiv*s. Nul mescreant ne doibt cstre contrainct par guerre ne aultrementpourveniràla foi catholique, Songe du Yergier, I, 54. Il XV* s. Les plus grands des royaumes mescreans dont on eut la connoissance, fboiss. ii, m, 25.
— ÊTYM. Mes.... préfixe, et créant, prononciation normande de croyant; provenc. mescreant; ital. miscredenle.
MÉCROIRE (mé-kroi-r'; il se conjugue comme croire), v. n. Refuser de croire. On en pourra gloser, on en pourra mécroire, la pont. Fiancée. || Proverbe. Il est dangereux de croire et de mécroire. Il Activement. Mais il ne faut telles choses mécroire, LA font. Aveux. Et partant ne veux pas Mécroire en rien la vérité du cas, volt. Àntigit.
— HIST. xiii* s. Ançois m'estuct fil me faut], se voeil [si je veux] à droit jugier, Croire et mescroire et ses fais et ses dis, uXtzner, p. 34. Si que, s'il a aucun lai [laïque] qui mescroie en le [la] foy.... HEAUM. XI, 2. Or nous ledenge, or nous mesame Jalousie qui nous mescroit, la Rose, 3663. ||xvi* s. Tant de constances esmerveillables parurent, que les spectateurs mescroifnt leurs yeux d'avoir veu, et les cscrivains d'avoir fidellement rapporté, d'aob. Uist. I, 71. Le voulant rendre suspect, afin que, si lo petit roy venoit à décéder, on le mescreust de l'avoir secrettement fait mourir, aiitjt, Lyc. î. Quand je me plains du défaut de m^ mémoire, ils me reprennent et me mescroyent, mont, i, 33.
— ÊTYM. Mes... préfixe, et croire; Berry, mécreire ; provenç. mescreire.
t MÉCROYANT (mé-kro-ian), t. m. Il «'est dit pour mécréant, dont il n'est qu'une autre pronon-
ciation. Pour vos Genevois, depuis que vous y êtes, ils sont non-seulement mécroyants, ils sont encore devenus tous de beaux esprits, volt. Lett. du roi de Pruiise, » janv. (766.
— ÊTYM. Mes... préfixe, et croyant.
MÉDAILLE (mé-da-ir. Il mouillées, et non mé-da-ye), s. f. \\ 1° Pièce de métal, qui représente le visage de quelque personne célèbre, ou quelque événement extraordinaire, avec une lé gende ou une inscription qui y a rapport. Médaille d'or, d'argent, de bronze. Pensez-vous qu'il cherche à s'instruire par ses médailles, et qu'il les regarde comme des preuves parlantes de certains faits, et des monuments fixes et indubitables de l'ancienne histoire? la bruyère, xiii. Une médaille, même contemporaine, n'est pas quelquefois une preuve ; combien la flatterie n'a-t-elle pas frappé de médailles sur des batailles très-indécises qualifiées de victoires, et sur des entreprises manquées qui n'ont été achevées que dans la légende! VOLT. Dict. phil. Histoire, m. On a cette fameuse médaille où Catherine [de Médicis] est représentée toute nue entre les constellations d'Aries et Taurus, le nom A'Êbullé Asmodée sur sa tête, ayant un dard dans une main, un cœur dans l'autre, et dans l'exergue le nom d'OiiCi, m. Jfœurs, 473. || Fig. Les deux nations [anglaise et française] ont gardé les livrées de leur ancien état, et c'est ainsi queles langues sont les vraies médailles de l'histoire, RiVAR0L,2)tcf.untv. de la langue fronf. p.xix. Il Par plaisanterie. Ah! visible démon, vieux spectre décharné, Vrai suppôt de Satan, médaille de damné. Tu m'oses donc bannir, et même avec menaces, corn. VIllus. com. m, 4. || 2° Nom donné aux monnaies des peuples de l'antiquité. Histoire par les médailles. La face ou la tête d'une médaille. Il reste quelques médailles du temps des Machabées, où l'on voit des épis de blé et des mesures, pour montrer lafcrtilité du pays et l'honneur qu'ils mettaient à le cultiver, FLEURY, Mœurs des Israël, lit. xxxii, a* part. p. :)fl6, dans pooGF.NS. Voyez-vous, à l'aspect d'une médaille antique, Palpiter du vieux temps l'amateur fanatique? DELIL. Trois règ. iv. || Le cabinet des médailles, le lieu où, dans un établissement public, on conserve les médailles. || Médaille fausse, celle qui est contrefaite. Il Médaille saucée, voy. SAUCÉ. || Médaille fruste, celle qui est presque entièrement efl'acée. || Médaille incuse, voy. incuse. || Médaille fourrée, voy. fourrS 4. Il Médaille martelée, voy. martelé. || Médaille restituée , voy. restitution. || Médaille inanimée, celle qui n'a point de légende. || Médaille encastrée, médaille composée par des faussaires, avec deux pièces antiques, en prenant la face de l'une et le revers de l'autre. || Médaille do la coronation, médaille frappée à l'effigie du pape régnant. || Médailles coulées, celles où les faussaires ont cherché à faire disparaître les traces du coulage. Il Le corps d'une médaille, les figures qui y sont tracées. || Kig. C'est une tête de médaille, c'est une personne dont les traits sont grands et fort marqués. Il C'est une vieille médaille, se dit d'une vieille femme. J'ai fait serment que la première do ces vieilles médailles qui me tendra la joue... Thédt. ital. la Cause des femmes, dans le roux, Dict. com. Il Le revers d'une médaille, le côté opposé à celui de la tête. ||Fig. Le revers de la médaille, un des aspects d'une chose. Je ne vois la médaille que par son revers consolant, dider. Entrel. avec lamaréch. de '**, Œuv. t. I, p. 486, dans pougens. || Le revers de la médaille, le mauvais côté, les mauvaises qualités d'une personne ou d'une chose. Il Fig. Tourner la médaille, mettre la chose en sens contraire. Des trésors et tous les biens du monde me pourraient-ils donner autant do joie que votre amitié? mais aussi tournez la médaille, rien ne serait pis que lo contraire,sÉv. 74. || Fig.Ixi médaille est renversée, c'està-dire la fortune a changé, les choses ne sont plus dans le même état. Nostradamus.... a prédit dans ses vers Qu'en l'an deux mil, date qu'on peut délultre, Delà médaille on verrait le revers, bérano. Nostradamtit. Il Chaque médaille a son revers, chaque cho.so a un bon et un mauvais côté. Pour toi, les médailles n'ont pas de revers, les roses pas d'épines, les cieux pas de nuages, les femmes pas de caprices, CH. DE BERNARD, Unacte deverlu,^w. || 3" Pièce d'or, d'argent ou de cuivre, qui représente un sujet do dévotion, et qu'un prêtre a bénite. Médailles de tel saint. Médailles pendues à un chapelet. || 4* Prit qu'on donne aux poètes, aux orateurs, aux artistes qui ont obtenu les premiers rangs dans le concours, aux manufacturiers qui se sont distingués, etc. Oui diable a Imaginé cette médaille? on ne l'aurait pas donnée h l'auteur do Britannicus, qui n'eut que
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cinq reprfsenutions.... il n'y a de médailles que celles que la postérité donne, volt. Lett. d'Argenlal iljanv. 1768. Il On donno aussi des médailles dans les concours agricoles. || Médaille d'honneur, médaille décernée pour actes de dévouement et faits de sauvetage. || Médailles militaires, médailles qu'on donne à de» militaires en commémoration de quelque campagne, de quelque fait d'armes. Médaille de Crimée. Médaille de Sainte-HélÈne, médaille donnée «ux anciens militaires qui avaient fait la guerre sous le premier empire. || 6° Plaque de métal numérotée que portent k Paris les portefaix, colpoi-taurs, etc. il 6* En architecture, bas-relief de forme ronde, sur lequel est représentée la tôte de quelque personne illustre, ou quelque action mémorahle. {| 7* Médaille de Judas,voy. lunaire a.
— lllST. XV* 8. En une aultre maison de la ville [Florence] avoit [Pierre de Médicis] retiré tout ce qu'il avoit vaillant et bien trois mil médailles d'or et d'argent, bien la pesanteur de quarante livres: et croy qu'il n'y avoit point autant de belles médailles en Italie, comhines, dans de laborde, Ém. p. 385. Ilxvi* s. Trois medalles dont les deux sont d'albastre et l'autre de bronze, lesquelles ledict seigneur a prinses et retenues pour en faire à son plaisir, et icelles faict mettre, assavoir, les deux d'albastre en son cabinet d'Amboyse, et l'autre de bronze en ses coffres, de laborde, Ém. p. 380. Trois medalles [médaillons] de bronze grandes comme le naturel, lo.ib. Il y aies histoires pour en avoir mémorial ; ou bien figures ou medales de bestes, ou villes, ou pais, calv. Inst. 62. Voyez là une belle médaille [visage] de coquu, rab. Pan», iv, B.
— ETYM. Provenç. nudalh d'aur, monnaie, dans DOCANGE, medalla; espagn. mcdalla: ital. mfdaglia, avec le sens ancien de monnaie ; bas-lat. me- (talea, medttlla, monnaie; medallata, valeur d'une medalla; d'un mot fictif metalleus, dérivé de melallum, métal. Médaille est entré tardivement, sous cette forme, dans le français, et il y vient de l'Italie ; mais il y est depuis l'origine sous la forme maaille (voy. maille, monnaie).
f MÉDAILLE, ÉE(mé-da-llé,llée, li mouillées), adj Qui a reçu une médaille. Médaillé pour une vache au concours agricole de..,. || Substantivement. Les médaillés de juillet.
tMÉDAILLEL'R (mé-da-Ueur, U mouillées), I. m. Celui qui grave les coins des médailles.
HËDAILLIER (mé-da-Ué, H mouillées, et non mé-da-yé; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie: des mé-da-Ué-z élégants), *. m. Armoire pleine de médailles rangées dans des tiroirs. || Collection de médailles. Un riche médaillier.
— REM. Il serait mieux d'écrire médailler comme poulailler : cet i inutile se trouve aussi dans boutillier.
— ÊTYW. Médaille.
MÉDAILLISTE (mé-da-lli-sf, Il mouillées, et non mé-da-yiste) , t. m. Celui qui est curieux et connaisseur en médailles. Foucault, grand médailliste, était fort protégé du père de la Chaise, qui l'était aussi, st-sim. )8I, <i3.
— ETYM. Médaille.
MÉDAILLON (mé-da-llon , Il mouillées, et non roé-<la-yon), i. m. || 1* Nom donné à des médailles d'une grandeur ex traorl inaire qui n'ont jamaisservi de monnaie. Les médaillons-portraits furent d'abord l'œuvre des habiles orfèvres, qui gravèrent les admirables sceaux des xiv* et xv* siècles; la vogue ('en empara au commencement du xvi* siècle, ue LABOinE, Ém. p. 386. Il a- Bas-relief de ligure ronde. |i S* Bijou de forme circulaire ou ovale, dans lequel on enferme un portrait, des cheveux, etc.
— HIST. xvi* s. i toutes les chaînes, les médaillons d'or de l'effigie du roi, carloix, iv, i2.
— ÊTYM. Ital. mtdaglione, augmentatif de m«dagli'a, niérlaille.
MÉDECIN (mé-de-sin; l'n ne se lie pas : un mé-de-sin babile, in comme dans indigne; au pluriel, 1'» se lie : des mé-desin-z habiii's), t. m. \\ !• Celui qui exerce U médecine. On dit par vieux proverbe, que les butes des médecins sont heureuses, d'autant qu'elles sont payées, et si sont couvertes de la terre, o*- «ASSB, Reeh. drt reeherchet, p. ei«, dans lacurhe. Il [Joseph] commanda aux médecins qu'il avait à son service d'embaumer le corps de son père, saci, Bible, C««i»«, t, ï. Puii)Uon plaide, et qu'un meurt, et qu on deTint malade, Il faut des médecin», il faut de* «Toeats, la fout. Fabl. xii, a?. L'autre [la goullej toal %^ rebours, voyant les palais pleins , •? •*"• •"»""«>*• médecins, Ne crut pas j pou- Wf dMaeum à ton aiw, jo. ib. m, s. Le mé- 4Mis Twt-pia Tuilâil un maUda Qiu viait4lt aussi
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son confrère Tant- mieux, id. ib. v, <2. Lorsque le médecin fait rire le malade, c'est le meilleur signe du monde, mol. Méd. m. iui, il, O. C'est un bon impertinent que voire Molière, avec ses comédies; et je le trouve bien plaisant d'aller jouer d'honnêtes gens comme les médecins, ID. Mal. imag. m, s. Un fort honnête médecin, dont j'ai l'honneur d'être le malade, me promet et veut s'obliger de me faire vivre encore trente années.... m. Tari. 3« placet au roi. Votre monsieur Purgon, par exemple, n'y sait point de finesse : c'est un homme tout médecin depuis la tête jusqu'aux pieds, iD. Mal. imag. m, 3. Si les médecins n'avaient des soutanes et des mules.... jamais ils n'auraient dupé le monde, qui ne peut résister à cette montre si authentique, pasc. Pens. m, 3, éd. havet. Si les médecins avaient le vrai art de guérir, ils n'auraient que faire de bonnets carrés, in. ib. Les médecins ne te guériront pas ; car tu mourras à la fin ; mais c'est moi [Jésus-Christ] qui guéris, et rends le corps immortel, ID. ib. XXV, 2. Un bon appétit, un doux sommeil, un sang reposé, une grande vigueur dans les fatigues; voilà ce qu'un médecin pourrait lui ôter, si nous le mettions entre ses mains, sÉv. <93. Elle appelle les prêtres plutôt que les médecins, boss. Duch. d'Orl. Dieu n'a pas condamné la médecine dont il est l'auteur : honorez, dit-il, le médecin, à cause de la nécessité; car c'est le Très-Haut qui l'a créé, ID. Poil*. X, V, 2. Faites pénitence, tandis que le médecin n'est pas encore à vos côtés, vous donnant des jours et des heures qui ne sont pas en sa puissance, et toujours prêt à philosopher admirablement de la maladie après la mort, id. llourgoing. Ton oncle, dis-tu, l'assassin M'a guéri d'une maladie; La preuve qu'il ne fut jamais mon méfiecin, C'est que je suis encore en vie, BoiL. Ëpigr. xxi. Tant que les hommes pourront mourir et qu'ils aimeront à vivre, le médecin sera raillé et bien payé, la bruy. xiv. Dans le grand monde, et surtout dans une moitié de ce grand monde qui occupe plus les médecins, qui sait mieux les mettre à la mode, et qui a souvent plus de besoin d'être amusée que guérie, ponten. Litlre. Les anciens médecins, i commencer par Hippocrate, étaient médecins, apothicaires et chirurgiens, id. Lemcry. L'on voit sur l'autre aile de jeunes médecins qui se font recevoir docteurs en présence de la Mort, qui leur donne le bonnet, après leur avoir fait jurer qu'ils n'exerceront jamais la médecine autrement qu'on la pratique aujourd'hui, lksage, Diable boit. ch. 12, dans pouoens. Mme la duchesse du Maine, semblable à ces malades qui, non contents de consulter d'habiles médecins, écoutent aussi les charlatans, staal, Mém. t. i, p. 3(7. La première fois qu'il est parlé de médecins [dans la Bible], c'est quand il est dit que Joseph commanda aux siens d'embaumer le corps de son père, fleuby, Mœurs des Israél. tit. 4, t" part. p. 32, dans pougens. Vous avez un médecin, dit le roi à Molière; que vous fait-il? Sire, répondit Molière, nous causons ensemble, il m'ordonne des remèdes, je ne les fais point, et je guéris, volt. Vie de Molière. On me dira, comme on fait sans cesse, que les fautes sont du médecin, mais que la médecine en elle-même est infaillible; à la bonne heure; mais qu'elle vienne donc sans le médecin, i. J. rouss. Em. i. S'il est une classe d'hommes devant qui l'inégali-té des états doive disparaître, ce sont les médecins, condorcet, Bourdelin. Les hommes n'appellent un médecin que lorsqu'ils sont réellement malades; les femmes les envoient chercher toutes les fois qu'elles n'ont rien à faire, ou qu'elles ont de l'humeur, oenlis, Yeill. du chdt. t. XIII, p. 177, dans pougens. |{ Premier médecin, celui qui occupe le premier rang médical auprèsd'un prince. Médecin ordinaire, celui qu'il consulte d'habitude. Médecin par quartier, celui qui est de service tous les trois mois. Médecin consultant, celui qui est appelé en consultation. .M. Fagon est déclaré premier médecin de Mme la Dauphinc, maintenon, te(l. à M. d'Àubigné, l"janv. 4681. M. Lémery ne fut pas plutôt de retour à Paris que la reine d'Espagne l'honora d'un brevet de médecin consultant de Sa Majesté, mairan; Éloges, Lémery. Il Fig. et familièrement. Médecin d'eau douce, médecin peu habile, ou qui n'ordonne que des remèdes insignifiants; par allusion aux marins d'eau douce, qui seraient de chétifs marins de mer. || On dit quelquefois docleur-médecin. || En parlant d'une femme, on dit une femme médecin, comme une femme auteur. Il Médecin est lo titre de ceux qui sont pourvus du grade de docteur en médecine, par opposition aux officiers de santé. || S* Médecins de tous arts se disait «ulrefois das médecins qui, sans études mé-
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dicales proprement dites, prétendaient être en possession de secrets et de recettes. Celui-ci [le lionl parmi chaque espèce Mande des médecins; il en est de tous arts; Médecins au lion viennent de toutes parts, LA FONT. Fabl. viii, a. || Médecin des urines, espèce de charlatan médical qui prétend connaître et traiter les maladies à l'inspection seule de l'urine du malade. || 3° Fig. Ce qui est propre à rendre ou à conserver la santé. L'exercice et le régime sont d'excellents médecins. Le mauvais état où je vous ai vue pour la nouvelle que vous veniez de recevoir de la mort de M. le chevalier votre frère, ma fait craindre que le temps, quelque bon médecin qu'il soit, n'ait de la peine à vous y donner du soulagement, MALH. Lett. I, 3. Le temps, seul médecin de telles maladies [les douleurs morales], vous les a rendues supportables, poussin, icH. 3 nov. 4647. Il 4° Le médecin des âmes, le prêtre, le confesseur. Il en coûte à qui vous réclame, Médecins du corps et de l'âme, la font. Fabl. xii, 6. En remerciant ses médecins : voilà, dit-il, maintenant mes vrais médecins ; il montrait les ecclésiastiques dont il écoutait les avis, boss. Louis de Bourbon. \\ Dieu, Jésus-Christ. Pensera-t-on que ces philosophes qui vantent si hautement la puissance de la nature, en connussent l'infirmité et le médecin? pasc. Prov. IV. Le pouvoir et le vouloir sont tellement joints, que jamais l'homme n'a le pouvoir, si Dieu ne lui en donne le vouloir; car qui peut prier comme il faut, si ce divin médecin ne nous inspire lui-même le commencement de ce désir? m. Lett. sur les commandemerits de Dieu, 2. Lorsque sa main [de Dieu] se fut appesantie sur votre propre personne, et que des maux longs et cruels eurent éteint peu à peu votre jeunesse et votre santé, quels remèdes demandiez-vous au souverain médecin? MASS. Carême, prière, 2. {[ S" Médecin vétérinaire, voy. vétérinaire. Il 6» Terme de marine. Médecin de papier, nom donné, à bord des navires de commerce qui naviguent sans médecin, à un traité de médecine pratique, dont les prescriptions sont appliquées aux malades par les soins des capitaines. il Proverbes. Après la mort le médecin, c'est-.'i-dire on apporte le secours quand le mal est fait et irréparable. Je sais ce que c'est, après la mort le médecin, VOLT. Lett. Damilaville, i9 juill. 4760. |1 Médecin guéris-toi toi -même, se dit à celui qui se mêle de donner des remèdes ou des conseils aux autres et qui en a lui-même besoin. || La robe ne fdil pas le médecin, c'està-dire le tilrene suppose pas toujours la science. || H vaut mieux aller chez le boulanger que chez le médecin, se dit à un homme à qui l'on recommande de ne pas s'exposer imprudemment aux causes des maladies; on le dit aussi pour consoler celui qui se plaint de la cherté des vivres.
— HIST. XIV* s. Où le physicien fait fin, Li commence le médecin. Supposant pour physicien Le très savant naturien, l'Alch. à nat. «74. || xv« s. Adonc mandent les médecins, Qui les vuident comme poucins Par sirops et par leurs cristeres, E. DESCH. Poésies mss. {' 474. Médecins sont confesseurs [on leur dit tout], Petit Jeh. de Sainiré, p. B46, dans LACURNE. Il xvi* s. Deux au petit doigt, deux au doigt médecin ou annulaire, et ua au moyen, pabiî, iv, 24. Sa femme lui fit défendra par médecin d'eau douce, qu'il ne bust point de vin, DESPER. Contes , lxxix. Advint que familièrement la médecine [femme de médecin] conta son affaire à une sienne voisine, id. ib. xcv. On ne trouve erreur de médecin ; erreur de painctre se voyt sans fin, génin. Récréât, t. ii, p. 2*6. Jeune médecin fait les cimetières bossus, ouDiN, Cun'oî. franc. Les médecins et mareschaux tuent les gens et les chevaux, du verdieii, Div. levons, p. BI2, dans LACURNE. Bon est le médecin qui se sçait guarir, coigrave. Un piteux [qui a de la pitié] médecin fait une playe mortelle, m. Les mots terminés en ique [hydropique, hectique, etc.] foni au médecin la nique, m. En despit des médecins nous vivrons jusqu'à la mort, leroi;x de lincv. Prov. t. I, p. 265. Vieil médecin et jeune barbiei [chirurgien], in. ib. t. ii, p. 435.
— ETYM. Lat. medicinus, dérivé de medicus, médecin, du verbe mMeri; comparez le volsquv medti, magistrat, et le grec (liôiaOïi, avoir soin. Medicus, avec l'accent sur me, avait donné mege. miege (en wallon, méd), dans l'ancienne langue, qui disait aussi mire eiphysicien ; physicien est resté dans l'anglais avec le sens de médecin. Mege, miege ont été conservés comme noms propres.
MÉDECINE (mé-dc-si-n') , *. f. H 1° Art qui a pour but la conservation de la santé et la guéri.son des maladies, et qui repose sur U science des maladies
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oa pathologie. Faire, pratiquer la médecine. La faculté de médecine. Étudiant en médecine. Docteur en médecine. Comment I Monsieur, vous êtes aussi impie en médecine, mol. Fest. de Pier. m, t. Aussi ne fut-ce qu'à force d'habileté que M. Liltre réussit dans cette profession ; encore ne réussit-il que parmi ceux qui se contentaient de l'art de la médecine dénué de celui du médecin , fon- TENELLE, Littre. Enfin il lui vint une fièvre maligne qu'il négligea dans les commencements, soit par l'habitude de souffrir, soit par la défiance qu'il avait de la médecine, à laquelle il préférait les ressources de la nature, id. Chaielles. Un grand professeur en médecine et un grand médecin peuvent être deux hommes différents, id. Boerliaave. 11 n'appartient qu'à celui qui a prali lué la médecine pendant longtemps d'écrire de 1» milaphysique, BIDEB. Opin. des anc. philos. [Locist' J'aurai recours à la médecine le plus tard que faire se pourra; je la regarde comme la soeur presque jumelle de la métaphysii|ue, par son incertitude, d'albmb. Lett. au roi de Pr. 47 sept. 176«. || Médecine clinique, celle qui se pratique au lit du malade. || 8" Système médical. La médecine galénique. La médecine des Arabes.;; 3° Médecine agissante, celle qui fait usage tout de suite des moyens qui tendent à guérir; par opposition à médecine expectante, celle des médecins qui ont pour principe d'attendre les opérations successives de la nature avant de se décider. || 4° Médecine mentale, celle qui s'occupe des maladies de l'esprit. Il 8° Médecine légale, l'ensemble des connaissances médicales appliquéss aux questions de droit, quand il faut constater l'état de santé physique ou morale d'un individu, et reconnaître les traces médicales que tel oh tel crime a pu laisser. |] Il y a aussi la médecine légale vétérinaire. || 6° Médecine opératoire, l'étude, faite séparément, de tous les moyens de guérison autres que les médicaments interneset externes,c'est-à-dire par l'œuvre de lamain et par l'emploi des appareils. ||7°Médecine vétérinaire, celle qui a pour objet la santé des animaux domestiques. Il 8° Médecine des gens du monde, médecine domestique, la pratique de la médecine par ceux qui, sans savoir rien en médecine, administrent des médicaments dans la maison ou aux pauvres à l'aide de livres et de formulaires. La cherté de leurs drogues [des apothicaires] les a fait haïr dans les familles, où les médecins ont introduit une domesti'|ue et familière médecine, dont le peuple est fort soulagé, on patih, Lett. t. Il, p. ) »«. || 9" Par extension, un rem<"'de en général. Je vous prie, ma bonne, quoi qu'on dise, de faire de l'huile de scorpion , afin que nous trouvions en même temps les maux et les médecines, sÉv. 8 juill. <872. La saignée et la boisson font sa médecine universelle [celle du docteur Sangrado], LESAGE, Gil Bios, II, 5. Il Médecine universelle, médicament auquel on attribue la vertu de guérir toute sorte de maladies. Ceux qui cherchaient la pierre philosophale cherchaient aussi la médecine universelle. Il faut que cet homme-là ail la médecine universelle, mol. Méd. maigri lui, I, 2. ||Fig. Ce qui remédie à quelque mal. Vos yeux peuvent eux seuls empêcher sa ruine, Et du mal qu'ils ont fait être la médecine, mol. Ec. des f. Il, 8. Il 10* Particulièrement, remède sous forme liquide ou solide qu'on prend pour se purger. L'aversion qu'on a des médecines, desc. Pass. iOl. Je m'en vais prendre demain une légère médecine, sÉv. 2S2. Je pris une sotte bête de médecine, m. 467. Je vous vois user de votre autorité pour faire prendre médecine à votre fils vous êtes heureuse que
votre enfant ne tous ait jamais vue avaler une médecine : votre exemple détruirait vos raisonnements, ID. 3 juill. <676. Et nous, pauvres Persans [Français], parce que nous sommes votre peuple, nous ne pouvons là cause d'un cordon militiiro autour de Genève] ni avoir à manger, ni recevoir nos lettres de Babylone [Paris], ni envoyer nos esclaves chercher une médecine chez le» apothicaires de Scythopolis [Genève], volt. Letl. due de Choiteul, » janv. (787. || Médecines blanches, potions purgatives dont l'émulsion d'amandes est l'excipient, et qui contiennent une résine purgative triturés avec la gomme arabique. Médecines noires, celles où entrent laçasse et le séné qui leur donnent una couleur noire. || Médecine douce, médecine préparée de sorte qu'elle opère doiicoment. {j Médecine en lavage, médecine étend'ie dans beaucoup d'eau. Il Médecine de cheval, médecine que les vélérinaim donnent aux chevaux, et qui est plus forte que pour les hommes. Ayant le district des pansements et des drogues [dans un haras], je vendais •cuvent aux liommcs de bonnes médecines de che-
▼aL... — Le comte : Qui tuaient les sujets du roi, ' BEAnMARCH. Barb. de Sév. i, 2. || F^milièremeiit. Médecine de cheval, médecine comme pour un cheval, médecine trop forte. || Prendre médecine, se purger. Le roi prit médecine; l'après-dinée, il tint le conseil d'État qu'il aurait tenu le matin s'il ne se fût pas purgé; M. le Dauphin et Monseigneur son frère, après avoir visité le roi à sa médecine, allèrent courre le sanglier, bangeau, Journal, t. xiii, p. 471. Il Cela sent la médecine, se dit des choses qui ont un goût de drogues. || Fig. Avaler la médecine, prendre son parti, se résigner à une chose malgré la peine qu'elle cause. Un séjour trop court [en bretagne] me serait inutile ; ce serait toujours à recommencer; il faut avaler toute la médecine, sÈi. 27 déc. 4684. {{ On dit dans le même sens : médecine amère. C'est une mauvaise délicatesse qui oblige ceux qui sont dans la nécessité de reprendre les autres, de choisir tant de détours et de tempéraments.... avec tout cela, cette médecine ne laisse pas d'être amère à l'amour-propre, PA5C. Pensées, t. I, p. 263, éd. lahure. || Proverbes. L'argent comptant porte médecine, c'est-à-dire l'argent comptant est un excellent remède, un excellent secours. Il 11 ne faut pas prendre la médecine en plusieurs verres, c'est-à-dire il faut faire sur le champ et d'un seul coup une chose désagréable dont on ne peut se dispenser.
— lliST. xiir s. Il est cil qui sane toutes tes enfermctez par la médecine del suen saint pardon. Psautier, t. 4 22. Ci! qui se sentent pesant pour le travail qu'il ont fait, li repos est leur médecine, Ai.EBRANT, f* 8. Avec lui furent ses amis Qui li ont mecine donée. Par qoi sa force a recovrée, Ren. 702 4. Car moult ont forces et mecines Fruit, fust, feuille, escorce et racines, la Rose, 43507. Lors le convient seingner ou prendre médecine, J. de MEDNG, Test. 474. Il xV s. Ils avoient, en leur ost et en leurs logis départis çà et là, grand faute de médecines et de médecins pour eux visiter, proiss. Il, m, 84. Un frère mineur maistre en médecine, ID. II, II, 4 4 2.11 XVI' s. Quelques fois la fortune faict la médecine, mont, i, 254. Contre la mort n'y a point de médecine, cotgrave. Contre péché est vertu médecine, m. Tard médecine est apprestée à maladie enracinée, ID. Médecine fait honneur à urine [les médecins consultent les urines], leroux
DE LINCY, ProV. t. I, p. 268.
— ÉTYM. Provenç. medecina, medicina, et aussi metiina, mezina ; espagn. et ital. medicina ; du lat. medicina, de medicinus (voy. wKdecin). X côté de médecine, i\ y avait aussi niccinc; medcine formé par suppression de \'i bref (voy. medciné, à l'historique de médeciner), d'où mecine.
MÉDECINE, ÉE (mé-de-si-né, née), part, passé de méilecin^r. Médecine à tort et à travers.
MÉDECINER(mé-de-si-né),t).a. || 1° Terme familier. Donner des médecines, des remèdes. Cette femme est toujours à médeciner ses enlants. Ce médecin médecine trop ses malades. Il faut songer bien vite à me médeciner, hauterociie, Sobles de province, n, 4. || 2" Se médeciner, v. réfl. Être continuellement dans les remèdes, prendre sans cesse des drogues. Cet homme s'est usé le corps à force de se médeciner.
— lilST. XII* s. Estre medcinez, jonn. pantosme, Chron. v. 4345. || xiii* s. Puiz lur fait à tuz demander, Se nus [aucun] l'en seit mediciner, marie, Fable 7. Sire, Enghe.-anl l'apelent celé gcnt d'outre mer, En sornom Taillefer le suelent apelcr; Cui il ataint à coup ne l'estuet meciner, Ch. d'Ant. viii, 375. En vilté, en ordure. En vie trop obscure Ai esté lonc termine, Huiiio nete et pure [la sainte Vierge], Ouar me pren en ta cure Et si ino médecine, bwteb. 11, 400. !' xvi* s. Apporter bonnes nouvelles aux pauvres, médeciner ceux qui sont affligez en leur cœur, calv. Instit. 598. Nous en voyons ordinairement se faire saigner, purger et médeciner pour guérir des mauli qu'ils no sentent qu'en leur discours, momt. ii, 24 2. Petrus Lervinua Spoletanus, ce dit Jovin, le quel fut jette en un puis pour avoir mal médecine Laurent do Mcdicis, BOL'ciiRT, Séries, liv. i, p. 303, dans lacurnh.
— ÈTYM. Médecine; provenç. medecinar, medicinar; espagn. medicinar ; ital. mcdici'nare.
t MÉDIAIKE (mé-di-ê-r'), adj. Terme de botanique. Qui est placé au milieu. Embryon médiairc, embryon placé au milieu du périsperme. |l Cloisons médiaircs, cloisons du péricarpe, quand elles correspondent à la partie moyenne des valves.
— f.TVM. Voy. MêDIAL.
t MfiniAL, ALE (mé-di-al, a-l*), adj. Terme de grammaire. Qui occupe le milieu d'un mot. Lettre
meaiaie. caractères médiaux. X l'égard des nasales, initiales et médiales, ils [les Latins] faisaient lo même usage que nous des lettres m et n, duclos, Gramm. P. H. Rem. Œuv. t. ix, p. 6, dans pougens. || Dans récriture ordinaire, certaines lettres médiales diffèrent des initiales et des finales. || Substantivement. Une médiale, une lettre médiale.
— ÉTYM. Lat. medialis, de médius, moyen (voy. mi).
t MÊDIALEMENT (mé-di-a-le-man) , adv. D'une façon médiale. Une lettre placée médialement.
MÉDIAN, ANE (mé-di-an, a-n'), adj. || l" Terme d'anatomie. Qui est au milieu. || Ligne médiane, ligne verticale qu'on suppose partager longitudinalement le corps en deux parties égales et symétriques. Il Veines médianes, nom donné à trois veines souscutanées placées au niveau du pli du coude et à la partie antérieure de l'avant-bras. || Nerf médian, nerf qui se distribue dans le bras et l'avant-bras. Il 2° Terme de botanique. Cloisons médianes, cloisons qui tirent leur origine de la partie moyenno des valves. || Anthère médiane, celle qui repose sur le filet. Il Nervure médiane, celle qui est au milieu de chaque feuille. || 3° Terme d'ornithologie. Les plumes médianes de la queue, celles qui en occupent le milieu et qui sont plus courtes que les autres. || 4° Terme d'entomologie. Aréoles médianes, celles qui résident dans les ailes des insectes entre les apicales et les basilaires. |{ S" Terme d'architecture. Colonne médiane, nom donné par Vitruvo aux deux colonnes qui sont au milieu du porche, et dont l'entre-colonnement est plus large que les autres. On dit aussi enlrecolonnement médian. Il 6° Terme d'ancienne astronomie. Planète médiane, celle des sept planètes que l'on croyait au milieu des autres, c'est-à-dire ay.ant autant de planètes au-dessus d'elle qu'au-dessous; c'était le soleil, qui, dans l'hypothèse de la terre immobile, avait audessous de lui Mercure, Vénus et la lune, et au-dessus Mars, Jupiter et Saturne. || TS. f. Médiane, ligno qui va du sommet d'un triangle au milieu du côté opposé.
— IllST. XIV* s. Lesquelles choses [dilatation des narines] ne porroient estre faites se le cartillago n'estoit mediant , n. de mondeville, f" 9. || xvi* s. La veine qui est faite des deux [céphalique et basilique] est appellée vulgairement médiane, à raison qu'elle est faite de deux rameaux, et située eiilro
iceuX, PARÊ, IV, 24.
— ÊTYM. Lat. medianus, de médius, moyen (voy.
Ml).
MÉDIANOCUE (me-di-a-no-ch'), s. m. Repas en gras, qui se fait après minuit sonné, particulièrement lorsqu'un jour gras commence à la suite d'un jour maigre (médianoche était le terme de la cour, tandis que réveillon était celui de la ville). Après minuit sonné, plus scrupuleusement que nous no faisions en Bretagne, on servit le plus grand méd'anoche du monde en viandes très-exquises, sÉv. 130. On servit une grande collation, et, un peu après minuit, on alla faire médianoche, st-sim. 64, 4 4 4. Catherine Boere a dit que, sur le minuit, ello apporta aux nouveaux mariés la collation qu'on appelle médianoche, ou le réveillon, et que l'accusé était bien l'époux.... gatot de pitaval. Causes celi'hres, t. I, p. 23.
— ÊTYM. Terme espagnol introduit par la reine Anne d'Autriche; de mcdia, au milieu, et noc/ie, nuit.
MÉDLANTE (mé-di-an-f), s. f. Terme de musique. Nom qu'on donne à un son élevé d'une licico au-dessus de la tonique, parce qu'il tient le milieu entre la tonique et la dominante. Dans lo modo majeur d'ut, mi est la médianto. Dans le mode mineur de la, ut est la médianto. ||Termedeplain-chant. Note sur laquelle se forme lo repos que l'on place au milieu de chaque verset d'un psaume ou d'un cantique; ello est marquée par un astérisque.
— ETYM. Lat. medianlrm, do mediare, être au milieu, de médius (voy. Mi).
MÉI)lASTIN(mé-di-a-slin), s. m. || !• Terme d'anatomie. Cloison membraneuse formée par l'adossement des doux plèvres, et qui .sépare la poitrine en deux parties, l'une i droite, l'autre à gauche. || Médiastin antérieur, l'espace que laissent entre elle» les deux plèvres, derrière lo sternum. Médiaslin postérieur, l'espace qu'elles laissant au-devant de la colonne vertébrale. || Terme de botanique. Cloison transversale qui, dans les crucifères, sépare Is fruit en deux parties. Celle siliquo est composée de deux valvules posées l'une sur l'autre, et séparées par une cloison fort mince appelée médiastin, J. J. Rouss. Lett. iUm. sur la bot. || 2* Adj. Médiastin, ine, qui appartient au médiastin. Les artères médlastines.
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— HIST. XVI* S. I-e mcdiastin au milieu du slernon, solon toute sa teneur et longueur, pabê, ii, 8.
— ETYll. Lai. mfdiastiiius, demediut, au milieu (tov. ht), et slare, se tenir (voy. stable).
t Mf.DIASTlMTE (mé-cli-a-sli-ni-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation du tissu lamincui du mé<liajtin.
— ETYM. Médiasiin, et la finale médicale tte. MÉDUT, ATE (mé-di-a, a-t'), ad;. || !• Terme
didactique. Oui n'a rapport à une chose que moyennant un intermédiaire. Cause médiate. Juridiction médiate. La manière médiate la plus remarquable de nous former des idées, est celle qui se fait par abstraction, on MARSAis, ÛButJ.t. v, p.3i2. || 2° Princes médiats, ceux qui ne tiennent point leurs fiefs directement de l'empire d'Allemagne. || Territoires médiats, villes médiates,etc. territoires, Tilles, etc. qui ne sont pas sous la souveraineté directe. Quand on dit que l'Allemagne fut libre alors, il faut l'entendre des princes et des villes impériales; car, pour les Tilles médiates, elles sont sujettes des grands vassaui auxquels elles appartiennent, volt. Ànn. Emp. Ferdinand III, Tableau. La réponse de Berne à l'un et à l'autre fut un ordre conçu dans les termes les plus formels et les plus durs de sortir de l'île et de tout le territoire médiat et immédiat de la république, dans l'espace de vingt-quatre heures, et de n'y rentrer jamais sous les plus grièves peines, J. J. iiooss. Confess. xn. || 8° Insertion médiate, insertion qui ne correspond pas avec le point d'émergence de l'organe inséré. || 4° Terme d'anatomie générale. Principes médiats, nom donné aux acides, aux bases et autres composés qu'on obtient par double décomposition ou par dédoublement des sels et des autres corps composés qui constituent immédiatement la substance organisée ; ce nom a été quelquefois étendu aux corps simples euxmêmes dont sont formés ces principes médiats, mais on les nomme plus exactement éléments généraux, communs ou chimiques. || 5° Terme de médecine. Auscultation médiate, auscultation pratiquée à l'aide du stéthoscope, et non, ce qui est l'auscultation immédiate, à l'aide de l'oreille seule.
— ÊTYM. Lat. mediatiis, de mediare, servir de milieu.
MÉDIATEME.NT (mé-di-a-te-man), adv. D'une manière médiate. Comme Dieu ne considère les hommes que par le médiateur Jésus-Christ, les hommes aussi ne devraient regarder ni les autres ni eux-mêmes que médiatement par Jésus-Christ, PASC. lett. sur la mort de sort père. Il suivit de là que la -lupart des seigneurs qui relevaient immédiatement de la couronne, n'en relevèrent plus que médiatement, MONTESQ. Esp. XXXI, 27.
— ÊTYM. Médiate, et le suffixe ment.
MÉDIATEUR, TRICE (mé-di-a-teur, tri-s"), s. m.
et (. Il 1* Celui, celle qui s'entremet entre deux ou plusieurs personnes. Dieu [selon Ccise et Porphyre] était logé trop loin pour nous ; les esprits célestes qui nous avaient faits nous servaient de médiateurs auprès de lui, boss. Hist. u, <2. Après que notre grand roi, plus jaloux de sa parole et du salut de ses alliés que de ses propres intérêts, eut déclaré U guerre aux Anglais, ne fut-elle pas encore une sage et heureuse médiatrice? id. Heine d'Anglet. Los deux Hotham, père et fils, qui choisirent la reine pour médiatrice, id. ib. Un des moyens les pluscfficaces pour toucher Dieu en votre faveur, c'est de lui envoyer, selon la figure de l'Évangile, des médiateurs qui lui parlent pour vous, bourdal. Carréme, t. i, p. (»î. Idoménée, touché de ce discours, consentit que les Sipontins fussent médiateurs entre lui et les Sybarites, fén. Tél. xxiii. Oui, bous vous supplions d'être médiateur d'un petit dillérent, PB. poisson, Procureur arbit. se. ». La reine d'Angleterre, l'épouse de Georges II, qui a lenri de médiatrice entre les deux plus grands métaphysiciens de l'Europe, et qui pouvait les juger, VOLT. Aliire, Ép. dédie. C'est au clergé qui, ioit intérêt bien entendu, soit politique déliée, montre le désir de rester fidèle au caractère de médiateur.... MiKABEAU, Collection, t. 1, p. <88. Il Fig. Ces deux grands rois [Louis XIV et Charles II] se eonnaissent; c'est l'effet des soins de Madame; ainsi leurs nobles inclinations concilieront leurs esprits, et la vertu scraentre eux une immortelle mé- Uiatric*, boss. Duch. d'OrUans. La croix doit être aujourd'hui noire uile et l'uniiiue méd^Mrice à qui nous devoni recourir, BOURO. Mytt. Pau. de J. C. «. I, p. Ht. Il Le médiateur entre Dieu et les homnei, Jésus<:hriit. Il n'y a qu'un Dieu, ni qu'un médiateur «fttre Dieu et les hommes, Jésus-Christ baauM. SACI, BibU, SI Paul, i" ipil. à Tife^a,t
MÉD
c'est ce que produit la connaissance de Dieu qui se tire sans Jésus-Christ, qui est de communiquer sans médiateur avec le Dieu (ju'on a connu sans médiateur ; au lieu que ceux qui ont connu Dieu par médiateur connaissent leur misère, pasc. Pens. x, 2, éd. havKT. L'une des plus belles qualités que la sainte Ecriture donne au fils de Dieu, c'est celle de médiateur entre Dieu et les hommes, boss. 2' serm. Compass. de la Ste Vierge, i . || Médiateur d'un traité, d'un raccommodement, celui qui intervient pour procurer un traité, un raccommodement. Le chevalier fut médiateur du traité, hamilt. Gramm. io. Si vous voulez, madame, être médiatrice de la paix, il ne tient qu'à vous, volt. Lett. Urne de Choiseul, 15 juill. 4768. || Adjectivement. Les puissances médiatrices déclarèrent que.... || 2" Celui, celle qui intervient pour arranger quelque affaire. Me voilà donc le ce Sdent de mes deux bonnes gens et le médiateur 'le leurs amours ! bel emploi pour un gouverneur, j. j. bouss. Ém. v. Il Absolument. Ce n'est plus cette femme commode et complaisante, trop aciroue médiatrice et amie trop officieuse qui facilitait ces secrètes correspondances, BOSS. Sermons, Yérit.convers. t. Il [Théodote] vise également à se faire des patrons et des créatures : il est médiateur, confident, entremetteur; il veut gouverner, la bruy. viii. || 3° Médiateur de la république helvétique, titre que prit Bonaparte après l'acte dit de médiation. || 4° Sorte de ministre d'État, sous les empereurs de Constantinople. Il 6° Sorte de jeu de quadrille. On ne joue plus le médiateur. Faire l'après-midi mille dépenses folles, En deux médiateurs perdre huit cent pistoles, BoissY, Deh. tromp. n, (O.
— tlIST. xiii* s. Li angelz par soy se deceût ; Pour ce n'eut, ne ne recetlt Ne saulveur, ne médiateur, J. DE MEUNO, Tr. 460. Il XIV' S. Médiateur entre les pères [sénateurs] et le peuple, berciieube, f° 47, verso. Lequel air est nécessaire et médiateur à porter les odours des choses odoriferes, h. de mondeviLLE, f° 18. Il XV* s. Faire office de juge ou de médiateur, COMM. vr, (3. Il XVI' s. Situ cerches ton médiateur pour l'introduire à Dieu, il est au ciel, CALV. Instit. 696. Elle y estoit venue comme médiatrice de la paix, carloix, vu, 22. Aulcuns [dieux du paganisme], moyens entre la divine et l'humaine nature, médiateurs, entremetteurs de nous à Dieu, MONT, u, 277.
— ÉTYM. Provenç. mediator; catal. mediador; espagn. mediator; ital. mediatore; du lat. mediatorem, de mediare, servir d'intermédiaire, partager par le milieu.
MÉDIATION (mé-di-a-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il 1° Action de celui qui est médiateur. Elle employa sa médiation Pour accorder une telle querelle, la pont. fahl. vu, 8. Il s'était réconcilié avec vous par la médiation de la reine mère, fé.n. Dial. des morts mod. Dial. < 3. L'Espagne et la France venaient de remettre leur querelle à sa médiation, VOLT. Charles Xlî, *. L'éloquence doit la plus grande partie de sa séduction à l'esprit de médiation et de manège, VAUvEN.Jfax. CCI.XXV. Il 2° Acte de médiation, organisation de la Suisse promulguée par Bonaparte en 4803. || 3' Terme de liturgie. Partage de chaque verset d'un psaume en deux parties, l'une psalmodiée ou chantée par un côté du chœur, et l'autre parle côté opposé. || 4''Terme d'astrologie. Le milieu du jour, l'heure de midi. || Moment de la culmination d'un astre.
— HiST. XVI' s. Comme si Christ s'e.stant acquitè d'une médiation temporelle avoit remis l'office éternel et à jamais perdurable sur ses serviteurs, calv. Inst. 696.
— ETYM. Lat. mcdtottonem (voy. médiateur).
t MÉDUTISATION (mé-di-a-ti-za-sion), s. f. Action de médiatiser.
MÉDIATISÉ, ÉE(mé-di-a-ti-zé, zée), part, passé de médiatiser. Les princes médiatisés.
MÉDIATISER (mé-di-a-ti-zé), v. a. Faire qu'un prince cesse de dépendre immédiatement du chef suprême de l'empire d'Allemagne pour n'en dépendre que médiatement. Le prince qu'on médiatise tombe sous l'autorité du prince territorial dans les États duquel il est enclavé, et voit ainsi disparaître sa souveraineté, legoahant.
— RTYM. Jf^di'al.
MÉDICAL, ALE (mé-di-kal, U-V), adj. \\ 1' Qui appartient à la médecine. Livres médicaux. Le langage médical. || 2' Propre à guérir. Les propriétés médicales d'une plante. || Matière médicale, ensemble des corps bruis et organisés qui fournissent les médicaments, et partie delà thérapeutique qui étudie ces corps.
MÉD
— SYN. MÉDICAL, MÉDICINAL. Le mot médical s'applique aux objets généraux de la science : on dit les sciences médicales (celles qui sont nécessaires à l'exercice de la médecine), une société médicale. Médicinale signifie : qui a des propriétés médicameMteuses. Quelquefois médical prend le sens de médicinal, mais médicinal ne prend pas celui de médical.
— itiST. XVI' s. Au doigt médical de la main guauche, il eut un anneau, rab. Garg. i, 8.
— ÉTYM. Dérivé du lat. medicus (voy. médecin).
MÉDICAMENT (mé-di-ka-man), ». m. Substance simple ou composée qu'on administre à l'intérieur du corps ou à l'extérieur, en qualité de remède. Administrer un nédicaineut. L'opium est un médicament précife'. A. Il fig. et familièrement. Cause d'ennui. Cet homme est un vrai médicament ; sa conversation est un médicament.
— SYN. médicament, remède. Remède est plus général que médicament. Remède, tout ce qui est employé au traitement d'une maladie ; un bain est un remède; la gymnastique est un remède. Mais ni un bain ni la gymnastique no sont un médicament. Le médicament implique toujours une préparation pharmaceutique. I.a quinine est un médicament.
— HIST. xvi' s. Cognoistre la vertu des médicaments, PARÉ, Préface.
— ÉTYM. Provenç. medi'camenf; espagn. et ital. mcdicamento ; du lat. medicamentum, de medicari dérivé de medicus (voy. médecin).
MÉDICAMENTAIRE (mé-di-ka-man-tê-r'), adj.
Qui concerne les médicaments, leur préparation, etc.
— ÊTYM. Médicament.
t MÉDICAMENTATION (mé-di-ka-man-to-sion ) , s. f. Action de prescrire des médicaments, en vue des effets qu'ils peuvent produire dans l'économie d'après leurs propriétés.
— ETYM. Médicamenter.
MÉDICAMENTÉ, ÉE ( mé-di-ka-man-té, tée),
part, passé de médicamenter. Médicamenté à tort et à travers par un charlatan.
MEDICAMENTER (mé-di-ka-man-té), v. a.
Il 1° Donner des médicamentsà unmalade. Lucindc! ahl beau nom à médicamenterl Lucindel mol. Jfc'd. m. lui, u, 3. Je suis arrêté à Paris par Bosleduc qui me médicamenté, VOLT. teM. Mme de Bernières,nn. Il Fig. Mon Dieu, arrêtez-vous, laissez-moi médicamenter cette affaire, mol. Méd. m. lui, m, 6. || Inusité en cet emploi figuré. || 2" Se médicamenter, v. réfl. S'administrer à soi-même des médicaments. 11 se fait du mal à force de se médicamenter.
— HIST. xvi* s. Autrement faut médicamenter les hommesrobustes, comme laboureurs.... que ceux qui sont demeuransaux villes, paré, Introd. 22.
— ÉTYM. Médicament.
MÉDICAMENTEUX, EUSE ( mé-di-ka-man-teû ,
teû-z'), adj. Qui a la vertu d'un médicament. || Aliment médicamenteux, substance nutritive et médicinale à la fois, comme la plupart des médicaments émollients.
—HIST. XVI' s. Pour rendre le laict do la nourrice alimenteux et médicamenteux, paré, xvi, 37
— ÉTYM. Médicament.
t MÉDICASTRE (mé-di-ka-str^ , *. m. Médecin ignorant ou charlatan.
— ÉTYM. Lat. fictif, medicaster, de medicus (voy. médecin), avec la finale péjorative aster. On trouve le substantif désignant l'office de médicastre dans le XVI' siècle : empirie, medicastrie, triaclerie, Homan d'Alector, p. 35, dans lacurne.
t MÉDICATION (mé-di-ka-sion), s. f. Administration d'un ou plusieurs agents thérapeutiques, pour satisfaire à une indication déterminée, pour produire telle ou telle modification dans la structure ou les fonctions de l'organisme. Médication locale, générale. Médication toni(|ue, astringente.
— SYN. MÉDICATION, traitement. Le traitement a pour but définitif, plus ou moins prochain, de guérir ou de pallier une maladie. La médication a seulement pour but de provoquer un effet particulier qui n'est qu'une sorte d'intermédiaire pour arriver au but définitif. U est rare qu'un traitement ne comporte pas l'emploi de médications, souvent fort différentes.
— ÉTYM. Provenç. medi'cocto ; ital. medtcaxione; du lat. medicatioiiem, de medtcart, dérivé de ftiedicus (voy. médecin).
tMÉDICATRICE(mé-<li-ka-tri-s'),ad;./.||l'Ouia la vertu de guérir. L'action médicatrice de la nature. Il 2" Qui a un efi'et de médication. L'action médicatrice de l'ipécacuanha s'exerce principale-
MED
ment sur la muqueuse de l'estomac pour déterminer le vomissement.
— Rtym. Vot. médication.
t MÊDICÊE (mé-di-sée), s. f. Nom donné d'abord à la plante ilite aussi herbe à la reine, en l'honneur de la reine Marie de Médicis j c'est le tabac.
MÉDICINAL, ALE(mé-(ii-si-nal,na:r),od;'.l| l'Qui sert comme remède. Herbe médicinale. Eaui médicinales. || On a dit autrefois matière médicinale; on ne dit plus que matière médicale. Telle était la matière médicinale qu'un habile apothicaire ne saurait trop connaître et que souvent un habile médecin ne connaît pas assez, fonten. Geoffroy. (I 2" Terme de dévotion. Qui sert de remède à l'âme. Les pénitences que le confesseur impose doivent être tout ensemble et expiatoires et médicinales, BOURDAL. Pensées, t. i, p. 339. La grâce médicinale de Jésus-Christ n'est point un vouloir, mais un saisir prévenant, indélibéré, fén. t. m, p. ï42.
— HlST. ivi* s. Le Seigneur a produit de la terre toutes les choses médicinales, paré. Préface. L'operation medecinale, que vulgairement on nomme chirurgie, id. au lecteur. Plusieurs princes et republiques ont dressé des jardins medecinaux, avec grandes despences, o. de serres, 598. Pour un medecinal elTect, mont, u, H6. Cette mer trouble et vaste des erreurs médicinales, id. u, 310.
— ÊTYM. Provenç. medecino/, medicinoijespagn. médicinal; ital. médicinale; du lat. medicinalis, qui vient de medicus (voy. médecin).
t MÉDICINALEMENT (mé-di-si-na-le-man), adv. Il 1° U'une manière médicinale. Les substances qui agissent médicinalement. || 2° Dans le langage de la dévotion, en remède de l'âme. Dieu punit les pécheurs : premièrement, médicinalement pour eux, de peur qu'ils ne se délectent dans le péché, et que, devenus mcorrigibles, ils ne meurent dans l'impénitence.. . Boss. Pensées chrél. 9.
— iilST.xvi's. Paracelse, médecin allemand, medecinalement a guari un nombre, de ladres par le mojen de l'or potable, PALissr, 227.
t MÊDICINIER (mé-di-si-nié), s. m. Médicinier sauvage (jatropha gossypifalia, i. ), arbrisseau d'Amérique à graines purgatives; médicinier multifide (jatropha multifida, L.), arbrisseau qui produit un fruitappelé noisettespurgatives (euphorbiiicées).
— ÉTYM. Ainsi dit à cause de ses vertus purgatives, t MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE ( mé-di-ko-psi-ko-
lo-ji-k'), adj. Terme de médecine. Études médicopsychologi(|ues, études relatives à la psychologie et fuites à l'aide de l'observation des maladies cérébrales et particulièrement de la folie.
— ETYM Lat. medicus, médical, et psychologie. t MÉDIÉVISTE (mé-di-é-vi-sf), s. m. Celui qui
l'occupe de l'hisioire du moyen âge.
— ETYSl. Lat. médium, moyen, et avum, âge.
t MÉDIKIXE (mé-di-fi-ks'; , adj. Terme de botanique. Se dit d'une partie qui est fixée à une autre par son milieu. Anthère médifîxe.
— élTYM. lat. médius, au milieu, et fixe.
t MÉDIFOUHCUE ( mé-di-four-ch'), s. f. Partie du corps des insectes à laquelle s'attachent les muscles de l'aile.
— ETYM. Lat. médius, au milieu, cl fourche.
HÉltl.MNE (mé-di-mn), i. m. Terme d'antiquité. Mesure grecque pour les choses sèches, valant, d'après Saigey, fct litres »♦. Les quatre classes [du peuple athénien, dans la législation de Solon] furent organisées de la manière suivante : la première classe comprit tous les citoyens qui possédaient au moins un revenu annuel de cinq cents mcdimnesde produits secs ou liquides, etc. durot, llist. grecq. ch. VI, édit. in-l2, 1866. Un medimne égale deux amphores romaines, égale cinquante-deux litres, égale en poids de Iromenttrentcneurkilogramnics; suivant Plutarque, le médimne de blé valait, au temps de Solon, une drachme; une drachme valait, sfius l'ériclès, quatre-vingt-six centimes; cinq cents médimnes valaient donc au moins quatre cent trente francs, iD. ib. en note.
— ETYM. Méô-.iivy^
t MËIiI.V (mé-din), t. m. Sorte de monnaie turque. Je donnai (guelquea médins au petit bataillon, en lui disant : Ea avant, marcbel cuateaubr. /«in. ï* part.
.UÉDIOCHE {mé-<li-o-kr'), adj. || !• Oui est entre le grand et le polit, entre le Ixjn et le mauvais. Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée, i.a nociiEi'Ol^c. Max. J76. Tâchez, mon enfant, de vous accommoder un peu de ce qui D'est pas mauvais; ne vous drgoâlcz point de ce qui n'est que médiocre, «Év. M mars ia7i. Dans les fortunes médiocres, l'ambition encore
DICT. DK LA LANOUS mANÇAlSE.
MÊt)
tremblante se tient si cachée qu'à peine se connaît-elle elle-même, boss. le Tellier. N'attendez pas que j'ouvre ici une scène tragique, que je représente ce grand homme étendu sur ses propres trophées.... dans les pertes médiocres on surprend ainsi la pitié des auditeurs, fléch. Turenne. Les sots lisent un livre et ne l'entendent point; les esprits médiocres croient l'entendre parfaitement; les grands esprits ne l'entendent quelquefois pas tout entier, la brut. i. Il n'y a rien qui se soutienne plus longtemps qu'une médiocre fortune, id. vi. Une bonne terre, quoique médiocre en étendue, FÉN. Tél. XII. Non, mes frères, la vertu ne dégénère jamais en vice médiocre, mass. Carême, Inconst. U paraît ici des couplets contre tout le monde; mais ils sont assez, comme tous les hommes d'aujourd'hui, malins et médiocres, volt. Lett. Formant, 29 mai (732. Peut-être les hommes d'une fortune médiocre sont en tout pays les meilleurs citoyens, puisqu'ils sont au-dessus d'une extrême pauvreté qui peut conduire à des bassesses, et au-dessous de la grande opulence qui nourrit presque toujours l'ambition, id. Mél. hist. Mensonges impr. Question intéressante . Les muses haïssent le genre médiocre et tempéré, chateaub. Génie, ii, ii, 8. ||Avec l'un des adverbes bien , fort, etc. médiocre se dit de ce qui est au-dessous du médiocre. Son revenu est trèsmédiocre. Son talent est bien médiocre. || De même, avec la négation, il se dit de quelque chose de considérable. L'impatience que j'ai n'est pas médiocre, sÊv. 18. Je voudrais bien en avoir une [espérance] plus prochaine de vous avoir cet hiver avec moi ; pour vous dire le vrai, mes désirs là-dessus ne .sont pas médiocres, id. 4B mai (676. De la manière dont on m'a parlé, l'article de votre jeu n'est p:is médiocre sur votre dépense, id. io mai <676. I Plus que médiocre, de peu de valeur. La gazette de Manheim est un papier allemand plus que médiocre, Corresp. du gén. KUnglin, i, 372. Je ne puis pas vous cacher que mes espérances sont plus que médiocres, ib. p. 483. || 2° De peu d'esprit, de peu de talent, de peu de capacité, en parlant des personnes. M. de Longueville avait, avec le beau nom d'Orléans, de la vivacité, de l'agrément, de la dépense, de la libéralité, de la justice, de la valeur, de la grandenr; et il ne fut jamais qu'un homme médiocre, parce qu'il eut toujours des idées qui furent infiniment au-dessus de sa capacité, retz, Mém. t. i, liv. u, p. 294, dans pouGENs. Nous affectons souvent de louer avec exagération des hommes assez médiocres, la brut. XII. Ce n'est pas sur une personne médiocre que je prétendsavoir la^supériorité, fénel. Dial. des morts anc. Dial. 30. 'L'approbation universelle est plus ordinairement pour l'homme médiocre, montesq. Lett. pers. U6. 11 ne faut se moquer ni de oeux ijui font du bon , ni de ceux qui font du trèsmauvais, mais de ceux qui, étant médiocres, se croient des génies et font les importants, VOLT. Dict phil. Art dramatique. Mes divins anges, il n'y a que Racine dans le monde ; s'il me vient quelqu'un de sa famille, je vous promets de le bien traiter; mais, pour Campistron, la Grange-Chancel, Crébillon et moi, nous sommes des gens excessivement médiocres, id. Lett. d'Àrgental, 9 mars
1783. Il 8° S. m. Ce qui est médiocre Dans l'art
dangereux de rimer et d'écrire 11 n'est point de degré du médiocre au pire, boil. Art p. iv. Ils [les esprits justes, doux, modérés] ne peuvent au plus qu'être les premiers d'une seconde classe et exceller dans le médiocre, la brut. i. C'est parce qu'on a senti par les réflexions et comme; par l'expérience la dislance énorn^e du médiocre à l'excellent qu'on ne peut plus souffrir le médiocre, d'alemb. Mélanijes etc. t. v, Hépexions sur la poésie. || Au-dessous du médiocre, se dit d'une personne, d'une chose sans mérite. Ce tahleau est au-dessous du médiocre. Je l'ai quelquefois rencontré [le chevalier de Ménil] chez elle [MlledeLaunai], et il m'a paru au-dessous du médiocre, duclos, Uém. rég. Œuvres, t. v, p. 37», dans POUGENS. || 4' Au plur. Les médiocres, les gens qui sont dans une condition, dan.s une fortune médiocre. Puisque les grands, les petits et les médiocres vivent également assujettis aux nirmes nécessités naturelles, expcsés aux mêmes pénis, livrés en proie aux mêmes maladies, noss. Gnrnay.
— lilST. xvr s. Souhaits médiocres, bab. Pant. IV, Nouv. prol. Passion médiocre, mont, i, io. La poésie médiocre, qui s'arreste entre deux, est desdaignée, ID. I, 39». Nous vivons en un siècle qui ne prcxluict les choses que bien médiocres, id. m, 67,
— ÊTYM. Lat. mediocris, dérivé de médius, qui est au milieu.
MED
MÉDIOCREMENT (mé-di-o-kre-man) , adv.
Il 1° D'une façop médiocre. Un roi médiocrement savant, pasc. dans cousin. Qu'Orosmane immole Zaïre à sa jalousie; une femme sensible y voit sans effroi le transport de la passion ; car c'est un moindre malheur de périr par la main de son amant, que d'en être médiocrement aimée, j. j. rouss. Lett. à d'Alemb. Wi" Il so dit pour peu. Ou'ds avaient affaire à un homme [Richelieu| qui ne voulait pas médiocrement ce. qu'il voulait, et qui n'avait pas accoutumé de trouver de la résistance, ou de la souffrir impunément, pellisson, Hist. de l'Acad. i. Nous revenions médiocrement couverts de lauriers, H.4MILT. Gramm. 8. ||Dans le langage familier. Assez médiocrement, très-peu. Le chevalier : Vous connaissez sa sœur, elle est riche, très-aimable, et de vos amies, même. — La marquise : Assez médiocrement, MARIVAUX, Sec. supr. de l'am. m, s.
— REM. Faut-il dire : II a médiocrement de l'argent, ou d'argent? La première tournure est certainement la meilleure ; elle est suivie dans cette phrase-ci : Les gens qui ont médiocrement de l'esprit, ou l'esprit médiocrement cultivé, ont un langage qui.... FONTEN. Mais on peut dire aussi, du moins l'usage le permet: Il a médiocrement d'esprit
(voy. INFINIMENT).
— HIST. ivi* s. Je suis de ceulx qui ne s'etTroyent que médiocrement de telles choses, mont, u, 366. Un grain d'orge bien nourri et médiocrement gros,
PArÏ, XXV, 2).
— tTYM. Médiocre, et le suffixe ment.
MÉDIOCRITÉ (mé-di-o-kri-té), s. f. || 1" État,
qualité de ce qui est médiocre. La médiocrité de sa fortune. Un homme qui n'a de l'esprit que dans une certaine médiocrité est sérieux et tout d'une pièce; il ne rit point, il ne badine jamais, la bruy. XI. Il y a dans certains hommes une certaine médiocrité d'esprit qui contribue à les rendre sages, iD. ib. J'avais déjà reproché à mon souverain d'avoir fait médiocrité de quatre syllabes ; médiocrité est de cinq, et mon prince l'avait fait de quatre; énorme faute, et l'une des plus grandes qu'il fera jamais, VOLT. Lett. prince royal de Prusse, avril <74o. Il 2" Insuffisance du côté du mérite, de la qualité. C'est un vice [la jalousie] qui suit la médiocrité, boil. Art p. IV. Il y a de certaines choses dont la médiocrité est insupportable, la poésie, la musique, la peinture, le discours public, la brut. i. Le sublime en tout genre est le don le plus rare.... La médiocrité couvre la terre entière, volt. Ép. hb. En ce genre comme en littérature, le succès, le grand succès est assuré à la médiocrité, l'heureuse médiocrité qui met le spectateur et l'artiste commun de niveau, DIDEROT, Salon de t767, Œuv. t. xv, p. tî. U comparait la médiocrité orgueilleusement modeste et obscurément couronnée dans ces tribunaux subalternes, à ces dieux pénates des anciens , qui n'étaient révérés que dans les maisons où ils présidaient, d'alf.mb. Éloges, lloncrif. Malgré ses efforts, il n'atteignit que la perfection de la médiocrité, bartbél. Anach. ch. 69. Cette femme, que vous m'avez représentiîe comme une femme si redoutable, si pénétrante, est, au vrai, d'une médiocrité.... genlis, Théât. d'éduc. l'Intrigante, ii, 4. Il 3° Œuvre d'un mérite médiocre. Enchante des chefs-d'œuvre du siècle passé, autant que dégoûté du fatras prodigieux de nos médiocrités, je vais expier les miennes en me faisant le commentateur de P. Corneille, volt. Mél. litt. à l'auteur du Mercure, I76«. Il Personnage médiocre, quant aux lalents et à l'esprit. Une des médiocrités de ce tempsci. Il Collectivement. Les gens médiocres. Je le voyais courbé maintenant sous ce manteau de plomb que Dante décrit dans l'Enfer, et que la médiocrité jette sur les éjiaules de ceux qui passent sous son joug, STAKL, Corinne, xiv, t. jj 4° État de fortune, position qui tient le milieu entre le haut et le bas dans la société. Retirez-vous, trésors; fuyez : e» toi, déesse. Mère du bon esprit, compagne du repos, ô médiocrité, reviens vitel la font, t'abl. vu, 6. Je ne veux être, si je le puis, ni malheureux ni heureux, je me jeite et me réfugie dans la médiu< cri té, LA BRUT. VI. Il laissa sa famille dans la médiocrité, FÉN. Wi. XIX. Et.... le premier des biens, la médiocrité,coLLiND'nARLKV. Optimiste, \y, 5. || 6" Modération , juste milieu, juste tempérament (en ce sens, il vieillit). L'extrême esprit est accusé de folie, comme l'extrême défaut; rien que la médiocrité n'est bon, pasc. Fens. vi, (4, éd. havkt. U faut que je cherche une règle certaine qui compose mes mœurs selon la droite raison, et réduise mes actions à la juste médiocrité, boss. Sermons, Loi de Dieu, préambule. Quels excès ter-*
MËD
rible», ctq'uelles arme» opposées I aveugles enfants d'Adam . ne trouverez-vous jamais la médiocrilc, ob la justice, où la rérité, où la droite raison a pos4 son trôneT boss. Cornet. Il n'est rien m déplus irand devant Dieu, ni de plus inutile selon lo monde, que cette médiocrité tempérée en laquelle la vertu consiste, iD. Sermons, Visitât. 3. Il faut garder la médiocrité en toutes choses, fên. 5oion. La médiocrité des désirs est la fortune du philosophe- et l'indépendance de tout, excepté des devoirs, !st 'son ambition, d'alemb. Prér. 3- toi. Encycl. SEuv. 1. 1, p. 398, dans pouoens. Les uns vous iemblaicnt trop habiles, les autres trop ignorants.... vous cherchiez cotte médiocrité justement vantée par les sages, P. l. cour. Lelt. à l'Acad. desinscr.
— HiST. av's.La continuation de l'osdurneseroit pas faite o [avec] les membres molz sans moien [le cartilage] quieust médiocrité de dureté, h. de mondeville, t" ». Il XVI" s. La raison imprime en la partie irraisonnable les vertus morales, qui sont mediocrilez entre le peu et le trop, amyoi. De la vertu morale, ( 0. Et, pour ce que tu as opté médiocrité en matière de coingnée , par le vueil de Juppiter je te donne ces deux aullres, habel. Pont, iv, Nouv. prol.
— ÊTYM. Provenç. meiiiocrilat ; espagn. mediocridad; ital. mediocritd; du lat. mediocritatem, de medincris, médiocre.
t MÉDIO-DORSAL, ALE (mé-di-o-dor-sal, sa-l'), adj. Oui est placé au milieu de la longueur du bord supérieur d'une valve de coquille.
— ÊTYM. Lat. médius, moyen, et dorscU.
t MÉUIO-JCRASSIQUE (mc-di-o-ju-ra-ssi-k') .odj. Terme de géologie. Qui comprend les terrains oolithiques intermédiaires. Terrains médio-jurassiques.
— ETYM. Lat. médius, moyen, ei jurassique.
f MÉDIONNER (mé-di-o-né), v. a. Terme de métier. Prendre le milieu ou un terme moyen. || Terme de maçon. Compenser, comme lorsque dans les toisés de crépi et d'enduit on compte quatre ou cinq toises pour une toise de construction.
t MÊDIPOITRINE (mé-di-poi-tri-n"), s. f. Partie moyenne du dessous du corps d'un insecte.
— ÊTYM. Lat. médius, moyen, et poitrine.
t MÉDIQUE (mé-di-k'), adj. Qui appartient à la Médie ou aux Mèdes et même aux Perses, que l'on appelait quelquefois Mèdes. Guerres médiques, guerres que les Perses firent aux Grecs dans lo v« siècle avant Jésus-Christ.
MÉDIRE (mé-di-r'. Il se conjugue comme dire, excepté à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif : vous médisez, et à la 2* personne du pluriel de l'impératif : médisez), e. n. Dire du mal de quelqu'un. 11 y a des reproches qui louent et des louanges qui médisent, la rochefouc. Réftex. 4 45. Ne médisez point du riche dans le secret de votre chambre, parce que les oiseaux mêmes du ciel rapportent vos paroles, saci, Bible, Ecclésiaste, x, 20. Ceux de qui la conduite offre le plus à rire, Sont toujours sur autrui les premiers à médire, mol. Tari. I, t. Ils [les sots] n'en diront pas de bien [d'un ami], s'ils se trouvent les plus faibles; car ils n'ont pas d'autorité ; et ainsi ils médiront par compagnie, PASC. l'ens. VI, 56, éd. UAVET. Du même trait elle [la médisance] cause la mort à trois personnes : à celui qui médit, à celui dont on médit, à celui devant qui l'on médit, bourdal. Exhor'.. Faux témoig. rendus contre J. C. t. ii, p. 26. 11 vaut mieux s'occuper à jouer qu'à médire, boil. Sût. X. Voilà jouer d'adresse et médire avec art, ID. ib. IX. Alidor, assis dans sa chaise, Médisant du ciel à son aise. Peut bien médire aussi de moi, id. Épigr. XIV. 11 [Boileau] vit qu'à la longue l'art d'instruire, quand il est parfait, réussit mieux que l'art de médire, parce que la satire meurt avec ceux qui en sont les victimes, et que la raison et la vertu sont étemelles, volt. Disc, récept. à l'Acad. Que reste-t-il à blâmer où la vertu n'est plus estimée, et de quoi médirait-on quand on ne trouve plus de mal à rien?i.j.B0USS. //^i.ii, 47. UnBazilel Il médirait qu'on ne le croirait pas, beauiiarch. Barb. de Siv. ii, ».
— IlIST. XII' a Mesdire de lui ne sufferei neent
IJ« ne souffrirai pas qu'on parle mal de lui], Th. le mart. m. || iiu's. Cix [celui-là] est ses frère ou ses ami» ; Itnelcmcnt H respondi, Et dist : << non frère mai* ami. » De ce qu'ot dit, se repenti : Mais frères' dame; jou mesdi (j'ai dit mal]. Dame, merci : ou- Wié j'ere (je m'étais oublié], FI. tl Blanch. v. i73b Ppr quoi ne voua maint (demeure) ansi près Li biaus p*rl«n com li meadireT Lai du conseil. Nus [nul] naat lur qui on ne meidle, Ren. v. soi». Il ty t. Loyauté soit en vostre compaignie, Pitié «u$5i, et n» meJiitaa mit, «. be»ch. Conseils aux
RlfiD
dames. || xvi* s. Un homme engraissé de mesdire Maigrit à la fin mal-heureux, rons. .33i.
— ETYM. Ues.,.. préfixe, et dire.
UËDISANCË (mé-di-zan-s'), s. f. \\ 1° Discours de
celui qui médit. Contre la médisance il n'est point de rempart, mol. Tart. i, t. Tant qu'il n'était point nécessaire de parler, la sage princesse gardait le silence; la vanité et les médisances qui soutiennent tout le commerce du monde lui faisaient craindre tous les entretiens, boss. Anne de Goni. Le vice sait couvrir une médisance secrètement semée, par une calomnie encore plus ingénieuse, m. Sermons, Ambition, (. Qu'est-ce donc que la médisance? c'est comme une grêle qui ruine, dans un jour et même en beaucoup moins de temps, l'ouvrage de vingt années de travaux , de précautions , de mesures , bourd. Exhort. faux iém. contre J. C. t. n , p. < 5. Quand vous aviez des médisances à faire, c'était avec tant d'agrément que l'on se sentait même charmé de les entendre, id. 2* dim. après la Pentec. Dominic. Vous qui prêtez l'oreille au mensonge, et qui, par honneur ou par conscience renonçant à débiter les médisances, vous êtes réservé le droit de les croire et le plaisir de les écouter, fléch. Dauphine. Est-ce donc là médire ou parler franchement? Non, non, la médisance y va plus doucement, boil. Sat. ix. Je définis ainsi la médisance : une pente secrète de l'âme à penser mal de tous leshommes, laquelle se manifeste par les paroles, LA BRUY. Théophraste, xxviu. Il [Boerhaave] désarmait la médisance et la satire en les négligeant; il en comparait les traits à ces étincelles qui s'élancent d'un grand feu, et s'éteignent aussitôt quand on ne souffle pas dessus, fonten. Boerhaave. De la médisance à la calomnie le passage est facile et prompt, genlis, Yeill. du chat. t. ii, p. 221, dans pouGENs. Il C'est une pure médisance, c'est une imputation avancée sans preuve. |I2° Les gens médisants. Combien elle avait d'aversion pour les discours empoisonnés de la médisance 1 boss. Heine d'Anglet. Elle savait de quel poids est non-seulement la moindre parole, mais le silence même des princes, et combien la médisance se donne d'empire quand elle a osé seulement paraître en leur auguste présence, id. ib. Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la médisance, boil. Sat. ix.
— HIST. XVI* s. Ils lui conseillèrent qu'il chassast de la ville un mesdisant qui ne cessoit de mal parler de luy ; mais il leur respondit : il vault mieulx qu'en demourant icy il mesdise de nous entre peu de gens, qu'en le chassantle faire allerçàetlà par tout le monde semer la mesdisance contre nous, amyot, Pyrrh. <7.
— ÉTYM. Médisant. On a dit quelquefois au xvr siècle maledicence.
MÊofSANT, ANTE (mé-dl-zan, ran-t'), adj. Qui médit. Personne, langue médisante.On est d'ordinaire plus médisant par vanité que par malice, i a rochefouc. Max. 483. [Célimène] De qui l'humeur coquette et l'esprit médisant Semblent si fort donner dans les mœurs d'à présent, mol. Mis. i, ). FA vos ris complaisants Tirent de son esprit tous ces traits médisants, ID. ib. 11, 5. De cette prude à l'humeur noire, Au froid caquet, aux yeux bigots, Et de médisante mémoire, gresset, Ombr. || 2° 5. m. et f. Un médisant, une médisante. Veux-tu qu'un médisant, pour comble à sa misère, L'accuse d'y souffrir l'assassin de son père? corn. Ct'd, m, t. L'esprit de sagesse est plein de bonté, et il ne laissera pas impunies les lèvres du médisant, saci. Bible, Sagesse, 1, 0. En comparant la langue du médisant avec la langue du serpent, bourdal. Exh. sur les faux témoign. rendus contre J. C. t. 11, p. 30. Si elle mit une garde de prudence sur ses lèvres pour les fermer à la médisance, elle mit aussi, selon le conseil du Sage, une haie d'épines autour de ses oreilles pour arrêter et pour piquer les médisants, fléch. Dauphine Mais tout n'irait que mieux. Quand de ces médisants [les poètes satiriques] l'engeance tout entière Irait la tête en bas rimer dans la rivière, boil. Sat. ix. Elle ne se contentait pas de les nommer; la médisante en faisait de jolis portraits, le sage, Cil Bios, m, <o.
— HIST. XIII* s. Kar ele ert [était] feinte e orguillusc, E médisante e enviuse, habie. Frêne. Jà n'iert [ne sera] tant biaux ne gracieux. Se dix en sont chiez lui assis, Des mesdizans i aura six, Et d'envieux i aura nuef, suteb. 273. {| xvi* s. 11 ne seroit nuls mesdisans, s'il n'estoit des escoutans, cotohave.
t MÊUISTERNCM (mé-di-stèr-nom'),».m. Milieu do la partie inférieure du second segment du thorax des insectes.
— BTYM. Lat. médius, moyen, et sternum.
MÊD
MÉDlfATIF, IVE (mé-di-tatif, ti-v'),adj'. || 1* Qui se plaît à la méditation. Quoiqu'il [Platon] fût naturellement mélancolique et d'un génie fort méditatif, comme l'écrit Aristote, fén. Platon. Dupleix, homme aussi actif qu'intelligent, et aussi méditatif que laborieux, avait dirigé longtemps le comptoir deChandernagorsur le Gange, volt. S. de Louis XV, 29. La légèreté spirituelle impose à l'esprit méditatif, STAËL, Corinne, 1, 3, || Livré à la méditation. La vie méditative. Foi qui fait le passage de l'état méditatif à l'état contemplatif, boss. Lelt. abb. 4 93, Il Qui a le caractère de la méditation. Air méditatif. !| 2° S. m. Les méditatifs, les gens qui méditent. Malebranche (Nicolas), né à Paris en 4638, de l'Oratoire, l'un des plus profonds méditatifs qui aient jamais écrit, volt. S. Louis XIY, Écrivains.
— SYN. MÉDITATIF, coMTEMPLATip. Celui qui médite est tourné sur lui-même; celui qui contemple est tourné vers le monde extérieur. I^i contemplation peut conduire à la méditation ; mais la méditation ne conduit pas à la contemplation.
— ÉTYM. Provenç. meditatiu; espagn. et iial. meditativo; du lat. meditativus (voy. méditer).
MÉDITATION (mé-di-ta-si-on; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Action de méditer. La méditation que je fis hier m'a rempli l'esprit de tant de doutes qu'il n'est plus désormais en ma puissance de les oublier, desc. Médit. 11. 4. Semblable en quelque chose à cet ancien que l'on dit qui se creva les yeux pour n'être pas distrait dans ses méditations philosophiques, font. Amontons. Enfin, comme dit josèphe, la guerre était pour eux [les Romains] une méditation, la paix un exercice, montesq. Bom. 2. Ma tôte, fatiguée et presque épuisée par quarante ans de méditations profondes, d'alemb. Lelt. au roi de Pr. (6 août 1776. L'esprit humain ne peut rien créer ; il ne produira qu'après avoir été fécondé par l'expérience et la méditation, bupf. Bécept. Acad. Il est des hommes pour qui une méditation profonde est un besoin; tout? ce qui est difficile leur paraît gKMi, C0ND01CET, Duhamel. S'il est un genre de littérature où l'homme, pour ainsi dire, domine l'écrivain, où la vie active ait besoin de fortifier et d'éclairer les aiéditations du cabinet, certesc'estl'hisloire, viLLEM. Littér. franc. 4 8*WècIe, 2*part. l'ieç. Il Au sens actif, la méditation d'un esprit, l'action d'un esprit qui médite. C'est ici [l'oraisoii funèbre de M. de Montausier] une effusion de mon cœur, plutôt qu'un ouvrage et une méditation de mon esprit, FLÉCH. Duc de Mont. \\ Au sens passif, la méditation d'une chose, la méditalion dont une chose est l'objet. Je fais une allée nouvelle qui m'occupe; je paye mes ouvriers en blé, et ne trouve rien de solide que de s'amuser, et de se détourner do la triste méditation de nos misères [les souffrances de la Bretagne], sÉv. 27 oct. 1675. Je reconnais dans ses écrits l'homme que je retrouvais en moi, et leur méditation m'apprenait à tirer de moi-même la jouissance et le bonheur que tous les autres vont chercher si loin d'eux, i. i. rouss. 4" dial. Ce spcct.icle [des ruines] tourna mon esprit vers la méditation des temps passés, et suscita dans mon cœur des pensées graves et profondes, volney, iiuines, t. H Anciennement, chambre des méditations, chambre disposée dans certains monastères pour méditer. Parmi les superstitions dangereuses de ces temps, il y en avait une capable d'égarer les esprits : c'était une chambre de méditations; les murs étaient peints de représentations de démons, de tourments et de flammes, éclairés d'une lueur sombre; une imagination sensible et faible en était souvent frappée jusqu'à la démence, volt. Mœurs, 174. Il 2' Écrit composé sur un sujet de dévotion, de philosophie. La première Méditation de Descartes. Je suis ravi de ce que vous goûtez le livre de M. de Laval et les Méditations sur la grâce, pasc. ID. «6. 4. Ou couvrir chez Thierry d'une feuille encor neuve Les Méditations deBuzée et d'Hayneuve, BOIL. Ep. X. Il Poème d'un caractère élégiaque sur la contemplation de Dieu, de la nature, de l'homme. Les Méditations de Lamartine. || 3° Oraison mentale; goût pour cette oraison. Les religieux font la méditation. Entrer en méditation. Cette personne qui a assurément bien plus de vertu et de méditalion que moi, pasc. Lelt. d Mlle Roannei, 7. Ni les divertissements, ni les fatigues des voyages, ni aucune occupation ne lui faisait perdre ces heures particulières qu'elle destinait à la méditation et à la prière, boss. Mar.-Thér.
— HIST. xii* S. E en la meie meditatiun ardra [brûlera] fus [feu]. Liber psalm. p. 6I . |( xiii* s. Tn's douz Diex, donne moi... Volonté de bien faire et meditacion, Gautier de Coiney, p. 763. || ivi* ». Se
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