‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 164 sur 389 · MIL (mil), adj. numéral, Toy. mille · texte numérisé non relu

MIL (mil), adj. numéral, Toy. mille

2. MIL (mill, U mouillées. La Fontaine ne mouillait pas Vl: je la crois fine, dit-il; Mais le moimlre grain de mil Ferait bien mieux mon affaire, Fabl. I, 20), ». wi. Il 1° Plante gramiiiée qui porte une graine fort petite à laquelle on a donné le même nom. Que dirai-je plus? le mont Pangée, avec toutes ses mines, (vu de la lune] n'étnitpassi grand qu'un grain de mil, d'ablancourt, Lucien, Icaroménippe. || Kig. C'est un grain do mil dans le bec d'unine,se dit quand on donne peu à quelqu'un qui désire beaucoup ou qui a besoin de beaucoup. || On dit plus ordinaiicmeiit milleL 112° Graine du cette plante. Donner du mil à la volaille. || 3° Mil & épis, sorgho. Mil à grappes, panis. || MU à chandelles, espèce de céréale de Cayenne.

— HIST. xv s. Le suppliant loua les jumens de Raymond de Fort de Bearn pour piquer ou batre son mil ou blé, nu cange, milefum. {| xvi' s. Un homme apprins à jecler de la main un grain de mil avccaues telle industrie, que, sans faillir, II le passoit loïKiiiurs dans le trou d'une aiguille, mont. i,387.

MIL

— ÉTYM. Provenç. mil, meilh; cat. mt7(; esp. mijo; port, mil ho ; ital miglio; du lat. t)ii7iMm. On suppose que milium se rattache à mille, mille, à cause du grand nombre des griines.

t M1L.\I)Y (n]i-Ié-di),î./'. Titrequ'ondonneà une dame anglaise, femme d'un lord ou d'un baronet. Les gens de milady ! que milady permette... c. delà v. les Comédiens,^, 9. Vous m'écoutez, n'est-ce pas? — Oui, milady, scribe, le Verre d'eau, iv, 2. ||i4u plur. Des miladys, ou, suivant la forme anglaise, miladics.

— ETYM. Anglais, mi, ma, et Indy, dame. (.MILAN(mi-lan),j.m.l! l°Oiseauileproieàqueue

fourchue, genre milvus, Cuvier; espèces; le mibn roy;il, vulgairement le milan; le milan étolien; le milan parasite ; le milan de la Caroline, fako fiircatus, Gmelin. Un milan qui dans l'air planait, faisait la ronde. Voit d'en haut le pauvret [un ratj se débattant sur l'onde, L\ font. Fabl. iv. II. Il 2° Nom de la raie pastenaque, dans quelques ports.

— HIST. xvi' s. Ils sifflent comme serpens, ils huyenl comme millans, paué, Anim. 36.

— ÉTYM. Provenç. milan; cat. mild; esp. mt'lano; port, milhann; du lat. milrus, milan, par l'intermédiaire d'une forme dérivée milttanus, avec suppression de l'u, comme dans baluere, battre.

t 2. MILAN (mi-lan), s. m Sorte de fromage à croûte rouge qui vient de Milan.

t 3. MILAN (mi-lan), s. m. Milan d'été, sorie de poire.

1 MIL.\NAISE (mi-la-nê-z') , s. f. Ouvrage dont le fond est un fil recouvert de deux brins de soie, dont l'un, moins serré que l'autre, forme sur le fil un petit relief à distances égales.

t MILANDRE (mi-lan-dr), s. m. Espèce de squale delà Méditerranée.

f MILANEAU (mi-la-nû), s. m. Jeune milan.

t MILANIÈUE (rai-la-niè-r'), ». f. Lieu où l'on entretient des milans. Le roi après son déjeuner alla voler avec Madame.... il résolut durant lâchasse do casser la milanière et la héionnière qui était à Noisy, parce que depuis six ans il n'av,iit \olé ni milan ni héron, et il lui en coiitait lûooo francs puur entretenir ces aires-là, dangeau, i, I48, 4 avr.

t MILÉSIAQUE (rai-lé-zi-ak'),ad/". Qui appartient à Milet, ville grecque de l'Asie Mineure. Fables milésiaques, ou, substantivement, les Milésiaques, contes obscènes composés par Aristide de Milet. On dit aussi milôsienncs.

t MILIACÉES (mi-li-a-sée) , ». f. pi. Terme de botanique. ITibu de la famille des graminées, ayant pour type le genre mt'Jium.

— ÉTYM. Mil 2.

MILIAIRE (mi-li-ê-r') , adj. |j 1' Terme de pathologie. Éruption miliaire, élevure à la peau dont le volume no dépasse pas celui d'un grain de millet. Il Fièvre miliaire, ou, substantivement, la miliaire, phlegmasie e«anthématique, snuvent accompagnée de lièvre, caractérisée par de petits lioutons rouges, surmontés dès le second jour d'une petite visiculu rouge. Il 2" Terme de botanique. Glandes miliaires, les stomates. || 3" Terme de minéralogie. Miliaire se dit des giaiiis d'une roche grenue quand ils ont la grosseur d'un grain de chènevis ou de millet. Il 4° Terme de zoologie. Se dit d'un animal qui est extrêmement petit, comme le ver luisant miliaire.

— HIST. XVI' s. De petites vessies, comme celles qu'on voit aux herpès miliaires, paré, xxiv, 37.

— ÉTYM. Lat. miiiarius, de mifium, mil. MILICE (mi-lis'), ». (. || l" L'art et l'exercice de

la guerre. Végèce a écrit sur la milice dos anciens. Il Expédition militaire. Les prodiges dont Dieu avait accompagné ses prédications [de saint Bernard] pour exciter Icscbrélicns à cette milice sacrée [croisade] furent traités de faiblesse et de crédulité, mass. Panég. St Bem. Il Dans ces deux sens, il n'est plus guèra usité. Il Fig.eten termes a'éloi|uence .sacrée. J'appelle toujours déserteur do la milice de Jésus-Christ celui qui n'a plus le christianisme dans le cœur, uolrd. Jugcm. dem. i" aient, p. 07. Tout le temps de lî vie présente est une milice continuelle, dit Job, est le temps des peines et dos combats, mass. l'rofcss. relig. 2. ||2° Corps de troupes, armée; en ce sens, il ne s'emploie guère que dans le style soutenu. Home encor pauvre et attachée à l'agriculture nourrissait une milice admirable, Boss. Jlist. m, ». La nouvelle milice qu'il fallut lever, in. ib. Do tout rela [les qualités du peuple romain] s'est formée la meilleure milice et la politique la plus prévoyante, la plus ferme cl la plus suivie qui fut jamais, iD. tb. Les rebelles s'ét;iient saisis des ar-^enaux et des magasin^;; et. i" t ■•'■■ i-i .l/f. . linn de lanl de iiijels, maigre

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l'infSine désertion de la milice même, il élait encore plus aisé au roi do lever des soldats que de les armer, Boss. ReinedÀ nglct. Sous la discipline du prince d'Orange, son oncle malernel, il apprit l'art de la guerre en qualité de simple soldat.... on le vit en ce dernier rang de la milice ne refuser aucune langue et ne craindre aucun péril, fléch. Turenne. c'est là qu'on vit ce dont il n'y a peut-être pas deux exemples de plus, des milices toutes nouvelles îgaler dans le premier combat l'intrépidité des vieux corps, VOLT. Charles Xll, B. |1 Fig. Il [P. L. Courier] s'est mis [dans le Pamphlet des pamphlets] en cause commune avec Socrate, Pascal, Cicéron, Franklin, Démosthènes, saint Paul, saint Basile ; il s'est environné de ces grands hommes comme d'une glorieuse milice d'apôtres de la liberté de penser, de pullier, •l'imprimer, carrel, Œiivres, t. v, p. 2<3. || 3' Anciennement, levées faites parmi les hommes en état de porter les armes. X l'instant toutes les milices «'armèrent, les grands seigneurs envoyèrent leurs hommes, michelet, llist. de France, t. ii, p. 277.

I Pirîiculièrement, dans l'ancienne monarchie, levéîs de bourgeois et de paysans faites par voie du sort, soit pour recruter l'armée, soit pour former des régiments provinciaux. Tomber à la milice. Apprenez que l'ctaWissementdes milices n'est point le malheur de la France..,, que ces milices, qui sont la pépinière des armées, contribuèrent à sauver la France dans les dernières campagnes du maréchal de Villars, volt. louis XIV, suppl. I" partie. J'ai manqué souvent i'ouvriers à la campagne , j'ai vu que les sujets manquaient pour la milice, id. Lett. d'Argenson, a» juill. 1 739. S'il y a des corvées à faire, une milice à tirer, j. j. Rouss. Écon. 3. Il Fig. Soldat de la milice, homme qui n'a aucun avancement dans sa profession. Il 4° Fig. etdansle style élevé. Les milices célestes, les anges. Le même cantique que nou.° ivons chanté avec la milice céleste, dans le mystère^oe sa bienheureuse nativité, bourdal. Exhort. Crucif. et mort de J. C. t. n, p. 20). jj Milice céleste, se dit aussi des bienheureux. Paraissez sur vos nues tonnantes, innombrables solda'.s, antiques légions de la patrie; fameuses milices de la France, et maintenant milices du ciel, paraissez, chatkaub. Génie, I, VI, 5. Il Enfin, milice céleste se dit quelquefois des .istres. Ce n'est pas sans raison que les anciens disaient la milice céleste; jamais armée ne s'est moins t'csrtée de ses rangs et n'a marché avec plus de discipline, BAiLLï, Uist. astron. mod. t. i, p. 347.

— ÉTYM. Lat. mililia, de miles, soldat. Au XVI* siècle on disait mililie. Corssen , Nachtrâge, p. 259, dérive miles, comme mille, d'un radical mil signifiant en sanscrit réunir, rassembler.

MILICIEN (mi-li-siin), s. m. Soldat de la milice, c'est-à-dire homme tirant au sort dans chaque paroisse, pour former de nouveaux régiments, ou [lour être incorporé dans les vieux.

— lîTYM. Milice.

MILIEU (mi-lieu), ». m. || 1" Le lieu qui est également distant des extrémités. Le milieu de la place. Couper un fruit par le milieu. La rivière passe au milieu de la ville. || Mettre le clocher au milieu du village, voy. clocher. || Adj. Le point milieu, le point du milieu. Tout se fait par des espèces d'oscillations dont les points milieux .sont ceux auxquels nous rapportons le cours ordinaire de la nature, BLFP. Jforc. choisis, p. 2u9. || Terme d'astronomie. Milieu du ciel, le point de 1 équateur qui se trouve dans le méridien à un instant quelconque.

II 2" En général, tout endroit qui est éloigné de la circonférence, des extrémités. Le milieu de la France. Il prit son adversaire par le milieu du corps. Du milieu et comme du centre de la Méditerranée , ils [les Romains] embrassaient toute l'étendue de cette mer, pcnétrant au long et au large tous les Etats d'alentour, boss. Uist. m, «. || Fig. Vous m'en parlez [de votre voyage] avec tant d'amitié et de tendresse, que j'en suis touchée dans le milieu du cœur, sÉv. iî juill. i«76. M. d'Arles, qui, dans le milieu de ses petites dettes, a pourtant voulu couronner son entreprise, in. «7 juill. tast. Il Hoyaumo ou empire du milieu , nom que les Chinois donnent au vaste pays qu'ils habitent. Il 8* Au milieu de, loc. adv. Entre, parmi, dans le sein de. Au milieu de l'assemblée. L'aigle s'élève au milieu des airs. Ojmbien il [Charles i"J était intrépide à la tête de ses armée», combien auguste et majt^stucuz au milieu de son palais et de sa cour, b. ss. Heine d'Anglet. Les Juif» avaient au milieu d'eux le Messie, et ils no le connaissaiiiit pas, BOiuDAL. Myit. Épiph. l. i, p. H 7. || Cette langue de terre s'a\ance au milieu de la mer, c'est- à-d ire •lie entre bien avaut dans la mer. Ce l>ras d« mer

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savance au milieu des terres, c'est-à-dire il entre bien avant dans les terres. || Au milieu des hommes, dans le monde, dans la société de nos semblables. Il Fig. Au milieu de, dans, entre. Faites périr Euphorbe au milieu des tourments, corn. Cinna,

V, 3. Songeons qu'il [Louis XIV] n'établit partout la religion au dehors que parce qu'il la fait régner au dedans et au milieu de son cœur, boss. Mar. Tliér. Elle croissait au milieu des bénédictions de tous les peuples, id. Duchesse d'Orl. Nous vîmes dans cette princesse, au milieu des alarmes d'une mère, la foi d'une chrétienne, id. Marie-Thérèse. En exposant au miUeu des plus grands hasards de la guerre une vie aussi précieuse et aussi nécessaire que la vôtre, id. Reine d'Anglct. Au milieu même des horreurs de la mort, elle voulut bénir les jeunes princes ses enfants, pléch. Dauphine. C'est en vain qu'au milieu de ma fureur extrême.... boil. Sat. VII. Il Familièrement. Au beau milieu, tout au milieu. Il est tombé au beau milieu de la rue. Vous êtes plus à portée que personne de rédiger toutes les conditions du traité, vous qui êtes au beau milieu de l'enfer de la mainmorte, volt. Leit. Christin, 8 déc. (773. || Familièrement. Au milieu de tout cela, c'est-à-dire parmi tout cela, avec tout cela, nonobstant tout cela. || 4" Du milieu de, du sein de, d'entre. Un homme se leva du milieu de l'assemblée. Le Seigneur vous parla du milieu de cette flamme, saci, Uible, Deutéron. iv, (2. Dieu menace les peuples qui altèrent la religion qu'il a établie, de se retirer du milieu d'eux et par là do les livrer aux guerres civiles, boss. Heine d'Anglel. Les soldats l'enlevèrent sur l'heure du milieu des ennemis, rollin, Uist. anc. Œuvres, t. v, p. 276, dans pouoENS. Il 5° Milieu se dit aussi de la place d'honneur entre plusieurs personnes. Giton a l'œil fixe et assuré, les épaules larges, l'estomac haut, la démarche fière et délibérée.... il occupe à table et à la promenade plus de place qu'un autre ; il tient le milieu en se promenant avec ses égaux, la druy.

VI. Il 6° La partie moyenne d'une durée. Le milieu de la nuit, du jour. Sa mort [d'Alexandre] arriva au milieu du printemps, la première année de la cent-quatrième olympiade, rollin, Uist. anc. (îiuv., t.vi, p. B9), dans pougf.ms. Qae ce milieu du dixhuitième siècle est sot et petit! volt. Lett. Mme de de l.utzclbourg, ti nov. (7B3. ||Étre au milieu de l'été, de l'hiver, etc., être dans un temps à peu près également éloigné du commencement et de la fin de l'été, de l'hiver, etc. || Poétiquement. Le soleil était au mifieu de son cours, la nuit était au milieu de sa course, il était à peu près midi, à peu près minuit. || 7° L'endroit qui, dans un ouvrage prononcé ou écrit, est entre le commencement et la fin. Le milieu d'un livre. On l'interrompit au milieu de son discours. Que le début, la fin [d'un poëme] répondent au milieu, boil. Art p. i. ||8° Un intermédiaire. Et nous verrons après s'il n'est point de milieu Entre le charmant et l'utile, cor.n. Agésil. m, ♦. Qu'est-ce que l'homme dans la nature? un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout, pasc. Pens. i, t, éd. HAVET. La connaissance de Dieu sans celle de sa misère fait l'orgueil ; la connaissance de sa misère sans celle de Dieu fait le désespoir ; la connaissance de Jésus-Christ fait le milieu, id. td. xxii, ». L'état des chrétiens, comme dit le cardinal du Perron après les Pères, lient le milieu entre l'état bienheureux et l'état des Juifs, la.Prov. xvi. Si des intelligences supérieures à l'homme ont aussi un progrès de connaissances, elles suppriment des milieux que nous ne parcourons qu'en nous traînant lentement, fonten. Hewlon. || 9" Ce qui est également éloigné des extrémités vicieuses Ce milieu, des vieux tant rebattu. Où l'on mit par d/pit à l'abri la vertu, Régnier, .Sut. x. Où par le jugement il faut penire son temps A choisir dans les niicurs ce milieu que j'entends, ID. ib. Et soyez pour cela dans lo milieu qu'il faut, mol. Tait, v, l. Cet onlre [le raisonnement géométrique]... consiste non pas à tout définir ni à tout démontrer, ni aussi i no rien définir ou à no rien démontrer, mais à se tenir dans ce milieu de no point définir les choses claires et entendues de tous les hommes, et de définir toutes les autres, pasc. Etpr. géom. i. L'extrême e.sprit est accusé de folie comme l'extrême défaut ; rien que la médiocrité n'est bon.... c'est sortir de l'humanité que de sortir du milieu, ID. Pens. VI, U. Entre ces deut extrémités [l'aulurité et la liberté], un peuple d'ailleurs si sage [les Komains] ne put trouver leniilicu, uoss. 7/ù<. m, a. Pour valoir aux yeux de Mme (jeoffrin ce qu'on valait réellement, il hltait avec elle savoir unir

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un certain milieu entre la négligence et l'assiduité, MARM0NTEL, Mém. VI. || 10° Juste milieu, juste mesure entre deux choses. De là viennent toutes les disputes des hommes, qui se reprochent ou de suivre leurs fausses impressions de l'enfance, ou de courir témérairement après les nouvelles; qui tient le juste milieu? pasc. Pens. m, 3. De vous et d'elle, on en pétrirait une personne dans le juste milieu, SÉV. 124. Enivrés de notre bonne fortune.... troublés et abattus par nos moindre» perles, nous ne gardons ni envers nous-mêmes ni envers nos frères le juste milieu, BOSS. 3" sermon. Circoncision, 2. Se jeter dans les extrêmes, voilà la règle du poêle; garder en tout un juste milieu, voilà la règle du bonheur, diderot. Salon de 1767, Œuvres, t. xiv, p. 2i 9 ,*dans po'jgens. Il [le décret] montrera à ceux qui professent des opinions diverses, que, si je leur suis également désagréable en ce moment, c'est que je tiens un juste milieu, MIRABEAU, Collection, t. IV, p. 11. Il Juste milieu, nom qui fut donné au système de gouvernement qui domina pendant le règne de Louis-Philippe. Il Partisan de ce système. Un juste-milieu dévoué. Il Adjectivement. Ministère, opinion juste-milieu. Il 11" Tempérament qu'on prend pour accommoder les affaires; parti moyen. On prit ce milieu, sÊv. 9 mars 1689. Il en est peu qui de dessein formé cachent un péché mortel; mais à quoi a-t-on recours, et quelle sorte de milieu prend-on? ce péché.... on l'adoucit.... bourdal. Pensées, t. i, p. 322. Il voulut prendre un milieu qui le rendît remarquable, IIAMILT. Gramm. 7. La foi ne connaît point ici de milieu, mass. Carême, Parole. Il se peut bien faire qu'en cherchant un milieu où la philosophie convînt à tout le monde, j'en aie trouvé un où elle ne convienne à personne; les milieux sont trop difficiles à tenir, et je ne crois pas qu'il me prenne envia de me mettre une seconde fois dans la même peine, fonten. Mondes, préface. Le duc de Rohan avait supplié le roi que l'affaire fût jugée sans milieu et sans retour, st-sim. 168, 209. Les hommes s'accommodent mieux des milieux que des extrémités, montesq. Esp. xi, 6. Quelle est donc l'espèce de dissimulation permise, ou plutôt quel est le milieu qui sépare la fausseté vile de la sincérité offensante ? ce sont les égards réciproques , DucLos, Consid. mœurs, ch. 3. Il est impossible de tenir un milieu raisonnable entre la liberté indéfinie [<lu commerce] et une gêne absolue: chacun de ces systèmes a ses lois; les milieux n'en ont aucune, Mirabeau, Collection, t. m, p. 420. || Il n'y a point de milieu, ou, elliptiquement, point de milieu, il n'y a point de terme moyen à chercher. Il faut, il faut le perdre, ou vous en assurer, Il n'est point

de milieu corn. Suréna, m, t. On ne peut être

que d'un parti ou de l'autre ; Il n'y a point de milieu, PASC. Prov. xiv.Ou on l'aime, ou on le hait ; il n'y a point de milieu, siv. 304. Dans celte opposition de sentiments, il faut qu'un arbitre choisi par les partis vous accommode, ou que le sort des armes décide; il n'yapoint de milieu, fP.n. Tél. xxiii. Point de milieu pour lui, le trône ou l'esclavage, yOLT. Sophon. v, ). || 12° Il s'est dit quelquefois pour moyenne entre des valeurs, des évaluations. Si l'on néglige l'observation qui s'étarte le plus du vrai, le milieu pris entre les autres sera plus près de la vérité que le milieu pris entre toutes, sennebier, Ess. sur l'artd'obs. t.i, p.4l4,dansP0L0F.NS. || 13" Lelieu idéal où se passe la viedes hommes. Nous voguons sur un milieu vaste, toujours incertains et flottants, poussés d'un bout vers l'autre, pasc Pens. i, l. Le malheur de la France fut tel que ce grand homme [Louvois] fut empliiyé dans un milieu (|iii fit lo malheur du royaume pour plus d'un siècle, st-sim. dans le Journal de Dangcau, t. m, p. 363. || 14" L'espace matériel dans lequel un corps est placé. La célérité avec laquelle un corps chaud est refroidi lorsqu'il est placé dans un milieu froid est toujours proportionnée à la différence entre 1» température du corps chaud et celledii milieu, rumf. Instit. Mém. sciences, t. VI, p. 116. Il 15°'! oui corps, soltfluide, soit solide, qui peut être Iraveraé par un autre corps, spécialement par la lumière. L'air, l'eau, le diamant sont, pour la liimii^ro, des milieux qui la réfractent diversement en vertu de leur densité différente. L'objet est toujours déguisé par M couleur du milieu, au travcn duquel il est aj^rçu, boullainvilliebs, Héfut.de Spinosa, p. 143. L'Acidémio des sciences de Paris demanda en 1763 si les planètes se meuvent dans un milieu dont la ré.>,istance produise un cfiet sensible sur leurs mouvements, baillï, Uist. del'astr. mod. t. m, p. 237. Plus les milieux sont denses, plus ils résistent aux corps qui tendent à séparer leun par-

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lies en les pénétrant, brisson. Traité de pht/s. t. ii, p. 322, dans PoucKNS. Euler établissait par ses calculs l'avanlaKe d'cmplojer des milieux différemmenl réfringents dont l'inégalité de la puissance réfractive pût compenser leurs effets réciproques, SENNRBiER, F.ss. SUT Vart d'observ. t. I, p. < 00, dans pougens. || Fig. [le vulgaire] Mettant de faux milieui entre la chose et lui, Et mesuranl par soi ce qu'il vuit en autrui, la font. Fabl. viii, 26.1116" I.c fluide qui environne les corps. L'air est le milieu dan.s lequel nous vivons. L'eau est le milieu où vivent les poissons. || l?" Tout ce qui sert à établir une communication. Les objets ne frappent pas immédiatement sur l'âme; elle n'en reçoit les impressions que par des milieux interposés; les sens sont ces milieux, BONitET, Contempl. nat. v, 5. Il ne peut y avoir de point de contact que par un milieu, CHATEAUBB. Génie, 1,1, 7. \\ 18°Termede biolo gie. Le tout complexe représenté par les objets ([ui entourent les corps organises. Il Par extension. Milieu social, l'ensemble des coiidilions sociales au milieu desquelles un individu humain est placé. Plus la civilisation avance, plus le milieu social prend de l'influence sur les individus.

— REM. On lit dans Voltaire : Il [Lully] fut le premier en France qui fit des basses, des milieux, des fugues, Louit XIV, 33. On ne sait ce qu'il entend par li.

— illST. xiii* s. En milieu sort une fontaine, FI. et Blanch. v. 204 1. Une grant fleur de lys d'or tout en milieu a [il y a], Berte, cxx:. || xvi* s. Panurge meit le doigt myllieu en l'aureille dextre, eslevant le poulce contre mont, rab. Paru, n, lo. J'enlreprendz de entrer en leur camp par le myllieu des guardes et du guet, ID. ib. ii, 2*. I.a solitude se puclt ouir au milieu des courts et des villes, mont, i, 276.

— ETYM. Jft (voj. Ml t), et lieu; Berry, meilieu, mélieu; picard, meyu; provenç. mieg iuoc, mieh luoc, mei loc.

HILITAIRE (mi-li-tê-r'), adj. || 1° Qui concerne la guerre. Les institutions militaires. L'ordre et la discipline militaire s'augmentaient avec les armées, Boss. Marie-Thér. [X Home] les actions militaires avaient mille récompenses qui ne coûtaient rien au public et qui étaient infiniment précieuses aux particuliers, ID. Uist. m, 6. Il est tri-ste que j'aie trouvé si peu de mémoires sur les négociations du baron de Gortz; c'est un point d'histoire très-intéressant; et c'est à de tels événements que tous les lecteurs s'attachent, beaucoup plus qu'à tous les détails militaires qui se ressemblent presque tous, volt. Lett. Schomalolf, t" nov. <76i. Les dignités et les récompenses militaires furent prodiguées sous le ministère de Chamillart, id. Louis XIV, 18. ||Art militaire, l'art de la guerre. Nos Espagnols formés à votre art militaire, corn. Sertor. iv, 2. Pui que, pour notre malheur, ce qu'il y a de plus fatal à la vie humaine, c'est-à-dire l'art militaire, est en même temps ce qu'elle a de plus ingénieux et de plus habile, Boss. Louis de Bourfcon. || Justice militaire, celle qui s'exerce parmi les troupes, suivant des lois spéciales, suivant le code militaire. |{ Exécution militaire, la peine de moit infiigée aux soldats pour délits militaires. || Exécution militaire signifie aussi les violences qu'on exerce militairement dans un pays pour punir les habitants de leur résistance ou pour les contraindre à quelque chose. || Architecture militaire, l'art de fortifier les places. || Chantier militaire, chantier où se construisent les vaisseaux de guerre. Il Les ordres religieux et militaires, les ordres religieux dont les membres font vœu de comliattre les infidèles. || Confins militaires, se dit des territoires assignés, dans certains Ëtats, à une population formée d'anciens soldats, mariés, mais encore enrégimentés. {| Testament militaire, testament fait à l'armée et dans lequel on est di.spensé d'observer la plupart des formalités ordinaires. || Herbe militaire, voy. MiLLE-FF.uiLLE. || Heure militaire, heure exacte, ponctuelle. {| Honneurs militaires, honneurs qu'on rend en certaines circonstances aux commandants des troupes. || 8" Il se dit par opposition à civil. Les autorités civiles et les autorités miliuirc». Les emplois civils et les emplois militaires. |{ 3" Qui est (onde sur la force militaire, sur les mœurs militaire». Le royaume de Votre Majesté est purement militaire ; la gloire et l'amour des armes ont toujours distingué ^la nation française de toutes les autres, et c« n'eil que depuis un certain temps qu'il semblait qu'on •• fût attaché d av.lir l'ïtat militaire ((743) Corrttp. de Louit IV et de Suaillet, t. i, p. 482! La plupart de» gouvememenU sont ou deviennent mUitaires, aATNAL, Uist. pKil. la, a. u mort do

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Néron causa une révolution dans l'État; l'élection passa aux légions, et la constitution devint militaire, CHATEAUBB. Études liist. I, t. Dans cette révolution toute militaire [la restauration de Napoléon en iH(5],dans cet avènement d'empereur romain proclamé par une garde prétorienne, ce qui manquait c'était le nombre des soldais, villemain, Soutenir* contemporains, Cent-Joun, ch. v. 114° Guerrier, guerrière (il n'est plus guère usité en ce sens). Ayant régné sept ans, son ardeur militaire Uallume cette guerre où succomba son frère, cokn. llodog. I, i. Laissez moins de fumée à vos feux militaires, ID. Nicom. Il, 3. Il 5° S. m. Militaire, un homme de guerre. Les militaires et les bourgeois. 11 jeûnait régulièrement tous les samedis.... bien différent de ces militaires qui déshonorent la profession des armes par cette honte trop commune de bien faire les exercices de la piété, boss. Gornay. Militaire oublié par ses maîtres altiers, volt. Irène, 1, 2. il 6° Collectivement. Le militaire, la totalité des gens de guerre. Si jamais la noblesse ou le militaire adoptait une pareille maxime, j. 1. rouss. Écon. i. J'ose espérer qu'on fera bientôt une nouvelle édition in-*" [de l'Histoire du nmrcchal de Saxe], avec des planches qui me paraissent absolument nécessaires pour l'instruction de tout le militaire, VOLT. Lett. d'Espagnac, IB déc. <773. Le ministre éclairé qui, en changeant la forme de nolie militaire, a diminué le nombre des officiers, st-lah- BEKT, Saisons, Discours préliminaire. Son gouvernement [celui de l'Angleterre] formé de royauté et d'aristocratie, sa religion moins pompeuse que la catholique et plus brillante que la luthérienne, son militaire à la fois lourd et actif; tout participe des deux sources dont il découle, chatealbr. Génie, m, i!i, B. Il 7° Lemilitaire, la carrière des arnies^.... que M. le duc d'Aiguillon avait très-bien servi l'État et le roi, tant dans le militaire que dans le civil, volt. Lett. iloranijiès, 30 oct. (772.

— RE.V1. 1. Saint-Simon a dit : Le baron de Bresse acquit bientôt la confiance du roi et toute l'estime militaire [des gens de guerre], 1, 26. Cet emploi n'est pas usité. || 2. Militaire n'était point entré dans l'usage commun de la langue au temps de Vaugelas: p. 364 de l'éd. in-*" ( 704, à propos du mot expédition, auquel on commençait à donner le sens de campagne, il dit : '. Si je m'en servais, j'y voudrais toujours ajouter mt(t(oire, etdire une expédition m i/t(oire, des expéditions militaires; car cette epithète l'explique en quelque façon, quoique la plupart des dames entendent aussi [lea militaire qu'expédilion. »

— HlST. xiV s. Etaincl ot on comices de tribuns militaires, bercheure, f" too.

— ËTYM. Lat. militaris, de miles, mililis, soldat. MILITAIUEMKNT (mi-li-tè-re-mau) , adv. D'une

manière militaire. Exécuter des ordres militairement. Ce prince [Adrien! maintint la discipline militaire, vécut lui-même militairement et avec beaucoup de frugalité, boss. Ilist. 1, to

— ËTYM. Militaire, et le suffixe ment. MILITANT, ANTE(mi-li-tan,tan-l'),a.i;.||l°Terme

de théologie. Qui appartient à la milice de Jésus- Christ. Le fidèle, toujours militant dans la vie, toujours auit prises avec l'ennemi, chateaubr. Génie, I, n, 3. Il L'Église militante, l'assemblée des fidèles sur la terre, par opposition à l'Église triompiiante (les saints, les bienheureux), et à TÊglise soutirante (les Smes du purgatoire^. Jusqu'à la fin des siècles l'Église militante les canonisera en publiant leurs mérites, bourdal. Sur la récomp. des saints, i" avetU, p. 38. Lorsqu'on lui [à Savonarolej lut la sentence par laquelle il était retranché de l'Eglise : De la militante, répondit-il, espérant appartenir dès lors à l'Église triomphante, micmflet. Histoire moderne, ch. V. Il 2° Aujourd'hui, militant se dit dans un sens tout laïque , pour luttant, combattant, agressif. Caractère militant. Disposition, attitude militante. Politique militante.

— llIST. zvi' s. Ce qui ne fut onc en ceste Eglise visible et militante, noel du fail, Contes d'Eutrtipel, ch. IX, f''48, dans pouoens.

— ÊTYM. Lat. militare, être soldat, t MILITAKISER (mi-li-ta-ri-7.é), «. o. Néologisme.

Rendre militaire. Militariser une nation.

t BIILITAKISME (mili-ta-ri-sni'), s. m. Néologisme. Système militaire. Les excès du militarisme.

HILITKR (mi-li-lé), v. n. Combattre, faire la guerre; mais ce mot ne s'emploie qu'au figuré avec les mots pour, en faveur de, et alors il signifie donner appui, venir en aide, en parlant des raisons, des arguments, des faits, etc. Cela milite en sa laveur. La même raison qui a donné audit Martinaut la faculté de commettre au contre-mesu-

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rage.... milite pour le maintenir en la possession d« présenter des mesureurs lorsque lesdits offices vaquent dans les greniers. Arrêt du conseil d'État, f 1 avril (609. Il II se conjugue avec l'auxiliaire atotr. — ÉTYM. Provenç. et esp. militât; ital. militare; du lat. militare, de miles, militis, soldat. Au xv siècle, militer s'est dit en son sens propre, être soldat : Ce ne fut pas l'intention de Dieu quand il institua les nobles et Testât de chevalerie et leur donna domination sur le peuple, qu'ilz lesdeussent tirannizer ne piUier, mais pour les conserver en paix, pour faire i chascun justice, pour militer et defi'endie le peuple, le Jomeruel, f° 05, dans lacijrne. Voy. à milice l'opinion sur létymologie do miles.

t MILLADE (mi-Ua-d', /l mouillées), s. f. Nom donné, aux environs de Pau, à une sorte de bouillie de mil. Henri IV, dans son enfance, partagea souvent la millade des Béarnais, legoarant.

I. MILLE (mi-l'), adj. numéral des deux genres qui ne prend point la marque du pluriel. || 1° Dix fois cent. Mille hommes. Mille un fagots. Mille deux, mille trois, mille vingt. Deux mille. Dix mille. Cent mille. Apres mille ans et plus de guerre déclarée, la fontaine, Fahl. m, 43. Quoi! pour noyer les Grecs et leur mille vaisseaux.... BAC. Iph. V, 4. Si un chef n'a eu que le bonheur de faire égorger deux ou trois mille hommes, il n'en remercie pas Dieu; mais, lorsqu'il y en a eu environ dix mille exterminés par le fim et par le fer, et que, pour comble de grâce, quelque ville a été détruite de fond en comble, alors.... volt. Dict. philos. Guerre. || 2° Un grand nombre. Mille autres accidents bourreaux de notre vie, Régnier, Sat. XIV. Mille songes alTreux, mille images sanglantes, Ou plutôt mille amas de carnage et d'horreur, CORN. Uor. I, 3. M. Coëfi'eteaii disait : après mille fatigues et mille peines; M. de Malherbe condamne cette faconde parler; mais c'était à tort, puisqu'elle est usitée généralement de tout le monde, vaugel. A'out!. rem. p. 437, dans pougens. Mme de Chaulnes, qui vous fait mille amitiés, sév. B25. Mme de ViUars m'a chargée de mille et mille tendresses pour vous, ID. 310. On lui dit mille fois que la fiancliise n'était pas une venu de la cour, flecii. Duc de Mont. Et si par un chemin 11 [l'ennemi] entre en tes États, Qu'il en sorte par plus de mille, rac. Esth. m, s. Ô bienheureux mille fois L'enfant que le Seigneur aimel id. Alhal. n, 9. Sans hésiter, je donnerais mille vies pour obtenir la paix, maintenon, Lett. au card. de \oailles, 44 juillet I707. On faisait quelquefois sourfrir mille morts à un innocent pour lui faire avouer un crime qu'il n'avait pas commis, volt, la Princ. de Dabyl. 40. Tu dis au temps d'enfanter, Et l'éternité docile. Jetant les siècles par mille. Les répand sans les compter, la- MART, //arm. 11, 4. |i Mille gens, et, elliptiquement, mille. Moi I je serais C02U? — Vous voilà bien malade! Mille gens le sont bien.... mol. Éc. desf.iv, 8. La cour de Claudius, en esclaves fertile. Pour deux que l'on cherchait en eût |>ri-senlé mille, bac. Brit. 1, 2. Mille autres mieux que moi pourront vous en instruire, m. Bérén. m, 3. || 3° Les Mille et une nuits, titre d'un recueil de contes arabes. Les Mille et un jours, titred'un recueildecontosorientaux.|| Par extension. Mille et une, s'est dit pour un très-grand nombre. Vous avez vu apparemment cette phrasedans une des mille et une brochures qu'on a faites contre mon ami, et vous la reflétez au hasard: je vous jure, monsieur, qu'elle n'est pas de lui, volt. Un chrét. contre e juifs, ch. 47. Il 4° Pris substantivement. Mille multiitliépar vingt, par cent donne tant, || On dit aussi le nomiire mille, le numéro mille. || 5° S. m. L'n mille, mille objets d'une certaine nature. Un mille do fagots. Cela se vend tant le mille. || En termes de paveur, grand mille, onze cent-vingt-deui pavés que l'on vend pour mille. Cette manière de compter se nomme usage de rivière; le mille o.-dinaireestde mille vingt, morisot. || Populairement, des mille et des cents, une grande quantité.

— REM. 1. Dans la supputation ordinaire des années, quand mille est suivi d'un ou de plusieurs autres nombres, on retranche la dernière syllabe: l'an mil huit cent soixante deux, et non pas mille. On n'emploie mtJ que (]uand la date commence par cet adjectif numéral et Mercier a donné pour titre à son ouvrage : L'an deux mille quatre cent quarante. Mais Bérangor a écrit par licence : Bénissons Dieu, Qui met chaque chose en son lieu : Cellesci sont pour l'an trois mil; Ainsi soit-il, Ain.ii soil-il ! Il 2, L'adjctlif bon et peut-être aussi l'adjectif beau se placent au féminin pluriel devant mille livres (monnaie), dans lo langage familier: Quarante bonnes mille livres de rente sui.t

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quelque chose de bon, dancourt, te Chevalier à la mode, m, i. Cet emploi ne serait pas permis avec un autre nombre : on ne dirait pas trois bonnes cents livres.

— HIST. XI* 3. Set cenz ch^meauz et mil autours muez. Ch. de Roi. <H.||xii"s. De l'or d'Espegne faut dis miile mangons, Ronc. 29. Cil devant sonl cent milie o [avec] escuz, ih. 45. De mil souspirs que je li doi par date, Couci, vi. Bien aurons cent mile homes dedans quarante jours, Sax. xxvii. Il ïjii' s. Seigneur, sachics ijue mil et cent et quatre-vins et dis huit ans après l'incarnation Jhesu-Crist ot un saint hpme.... villeh. i. Et sont en sa compaigne plus de mil et sept cent, Berte, ix. [Je] Ne vous feroie mal pour mil mars d'or pesé, ib. cxiv.

— ÊTY.M. Provenç. espagn. et portug. mtJ; ital. mille; du lat. mille, que Corssen rattache à un radical sanscrit mil, réunir, rassembler.

2. MILLE (mi-l"), s. m. || 1" Mesure itinéraire usitée chez les Romains; elle était de mille pas et valait 1472", 5. Il Par extension, le mille hébraïque ou le chemin sabbatique, c'est-à-dire l'espace que l'usage permettait aux .luifs de parcourir les jours de sabbat; il était, selon ies rabbins, de deux milie coudées légales, et so;a t, d'après les évaluations de Gosselin, de 6«6 mètres i/a (gosseun, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. vi, p. (23). || Le mille arabe valait (92o mètres; Almamoun le porta à une longueur valant 216O mètres. || 2° Mesure itinéraire de longueur, variable suivant les pays, usitée en Allemagne, en Angleterre, en Italie, etc. Le mille anglais vaut I609 mètres; celui de Prusse, 7533 ; celui de Bade,de 8888; celui d'Autriche, 7586; en Italie, le mille romain, U9o, || 3° Mille marin, unité de longueur employée par les marins en Angleterre, en France, en Italie ; elle estde (862 mètres.

— F.TYM. Mille ( .

t MILLE-AU GODET (mi-lô-go-dè), *. f. Sorte de très-petite poire.

t MILLE-CANTON (mi-le-kan-ton), t. m. Terme de pêche. Très-petit fretin qui arrive en nombre prodigieux, dit montée à Caen; c'est le premier développement du frai de différentes espèces.

t MILLÉE {mi-Uée, Il mouillées), s. f. Graine de millet décortiquée et cuite dans du bouillon ou du lait.

— ÊTYM. un 2.

MILLE-FEUILLE (mi-le-feu-U', Il mouillées, et non feii-ye), s. f. Plante de la famille des synanthérées,airi>i nommée parce que les feuilles en sont découpées très-menu {achillea millefolium, /,.), dite aus.si herbe à la coupure, herbe au charpentier, herbe militaire. || Mille-feuille cornui, variété de la renoncule aquatique. || Mille-feuille marine, plusieurs vantchs à feuilles très-décomposées. || Mille-feuille en épi, le myriophylle à épi. || Mille-feuille à feuilles de coriandre, la phellandre aquatique.

— REM. Pautex observe avec raison que, puisque l'Acailémie écrit mille-flsurs, mille-pieds, etc. elle devrait écrire mille-feuilles ; sinon, qu'elle devrait écrire millefeuille en un seul mot.

— HIST. XVI* S. Mille-fueille à cause de l'abondance de ses petites fueilles, qui sonl sans nombre, elle est ainsi nommée ; et par les grecs, stratiotes, c'est à dire militaire, 0. de serre», «09.

— F.TYM. Mille, feuille ; lat. millefolium. MILLE-FLEDBS (mi-le-fleur) , s. f\\ 1° Rossolis

de mille-fleurs, sorte de rossolis, dans la composition duquel il entre quantité de fleurs distillées. Il Eau de mille-fleurs, alcoolé composé do diverses sulwtances odorantes que vendent les parfumeurs. Il 2' Eau de mille-fleurs, urine de vache reçue dans un vase pour être prise en remède. || Eau de mille-fleurs, huile de mille-fleurs, eau, huile qu'on obtenait en décomposart par le feu l'urine et les excréments de vaches nourries de plantes des prairie» m pleine floraison'

t MILLE GBAINES (mi-le-grè-n'}, ». f. Plante de Saint-Domingue qui imite l'bysope. || Nom donné à Ul turquette.

HILLrv.'yAIKB (mil-lé-n6-rT. || 1* Adj. Oui contient mille. Le nombre millénaire. || Substantivement. Le millénaire, le chiflTrequi indique les mille. On n'a pas fait attention que, dans certains exemplaires de Pline, le millénaire a été omis 4 l'endroit où il parle d'Êpicène, de Bérose et de Crito<lème, DAiLLT, f/iil. (u(r. ane. Éclaire, p. 3n.\\i" S. m. Termedechronolofçie.Dixsièirlesoumi le ans. Comme ce terme menait à la fin du qualri'ime millénaire du monde, c'était aussi une tra<lition très-ancienne parmi les Juifs que le Messie paraîtrait vers la fÎD de ce quatrième millénaire et environ deux mille »ns après Abraham, boss. Uùt. u, 40. || f Hillé-

nu3. DK Ut LANGUE VRANCALSX.

naire, nom de sectaires chrétiens qui croyaient qu'après le jugement universel, les élus demeureraient mille ans sur la. terre à. jouir de toute sorte de plaisirs. Extravagances des apocalyjitiques et préadamites, millénaires, etc. pasc. l'ens. XXV, 159, éil. HAVET. ||j4dj. Règne millénaire, prétendu empire qui devait durer mille ans et où tout devait être joie et magnilicence, par suite de l'arrivée du Messie. || Millénaire s'est dit aussi de ceux qui pensaient que le monde devait finir à l'an mille. Voulez-vous voir les édifices tomber en ruine, la terre se couvrir de ronces, ressuscitez la folie des millénaires, dider. ilém. t. m, p. 365, dans POUGENS. 114° Nom d'un fonctionnaire dans la monarchie des incas. Les décurions et les autres inspecteurs, en remontant jusqu'au millénaire, devaient rendre compte à celui-ci des bonnes et des mauvaises actions, solliciter le châtiment et la récompense, avertir si l'on manquait de vivres, d'habits, de grains pour l'année; le millénaire rendait compte au ministre de l'inca, raynal, Ilist. phil. vu, 6.

— ÉTYM. Lat. millinarius, dérivé de millenus, dérivé lui-même de mille, mille.

t MILLÉNARISME (mil-lc-na-ri-sm'), *. m. Doctrine des millénaires.

t MILLÉMSTE (mil-lé-ni-sf), *. m. Prophète des derniers jours.

f MILLÉXIUM (mil-lé-ni-om'), s. m. Nom donné quelquefois à l'époque rêvée par les millénaires ou chiliastes.

MILLE-PERTDIS (mi-le-pèr-tui), s. m. Terme de botanique. Nom d'une plante appartenant au genre hypéricon {hypericum perforalum, i.), ainsi dite parce que les feuilles offrent une multitude de petits points qui sont des utricules remplis d'huile volatile. || MiUe-pertuis en arbre, synonyme de la visnie scssili foliée (hypéricinées) de Persoon, dite à Cayenne bois-baptiste, bois à la fièvre.

— lilST. XVI* s. Millepertuis, en latin perforata, ainsi appellée ceste herbe, parce que, regardant ses fueilles à la lueur du soleil, semblent estre percées de plusieurs petits trous, 0. de serres, 6ît.

— ÊTYM. mile, et pertuis.

MILLE-PIEDS (nii-le-pié) , s. m. || 1" Terme d'entomologie. Nom d'une famille d'insectes qui ont un grand nombre de pieds. On sait qu'on a donné le nom général de mille-pieds à tous ces insectes qui ont des centaines de jambes, avec lesquelles ils ne vont souvent pas plus vite que d'autres insectes avec six ou huit, bonnet, Cnnlempl. nat. Œuvres, t. VIII, p. <6), dans pougens. [1 2° Se dit quelquefois d'une espèce 'de pléroccre, coquille. || 3° Arbre de la famille des guttifères.

— ÉTYM. Mille, et pieds.

t MILLK-POINTS (mi-le-poin), t. m. Coquille ilu genre cône.

MII.LÉPORE (mil-lé-po-r'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Genre de polypiers pierreux dont la surface est creusée d'une multitude de pores.

— ÉTYM. Mxlle, et pore.

t MILLERAND (mi-le ran), adj. Raisins millcranils, raisins donnant des grains très-petits, en grand nombre, et dépourvus de pépins.

— ÊTYM. Probablement de mille yrana, mille grains, mares et planchon, Acad. des se. Comptes rendut, t. lxiv, p. 266.

t MILLERET (mi-lle-rè, Il mouillées), ». m. Sorte d'agréments unis ou festonnés dont on bordait les bandes qui garnissaient les robes des dames.

tMILLEROLLE (mi-le ro-1'), *./■, Vase déterre vernis.sé dans lequel les savonniers mettent l'huile d'olive.

MILLESIME (mil-lé-zi-m'), ». m. Chifl'ro qui marque le temps de la fabrication d'une monnaie, et qu'on met sur les monnaies depuis l'ordonnance de Henri II, en 454»; ainsi dit du nombre mille que contenait dès lors l'ère vulgaire. || l'ar extension, il se dit de la date que porte toute médaille, soit que l'ère vulgaire eiU ou n'eût pas le nombre mille.

— ÊTYM. Prov. milesme ; portug et ilal. mt' V.vimo; du lat. millesirnus, millième, do mille, mille.

t MILLESIMO (mil-lé-li-mo),odr. Millièmemenl. Il s'emploie quand on a commencé à compter des articles par primo, secundo, tertio, etc.; on dit pour la deux-millième place, bis millesimo, pour la trois-millième, ter millesimn, etc.

— ETYM, Lai. millesimn loeo, au millième lieu, t MILLi;SPÈCK (rai-lè-spc-s'), ». f. Le calament,

plante

MILLET (mi-llé. U mouillées, et non mi-yct; le» ne se lie pas; au pluriel,!'» se lie : lesmi-llè-7. à bon marché), s. m. || 1* Synonyme de mil '2. Je suis avec vous comme le coq i qui on donne une perle ; Il

dit qu'on lui faisait trop d'honneur, et qu'il ne lu' fallait qu'un grain de millet, volt. LcU. J.evenluitipi, janv. (774. La maturité du millet s'annonce par une belle couleur paille que prennent les feuilles, la tige et les panicules, gknlis. Maison rust. t. m. p. 7U, dans pougens. || Pelit millet, le mil; gros millet, le maïs, Dansles parties les plus chaudes d'; rAfri(]uo, le grand et le pelit millet sont la nourriture des nègres, uuff. Snppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 129. Il Proverbe. C'est un grain de millet dans la gueule d'un .lue, voy. mil 2. || 2° Graine de millet. Semer du millet. || 3° Gros millet, grand millet d'Inde, autre nom du sorgho. || Millet de Cafrerie, la houque saccharine. || Millet k chandelles, la houque à épi. || Millet à grappes, lepanic.|| Millet des petits oiseaux, espèce de panic. Il Millet noir, le sarrasin. || Millet long, l'alpiste. || Millet gris, millet perlé, le gremil officinal. || Millet jaune et millet sauvage, le mélatnpyre des prés. || 4° Il se dit quelquefois de rérupti'in qui accompagne la fièvre miliaire. Le même jour, la poitrine fut couverte de millet, qui augmenta en grosseur pendant deux jours, et ne disparut qu'à la fin du cinquième jour, à dater (le son éruption, desessabtz, Instit. Mém. Sciences, t. i, p. 45).

— HIST. XIII* s. Milles et panis valent miex [mieux] à maladies removoir qu'ils ne font à santé garder, ALEBBANT, f. 42. || XV* S. U envoya devant ses ambassadeurs et heraus atout un mulet cliargé d'un sac plein de grain que on appelle millet, froiss. ii , III, '25. Il XVI* s. Les millets multiplient estrangement : ce qui leur a imposé le nom de mil ou millet; comme voulant dire que d'un en procèdent mille.... Les espèces plus prisées et principales sont celles qui ont le grain rond et jaune, qu'on appelle seulement mil et panil. — Le millet sarrazin (voy. sarrasin).... Quant au gros grain de Turquie.... Pline l'appelle millet d'Inde : en Italie est diversement nommé selon les lieux, sçavoir melega, melyca, sagyna, o. de serres, 409.

— ÉTYM. Diminutif de mil a.

MILLIAIRE (mi-li-ê-r'), adj. Chez les Romains, qui est placé de mille en mille pas. Borne, pierre milliaire. Je suis désespéré de voir ces misérables indices [des poteaux de bois] au lieu des colonnes milliaires qui y étaient autrefois [dans un ancien chemin romain], montesq./,c«. pcrs. 142. Il Abusivement. Placé à la dislance d'une lieue, d'un kilomètre. || S. m. Le premier, le second milliaire est à tel endroit. Il Milliaire doré ou milliaire d'or, colonne enrichie d'or, qu'Auguste avait fait élever dans le Forum et d'où l'on commençait à compter les milles pour les grands chemins de l'Empire; on prétend qu'il existe encore et qu'il est en haut de l'escalier du Campidoglio.

— HIST. XIII* s. X Pasques, en l'an do grâce qui le milliaire couroit par mil deux cenz quarante et huit, niandé-je mes hommes, Jomv. 2(i8, l| xv s. Princes, li mondes s'envieillit. De jour en jour anientit; Soptan miliaire s'avance, K. pesch. Poésies mss. f° 440. Il XVI* s. Cola advint le il* jour d'avril (B44, après Pasques; nous estions en ce temps là contraints d'ainsi compter le milliaire ; car, seuls en la chrestienté, le prenions à la résurrection, CARL. I, 42.

— ÉTYM. Provenç. miUari; du lat. milliarius, dérivé de mille, mille.

MILLIARD (mi-li-ar ; le d no se prononce et ne se lie jamais : un mi-li-ar fniier; au pluriel, r» ne se lie pas; des mi-li-ar accumulés; mais quehjues-uns la Lent ; des mi-li-ar-z accumulés), s. m. Mille fois un million, ou dix fois cent millions; c'est le synonyme de billion. Notre globe est infiniment moins iju'un grain de sable en comparaison de ces millions de milliards d'univers, devant lesquels nous disparaissons, volt. Dial. XV, t. Il parait que ces astn s, loin d'être disséminés dans l'espace à des distances à peu près égales, sont rassemblés en divers groupes formés chacun do plusieurs milliards d'étoiles, la pi.acf., Kxpos. v, fl. Il II se dit ab.soliimeiit d'un milliard de livres ou de francs. Louis XIV, dans son règne, dépensa dix-huit milliards; ce qui revient, année commune, à trois cent trente millions d'aujourd'hui, VOLT. Ijnuis XIY, 30. Il Le milliard des émigrés, indemnité d'un milliard cjui fut accordée aux émigrés sous la Restauration en réparation des confiscations qu'ils avaient subies pendant la Révolution.

— ÊTYM. Mille, avec la finale augmentativo ard, + MILLIARK (milli-a-r'), ». m. Millième partie

de l'are.

— ÊTYM. Mille, et art.

M1LLL\SSE (mi-li-a-s'), ». f. Il 1° Dix fois cent

MIL

millUrds, synonyme aujounl hui inusité de trillion. Un rayon d'une étoile aurait bien plus d'eiïort à faire [pour traverser la matière subtile de Descaries) que s'il arait à percer un cône d'or dont l'axe serait treize milliasses deux cents milliards de lieues, volt. AViclon, ii, 2. ||2" Familièrement. Un grand nombre, en parlant par dédain. Il y a dans les rues une milliassc de mendiants. Une milliasse d'observations, g. tikvi\t, Apologie, p. 4B.

IllST. XVI' s. Nous voyons souvent une milliasse

de pauvres hommes fricassés sous une mine, paré, IX, Prif. Tant de milliasses d'hommes enterrez avant nous nous encouraRent à ne craindre d'aller trouver si bonne compaignie en l'aultre monde, MONT. I, t7(.

— ÉTYM. Mille, avec la finale péjorative aee ou asse. HILLif.MK (mi-liè-m'), adj. Il 1° Nombre ordinal

de mille, indiquant le rang aprôs 099. La millième année après la naissance de Jésus-Christ. Le millième animal dans l'ordre des générations est pour lui le même que le premier animal, buff. Quadrup. t. IV, p. 24. Il 2° Nombre fractionnaire indiquant une partie d'un tout qu'on suppose composé de mille parties. Mme de Durfort ne vous a pas dit la millième partie des sentiments que j'ai pour vous, MAiNTE.NON, Lett. à Mme de SI Géran, p. 400, dans poiGENS. Il 5. m. Le millième, la millième partie. Cinq millièmes. Il est intéressé dans cette affaire pour un millième.

— HiST. XIII* s. [Les fleuves de l'enfer] Qu'as âmes font si granz molestes. Qui sunt mises en celé abysme. Que nul n'en diroil le milisme, Image du monde, u, de enfer où il siet. ||xv" s. Las! comment vous pourray-je jamais servir à la millesiesme partie de ce qu'à vous suis tenu ? Jehan de Saintré, ch. u. n XVI' s. L'edit de la Rochelle ne comprenoit pas la millième partie des refformez, d'aub. Hist. II, ue

— ÉTYM. Provenç. mftesme ; ital. millesimo; du lat. milletimtis, dérivé de mille, mille.

HILLIKR (mi-lié; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie: des milié-z entiers), s. m. || l* Nom de nombre collectif contenant mille. 11 en tombe [des caiUes] une quantité si prodigieuse sur les côtes occidentales du royaume de Naples , aux environs do Nettuno, que, sur une étendue des côtes de quatre ou cinq milles, on en jirend quelquefois jusqu'à cent milliers dans un jour, buff. Ois. t. iv, p. 266. Il Un millier de foin, de paille, un millier de bottes de foin, de paille. || 2° Un millier, mille livres posant. Dans Aniheim seul on a trouvé trente-trois milliers de poudre et trente-quatre pièces de fonte, pelusson, Lelt. hist. t. I, p. 473, dans pougkns. || 3° Un nombre indéterminé, mais considérable. Faire un millier de malheureux, patbd, Plaidoyer 7, dans m- CIIE1.ET. On le trouva [le comte des Fontaines] parmi ces milliers de morts [à Rocroy] dont l'Espagne sent encore la perte, BOss. Louis de Bourbon. Après avoir sacrifié des milliers d'hommes pour acquérir et pour conserver une possession éloignée, il faut en immoler encore davantage pour la perdre, ray- NAL, Hist. phil. xui, 5. lis milliers, par milliers, loc. adi-. En très-grand nombre. Cette crainte de piété et de religion a produit des exemples à milliers dans la pure antiquité, balz. le Romain. Il a ce qui fait seul le mérite et l'esprit. Des ducats à milliers, th. corn. D. César d^Avalos, m, 4. Hier j'avais des châteaux; j'avais de belles villes. Des Grecques par milliers à vendrg aux Juifs serviles, v. HUGO, Orientales, xvi.

-.- HIST. XI* s. De douice France i a quinze millier» [quinze mille hommes], Ch. de /toi. viii. Il xji* s. En la compaigne furent bien cinq millier, /l0J>c. 4ÏÎ. Ilxv* s. Que les archiers soient à millier» ; car en petit nombre no vallent riens, comm. I, ï. Il xvi* 8. Que ce seroit s'embarquer sans biscuit d'entreprendre tel ouvrage, sans estre accompagné de deux cens milliers de poudre, douze mille balles, et deux mille pionnier», lanouk, &7». Tant de milliers de soldats, lo. 68&.

— ÉTYM. Provenç. militer, mitier; catal. miller; esptgn. miUar; portug. mialar; ital. mtgliaio; du Ut. milUarium, dérivé do mille, mille. 11 y avait dan» l'ancien français milie {prononcé mille U mouillée»), qui arait mime »cns et venait dij Ulin milita.

tMIU.lGBAMMB(mil-li-gra-m'),t.m.Lamilliènie partie d'un grkmme. Cinq milligranimesdemorphinc.

— ÉTYM. mUe, et gramme; mille avec un sch'. renver»é, puisqu'il y »igni(ie milliime.

t MlLLILirRR (mil-li-li-ti'), .. m. La millième parue d'un litre.

MIL

— ÉTYM. Ifiiie, et litre; mille avec un sens renversé, puisqu'il y sipnitie millième.

t MILI.IME (milli-m'), s. m. Li dixième partie d'un centime, ou la millième partie d'un franc, terme employé dans les calculs de valeurs où l'on veut apprécier des dixièmes de centime; mais ce n'est pas une monnaie réelle.

— ÉTYM. Formé de mille comme centime de cent, par analogie avec décime tiré du latin decimus.

MILLIMETRE (mU-li-mè-tr') , /. m. La millième partie du mètre.

— ÉTYM. Mille, et mètre; mille avec un sens renversé, puisqu'il y signifie millième.

MILLION (mi-li-on), s. m. || 1° Mille fois mille, ou dix fois cent mille. Quelle raison y aurait-il qu'après s'être relâché si facilement d'une dette si considérable, c'est-à-dire la damnation et l'enfer, il [Dieu] fît le dur et le rigoureux sur une somme de si peu de valeur comme est la satisfaction temporelle ? Il quitte libéralement cent millions d'or, et il fait le sévère pour cinq sous, Boss. Sermnns, Satisf. 2. Du tpmps de M. de Vauban, nous étions dix-huit millions; combien sommes-nous à présent? c'est ce que je voudrais savoir, volt. Lett. d'Argcnson, 28 juill. ("3». Le calcul apprend que, si le .soleil est k vingt-quatre mille demi-diamètres de la terre, il s'ensuit que la lumière parcourt, de cet astre à nous, en nombre rond, mille millions de pieds par seconde,iD. Newt. ii, 2. || 2° Absolument. Un million, c'est-à-dire un million de livres ou de francs. Je sais que pour un million Vous ne voudriez pas faire rébellion, mol. Tart. v, 4. Je voudrais le marier [Ch. de SévignéJ à une petite fille qui est un peu juive de son estoc ; mais les millions nous paraissent de bonne maison, sév. <3 oct. 1075. Un million qu'elle retira du duché de Réthelois servit à multiplier ses bonnes œuvres, boss. Anne de Gonx. Tel, avec deux millions de rente, peut être pauvre chaque année de cinq cent mille livres, la bbuy. vi. Gagne-t-on en cinq ans un million sans crime? regnahd, le Distrait, i, i. Pour lui.... Un million joyeux sortit de 'Walerl'/O, v. hugo, Contemplations, Melancholia. Il Faiiilicrement. Être riche à millions, être extrême'nent riche. {| Les Millions de Marc Pol, nom qu'on s donné quelquefois au livre où Marc Pol raconte ies voyages, parce qu'il y est souvent question 'les immenses richesses des princes asiatiques. Il 3°ï/n nombre indéterminé, mais fort considér.ibie. Vous y trouverez des ennemis beaucoup plus braves et pi us fiers que les Allemands ; et vous, qui par votre adresse venez de sauver tant de millions d'âmes, vous aurez bien de la peine à échapper vous-même, VOIT. Lett. 68. J'ai parlé un million de fois avec lui, BOSS. Lett. (71. Oui, Seigneur.... vous n'êtes pas plus grand avec tout le monde, avec mille millions de mondes, que vous l'êtes seul, id. Éle'rat. sur myst. m, < . Lorsqu'une fois le peuple et les nobles sont accoutumés à ne pas craindre leur prince, alors il a un million d yeux pour voir et un million d'oreilles pour entendre tout ce qui se passe, rollin, Ilisl. anc. Œuvres, t. vu, p. 6I5, dans pougens. Il se rendra célèbre en faisant des millions de malheureux, MASS. Pet. car. Gloire. Des millions de soleils éclairent des milliards de mondes, voi.t. l'Ingénu, H. 11 n'y a pour moi qu'un moyen d'être heureux, et des millions d'être misérable,). J. nouss. Bel. I, <9. Des millions d'hommes existent dans le même espace qu'occupaient autrefois deux ou trois cents sauvages, buff. 7* époq. nat. Œuv. t. xii, p. 368.

— REM. La Fontaine a fait million de deux syllabes : Pour plus de trente-deux millions. Je ne m'en voudrais pas défaire, Œuvr. div. Le différ. de beaux yeux et belle bouche.

— HIST. XV* S. Deux millions qui sont vingt fois cent mille cscus, juv. des uns. Charles VI, an )4I9. X trois millions de francs près, comm. v, <«. Il XVI* s. L'on doit sçavoir que ung million vaut mille milliers de unitez, de la hoche, Arismelique, f* 7 (voy. l'explication de cette manière de compter à BILLION). Mille, voire un million de familles ont passé par telle et si' violente cothe, froumenteau, Vinances, 3* livre, p. 393.

— ÉTYM. Dérivé de miiie, à l'aide d'un suffixe augmentatif; provenç. miii'o; catal. mt'iiô ; espagn. millon ; portug. milhào ; iUil. midone.

HILLIOMËME (mi-li-o-niè-ra') , adj. numéral. I i* Nombre ordinal de million, indiquant le rang après 999999. Il 2° Nombre fractionnaire, indiquant une partie d'un tout qu'on suppose d'un million de parties. Il S. m. Un millionième, une millionième partie Cette épaisseur est d'environ quatre parties

MIL

d'un pouce divisé en un million, c'est-à-dire quatre millionièmes d'un pouce, volt. Newton, ii, (o

— ÉTYM. Milliou.

MlLLIONNAlRK(mi-li-o-nê-r'),od;.Qui possède de;

millions, qui e.«t extrêmement riche. Vous y avez acquis une grande fortune. — Je suis millionnaire, l'icAiiD, Le capit. Belronde, i, 4. || Substantivement. Ur millionnaire, une millionnaire, celui, celle qui possède un million. Je connais des millionnaires (protestants bannis] qui sont prêts à reveniravec leur argent leur industrie et leurs familles, pour peu que le gouvernement voulûtavoir pour eux la même indulgence seulement que les catholiques obtiennent enAntiloterre, volt. Lett. d'Argental, )763. Or, de vous doux, c'est toi qu'on hait, lui qu'on vénère: Vieillard, tu n'es qu'un gueux, et ce millionnaire. C'est l'honnête homme, v. iiroo, Contemplations, Melnncliolia.

— ÉTYM. Million. On dit que ce mot fut créé lors de la vogue du système financier do Law.

t MILLISTÈRE (mil-li-stè-r'), s. m. La millième partie d'un stère.

— ÉTYM. Mille, et stère; mille avec un sens renversé, puisqu'il y signifie millième.

t MILLOf.OCO (mi-Uo-ko-ko, Il mouillées), s. m. Millet d'Afrique ou sorgho.

t MILLORAINE (mi-llo-rô-n', Il mouillées), s. f. Nom donné, dans le département de la Manche, à des fées ou dames blanches de haute stature, inoffensives quand on ne leur dit rien, méchantes quand on leur adresse la parole.

t MILLOIIIN, voy. MILOL'IN.

t MILONIENNE (mi-lo-niè-n'), s. f. Harangue de Cicéron pour la défense de Milon. meurtrier de Clodius.

MILORD (mi-!or; le d ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, \'s ne se lie pas : des mi-lor anglais; cependant quelques-uns la lient: des mi-lor-z anglais) , s. m. \\ i° Proprement mon lord, mon seigneur, voy. i.ord. || 2° Dana l'usage français de ce mot, un lord. Il [le roi d'Angleterre Jacques II] a parlé à ses milords, donné liberté aux moins affectionnés, et renouvelé l'allachemcnt des plus fidc^lcs, sÈv. 4 3oct. t«88. Carlingford, milord irlandais, avait été gouverneur de M. de Lorraine, st-sim. (04, 413. C'est un Pérou que l'Anglolorre pour un habile joueur comme le chevalier, et la plupart de ces gros milords ne savent que faire de leur argent, dancourt, la Désol. des joueuses, se. 6. Quand il faut souffrir la présence Et la licence D'un traitant qui faille milord. Quelle souffrance I L'Horoscope accompli, -1729, dans FB. michei., argot. Les laquais disaient entre eux dans leur langage de laquais: il faut que ce soit quelque milord anglais, volt. Candide, 22. || 3" Fig. et populairement. Un homme très-riche. || 4° Adjectivement. Cabriolet milord, et, plus souvent, un milord, cabriolet à quatre roues. Une de ces voitures nouvellement mises en circulation sur les pla ces de Paris et nommées des milords, h. balzac, dans Kxcentr. du langage.

— REM. On a dit milour. Bottés à cru les gros milours.... Jouaient les uns au trique-trac, Les autres prenaient du tabac, scaub. Virg. iv.

— IllST. XV' s. X tels destours Et à tels tours Lo temps passé. Les grans milours Qui ont eu cours y ont pnssé, le Loyer des folles amours, p. 328, dans LACUHNK. J'ay grand paour que dedans brefs jours, Par faulte d'argent et de drap.s. Entre nous fringans et milours. Ne soyons tous vestus de sacs, COQUILLART, Droits nouveaux. \\ xvi* s. Ce rùot milord no peut eslre trouvé estrange aux François, pour ce que, déjà longtemps a, on a accoustumé de dire par joyeuseté un gros milort en signifiant un grant seigneur, h. est. Lang. français ital. p. 5o. Les rançonnemens (|ue l'on faisoit de ces gras usuriers milorts, quant on les tenoit une fois, leur faisoit bien sortir de jiar le diable leurs beaux escus et leurs bourses, en despit d'eux, brant. Capit. franf.

t. Itl, p. <9», dans LACURNE.

— ÉTYM. Angl. my, mon, et Jord.

tMILOUIN ou MILLOUIN (mi-lou-in), i. m. Canard du nord de l'Europe. Les oies du Canada, les oies blanches, les canards ordinaires, les ranards sauvages, les canards à large bec, diverses espèces de milouin», les sarcelles aux ailes bleues et les sarcelles communes, tel était le gibier qui peuplait les eaux. Voyage de l'Atlantique au Pacifique, par le vicomte milton et le doct. cheadle, p. «2.

t MILPIIUSË (mil-fû-z'), s. f. Terme do médecine. Chute des cils sans maladie des paupières.

— ÉTYM. MiXpoxjit, chute des sourcils.

t MILS (mil), ». m. pi. Nom que les rersans modcrner donnent aux exercices do g}'mnastiqj»

MIM

MIN

MIN

faits avec des espèces de massues. Les mils ont été introduits par U. Harriot en Europe et dans nos gymnases.

t MILTONIEN, lENNE (mil-to-niin, niè-n'), adj. Qui a le cachet de Milton, qui est dans la manière de ce grand poète anglais. Un vers miltonien.

MIME (mi-m'), s. m. || l" Dans l'antiquité grecque et latine, acteur qui représentait de petites pièces familières et bouffonnes (mime veut dire imitateur). Le mime n'avait ni brodequin ni cothurne; il se barbouillait le visage, volt. Lett. de la Voûte, ("mars 1706. Vous dirai-je l'oubli de soins plus importants, Les devoirs immolés à de vains passe-temps?... L'homme fait place au mime, et le sage au bouffon, deulle, Homme des champs, i. Tour à tour gladiateur, cocher, chanteur, danseur, il [Caligula] caressait publiquement des mimes,essayait de les imiter, mangeait et couchait avec des cochers dans leur écurie, s'escrimait dans l'arèna ou courait dans le cirque, pastorf.t, Instit. Mém. inscr. et belles-lettres, t. vu, p. I4i. |1 Par extension. C'est un bon mime, se dit d'un homme qui a le talent d'imiter, d'une manière plaisante, l'air, l'action, le largage d'autres personnes. |{ Adjectivement. Il est mime. 1| 2» Chez les Grecs, mimes de Sophron, petits drames du genre le plus familier écrits en dialecte syracusain. || Chez les Romains, espèce de comédie bouffonne et libre. Labérius, chevalier romain, réussit admirablement à faire des mimes, rolun, llist. anc. liv. xxv, ch. i, art. 2, § 2. Les mimes étaient la quatrième et la dernière espèce de comédies romaines, duclos, (Euv. t. i, p. 34i. Malgré les plaisanteries grossières et quelquefois obscènes dont les mimes étaient remplis, on y trouvait quelquefois des maximes de morale que Sénèque jugeait dignes du cothurne, bernahdi, Instit. Mém. inscript, et belles-lettres, t. vni, p. 274.

— HiST. XVI» s. Mime, cotohavb.

— ÉTYM. Lat. mimus; grec, (jiîtJ.o«.

f MI.MÉ, ÉE (mi-mé, mée), part, passé de mimer. Keprésenté par des gestes. Un discours mimé.

f MLMER (mi-mé), ï. o. Néologisme. Représenter par des gestes. Les sourds-muets miment ce qu'ils veulent dire. Il mime parfaitement ses rôles. Le chanteur de salon peut mimer ses chansonnettes; mais il doit le faire avec une grande réserve, et ne pas ressemblera un mime ou à un acteur. || Absolument. Il mime avec beaucoup de vérité.

— ÉTYM. Mime.

t MI.MÙSE (mi-mè-z'), i. f. Figure de rhétorique qui consiste i rapporter le discours d'un autre en style direct.

— ÉTYM. M£u.T|(Ti«, de |ii|uT<j9ai, imiter, qui vient de (11(10; (ïoy. mime).

t MIMEUX, EUSE (mi-meû, meû-z'), adj. Terme de botanique. Se dit des plantes qui, lorsqu'on les touche, se contractent. Les (liantes mimeuses. ||S. f. pi. Les mimeuses, genre de plantes de la famille des légumineuses, dont la sensitive fait partie.

— ÉTYM. Ainsi dite de mimus, parce qu'en se contractant ces plantes semblent représenter les grimaces d'un mime.

t MI.MIAMBE (mi-mi-an-b'), adj. \\ l' Terme de littérature latine. Vers mimiambes, sorte de vers ïambique très-libre dont les mimes faisaient usage dans leurs farces licencieuses. i| 2" Auteur mimiamhc, auteur de mimes. Les scènes des mimes, quoique désunies et sans art, étaient semées de traits souvent dignes du plus haut tragique ; les poètes niimianities ou mimographes des Latins, du moins les [;lus célèbres, sont Criéius, Mattius, Labérius, Puhlius Syrus, jusqu'au temps de César, duclos, Œuv. t. I, p. 3«o. Il Substanliveaient. Los mimiambes.

— ETYM. Lat. mimiamlms, de mimus, mime, et iambus, ïambe.

t HIMICOLOGIE (ml-mi-ko-lo-jie), ». f. Traité sur la mimique.

— f.TYM. Mimique, et lôyo;, doctrine.

MI.MIQL'E (mi-mi-k'), adj. || l' Terme de littérature latine. Qui concerne les mimes, sorte de pièce de théâtre. D'esclave qu'il était à Rome, où on l'avait amené encore enfant, il [P. Syrus] devint affranchi très-jeune, et fut instruit avec beaucoup de*distinction; il excella dans la poésie mimique, ROLLiN, Uist. anc. liv. xxv, ch. i, art. ï, $ a. || S. m. Un mimique, un auteur do mimes. |i 2* Qui imite, qui exprime par le geste. Langage mimique. Il 5. f. La mimique, l'art d'exprimer la pensée par (U's irc>>tes. La mimique est une langue à part. || La i: ;iie des passions, les gestes spontanés que les 1 1 lis sufrgèrcnt.

— tTYU. Lat. mtmi'eiM, de mimtw, mime.

t MIMODRAME fmi-mo-dra-m'), ». m. Drame exécuté en mimologie.

— ETYM. iffme, et drame.

t MIMOGRAPHE (mi-mo-gra-r), ». m. Terme de littérature latine. Auteur de mimes.

— ETYM. Lat. mimographus, de mimus, mime, et Ypioeiv, écrire.

t M1.M0GRAPHIE (mi-mo-gra-fie), ». f. Traité sur la mimique ou sur les mimes.

— ÉTYM. Mimographe.

t MIMOGRAPIIIQCE (mi-mo-gra-fi-k'), adj. Qui a rapport à la mimographie.

t MIMOGRAPUISME (mi-mo-gra-fl-sm') , s. m. Ecriture imitatrice qui offre aux yeux l'image de l'objet exprimé par la parole.

f MIMOLOGIE {mi-mo-lo-jie),î. f. || 1° Imitation de la voix humaine ou des locutions habituelles, de la prononciation d'une personne. || 2'" Action d'imiter, dans la création des mots, le son des objets qu'ils servent à désigner.

— ÉTYM. Mime, et Xô^o;, doctrine.

t MIMOLOGIQUE (mi-roo-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport à la mimologie. || Terme de grammaire. Substantif, verbe mimologique, substantif, verbe formé par imitation du son que produit l'objet ou l'action désignée ; brouhaha est un substantif mimologique.

t MIMOLOGISME (mi-mo-lo ji-sm"), s. m. Terme de grammaire. Se dit d'un mot formé (jar mimologie. Il Terme de rhétorique. Figure par laquelle on imite un être animé dans sa voix ou ses gestes.

t MIMOLOGUE (mi-mo-lo-gh'), s. m. Celui qui imite la voix, la prononciation d'une personne. Il Celui qui est exercé dans la mimologie.

t MIMOPLASTIQUE (mi-mo-pla-sti-k'), adj. Se dit de tableaux vivants représentant surtout des scènes de la passion de Jésus-Christ.

— ÊTYM. Mime, et plastique.

t MIMOPORPUYRE (mi-mo-por-fi-r'), ». m. Terme de minéralogie. Roche qui a l'apparence du porphyre.

— ÊTYM. Mime, et porphyre.

MIMOSA (mi-mô-7.a), s. f. (mais d'après les botanistes, s. m). Terme de botanique. Nom latin d'un genre de légumineuses dont la plus connue est la sensitive.

— REM. L'Académie donne le genre féminin à ixia, mimosa, opuntia, et le genre masculin à acacia, beccabunga, cochléaria, dahlia, datura, hortensia, etc. Les botanistes donnent le genre maisculin à toutes les plantes dont le nom se termine par a; il serait à désirer que l'Académie suivit le même principe, PAutEX.

— ETYM. Voy. MIMEUX.

t MIMOSE (mi-mô-z'), s. m. Terme de minéralogie. Lave composée de feldspath compacte et de pyroxène intimement unis, et dont la couleur est le gris uniforme.

t MIMOSÉES (mi-mô-zée), ». f. pi. Terme de botanique. Nom d'une section des légumineuses, dont le type est le genre mimosa.

t MIMULE (mi-niu-r),î.m. Terme de botani'(ue. Genre de plantes de la famille des scrofularinées, originaire des deux Amériques.

— ÉTYM. Diminutif de mimus, un mime, dénomination qui vient de ce que, si l'on touche les lamelles du stigmate, aussitôt toutes se rapprochent.

t MIMU.SOPE (nii-mu-zo-p'), s. m. Terme de botanique. Genre de la famille des sapotacées, renfermant des arbres de l'Inde et de la Nouvclle-Hollamle.

t MINABLE (mi-na-hl') , adj. || 1° Susceptible d'être détruit ou attaqué par une mine. || 2" Par extension, dans le lan>;ago populaire, misérable, qui fait pitié, qui indique une grande misère. Air minable. Vêtements minables.

— mST. XV" s. Mit le siège devant le chastel, et fut trouvé qu'il estoit minable; pour ce on commença à miner à l'endroit d'une des tours, juvE». DES URS. Charles VI, p. 2;i7, dans lacurne.

— ÉTYM. Miner.

MINAGE (mi-na-j'), ». m. Anciennement, droitque les seigneurs levaient sur chaque mine de grain jicur le mesurago. Il Place démarché. Place du Minage est encore dans plusieurs villes le nom du marché.

— illST. >iii* >. Nus [nul], quel qu'il soit, n'est quite del minage, so il mesure à la mine le roi, Litre des met. 3)3.

— ETYM. .Ifine 3.

t MINAIIOL'ETou MINAOUET (mi-na-ou-èf), ». m. Terme de marine. Planche étroite percéeau bout, et qui, pour un petit film, rcm[j!ace la mailloche i fourrer. || Petit appareil frappé sur les rides des haubans de hune et de perroquet d'un petit navire à l'effet de les raidir.

t MDîARD (mi-nar), ». m. Nom d'une espèce de poulpe sur les côtes de Saint-Urieuc.

I. MINARET (mi-na-rè; le ( ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des mi-na-rè-z aigus; minarets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m.|I l'Nomdes tours des mosquées, d'où les imans avertissent le peuple du temps de la prière. Là de blancs minarets , dont l'aiguille s'élance Tels que des mâts d'ivoire, y. bugo, Orientales, 3.112° Se dit quelquefois improprement des tours chinoises que l'on place dans les jardins pittoresques. || 3» Genre de coquilles univalves.

— ETYM. Arabe, minaret, nom de lieu formé de ndr, feu, proprement fanal, par extension tour d'une mosquée.

t 2. MINARET (mi-na-rè), ». m. Puits ou trou creusé pour tirer la mine, Dict. des arts et met. Forges.

MINAUDER (mi-nôdé) , V. n. Faire certaines mines affectées pour paraître agréable. Elle grasseyé, elle minaude, dideh. Mém. t. ii, p. 30, dans pcuGENS. Pour voir, sur des théâtres efféminés, dissolus, déclamer des histrions, minauder des prostituées, J. J. Rouss. Pologne, a. jj 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM. Mine I, par l'intermédiaire d'un adjectif fictif minaud.

MINAUDERIE (mi-nô-de-rie), s. f.\\ 1° Action de minauder. Elle est d'une minauderie insupportable. Voici l'occasion, monsieur, de faire profiter les talents que vous avez pour le grant art de la minauderie, BÉGNARD, Attendes-moi sous l'orme, 9. C'est alors que sied l'art de la minauderie ; Sur l'arrière-saison l'art lie la pruderie Convient.... destouches. Irrésolu, u, e. || 2" Mines et manières de ga' lanterie par lesquelles on cherche à plaire. Parce que je voyais que vous répondiez assez bien à toutes ses minauderies , baron, l'Homme à bonnes fortunes, m, 2. Ce sont vos minauderies qui m'ont enlevé le cœur du chevalier, dancourt, le Cheval, à la mode, V, 6. Il n'y a point de jolie femme qui n'ait un peu envie de plaire ; de là naissent ces petites minauderies plus ou moins adroites par lesquelles elle vous dit regardez-moi, marivaox, Marianne, 4' part. Si elles nous plaisent, si leur» minauderies nous séduisent.... j. j. rouss. Ém. v.

— HIST. XVI* s. Minauderie, cotgrave.

— ÊTYM. Minauder.

MINAUDIER, 1ÈRE (mi-nô-dié, diè-r'), ». m. et f. Celui, celle qui use de la minauderie. Une petite minaudière qui a la prétention du sentiment, SAU- RIN, Mœurs du temps, (8. || Adj. Je vous parlerais de Cidalise la prude, de la minaudière Ismène qui ne peut dire un mot sans l'accompagner de la plus jolie petite grimace, poinsinet. Cercle, i. Elle et

Mme d'Kgmont sont les dernières femmes mi-

naudières que j'aie vues dans le grand monde, GENLis, Mém. t. I, p. »79, dans pougens. || Il se dit aussi de l'air, des manières. La faveur d'un coup d'œil ou d'un air minaudier, nu frêny, Itéconcil. norm. iv, a. Avec ses airs passionnés, son ton radouci, sa face minaudière, je le crois un grand comédien, LESAGB, Turcaret, i, t.

— i:TYil. Uinsuder.

MINCE (n;in-«'), adj. || 1* Oui a fort peu d'épaisseur. Tous les corps sont transparents; il n'y a qu'à les rendre assez minces pour que les rayons, ne trouvant qu'une lame, qu'une feuille à traverser, passent à travers cette lame, volt. Newl. ii, lu. Avec son habit un peu mince. Avec son chapeau goudronné. Comme l'honneur do la province Ce Bourguignon [vin de Bourgogne] nous est donné, BÉRANO. Agent provocat. || Chose mince comme la langue d'un chat, chose très-mince. H Taille mince, personne mince, taille, personne non grasse, pourtant sans maigreur. || Substantivement. Un grand mince, un homme grand et mince. || 2" Kig. Peu considérable,dépend importance, en p:irlant des choses. Pour le petit marquis qui me tint hierlonglemps la main, je trouve qu'il n'y a rien de si mince que loulo sa |)ersonne, et ce sont de ces mérites qui n'ont que la cap^ et l'cpée, mol. If i». v, 4. Cette dot mo parut bien mince pour la fille d'un homme que je croyais très-riche, le sage, Guxm. d' Al far. vi, 3. Je les treuvais écb'iuffés sur une dispute la plus mince (|ui sa puisse imaginer, MONTE«Q. Lett.pers.3e. .Ses mémoircsdu comie de Grammont, son beau-frère, sont de tous les livres celui où le fond le plus mince est pire du style le [)lu3 gai, le plus vif et le (ilus agréable, VOLT. Louis Xiy, f'criv. Hamilt. Deux fripons gouvernaient cet litat assez mince; Ils avaient abruti l'esprit de monseigneur, ID. Éduc. d'un prince. ||Cet homme a la mine bien mince, il estdeminco étolTe,

MIN

n a l'air d'un homme de peu de considération, de peu de m<<rile. || Il se dit des personnes dans un sens analogue. Trêve donc de grandeur pour un homme si miiicc.BounsALLT.Faft/*! d'Étope, i,a. On est toujours surpris de voir Au;<uste, né d'une famille si mince, un provincial sans nom, devenir le maître absolu de l'oinpire lomain, et se placer au rang des dieux, VOLT. Triumv. note. Nous venons de perdre un homme bien médiocre à l'Académie française ; on dit qu'il sera remplacé par Thomas, il aura besoin de toute son élo'iuence pour faire l'éloge d'un homme (i mince, ID. Utt. d'Àrgental, 22 oct. «786. Je soutiens qu'il n'y a si mince auteur grec, latin, italien, anglais, français, allemand, qui n'ait quelque tour qui lui soit propre, didebot, Lelt. à Galiani. Quoique je sois un des plus minces officiers de Sa Majesté, je suis aussi peu disposé que vous à soufTrir qu'on lui fasse tort, collé, Part, de chasse de Henri / F, il, n . |;3° Terme de tactique. L'ordre mince, par opposition à l'ordre profond, ordre de bataille dans lequel les hommes sont sur peu de rangs. Que Platof, avec ses canons, avait mordu de loin sur les masses profondes qu'il [Davoust] lui avait présentées; qu'alors seulement le maréchal ne leur avait plus opposé que quelques lignes minces qui s'étaient reployées promptement, séouh, Hist. de Xap. IX, 9.

— HIST. XIV* s. Mince [petite monnaie valant un demi-denier], guiart, t. ii, p. t09, t. 2809 {i i787). Les troncs [des chous] qui sont tous defeuillés, no convient-il plus replanter, mais laissier en terre, car ils getleront minces [rejetons], Ménagier, ii, 2. Il XVI* s. Son fait est bien mince, oudin, Curios. franc.

— ÊTYM. Champenois, mice. Origine incertaine. JfttiM ne peut venir du latin minuius, l'accent s'y oppose. Diez a recours à l'anc. haut allem.minutjfo, superlatif de min, petit; anc. scand. nimst:f pour s, et s pour st. Langensiepen et Scheler allèguent le latin mar.cus, qui est en défaut, par l'intermédiaire d'un mancius; mince pour maince. Tout cela est fort douteux. L'historique conduit à une autre conjecture : le mot mince ne paraît pas de tris-bonne heure dans la langue, ce n'est qu'au commencement du XIV* siècle, et alors il signifie une très- petite monnaie ; peut-on y voir l'allemand Mûnze, danois et angl. mint, monnaie ? puis le mot sera devenu un adjectif désignant quelque chose de très-peu épais.

t MINCK.MI;nT (min-se-man), odu. D'une manière très-pou épa sso.

— HIST. XV* s. Le roi estoit bien mincemcnt habillé et en povro apparant pour un corps de roy, 6. ciiASTKL. Chr. de Bourg, ii, 38.

t MI>CEK (min-sé. Le c prend une cédille devant a et 0 ; minçais, minçons), v. a. Terme de cuisine. Mettre en petits morceaux. Mincer de la viande.

— HIST. XIV» s. Aiez oignons pelés et minces, Ménagier, ii, o. || xv« s. Qui soit sans os ni vieilles peaux, tendre geline... Mainssée de plaisans cousteaux, en. d'orl. Rondeau, ç. 374.

— ETYM. Mince.

t MINCIX'K (min-seur), t. f. Néologisme. Qualité de ce qui est mince. Les termites rongent l'intcrieur des poutres, n'y laissant qu'une couche do bois de la minceur d'un pain à cacheter, pouciiet, l'Univers.

— ETYM. Minée. Au xvi* siècle, on disait mineeié.

t MINCITÉ (min-si-lé), s. f. Même sens que minceur. Les lames les plus minces donneront les couleurs les plus faibles; et, pour donner le noir, il faudra justement la même épaisseur, ou pluiôt la même ténuité, la même mincitô <|u'ena la petite partie supérieure de la boule de savon, dans laquelle on apercevait un petit point noir, volt. Newton, u, te.

1 . MINE (mi-n") , ». f. || 1» Apparence de la perfonne et principalement du visage. Que sa façon est brave et sa raine assurée I malh. ii, ii. Ma foil les beaux hahiu servent bien à la mine, béonier, Sal. XIII. Un homme qui fût homme et de fait et de mine, m. ib. iv. .Suivons donc... les coutumes du peuple et rcjcrvons-nous nos pensées, mais donnonslui nos actions et nos rouies, balz. liv.ni Len, 3 Souvent une mine pour une autre change là face dé l'action du monde la plus innocente, id. hy. vi Utt. 10. Il V » des hommes qui fout la même miné loniqu'ils pleiircnt que les autres lorsqu'ils rient, auc. l'ose. 1 1». Choisissez un peu mieux vos dupes àUmine.coRN. It Ment, v, 6. Le front cicatrisé, la DJine kMez farouche, ii>. Œdipe, iv,4. Il a une territAm mine a»ec sa belle taille et ce cordon bleu.sftv

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591. Et premièrement, chrétiens, si vous regardez son extérieur, il [saint Paul] avoue que sa mine n'est point relevée, Boss. Pan^g. saint Paul, t . Damon, ce grand auteur.... de qui le corps sec et la mine affaiiiée.... boil. Sa», i. Les traits découvrent la complexion et les mœurs; la mine désigne les biens de la fortune, la bruy. vi. Le roi [Charles II] ne cédait à personne ni pour la taille, ni pour la mine, mamilt-. Gramm. e. La mine de Mentor paraît d'abord moins haute [que celle de Télémaque] ; mais, quand on le regarde déplus près, on trouve dans sa simplicité des marques de sagesse et df! vertu, fén. Tél. ix. Cet inconnu est d'une haute mine, tout paraît héroïque en lui, id. ib. XXI. Le baron de Bresse était un homme de basse mine, modeste, réservé, dont la physionomie ne promettait rien, st-sim. 1, 25. Rien n'est à mon avis si trompeur que la mine, campisthon, Jaloux désabusé, iv, 6. Ce marchand avait une mine basse, avec un habillement qui ne donnait pas une idée avantageuse de sa condition, le sage, Guxm. d'Alf. VI, 5. ï voir ces bonnes filles, vous leurtrouvez un extérieur affable, et pourtant un intérieur indifférent; ce n'est que leur mine et non pas leur âme qui s'attendrit pour vous, mabivaux, Marianne, 3" part. Quelque répugnance que j'aie à faire crayonner ma vieille mine, il faut bien s'y résoudre et être complaisant, volt. Lett. Mme de Fontaine, 40 janv. (767. Je m'accostai d'un homme à lourde mine, Qui sur sa plume a fondé sa cuisine, ID. le Pauvre diable. || Avoir de la mine, avoir une apparence qui prévient favorablement. J'ai de la mine encore assez pour plaire aux yeux, mol. l'Ét. i, 5. Il Avoir de la mine, se dit aussi des choses qui ont bonne apparence. Cette maison a de la mine. Il Sur la mine, sur la bonne apparence. Garde-toi, tant que tu vivras. Déjuger des gens sur la mine, LA FONT. Fabl. VI, 6. On l'avait fait ministre d'État sur sa mine, iiamilt. Gramm. 7. Plus d'un brun à large poitrine Avait là crédit sur sa mine, bérano. Mme Grég. || Bonne mine, apparence qui plaît. Le roi lui-même n'était paré ce jour-là que de sa bonne mine, qui le faisait aisément reconnaître, pei.lis- SON, Lelt. hist. t. I, p. 247. Ce Briole doit à sa bonne mine le plus grand parti du pays, sêv. 23o. Il Homme, femme de bonne mine, homme, femme d'une figure agréable. Un jeune Turc de bonne mine nous a invités d'y entrer, et nous a présenté la main, mol. Scapin, 11, 4 1 . Une très-grande femme de très-bonne mine, sév. 70. || Avoir bonne mine, avoir bonne apparence, en parlant des choses. Un chien vient dans une cuisine; 11 y trouve un chapon,lequela bonne mine, HAC.i-'/atd. III, 3.|| Homme de mine, même sens. Ce muletier était homme de mine, la font. Mul. || Etre sur sa bonne mine, faire delà toilette, se présenter avec bonne apparence. Enfin ce cavalier que nous vîmes aU bal, Vous trouvez, con>me moi, qu'il ne danse pas mal. — Je ne le vis jamais mieux sursabonnemino, cohh. la Suiv. 11, 8. Il n'est pas jusqu'à Rocollet Qui ne fût sur sa bonne mine, la font, f.ett. à M. Fouquet, 20 août (Cfio. Il Hommede mauvaise mine, hommemal vêtu, dont l'habillement et l'extérieur peuvent exciter des inquiétudes. C'est peut-être que je paye l'intérêt de ma mauvaise mine, moi.. Critique, 6. || Payer de mine, avoir bonne apparence, mais sans grand fond ou mérite. Il Payer de mine, se dit aussi de celui qui, tout en ayant bonne apparence, ne laisse pas d'être malade. Je paye de mine, mais je ne me porte pas bien. I Avoir une lionne mine, une mauvaise mine, avoir l'apparence d'une bonne, d'une mauvaise santé. Il Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, signifie quelquefois avoir l'apparence d'un bon, d'un mauvais caractère. || Avoir la mine longue, éprouver un vif désappointement qui se manifeste sur la figure. H aurait la mine bien longue, s'il était instruit qu'à minuit.... bkaiiharcii. jBcre coup, iv, 3. Il Familièrement. Avoir la mine de, paraître. Tel est cru défunt qui n'en a que la mine, mol. l'Ét. II, 3. Monsieur a toute la mine d'être un fort bon mari, lo. le Mar. forcé, f». Je vois ici des yeux qui ont la mine d'être de forts mauvais garçons, iD. Prdc. 10. Vous vendez des tapisseries, monsieur Guillaume, et vous avez la mine d'avoir quelque tenture qui vous incommode, ib. Amnur méd. I, t. Vous m'avez la mine, mon ancien ami, d'avoir bientôt vos soixante et dix ans, et j'en ai soixante et quinze, volt. Thieriot, 27 janv. 1709. Mon ami, tu as bien la mine de ne pas croire à lajumcnt Borac ou aux métamorphoses de Visnou ; je te dénoncerai, je t'empêcherai d être boslangi, je te décrierai, je te persécuterai, id. Vict. vhil. PMlnsophe. \\ Avoir la mine d'avoir fait, de vou-

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loir faire une chose, avoir un air, un maintien qui le fait conjecturer. Vous n'avez pas, ce lui dit-elle, La mine de vous en aller X Saint-Jacqups de Compostelle, la font. Pet. chien. || Kig. Avoir lamine, faire croire, faire supposer. J'ai la mine, après tout, d'y trouver mal mon compte, corn, la Gai. duPal. II, 6. J'ai bien la mine de payer plus cher vos folies, mol. Scap. I, i. Vous avez bien la mine d'avoir donné un bon e.xemple, sÉv. 634. M. de Vins n'a guère la mine d'être à la tête de quelque chose, m. H) août (680. La reine d'Angleterre a toute la mine, si Dieu le voulait, d'aimer mieux régner dans le beau royaume d'Angleterre.... que d'être à Saint- Germain.... ID. 2 fév. (G89. Mme de Vins m'a priée de ne m'en point retourner demain.... je suis tentée de sa proposition, de sorte que j'ai la mine de ne m'en aller que dimanche à la messe à Livry, ID. 21 août 1670. Nous avons bien la mine de demeurer ici longtemps, le sage, Gil Bios, x, 3. Vous avez bien la mine D'aller un jour échauffer la cuisine De Lucifer; et moi, prédestiné, Je rirai bien quand vous serez damné, volt, fl^fe/ise du 3/ondflin.|| Avoir la mine, se dit aussi des choses dans un sens analogue. Votre ambassade m'a la mine d'être pour vous un bénf'fice simple, volt. Lett. en vers et en prose, 8. Il Faire les mines ou faire la mine, se dit quelquefois, bien que moins souvent, pour avoir la mine de. Pour peu que d'y songer vous nous l'assiez les mines, mol. Mis. m, 7. U me semble que vous me faites la mine de m'en accuser, sév. 204. i| Porter la mine de, avoir l'air de, en mauvaise part. Il porte la mine d'un fripon. || De mine, loc.adv. En apparence. Jeanne, rongeant son frein, de mine s'apaisa, BËGNIEB, Sat. XI. Il 2° Contenance que l'on prend, air qu'on se donne, dans une intention quelconque. S'ils en sont accusés , ils feront bonne mine, Régnier, Sat. 11. Que tu discernes mal le cœur d'avec la mine! corn. Poly. v, i. L'ours bouche sa narine; 11 se fût bien passe de faire cette mine, la font. Fabl. vu, 7. Va, quelque mine que je fasse, je n'oublierai point mon ressentiment, MOL. Jf^d. m. lui, I, 4. Ce mari fit une mine très-chagrine, sKv. 33«. La bonne ou la mauvaise mine que fera le monde, boss. Lett. abb. 38. Ma fille, qu'est-ce donc? quelle mine vous faites! le GiiAND, Foire de St-l.aurent, se. 5. Si j'avais l'éloquence de M. Furia, j'évoquerais ici l'ombre de Longus.... vous pouvez penser la mine qu'il ferait ù M. Furia, qui le laissait manger aux vers dans le vénérable bouquin, p. l. cour. Lett. à M. Benouard. Il Faire mine de quelque chose, paraître dans l'intention de la faire. Le prince fait mine d'assiéger le Quesnoy, sfiv. 2to. On assure toujours la paix et la conquête entière de la Hollande; Niinègue fait mine de se défendre, mais on s'en moque, id. 8 juill. «072. Quelque mine qu'on fasse de vous vouloir

ménnger, boss. Lett. qiiiét. 325 Fais mine un peu

d'en être mécontent. Pour la voir aussitôt, sur ses deux pieds haussée. Déplorer sa vertu si mal récompensée, BoiL. Sot. X. Il H se dit des choses dans le même sens. Voilà les beaux jours qui font mine de revenir, SÉV. )*' janv. 1690 Knfin la cicatrice fait une fort bonne mine de vouloir s'avancer.... id. 4 fév. (685. Il Faire bonne mine, mauvaise mine à quelqu'un, lui faire un bon, un mauvais accueil. Hélas ! comment veux-tu, chère et fidèle Hermine, Qu'au prince Mustapha je fasse bonne mine? mairet, 5o/ininn, 1, (. Vous lui ferez une fort bonne mine, sév. 322. || On dit aussi : tenir bonne mine. La fille alors ne fut pas assez fine, Elle n'avait qu'à tenir lionne mine, LA font. Remède. \\ Kamilièrement. Fain; triste mine, grise mine, froide mine à quelqu'un, lui faire mauvais visage, le recevoir froidement. Me faisant au nez grise mine, Régnier, ÉpU. m. Et faisant sur la mort d'Aiichise, Comme on dit, une mine grise, scarr. l'i'rg. v. Et vous-mêmes en m'écoutant Vous faites aussi triste mine Que moi sur qui la peur domine, id. ib. m. Que j'en vais voir ici qui feront grise mine! th. corn. Comte.'ise d'Orgueil, v, (0. Vous lui faisiez une triste mine, franchement, dancourt, les Fonds perdus. II, t. Il Faire la mine à quelqu'un, lui témoigner qu'on est mécontent de lui Je ne veux mon pays trahir, Ni mon nom, ni mon origine. M'en <lussiez-vpu» faire la mine, scahu. Virg. m. || Absolument. Faire la mine, faire la grimace, témoigner du inécontemeiit. Le roi m'en a remercié ; mais les ennemis de la philosophie et des lettres ont fait la mine : je vous laisse à penser si je m'en soucio, d'alemb. Lett. à Voltaire, (7 déceiub. ("6». Je lui dis que je voulais la prendre pour moi, elle fit la mine, ;. J. Roijss. IIH. VI, ».|| U fait une laide mine, il fait une vilaine grimace L'on boit Ides eaux], et l'on fait

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une fort vilaine mine, sÉv. 277. Nous avons trouvé ce matin deux grands vilains pendus à des arlires sur le grand chemin.... ils faisaient une fort vilaine mine, id. i i sept. <676. || Faire bonne mine à mauvais jeu, cacher de mauvaises aflairespar une démonstration de gaieté et de repos d'esprit. || Faire meilleure mine que bon jeu, promettre plus qu'on ne tient. Jetienspour certain qu'il pourrait plus gagner à Paris qu'il ne fera en Italie, où il y a meilleure mine que bon jeu et même peu d'estime pour les gens de lettres, gui patin, l.etl. t. 11, p. 333, dans poc'GENS. Il 3° Certains mouvements du visage, certains gestes qui ne sont pas naturels, ou avec lesquels on masque quelque chose. Tout le monde n'est composé que do mines, et c'est inutilement que nous travaillons à y trouver rien de réel, la rochef. Pensées, 9n. ô papelards! qu'on se prend à vos mines! LA FONT. Ilemi. Vos mines et vos cris aux ombres d'indécence Oue d'un mot ambigu peut avoir l'innocence, mol. Ifis. m , 4. Sans en être ému, sans mine, sans grimace, sÉv. 437. Pour oser lui découvrir mes sentiments à l'usage du pays, c'est-à-dire par des mines, le sage, Gusm. d'Àlf. vi, 2. Joignez-y une marquise de Céra, figure trcs-agréable, gâtée par des mines et des-aiis de ifint qui ont pu plaire en elle à seize ans, et il y a seize ans, p. l. coub. Corresp Rome, a janv. 4799. || Faire des mines ou de petites mines à quelqu'un, l'agacer par de.i regards affectés, par des mouvoments de visage particuliers. On est seulement un peu fâché de lui [Mme de iVIonaco] voir faire quelquefois à cette Madame-ci (la seconde femaie de Monsieur] les mêmes petites mines qu'elle faisait à l'autre, SÉv. (63, Je leur fais encor [aux Grâces et aux neuf sœursj quelques mines. Mais vous possédez leurs faveurs, I voi-T. Ép. 73. Il ne fut pas plus tôt assis qu'une petits guenon vint se posertoiit auprès de lui, en lui faisant des mines et des grimaces les plus jolies du monde, comte de caylus (ghosleï), Œuvr. t. viii, p. Ï28, dans pouGENS. || Absolument. Faire des mines, prendre certaines mines affectées pour paraître agréable. Je sais à présent faire des mines ; se déhancher, secouer la tête, baiser le bout de s'm gant bien tendrement, cela s'appelle faire des mines, bahon. Homme à bonn. fort, iv, fl. Cette nouvelle mariée.... si peu jolie et qui fait tant de mines, genlis, Thddlre d'éduc. les Dangers du monde, 11, (. || Mines se dit aussi des signes que l'on fait à quelqu'un pour lui faire comprendre ca qu'on ne peut pas ou ne veut pas lui exprimer autrement. Ce discours ne persuadait pas la cadette, qui n'y répondait que par des mines qui disaient toujours : je n'y vois point de mal, Marivaux, l'uysan part, i' part. Le baron avait eu heau lui faire des mines et lui lancer les regards les plus sévères, rien n'avait pu arrêter l'impétuosité de son récit, GENLIS, Vœux témér. t. m, p. 2(S, dans pougens.

— IlIST. XV' s. Aussi il fistsi bonne mine, Qu'il fut esleu sans nul appeau Pour estre valet de cuysine, yiLLOH, Repues franches. \\ XVI' s. Fard est perdu dessus mine de singe, j varot, v, 24. De bonne mine à mauvais jeu n'est alliance impertinente, RAB. IV, 9. Une mine triste et transie, mo.nt. i, <76. Celuy qui a dans l'esprit une imagination claire, il la produira par mines s'il est muet, id. i, i8H. Ce basteleur jouoit une fiction à plusieurs mines et à plusieurs pirsoiii.ages, id. 11, 473. Il feit mine d'avoir la goutte, lo. m, 404. Les mines et appareils effroyables dont nous entourons la mort, id. i, 2r,t. r.slant jà usé de vieillesse, il se monstra bon empereur et «le l'ancienne mine envers les soudards, akyot, Cai(ia,34.Toutesce3mine8iiefeireiitpas descroire à Camillus,qu'ilz n'eussent point machiné de se rebeller contre le» Romains, lu. Cam. 66. En ma présence Ils font bonne mine et mauvais jeu, et sont prests de faii.; ce que je leur commande, hes- PFB. Contes, civil. Le marchand, faisant bonne mine et plus mauvais jeu, lui dit qu'il lui vouloit tenir promesse; mais que.... ID. xb. cxxix. C'est une faible et dnngercuse caution que la mine, charron, Saijesse, i, fl. Kt si l'on ne peusl trouver des larmes et trisf^s mines chez soy, il en faut acheter & l>vaux donirrs comptans chez autrui, ii>. tb. 1, .12.

— ÉTVM. Hourguig. moigne; ital. mtno;angl. mien. Origine incertaine. On cite l'allrm. Mirue, ilanois mi'iv, mine) mais on n'est aucunement silr que ce m- soit (as le mol roman qui se s(jit inlrudiiit dans

— li^/ites germaniques. Le mot est aussi dans . '11 1 10 : bas-brelon,minet mon; kymri, mein; uuis là aussi il y a doute sur la question si dans le chique le mot est indigè)"! ou d'importation romane. Uicz pense qu'il est au latin minore, mener, c<imme gestwi, geste, est à gerere, fiorter.

On remarquera que le mot n'est pas ancien dans la langue ; du moins notre historique n'en remonte qu'au XV* siècle.

2. MINE (mi-n'), s. f. || 1° Terrain, gtte au sein de la terre d'où l'on extrait des métaux, des combustibles, des gemmes, etc. Une mine d'or, d'argent, de cuivre, de plomb, de fer, de charbon. Polybe, cité par Strabon, dit que de son temps il y avait quarante mille hommes occupés aux mines qui étaient dans le voisinage de Carthagène, et qu'ils fournissaient chaque jour au peuple romain vingt-cinq mille drachmes, c'est-à-dire douze mille cinq cents livres, bollin, 7/is/. ane. Œuvr. t. i, p. 2t3, dans poyoENS. Malgré les mines du nouveau monde, l'Espagne était si pauvre que le ministère de Philippe IV se trouva réduit à la nécessité de la monnaie de cuivre, à laquelle on donna un prix presque aussi fort qu'à l'argent, volt. Mœurs, 177. Quand on a franchi la côte de Coromandel, on est à la hauteur de la grande nabahie de Golcondo, où sont les plus grands objets de l'avarice, les mines de diamants, id. Polit, et Législ. Fragm. hist. sur l'Inde, XI. Il [Tavernier] donne le nom de mines de diamants aux en<lroits dont on les tire; tous ceux qui ont écrit après lui ont adopté cette expression, tandis que, par leurs propres descriptions, il est évident que non-seulement les diamants ne se trouvent pas en mines comme les métaux, mais que même ils ne sont jamais attachés aux rochers comme le sont les cristaux, bufp. .Vin. t. VII, p. 387. 11 est très-peu de mines de diamant ; jusqu'à ces derniers temps on n'en connaissait que dans les Indes orientales, ravnal, Hist. phit. ix, 24. Nous nommerons mines les parties de la terre où on trouve les minerais métalliques rassemblés en quantité assez considérable pour être extraits en grand et avec avantage, al. brongniart, Traite min. t. II, p. 83, dans pougens. Lorsqu'on connaîtra les lois qui ont présidé à la formation des minéraux et à leur arrangement respectif dans le sein de la terre, on pourra employer avantageusement cette connaissance à la recherche et à l'exploitation des mines, id. ib. t. I, p. 2. || Particulièrement. Excavations pratiquées dans le sein delà terre pour l'extraction des substances minérales. Travailler aux mines, dans les mines. La mine s'éboula. La mine de Cottcberg, (|ui, du temps d'Agricola, passait pour la plus profonde de toutes les mines, n'avait que 260» pieds de profondeur perpendiculaire, BUFF. Hist. nal. Preuv. lltéor. lerr. Œuvr. t. il, p. 46, dans pougens. Les travaux des mines, dans lo nouveau monde, ont fait périr en moins de deux ou trois siècles plusieurs millions d'hommes, id. Minéralogie, t. iv, p. 297. Dans les fouilles de nos mines les plus profondes nous ne faisons qu'effleurer la surface do la terre, bailly, Histoire de l'aslroiHim. mod. t. 11, p. BI6, dans pou- GiiNS. Il Terme d'antiquité. Peine des mines, condamnation qui astreignait le coupable à travailler dans les mines; elle existe encore en Kussie. Les larcins pour lesquels on coiidamnaitaux mines dans Aihènes.voLT. Dial. xxiv, 3. || Ëcole des mines, clatablissement où l'on forme <les ingénieurs pour l'exploitation des raines. Il Fig. Ce sujet est une mine féconde de beautés poétiques. || C'est une mine de savoir, d'érudition, c'est un homme très-savant, très-érudit. || 2° Abusivement. Minéral qui lenferme une substance métallique. De la mine d'or, d'argent, de cuiue. De la pierre do mine. De toutes les substances métalliciues la mine de fer est la plus diflicile à fondre, buff. Min. t. iv, p. t48. Les mines du Nord, qui sont assez magnétiques pour qu'on les cherche avec la boussole, id. Hist. mm. introd. part, expér. Œxtvres, t. vu, p. 10. On nomme mines en nids ou en sacs, celles qui sont accumulées dans les fontes et dans les intervalles qui se trouvent entre les rochers ou les lianes de pierre, id. ifin. t. II, p. (67. Il Mine grasse, exine.ssion dont se ervonl les mineurs dans quelques localité» pour désigner le minerai pur et dégagé de sa gangue. Il Mine noire, jaune, rouge, etc. espèces de minerais oxydés. Il Mines fixes, se dit des liions <|ui se prolongent. Mines égar('es, se dit des endroits où l'on Irouvedes morci'aux de métal isolés. || lerujede jicinture. Couleur d'un rouge orange fort vif. || 3° Mine de plomb, dite, aussi plombagine, dénominalion qui induit on erreur, car la mine du plomb est un carbure de fer (vuy. crapiiiti!). Dessiner à la mine de plomb, ou, simplement, à la raine. || 4* Dans l'antiipillé et le moyen tge, cavité que, dans les sièges, l'on pratiquait loua des murailles, sous une toui*, etc.; on étançonnait, puis le mineur, mettant le feu aux élançons, se retirait; les élanfuns mao-

quaientetla muraille s'écroulait. || Aujourd'hui, cavité souterraine que l'on pratique et où l'on place do la poudre, pour y mettre le feu et faire sauter tout ce qui se trouve au-dessus; on se sert aussi de la mine pour percer des roches qui ne cèdent pas à la pioche. Il marquait que le mineur était alors attaché aux deux endroits, et l'une des mines en état de jouer, PELLissoN, Lett. hist. t. I, p. 233, dans POUGENS. On ne doute pas qu'ils [des assiégés] n'attendent la mine, à l'exemple de Dînant, in. ib. t. H, p. 27B. La mine n'a été chargée que sur les dix ou onze heures du matin, id. ib. t. m, p. 248. Pierre de Navarre, soldat de fortune, et grand général espagnol, inventa les mines, dont les Français éprouvèrent les premiers effets, volt. Mœurt, »t. Il Chambre ou. fourneau de la mine, lieu où l'on charge une mine. || Puits de la mine, ouverture nu'on fait en terre à la profondeur de la mine qu'on veut établir. || Saucisson de la mine, mèche qui est enfermée dans de la toile et qui est disposée pour mettre le feu à la mine. || Entonnoir de la mine, le trou qui reste après l'explosion de la mine. || Éventer la mine, découvrir le lieu où elle est pratiquée, et en empêcher l'effet. || Fig. Éventer, découvrir la mine, pénétrer un dessein secret. Ne me le celez plus, j'ai découvert la mine; Ce n'est pas avec moi qu'il faut faire la fine, racan. Berger. 1, a. Ton piège est découvert, ta mine est éventée, tbistan,

i/ari'ane, III, 2. || Fig. Pratique secrète L'on peut

dresser quelque machine, Paire jouer sous main quelque secrète mine, regnahd, le Distr. v, 8. Les [conspirations] faire naître, les étouffer, charper la mine, l'éventer, c'est le grand art du ministère, c'est le fort et le fin de la science des hommes d'État, p. l. COUR. Lettres au censeur, x.

— lllST. XV* s. Et commencèrent les Anglois à faire mine pour plutost venir à leur entente des Escols et de reprendre le chastel, fboiss. 11, 11, t&. Il XVI* s. Lors chascun a pic ou palle en main mise, Gavent soubz terre, on ne vit onc tel myne, François adonc feirent leur contrcmine, 3. marot, v, 23. Ayant faict mettre la mine soubz un grand pan de mur, mont, i, 254. Il feit des mines si profondes, que les ennemis n'en pouvoient rien ajiper-

cevoir, AMY0T,Ca»n. to Qu'il n'estoit plus d'avis

de presler des hommes pour faire jouer une mine esventée, d'aub. Hist. 11, 360.

— ÉTVM. Voy. miner; provenç. mtno, mcno/esp. et ital. mina.

3. MINE (mi-n'), t. f. Ancienne mesure contenant la moitié d'un setier; elle élait de la contenance de 78'"-, 73. Si , pour se rendre mieux compte de ce qu'était cette pension [deux livres tournois, par mois], on prend la peine de calculer, d'après le tableau même de l'auteur, le prix du blé dans l'inlervalle de (434 à (467, on trouve pour moyenne 3 sols to deniers tournois la mine d'Orléans (la mine coûterait aujourd'hui « fr. 03, do sorte que cette pension équivalait à 827 francs), BIENAVMÉ, Comptes rendus, Acad. des se. t. Lv, p. 941. Il Ce qui est contenu dans lu mine. Une mine d'avoine.

— HIST. XII* s. Ne remist [resta] buof, no vache, ne cliapuns, ne geline. Cheval, porc, ne brebiz, ne de blé pleine mine. Th. lemart. 120. || xiii's. Quand il inoloit dix mines à son molin, heaum. xxvi, 2. Il finaissent [ils contribua.ssPnll miex d'une Icrme Que d'une mine ou d'un sestier De forment, s'il lor fust mestier, rutkh. ii, 128. ||ivi* s. Lo niuid de bled mesure de Paris contient douze sostiers; le sestier, deux mines; la mine, deux minots; le miiiot, trois boisseaux. — La saumée de certains endroits de Languedoc est do quatre sestiers, lo sestier de deux cmines, l'emine de deux quarterons,

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