MEI
MEL
t MÉGISSER (mé-ji-sej , v. a. Passer une peau en mégie.
— ÊTYM. Mégis.
MÉGISSERIE (mé-ji-se-rie), s. f. Métier et trafic du mégissier.
— HisT. XV* S. Chacun maislre de mesgeisserie, Ordonn. nov. 1487.
— f.TYM. Mégissier.
MÉGISSIER (mé-ji-sié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des mc-ji-sié-z habiles),», m. Artisan dont le métier est de blanchir les peaux, c'est-à-dire d'en ôter les poils.
- HIST. xiii* s. Baudroier, boursier, meguisier, Liv. des met. 29». Couraiers, mesgeyiers, Courez test comme gaillart Prendre vo part de Renart, Queue de retiart.
— ÉTYM. Voy. mégis; pic. méguichier; anc. fr. mesguerchier, mesveiclier , mesguichier, dans du CANGE, mesgicerius.
t MÉGME (mé-gnie), s. f. Voy. ménie.
\ MËGDE (mè-gh') , t. m. Un des noms provinciaux du petit lait.
— HIST. XV* s. Et sont ainssi [les urines] que le megue se naist et se part du fromaige quant on le fait, Ms. de Turin, f° 32.
— ÊTYM. Gaél. meag, petit lait.
t MEIGE (mè-j'), voy. mége.
MEILLEUR, EURE (mè-lleur, lleu-r", Il mouillées, et non mè-yeur), adj. || 1° Comparatif qui a le même sens que plus bon, leque! ne se dit pas. Je me souviens d'avoir vu quelquefois meilleure compagnie dans les ruisseaux de Paris que je n'en ai encore rencontré dans la chambre de la duchesse, VOIT. Lett. s. Et toi, de mes exploits glorieux instrument.... Passe pour me venger en de meilleures mains, conn. Cid, i, 7. D'autres soins.... vous porteront ailleurs, Où vous pourrez trouver quelques deslins meilleurs, id! Sert, m, 4. Je n'ai jamais vu un homme ni d'un meilleur esprit, ni d'un meilleur conseil, SÉV. 13 janv. 1C72, Hippias, pour qui Darius se déclara, avait de meilleures apparences, Boss. Hist. 1, ». Ne vous étonnez pas si le même Ecclésiaste méprise tout en nous, jusqu'à la sagesse, et ne trouve rien de meilleur que de goûter en repos le fruit de son travail, id. I)uch. d'Orl. ô reine admirable et digne d'une meilleure fortune 1 m. Heine d'Ànglet. Ariane aux rochers contant ses injustices [de Thésée], Phèdre enlevée enfin sous de meilleurs auspices, bac. Phèdre, 1, 1. Qu'ils savent juger, trouver bon ce qui est bon, et meilleur ce qui est meilleur, la bbuï. i. N'ayant rien de meilleur à faire, fên. Tél. xiii. Et j'ai pleuré longtemps sur ces tristes vainqueurs, Que le ciel fit si grands sans les rendre meilleurs, volt. Àli. I, 1. Vous êtes meilleur père que bon républicain, LK p. CATnou, dans deskontainf.s. |{ Meilleur à, qui convient mieux à, qui vaut mieux pour. Je vous conjure, Seigneur, de retirer maintenant mon âme de mon corps, parce que la mort m'est meilleure que la vie, saci. Bible, Jonas, iv, 3. J'ai dit à Vardes que je le priais de vous faire entendre que je vous étais meilleure présentement à Paris qu'à Grignan, sÉv. 29 sept. 1677. Je crois que la Carnavalette [l'hôtel Carnavalet] nous sera meilleure que l'autre maison qu'on nous avait indiquée, id. 22 sept. i«77. Il 2* Impersonnellement. Il est meilleur, il vaut mieux. 11 est meilleur d'agir ainsi, ou, par inversion, meilleur est d'agir ainsi. Il est bon de parler et meilleur de se taire, la pont. Fabl. vin, 10. n [Cromwell] leur déclara [aux membres du parlement] que, si la république devait souffrir, meilleur était qu'elle Ml dépendante des riches que des pauvres, qui, selon Saiomon, lorsqu'ils oppriment, ne laissent rien après eux, ciiateadbb. Sluartt, protectorat. || 3° De meilleure heure, plus tôt. On s'y marie de meilleure heure, montpso. Etp. v, (6. || 4" Le meilleur, la meilleure, les meilleurs, superlatif relatif de bon, qui est au-dessus de tout dans son genre pour la bonté, l'utilité. Il fondait là-dessus l'achat d'une feuillette Du meilleur vin des environs, la font. Fabl. VII, 11. La raison du plus fort est toujours la meilleure, id. ib. i, to. Je vous demande une amitié toute des meilleures pour M. do Pellisson, ntv. à Mlle de Scudéry, 1 1 sept. I6(li. Je n'o.se assurer que celle pièce soit en effet la meilleure da mes tragédies; je laisse aux lecteurs et au temps à décider do •on véritable prix, bac. l'hidre, préf. Hameau nous a donné non la meilleure musique dont il fût capable, mais la meilleure que nous pussions supporter, d'alemb. Lib. de la mut. OÈuvret, t. m, p. 34'-', dans poDGENS. || La meilleure partie, la meilleure part, la plus grande partie, en parlant de
nombre, de quantité. Et que de ses sujets la meilleure partie.... Ne tourne obstinément ses armes contre nous, corn. Sertor. 1, 2. La ville [Jérusalem] fut renversée de fond en comble, le temple réduit en cendres, et le roi mené captif à Babylone, avec Saraïa, souverain pontife, et la meilleure partie du peuple, BOSS. Hist. i, 7. Un prince qui s'est vu maître de la meilleure partie de l'Europe , fonten. Dial. i', morts mod. Quintius, pfcre de Céson, après avoir vendu la meilleure partie de son bien.... ver- TOT, Rérol. rom. iv, 3ii. || La meilleure part à, la plus grande participation à. Chacun le frappe à l'envi, et veut avoir la meilleure part au crime, espérant l'avoir à la récompense, fléch. Panéy. n, 4B7. Les usages, les passions, les circonstances du bien, du rang, de la naissance, qui ont d'ordinaire la meilleure part au choix d'un état de vie, mass. Carême, Vocation. || Dans la poésie, on supprime quelquefois l'article. [Celui] qui pourra montrer une marque certaine D'avoir meilleure part au cœur de Célimcne, MOL. Mis. iii,i. ||5°S. m. et ^. Le meilleur, la meilleure, celui, celle qui l'emporte sur les autres par ses qualités. Et c'était une blanque à de bons bénéfices; Mais elle est épuisée, et les vers à présent Aux meilleurs du métier n'apportent que du vent,C0BN. Excuse à Ariste. || Proverbe. Le meilleur n'en vaut rien, se dit de deux ou de plusieurs personnes presque également méchantes ou vicieuses. ! 6° S. m. Le meilleur, ce qu'il y a de mieux. Ne m'importune plus, Philandre, je t'en prie ; Me rapaiser jamais passe ton industrie; Ton meilleur, je t'assure, est de n'y plus penser, corn. Mél. v, 3. lu vois ce qui m'est le meilleur. De mes maux tu sais le remède; Regarde mon désir, et règle-le. Seigneur, Ainsi que tu veux qu'il succède, lo. Imit. m, IB. L'affaire presse, et le plus tôt que vous pourrez sortir d'ici sera le meilleur, mol. Festin, 11, 8. J'essaye, autant que je puis, de ne m'affliger de rien, et de prendre tout ce qui arrive pour le meilleur, PASC. Lett. à Mlle de Rvannex, 6. Discernant non-seulement le bon d'avec le mauvais, mais encore le meilleur d'avec le bon, fléch. Lamoignon. Sur ce qui concerne les mœurs, le plus beau et le meilleur est enlevé [par les anciens], la bhuy. i. Tout ce qui vous convient est toujours le meilleur, BEGNAUD, Ménechmes, v, 4. |{ Le meilleur, ce qu'il y a de plus curieux, et aussi, ironiquement, ce qu'il y a de plus mal. Écoutez, madame, voici bien le meilleur, BARON, Ilom. à b. fort, m, 7. Quand M. Beccaria fut applaudi pour avoir drmontré que les peines doivent ^tie proportionnées aux délits, il se trouva bien vite chez les Iroquois un avocat qui soutint que torturer, pendre, rouer, brûler, dans tous les cas, est toujours le meilleur, volt. Dict. phil. Supplices. Il Proverbialement. Le plus beau et le meilleur n'est pas de trop pour lui; c'est-à-dire c'est un homme qui mérite ce qu'il y a de mieux; ou, ironiquement, c'est un homme trop exigeant. || Du meilleur de l'âme, du cœur, c'est-à-dire avec la plus entière bienveillance, cordialité. Du meilleur de mon cœur je voudrais vous complaire, mol. Éc. des f. v, 5. Et je vous parle ici du meilleur de mon âme, ID. Mis. iv, t. Et le prier du meilleur de mon cœur, boss. Lett. 168. ||7° Familièrement. Boire du meilleur, tirer du meilleur, boire, tirer du meilleur vin qu'on ait. Et fait tirer du meilleur cependant, la font. Orais. Vivons libres, soutenons nos droits, et buvons du meilleur, volt. Facéties, Ouest, sur les mi'r. 13. ||8" Adverbialement. 11 fait meilleur, on est mieux. Non pas cela, dit l'homme, il fait meilleur chez nous, la pont. Fabl. iv, l». Il 9° Terme de marine. Meilleur! plus fort, plus énergiquementl Quand les rameurs d'une embarcation nagent mollement, on leur crie : meilleur I meilleur! meilleur tribord! pour faire nager plus vigoureusement les rameurs de droite; et meilleur bâbord I pour exciter ceux de gauche.
— REM. Plu» l)On est complètement inusité; c'est un barbarisme ; mais ne confondez pas pit« terme de comparaison, avec plus terme d'ordre de temps ; Il n'est plus bon à rien, est correct, parce que p(uf ne sa rapporte pas à bon.
— HIST. XI* 8. Quant chascun» ert [sera] à »on meiltor repaire, Ch. de llol, iv. Et des meillors [des plus braves] qui al champ [de bataille] cuident cslre, 16. CLV. Il XII* t. [Il] Vest un haubert, nus liom [nul homme] n'en vit meillor, Wonc 63. Sur les mellnrs chevaus qu'il ont trouvé, 16. 16O. La mioldre dame qui soit de more née, ib. 17». Saisne vont par ces rues faisant moult grant martira [massacre] ; N'i estoit esparné li miadres no li pires, Sax. x. Vez-ci bone acboison pour la voie laissier. — Voire, dit Gilemars, nule meillor [je] n'en quiar [n'en de-
mande], t6. XVI. Passez vos an là outre, vostre meillor n'y vol, ib. Lxxi. || xin* s. Et vous avez, par Dieu, meillor envie D'un bel valet baiser et accoler, QUESNES, Romane, p. 108. Puisqu'ele est escliapée, au meillor nous tenons [tenons-nous à ce qu'il y a de meilleur], Berte, xxiii. Berte est la mieudre ouvrière que oncques esgardai , ib. Lvn. N'avoit [il n'y avait] meillor ouvrière de Tours jusqu'à Cambrai, ib. Lvii. Quant le pieur [le pire] [il] reçoit, et le meilleur hors lance [rejette] , j. de meung. Test. 1607. Il XIV* s. En telepolicie celui qui est le melleur a plus de bien selon la quantité de sa vertu, oresme, Eth. 249. C'est le moien et la très meillour chose qui soit en vertu, id. ib. 4i. || xv* s. Si sçai-je bien, quant mon temps compte. Que, se pour s'amour je moroie, Millour fin avoir ne poroie, froiss. Espin. amour. Sur la fin du parlement, il fut dit et arresté et regvdé pour le meilleur que.... ID. i, i, 125. Maistre, il nous fault de l'oignement [parfum]..,. Tout le meilleur que vous aiez ; Vous en serez trop bien paiez, Résurr. de J. C. Aucuns eurent désir de nous assaillir, et mon advis est qu'ils en eussent eu le meilleur [qu'ils nous eussent battus], comm. ii, i. Et la première chose qu'ilz font, sans dire Pater ni Ave Maria, elles bevront du meilleur très bien, en attendant que l'autre amende. Les quinse joyes de mariage, p. 125. ||xvi" s. L'issue [du combat] en estoit encore incertaine, et ne sçavoit on qui en devoit avoir le meilleur, \KyoT, Démet, ifl. Jenevous puis pour ceste heure faire millieure aide, marg. Lett. 12«. Les millieurs visaiges, les millieurs propos monstrant l'envie qu'ils ont de vous faire service que l'on sçauroit souhaiter, id. ib. 127. Les plus courtes folies sont les meilleures, id. Nouv. xxi. Le meilleur des deux n'en vaut rien, id. ib. Il y fault prouveoir de meilleure heure, mont, i, 75. Qui avec son seigneur mange poires, il ne choisit pas des meilleures, cotgbave.
— ÉTVM. Berry, mélieur; bourg, mouiou, moillou; wallon, mèieûsf Hainaul, melieu; proveni;. vielhor, meillor, melher, meillier;ca.l. millor;esp.mejor; yiorl. melhor; \l3.l. migliore ; du lat. meliorem. Le vieux français dit mieudre, mietdre au nominatif, du latin melior, accent sur me, et meiHor au régime, de meliorem, accent sur 0. Melior a été rattaché à à(iEi'v(i)v; c'est une erreur; Corssen démontre [Beitr. p. 239) qu'il se rapporte à (liXa, beaucoup, (iiX),ov, plus (pour (i.à).iov) , (iâXiiTO, le plus ; il pense que la racine est le sanscrit mal, tenir, et que le sens est ferme, solide, fort.
t MÉIOGONE (mé-io-go-n'), adj. Terme de minéralogie. Substance méiogone, substance cristallisée en prismes dont les pans s'infléchissent de manière que l'angle qu'ils forment entre euxsetrouve successivement diminué.
— UEM. Ce mot est mal fait; il faut dire miogone, la diphthongue grecque si se rendant par t.
— ETYM. Mttwv, moindre, et y'<>voi;, angle. MEISFRE ou MES'IRE (mè-str'), s. m. Terme
de marine. Nom*du grand mât dans certains bâtiments du Levant. Arbre de mestre. Voila de mestra.
— ÉTYM. Autre forme de maître.
f MEIX (mê), s. m. Terme d'ancienne coutume. Habitation d'un cultivateur, jointeà autant déterre qu'il en faut pour l'occuper et le nourrir. louira ledit Boulet de la tuilerie de Clucy et de meix, maisons, halles, fourneaux et héritages qui en dépendent, pour y cuire des tuiles et de la chaux, ....lesquelles tuileries, meix, maisons, halles, fourneaux et dépendances, ledit Boutet sera tenu à la fin du ptesenl bail de rendre en même état, Lett. pat. 27 juin i(!80.
— HIST. xiu* 8. Mes poresm'aàun vielliart donce. Qui en cest meis m'a mise et enserrée. Romane, p. 37.
— ÉTYM. Bas-latin, mansus, manso (voy. ce mot), t MÉJUGER (mé-ju-jé). || 1° V. a. Se tromper dans
un jugement que l'on porte. || Terme do vénerie. Se tromper dans l'examen des connaissiuices île la béta dont on fait suite. Un valet de limier méjuge un cerf lorsqu'il ne reconnaît pas celui (|u'il a ailleurs jugé plus gros, il i' V. n. Juger en mal. On peut affirmer sans trop méjuger de l'espèce humaine.... e. f,VK, Malhilde, Inirod. ch. 11. || 3" Se méjuger, ». réfl. C'est pour le cerf mettre lo pied da derrière
hors da la trace de celui de devant X moinsqu'ilî
n'aient mis bas leurs télés; car alors les vieux cerfs se méjugent presque autant que les jeunes, bufp. Quadrup. t. il, p. 19.
— ÉTYM. Mi.. . préfixe, et juger
tMÉLA.... MÉLAN.... MÉLAW).... Terme qui signifie noir, et ([ui vient du grec li^Xaç, (jii>«voc.
— ETYM. C'est le môme que le sanscrit mala, tache, saleté, devenu on latin mulxts (voy. mai.).
t ftiÉLAC (mé-lak), t. m. Élaiu du Pérou.
ÎIÉT-
t UCLAGB (m6-l»-j), ». m. Opération par laquelle \f Cartier arrange en tas les diverses sortes de papier qu'il doit coller ensemble.
— ETYM. M/ler.
t MÉLAÏ.NK (mWa-i-n'), t. f. Matière colorante noire de l'encre des mollusques céphalopodes. Il Pigmentum delà choroïde et de la peau des nègres.
— ÊTYJl. Mêla..., et la finale chimique tne.
t MËLAM (mé-lam'), *. m. Terme de chimie. SuListanco blanche, découverte dans le résidu insoluble qu'on obtient en distillant un mélange de « partie de sulfo-cyanure de potassium avec a parlies de sel ammoniac.
i UfiLAMBO (mé-lan-bo), *. m. Écorce résineuse et amère d'un arbre d'Amérique.
t MÉLAMINE (mé-la-mi-n'i, s. f. Terme de chimie. Ba.'e s.i!ifiable produite par lemélam.
t MÉLAMPYRE (mé-lan-pi-r'), s. m. Genre de plantes scrofularinées dont une espèce, le mélampyre des cultures {melampyrum arvense, L.), dit aussi blé de vache, cornette, rougeole, queue de renard, sarelte ou sarrette, pousse dans les blés.
—RTVM. .Me) â|ji7n;po;,de|jiÉ),a;,noir,etirupà;, grain.
t MÉLAMPYRINE (mé-lan-pi ri-n'), s. f. Terme de chimie. Principe extrait du me/ompi/rumnemorosum.
— ETYM. Mélampyre, et la finale chimique ine. f MÉLANAGOGUE (mé-la-na-go-gh'), adj. Terme
de médecine. Oui est supposé avoir la propriété de purger les humeurs noires ou atrabile. || Médicament mélanagogue, ou, substantivement, un mélanagogue. Evacuer par purgatifs propres et convenables, c'est-à-dire par cholagogues, mélanagogues, etc. MOL. Poure. I , < 1 .
— ÊTYJl. JfÀon....,et àYMviî, qui entraîne, dérivé de âyeiv, pousser (voy. agir).
MÉLANCOLIE (mé-lan-ko-lie), s. f. \\ 1» Terme d'ancienne médecine. Bile noire, humeur hypothétique, un des quatre éléments qui, suivant les anciens, constituaient le corps humain, et dont ils avaient placé le siège dans la rate. On regardait la mélancolie comme capable de produire les affections, les maladies hypocondriaques. Le mal de cette dame ne me parait rien autre chose qu'une mélancolie noire qui se peut dissiper en excitant tout à coup en elle une émotion qui lui cause une dilatation de cœur, lesage. Est. bons. ch. 46. || 8° Dans la médecine actuelle, nom d'une lésion des facultés intellectuelles caractérisée par un délire roulant exclusivement sur une série d'idées tristes; c'est la variété de la monomanie qu'Esquirol a nommée lypémanie. La mélancolie s'observe aussi chez les animaux dont on change brusquement les habitudes, chez ceux qu'on prive des sujets de leur affection. Il 8* Disposition triste provenant d'une cause physique ou morale, dite aijssi vulgairement vapeurs du cerveau. La mélancolie que j'ai dans le cœur et dans les yeux me fait paraître tous les visages comme si je les voyais au tmvcrs de la fumée de reau-<le-vie, et je n'aperçois rien qui ne me semble effroyable, voit. Lelt. 8. Laissonf-le un peu nager dans la mélancolie, uairet, Sophon. iv, 6. Et laissemoi de grice, attendant Emilie, Donner un libre cours à ma mélancoli'î, conn. Cinna, m, 2. J'ai honte de montrer tant de mélancolie, lo. Ilor. i, 2. Je n'irai, par monts ni par vaux, M'exposerau vent, i la pluie ; Je vivrai sans mélancolie, la font. Fabl. IV, s. Dans les frayeurs de l'enfer dont il [St François de S<les] était saisi, une noire mélancolie et des convulsions qui lui faisaient perdre le sommeil et \p manger, le poussèrent.... boss. ÉI. d'ornit. IX, ï. De là les dépits secrets et les mélancolies; de là les désolations et les désespoirs, les colères et les transports, les blasphèmes et les imprécations, «ourdal. »• dim. airh Pdq. Dominie. t. ii, p. <05. Pauvre esprit, dira-t-on, que je plains ta foliel Molire CCS bouillons de ta mélancolie, boil. Sat. vu. Surtout je redoutais cette mélancolie Où j'ai vu si longtemps voire âme ensevelie, rac. Andr. i, ). Une noire mélancolie, causée par le dépit et les remords, entretenue par la présence deTencin, resté ministre de France à Rome, conduisit à la fin Innocent XIII au tombeau, oucu», Kém. rig. CEw. t. vi, p. 74 «Un» pouoENs. Il 11 n'engendre pas la mélancolie, dé mélancolie, fe d:t d'un homme qui vit sans souci. Pour ne point engendrer la mélancolie, lesage, Gti BUu, I, 10. Il Le tombeau de la mélancolie, le vin. H La mélancalie ne paye point de dettes, c'est-àdire au lieu de se chagriner de tes dette», il faut »"*vertuet. \\ f Triitene déjà adoucie qui succède à ane perte cruelle. U nature, qui, en nous condamnant à Tlvre, nous a laissé deux précieuses ressource», la mort pour finir les maux qui nous déchirent et la mélancolie pour nous (aire supporter la vie
MEL
dans les maux qui nous flétrissent, d'alemb. Toml. l'Kipinasse. Il adoucit ses douleurs en peignant, dans des vers remplis d'une mélancolie douce et profonde, les vertus et les grâces de celle qu'il pleurait, condorcet, Haller. Dès que le désespoir peut retrouver des larmes, Â la mélancolie il vient les confier, Pour adoucir sa peine et non pour l'oublier, delil. Imag. lii. || 5° Tristesse vague qui n'est pas sans douceur, à laquelle certains esprits et surtout les jeunes gens sont assez sujets, et qui n'a pas été sans action sur la poésie moderne de l'Europe, ô mélancolie enchanteresse I ô langueur d'une âme attendrie! combien vous surpassez les turbulents plaisirs, la gaité folâtre, la joie emportée, et tous les transports qu'une ardeur sans mesure offre aux désirs effrénés des amants ! J. j. Rouss. Uél. i, 38. Et la mélancolie errante au bord des eaux, m . j. chén. la Promenade. Dans un âge beaucoup plus détaché [que le xvii' siècle] des formes austères de la religion, la mélancolie vint comme un supplément à ce besoin de l'homme de s'élever par la méditation, villem. Lilt. franc, xviii" stècle, 2* part. 2« leçon. C'est l'heure où la mélancolie S'assied pensive et recueillie Aux bords silencieux des mers, lamart. Méd. i, 21. C'est parmi les hautes herbes des vastes prairies de l'ouest, les forêts solennelles du nord. . .. que j'ai cherché à découvrir les choses cachées de la nalureet les splendidesmélancoliesdenossolitudes, CAP,Audu6on,p.34.
— HIST. xiir s. Mélancolie qui est froide et sèche, BRUN. LATiNi, TrésoT, p. 10.!. Dont lui est or venue cestemelancolie?Berte, Lxxii. Il xv's. Elle [le captai de Buch] convint mourir par mélancolie en la tour du Temple à Paris, dont grandement deplaisoit à ses amis, froiss. II, 11,30. Or entrai en merancolie, De ce qu'elle estoit aussi lie [gaie] Aux aultres gens qu'elle ert à moi, iD. Espin. amour. Ce me seroit trop grand folie. Quand demeurer puis en repos. De reprendre merencolie, ch. d'orl, La départie d'amours en balade. Elle entra en telle mélancolie [rêverie, méditation], qu'elle ne cessa, si eut mis par vers sa response, Perceforest, t. vi, f° 83. Il xvi* s. Nous devisons, passant mélancolie. Sur le chemin des Alpes d'Italie, marot, ii, 81. Toutes les espèces de melancholie contre nature sont fort chaudes, paré, Introd. 5. Elle a fait plusieurs petites melancholies [minauderies] à son ami, cotgrave.
— ÉTYM. Wallon, mtracolèie; bourg, merancolie ; provenç. melancolia,malenconia ; esp. melancolia; itaX. melaitcolia, malinconiai du lat. melancholia, qui vient du grec \i.t'i.oi.y/o\la, de [lEXaç, noir, et xoX'^, bile.
MÉLA»'COLIQDE (mé-lan-ko-li-k') , adj. Il l'Terme de médecine. Qui est relatif au genre de folie dit mélancolie. || Substantivement. Un mélancolique, une mélancolique, personne affectée de mélancolie. || 2° En qui domine la mélancolie, la disposition triste. Vaine compassion des douleurs d'Angélique, Oui penses triompher d'uncœur mélancolique, CORN, la Place roy. iv, 5. Je suis mélancolique, et je le suis à un point que, depuis trois ou quatre ans, à peine m'a-t-on vu rire trois ou quatre fois, la ROCHEFOuc. Portr. Le mélancoliqueanimal [lièvre].... Entend un léger bruit ; ce lui fut un signal Pour s'enfuir devers sa tanière, la font. Fabl. ii, I4. ....Ces auteurs toujours froids et mélancoliques. Qui, dans leur sombre humeur, se croiraient faire affront. Si les Grâces jamais leur déridaient le front, BOIL. Art p. m. Vous êtes à la fois gaie et mélancolique, mais gaie par votre naturel, et mélancolique encore par réflexion, d'alemb. Portr. de Mlle de l'Espinasse. || Substantivement. Un mélancolique, un homme livré à la disposition triste, et à ce qu'on appelle vulgairement vapeurs du cerveau. Le parti formé dans la cour par M. de Beaufort n'était composé que par quatre ou cinq mélancoliques qui avaient la mine dépenser creux, betz, II, 64. Il 3° En quoi domine la mélancolie, la disposition triste. Vision mélancolique, Tristan, Mariane, i, 2. Sentiments mélancoliques, m. ib. v, 3. Parmi ces grands sujets d'allégresse publique. Vous portez sur le front un air mélancolique, coiin. Tois. I, t. J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique, La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien Oui ne me soit souverain bien, Jusqu'au sombre plaisir d'un cœur mélancolique, la font. Psyché, u, p. st7. Sa joie est plus mélancolique que la tristesse des autres, maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, 58 sept. «884. Il 4» Oui inspire la mélancolie. Lieu, entretien mélancolique. Ecrire sur des sujets mélancoliques. La bière est un séjour par trop mélancoliuue, MOL. Sgan. se. <7. La clarinette n'était pas (en «745] l'instrument aux sons doux et mélancoliques que nous entendons aujourd'hui, ad. adàm. Souvenirs d'un musicien, t. ii, p. «8» , Gossec.
MEL
Il 8° Oui a rapport à la tristesse vague dite mélancolie. Que je repose en paix sous le gazon rustique, Sur les bords du ruisseau pur et mélancolique I u. J. chén. la Promenade. Ils étaient ravis de voir ainsi les sentiments mélancoliques exprimés avec l'imagination italienne, stael, Corinne, xiii, 5. La poésie la plus mélancolique doit être inspirée par une sorte de verve qui suppose et de la force et des jouissances intellectuelles, id. ib. xviii, 4. U [chateaubriand] a comme engendré cet ennui incurable, mélancolique, sans cause, si souvent doux et enchanteur dans son expression, sauvage et desséchant au fond, et mortel au cœur, mortel à la bonne et saine pratique des vertus, le mal de René, qui a été celui de tout notre âge, maladie morale qui, après avoir régné cinquante ans plus ou moins, et avec des variantes sans nombre, est aujourd'hui à peu près disparue.... STE-BEUvE,Cha(eauïriand et son groupe, t. I, p. 99.
— SYN. MÉLANCOLIQDE, ATRABILAIRE. CeS deUX
mots signifient : qui est affecté de bile noire ; atrabilaire est la traduction latine de mélancolique. Pourtant l'usage a mis quelque distinction entre eux, du moins quand on les applique au moral. Le mélancolique est triste; l'atrabilaire est acerbe,
— HIST. xiv* s. Et un trop mélancolique [est enclin] à avarice, oresmb, Elh. 73. || xvi» s. Elle devint toute mélancolique et pensive, despeh. Contes, XLi. L'autre excrément est attiré par la vertu attractrice de la rate, que nous appelons humeur mélancolique, PARÉ, Introd. 6. En tous les tons et chants de bucoliques, En chants piteux, en chants mélancoliques, mabot, i, 220.
— ETYM. Provenç. mélancolie, malencoUc; espagn. melancolico ; ital. melancoiico,malinconii:o ; du lat. melancolicus ; grec, ^lù ayyoXiiii (voy. Mélancolie). On disait dans l'ancienne langue melancolicux. U y avait un verbe se melancolier, qu'il est dommage qu'on ait laissé perdre, et qui est encore dans le Dict. de furetière.
MÉLANCOLIQUEMENT ( mé-lan-ko-li-ke-man ) , adv. D'une manière mélancolique. Il penchait la tête mélancoliquement.
— ETYM. Mi'lancolique, et le suffixe ment.
t MÉLANDRE (mé-lan-dr') ou MÉLANDRIN (mélan-drin), s. m. Petit poisson de la Méditerranée. On le nomme aussi petit sargonoir.'
t MÉLANE, ÉE (mé-la-né, née), od;. Terme d'histoire naturelle. Qui est de couleur noire. || Terme de médecine. Qui est de la nature de la mélanose. Cancer mélané.
— ÉTYM. M£Xai;, piO.avo;, noir.
t MÉLANÉMIE (mé-la-né-mie), s. f. Terme de médecine. État du sang présentant les caractères du sang veineux dans les systèmes artériel et capillaire.
— ÉTVM. Mélan...., et aî|ia, sang.
MÉLANGE (mé-lanj'), s. m. || 1° Ce qui résulte
de plusieurs choses mêlées ensemble. Un mélange de bouillon et devin. Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange D'os et de chair meurtris et traînés dans la fange, rac. Aih. ii, s. La cause principale et peut-être unique de l'amélioration des terres est le mélange d'une autre terre différente, dont les qualités se compensent et font de deux terres stériles une terre féconde, duff. Min. t. I, p. 3)2. Il Chambre de mélange, capacité à l'aide de laquelle, par l'aflluence simultanée d'air chaud et d'air frais en proportion que l'on puisse facilement régler, on se réserve le moyen de n'admettre dans une salle, dans un amphithéâtre, que do l'air à une température convenable. ||2" Il se dit, en un sens analogue, de personnes mêlées ensemble. Un mélange de toute sorte de gens. Comme il [Cromwell] eut aperçu que dans ce mélange infini de sectes.... Boss. Heine d'Anglet. La sagesse de Dieu n'a permis le mélange de l'ivraie et du bon grain, des bons et des méchants dans l'Église, que pour ménager aux uns et aux autres des moyens de conversion ou des occasions de mérite, mass. Carême, Mélange. IlS^Fig. Union, fusion de qualités, de conditions, d'affaires différentes. Sa vertu n'a aucun mélange de faiblesse, corn. Ex. de Polyeucte. Laelius vous l'envoie. Et donne à ses douleurs ce mélange de joie, ID. Sophon. m, 6. Ne trouvez-vous pas que voilà encor un beau sujet de réflexions pour soutenir ce mélange continuel de maux et de biens que la Providence nous prépare, afin qu'aucun mortel n'ait l'audace de dire je suis content, sÊv. 20 avr. (OHo. Quoiqu'elle [l'Egypte] en retint beaucoup de choses [de son ancien étal] sous les Ptolémées, le mélange des mœurs grecques et asiatiques y fut si grand, qu'on n'y reconnut plus l'ancienne Egypte, BOSS. Hisl. m, 3. Dans le feu, dans le choc, dans
l'ébranlement, on voit naître tout à coup je ne sais quoi de si net, de si posé, de si vif, de si ardent, de si doux, de si agréable pour les siens, de si hautain et de si menaçant pour les ennemis, qu'on ne sait d'où lui peut venir ce mélange de qualités si contraires, Boss. Louisde Bourbon. La cour veut toujours unir les plaisirs avec les affaires; par un mélange étonnant, il n'y a rien de plus sérieux ni ensemble de plus enjoué, id. Anne de Gonz. Et de vos fictions le mélange coupable Même à ses vérités [de l'Évangile] donne l'air de la fable, boil. Art p. III. Ces âmes faibles et vaines dont la vie est un mélange perpétuel de bien et de mal, fén. Dial. des morts anc. dial. l B. Mais quel triste mélange altère ce bonheur? volt. Zaïre, ii, i. J'abhorre ces complots de prêtres et de femmes, Ce mélange importun de leurs petites trames, De secrets intérêts, de sourde ambition, De vanité, de fraude et de religion, id. Pélopid. m, 3. Ce seizième siècle, curieu.T mélange d'imitation antique, d'imitation servile quelquefois, et d'originalité naïve et féconde, viLLEMAiN, Littér. franc, t s' siècle, 2' part. *' leçon. [Après les invasions des barbares] l'équilibre s'établit pour ainsi dire ent.-e la barbarie des unes [les populations du Nord] eî la civilisation des autres, et il en résulta une civilisation moyenne qui devint celle du mélange, jouffbot, Fragments philosophiques, Du rôle de la Grèce. |[ Sans mélange, pleinement, complètement, entièrement. Pour ces francs pécheurs, ces pécheurs sans mélange, pasc. Prov. iv. Tandis que TOUS vivez, le sort, qui toujours change. Ne vous a pas promis un bonheur sans mélange, hac. Iph. I, ). Mais il est peu de plaisirs sans douleur, Et nos chagrins sont souvent sans mélange, volt. Filles de Minée. Car elle avait quinze ans, un sourire ingénu. Et m'aimait sans mélanf;e,v. hl'GO, Orient. 2«. Il 4° Mélange des couleurs, union de plusieurs couleurs dont se forment les teintes qui sont nécessaires au peintre. || 5° Terme de physique et de chimie. Union, en proportions indéfinies et sans combinaison chimique, de deux ou d'un plus grand nombre de corps qui gardent leurs propriétés spécifiques. Il Corps complexe ainsi préparé. 11 bat le mélange. || Méthode des mélanges, procédé employé en calorimétrie pour évaluer la quantité de calorique contenue dans un poids donné d'un corps, afin d'en évaluer la chaleur spécifique ou la capacité pour la chaleur. || Mélanges frigorifiques, mélanges dans lesquels les substances mêlées produisent un froid considérable. || 6° Terme de cnapelleric. Mélange, quantité de chaque matière qui entre dans la composition d'un chapeau. || Dans les fabriques de poteries , action de mêler la terre avec du sable, du ciment ou du mâchefer. || 7° Mélange, croisement de races, accouplement de deux êtres vivants de races ou même d'espèces différentes. Le mélange des blancs avec les noirs produit les mulâtres. Ces mélanges [d'un homme avec des bêtes] avaient produit des égipans, des faunes, des satyres; plusieurs grands personnages de l'antiquité en avaient vu, VOLT. Candide, <0. Les individus qui résultent de ce mélange sont féconds, surtout lorsqu'on a eu soin de former la première union entre le linot mâle et la femelle canarie, bufp. Ois. t. vu, p. 84. Il 8* S. m. pi. Titre de certains recueils composés de pièces de prose ou de poésie, de petits ouvrages sur différents sujets. Ses Mélanges [du chartreux d'Argonne], sous le nom de Vigneul de MarviUe, sont remplis d'anecdotes curieuses et hasardées, VOLT. SiicU de Louis IIV, écrivains, d'Argonne. Le cinquième volume de mes Mélanges ne parait point encore ici, d'albhb. Lett. à Voltaire, 8 avr. 1787. Il Titre qu'on donne quelquefois dans les ouvrages périodiques à une réunion d'articles sur des objets variés. || Nom donné, dans les catalogues de livres, à Ut partie comprenant les ouvrages qu'on n'a pas pu classer dans les autres divisions.
— SYN. MÉLANCt, COMBINAISON (au sens chimique). Le mélange diffère de la combinaison chimique ; il se fait en toute proportion ; Il ne s'accompagne d'aucun des phénomènes de la combinaison, comme le dégagement de chaleur, do lumière, etc.; il produit seulement du froid lorsque le mélange présente un état différent de celui des c.irps mélangés; les propriétés des éléments du mélange sont masquées, mais non changées d'une manière durable, elles le sont dans la combinaison.
— lliST. XVI* s. Tout meslinge que les hommes
Î lussent adjouster à la grâce de Dieu pour eslever e franc arbitre, n'est qu'autant de corruption, calv. Instit. 245. Le dit bataillon de meslinge [mêlé d'Al- Mmaodf tt de Français] les vint charger, carloix,
MÉL
I, 4t. La meslange des couleurs, pabé, ix, «o. La vertu de la moustarde s'abastardit par le meslange du vinaigre, iD. xxv, 33. Si compensa et contrepeza si sagement la meslange de ses adventures présentes avec les prosperitez passées que.... amyot, P. JEm. 58. D'un mélange agencé nos corps prennent naissance, BONS. 876.
— ÊTYM. Jf^Ier; mélange est formé comme lowinge, vendange. Berry, malinge.
MÉLANGÉ, ËE (mé-lan-jé, jée), part, possède mélanger. Différents ingrédients mélangés ensemble. Buvez encore avec plaisir les derniers verres du vin trop mélangé de cette vie ; soyez heureux, si on peut l'être, VOLT. Lett. Richelieu, 6 juin 1777. || Société mélangée, société de personnes qui ne sont pas toutes de bonnes manières, de bonnes mœurs, etc. || Drap mélangé, drap dont la trame et la chaîne sont de laines de différentes couleurs. || Issu du croisement. La grandeur et grosseur du corps paraissent dépendre plus de la mère que du père, dans les espèces mélangées, bijff. Quadrup. t. viil, p. 62.
t MÉLANGEOIR (mé-lan-joir). Lieu où l'on fait le mélange des matières servant à la fabrication de la poudre à canon.
MÉLANGER (mé-lan-jé). Le g prend un e devant a et 0 ; mélangeais, mélangeons), v. a. || !• Faire un mélange. Ce cabaretier mélange son vin. Mélanger les couleurs. Le ciel, en nous formant, mélangea notre vie De désirs, de dégoûts, de raison, de folie, De moments de plaisir et de jours de tourments, VOLT. I" dwc. Il Terme de peintre. Unir les couleurs pour en former des teintes, [i 2° Se mélanger, V. réfl. Être mélangé. Ces deux liq lides ne peuvent pas se mélanger.
— SYN. MÉLANGER, MÊLER. Mélanger vient de mélange ; mélange vient de mêler ; ces deux verbes ont même radical. Aussi ne diffèrent-ils que par la nuance qui est dans mélange. Un cabaretier mélange son vin, c'est-à-dire qu'il y introduit d'autres vins ou d'autres substances; si l'on disait qu'il mêle ses vins, cela signifierait qu'il confond les différentes espèces de vins entre elles. Au figuré, les races sont mêlées, quand dans un même pays il y a plusieurs races y vivant ensemble ; elles sont mélangées quand elles font des croisements; les intérêts sont mêlés quand ils sont impliqués les uns dans les autres, ils sont mélangés quand ils sont de diverses natures.
— HIST. xvi* s. On y pourra semer du millet, des raves, des naveaux, meslingés ou séparés, o. de SERRES, 79. Des œillets blancs, rouges et meslangés, tenans ceux-ci des deux précédentes couleurs bizarrement dispersées, chose qui leur donne grande gaieté, id. 572.
— ÉTYM. Mélange; Berry, malinger.
t MÉLANGEUSË (mé-lan-jeû-z'), f. f. Partie du mécanisme du broyage du cacao qui y mêle le sucre.
— ÊTYM. Mélanger.
t MÉLANIE (mé-la-nie), s. f. Genre de coquilles univalves. || Espèce de demoiselle.
— ÉTYM. MOa;, |jié),avoç, noif.
t MÉLANIEN, lENNE (mé-la-njin, niS-n'), adj. Il 1° Terme didactique. Qui a une teinte noire ou des taches noires. || Terme de médecine. Taches mélaniennes, les envies ou taches cutanées qui sont d'une nuance intermédiaire entre le noir et la couleur normale. || 2" Terme d'eihnologle. Les peuplades mélaniennes, variété de I espèce humaine qui habite la terre de Van-Diemen. || Substantivement. Les mélaniens.
— ETVM. Melon, iJiiXaivo;, noir.
t MÉLANINE (mé-la-nl-n'), s. f. Substance organique caractérisée par sa couleur, pouvant varier du noir au brun roussâtre.
— ÉTYM. MéXo;,>é).avo;, noir, et la finale chimique ine.
t MÉLANIQUE (mé-la-ni-k'), adj. Terme de médecine. Oui a rapport à la mélanine, à sa couleur, aux tumeurs qu'elle colore. Tumeurs mélaniques.
— ÊTYM. Mé)ac, liéXovoc, noir.
t MÉCANISME (mé-la-nism'), t. m. Terme de médecine. Anomalie caractérisée par une couleur accidentellement noire ou plus obscure du pelage des animaux. Il est opposé à l'albinisme.
— ÉTYM. .MéXji;, liiiXsvo;, noir.
t t. MÊLANITB (mé-la-ni-f), s.f. Terme de minéralogie. Variété de grenat, de couleur noire.
I 2. MÉLANlTB (mé-la-ni-f), t. m. Genre de papillons.
— ÊTYM. Mi\oui, \U\onot, noir.
t MÉLANOCHINE (mé-la-no-ki-n'), ». f. Terme de chimie. Produit de décomposition de la quinine par le chlore.
— ETYM. Milano.,.., et ehtnine, quinine.
MEL
4Pi
t MÉLANO-CHROÏTE (mé-la-no-kro-i-t'), s. f. Nom donné à une nouvelle espèce de plomb chromaté, rouge, quoique le mot melanochroïte signifie coloré en noir, legoabant.
— ÉTYM. Mélann ... et xpo«> couleur.
f MÉLANO-GALLIQUE (mé-la-no-gal-li-k') , adj. Terme de chimie. Acide mélano-gallique ou métagallique, corps obtenu comme résidu de la distillation des acides tannique , gallique et pyrogallique.
— ÉTYM. Wélano..., et gallique.
tMÉLANOME (mé-la-nô-m') , s. m. Terme de
médecine. Synonyme de tumeur mélanique.
— ÉTYM. Me).âvtu|ia, de |xé>ot;, noir.
t MÉLANOPHTIIALME (mé-la-no-ftal-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a les yeux noirs. Il Oui a des taches entourées d'un cercle noir et figurant un œil.
— ÉTYM. Mélano..., et èçOaXjjô;, œil.
t MÉLANOS (mé- la-nos'), s. m. Animal dont répiderme passe au noir; c'est l'opposé d'albinos.
— ÉTYM. Mot formé de [dlcLi, noir, sur le modèle d'albinos.
t MÉLANOSE (mé-la-nô-z'), s. f. Terme de médecine. Tissu noir qui se développe pathologiquement en divers points du corps.
— ÉTYM. MeXâvtixrii; , de (leXavéw, noircir.
\ MÉLANOTIQUE (mé-la-no-ti-k'), adj. Qui a le caractère de la mélanose.
+ MÉLANOTRIQUE (mé-la-no-tri-k'), adj. Qui a les cheveux noirs.
— ÉTYM. Mélano..., et 6pîÇ, Tpixic, cheveu.
■j- MÉLANTUACÉES ( mélan-ta-sée ) , s. f. pi. Terme de botanique. Synonyme de colchicacées.
\ MÉLANTUÉRITE (mé-lan-té-ri-t'), s. f. Terme de minéralogie. Schiste noir, dont on se sert pour dessiner.
f MÉLANCRINE (mé-la-nu-ri-n") , s. f. Terme de médecine. Matière noire qui se trouve dans l'urine de certains malades.
— ÊTYM. Mélan..., et oûpov, urine.
t MÉLAPHYRE (mé-la-fi-r'), s. m. Terme de géologie. Variété de porphyre noir.
— ÉTYM. MéXa;, noir, et phyre pour porphyre.
f MÉLAR (mé-lar),î. m. Coquille du genre cône, le cône strié.
t MÊLAS (mé-las') , s. m. Espèce de papillon. Il Genre d'hélices. || Espèce de chat de Java.
— ÉTYM. MiXac, noir.
t MÉLASICTÈRE (mé-la-zi-ktè-r'), s. m. Terme de médecine. Ictère noir, c'est-à-dire ictère dans lequel la couleur de la peau parait très-foncée
— ÉTYM. MÉXa;, noir, et ictère.
t MÉLASME (mé-la-sm'), s. m. Terme de médecine. Tache noire commune chez les vieillards et qui affecte principalement les jambes.
— ÉTYM. MéXaajjia, de iitXaç, noir.
t MÉLASOMES (mé-la-so-m'), i. m. pi. Terme d'entomologie. Famille de l'ordre des insectes coléoptères, comprenant ceuxqui ont le corps noiret cendré.
— ÊTYM. Mêla..., et oû|i.a, corps.
MÉLASSE (mé-la-s'), s. f. Espèce de sirop qui reste après la cristallisation du sucre de betterave, de canne, et qui refuse de donner des cristaux. Mélasse, sortant du sucre, chacun tonneau de mer, pesant 2 milliers, payera 1 0 livres, rari/, 4 8 sept. )nfl4.
— f.TYM.Espagn. mc/aja, dérivé du lat.mei, miel; avec la terminaison péjorative asse, comme si l'on disait miélasse.
t MÊLASSIQCB ( mé-la-ssi-k' ) , adj. Terme de chimie. Acide mélassique, acide qui se trouve dans la méla.sse.
t MÉLASTOMACÉES (mé-!a-sto-ma-sée), ». f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicotylédones polypétales pcrigynes.
— ÉTYM. Mêla..., et oToiia, bouche.
■fMELCIIIOR (mèl-ki-or), s. m. Voy. maillechobt. t MELCIIKSÉDÉCIEN ( mèl-ki-sè-dé-siin), ». m.
Membre d'une ancienne secte chrétienne qui regardait Melchisédech comme le Saint-Esprit.
t MELCIIISËDECU (mèl-ki-.sé-dck), j. m. Roi do Salem dont parle la Genèse, qui bénit Abraham et lui présenta du pain et du vin; car il était prêtre du Très-haut. || Prêtre selon l'ordre do Melchisédech. se dit de Jésus-Christ, par opposition à prêtre selon l'ordre d'Aaron. |{ Fig. Enfant de Melchisédech, personne de laquelle on ne sait ce qu'elle est. C'étaient dos enfants de Melchisédech, dont on ne connaissait ni le pays ni ta famille, ni probablement le vrai nom, ]. j. rouss. Confess. x.
— ÉTYM. Nom hébreu qui signifie lol de la justice;. melchi, roi, et scdech, justice.
t MKLCIIITE (mèl-kl-f), s. m. || !• Nom donné par les eutychiens aux orthodoxes. Je ne m'arrête-
ni pas i l'ignorance de volro minisire, qui, en eomptant les melcbiles parmi les sectes d Orient, les oppose aux nesloriens et aux eutycbiens, sans fonKérnue le nom de melchiies, qui veuKi ire royaliste» est celui que les eutycbiens donnèrent aux orthodoxes, à cause que les empereurs, qui étaient ealholique», autorisaient la saine doctrine par leurs édils et au contraire proscrivaient les eutycbiens, toss. »• aiert. î. || ï" Nom donné à des chrétiens du Levant qui inclinaient vers l'Église grecque.
— KTYM. Hébreu, melc, roi.
MP.LÉ, ÉE (mê-lé, lée), part, posté de mêler. Il l' Uni avec. De l'eau mêlée avec du vin. La nature m'enseigne par ces sentiments de douleur, de faim, de soif, que je ne suis pas seulement logé dans mon corps ainsi qu'un pilote en son navire, mais outre cela que je lui suis conjoint trbs-étroitement et tellemi'nt confondu et mêlé que je compose comme un seul tout avec lui, df.sc. Médit, vi, )ï. De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnues, boss. Duch. d'Orl. Un homme, dit TertuUien, qui a vu dans une tempête le ciel mêlé avec la terre, m. Sermons, Intégrité de la pénit. 3. c'est ici un siècle de confusion, où toutes choses sont mêlées; il y a un jour arrêté à la fin des siècles pour séparer les bons d'avec les mauvais, ID. Sermons, Ambition, i. Sentez-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'œuf mêlés dans du verjus ? bojl. Sat. m. Ce vert est mêlé d'une teinte de bleu plus ou moins forte sur la queue, bifi'. Ois. t. vi, p. ( I6. {{ Lettres mêlées de vers et de prose, lettres où il y a de la prose et des vers. Il 2' Où il y a du bon et du mauvais. Vous trouverez.... les rondeaux de Benserade : ils sont fort mêlés; avec un crible, il en demeurerait peu, sÉv. îi oct. (676. Que je vois dans le monde de ces vies mêlées I on fait profession de piété, et on aime encore les pompes du monde, boss. Sermons, Intégrité de la pénit. 3. S'il y a eu de mauvais exemples dans ces derniers temps, s'il y en a eu de mêlés, ID. 6'avert. 20. Je déplorai le sort de Thérèse et le mien de tenir à une famille si mêlée, et je l'exhortai plus que jamais de secouer un joug aussi dangereux, j. 1. bodss. Confess. viii. || Compagnie, société mêlée, compagnie, société, moitié bonne, moitié mauvaise. La compagnie de Bourbon est fort mêlée, MAiNTENON, Lett. au duc de Nouilles, t. v, p. 51, dans pouGENS. Le roi l'approuva [que la duchesse d'Orléans eût une cour], pourvu qu'elle y eût une compagnie honorable et point mêlée, st-sim. < 68, «6.||Fig. Marchandise mêlée, voy. marchandise. Il Marchand mêlé, voy. mafchand. || 3° Mélangé, qui n'est pas pur. À peine ai-je senti cette liqueur traîtresse. Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse, BOiL. Sat. ni. Il II s'est dit absolument de celui dont la chevelure grisonne. On peut en voir en moi la taille en quelijues traits. Chauve sur le devant, mêlé sur le derrière. Le port majestueux et la démarche fière, CORN. Œdipe, IV, 4. Il Sang mêlé, sang, personne issue d'un croisement entre blanc et nègre. || 4" Répandu parmi , en parlant des personnes. Les Parthes k la foule, aux Syriens mêlés Bénissent à l'envi le prince et Rodogune, corn. Rodog. v, 2. Il 6° Embrouillé. Des écheveaux mêlés. Cheveux mêlés. Il Cheval mêlé, cheval de tirage dont les extrémités se sont emharra.ssées dans les traits qui l'attachent à la voiture. || Fig. Il a les dents mêlées, te dit d'un homme ivre qui ne peut desserrer les dents et parler. D'autres disent dans le même sens : Il a la langue mêlée, parce que chez l'homme ivre la langue se mêle et ne peut articuler. Il 8' Embrouillé, en parlant d'affaires. Trouvant un bien fort grand, mais fort mêlé d'affaires, LA FONT. Fabl. IV, 18. j|7' Impliqué, qu'on lait intervenir. Mêlé dans une malheureuse affaire. Mais où Dieu se trouve mêlé, jamais les comparaiton» tirées des choses humaines ne sont qu'imparfaites, BOas. Uitt. II,». J'aurais aulantaimé ne pas voir mes chers compatriotes mêlés dans celte plaisanterie, d'albub. Ult.roi de Prusse, » oct. <772 Je me doutois bien que les valeu ét:àent mêlés làdedans, diomot, Pire de famille, \v 43 || 8« Fiff Uni par une sorte de mélange, en parlant de choses intellectuelles, morale». Je trouve toute cette relation fort jolie ; c'est un petit morceau de l'aiieienne gaUnterie, mêlée avec la poésie et le bel esprit, »*▼. « janv. 1680. U tendresse que j'ai pour vous, ma chère bonne, me semble mêlée avec mon sang, et confondue dans U moelle de mes os id tom. IMO. Je suis toujours Neule, ma chère enfant
îrJL'? K*° "!.""'• p"'"'; J'»' ^^ '• »■"*. des
nms i choisir, de l'ouvrage et du beau temps; on
MÊL
va bien loin avec un peu de raison mêlée aans tout cela, iD, 23 oct. 1689. Que la défiance, l'aigreur, l'aversion sont visibles et sont mêlées dans toutes les paroles, ID. 6 nov. (680. En sorteque jevis dans la confiance, mêlée pourtant de beaucoup de crainte, ID. 26 janv. (690. Je me levai, poursuit-elle, avec précipitation; mes actions étaient mêlées d'une joie et d'une activité extraordinaire, boss. Anne de Gong. Les sectes infinies des anabaptistes sont sorties de cette source [le désir d'innover]; et leurs opinions mêlées au calvinisme.... id. Reine d'Anglet. Quel jour mêlé d'horreur vient effrayer mon âmeî rac. Esth. III, 4. Je n'ai trouvé que pleurs mêlés d'emportements, ID. Androm. u, S. Il ne me resta qu'un doux regret de ne la plus voir, mêlé du plaisir de l'avoir vue, montesq. Temple de Guide, ch. 4. Il 9° Varié. Il [Pompone] souffre fort patiemment la longueur de mes conversations; elles sont mêlées d'une manière qu'il ne me parait pas qu'il en soit fatigué, SÊV. (8 déc. (673.
t (. StÉLÉAGRE (mé-lé-a-gr'), s. m. Voy. tison.
I 2. MÊLÉAGRE (mé-lé-a-gr'), *. m. Genre de coquilles. Il Papillon d'Europe.
t MÊLEAGRIDE (mé-lé-a-gri-d"), s. f. || 1° Nom que les anciens donnaient à l'oiseau nommé aujourd'hui pintade. Le jésuite Margat, qui n'admet point de différence scientifique entre la poule africaine et la méléagride des anciens, buff. Ois. t. m, p. 240. Il 2" S. m. pi. Les méléagrides, famille de l'ordre des oiseaux gallinacés dont la pintade est le type.
— HIST. xvi« s. Les poulailles d'Inde, appellées meleugrides, sont les plus congneues, naturalisées en ce roiauine despuis quelque temps, 0. M. sehbes, 345.
— ETYM. MtXeaTfpfSe;, poules ainsi nommées du héros Méléagre.
SIÊLÉË (mê-lée), s. f. \\ 1° Combat opiniâtre oii l'on se mêle et s'attaque corps à corps. Non, j'ai trop de frayeur et suis trop désolée Pour voir cette mortelle et douteuse mêlée, maibet, Sophon. n, 1. Nous voyons en cette même rencontre ces Romains, inférieurs un tout le reste, l'emporter sur les Gaulois, parce qu'ils savaient choisir de meilleures armes, se ranger dans un meilleur ordre, et mieux profiter du temps dans la mêlée, boss. Ilist. m, a. Si l'on combattait de près comme autrefois, une mêlée de neuf heures, de bataillon contre bataillon, d'escadron contre escadron et d'homme contre homme , détruirait les armées entières, volt. S. Louis XV, I ». Toute la confusion, toute l'horreur d'une mêlée, diderot, Saio» de (766, CEuv.t. xiu, p. (63. Il Fig. Encore que la charité soit victorieuse, toulefois la convoitise résiste; et dans une si âpre mêlée et une résistance si opiniâtre.... iioss. lléfut. catéch. Ferry, 1, 2, ((. || 2° Batterie entre plusieurs individus. 11 a perdu son chapeau dans la mêlée. Il 3" Contestation vive entre plusieurs personnes. La dispute s'échauffa, et chacun prit part à la mêlée. Il Conflits d'intérêts, de passions. C'était d'ailleurs une situation bien neuve pour moi que la mêlée où je me trouvais, marivaox, Marianne, t" part.
— HlST, XI* s. Dient paien : desfaimes [nous empêchons] la meslée, Ch. de Roi. xxxiu. || xii* s. Grant fu l'estor [combat] et fiere la meslée, Ronc. 437. Respundi Achab:E ki cumencerad la mediéeî Respundi li prophètes : Tu, Rois, p. 326. Entre lui et le rei resurst mult grant meslée [querelle] Des fous clcrs ki esteient par maie destinée Larrun et murdrisur e felun à celée. Ht. le mart. 26. || xiii' s. Une meslée comença des Grieus et des Latins qui en Constantinoble estoient estagier, villeh. xci. Ha Diex, corne mauvais conseil orent li uns et li autres I et com firent mortel pechie cil qui ceste meslée firent I id. cxvi. Jonesce.... fait cummencier tex [telle] mellées Qui puis sunt envis desmellées, la Rose, 4482. Il xiv s. Ains n'i ot traïson faite ne devisée. Ne receù argent, ne monnaie dorée , Mais par force d'assaut et de forte meslée, Guescl. ama.
Il xvi* s. Les amendes des mesiées ou forfaits commis de nuit sont doubles, loysel, 831. Au plus chaud de la meslée, uont. i, 368.
— ÊTYM. Mêlé; bourg, maulée; prov. mesclada. t MÉLÊGUETTE (mé-lé-ghè-f), s. f. Voy. mani-
guette.
t MËLEMENT (mê-le-man), ». m. Action de mêler.
— III.ST. XIV s. Car quant ton temps auras usé i faire tous tes meslemens, Nal. à ialch. err. 76 1.
t MÉI.ÉNA (mé-lé-na), s. m. Terme de médecine. Vomissement de matières noires accompagné de déjections de même nature.
— ÊTVM. Méiaiva, sous-entendu yo\it, bile noire. HP.LEK (mê-lé) , V. a. \\ i' Mettre ensemble deux
ou plusieurs choses. Mêler des drogues. Mêler du cuivre dans de l'argent. La Marne mêle ses eaux
MEl.
avec celles de la Seine. II faut mêler pour un guerrier X peu de myrte force palme, malh. iv, 6. Celle liqueur épaisse Mêle du sang de l'hydre avec celui de Nesse, corn. Médée, iv, 2. Le feu des diamanis, la pourpre des rubis Ne mêle point son lustre à Téclat des habits, brébkup, Phars. 11. Mêlant iudustrieusement l'or et la soie, plécu. Dauphine. Et sans mêler à l'or l'éclat des diamants, boil. Art p. u. Il Mêler le vin, mettre ensemble des vins de diverses sortes. Il Terme de peinture. Unir les couleurs pour en former dos teintes, jj Par extension. Je mêle cette lecture de mille autres, sév. 3 juill. I68u. Le baron de Grothusen remarqua que les Turcs ne mêlaient dans leurs cris aucune injure contre le roi, et qu'ils l'appelaient seulement demirlash, tête de fer, volt. Charles XII, 6. On les entend mêler, dans leurs vœux fanatiques, Les imprécations aux prières publiques, ID. Henr. iv. Et mêlant dans tes yeux les larmes et les ris. Quand tu perds une mère", elle te donne un fils, delille, Jnrd. ch. 11. D'autres viendront.. Puiser dans cet asile heureux, calme, enchanté. Tout ce que la nature à l'amour qui se cache Mêle de rêverie et de solennité, v. hl'oo. Rayons et ombres, xxxiv. || Fig. Mêler le ciel à la terre , tout confondre. M. Jurieu ne sortira jamais de cette difficulté; qu'il brouille tout, qu'il mêle le ciel à la terre.... BOss. 5* avert. 22. || Fig. Mêler ses larmes à celles de quelqu'un, pleurer avec lui, partager son afiliction. Maintenant que l'Espagne et la France mêlent leurslarmes, id. Jfor.-T'/ier. Il 2° Embrouiller. Mêler du fil, un écheveau, des écheveaux. Mêler les cheveux. Jadis les Parques ont, je gage, Mêlé votre fil et le mien, bérang. Contemporaine. \\ Terme de jeu. Mêler les cartes, ou, simplement, mêler, battre les cartes. C'est à vous de mêler. On a joué : pour moi, je ne saurais me fatiguer à mêler des cartes, sÉv. 277. || Fig. Mêler les cartes, embrouiller les afl'aires. || Mêler les dés, se dit de l'action de lancer un dé contre un autre, de manière à retourner celui-ci ou à le pousser hors de sa place. || Mêler une serrure, fausser les gardes ou quelque ressort d'une serrure, en sorte que la clef ne puisse ouvrir. || Terme de manège. Mêler un cheval, embrouiller son travail, de telle manière qu'il ne sache plus ce qu'on exige de lui. Il 3» Fig. Mêler quelqu'un dans une accusation, l'y comprendre. || Être mêlé dans une mauvaise affaire, y être impliqué. || Mêler quelqu'un dans des discours, dans des propos, parler de lui de manière à le compromettre ou à lui déplaire. Je l'ai trouvé tantôt tout triste de je ne sais quoi que vous lui avez dit, où vous m'avez mêlé assez mal à propos, MOL. Fourb. de Scop. u, 11. ||4° Fig. Unir, joindre ensemble certaines choses qui ne peuvent être mêlées que dans l'esprit. Tant son mauvais destin semble prendre de soins À mêler sa présence où l'on la veut le moins, corn. Suite du Menteur, iv, 1. Il est d'autres héros.... qui sauraient mêler.... L'art de gagner les cœurs au grand art de régir, id. Oth. m, 3. Entrez, je vous conjure, dans cette affaire avec charité, et mêlez-y l'amitié que vous avez pour Mme de Grignan et pour moi, avec l'aversion naturelle que l'on a pour les oppressions injustes, sév. à Mme de Cuilaut, 25 sept. (677. Nous ne voulons mêler ce dessein d'aucune autre chose, id. (9 nov. (673. Il lui [à Dieu] plaît de mêler, dans votre établissement que nous avons voulu, des absences cruelles pour nous mortifier, pour nous faire souffrir, id. t. X, p. 643, édit. RÉGNIER. Voyons donc ce dernier combat [la mort de la princesse); mais encore affermissons-nous ; ne mêlons point de faiblesse à une action si forte, boss. Duck. d'Orl. Horace à cette aigreur [la satire] mêla son enjouement; On ne fut plus ni fat ni sot impunément, BOIL. Art p. II. X ces nobles conseils ne mêlez point le vôtre, rac. Bajaz. m, (. Croyez-moi, chère Esther, ce sceptre, cet empire. Et ces profonds respects que la terreur inspire, X leur pompeux éclat mêlent peu de douceur, Et fatiguent souvent leur triste possesseur, id. Esth. 11,7. Le ciel voulut mêler, dans les maux qu'il m'envoie. Le comble des horreurs au comble de la joie, volt. Fanât, iv, 6. Et comment concevoir que Ninus, un héros. Par un noir homicide ait souillé son génie Et mêlé tant de gloire et tant d'ignominie? brifkaut, Ninus II, i, (. Il Mêler son mot, intervenir dans la conversation. U se rend familier avec tous mes amis, Môle partout son mot.... cosN. Suite du Menteur, m, ( Je voudrais qu'elle [Mlle Montgobertj mêlAtun mdt du sien sur le sujet de votre santé, sév. 2« janv. iC8u. Il Terme mystique. Mêler Jésus-Clirist avec Reliai, unir les vices du monde avec la sainteté. Ils mêlent Jésus-Christ avec fiélial, ils cousent l'étoffe vieiUt
MÊL
avec la neuve, contre l'ordonnance expresse de l'Évangile, des lambeaux de mondanité avec la pourpre royale, boss. Orais. Cornet. || 5° Se mêler, c. réfl. Être uni, confondu. La Marne se mêle avec la Seine un peu au-dessus de Paris. Quand les nations se sont ainsi mêlées, elles sont longtemps à se civiliser, et même à former leur langage, volt. Russ. i, 4 1 . Il Fig. C'est un terme honteux que celui de priCre; Tu me l'as épargné, tu m'as fait grâce entière; Ainsi l'honneur se mêle au bien que je reçois; Qui donne comme toi, donne plus d'une fois, corn. Réméré, au roi. Tandis que dans les airs mille cloches émues Et se mêlant au bruit de la grêle et des vents.. .. BOiL. Sat. VI. Le temple était entouré de victimes qui tombaient sous le couteau sacré, et dont les cris se mêlaient au chant des hommes, barthél. Ânach. ch. 22. il 6° S'unir par mariage. Les familles se mêlent par des mariages. || S'unir par des croisements. On peut croire que cette race de petits Tartares a perdu une partie de sa laideur, parce qu'ils se sont mêlés avec les Circassiens, les Moldaves et les autres peuples dont ils sont voisins, buff. Uist. nat. homme, QEuv. t. v, p. )7. Les aras bleus ne se mêlent point avec les aras rouges, quoiqu'ils fréquentent les mêmes lieux, sans cherclier à se faire la guerre, id. Ois. t. xi, p. 270. |1 Absolument. Se confondre en des unions Illicites. Ils peuvent plus aisément changer de femmes, en avoir plusieurs, et quelquefois se mêler indifféremment comme les bêles, montesq. Esp. xvm, <3. On leur a souvent imputé d'cgoiger un enfant, de boire son sang, et de se mêler ensemble dans leurs cérémonies secrètes sans distinction, volt. Russ. i, ) i. || 7° Se mêler, se jeter parmi, aller parmi, fréquenter. [Certains grands] ne se mêlant point dans le peuple, et ne lui laissant pas le loisir de les voir de près, la bruïèbe, xi. Suivi d'un gros d'amis fidèles, On l'a vu se mêler au milieu des rebelles, BACINE, Miihr. IV, 6. Elle alla se mêler dans la foule, pour entendre louer celui qu'elle aimait, STAEL, Corinne, xv, 6. || Se mêler, en venir aux mains. Chez le libraire absent tout entre, tout se mêle, BOIL. Lulr. v. On se mêle, on combat, volt. hérope, V, b. \\ Prendre part à une mêlée. N'admirez-vous point qu'il (le chevalier de Grignan] n'ait pas été blessé, à se mêler comme il a lait, et essuyer tant de fois le feu des ennemis? sév. 9 août 1675. Il 8° Devenir embrouillé. Lesécheveaux se sont mêlés. Il Fig. Entrer dans le trouble, se brouiller. Cependant les esprits s'émeuvent el les choses se mêlent de plus en plus, boss. Cornet. |l 9° Se mêler, devenir moins pur. Le sénat se remplissait de barbares; le sang romain se mêlait; l'amour de la patrie, par lequel Rome s'était élevée au-dessus de tous les peuples du monde, n'était pas naturel à ces citoyens venus de dehors, boss. Uist. m, 7. Il 10° Se joindre à, intervenir. Quoi I vous mêler aux vœux d'une troupe infidèle? Oubliez-vous déjà que vous êtes chrétien? cobn. Poltj. u, 6. 11 croit que ce climat [l'Egypte], en dépit de la guerre, Ayant sauvé le ciel, sauvera bien la terre, Et, dans son désespoir à la fin se mêlant, Pourra prêter l'épaule au monde chancelant, lu. Pompée, i, i. Dans le brillant commerce il se mêle sans cesse, Et ne cite jamais que duc, prince ou princesse, mol. Mis.v, 5. En vérité, la mort se mêle si inconsidérément partout, qu'il ne faut compter sur rien, s6v. 22 juin (689. S'il lui plaît [à Dieu] de se mêler dans la paix de votre solitude, vous serez trop heureux, id. à Bussy, i oct. («85. Nous vîmes Mademoiselle [la nièce de Louis Xin].... j'aime bien à no me point mêler dans ses im^jctuosilés, id. (9 janv. 1689. Vous diriez qu'il y a en lui un autre homme à qui sa grande Sme abandonne de moindres ouvrages où elle ne daigne se mêler, boss. Louiî de Bourbon. Nous ne pouvons un moment arrêter nos yeux sur la gloire de cette priuce.'-sc, sans que la mort no •'j mêle aussitôt pour tout offusquer de son ombre, m. Duch. dOrl. || 11° Se mêler de, prendre soin de, s'occuper (le. U fallut que l'amour Se mêl&t seul do ses affaires, la pont. Coupe. Faut-il le demander T et me voit-on me mêler de rien dont je ne vienne à tout? MOL. l'Avare, 11, ». Il paraît bien que votre main toute-puiss.inte s'en est mêlée, «ass. Carême, Hechute. Je me suis un peu mêlé du passé; mais j'avoue en général ma profonde ignorance sur avenir, volt. Lell. Courtivron, 22 juill. 1756. On dépensait autrefois davantage en esprit et en agréments; et, quand Louis XIV donnait dos fêtes, c'était les Corneille, les Molière, les Quinault, les Lulli.lesle Brun qui s'en mrlaient, ID. Lett. prince roy. de Fruste, )2 août (739 || Fig. et familièrement. Cette affaire se fera, à moins que le diablo
lUCT. DE LA LANOUE FRANÇAISE.
MÊL
ne s'en mêle, si le diable ne s'en mêle, c'està-dire celte affaire se fera malgré tous les obstacles, li Cette affaire ne se fera pas à moins que le diable ne s'en mêle, c'est-à-dire il est presque impossible qu'elle se fasse. || Mêlezvous de vos affaires, se dit à quelqu'un qu'on ne veut pas laisser s'occuper d'affaires qui ne le regardent pas. Mêlez-vous de boire, je vous prie, A l'auteur sur-le-champ aigrement reparti, boil. Sot. m. Mêlez-vous, s'il vous plaît, monsieur, de vos affaires, REuNABD, Distrait, m, 4. || Mêlez-vous de filer votre quenouille, se dit à une femme qui veut se mêler des affaires des hommes. || 12° Se mêler de, se livrer à une certaine occupation. U aimait passionnément la comédie et tous ceux qui s'en mêlaient, scarron, Rom. com. 11, 47. Quand ils se sont mêlés d'être conquérants, boss. Jlist. m, -i. Faut-il, parce que Desmarets a fait autrefois un roman et des comédies, que vous preniez en aversion tous ceux qui se sont mêlés d'en faire? bac. I " lettre à l'auteur des imag. Tous ceux qui reviennent de Corse prétendent que la réputation de Paoli était un peu usurpée ; s'il s'est mêlé d'être législateur, il ne s'e.st pas mêlé d'être héros, volt. Lett. Schomlerg, 22 sept. (709. || 13" Prendre part à. Un ouvrage de broderie dont elle s'occupa, sans jamais lever les yeux ni se mêler de la conversation, STAEi, Corinne, xvr, 5. i| li' Se mêler d'une filiose, s'occuper d'une cliuso étrangère à sa profession, à ses habitudes, etc. Ceux qui se mêlent de donner des préceptes, sa doivent estimer plus habiles que ceux auxquels ils les donnent, desc. Méth- t, 5. U s'était mêlé de tenir des chambres garnies et de prendre des pensionnaires, scarr. Rom. com. i, 18. Un métier dont tant de gens se môleot, MOL. Préf. de Tartufe. Il se mêle dérégler les questions de la foi, boss. Uist. i, 11. Sans vouloir se mêler du gouvernement, fén. Tél. xix. On dit qu'un jour le dieu par qui l'on aime... Devers Paphos se mêla d'exercer L'artbienfaisantqu'inventa Triptoième, millev. l'Amour laboureur. || S'ingérer, s'entremettre. De quoi se mêle Rome, et d'où prend le sénat. Vous vivant, vous régnant, ce droit sur votre Ëtat? CORN, ^te II, 3. On dit que sur mon rang vous étendez sa loi [du ministère]. Et que vous vous mêlez de disposer de moi, id. Othon, 11, 6. On dira ici de quoi je me mêle ; vraiment on en verra bien d'autres, scar. Rom. com. 1, 9. Vous vous mtlez sur tout de dire votre avis, mol. Tart. i, 4. Si vous me demandez de quoi je me mêle, de vous gronder ainsi, je vous répondrai que je me mêle de mes affaires, sÉv. 8-nov. 4 680. Les politiques ne se mêlent plus de deviner ses desseins [de Louis XIV); quand il marche, tout se croit également menacé, boss. Mar.-TMr. On dit! on diti de quoi se méle-ton? brukys. Grondeur, 1, 7. || Se mêler de, se dit aussi pour signifier que nous prenons une qualité, des manières qui ne paraissent guère nous convenir. Et sT-ur d'un certain Alcidas, qui se mêle de porter l'épce, MOL. Ifor. forcé, 2. Un gros fermier qui fait le petit maître. Fait l'inconstant, se mêle d'être un fat, VOLT. Droits du seigneur, i, 3.
— REM. Laveaux a dit qu'au sens propre de brouiller ensemble, mêler voulait avec et non à, et qu'au sens figuré il voulait d et non avec. Cette remarque, qui ne s'appuie pas sur la grammaire, ne s'appuie pas non plus sur un usage constant; les exemples classiques le montrent.
— UIST. XI* s. Je me craimlreie que vous vous meslisez [mettiez en mêlée j , Ch. de Roi. xviii. || xii* s. Suvent les unt medlé al rei [mis en querelle avec la roi], flou, V. 9903. Héraut et Guert tant estrivorent, Ke par paroles se medlerent (querellèrent], ib. V. <2t80. Et par ma barbe, dont li pels est meslez, Honcis. p. 3. Dist à ses homes : nostre gent est mesiée [aux mains], 16. 8*. ||xin*s. Li rois s'en consella et dist qu'il avoit asses terre, et qu'il ne s'en melloroit, Chr. deRains, p. I54. Mais foyque [je] doi [à] Symon i la liarbe mellée [grise], Berte,cxv. Les secondes (demandes] sont reeles, les autres sont mollées, c'est à dire reeles et personeles, beaum. vi, 32. Poi [peu] scroit doutée l'espée esperituel dos malvès, s'il ne cuidolent que l'espée temporel s'en mellast, id. 42. Ne uns n'estoit qui se meslast de maintenir la chose commune, uuun. latini. Trésor, p. on. || xiv* s. Hastive gent et sot n'aront pas grant avoir; Qui se mclle do tout.... Haud. de Seb. x, 40M. Car 11 rois Edouars si fait moult k loer. Et si se voldroit bien, je croi, pour moi merlcr. Pour avoir aliance, pour France destourbcr, Guescl. 9799. || xv* s. Aussi le maislre des seigneurs Dieu s'en mesloit, et chacun le cognolssoit, coMM. vu, 4 0. Il xvr i. Li je senty dedaus
MÉL
mes yeux couler Un doux venin, subtil à se mesler, ROSS. 35. Car tousjours un plaisir est meslé de douleur, m. 793. Ceux dedans voulans parlementer et retirer quelques uns qui n'estoient pas encore entrez, quelques réchappez d'Orange les meslent [se mêlent avec euxj.et, confus avec eux, emportent le chasteau, d'aub. //ù(. i, 147. Ceux-ci donc meslerent cinquante pas devant leur gros, et les deux premiers aians percé.... id. 16. u, 4 84. Les accotouër seront grandement utiles à faire mêler les pruneaux, guignes, cerises, et autres tels fruits qu'on a accoustumé faire mêler [sécher) au soleil, PALissY, 74 et 75. Tout Ce qui se mesle donne autant de communication de son estre, comme il en reçoit de ce avec quoy il est meslé,
AMYOT, iVumo, 7 Moy qui voy commencer Ma
teste à se mesler, et mes jours se passer, desportes. Œuvres chrestiennes, sonnets, 12. Ne se mesler d'autre chose que de passer en repos ]sa viel,M0NX- I, 32. J'y ay à escient meslé quelque peu d'amertume, m. i, 89. On dict bien vray, qu'un honneste homme, c'est un homme meslé [qui a vu beaucoup d'hommes et de choses], id. iv, 124.
— ÊTYM. Bourg, maûlai; Berry, micheJer; prov. messlar; espagn. mezclar ; portug. m«icJor; ital. mischiare; du bas-latin misculare, dérivé du latin miscere, mêler; grec, y.iayi\y; allem. mischen. De miscère, (lûjyo), mischen, il faut rapprocher le sanscrit miçrayâmi, mêler, d-mik-shd, lait mélangé, et le grec (iÎYvuiii ; et de ces formes en miç et en (iiy, on conclut que la racine primordiale est mt'fc, oue misceo est pour mik-sceo, comme le prouve d'ailleurs mixtus [mik-stus) ; le se est le suffixe de dérivation inchoative. Le vieux français a deux formes : mesler, qui vient de misculare, et medler (d'où l'anglais fo meddle), qui représente un thème fictif mixtulare. On remarquera vneler avec le sens de sécher au soleil : il serait possible que ce mcler n'eût rien de commun avec mêler, faire un mélange; du moins la signification est étrange ; viendrait-il de mêle, qui s'est dit pour nèfle (sécher comme une nèfle)?
t MELET (me-lèj, i.m. Petit poisson qu'on pêche en Provence.
t MELETTE (me-lè-f), ». f. Nom vulgaire de plusieurs petits poissons qui ont une bande argentée sur les côtés du corps (de la famille des dupées).
1 0 sols sur le cent pesant d'anchois, sardines et molettes, Décl. du roi, 46 fév. 1635.
HfiLËZE (mé-lè-z'), *. m. Nom vulgaire du larix européen, qui fournit la térébenthine dite de Venise, nommée gomme d'Orembourg dans la nord de l'Europe. Ou brûlant sur la cendre i la fuite du jour. Un mélèze odorant attendrait mon retour, a. chénier, Étég. xi. || Faux mélèze, nom vulgaire de l'aspalath chénopode, légumineuses.
— IIIST. XVI* s. Vous la nommez larix en latin; les Alpinois la nomment melze, Rabelais, Pant. m, 4».
— ÉTYM. Origine inconnue. X Genève, on dit la mélète ou melèxe. Roullin pense que dans mélixe est un radical mel signifiant manne, dite miel par assimilation ; radical qui serait aussi dans (uXta, nom du frêne qui donne la manne commune.
t MÉLIACÉES (mé-li-a-sée), s. f. Nom d'une famille de plantes dont le type est le genre azédadarach.
t MÉLIBÉE (mé-li-bée), t. m. Espèce de papillon de jour.
t MËLICËKIS (mé-li-sé-ris'), t. m. Terme de chirurgie. Espèce de loupe ou de tumeur enkystée des glandes cutanées sébacées, formée par une matière jaun;\tro qui a la consistance du miel.
— ÊTYM. MeXixTipî;,de piéXi, miel, et xfipoi, cire. t I. MlÎLlCERTK (méli-scr-f) , s. m. Espèce de
papillon de jour. || Genre do polypiers. || Genre do crustacés.
[ 2. MÉLICERTB (mili-sèr-t'), «. f. Genre de méduses.
t MfiMCKAT (mé-Ii-kra), ». m. Sorte d'hydromel.
— ÊTYM. McXixpaTov, de |xiXi, miel, et xparic, mélangé.
t Ml^tlB (mé-lle) , ». f. || !• Terme de botanique. Nom moderne du genre azédarach, type de la famille des méliacéos, dans lequel on distingue la inélie azédarach, dite vulgairement azédarach, faux sycomore, arbre saint et arbre à chapelets.
11 2" Terme de zoologie. Genre de décapodes ayaril pour type le graps tesselô do l'Encyclopédie. |{ Genra de coquilles chainiirées.
t MÉLIENNK (méliè-n'), adj. f. Terre mélienno, espèce de teiro qui a la vertu de l'alun, et qui sert aux peintres pour maintenir longtemps leur* couleurs.
MEL
t MÉLIER (mé-lié), s. m. Cépage de l'arrondisaoment de Sens.
IICLILOT (mé-li-lo; le t ne se prononce et ne se he jamais), *. m. lienre de piaules indigènes de U famille des légumineuses.
— HisT. XVI* s. huile de camomille et melilot,
tktti, y, «».
— ETYM. Lai. melilolus, de iicXtXwToc, qui vient de |ii<i, miel, et Xuto;, lotus.
t UËLl-MËLO (mê-li-mê-lo), *. m. Terme populaire. Mélange confus.
t HCLINET (mé-li-nè), t. m. Nom vulgaire d'un genre de borraginées {genre cérinthe, Tournefort), dont quelques espèces sont indigènes dans le midi de la France.
t MÉLII'HAGB (mé-li-fa-j'), s. f. Genre d'oiseaux anisodactyles qui contient la méliphage corniculée, nommée corbi'culao par Levaillanl, et qui est le pbilèdon cornu de certains auteurs, leooabant.
— ETYM. Mé«i, miel, et çaytiv, manger, ■f HËLIQDE (mé-li-k'), ». f. Nom d'un genre de
graminées, qui renferme lamélique bleue {molinia cœnilea, Mœnch) croissant dans les prés humides, et nuisant aux bestiaux à l'époque de la floraison; c'était le melica cxrulea de Linné.
i. BIÉLISSE (mé-li-s'), ». f. Genre de la famille des labiées, qui ne compte plus, d'après les nouveaux nomenclateurs, que la mélisse officinale {melissa of/icinalis, L.}, plante aromatique. || Eau distillée de mélisse, ou, simplement, eau de mélisse, hydrolat de mélisse qui se prépare avec les feuilles de la mélisse officinale. On la nomme aussi eau des carmes, parce que ce sont ces religieux qui en ont fait les premiers. |{ On donne quelquefois, mais à tort, le nom d'eau de mélisse à l'infusion de lacitronelle ou aurone.
— ETYM. Wkiaaa, abeille ; à cause que les abeilles aiment cette plante ; génev. melixe.
•fa. HËLISSE (mé-li-s*),*. f. Terme d'entomologie. Synonyme d'abeille.
— ÉTYM. MéXiffua, abeille.
t MËLISSOGRAPHIE ( mé-li-sso-gra-fie ) , i. f.
Terme didactique. Histoire des mœurs des abeilles; dissertation sur les abeilles.
— ETYM. Mt>.iaoa, abeille, et ypàçtiv, décrire, t MÉLISSOT (mc-li-so) , t. m. ou UËLISSIËRE
(mé-li-sîè-r'), ». f. Mélile à feuilles de mélisse.
t MÉLITE (méli-f), s. f. || 1« Plante de la famille des labiées; genre melUlis, Linné; unique espèce en France, la mélite à feuilles de mélisse. Il 2* Genre de crustacés.
t MÉI-ITUREPTË (mé-li-trè-pf), i. m. Genre d'oiseaux anisodaclyles, où l'on dislingue le mélitbrepte vestiaire, dont les plumes écartâtes servent aux habitants des Iles Sandwich pour faire des manteaux.
— ETYM. JiUXi, miel, et Bfimii, nourri, t MËLITOSE (mé-li-tô-z'), s. f. Terme de chimie.
Principe cristalllsable de la manne d'Australie, qui est une exsudation sucrée produite à Van-Uiémen par diverses espèces d'eucaij/ptus (myrtacées).
— ETYM. Mtli, miel.
i UËLlTUUr.lE (mé-li-tur-jie), s. f. Terme didactique. Travail, industrie des abeilles.
— HIST. xvi- s. Mellituryie, cotghavb.
— CTYH. MtXiToupfia, de (it*i, [itXiToç, miel, et IpY>v, œuvre.
t HËLITUKIE (mé-li-tu-rie) , ». f. Terme de médecine. Fissement d'urine sucrée, dit autrement diabète sucré.
— ETYM. MiXt, (liXiTo;, miel, et oOptïv, pisser. tHKLLATE (mèl-la-f) ou HELLITUATE (mèl-li-
ta-l'), ». m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide mellique ou melllthique avec une base.
j MELLËOLÉ (mèl-lé-o-lé),». m. Terme de pharmacie. Nom donné aux médicaments formes de toiel et d'une poudre.
t MELLIER (mè-lié), ». m. Troisième estomac des mammifères ruminants.
MELLIPÈBE(mèl-li-fè.r-), odj. Terme d'histoire naturelle. S« du d'une plante qui sécrète une liqueur sucrée, et d'un insecte qui fabrique du miel. Ili". m. pi. Les mellifère», famille d'insectes qui ramassent avec leurs pieds la poussière des élamines
— STYll. UL mellifer, de m«J, m«Ui», miel, et ftrrt, porter. '
t MELLIFICATIO!! (mèl-li-fl. ka-«ion) , ». f Fa- Lncation du miel par les abeilles.
— ETYM. Lai. meUilUart, de met, miel, et facere faire. '
t MELLIFIOLB (mèl-U-fi k"), 04). Terme de loologts Oui ULri'iuc du miel.
MËL
— ÉTYM. Lai. nicHi^cu», de tnel, miel, et facere,
faire.
t MELLIFLUE (mèl-li-flue), adj. || 1° Qui abonde en miel, qui fait le miel. Je ne sais pas à quel dessein Celte cohorte melliflue Vint par l'air en guise de nue, scabk. Virg. vu. || Vieilli en ce sons. || 2° Fig. Oui est trop doucereux et presque fade. Paroles melliflues.
— HIST. XVI* s. Melliflue, cotgravb.
— ÉTYM. Lat. mellifluus, de tnel, miel, otfluere, couler.
t BIELLISUGE (mèl-li-su-j'), adj. Terme de zoologie. Qui suce le suc des fleurs.
— ETYM. Lat. mel, mellis, miel, et sugere, sucer, t <.MELLITE (mèl-Ii-t), ». f. Pierre d'un jaune de
miel.
1 2. MELLITE (mè-li-f) , ». m. Terme de pharmacie. Sirop préparé avec le miel, l'eau simple, différentes infusions ou décoctions, cl les sucs de plantes.
t MELLITUATE, voy. mellate.
\ MELLITUE (mèUi-l'),ï./'. Minéral qui se trouve dans les mines de houille de la Thuringe.
t MELLITUIQCE (mèl-li-ti-k') et non MELLI- TIQUE, adj. m. Terme de chimie. Acide mellithique, acide (|u'on retire de la mellithe.
t MELLIVORE (mèl-li-vo-r'), adj. Terme de zoologie. Qui vil de miel.
— ETYM. Lat. mel, miel, et vorare, manger.
t MELLON (mèl-lon), ». m. Terme de chimie. Radical composé, voisin du cyanogène, obtenu en distillant le sulfocyanogène en présence du chlore.
t MELLONE (mèl-lo-n'), s. m. Terme de chimie. Nom donné à un produit obtenu principalement par l'action du chlore sec à chaud, sur le sulfocyanure de potassium.
t MËLOCHIE (mé-lo-chie), ». f. Genre de plantes d'Amérique, qui appartient à la famille des butlnériacées.
MËLODIE (mé-lo-die), ». /. || 1° Suite de sons d'où résulte un chant agréable et régulier. Douce mélodie. Cet air a beaucoup de mélodie. Ce qu'on ditde la grâce divine, qui tout à coup transforme les cœur?, peut, humainement parlant, s'appliquer à la puissance de la mélodie, stael, Corinne, ix, 2. || 2° Série, par opposition à harmonie, de sons successifs qui forme une ou plusieurs phrases musicales. La mélodie est dans la musique ce qu'est le dessin dans la peinture; l'harmonie n'y fait que l'effet des couleurs, j. j. Rouss, Exam. des deux princ. sur la mus. Les Italiens prétendent que notre mélodie est plate et sans aucun chant, et toutes les nations neutres confirment unanimement leur jugemejt sur ce point, iD. Lelt. sur la mu», franc. La mélodie italienne trouve, dans chaque mouvement, des expressions pour tous les caractères, des tableaux pour tous les objets, iD. ib. Une mélodie qui ne parle point, chante toujours mal, et la seule harmonie n'a jamais rien su dire au cœur, id. Hél. i, 48. C'est de la seule mélodie que sort cette puissance invincible des accents passionnés; c'est d'elle que dérive tout le pouvoir de la musique sur l'âme, id. ib. i, 48. ||3° S'emploie souvent, mais à tort, comme synonyme de romance. Les mélodies de Schubert. Il Se dit aussi d'un chœur religieux chanté et accompagné à l'unisson. Il 4* Par extension, en parlant de poésie ou de prose, choix et suite de mots, de phrases propres à flatter l'oreille. La mélodie du style. Ouinault, dédaigné par Ilacine, avait, dans la mélodie de ses paroles, quelques accents de la même voix, villemain, Dict. de VAcad. Préface, p. xvai.
— HIST. XII* s. La mélodie des salmes [psaumes] que jeo ai chanted, I.iber psalin. p. 260. || xiii* s. Loez le seigneur et haut et bas, en toutes manières de mélodie. Psautier, f* 17». Tel mélodie demenoient Li oisel qui illoec cantolent, FI. et Bl. «i6. Harpes i sonent et vieles, Oui font les mélodies bêles, Ren. 47074. Là font enlr'eus lor armonies Oui suut causes des mélodies El des diversitésde tons Que par acordance melons En toutes manières de chant, la Hôte, (7152. ||xiv* g. Le musicien se deletteen bonnes mélodies, et a tristece as malvoscs, oresme, Etit. 284. Mélodie est concorde do sons, en les variant l'un après l'autre pur succession de temps, lo. TMse de meunier. Nulles herbes ne nulles mélodies n'ont aulcune vertu naturelle de guérir les lunaticques, le Songe duvergier, i, 4 70. || xvi' s. J'aime tant ceste mélodie De nos vaui-de-vire nouveaux I
J. LE HOUX.XIl.
—ETYM. Provenç. esp. et ital. melndia,de iieXwSîa, de |xiXo(, et ({>{V|, chant, la mélodie est donc proprement le chaut du melos. Pour bien comprendre ce mol, il faut se lappeler que m^loi originairement signifiait memliie, et qu'on a, dès les pre-
MEL
miers temps, appelé ainsi les parties en lesquelles une phrase se divise. Ce sont ces parties qui frappent l'oreille de manière à marquer une certaine cadence ; et la mélodie était précisément le chant musical de cette phrase cadencée. Tous les autres sens dérivent naturellement de celui-là (voy. mélopée). MÉLODIEUSEMENT (mé-lo-di-eû-ze-man), adv.
D'une manière mélodieuse. S'il est vrai, ce que dit Pausanias, que les rossignols qui étaient vers le tombeau d'Orphée chantaient plus mélodieusement que les autres, voit. Lett. 4 93. Avouons plutiit que par le moyen de cette périphrase, mélodieusement ré[>andue dans le discours, d'une dictio.n toute simple i! a fait une espèce de concert et d'harmonie, BOiL. Longin,Subl. ch. 24. [Le rossignol] commence son chant, fait retentir le bocage, et rompt mélodieusement le silence et les ténèbres de la nuit, di-
DER. S0l!.dCl766, ffiUïr. t. Xlll, p.36,danSPOUGENS.
— HIST. XIV* s. Les oisillons chantent mélodieusement en la verde forest, iiodus, f* xiv, verso. Il XV* s. Et là ouis.... jouer des orgues aussi mélodieusement comme je fisoncques, froiss. ii, m, <s.
— ETYM. Mélodieuse, et le suffixe ment. MÉLODIEDX, ECSE (mé-lo-di-eù, eû-z'), adj.
Rempli de mélodie. En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre ou lo tour vicieux.... boil. Art p. i. Tel, au sein de la nuit et de la forél sombre, L'oiseau mélodieux chante caché dans l'ombre, delil. Parad. perdu, m. Ce soupir de la nuit pieuse, Oiseau mélodieux, c'est toi! LAMART. Harm. Au rossignol.
— HIST. xiv* s. Voix mélodieuse, obesme, Thèse de MEUNIER. Il IV* S. Et brisèrent toutes les cloches; dont ce fut dommage, car il y en avoit de moult bonnes et mélodieuses, froiss. i, i, 4 38.
— ETYM. Mélodie; provenç. mélodies; portug. melodiozo ; ital. melodioso.
t MÉLODIQUE (mé-lo-di-k') , adj. Terme de musique. Qui appartient à la mélodie. Marche, progression mélodique. On l'oppose à harmonique.
— ÉTYM. Mélodie.
t MÊLODIQUK.MENT (mé-lo-di-ke-man ), adv. D'une manière mélodique.
t MÉLODISTE (mé-lo-di-st'), ». m. || 1» Celui qui compose des mélodies, des chants faciles, agréables (compositeur de cantilênes, dit coussemaker). Il 2° Musicien qui pense que la mélodie est la partie essentielle de la musique. || Compositeur dont le caractère principal est la mélodie, par opposition à harmoniste.
— ÉTYM. Mélodie.
t MÉLODIUM (mé-lo-di-om*), ». m. Espèce d'orgue.
t MÉLODRAMATIQUE (mé-lo-dra-raa-li-k'), odj. Qui ressemble, qui a rapport au mélodrame.
MÉLODRAME (mé-lo-dra-ra'), ». «i. || 1° Autrefois, sorte de drame où le dialogue était coupé par une musique instrumentale annonçant l'entrée ou la sortie des personnages importants. || Terme de musi()ue. Se dit d'un passage exécuté par l'orciiestre, et e.vprimant les sentiments du personnage l]ui est en scène, tandis que celui-ci parle ou gesticule. Il 2° Aujourd'hui, sorte de tragédie populaire d'oii la musique a presque entièrement disparu. || Kig. Héros de mélodrame, personnages qui n'ont à la bouche que des sentiments emphatiques et exagérés.
— ÉTYM. MiXo;, musique, et drame.
f MÉLOË (mé-lu-é), s. m. Genre d'insectes coléoptères dont quelques espèces, et notamment le meloe proscarab.rus, peuvent être employées comme vésicants cl remplacer la cantharide. || Le méloé vésicatoire do Linné (lytte vcsicatoire de Fabricius) est devenu la cantharide dos officines, dite vulgairement canthari'Ie.
t MÉLOGIIAPUIE (mé-lo-gra-fie), ». f Art d'écrire, de copier la musique.
— ÉTYM. MÉXoî, musique, et ypàçtiv, écrire.
t MÊLOÏDES (mé-lo-i-d'), ». m. pi. Le genre des méloés.
MÉLOMANE (mé-lo-ma-n'), ». m. et f. Celui , celle qui est folle de musique.
— ETYM. Voy. MÊLOMANIE.
MËL0M.VN1E (mô-lo-ma-nie), ». f. Amour excessif de la musique.
— ETYM. MéXo;, musique, et (tavio, manie.
t MÉLOMÈLE (mé-lo-mè-l') , adj. Terme de tératologie. Monstres mélomèlea, monstres qui ont un ou deux membres accessoires insérés par leur base sur les membres principaux.
— ÉTYM. MéXo;, membre (ce mot est répété).
MELON (me-lon), ». m. || 1" Nom vulgaire et spécifique du cUcumis melon, cucurbitacces. Ou quelque longue pluie, inondant vos vallons, A-t-elle fait couler vos vins et vos melons? doil. Sal. m. H 2' Nom
MÊL
MEM
MEM
iu fruit de cette plante, juteux et sucré; les principales variétés sont le cantaloup et le sucrin. Je TOUS assure qu'il y a ici [en Espagne"] tel melon que l'on pourrait venir manger de quatre cents lieues, VOIT. Leil. 39. || Melons de saison, melons qui mûrissent depuis le 20 juillet jusqu'à la fin d'octobre. Il Melon broilé, melon sur l'écorce duquel il y a comme des lacs. || Fig. Flairer le melon t la queue, s'efforcer de pénétrer certains mystères; locution qui vient de ce que, pour apprécier la qualité d'un melon qu'on achète, on le flaire surtout à la queue J'ai une petite friquelte au logis, qui commence déjà à vouloir flairer le melon à la queue. Seconde farce tabarinique, dans fr. mCHBi., Argot. || 3° Melon d'eau, ou pastèque, plante qui n'est pas une variété de melon, mais bien la cucvihi'e pastèque (cucurbitacées) et son fruit. || 4" Dans le lang&^'S populaire, se dit pour niais, nigaud. Quel melon I On emploie de même citrouille, cornichon. Il B* Étui de carton battu et recouvert d'une peau et qui sert en voyage pour renfermer les perruques. Il 6' Melon de mer, nom vulgaire de l'échinomètre esculent (échinodermes), qui est l'oursin comestible de certains auteurs, et, pour d'autres, l'oursin melon de mer. || 7" Nom que les marchands donnent quelquefois i la volute gondole (coquille). 1; 8* Melons pétrifiés, géodes ou cailloux chambrés, dont les cavités !>onl remplies d.^ cristaux. || Melon du Mont-Carmel, se dit des cornalines globuleuses dont l'intérieur est creux et tapissé de cristaux.
— HIST. XVI' s. Le naturel des melons ou poupons est de n'estre transplantés, ains d'achever leur cours en leur séminaire, o. oe serres, 540.
— ÉTYM. Provenç. meto; catal. melô ; espagn. melon; portug. melào; ital. mellone; dérivé de melo, qui est dans le lat. melopepo; melo représente (iT|Xwv, pomme.
t MELONÉ, ÊE (me-lo-né, née), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'un melon.
MELONGÈNE (me-lon-jè-r.') ou MÉLONGÈNE (mé-lon-jè-n') ou MERANGENE (me-ran-jè-n'), t. f. Autre nom de l'aubergine.
— ÉTYM. Bas-lat. melangolut, merangolut ; ital. melangolo; espa}?n. berenyena; portug. bringela; de l'arabe badindjan, aubergine (mabcel devic).
t MELONIDE (me-lo-ni-d'j, s. m. Terme do botanique. Se dit de tout fruit charnu provenant de plusieurs ovaires pariétaux réunis et soudés avec le tube du calice.
t MELONITK ( me-lo-ni-t') ou MELOPÉPONITE (me-lo-pé-po-ni-f), *. f. Terme de minéralogie. Caillou globuleux qui a la forme d'un melon.
t MELONNEE (me-lo-née), s. /■. Espèce de courge. On dit aussi pépon musqué.
MELO.'VNIÈRE (me-lo-niè-r'), ». f. Endroit où l'on cultive des melons.
— HIST. ivi* s. La partie de vostre jardin la plus chaude et moins exposée aux vents sera choisie pour la melonicre, 0. ce sekhes, bit,
— ÉTYM. Melon.
srtLOHÉE (mé-lo-pée), t. f.\\l' Dans le êens primitif, l'art de prononcer harmonieusement, c'est àdire de déclamer une phrase de discours ou des vers de tragédie. La cinq liéinn partie [de la tragédie], la mélr)|iée est le princiiial de tous les ornements, egoer, Trad. de la poétique d'Arùlote, ch. VI, (j a. Il 2° Dans la musique, l'art de faire, sur des paroles de prose élevée ou de poésie, une phrase de musique ou plutôt une phrase d? récitutif. Ia musique s'est proposé de peindre; l'oreille lui a decuiindé l'harmonie, la mesure et le mouvement ; la musique a obéi à l'oreille ; d'où la mélopée, iiarmobtel, Él^m. ile lia. t. VI, p. î9», dans poijgenr. || 8» Parcatachrtse, la phrase même de récitatif que l'art a produite, c'est-à-dire, en un seul mot, la mélodie (voy. ce mot). La déclamation de Lulli est une mélopée si parfaite, que je déclame tout son récitatif en suivant ses notes et en adoucissant seulement les intonations ; je fais alors un très grand effet sur les auditeurs, et il n'y a personne qui ne soit ému, volt. Lelt. Chabnnnn, 16 déc. <787. Il f^ut bien observer que, dans cette musique de pure déclamation qui est la mélopée des anciens, c'est principalement la l)eaulé naturelle des paroles qui produltia beauté du chant, ID. SiicU de Louit JIV, Ariittet, Lutit. || 4- 11 se dit surtout des anciens; et, en souvenir de ce qu'était le chant chez eux, nom donné à toute mé- Iclle vague, où l'on ne s'assujélit i aucune de« règles qu'on a reconnues par expérience satisfaire toujours l'oreille. Elle [la cabale de Gluck] sentait bien nue c. {l'Olympiade de Sacchini] serait un dauKereux objet de comparaison pour la mclupée de Gluck, la barpi, Corrttp. littérair», a' "O.
— ÉTYM. Meîioitoita, de fiùoi, et noirtv, faire : l'art de faire le melos (voy. MKLomE, à l'étymologie), soit dans la déclamation, soit dans le chant.
tMÉLOPn.\UE (tné-lo-fa-r'), t. m. Terme de musique. Pupitre creux dans lequel on place de la lumière et dont les châssis sont & jour : sur les ouvertures de ces châssis, on colle des parties de musique écrites sur papier transparent. On se sert du mélophare pour donner des sérénades la nuit en plein air.
— ÉTYM. Me'Xoc, musique, et phare.
\ MÉLOPnONE(mé-lo-fo-n'), s. vi. Terme de musique. Instrument à soutllet et en forme de guitare, ayant sur le manche de petites touches métalliques qui ouvrent les tuyaux.
— ÉTYM. MéXoç, musique, et çwvti, Toix.
SIÉLOPLASTE (mé-lo-pla-sf), s. m. Tableau représentant une portée de musique, sur laquelle le professeur indique avec une baguette les sons que l'élève doit entonner.
— ÉTYM. MAo;, musique, et itXâfraeiv, former.
t MÉLOPLASTIE (mé-lo-pla-stie), s. f. Terme de chirurgie. Opération qui a pour but de restaurer la joue endommagée par une plaie ou par une ulcération.
— ÉTYM. MïjXov, joue, et wXàooetv, former, restaurer.
t MÉLOSE (mé-lô-z'), ». f. Terme de chirurgie. Action d'explorer avec û sonde.
— ÉTYM. MriXin, sonde.
t MELPOSIE.VE (mèl-po-mè-n'), t. f. || !• Une des neuf Muses, celle qui préside à la tragédie. || 2° Planète télescopique découverte en 1852.
— ÉTYM. MsXiroiiévT), la chantante, de piXito- (loi, chanter ; dérivé de (liXoç, chant.
t MfiLCSINE (mé-lu-zi-n'), s. f. || 1° .Sorte de fée, appartenant aux contes celtiques, fille d'Élénas, roi d'Albanie, qui était changée en serpent tous les samedis pour expier le meurtre de son père. Mélusine passait pour la tigedesLusignan; et, toutes les fois qu'un membre de cette famille devait mourir, elle revenait sur leur château et annonçait par ses cris le malheur prochain. De celle-ci [la maison de Lusignan] la première origine Fut une fée ayant nom Mélusine.... On a conté seulement que parfois. Pendant la nuit, Mélusine qui pleure. En long serpent vient sans bruit et sans voix Revoir encor son antique demeure; Mais, quand des maux s'élèvent menaçants Sur sa famille ou bien sur sa patrie, Quand un grand homme ou l'un de ses enfants Perd le bonheur ou va perdre la vie. Peignant son trouble en d'hoiribles accents. Du haut des tours Mélusine s'écrie, CREtjsÉ de lesser, la Table ronde, ch. XII. Il Dans le langage familier. Cris de Mélusine, cris violents. || 2° Terme de blason. Figure nue, échevelée, demi-femme et demi-serpent, qui se baigne dans une cuve où elle se mire et se coiffe.
— ÉTYM. Bas-breton, melut, mélodieux ; gallois, mélusine, femme mélodieuse, femme qui chante.
t MÉMACTÉRION (mé-ma-kté-ri-on), i. m. Nom du onzième tftois du calendrier primitif des Athéniens; il appartenait au commencement de l'hiver.
— ÉTYM. Moiu.ax'mpiuv, de (jLaijidxTu;, surnom de Jupiter signifiant le sauvage, l'orageux.
MÉMARCllDRE (mé-mar-chu-r'), t. f. Terme de vétérinaire. Entoi-se que le chev.il se donne quand il ne met pas le pied dans une assiette ferme. L'on se guérit; l'on guérit sa monture. Soit du farcin, soit de la méinarchure, la font. Orais.
— ÉTYM. Mes...., et marcher.
t MEMBRANACÉ, ÉÉ (man-bra-na-sé, séo), adj. Terme de botanique. Qui tient do la membrane.
— ÉTYM. Lat. rnembranaceus, de membrana, membrane.
MEMBRANE (man-bra-n"), t. f. || f Terme d'ànatomie. Nom donné, en général, à tous les tissus aplatis en forme de lames ou do toile», qui servent soit à embrasser et contenir certains organes, soit à sécréter certains fluides. Membranes muqueuses. Membranes séreuses. Membranes aponévrotiques. I.es médecins avaient nommé sou mal un rhumatisme de «mbranes, sév. usî. Ce sont des anneaux [trachée- èra| de cartilages, garnis au dedansd'uiic tunique ou membrane très-polie, fén. Exitl. 40. I| Membrane de Schneider, nom donné i l>i membrane pituitaire, ou mcmbranoqui t<qMsso les fosses nasales, en mémoire de l'anatoiuiste qui l'a décrite le premier. || Membrane fondamentale, voy. fonua- MKNTAL. Il Membranes accidentelles, membranes qui se développent lious rinfluence de circonstances morbides. ||2" Terme de btjtanique. Terme générique servant & désigner les organes planes, minces et faillies, généralement destinés à en envelopper d'autres. || Membrane périspermique, nom donné au
périsperme, quand 11 est réduit à une lame ou membrane. Il 3° Ais qu'on place sur un paquet de livres mis en presse ; il y a également une autre membrane dessous.
— HIST. XVI' s. .Membrane est une partie simple, large, platte et déliée, toutesfois forte et dense, blanche et nerveuse, et sans grand danger se pouvant estendre et estreindre, paré, 1, 5.
— ÉTYM. Lat. membrana, qui vient de membrum, membre.
•j- MEMBHANK, ÉE (man-bra-né, née), adj. Terme de botanique. Qui est aplati comme une membrane.
MEiMliRANEUX, EOSE (man-bra-neù, neû-z'), adj. Il 1° Terme d'analomie. Qui est de la nature des membranes. Partie membraneuse. Ti.ssu membraneux. Les replis membraneux du péritoine. || ,Se dit des pieds des oiseaux, quand la peau en est douce et fine. || Se dit des ailes des insectes lorsqu'elles sont minces et flexibles. || Muscle demi-membraneux, ou, substantivement, le demi-membraneux, muscle de la région postérieure de la cuisse. Il 2° Terme de botanique. Se dit de ce qui est mince et presque dénué de substance intérieure, ou bien de ce qui est composé de plusieurs membranes appliquées les unes contre les autres. || S" Terme de minéralogie. Se dit d'un corps à filaments entrelacés, lorsqu'il est mince et flexible.
— HIST. xvi* s. Le fond de l'estosacli est charneuxet moins membraneiu que le dessus, paré, Introd. 4 6.
— ÉTYM. Membrane.
t MEMBRANtFORME (man-bra-ni-for-m") , adj. Qui a la .forme ou les caractères d'une membrane.
— ÉTY.M. Membrane, et forme.
t MEMBRANO-CALCAIRE (man-bra-no kal-kêr'), adj. Polype membrano-calcaire, polype qui a la forme d'expansions membraneuses encrotltées de sels calcaires.
t MEMBUANCLE (man-bra-nU-1'), t. f. Petite membrane. || Terme de botanique. Membrane qui couronne l'urne de certaines mousses.
— ÉTYM. Diminutif de membrane.
MEMBRE (man-br'), s. m. \\ 1* Partie extérieure du corps de l'homme et de l'animal, distinguée de toutes les autres parce qu'elle est placée en appendice, et unie au reste du corps par des articulations. Je veille pour les miens, mes soucis les conservent, Comme le chef a soin des membres qui le servent, cork.' Cid, 11, 7. De travailler pour lui [l'estomac] les membres se lassant. Chacun d'eux résolut de vivre en gentilhomme. Sans rien faire.... la font. Fabl. m, 2. Des yeux si délicats firent leurs délices de ces visages ridés, de ces membrescourbcs sous les ans, Boss. Anne de Gont. Elle se tourmente comme dans un songe.... on veut parler, la voix no se suit pas, on sent ses membres engourdis, ID. La Vallière. ô membres tendres et délicats, si souvent couchés sur la dure! lo. Bourgoing. Et de son corps hideux les membres déchirés, bac. Alhal. 1, t. Oue<le corps entassés, que de membres épars Privés de .sépulture 1 ID. Esth. 1, 5. Les membres d'un corps qui croît doivent être tous au large dans leur vêtement, j. j. rousb. Ém. II. Il Terme d'entomologie. Appendices qui sont placés sur les parties latérales du tronc des insectes et qui servent à la locomotion. || 2" Particulièrement et familièrement. La jambe. Et dans leurs antichambres [des grands], Le chapeau dans la mahi, nous tenir sur nos membres, bi*onieh, Sat. IV. Il II se dit quelquefois pour gigot, épaule de mouton. Il voit au feu le membre Accompagné de maint et maint pigeon, la font. Rim. || Terme de blason. Jambe ou patte de griffon, d'aigle ou d'autre oiseau, séparée du corps. || 8" Membre viril, la partie de l'homme ou de "animal qui sert i la génération. Il Membre marin ou priape de mer, ancien nom îles holothuries || 4' Le corps, dans le langage mystique. Si la loi des membres nous entraîne vers les plaisirs des sens, MASS. Car('me,/li)cmr. || 6° FIg. Chacune des personnes qui forment un corps politique, une société religieuse, savante, littéraire, etc. Les membres du corps législatif, de l'Académie française. Comme il est sans exemple que l'Académie ait lait l'éloge d'un souverain, en faisant, si on ose le dire, celui d'un de ses membres.... fontkn. Cior Pierre. J'aurai plutôt achevé tout l'ouvrage [Commentaire sur Corneille], que l'Académie n'aura lu trente de mes remarques; un membre va vite, les corps ont jieine à se remuer, volt. Mt. i'Argental, 9 août 1781. Je crois que si ces Considérations sur l'état présent de l'Europe avaient été imprimées sous le nom d'un membre du parlement d'Angleterre, j'aurais reconnu Votre Altesse Hoyaln; j'aurais dit: Voilà le grand prince caché sous le grand citoyen, id ic(t