‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 153 sur 389 · RIEM · texte numérisé non relu

RIEM

Pr. roy. de Prusse, 6 août nos. Pour les gens de lettres.... il faut qu'ils soient écrasés, attendu qu'ils ne font point corps, et (ju'ils ne sont que des membres trcs-épars, lo. Lett. Luneau, 2t oct. «789. Des chaînes sans nombre enibrassi''rent tous les membres de la société, barthél. Anacb. Introd. part. t. Il Fig. Membres pourris, membres gangrenés, hommes qui font déshonneur à un corps. || Terme mystique. Les membres de Jésus-Christ, de Dieu, de' l'Église, c'est-à-dire les fidèles. On s'aime, parce qu'on est membre de Jésus-Christ, parce qu'il est le corps dont on est membre, pasc. Pens. xxiv, 69 1er, éd. BAVET. Dieu ayant fait le ciel et la terre, qui ne sentent point le bonheur de leur être, il a voulu faire des êtres qui le coniiussent, et qui composassent un corps de membres pensants, id. ib. xxiv, 69. Être membre, est n'avoir de vie, d'être et de mouvement que par l'esprit du corps et pour le corps; le membre séparé, ne voyant plus le corps auquel il appartient, n'a plus qu'un être périssant et mourant,

ID. ib. XXIV, 6» bis Seigneur.... votre passion,

que vous achevez dans vos membres [les fidèles] jusqu'à la consommation parfaite de votre corps [l'Eglise terrestre], m. Prière pour le bon usage des maladies. Ces habitants désolés [delà Hongrie et de l'Autriche ravagées par les Turcs] , ne sont-ce pas des chrétiens et des catholiques, nos frères, nos propres membres, enfants de la même Église* £Oss. Mar.-Thir. Il nous consacre comme membres de Dieu, BOUBDAL. Serm. <7* dim. après la Penlec6ie, Domin. t. iv, p. 78. On savait seulement que nous [les chrétiens] étions tous membres d'un chef crucifié, mass. Carême, Jeûne. Il 8* Partie d'un empire, d'une province. Province qui devient membre du premier empire du monde, PATnn, Plaidoyer ♦, dans richelet. 11 règne dans cet ouvrage [de Frédéric II], digne de son auteur, un style qui vous décèle, et j'y vois je ne sais quel air de membre de l'empire germanique qu'un citoyen anglais n'a guère, volt. Lett. Prince roy. de Prusse, l& août <738. || Terme féodal. Ce qui dépend d'une terre, d'une seigneurie, d'un bénéfice. Ce fief était un membre de la terre seigneuriale. Tenir j)ar membre, posséder comme bien indivis. || 7" Chaque partie d'une période ou d'une phrase dont l'oreille saisit le commencement et la fin. Une période de quatre membres, à quatre membres. Chaque phrase ou assemblage de mots qui forme un sens partiel dans une période, et qui a une certaine étendue, est appelée membre de la période, DCHARSAis, CÉuv. t. v, p. 61 |{ Il SB dit aussi des termes d'une comparaison. Plus les expressions ■eront simples, plus il nous sera facile de saisir le rapport d un membre de cette comparaison à l'autre, cosDiL. Lang. cale, i, M. US" En algèbre, membre d'une équation, chacune des deux parties qui sont séparées par le signe d'égalité. || 9" Chacune des parties grandes ou petites qui entrent dans la composition d'un ouvrage d'architecture. La frise est un membre de l'entablement. || Membre creux, moulure concave. Membre couronné, moulure surmontée d'un hlet. || 10° Terme de marine. Chacune des deux cAtes dont la réunion compose un couple. — iliST. II* s. Il out [eut] pais de vie et de membre. Lois de Guill. t. Puis [il] en perdit et la vie et ses membres, Ch. de Roi. cviii. || xu* s. Il lancèrent pierres, e oscistrent le [le tuèrent) e ccaus [ceux] qui od [avec] lui estoient, e les depescereiit menbre e menbre, Kachab. il, 4. Le plus fort membre [Roland] qui m'alloit souztenant, Bonc. 4 6<. Et de corset de membres [elle] par fu si avenant, Sax. V. Il xui' 8. Creeil, qui est des membres du conté de Clermont, beaum. iui, 9. Voirs est [il est vrai] que tult li cas où il pot avoir gages de batailles ou péril de vie perdre ou membre, doivent être justicié par le [la| laie justice, id. xj, 3o. L'université ne si membre, Qu'il ont mise du trot au pas, kuted. i63. Il xv« ». Us eurent conseil qu'ils se rendroient, et la ville avec, sauves leur» vies, leurs membres et leur avoir, mois», i, i, so. Cette ville estoit tellement ordoimée.... que on la pouvoit défaire par charnières.... et raaeeoir membre à membre, id. ii, ni, U. Par membres doit diviser sa matere En tout noien, montrer slntencion Par douce voix et par teor* manière ; Bethorique a en ce perfection e 6MCH. Potsies mu. f sas. Il est assez beau qui à tousse* membres, liroui de lixct, t-. n, p. 307 Il ivi* », . .T esUnt les trois membre» de »a compaignie, liÀitenant, enseigne et guydon aes neveux et cinq ou six de ses hommes d'armes, carlou ix' H. U plus grand'part des membre» (brig»de»]'de» (eodarmes eslolt i sa dévotion, buht. Cap. franc I. m, p. tê, dans LACuaNK.

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— ÊTTM. Provenç. membre, nembre; espagn. et portug. miembro; ital. membre; du lat. mcmbrum, dont l'origine est incertaine. On l'a rattaché au sanscrit marman, articulation, organe; Corssen, Beilr. p. 352, suppose que membrum est pour minbrumet de lamême famille que min-or, mm-uere; il signifierait ainsi une petite chose, une petite partie, une partie détachée.

MEMBRE, ÉE (man-bré, brée) , od;. usité seulement avec quelque adverbe. Bien membre, qui a des membres bien faits, bien proportionnés. On dit de même : membre fortement, solidement. Il Terme de blason. Se dit d'un animal dont les memlires sont d'un autre émail que le corps.

— ETYM. Membre.

fMEMBRET (man-brè),î.m. Petite épaisseurqu'on ménage au bout de chaque branche d'un éperon.

— tTYM. Diminutif de membre.

f MEMBRETTE (man-brè-t'), t.f. Terme d'architecture. Partie du pied droit d'une arcade ornée de pilastres, qui resta nue à droite et à gauche du pilastre.

— ÉTYJi. Diminutif de membre.

t MEMBRIËRE (man-bri-è-r') , s. f. Pièce de bois entrant dans une membrure. Refendre des pièces équarries pour en faire des planches ou des membrières, BUFF. £ipos^ sur lesvégét. *' mémoire.

— ÊTYM. Membre.

f MEMBRON (man-bron), s. m. Terme d'architecture. Baguette, ordinairement de trois quarts de ligne d'épaisseur, qui sert d'ourlet à la bavette d'un bourseau.

MEMBRU, CE (man-bru, brue), adj. Tenue familier. Qui a de gros membres. Au pis aller, je puis ici avoir, quand je voudrai, une maîtresse belle comme l'infante Briane, amoureuse comme Mlle Arlande, et forte et membrue comme Mme Gradafilée, VOIT. Lett. 63. Qu'il a le nez comme Cyrus, Dont le nez fut des plus raembrus, scarron, Virg. vu. Ta femme, étant jument forte et membrue. Ira plus vite, LA FONT. Jument. || Substantivement. Un gros membru.

— HIST. XII* s. Bel chevalier i ot avenant et mambru, Sax. xxviu. || iiii* s. Raimbaus Créions fu preus et vassaus conneùs, U ne fu mie haus, no Ions, ne estendus, Ains fu un petitet bien formés et membrus, Ch. d'Ant. iv, 9 12. En la forest en sont entré, Mes il n'orent gueres erré Qu'il ont levé un cerf branchu De quatre branches et menbru, Ren. 22346. Ijxvi* s. Nostre monde vient d'en trouver unaultre [l'Amérique] non moins grand, plain et membru que luy, mont, iv, (7. Au surplus un asne bien fait, Bien membru, bien gras, bien refaict, Sat. Mén. l'Asne ligueur.

— ÊTYM. Membre; provenç. membn<{; cat. membrud ; espiign. membrudo ; ital. membrulo.

MEMBRURE (man-bru-r'), s. f. || 1° L'ensemble des membres d'un individu. Une forte membrure. Il î'Terme de menuiserie. Pièce de bois épaisse, dans laquelle on enchâsse les panneaux. Pour une voie de bois de chêne, hêtre, sapin et bois blanc non flotté, entrant par eau, en planches, membrures, poteaux, dosses et chevrons, la dosse et le chevron réduits à neufs pieds par toise, et la voie composée de )04 toises, est dû.... Déclaration, 22 oct. (7(5, Tarif. || 8" Terme de marine. L'ensemble des membres ou couples d'un bâtiment. || 4° Ais qui servent à l'endossement des livres. If on. du Relieur, p. 333. || 6° Sorte de mesure dans laquelle les voies de bois à brûler sont mesurées, sur le port et dans les chantiers.

— IIIST. XVI* s. Quand un menusier rabote quelque table ou membrure dudit noyer, il se fait des escoupeaui longs et ternes [tenvesT du latin tenuis] comme papier, palissy, 28.

— ÉTYM. Lat. membralura, de membrare, former en membres, qui vient de membrum, membre.

M^ME (mê-m'), adj. jj 1° Qui est comme une autre chose ou comme soi-même; qui n'est pas autre, qui n'est pas différent (il est ordinairement précéilé de l'article le, la, les, du nom de nombre un, une, du pronom démonstratif ce, cette). L'amour et la raison n'est qu'une même chose, pasc. Amour. 11 a rencontré par hasard Mme de Courcclles; la voir et l'adorern'a été qu'une même chose, sf.v. 240. Ainsi, dis-je, se produit en Dieu l'amour éternel qui sort du Père qui pense et du Fils qui est sa pensée, pour faire avec lui et sa pensée une même nature également heureuse et parfaite, iioss. llist. 11, a. On voit dan» Jérusalem [prise par Titus] la même rébellion, la même famine, les mêmes extrémités, les même» voies de salut ouvertes, la mémo séduction, le même endureissement, la même chute [(jue lors do Nabucbodono8or],iD. t'b. n, 8. J'appelai de l'exil, I je lirai de l'armée Et ce même Sénèque et ce mémo

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Burrhus.... rac. Brit. iv, 2. Tout cet amas d'Idée» qui reviennent à la même, la bru y, xv. Quelquefois un même homme les voit [les objets] plus grands de l'œil gauche que du droit, selon les observations que l'on en a faites, qui sont rapportées dans lo journal des savants de Rome, du mois de janvier 1669, MALEBKANCiiE, Rcch. rév. l, 6. Dorante : Ajoutez-y, madame, que c'est un honnête homme. — Angélique : Eh 1 sans doute : je vous dis qu'il est riche; c'est la même chose, marivaux, Préj. taincu, se. 4. Rome ne fut plus cette ville dont la peuple n'avait eu qu'un même esprit, un même amour pour la liberté, une même haine pour la tyrannie, MONTESQ. Rom. 9. Vousn'êtes le même que par le sentiment continu de ce que vous avez été et de ce que vous êtes, volt. Dict. phil. Identité. \\ Il se construit avec de sans article. Deux plantes de même espèce. Deux tonneaux de même cuvée. |{ Fig. Le même, la même, dont l'apparence, le caractère n'ont pas changé. Cette femme est toujours la môme. Celle [ardeur] qui vous pressait decourir au baptême, Languissante déjà, cesse d'être la même, COBN.Poii/.i, I. Hé bieni Antiochus, es-tu toujours le mêmeT rag. Bérén. i, 2. || Fig. Voir du même œil, des mêmes yeux, voy. œil. || 2* Le même répété d'une manière explétive. Et le même intérêt qui vous fit consentir, Malgré tout votre amour, à me laisser partir, Le même me dérobe ici votre couronne, corn, la Toison d'or, m, 3. Le même qui, pour vous courant à son supplice, Contre un ingrat trop cher a demandé justice, Le même vient encor dissiper votre peur, id. ib. m, 7. Avec les mêmes armes qu'employa le soldat pour combattre son désespoir, avec les mêmes il attaque sa pudicité, ST-ÉVREM. la Matr. d'Éph. jj 3" Même sans article. Parce que de mêmes causes doivent raisonnablement produire de mêmes effets, lauothe le vayer, Vertu des païens, 4, État de la grâce. Une chèvre, un mouton, avec un cochon gras. Montés sur même char s'en allaientà la foire, la font. Fob!. vm,)2.Et, par même moyen, savoir vos sentiments, id. Florentin. se. 7. Tout autre n'eût pas fait même chose à ma place? MOL. Dip. am. iv, 2. Si sa bouche dit vrai, nous avons même sort, m. Amph. ii, 2. Ces royaumes devaient se former à même temps que l'Antéchrist devait paraître, boss. Yar. (3. Même forfait requiert même supplice, J. B. Rouss. Allég. u, 2. Deux factions acharnées le partagent [l'empire sous Julien].... même opiniâtreté des deux côtés, mêmes fraudes, mêmes calomnies, mêmes complots, mêmes barbaries, même rage, volt. Mél. hist.Frag. hist. vu. S'il arrivait que le hasard nous y conduisît [au spec- Licle] en même jour, j. j. rouss. Lett. à Mme B. 7juill. (770.1 Encetemploi,il s'est mis après son substantif, ce qui ne se dit plus, du moins en prose. Il aime quand je quitte, il quitte alors que j'aime, Et, sans être rivaux, nous aimons en lieu même, cobn. Place roy. v, ♦. Sa bonté toujours même est encor dans sa fleur, LA font. l'Eunuque, l, (. || 4° Même précédé d'un adjectif possessif, comme : mes mêmes intentions, les intentions que j'avais et que j'ai. Il [Ch. de Sévigné] prend de ma même tisane des capucins, que vous connaissez, sÊv. I2 août (685. Je lui fais réponse dans son même style, id. (6 oct. 1675. Avignon, dont je ne parle point par vos mêmes raisons, id. 7 fév. ifisn. Je vous jure que mon même goût pour la solitude est pluti'it augmenté que diminué, j. }. Bouss. Lett. à l.alliaud, 23 oct. (76S. Il B* Semblable, pareil. Donnez-nous du mémo vin. Vous nous avez servi de bon vin l'autre l'ois, ilonnez-nousdumême. [Pétrarque] est le gc'nie le plus fécond du monde dans l'art de dire toujours la même chose, VOLT. Lett. d'Argental, 22 juin 1764. || 6° Le même construit avec que, et indiquant similitude entre deux objets. Il est habillé de la même couleur que VOUS. On vous fera le même traitement qu'on lui a fait. Au même temps qu'on les répare, L'eau s'enfuit d'un autre côté, malu. m, 3. Ils lui gardèrent la même fidélité qu'ils avaient gardée aux Perses, bo.'-s. Hist. 1, 8. Elle ramène l'âme pécheresse par les mômesvoies qu'elle s'en était égarée, mass. Panégyr. .SteMagdel. Il Au lieu de que, on met oïl, d'otl, quand il s'agit d'une certaine situation. U n'y en a aucune [ime] d'existante ou de possible qui n'eût été au môme état de perfection où est celle do Jésus-Christ, si elle avait été unie hypostatiquement au Verbe dans r'mslant de sa création, fên. t. m, p. 8(. Des larmes qui couleront de la môme source d'où avaient coulé tous mes crimes, mass. Impén. Lalli fut enfermé i la Bastille dans la même chambre où avait été La- Iwurdoniiais, et n'en sortit pas do même, volt. Polit, et lég. Fragm.sur l'Inde, xviu. Uue la postérité serait surprise du voir les Voltaire et les Uuu-

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tesquîeu déchirés dans la même page où l'écrivain le plus médiocre est célébré! d'alkmb. Mél. litt. OEuv. t. m, p. 275, dans pougens. ||7° Le même avec, le même que. Cela est plaisant, que tous les intérêts de Quanto [Mme de Montespan] et toute sa politique s'accordent avec le christianisme, et que le conseil de ses amis ne soit que la même chose avec celui de M. de Con lom [Bossuet], sÉv. 3 juill. IC75. Il 8" Le même de, pour le môme que. Le curé qui s'était logé dans la même hôtellerie de mes comédiens, scARn. Rom. com. i, 14. Je ne suis plus le même d'hier au soir, mol. Fest. de Pierre, v, ). ....Tout est encore aujourd'hui du môme vert du mois de mai, sév. 20 oct. (675. Langlade a pensé mourir à Fresnes de la même maladie de Mme de Coulanges, id. 2 oct. 1676. Voici un autre couplet sur le même air du premier,». 24 nov. ) 078. Ces princes n'avaient pas auprès du régent les mêmes accès du duc de Lorraine, st-sim. 48r, 247. Il suit encore en cela les mêmes errements des autres, j. j. Bouss. Le», à Mouilou, <2 déc. (768. || Cette tournure n'est plus guère usitée; on la laisse à tort tomber en désuétude, car elle est quelquefois plus vive que le que dont elle est l'équivalent. Il 9° S. m. Le même, la môme chose. Bien que mon bon démon souvent me dit le même, béonier, Sat. I. C'est quasi le môme de ceux qui découvrent peu à peu la vérité dans les sciences, que de ceui qui, commençant à devenir riches, ont moins de peine à faire de grandes acquisitions qu'ils n'ont eu auparavant, étant plus pauvres, à en faire de beaucoup moindres, desc. Jf^lh. vi, 4. X peine une heure ou deux elles [les troupes] ont pris haleine, Qu'il les range en bataille au milieu de la plaine; L'ennemi fait le même, et l'on voit des deux parts Nos sillons hérissés de piques et de dards, coh.n. Sopbon. 1, 1. Vous deviendrez cher à mes yeux. Et j'espère de vous le même, m. Agés. 1, 2. Dans le toucher, les corps appliqués immédiatement sur le nôtre, ne peuvent manquer d'éliranler les nerfs; le même doit arriver dans les autres sens, boss. Connaiss. iv, 6. Il Cela revient au même, c'est la môme chose, il Terme de philosophie. Ce qui est le même. Il n'y a de variable que ce qui demeure constaut à quelques égards; le même seul peut être dit varier, RENOUVIER. Il 10° Se dit au billard d'une partie qui consiste à pousser la bille de son adversaire immédiatement dans une des six blouses. Jouer le môme. Il Faire une bille au même, la faire dans une des blouses de la bande que le joueur a devant soi, et sans avoir préalablement doublé, c'est-àdire fait toucher bande à la bille. || Fig. et populairement. Faire au même, tromper, attraper. Vous voulez me faire au môme. || 11° Môme s'empluie sans article, immédiatement après les noms pour marquer plus expressément la personne ou la chose dont on parle. Ceci môme. Cela même. Celui-ci même. Celui-là même. Si dans ces chaires mômes destinées à instruire et à corriger lesgrands, nous leur donnons de fausses louanges.... mass. Pelil carême, Tentât, des grands. Ces combats avaient été autorisés autrefois par les rois, par les parlements mêmes et par l'Église, volt. Louis XIV, 2U. Il 12° Il se joint de la même façon avec les pronoms personnels (on metun tiret). Lui-même. Elle-même. Kux-mèmes. Moi-même. Toi-même. Soi même. Nousmêmes. Vous-mêmes Ils ont fait cela eui-mèmes. Euxmêmes ont fait cela. Médecin vous-même ; je ne le suis point, et ne l'ai jamais été, mol. Méi. m. lui, i, 6. Monsieur Lysidas, prenez un siige vous-même, et voua mettez-là, mol. Cril. se. 6. Mais souvent un esprit qui se flatte et qui s'aime. Méconnaît son génie et s'ignore soi-même, mil. Art p. 1. Je dis que c'est la raison elle-même qui nous conduit à cette soumis.iion ; que plus même nos lumières sont supérieures, plus elles nous font sentir la nécessité de nous soumettre, mass. Carême, Vérité de la relig. El mon frère et le lîrun, les Muses elles-mêmes, a. chén. Elég. xvi. |l Un pronom per- S(jnnel uni i même et construit avec de exprime la siontanéité do l'action. Il a fait cela de lui-môm'-. Elle a fait cela d'elle-même. Ils ont fait cela d'euvmêmes. J'agirai de moi-même. Tu as fait cela de toi-même. Faire une chose de soi-même. Nous y lommesallés de nous-mêmes. || Un autre moi même, une personne que j'aime autant que mol-mémo, qui est comme moi-même, qui peut me représenter pour toute chose; on d:t semblableuicnt : un autre U^i-mênie, d'autres nous-mêmes, un autre vousniéme, un autre soi-même, un autre lui-même, une autre elle-même. Je regarde mes amis comme d'autres moi-même. Tes enfants, ces autres toi-même. Par le mariage je me verrai revivre en d'autres mol-

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même, il se yerra revivre en d'autres lui-même ; nous nous verrons revivre en d'autres nous-mêmes. Les enfants, ces autres nous-mômes. Les considérant comme d'autres soi-mêmes, desc. Pass. 82. J'ai lieu de vous aimer comme un autre moi-même, CORN. Attila, III, 4. Puisqu'un autre moi-même ordonne ton retour. Oui, rentre dans les rangs que tu tiens à ma cour, rotr. Bélis. 1, 6. Je le répète encor, c'est un autre moi-même. Un fils victorieux qui me chérit, que j'aime, hac. Mithr. ni, 5. Jamais dessus le trône on ne vit plus d'un maître ; Il n'en peut tenir deux, quelque grand qu'il puisse être; L'un des deux tôt ou tard se verrait renversé. Et d'un autre soi-même on y serait pressé, id. Théb. iv, 3. Cet ennemi de Rome, et cet autre vous-même, m. ilithr. m, 5. Cent fois je me suis fait une douceur extrême D'entretenir Titus dans un autre lui-même, id. Bérén. i, 4. Éphestion y perdit la vie ; c'était l'ami le plus intime du roi, le confident de tous ses secrets, et, pour tout dire en un mot, un autre lui-même, ROLLiN, Hist. anc. CEuv. t. vi, p. 57 ) , dans pou- GE>:s. La comtesse : Regardez-moi dans cette occasion-ci comme une autre vous-même! — Le marquis : Ah 1 que c'est bien dit, une autre moi-même ! marivaux, Jete9S,sc. 10. ;| 13"Même accompagne aussi les substantifs qui désignent quelques qualités, pour exprimer qu'elles sont au plus haut degré dans la personne dont on parle. Pour parler de lui, comme il était la brutalité même, il avait voulu profiter de l'occasion, scarr. Rom. com. i, is. Cette Esther, l'innocence et la sagesse même, rac. Eslh, Jusi]u'ici la fortune et la victoire mêmes Caciiaient mes cheveux blancs sous treiiSa diadèmes, ID. Mithr. m, 6. {Voy. la rem. 7.) || 14° Même, adt;. De plus , aussi , encore. L'intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé, la rochefouc. 39' pensée, n" 2. Même il m'est arrivé quelquefois de manger Le berger, la font. Fabl. vu, t . Ami, dit-il, je sais que tu me quittes; Même l'on veut que j'en craigne les suites, id. ib. viii, ts. Même l'on dit que l'ouvrier Eut à peine achevé l'image Qu'on le vit frémir le premier Et redouter son propre ouvrage, id. ib. ix. 6. Cet illustre trépas ne peut-il vous calmer. Puisque même mes fils s'en laissent désarmer? rac. Théb. m, 2. Un pays où il faut même avoir vécu pour le connaître, LA BRuy. Discours sur Théophraste. Les princes de Médicis, de qui son mérite [de Viviani] était déjà connu, et même récompensé, fonten. Yiviani. Un peuple est toujours le maître de changer ses lois, même les meilleures, J.i. rouss. Conlr. soc. 11, ( 1. Il On s'en sert dans des phrases adversatives pour les fortifier. Tant s'en faut qu'il l'ait voulu, que même il l'a interdit. Non-seulement il n'est point avare, mais même il est prodigue. || 15° X même, loc. adrerb. X la chose même. Voilà la cruche, buvez à même, c'est-à-dire, buvez à la cruche mémo. On lui apporta de l'eau dans une gargoulette; mais, dès qu'il y eut bu, on la cassa, parce que, comme Frangui, il l'avait souillée en buvant à même, uïrn. db ST.-P. Chaum. ind. || Il se dit avec un complément. Il but à même le pot. Qui te donne le front de surprendre mes pleurs? Cherches-tu de la joie à même mes douleurs? cobn. Place roy. m, 8. ||X même (ou comme l'on disait en même) a été, dès les anciens temps de la langue, considéré comme une locution prépositive et construit avec la préposition de. Louvois était grand buveur d'eau, et en avait toujours un pot sur la cheminée de son cabinet, à même duquel il buvait, ST-SIM. 407, loo. Et mord à belles dents à même du prochain, SAINTE- BRUVF., Nouveaux turuiis, t. 1, p. 65. L. Veuillot. Il Kig. Être à même de, être à portée de, avoir facilité de; mettre quelqu'un à même, le mettre à portée; laisser à même, le laisser à portée. Je veux me faire un gendre et des alliés médecins; ....afin d'être à môme des consultations et des ordonnance!!, MOL. Mal. imag. i, 5. Je serai à même pour TOUS caresser comme je voudrai, m. Jfar. forcé, t. Vous ma direz.... que tous les hommes n'ont pas les mêmes sentiments [de perfidie], et iiu'on peut du moins les écouter.... ne vous y fiez pas, quoique vous soyez à même, iiahilt. Gramm, 9. Il Fig. A même de, avec un verbe à l'infinitif, en état de, en mesure dr. Il est à même do vous servir. Rome, à même de faire pis, montra par la condamnation même [de M. de Cambrai] qu'elle était plus donnée au roi qu'appesantie sur M. de Cambrai, ST-siM.ffS, 115. Il X même que, dans le temps même où, locution conj. tombée en désuétude. On dira : à mémo que cela arriva, maro. bupfrt, Ohserv. p. «8, («68. Il 16' Do même, loe. adv. De semblable manière, do

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semblablesorle. Parmon commandement la garde en fait de même, corn. Cîd,iv,3. Parmi les généreux, il n'en va pas de même, id. Nicom. v, 7. J'ai vécu glorieux et je mourrai de même , th. corn. Comte d'Essex, IV, 3. Ah! deviez-vous m'aimer si tendrement. Si vous ne vouliez pas m'aimer toujours de même? QuiNAULT, Phaét. 1, 3. Quand un Français et un Anglais pensent de même, il faut bien qu'ils aient raison, volt. Dict. phil. Pope. \\ Avec le complément par que. De même que vous, j'ai été voir. Il me dit bien encor que son mal est extrême; Mais ii ne le dit plus de même Qu'il me le disait autrefois, DESHOULIÈRES, Poés. t. I, p. 90. || Quand de même que est employé dans le premier membre d'une comparaison, on commence d'ordinaire le second membre par de même. De même que la cire molle reçoit aisément toute sorte d'empreintes et de figures, de même un jeune homme reçoit facilement toutes les impressions qu'on veut lui donner, Dict. de l'Académie. || De même s'est employé comme une espèce d'adjectif signifiant semblable : cette tournure, qui a vieilli, s'emploie encore aujourd'hui couramment en Saintonge. C'est un transport si grand qu'il n'en est point de môme, mol. Éc. des maris, m, 2. Jamais il ne s'est vu de surprise de même, m. Tart. iv, 5. || Terme de blason. De même, se dit en blasonnant pour éviter de répéter la désignation de l'émail : Il porte d'or à trois fasces de sable, surmontées de trois merleltes de même, c'est-à-dire également de sable. |i 17- Tout de même a le même sens que de même. Vous voyez celui-là, l'autre est tout de même. Cependant vous avez soupiré tout de même, corn. Pulchér. u, t. Cette d'Effiat était enrhumée, on ne la voyait point; mais c'était tout de même, sév. 394. Tout de même celui qui taille des colonnes ou qui élève un côté de bâtiment n'est qu'un maçon : mais celui qui a pensé à tout l'édifice, et qui en a toutes les proportions dans la tête, est le seul architecte, fén. Tél. xxii. 11 serait arrivé tout de même à son but par la douceur, montesq. Espr. xix, 14. || Tout de même avec un complément par que. Et le désordre qu'il endure lui est imputé devant Dieu tout de même que s'il le faisait, balzac, 7* dise, sur la cour. Vous m'avez vue me repentir, m'agiter et m'inquiéter tout de même qu'une autre, sÉv. 25 mai (680. Tout de même qu'on transfère son bien à autrui, on peut aussi... j. j. rouss. Orig. 2. Il Populairement, tout de même se prend dans le sens de néanmoins. Je n'y vais pas de bon gré, mais j'irai tout de même.

— REM. 1. Toutes les fois que même est adjectif, il s'accorde avec son substantif. Il devient indéclinable quand il est adverbe. || 2. Même est adjectif quand il est construit avec un article ou avec un adj. démonstratif ou possessif; quand il suit un substantif ou un pronom personnel qu'il modifie. Ils sont les mêmes. Ces mêmes hommes. Vos mêmes habits. Les vertus mêmes. Eux-mêmes. || 3. Môme est adverbe quand il modifie un verbe ou un adjectif. Ils ont même parlé. Il faut obéir aux lois-même injustes. Il 4. Aprè;i un substantif il faut distinguer. Quand même ne peut pas être déplacé et mis avant le substantif, alors il est adjectif et s'accorde : Les Romains n'ont vaincu les Grecs que par les Grecs mêmes. Mais quand même peut se déplacer et être mis devant le substantif, alors il peut être traité comme un adverbe et demeurer invarialilo. Los gens de bien même tombent dans ces infidélités, FLÉcu. Aiguillon (on peut dire : même les gens de bien). J'enlèverai ma femme à ce temple, à vos bras. Aux dieux mfmo, i nos dieux, s'ils ne m'exauçaient pas, volt. Olympie,\il,3. J'ai tout à craindre de leurs larmes, de leurs soupirs, du leurs plai.sirs même, montesq. Lett. pers. ». D'autres femmes, des bêtes même, pourront lui donntr le lait qu'elle lui refuse ; la sollicitude maternelle ne se supplée point, J. j. nouss. lim. i. || 6. On écrit nous-mêmc, vous-même sans», qufind il n'est question que d'une seule personne Vous voyez Ce que

nous possédons, et nous-mêmo à vos pieds, la font. Filles de Minée. Va, mais nous-mfme allons, précipitons nos pas, BAC. Ilaj. iv, 5. Mais vous-même, ma sœur, est-ce aimer votre frère Que de lui faire en Tain une injuste prière? id. Thébaide, ii, 3. Il 8. Les poètes prennent quelquefois la licence de no pas accorder même avec les pronoms personnels au pluriel ou avec un substantif au pluriel. Les immortels eux-mêmc on sont persécutés, malii. ii, )2. Ainsi, par les lois môme on mon pouvoir remise. Je me donne au monarque à qui je fus piomise, corn. Sophon. m, 6. Eux-même ils détruiront cet effroyable ouvrage, Instrument de leur

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honte et da leur escUvage, tolt. Ah. v,«. Le temps emporta les dieut même De la crédule antiquité, LA!i»RT. Méd. 1, t». Et nous-raême avec eux (les astres, les étoiles] emportés dans leurs cours, Vers un port inconnu nous avançons toujours, n. t6. II, ». Et l'âme se fond en prière, Et s'entretient avfc les cicux, El les larmes de la paupière Sèchent d'clles-même à nos yeux, m. Ilnrm. i, 9. ô vils marchands d'eux-mème! immonde abaissement, v. hugo. Légende des tiéclet, xir, 8. |{ 7. Au xvii* sii-cle il était loisible d'ajouter une s k mime adverbe. La naïveté, Dont mêmes au berceau les enfants te confessent, MALH. 1, *. Ici dispon.sez-moi du récit des blasphèmes Qu'ils ont vomis tous deux contre Jupiter mêmes, corn. Poly. m, î. Le chagrin me paraît une incommode chose ; Je n'en prends point pour moi sans bonne et juste cause ; Et mêmes à mes yeux cent sujets d'en avoir S'offrent le plus souvent que je ne veux pas voir, mol. le Dépit amour.

I, i. Cette récompense seule remplira toute la capacité et mêmes toute l'immensité de notre cœur, bouroal. Sermon pour la Touss. ii. Que si mêmes un jour le lecteur gracieux, boil. Épitre x. ||8. On a dit dans le xvii' sif de même devant le substantif dans le sens qu'il a présentement placé après; c'était un usage qui venait de l'âge précédent. C'est la même vertu pour la vertu même. Oui n'espérait jamais.... Que rien finît sa foi que le même trépas, MALH. I, i. Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu? CORN, le Cid, ii, ». Elle passe à vos yeux pour la même infamie [l'infamie même], id. Rodog. ii, 3. Avoir ainsi traité Et la même innocence et la même bonté, MOL. Sgan. <6. Dès le même instant qu'elle sera dehors, id. Éc. des mar. m, s. La même vérité [la vérité même] y reluit partout, boss. Ilist.

II, 6. Ce sont la les mêmes paroles dont vous vous servez dans votre lettre, CH. dk sévigné, t. x,p.409, éd. RÉGNIER. Le temps vient où la même nature [la nature même] prend soin d'éclairer son élève, i. j. Bouss. Ém. IV.

— iiiST. XI* s. [Ils] Noncerent [à] vous ces paroles meîsme, Ch. de Rot. xiv. Autre bataille lor livrez de meîsraes, ib. xliii. ||xii« s. Et je meîsme n'emporterai la vie [ne reviendrai vivant], Roncisv. 83. Et comanda à ses fils que il à sa mort fust enseveliz en meîsme le sepulchre où li bons huem fut ensevelis, Rois, p. 200. Il xili* g. Il meismes ala trois serjans apeler, Berte, xvii. El li rois il meïsmes les prent à redresser, ib. cxxix. Je t'enseignerai bien autre hui ; Autre, non pas, mèsce moïsmes, Dont chascun puet estre k meismes, Mes qu'il [pourvu qu'il] prengne l'entendement D'amors uiig poi plus largement, la Rose, 54G3. || xiv* s. Bien sont de mentir k meismes Cil qui vont contant lieus [telles] noées | bagatelles], G. ou art, Roy. lignages, v. 84. Je mis pardessus un drappel délié moillié en mesme l'oille et vinaigre, lanfranc, P" 26, verso. Il XT* s. Calabriens et Suisses avoienl telle rage de faim aux dents, qu'ils prenoient fromaiges sans peler et mordoientà mesme, jkan de tboyes, Chron. ues. Incontinent il fut tué et mis en pièces, et si vouloient ils faire le mesme à plusieurs autres, juv. DE» ORS. Charles Yl, l3Si. 11 m'en faut avoir une cotte. Bref, et à ma femme de mesme. Patelin, v. SIC. Il XVI* s. Toy et nioy sommes de mesme advis, LA BOEriK,23<. 11 est bi?naysé à une truye fojble de bien nourrir beaucoup de cochons, mesmes [surtout] quand ils sont grandelets, id. 33e. De mesmes il n'y a plaisir aucun d'avoir une femme riche, si elle.... iD. 293. Le mesme est des vertus, langue, <«8. Lei prochains successeurs ne laissèrent de suyvre les mesmes traces et de recevoiraussi le mesme payement des autres [(|ue les autres], lo. 368. Aussi tost que l'or y est entré, à mesme heure y sont entrés les vices, m. 403. C'estoit un prince de grande délibération et d'une exécution de mesme, DEsrE». Cuntet, lui. Et à causa qu'il n'estoit de maison de mesme qu'elle, il n'osoit découvrir son affection, haro. Howi. ix. Ce qu'ils estimèrent plus que la mesme argent [l'argent même], carloix, ix, «•. Ainsi les délices lumberent d'elles-mesmes , «■TOT, tye. i«. Le mesme jour, au mesme mois, et en la mesme année, ceulx quiestoient passez en Italie, y furent desfaicts par les barbares, id. Cam. 3». tncore qu'il en vist les autres nobles et patriciaof paisionnez de mesme luy, id. Cor. ». Coucher k ffieeine terre, sans tentes ne pavillons, u>. S«r(or. 4*. lien e»t de mesme des animaux, nom. i, 402. La pluspert de ceulx qui me hantant parlent dé BMOM lae bâtis, id. i, i»s. Nous corrompons les ciMMM oni d'eu» meuDet sont belles et bonnes, id. I, tM. Oeuliipd ae mettent en mwme vaisseau, id. t. 17a. U via noas semble meilleur i mesme

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[selon] que nous avons ouvert et lavé nos pores, iD. II, 4 8. Je ne suis pas icy à mesme pour traicter ce riche argument, id. i, 266. La jalousie que nous avons de les veoir jouir du monde quand nous sommes à mesme [sur le point] de le quitter, ID. 11, 7i. J'en ay faict souv"nt de mesme, id. m, I4. Hierencores je feus à mesme de veoir un homme d'entendement, qui.... ID. IV, 46. Si je niorilnis à mesme, comme font les aultres, ID. iv, U7. Nostre langue ne doit pourtant estre deprisée, mesmes [surtout] de ceux auxquels elle est propre et naturelle, du BELLAY, I, 6, recto. Nostre langue se pourra égaler aux mesmes Grecs et Romains, produisant comme eux des Homeres.... id. i, 6, verso. Luy donnant beaucoup de manières de parler poétiques qui ont bien servy mesmes aux plus excellons de nostre temps, ID. I, '21, recto. Sans la divine muse d'Homère, le mesme tombeau qui couvroit le corps d'.AchiUe eust aussi accablé son renom, lo. 1, 27,rec(o. Tigre, roche de mer, la mesme cruauté.... Jardin cent fois heureux, des Nymphes le séjour, Qui pensent, la voyant, voir leur mesme déesse, bons. 248. Si j'avoys la force de mesmole couraige, rab Gar. 1, 42. Rien ne m'escrips, mais toi mesmes apporte Cette faconde et éloquente bouche, ID. Ep.àJehan Bouchet.

— ÉïYM. Bourguig. mofme, moime; Berry , meinme; provenç. medesme , mesesme, meesme, nteime, metessme; espag. mismo; portug. mesmo ; ital. medesimo, Le provençal a meteis, mexeis, qui représente le latin med'pse; l'ancien français méisme, le provençal medesme, l'italien mcdciimo, représentent mcitpsissimus, superlatifde mctipse. Dans le poëme de Boëce, un des plus anciens textes provençaux, on trouve smelessma qui est le latin semetipsissima. On a voulu tirer môme de maxime, attendu que sanclus Maximus a fait saint Mesme, et sanctus Maximinus, saitit Mesmin; mais c'est une erreur dans laquelle on est tombé pour n'avoir pas tenu compte de l'ancienne forme; le mot primitif n'est pas mesme, mais meisme, qui ne peut être ramené à maxime, sans parler des autres formes romanes qui ne comportent pas non plus cette étymologie.

t MÉMÉCYLÉES (mé-mé-si-Iée), s. (. Famille de plantes dicotylédones, voisine des œnothérées et composée d'arbrisseaux originaires des régions tropicales.

MÊMEMENT (mê-me-man) , ad». De même. Faites mêmement. Vendredi chair ne mangeras, Ni le samedi mêmement, Command. de l'Église. || U vieillit. Il II s'est dit dans le sens de même, de surtout. Ne savait-il pas [Coligny] que sa religion étant haïe aux personnes mêmement les plus douces et traitables, elle ne pouvait être qu'abominée et détestée en la sienne, gabh. naudé, Considérations politiques sur les coups d'État (éd. de (667).

— HIST. xiii' s. Ce est la convenance (|ue vostre fils a à nous, et si l'a nous asseurée par Chartres et par serement, et par le roi Phelipon d'Alemaiene meesmement, qui vostre fille a, villbh. lxxxTii. Et meismement i|ue en la mer devant Damiete n'a point de port, joinv. 214. || xv" s. Tous chevaliers doivent aider à leur loyal pouvoir toutes dames et pucelles dechassées et deconfortées, à leur besoin, mesmement quand ils en sont requis, fmoiss. i, i, 16. Il XVI' s. Ceux qui parlent d'affaires d'estat, mesmement de ceulx de la guerre, par livres, en parlent comme clercs d'armes, amyot, Préf. ix, 34. Une petite taille a de l'incommodité k ceulx mesmement qui ont des commandements et des charges, MONT, m, 41.

— ËTVM. Même, et le suffixe ment; bourguign. masmement; provenç. mexeisamen.

MÉMENTO (mé-min-to), s. m. \\ 1° Marque destinée à rappeler le souvenir de quelque chose. J'ai mis un mémento dans mon portefeuille. || 2° Ternie de liturgie catholique. Le mémento des vivants, le mémento des morts, deux prières du canon de la messe, l'une pour les vivants, l'autre pour les morts. Il Au plur. Des mémentos.

— ÉTVM. Lat. mémento, souviens-toi. lf«mtnt' est un parfait venant du radical man, sanscr. manmi, je pense, je connais, d'où memini, j'ai connu, je me souviens (voy. mental).

+ MÊMETÉ (mê-mé-té) , s. f. Mot proposé par Voltaire en place du mot scientifique identité, mais qui n'a pu s'établir,

t MEMNONITK (mè-mno-ni-f), t. m. Un des noms vulgaires anciens, et, pour Lamarck, le nom spécifique du c6nt virgo.

4. MÉMOIRE (mé-moi-r'), *. /■. || 1» Faculté de rappeler les idées et la notion des objets qui ont

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produit des sensations. En mémoire aussitôt me tomba la Gascogne, réonieb, Sat. x. Mais, ou vous n'avez pas la mémoire fort bonne. Ou vous n'y mettez rien de ce qu'on vous ordonne, corn, fficom. m, 6. Pourquoi faut-il que nous ayons assez de mémoire pour retenir jusqu'aux moindres particularités de ce qui nous est arrivé, et que nous n'en ayons pas assez pour nous souvenir combien de fois nous les avons contées à une même personne 1 LA HOCHEFOUC. Mox. 313. Est-il possible que cinq ou six années m'aient été de votre mémoire? mol. Pourc. I, 8. Vous n'avez point de mémoire, pasc. Prot;. II. La mémoire est nécessaire pour toutes les opérations de l'esprit, Id. Pens. xxv, 4 4, éd. havet. Je la vois la vieillesse, m'y voilà.... dans ce chemin des infirmités, des douleurs, des pertes de mémoire, des défigurements qui sont près de m'outrager,

sÈv. 30 nov. <689 Pour désemplir un peu ma

tête de moi et de mes maux passés ; les Rochers sont tout propres à les conserver dans la mémoire, ID. 18 mars (678. Gens qui, à force de cultiver leur mémoire, laissent leur jugement en friche, Antimenagiana, p. 2.i4. Pour connaître les grandeurs de Dieu, les hommes n'avaient à consulter que leur raison et leur mémoire, Boss. Hist. u, 2. C'est la dernière parole qu'il laissa gravée dans leur mémoire, ID. Louis de Bourbon. Ô prince, le digne sujet de nos louanges et de nos regrets, vous vivrez éternellement dans ma mémoire, id. ib. Rappelez en votre mémoire, avec quelle circonspection elle ménageait le prochain, m. fietne d'Anglet. Cette imagination autrefois si vive ne lui représentait plus le monde qu'en éloignement; cette mémoire qui avait été si prompte et si présente devint toute vide des espèces et des images du siècle, fléch. Mme de Mont. D'un conte odieux Vous avez, comme moi, sali votre mémoire, eoil. Sat. x. Sa mémoire est fidèle ; et, dans tout ce qu'il dit, De vous et de Joad je reconnais l'esprit, hac. Ath. ii, 7. Théocrine.... est moins profond que méthodique : il n'exerce que sa mémoire, n «ruy. i. Le rivage de Tyr n'est guère mieux dans ma mémoire, fEn. Tél. IX. La mémoire de ce sage vieillard, qui avait vécu trois âges d'homme, était comme une histoire des anciens temps gravée sur le marbre et l'airain, id. ib. XV. La mémoire, ennemie presque irréconciliable du jugement, ne dominait pas en lui, fonten. Oianam. Un défaut de mémoire qui se montrait également par la difficulté d'apprendre et par celle de retenir, mairan. Éloge de Petit. Sa mémoire [du cardinal de Polignac] ne le laissa jamais hésiter sur un mot, sur un nom propre, ou sur un passage d'auteur, ou sur un fait quelque éloigné ou détourné qu'il pût être, m. Éloq. du card, de Polignac. Quelle main place des idées dans notre mémoire, les y garde comme dans un registre, et les en tire tantôt à notre gré et tantôt malgré nous? voLr. Dicl. phil. Âme. Que les sensations toutes seules no suffisent pas pour produire la mémoire, et qu'elle n'existe en effet que dans la suite des idées que notre âme peut tirer de ces sensations, buff. Disc, nat. anim. Œuvres, t. v, p. 3(9. La mémoire n'est que la sensation transformée, condillac , rroi'(f sens. ext. rais. Œuv. t. m, p. 4 7, dans poi.gins. La mémoire est une suite d'idées qui forment une espèce de chaîne, lu. t6. t. ii, p. 20. Une grande mémoire suppose une grande facilité d'avoir à la fois ou rapidement plusieurs idées dilTérentos, dideii. Lett.sur les sourds et muets, Œuvres, t. u, p. 3i2, dans rouoENS. Sa mémoire [de Sénèque] était prodigieuse : il pouvait répéter jusqu'à deux mille mots dans le môme ordre qu'il les avait entendus, id. Claude et Nér. i, 4 . Avec de si rares talents pour l'éloquence, la nature avait doué Bossuet d'une mémoire prodigieuse, d'alemd. Éloges, Bossuet. Nous avons déjà dit que la mémoire de CrébiUon était surprenante : elle le fut jusqu'à la fin de sa vie, il n'écrivait jamais ses pièces qu'au moment où il fallait les faire représenter, id. Eloges , Crebilloii . Malheur au mortel qu'on renomme I vivant, nou< blessons le grand homme ; Mort, nous tombons :'i ses genoux : On n'aime que la gloire absente, l.ii mémoire est reconnaissante, Les yeux sont ingrat-^ et jaloux, E. LEBRUN, À Buffon. || Rafraîchir la mémoire, rappeler en l'esprit des souvenirs. J'ai rafniî chi ma mémoire de tout ce que vingt-deux jours do fièvre m'avaient un peu effacé, sÉv. * mai («76. Le chevalier de Grammont était tout plein de ces façons honnêtes de rafraîchir la mémoire deceuxqUi l'avaient un peu tardive sur le payement, hamilt Gramm. ». || De mémoire, en usant de la mémoire, et sans avoir la chose sous les yeux. Il ré cita de mémoire tout un livre de l'Éuéidc. Assurt-

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ment de mémoire on l'a fait [mon portrait], la FONT. Confid. Ils [les spectateurs] s'accordent tous à le [le Cid] savoir de mémoire, et à prévenir au théâtre les acteurs qui le récitent, la bruy. i. Il Bonne mémoire, mémoire qui retient fortement ce qu'on lui confie. Je me souviens, car j'ai bonne mémoire, Du premier jour où je te mis, bérang. Mon habit. J'avais oublié celte histoire. — Celui dont le flanc saigne, a meilleure mémoire; L'affront que l'offenseur oublie en insensé, Vit et toujours remue au cœur de l'olTensé, v. hugo, Hemani, IV, 4. Il Si j'ai bonne mémoire, si mes souvenirs sont exacts. Certain jeune garçon De Lamporech, si j'ai bonne mémoire, la font. Uaiet. \\ On dit de même: si j'ai mémoire. Il m'appelle jacobin, révolutionnaire, plagiaire, voleur, empoisonneur, faussaire, pestiféré ou pestiféré... c'est tout, si j'ai mémoire, p. l. coub. lett. portfcuî. ii. || Avoir une mémoire de lièvre, voy. lièvre. || Maître de la mémoire, officier du palais des Césars, chef des secrétaires qui tenaient note de toutes les actions et de tous les dits remarquables de l'empereur. Il S° Mémoire locale,Yoy. local. i| Mémoire artificielle, méthode destinée à aider la mémoire naturelle. Il 3' Action, effet de la faculté qui se souvient, souvenir. Il n'est point mémoire d'un plus furieux combat, VAUGEL. Q. C. 333. En cet aveuglement ne perds pas la mémoire Qu'ainsi que de ta vie il y va de ta gloire, cobn. Cid, v, t . Mais vous, madame, à qui ressemlilez-vous? X nul objet, et je n'ai point mémoire D'en avoir vu qui m'ait semblé si doux, LA PONT. Orais. Vous en avez, j'en ai bonne mémoire, iD. ib Je puis avoir fait Des choses dont

j'aurais regret, Et dont je n'ai nulle mémoire, mol. Amph. II, 3. Vous n'en avez pas perdu la mémoire, PASC. l'rov u. Les excès sacrilèges [la révolution anglaise] dont nous abhorrons la mémoire, uoss. Heine d'AngUt. Si, rappelant la mémoire des siècles passés, j'en fais un juste rapport à l'état présent, ID. ib. Vous avez prétendu que je consacrasse la mémoire de ses vertus, et que je vous proposasse, comme en un tableau, le modèle de sa sainte vie, lu. Bourgoing. Il ne vous reste que le déplaisir de sa perte et la mémoire de ses vertus, flécii. Mme de Mont. Si d'un heureux hymen la mémoire t'est chère, RAC. Xndrom.iii, 8 Vous n'en sauriez, seigneur, retracer la mémoire, Ni conter vos malheurs, sans conter votre histoire, lo. J/t(/ir.ii, CQuedeson nom, que de sa gloire II ne reste plus de mémoire, m. kthal. IV, 6. Je ne serai tranquille que quand je serai oublié; je voudrais être mort dans la mémoire des hommes, J. i, Bouss. Leil. à M.dlrernois, Corresp. t VI, p. 298, dans pougf.ns. L'aspect d'une grande cité déserte, la mémoire des temps passés, la comparaison de l'état présent, tout éleva mon cœur à de hautes pensées, volney, ituine», l. Sa mémoire, à la fois, m'est chère et douloureuse, collin d'hableviLLE, Chdt. en Esp. m, 2. || Il n'y a pas de mémoire que.... c'est-i-dire personne ne se souvient que.... Jamais il n'avait vu aucun spectacle; il n'y a pas de mémoire qu'il se soit diverti, fo.nten. Liltre. Il De mémoire d'homme (avec la négation), sans qu'aucun homme actuellement vivant en ait mémoire. Thémia n'avait point travaillé. De mémoire de singe, i fait plus embrouillé, la font, l'abl. ii, ». De mémoire d'homme on n'apointvude temps «i vilain, sÊv. (57. || Mme de Sévigné a employé incorrectemeut cette locution en disant: Il n'y a point de mémoire d'homme d'un temps si beau et si persévérant, SÊV. <2 oct. 1077. bans celte phrase mémoire est pris en deux set.s différents : la mémoire de l'homme qui se souvient et la mémoire de la ciiose dont oo se «ouvieiit. || Kn mémoire de quelque chose, pour en garder le souvenir. On éleva une colonne en mémoire de l'événement. Il 4* Terme de comptabilité. Pour mémoire; on écrit ces mots k cdté de certains articles qui sont mentionnés, sans être portés en ligne de compte. il 6* Terme de Ulurgie.Coiurnémoration dans l'ofticc (lu jour. Nous avons appris de nos pères [dit >aint Augustin], ce que rÉglike universelle observe, de faire méinoire, dans le sacrifice, de ceux qui sont morts en la communion du corps et du sang de JésuA-Christ, Boss. Héful. calich. Ferry, ii, I. Uu'il ne fallait pas croire qu'on offrit le sacrifice aux saints martyrs, encore que, selon l'usage pratiqué dès de ce temps-là [de saint Auguslloj par l'Eglise universelle, on offrit le sacrifice sur leurs saint* corps et A leurs mémoires, c'e.st-à-dire devant les lieux uii »e con.scrvaient leurs précieuises reliques, ID. Expos, diictr. catli. 4. || Se dit d'un autel érigé sous l'invocation d'uD saint. || 6 La n'putation bonne ou mauvaise lui reste d'une personne. Payer ua tribut de larmes

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i la mémoire d'une mère. On éleva des monuments à la mémoire de ceux qui succombèrent dans le combat. Il [Louis XIV] assemble dans un temple si célèbre [Notre-Dame de Paris] ce que son royaume a de plus auguste, pour y rendre des devoirs publics à la mémoire de ce prince, boss. Louis de Bourbon. Chrétiens, que la mémoire d'une grande reine, fille, femme, mère de rois si puissants et souveraine de trois royaumes, appelle de tous côtés à cette triste cérémonie, lo. Reine d'Anglet. Pour ne voirpas volrenom terni, votre mémoire abolie, id. le Tellier. L'histoire de l'Eglise garde chèrement la mémoire de cette reine, id. Reine d'Anglet. Mais vos pleurs ont assez honoré sa mémoire, hac. Bérén. ii, 4. Nous ne faisons ce petit portrait du père et de la mère qu'à cause du rapport qu'il peut avoir à celui du fils : il est juste de leur tenir compte de la part qu'ils ont eue à son mérite naturel et d'en faire honneur à leur mémoire, fonten. Dodart, Qu'un autre soit jaloux d'illustrer sa mémoire; Moi, j'ai besoin d'aimer; qu'ai-je besoin de gloire? a. chÂn. Ép. I. Il  la mémoire, à l'heureuse mémoire, à l'immortelle mémoire de, formules qu'on met quelquefois à la tête des inscriptions et des épitaphes,eto. || 7*' En jurisprudence , réhabiliter , purger la mémoire d'un défunt, faire annuler, par voie de révision, la jugement qui l'a condamné. || Curateur à la mémoire, personne chargée de défendre la mémoire du défunt. || 8° Tel prince d'heureuse mémoire, de vertueuse mémoire, de bienfaisante mémoire, de glorieuse mémoire, de triomphante mémoire, espèce de formule employée dans certaines occasions, en parlant d'un prince, d'un souverain qui s'est illustré parses vertus ou par ses victoires. Louis XIll, de glorieuse et triomphante mémoire, bossuet, le Tellier. Henri IV de glorieuse mémoire, fléch. Duc de Mont. \\ On le dit, par extension, des simples particuliers. Ce général de glorieuse mémoire. Il On a même détourné cette formule et son emploi pour y introduire d'autres épithètes que des épithètes de louange. Ce magistrat de hideuse mémoire, BOiL. Sat. X. Il Par plaisanterie. Tel homme de chicaneuse mémoire. |{ 8' Souvenir de la postérité. Ce choix pouvait combler trois familles de gloire. Consacrer hautement leurs noms à la mémoire, CORN. llor. II, ) . Ô siècles, ô mémoire, Conservez à jamais ma dernière victoire! iD. Cinna, v, a. Heureux si j'avais pu ravir à la mémoire Cette indigne moitié d'une si belle histoire, bac. Phèdre, 1,4. Je puis choisir, dit-on, ou beaucoup d'ans sans gloire, Ou pe'u de jours suivis d'une longue mémoire, ID. Iphig. I, 2. Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mémoire. Ne considère point le reproche ou la gloire, volt. ifor( de Ces. m, a. Les siècles pour tant de hauts faits N'auront point assez de mémoire, bËRANO. Ch. d'fuil«. Puissent ainsi dans la mémoire Nos deux noms se graver un jourlio. Beaucoup d'amour. Quelles journées que celles de Marathon, de Salamine et de Platée dans l'histoire de l'espèce humaine!... dans ces trois journées d'éternelle mémoire, la civilisation eut le dessus pour la première fois, jouFFROY, Fragments, Du rôle de la Grèce. Il 10° La Mémoire (avec une M majuscule), déesse que l'on nommait aussi Mnémosync .Les Muscs, hlles de la Mémoire, vous enseignent que sans mémoire on n'a pas d'esprit, volt. Mél. hist. I)é(. de mononcle, ch. XXI. Il Les filles de Mémoire, les neuf Muscs, parce que les poêles les supposent nées de Mnémosync. || Le Temple de Mémoire, le temple où, suivant les poêles, les noms des grands hommes sont amservés. || Proverbes. Mémoire et usage rendent l'homme sage. || Mémoire du mal a longue trace; mémoire du bien tantôt passe.

— 8YN. MÉMOIRE, SOUVENIR. La mémoire est la faculté de l'esprit qui retient les choses. Lo souvenir est le résultat de cette faculté. Ils deviennent synonymes, quand, par métonymie, on prend la faculté pour son effet.

— HIST. Xi* s. S. Aluns, soignor, cet saint home ■en memorie; Si II preiuns que de toz mais nos tol-

get [ôte|, St Altxis, lxxv. || xu* s. Que lur memorie seit ostée de l'escnt. Th. te mart. os. il fu gariz et respassez. Et ot son san et son mémoire, Chev.

au lyon, v. sou. || xiii* s Qui font tant par trop

boire. Que II en perdent si le sens et la mémoire, Berle. Et se devant moi moriés, Tousjours ou mien [en mon cœur] revivriez. Après voslre mort par mémoire,<a /lo>e,8iB6. Mémoire est tresoriere do toutes choses, UHuN. LAT. Très. p. 23. || xiv* s. Pour savoir les mérites et les faix et les vies De toiiz les trespassés dignesde grantmemore, Oérarl de Ross, l'rol. Dou mémoire des hommes dégradez Et des livres où U ba esl4 mis.... UMiUMn, p. uu. Chose

MÉM

notable dont il seroit mémoire, bercheure, f° 83, \erso. Il XV* s. Afin que lionorables emprises etnobles aventures.... soient notablement registréeset mises en mémoire perpétuelle, froiss. Prol. Or retournons encore aux provisions qui se faisoient ....si grandes et si grosses.... que on ne trouveroit point en mémoire d'homme, ni par escripture, la pareille, lu. II, m, 36. Sy vous prions, doulz roys de gloire, Veuillez nous avoir en mémoire, Car nouz s;ommes en grant misère.... nativité de N. S. J. C.Hugues Aubriot..., prevost de Paris.... feit plusieurs notables édifices à Paris.... et plusieurs autres choses dignesde grand mémoire, juv. des urs. Charles VJ, (38). Ainsi que le roi [Charles VI], chevauchant de ladite Tille duMans à aller auditpaysdeBretaigne, ses princes et sa chevallerie estant assez pris de lu.y, luy print assez soubdainement une maladie de laquelle il devint ainsi comme hors de sa bonne mémoire [bon sens], monstbel. t. I, ch. i, p. (, dans LACUiiNE. Escripre et mettre par mémoire ce que j'ay sceu et congneu des faicts du roy Loys, COMM. Prol. La plus grande [armée] qui ayt esté depuis mémoire d'homme ne de long temps paravant, ID. IV, 6. De fresche mémoire et datte, id. iv, io. Quant la jeune damoiselle qui l'escoutoit près l'espinay eut ouy sa complainte et vit que de mesohef il estoit issu de sa mémoire [de son bon sens], Perceforest, t. i, f" Id6. Icellui Pradel getta une pierre à rencontre du dit Estienne, qui estoit encline vers terre, et lui en bailla sur la mémoire [le derrière] do la teste , et lui en fist une grant plaie, du cange, memoria. || xvi* s. Pour mémoire de cestuy sien inconvénient Lycurgus édifia un temple à Minerve qu'il surnomma Optiletide, amyot, Lyc. (7. Les edicts et décrets publiques,qu'ilz feirentà la louange de sa mémoire, iD. P^/op. 8 (.Importunent pour vous les filles de Mémoire, rons. 686. Si en mon pais on veut dire qu'un homme n'a point de sens, ils disent qu'il n'a point de mémoire, mont, i, 33. Bonne mémoire est escripture; elle retient bien sa figure, GÉNIN, Récréât, t. li, p. 236.

— ÊTYM. Berry, mimoire (11 n'avoit ne sens ne mimoire, rutebeuf cité dans jaubert, Gloss.), meinmoire, tnainmouère; provenç. esp. et ital memuria; du lat. memon'o, qui vient d'un radical qui est dans le sanscrit jmardmi, je me souviens, smrHi, mémoire. En réalité, dans memorïo, memor, c'est tnor qui est le radical, et me n'est qu'un redoublement. On remarquera dans les plus anciens textes memorie, dont l'orthographe est purement étymologique, la prononciation étant memore ou memoir» comme le montre la mesure du vers.

2. MÉMOIRE (mé-moi-r'), *. m. || 1* Écrit sommaire qui contient soit un exposé, soit des instructions. On vous a mandé comme M. deCoesquen était avec M. de Chaulnes; il était avec lui ouvertement aux épées et aux couteaux, il avait présenté au roi des mémoires contre sa conduite, sÉv. 244. Vous savez bien qu'il [le roi] a donné deux mille écus de pension à Racine et à Despréaux, en leur commandant de travailler à son histoire, dont il aura soin de donner dos mémoires, in. (3 oct. 4877. Le mémoire sur le czarowitz [le fils de Pierre I"] n'est pas rempli d'anecdotes qui jettent un grand jour sur cette triste et mémorable aventure, volt. Lctt. Schouvalof, I" nov. 4 70). Vous no me dites rien du mémoire de M. delà Chalotais: c'est, à mon avis, un terrible livre contre les jésuites, d'autant plus qu'il est fait avec modération, u'alkmb. Lett. à Voltaire, 2) mars )7«2. || 2° Particulièrement. Fai.tum, ouvrage manu.scrit ou imprimé contenant les faits et les moyens d'une cause qui doit être jugée. Kairo signifier un mémoire. Vous dirai-je qu'il se fil une religion d'écouler les raisons des larties, et de lire tous leurs mémoires, quelque longs et ennuyeux qu'ils pu.ssenl être? fléch. Lamoign. Les mémoires de Beaumarchais sont ce que J'ai jamais vu de plus singulier, de plus fort, de plus hardi, de plus comique, de plus intéressant, volt. Lett. Flnrian, 3 janv. 4 774. Je vous demande en grâce de me faire avoir le mémoire de feu M. de la Bourdnnnaio; il manque à mon petit recueil de causes vérilahlcment célèbres, id. Lett. Damilaville, 20 août I76« Il Terme de pratique. Se dit pour requête. Présen ter un mémoire. || 8° Etat des sommes dui^s à un homme de justice pour ses vacations, ses écritures et ses déboursés dans une affaire. Mémoire do frais. Arrêter un mémoire. || Etat de ce qui est dû à un marchand, à un entrepreneur, à un artisan, etc. J'ai demandé le mémoire du menuisier. Les articles d'un mémoire. Acquittez-moi votre mémoire Mais 11 [le roi] suidera les mémoires Du pain, du foin etdesTictoires,BéBAN0.5(«-ill{ianc«. |j Mémoiva

MEM

en demande, mémoire où les évaluations sont beaucoup trop fortes, et doivent «ire rabattues. || l'ig. Vou3 me reprocher finement que je ne fais pas grand cas des malheureui.... ce n'est pas la mode de m'accuser de faiblesse pour mes amis.... je ne crois donc pas mériter ce reproche, et il faut que vous rayiez cet article sur le mémoire de mes défauts, sÉv. d Biissy 28 juill. 1688. ||Fig. et familièicment. Mémoire'd'apothicaire, mémoire dont les articles sont Uès-nombreuï et portés à un taux exagéré. Il Mémoire se dit aussi de ce qui est dépensé par un domestique en emplettes pour son maître. J'ai expressément exigé d'Adèle, qu'elle ne iâiss&t point faire de mémoires à sa femme de chambre, genlis, Àd. H Théod. t. ii, p. 264, dans POUGENS. Il 4" Dissertation sur quelque objet de Kience, d'érudition, de littérature, etc. Un excellent mémoire sur un point d'archéologie. 11 a fait plusieurs mémoires de physi |ue, de médecine. Il Au plur. Recueil des dissertations lues dans une société savante ou littéraire. Les Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il 8* Au plur. Relations de faits particuliers pour servir à l'histoire. Je n'ai d'autres mémoires pour l'histoire générale qu'environ deux cents volumes de mémoires imprimés que tout le monde connaît ; il ne s'agit que de former un corps bien proportionné de tous ces membres épars, volt. Lctt. abbé Dubos, 30 oct. 1738. La première place entre les mémoires expressément écrits pour servir à l'histoire mo semble due à ceux de Commines, pour leur solidité, leur ingénuité et leur vérité lumineuse, mahmontel, Élém. litt. Œuv. t. vin, p. 345, dans pougens. Celle-ci [l'histoire] n'a jamais d'intérêt que de faire connaître l'homme public, et les événements l'exposent; au lieu que des mémoires nous décèlent l'homme privé, et ne font qu'effleurer les actions publiques, ID. ib. t. ix, p. 467. Les Mémoires de Torcj-, comme leçons de politique, ne sont guère moins intéressants que les Mémoires de Sully, comme leçons d'économie, m. ib. t. v)U, p. 34o. || Fig. et familièrement. 11 a eu de bons, de mauvais mémoires, se dit d'un homme qui sait bien ou qui sait mal un fait qu'il raconte. On dit qu'un naturaliste fait actuellement l'histoire des singes; si cet auteur est à Paris, il doit avoir d'excellents mémoires, volt. Leit. d'Alembert, 3o janv. 4764. || Mémoires se dit aussi des récits où sont racontés les événements de la vie d'un particulier. Quant aux mémoires de ma vie dont vous me p.irlez, ils sont très-difficiles à faire sans compromettre personne, J. J. Houss. Lett. à Duclos, Corresp. 1. 1, p. (9i, dans pougens.

— HlST. xiv* S. Lors les doit le juge appoincter à escrire par manière de mémoire chascun ses propos et conclusions, bouteilleb, Somme rural, tit. 22, p. 112, dans LACtJRNE. || iv* s. lies choses contenues en certain mémoire, comm. u, 3. |{ xvi«s. 11 descrivit ces choses, non pas en forme d'histoire ou de mémoire, ains de discours, AMTOT,Soion, 5. Quelqu'un trouve dans mes tablettes un mémoire de quelque chose que je.... mont, i, 78. Quelques mémoires sur cet edict de janvier fameux par.... id. i, 200. U [le père de Montaigne] ordonnoit à celui de ses gens qui luiservoità escrire, un papier journal à insérer toutes les survenances de quelque remarque et, jour par jour, les mémoires de l'histoire de sa maison, très plaisante à veoircjuand le temps commence à en effacer la souvenance, id. 1 , 257.

— tTYJt. Mémoire t ; provenç. espagn. et ital. memorta.

HÊMOBABLE (mé-mo-ra-bl'j, adj. Digne de mémoire. Rendre mémorable aux siècles à venir De To» rares vertus le noble souvenir, régnieb, Élég. i. Mémorable journée, tbistan, Panthée, i, i. Vous entendez bien, monseigneur, que je parle de l'empire rf)main ; vous en avez vu la longue et mémo- ^ble histoire dans toute sa suite, boss. Hût. m, 6. Ile pacifique [Ile des Faisans] où se doivent terminer les ditférends de deux grands empires à qui tu •ers de limites [ICspagne et Franco]. île éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres,... 10. Kar.-Thér. Après la mémorable action de l'Ile de Ré et durant ce fameux siège de la Rochelte [par Richelieu], m. Berne d'Anglet. Un prince déplorable D'un téméraire orgueil exemple mémonble, «ac. Phidre,ii, i. Dans cette extrémité, le mémorable hiver de aat, plus terrible encore •ur eea tronlière» de l'Europe que nous ne l'avons •enli en France, détruisit une partie de l'armée [tuMoiM, en Ukraine] , volt. Charles XU, ♦.

— HIST. xvi' s. Le siège de Maestrich qui a esté

det plu» mcmorables de notre temps, larodr, )»o

•ju m'eslever au ciel et laiiser mémorable Maint

MEM

haut et digne exemple aux esprits desvoyez, desportes, Œuvres chresliennes,Sonru;ts, AS.

— ETYM. Lat. memorabilis, de memorare, mémorer.

t WÉMORABLEJIENT {mé-mo-ra-ble-man) , ode. D'une manière mémorable.

t MÉMORANDUM f mé -mo-ran-dom'), s. m. Il 1° Note des choses dont on veut se souvenir; petit cahier sur lequel on inscrit ces choses. || 8° Espèce de note diplomatique contenant l'exposé sommaire de l'état d'une question. L'ambassadeur français remit un mémorandum. Il Au plur. Des mémorandums,

— ÉTYM. Lat. mémorandum, chose devant être remise en mémoire, participe futur passif de memorare, mémorer.

MÉMORATIF, IVE { mé-mo-ra-tif, ti-v'), adj. Terme familier. Qui a mémoire de quelque chose. Il vous plaira toujours d'être mémoratif D'un papier que tantôt d'un air rébarbatif Et même avec scandale.... REGNARD, le Joueur, 111, u.

— HIST. XIV' s. Puis est le 3 ventrail [troisième ventricule du cerveau], ou quel est fondée la vertu memorative, h. de mondeville, f" 4 5. II n'est pas raemoratif de mal, onESME, Thèse de meunier.

Il XV* s. Plorez sa mort, soies memoratis Quels homs ce fu en joie et en delis, Et que de tous vouloit l'amour acquerre, E. desch. Poésies mss. f° t8i .

Il XVI" s. Geste partie memorative de l'ame ne sert pas seulement aux hommes à apprendre les lettres, AçivoT, Comment il faut nourrir les enfants, 28. Memoratifs des mœurs de leurs pères, mont, i, 23.

— ÉTYM. Provenç. rrtemoraliu; ital. memorative; du lat. memorare, mémorer.

t MfiMORER (mé-mo-ré), ». a. Avoir en sa mémoire. Un jour de carnaval chez cette conseillère, Qui m'adorait, hé donci vous mémorez l'affaire, begnard, le Bal, se. (2. || Peu usité. On dit plutôt remémorer.

— HIST. XVI" s. Si elle parle, gouste, odore, oyt, voit et entent, ratiocine et memoro bien, paré, t. ii, p. 627.

— ÉTYM. Provenç. membrar, nembrar; espagn. membrar; portug. lembrar; ital. membrare; du lat. memorare (voy. mémoire). Dans l'ancienne langue, memorare, par suppression de l'o bref, avait donné membrer, comme dans les autres langues romanes; mcmorer a été refait au xvr siècle.

(.MÉMORIAL (mé-mo-ri-al), s. »n. ||1° Ce qui sert à conserver la mémoire de quelque chose. On se prosternait devant l'arche comme devant le mémorial de Dieu, BOss. Lett. sur l'adorât, de la croix. Les pierres qu'ils avaient dressées ou entassées pour servir de mémorial à la postérité, ID. Hist. ii, 3. L'eucharistie, nom composé de biens et de grâces, qui nous montre dans cet adorable sacrement une source de miséricorde, un miracle d'amour, un mémorial et un abrogé de toutes les grAces, et le Verbe même tout changé en grâce et en douceur pour les fidèles, ID. Mar.-Thér. Cette fête des tabernacles était comme un mémorial éternel du long et pénible pèlerinage des enfants d'Israël allant à la terre promise, id. Sermons, Satisfaction, Préambule. Conçoit-on que Moïse ait pu instituer des mémoriaux sensibles d'un événement....? abadie, dans VOLT. Phil. Examen import. ch. ii. || 2° Ouvrage où sont consignés les souvenirs de celui qui écrit. Le Mémorial de Sainte-Hélène. || Titre donné à des journaux politiques de diverses couleurs. || 3° Nom des mémoires qui , à la cour de Rome ou à la cour d'Espagne, servent à instruire une afl'aire. Fabroni parvint à quarante ans à être, en 4691, secrétaire des mémoriaux, st-sim. 345, 29. || 4° Livre-journal sur lequel on écrit les choses dont on veut se souvenir. Ayant mis quelques notes sur un mémorial signé du pinceau rouge par l'empereur, montesq. Esp. XII, 7. Il 5° Le registre sur lequel les banquiers et les commerçants sont tenus d'inscrire leurs affaires. Il 6° À la chambre des comptes, on appelait mémoriaux les registres où les lettres patentes des rois étaient inscrites. || 7" Mémorial, nom donné, dans l'ordre de Malte, à l'extrait des preuves de no-» blesse présentées pour être reçu chevalier.jl 8° .S', m. pi. Les mémoriaux, nom que portaient les officiers subalternes des archives impériales (Bas-Empire).

— HIST. xiv s. Actes ou memoriaulz, Ordonn. det rois de France, t. iii, p. 434. ||xvi"s. Dieu a voulu que ceste coustume demeurast entre les payons, afin que ce leur fusf un mémorial et remembrance de la résurrection, pour esveiller leur tardiveté, calv. Inst. 797.

— ETYM. Provenç. et espagn. memoriol; ital, memoriale ; du lat. memoriale, qui vient de mémon'a, mémoire.

t a.MÉMORIAL, ALE (mé-mo-ri-âl,a-l'), adj.

MEM

Qui concerne la mémoire. Arithmétique memoriale. BICHELET. Il Peu Usité.

— ÉTYM. Lat. memorialis (voy. mémoire t), Montaigne a dit memorieux, du latin memoriosus, qui a bonne mémoire : Un homme sçavant et memorieux, IV, 60.

t MÉMORIALISTE (mé-mo-ri-a-li-st'), t. m. Auteur de mémoires.

t MEMPniTIQUE(min-fiti-k'), adj. Qui appartient à Memphis. Dialecte memphitique, dialecte de la langue copte. Dynastie memphitique, dynastie égyptiennne qui avait Memphis pour capitale.

t MENABLE (me-na-bl'), adj. Qui peut être mené.

— HIST. XII* s. Frans et mesnables et cortois, Partonop. Ms. de St-Germain, ^ i6(,dansLACUBNE.

— ÉTYM. Mener.

MENAÇANT, ANTE (me-na-san, san-t*), adj.

Il 1° Qui menace. Quelque menaçante que soit votre lettre, je n'ai pas laissé d'en considérer la beauté et d'admirer.... voit. Lett. bo. D'un geste menaçant, d'un œil brûlant de rage, Dans le sein l'un de l'autre ils cherchent un passage, rac. Théb. V, 3. Son front large est armé de cornes menaçantes, ID. Phèdre, v, 6. Mais vous, qui me parlez d'une voix menaçante, Oubliez-vous ici qui vous interrogez? id. Iphig. Vf, 6. |1 2° Qui fait craindre quelque malheur. Un présage menaçant. Une mer menaçante. Les jours sont inquiets, et les nuits mer-sçantes, dslille, Pitié, m. || Menaçant de.... qui fait craindre une chose. L'heure étant incertaine, et le temps menaçant de pluie, je n'o.sai.... hasarder cette course, l. J. Rouss. Lett. à Mme de Luxembourg, lundi i8, été de 1762. || On dit absolument : un temps menaçant, un temps qui fait craindre la pluie, l'orage.

— HIST. xvi" s. Loix menaçans ne se gravoient en cuivre, marot, iv, (6.

MENACE (me-na-s'), s. (. \\ 1° Parole ou geste dont on se sert pour faire craindre à quelqu'un le mal qu'on lui prépare. Et je ne rendrai point menace pour menace, corn. JVicom. ii, 3. La menace à grand bruit ne porte aucune atteinte, id. Théod. I, 3. Les menaces ne m'ont jamais fait mal; et ce sont des nuées qui passent bien loin sur nos têt^s, mol. Fourb. de Scapin, m, 9. Ses deux yeux flamboyants [d'un ours) ne lançaient que menace. Et sa gueule faisait une laide grimace, id. Princ. d'iH. I, 2. Les menaces que vous me faites, pasc. Prov XII. Quelle santé nous couvrait la mort que la reine portait dans le sein I de combien près la menace a-t-elle été suivie du coup I boss. Mar.-Thér. Les vaisseaux des rebelles, qui la poursuivaient de si près, qu'elle entendait presque leurs cris et leuri= menaces insolentes, id. Reine d'Anglet. La terriijle menace du ciel irrité, lorsqu'il sembla si longtemps vouloir frapper ce Dauphin même, notre plus chère espérance, ip. Mar.-Thér. Le Rhin les voit d'un œil qui porte la menace, boil. Ép. iv. Moi I je m'arrêterais à de vaines menaces I bac. Iph. i, 2. Je crains qu'un prompt effet n'ait suivi la menace, ID. Phèdre, iv, 4. La religion a de si grandes menaces, elle a de si grandes promesses, que.... mon- TESQ. Esp. XXV, (2. Il Menaces en l'air, menaces qui ne sont suivies d'aucun efl'et. || 2° La menace d'une chose, l'action de menacer quelqu'un de cette chose. [Bourdaloue disant] que ceux qui condui.saient les âmes ne devaient jamais faire la menace de la profanation du corps de Jésus-Christ, sans avertir que, si nous n'y participions, nous n'aurions jamais la vie éternelle , sév. b mar»

1083 De tant de maux, Abner, détournons la

menace, bac. Athal. v, 2. || En un autre sens, la menace d'une chose, les signes qui font craindre cette chose. Une infinité de restes ou de menaces d'apoplexie, c'est ce qui tue, sév. 27 sept. 4 687. Il 3° Fig. Il se dit, dans le langage élevé ou poétique, des choses qui semblent menacer. Le navire cloquent, fils des bois du Pénée.... Craignant près de l'Euxin les menaces du Nord, S'arrête, et se confie au doux calme du port, A. chén. Idylles, Hylas.Ces rocs inabordés où repose la glace. Qu'un mortel imprudent méprise la menace Et troubla par un ori le silence des airs. Soudain ces rocs ému» tressaillent et s'écroulent, masson, llekét. m. Dl temjis, des eaux, de l'air, n'efl'acez point la trace ; De ces rochers pendants respectez la menace, delille, Jardins, u.

— HIST. X" s. Por manatce regiel ne preiemen [prière], Eulalie. || xi" s. Ce sait hom bien, n'ai cure de manace, Ch. de Roi. xx. || xn" s. De vos menaces ne m'est pas un bouton, Ronc. 6!). || xili" s. Cil oy la menace, le sens cuido changer, Berle, ixivHi. Menaces vainquent loy, Leroux de uncy.

MEN

MÊN

MËiN

Prov. t. n, p. 34B. Il XV* 3 Chevalier sans armes n'est que menasses sans faict, Percefor. t. iv, f° <uo. Il XVI* s. Us recherchent au ciel les causes et menaces anciennes de leur malheur, mont, i, 47.

— ETYM. Wallon, manèse; provenç. menassa, menaza; anc. espagn. menaia; ital. minaccia; du lat. mtnoct'o, do minorx, menacer» proprement être saillant, p'OémiTieut.

MENACE, ÉE (me-na-sé, sée), part, possède menacer. Il 1° Qui est l'objet d'une menace. Et d'un enfant latal en songe menacée, rac. Athalie, m, 3. [La Porte] menacé de la mort pour le forcer à trahir les secrets de sa maîtresse, volt. Siècle de Louis XIV, Bcriiains. || Absolument. Charles Xll, menacé, n'était pas maître de sa colère, volt. Charles XII,B. || 2° Qui court un risque. Quand il [Louis XIVJ marche, tout se croit également menacé, boss. Mar.-Thér. Les jours d'Éliacin seraient-ils menacés? rac. Alhatie, II, 2. il Par antiphrase, i! se dit de quelque chose réputé avantageux. Joas peut le toucher : cependant je n'y voi Qu'un enfant malheureux menacé d'être roi, de'ulle, Imag. v. Des bontés du tyran vainement menacé. Du nom de citoyen je ne suis point lassé, H. J. CHÉN. Tibère, iv, 1.

MENACER (me-na-sé. Le c prend une cédille devant a et o: menaçais, menaçons), ». o. || i* Frapper de menace. Et, aprùs que tous les partis furent abattus, il [le cardinal de Retz] sembla encore se soutenir seul, et seul encore menacer le favori victorieux [Mazarin] de ses tristes et intrépides regards, BOSS. le TtUier. Jusqu'au dernier soupir vous m'osez menacer, rac. Alex, v, 3. J'entends de toutes i)art3 luenacer ma patrie ; Je vois marcher contre elle une armée en furie, ID. Ipli. m, 4. Quand on le ! corneille] menaça d'une seconde critique sur la tragédie des Horaces semblable à celle du Cid, il répondit : Horace fut condamné par les duumvirs, mais il fut absous par le peuple, volt. Comm. Corn. Ilor. préf. Ce tigre, encor farouche au sein de sa tendresse, Même en vous abordant, menaçait sa maîtresse, ID. Zaïre, v, 3. |( Menacer quelqu'un de quelque chose, le lui faire craindre. Nous verrons cet amour dont vous nous menacez, cokn. ïile el Bèrért. iv, 3. Un conquérant qui menaçait tout le Nord de la servitude, boss. Anne de Gunx. D'un sinistre avenir je menaçai ses jours, rac. Iphig. v, 6. Il On peut dire aussi : menacer quelqu'un d'une personne. Et qui sait si Joad ne veut point en leur place [des rois de Juda] Substituer l'enfant dont le ciel vous menace? rac. Alh. ii, «. || Menacer, ayant une chose pour régime direct. Bien que.... mm

père Et de verges souvent mes chansons

menaçSt, néoNiER, Sal. iv. Ainsi tomba tout à coup la fureur des vents et d* flots à la voix do Jésus- Christ, qui les menaçait, boss. Ann. de Goni. Les dieux... Le bras déjà levé menaçaient mes refus, BAC. Iphig. I, I. Nous partions, et déjà par mille cris de joie Nous menacions de loin les rivages de Troie, m. ib. \\ Cet emploi est du langage poétique ou élevé; car il y a là des personnitications ou des métonymies que le discours ordinaire n'admettrait pas. Il Aksolument. Si sa main n'est armée, au moins son front menace, du hyeh, Sciv. iv, 6. Toi.... — l'ulchérie : Ne menace point, je suis prête à mourir, cobn. lier, v, 5. Quoique, sans menacer et sans avertir, elle[lamort] se fasse sentir tout entière dès le premier coup, elle trouve la prmcesse prête, BOSS. Duch. d'Orl. La ville royale [ Paris | s'émeut, et Home même menace, iD. le Tellier. || Il se construit avec de et un infinitif. On me menace, hi je ne sors d'ici, de me bailler cent coups, mol. t'emm. $av.n,6. Dieu même — tant irrité contre nous, nous menace en sa colère d'abréger nos jours, boss. Yolande de Uonterby. Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace De jouer des bigots la trompeuse grimace, »oil, Disc, au roi. || Il se construit avec que et le verbe suivant au conditionnel ou au futur. I^.sope le menaça que ses mauvais traiiements seraient sus, la font. Vie d'iiinpe. 11 lâche de l'intimider, il la menace qu'on dira à l'audience qu'elle.... ««v. d Cuilaul, as jinv. lens. Je menace que, si ma dlfo est encore grosse et toujours grosse, je n'irai [Ksint les voir, id. ili. 2 déc. (071. Il l'ar antiphrase, l'tns le discours familier, faire espérer. Il y a longtemps que vous me menace/ de venir diner chez moi : venez-y ilonc demain. I) J' Fig. Il se dit lies ch.isps qui somblogt menacer comme font les personnes Là, sur uns charrolte, une poutre branlante Vieiil men.içant de loin la foule qu'elle augmente, boil. Sat. m. Tel >|u'un roc suspendu menace, au haut d'un mont, La terre do sa chuic et le ciel de son front, MaSSo:», HeWét. m. M I* Avec un nom de chose pour sujet, il se dit des

DICT. DB LA I,AMGU£ rHAMÇAlSI.

choses qtil sont à craindre. Pour garantir le public et sa propre conscience des maux dont les menaçait l'infirmité de son 3ge, boss. le Tellier. Songez-vous aux malheurs qui nous menacent tous? rac. Iphig. I, 2. Il s'est plaint d'un péril qui menaçait ses joui s, ID. Esth. II, i. Bien ne menace tant d'une chute qu'une autorité qu'on pousse trop loin, FitN. Tél. xxii. Il Être menacé de fièvre, d'apoplexie, dephthisie, etc. avoir à craindre d'être attaqué prochainement par une de ces maladies. || On dit dans un sens analogue : être menacé d'une disgrâce, d'une ban lueioule, etc. || Menacer ruine, se dit d'un bâtiment qui est près de tonaber. Une maison qu'il appelait son château et qui n'était, à parler proprement, qu'une masure, tant elle menaçait ruine de toutes parts! le sage. Diable bail. ch. i», dans pùuGENS. ||Fig. Cet empire, cet établissement menace ruine. Il Fig. Menacer ruine, se dit aussi dos personnes malades ou vieilles dont la fin paraît prochaine. Nous avons bien des confrères qui menacent ruine, l'abbé Alary, le président Hénault, Paradis de Moncrif, qui serabientôtMoncrifde Paradis, d'alkmb. Lett. à VoUaire, 26 janv. (778. || Il se construit, en cet emploi, avec de et un infinitif. Le choléra menaçait de gagner Paris. La discorde en ces Ueiix menace de s'accroître, boil. Lutr. ii. || Fig. et poétiquement. Menacer le ciel, les cieux, se dit de certains objets fort élevés. Ces montagnes, ces arbres menacent le ciel. {| 4* Se menacer, v. rèft. Faire des menaces l'un à l'autre. [Deux taureaux] À l'aspect l'un de l'autre embrasés, furieux. Déjà le front baissé, se menacent des yeux, boil. Lutr. iv. Le fatal sacrifice est encor suspendu; On se menace, on court, l'air gémit, le fer brille, rac. Iph. v, 5. Il Proverbe. Tel menace qui tremble, ou tel menace qui a grand'peur, c'est-à-ilire celui qui menace a souvent plus de peur que celui qu'il menace. Tel tremble qui menace, maihet, Soliman,n\, 13.

— HIST. XIII* s. [La maison de Fortune] Menaçant tousjors trebuchance, la Rose, «(o8. Manechié vivent, ce dist-on; Il ne seroil mie raison Que mort soient li manecié, Bl. et Jehan, 3394. || xv* s. Menacez vivent, et décollez meurent, leroux de lincy, Prov. t. Il, p. 345. Il XVI* s. Tenans pour tout certain que c'estoit signe de quelques grands malheurs dont les dieux menaçoientles humains, amvot, Sicias, 42. Nous sommes inenacz de tant de façons de raoïl.... MONT, i, 83. Il menaça de la tuer, mais elle.... ID. I, »6. Venir le-stat menaceant sa ruyne, m. IV, (86. M. de Sainct-Paul se logea aux faux- 1. lurgs, et M. de Lamezan aussi, bien marris de ce qu'on ne les laissoit entrer, menaçants qu'une autrefois ils nevlendroiont pas secourir la ville, mOni- Luc, v (éd. du Panthéon, p. 243).

— ÉTYM. Menace; wallon, manesi; Hainaut, »ienacher; provenç. menassar; ital. minucctare.

t MENACKUH (me-na-seur) , ». m. Celui qui fait des menaces.

— HIST. XIII* s. Se magnanimitez ist [sort] de sa mesure, ele fait home minaceor, brun, latini. Trésor, p. 403. Il XIV* s. De grand menacour peu de fait, DESPER. Contes, xi.

— ET>M. Menacer.

MÉNADE (mé-na-d'), s. f. || 1* Nom de femmes qui, chez les anciens, célébraient les fêtes de Baccbus, et se livraient à tous les emportemeuLs de ce culte. Un faune enivré de nectar Remplit la coupe des ménades, bernis, Quatre saisons, ont imne. En ses bruyantes nuits, Cylhéron n'a jamais Vu rnénade plus belle errer dans ses forêts, a. chSn. Élég. 29. Il Fig. Voir les ménades, les évoquer, se livrer aux emportements du plaisir, des amusements. Horace a bu son soill quand il voit les ménades, boil. Art p. IV. Il 2° Fig. Femme livrée à des emportements de passion. T'accommodos-tu mieux de ces douces ménades. Qui, dans leurs vains chagrins, sans mal toujours malades.... boil. Sal. x.

— £tym. Maivof, de |iaiv«i;6ai, avoir le transport (voy. manie).

f MENAGE (me-na-jT, ». m. Action, aride mener. Le menace des voiture», des charrettes.

— f.TYH. Mener, et la finale âge qui Indique ordinairumont l'action.

MÉNAGE (mé-na-j"), «. m. || !• L'ordre et la dépense d'une maison, ou, dans la lang.ige scientifique, l'économie dome*li(|uo. Il conduit bien son ménage. Ménage de ville. Ménage de campagne. Ménage de garçon. Être ilaiis son ménage. Les détails du ménage. .Son ménage lui coûte tant. Un tonnelier et sa femme Nanon Entretenaient un ménage a.ssez mince, la font. Cuf. Que vous jouez au monde un petit personnage, Do vous claquemurer aux choses du ménage I uol. Femmes sav.

I, I. C'est un homme qui ferai les Géorgiques de Virgile, si ell. n'étaient déjà laites, tant il sait profondément ie ménage de la campagne ! sÉv. 8 mai 1686. Conduis bien ton ménage, Divertis-toi, bois, dors, sois tranquille, sois sage, voltaihe, la Vanité. || X profit de ménage, en économisant sur les dépenses de la maison. Nous avons fait deux admirables feux devant cette porte, c'était la veille et le jour de la Saint-Jean.... mais c'étaient des feux à profit de ménage; nous nous y chauffions tous, on ne couche plus sans fagot, on a repris ses habits d'hiver, sÉv. 26 juin (680. || Toile de ménage, toile dont le fil est fait dans les maisons particulières, et qui a plus de corps que celle que les marchands vendent ordinairement. || Pain de ménage, pain que l'on cuit dans les maisons particulières. Pain de ménagé, se dit aussi du pain blanc, non (le luxe, que font les boulangers à l'imitation des pains que l'on cuisait chez soi. || Liqueurs de ménage, liqueurs qu'on fait chez soi. || Jambons de ménage, jambons qu'on fait chez soi. || Familièrement. Avoir ménage en ville, entretenir une maîtresse. Il 2° Ensemble de plats, de vases, d'ustensiles de cuisine et autres, nécessaires au ménage Son ménage s'en va pièce à pièce par la négligence de ses domestiques. Car avec rien on montdit un ménage, la font. Herm. || Fig. On lui remue son ménage, se dit de celui dont on vend les biens par autorité de justice. || Petit ménage, ustensiles de ménage en diminutif que l'on donne aux enfants, et, particulièrement, aux petites filles, pour faire la dînette. Je ne sais si je tombe en enfance ; mais le petit ménage d'ar^jent que vous avez envoyé à Mlle de la Tour me plail autant qu'à elle, maintknon, Lett. à Mme de Caylus, 25 mars (7(8. |{ L'appariement et l'ensemble des meubles. Je ne saurais plus voir mon ménage propre avec cet attirail de gens que vous faites venir chez vous, mol. Bourg, gent. m, 3. Il 8* Soin qu'on donne à l'arrangement et à la propreté des meubles d'un appartement. Cette servante est plus propre au ménage qu'à la cuisine. Il Femme de ménage, femme qui vient du dehors pour prendre soin des choses du ménage. || Par extension, dans le style familier. Je loge au quatrième étage ; C'est là que finit l'escalier; Je suis ma femme de ménage, Mon domestique et mon portier, désauoiebs. || Faire des ménages, se dit de la femme de ménage qui vient faire ce qui est nécessaire pour le service du ménage. Cette femme gngna sa vie à faire des ménages. || 4° Conduite économique que l'on tient dans l'adminislration des biens, de l'argent. Ma grand'mÈre paternelle était de la maison d'Ellebeuf, où il y avait alors cinq ou six terres nobles, destjuelles, par mauvais ménage, il en est bien k peine demeuré une aux mains de l'héritier, malu. /ns(r«c(ion à ton fiU, édit. la- LAMNK, (86S, t. i, p. 332. Les deniers des recettes en partie se perdaient par mauvais ménage, et en partie étaient mnngés par les principaux de la viUo qui les partageaient entra eux.... m. le xxxiu* litre de Tite Live, ch. 4«. Lui, berger, pour plus de ménage Aurait deux ou trois màtineaux Qui, lui dépensant moins, veilleraient aux troupeaux, la pont. Fahl. vili, (8. Certain butor conseillait par ménage Qu'on abolit ces travaux précieux, volt. Apol. du luxe. Il Vivre de ménage, vivre avec économie. Le maître di lo-'is veut selon son pouvoir Kegaler l'étranger; il v'vait de ménage. Mais donnait do bon cneur, comiT.e on donne au village, andhieux, Imit. d'Horace. \\ Il vit de ménage, se dit, par plaisanterie, d'un homme dérangé qui vend pour vivre ses meubles et ustensiles, et qui, de la sorte, vit en elfet de son mûnage. Un débauché.... qui me vend, pière à pièce, tout ce qui est dans le logis I — C'est vivre do ménage, '«OL. Médecin malgré lui, I, 1. 1| Fig. Ménage do bouts de chandelle, épargne sordide dans de petites choses. || 6° Toutes les personnes dont une famille est composée. Il y a trois ou cjuatre ménages logés dans cotte maison. || 6* L'association d'un homme et d'une femme mariés ensemble. Certain riche bourgeois s'étant mi» en ménage, LA PONT. Contr. Lorsqu'on met une flile en ménage, ii>. Cnl. Madame X***, après deux ans iln ménage avoo Kromenteau, l'a enfin déclaré son mari, sav. <4. Jamais vous n'avez vu une mariée si douce, elle va droit à son ménage et dit déjà mon mari, iD. 3( mai (675. Vous voilà, ma c-lièrn eiil'ant, dans votre ménage; je prie Dieu de le bénir, uaintenon, IMt. à Mme lie la lande, t. il, p. 267, dans pou- OENS. Pour une petite fantaisie qui vous passe par la tête, vous venez troubler la paix d'un méfiago, cola n'est pas bien, dancourt, CoIin-nwnUord, se. 44. Je me rappelai ce que disent les sages, que

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l'amitié bit plus de bons ménages que l'amour, MAimoNTW., Mm. x. || Faire bon ménage, mauvais ménage, se dit d'un mari et d'une femme qui vivent en bonne, en mauvaise intelligence. A votre père ai -je dit ce secret T En avons-nous fait plus mauvais ménageT la font. Aveux. |{ Fig. Faire bon ménage avec quelqu'un, vivre avec lui en bonne intelligence. J'atiai|uerai un de ces jours ce coadjuteur, je lui rappellerai le bon ménage que nous faisions i Paris, sËv. 482. Nous sommes en assez bon ménage [l'archevêque d'Arles et moi] pour que je puisse lui dire mon sentiment sur un sujet dont il me parle le premier, m. 2 nov. 488*. Je n'ai jamais vu des soins et des amitiés comme ceux de M. et de Mme de Coulanges pour moi; c'est le parfait ménage à mon égard, ID. 2S noT. 4684. |{ Hospice des Ménages, hospice de Paris destiné aux époux âgés et indigents. Il 7" Fig. Sage manière de conduire, de faire les choses. Les nrâces que je reçois se dispensent avec tant de ménage, que je ne puis racheter un œil que par une jambe, balz. liv. vu, letl. 43. On ne parle ici que de la merveilleuse conduite du roi, du grand ménage de M. Colbert, et du procès de M. Fouquet, BAC. Leit. (6 à Levasscur. L'opéra, jusqu'à ce jour, n'est pas un poème, ce sont des vers; ni un spectacle, depuis que les machines ont disparu par le bon ménage d'Amphion [Ouinault] et de sa race; c'est un concert.... la bruï. i. {{ Ironiquement Désordre, ruine. Ces deux troupes partant d'Ëlatôe désolèrent tout par où elles passèrent; il n'y eut lieu qui no fût ruiné, homme ni femme qui n'abandonnât sa maison; ce piteux ménage ayant donné de meilleures pensées aux Béotiens, ils envoyèrent vers Quintius, malh. Le xxxiu» livre de T. Lhe, cb. i». L'escarbot indigné Vole au nid de l'oiseau, fracasse, en son absence, Ses œufs, ses tendres œufs , sa plus douce espérance.... L'aigle étant de retour et voyant ce ménage Remplit le ciel de cris, la font. Fabl. ii, 8. C'est que je ne puis voir tout ce ménage-ci. Et que de me complaire on ne prend nul souci, mol. Tart. i, 4. || 11 a (ait là un beau ménage, se dit de quelqj'un qui a brisé des objets ou fait quelque désordre dans sa maison. || Proverbe. Il n'y a qu'un ménage de gâté, se dit en parlant de deux personnes aussi déraisonnables l'une que l'autre, et qui sont mariées ensemble.

— SYN. M*,sAGE, ÉPABONE. Le ménage est le bon emploi de l'argent; par le ménage on ne dépense pas plus qu'il ne faut; par l'épargne on met de côté, en réserve, certaines sommes d'argent.

— IllST. xm*s. Ostel ou maisnage [logis], beaom. ixiï, 48. Il n'y a si fol ne si sage. S'il a guère esté en mesnage.... Choses qui fatUerU en ménage. Il XIV* s. Jebans de Condet, qui estoit De son maisnage [d'un comte] et qui viestoit Des robes de ses esquiiers, J. deconiiBT, p. 93. Escuelles, nappes, draps tt autre mesnage du dit bostel, ou cange, mesiuigium. Un mesnage qui appartenoit à Pierre Adigart, assis en la parroisseNostre Dame deSaint-Lo, ID. t6. Il XV» s. I^ suppliant, qui est demeurant près Angiers, où il a accoustumé de gaingnier la poure vie de lui, ses femme et mesnage, à labourer et perroyer, lo. ib. Se je di : gardez le mesnaige ; Or [ma temais] me faint un pelerinaige, s. descu. Miroir de mariage, f. 4 2. [jxvi's. Si nous ne trouvons belle place et & plaisir pour noslre mesnage, faudra il point dire que nous sommes bien despourveus de scusT LA BOËTIE, (77. Thalès accusant quelquefois le soingdu mesnage et de s'enrichir, mont, i, mi. Tout sert en mesnage, id. i, 4 68. Mon goust ne s'accommode aulcuncmeat au mesnage [soins domestiques], ID. I, 281. Je veois avecques despit, en plu- •ieurs mesnages, monsieur.... m. iv, tus. Par ce nom de mesnage est entendue toute la famille : particulièrement en plusieurs endroits de ce roiaume, les petits enfans sont appelles mesnage ; mesnage aussi appelle on les meubles et ustensiles de la maison, o. ne ssanES, sis. Quand i un regimentde dix enseignes, on assigneroi t seulement qua- Ue mille escus pour les avantages par chacun an, seroit-ce un si mauvais mesnage T LAwotnt, ïOB. Sachet que presque tous les hommes en sont réduits à ce point, ou d'estre en mauvais mesnage avec la «inscience ou avec les affaires du siècle, d'abb. Conftu. Il, ». Il faut bien de ces ménages [épées decombai] àun pauvre cavalier qui est exterminé laètetmiuéline souffcir d'aucun, lo. *om. 1,4. Ung petit ménage d'argent pour enfans, tout complet de buOsl, pots, pUu, escuelles et telle autre chose eoBine oo tes iaicl à Paris, pour envoyer k l'entant de Mme U duchesse de Bavière, accoucliéc pu» aa«uires, Uu. d» Claudt de IraïKe, du-

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ehetu de Lorraine, à Pierre Botlmann, orfèvre, DE LABORDE, Éitiaux, p. 387. L'autre cause de leur mauvais mesnage [querelle] fut le comté de Dampmartin. Sa), ilén. éd. labitte, p. 436.

— ÉTYM. Wallon, manège ; namur. mainnage ; Berry, meinage; bourguig. mannnt'ge; languedocien et gascon, maynalge; bas-lat. masnatt'cum, mansionaticum dérivé de mansio, habitation (voy. maison). Dans l'historique, mesnage a plus d'une fois le sens de logis, habitation.

HÉMÂGË, ÉE {mé-na-jé, jée), part, passé de ménager. || 1" Conduit, manié. Les esprits ménagés avec habileté. A mon gré je n'ai point fait de pièce où l'ordre du théâtre soit plus beau et l'enchaînement des scènes mieux ménagé, CORN. Poly. Ezam. Le seul courroux d'Achille, avec art ménagé. Remplit abondamment une Iliade entière, boil. Art p. m. |{ Terme de peinture. Pinceau ménagé, conduit avec art. Couleurs bien ménagées, distribuées avec la réserve convenable. Il 2° Préparé par habileté et mesure. Un accommodement ménagé entre deux adversaires aigris l'un contre l'autre. Les traités les mieux ménagés ne sont que la loi du plus fort, vauven. Max. cccix. (I 3» Employé avec habileté. La faveur des lieux habilement ménagée par cet officier. Il n'est rien de plus dangereux qu'une longue vie, quand elle n'est remphe que de vaines entreprises, comme aussi il n'est rien de plus précieux quand elle est utilement ménagée pour l'éternité, Boss. Yolande de Monterby. Quand je considère quatrevingt-dix ans si soigneusement ménagés, in. t6. Le temps bien ménagé est beaucoup plus long que n'imaginent ceux qui ne savent guère que le perdre, F0NTEN.i!far4'igii.|| 4° Arrangé, disposé.Une gradation bien ménagée. Tout est ménagé dans le corps humain avec un artifice merveilleux, bossdet, Connaiss. iv, 2. jj 6" Traité avec égard. Ménagé par un adversaire courtois. Osera-l-elle [l'âme pénitente] toucher i ce corps si tendre, si chéri, si ménagé ? BOSS. la Valliére. C'est la destinée de la vieillesse d'être ménagée comme l'enfance, maintenon, Lett. au card. de Noailles, 27 sept. I7U0. Les amis de la Motte se plaignaient qu'il n'était pas assez ménagé dans cette pièce, et peut-être leurs plaintes n etaienl-ellDS pas sans fondement, d'alehb. Éloges, Lacliaussée.\\6' Qu'on expose au péril avec prudence. Les soldats, ménagés et exposés quand il faut, marchent avec confiance sous ses étendards [de Louis XIV], BOSS. Uar.-Tkér. De sorte qu'il n'y avait rien de plus hardi ni tout ensemble de plus ménagé qu'étaient les armées romaines, id. Iliil. m, 6. 117° Employé avec économie. Un revenu bien ménagé. H Fig. Les supplices furent ménages et ordonnés sous d'autres prétextes que celui de la religion, Boss. Ilist. i, H.

MCnagëMëKT (mé-na-je-man) , t. m. || 1° Art de conduire, de diriger, de manier. Le ménagement des esprits, des aflaires. Ils y admiraient les ménagements inelTables de sa l'rovidence, mass. Mystères, Soumission. 112° Par extension du sens moral au sens physique, action de bien régler, bien disposer. Plusieurs petites ouvertures [dans un four à incubation artificielle] servant de registre pour le ménagement de la chaleur, buff. Ois. t. m, p. 4 32. |] 8° Mesure qu'on doit avoir dans les actions, dans les discours, à l'égard des personnes ou des choses. Je me sens des ménagements pour la Provence qui me font croire que j'y retournerai quelque jour, sÉv. 27 nov. 1689. J'ai reçu une lettre du marquis de Charost toute pleine d'amitié et do ménagement, ID. 29 juillet 1674. Il [lo pape Honorius IJ entra avec eux [les monothélitesj dans un dangereux ménagement, bossuet, Uist. i, 4 4. On a des ménagements avec ses ennemis mêmes, font. les Mondes, a* soir. User de ces timides ménagements avec le monde, c'est n'être pas encore chrétien, mass. Carême, Resp. hum. lâchez de parler de votre maître avec un peu plus de ménagement que vous ne faites, habivavx, Jeux de l'amour et du hasard, ii, 4 0. '^ous n'êtes point surpris sans doute de la conduite de Desfontaines.... tous vos ménagements n'ont jamais servi qu'à nourrir ses poisons et son insolence, volt. Lett. Thiriot, 28 fév. 4739. Les plaisirs les plus lascifs y sont peints sans ménagement [dans un épisode de la Lusiade] ; chaque Portugais embrasse une néréide, ID. Est. pois. ép. ch. 6. Les égards supposent, dans ceux pour qui on les a, des qualités réelles ; les ménagements, delà puissance ou de la faiblesse; les attentions, des liens qui les attachent à nous; la circonspection, des motifs particuliers ou généraux de s'en défier, d'alehb. Synon. OLuv. l. ui,

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p. S4«> dans ponoEKS. M. Rousseau demande jusqu'où peuvent aller les ménagements d'un homme vrai ? je lui réponds : exclusivement iusqu'à l'équivoque, MARMONTEL, Apolog. thédt. OEuV. t. XVI, p. 423, danspouGENS.il n'importe, mon cher; avec Mme Evrard J'ai des ménagements à g.arder.... COLLIN d'harleville, Vieux eélib. iv, 12. U y a des ménagements que l'esprit môme et l'usage du monde n'apprennent pas, stael, Corinne, m, l.

— lllST. XVI' s. Anciennement, quand un gentilhomme, avec le bon mesnagement de sa femme, laissoit à la fin de son aage sa maison bien meublée à ses enfans, c'estoit beaucoup fait, langue, i67.

— ÉTYM. Ménager.

l.MÉNAGEU (mé-na-jc. Le 9 prend un «devant o et o.' ménageais, ménageons),», o. || l'Employer, dépenser avec économie, comme on fait dans un ménage bien conduit. Il ménage bien son revenu. 11 ménage tout ce qu'il peut dans sa maison. Il entre dans tout.... et veut que le marquis ménage lui-même son argent, qu'il écrive, qu'il suppute, qu'il ne dépense rien d'inutile, sEv. 10 déc. I68S. Je ménagerai votre bourse, ne vous mettez pas en peine, RBGNARD, Sérénade, se. 7. || Absolument. Il ménage pour l'avenir, pour sa vieillesse, pour ses enfants. j| Par extension. Je ne reçois [à Nantes] vos lettres que deux jours plus tard qu'à Paris; c'est tout ce qu'on peut ménager sur une distance«aussi extrême que celle-ci, sÉv. 25 mai 1680. || Fig. Ménager ses paroles, parler peu. || Ménager ses pas, éviter de faire des démarches, en faire le moins qu'on peut. || 2* Economiser, épargner, comme on épargne dans un ménage. Elle [Rome] ménageait ses forces contre un ennemi qui venait des bords de l'Afrique, que letempsdevait détruire tout seul dans un pays étranger, boss. Uist. m, 6. Aussi capable de ménager ses troupes, que de les pou.sser dans les hasards, id. Louis de Bourbon. On croit qu'il expose ses troupes : il les ménage en abrégeant le temps des périls par la vigueur des attaques, ID. ib. Il n'y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu'ils ménagent moins que leur propre vie, la biu;y xi. Et prodigues d'un sang qu'ils devraient ménager, volt. Zaïre, i;i, I. Il Ne pas abuser de, conserver pour soi. Vous avez un ami riche qui vous donne des repas; ménagez bien cette bonne fortune, sEv. l" août 1685. il 3° Fig. Conduire comme on conduit le ménage d'une maison, manier, diriger. Ménagez cela suivant cette politique dont vous me donnez des leçons, sBv. à Guitaut, 9 avr. 4 683, Un homme qui, pour ne pas irriter la haine publique déclarée contre le ministère, sût se conserver de la créance dans tous les partis et ménager les restes de l'autorité, boss. le Tellier. Il relève le courage des alliés, il ménage la foi suspecte et chancelante des voisins, PLÉCH. Turenne. Après avoir été à la tète des affaires et ménagé le destin de Rome, mass. Or. fun. Villeroy. Il Absolument. Je ne m'endors pas auprès de Mme de Coulanges.... mais il faut ménager longtemps avant que d'entreprendre quelque chose d'utile, siîv. 13 nov. 4673. Il Fig. Prépareravec adresse, avec mesure. Soufi'rez que je ménage un moment de retrait'', CORN. Agésil. n, 4. Un auteur qui avait trois épîtres toutes prêtes pour un même livre, pour trois personnes fort différentes en condition et en mérite, ayant résolu d'employer celle dont il pourrait tirer le plus d'utilité, et faisant ménager cela par une tierce personne, m"* de scudêry, lis Conversations, Dialogue. L'éléphant devait sur son dos Porter l'attirail nécessaire,... L'ours s'apprêter pour les assauts; Le renard ménager de secrètes pratiques; Et le singe amuser l'ennetni par ses tours, la pont. Fabl. v, 4 9. Certains loisirs qu'il sait fort bien ménager, sév. 49 janv. 4674. Ménagez, s'il est possible, quelques jours avant la communion, un entretien avec votre confesseur, afin qu'il vous aide par ses conseils à bien faire une action si sainte, HOURDAL. Inslruct. »ur la commun, exiiort. t. u, p. 465. Or, je vous le demande, quels ont pu être les desseins de la miséricorde de Dieu en vous ménageant des spectacles si effrayants? mass. Carfme Impén. fin. Toutes les facilités de salut que la bonté de Dieu lui avait ménagées, id. Carême, Hauv. riche. Le cardinal Mazarin ménageait cette célébra paix de Munster, par laquelle les Français et les Suédois furent les législateurs de l'Empire, V01.T. Uist. parCem. ch. lv. Platon s'était rendu en Sicile, dans le dessein de ménager une réconciliation entre Dion et le roi de Syracuse, bartuél. Anaih. ch. S3. Il 4° Ménager de ou que, faire adroitement en sorte que. Nous en revenons toujours à ménager qu'au moins il [Cb. de Sévigné] ne fuse pas un

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marché extravagant [en vendant sa charge], sév. 29 mars tsso. Nous ménageons.... de lui faire faire une bonne confession, ID. 27 avr. )67). Notre grande affaire, c'est de savoir nous concilier la miséricorde divine, c'est de ménager qu'un Dieu nous pardonne, et de faire que sa clémence arrête le cours de sa colère, boss. Sermons, Justice, 3. || S» Fig. Employer avec habileté et mesure Elle est et belle

et fine, Et sait si dextrement ménager ses attraits Qu'il n'est pas bien aisé d'en éviter les traits, corn. Gai. du Pal. i, 9. Si dans l'occasion je ménage un peu mieux L'assiette du pays et la faveur des lieux, ID. Sertor. m, 2. Allez, mon Père, votre ordre [les jacobins] a reçu un honneur qu'il ménage mal : il abandonne celte grâce qui lui avait été confiée, PASC. Prov. II. Elle aimait mieux employer son crédit ponr les intérêts des autres, que de le ménager pour les siens propres, fléch. Mme de ilont. Son adroite vertu ménage son crédit, rac. Brit. IV, 4. Il Ménager un terrain, une étoffe, les employer si bien, qu'on en fasse tout ce qu'on en veut faire , et qu'il n'y ait rien de perdu. || Ménager le temps, ménager son temps, ménager les moments, ne pas les perdre, en faire bon emploi. Par le travail on charmait l'ennui, on ménageait le temps.... lioss. Anne de Goni. Elle [la reine] ménageait si bien son temps que, sans retarder les desseins du roi, elle avait toute la complaisance qu'une femme doit à son époux, et toute la fidélité qu'une chrétienne doit à Dieu, fiéch. Mar.-Thér. Ménageons les moments que ce transport nous laisse, RACINE, Ândr. V, 5. Si vous aimez la vie, ménagez le temps; car c'est l'étoffe dont elle est faite. Mol de Franklin. || Ménager l'occasion, les occasions, préparer le moment, la circonstance favorable pour faire quelque chose. || Ce chanteur ménage bien sa voix, il la conduit bien, il en tire tout le parti qu'elle permet. || On dit aussi dans un autre sens : ce chanteur ménage sa voix, il ne la donne pas toute. || Ménager sa santé, en user avec prudence, avec circonspection, j] 6° Ménager une chose à quelqu'un, la lui procurer, la lui réserver. Vous aviez sans doute ordonné à vos peintres de vous ménager le plaisir de la surprise, maintenon, Lett. à la dueh. de Savoie, i696, t. ii, p. 2i5, dans pougens. Il ménage à l'esprit des espèces de repos que tout écrivain qui veut être lu et goûté doit avoir soin de placer de dislance en distance, surtout s'il écrit pour des Fiançais, d'alemb. Éloges, l'abbé Dubos. L'entreprendre sans succès, c'est lui manager un triomphe, beaumahch. Mère coupable , v, *. Il Se ménager une chose, se la procurer, se la réserver. Se ménager des ressources pour l'avenir. M. de Montmort se ménagea encore un secours très-utile; il s'associa M. Nicole, jeune homme qui avait déjà quelque teinture de géométrie, fontes. Mohtmorl. Dès que nous aspirons à nous ménager leur faveur [des grands], il faut commencer par ménager leurs faiblesses, mass. Confér. Zèle contre lis scandales. Les situations que nous nous ménageons à nous-mêmes, ID. Mystères, Soumission , Un siècle où toute la fermeté semble se réduire à ne pas se ménager soi-même des occasions de lâcheté, H). Or. [un. Villars. Tel étiiit l'asile que je m'étais ménagé, et où je résolus daller m'établir en quittant le val de Travers, J. l. rouss. Confess. xii. Il 7° Arranger graduellement. Ses amis ont résolu de lui ménager cette nouvelle, pour empêcher que le chagrin ne le fasse mourir, fém. Solon. Si j'ai bien raènigé ma gradation, loin de s'effrayer au dernier mas<iue, il[renfnnl] en rira comme du premier, J.J. BOUS. Ém. I. Il 8° Disposer. Ce poète a bien ménagé les incidents de son épopée, de sa tragédie, (le sa comélie. Ce peintre a bien ménage l'ombre et la lumière dans son tableau. |{ Ménager un u.scalier dans un bâtiment, un cabinet dans un appartement, etc. faire en Borte qu'il s'y trouve de la place (mur un cabinet, un escalier, etc. sans gjlter le dessin principal. [)ans le plancher du portique est ménagée une trappe \>&t laquelle les ca.slors descendent au bain, CIIATEAUB. Amir. Ilitt. nat. castors. || On dit dans le même sens : ménager un jour dans une maison, une issue dans une cldture. || 8* Ménager une personne, l'esprit d'une personne, obtenir adroitement une certaine influence sur ses volonté», se conduire adroitement avec elle. Ou par vous, ou par lui, ménagez bien le pcie, cokn. Suiv. Ul, i. L'abbé de Grignan a si bien ménagé M. do Paris (l'arcliovêque], que le coadjuteur en sera reçu {à l'assemblée du clergé] comme un dépulé très-agréable et tri.s-clier, sêv. 3i mai i876. Jules Mamrin.... s'était donné à la France, et, propre par son génie et par ■et correspondances k ménager les esprits de sa na-

tion.... BOSS. le Tellier. Quelques chefs qu'il avait soigneusement ménagés, m. Hist. i, 6. C'est un homme à ménager pour défendre l'autorité du saint-siége, id. lelt. quiét, i 97. Il eut le soin de ménager l'esprit de son oncle, hamilt. Gramm. 7. Je voudrais ménager ces deux femmes, de façon que l'une ou l'autre ne pût me manquer, picard. Collatéral, iv, 7. {{ Traiter avec égard, de manière à ne point offenser, à ne point déplaire. Ne savczvous pas bien pourquoi je le ménage? mol. Mis. ii, t . Aujourd'hui toutefois, sans trop le ménager [un homme entiché de sa noblesse]. Sur ce ton un peu haut je vais l'interroger, boil. Sat. v. Mais de nos alliés ne vous séparez pas. Ménagez-les, seigneur, RAC. Alex. I, 3. Nous lui laissons un maître, il le doit ménager, ID. Andr. lY, I. Personnes puissantes qu'on a besoin de ménager, fén. Tél. xxiv. Le pape élu avait à ménager à la fois le sénat romain, le peuple et l'empereur, volt. Mœurs, 30. Le vrai courage est celui qui combat les ridicules et les vices, ménage les personnes et obéit aux lois, d'alemb. Essai sur la soc. des gens de lettres, Œuv. t. m, p. 92, dans pougens. || Il se dit des choses, dans un sens analogue. Il n'y eut point dans son esprit de faiblesse à ménager, fléch. le Tellier. Il faut ménager votre honneur, fén. Tél. xii. C'est une lâche timidité qui n'ose s'élever contre les préjugés communs et qui ménage plus les suffrages frivoles des hommes que leurs intérêts sérieux et éternels, mass. Confér. Zèle contre les scandales. La critique s'exerce sur rouvrage et non sur la personne : elle ne doit ménager aucun défaut, si elle veut être utile, volt. Comment. Corn. Item. Sertor. préf. Ménager les préjugés, c'est manquer à la vérité; ménager les vices, c'est rougir de la vertu , DiDER. Claude et Néron, u, 38. Ménage ma douleur, volt. Tancr. iv, 6. Entraînons-le [le peuple] à la guerre, et, sans rien ménager, Succédons à César en courant le venger, m. Jf. de César, m, 8. Il ménageait toutes les faiblesses, il n'en avait aucune, marmontel, Mém. xi. || Ménager les termes, les expressions, parler avec une grande circonspection. Le duc ne ménageait point les termes, sÉv. 6:)5. Il N'avoir rien à ménager avec quelqu'un, n'avoir plus de mesure à garder avec lui. || Fig. Ménager la chèvre et le chou, voy. chèvre ; la locution est aussi : sauver la chèvre et le chou, et vient d'un ancien conte où il s'agit de sauver la chèvre du loup et le chou de la chèvre. )| 10° Préserver du dommage. Je ne veux point dire ce que M. de Chaulnes m'a mandé fdans les troubles de Bretagne].... et comme il ménage [la terre de] Sévigné, qui est aux portes de Kennes,sÉv.27ocl. (075. || Ménager les intérêts de quelqu'un, avoir soin de les conserver, de ne pas les compromettre. || 11° Ménager quelqu'un, user modérément des avantages qu'on peut avoir sur lui. Vous êtes plus fort que lui, ménagez-le. Il a passé l'âge où l'on se corrige; il n'y a donc plus qu'à le ménager, marmontel, Cont. vior. Connaiss. La douleur est déjà dans mon cœur, ménage/.-moi, STAEL, Corinne, iv, o. || Ménager quelqu'un, signifie aussi ne pas mal parler de lui. Kappelez en votre mémoire, avec quelle circonspection elle ménageait le prochain, et combien elle avait d'aversion pour les discours empoisonnés de la médisance, boss. Reine d'Antjtet.\\n' Ménager un cheval, être attentif à ne point le fatiguer. Il 13» Se ménager, v. réfl. Être procuré, arrangé. Il semble que le mariage de Mlle de Laval se ménage avec M. de Koquelaure, sév. (< mai 1683. Il Se développer graduellement. Nous voulons qu'avec art l'action [d'un poOmo dramalicjue] se ménage, boil. Art p. lu. || 14° Avoir soin de sa personne, de sa santé. Vous m'aviez tant promis île vous ménager que je complais un peu plus sur les paroles que vous m'en aviez données SÉV. 417. Elle [Mme de Guilaul qui venait d'accoucher] ne s'est non plus ménagée sur le bruit que si elle était reine ou Dauphino, c'est tout dire, iD. 21) mai (681. Ceux qui le priaient de se ménager, FLÉCH. iam. Vous ne vous êtes pas ménagé pour la plaisir, mass. Carême, llesp. hum. Ménagez-vous, sire, et conservez-vous pour vos peuples, d'alemb. Ult. au roi de Priiite, 14 nov. <77«. Nous avons nombre d'exemples d'hommes qui ont \écu cent dix ans et même cont vingt ans; cependant ces hommes no s'étaient pas plu» ménagés que d'autres, dlkp. De la tieillfsse et de la mort. Il IS* S'observer, user de retenue. Je mo ménage [pour no pas trop parler de Mme de Grignan] selon les lieux, les temps et les personnes avec qui je suis, giv. » janv. «71. || 16° Avoir des égards, des

ménagements les uns pour les autres. L'empereur et le pape se ménagent l'un l'autre, volt. ^Inn. Emp. Frédéric I", )I55. On se ménagera davantage quanil on aura plus de raisons de se ménager, J. J. Bouss. Lelt. â d'AUmb. || 17° Se conduirn avec adresse, avec circonspection. Vous me peignez fort plaisamment les manières dont elle s'est ménagée pour éviter de s'engager, SÉV. 31 déc. 1684. L'âge viril.... Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, boil. Art p. m. Il trouve de grandes difficultés pour se ménager parmi tant de rois jaloux, FÉN. Tél. XVI. Dans les occasions où il s'agit de sa déclarer pour lui [Dieu], on mollit et on se ménage, MASS. Myst. Pentee. || Ne pas se ménager, n'avoir aucune modération, aucune retenue. Ils emploient les voies les plus injustes et ne se ménagent sur rien, MASS. Panég. St Thom. || Proverbe. Qui veut aller loin ménage sa monture, c'est-à-dire il faut éviter les excès; il faut user avec ménagement des chosesdont on veut se servir longtemps. Qui veut voyager loin ménage sa monture, rac. Plaid, i, t.

— mST. XV' s. Guesclin ménagea si bien les choses, qu'elles alloient de pair entre les deux parties, Mém. s. du G. ch. «. La bonne femme qui men.igcoit [faisait le ménage] par leans, en sa main tenant un ramon [balai], demande.... louis xi, Nouv. I. Il xvr s. Pour mesnager d'une pierre deux coups, MONT. IV, 318. Prens envie de sçavoir mesnager parfaitement ce que nous avons, la boétie, (74. Aiant les lèvres sur son oreille et mesnageant ma voix, lui respondoit souvent : que dis-tul d'aub. hist. m, 285. De tel nom [ménage] est dérivé le verbe mesnager, dont nous disons mesnager la santé, mesnager l'amitié, lafaveur, la prospérité, l'occasion, le temps, le loisir, le plaisir, o. de sf.rres, 808.

— r.TVM. Ménage.

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