‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 163 sur 389 · MID · texte numérisé non relu

MID

t MICROMÊTRIE (mi-kro-mé-trie), s. f. Terme didacti'jue. Kmploi des micromètres.

t MICROMÉTRIQUE (mi-kro-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport aux micromètres. Vis micrométrique, vis dont le pas est très-fin et très-précis. {| Mesures micrométriques, celles des objets visibles seulement à l'aide du microscope et prises M'aide du micromètre.

i MICROMÉTRIODEMENT ( mi-kro-mé-tri-ke- Bian), adv.Par les procédés micrométriques. Mesurer micrométriquetnent les détails d'une éclipse.

t MICRO.\ft.«E (mi-kro-nè-m'), adj. Terme de zoologie. Oui a des tentacules courts.

— Etym. Micro..., et v^[ia, filament, tentaculp.

t t. MICROPHONE {mi-kro-fo-n')ouMlCROPHO- NIIT.M (mi-kro-fo-ni-om'), s. m. Instrument qui rend perceptibles les sons les plus faibles, quand il est en contact avec le corps sonnant.

— ÈTYM. Micro.... et owv:^, voix.

t S. MICROPHONE (mi-kro-fo-n'), adj. Qui a la voix faible.

— ÈTVM. Micro..., et çMVTi, voix.

t MICROPUOME (mi-kro-fo-nie), *. f. Affaiblissement de la voix.

— f.TYM. Microphone 2.

tMICROPHTHAI.ME (mi-kro-ftal-m*), ad;'. Terme

de zoologie. Se dit d'un polypier qui a de petites étoiles.

— ETVM. Micro..., et Ô96a).ijio;, œil.

t MICROPHYLLE (mi-kro-fî-l'), adj. || !• Terme de botanique. Qui a de petites feuilles. || 2° Terme de zoologie. Se dit d'une coquille dont les tours de spire sont chargés de petits bourrelets.

— ÊTYM. Micro..., et »ij'/).om, feuille.

t MICROPIIYTE (mi-kro-fl-f), s. m. Végétal extrêmement petit.

— ET Y. M. Micro..., et çyxiv, végétal.

1 MICROPIIYTIQUE (mi-kro-fi-ti-k') adj. Qui concerne les microphjrtes.

I MICROPORE (mi-kro-po-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a de très-petits pores.

— ÊTYM. Micro..., et Ttopo;, pore.

t MICROPS (mi-krops'),s.m. Terme de zoologie. Le cachalot à dents de faucille des pêcheurs.

— ETYM. Micro..., et mi]/, œil.

t MICROPSIE (mi-kro-psie), s. f. Terme de médecine. Altération de la vue dans laquelle on voit les objets plus petits qu'ils ne paraîtraient dans l'état normal de l'œil.

— ÊTYJI. Micro..., et i^iç, vtie.

t MICROPYl.E (mi-kro pi-l'), s. m. Terme de botanique. Ouverture par laquelle le boyau pollinique a traversé les enveloppes de l'ovule pour opérer la fécondation, et qui reste marquée sous la forme d'un petit pcrtuis dans la plupart des graines.

— ETYM. Micro..., et nùXri, porte.

i MICRORRHIZE (mi-kro-ri-z"), adj. Terme de botanique. Qui a de petites racines.

— ETYM. Micro..., et f CCa, racine.

MICROSCOPE (mi-kro-sko-p'), t. m. || 1» Instrument optique qui a la propriété de faire paraître les petits objets plus gros qu'ils ne paraissent à l'œil nu; essentiellement composé d'un objectif et d'un oculaire qui sont renfermés dans un tube de cuivre noirci. D'un nouveau microscope on doit en sa présence Tantôt chez Dalencé faire l'expérience, boil. Sat. X. L'invention du microscope est postérieure à celle du télescope, qui lui-même n'a été découvert qu'environ trois cents ans après l'invention des lunettes .Mire; les microscopes ne sontconnus que du commencement duxvii" siècle, vers l'an (020, hriss. Traité de phys. t. Il, p. 608, dans pougess. |{ Microscopes simples, ou loupes, ceux qui ne renversent pas l'image des objets; microscopes composés, ou microscopes proprement dits, ceux qui renversent l'imuge. Leuwcnhoeck, qui sansconlredit a été le plus grand et le plus infatigable des observateurs au microscope, ne s'est cependant servi, à ce qu'il parait, que de micros:opes simples, Burc llist. anim.ch.e, Œuv. t. m, p. 25B, dans poi-oe.ns. H Microscope solaire, microscope composé d'un miroir plan destiné à réfléchir le» rayons dusoleil,elde troislenlillcs con- Tergentcs contenues dans un tube; les deux premières sont destinées à conc'ntrer le» rayons lumineux sur un objet placé au foyer de la deuxième lentille et devant la troisième qui sert à en amplifier l'image et à la projeter sur un tableau placé dans un lieu obscur. Le microscope solaire est un instrument très-curieux.... un cheveu y parait gros comme un manche à balai, une puce grosse comme un mouton ou comme un bœuf, buisson. Traité de phys. t. Il, p. 510, Il Microscope à gaz, sorte de microscope construit comme les microscope» solaires et éclairé par la combu.stion d'un mélange d'hydrofeine et d'oxygène, en contact avec du carbonate do

DICT. DE LA LA^CU£ FtlAhCAISE

chaux. Il Fig. Il voit tout avec un microscope, son imagination lui grossit tous les objets; il exagSre tout. L'un d'eux était de ces conteurs Oui n'ont jamais rien vu qu'avec un microscope; Tout est géant chez eux... LA font. Fabl. ix, i. \\ 2°Fig. Ce qui grossit les choses abstraites, intellectuelles ou morales, comme le microscope grossit les petits objets. La difficulté c'est de lui pouvoir donner [au jeune Grignan]; votre état est une mer où je m'abîme.... quand j'y compare mes affaires réduites au petit pied, je crois regarder par un microscope, et je me crois riche, et ne songe plus à moi, sév. i2 juill. (690. Ces vérités [sur la décomposition de la lumière] d'une recherche si délicate et qui semblaient se dérober à la vue humaine, méritent bien d'être suivies de près; cette partie de la philosophie est un microscope avec lequel notre esprit découvre des grandeurs infiniment petites, volt. JVewt. n, lo. Le goût est, en quelque sorte, le microscope du jugement, j. 1. nouss. Hél.1,12. Cette multitude qui ne va pas au théâtre pour observer au microscope les fibres du cœur humain, mais pour en voira découvert les mouvements et les elTorts, d'alemb. Êiog.il/ani). Mais vos défauts [des chansons do Déranger] vont être bien sentis; C'est le ciron vu dans un microscope , BÉRANO, Vin-S". 3° Constellation méridionale.

— ÉTYM. Micro.,.., et cxoitEÎv, examiner.

I MICROSCOPIE (mi-kro-sko-pie), s. f. Art de se servir du microscope. || Ensemble des connaissances qu'il procure.

MICROSCOPIQUE (mi-kro-sko-pi-k'), adj. \\ l-Qui se fait avec le secours du microscope. ILeuwenhoeck] lui qui était en possession des observations microscopiques les plus fines et à qui tous les objets invisibles appartenaient, fonten. Ilarlsoeker. \\ 2° Oui ne peut être vu qu'avec le microscope. Animalcules microscopiques. Je le disai.s quelque part : nous ne découvrons que les Coidilières du monde microscopique; que sont donc les taupinières d'un pareil monde? bosnet, Lelt. div. t. xii, p. 29, dans poL'GENS. || S. m. pi. Les microscopiques, les êtres vivants qu'on ne voit qu'au microscope, autrement dits infusoires, microzoaires.

t MICROSCOPISTE (mi-kro-sko-pi-sf), s. m. Terme didactique. Celui qui fait usage du microscope. Quelque autorité que ces considérations puissent donner aux découvertes de ce fameux mioroscopiste [l.euwenboeck].... BUFF. jlnim. chap. 7.

t MICnOSOMATIE (mi-kro-so-ma-tie), s. f.

Monstruosité caractérisée par la petitesse du corps.

— ETYM. Micro..., et a<ô|xa, corps.

t MICRO.SPORE (mi-krospo-r'), adj. Terme de botanique. Qui a de petites spores, de petites graines.

— ÉTYM. Micro..., et spore.

\ MICROSPORON (mi-kro-spo-ron), s. m. Champignons parasites qui donnent lieu à une maladie de la peau (le pityriasis versicolor).

— ETYM. Micro .., et onopô;, graine.

t MICROZOAIRE (mi-kro-zo-ê-r'), s. m. Être vivant qu'on n'aperçoit qu'au microscope, autrement dit infusoire.

— ÊTYM. Micro..., et Çwdipiov, diminutif de Çwov, animal.

t MICROZOONITE (rai-kro-zo-o-ni-t'), t. m. Terme do zoologie. Synonyme d'infusoire.

— ÊTYM. Micro..., et !;ùov, animal.

t MICTION (mi-ksi-on), s. f. Terme de médecine. Action d'uriner.

— REM Ne confondez pas miction (mi-ksi-on) avec mixtion (mik-sti-on).

— ÊTYM, Lat. mictum, supin de mtnpere, uriner; sanscrit, mih.

t MUn-lIRITION (rai-ktu-ri-sion), s. f. Terme de médecine. Besoin fréquent de rendre l'urine.

— ÊTYM. Lat. micturire, désidératif de tningere (voy. miction).

t MIItAS (mi-das'), s. m. || 1° Roi de Phrygic, à <mi-Apollon donna des oreilles d'âno pour .ivoir mal jugé entre lui et Marsyas. Et, s'il ne m'est permis do le dire au papier, J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier, Faire dire aux ro.seaux par un nouvel organe, Midas, le roi Midas a des oreilles d'ino, boil. Sat. IX. Il Kig. Homme ignare. Ces Midas en mitre, en soutane. Au philosophe do Toscane (Galilée] .Sans rougiront donné des fors, volt. Odes, 3. ||2" Fig. Personnage très-riche, & cause que le roi Midas avait reçu lo don de changer en or tout ce qu'il touchait. Il 3' Un des noms de la tortue franche.

t MIDDLEI'ONITK (mi-dlc-lo-ni-f), i. f. Substanie qui se trouve dans un minéral des mines de bouille de Newcastlo, en Angleterre.

MIDI (mi-di),>. m. || l'Le milieudu jour, et, prôcisémeot, ladouziime heure aprè* minuit. Midi est

sonné. Nous dînons i midiprécis.Midi et demi, midi et un quart, ou midi un quart. Midi et trois" quarts, ou midi troisquarts. Sur le midi ou vers midi. J'y cours, midi sonnant, au sortir de la messe, boil. Sat. m. Et déjà, tout confus, tenant midi sonné, En soi-même frémit de n'avoir pas dîné, ID, Luir. iv. Sur le mid^ étant descendu à terre, bern. de st-p. Café de Si^ rate. Midi sèche l'eau des citernes, v. nuGO, Chans. des rues et des bois, la Méridienne du lion. Midi, roi des étés, épandu sur la plaine. Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu, leconte de lisle. Poèmes antiques. Midi. \\ Fig, Dansles trois dernières (années de la vie de Jésus-Christ], qui sont les plus éclatantes, s'il paraît quelques rayons de sa sagesse dnns sa doctrine, de sa puissance dans ses miracles, ce ne sont que des rayons affaiblis, et non pas la lumière dans son midi, Boss. 2* ierm. Annonc. i. Quelle est sa pensée [de saint Bernard, parlant de Marie], chrétiens, qu'est-ce à dire, parler au cœur? c'est qu'il la considère dans ce midi éternel, je veux dire dans les secrets embrassements de son fils, parmi les ardeurs d'une charité consommée, m. 2- serm. Compass. de la Ste Vierge, t. \\ Par exagération. En plein midi, en plein jour, publiquement. Cherchant en plein midi parmi le genre humain.... Régnier, Sat. xiv. J'ai fait venir un ennemi pour les perdre, qui a tué en plein midi les jeunes gens entre les bras de leurs mères, SACi, Bible, Jérc'mie, xv, 8. Mazarin crut en imposer au peuple en les faisant arrêter [Broussel, Blancménil] en plein midi, volt. Louis XIV, 4. || Familièrement. C'est ne point voir clair en plein midi, c'est dire qu'il n'est point jour en plein midi, se dit à une personne qui conteste contre une chose évidente, fj Chercher midi à quatorze heures, voy. quatorze. || Chercheurs de midi, se disait, alors qu'on dînait à midi, de ceux qui, à cette heure, allaient dans les maisons pour tâcher de dérober quelque chose quand le couvert était mis. Les écornifleurs cherchent midi où il n'est qu'onze heures, se disait des parasites qui couraient après un dîner. || 2° Terme d'astronomie. Moment où le centre du soleil se trouve dans le méridien, et où commence le jour astronomique. Midi vrai, le temps où le soleil est réellement au méridien. Midi moyen, le temps où il serait midi, si, l'écliptique et l'équateur coïncidant, le soleil avait un mouvement uniforme, || 3° Un des quatre points cardinaux du monde qu'on nomme autrement le sud, et qu'on a à sa droite quand on regarde le point où le soleil se lève. Le vent du midi. Se tourner vers le midi, Qu'Ismaêl en sa garde Prenne tout le côté que l'orient regarde; Vous, le côté de l'Ourse; et vous, de l'occident. Vous, le midi, bac. Athal. iv, 5. Tandis qu'agitant leurs rameaux, Du midi les tiède» haleines Font flotter l'ombre sur les eaux, lauart. Mrdit. 11, 4, Il Être au midi de, être plus près du midi que. Au midi de la province do Smolensko vous trouvez la province de Kiovie, qui est la petite Russie.... VOLT. ilu.«te I, <.||4° Les pays méridionaux. Les peuples, les productions du Midi (on met alors une majuscule). Voyager dans le Midi. || Démon du Midi, expression de la Bible {Libéra nos .... o d,rmonio meridiano) qu'on a appliquée à Philippe II, roi d'Espagne. || 5° Exposition qui est en face du soleil à midi. Mettre une serre au midi. Cet espalier est au midi, regarde le midi. || 8° Poétiquement et fig. Le midi de la vie, l'époque de la vie qui est entre l'enfance et la vieillesse. Réservez le repos i ces vieilles années Par qui le sang est refroidi ; Tout le plaisir des jours est en leurs matinées; La nuit est déjà proche à qui passe midi, MALH. 11, 9. Oui, vous plaindrez sans doute, en mes longues douleurs. Et ce brillant midi qu'annonçait mon aiiioro, Et ces fruits dans leur germe éteints avant d'écloro, A. cher. Éli'g. vu. Que le midi de sa noble carrière Brille, comme le tien, da feux éblouissants, c. delavio. Paria, i, 5.

— REM.l. On dit midi est sonné, et non pas a sonné, encore moins ont sonné; mais on dit l'horloge a sonné, parce que c'est l'horloge qui sonne, au lieu (|uo co sont les heures qui sont sonnées par l'horloge. Il 2. Midi no s'emploie pas au pluriel :je m'y rendrai sur le midi et non sur les midi.

— IIIST. XI' s. Contre midi leiicbies i a gcanz, Ch. de Hol. cix. || xii's. Kiilur laiili chaiitout [il chantait] sa messe chascun jur; Uui lutcillctait] entcntis àservir sun Seigneur, Th.lemart. lOi. 1er au matin, ains que fust mie dis, Hanul de C. <ut. || xiil* s. Se hoiedcjor fustdetermiiiéo,de(lenslaquele les rentes ileussent estre paic-es, si comme prime, tierce, mie di, nonne et vcspres,... BEArH.xxiii lu. Midis estoit pieça pa.ssés, Chascuns ert de cliucier lassés, la Rose, I6i>86.'i'aut a aie esperonant Que dedenztemidi ao-

MIE

oaiit t»l revenui.... Ren. loiaî. Et Cest tousjours en toutes saisons que cesle yaue de la mer court à midi [dans la direction du sud], que c'est merveilles, MAKC POL, p. «»o. Il IV' s. Huy au matin estions en DOS maisons aisés et uianants, et à medi en suivant sommes cmme gens en exil, querant nostre pain, Journal d'un bourgeois de Paris, clans jaiiuert, C/oiidiie. il XVI' s. Porlor lanterne à niidjr, gKnin, Hécrèat. t. a, p. 2«7. A midi estoille ne luit,coTGBAVE.

— KTYM. Jft (voy. «I Oi et 'e lat. dtes, jour; norm. (Gucrnesey) mejeu; bourg, et Berry, mddt ; proveiiç. 7nedia,m«idi'o, miVjdt'o; cat. mildjie; lîsp. wirdiiidi'o; peut, tiiei'odio; ital. meiiodi.

t MIDSllIl'MAN (niid-chi-pman'), t. m. Aspin; t ou cadet dans la marine anglaise.

— ETYM. Angl. midship, milieu du vaisseau, 1 1 mon, homme : homme du milieu du vaisseau.

(. MIE (mie), t. f. || 1* Petite partie qui tombo du pain quand on le mange. Diogene vit de petites souris ramasser des mies de pain sous sa table, fé- HfX. Diogène. \\ Ce sens, qui est étymologique, n'est plus usité. On dit miette. || t° Par extension, la partie du pain qui tst entre les croûtes. || Fig. Jeûner entre la mie et la croûte, se dit d'un homme que le jeûne n'empêche point de manger. || 3' Mie de pain, espèce de champignon.

HIST. m* s. Mes onc li cuens [le comte] ne

Tolt [voulut] de vin gouster, Ne de blanc pein une mie adeser. Bat. d'Àleschans, v. 2756. || xiii' s. Qui tant eslraint crousle que mie, Lai de l'ombre. L'escriture [les Juifs] n'entendent mie, La croste en ont et nous la mie. oautier de coincy, p. 82. Il ivi' s. Une mie de pain chaud sortant du four, appliquée sur la douleur, o. de sebris, 9t9.

— ÊTYM. Provenç. mica, mia, miga, mitga : espagn. miga; du lat. mica panis, miette de pain, parcelle, pris ensuite pour la partie molle du pain.

•i. MIE (mie), particule explétive qui enforce la négation et qui n'est plus guère usitée. Et messieurs de l'Académie Ne me le pardonneraient mie, SCAHBON, Giganiom. m. Gardez-vous de les croire [ceux qui vous invitent à intervenir], puissances étrangères, ne les écoutez mie, car ils vous mèneraient loin, p. L. COUR. Lettre x.

— HIST. xj' s. De sa parole ne fut mie hastis, Ch. de Roi. x. || xii' s. Li roi et li soudant ne l'oublièrent mie, Sax. vu. || xiu' s. Mais l'en puet tiex [tels] songes songier Qui ne sont mie mençongier, la Rose, i. \\ xiv s. Je n'en ai mies à plenté [abondance], Biax ostes, fait-il, Dieu mierci, j. de con- DET, p. 79. Il XV' s. Les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait mie, froiss. Prol. || xvi' s. Geste cy [cognée] n'est mye la mienne; je n'en veulx graùn, rab. Pant. iv,nout).proi. Tenez-vous dans la route commune: il ne faict mie bon estrc si subtil et si fin, mont, h, 3< 2.

— ÊTYM. Provenç. mica, mia, miga, minga, minja; ital. mt'ca, mi'jo; du lat. mica, parcelle. Itie avec son sens propre de parcelle ; Ils s'ostent des mains l'ung de l'autre les myes d'areine qu'ils trouvent, desper. Cymbal. 98 (voy. mie t.)

3. MIE (mie), 1. f. Il 1" Abréviation du mot amie. Non, ma mie, et ton cœur pour cela m'est trop cher, MOL. Éc. des m. ii, 4 4. Il faut que je l'appelle et mon cœur et ma mie, i». Femm. sa». ii,9. Si le roi m'avait donné Paris, sa grand' ville, Et qu'il me fallût quitter

L'amour de ma mie m. Mis. i, a. On me mande

ttiijours des merveilles de ma petite mie [Marie- BISPche],sÉv. 30 sept. )»74.Ma mie, ô vous que j'adore. Hais qui vous plaignez toujours.... rékang. Plut tl>: politique. || 2° Nom que les en/ants donnent quelquelo.sàleur gouvernante. Aller, venir, courir, trotter, La rcie aura de l'exercice, nu cerceau, Poés. Horotc. du fili de M.... Mme de Maintenon l'aimait |M. du Maine] plos tendrement qu'aucune mie, ni qu'aucune nourrice, st-sim. a«3, < i. Heureuson f:.i pour Mlle du Lude, elle avait uiie viBilie mie qui ùtait da l'ancienne connaissance de Nanon, id. 39, 4ui. Je lui trouve la contenance d'une mie, m"" d'êpinay, Mim. i. I, p. 3U, dans polgens.jj Fîg.Walpole ménageait Kleury comme un hommequi pointait et que t'amitiè de mie pouvait conduire loin, st-sim. 506, •M. Quel était le prétexte de celle tempête (contre le Ifondain) excitée par des prêtres et àlaquelle se prêuit la vieille mie qu'on appelait le cardinal de neurijl VOLT. LHt. Richelieu, août «750. || 8* Ma mie, se dit quelquefois bmilièrement en parlant i une femme d'une classe inférieure. || Il se dit aussi en on lent miprifant. Je ne souffrirai pas vos impertinences, ma mie.

- HIST. xnrs. Jehan Bretel, je cuit [pense] que vous menez Mauvaise vie 1 mie ou a mouiller, LOUIS PAMT, dans Bibl. iu chartM, t v, ♦• »*rie[

MIE

p. 468. Seignor, ne vos mentirai mie; Li doîens avoit une mie Dont il si forz jalous estoit Toutes les foiz qu'estes avoit.... méon. Fabliaux et contes, t. II, p. 4. Il XVI' s. Un riche cordon que je puisse donner à ma mie, mont, i, 245.

— ÊTYM. Abréviation de amie, déjà usitée dans le xm' siècle, et facilitée sans doute par la locution m'amie, t'amie, s' amie.

MIEL (miel), î. m. {| 1» Substance sucrée que les abeilles forment avec le suc des fleurs et qu'elles déposent dans les alvéoles de leurs ruches comme réserve alimentaire. Miel d'été. Miel de printemps. Miel blanc. Miel jaune. Le refus des frelons fit voir Que cet art passait leur savoir. Et la guêpe adjugea le miel à leurs parties, la font. Fahl. i, 21. Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le miel que l'abeille distille, boil. Sax. i. Aaron adore le veau d'or avec la foule, et Jonathas ne peut se défendre de goûter, du moins en passant, le miel funeste qu'il trouve sur son chemin, MASS. Panég. St Bernard. Le miel n'est autre chose ([ue le nectar ou le suc sucré et aromatique que les abeilles ramassent dans les fieurs, et qu'elles portent dans leurs rayons pour leur [iropre nourriture dans la saison froide et pour celle de leurs petits, FouRCROY, ConnaUs. chtm. t. vu, p. (70, dans pou- GF.NS. Le miel est la seule matière sucrée connue et employée dans l'antiquité, qui en faisait beaucoup (le cas; on a prétendu que les anciens savaient, par des procédés de purification analogues à ceux qu'on pratique pour le sucre, en extr.xire une matière solide et concrète susceptible de se conserver, ID. 16. p. 169. Il Miel vierge, miel blanc qui a été tiré îles ruches sans feu, et aussi miel qu'on recueille des jeunes abeilles. La manière d'extraire le miel est fort simple : après avoir enlevé avec un couteau les petites lames de cire qui ferment les alvéoles, on expose les gâteaux sur des claies à une chaleur douce: bientôt la partie la plus pure du miel s'écoule goutte à goutte, on l'appelle miel vierge, TUENAHD, Traité de chimie, t. m, p. (78, dans pouGENS. Il On dit dans le même sens : miel de goutte. Il Dans le commerce, miel vierge, nom du miel le plus pur. || Fig. et familièrement. Être tout sucre et tout miel, être plein de douceur, avoir la douceur qu'ont le sucre et le miel. Hé ! qu'il est doucereux 1 c'est tout sucre et tout miel, mol. Éc. des m. I, 2. Le croyant sur la parole de Brancas tout sucre et tout miel; mais.... le temps se brouilla, sÉv. 452. Parlons un peu de Pauline, ....je n'eusse jamais cru qu'elle eût été farouche, je la croyais toute do miel, id. 624. Voilà, pour la duchesse de Noailles, une lettre toute pleine de miel et de sucre, maintenon, Lctt. à Mme de Caylus, *i juin t7i7. || Doux comme miel, plus doux que miel, extrêmement doux. Tant bien sut dire et f rrcher, que la dame. Séchant ses yeux, rassérénai. t son âme. Plus doux que miel à la fin écouta, LA i'.NT. Richard. Avec des mots choisis aussi doux .;ue le miel, Sur les gens d'un mérite à craindre. On répand à grands flots le fiel, deshoulières, Èpilre chagrine. j| Fig. Cet orateur a toujours le miel sur les lèvres, ses paroles sont douces et flatteuses. || Un parler de miel, un langage doux et flatteur. Et d'un parler de miel se va préconisant, RÉGNIER, Sat. x. Il 2'Fig. et poétiquement. Extrême douceur d'une chose. C'est sans doute, madame, une douceur extrême Que d'entendre ces mots d'une bouche qu'on aime ; Leur miel dans tous mes sens fait couler à longs traits Une suavité qu'on ne goûta jamais, mol. Tart. iv, a. Le miel qu'ici l'abeille eut soin de déposer, Ne vaut pas à mon coeur le miel de son baiser, a. ciién. hlég. viii. Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie l^e calice mêlé de nectar et de fiel; Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel, lamart. Kéd. 1, 29, || 3" La lune de miel, le premier mois du mariage (voy. lune, n°5). Il Ils sont encore dans la lune de miel, ils ne connaissent du mariage que le plaisir. || 4° Terme de pharmacie. Miel mercurial, médicament composé de parties égales de suc de mercuriale et de miel. Il Miel rosat, médicament préparé avec des pélalq? secs de roses rouges que l'on fait infuser dans de l'eau bouillante. || 6° Miel indien, miel de roseau, noms donnés primitivement au sucre. || Miel aérien, voy. MANNE ), n' 4. || Proverbe. On prend plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre, c'est-à dire on réussit mieux dans les afl'aires par la douceur que par la rigueur.

— HIST. xii' s. [Je ferai] La char oindre do miel et lécher à mes ours. Sas. xxvii. || xiii' s. Miel en lonnel li muiz doit trois oboles, la some un denier,

MIE

Liv. des mit. 292. De la roche leur venoit li mieus, Psautier, ^ (oo. || xv s. Qu'ils ne faisoient compte des menaces d'un varlet [Artevellej, fils d'un brasseur de miel, FROiss. 11, 11, (60. || xvi' s. Voici nager vers nous les syrones riantes.... Et, contre les vaisseaux commençant les doux sons, Elles jetoientvers nous le miel de leurs chansons, certon. Odyssée, ch. XII. J'ay veu sécher mes fleurs en leur prime saison. Le doux miel de mes jours se changer en poison, DESPORTES, Épilaphcs, Diane, 9. Puisque le miel d'amour, si comblé d'amertume, N'altère plus mon cœur comme il fit autrefois, m.'CEuvres chrest. Sonnets, 3. Celuy gouverne bien mal le miel qui n'en taste, cotgrave. Qui n'a argent en bourse ait du moins du miel en bouche, id. Trop achepte le miel, qui sur espines le lèche, id. Une abeille morte ne fait plus de miel, m. Nul miel sans fiel, L'-.houx de lincy, Prov. t. 11, p. 357. Les flatteurs de l'amour ne chantent que leurs vices, Que vocables choisis à peindre les délices. Que miel, que ris, que jeux, amours et passe-temps, Une heureuse folie à consommer son temps, d'aub. Tragiques, Princes.

— ÊTYM. Bourg, mié, mier; pic. mié; provenç. mel; espagn. miel; portug. met; ital. mêle; du lat. mel, mellis ; grec, (leXi, y-iXitoi ; goth. milith; basbret. me'l ; gaél. mil.

t MIÊLAISON (mié-lê-zon), s. f. Nom, en Normandie, de la saison du miel.

t MIELLAT (miè-la), s. m. Exsudation sucrée qui quelquefois couvre les plantes pendant l'été.

— ETYM. iliel.

t MIELLE (miè-l') , s. f. Nom donné, dans la Manche, à des grèves plates, sèches et mobiles, et aussi à des dunes, à des plaines de sable voisines de la mer, et dont une partie est cultivée.

t MIELLfi, ÉE (miè-lé, lée), adj. || 1- Qui est enduit de miel. || 2° Qui contient du miel. Eau miellée. || 3° Qui a la couleur jaune du miel. Jacinthe miellée. || 4° Fig. Doux comme le miel. Tircis çut beau prêcher; ses paroles miellées S'en étant aux vents envolées.... la font. Fabl. x, n.

— HIST. XVI' s. Il faut arrouser la partie d'eau miellée et d'huile, paré, vi, 3

— ÊTYM. fliel.

t MIELLÉE (miè-lce), s. f. Synonyme de miellat. t MIELLEUSEMENT (miè-leû-ze-man), adj. D'une manière mielleuse, persuasive.

— HIST. Le mielleusement doux chant des sirènes, H. est. Apol. pour Uérode, p. 48.

MIELLEUX , EUSE ( miè-leù , leû-z' ) , adj. Il 1° Qui a la nature du miel. Leur soleil ne sait pas.... Mûrir le doux coco, les miellpuses bananes, A. cnÉNiER, Fragm. sur l'Amérique. || Fig. Cet Anti-Lucrèce m'avait paru un chef-d'œuvre quand j'en entendis les quarante premiers vers récités par la bouche mielleuse du cardiii.al; l'impression lui a fait tort, V.11.T. Leit. ilarmontel, 28 janv. (764. il 2° En mauvaise part, fade, doucereux. Cette liqueur a un goût mielleux. || Fig. Un homme mielleux, des paroles mielleuses, un homme, des paroles qui ont une douceur affectée, qui sont doucereuses et non pas douces. Ma belle-mère, bonne femme, un peu mielleuse, fit semblant de vouloir me retenir à souper, j. 1. rouss. Con/ess. iv.

— SYN. mielleux, miellé Ces deux adjectifs ne diffèrent que par la désinence. Mielleux désigne ce qui a la nature du miel; miellé ce qui contient du miel : les bananes mielleuses, de l'eau miellée.

— HIST. XIII' s. Cil [Jupiter] les fresnes mieleui trencha.Lesruissiaus vivons estancha, la Ho«e,ï0 33».

— ÊTYM. Miel.

t MIELI.IN (miè-lin), s. m. Le bo'et du noyer.

j- MI ELLUUE(miè-lu-r') ,«./■. Synonyme de miellat.

MIEN (miin; Vn se lie : un miiii-n ami; mais quand mien est pris substantivement, l'n ne se lie pas : le miin est meilleur, in comme dans indigne), MIENNE (miè-n'), adj. possessif et relatif de la première personne. Qui est à moi. Il 1' Familièrement, avec un, quelque, ce, cette, et un substantif. Le ciel contre moi conjuré Voulut que s'accomplît cette aventure mienne, réonier, Sat. viii. Et d'abord, vuus prenant |iour ce mien camarade, Mes sens d'aise aveuglés ont fait cette escapade, CORN. dit. II, 8. 11 m'est mort un mien frère, la FONT. Fabl. XII, 9. Voici le fait: depuis quinze ou vingt ans en çà. Au travers d'un mien pré certain ànon passa, rac. Plaid. I, 7. J'ai un mien beaufrère avocat au parlement, locution de la cour, 1 b CAILLIÈRES, (690. Vous prctenilez avoir recours à quelque mienne rhapsodie, volt. Lctt. vn vers et en proie, (06. Il 2' .Sans article, et après le substantif avec lequel il se construit. Ses intérêts sont miens ; et qui lui fait outrage. S'il ne s'adresse à moi, s'a*

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dresse à son image, rotr. Bélis. m, 5. Thèbes, dessus ma tête apporte la couronne; Elle est mienne, et le sang par deux fois me la donne, lo. Antig. ni, 2. Horace ou Despréaui l'a dit avant nous; je le crois sur votre parole, mais je l'ai dit comme mien, LA ehl'Y. I. Elle avait beau séparer son bonheur du mien, je le voyais mien en dépit d'elle, i. J. bouss. Confess. vi. ]|3Avec l'article défini et sans substantif. Quand vous m'aurez dit votre sentiment, je TOUS dirai le mien. Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte, Boss. Louis de Bourbon. Cet Achille, l'auteur de tes maux et des miens, RAC. /ph. Il, <. Les liens [tesdieux] t'ont commandé le meurtre et la vengeance; Et le mien, quand ton bras vient de m'assassiner. M'ordonne de te plaindre et de te pardonner, volt. Als. v, 7. Il 4" S. m. Le mien, le bien qui m'appartient. Je ne réclame que le mien. || J'y mets du mien, je fais un sacrifice d'argent. || Fig. Je mets du mien, j'ajoute du mien, j'amplifie, j'exagère, je controuve. Si j'ajoute du mien à son invention , c'est pour peindre nos mœurs, et non point par envie, la fontaine, Fables, iv, I8. Voici le lait, quiconque en soit l'auteur ; J'y mets du mien selon les occurrences, in. Serv. Tout mon travail consiste à extraire des auteurs anciens ce qui s'y trouve de plus beau, soit pour les faits, soit pour les rédexions, sans presque jamais y rien ajouter du mien, rollin, llist. anc. (Euv. t. ii, p. <29, dans poi'GENS. Je vais raconter ingénument comme la chose se passa, sans y rien mettre du mien ; ce qui n'est pas un petit effort pour un historien, volt. ilicromésax, 4. || En un autre sens. J'y mets du mien, je fais des concessions. Je me disais que je n'avais pas été assez patient, assez complaisant, assez caressant, que je pouvais encore vivre heureux dans une amitié très-douce en y mettant du mien plus que je n'avais fait, J. J. Houss. Conf. vi. Il Du mien, de mon côté. Je risque plus du mien que tu ne fais du tien, mol. Sgan. 22. ]| 5" Le tien et le mien, la propriété. Le mien et le tien sont les termes les plus coaimuns sur la terre, et nous ne pouvons guère nous en passer, bouhdal, I2' dim. après la PenUcMe, Domtnic. t. m, p. 313. Parmi ces bienheureux on n'entend pas ces termes de mien et de tien, ID. tb. t. m, p. 3 12. Et le mien et le tien, deux frères pointilleux, doileau, Sat. xi. Il 6° S. m. pi. I.es miens, mes proches, mes alliés, mes partisans. Le sort, pour me nuire, A-t-il quelqu'un des miens qu'il veuille encor séduire? CORN. Cirma, v, 3. Eh! qui des miens, hors toi, m'ose jamais parler"? volt. Scythes, m, 1. Ah! grand Dieu! j'apprends la mort de tous les miens, PICARD, Trois quartiers, \i, < 4. || 7" Familièrement. J'ai fait des miennes, j'ai fait des fredaines, j'ai été dissipé. J'ai fait quelquefois des miennes, oui, Frosine, dancourt. Foire de Hesons, se. (8.

— HIST. XI* s. l'ar num [à condition] d'ocire, i enverrai le men ffils], Ch. de Roi. m. Par ceste barbe et par cest men gueinon [moustache], 16. xvii. Il XII' s. Cest jour est niout li miens pris abaissez, Honc. <07. Se j'en travail [souffre], je n'en sai qui blasmer. Fors les douz ieus et son simple viaire. Dent li mien ?ont traï en l'esgardcr, Couci, 11. Tant com [je] fu miens je m'appartins], [elle] ne me fist se bien non, ib. vi. || xiii* s. Senequcs dit que li home vesquisscnt mult en pais, se ces deux paroles mien et tien fussent osiées dou mi [milieu], brln.

I ATiNi, Trésor, p. 408. Uns miens amis me vint des ersoir acoiiiler.... Unie, xi. Le commandeur li respondi que il n'avoit denier du mien, etqueilne me congnoissoit, ;oisv. 254. Le roy des '! artarins.... li du : Cognois-tu ces joiausT Et le calife respondi que oyl : il furent mien, id. 27». Li mien mcîsme [les miens mêmes) me contralient ausi comme un estrange, Piautier, t" 80. Aucune foiz me convientil servir aiiirui malgré mien, rbauh. xxix, (2.

II xvi* s. Vicnsdonc, ami, prenilre ce qui est tien, Je suis à toi; sois doncjues du tout mien, haro. A'our. ixiv. Si j'csiois mienne [ma maîtresse), et si j'avoy flance Aux estrangcrs, je fcrois alliance Parmaiiage i ce vaillant Troyen, RONi. tii. Celte mienne si heureuse fortune, carloix, vi, 87,

— ÉTYM, Berry, men, menne ; wallon, mrune; namur. menk, fém. mtne Ce mot vient certainement de l'adjecllf possessif; mais on est eml)arra.ssé sur le mode de dérivation. Dicz y voit l'ancien adjectif possessif mi (de meus) avec la finale en. D'autres admellcnt que mien est la forme picanlem'' diphthonguée à cause qu'elle porte l'accent, que mon, ma ne portent jamais, étant toujours proclitiques; le picard men est l'équivalent de

mon des autres dialectes, X côté de mien, on disait aussi beaucoup me/e, moie, qui viennent directement de meum, meam ■• A-il mesaise au monde qu'à la moie compère [y a-t-il malheur au monde qui soit égal au mien]? Berte, xviii. Palsgrave, p. 3, dit que mienne se prononçait mianne.

MIETTE (miè-f), i. f. || 1° Petite partie qui tombe du pain quand on le mange ou qu'on le coupe. 11 est vrai, Seigneur, mais les petits chiens mangent au moins sous la table des miettes du pain des enfants, SACI, Bible, Evang. St Marc, vu, 28. Quelques misérables aumônes, faibles et inutiles secours d'une extrême nécessité, que nous répandons d'une main avare, comme une goutte d'eau sur :in brasier, ou une miette de pain dans la faim extrêu,3, BOSs. 2* sermon, Pentecôte, 2. Et comme l'oiseau sans asile, Tu vas glamint de ville en ville Les miettes du pain étranger, lamart. à Mme Desbordes-Valmore, || Fig. Vous disiez qu'elle [Pauline, la fille de Mme de Grignan] avait un esprit qui dérobait tout.... elle a entendu M. de Vendôme.... et se saisit ainsi de toutes les miettes qui tombent,dont elle vous surprend dans les occasions, sÉv. mars 1600. || Mettre enmiettes, briser, metlie en pièces. Tout concourait dans M. le duc d'Orléans à ce qu'il fiit ravi de se voir enfin en état do briser un colosse [les bâtards) sous lequel il avait été si près d'être écrasé, et de pouvoir le metire en miettes, st-sim. 460, 56. Â propos de folies, on m'a mandé que la moitié de Paris croyait fermement que, ouï le rapport de M. do Lalande, une comète passerait aujourd'hui, 20 de mai, au bord de notre globule, et le mettrait en miettes, volt. Lett. d'Àlemb. io mai (773, || 2» Un Ircs-petit morceau de quelque chose à manger. Vous ne lui en avez donné qu'une miette. La cigogne au long bec n'en put attraper miette [du brouet servi parle renard], la font. Fa!)(. 1,4 8. Nul ne court à leur aide [des pauvres] ; hélas! ils ne vous demandent que le superflu , quelques miettes de votre table, quelques restes de votre grande chère, boss. Sermons, Imp?nit. fin. 3. Il Fig. Ce monde-ci est une grande table où les gens d'esprit font bonne chère ; les miettes sont pour les sots, et, certainement, vous êles homme d'esprit, volt. Lett. au P. Menou, jésuite, it juin. l7fio. M'est-il tombé des miettes de fortune. Tout bas je dis : ce pain ne m'est pas dû, BÉRANO. À mes amis ministres.

— HIST. XIV* s. Le deable fait six commandemens à l'avaricieux..,. le quint [le cinquième) qu'il ne fasse miectes. ne relief, Ménagier, i, 3. |{ xvi* s. Lamiete de deux pains blancs destrempéo en vin blanc, o. dk .sf.hres, 947. La miette qui est dedans le pain est meilleure et a plus grand et léger noiirrissement que la crouste de dessus, les Triomphes de la noble dame, ^ ((5, dans lacurne.

— ETVM. Diminutifde mie i et 2; Berry, mijelte, mie de pain et miette; wallon, miléte, miète, miette et mie; basse Normandie, un miot, une miette, et dit aussi pour mie négatif.

t MIECR, EUSE (mi-eur, eù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui fait des vers à soie à moitié, c'est-à-dire qu'un propriétaire fournit de la graine [œufs de bombyx) et des feuilles de mûrier à un paysan qui fait éclore ; le paysan est dit le mieur de ce propriétaire.

— ETYM Mi, demi.

MIEUX (mieû; l'x se lie : de mieû-z en mieux), adv. Il 1* Comparatif de l'adv. bien : d'une manière plus accomplie, plus complète. Je te connais, Léonce, et mieux que tu ne crois, corn. Iléracl. i, 4. Usez-en comme moi; le ciel sait qui vit mieux, botb. yln- (19. V, 5. Nous verrons qui tiendra mieux parole des deux, mol. le Dép. 11, 2. On n'en peut pas user mieux que je fais, je pon.se, in. Tari, v, ♦. J'ai peu lu ces auteurs [les satiriques); mais tout n'irait que mieux, Quand do ces médisants l'engeance tout entière Irait la tête en bas rimer dans la rivière, boil. Sat. ix. Pelletier écrit mieux qu'Abl.incourt ni Patru, m. ib. ix. Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux, R»c. i4ndr. 11, 2. Vos malheureux enfants seront-ils mieux vengés? volt. Fanât. I, < . || Aller mieux, no rétablir d'une malailie. || Mieux que tout cela, signifie il y a quelque chose de mieux à dire, à faire, que ce qu'un a pi()|)Osé. Vous voulez écrire, vous voulez envoyer un missager; mieux que tout cela, allez-y et expli'|uez-vous de vive voix. || 2* Tant mieux, voy. 1ANT. Il 8" Plus, davantage. J'aime mieux cette étoffe .|ue l'autre. Nu fais point d'autre crime, et j'atteste les dieux Qu'au lieu de t'en haïr, je t'en alnierai mieux, cORN. Hor. 11, 5. Es-tu de mon honneur si mortelle ennemie Que je te plaise mieux couvert

d'une infamie? id. ib. iv, 7. Vous le faire voir conduisant le légat de Sa Sainteté, montrant des vertus do l'ancienne Bome aux preiats de la nouvelle, et faisant ad mirer à cette nation une judicieuse sincérité qui valait mieux que ses suhlilités et ses adresses, flEcu. Duc de Mont. Ne m'est-il donc rendu que pour mieux m'affliger? volt. Mérope, m, 4. || 11 vaut mieux, mieux vaut, c'est-à-dire il est plus à propos, plus expédient. Mieux vaut s'accommoder que de plaider. || 4°Tr(.i|.'mieux s'emploie quelquefois pour mieux. Trop rrcux aimant suivre quelque dragon. Dont il .sa. ait le bachique jargon, ghes- SET, Vert-Vert. ',] 5 Avec le, il est superlatif. De tous nos grands scivains, c'est celui que j'aime le mieux. Qu'il se t le mieux rente de lous les beaux esprits, uoiL. Sat. IX. Levers le mieux rempli, la plus noble pensée... m. Art p. i. || Au pluriel, on dira les hommes le mieux doués ou les mieux doués. Ceux qui étaient les mieux versés dans sa sainte loi, joss. Sermons, Ambition, fragment sur le mfme sujet. Il Pour la distinction entre le et les, voy. l'article LE, n* 14. Il Mieux, pour le mieux. Et je tiendrais des deux celui-là mieux épris, Qui favoriserait ce que je favorise, Et ne mépriserait que ce que je méprise, corn. D.Sanche, in, 4. C'est par là que son feu se peut mieux exprimer, id. D. Gare, i, t. Olivier Patru était l'homme du royaume qui savait mieux notre langue, Perrault, Hommes ill. Patru. Il Des mieux, c'est-à-dire comme qui fait le mieux, comme ce qu'il y a de mieux. Je m'acquitte des mieux delà charge commise, corn, la Place roy. i, 2. Je n'entends pas des mieux Comrhe il faut qu'un hélas s'explique, id. Agés, iv, 5. Il en parle des mieux, c'est un jeu qui lui plaît, m. la Suiv. iv, 8. M. Chapelain dit que danser dos mieux, chanter des mieux est une élégance de bas style, valgelas. Hem. notes Th. Com. t. i, p. <97, dans pougens. Est-ce bien s'expliquer? — Des mieux, et nettement, lafont. l'Eunuque, y, 5. Je le relance seul, et tout allait des mieux. Lorsque d'un jeune cerf s'accompagne le nôtre, MOL. Fdch. ii, 7. Enfermez-vous des mieux, ID. Ec. des femmes, v, 5. Tonte la troupe était magnifique, M. de la Trousse des mieux, sév. 3 janv. 1689. Il cause des mieux et n'a aucun air qui déplaise, m. I8 mars t87i. Un grand et beau carrosse de velours noir, étoffé des mieux, ID. 4 1 mai (683. Il Cette locution a arrêté les grammairiens,qui ont déclaré ne pouvoir l'expliquer etqui l'ont généralementcondamnée. L'historique permet pourtant de s'en rendre compte : être des mieux, a signifié être parmi les meilleurs, les plus habiles, les plus puissants. Il fait cela des mieux, peut donc s'interpréter : il fait cela entre les meilleurs, les plus habiles, comme les meilleurs, les plus habiles. Il 6° Mieux se prend quelquefois adjectivement (d'autant plus facilement, que melius n'est que le neutre de melior), et signifie meilleur, plus convenable, plus propre à la chose dont il s'agit. 11 n'yariende mieux, rien n'est mieux que ce que vous dites. J'ai le repos, les rois n'ont rien de mieux, volt. Bastille. Il Ne pas aimer, no pas demander mieux, faire très-volontiers. Tertullien parlait à des hommes qui persécutaient JésusChiist et qui n'auraient pas mieux aimé que d'attaquer la doctrine, et même la personne de ses défenseurs, ciiATEAUBR. Cinic,i, i , 3. Il Si mieux n'aime?, à moins quevousnejugiozpréférable. Ecrivez-moi, si mieux n'aimez venir. Si mieux n'aime lamèreen crécrune rente, la font. Fabl. 11, 20.11 Pour mieux dire, pour s'exprimer avec plus de justesse. Elle a toujours sacrifié ses ressentiments, et n'a jamais voulu nuire, non pas même à ceux qu'elle pouvait croire ses ennemis ou, pour mieux dire, ses envieux, pléch. Ifme de If <m(. || Absolument. Etre mieux, être en meilleure santé, en meilleur état. |l Être mieux, signifie aussi se rétablird'une maladie. La fièvre l'a quitté ; il estmioiix. Il fitrn mieux, être d'une figure, d'un extérieur plus agréable. Ce jeune homme est mieux que son frère. Il Être mieux, être, paraître à son avantage. Quand on est bien p,arée, on en est toujours mieux, Régnier, Sat. xm. Il fitre mieux, être d'une meilleure conduite, d'un meilleur caractère. Ce jeune homme s'est amendé; il est bien mieux qu'il n'était l'année dernière. || 7° Mieux sigiiifie quelquefois, quelque chose d'autre, quelque chose de supérieur. En attrapant mieux que des puces. On a vu carlins et bassets Caresser Allemands et Russe», uKrano. Requête. \\ Vous lui supposez dix mille livres do rente; jl a jnieux que cela, il a plus. Il Cette dame se donne trente ans, elle a mieux que cela, elle est plus !lgée. 1] Cet emploi de mieux pour dire plus riche, plus âgé, ne va guère au delà des deux locutions ci-dessus rapportées; et dire : il a

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mieux de dix mille de renies, il a mieux do quarante ta*, est un provincialismu. || 8° S. m. Mieux, ce qui est meilleur. Les dieux ne font jamais rien que pour notre mieux, D'unFK, l'Aslrt'e, n, )0. On pardonne aisément i qui trouve son mieux, cohn. Mél. n, «. Croye* que nous tromper ce n'est pas votre mieux, ID. Suiv. V, 6. Le moins qu'on peut laisser lie prise aux dents d'autrui. C'est le mieux.... la font. Fabl. X, 9. Dieu fait tout pour le mieux, sév. 689. Tout cela sera replongé, s'il plattà Dieu, dans le silence ; c'est tout le mieux, id. 27 doc. (688. La volonté de Dieu est cause de tout le bien et de tout le mieux qui se trouve dans la créature, Boss. It'iire arb. 2. Il faut conclure que les chrétiens étaient retenus dans l'obéissance, non par des opinions pariiculiferes que l'Église n'approuvait pas, mais par les principes communs du christianisme; il n'y a donc plus moyen de dire que tout cela n'était qu'un conseil et un mieux, m. 6* avcrt m. || Proverbe. Le mieux est l'ennemi du bien, c'est-à-dire, on peut gâter une bonne chose en voulant la rendre meilleure. || Pour le mieux, c'est-à-dire pour obtenir ce qui est le meilleur, préférable. Et j'ai cru pour le mieux Qu'il fallait de son fort l'attirer en ces lieux, CORN. Mcom, i, 5. Ori lui dit (à Jupiter] qu'il était père ; Et qu'il laissât, pour le mieux, X quelqu'un des autres dieux. D'autres tonnerres à faire, LA PONT. Fab!. VIII, 20. Il Faire de son mieux, faire aussi bien que l'on peut. Puisqu'on le veut ainsi, je ferai de mon mieux, la font. Tabl. Tenez pour sûr qu'il y fit de son mieux, m. F^r. M. et Mme deChanlnesfont de leur mieux pour m'y retenir, sF.v. 76. Je l'ai fait tout de mon mieux, m. 239. Si j'attends encore.... je ferai moins bien ce que je puis faire aujourd'hui de mon mieux possible, J. j. Rotiss. 3* promen. || Proverbe. Il fait comme Kobin fit à la danse, fout du mieux, se dit pour excuser quel qu'un qui fait tous ses efforts, sans réussir complètement. Il Au mieux, tout au mieux, loc. adv. Très-bien. À table trouvant tout au mieux, Je crois qu'un ordre des cieux Tient en haleine la sagesse, bêbang. Dca grattas. || Le mieux du monde, c'est-à-dire très-bien, aussi bien qu'il est possible. Je sais que vous parlez, monsieur, le mieux du monde, mol. Mis. v, i. ; Le mieux du monde, dans lâ"plus grande amitié, intimité. Tu me parais être le mieux du monde avec ta maltre'ise, mabiv. Serm. indiscr. ii, 3. || Du mieux que, lemieuxque, tout du mieux, tout le mieux que, loc. conjonct. Aussi bien qu'il est possible dans une circonstance, aussi bien qu'il est possible à telle personne. Elle bâtit un nid, pond, couve, et fait éclore X la hâte ; le tout alla du mieux qu'il put, la font. Fabl. IV, 22. Allez ; si elle meurt, ne manquez pas de la faire enterrer du mieux que vous pourrez, mol. M/id. m. lui, III, 2. Voilà une personne.... qui aura soin pour moi de vous traiter du mieux qu'il lui sera possible, m. Pourc. i, (0. Il faudra faire du mieux qii'on pourra , boss. Utl. quiél. 204. || Tout le mieux qu'on puisse faire, la plus grande concession qu'il soit possible de faire. Tout le mieux qu'on puisse faire pour les animaux, c'est de leur accorder des sensations , lioss. Comiaiss. v, 6. Il 9* Mieux se dit sans article en ce même sens. Gourville lui dit qu'il lui donnerait une place à l'hfilel de Condé, qui lui vaudrait deux cent cinquante livres de rente, logé, nourri, et tout cela en attendant mieux, s6v. 43. || Faute de mieux, à défaut d'une chose meilleure, plus convenable. || Familièrement. A qui mieux mieux, à l'cnvi l'un de l'autre. Nous en aurions ici toute la joie imagina blo : on vous y aime i qui mieux mieux, blssv bab. LfUret, t. II, p. 305. Les peuples, qui ne craindront plus la surcharge des tailles personnelles, tra^aillsront i qui mieux mieux, vauban, IHme, p. (29. Il 10* Amélioration dans la santé d'un mal^e. Le mieux ne s'est pas soutemi. Hier malin il était ■ans fièvre.... ces sortes de mieux sont quasi toujours traîtres ; et tout d'un coup il est retombé dans l'agonie, it.v. *" juill. (676. S'il parait quelque mieux dans l'éUt du malade, boss. Pennu, 3«. U jeudi v>, le roi ayant paru se ranimer, ce mieux apparent fut si exagéré, que le duc d'ûr- Mjn» se trouva seul, Jtvcios, Règne de Louis XIY, œuvr. U v, p. (50. Il Aller de mieux en mieux, Uire toujours quelque progrès vers le bien, vers un étet meilleur. Il De bien en mieux, même sens. U reine se i>orte tous les jours de bien en mieux WU.18S0N, Utt. hisl. t. I, p. 396, daii» poi;oens.

"■™-*- Mieux se met après le verbe; mais quand c est à un temps composé, il se met d'ordinaire avant le participe passé : il chante mieux qu'hier ; il a mieux chanté aujourd'hui qu'hier Cependant 00 pourrait dire ausri : Il a chanté mieux

aujourd'hui qu'hier. || 2. Avec mieux suivi de deux iiiiinilifs séparés par que, on mot de avant le second, bien que le premier ne soit pas précédé de cette préposition : Il vaut mieux prévenir le mal que dèlro réduit à le punir, fén. Tél. xiv. C'est évidemment l'oreille qui a exigé l'interposition de ce de, afin de mieux marquer le commencement du second membre de phrase. Cependant ce ne serait pas une faute de le supprimer : Il vaut mieux prévenir le mal quelepunir.il 3-L* locution d quimieux mieux mérite quelque explication. La préposition à n'y est pas primitive, et nos anciens disaient : qui mieux mieux; ils disaient aussi qui plus plus. Dans l'exemple de Joinville : Il se laissèrent clieoir de la nef en la barge, qui plus plus, qui mieux mieux, on interprétera en disant : celui qui se laissa choir plus, mieux, fit plus, mieux; de là le sens d'émulation a été indiqué abréviativement par qui plus plus, qui mieux mieux. L'addition de la préposition à empêcherait l'explication grammaticale, à laquelle on ne parvient que quand on l'a écartée à l'aide des textes anciens. Mais . la locution une fois reconnue, on voit qu'elle a été traitée avec la préposition à ainsi que plusieurs autres : à qui pis fera, à bouche que veux-tu, etc.

— HIST. x" s. Melz [elle] sostendreiet les empedementz Qu'elle perdessesa virginitet, Euîah'e. [jxi's. Eul'emien , si out à num li pedre [le père], Cons [comte] fut de Rome, des melz ki dune i erent [étaient], St Alexis, iv. Si il ne pot prover sor saintz que melz ne sot [sut] juger, Lois de Guill (6. Melz en valt l'orl [le bord] que ne font cinq cens livres, Ch. deHol. xxxviii. Meilz [je] voeil morirque guerpir son barnct, ib. xxxix. Mon escient, deus cens ans ( il] a et mielz, ib. XL. || xii* s. Qui valent mex de [que] mil livres d'or mier [pur], Ronc. 30. Au miex qu'il pot, s'est dressé en séant, ib. (24. Car cil iiui pertbonor vaurroit [voudrait] miex mors que vis [vivant], Sax. xxvi. Assez aim [j'aime] miruz morir en bon désir. Que vivre iriez et m'araie haïr, Couci, ix. J'aim melz ainsi soufrir et endurer Ces très dous maus.... ib. x. Un petiz biens vaut mieuz, si Diex nie vois. Qu'on fait courtoisement. Que cent greignor [plus grands] fait eniousement, ib. xvi. Onques vers li [elle] n'oi [je n'eus] faus cuer ne volage; Si m'en devroit pour tant mieuz avenir, ib. xix. || xiii' s. Et s'ausi est que pour lui [elle] mourir [je] doie [doive]. Ce est la mort dont miex mourir devroie, ANONYME, d ins Couci, p. (26. Et U rois Felippe comencba terre à tenir à toujours de mius en mius, Chr. de Hains, ( ( . Une grant sueur le prist partout le cors, et il li fu miex, Mir. de St Louis, p. (61. Miex [elle] ressemble [à] Bertain que ne peindroit pcigniere [peintre]. Bote, xii. C'est le mieux que j'i sache, ainsi le loeioie [je le conseillerais], ib. cxvii. Nus ne doit estre mix crus de son torfet que cil qui le reconnoit en son testament, BF,AiiM. XII, (3. Nos gens se lassèrent cheoir de la grant nef en la barge, qui plus plus, qui miex miex, joiNV. 2I4. || xiv* s. Les choses qui sont selon Dieu et nature viennent au mieux qu'il est possible, ORESMK, Eth. 21. Il XV* S. Et leur prioit si acertes qu'il pouvoit, que chacun levoulust suivre au mieux monté et appareillé qu'il pourroit, fboiss. i, i, '29. [Ils] ne demandoient mie mieux, id. u, m, 34. Et s'arma chacun qui mieux mieux, et montèrent à cheval ceux qui avoient chevaux, i». i, i, 99, Amis, je l'ay fait pour le miex. Myst. Barl. et Jos. dans OUI de cambrai, p. 377. Et s'il voit .son mieux [son avantage], il n'attend mie qu'on le vienne assaillir, ainsadvise son point de courir, Bouciq. iv, 4. En ces flours a moult de delis [délices]. De déduit, de joliveté; Au inieulx venir n'ont qu'un esté, E. DESCH. Poésies mss. f° 631. Mais au fort, ma joye mondaine, J'endureray pour avoirmieulx, tH. ^'onL. Chans. 55. Raison, Dieu fait tout pour le mieuli, ID. Bal. (02. Par Jésus, le roi des cieux ne sçay si vous en valiez mieux, monstrel. i, 274. Qui metteroit ces herbes.... deseure 1 uys de l'estable où les vaches couchent, en disant : que Dieu les sauve et saincte Bride, elles donneront laicttousjours de bien en mieulx, tes Év.des quen.p.ia. Etcliascuneàson tour, qui mieulz mieuli, ait loy de parler, ib. p. (06. L'en vous fait tout le miculx que l'en peut.... mais qui mieulx vous fait et pis vousa, tb. p. 87. Et si aucun leur en veult faire quelques remonstrances, nul ne le soutiendra, et, au mieulx venir, le tiendront à fol, COMM. v, (8. ||xvi' s. Taliours, chalemines, Sonnoient à mieulx mieulx, j. marot. v, (73. X ma douleur, si vous pry, vucillez faire Quelque !>nn tour, dont il m'en soit de mieux, id. v, 244. Si tu la vis, remercie tes yeux, Car œil mortel jamais ne verra mieulx, st-gelais (96 II a mieux de quatre

vingts mille escus de rente, cahloix, i, 28. Depuis, elle s'est tousjours portée de mieulx en mieulx, MARG. L«(t. l(. Toute ccste corapaignie se porte si bien, qu'il est impossible de mieulx, id. ib. [Les ennemis sont nombreux] à tant mieulx ; car nous en desferons tant plus, amyot, Pclop. Rs. Hz esloient rengez en bataille si bien, qu'il n'estoit pas possible de mieulx, in. Eumènes, 29. Il fut un des plus puissans et mieux estimez personnages de Rome, ID. C. d'Uliq. (. C'est à l'envy, à qui mieulx mieulx, MONT. iv,3(!7.Tanttestonné, que trop mieulx ressembloyt quelque petit angelot qu'ung homme, RAB. Garg. i, (6. Je le dy pour plus fort te encourager à profficter de bien en mieux, id. Pant. ii, 8. L'amant est bien novice, et son art il apprend. Quand il trouve son mieux, si son mieux il ne prend, rons. 144. Réveille toy, ma fille mieux aimée, ID. 634. Estant le mieux que bien venu, fut par plusieurs jours festoyé avec toutes les allégresses que l'on pourroit souhaittcr, pasquif.r. Recherches, livre viii, p. 697, dansLACUHNE. Vous nourrissez vos enfants, afin qu'il [le tyran] les mené, pour le mieulx qu'il face, en ses gueiTes, la boétih, Serv. volont.

— ÉTY.M. Wallon, jni; namur. mi'a; bourguig. meu; provenç. mels, meils, miclhs, miels; ano. catal. mills; ital. meglio ; du lat. melius (voy. meilleur).

t MIEUX-DISANT (mieû-di-zan), s. m. Celui qui parle le mieux (sorte de comparatif de bien-disant\ Me laisserai-je éternellement ballotter par les sophismes des mieux-disants? j. j. aouss. dans le

Dict. de BESCIIKFEl.LE.

t MIEUX-ftTRE (mieû-zê-tr'), s. m. Néologisme. Éiat plus heureux (sorte de comparatif de bienêtre).

t MIEUX-FAISANT, ANTE (mieû-fé-zan, zan-t'), adj. Qui agit le mieux, qui fait le plus de bien (sorte de comparatif de bienfaisant). Je revis le ctiirurgien Parison, le meilleur et le mieux-faisant des hommes, j. J. rouss. Conf. vu. || Chevalier mieux-faisant,sedisait de celuiqui, dans un tournoi, avait surpassé tous ses rivaux en force, en grâce et en adresse.

MIÈVRE (miè-vr'), adj. || 1» Qui a de la vivacité mêlée de quelque malice, surtout en parlant des enfants. Il n'a jamais été ce qu'on appelle mièvre et éveillé, MOL. Mal. im. ii, 6. Elle est un peu mièvre parce qu'elle est jeune, dan'COirt, Vendanges de Sur. se. ((. Toi qui es la fill" du pays la plus enjouée, la plus gaillarde, la pins mièvre, id. Prixde Varquebiise, se. 1. 1| Substantivement. Elle veut demander Marianne à son père pour le petit mièvre de Jeannot, dancouiit, Rourg. à la mode, m, 4. Il 2° On le dit aujourd'hui quelquefois en parlant du style, avec le sens de maniéré, prétentieux, efféminé.

— RF.M. D'après Caillières, (690, mièvre était un mot bourgeois.

— HIST. XIII* s Trop me grieve Que ma mes-

cine [jeune femme] est si esmievre De mon argent issi [ainsi] gaster, méon. Fabliaux, t. iv, p. (oo. Il xvr s. Mieuresse, cotgrave. Mievresse, Épilhèles de M. de la Porte.

— ÊTYM. Origine inconnue. Furetière fait remarquer qu'en Normandie on dit nicvre. Ménage le tirait de nebulo, polisson. Diez se contente de rappeler mitffion qui se dit en Berry pour un enfant viL

I MlfiVREMENT (miè-vre-man), adv. En enfant mièvre.

MIÈVRERIE (miè-vre-rie), i. f. \\ 1* Qualité de la personne qui est mièvre. Un enfant d'une mièvrerie amusante. || 2° Action de cette personne. U se plaît plutôt à faire des plaisanteries qu'on peut appeler des mièvreries de jeune courtisan, que des méchancetés, voyeb, marquis d'argenson , Mém.

p. (72, dans lOUGENS.

MIÈVRETÉ (miè-vre-té), s. f. Synonyme de mièvrerie. Oui, mièvreté d'un lîls lassé d'être en tutelle, DANCOuriT, Mme Artus, i, 4. Un de ces infortunés jeunes gens qui méritiit d'être six mois à Saint-Lazare, et qui a été condamné au plus horrible supplice pour une mièvreté, volt. Leit. d'Argental, 'JS mai 1767.

— HIST. xV s. No chien ordoiant lit, ne mieureté de page, Œuvres de Georges Chasiellain publiées par Kerryn de Lettcnhove, t. vit, p. 40, note 7.

— ETYM. Mièvre.

KIIGNARI), AUDE (mi-gnar, gnar-d'), edj.

Il 1 Gracieux et délicat (en ce sens il vieillit). Sa langue, eu bégayant, d'une façon mignarde, He disait tiÉdmtn, Êlég. IV. Ha, que mademoiselle de

MIG

la Basinière est mignardel sév. 888. || Substantivement. Ce fut Henri IV qui, voyant la famille du père de ce peintre [Mignardj, qui était fort belle, lui donna ce nom, disant qu'il fallait les appeler des mignards, Vie de Mignard, dans lacurnr. L'enfant n'est point criard, 11 dort sans qu'on le berce. Et le petit mignard A une dent qui perce, Nouvelles parodies, dans fr. michrl, Argot. \\0u dit aussi de quelqu'un qui fait le beau, qu'il fait le mignard. ||2° Gracieux avec un mélange d'afféterie. Un parler mignard. Un air mignard. || S. m. Terme de peinture. Le mignard, le genre mignard, le genre qui cherche les mignardises. Donner dans le mignard. || 3° Petit gobe-mouoh^ d'Afrique.

— HIST. XVI' s. Si en devenoiem indifférents en leur vivre, sansestre difficilesà élever, ny mignards ou friands, amyot, Lyc. xxxiu. Voyez quel mignard visage, quelle gentille bouche, JVui'fs de Straparole, p. <2, dans LACURNE. Confitures pour donner aux mignardes [petites filles], Moyen de parvenir, p. (6,

dans LACURNE.

— ÊTYM. Voy. Mignon.

MIGNARDÉ, ÉE (mi-gnar-dé, dée), part, passé de mignarder. Une petite fille mignardée. L'abbé Maury, du même auteur, est singulièrement raignardé, bachadmont, Mém. secrets, t. xxxvi, p. 397.

MIGNARDEMENT (mi-gnar-de-man), adv. O'une façon mignarde, avec délicatesse. Deux petits arcs de couleur noire Etaient mignardement voûtés. D'où ce dieu qui me fait la guerre. Foulant aux pieds mes libertés , Triomphe sur toute la terre, VOIT. Poés. Œuv. t. II, p. 95. Il D'une façon mignarde, avec une gentillesse mêlée d'afféterie. Sourire mignardement.

— HIST. XVI* s. Ains se plaignoit mignardement D'un enfantin myaudement, du bellay, vu, 40, verso. Lequel, ayant esté pris petit enfant au siège de Patras, fut mignardement nourri au sarrail, d'aub. Hist. I, 242.

— ÉTVM. Mignarde, et le suffixe ment.

jnGNARDEU (mi-gnar-dé), v. a. \\ 1° Traiter

d'une façon mignarde. Mignarder un enfant. || 2° Affecter de la délicatesse, de la grâce. Mignarder son style. Il 3° Se mignarder, t). réfl. Se traiter d'une façon mignarde. Cette femme se mignarde trop.

— HIST. XVI' s. Un gros prieur son petit fils baisoit. Et mignardoit au matin en sa couche, marot, III, 84. Il caressoit les petits chiens que on luy mettoit devant, et les mignardoit, H. est. Apol. pour Uérod. p. 338. Le prince de Genevois, ne trouvant pas l'air de la Rochelle assez délicat, se mignardoit aiix champs, d'aub. Uisl. ii, 294. Quand Epicurus entreprend de se faire mignarder à la goutte, et refusant le repos et la santé, que de gayeté de cneur il desfie les maulx....M0NT. iv, 2î. Vous rompez à la peine vos personnes, & tin qu'il [l-j i«ian] se puisse mignarder en ses délices, la boétie. Servit, volont.

— l.TYM. Miijnard.

MIGNARDISE (mi-gnar-di-z'), ». ^. || 1° Qualité de ce qui est mignard, délicat. La mignardise de son visage, de ses traits. Toutes ces sortes de pieds et de mesure.'! fpyrrhiques, trochées, bons pour la danse] n'ont qu'une certaine mignardise et un petit agrément, boil. Longin, Sublime, 33. || 2" Alîcctation de gcntiflesse, de délicatesse. Les mignardises, s'il est permis de parler ainsi d'unstylecliargé d'ornements, de pensées brillantes, d'antithèses et de pointes, roll. Hist. anc. Œuvr. t. xi, 2- part. p. 7:io, dans POLGENS. Une mignardise que réprouvent également et les artistes et les amateurs et les gens de gnùt, c'est qu'en riant elle [une femme dans un portrait] montre les dents, baciiaumont, Mém. tccr. l, xxxvi, p. 363. Elle aiïecte des po.ses languissantes ou malaiiives qui ne l'empêchent pas do déjeuner à la fourchette; et toutes ces mignardises mélancoliques me sont insupportables, cii. de bern. Un acte de vertu, § vin. || Terme de peinture. Défaut des ouvrages dans lesquels le soin est porté à l'excès et qui paraissent peu naturels. J'aime mieux la rusticité que la mignardise, et je donnerais ilix Wattcau pour un Tenicrs, didkii. Pensées sur la peint.Œuv. t. xv, p. 167, dan» pouoens. || 3' /4u p(urtfJ, il «ignifiequelquefois manières, paroles caressantes. Cette lettre [d- D. Gervaise] était un tissu d'ordures, avec de basses mignanlises de moine 'affolé et dckirdé à faire trembler les plus abandonnés, st-sih. «1,31. Il 4° Espèce dp petits reillcls dont on girnitles plates-bandes desjardins.diarit/iui plumarius, L.;on en fait aussi des bordures, l'ian- Icr de la mignardise. || Mignardise des prés, dianthus tuperbus , L. \\ 6" Espèce de soutacho enjolivée ()ui sert i garnir les robes, les vêtements, etc.

MTG

I — mST. xvi* s. Il suffit qu'on y puisse cognoistre le bon esprit et entendement de l'architecte, et que ses inventions y soient plus louables que la mignardise.... Philibert delorme, De l'architecture, i, 4). Le duc de Maienne receut tout à la fois deux grandes commoditez, l'une les vivres et mignardises de l'isle d'Oleron, qui est un terroir plein 'le délices.... d'aub. Hist. n, 303. Propos bien filez et mignardises de discours, m. ib, m, t98. Un petit coffre, duquel il tira quelques petites gentillesses et mignardises qui n'estoient pas toutesfois de grand prix, Nuits de Straparole, t. i, p. 83, dans LACURNE. Toutes les mignardises et delices du langage latin [dans Térence], mont, i, 288. Venus et ses enfants volent tout à l'entour, La douce mignardise et les douces blandices, rons. Élégie du printemps.

— ËTYM. Mignard.

t MIGNOL (mi-gnol), s. m. Liqueur spiritueuse extraite d'une espèce de palmier.

MIG.XON, ONNE (mi-gnon, gno-n'), adj. || 1° Qui plaît par la délicatesse et la gentillesse. Visage mignon. Bouche mignonne. Une beauté mignonne. Des souliers mignons. Si mignonne et si belle.... Que la beauté plus grande est laide auprès de vous, RÉGNIER, Sat, XIII. Est-il un homme qui, à la vue de cette mignonne créature [l'oiseau-mouche], balancée sur ses petites ailes bourdonnantes.... cap, Audubon, p. I8. || Se dit des ouvrages d'esprit où il y a de la finesse. Sonnet mignon. || Ironiquement. Certes pour un amant la fleurette est mignonne, MOL. Misanthr. u, t. || Bleu mignon, sorte de bleu. ....Doivent être guédées comme un bleu mignon, qui est la moitié de nuance d'un bleu céleste. Instruction générale pour la teinture, 18 mars 1671, art. 185. Il Familièrement. Argent mignon, somme d'argent comptant dont on peut disposer à son gré, pour ses fantaisies. Il n'eût pas convenu, pendant qu'elle était aux expédients, qu'elle eût su que j'avais de l'argent mignon, i. 3. Rouss. Conf. V. Il Péché mignon, péché qu'on se plaît à commettre, et dont on ne veut pas se corriger. Il 2° S. m. et f. Mignon, mignonne, le bien-aimé, la bien-aimée. Anselme, mon mignon, crie-t-elle à toute heure, Quand est-ce que l'hymen unira nos deux cœurs? mol. l'Ét.i, 6. || Mignon, mignonie, se dit en adressant la parole à des enfants, à déjeunes femmes. La fortune passa, l'éveilla doucement, Lui disant : mon mignon, je vous sauve la vie, la font. Fabl. V, II. Au contraire, mignonne, C'est me faire mieux voir to.n amour et ta foi, mol. Éc. des m. II, 5. Oui, mignonne, je songe à rem|)lir ton attente, ID. ib. II, (4. Voilà, ma belle mignonne, ma fille qui vient vous saluer, m. l'Avare, m, 9. Jamais elle [Mme de Maintenon] n'appela la duchesse de Bourgogne que mignonne, et celle-ci ne la nommait que ma tante, duclos, Régne de Louis XIV, (Kuv. t. v, p. (84. Il Avec une nuance de dédain. Mais, ma mignonne, dites-moi. Vous campez-vous jamais sur la tf'te d'un roi [la mouche à la fourmi] t la font. Fabl. IV, 3. || Vous êtes un joli mignon, un plaisantmignon, sedit ironiquement à quelqu'un qui a dit ou fait une sottise. Je vous trouve un plaisant mignon do ne m'avoir pas écrit depuis deux mois,siîv. à Bussy, (5 mars («48, Vous êtes une gentille mignonne, de vouloir que je me gouverne par l'autorité de votre père, destouchp.s. Fausse Agn. l, 3. Il 3° S. f. Mignonne, maîtresse. Tout vous rit; votre femme est souple comme un gant; Et vous pourriez avoir vingt mignonnes en ville. Qu'on n'en sonnerait pas deux mots en tout un an, la font. Coupe. Quelques heures après, le commandeur et sa mignonne se mirent en chemin avec la duègne, LF.SAGB, Guxm. d'Alfnr. I, 3. Un essaim de grivois Buvant à leurs mignonnes, BéR. Grande orgie. y Mignonne se dit aussi quelquefois pour jeune fille simplement. Figurez-vous la plus jolie petite mignonn", douce, tendre, accoil'j et fraîche, agaç.mt l'appétit, pied furtif, taille adroite, élancée, beau- HARCh Barb. de Sév. ii, 2. |l 4° Mignon de couchette, amant favorisé. 11 s'en est donc allé, le mignon de couchette? scarr. Jnd. ou le maUre val. iil, 8. Le voilà, le beau lils. In mignon de couchette, MOL. Sgan. 0.]\6' Favori. Cet enfant est le mignon de sa mère. Du siècle les mignons, fils de la poule blanche, Régnier, Sat. m. Je ne me dois regarder que comme un de ces indipncs mignons do la fortune, que non caprice n'élève au plus haut de sa ruuo sans aucun mérite, que pour mettre plus en vue les taches de la fange dont elle les a tirés, CORN. Disc, de récepi. d l'Acnd. liuckingham, mignon do Jacques, et qui troubla les premières années du règne de Charles I", a fait plu» dobruitdans l'bisloire passéi- g'j''{«'«ii fera dans l'iiistoiro à venir,

MIG

chateaubr. Stuarts, Charles I". || Fig. La précoce hyacinthe est le tendre mignon Que sur ces prés ficuris caressait Apollon, volt. Poèmes, Apol. de la fable. Il 6' Dans un mauvais sens. Un mignon, un Ganymède, un Giton. Passer sa vie avec ses infâmes mignons, découper, coller des images, et se jeteren même temps dans les curiosités de la magie, fénel. Dial. des morts mod. dial. t3 (Henri 111, la Duch. de Montpensier). C'étaient eux qu'on appelait les mignons de Henri III; Livarot, Villequier, Duguast et Maugiron eurent part aussi et à sa faveur et à ses débauches, volt. Ilenr. ii, notes. Antinous, le mignon d'Adrien, à qui cet empereur fit rendre les honneurs divins, bailly, Astron. moderne, t. i, p. 4 09.

— SYN. mignon, mignabd. Le mot est le même, la désinence seule est différente. Aussi le mignard n'est-il que le mignon avec le sens légèrement péjoratif qu'a la finale ard; c'est le mignon, plus un peu d'afféterie ou d'excès.

— HIST. XIII' s. Deus damoisïlles moult mignotes, la Rose, 764. Famé est plus cointe et plus mignote En sorquanie [souquenille] que en cote, ib. (226. Et sur un destrier dolés lui [elle] Avoit cascune son ami Cointe et mignot et bien séant. Lai du trot. ||xv' s. Pariset requit le suppliant qu'il lui voulsist prester deux escus d'or, en lui disant qu'il avoit de l'argent mignon, du cange, mignonetus. Aussi y estoit le conte de Lodesme son mignon en grant triumphe, comm. ii, 8. || xvi's. Ma mignonne. Je vous donne Le bon jour, marot, ii, 4(4. N'ayez pas peur, dames gentes, mignonnes, ID. ii, 23:). Ne plus ne moins que les oiseleurs avec leurs oiseaux mignons [apprivoisés]... amyot, SyHa, 68. Ces beaux danseurs icy mignons [les cavaliers pompéiens à Pharsale] n'attendront jamais, de peur que vous ne leur gastiez leurs beaux visages, id. Pamp. 08. Socrates, son premier mignon [de la vraie vertu], mont, i, 477. Pourquoy ne dira un oyson ainsi : toutes les pièces de l'univers me regardent.... je suis le mignon de nature'/ m. ii, 2"4. Je ne leur respondray autre chose, sinon qu'encores que nostre nation ne soit la plus mignonne du pape, si est-ce que.... LANGUE, 368. Ces mignons [les favoris d'Henri JII] (car c'est le terme du siècle) avoient des familiaritez avec leur maisire, que je ne puis ni ne veux exprimer, d'aub. Hist. ii, 375. Ganimede mignon de couchette de ce grand dieu haut tonnant. Dialogues de Tahureau, p. 425, dans lacurne. Aussi n'a faict Belleau aucune difficulté d'en user, quand, parlant d'un enfançon (car il use de ce diminutif), il dit : Tant (jue sa lèvre mignotte X petits soupirs suçotte, H. EST. Préc. du lang. franc, éd. feugèhe, p. 402. Donc, si vous m'en croyez, mignonne. Tandis que vostre âge lleuronne En sa plus verte nouveauté, rons. à Cassandre.

— ÉTVM. Bourg, mignô; ital. mignone, mignon, miijnolo, petit doigt. On a dans le ba.s-breton miiioneî, amie, mii'ioni, amitié, dans l'irl. mi'an, mion, amour; dans l'allemand Minne, amour, ancien haut allem. minni ou minnia. Le celtique et l'allemand paraissent de môme racine et avoir |iroduit le français mignot, mignon, mignard, dont le sens primitif semble être gracieux, donnant do l'amour. La dérivation par minimus n'est pas acceptable, vu les formes.

MIGNONNE (mi-gno-n'), s.f.\\i' Terme d'imprimerie. Caractère de sept points; petit caractèro qui est entre la nonparoille et le petit texte. || Aujounl'hui on substitue l'expression : caractèro de 7 points ou numéro 7. || 2" Espèce de poire fort belle et d'un rouge foncé, qu'on appelle aussi grosse mignonne. || Sorte de pécho très-grosse et trèsrouge ; il y a la grosse et la petite mignonne et la mignonne tardive. || Sorte de orune longuette et dun blanc jaunâtre.

— ETVM. Mignon.

MIGNONNKMENT (mi-gno-ne-man) , a(f«. D'une façon mignonne. Cela est mignonneuient fait.

— HIST. XHi* 9. Lors veïssiés carole [dansa] alor, Et gens mignoicment lialer |danser|, la Wisr, 75-j. Il xvi's. 0 beaux cheveux d'argent migiionnoment retors, DU BELLAY, VI, 20, verso.

— KTVM. Mignonne, et le snifixe ment.

MIGNOXMaTK (mi-gno-nè f), s. f || 1" niminu-

tif de mignonne, jeune lillo, jeune femme. Au reste, ton amour me touche au dcimcr point, Mignonnette.... Koi-.Éc. des m. ii, (5. Ij 2" Nom d'une sorte de dentelle ou île réseau lin. U 3" Espèce de petits œillets, appelés autrement mignardiso.il 4"l'onre cnnca.ssé. Il B" Nom donné à din'éreiites plantes: l'œillet de la Chine ; la luzerne lupiiline; la s.ixifrage omlneiise ; le réséda des jardins. || 6" Nom d'une petite esnèce de uoirc. || 7° Petit jiapiUou de

558 MIG

nuit. Il»* Sorte d'étoffe tissue de laine et de soie. Il f Terme de typoRraphie. Caractère tr&s-menu.

— HIST. Tvi« s. Ma niaistresse est toute ango- Ictte..., Toute mon gracieux orgueil, Toute ma petite bninette. Toute ma douce mignonctte, rons. 4 * 3.

— ETYM. Mignon; wallon, mignolète, sorte de petite dentelle.

t MIGNONNEnSE (mi-gno-neû-z") , s.f. Terme de joint d'Alençon (dentelle-bride). Celle qui fait le tième travail que la remplisseuse.

MIGNOTË, ÉE (mi-gno-té, tée), part, passé de nipnoter. Petite fille trop mignotée.

IIIGNOTER (mi-gno-té), i'. a. Traiter d'une façon mignonne, délicate. Elle inignote trop ses enfants.

— HIST. XV' s. Boire ypocras à jour et à nuitée, Rire, jouer, mignonner et baiser, villon, Bail. contredit de Franc Gontier. En tel tourment est le pauvre homme huyt ou neuf mois, que la dame ne fait que rien que mignoler et soy plaindre, Les

quinze joies de mariage, p. 22. ||xvi* s Qui

comme Heur marchoil dessus les fleurs, Et mignotloit un bouquet de couleurs, rons. 34.

— KTYM. Ane. franc, mignot (voy. MiGNON,àrhist.). t MIGNOTIE (mi-gno-iie), s. f. Œillet de Christ,

très-lielle plante.

HIGNOTISE (mi-gno-ti-z'), t. f. Action de mignoter. || M ignotise des Genevois, le thym.

— HIST. 1111* s. Toute jour [les femmes] font et truevent novelles mignoties De guignier, de pignier, d'estre par reins fornips, J. de heung, Test. 1293. Il Xv' s. l.icurgus.... ordonna.... que les jeunes enfans, yssus hors de la première nourriture, fussenttirez des mignotises maternelles, CUR. de pisan, Charles Y, i,7.||xvi's. 'l'ant leur mignotise (de ses yeux] darde D'amours à oui les re;:arde . bons.

— ÉTYM. Migiwter.

I. MIGRAINE (mi-grè-n"), s. f. Douleur qui occupe la moitié ou une moindre partie de la tète, particulièrement la région des tempes et des orbites, qui revient par accès, et qui se complique souvent de trouble des fonctions gastriquos, mais qui n'est accompagnée d'aucun danger. Mme de Maintenon avait la migraine, sëv. «37. Ces migraines ne méritent pas l'inquiétude que vous en avez ; c'est le seul tribut que mon tempérament paie à la nature, MAiNTENON, Lett. à K. d'Aubigné, ■ii> juiu iG82. Cette migraine-là vient bien subitement! C'est moi qui l'ai donnée indubitablement, dkstouches, Glor. II, 6. [La caverne où] La déesse aux vapeurs a choisi son séjour; Les tristes aquilons y sifllent à l'cntour, Et le soufflemalsain de icuraride baleine Y porte aux environs la fièvreet la migraine, volt. Dir.t. pkil. Pope. Il Fig. Kien qu'à voir mousser le Champagne, Déjà la migraine le gagne, bërang. Deo gratias.

— HIST. xv s. Pour mon costé crie hahay Maintes fois, et à l'aventure Une migraine ou [au] chicf aray [j'aurai], e. jjesch. l'oésies mss. f" 442.11 xvi's. La fiebvre, la micraine et la goutte l'espargnent elles (un roi] non plus que nous'? mont, i, 3*2». Migraine est proprement quand la douleur ne tient que la moitié de la teste, dextre où senestre, pauiî, XV, 4. La douleur invétérée de teste et micrane se guerjt par.... o. de seiuiks, 8»s.

— KTYM. Espagn. migrana ; ital. emigrauia, magrana ; du lat. heminanium ; grec, ^|i.t)t(iavtci, de fi|ii, demi, et xeiviov, crâne.

i 3. MIGRAINE (mi-grë-n'), t. f. Ancien nom de la grenade et d'une sorte d'engin de guerre.

— HIST. xvi' s. Les aultres apprestoyent catapultes, micraines, pot7, cercles et lances âfcu, rab. Pant. m, Prol.

— KTYM. Utile, graines ; provenç. milgrana, grenade. Au Mans, on nomme migrenon, migrognon, la baie de l'églantier, qui renferme une grande quantité de graines.

t MIGRATEUR, TRICE (mi-gra-teur, tri-sT, ad;. Qui émigré. Les archéologues ont reconnu que les hommes de l'Jge de pierre avaient été les habitants primitifs de l'Europe, et que l'usage du bronze avait été introduit par des hommes plus civilisés, d'origine probablement asiatique; et, comme il fallait donner un nom à ces étrangers migrateurs, ils les ont appelât Celte», bboca, Bull, de la soc. danlhropnl. t. y, p. 402.

MiniiATION (ml-gra-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il !• Action de passer d'un pays dans un auue, eu parlant d un peuple, d'une grande foule. La plupart des anciennes migrations ne sont con»id«rfeicomin« des courses Tagabonde» que par Mui qui nont pas étudié leurs causes, leur dirî^ctK)n et leurs rapporU «vec les autres parties de niuloire ancienne, pbtit-iiade /n.m n^m inscr

MIL

et helUs-lettres, t. vi, p. 34 1. 1| Fig. Homme, la saison de ta migration n'est pas encore venue ; attends que le vent de la mort se lève, alors tu déploieras ton vol vers ces régions inconnues que ton cœur demande, chateaubr. René. Wi' Voyages périodiques ou irrégulieis que font certaines espèces d'animaux. Celte habitude innée est si forte en eux [les rossignols], que ceux que l'on tient en cage s'agitent beaucoup au printemps et en automne, surtout la nuit, aux époques ordinaires marquées par leurs migrations, BUFF. Oiseaux, t. ix, p. 147.

— SYN.MiGiiATiON, ÉMIGRATION. Ces deux mots ne diffèrent que par la préposition e, ex, qui indique départ. C'est aussi ce qui en fait la distinction. Migration est plus général ; il considère le départ des foules par rapport à leur déplacement seulement : los migrations des peuples, des animaux. Au contraire émigration considère le départ par rapport au terme d'arrivée : les émigrations pour l'Amérique.

— HIST. XVI' s. Migration, cotgrave.

— f.TY.M. Lat. mijratîonem, de mtgrare, s'en aller.

t MIGRATOUIE (mi-gra-toi-i') , adj. Qui concerne l'émigration. Le mouvement migratoire des populations.

— RTYM. Voy. MIGRATION.

MIJAURÉE (mi-jô-rée), i. f. ]\ 1" Mignonne, jeune fille (sens aujourd'hui inusité). Pour loi qu'un teint vif et fleuri Et la jicrruque bien poudréi; Flattent d'être le favori Encor de queli|ue mijaurée, Goûte l'erreur des passions, ciiaul. o l'ahbé Courtin. Il 2° Fille ou femme qui montre des prétentions par des manières affectées et ridicules. Elle, monsieur? voilà une belle mijaurée ....pour vous donner tant d'amoui ! mou Bourg, gent. m, 8. Mme do Fieubet ent-ndit ceci :La C"* passadevant laB**' : ah , dit la B***, voilà une mijaurée qui a eu pour plus de cent mille écus de nos bardes; la C*** se retourne, et comme Arlequin, hi, hi, hi, hi, hi,lui fit-elle, en lui riant au nez, sÉv *i». Là sont en foule antiques mijaurées, Jeunes oisons et bégueules titrées, volt. f'p. 36. Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeaniielcii, héiiano. Jeanneton,

— HIST. XVI' s Mijaurée, ouiun, Dicl.

— ÉTV)l. Origine inconnue. Le llerrya mijauder, mignauder ; mais comment tirer mijaurée de mijauder ? On trouve dans Oudin, Curios. françaises, migouf/lée, qui parait avoir le même sens; mais qu'est tnigoufi'lée, et comment le rattacher à mijaurée? Chaulieu, qui donne à ce mot le sens de mignonne, écrit migeorde; avec cette orthographe pourrait-on le rapprocher de mijoter? Enfin Lehéncher, Ilist. et CL du normand, t. il, p. 381, dit qu'en normand jorer signifie parer, et que la mijaurée est la mal jorée, la mal parée.

MMOTÉ, Klî (mi-jo-té, tée), part, passé de raijotei. Une soup") raijolée.

MIJOTER (lui-jo-to), V. a. Il 1" Terme de cuisine. Faire cuire à petit feu. Mijoter un ragoût. || i' Fig. Traiter avec un excès de délicatesse et de mignardise. Mijoter un enfant. 113° Se mijoter, v. réfl. Être mijoté. Le potage se mijote tout doucement. Il Fig. et populairement. Se brasser, se tramer. C'est une petite intrigue qui se mijote. || Se traiter avec un excès de délicatesse. Il se mijote beaucoup.

— HIST. XVI' s. Migeotter, cotorave.

— ÊTYM. Origine incertaine. Le Berry a mijé, mijat, m^jot, pain émietté, mijou, mangeur de mie; mijoter ne serait-il pas réduire comme en mie ? mije est d'ailleurs une des formes de mte. Au Mans, migeoter, mûrir sur la planche, migeot, lieu où l'on conserve les fruits.

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